Évangile et Homélie du Dim 29 Oct 2017. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Tu aimeras ton prochain comme toi-même


Dimanche 29 octobre 2017

Trentième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Gaetano Errico, prêtre et fond. (1791-1860)


Lectures de la messe

Première lecture (Ex 22, 20-26)

Lecture du livre de l’Exode

Ainsi parle le Seigneur :
    « Tu n’exploiteras pas l’immigré,
tu ne l’opprimeras pas,
car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte.
    Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin.
    Si tu les accables et qu’ils crient vers moi,
j’écouterai leur cri.
    Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée :
vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

    Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple,
à un pauvre parmi tes frères,
tu n’agiras pas envers lui comme un usurier :
tu ne lui imposeras pas d’intérêts.
    Si tu prends en gage le manteau de ton prochain,
tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
    C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ;
c’est le manteau dont il s’enveloppe,
la seule couverture qu’il ait pour dormir.
S’il crie vers moi, je l’écouterai,
car moi, je suis compatissant ! »

    – Parole du Seigneur.

Psaume 17 (18), 2-3, 4.20, 47.51ab

Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
Lui m’a dégagé, mis au large,
il m’a libéré, car il m’aime.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire !
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie.

Deuxième lecture (1 Th 1, 5c-10)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
    vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous
pour votre bien.
    Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur,
en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves,
avec la joie de l’Esprit Saint.
    Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants
de Macédoine et de Grèce.
    Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce
qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti,
mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout
que nous n’avons pas besoin d’en parler.
    En effet, les gens racontent, à notre sujet,
l’accueil que nous avons reçu chez vous ;
ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu
en vous détournant des idoles,
afin de servir le Dieu vivant et véritable,
    et afin d’attendre des cieux son Fils
qu’il a ressuscité d’entre les morts,
Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

    – Parole du Seigneur.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Jn 14, 23)

    En ce temps-là,
    les pharisiens,
apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens,
se réunirent,
    et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus
pour le mettre à l’épreuve :
    « Maître, dans la Loi,
quel est le grand commandement ? »
    Jésus lui répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur,
de toute ton âme et de tout
ton esprit.

    Voilà le grand, le premier commandement.
    Et le second lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
    De ces deux commandements
dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Aimer mon prochain est une expérience spirituelle. C’est l’application concrète du premier des commandements : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu».
Tu sais très bien, Seigneur, qu’aimer un Dieu qu’on ne voit pas peut vite nous faire tomber dans l’illusion si nous ne savons pas aimer le frère que l’on voit (1 Jn 4,20). « Voilà le commandement que nous avons reçu : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jn 4,21).
Deux amours qui ne font qu’un.


 

Mais comment aimer ? « Suivez la voie de l’amour à l’exemple du Christ » nous dit Paul (Ep 5,2).
Aimer, c’est aller plus loin que la simple générosité. L’amour nous invite à nous donner nous-mêmes. L’amour accepte que la croix soit plantée en nous. Il n’y a pas d’amour vrai sans offrande de soi, sans mort à soi-même. « Nul n’a de plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Sainte-Thérèse de Lisieux le dit magnifiquement : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même ».


 

Si l’amour nous fait mourir, c’est pour renaître à une vie nouvelle. L’amour nous humanise et humanise l’être aimé. L’amour transfigure celui que j’aime. L’amour me permet de voir plus loin que ce qu’il montre de lui. L’amour le rend aimable. L’amour lui permet de devenir lui-même, d’atteindre sa pleine mesure d’humanité. L’amour libère l’amour en l’être aimé. En aimant, je pourrai être aimé en retour.


 

Quel témoignage que l’amour partagé !
«À l’amour que vous aurez les uns pour les autres, on vous reconnaîtra pour mes disciples» (Jn 13,34-35). L’amour partagé dit Dieu. Que nos familles, nos communautés soient des lieux d’amour pour dire Dieu au monde. L’amour est évangélisateur. Il est missionnaire !
Tout passera mais « l’amour ne passera jamais » (1Co 13,8).


 

Seigneur Jésus, fais-moi la grâce de ton Esprit-Saint, qu’il délivre mon cœur de tout refus et de toute fermeture à l’autre, qu’il ouvre mes yeux pour contempler l’Amour en toi et toi en mes frères. Que je puisse m’écrier comme Thérèse : « Ma vocation, je l’ai trouvée. Au cœur de l’Église ma mère, je serai l’amour ».

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même»

Aujourd'hui, l'Église nous fait un résumé de notre “option vitale” («Tout ce qu'il y a dans l'Écriture —dans la Loi et les Prophètes— dépend de ces deux commandements»: Mt 22,40). Saint Matthieu et saint Marc mettent cette phrase sur les lèvres de Jésus-Christ; saint Luc, sur celles d'un pharisien. À chaque fois, c'est un dialogue. Il est probable que le Seigneur ait posé plusieurs fois semblables questions. Jésus répond avec le début du Shemá, formule composée à partir de deux citations du Deutéronome et d'une des Nombres, que les juifs fervents récitaient au moins deux fois par jour: «Écoute Israël! Le Seigneur ton Dieu (…)». En la récitant, l'on prend conscience de Dieu dans l'activité quotidienne, tout en se rappelant le plus important: aimer Dieu par —dessus tous nos “petits dieux” et le prochain comme soi—même. Plus tard, à la fin de la dernière Cène, et par l'exemple du lavement des pieds, Jésus énoncera un “commandement nouveau”: aimer comme Il nous aime, avec cette “force divine” (cf. Jn 14,34-35).

Il faut se décider à pratiquer vraiment ce doux commandement –plus qu'un commandement, c'est une élévation, une capacité– dans nos rapports avec les autres: hommes et choses, travail et repos, esprit et matière, car tout a été créé par Dieu.

Par ailleurs, en étant imprégnés d'Amour de Dieu, qui nous atteint dans tout notre être, nous sommes rendus capables de répondre “divinement” à cet Amour. Dieu miséricordieux ne se contente pas d'enlever le péché du monde (cf. Jn 1,29), Il nous divinise, nous “participons” (seul Jésus est le Fils par nature) de la nature divine; nous sommes fils du Père dans le Fils par l'Esprit Saint. Dans le sillage des Pères de l'Église, saint Josémaria aimait à parler de “divinisation”. Saint Basile écrivait par exemple: «Tout comme les corps clairs et transparents, quand ils reçoivent la lumière, irradient à leur tour la lumière, ainsi reluisent ceux qui ont été illuminés par l'Esprit. Cela implique le don de la grâce, la joie interminable, la permanence en Dieu… et le but suprême: la Divinisation». Poursuivons-le!

Abbé Johannes VILAR (Köln, Allemagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

 

Prière d'introduction

 

Comment ne pas se méfier de ceux qui se méfient de toi, ô Jésus ? Où trouver la grâce de dépasser une justice stricte avec les hommes, en leur donnant ce qu’ils ne méritent pas ? Tu te donnes à tous sans trop de repentir ! Il ne m’est pas évident de vivre comme toi ! Fortifie ma foi pour que je puisse vivre de toi ; soutiens mon espérance pour que j’aie le courage de vraiment t’imiter ; transforme-moi avec ta charité pour que je devienne un autre toi ! Que je puisse alors vivre ce conseil de saint Pierre envers toi, dont tu viens de donner l’exemple envers le Père : « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. » (1Pi 3, 15)

 

Demande

 

La grâce de vivre de l’Amour !

 

Points de réflexion

 

1. « Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve. »
Les pharisiens agissent-ils selon l’Esprit de Dieu ou selon l’esprit de ce monde ? Souvent nous, chrétiens, sommes appelés à mettre les autres à l’épreuve, selon l’enseignement de saint Jean l’apôtre : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde. » (1 Jn 1 ,4) Ce docteur agit-il donc avec droiture en posant sa question au Christ, en le mettant à l’épreuve ? À la lumière de notre foi dans le Christ, nous voyons là le danger qu’une créature questionne son Créateur, un pécheur son Sauveur ! Mais comment pouvons-nous discerner quand nous devons mettre ce genre de prudence en pratique envers les autres, sans tomber dans le péché de soupçonner des gens innocents, et sans juste cause ?
En même temps, nous savons que les faux prophètes mettent les saints à l’épreuve, comme Satan l’a fait pour le Christ dès le jour de son baptême et sa retraite au désert : « Si tu es Fils de Dieu – Si tu es Fils de Dieu – si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi ! » (Mt 4, 3.6.9) Les pharisiens, qui se réunirent en apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, veulent-ils soumettre Jésus avec leur « autorité » au Dieu de la religion juive, ou à eux-mêmes et leur politique humaine ? Nous ne le savons pas, tandis que nous croyons que le discernement du Christ est toujours vrai : « il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2, 24-25). C’est donc à nous de méditer l’attitude du Christ dans sa réponse au docteur de la Loi selon les circonstances que saint Matthieu nous signale : Jésus face à « l’épreuve » des hommes d’autorité dans sa société, et sa façon de réagir à leur porte-parole.

 

2. « Jésus lui répondit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Si nous reconnaissons que Jésus, le Messie, est le « Soleil de Justice » prophétisé par Malachie (3, 20), il est toujours le premier à mettre en pratique ce qu’il prêche : il n’y a pas d’hypocrisie en lui. Le fait qu’il soit si prêt à témoigner de la doctrine de la foi d’Abraham transmise par le plus grand des prophètes, Moïse, – avec promptitude et exactitude –, donne « la preuve » qu’il aime son Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit. Le fait qu’il donne la juste réponse à la question du docteur de la Loi, comme un geste de bonne volonté qui reçoit la sienne sans préjugé, donne « la preuve » qu’il aime son prochain comme lui-même. Mais avons-nous l’innocence et la liberté d’esprit du Christ d’agir ainsi face à nos adversaires contemporains ? N’a-t-il pas enseigné, lui, le Christ qui envoya ses disciples en mission : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes ! » (Mt 10, 16-17) ? Comment Jésus met-il ce dernier conseil en pratique à ce moment-ci, s’il y a des vrais ennemis, des « loups » chez ces pharisiens, trop prêts à dévorer cet « Agneau » de Dieu ?! En cherchant une explication, il est peut-être important de nous souvenir d’un autre enseignement encore : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis (…) ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent. » (Jn 10, 11.14)

 

3. Fidélité, espérance, patience, persévérance.
Si l’exemple du Christ et sa doctrine donne des preuves de sa fidélité, son attitude aujourd’hui démontre-t-elle peut-être en fait son espérance : « l’amour espère tout » (1 Cor 13, 7). Des ignorants seront illuminés ; des ennemis deviendront des amis ; des esclaves des mensonges de Satan seront libérés. Chez ces « loups », il espère qu’il y aura là des brebis qui écouteront sa voix. Le Bon Berger traite chaque personne selon sa dignité, il connait ses brebis par leur nom ; l’être humain n’est pas traité par lui « en masse », anonymement comme dans le troupeau d’un mercenaire. C’est-à-dire que Jésus n’a pas l’habitude de « diaboliser » les individus ou les groupes sociaux avant leur temps.
En fait, Jésus choisit de répondre à Satan lui-même avec innocence, vérité, et respect : ce n’est qu’à la troisième instigation qu’il juge l’impureté de cette créature sans repentir et va choisir de chasser le démon. Jésus garde sa colère pour les hypocrites, pour ceux qui résistent à sa grâce impunément. Jésus œuvre avec une grande patience jusqu’à son « heure » où il souffrira la conséquence de sa connaissance du cœur humain dans son péché, pour qu’il puisse sauver tous ceux qui seront sauvés : « Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné ; j’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu (…) » (Jn 17, 12) L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde n’est pas dupe face aux « dangers » d’aimer Dieu par-dessus toute chose et son prochain comme lui-même : « Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » (2 Pi 3, 9), comme saint Pierre l’expliquera plus tard. Jésus démontre ainsi que sa Miséricorde veut persévérer jusqu'à la fin : la raison, par excellence, de notre espérance.

 

Dialogue avec le Christ

 

Aide-moi, ô Christ, à honorer ta sainteté en t’imitant, en étant prêt à tout moment à présenter une défense devant quiconque me demande de rendre raison de l’espérance que je trouve dans ton Nom ! Ô Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien, pour que je puisse agir avec douceur et respect : que mes adversaires souffrent de leur propre honte s’ils résistent à ta charité présente dans ma conscience droite !

 

Résolution

 

Face à une relation difficile avec autrui, offrir un témoignage de charité avec espérance, patience et persévérance pour que l’autre puisse reconnaître un jour l’amour du Christ qui agit par moi.

 

Père Shane Lambert, LC

 

http://www.regnumchristi.fr


 


 

 

"Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
«
 Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »"

 

 

Nous sommes dans une atmosphère de suspicion de Jésus, dans la polémique. Jésus continue sa marche, il parle en fonction de ce qui compte pour lui. Il va ouvrir l’esprit et le cœur de ses adversaires. Il ne dévie pas, il rend hommage à la vérité en condensant, d’une manière extrême, toute la foi d’Israël, en conjoignant l’amour de Dieu et l’amour des frères. Il énonce une attitude d’amour qui aide chacun à cheminer dans la vraie vie en toute situation. Cette mise à l’épreuve de Jésus dans l’Évangile lui permet de dire ce qui lui tient le plus à cœur. C’est vraiment une bonne nouvelle pour l’humanité. La coïncidence de l’Amour de Dieu et de l’amour des frères est si fort dans la Parole : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi. S’il crie vers moi, dit Dieu, je l’écouterai car moi je suis compatissant. » C’est une invitation à revêtir les sentiments qui sont dans le cœur de Dieu qui nous est donné là. Les juifs comptaient 613 commandements à observer répartis entre « grands » et « petits » commandements. Jésus parlera en effet du « plus grand » des commandements.

 

« Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Jésus invite à « aimer Dieu de tout son corps, de toute son âme et tout son esprit. » A vrai dire, l’amour de Dieu ne peut aller valablement sans « aimer son prochain comme soi-même. » Un amour de Dieu qui ne débouche pas en un amour sincère des hommes n’atteint pas sa véritable dimension. Quelque chose du rapport au réel ne se vit pas dans l’homme si nous ne nous risquons pas dans une parole vraie. Un amour du frère qui se couperait de l’amour de Dieu ne tiendra pas la distance respectueuse pour que cet amour puisse croître pour lui. Suivre Jésus demande cette double et radicale ouverture à Dieu le Père et à nos frères en humanité. Il nous faudra toute une vie pour concilier ces deux amours. La réponse de Jésus est vraiment claire. Le premier commandement est celui de l’Amour : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous devenons progressivement conscients du lien qui existe entre l’amour de Dieu et l’amour que nous nous portons à nous même, l’amour nous portons aux autres ! L’amour du prochain comme l’amour que nous avons pour nous-mêmes prend sa source dans l’amour que nous recevons de Dieu.

 

"Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » Les nombreuses difficultés que nous éprouvons dans l’amour trouvent leur origine dans le regard négatif que nous portons sur nous-mêmes et que nous projetons inconsciemment sur les autres. Notre douleur de ne pas aimer et de ne être aimé provient souvent du regard négatif de notre entourage. Nous n’avons pas toujours été aimés avec un grand respect. Nous nous sommes alors construits dans une « vision » pessimiste de nous mêmes. L’amour que nous recevons de Dieu et de notre entourage va déterminer l’amour que nous portons à Dieu et au prochain. Jésus donne toujours un acte d’amitié et d’amour en vérité. La vérité de son être n’est pas une vérité qui condamne, mais une vérité qui ouvre le débat. Que Jésus nous aide à tenir fermement dans la vérité les situations de conflit dans lesquels nous nous trouvons. L’amour que Dieu nous donne manifeste nourrit et renforce les relations d’amour que nous nous portons les uns aux autres. Nous aimer dans l’amour que Dieu nous porte : "Là ou il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour et vous récolterez de l’amour," dit Jean de la Croix.

 

Nous rendons grâce à Dieu pour l’amour débordant et gratuit qu’Il nous donne, que cet amour nous donne d’aimer.

 

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

« Tout ce qu'il y a dans l'Écriture – dans la Loi et les prophètes – dépend de ces deux commandements »

 

      Puisque régner dans le ciel n'est rien d'autre que d'adhérer à Dieu et à tous les saints, par l'amour, en une seule volonté, au point que tous n'exercent ensemble qu'un seul et même pouvoir, aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel. Accorde-toi avec Dieu et avec les hommes — si du moins ceux-ci ne se séparent pas de Dieu — et déjà tu commences à régner avec Dieu et avec tous les saints. Car, dans la mesure où tu t'accordes maintenant avec la volonté de Dieu et avec celle des hommes, Dieu et tous les saints s'accorderont avec ta volonté. Si donc tu veux être roi dans le ciel, aime Dieu et les hommes comme tu le dois, et tu mériteras d'être ce que tu souhaites.

