Samedi 11 novembre 2017

Le samedi de la 31e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Martin, évêque de Tours (v. 316-397), St Théodore le Studite, higoumène († 826)


Lectures de la messe

Première lecture (Rm 16, 3-9.16.22-27)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    saluez de ma part Prisca et Aquilas,
mes compagnons de travail en Jésus Christ,
            eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ;
je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant,
toutes les Églises des nations le sont aussi.
    Saluez l’Église qui se rassemble dans leur maison.
Saluez mon cher Épénète,
qui fut le premier à croire au Christ dans la province d’Asie.
    Saluez Marie, qui s’est donné beaucoup de peine pour vous.
    Saluez Andronicos et Junias qui sont de ma parenté.
Ils furent mes compagnons de captivité.
Ce sont des apôtres bien connus ;
ils ont même appartenu au Christ avant moi.
    Saluez Ampliatus, qui m’est cher dans le Seigneur.
    Saluez Urbain, notre compagnon de travail dans le Christ,
et mon cher Stakys.
    Saluez-vous les uns les autres
par un baiser de paix.
Toutes les Églises du Christ vous saluent.
    Moi aussi, Tertius, à qui cette lettre a été dictée,
je vous salue dans le Seigneur.
    Gaïus vous salue,
lui qui me donne l’hospitalité, à moi et à toute l’Église.
Éraste, le trésorier de la ville,
et notre frère Quartus vous saluent.

    À Celui qui peut vous rendre forts
selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ :
révélation d’un mystère
gardé depuis toujours dans le silence,
    mystère maintenant manifesté
au moyen des écrits prophétiques,
selon l’ordre du Dieu éternel,
mystère porté à la connaissance de toutes les nations
pour les amener à l’obéissance de la foi,
    à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ,
à lui la gloire pour les siècles. Amen.

            – Parole du Seigneur.

Psaume 144 (145), 2-3, 4-5, 10-11)

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

D’âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 16, 9-15)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
    Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
    Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
    Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
    Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

    Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens,
eux qui aimaient l’argent,
tournaient Jésus en dérision.
    Il leur dit alors :
« Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes
aux yeux des gens,
mais Dieu connaît vos cœurs ;
en effet, ce qui est prestigieux pour les gens
est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

L’argent est un moyen efficace d’échange, inventé par les hommes, pour faciliter la vie économique, c'est-à-dire le partage des biens au sein d’une même société. Mais si ce moyen - qui n’est ni bon ni mauvais en soi, mais simplement utilitaire – devient un absolu, s’il est érigé en idole, il nous aliène de notre véritable finalité.

La convivialité sociale est pour chacun de nous le lieu où nous sommes invités à incarner notre foi dans un style de vie qui exprime la finalité surnaturelle de l’existence humaine. Sur l’horizon de la vie éternelle, la gestion de l’argent sur cette terre n’est qu’une « toute petite affaire », dans laquelle nous avons à nous montrer « digne de la confiance » que Dieu nous fait. Cet argent en effet ne nous est que « confié » ; il n’est pas notre bien à nous – c'est-à-dire ce qui peut nous combler - mais un « bien étranger » auquel nous devons éviter de nous attacher, afin de ne pas être privés du « bien véritable » qui nous est destiné.

L’argent, nous enseigne Jésus, est essentiellement un moyen de partage ; il devrait être un instrument au service de la charité fraternelle. En dehors de cet usage, il est toujours « trompeur » et devient aliénant ; car en nous attachant à lui, nous devenons esclaves du moyen qui nous était donné pour l’édification de la famille humaine dans la solidarité. C’est pourquoi « ce qui est prestigieux chez les hommes, est une chose abominable aux yeux de Dieu », car il perçoit, lui, derrière le miroir aux alouettes, le filet caché prêt à s’abattre sur ses enfants. Ce qu’on attend d’un serviteur, c’est qu’il soit « fidèle », c'est-à-dire cohérent jusqu’au bout avec ses engagements. Par sa foi, le croyant s’est « attaché » au Seigneur Jésus et s’est engagé à marcher dans ses traces. Comme lui il a tout misé sur le Royaume de Dieu son Père ; aussi « détestera-t-il » tout ce qui pourrait le détourner de cette finalité, en particulier l’argent et ce qu’il symbolise à la fois d’attachement à cette terre, et de « mépris » pour les biens du Règne à venir.

