Jésus a prononcé sept paroles lorsqu’il était sur la croix. Chacune de ses paroles ont marqué l’histoire de l’Église et la foi de milliers de personnes au cours des siècles. Ci-dessous nous vous proposons de nous arrêter pour les méditer et voir de quelle nature était fait Celui qui à changé la face du monde.



 1ère parole :
"Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font." (Luc 23,34)

Une prière à son Père pour ceux qui l’on crucifié. Quand nous sommes face à des personnes qui ne nous aiment pas ou qui nous font souffrir, saurions-nous prier pour eux et leur pardonner ?

Sa première parole est une prière : " Père, pardonne-leur, car il ne savent ce qu'ils font ". Celui qui prononce cette prière vient d'être crucifié. Alors même que les clous transpercent ses mains et ses pieds, il intervient en faveur des autres. Et qui est celui qui prie ainsi ? C'est le Fils de Dieu qui va mourir. Par cette prière, il agit selon son Évangile concernant l'amour des ennemis. Nous réalisons alors que le christianisme est beaucoup plus qu'une morale : c'est une vie qui aime et se donne.

Mais il y a plus. Jésus seul peut prononcer cette prière sublime, parce que le pardon en question concerne le péché le plus horrible, celui d'avoir crucifié le Fils de Dieu. Par sa prière, Jésus a obtenu que le jugement pour ce péché-là soit suspendu. Cinquante jours plus tard, l'apôtre Pierre a pu proclamer avec puissance la bonne nouvelle du salut par Jésus-Christ. Plusieurs milliers de personnes ont accepté cette bonne nouvelle et ont été pardonnées.

La mise en croix de Jésus a montré toute la méchanceté humaine, mais elle a surtout démontré l'immensité de l'amour divin : l'amour du Père qui donne le Fils pour le salut de tous ceux qui croient en lui, l'amour du Fils qui se donne volontairement pour des coupables.

2ème parole :
"Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis." (Luc 23,43)

Une promesse à quelqu’un qui souffre autant que lui.
Alors que nous sommes nous-même en souffrance, sommes-nous capable de partager les promesses de Dieu à d’autres ?

La deuxième parole de Jésus sur la croix est une promesse de salut faite par le Juge suprême à un accusé. Non pas un pardon temporaire, mais la paix éternelle; non la vie continuée sur la terre, mais le royaume de Dieu et la résurrection pour une vie nouvelle dans le ciel.

Au début, les deux brigands crucifiés avec lui insultent Jésus. Par la suite, l'un d'entre eux change d'attitude. Il reconnaît sa culpabilité et témoigne de l'innocence de Jésus : " Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes; mais celui-ci n'a rien fait de mal. " à ce moment crucial, il est le seul à discerner la perfection de Jésus et il lui dit : " Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. "

La réponse est immédiate, la promesse certaine : Jésus lui dit : " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis." Pas de jugement à attendre. Le brigand condamné par les hommes est absous par Dieu. Il l'est parce que Jésus allait expier ses fautes devant Dieu. Il reçoit l'assurance d'un salut personnel dans la présence du Sauveur lui-même. Merveilleux avenir que partageront tous ceux qui auront mis leur confiance en ce si merveilleux Sauveur Jésus-Christ!

Jésus est le Sauveur des vies gâchées. Ne désespérons pas à cause du mal que nous avons commis. Jésus est puissant pour sauver aujourd'hui encore. Il a connu l'humiliation la plus grande, l'abaissement le plus profond, la mort honteuse de la croix, afin de nous faire connaître l'amour de son Père. Pour l'éternité!

3ème parole :
Jésus voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, il dit à sa mère : "Femme, voici ton fils". Puis il dit au disciple : "Voici ta mère". (Jean 19,26-27)

Un souci pour sa mère.
Alors que nous sommes face à des situations difficiles, avons-nous du respect et du soucis pour honorer nos parents, nos familles, nos proches ?

Dans sa première parole sur la croix, Jésus demande le pardon pour ceux qui l'ont crucifié. Dans la deuxième, il transforme, par sa grâce, un meurtrier en l'un de ses compagnons dans le ciel. Dans la troisième, il confie tendrement sa mère à son disciple Jean.