      Mais cet amour, tu ne pourras le posséder à la perfection que si tu vides ton cœur de tout autre amour... Voilà pourquoi ceux qui remplissent leur cœur d'amour de Dieu et du prochain n'ont de vouloir que celui de Dieu, ou celui d'un autre homme, pourvu qu'il ne soit pas contraire à Dieu. Voilà pourquoi ils sont fidèles à prier, ainsi qu'à s'entretenir et à se souvenir du ciel ; car il leur est agréable de désirer Dieu et de parler de celui qu'ils aiment, d'entendre parler de lui et de penser à lui. C'est aussi pourquoi ils se réjouissent avec qui est dans la joie, ils pleurent avec qui est dans la peine (Rm 12,15), ils ont compassion des malheureux et ils donnent aux pauvres, car ils aiment les autres hommes comme eux-mêmes. Oui, c'est bien ainsi que « toute la Loi et les prophètes se rattachent à ces deux commandements » de l'amour.

Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Lettre 112, à Hugues le reclus ; Opera omnia, 3, p. 245 (trad. Orval)

http://levangileauquotidien.org

 


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

 

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Évangile et Homélie du Lundi 23 Oct 2017. Il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres

 


Samedi 28 octobre 2017

Fête des Sts Simon et Jude, Apôtres

Saint(s) du jour : Sts Simon et Jude (Thaddée), Apôtres (Ier siècle), Sts Vincent, Sabine et Christète, martyrs († v. 305)


Lectures de la messe

Première lecture (Ep 2, 19-22)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Frères,
    vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage,
vous êtes concitoyens des saints,
vous êtes membres de la famille de Dieu,
    car vous avez été intégrés dans la construction
qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ;
et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
    En lui, toute la construction s’élève harmonieusement
pour devenir un temple saint dans le Seigneur.

    En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction
pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

    – Parole du Seigneur.

Psaume 18 (19), 2-3, 4-5ab)

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s'entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 12-19)

En ces jours-là,
Jésus s’en alla dans la montagne pour prier,
et il passa toute la nuit à prier Dieu.
    Le jour venu,
il appela ses disciples et en choisit douze
auxquels il donna le nom d’Apôtres :
    Simon, auquel il donna le nom de Pierre,
André son frère,
Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
    Matthieu, Thomas,
Jacques fils d’Alphée,
Simon appelé le Zélote,
    Jude fils de Jacques,
et Judas Iscariote, qui devint un traître.

    Jésus descendit de la montagne avec eux
et s’arrêta sur un terrain plat.
Il y avait là un grand nombre de ses disciples
et une grande multitude de gens
venus de toute la Judée, de Jérusalem,
et du littoral de Tyr et de Sidon.
    Ils étaient venus l’entendre
et se faire guérir de leurs maladies ;
ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs
retrouvaient la santé.
    Et toute la foule cherchait à le toucher,
parce qu’une force sortait de lui
et les guérissait tous.

     – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Les choses les plus grandes et les plus marquantes, dans l’avancée du Royaume de Dieu, se font souvent de la manière la plus discrète et la plus simple. Ce jour où les douze apôtres ont été institués et, par là même, les colonnes de l’Église posées, tout s’est passé dans le silence et la solitude d’une nuit de prière sur la montagne. Jésus est seul en face de son Père dans la communion de l’Esprit. La suite, encore hétéroclite, des premiers disciples se repose en contre-bas quelque part sur les flancs de la montagne. On pense à Jacob, seul, au torrent du Yabok et passant toute la nuit aux prises avec l’ange du Seigneur, cependant que les siens reposent au-delà du cours d’eau. Jacob deviendra, cette nuit-là, Israël et sera le père des douze fils qui donneront naissance aux douze tribus du peuple de l’alliance.

Jésus, cette nuit-là, est comme le nouveau Jacob qui vient pour réaliser les promesses faites à nos pères et sceller l’alliance établie par Dieu à jamais avec tous les hommes de la terre. Non seulement le premier Israël de l’histoire biblique, mais encore le Nouvel Israël de Dieu qui représente l’Église des nations. Et c’est pourquoi, au seuil de cette nuit de prière, à l’aube du jour nouveau, Jésus désigne encore douze apôtres qui seront autant d’envoyés chargés d’apporter l’Évangile aux confins de la terre (Ac 1,8)

Dans la fraîcheur silencieuse de ce clair matin de Galilée, sans bruit, sans préavis, mais avec la puissance irrésistible de l’Esprit qui repose tout entier sur le Christ, l’Église est née. Le voilà donc déjà le long cortège qui descend de la montagne, à la suite du Maître qui vient de le constituer ; le long cortège des témoins du Royaume de Dieu dont la marche ne s’est jamais interrompue depuis près de vingt siècles et qui durera comme annoncé, jusqu’à la fin des temps et s’étendra peu à peu à tous les peuples de la terre.Nous pouvons rendre grâce au Seigneur d’être aussi fidèle, lui, dans ses promesses ; et de faire à jamais, par la seule puissance de sa grâce, toutes choses nouvelles.

C’est que ce qui s’est vécu ce matin-là, sans autres témoins que ceux qui ont alors été appelés par le Seigneur, nous concerne encore directement aujourd’hui. Comme l’apôtre Paul nous l’a magnifiquement rappelé dans la première lecture : Nous ne sommes plus des étrangers ni des gens de passage. Nous sommes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu, et intégrés à la construction qui a pour fondations les apôtres et les prophètes (Ep 2,19-20). De cette construction, le Christ lui-même est la pierre angulaire et nous devenons par l’Esprit Saint la demeure de Dieu (2,22) ! Ce n’est pas rien que chacun de nous puisse se dire : Je suis, par grâce du Christ, une pierre vivante de l’Église de Dieu !

Frères et sœurs, parmi ces douze apôtres, nous fêtons plus spécialement aujourd’hui : saint Simon et saint Jude. Quelle audace de la part de Jésus dans le choix de Simon le Zélote pour en faire un apôtre aux côtés du publicain Matthieu. Un révolutionnaire auprès d’un collaborateur, pourrions-nous dire ! Ainsi est l’Église de Dieu ; de Dieu qui ne fait pas acception des personnes et veut tous nous rassembler dans l’unité, malgré la diversité de nos races, langues, peuples et nations (Ap 7,9). De nos schèmes culturels et de nos opinions politiques. Car Dieu veut vraiment que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2,4).

Et quelle belle réponse nous vaut la question de Jude demandant à Jésus : Seigneur qu’y a-t-il pour que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? Jésus lui révèle en effet : Si quelqu’un m’aime il restera fidèle à ma parole, mon Père l’aimera nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure (Jn 14,23). D’un côté l’appel d’un farouche activiste pour en faire un messager de l’Évangile. De l’autre, la révélation de l’inhabitation divine dans l’âme du croyant fidèle et priant. Il y a vraiment beaucoup de demeures dans la Maison du Père (Jn 14,3) !

Et c’est bien à tous les hommes de bonne volonté que l’Église du Christ ouvrira les portes du Royaume de Dieu !

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Jésus s'en alla dans la montagne pour prier»

Aujourd'hui nous contemplons toute une journée de la vie de Jésus. Une vie qui a deux aspects très clairs: la prière et l'action. Si la vie du chrétien doit imiter celle de Jésus nous ne pouvons pas nous passer de ces deux aspects. Tout chrétien, y compris ceux qui se sont consacrés à la vie contemplative, doivent dédier quelques moments à la prière et d'autres à l'action, même si le temps que nous consacrons à l'une et à l'autre varie. Les religieux et religieuses cloîtrés consacrent eux aussi beaucoup de temps de la journée au travail. En contrepartie si nous souhaitons imiter le Christ, ceux d'entre nous qui sont le plus "séculaires", ne devraient pas se lancer dans des actions effrénées sans les plonger dans la prière. Saint Jérôme nous apprend que: «même si l'apôtre nous a enseigné de toujours prier (…) il convient que nous destinions quelques heures à cette tâche».

Est-ce que Jésus avait besoin de longs moments de prière solitaire quand tous dormaient? Les théologiens font des études pour savoir quelle était la psychologie de Jésus Homme: jusqu'à quel point il avait un accès direct à la divinité et jusqu'à quel point «il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché» (He 4,15).

Une fois que nous avons fait la prière, il ne nous reste plus qu'à l'imiter dans l'action. Au cours de ce moment de la journée, nous l'observons en train d'organiser son église, c'est-à-dire, choisissant ceux qui seront les futurs évangélisateurs, ceux appelés à continuer sa mission dans le monde. «Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres» (Lc 6,13). Après nous le trouvons en train de guérir toute sorte de maladies. «Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous» (Lc 6,19) nous dit l'évangéliste. Afin que notre identification à Lui soit totale, il suffirait que nous dégagions nous aussi une force qui puisse guérir toutes les personnes, ce qui sera possible uniquement si, afin de porter plus de fruits, nous demeurons en Lui (cf. Jn 15,4).

 + Abbé Albert TAULÉ i Viñas (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, tu es mon Dieu, je crois que tu es toujours à mes côtés, que tu prends soin de moi et que tu m'aimes. Je veux répondre à ton amour, Seigneur, mais tu sais que souvent je ne réponds que par de l'ingratitude et de l'indifférence. Aide-moi, change mon cœur de pierre en un cœur de chair afin que je puisse t'aimer chaque jour davantage.

Demande

Seigneur, que je sois capable d'écouter et suivre tes inspirations.

Points de réflexion

1. « Il passa toute la nuit à prier Dieu. »
Dans cet Évangile, saint Luc souligne que le Christ a passé toute la nuit à prier avant de choisir ses apôtres. En effet, Jésus fera de même avant chaque décision ou moment important de sa vie. Sa relation avec Dieu le Père est le centre de sa vie et c'est celle-ci qui dirige ses choix et ses actions. Devant l'exemple du Christ, nous pouvons nous poser la question sur notre façon d’agir dans notre propre vie. Comment est ma prière ? Ma relation avec Dieu est-elle le centre de mon existence ? Ce passage de l'Évangile est donc une invitation pour chacun d'entre nous à se confier à Dieu en toutes choses, à remettre nos décisions et nos choix entre ses mains afin qu'il nous aide à accomplir sa volonté.
La prière, comme celle de Jésus, doit donc être fondamentale dans notre vie. Benoit XVI dans un angélus à propos de ce passage soulignait cet aspect-là : « Les chrétiens sont appelés à être des témoins de prière, précisément parce que notre monde est souvent fermé à l’horizon divin et à l’espérance qui conduit à la rencontre avec Dieu. Dans l’amitié profonde avec Jésus et en vivant en lui et avec lui la relation filiale avec le Père, à travers notre prière fidèle et constante, nous pouvons ouvrir des fenêtres vers le Ciel de Dieu. »

2. « Il en choisit douze. »
Jésus choisit donc douze apôtres et il les appela par leurs noms. Cette élection de la part du Seigneur n'est pas seulement valable pour les douze, elle l'est aussi pour nous. Pour le Seigneur nous ne sommes pas simplement un numéro ou une personne anonyme. Il appelle chacun de nous par notre prénom, d’où l'importance de celui-ci le jour de notre baptême. En effet Dieu nous connaît personnellement et il nous choisit comme ses disciples pour faire partie de sa famille et de son Église. Chacun d'entre nous reçoit une mission spécifique que personne d'autre ne peut accomplir, tout comme les apôtres ont reçu la leur, celle d'accomplir la fondation de l'Église. Ainsi que le souligne saint Paul : « Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les apôtres et les prophètes. » (Ep 2, 20)
Demandons donc au Seigneur, par l'intercession des apôtres Simon et Jude, la grâce de savoir écouter sa Parole, comme ils ont su le faire.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, chaque fois que tu avais une décision importante à prendre tu allais prier, tu demandais conseil à ton Père. Aide-moi à faire de même dans ma vie ; que ce soit toi qui guides mes pas. Fais que je puisse écouter ta voix dans mon quotidien, que je sois capable d'entendre et de suivre ton appel car toi seul es capable de me rendre heureux.

Résolution

Aujourd'hui, au début de chaque activité, prendre un petit moment de prière pour demander au Saint Esprit de m'éclairer dans toutes mes actions.

Frère Jean-Baptiste Ribes, LC

http://www.regnumchristi.fr



En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu.

En cette fête des Saints Apôtres Simon et Jude, nous nous souvenons de notre appartenance à la Famille de Dieu. L’Église prend Corps dans le mystère de la prière de Jésus. Jésus reçoit du Père le choix de ses Apôtres ! Nous connaissons les faiblesses de chacun des apotres, mais le choix de Judas qui va le trahir est impressionnant. Nous écoutons, nous méditons, et nous observons un grand silence devant Jésus qui fait la volonté du Père. La prière est un don à accueillir. L’œuvre de Dieu exige une grande fidélité pour accomplir la volonté de notre Père. L’expérience de Jésus nous manifeste que sa prière de Fils bien aimé du Père accomplit la paternité de Dieu. Dans la communion de l’Esprit Saint, elle sera une présence prolongée et fidèle de Jésus qui ira jusqu’au Jardin des Oliviers et à la Croix. Dans l’amitié profonde avec Jésus, en vivant en Lui et avec Lui, se fortifie notre relation filiale avec notre Père des cieux. Dans le choix des Douze Apôtres, la durée de la prière nocturne de Jésus, préparatoire à ce choix des apôtres est soulignée.

"Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres :" Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître. Dans ce choix des douze, il nous est montré que chacun d’entre nous est choisi particulièrement par Dieu. Chacun est choisi pour ce qu’il est, pour ce qu’il va devoir être dans la prière et dans la mission de l’œuvre de Jésus. Jésus veut que nous soyons capable de le re­fléter à travers notre visage et notre regard, à travers l’an­nonce de sa Parole, à travers notre vie et notre existence. C’est notre personne que Dieu choisit. Jésus nous guérit pour que transparaisse en nous sa vie. L’Église de Jésus, « l’Envoyé du Père, » donne à chacun de nous le nom « d’envoyé. » Désormais, qui nous voit, voit « Jésus » le Fils bien-aimé du Père. La même réponse d’Amour dans l’Esprit Saint est toujours demandée à l’homme, pour que se poursuive l’œuvre de Dieu dans l’humanité. Qui nous voit doit voir le rayonnement de l’amour infini de Dieu. Ainsi le monde peut comprendre à quel point il est aimé. Cela, grâce au rayonnement de l’amour de Dieu dans tous ceux qui ont reçu son Amour.

"Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat." Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé.
Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
Jésus est fidèle à l’Amour infini du Père pour lui. Nous nous laissons surprendre par la relation intense de Jésus avec son Père et notre Père. Nous demandons la joie de rencontrer Jésus, et en lui, de rencontrer notre Père qui est la Lumière pour notre existence. Le mystère de l’Esprit Saint agit dans l’humanité, c’est l’habitation du mystère de Dieu à l’intérieur de chacun de nous. Les apôtres, qui sont les « Douze, » repren­nent la figure des douze tribus d’Israël pour annoncer de la Bonne Nouvelle. Ils sont envoyés, parce qu’ils ont été choisis par Jésus. Ils sont nés de la prière du Christ. Des différences sont manifestent entre la fonction d’apôtre et celle de disciple : « Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples, » et la foule « une grande mul­titude de gens qui, de toute la Judée, venaient à lui. » Les apôtres recevront le pouvoir de guérir et ils commanderons aux démons de partir. Le choix des douze est signifi­catif de la volonté de Jésus de choisir, au sein d’un peuple, au sein d’une foule, quelques hommes qui vont être ceux-là mêmes qui recevrons la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle.

Nous demandons la grâce que l’Esprit Saint nous soit donné pour guider nos pas.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



La parole des apôtres Simon et Jude retentit par toute la terre

      Si Jésus avait choisi, pour en faire les ministres de son enseignement, des hommes savants selon l'opinion publique, capables de saisir et d'exprimer des idées chères aux foules, il aurait été soupçonné d'avoir prêché suivant la méthode des philosophes qui tiennent école, et le caractère divin de sa doctrine n'aurait pas paru dans toute son évidence. Sa doctrine et sa prédication auraient consisté « en discours persuasifs de la sagesse » (1Co 1,17)... ; et notre foi, pareille à celle qu'on accorde aux doctrines des philosophes de ce monde, « reposerait sur la sagesse des hommes et non sur la puissance de Dieu » (1Co 2,5). Mais quand on voit des pêcheurs et des publicains sans instruction assez hardis pour discuter avec les juifs de la foi en Jésus Christ, et pour le prêcher au reste du monde, et y réussir, comment ne pas chercher l'origine de cette puissance de persuasion ? Comment ne pas avouer que la parole de Jésus : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mt 4,19), il l'a réalisée dans ses apôtres par une puissance divine ?