Cet enseignement n’est pas facile à entendre ; il provoque sans aucun doute bien des résistances, des « oui, mais… » dans nos cœurs inquiets devant une telle exigence. Pourtant ce n’est qu’en nous engageant résolument dans la dimension du partage, que nous permettrons au Seigneur de nous libérer de notre peur de manquer. Seule la confiance en la Providence peut nous ouvrir à notre responsabilité face à l’argent et nous faire découvrir qu’il peut être un instrument extraordinaire au service de la charité concrète. « Dieu subviendra magnifiquement à tous nos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus » nous dit St Paul. Prenons appui sur cette Parole ; unissons-nous à la confiance de l’Apôtre, et prenons autorité dans la force de l’Esprit sur toutes nos peurs. Soyons « dignes de confiance avec l’Argent trompeur » en ce monde, afin de nous voir confier dans l’autre « notre bien véritable ».

Seigneur donne-nous cette liberté intérieure de pouvoir disposer des biens de ce monde conformément aux exigences de ton Evangile de charité. Tu nous reconnaitras alors comme tes enfants, et c’est “en Esprit et vérité” que nous pourrons te prier : “Notre Père, que ton Règne vienne”.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande»

Aujourd'hui, Jésus parle de nouveau avec autorité: il use d'un «Je vous le dis» qui a une force particulière, celle d'une doctrine nouvelle. «Dieu veut que tous les hommes se sauvent et parviennent à la connaissance de la vérité» (cf. 1Tm 2,4). Dieu nous veut saints et nous montre aujourd'hui quelques points nécessaires pour atteindre la sainteté et être en possession du "vrai": la fidélité dans les petites choses, l'authenticité et le fait de ne pas perdre de vue que Dieu connaît nos cœurs.

La fidélité dans les petites choses est à notre portée. Nos journées sont réglées selon ce que nous appelons "la normalité": le même travail, les mêmes personnes, des pratiques de piété, la même famille… C'est dans ces réalités ordinaires que nous devons nous réaliser comme personnes et croître en sainteté. «Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande» (Lc 16,10). Il faut tout bien faire, avec une intention droite, avec le désir de plaire à Dieu notre Père; faire les choses par amour a une grande valeur et nous prépare à recevoir "le vrai". Comme saint Josémaria l'exprimait bien! «As-tu vu comment ils ont construit cet édifice imposant? -Une brique, puis l'autre. Des milliers. Mais une à une. -Et des sacs de ciment, un par un. Et des pierres de taille: peu, par rapport à l'ensemble. -Et des morceaux de fer. -Et de ouvriers qui travaillent, jour après jour, le même nombre d'heures… As-tu vu comment ils ont construit cet édifice imposant? -À force de petites choses!».

Un bon examen de conscience chaque soir nous aidera à vivre avec droiture d'intention et à ne perdre jamais oublier que Dieu voit tout, même les pensées les plus cachées, ainsi que nous l'apprenons dans le catéchisme, et que l'important est de plaire en tout à Dieu, notre Père, que nous devons servir par amour, en tenant compte de ce que «aucun domestique ne peut servir deux maîtres: ou bien il détestera le premier, et aimera le second; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second» (Lc 16,13). Ne jamais oublier: «Dieu seul est Dieu» (Benoît XVI).

Abbé Joaquim FORTUNY i Vizcarro (Cunit, Tarragona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur Jésus, en commençant ce temps de prière, je me dis que je suis un peu dans la même situation que les apôtres après l’Ascension. Je ne peux te voir physiquement. Je t’aime de tout mon cœur, mais pourtant je n’ai jamais vu la couleur de tes yeux. Saint Jean, lors de la pêche miraculeuse au bord du lac de Tibériade, après la Résurrection (cf. Jn 21), me donne l’exemple. « C’est le Seigneur ! ». Jésus, aide-moi à te reconnaître là où tu es présent. À m’exclamer avec saint Jean lorsque j’entre dans une église, lorsque je rencontre une difficulté, lorsque je m’émerveille devant ta création, ou devant une bonne action. Seigneur, au début de cette méditation, je veux me recueillir et reconnaître ta présence dans mon cœur : m’exclamer : c’est Jésus, c’est le Seigneur !

