Dimanche 29 octobre 2017

Trentième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Gaetano Errico, prêtre et fond. (1791-1860)


Lectures de la messe

Première lecture (Ex 22, 20-26)

Lecture du livre de l’Exode

Ainsi parle le Seigneur :
    « Tu n’exploiteras pas l’immigré,
tu ne l’opprimeras pas,
car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte.
    Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin.
    Si tu les accables et qu’ils crient vers moi,
j’écouterai leur cri.
    Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée :
vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

    Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple,
à un pauvre parmi tes frères,
tu n’agiras pas envers lui comme un usurier :
tu ne lui imposeras pas d’intérêts.
    Si tu prends en gage le manteau de ton prochain,
tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
    C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ;
c’est le manteau dont il s’enveloppe,
la seule couverture qu’il ait pour dormir.
S’il crie vers moi, je l’écouterai,
car moi, je suis compatissant ! »

    – Parole du Seigneur.

Psaume 17 (18), 2-3, 4.20, 47.51ab

Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
Lui m’a dégagé, mis au large,
il m’a libéré, car il m’aime.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire !
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie.

Deuxième lecture (1 Th 1, 5c-10)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
    vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous
pour votre bien.
    Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur,
en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves,
avec la joie de l’Esprit Saint.
    Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants
de Macédoine et de Grèce.
    Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce
qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti,
mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout
que nous n’avons pas besoin d’en parler.
    En effet, les gens racontent, à notre sujet,
l’accueil que nous avons reçu chez vous ;
ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu
en vous détournant des idoles,
afin de servir le Dieu vivant et véritable,
    et afin d’attendre des cieux son Fils
qu’il a ressuscité d’entre les morts,
Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

    – Parole du Seigneur.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Jn 14, 23)

    En ce temps-là,
    les pharisiens,
apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens,
se réunirent,
    et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus
pour le mettre à l’épreuve :
    « Maître, dans la Loi,
quel est le grand commandement ? »
    Jésus lui répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur,
de toute ton âme et de tout
ton esprit.

    Voilà le grand, le premier commandement.
    Et le second lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
    De ces deux commandements
dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Aimer mon prochain est une expérience spirituelle. C’est l’application concrète du premier des commandements : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu».
Tu sais très bien, Seigneur, qu’aimer un Dieu qu’on ne voit pas peut vite nous faire tomber dans l’illusion si nous ne savons pas aimer le frère que l’on voit (1 Jn 4,20). « Voilà le commandement que nous avons reçu : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jn 4,21).
Deux amours qui ne font qu’un.


 

Mais comment aimer ? « Suivez la voie de l’amour à l’exemple du Christ » nous dit Paul (Ep 5,2).
Aimer, c’est aller plus loin que la simple générosité. L’amour nous invite à nous donner nous-mêmes. L’amour accepte que la croix soit plantée en nous. Il n’y a pas d’amour vrai sans offrande de soi, sans mort à soi-même. « Nul n’a de plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Sainte-Thérèse de Lisieux le dit magnifiquement : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même ».


 

Si l’amour nous fait mourir, c’est pour renaître à une vie nouvelle. L’amour nous humanise et humanise l’être aimé. L’amour transfigure celui que j’aime. L’amour me permet de voir plus loin que ce qu’il montre de lui. L’amour le rend aimable. L’amour lui permet de devenir lui-même, d’atteindre sa pleine mesure d’humanité. L’amour libère l’amour en l’être aimé. En aimant, je pourrai être aimé en retour.


 

Quel témoignage que l’amour partagé !
«À l’amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra pour mes disciples» (Jn 13,34-35). L’amour partagé dit Dieu. Que nos familles, nos communautés soient des lieux d’amour pour dire Dieu au monde. L’amour est évangélisateur. Il est missionnaire !
Tout passera mais « l’amour ne passera jamais » (1Co 13,8).


 

Seigneur Jésus, fais-moi la grâce de ton Esprit-Saint, qu’il délivre mon cœur de tout refus et de toute fermeture à l’autre, qu’il ouvre mes yeux pour contempler l’Amour en toi et toi en mes frères. Que je puisse m’écrier comme Thérèse : « Ma vocation, je l’ai trouvée. Au cœur de l’Église ma mère, je serai l’amour ».