      Paul aussi manifeste cette puissance quand il écrit : « Ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, c'était une démonstration de l'Esprit et de la puissance de Dieu » (1Co 2,4)... C'est ce qu'ont dit les prophètes déjà, quand ils ont annoncé par avance la prédication de l'Evangile : « Le Seigneur donnera sa parole aux messagers de la bonne nouvelle avec une grande puissance », afin que « rapide court sa parole » (Ps 67,12 ;147,15). Et de fait, nous voyons que « la voix » des apôtres de Jésus « a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux limites du monde » (Ps 18,5 ;Rm 10,18). Voilà pourquoi ceux qui écoutent la parole de Dieu annoncée avec puissance sont remplis eux-mêmes de puissance ; ils le manifestent par leur conduite et par leur lutte pour la vérité jusqu'à la mort.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Contre Celse I, 62 (trad. cf SC 132, p. 247s)

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Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Me 25 Oct 2017. C'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra

 


Mercredi 25 octobre 2017

Nous sommes dans la 29e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Sts Crépin et Crépinien, Martyrs († v. 285), Bx Carlo Gnocchi, « génie de la charité chrétienne »


Lectures de la messe

Première lecture (Rm 6, 12-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    il ne faut pas que le péché règne dans votre corps mortel
et vous fasse obéir à ses désirs.
    Ne présentez pas au péché les membres de votre corps
comme des armes au service de l’injustice ;
au contraire, présentez-vous à Dieu
comme des vivants revenus d’entre les morts,
présentez à Dieu vos membres
comme des armes au service de la justice.
    Car le péché n’aura plus de pouvoir sur vous :
en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi,
vous êtes sujets de la grâce de Dieu.
    Alors ? Puisque nous ne sommes pas soumis à la Loi
mais à la grâce,
allons-nous commettre le péché ?
Pas du tout.
    Ne le savez-vous pas ?
Celui à qui vous vous présentez comme esclaves
pour lui obéir,
c’est de celui-là, à qui vous obéissez,
que vous êtes esclaves :
soit du péché, qui mène à la mort,
soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice.
    Mais rendons grâce à Dieu :
vous qui étiez esclaves du péché,
vous avez maintenant obéi de tout votre cœur
au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis.
    Libérés du péché,
vous êtes devenus esclaves de la justice.

            – Parole du Seigneur.

Psaume 123 (124), 1-3, 4-6, 7-8

Sans le Seigneur qui était pour nous
– qu’Israël le redise –
sans le Seigneur qui était pour nous
quand des hommes nous assaillirent,
alors ils nous avalaient tout vivants,
dans le feu de leur colère.

Alors le flot passait sur nous,
le torrent nous submergeait ;
alors nous étions submergés
par les flots en furie.
Béni soit le Seigneur
qui n’a pas fait de nous la proie de leurs dents !

Comme un oiseau, nous avons échappé
au filet du chasseur ;
le filet s’est rompu :
nous avons échappé.
Notre secours est dans le nom du Seigneur
qui a fait le ciel et la terre.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 12, 39-48)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Vous le savez bien :
si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde à venir”,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

« Vous aussi, tenez-vous prêts ». L’avertissement que nous adresse le Seigneur Jésus est très clair.  Il s’agit d’un rendez-vous important. « Si le maître de maison connaissait l’heure », « il ne laisserait pas percer le mur ». Cette évidence que Jésus énonce montre l’aspect inéluctable de la visite du voleur. Quand il est vient, il est impossible de lui résister, parce que la surprise joue toujours en sa faveur. Ainsi, quand le Seigneur viendra, il n’y aura rien à faire contre lui, il est réellement irrésistible. Il faut donc préparer sa venue avant qu’elle n’advienne.

 

 

La différence majeure vient cependant de l’objet et de la nature de la visite. Le voleur perce en effet le mur de la maison, au milieu de la nuit, pour prendre un bien précieux qu’il convoite mais qui ne lui appartient pas. Le Seigneur Jésus, lui, vient également au milieu de la nuit, mais il prend un bien qui lui appartient. Là est notre espérance et notre joie. L’homme en effet a fait un choix : il a choisi de s’éloigner de Dieu, il a choisi de vivre sans lui et de s’enfoncer dans les ténèbres. Le voici à présent prisonnier d’une nuit qui semble sans fin. Lui qui a été créé libre, pour aimer, est à présent esclave de la mort. Mais le Seigneur ne peut pas supporter de voir l’homme ainsi prisonnier, il a donc choisi de venir percer le mur de sa prison et de le soustraire à l’esclavage de la mort.

 

 

Cet évangile est donc un appel à nourrir notre espérance ; même si notre nuit semble ne jamais devoir finir, nous savons désormais que le salut est proche, il adviendra au cœur de la nuit. Nous avons tellement de prix aux yeux du Seigneur, qu’il est prêt à percer les murs pour nous rejoindre. Nous sommes le trésor qu’il désire et qu’il recherche.

 

 

 

Seigneur Jésus, tu es le voleur que nous attendons de tout cœur ; viens nous arracher au pouvoir de la nuit que nous avons choisie. Renouvelle-nous dans les dons de ton Esprit, que nous sachions rester au travail de sanctification de notre âme le jour et la nuit, que nous sachions vivre de ton évangile à temps et à contretemps, pour te donner la joie de trouver radieux le trésor de notre âme que tu désire tant.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

 

 

«Vous aussi, tenez-vous prêts: c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra»

 

Aujourd'hui, avec la lecture de ce fragment de l'Évangile, nous pouvons nous rendre compte que chaque personne doit être un administrateur: quand nous naissons, nous recevons tous un patrimoine avec nos gènes et facultés pour nous réaliser dans la vie. Nous découvrons, alors, que ces potentialités, et même notre vie, ce ne sont qu'un don gratuit de Dieu, car nous n'avons rien fait pour les obtenir. Ce sont un cadeau personnel, unique et intransférable, qui façonne notre personnalité. Ce sont les "talents" dont le même Jésus nous en parle (cf. Mt 25,15), les qualités que nous devons soigner et cultiver tout au long de notre existence.

«C'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra» (Lc 12,40), dit Jésus dans le premier paragraphe. Notre espérance réside dans la venue du Seigneur Jésus à la fin du temps; mais maintenant et ici, Jésus se fait aussi présent à nous dans notre vie, dans la simplicité et complexité de chaque moment. C'est aujourd'hui lorsque, avec la force du Seigneur, nous pouvons vivre son Royaume. Saint Augustin nous les rappelle dans les paroles du Psalm 32,12: «Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine!», afin que nous puissions en être conscients, et devenir part de cette nation.

«Vous aussi, tenez-vous prêts» (Lc 12,40), cette exhortation représentant un appel à la fidélité qui n'est jamais subordonnée à l'égoïsme. Nous sommes responsables de savoir comment "faire valoir" les biens que nous avons reçus avec notre vie. «Connaissant la volonté de son maître» (Lc 12,47), c'est ce que nous appelons "notre conscience", et c'est ce qui nous fait dignement responsables de nos actes. La réponse généreuse de notre part envers l'humanité, vers chacun des êtres vivants, c'est quelque chose juste et pleine d'amour.

 

Abbé Josep Lluís SOCÍAS i Bruguera (Badalona, Barcelona, Espagne)

 

 

 

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Prière d'introduction

 

Viens, Esprit Saint, prie en moi comme tu priais en Jésus-Christ. Sainte Trinité, présente en moi depuis mon baptême, je t’adore.

 

Demande

 

Vivre sous le regard de Dieu en aimant mes frères.

 

Points de réflexion

 

1. Reprenons la question de Pierre : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Nous pourrions dire que cette parabole du Christ s’adresse à tous ceux qui ont à leur charge des frères ou des sœurs, donc à chacun d’entre nous ; chacun n’est-il pas le gardien de son frère (cf. Gn 4, 9) ? Voici donc qui est cet « intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ». Tous ceux qui vivent autour de moi me sont en quelque sorte confiés par notre Père. Quant à la « ration de nourriture », nous pouvons y voir le salaire, donc à la fois ce qui est dû et ce qui est mérité et ce dont nous avons besoin pour vivre. Or notre première nécessité, et ce que nous pouvons tous nous procurer les uns aux autres, n’est-ce pas la charité, l’amour fraternel ? Étant créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous méritons d’être aimés, tels que nous sommes.

 

2. Cette responsabilité vis-à-vis de nos frères n’est pas un fardeau insupportable. Dieu n’exige pas, tel un patron intransigeant, des chiffres d’affaires défiant toute concurrence. Jésus dit : « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! » Il nous demande de vivre en fils de Dieu là où nous sommes. Vivre en fils de Dieu. Comment faire, si ce n’est en suivant les pas du Fils de Dieu ? Or le résumé de sa vie nous le trouvons dans « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout » (Jn 13, 1) ou encore dans le commandement qu’il nous donne, son seul commandement : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 12-13) Ainsi, Dieu n’est pas un cruel inspecteur supervisant chacun de nos mouvements, à l’affût de nos fautes. Il voit certes chacun de nos gestes, mais surtout il voit les cœurs d’un regard plein d’amour. Il est ce Père d’infinie bonté, qui pardonne toutes nos offenses, le seul juste, d’une justice qui est en même temps miséricorde. Il est notre seul juge. Nous souffrons bien souvent de la pression des uns ou des autres : familiale, professionnelle ou autre ; et encore plus souvent de la pression que nous nous mettons nous-mêmes, tel un tyran personnel. Un cri intérieur exige la liberté. Vivre libre ! Écoutons ce cri, ce désir qui justement nous parle de notre désir de Dieu. Sous son regard nous vivons libres. Que nous attendions notre plus grande récompense de notre Seigneur ! Tel un enfant qui se présente à son père ou à sa mère et lui montre ce qu’il a fait. Sa récompense est un regard de fierté, un sourire de tendresse, une oreille attentive, au fond, un cœur aimant. En toutes circonstances, nous pourrons ainsi vivre en paix.

 

3. Vivre selon cette charité et cette liberté, c’est vivre en enfant de Dieu dès cette vie et c’est vivre dès maintenant la vie du ciel. En d’autres mots, il s’agit de vivre un peu de ce bonheur immense auquel nous sommes promis. Nous ne connaissons ni le jour ni l’heure de notre mort, moment où le Fils de l’homme viendra. Mais nous pouvons l’attendre avec confiance, celui qui est le seul juge et dont la seule mesure est l’amour. Sous cet angle, nous vivrons dans la confiance et la paix. En effet, comme dit le psaume : « Voici le Dieu qui me sauve : j'ai confiance, je n'ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; il est pour moi le salut. » (Is 12, 2)

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, donne-moi de vivre de ta vie.

 

Résolution

 

Prendre un moment d’oraison pour m’entretenir avec mon Père du ciel, tel un fils aimé, inconditionnellement.

 

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de RC

 

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"Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison."

 

 Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus nous demande la vigilance pour nous et en particulier pour ceux qui ont une responsabilité sur leurs frères. Quand on voulait cambrioler une maison à cette époque, on passait derrière la maison, on faisait un trou dans le mur et on prenait ce qui était dans la maison. C’étaient d’autres mœurs et d’autres habitudes. Ne pas laisser percer le mur de notre maison intérieur, c’est être attentif à l’époux qui vient. Jésus rappelle cette vigilance car nous ne savons pas à quel moment notre vie terrestre s’arrêtera, à quel moment sera la fin de notre existence. La comparaison entre le Fils de l’homme, qui nous rappelle à Lui quand Il veut, et le voleur qui se garde bien de nous prévenir de sa visite, frappe les esprits. Jésus est toujours l’invité de notre maison, dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour nous l’attendons. Nous sommes le lieu de Dieu, et nous sommes en vigilance pour que l’accusateur des frères ne fasse pas en nous ou par nous un travail de destruction. Il est le "voleur" de cet Evangile. La parole de Dieu nous donne ainsi un message bien important car elle nous fait regarder l’unité de notre vie ! Notre langue peut parler de Dieu, le bénir, l’aimer dans son amour infini, car nous sommes au service de la louange de Dieu, mais nous sommes aussi soucieux de faire une place dans notre cœur pour nos frères.

 

"Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ?" Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi
 ! Jésus ne répond pas directement à la question de Pierre car elle s’adresse à tout le monde. Il fait prendre conscience que ceux qui ont été choisis par Lui pour être ses disciples, sont des hommes investis de responsabilités spirituelles importantes, et ils ne doivent qu’en être plus vigilants. Ce message de Jésus s’adresse aux hommes et aux femmes de notre temps, à tous les baptisés, et à fortiori à tous ceux et celles qui exercent une responsabilité pastorale dans l’Eglise. Avec quelle humilité, et en même temps avec quelle vigilance, ils entendent exercer leur responsabilité. Humilité, parce sans les dons de l’Esprit Saint, sans la maternité divine de Marie, la protection de St.Joseph, ils seraient incapables de faire face. Nous sommes le « lieu » de l’amour infini de Dieu. Nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque Dieu est au cœur de notre vie. C’est quand la Parole et l’amour infini de Dieu nous habitent que nous sommes vraiment nous-mêmes.

 

"Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens." Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous demande la vigilance, car les grâces d’état qu’Il donne à tous ceux qu’Il a investis de responsabilités pastorales, sont au service de leurs frères. Nous prenons progressivement conscience de la difficulté de nos charges, des tentations et des pièges que nous tend l’Adversaire, l’esprit du mal, l’ennemi de la nature humaine. L’intendant fidèle aura une récompense qui le comblera. Pour bâtir la civilisation de l’amour, nous nous mettons au service de l’amour infini de Dieu. Suspendu à l’Esprit Saint, nous serons prêts pour l’œuvre de Dieu, elle se fera au-delà de nous-mêmes. L’Esprit Saint nous est donné pour que nous soyons tout à notre travail. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Comme il faut un bon pain pour l’Eucharistie et un vin véritable pour célébrer la Messe, ainsi notre quotidien est disponible pour que l’œuvre de Dieu se fasse au milieu de nous. Nous sommes les membres du corps du Christ pour l’édification de ce Corps qui est l’Eglise.

 

Nous demandons la grâce d’entendre cette Parole de Dieu.

 

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


« Tenez-vous prêts »

 

      « C'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme viendra. » Jésus leur dit cela pour que les disciples restent éveillés, qu'ils soient toujours prêts. S'il leur dit qu'il viendra quand ils ne s'y attendront pas, c'est qu'il veut les pousser à pratiquer la vertu avec zèle et sans relâche. C'est comme s'il leur disait : « Si les gens savaient quand ils vont mourir, ils seraient parfaitement prêts pour ce jour »... Mais le moment de la fin de notre vie est un secret qui échappe à chaque homme...

      Voilà pourquoi le Seigneur exige deux qualités de son serviteur : qu'il soit fidèle, pour qu'il ne s'attribue à lui-même rien de ce qui appartient à son maître, et qu'il soit avisé, pour administrer convenablement tout ce qu'on lui a confié. Il nous faut donc ces deux qualités pour être prêts à l'arrivée du Maître... Car voici ce qui arrive du fait que nous ne connaissons pas le jour de notre rencontre avec lui : on se dit : « Mon maître tarde à venir ». Le serviteur fidèle et avisé n'a pas de pensée semblable. Malheureux, sous prétexte que ton Maître tarde, tu t'imagines qu'il ne va pas venir du tout ? Son arrivée est certaine. Pourquoi ne restes-tu donc pas sur tes gardes ? Non, le Seigneur n'est pas lent à venir ; ce retard n'est que dans l'imagination du mauvais serviteur.

St Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople

 

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Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Mardi 24 Oct 2017. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées

 


Mardi 24 octobre 2017

Nous sommes dans la 29e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Antoine-Marie Claret, évêque (1807-1870), St Luigi (Louis) Guanella, prêtre et fond. (1842-1915)


Lectures de la messe

Première lecture (Rm 5, 12.15b.17-19.20b-21)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et que par le péché est venue la mort ;
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
étant donné que tous ont péché.

    Si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul,
combien plus la grâce de Dieu
s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
    Si, en effet, à cause d’un seul homme,
par la faute d’un seul,
la mort a établi son règne,
combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul,
régneront-ils dans la vie,
ceux qui reçoivent en abondance
le don de la grâce qui les rend justes.

    Bref, de même que la faute commise par un seul
a conduit tous les hommes à la condamnation,
de même l’accomplissement de la justice par un seul
a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie.
    En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain
la multitude a été rendue pécheresse,
de même par l’obéissance d’un seul
la multitude sera-t-elle rendue juste.
    Là où le péché s’est multiplié,
la grâce a surabondé.

    Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort,
de même la grâce doit établir son règne
en rendant juste pour la vie éternelle
par Jésus Christ notre Seigneur.

            – Parole du Seigneur.

Psaume 39 (40), 7-8a, 8b-9, 10, 17)

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « Voici, je viens.

« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles. »

J’annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.

Tu seras l’allégresse et la joie
de tous ceux qui te cherchent ;
toujours ils rediront : « Le Seigneur est grand ! »
ceux qui aiment ton salut.


Évangile

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 12, 35-38)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître
à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Le Seigneur nous rappelle l’exigence de la vigilance de chaque instant. Cette vigilance devrait constituer une disposition habituelle du croyant. La « lampe allumée » représente la lumière et la vie de l’Esprit, c’est-à-dire la grâce sanctifiante, qui nous permet de traverser les ombres de ce monde - et surtout la mort elle-même - sans qu’elles n’aient de prise sur nous.