Comment ne pas être touché par l'affection et les soins que Jésus, malgré ses souffrances croissantes, a montrés à sa mère? Quelle délicatesse au milieu de la haine environnante! Mais aussi, quelle dignité, car Jésus reste le Seigneur de sa mère comme de son disciple. Ce n'est pas un mourant qui dépend de la bonté des siens, mais un fils aimant qui prend en compte les besoins futurs de sa mère.

Jésus a prononcé cette parole avant d'entrer dans les trois heures de ténèbres de l'abandon de Dieu. Même les liens les plus légitimes sur la terre, ceux d'un fils envers sa mère, devaient être rompus. Il fallait que Jésus entre seul dans le lieu où Dieu allait juger le péché du monde.

 4ème parole :
"Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?"
(Matthieu 27,46)

Le cri d’angoisse de Jésus alors qu’il est en train de porter le péché du monde, et que Dieu lui détourne son regard. Jésus est seul. Alors que nous sommes quelquefois en train d’abandonner Dieu et de lui tourner le dos, Jésus n’a-t-il pas ce même cri d’angoisse à notre égard ?

-Nous ne pouvons aborder cette quatrième parole de Jésus crucifié qu'avec un profond respect. C'est une parole d'importance capitale, d'une immense densité et qui reste insondable pour nous. Depuis midi, il fait nuit sur Jérusalem. Des ténèbres surnaturelles ont recouvert le pays. Plus de moqueries, plus d'injures, les hommes sont mis de côté. Dieu soustrait son Fils aux regards humains. Ce qui se passe à ce moment-là ne peut être vu ni compris par une créature.

Personne ne pourra jamais entrer dans la détresse de Jésus, pendant ces trois heures d'obscurité. Notre Sauveur demeura dans une solitude totale, abandonné de son Dieu parce qu'il expiait les péchés de tous ceux qui croiraient en lui. Lui, le Fils bien-aimé du Père, était, à ce moment-là, privé de la présence de son Dieu. Pourquoi? Parce qu'il s'était, par amour, identifié à nous, pécheurs. Il a pris sur lui la malédiction que nous méritions à cause de nos péchés. Souvenons-nous toujours de la souffrance de Jésus sur la croix. Sans les heures d'expiation, personne n'aurait pu être sauvé. Le châtiment de nos fautes serait toujours devant nos yeux.

Dans ces heures d'abandon, la sainteté de Dieu brille d'un éclat insoutenable : Dieu condamne son propre Fils. Mais il le fait par amour, pour nous sauver, nous qui ne l'aimions pas. Amour du Père, amour du Fils! Éternel sujet d'adoration pour nous, croyants!

*Une méditation sur la 4è parole . . .
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"

Parmi les sept paroles du Christ sur la Croix, Marc, le disciple de Pierre, et Matthieu, ont tous deux retenu seulement la même phrase tirée du psaume 21. C’était la prière, la dernière prière de Jésus avant de mourir. C’est un cri vers Dieu le Père, son Père qu’il poussait dans un dernier dialogue avec Lui.

"Eli, Eli, lama sabachthani" dit l’un des évangélistes ; l’autre : "Eloï, Eloï, lama sabactani." Ce sont les mêmes mots, mais avec peut-être une consonance régionale des mots araméens dans la langue de J"sus.Et cela veut dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"

Il me semble que ce cri, cette prière de Jésus quelques minutes avant sa mort, c’est le cri de tous les malheureux du monde entier et de toutes les époques de notre petite planète au cours de ces millions d’années, depuis que l’homme a fait son apparition sur la terre et qu’il fut capable de raisonner et de s’exprimer.

C’était un psaume attribué au roi David, un ancêtre de Jésus. Il exprime à la fois les souffrances et les espoirs du juste. Tous les évangélistes y ont vu décrits, bien des siècles avant qu’il ne vienne sur cette terre, les souffrances du Christ, du Messie.

