Mercredi 14 septembre 2016

Fête de la Croix Glorieuse

Saint(s) du jour : St Cyprien de Carthage, évêque et martyr († 258), St Albert de Jérusalem, évêque et martyr († 1215)



Livre des Nombres 21,4b-9.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 78(77),3-4ac.34-35.36-37.38ab.39.

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n'était pas constant envers lui ;
ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait.
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s'en va sans retour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

Homélie du Père Philippe

 

L’épisode du « serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert », fait allusion à une pratique un peu ambiguë, vestige d’un vieux rite magique, dont nous avons entendu le récit en première lecture. Le désert est un espace inhospitalier où rôde la mort. Or c’est à ce lieu qu’est rattachée pour « tout homme qui croit » une possibilité de vivre, et même d’« obtenir la vie éternelle ».

Le paradoxe est encore accru par le fait que les hommes obtiennent le salut par la médiation d’un serpent, qui est normalement l’agent mortifère par excellence : voilà que cet animal qui porte la mort dans sa gueule, devient vecteur de vie par son élévation. Moïse en effet n’a pas exterminé les serpents, ni empêché qu’ils mordent les israélites ; mais à ceux qui étaient mordus, il propose d’échapper à la conséquence mortelle de la morsure, en les invitant à lever les yeux vers le serpent élevé sur le mât. Par cette position insolite, ce serpent - animal terrestre par excellence – est arraché à sa signification habituelle, et se trouve investi d’un sens nouveau, qu’il tire de l’élément auquel il est associé par son élévation, à savoir le ciel.

 

 

Jésus s’appuie sur cet épisode de la marche au désert, pour signifier ce qu’il en sera de sa mort : le lieu propre des cadavres est sous terre, là où la vie ne pénètre pas ; élevé sur la Croix, le corps du Christ va tout au contraire recevoir d’en-haut une vie radicalement nouvelle et éternelle. Jésus crucifié surélève la mort et lui donne un sens nouveau : de défaite de la vie conduisant à la descente au Shéol, elle devient signe d’élévation, de montée vers les hauteurs, vers le « ciel », c'est-à-dire vers la demeure de Dieu, où règne la Vie en plénitude : « La mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien est disparu (Apoc 21, 4) ». La mort n’est pas éliminée en tant que telle : elle est dépassée, au sens où elle n’a plus le dernier mot : elle devient passage vers la vie, offerte à travers elle. Le grand mystère est précisément que la vie éternelle nous soit donnée à travers son contraire, la mort : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? (1 Co 15, 54-55) » La Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ est l’échelle de Jacob par laquelle nous est offerte la possibilité de « monter » de la terre au ciel, de la mort à la Vie, en participant à l’exaltation du Fils de l’Homme à la droite de Dieu son Père. Telle est l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu est les hommes : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ; ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

 

 

 

A l’initiative déconcertante de Dieu, nous ne pouvons répondre que par l’humble accueil, dans la foi, du salut qu’il nous offre en son Fils. Tendons la main, non plus vers le fruit mortifère de l’Arbre de la connaissance, mais vers le fruit vivifiant qui s’offre à nous sur l’Arbre de la Croix : l’Eucharistie de Notre Seigneur, qui nous donne part dès à présent à sa vie filiale.

 

 

 

Père Philippe

 

 


 

 

 

Méditation RC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, par ce passage d’Évangile, tu m’appelles et m’invites à accueillir la foi qui enracine ma vie sur le mystère de ton incarnation. Toi, le Fils de Dieu, tu es descendu au milieu des hommes, tu as pris notre nature humaine pour nous montrer le chemin à suivre pour retourner au Père. Et par cette incarnation, tu as offert ta vie et vaincu la mort en ressuscitant après avoir été martyrisé, humilié et crucifié entre deux malfaiteurs. Seigneur, si tu n’avais accepté cette mort humiliante sur la croix, nous n’aurions jamais pu prétendre être assis à ton côté, glorifiant Dieu avec toi et à ton exemple. Oui, Seigneur, sois remercié de cette croix glorieuse à tout jamais !