Comment garder cette lampe allumée ? En restant vigilants dans la foi, mais aussi dans le service, car seule la charité concrète témoigne de manière convaincante en faveur de l’action efficace de la grâce sanctifiante en nous. « La foi sans les œuvres est morte » nous avertit saint Jacques, qui ajoute : « Je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi, car de même que sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans œuvres, la foi est morte » (Jc 2, 17-18.26).

Les œuvres que la grâce veut accomplir en nous ne sont pas forcément extraordinaires ; il s’agit de toute action qui révèle son origine par le dynamisme intérieur qui l’habite : la charité confère en effet aux gestes les plus simples un parfum caractéristique : celui de la gratuité. Toutes les œuvres du vieil homme, même celles qui témoignent de notre affection envers nos proches, sont plus ou moins intéressées : soit nous attendons en retour la réciprocité ou la reconnaissance ; soit, plus subtilement, nous nous recherchons dans la joie du don. Seule la charité surnaturelle est totalement gratuite parce que parfaitement désintéressée. C’est aussi pourquoi elle libère celui qui l’exerce, comme ceux qui en sont bénéficiaires.Au moment du grand passage, alors que nous ne pourrons plus rien selon la nature, nous découvrirons, émerveillés, Celui qui nous conduisait sur ce chemin de sainteté. Et comme nous n’opposerons plus de résistance à son action, nous en serons alors pleinement bénéficiaires : Dieu lui-même nous « servira chacun à notre tour ». Notre béatitude sera précisément la jouissance éternelle de cette charité divine qui comblera notre désir au-delà de toute attente.

Mettons-nous donc en marche au-devant de Celui qui vient : la charité est certes une grâce infuse, mais elle ne se déverse que dans l’âme de ceux qui s’engagent, pauvrement mais résolument, dans la voie de l’amour. C’est au cœur de nos efforts encore entachés de bien d’ambiguïtés, que l’Esprit vient à notre secours pour purifier progressivement nos intentions. C’est pourquoi Jésus peut déclarer « heureux », ceux qui, par leur vigilance et leur disponibilité à la grâce, s’ouvrent dès à présent à son action en se mettant généreusement au service de leurs frères.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces»

Aujourd'hui, il faut prêter attention aux paroles de Jésus: «Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte» (Lc 12,36). Quelle joie de découvrir que même si je suis pécheur et insignifiant, j'ouvrirai moi-même la porte au Seigneur quand il frappera à ma porte! Et oui, au moment de la mort, c'est moi-même qui ouvrirai ou fermerai la porte au Seigneur, personne ne peut le faire pour moi. «Il faut se persuader que Dieu nous demandera des comptes non seulement de nos actes et paroles mais aussi de la façon dont nous avons utilisé notre temps» (Saint Grégoire de Naziance).

Être devant la porte et ouvrir les yeux est un exposé clé et qui est à ma portée. Je ne peux pas me distraire. Se distraire c'est d'oublier notre objectif, vouloir aller au ciel, mais sans un engagement opérationnel, c'est comme faire des bulles de savon, sans une volonté engagée et qu'on peut évaluer. Se mettre un tablier veut dire être dans la cuisine en train de préparer jusqu'au dernier détail. Mon père qui était agriculteur, disait qu'on ne peut pas semer la terre qui n'est pas prête; pour faire une bonne semence il faut parcourir le champ et semer avec attention.

Le chrétien n'est pas un naufragé sans boussole, il sait d'où il vient, où il va et il sait comment y arriver; il connaît l'objectif, il connaît les moyens pour s'y rendre ainsi que les difficultés pour y arriver. Ne pas perdre cela de vue nous aidera à être vigilants et à ouvrir la porte au Seigneur le moment venu. L'appel à la vigilance et à la responsabilité se répète souvent dans la prédication de Jésus pour deux raisons évidentes: l'une est que Jésus nous aime et "veille" sur nous et l'autre est que celui qui aime ne s'endort pas. Et parce que le diable nous tente continuellement. La pensée du ciel ou de l'enfer ne doit pas nous distraire de nos obligations de tous les jours, mais c'est une pensée salutaire et incarnée qui mérite notre louange au Seigneur: «S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils!» (Lc 12,38). Jésus aide-moi à vivre dans l'attente et à être vigilant chaque jour en t'aimant toujours.

Abbé Miquel VENQUE i To (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Au cours des enseignements que tu adresses aux foules venues à ta rencontre sur le chemin pour monter jusqu’à Jérusalem, après avoir expliqué comment adresser leurs demandes à Dieu leur Père, tu veux maintenant leur parler de la voie sur laquelle le Seigneur les invite. Aujourd’hui, tu leur expliques les dispositions que doivent avoir les serviteurs au retour du Maître et comment accueillir « celui qui doit venir au dernier jour ».

Demande

Seigneur, aujourd’hui, je suis là, avec toi, devant toi. Accorde-moi la grâce d’accueillir tes paroles pour qu’elles portent du fruit en moi pour être ton témoin au milieu de ceux qui m’entourent. Seigneur, tu es venu pour tous et pour chacun en particulier. Accorde-moi la grâce de ne pas me séparer de toi, d’être fidèle au quotidien.

Points de réflexion

1. « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. »
Ce Maître qui va revenir après un jour de fête est bien disposé, son cœur est rempli de joie et de gaieté. Il frappe à la porte. Il parle à chacun de ses serviteurs et sa voix est comme un appel, une invitation ; il s’adresse aussi à moi et j’entends son invitation à lui ouvrir ma porte, et là, « il va entrer et nous souperons ensemble, lui avec moi et moi avec lui » (Ap 3, 20). Alors, Seigneur, tu seras heureux et tu me feras partager ta joie.

2. « Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ! »
Cette présence intime ne pourra avoir lieu immédiatement que si j’ai répondu au projet de sainteté que le Père a formé pour moi personnellement. Seigneur, je sais que tu me demandes d’être attentif et prêt à réagir devant les tentations, aux manques de charité ou aux conséquences imprévues de mes actes quotidiens. Lorsque je prie le Notre Père, je demande et je souhaite que sa volonté soit faite sur la terre comme elle est faite au ciel par les anges et les archanges, les prophètes, le cortège des saints et des martyrs, et c’est à mon tour d’accomplir ce que tu demandes.
Nous devons toujours être attentifs et prêts à accueillir la grâce que tu veux nous donner pour être fidèles à te rendre gloire.

3. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Selon l’Évangile de Matthieu, le Seigneur précise comment se tenir prêts. Il faut, bien sûr, être là où le Seigneur m’attend avec un cœur tout disposé à lui répondre et à le servir parce que « ce n’est pas en me disant Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le royaume, mais en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront ‘n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, alors je leur dirai : Jamais je ne vous ai connus, écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt 7, 21-23) Saint Paul écrivait aux Colossiens en expliquant que si quelqu’un croit être sage à la façon du monde, qu’il se fasse fou pour devenir sage et de conclure « le présent, l’avenir (…) tout est à vous mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu. » (1Co 3, 22)

Dialogue avec le Christ

Seigneur, accorde-moi la grâce de savoir t’attendre avec joie mais tu connais ma faiblesse et mon manque de persévérance. Je ne connais ni le jour ni l’heure de ta venue mais je sais que ce jour-là je te verrai face à face et que je te connaîtrai comme tu me connais. Seigneur, garde-moi fidèle !

Résolution

Me souvenir de ne pas rabâcher les mots de mes prières et disposer mon cœur pour essayer de répondre à l’enseignement de Jésus à ceux qu’il aime.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées.

Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Jésus, tout au long de sa vie publique, donne l’exemple du service. Il le pratique avec les pauvres, les malades, les souffrants. Il forme et enseigne jour après jour ses disciples. Il fait l’éloge du service et confirme que lui-même n’est pas venu pour être servi mais pour servir : « Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées », ne vous laissez pas distraire par les préoccupations égoïstes ou futiles, soyez vigilants. Nous sommes les pierres vivantes de l’Église qui est son Corps. Chacun de nous est unis dans le service comme dans un corps vivant à l’intérieur duquel s’exerce divers ministères. Nous sommes toujours comme aux jours de fondation de la Communauté Chrétienne. L’Esprit Saint anime le cœur des Chrétiens pour que l’Eglise s’enracine solidement en Dieu. Il nous faut donc redoubler de prières pour que l’Esprit Saint fasse son œuvre au milieu de nous. Nous nous retrouvons ensemble pour célébrer l’Eucharistie, pour que nous recevions la vie. Ainsi la communauté vit au rythme du cœur de Dieu.

Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. Jésus montre la relation incontournable qui existe entre cette vigilance, cette persévérance dans le service de Dieu et du prochain, et le bonheur dans la vie éternelle. Le Verbe de Dieu fait chair vient frapper à notre porte, il veut toujours entrer. Mais cela dépend de nous s’il n’entre pas toujours. Que notre porte soit ouverte à celui qui vient, afin de découvrir les richesses de la simplicité, les trésors de la paix, la douceur de la grâce, du soleil de la lumière éternelle qui nous illumine. Il est certain que cette lumière véritable brille pour tous ; mais si quelqu’un ferme ses fenêtres, il se privera lui-même de la lumière éternelle. Chacun d’entre nous est pour notre Dieu un être unique, un enfant bien-aimé. Il nous a créés pour ce bonheur éternel où Il nous comblera en permanence en répondant à ce besoin d’Amour qu’Il a creusé en nous. Nous le savons bien, le bonheur éternel qui nous est promis et proposé, dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, c’est le triomphe de l’Amour, donné, reçu et partagé.

«  S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! C’est par manque de fidélité au Saint Esprit que des Communautés ont été détournées de leur source. Le peuple fatigué avait commencé à se « reposer » en dehors du seul repos qui est Dieu lui-même. Il nous faut porter notre Communauté dans la prière et offrir notre vie pour qu’elle vive : « De grâce Seigneur, écoute la prière de ton peuple, donne-nous d’accomplir toujours un culte qui te rende gloire. » Le culte d’Amour que nous rendons à Dieu est pour sa gloire et pour le salut du monde. L’ouverture au monde, à tout personne de bonne volonté, s’impose à la condition que nous soyons solidement enraciné dans cœur de Jésus. Les fondateurs de l’Eglise, dès l’origine, ont reconnu l’enracinement de la communauté dans le mystère de Jésus. La communauté, voulue par l’Esprit Saint, ne peut pas sortir de son origine. Nourrie du Corps et du Sang de Jésus, de sa Parole, elle veut alors faire la volonté du Père. Elle s’étend de par le monde pour sa joie, dans le souci que les pauvres, dont la vie est éclairée par la Parole de Dieu.

Nous demandons la grâce de prier pour demeurer en tenue de service.

 Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Gardez vos lampes allumées »

      La prière offerte au temps de la nuit possède un grand pouvoir, plus que celle qui est offerte pendant le jour. C'est pourquoi tous les saints ont eu l'habitude de prier la nuit, combattant l'assoupissement du corps et la douceur du sommeil et dépassant leur nature corporelle. Le prophète disait lui aussi : « Je me suis fatigué à gémir ; chaque nuit, je baigne ma couche de mes larmes » (Ps 6,7) pendant qu'il soupirait du fond du cœur dans une prière passionnée. Et ailleurs : « Je me lève au milieu de la nuit pour te louer à cause de tes jugements, toi le Juste. » (Ps 118,62). Pour chacune des requêtes que les saints voulaient adresser à Dieu avec force, ils s'armaient de la prière pendant la nuit et aussitôt ils recevaient ce qu'ils demandaient.

      Satan lui-même ne craint rien autant que la prière que l'on offre pendant les veilles. Même si elles s'accompagnent de distractions, elle ne revient pas sans fruit, à moins qu'on ne demande ce qui ne convient pas. C'est pourquoi il engage de sévères combats contre ceux qui veillent, afin de les détourner si possible de cette pratique, surtout s'ils se montrent persévérants. Mais ceux qui sont quelque peu fortifiés contre ses ruses pernicieuses et ont goûté les dons que Dieu accorde durant les veilles, et qui ont expérimenté personnellement la grandeur de l'aide que Dieu leur accorde, le méprisent complètement, lui et tous ses stratagèmes.

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
Discours ascétiques (trad. Deseille, La fournaise de Babylone, Eds. Présence 1974, p. 90)

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Évangile et Homélie du Lundi 23 Oct 2017. La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède.

 


Lectures de la messe

Première lecture (Rm 4, 20-25)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    devant la promesse de Dieu, Abraham n’hésita pas,
il ne manqua pas de foi,
mais il trouva sa force dans la foi
et rendit gloire à Dieu,
    car il était pleinement convaincu
que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis.
    Et voilà pourquoi
il lui fut accordé d’être juste.
En disant que cela lui fut accordé,
l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui,
    mais aussi à nous,
car cela nous sera accordé puisque nous croyons
en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur,
    livré pour nos fautes
et ressuscité pour notre justification.

            – Parole du Seigneur.

Cantique

(Lc 1, 69-70, 71-72, 73-75)

R/ Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
car il a visité son peuple.
(cf. Lc 1, 68)

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,
afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
     en sa présence, tout au long de nos jours.


Évangile

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 12, 13-21)

En ce temps-là,
    du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus :
« Maître, dis à mon frère
de partager avec moi notre héritage. »
    Jésus lui répondit :
« Homme, qui donc m’a établi
pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
    Puis, s’adressant à tous :
« Gardez-vous bien de toute avidité,
car la vie de quelqu’un,
même dans l’abondance,
ne dépend pas de ce qu’il possède. »
    Et il leur dit cette parabole :
« Il y avait un homme riche,
dont le domaine avait bien rapporté.
    Il se demandait :
“Que vais-je faire ?
Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
    Puis il se dit :
“Voici ce que je vais faire :
je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands
et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
    Alors je me dirai à moi-même :
Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition,
pour de nombreuses années.
Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
    Mais Dieu lui dit :
“Tu es fou :
cette nuit même, on va te redemander ta vie.
Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ?”
    Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même,
au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Qu’aurions-nous fait à la place de cet agriculteur « dont les terres avaient beaucoup rapporté » ? Probablement la même chose : n’est-ce pas agir de manière responsable que de créer un plan d’épargne pour mettre à l’abri les bénéfices d’une année féconde ? Bien sûr ses projets sont assez limités : se reposer, manger, boire, jouir de la vie ; mais - à condition de ne pas tomber dans cet hédonisme primaire - qu’y a-t-il de répréhensible à profiter de ses rentes ?

Pourtant le Seigneur ne mâche pas ses mots : « Tu es fou » ; entendons : « insensé ». Comme l’étymologie de ce terme l’indique, il désigne celui qui a perdu le sens de sa vie, qui a oublié sa finalité véritable ; celui qui, aveuglé par l’appât d’une vie facile, s’installe ici-bas dans l’indifférence aux autres, et comme s’il devait y passer l’éternité. N’ayant de souci que pour sa sécurité et son confort, « n’amassant que pour lui-même », il souffre d’une double amnésie : il oublie de rendre grâce à Dieu, source de tout ce qu’il possède ; et il oublie de faire la part du pauvre. Certes il est légitime de profiter du fruit de notre travail, mais en nous souvenant que nous ne sommes que les gestionnaires des biens que le Seigneur nous confie pour subvenir à nos propres besoins, et partager avec nos frères en humanité moins favorisés. C’est précisément en partageant que nous constituons « un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas » (Lc 12, 33).

Il ne s’agit pas que d’une pieuse méditation sur le détachement des biens de ce monde : Benoît XVI discerne dans le principe de la gratuité, la dimension spécifiquement humaine de nos comportements, qu’il faut nécessairement honorer, si nous voulons parvenir à humaniser le développement économique, social et politique (Lettre encyclique Caritas in veritate, 34). Le Pape émérite ajoute : « Le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale. C’est une exigence conjointe de la charité et de la vérité. (Ibid., 36). Si hier on pouvait penser qu’il fallait d’abord rechercher la justice et que la gratuité devait intervenir ensuite comme un complément, aujourd’hui, il faut dire que sans la gratuité on ne parvient même pas à réaliser la justice » (Ibid., 38).

Puissions-nous entendre ce message, et le mettre en pratique à notre échelle. La logique de la gratuité et du don procède de la conscience que l’autre ne peut me laisser indifférent, mais qu’il « m’oblige » au nom de notre commune humanité et de notre commune appartenance à la « famille de Dieu » (Ep 2, 19). Somme toute, c’est par la gratuité que la solidarité s’élève au niveau de la charité.

Père Philippe

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«Car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses»

Aujourd'hui, si nous ne nous bouchons pas les oreilles et ne fermons pas les yeux, l'Évangile nous ébranlera par sa clarté: «Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses» (Lc 12,15). Qu'est-ce qui assure la vie de l'homme?

