Évangile et Homélie du Vend 24 Nov 2017: Entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs

Lectures de la messe

Première lecture (1 M 4, 36-37.52-59)

Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,
    Judas et ses frères déclarèrent :
« Voilà nos ennemis écrasés,
montons purifier le Lieu saint
et en faire la dédicace. »
    Toute l’armée se rassembla,
et ils montèrent à la montagne de Sion.
    Le vingt-cinquième jour du neuvième mois,
de grand matin,
    les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi
sur le nouvel autel qu’ils avaient construit.
    On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes,
au son des cithares, des harpes et des cymbales.
C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané.
    Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer,
puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.
    Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel,
en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes,
des sacrifices de communion et d’action de grâce.
    Ils ornèrent la façade du Temple
de couronnes d’or et de boucliers,
ils en restaurèrent les entrées et les salles
et y replacèrent des portes.
    Il y eut une grande allégresse dans le peuple,
et l’humiliation infligée par les païens fut effacée.
    Judas Maccabée décida,
avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël,
que l’anniversaire de la dédicace de l’autel
serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date,
dans la joie et l’allégresse.

            – Parole du Seigneur.

Cantique

(1 Ch 29, 10, 11abc, 11de-12a, 12bcd)

R/ Nous voici pour célébrer
l'éclat de ton nom, Seigneur !
(cf. 1 Ch 29, 13)

Béni sois-tu, Seigneur,
Dieu de notre père Israël,
depuis les siècles et pour les siècles !

À toi, Seigneur, force et grandeur,
éclat, victoire, majesté,
tout, dans les cieux et sur la terre !

À toi, Seigneur, le règne,
la primauté sur l’univers :
la richesse et la gloire viennent de ta face !

C’est toi, le Maître de tout :
dans ta main, force et puissance ;
tout, par ta main, grandit et s’affermit.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 19, 45-48)

En ce temps-là,
    entré dans le Temple,
Jésus se mit à en expulser les vendeurs.
Il leur déclarait :
    « Il est écrit :
Ma maison sera une maison de prière.
Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
    Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner.
Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables,
cherchaient à le faire mourir,
    mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ;
en effet, le peuple tout entier,
suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Jésus arrive enfin au Temple, but de son voyage. Il entre dans ce Haut-lieu dont il vient d’annoncer la destruction ainsi que de la Ville sainte. L’instant est solennel ; le Seigneur accomplit la prophétie de Malachie : « Voici que vient tout à coup en son Temple le dominateur que vous désirez et l’ange de l’alliance dont vous avez tant souhaité la venue » (Mal 3,1). Hélas, Jérusalem n’a pas « reconnu celui qui aurait pu lui donner la paix » (Lc 19, 41) ; aussi la suite de la prophétie est-elle lourde de menaces : « Qui pourra supporter le jour où il viendra, qui pourra résister à sa manifestation ? Car il est semblable au feu du fondeur et à la potasse des foulons » (Mal 3,2).

 

Ce bâtiment somptueux à la gloire d’Hérode le Grand, cette construction faite de mains d’hommes, et de mains couvertes de sang, a besoin d’être lavée, purifiée, restituée à sa fonction sacrée. Rutilante d’or sur la façade, mais pleine de cupidité dans les salles transformées en marchés, la Demeure de Dieu est devenue une « caverne de bandits », alors qu’elle devrait être un lieu réservé exclusivement à la prière et à l’adoration. Elle est vaine l’oblation que les prêtres y offrent tout le jour ; aussi Notre-Seigneur met-il fin aux sacrifices en « expulsant les marchands » qui pourvoyaient aux animaux pour les holocaustes. Ce n’est pas le sang des taureaux ou des brebis qui purifie notre conscience de son péché, mais l’adhésion à la Parole de miséricorde que le Père nous a envoyée, et qui résonne désormais dans sa Maison pour le salut de ceux qui croient : « il était chaque jour dans le Temple pour enseigner, et le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres ». Avant qu’il ne soit détruit, le Temple connaît son apogée, son heure de gloire ; une gloire invisible aux yeux de chair, mais aux yeux de la foi, c’est le Messie qui enseigne dans le lieu préparé pour l’accueillir.

 

Tout enfant, Jésus avait déjà désigné le Temple comme sa demeure : « Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Lc 2,49) ; maintenant c’est en tant qu’adulte qu’il vient y accomplir son ministère filial. En ce temps-là les docteurs étaient « stupéfaits de l’intelligence et des réponses » de l’adolescent qui les interrogeaient ; le jeune homme les intriguait, sans plus : il ne représentait pas pour eux une menace. Aujourd’hui leur réaction est mue par d’autres mobiles : ce Rabbi est devenu un rival qui conteste leur pouvoir ; aussi « cherchent-ils à le faire mourir ».