Demande

Jésus, l’essentiel sur cette terre est de te glorifier, t’aimer et de faire que le plus grand nombre de personnes t’aiment, aimer les hommes tes enfants et mes frères, et chercher à faire que règne ton royaume d’amour entre chacun de nous. Jésus, donne-moi la grâce de ne jamais perdre de vue ce but.

Points de réflexion

1. « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête (…) »
Cette phrase du Christ est bien étrange. Il semble nous inviter à nous servir de quelque chose qu’il dit lui-même être malhonnête pour arriver à la récompense qu’il nous promet : la vie éternelle. Pourtant si souvent, nous utilisons « l’argent malhonnête » à toutes sortes de fins sauf celle de parvenir à l’éternité.
Saint Ignace avait une expression latine pour désigner le rapport que nous devrions avoir avec les créatures : tantum… quantum…, ce qui pourrait être traduit par autant… que…, ou dans la mesure où… Il explique que dans la vie chrétienne tout ce qui n’est pas Dieu, tout ce qui n’est pas le Créateur, est créature et doit être utilisé dans la mesure où cela nous mène vers Dieu. Utiliser les créatures autant que l’on voudra, et même le plus possible, tant qu’on les utilise pour aller vers Dieu, tant qu’elles nous mènent à Dieu. Le temps que Dieu nous donne doit être mis à profit pour nous rapprocher de Dieu. Les choses matérielles, telles que la voiture, les vêtements, l’ordinateur, … ne doivent pas nous distraire de notre chemin vers Dieu.

2. « (…) afin que ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. »
Et il en est de même pour les amitiés. Suis-je prêt à mettre Dieu à la première place dans ma vie ? Tout le reste me conduit-il à lui ? Suis-je prêt à renoncer à ces amis qui, par leurs conversations, par leur compagnie, m’éloignent de Dieu ? Mon mari, mon épouse m’aident-ils à arriver à Dieu ? Que fais-je pour aider mon épouse, mon mari pour se rapprocher de Dieu ? Écoutons les paroles de saint François de Sales au sujet des mauvaises amitiés : « L’amour tient le premier rang entre les passions de l’âme : c’est le roi de tous les mouvements du cœur, il convertit tout le reste à soi et nous rend tels que ce qu’il aime. Prenez donc bien garde, ma Philothée, de n’en point avoir de mauvais, car tout aussitôt vous seriez toute mauvaise. » (Introduction à la vie dévote III, 17).

3. « Ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »
Comme les choses prennent une perspective différente lorsque nous les contemplons ainsi, en gardant bien en vue le but de notre vie chrétienne ! D’où cette phrase de l’Évangile d’aujourd’hui, citée au début de ce paragraphe. Saint Ignace la résumait ainsi : « Quid est hoc ad aeternitatem ? », qu’est-ce que cela face à l’éternité ? Si, souvent, nos soucis, nos préoccupations nous retiennent sur terre, nous empêchent de nous envoler vers Dieu, si, souvent, nous nous attachons tellement aux choses de ce monde que nous ne pouvons arriver à Dieu : aller voir le match de foot est plus important pour nous que d’aller à la messe, préférer passer un moment avec mes amis au lieu de rendre visite à ma grand-mère souffrante, perdre mon temps devant une série télévisée, etc. Au contraire, servons-nous des créatures pour arriver à Dieu.

Dialogue avec le Christ

Avec saint Martin de Tours, dont c’est la fête aujourd’hui, redisons à Dieu qu’il a la première place dans notre vie : « Ils sont durs, Seigneur, les combats qu'il faut livrer dans son corps pour ton service ; et j'ai assez de luttes que j'ai soutenues jusqu'ici. Mais si tu m'ordonnes de peiner encore pour monter la garde devant ton camp, je ne refuse pas, je n'alléguerai pas pour excuse l'épuisement de l'âge. Je me dévouerai à la tâche que tu m'imposeras : sous les étendards, aussi longtemps que tu l'ordonneras toi-même, je servirai. Sans doute un vieillard souhaiterait un congé après une vie de labeur, mais l'âme est capable de vaincre les années et saura ne pas céder à la vieillesse. »

Résolution

Prier une dizaine de chapelet à Marie, lui réservant un moment de ma journée au lieu de le garder pour moi-même, et lui demander la grâce de toujours rester attaché au Seigneur par-dessus tout.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire."