Nous savons bien ce qui assure la vie de Jésus, car Il nous l'a dit: «Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même» (Jn 5,26). Nous savons que la vie de Jésus non seulement procède du Père, mais consiste à faire Sa volonté, car telle est sa nourriture, et la volonté du Père revient à réaliser sa grande œuvre de salut parmi les hommes, en donnant sa vie pour ses amis, signe du plus parfait amour. La vie de Jésus est donc une vie totalement reçue du Père et entièrement livrée au Père et, par amour pour le Père, aux hommes. La vie humaine pourra-t-elle, dans ces conditions, se suffire à elle-même? Pourra-t-on nier que la vie est un don, que nous l'avons reçue et que, ne serait-ce que pour cela, nous devons rendre grâce? «Que nul ne se croît maître de sa propre vie» (Saint Jérôme).

Dans cette perspective, il ne reste qu'à nous demander: Quel sens peut avoir notre vie si elle se replie sur elle-même, si elle se complaît à dire: «Mon âme, te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence» (Lc 12,19)? Si la vie de Jésus est un don reçu et donné toujours dans l'amour, notre vie —que nous ne pouvons nier avoir reçue— doit se convertir, en suivant celle de Jésus, en un don total à Dieu et à nos frères, car «qui aime sa vie la perd» (Jn 12,25).

Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Dieu est donc caché dans notre âme et c'est là que le vrai contemplatif doit le chercher, en disant : « Où es-tu caché ? » (Saint Jean de la Croix)

Demande

Seigneur, donne-moi la connaissance du vrai poids des choses de cette vie en relation avec l'éternité.

Points de réflexion

1. « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus part d'un conflit à la réponse évidente pour relever le débat et donner un enseignement plus profond : bien sûr que ton frère ne doit pas garder pour lui seul l'héritage de toute la famille mais, au fond, en quoi réside la valeur des biens que nous possédons ici-bas : notre argent, nos actions, notre temps ?

2. Jésus invite ses auditeurs à considérer leur vie terrestre dans la perspective de sa fin. Un jour cette vie sera terminée : que restera-t-il de ce que j'ai été, fait, possédé ? On raconte qu'à celui qui avait demandé au jeune saint Louis de Gonzague, séminariste, alors qu'il était en train de jouer avec ses amis, ce qu'il ferait s'il savait qu'il allait mourir quelques instants plus tard, celui-ci aurait répondu qu'il continuerait à jouer, puisqu'il était déjà en train de vivre tout simplement son devoir d'état. Si l'on me disait que j'allais mourir dans quelques instants, continuerais-je à faire ce que je suis en train de faire ?

3. La question (utile et recommandée par saint Ignace dans les Exercices) n'a pas pour but de nous inquiéter mais, au contraire, de nous situer dans ce que nous sommes vraiment : des enfants sur lesquels veille avec attention un Père qui les aime. Voilà ce qu'est être « riche en vue de Dieu » : riche de l'assurance que Dieu notre Père nous aime, veille sur nous à chaque instant de notre vie et nous donne chaque jour l'occasion de travailler pour son Règne. Voilà la vraie mesure, devant Dieu, de notre argent, nos actions, notre temps.

Dialogue avec le Christ

« Prends, Seigneur et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté, tout ce que j'ai et tout ce que je possède, tu me l'as donné ; à toi, Seigneur, je le rends. Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté. Donne-moi ton amour et ta grâce. Cela me suffit. » (Saint Ignace)

Résolution

Me poser à plusieurs reprises aujourd'hui la question de saint Louis de Gonzague.

Père Thomas Brenti, LC

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« Du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »

Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Jésus raconte cette parabole qui donne à résoudre un différend à propos d’un héritage. Cet homme souhaitait utiliser le pouvoir moral de Jésus pour son propre avantage matériel. Gardez–vous avec soin de toute avarice, dit Jésus en faisant une mise en garde contre l’un des maux les plus insidieux du cœur humain : l’avarice. Jésus s’adresse à nous également qui vivons dans une société exhibant les bénéfices que procure la richesse matérielle. L’avarice exprime une inversion de l’ordre divin, une déviation qui fait passer l’humanité à côté du but de son existence. Dieu a créé l’homme afin que celui-ci l’honore et le serve. Notre préoccupation se doit d’être riche de notre relation à Dieu dans la prière, déposant dans son cœur de Dieu notre fardeau. Saint Jean de la croix dit que les richesses matérielles sont le chemin de l’homme à l’esprit perverti. Mais il y est autre chemin de l’esprit égaré, ce sont les soucis des « biens spirituels. »

Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Ce fermier n’a pas l’intention d’écouler au rabais son produit mais il préfère attendre le moment propice où il pourra le vendre en tirant un meilleur profit. Le comportement de cet homme semble tout à fait raisonnable s’il a le souci de Dieu et de ses frères. Cette parabole nous présente quelqu’un à qui la chance a souri. De riche qu’il était, Dieu le bénit d’une richesse plus grande encore. Mais rien ne doit être obstacle au chemin de liberté proposé par Jésus pour partager avec ses frères et rendre grâce à Dieu. En effet notre seul souci est de se trouver « dans le Christ, » pour marcher vers notre Père, mus par l’Esprit Saint, car Dieu veut que nous marchions tous vers le bonheur. Le Notre Père est la Lumière qui éclaire notre route : Que le Nom de Dieu soit honoré par l’épanouissement de son Amour dans notre cœur. Que la volonté d’amour du Seigneur soit faite. Que son règne de Paix, de Justice, vienne dans le monde. Que de plus en plus, nous bâtissions dans le monde la civilisation de l’amour.

Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » Le problème apparaît quand cet homme utilise le ‘je’ et ‘mon’ ou ‘mes’, que tout gravite autour de lui. Il n’a pas d’estime ni de reconnaissance envers la providence de Dieu. Notre vie ne dépend pas de ce que nous possédons, mais elle est dans une perspective d’éternité. Être riche en vue de Dieu, c’est lui donner tout ce que nous sommes, dans la Foi. Alors nous n’aurons plus qu’un souci, faire la volonté de Dieu. Qu’il fasse de nous un être plus aimant, plus ouvert, plus disponible, dans la douceur et dans humilité. C’est en Dieu que nous mettons toute notre espérance. Dans l’Eucharistie, nous sommes nourris du Corps et du Sang de Jésus pour partager et pardonner comme Il nous le demande. C’est notre richesse qui vient de Dieu. C’est par la foi que nous adhérons à ce Trésor. Dieu nous estimera juste parce que nous croyons en lui. Jésus est notre Sauveur, grâce à Lui, nous réaliserons la sainte volonté de notre Père.

Nous demandons la grâce d’entendre cette Parole de Dieu pour être vraiment disponibles à faire la volonté de Dieu.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Amasser pour soi-même ou être riche en vue de Dieu ?

      Les chrétiens collaboreront de bon gré et de tout leur cœur à la construction de l'ordre international. Cela doit se faire dans un respect loyal des libertés légitimes et dans une fraternité amicale avec tous. Ils le feront d'autant plus volontiers que la plus grande partie du globe souffre encore d'une telle indigence que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, réclame pour ainsi dire à haute voix la charité de ses disciples. Qu'on évite donc ce scandale : tandis que certains pays jouissent d'une grande abondance et que la majeure partie de leurs habitants portent le nom de chrétiens, d'autres sont privés du nécessaire et sont tourmentés par la faim, la maladie et toutes sortes de misères. L'Esprit de pauvreté et de charité est, en effet, la gloire et le signe distinctif de l'Église du Christ. Il faut donc louer et encourager ces chrétiens, les jeunes en particulier, qui s'offrent spontanément à secourir d'autres hommes et d'autres peuples...

      Pour encourager et stimuler la coopération entre tous, il est donc tout à fait nécessaire que l'Église soit présente dans la communauté des nations –- aussi bien par des organes officiels que par la collaboration entière et loyale de tous les chrétiens... À cet égard, dans l'éducation religieuse comme dans l'éducation civique, on sera particulièrement attentif à la formation des jeunes...

      Enfin, il faut souhaiter que les catholiques, pour bien remplir leur rôle dans la communauté internationale, recherchent une coopération active et positive à la fois avec leurs frères chrétiens d'autres communautés ecclésiales, qui professent le même amour évangélique, et avec tous les hommes en quête d'une paix véritable.

Concile Vatican II
Constitution sur l'Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 88-90

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Nos sources:


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

 

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Dimanche 22 octobre 2017

Nous sommes au 28ème dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Jean-Paul II, « le Géant de Dieu » (1920-2005), Stes Nunilon et Alodie, vierges et martyres († 851)


Lectures de la messe

Première lecture (Is 45, 1.4-6)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus,
qu’il a pris par la main
pour lui soumettre les nations et désarmer les rois,
pour lui ouvrir les portes à deux battants,
car aucune porte ne restera fermée :

    « À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu,
je t’ai appelé par ton nom,
je t’ai donné un titre,
alors que tu ne me connaissais pas.

    Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre :
hors moi, pas de Dieu.
Je t’ai rendu puissant,
alors que tu ne me connaissais pas,
    pour que l’on sache, de l’orient à l’occident,
qu’il n’y a rien en dehors de moi.
Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. »

    – Parole du Seigneur.

Psaume 95 (96), 1.3, 4-5, 7-8, 9-10ac

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
redoutable au-dessus de tous les dieux :
néant, tous les dieux des nations !
Lui, le Seigneur, a fait les cieux.

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.
Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis.

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Il gouverne les peuples avec droiture.

Deuxième lecture (1 Th 1, 1-5b)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Paul, Silvain et Timothée,
à l’Église de Thessalonique
qui est en Dieu le Père
et dans le Seigneur Jésus Christ.
À vous, la grâce et la paix.

    À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous,
en faisant mémoire de vous dans nos prières.
Sans cesse,  nous nous souvenons
que votre foi est active,
que votre charité se donne de la peine,
que votre espérance tient bon
en notre Seigneur Jésus Christ,
en présence de Dieu notre Père.
    Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu,
vous avez été choisis par lui.
    En effet, notre annonce de l’Évangile
n’a pas été, chez vous, simple parole,
mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude.

    – Parole du Seigneur.


Évangile

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 22, 15-21)

    En ce temps-là,
    les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège
en le faisant parler.
    Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
    Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
    Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
    Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
    Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
    Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Nous assistons sous nos yeux à la réalisation de la conspiration prophétisée au livre de la sagesse : « Traquons le juste : il nous gêne, s’oppose à nos actions, nous reproche nos manquements à la Loi et nous accuse d’être infidèles à notre éducation. Il déclare posséder la connaissance de Dieu et il se nomme enfant du Seigneur, il se vante d’avoir Dieu pour père. Voyons si ses paroles sont vraies et vérifions comment il finira » (Sg 2, 12-17). Le discours faux de ces renards commence paradoxalement par annoncer la vérité : « Tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu » ; la flatterie du menteur a pour but de faire glisser jusqu’au piège le malheureux qui se laisse séduire par ses propos mal intentionnés.

La question sur laquelle débouche cette entrée en matière est particulièrement perverse : si Jésus répond positivement, il va dans le sens des Hérodiens, collaborateurs de l’occupant, et sera dès lors accusé de traître par les Pharisiens ; s’il invite à refuser de payer l’impôt, il abonde dans le sens des Pharisiens, mais se met les Hérodiens à dos, qui auront beau jeu de le dénoncer aux Romains.  Jésus, connaissant l’intention de ses interlocuteurs, dévoile d’amblée leur hypocrisie et dénonce leur mauvais desseins. Coupant court aux flatteries mensongères, il prend ses opposants en flagrant délit de duplicité puisqu’ils portent sur eux la monnaie de l’impôt, portant l’effigie de l’Empereur et une légende qui s’adresse à lui comme à une divinité. Autant dire qu’un juif pieux n’était pas supposé la posséder ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle des changeurs se tenaient dans la cour du Temple, car l’argent romain était considéré comme idolâtrique et ne pouvait par conséquent entrer dans le Temple. La preuve est ainsi faite que les interlocuteurs de Jésus ne se posaient guère de problèmes moraux et n’attendaient rien de cet interrogatoire, si ce n’est un motif d’accusation.

Le Seigneur aurait pu les laisser là, tenant en main la pièce à conviction de leur hypocrisie. Mais il va profiter de cette opportunité pour préciser le véritable lieu de discernement des problèmes, y compris politiques. Prenant l’initiative du dialogue, il va obliger ses détracteurs à répondre eux-mêmes à leur propre question, en les renvoyant à l’effigie et la légende qui sont frappées sur la monnaie : « Rendez donc à César » ce qui est marqué de son sceau et qui par le fait même lui revient selon les conventions sociales. A en rester là, on pourrait croire que Jésus est tombé dans le piège et s’est prononcé en faveur d’un soutien financier à l’occupant. Mais cette injonction ne fait qu’introduire un second précepte, vers lequel tout converge. Rebondissant plus haut, le Seigneur ajoute en effet : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». A quoi Jésus fait-il allusion ? S’il faut rendre à César ce qui est marqué de son effigie, que nous faut-il rendre à Dieu qui soit marqué de son sceau ? Tout juif pieux connaît la réponse : la seule réalité qui soit à l’image de Dieu, c’est l’être humain, c'est-à-dire nous-mêmes.

Par l’ajout de ce second volet, totalement inattendu, Jésus change de plan, et signifie clairement qu’il n’est pas venu pour trancher les litiges humains, mais pour accomplir toute justice et nous en montrer le chemin, en rendant à Dieu l’adoration parfaite qui lui revient, à savoir l’offrande de tout son être.Le message est clair : le discernement de la question initiale concernant l’impôt dû à César - et tous les discernements analogues - ne peuvent se faire qu’à la lumière de la perspective nouvelle introduite par le Christ, c'est-à-dire sur l’horizon de la dépendance première de tout homme de son Créateur et de la fraternité universelle qui en résulte.

« Hors moi pas de Dieu » entendions-nous proclamer dans la première lecture. Tout pouvoir au ciel et sur la terre, trouve sa source dans le Créateur et celui qui l’exerce aura des comptes à rendre au Très-Haut. Même César qui se faisait passer pour un dieu, devra comparaître devant Dieu « en dehors de qui il n’y a rien » (1ère lect.). C’est pourquoi le chrétien se soumet aux lois de la cité et de l’état - pour autant qu’elles ne sont pas injustes - car il sait que la vie des puissants est dans la main de Dieu et qu’« ils n’auraient aucun pouvoir s’il ne leur avait été donné d’en haut » (Jn 19, 11). C’est donc à Dieu que nous obéissons en obéissant aux lois justes de la cité, et ce n’est pas une idole politique, mais nos frères que nous servons, en nous mettant au service du bien commun avec une « foi active, une charité qui se donne de la peine, et une espérance qui tient bon en notre Seigneur Jésus-Christ et en présence de Dieu notre Père » (2nd lect.).

N’oublions pas que nous finirons toujours par ressembler à ce que nous contemplons ; aussi, entre l’effigie de César frappée sur du métal, et l’image de Dieu qui resplendit sur la face du Christ et sur le visage de chacun de nos frères, notre choix ne saurait être hésitant. Puissions-nous nous dégager des fausses séductions et choisir résolument d’appartenir à Dieu seul en lui remettant tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes comme le suggère saint Ignace dans sa prière d’offrande :

Prenez Seigneur et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence, et toute ma volonté, tout ce que j’ai et possède. Vous me l’avez donné : à vous Seigneur je le rends. Tout est vôtre, disposez-en selon votre entière volonté. Donnez-moi votre amour et votre grâce : c’est assez pour moi.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu»

Aujourd'hui, on nous présente pour notre considération, une citation de Jésus très connue: «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu» (Mt 22,21).

Il ne nous serait pas possible de comprendre le sens de cette phrase sans tenir compte du contexte dans lequel Jésus la prononce: «Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler» (Mt 22,15), mais Jésus a vu leur ruse (cf. v. 18). Ainsi sa réponse est bien réfléchie. En l'entendant, les pharisiens ont été pris au dépourvu, car ils ne s'attendaient pas à une réponse de ce genre. Car s'il avait été contre César ils auraient pu l'accuser; et s'il avait été en faveur de l'impôt ils seraient partis satisfaits de leur astuce. Mais Jésus, sans parler directement contre César a tout mis en perspective: il faut donner à Dieu ce qui est à Dieu, et Dieu est Maître de tout, y compris les pouvoirs du monde.

César, comme tout homme politique, ne peut pas exercer un pouvoir arbitraire, car son pouvoir lui est donné en "gage" ou en garantie: comme les serviteurs de la parabole des talents; ils doivent répondre au Seigneur de l'usage qu'ils ont fait des talents qu'ils ont reçus. Dans l'Évangile de saint Jean, Jésus dit à Pilate: «Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut» (Jn 19,10). Jésus ne veut pas se présenter comme un agitateur politique mais il remet, tout simplement, les choses à leur place.