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même»

Aujourd'hui, l'Église nous fait un résumé de notre “option vitale” («Tout ce qu'il y a dans l'Écriture —dans la Loi et les Prophètes— dépend de ces deux commandements»: Mt 22,40). Saint Matthieu et saint Marc mettent cette phrase sur les lèvres de Jésus-Christ; saint Luc, sur celles d'un pharisien. À chaque fois, c'est un dialogue. Il est probable que le Seigneur ait posé plusieurs fois semblables questions. Jésus répond avec le début du Shemá, formule composée à partir de deux citations du Deutéronome et d'une des Nombres, que les juifs fervents récitaient au moins deux fois par jour: «Écoute Israël! Le Seigneur ton Dieu (…)». En la récitant, l'on prend conscience de Dieu dans l'activité quotidienne, tout en se rappelant le plus important: aimer Dieu par —dessus tous nos “petits dieux” et le prochain comme soi—même. Plus tard, à la fin de la dernière Cène, et par l'exemple du lavement des pieds, Jésus énoncera un “commandement nouveau”: aimer comme Il nous aime, avec cette “force divine” (cf. Jn 14,34-35).

Il faut se décider à pratiquer vraiment ce doux commandement –plus qu'un commandement, c'est une élévation, une capacité– dans nos rapports avec les autres: hommes et choses, travail et repos, esprit et matière, car tout a été créé par Dieu.

Par ailleurs, en étant imprégnés d'Amour de Dieu, qui nous atteint dans tout notre être, nous sommes rendus capables de répondre “divinement” à cet Amour. Dieu miséricordieux ne se contente pas d'enlever le péché du monde (cf. Jn 1,29), Il nous divinise, nous “participons” (seul Jésus est le Fils par nature) de la nature divine; nous sommes fils du Père dans le Fils par l'Esprit Saint. Dans le sillage des Pères de l'Église, saint Josémaria aimait à parler de “divinisation”. Saint Basile écrivait par exemple: «Tout comme les corps clairs et transparents, quand ils reçoivent la lumière, irradient à leur tour la lumière, ainsi reluisent ceux qui ont été illuminés par l'Esprit. Cela implique le don de la grâce, la joie interminable, la permanence en Dieu… et le but suprême: la Divinisation». Poursuivons-le!

Abbé Johannes VILAR (Köln, Allemagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

 

Prière d'introduction

 

Comment ne pas se méfier de ceux qui se méfient de toi, ô Jésus ? Où trouver la grâce de dépasser une justice stricte avec les hommes, en leur donnant ce qu’ils ne méritent pas ? Tu te donnes à tous sans trop de repentir ! Il ne m’est pas évident de vivre comme toi ! Fortifie ma foi pour que je puisse vivre de toi ; soutiens mon espérance pour que j’aie le courage de vraiment t’imiter ; transforme-moi avec ta charité pour que je devienne un autre toi ! Que je puisse alors vivre ce conseil de saint Pierre envers toi, dont tu viens de donner l’exemple envers le Père : « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. » (1Pi 3, 15)

 

Demande

 

La grâce de vivre de l’Amour !

 

Points de réflexion

 

1. « Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve. »
Les pharisiens agissent-ils selon l’Esprit de Dieu ou selon l’esprit de ce monde ? Souvent nous, chrétiens, sommes appelés à mettre les autres à l’épreuve, selon l’enseignement de saint Jean l’apôtre : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde. » (1 Jn 1 ,4) Ce docteur agit-il donc avec droiture en posant sa question au Christ, en le mettant à l’épreuve ? À la lumière de notre foi dans le Christ, nous voyons là le danger qu’une créature questionne son Créateur, un pécheur son Sauveur ! Mais comment pouvons-nous discerner quand nous devons mettre ce genre de prudence en pratique envers les autres, sans tomber dans le péché de soupçonner des gens innocents, et sans juste cause ?
En même temps, nous savons que les faux prophètes mettent les saints à l’épreuve, comme Satan l’a fait pour le Christ dès le jour de son baptême et sa retraite au désert : « Si tu es Fils de Dieu – Si tu es Fils de Dieu – si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi ! » (Mt 4, 3.6.9) Les pharisiens, qui se réunirent en apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, veulent-ils soumettre Jésus avec leur « autorité » au Dieu de la religion juive, ou à eux-mêmes et leur politique humaine ? Nous ne le savons pas, tandis que nous croyons que le discernement du Christ est toujours vrai : « il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2, 24-25). C’est donc à nous de méditer l’attitude du Christ dans sa réponse au docteur de la Loi selon les circonstances que saint Matthieu nous signale : Jésus face à « l’épreuve » des hommes d’autorité dans sa société, et sa façon de réagir à leur porte-parole.