 

Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Pour fêter Saint Martin de Tours, l’Eglise nous remet devant la tendresse miséricordieuse de Dieu, qui en Jésus Christ, s’est fait proche des petits et des pauvres. Jésus nous redit tout son amour pour ces petits auxquels il s’est identifié. Nous sommes interpellés dans notre agir quotidien à propos de la charité que nous voulons vivre, jour après jour. Jésus est là dans la réalisation ordinaire de cette charité. Nous aurions beau avoir de belles pensées sur la vie chrétienne, nous pourrions avoir une grande intelligence de la foi, Jésus attend ce service du pauvre, de l’humble et petit. Nous contemplons Jésus qui rencontre le lépreux, le paralytique, qui se met au service du plus petit. Au soir du jeudi Saint, il a lavé les pieds de ses disciples. C’est en aimant la miséricorde, en faisons ce qui est bon, que nous marchons humblement avec le Dieu si présent dans le quotidien et qui nous appelle à le servir. C’est alors nous que nous reconnaissons que nous sommes dans une grande pauvreté, que nous avons besoin les uns des autres.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” C’est en contemplant Jésus que nous pouvons le reconnaitre ; il est celui qui s’approche de chacun, il est celui qui réalise ce grand et beau programme de l’amour de l’autre, qui réalise cette charité concrète. En réalisant l’accueil et le service du Pauvre dans ce qui lui est nécessaire, c’est Dieu lui-même que nous rencontrons, c’est Dieu lui-même que nous découvrons. C’est Dieu lui-même que nous admirons dans le petit, le pauvre, l’exclu, l’étranger, le malade et celui qui est en prison ! Saint Martin qui donne la moitié de son manteau au mendiant ne se regarde pas, c’est alors qu’il s’aperçoit que Jésus est vraiment présent dans ce pauvre. Dieu est présent dans le pauvre, il est présent dans cet l’accueil que je fais de l’autre, il est présent en moi et c’est là qu’il m’attend !

"Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. » Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » C’est une révolution que Jésus opère et pas tant une nécessité morale. Ce n’est pas tant une conséquence de la vie chrétienne, c’est le cœur de notre vie chrétienne. Je rencontre Dieu dans la figure du petit, du pauvre, je suis véritablement proche de lui, de l’amour, où Dieu n’est pas tant celui qui m’invite à servir, mais celui qui m’attend dans le geste simple et quotidien. Le service du pauvre et du petit est donc le cadeau que Dieu me fait pour le rencontrer, le lieu où il me donne sa grâce. Que l’Esprit Saint nous permette aujourd’hui de grandir dans le désir de rencontrer Jésus qui s’est fait petit enfant, qui a accepté d’être l’agonisant crucifié par amour pour nous, pour nous rejoindre dans son Amour immense. C’est ainsi que désormais, c’est un tel bonheur de servir le Dieu vivant ! Ceux qui font du bien ne s’en rendent pas compte car Dieu a mis dans notre cœur un grand amour. Si nous laissons surgir cet amour, la grâce rejoint ceux que Dieu met sur notre route, "Jésus vivant" au milieu de nous.

Nous demandons la grâce de retrouver la simplicité de l’Evangile, un jaillissement d’amour au cœur de notre vie.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Aucun domestique ne peut servir deux maîtres »

      Vouloir mettre son espoir et sa confiance en des biens passagers, c'est vouloir poser des fondations dans une eau courante. Tout passe ; Dieu demeure. S'attacher au transitoire c'est se détacher du permanent. Qui donc, emporté par les tourbillons agités d'un rapide, peut demeurer fixe à sa place dans ce torrent bouillonnant ? Si donc on veut refuser d'être emporté par le courant, il faut fuir tout ce qui coule ; sinon l'objet de notre amour nous contraindra à en arriver à ce que l'on veut précisément éviter. Celui qui s'accroche à des biens transitoires sera sûrement entraîné là où dérivent ces choses auxquelles il s'accroche.

      La première chose à faire donc est de se garder d'aimer les biens matériels ; la seconde, de ne pas mettre toute sa confiance dans ceux de ces biens qui nous sont confiés pour en user et non pour en jouir. L'âme attachée à des biens qui ne font que passer perd très vite sa propre stabilité. Le courant de la vie actuelle entraîne celui qu'il porte, et c'est une illusion folle, pour celui qu'emporte ce courant de vouloir s'y tenir debout.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Commentaire moral du livre de Job, 34 (trad. Soleil Levant 1964 rev.)

http://levangileauquotidien.org


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org