L'interprétation faite parfois de Mt 22,21 est que l'Église ne doit pas se "mêler des questions politiques", mais s'occuper uniquement du culte. Mais cette interprétation est fausse, car s'occuper de Dieu n'est pas seulement s'occuper du culte, mais se préoccuper également de la justice, pour les hommes, qui sont des fils de Dieu. Prétendre que l'Église doit rester dans les sacristies, qu'elle ferme les yeux et les oreilles et demeure en silence face aux problèmes d'ordre moral et humain de notre époque, est, en effet, enlever à Dieu ce qui est à Dieu. «Une tolérance qui accepte Dieu uniquement en tant qu'opinion privée, mais qui l'enlève du domaine public (…) n'est pas tolérance, mais hypocrisie» (Benoît XVI).

Abbé Antoni POU OSB Moine de Montserrat (Montserrat, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

« Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l'adversaire, où l'ennemi se brise en sa révolte. À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds : Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! » (Cf. Ps 8)
Que je ne perde jamais ton image et ta ressemblance dans mon âme – ta justice !

Demande

La pauvreté du cœur ! Le royaume des Cieux !

Points de réflexion

1. « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? »
Si nous commençons notre réflexion avec une phrase un peu violente en plein milieu de ce récit évangélique, voilà le « cœur » du problème de Jésus avec les pharisiens, les pharisiens avec Jésus : leur « hypocrisie ». En fait, saint Matthieu nous a bien introduit dans le sujet : « En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. » Dans un langage véridique entre personnes de bonne volonté, l’intelligence pose des questions pour savoir « la vérité », la volonté cherche des conseils pour savoir « le bien » à accomplir. Piéger le discours est un acte de mauvaise volonté qui veut falsifier la position de l’interlocuteur, en voulant le discréditer avec des intentions perverses. Là, notre lecture ne suit pas le « narrateur omniscient » d’un roman qui raconte un épisode d’un monde fictif : c’est une vraie histoire de la vie de notre Sauveur où saint Matthieu fut témoin oculaire ; d’ailleurs, saint Jean témoigne dès le début de son Évangile : « Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. » (Jn 2, 24-25) Jésus vient d’appeler les pharisiens « hypocrites » parce qu’il connaît leurs cœurs, c’est-à-dire qu’il sait qu’ils créent des histoires peu honnêtes par leur jugements mensongers, tandis qu’ils veulent apparaître justes aux gens par des raisonnements sophistiqués. Nous sommes toujours devant Jésus, « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), justement mis en colère ! Il est tout prêt à nous pardonner quand nous sommes faibles, à nous éduquer quand nous sommes ignorants : en revanche, il tolère peu une tentative quelconque de nier la véracité et la droiture de son témoignage, l’effigie de sa Personne divine ! Que personne ne s’écarte du Chemin, de la Vérité et de la Vie inscrits dans ce Fils de l’homme ! Il est toujours vrai et il enseigne le chemin de Dieu en vérité ; il ne se laisse influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence qu’il considère les gens : « Hypocrites ! » donc les hommes qui reconnaissent ces traits, – la splendeur de sa Personne divine qui brille par son humanité –, sans l’adorer, sans l’imiter, sans vouloir être comme lui : « l’Image du Dieu invisible » (Col 1, 15), monnaie du royaume des Cieux !

2. « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
L’argent du monde doit-il m’appartenir, ou dois-je appartenir à Dieu comme sa monnaie ? Suis-je jaloux du possesseur de l’argent, dont l’effigie et l’inscription apparaissent dessus – sans laisser place à la jalousie de Dieu qui voudra que les vertus de son amour gratuit apparaissent dans le monde par la sainteté de ma vie ? « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! » (Mt 5, 3) Dans une autre altercation avec les autorités, Jésus avait affirmé : « Le Père et moi, nous sommes UN » (Jn 10, 30), c’est-à-dire qu’il n’a pas hésité à attirer attention sur la question de son identité, voire inviter son auditoire à examiner son exemple et y trouver l’image du Dieu invisible à l’œuvre : Jésus y est le centre, le critère, le modèle de nos vies, la manière d’aimer Dieu sur toute chose et d’aimer le prochain comme soi-même. « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » (Jn 10, 34-38) Voilà la « spiritualité » lumineuse que Jésus, le Fils de Dieu, voudra partager avec nous, tandis qu’il est maintenant obligé de dissiper notre « matérialité », voire notre esclavage matérialiste, par un exemple si mondain qui ne vient que du piège de nos ténèbres peccamineuses !

3. « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ! »
Le péché rend esclave ; l’hypocrisie rend bête. Il est un devoir de servir César comme il l’est davantage de servir Dieu ! La première des vertus cardinales, – la justice –, rend à l’autre ce que lui est dû. Le pécheur, en aimant soi-même plus que Dieu et son prochain, perd sa justice. La conscience, pervertie par son attachement habituel à soi, devient esclave : voilà un homme rendu bête dans sa pensée morale ! Faut-il avoir la « permission » d’être juste en tant qu’homme (sujet de la société) ? Faut-il avoir la « permission » d’être juste en tant qu’image et ressemblance de Dieu (sujet de la religion) ? « Est-il permis, oui ou non ? », demandèrent les pharisiens, juste pour commencer ! À la lumière de la Sagesse de Jésus qui émane de sa Justice, nous voyons combien leur question fut bête ! « Hypocrites ! » « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ! » La colère de Jésus appelle à la conversion : l’or est purifié par le feu, alors nous serons comme lui, aimants de Dieu et du prochain, doux et humbles de cœur aux hommes de bonne volonté comme lui !

Dialogue avec le Christ

Que je sois avare de ta charité, ô Christ ! Donne-moi la grâce de la pauvreté du cœur pour que je puisse toujours vivre en cherchant ton Royaume et sa justice, en aimant Dieu par-dessus toute chose et mon prochain comme moi-même !

Résolution

Pour que l’amour de Dieu puisse briller dans ma vie, lui rendre gloire aujourd’hui en mettant librement l’un de mes talents au service de mon prochain.

Père Shane Lambert, LC

http://www.regnumchristi.fr



« Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. »

Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur
 ? » Ce qui leur importe aux interlocuteurs de Jésus, c’est de le prendre en faute. En posant cette question, ils tendent un piège à celui qui les gêne. Payer l’impôt romain, c’est reconnaître la légitimité de l’autorité d’occupation, alors que selon la foi juive, la seule loi applicable en Israël est la loi de Dieu. La dimension religieuse et politique de la question des pharisiens apparait dans sa formulation. Ils ne demandent pas “est-il obligatoire de payer l’impôt,” comme nous pouvons poser cette question pour nous vis à vis de l’état français. Mais “est-il permis," sous-entendu permis par la loi de Dieu. Donc, si Jésus leur répond qu’il faut payer l’impôt à César, il se fait le collaborateur de l’occupant romain, et il est infidèle à la loi juive. S’il répond qu’il ne faut pas payer l’impôt, les pharisiens pourront le dénoncer aux autorités romaine pour rébellion. Cet Evangile est d’une actualité frappante car nous sommes dans un monde ou la contestation est toujours sous jacente en matière religieuse. Jésus est la Parole vivante de Dieu et l’on cherche à le prendre en faute sur sa Parole ! Il s’agit en effet de ce qui relève de la responsabilité des hommes et de la responsabilité de Dieu dans l’édification d’un monde meilleur. Les intentions mal honnêtes des interlocuteurs de Jésus nous bouleversent. Ils ne cherchent pas une réponse à une question qui les préoccupe, et encore moins la vérité.

"Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?" Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Le coup de génie de Jésus est de leur demander d’apporter une pièce de denier romain. Car la monnaie est le signe de l’autorité. Une fois de plus, Jésus renvoie ses interlocuteurs à eux-mêmes. Voyant leur propre incohérence, ils restent muets. Tout pourrait s’arrêter là. La bonté de Jésus, est d’ouvrir l’esprit de ses contemporains à la lumière de la vérité. Il veut faire réfléchir ses interlocuteurs sur la dimension cachée, spirituelle de sa réponse. S’il faut rendre à César ce qui porte l’image de César, que doit-on rendre à Dieu ? La Parole de Dieu dans le premier testament nous redit combien Dieu est à l’origine de tout. C’est donc à partir de la Parole de Dieu que s’établit toute justice. Nous sommes solidaires de nos frères en humanité et nous devons nous engager dans les réalités du monde. Ainsi s’édifie l’humanité nouvelle ou les valeurs humaines sont respectées.

"Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » L’argent qui porte la marque de l’autorité politique, retourne légitimement vers cette autorité en payant l’impôt. La personne humaine est marquée dès l’origine par l’image de Dieu, elle a vocation de retourner vers Dieu. Ce retour vers celui qui a marqué notre cœur de son image ne se réalise pas seulement à la fin de notre vie. Jésus rétablit une distinction fondamentale. Jésus engage les chrétiens sur le chemin du partage et de la solidarité. La personne humaine est le centre et le sommet de la création. Nous sommes invités à reconnaître la présence et l’autorité de Dieu dans notre vie quotidienne. L’image de l’impôt que nous payons nous aide à comprendre ce qui est juste de faire envers Celui qui nous a créé à son image. La liberté que nous avons de nous tourner vers notre Père du ciel n’enlève rien à la nécessité du temps que nous consacrons aux autres. La dignité humaine est aujourd’hui reconnue universellement. Cependant que de difficultés pour que s’accomplisse le bien commun et le respect de la reconnaissance concrète de la dignité humaine ! Nous oublions facilement la présence discrète de Dieu en chacun de nous. Etant marqué du sceau de l’Esprit saint, c’est toute notre vie qui est appelée à devenir une offrande pour Dieu par la prière et les services que nous pouvons rendre aux autres.

Nous demandons à Dieu la grâce de nous éclairer dans le chemin de la justice pour la construction de la civilisation de l’Amour.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Être réellement une image de Dieu

      « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il faut rendre à chacun ce qui lui revient. Voilà une parole vraiment pleine de sagesse et de science célestes. Car elle nous enseigne qu'il y a deux sortes de pouvoir, l'un terrestre et humain, l'autre céleste et divin... Elle nous apprend que nous sommes ainsi tenus à une double obéissance, l'une aux lois humaines et l'autre aux lois divines... Il nous faut payer à César la pièce portant l'effigie et l'inscription de César, à Dieu ce qui a reçu le sceau de l'image et de la ressemblance divines : « La lumière de ton visage a laissé sur nous ton empreinte, Seigneur » (Ps 4,7 Vulg).

      Nous avons été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). Tu es homme, ô chrétien ! Tu es donc la monnaie du trésor divin, une pièce portant l'effigie et l'inscription de l'empereur divin. Dès lors, je demande avec le Christ : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? » Tu réponds : « De Dieu ». Je te réponds : « Pourquoi donc ne rends-tu pas à Dieu ce qui est à lui ? »

      Si nous voulons être réellement une image de Dieu, nous devons ressembler au Christ, puisqu'il est l'image de la bonté de Dieu et « l'effigie exprimant son être » (He 1,3). Et Dieu « a destiné ceux qu'il connaissait par avance à être l'image de son Fils » (Rm 8,29). Le Christ a vraiment rendu à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Il a observé de la manière la plus parfaite les préceptes contenus dans les deux tables de la loi divine « en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2,8), et ainsi il était orné au plus haut degré de toutes les vertus visibles et cachées.

Saint Laurent de Brindisi (1559-1619), capucin, docteur de l'Église
Sermon pour le 22e dimanche après la Pentecôte, 2-5 ; Opera omnia 8, 335 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 248)

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

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Évangile et Homélie du Sa 21 Oct 2017. Celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu


Samedi 21 octobre 2017

Nous sommes dans la 28e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Laura Montoya Upegui, vierge et fond. (1874-1949), Bx Pino Puglisi, prêtre à Palerme et martyr (1937-1993)


Lectures de la messe

Première lecture

« Espérant contre toute espérance, il a cru » (Rm 4, 13.16-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    ce n’est pas en vertu de la Loi
que la promesse de recevoir le monde en héritage
a été faite à Abraham et à sa descendance,
mais en vertu de la justice obtenue par la foi.
    Voilà pourquoi on devient héritier par la foi :
c’est une grâce,
et la promesse demeure ferme
pour tous les descendants d’Abraham,
non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement,
mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham,
lui qui est notre père à tous.
    C’est bien ce qui est écrit :
J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.
Il est notre père devant Dieu en qui il a cru,
Dieu qui donne la vie aux morts
et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas.
    Espérant contre toute espérance,
il a cru ;
ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations,
selon cette parole :
Telle sera la descendance que tu auras !

            – Parole du Seigneur.

Psaume 104 (105), 6-7, 8-9, 42-43

Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis,
le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac,

Il s’est ainsi souvenu de la parole sacrée
et d’Abraham, son serviteur ;
il a fait sortir en grande fête son peuple,
ses élus, avec des cris de joie !


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 12, 8-12)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je vous le dis :
Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes,
le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui
devant les anges de Dieu.
    Mais celui qui m’aura renié en face des hommes
sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
    Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme,
cela lui sera pardonné ;
mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint,
cela ne lui sera pas pardonné.
    Quand on vous traduira devant les gens des synagogues,
les magistrats et les autorités,
ne vous inquiétez pas
de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz.
    Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là
ce qu’il faudra dire. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Jésus s’adresse à ceux qu’il vient d’appeler « ses amis » et dont « les cheveux sont tous comptés ». C’est dans cet amour de prédilection qu’ils devront puiser la force de soutenir les assauts de leurs détracteurs, car le disciple n’est pas au-dessus de son maître, et doit se préparer à subir comme lui la persécution (cf. Jn 15, 20).

« Celui qui se sera prononcé pour moi - c’est-à-dire pour Jésus, le Verbe fait chair - le Fils de l’homme - c’est-à-dire le Christ exalté à la droite du Père - se prononcera aussi pour lui devant les anges de Dieu - qui représentent le tribunal divin ». Le témoignage que le disciple doit rendre devant les hommes concerne donc la divinité de son maître, en qui s’accomplit la prophétie de Daniel : « Je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite » (Dn 7, 13-14).

Seul l’Esprit Saint peut attester que « Jésus-Christ est le Seigneur pour la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 11) ; et c’est précisément parce que le Christ glorifié va envoyer d’auprès du Père (Jn 15, 26) l’Esprit de vérité (Jn 14, 17) que ses disciples pourront témoigner de lui devant les hommes (Ac 1, 8), comme lui-même, Jésus, a témoigné en faveur du Père (Jn 17, 4). Le disciple qui « se prononce pour son maître devant les hommes », manifeste donc qu’il a accueilli l’Esprit, en qui il n’est plus qu’un avec Jésus, comme celui-ci ne fait qu’un avec son Père (Jn 17, 21). C’est pourquoi « le Fils de l’homme se prononcera pour lui devant les anges de Dieu ».

Certes tous n’ont pas reçu l’Esprit Saint ; tous ne sont pas introduits « dans la vérité tout entière » (cf. Jn 16, 13) concernant le Fils de l’homme. Aussi n’est-il pas étonnant que ceux qui n’ont pas (encore) accueilli « l’Esprit de vérité » qui procède du Père et qui rend témoignage en faveur de Jésus (Jn 15, 26), disent « une parole contre le Fils de l’homme ». Cela leur sera pardonné en raison de leur ignorance - comme Saul obtiendra le pardon pour sa participation au meurtre d’Etienne (Ac 7, 58). Bien plus : c’est Jésus lui-même qui intercède pour eux auprès de son Père : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Mais malheureux celui qui ayant reçu le témoignage de l’Esprit attestant la seigneurie de Jésus, vient à le renier devant les hommes. S’étant coupé délibérément de son Sauveur, il se retrouve seul, sans personne pour « se prononcer pour lui devant les anges de Dieu », personne pour lui pardonner ses péchés.  En entendant ces paroles de Notre-Seigneur, on comprend que les premières générations chrétiennes redoutaient avant tout le péché d’apostasie, qui rompt la communion au Christ et coupe de la communauté du salut.

Par contre, comment ne pas être interloqué par la légèreté avec laquelle nos contemporains traitent leur baptême, ne considérant le don gratuit de la filiation divine dans l’Esprit ni comme un privilège, ni comme une responsabilité. Renier devant les hommes la foi au Christ Jésus, Seigneur et Sauveur, telle qu’ils l’ont reçue de l’Eglise ne leur pose aucun problème : chacun n’est-il pas libre de se construire son propre corps de croyance en fonction de ses attraits ou de ses besoins du moment, et en s’inspirant des autres traditions religieuses ? Le subjectivisme et le relativisme ont hélas étouffé la flamme de l’Esprit dans le cœur de bien des baptisés, au point que certains d’entre eux ont honte du si beau nom de « chrétien ». Dans le contexte culturel particulièrement difficile que nous traversons en ce début de millénaire, redisons avec ferveur la prière que Jésus a enseignée à ses disciples. L’invocation finale : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation, mais délivre-nous du mal » doit être entendue sur l’horizon de ce qui est évoqué dans l’évangile de ce jour : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation de l’apostasie, mais délivre-nous du Malin » qui cherche à nous faire blasphémer contre l’Esprit en reniant le Christ en face des hommes.