 

Demande

 

Seigneur, enracine en moi cette foi pour que je puisse, à mon tour, proclamer au milieu de ceux que je connais, la rédemption de tous les hommes et de chacun en particulier dès lors que nous accueillons la vie que tu es venu donner à ceux qui lèvent les yeux vers toi.

 

Points de réflexion

 

1. « Nul n’est monté au ciel » réponds-tu à Nicodème, ce notable juif, qui cherchait à savoir si tes paroles venaient du ciel ou d’ailleurs. Les paroles que tu profères ne viennent que de Dieu, assures-tu. Nul, s’il ne croit à tes paroles, ne pourra entrer au ciel. Les hommes d’ici-bas doivent d’abord lever les yeux vers celui que le Père a envoyé, tout comme les fidèles devaient regarder le serpent d’airain que Dieu avait demandé à Moïse de fabriquer et de placer sur un mât pendant la traversée du désert. Tu veux que Nicodème reconnaisse en toi celui que le Père a envoyé au milieu des siens. Quiconque regardait le serpent d’airain était guéri de ses blessures et c’est vers toi, aujourd’hui, que les hommes doivent tourner les yeux pour être guéris des blessures du péché qui les a séparés de Dieu. C’est à travers toi que le peuple pourra rejoindre le salut éternel que Dieu a promis à son peuple au moment de la chute originelle. Être guéri de la morsure du serpent, c’est renouer l’Alliance, c’est ce que Nicodème attend avec tous les membres du Peuple élu.

 

2. « Hormis celui qui est descendu du ciel ». Cette nouvelle Alliance ne peut passer que par toi qui es descendu d’auprès du Père. Comment un homme aussi intelligent et ouvert soit-il, peut-il entrer dans ce mystère ? Ici, les capacités humaines ne suffisent pas : elles ne peuvent remplacer la foi et à c’est cette foi que tu veux que Nicodème s’ouvre. Il faut qu’il soit soutenu par Dieu lui-même. « Une fois remonté au ciel, je vous enverrai un autre Paraclet qui vous fera tout comprendre » diras-tu plus tard à tes disciples, mais ici, tu ne peux qu’inviter Nicodème à se convertir à cette foi. Pour avoir la vie éternelle, il faut croire à celui qui sera élevé de terre.
Tu veux que Nicodème, qui connaît les Écritures et les promesses qu’elles contiennent, en te voyant lorsque tu seras sur la croix, puisse comprendre que tu es véritablement le « Serviteur souffrant » dont parle Isaïe, celui qui a offert sa vie en rachat pour la multitude.

 

3. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique » pour que l’homme puisse partager la vie divine et participer à cette vie en lui. Tu veux que Nicodème comprenne que de toute éternité le dessein de Dieu est que l’homme partage sa vie et sa gloire. Le péché de l’homme a mis un obstacle à ce retour, mais le Père t’a envoyé dans le monde, au milieu des hommes, pour qu’ils puissent revenir à lui. Tu n’es pas venu pour juger le monde, mais pour que les hommes croient en toi et te suivent malgré les croix et les difficultés. Tu veux que Nicodème te reconnaisse, sous l’aspect et la réalité d’un homme comme les autres, comme « l’envoyé du Père ». C’est le plan de Dieu pour nous unir à lui. Tu sais que ton retour auprès du Père inaugure dès maintenant le retour de chaque homme qui croit et croira en toi.
Tu sais que l’Esprit Saint est là pour aider l’homme, tout homme, à ouvrir son cœur et adhérer à la foi en disant comme le centurion qui a participé à ta crucifixion : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ».

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, tu sais bien que je ne suis pas Nicodème mais tu sais que, comme lui, j’ai besoin de croire que tu nous as ouvert la porte du salut par ta croix. Permets-moi d’accompagner Marie, celle que tu m’as donnée pour Mère et que je sache participer au salut du monde, au salut de mes frères, au salut de tous les hommes qui sont appelés à te reconnaître au milieu des difficultés de chaque jour. Qu’avec elle, ta présence sur la croix, me permette de glorifier Dieu et de participer à sa charité.