Toutes nos interrogations, tous nos pourquoi sont résumés dans le cri de Jésus. C’est le cri de tous les hommes qui peinent et qui souffrent, c’est le cri de tous ceux qui s’interrogent et qui, hélas, oublient que l’homme n’est qu’un passager sur cette terre. Cette terre que très souvent la Bible nous a appris à découvrir comme une vallée de larmes bien plus que comme une vallée de bonheur et d’abondance.

Seul, un jour, Dieu nous dira le pourquoi de tous nos pourquoi, ce sera le jour où il nous fera comprendre le pourquoi de la Croix, le pourquoi de la souffrance.

Quand Jésus, du haut de la Croix, regardait Jérusalem et tous ceux qui s’y trouvaient, il pensait à toute la souffrance du monde, non seulement le monde de son temps, mais celui de tous les temps de l’humanité, de ces milliards d’êtres humains qui, au cours des millénaires, viendraient sur cette terre.

Il demandait pardon à son Père pour tous ceux qui refuseraient de l’écouter et qui feraient souffrir les hommes. Lui qui était venu apporter la Paix, il pensait à tous ces peuples privés de liberté, à tous ces peuples qui meurent de faim, et à tous ces peuples qui vivent dans la crainte des bombes et des attentats criminels. Et avec lui, nous pensons à la souffrance des gens que nous aimons, parents, femmes, enfants. Et avec Jésus sur la Croix, nous n’avons qu’une seule pensée : tout faire pour les aimer comme Jésus les aime.

Jésus, qui est le Fils de Dieu, est passé par la souffrance et il nous a promis que lorsqu’il aurait été élevé de terre, c’est-à-dire lorsqu’il aurait accompli sa mission sur la terre par le sacrifice sur la Croix, alors il nous aiderait.

Il vaut nous répéter une fois encore : "Ayez confiance, j’ai vaincu le monde. Voici que je suis avec vous pour toujours. Allez et annoncez au monde entier la Bonne Nouvelle. Tous seront sauvés s’ils acceptent de croire en l’amour de Dieu et s’ils vivent dans l’amour de tous leurs frères les hommes."

Après la Croix et la Mort de Jésus, il y a eu et il y aura toujours la Résurrection.

Vivons cette Semaine Sainte en union avec le Christ souffrant et, dans la prière, préparons-nous à célébrer sa Résurrection dimanche prochain.

Bonne semaine sainte à tous et à toutes.

Amen.

Homélie prononcée le dimanche des Rameaux 27 mars 1994 par le père Léandre Duflot dans l’église Notre-Dame de l’Annonciation de Meudon.
In
"Homélies simples et percutantes" du père Léandre Duflot, éd. Salvator, Paris 2006, pp.294-295.

5ème parole :
"J’ai soif" (Jean 19,28)

Jésus, un humain ... jusqu’au bout.
Jésus dit cette parole afin d’accomplir une prophétie de l’Ancien Testament. Ce qui nous montre que bien plus qu’un humain qui a soif, Jésus va au bout de sa mission ; il ne boira pas du reste !

-Par la cinquième parole de la croix, après les trois heures d'abandon, Jésus demande à boire. Ses blessures, son combat moral, font qu'il souffre d'une soif ardente. Mais, avant tout, ce n'est pas pour cela qu'il dit : " J'ai soif ". Sur la croix, comme durant toute sa vie, Jésus a toujours fait la volonté de Dieu. Malgré sa souffrance intense, il s'écrie : " J'ai soif " parce que l'Écriture sainte annonçait par avance : " Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre " Psaume 69. 21. Mais il nous est permis de penser que cette parole de Jésus revêt une autre portée spirituelle. Son œuvre accomplie, Jésus regarde en avant.

La soif qu'il éprouve évoque le désir intense de la joie de la présence de Dieu (Psaume 63. 1) Sa soif est un signe de l'imminence du royaume où il goûtera bientôt la pleine communion de son Père et des siens. Il a dit : " J'ai soif " afin de devenir pour tous ceux qui se confient en lui, la source d'eau vive. Il prépare l'eau vive du salut qui va être donnée au monde (Jean 4. 14).