Et si nous avons peur de manquer de courage pour témoigner face au mépris, à l’ironie, au sarcasme, voire aux persécutions que notre monde réserve à ceux qui osent annoncer ouvertement leur appartenance au Christ, souvenons-nous de cette parole de consolation et de réconfort de Notre-Seigneur : « Ne vous tourmentez pas pour savoir comment vous défendre ou comment parler. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure même ce qu’il faudra dire ».

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Celui qui se sera prononcé pour moi (…), le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui»

Abbé Alexis MANIRAGABA (Ruhengeri, Rwanda)

Aujourd'hui, le Seigneur Jésus ravive notre foi et notre espérance en Lui. Il nous prévient que nous paraîtrons devant le corps céleste pour être évalué. Et celui qui a prononcé en faveur de Jésus en se donnant pour sa mission, «le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui» (Lc 12,8). Cette confession publique se fait en paroles, en actes et par la vie.

Cette interpellation à la confession est encore nécessaire et urgente pour notre temps où certaines gens ne veulent pas écouter la voix de Dieu ni suivre son chemin de vie. La confession de notre foi aura une forte suite. Pourtant, nous ne confessons pas notre foi par peur du châtiment qui sera plus sévère pour les apostats et la récompense plus abondante pour les fidèles. Mais, c’est nécessaire et urgent pour la vie et le monde, et Dieu même nous y appelle comme le dit Saint Jean Chrysostome: «Dieu ne se contente donc pas de la foi intérieure, il en demande la confession extérieure et publique, et nous excite ainsi à une plus grande confiance et à un plus grand amour».

Cette confession est soutenue par la force et l’assurance de son Esprit qui est à l’œuvre en nous et qui nous défend. La prononciation de Jésus devant ses anges est vitale car elle nous permettra de Le voir face à face, de vivre avec Lui et être inondé de sa lumière. Alors que le contraire n’est que «souffrir et perdre la vie, être privé de la lumière et dépouillé de tous les biens». Demandons la grâce d’éviter tout reniement par la crainte du supplice ou par notre ignorance; par les hérésies, par la foi stérile et par manque de responsabilités; ou parce que nous voulons éviter le martyre. Soyons forts; l’Esprit Saint est avec nous! Et «avec l’Esprit Saint il y a toujours Marie (…) et elle a ainsi rendu possible l’explosion missionnaire advenue à la Pentecôte» (Pape François).

«L'Esprit Saint vous enseignera à cette heure même ce qu'il faudra dire»

+ Abbé Albert TAULÉ i Viñas (Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, résonnent une fois de plus les paroles de Jésus qui nous invite à Le reconnaître devant les hommes: «Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui devant les anges de Dieu» (Lc 12,8). Nous vivons dans une époque dans laquelle on revendique la laïcité, obligeant les croyants à ne manifester leur foi que dans la sphère privée. Lorsqu'un chrétien, un prêtre, un évêque, le Pape…, dit quelque chose publiquement, bien que ce soit plein de sens commun, cela dérange, uniquement parce que ce qu'il dit vient de lui, comme si nous n'avions pas le droit —comme tout le monde!— de dire ce que nous pensons. Pour autant que cela puisse les déranger, nous ne pouvons pas cesser d'annoncer l'Évangile. De toute façon, «l'Esprit Saint, qui habite en ceux qui ont de bonnes dispositions, les inspire à dire ce qu'ils ont à dire comme des docteurs».

Les attaques qui nous font sont d'une gravité différente, car ce n'est pas la même chose parler mal d'un membre de l'Église (quelques fois avec raison, pour nos défauts), que d'attaquer Jésus-Christ (si ils le voient uniquement dans sa dimension humaine), ou d'injurier le Saint-Esprit, que ce soit en blasphémant, ou en niant l'existence ou les attributs de Dieu.

Pour ce qui se réfère au pardon de l'injure, y compris lorsque le péché est véniel, il est nécessaire qu'il existe une attitude préalable d'amendement. S'il n'y a pas d'amendement, le pardon est inviable, le pont est brisé d'un côté. Pour cette raison, Dieu dit qu'il y a des péchés que ni Dieu pardonnera, s'il n'y a pas de la part du pécheur une attitude humble de reconnaître son péché (cf. Lc 12,10).

 http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

« Écoutons la voix de notre Dieu, entrons dans le repos qu'il a promis. »

Demande

« Dieu éternel et tout-puissant, tu es la lumière de toutes les lumières, et le jour qui ne finit pas ; dès le matin de ce jour nouveau nous te prions : que la clarté de ta présence, en chassant la nuit du péché, illumine nos cœurs. »

Points de réflexion

1. « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. »
Voilà une phrase qui interpelle ! Le pape François n’a-t-il pas confirmé dans un tweet en février 2015 qu’« il n’y a pas de péché que Dieu ne puisse pardonner » ? Oui, mais il ajoute « il suffit que nous demandions pardon. » C’est-à-dire que Dieu est toujours prêt à pardonner mais encore faut-il vouloir recevoir son pardon ! Saint Jean-Paul II nous l’explique en détail dans l’encyclique Dominum et vivificantem n° 46 :
« Le 'blasphème' ne consiste pas à proprement parler à offenser en paroles l'Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l'homme par l'Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la Croix. (…) Le blasphème contre l'Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de cette rémission dont il est le dispensateur intime et qui présuppose la conversion véritable qu'il opère dans la conscience. Si Jésus dit que le péché contre l'Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l'autre, c'est parce que cette 'non-rémission' est liée, comme à sa cause, à la 'non-pénitence', c'est-à-dire au refus radical de se convertir (…) Le blasphème contre l'Esprit Saint est le péché commis par l'homme qui présume et revendique le 'droit' de persévérer dans le mal – dans le péché quel qu'il soit – et refuse par là-même la Rédemption. L'homme reste enfermé dans le péché, rendant donc impossible, pour sa part, sa conversion et aussi, par conséquent, la rémission des péchés, qu'il ne juge pas essentielle ni importante pour sa vie. Il y a là une situation de ruine spirituelle, car le blasphème contre l'Esprit Saint ne permet pas à l'homme de sortir de la prison où il s'est lui-même enfermé et de s'ouvrir aux sources divines de la purification des consciences et de la rémission des péchés. »

2. « Quand on vous traduira devant les gens. »
On ne m’a peut-être pas amené au tribunal pour m’accuser de me déclarer pour Jésus devant les hommes, mais si j’y songe, je suis souvent jugé ! Et disons simplement que les autorités ne défendent pas toujours les chrétiens. Je ne suis pas amené chez le chef de la synagogue ou chez le juge, mais j’ai souvent à affronter le regard des autres, le « qu’en dira-t-on » ! Jésus, aide-moi à faire lumière sur ma vie. Quelles sont ces situations, ces moments où je chancelle et ne me prononce pas toujours en ta faveur ? Et quels sont ces moments dans lesquels tu vois mon cœur et mon désir de réponse, mes petites « victoires », mes gestes, mes mouvements intérieurs, mes paroles qui te font sourire ?

3. « Ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »
Je ne suis pas seul. Tu unis ta vie à la mienne ; en te faisant homme ; en me donnant ta vie par ta mort et ta Résurrection ; en faisant grandir ta vie en moi par l’Eucharistie. À chaque instant, tu es là. Et je l’oublie si souvent ! Et je vis si souvent comme si tu étais loin ! « Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas ! » (Saint Augustin, Confessions) Aide-moi à vivre ma vie avec toi, en te parlant, en te demandant conseil, en me laissant guider, en me confiant que tu es là, que tu agis, que tu peux tout !

Dialogue avec le Christ

« Ô éternelle vérité, ô véritable charité, ô chère éternité ! Tu es mon Dieu, je soupire après toi jour et nuit. Quand je t’ai connu pour la première fois, tu m’as soulevé vers toi pour me faire voir l’existence de quelque chose que je devrais voir, mais que je ne pourrais pas encore voir moi-même. Tu as ébloui la faiblesse de mon regard par la puissance de ton rayonnement, et je frissonnais d’amour et d’effroi. J’ai découvert que j’étais loin de toi, dans le pays de l’exil et de la dissemblance, et il me semblait que j’entendais ta voix, venant du haut du ciel : « Je suis la nourriture des forts : grandis et tu me mangeras. Tu ne me changeras pas en toi, comme la nourriture de ton corps, c’est toi qui seras changé en moi. » Je cherchais le moyen d’acquérir la force qui me rendrait capable de vivre uni à toi, et je ne la trouvais pas. Enfin, j’ai embrassé « le Médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement ». C’est lui qui nous appelle et nous dit : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. » Il unit à la chair — puisque le Verbe s’est fait chair — ; la nourriture que j’étais incapable de prendre, afin que ta sagesse, par laquelle tu as tout créé, se transforme en lait pour s’adapter à notre condition d’enfants. Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais ; dans ma laideur, je me précipitais sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi. Elles me retenaient loin de toi, ces choses qui n’existeraient pas si elles n’existaient en toi. Tu m’as appelé, tu as crié, tu as vaincu ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi, et tu as dissipé mon aveuglement ; tu as répandu ton parfum, je l’ai respiré et je soupire maintenant pour toi ; je t’ai goûtée, et j’ai faim et soif de toi ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi. » (Saint Augustin, Confessions)

Résolution

Je ferai quelque chose aujourd’hui avec Jésus, consciemment.

Mélanie Duriez, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu.

Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. L’appel de Dieu est un choix d’amour, une grâce qu’il nous faut recevoir et accueillir pour entrer dans la bénédiction de Dieu. Entrer dans la bénédiction de Dieu c’est nous prononcer pour Jésus, entrer dans la longue histoire de l’appel de Dieu. C’est dans la foi que nous lisons les signes de l’Amour infini de Dieu pour nous. Faire sa volonté nous fait vivre. Dieu peut nous juger parce que son amour va aussi loin que sa connaissance. Si nous voulons nous juger nous-mêmes, nous sommes renvoyés à cet amour qui prend en Dieu sa source. Ce qui fait notre bonheur, c’est de rester ouvert à la Parole de Jésus. Nous voulons demeurer à l’écoute de son Esprit Saint. La parole sévère de Jésus sur le blasphème contre l’Esprit Saint, se comprend à partir de son enseignement sur le désir de pardon qui habite le cœur de Dieu. Jamais Dieu ne ferme son cœur à un fils qui se repent et qui prend le chemin du retour. Le péché impardonnable c’est la persistance dans une attitude volontaire de refus ou de rejet, alors que la lumière de Jésus a déjà pénétré le cœur de l’homme et que l’homme a perçu à quel choix de vie l’invite l’Esprit de Dieu. Nous avons du mal à concilier l’immense miséricorde de Dieu et ses appels à une attitude responsable de notre part. Jésus ne renonce pas à nous proposer les dépassements nécessaires, car il veut nous donner la force d’accomplir ce qu’il nous commande.

Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Dans l’épisode de Béelzéboul, le blasphème consistait à prétendre que Jésus est habité par l’esprit du mal, alors même qu’il chasse les démons. Résister à l’Esprit, c’est donc contester la puissance efficace de Dieu, c’est nier sa volonté de salut, c’est discréditer les envoyés de Dieu. Jésus était prêt à tolérer qu’on se méprenne sur sa personne ; mais il se montre sévère pour ceux qui refusent de voir l’Esprit Saint à l’œuvre en lui. Dieu, quand il nous dit « je t’aime, » de manière unique en nous choisissant, manifeste son choix à notre égard. C’est à l’intérieur de ce choix, que sa bénédiction va se répandre. Il nous donne son Amour, l’Esprit Saint. La Vierge Marie est cette bénédiction de Dieu pour nous. En elle, Dieu nous montre tout son amour, Il veut nous faire entrer dans le même amour qu’il a pour elle. C’est un défi d’amour fou lancé à l’humanité que ce passage de Jésus dans notre vie humaine. Marie, la plus pauvre des créatures, s’est prononcée pour Jésus. Dans son amour immense, mue par l’Esprit Saint, elle est demeurée fidèle au Père, elle entre dans la bénédiction au delà de toutes les bénédictions.

Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. C’est ainsi que Jésus et l’Esprit Saint nous sont donnés pour réaliser notre appel. Le mystère eucharistique nous donne le mystère de l’amour infini de Dieu : « Prenez, mangez, dit Jésus, c’est mon corps livré pour vous," pour que nous ayons la même vie que lui, que nous fassions corps avec le Christ. « Prenez, buvez, c’est mon sang dit Jésus » pour que nous ayons un même amour que lui. Ce Don est fait pour chacun d’une manière unique. Jésus est le seul enfant venu au monde qui se soit prononcé pour sa Mère avant sa naissance. Il a choisi Marie sa mère parce qu’il lui préexistait. Marie est la seule maman au monde qui a choisi son enfant avant de la concevoir en son sein. C’est un tout nouvel amour qui nous est donné, l’Esprit Saint, l’amour infini de Dieu vient dans notre cœur ! Marie, la première en chemin peut crier Abba, Papa ! Jésus, son Sauveur lui est donné, elle nous fait entrer dans la grâce de sa bénédiction.

Nous demandons la grâce de nous prononcer pour Jésus.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »

Martyre de Carpus

      Au temps de l'empereur Dèce, Optimus était proconsul à Pergame ; le bienheureux Carpus, évêque de Gados, et le diacre Papylus de Thyatire, tous deux confesseurs du Christ, comparurent devant lui. Le proconsul dit à Carpus :
      — Quel est ton nom ?
      — Mon premier nom, le plus beau est Chrétien. Mon nom dans le monde est Carpus.
      — Tu connais, n'est-ce pas, les édits des Césars qui vous obligent à sacrifier aux dieux, maîtres du monde. Je t'ordonne d'approcher et de sacrifier.
      — Je suis chrétien. J'adore le Christ, le Fils de Dieu, qui est venu sur terre ces derniers temps pour nous sauver et pour nous délivrer des pièges du démon. Je ne vais donc pas sacrifier à de pareilles idoles.
      — Sacrifie aux dieux, comme l'ordonne l'empereur.
      — Périssent les dieux qui n'ont pas créé le ciel et la terre.
      — Sacrifiez, l'empereur le veut.
      — Les vivants ne sacrifient pas aux morts.
      — Les dieux sont donc des morts, d'après toi ?
      — Parfaitement. Et voici comment : ils ressemblent à des hommes, mais ils sont immobiles. Cesse de les couvrir d'honneurs ; comme ils ne bougent pas, les chiens et les corbeaux viendront les couvrir d'ordures.
      — Il s'agit de sacrifier... Aie donc pitié de toi-même.
      — C'est bien pourquoi je choisis la meilleure part.
À ces mots, le proconsul le fit suspendre et déchirer par les ongles de fer.

Martyre de Papylus

Alors le proconsul se tourna vers Papylus, pour l'interroger.
      — Es-tu de la classe des notables ?
      — Non.
      — Alors qu'es-tu ?
      — Je suis citoyen.
      — As-tu des enfants ?
      — Beaucoup, grâce à Dieu.
Une voix dans la foule cria : « Ce sont les chrétiens qu'il appelle ses enfants. »
      — Pourquoi me mentir, en prétendant avoir des enfants ?
      — Constate que je ne mens pas, mais que je dis vrai : dans toutes les villes de la province j'ai des enfants selon Dieu.
      — Sacrifie ou explique-toi.
      — Je sers Dieu depuis ma jeunesse, jamais je n'ai sacrifié à des idoles ; je m'offre moi-même en sacrifice au Dieu vivant et vrai, qui a pouvoir sur toute chair. Et maintenant j'ai fini, je n'ai plus rien à ajouter.
On l'attacha lui aussi au chevalet où il fut déchiré par les ongles de fer. Trois équipes de bourreaux se relayèrent, sans qu'il échappe à Papylus aucune plainte. Comme un vaillant athlète, il considérait la fureur de ses ennemis avec un profond silence. Le proconsul les condamna à être brûlés vifs. À l'amphithéâtre, les spectateurs les plus proches virent que Carpus souriait. Surpris, ils l'interrogèrent : « Pourquoi souris-tu ? » Le bienheureux répondit : « J'ai vu la gloire du Seigneur, et je suis dans la joie. Me voici désormais délivré ; je ne connaîtra plus vos misères ».