 

2. « Jésus lui répondit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Si nous reconnaissons que Jésus, le Messie, est le « Soleil de Justice » prophétisé par Malachie (3, 20), il est toujours le premier à mettre en pratique ce qu’il prêche : il n’y a pas d’hypocrisie en lui. Le fait qu’il soit si prêt à témoigner de la doctrine de la foi d’Abraham transmise par le plus grand des prophètes, Moïse, – avec promptitude et exactitude –, donne « la preuve » qu’il aime son Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit. Le fait qu’il donne la juste réponse à la question du docteur de la Loi, comme un geste de bonne volonté qui reçoit la sienne sans préjugé, donne « la preuve » qu’il aime son prochain comme lui-même. Mais avons-nous l’innocence et la liberté d’esprit du Christ d’agir ainsi face à nos adversaires contemporains ? N’a-t-il pas enseigné, lui, le Christ qui envoya ses disciples en mission : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes ! » (Mt 10, 16-17) ? Comment Jésus met-il ce dernier conseil en pratique à ce moment-ci, s’il y a des vrais ennemis, des « loups » chez ces pharisiens, trop prêts à dévorer cet « Agneau » de Dieu ?! En cherchant une explication, il est peut-être important de nous souvenir d’un autre enseignement encore : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis (…) ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. » (Jn 10, 11.14)

 

3. Fidélité, espérance, patience, persévérance.
Si l’exemple du Christ et sa doctrine donne des preuves de sa fidélité, son attitude aujourd’hui démontre-t-elle peut-être en fait son espérance : « l’amour espère tout » (1 Cor 13, 7). Des ignorants seront illuminés ; des ennemis deviendront des amis ; des esclaves des mensonges de Satan seront libérés. Chez ces « loups », il espère qu’il y aura là des brebis qui écouteront sa voix. Le Bon Berger traite chaque personne selon sa dignité, il connait ses brebis par leur nom ; l’être humain n’est pas traité par lui « en masse », anonymement comme dans le troupeau d’un mercenaire. C’est-à-dire que Jésus n’a pas l’habitude de « diaboliser » les individus ou les groupes sociaux avant leur temps.
En fait, Jésus choisit de répondre à Satan lui-même avec innocence, vérité, et respect : ce n’est qu’à la troisième instigation qu’il juge l’impureté de cette créature sans repentir et va choisir de chasser le démon. Jésus garde sa colère pour les hypocrites, pour ceux qui résistent à sa grâce impunément. Jésus œuvre avec une grande patience jusqu’à son « heure » où il souffrira la conséquence de sa connaissance du cœur humain dans son péché, pour qu’il puisse sauver tous ceux qui seront sauvés : « Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné ; j’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu (…) » (Jn 17, 12) L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde n’est pas dupe face aux « dangers » d’aimer Dieu par-dessus toute chose et son prochain comme lui-même : « Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » (2 Pi 3, 9), comme saint Pierre l’expliquera plus tard. Jésus démontre ainsi que sa Miséricorde veut persévérer jusqu'à la fin : la raison, par excellence, de notre espérance.

 

Dialogue avec le Christ

 

Aide-moi, ô Christ, à honorer ta sainteté en t’imitant, en étant prêt à tout moment à présenter une défense devant quiconque me demande de rendre raison de l’espérance que je trouve dans ton Nom ! Ô Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien, pour que je puisse agir avec douceur et respect : que mes adversaires souffrent de leur propre honte s’ils résistent à ta charité présente dans ma conscience droite !

 

Résolution

 

Face à une relation difficile avec autrui, offrir un témoignage de charité avec espérance, patience et persévérance pour que l’autre puisse reconnaître un jour l’amour du Christ qui agit par moi.

 

Père Shane Lambert, LC

 

http://www.regnumchristi.fr


 


 

 

"Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
«
 Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »"

 

 

Nous sommes dans une atmosphère de suspicion de Jésus, dans la polémique. Jésus continue sa marche, il parle en fonction de ce qui compte pour lui. Il va ouvrir l’esprit et le cœur de ses adversaires. Il ne dévie pas, il rend hommage à la vérité en condensant, d’une manière extrême, toute la foi d’Israël, en conjoignant l’amour de Dieu et l’amour des frères. Il énonce une attitude d’amour qui aide chacun à cheminer dans la vraie vie en toute situation. Cette mise à l’épreuve de Jésus dans l’Évangile lui permet de dire ce qui lui tient le plus à cœur. C’est vraiment une bonne nouvelle pour l’humanité. La coïncidence de l’Amour de Dieu et de l’amour des frères est si fort dans la Parole : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi. S’il crie vers moi, dit Dieu, je l’écouterai car moi je suis compatissant. » C’est une invitation à revêtir les sentiments qui sont dans le cœur de Dieu qui nous est donné là. Les juifs comptaient 613 commandements à observer répartis entre « grands » et « petits » commandements. Jésus parlera en effet du « plus grand » des commandements.