6ème parole :
"Tout est accompli." (Jean 19,30)

Un cri de victoire !
Si nous nous arrêtons un instant pour penser à tout ce qui s’est passé pour que Jésus arrive à ce cri de victoire cela donne le tournis. Pourtant il est allé jusqu’au bout, par amour. Sommes-nous capable d’évaluer l’importance de cette phrase ?

-Les trois heures de ténèbres sont terminées. Dans un dernier geste d'obéissance, Jésus vient de boire le vinaigre; il s'écrie alors : " Tout est accompli ". Sa mission sur la terre s'achève. À sa venue, il avait pu dire : " Je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté " (Hébreux 10. 7) Maintenant, il a achevé là tout ce que le Père lui avait donné à faire (Jean. 4).

Jésus a parfaitement glorifié Dieu. Chaque croyant peut dire : " Le fils de Dieu s'est livré lui-même pour moi " (Galates 2. 20) Tout découle de la croix : le salut de chaque croyant, la formation de l'Église, l'accès au Père, l'établissement des nouveaux cieux et d'une nouvelle terre dans lesquels la justice habite (2 Pierre 3. 13 tout repose sur la mort de Jésus.

Cette sixième parole est comme la signature que le Christ appose sur le texte relatant ce qu'il a accompli. Un seul mot dans l'original : " Tetelestaï ". On a retrouvé des papyrus où apparaissaient des factures avec le mot " Tetelestaï " inscrit en travers pour indiquer que la facture était entièrement payée.

L'oeuvre de Jésus à la croix est parfaite et achevée. " Il n'y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher " (Ecc. 3. 14) " Notre confiance quant à notre salut éternel ne peut reposer ni sur nos actions, nos mérites ni sur quoi que ce soit qui vienne de nous-mêmes, mais simplement sur le sacrifice de Jésus-Christ, parfait, complet, accepté par Dieu. Alors que toutes les religions des hommes disent : " Faites ", Jésus proclame à la face du monde entier : " C'est accompli "!

7ème parole :
"Père, je remets mon esprit entre tes mains." (Luc 23,46)

La dernière prière à son Père
Quel moment impalpable que celui de rejoindre le Père et d’entrer dans son repos, l’esprit en paix ...

-Cette dernière parole de Jésus sur la croix évoque toute l'intimité de l'amour et de la communion entre Jésus et son Père. Comme avant les trois heures de ténèbres, Jésus dit à nouveau : " Père ". L'expiation est accomplie, la question de nos péchés est réglée.

En parfaite paix, en pleine conscience, Jésus va alors laisser sa vie, donner sa vie. Ayant baissé la tête, il remet son esprit au Père. C'est l'acte final de son sacrifice volontaire. Il a détaché lui-même son esprit de son corps et l'a remis à Dieu son Père.

Plusieurs fois, le Nouveau Testament nous rapporte que Jésus s'est livré lui-même (Galates 2. 20; Éphésiens 5. 2, 25 ; Tite 2. 14). Toutes ces expressions font briller la grandeur et l'amour de celui qui donnait sa vie. Personne n'avait le pouvoir de la lui prendre (Jean 10 : 18), mais il l'a offerte afin que nous puissions recevoir une vie nouvelle, spirituelle, en nous confiant en lui.

Jésus va au-devant de la mort, paisiblement, en vainqueur, sachant que Dieu ressuscitera son corps (Actes 2. 27). Il a détruit, par sa mort, la puissance du diable qui nous effrayait (Hébreux 2. 14). La septième parole annonce le repos de la nouvelle création. Le péché et le mal sont vaincus à la croix et la création est libérée et restaurée. Tout comme le septième jour a été le jour du repos et de la satisfaction, la septième parole introduit le Seigneur dans le lieu du repos : les mains du Père. À la suite de Jésus, nous pouvons, devant la mort, nous confier paisiblement en notre Dieu et Père.


 

 Sources:

(1) http://paroissechaville.com

(2) www.paysciel.com