Martyre d'Agathonicé

Une femme qui assistait au martyre, Agathonicé, vit la gloire du Seigneur que Carpus disait avoir contemplée. Elle comprit que c'était un signe du ciel, et aussitôt elle s'écria : « Ce festin a été préparé pour moi aussi... Je suis chrétienne. Jamais je n'ai sacrifié aux démons, mais seulement à Dieu. Volontiers, si j'en suis digne, je suivrai les traces de mes maîtres, les saints. C'est mon plus grand désir ». Le proconsul lui dit : « Sacrifie, et ne me force pas à te condamner au même supplice »
      — Fais ce que bon te semble. Pour moi, je suis venue afin de souffrir pour le nom du Christ. Je suis prête.
Arrivée au lieu du supplice, Agathonicé ôta ses vêtements et, toute joyeuse, monta sur le bûcher. Les spectateurs furent frappés de sa beauté ; ils la plaignaient : « Quel jugement inique et quels décrets injustes ! » Quand elle sentit les flammes toucher son corps, elle cria trois fois : « Seigneur, Seigneur, Seigneur, viens à mon secours. C'est en toi que j'ai recours ». Ce furent ses dernières paroles.

http://levangileauquotidien.org

Actes des martyrs Carpus, Papylus et Agathonice (3e siècle)
(trad. coll. Icthus, vol. 2, p. 175s)






Nos sources:


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Homélie de Mgr Jean-Pierre Delville, allocutions d'installation des sœurs clarisses à Cornillon, le 8 octobre 2017

Chers Frères et Sœurs, chers Sœurs Clarisses,

C’est une grande joie pour moi et pour vous tous de célébrer aujourd’hui l’installation des sœurs clarisses ici à Cornillon en la solennité de saint François d’Assise. Nous célébrons comme un don de Dieu ce moment privilégié. C’est un don de Dieu que de recevoir la vocation à la vie religieuse. C’est un don de Dieu pour la ville de Liège que de recevoir la communauté des sœurs clarisses, qui a été fondée par sainte Claire d’Assise (1193-1253), une exacte contemporaine de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). La communauté fondée en 1930 à Hannut a fondé la communauté de Bujumbura au Burundi en 1962, et celle-ci a envoyé chez nous une partie de la communauté, qui s’est installée à Avernas en 2002, et qui s’installe en partie dès aujourd’hui, ici à Cornillon. Elle succède ici à la communauté des carmélites, qui a assuré le service de la prière pendant 157 ans et que je remercie de tout cœur.

Dans le cadre de la société actuelle, la vie religieuse est un défi. Les religieuses vivent la pauvreté, la communauté et la chasteté ; la pauvreté est un antidote à la recherche de richesses, la communauté est un défi face à l’individualisme et la chasteté est un défi face aux dérives de la sexuelle et affective. Par cette discipline de vie, les sœurs vivent l’amour en profondeur et le partagent autour d’elles. Elles se donnent entièrement à Dieu. Elles réalisent cette phrase que saint Paul disait aux Philippiens (Ph 4,7) : « La paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre pensée dans le Christ Jésus ». La paix de Dieu, c’est le salut que Dieu nous offre. C’est la paix dans le cœur, c’est la paix dans le monde et c’est la paix dans la vie éternelle. Nous avons tous besoin de cette paix. Les sœurs clarisses prient pour la paix dans les cœurs et la paix dans le monde. La prière des religieuses ouvre les cœurs à l’action de Dieu. Dans notre ville, on a besoin de la paix dans les cœurs ; dans d’autres villes du monde, on a besoin aussi de la paix dans la vie civile. Sainte Claire d’Assise était sensible à la paix dans le monde : quand les troupes de l’empereur Frédéric II assiégeaient la ville, un commando s’en est pris au monastère des clarisses. Les sœurs risquaient toutes d’être exécutées ; alors sainte Claire est allée à la rencontre des soldats en montrant le Saint-Sacrement qu’elle tenait en main. Et devant l’eucharistie portée par cette femme, les troupes de l’empereur ont rebroussé chemin et laissé le monastère intact et les sœurs indemnes. Depuis lors, on représente sainte Claire comme une religieuse tenant en main un ostensoir avec l’eucharistie.

Cela fait qu’on la confond parfois avec sainte Julienne de Cornillon. Celle-ci est bien connue pour avoir promu la fête du Saint-Sacrement : c’est pourquoi on la représente aussi avec le Saint Sacrement en mains. Les deux femmes ne se sont jamais connues, mais elles se rejoignent dans leur amour pour l’eucharistie et donc pour le Christ. C’est donc une chose merveilleuse que les sœurs de sainte Claire s’installent dans la maison où vivait sainte Julienne. L’eucharistie, c’est le Christ ressuscité qui se donne à nous en communion. Par l’eucharistie notre vie est branchée sur le Christ. Grâce à l’eucharistie, notre vie est rendue fraternelle. Grâce à l’eucharistie, nous formons un nouveau peuple de Dieu, comme le dit Jésus en conclusion de l’évangile que nous venons d’entendre : « Le royaume de Dieu sera donné à un peuple qui lui fera produire du fruit » (Mt 21, 43).

Chers Frères et Sœurs, ce peuple, c’est vous ! Chacun de vous avec sa vocation propre fait partie de ce peuple à qui est confié le Royaume de Dieu. C’est pourquoi Cornillon est un sanctuaire, un sanctuaire du peuple de Dieu qui produit du fruit. Ce monastère est un lieu de rayonnement, nourri à la spiritualité de saint Julienne et, à partir d’aujourd’hui, à la spiritualité de sainte Claire, et plus largement à la spiritualité de l’eucharistie et du corps du Christ. Il est important que chacun puisse se retrouver accueilli ici et soit nourri à cette spiritualité du corps du Christ. Cela fait partie du projet qui se développe dans cette maison.

Ce projet va à contre-courant d’une mentalité courante, la mentalité du chacun-pour-soi. C’était la mentalité des vignerons homicides dont nous parle Jésus dans la parabole que nous venons d’entendre dans l’évangile (Mt 21, 33-43). La mentalité du chacun-pour-soi a poussé ces vignerons à garder pour eux les fruits de la vigne. Or le bonheur pour l’homme, c’est de pouvoir partager ce qu’il fait, ce qu’il produit. C’est cela le royaume de Dieu. Mais souvent la vie va dans l’autre sens et on agit comme les vignerons homicides, on garde tout pour soi ; cela débouche sur la violence et sur le meurtre. Cette logique du mal n’aura pas le dernier mot : « la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue pierre d’angle », dit Jésus, en faisant allusion à sa propre situation, à sa mort et à sa résurrection. Et grâce à lui, un peuple de Dieu pourra donner du fruit au Royaume de Dieu.

Telle est notre mission, Frères et Sœurs, telle est la mission des sœurs clarisses, telle est la mission de ceux qui s’engagent pour dynamiser cette maison, telle est la mission de tous les sympathisants venus aujourd’hui, telle est la mission de notre Église locale, dans la vigne de l’Église de Liège ! Prions le Seigneur pour qu’il nous inspire dans cette mission, qu’il nous donne l’esprit qui animait saint François d’Assise et sainte Claire et qu’il nous fasse produire du fruit dans son royaume qui au milieu de nous. Amen ! Alleluia !

Allocution de Marc Fichers, Hannutois et ami des Clarisses
Accueil des clarisses de Hannut-Bujumbura

Merci de me donner l’occasion de vous présenter les Sœurs Clarisses de Hannut.

L’Origine de la famille des Clarisses
C’est en 1206, que François, Fils d’un riche marchand d’Assise, quitte ses projets ambitieux, ses rêves de grandeur, pour devenir le serviteur du Christ et de l’Église, en vivant totalement l’Évangile.
Claire, jeune fille de la noblesse d’Assise, désireuse de se donner à Dieu, et touchée par la conversion de François, décide en 1212, à l’âge de 18 ans, de tout quitter, par amour de son Seigneur, pour suivre le Christ pauvre et humble, traçant ainsi un chemin de simplicité, de pénitence et de joie.
Les Franciscains et les Sœurs Clarisses étaient nés à l’époque de Sainte Julienne de Cornillon.
Depuis 800 ans les sœurs clarisses vivent une vie de communauté qui s’organise autour du travail de leur mains : la fabrication des hosties, une pauvreté radicale, une profonde humilité et la confiance totale dans la Providence divine.

Histoire de la fondation du monastère des Clarisses de Hannut-Bujumbura
Il faut remonter en 1471, date à laquelle est fondé le Monastère de Chambéry, qui fondera Grenoble, qui fondera en 1891 le monastère de Bordeaux.

En 1901 les sœurs du monastère de Bordeaux sont expulsées de France et trouvent refuge en Belgique à Mons où elles fondent un premier monastère.
C’est de Mons qu’arrivent les premières sœurs clarisses à Hannut le 16 juillet 1930. Cela fait donc 87 ans que nous avons la chance d’avoir de sœurs clarisses Hannut.
Contemplatives elles sont un foyer de prière, depuis 87 ans sur le plateau de Hesbaye elles soutiennent, réconfortent et aident toutes les personnes qui ont recours à elles et cela de la plus belle façon qui soient par la prière. En 1962 répondant à un souhait de fonder en Afrique les sœurs Marie-Françoise, Marie-Agnès et la sœur d’origine burundaise Claire-Marie se rendent à Bujumbura au Burundi pour y fonder un monastère.

La Providence a accompagné les sœurs pour fonder au Burundi car malgré les guerres et les conflits la présence des sœurs clarisses au Burundi ne s’est jamais arrêtée. Elles y ont même un très grand rayonnement : de nombreuses vocations sont nées au sein de la communauté. Fin des années 90 des sœurs clarisses du Burundi reviennent vers le monastère fondateur de Hannut.
Et en 2002, elles s’établissent rue de Villers le peuplier pour fonder une première communauté avant que la fabrique d’église d’Avernas ne leur cède le presbytère qu’elles occupent depuis bientôt 15 ans. Elles y cultivent un jardin et en y mènent une vie de prière et d’accueil.
S’il fallait qualifier les sœurs clarisses de Hannut je dirais : calme, sourire, attention, prière, simplicité, accueil, vie communautaire, confiance en notre Seigneur, adoration. Mais le Seigneur ne voulait pas que les sœurs clarisses s’arrêtent à Hannut, c’est au cœur de la ville de Liège qu’elles ont été appelées à fonder, elles sont maintenant 6 ici à Cornillon mais d’autres vont encore venir du Burundi pour continuer dans la prière à adorer Jésus eucharistie.

Rendons grâce à Dieu d’avoir fait en sorte que le monastère de Cornillon continue à accueillir une communauté des sœurs contemplatives. Oui le Saint Sacrement si cher à Sainte Julienne continuera d’être adoré ici en ce monastère. Beni sois tu Seigneur.

Allocution de Jacques Galloy
Administrateur de l’ASBL Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

Avant d’évoquer l’avenir ce haut-lieu spirituel et patrimonial, permettez-moi de vous donner quelques nouvelles des chères soeurs carmélites. Trois d’entre elles ont décidé de rejoindre une maison de repos, à Banneux ou dans le Hainaut, d’autres ont opté pour la poursuite de la vie carmélitaine au sein d’une communauté de soeurs, à Floreffe ou à Argenteuil. Ces départs ne sont pas toujours simples à vivre et elles resteront pour toujours associées à ce sanctuaire où elles ont tant prié et accueilli.

Le projet de re-développement du sanctuaire progresse bien et s’articule autour de 3 pôles.

Le monastère, pôle de vie contemplative

La pierre angulaire du projet est la fondation du monastère des Clarisses de Hannut-Bujumbura, qui animeront la vie spirituelle de Cornillon, fabriqueront les célèbres hosties, et développeront également le petit élevage et la culture. Elles recevront les traditionnels œufs offerts à sainte Claire.

Le sanctuaire, pôle d’accueil et de pèlerinage

L’objectif est de redynamiser la vie spirituelle du lieu et de promouvoir la fête du saint Sacrement, notamment par le biais de visites de groupes, d’écoles et d’un musée sur le thème du pain et du vin consacrés. Ce pôle développera l’accueil et l’animation du sanctuaire de sainte Julienne. Une petite hôtellerie de 4 chambres et 12 lits accueillera les pèlerins et aussi les randonneurs du chemin de saint Jacques de Compostelle ou de la Via Mosana. Une attention particulière sera accordée aux personnes pauvres du quartier et de la ville pour qu’elles puissent y prier et se sentir accueillies dans cette église. Enfin, un accueil de groupes est également prévu pour participer à l’animation spirituelle ou de visites d’enfants qui se préparent par exemple à leur première communion. Un espace didactique ou un musée sera créé avec des vitrines, des objets et des panneaux didactiques sur l’histoire de Sainte Julienne et sur la Fête-Dieu dans le monde.

La vie de laïcs, pôle « béguinage contemporain »

L’objectif est de permettre à des personnes de vivre dans un lieu de sérénité et de prière. Le sanctuaire va développer un nouveau béguinage contemporain, projet immobilier qui va contribuer à la revitalisation des quartiers d’Amercoeur et de la Chartreuse. Liège est un des berceaux des béguinages, attestés dès 1173 et initiés par le prêtre liégeois Lambert le Bègue, en contrebas de Saint-Martin et près de l’actuel boulevard de la Sauvenière. L’immobilier représente 8 unités de logements pour, chaque fois, entre 1 et 4 habitants, permettant d’accueillir au total environ 18 habitants. Le critère privilégié serait des locataires, principalement laïcs, adhérant au projet et à l’esprit d’un béguinage contemporain avec une grande autonomie. Les demandes de permis sont en cours d’introduction et les travaux débuteront bientôt. Les premiers appartements devraient être disponibles pour la Fête-Dieu 2018, soit en juin 2018.

Allocution du père Patrick Bonte, de l’ordre des croisiers
Vicaire épiscopal pour la vie consacrée du diocèse de Liège

Chères Sœurs Clarisses, chères Sœurs carmélites, chères Sœurs et frères contemplatives ainsi que tous les baptisés qui ont la fibre contemplative, continuez à nous interpeller par votre vie et par le temps que vous prenez pour prier.

Continuez à nous encourager, nous, Peuple de Dieu à prendre du temps pour le Seigneur : à l’adorer et à écouter sa Parole afin que nous puissions nous aussi faire l’expérience d’avoir un cœur tout brûlant à la suite des disciples d’Emmaüs et de tant de disciples de Jésus-Christ.

Continuez à nous encourager à prier le Père, Jésus Christ et l’Esprit-Saint qui est là dans le secret.

Que sainte Julienne et sainte Claire continue à intercéder pour que ce lieu reste un lieu de prière, d’adoration, un pôle de vitalité religieuse pour notre diocèse et pour l’Eglise universelle.

Source: http://liegefetedieu.be

 

  

 

 

 

 

La chorale CSFA a animé la messe d'accueil des Sœurs Clarisses belgo-burundaises à Cornillon - Liège, le 8 octobre 2017

 

Événement historique à Liège ce dimanche 8 octobre 2017  : les sœurs clarisses, dont l’ordre a quitté la ville en 1797, suite à la Révolution et à la suppression des ordres religieux, ont pu revenir et s’installer au monastère de Cornillon. Ce dimanche, l’église de Cornillon était pleine à craquer pour accueillir ces clarisses dont la moyenne d’âge est d’environ 35 ans. Des habitants du quartier, des amis burundais et du sanctuaire de sainte-Julienne ont participé à cette belle fête.

Sous l’ancien Régime, il y avait une communauté de clarisses Place Sainte-Claire (actuellement rue des Anglais), fondée en 1488 ; et une communauté installée Rue des Clarisses, fondée en 1606. C’est dans une ambiance de fête que les sœurs clarisses ont été installées dans la foulée de la fête de saint François d’Assise. Les clarisses en effet ont été fondées par sainte Claire d’Assise (1193-1253), dans la ligne du mouvement franciscain. L’installation a été faite par Mgr Jean-Pierre Delville, en présence de trois autres évêques : Mgr Aloys Jousten, évêque émérite ; Mgr Pierre Warin, évêque auxiliaire de Namur, et Mgr Jérôme Gapangwa, évêque émérite d’Uvira. Le P. Patrick Bonte, vicaire épiscopal pour la vie consacrée, organisait la célébration, car il a été l’artisan de l’installation des clarisses. La communauté clarisse qui a commencé en 1930 à Hannut a fondé la communauté de Bujumbura au Burundi en 1962. Celle-ci a envoyé en Belgique une partie de la communauté, qui s’est installée à Avernas en 2002, et qui s’installe en partie dès aujourd’hui, à Cornillon. Elle succède à la communauté des carmélites, qui a assuré le service de la prière pendant 157 ans.

Comme l’a dit Mgr Delville dans son homélie : « Sainte Claire est une exacte contemporaine de sainte Julienne de Cornillon (1192-1258). Celle-ci est bien connue pour avoir promu la fête du Saint-Sacrement: c’est pourquoi on la représente aussi avec le Saint Sacrement en mains. Les deux femmes ne se sont jamais connues, mais elles se rejoignent dans leur amour pour l’eucharistie et donc pour le Christ ».

L’évêque a remercié aussi le groupe de laïcs qui épaule les sœurs et qui va organiser l’accueil dans le monastère dans le sens d’un béguinage contemporain avec des logements et un espace d’accueil. Ainsi le monastère deviendra aussi un sanctuaire populaire dédié à la vénération de l’eucharistie, le corps du Christ. L’ouverture au monde se manifeste aussi par la grande présence des Burundais à la célébration, en particulier par leur chorale et par leurs familles ; leur enthousiasme et leur foi étaient communicatifs et invitent à la fraternité universelle.

Source: http://liegefetedieu.be

 

  

 

 

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