 

« Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Jésus invite à « aimer Dieu de tout son corps, de toute son âme et tout son esprit. » A vrai dire, l’amour de Dieu ne peut aller valablement sans « aimer son prochain comme soi-même. » Un amour de Dieu qui ne débouche pas en un amour sincère des hommes n’atteint pas sa véritable dimension. Quelque chose du rapport au réel ne se vit pas dans l’homme si nous ne nous risquons pas dans une parole vraie. Un amour du frère qui se couperait de l’amour de Dieu ne tiendra pas la distance respectueuse pour que cet amour puisse croître pour lui. Suivre Jésus demande cette double et radicale ouverture à Dieu le Père et à nos frères en humanité. Il nous faudra toute une vie pour concilier ces deux amours. La réponse de Jésus est vraiment claire. Le premier commandement est celui de l’Amour : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous devenons progressivement conscients du lien qui existe entre l’amour de Dieu et l’amour que nous nous portons à nous même, l’amour nous portons aux autres ! L’amour du prochain comme l’amour que nous avons pour nous-mêmes prend sa source dans l’amour que nous recevons de Dieu.

 

"Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » Les nombreuses difficultés que nous éprouvons dans l’amour trouvent leur origine dans le regard négatif que nous portons sur nous-mêmes et que nous projetons inconsciemment sur les autres. Notre douleur de ne pas aimer et de ne être aimé provient souvent du regard négatif de notre entourage. Nous n’avons pas toujours été aimés avec un grand respect. Nous nous sommes alors construits dans une « vision » pessimiste de nous mêmes. L’amour que nous recevons de Dieu et de notre entourage va déterminer l’amour que nous portons à Dieu et au prochain. Jésus donne toujours un acte d’amitié et d’amour en vérité. La vérité de son être n’est pas une vérité qui condamne, mais une vérité qui ouvre le débat. Que Jésus nous aide à tenir fermement dans la vérité les situations de conflit dans lesquels nous nous trouvons. L’amour que Dieu nous donne manifeste nourrit et renforce les relations d’amour que nous nous portons les uns aux autres. Nous aimer dans l’amour que Dieu nous porte : "Là ou il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour et vous récolterez de l’amour," dit Jean de la Croix.

 

Nous rendons grâce à Dieu pour l’amour débordant et gratuit qu’Il nous donne, que cet amour nous donne d’aimer.

 

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

« Tout ce qu'il y a dans l'Écriture – dans la Loi et les prophètes – dépend de ces deux commandements »

 

      Puisque régner dans le ciel n'est rien d'autre que d'adhérer à Dieu et à tous les saints, par l'amour, en une seule volonté, au point que tous n'exercent ensemble qu'un seul et même pouvoir, aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel. Accorde-toi avec Dieu et avec les hommes — si du moins ceux-ci ne se séparent pas de Dieu — et déjà tu commences à régner avec Dieu et avec tous les saints. Car, dans la mesure où tu t'accordes maintenant avec la volonté de Dieu et avec celle des hommes, Dieu et tous les saints s'accorderont avec ta volonté. Si donc tu veux être roi dans le ciel, aime Dieu et les hommes comme tu le dois, et tu mériteras d'être ce que tu souhaites.

      Mais cet amour, tu ne pourras le posséder à la perfection que si tu vides ton cœur de tout autre amour... Voilà pourquoi ceux qui remplissent leur cœur d'amour de Dieu et du prochain n'ont de vouloir que celui de Dieu, ou celui d'un autre homme, pourvu qu'il ne soit pas contraire à Dieu. Voilà pourquoi ils sont fidèles à prier, ainsi qu'à s'entretenir et à se souvenir du ciel ; car il leur est agréable de désirer Dieu et de parler de celui qu'ils aiment, d'entendre parler de lui et de penser à lui. C'est aussi pourquoi ils se réjouissent avec qui est dans la joie, ils pleurent avec qui est dans la peine (Rm 12,15), ils ont compassion des malheureux et ils donnent aux pauvres, car ils aiment les autres hommes comme eux-mêmes. Oui, c'est bien ainsi que « toute la Loi et les prophètes se rattachent à ces deux commandements » de l'amour.

Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Lettre 112, à Hugues le reclus ; Opera omnia, 3, p. 245 (trad. Orval)

http://levangileauquotidien.org

 


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org