 

Résolution

 

Vénérer la croix glorieuse et prier le rosaire avec Marie pour participer au salut du monde que tu es venu réaliser sur cette croix.

 

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de RC


 

 

"Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme."

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle." La fête de la croix glorieuse que nous célébrons nous invite à contempler la Croix et la mort de Jésus comme une source de vie, une source de guérison pour chacun de nous. C’est un paradoxe difficilement compréhensible pour beaucoup. La foi nous donne à contempler l’horreur du supplice de la croix pour y découvrir l’étonnante « vie qui surgit de cet arbre qui donnait la mort. » La croix est glorieuse ! Comment peut se faire la transformation d’un instrument qui donne mort, en un lieu où surgit une source de vie ? Car la croix que nous contemplons est un instrument de supplice, le lieu de la souffrance du Christ ! En célébrant « l’exaltation de la Croix », nous célébrons Jésus qui a été élevé jusqu’à la Gloire du Père par le don total qu’il a fait de lui-même pour notre salut. La « Croix glorieuse » nous fait contempler la victoire de Jésus sur les forces du mal, sur la mort. Elle devient ainsi le signe de la réconciliation définitive entre Dieu et l’humanité, le signe de la victoire de la Vie sur la mort. La vie éternelle, c’est l’Amour infini de Dieu que nous accueillons par la foi. C’est dans la nuit de la Foi que se réalise le mystère de la Compassion de Marie que nous rejoignons au pied de la Croix ou Jésus est élevé. Quand nous sommes dans la détresse, nous avons besoin les uns des autres. Nous faisons mémoire de la croix glorieuse de Jésus auprès de tous ceux, qui, de part le monde, subissent la persécution. Nous nous tournons vers ceux qui sont « saisis » par la souffrance et nous demandons pour eux la patience et la persévérance de Jésus !

"Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle." L’exaltation de Jésus crucifié est la conséquence de son abaissement. Le Verbe de Dieu, qui partageait la gloire du Père, a préféré abandonner cette plénitude, pour se cacher dans notre humanité. Dans l’Incarnation du Verbe se manifeste l’amour de Jésus pour nous, et l’amour de son Père qui nous le donne. La transformation de la mort en vie, de la croix comme supplice, à la Croix comme source de Vie, s’opère par l’acte d’amour qui animait Jésus et son Père alors qu’il traversait les épreuves de sa passion. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix nous invite à méditer sur le lien profond qui unit la célébration Eucharistique et le mystère de la Croix. Chaque messe est la célébration sacramentelle du mystère pascal de Jésus, elle rend actuel le sacrifice rédempteur du Christ. L’Eucharistie nous rappelle quotidiennement que notre salut jaillit de ce mystérieux échange, dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort pour nous donner gratuitement part à sa vie divine. Au-delà du processus de transformation du pain et du vin dans le Corps et le Sang de Jésus, la pâque réalise la transformation de la violence inhumaine en don d’amour. Ce processus de transformation n’a été possible que parce que Jésus a voulu entrer dans le mystère d’amour de son Père et répondre par son amour à la violence qui lui a été faite. Le message de la Croix glorieuse, de la victoire définitive du Christ sur le Mal, sur le péché, le mensonge, et toutes les forces de mort, vient résonner dans notre cœur comme un appel à se dépasser, un appel à croire qu’avec le Christ, tout est possible à Dieu.

"Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé." C’est « l’explosion intime du bien » qui est vainqueur du mal, elle peut engendrer la chaîne des transformations qui, peu à peu, changeront le monde. Jésus, dans l’Eucharistie, dit oui à la volonté de Dieu qui lui demande de donner sa vie pour ses frères et sœurs. C’est par amour du Père et de l’humanité que Jésus dit ce oui crucifiant, c’est même une obéissance eucharistique, c’est par amour et dans l’action de grâces, qu’il dit oui au Père. Par ce oui d’obéissance amoureuse, Jésus me demande de faire de même pour faire jaillir la vie. Quand Jésus nous dit de faire ceci en mémoire de lui, c’est moins la répétition d’un rite, que l’entrée dans son obéissance confiante envers son Père. Suivre le Jésus pour accomplir notre vocation de baptisé peut être crucifiant, nous devons voir les épreuves que nous traversons comme autant d’occasions d’entrer davantage dans la dynamique du don et de l’amour. Ainsi la vie peut jaillir de nos croix aujourd’hui unies à Jésus, comme elle jaillit de la Croix de Jésus, que nous appelons désormais Croix glorieuse. Nous entrons, par la Croix de Jésus, dans le mystère de l’Amour, surs de le rencontrer, puisque la porte d’accès est cet amour victorieux de tout mal. La contemplation de la Croix glorieuse constitue un formidable message d’Espérance.

Nous demandons la grâce de vivre de l’immense amour de Jésus.

Père Gilbert Adam


 

 

 

 

 

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle»

Aujourd'hui, l'Évangile est une prophétie, c'est-à-dire un regard dans le miroir de la réalité qui nous introduit à sa vérité au-delà de ce que nous rapportent les sens: la Croix, la Sainte Croix de Jésus-Christ, est le Trône du Sauveur. C'est pourquoi Jésus affirme: «Ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé» (Jn 3,14).

Nous savons bien que la croix était le supplice le plus atroce et le plus honteux de l'époque. Exalter la Sainte Croix serait pur cynisme si le Crucifié ne s'y trouvait suspendu. La croix, sans le Rédempteur, est cynique; avec le Fils de l'Homme, elle est le nouvel arbre de la Sagesse. Jésus-Christ «s'offrant librement à la passion» de la Croix a ouvert le sens de notre destinée: monter avec Lui sur la Sainte Croix pour ouvrir les bras et le cœur au Don de Dieu, en un admirable échange. Ici aussi il nous convient d'écouter la voix du Père céleste: «Celui-ci est mon Fils (…), qui a toute ma faveur» (Mc 1,11). Nous trouver crucifiés avec Jésus et ressusciter avec Lui: voilà le sens de toutes choses! L'espérance est là, le sens est là, et l'éternité et la vie! Les chrétiens ne sont pas fous quand, dans l'Annonce de la Pâque, ils chantent la louange du péché originel: «Bienheureuse faute de l'homme, qui valut au monde en détresse le seul Sauveur», qui par sa douleur a donné sens à la douleur.

«Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde: venez, adorons» (Liturgie du Vendredi Saint). Si nous parvenons à dépasser le scandale et la folie du Christ crucifié, il ne nous reste plus qu'à l'adorer et à lui rendre grâce pour son Don. Et chercher avec décision la Sainte Croix dans notre vie, pour nous remplir de la certitude que, «par Lui, avec Lui et en Lui», le don de nous-mêmes sera, dans les mains du Père et par l'Esprit Saint, transformé en vie éternelle: «Versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés».


 


Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople . Homélie pour l'adoration de la Croix (Cf. brév. 2e vendredi de Pâques)

La croix, arbre de vie

 

Que la vue de la croix est belle ! Sa beauté n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d'Eden. Elle est tout entière admirable, « belle à voir et à partager » (Gn 3,6). C'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l'Eden ; elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, et a délivré le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le Satan.

Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompé par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants ! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte. C'est avec à-propos que l'apôtre Paul s'est écrié : « Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ga 6,14)... Au-dessus de toute sagesse, cette sagesse qui a fleuri sur la croix a rendu stupide les prétentions de la sagesse de ce monde (1Co 1,17s)...

C'est par la croix que la mort a été tuée et Adam rendu à la vie. C'est par la croix que tous les apôtres ont été glorifiés, tous les martyrs couronnés, tous les saints sanctifiés. C'est par la croix que nous avons revêtu le Christ et dépouillé l'homme ancien (Ep 4,22). C'est par la croix que nous avons été ramenés comme les brebis du Christ, et que nous sommes rassemblés dans la bergerie d'en haut.

 


 

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© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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