 

C’est précisément parce que « les chefs des prêtres, les scribes et les notables » n’ont pas su reconnaître le temps de la visite de celui pour qui cette Maison était construite, que, devenue inutile, elle sera détruite. Désormais elle est remplacée par un Temple vivant, non fait de mains d’hommes : le Christ ressuscité, et ceux qui, par la foi, lui sont agrégés en un seul Corps, à la louange de gloire de Dieu le Père.

 

Seigneur Jésus, nous voulons t’accueillir comme notre Roi, notre unique Maître et notre Grand Prêtre, le seul qui soit capable dans l’Esprit de faire de nos vies une offrande agréable au Père. Que ta Parole chasse de nos cœurs toutes ces idoles qui ont pris si habilement ta place. Fais de nos cœurs une maison de prière, de paix et d’adoration où tu te plairas à venir demeurer.

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Ma maison sera une maison de prière»

Aujourd'hui, le geste de Jésus est prophétique. À la façon des anciens prophètes, Il réalise une action symbolique, pleine de sens pour l'avenir. En expulsant du temple les marchands qui vendaient les victimes destinées aux offrandes et en évoquant le fait que «la maison de Dieu sera une maison de prière» (Is 56,7), Jésus annonce la nouvelle situation qu'Il vient instaurer, où les sacrifices d'animaux n'ont plus leur place. Saint Jean définira le culte nouveau comme une «adoration du Père en esprit et en vérité» (Jn 4,24). La figure doit céder le pas à la réalité. Saint Thomas d'Aquin disait poétiquement: «Et antiquum documentum / novo cedat ritui» («Que l'Ancien Testament laisse la place au Nouveau»).

Le Rite Nouveau, c'est la parole de Jésus. Aussi saint Luc a-t-il uni à la scène de la purification du temple, une présentation de Jésus prêchant là chaque jour. Le culte nouveau est centré sur la prière et l'écoute de la Parole de Dieu. Mais en réalité, le centre du centre de l'institution chrétienne est la personne vivante de Jésus Lui-même, qui offre sa chair et répand son sang sur la croix et nous les donne dans l'Eucharistie. Saint Thomas le dit aussi avec élégance: «Recumbens cum fratribus (…) se dat suis manibus» («Assis à table avec ses frères (…) il se donne de ses propres mains»).

Dans le Nouveau Testament inauguré par Jésus les bœufs et les vendeurs d'agneaux ne sont plus nécessaires. Tout comme, «le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres» (Lc 19,48), nous ne devons pas aller au temple pour immoler des victimes, mais pour recevoir Jésus, le véritable agneau immolé pour nous une fois pour toutes (cf. He 7,27), et unir notre vie à la sienne.

Abbé Josep LAPLANA OSB Moine de Montserrat
(Montserrat, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

 

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

 

Prière d'introduction

 

Nous sommes facilement tournés vers le facile, le rapide et le superficiel. Ces trois mots évoquent la fragilité de nos réflexions et de nos actes. Et là, le Seigneur ne pourrait-il pas comparer notre cœur à une « caverne de bandits » ?

 

Demande

 

Seigneur, apprends-moi à me détacher du superficiel qui ne se laisse pas guider par la vérité et la charité. Accorde-moi d’accepter la purification que tu veux réaliser au plus profond de moi-même pour que je puisse découvrir ou redécouvrir la vie intérieure qui te plaira.

 

Points de réflexion

 

1. « Entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. »
Lorsque je veux commencer à te parler, mon esprit est submergé par les distractions, les difficultés matérielles et temporelles à régler, les soucis du quotidien ou les contacts avec tel ou tel de mes proches. Pensées et réflexions qui ne sont autres que « mes marchands du Temple ». La lecture de cet Évangile me permet de te voir entrer dans ton Temple, accompagné de tes apôtres et de tes disciples, venant rencontrer le Père et se recueillir dans le silence.

 

2. « Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Seigneur tu m’as façonné un cœur où tu veux que nous nous rencontrions. Toi, Seigneur, quand tu avais 12 ans, tu étais resté au Temple pour « être aux affaires de ton Père ». Quand tu veux venir dans « mon » Temple au moment de ma prière, tu y trouves tous ces marchands qui s’affairent à des tractations commerciales, ces changeurs de monnaies où mes offrandes ne sont pas toujours exemptes de marchandages. Au Temple de Jérusalem il y avait un espace, l’atrium des païens, réservé aux différentes tractations où même les païens étaient admis, mais sans entrer dans le Temple lui-même. Là, arrivé à cette entrée, tu as chassé tous ces marchands et changeurs de monnaies. Seigneur, je sais que tu vas m’aider à retrouver calme et sérénité pour aller vers toi et que tu vas chasser toutes ces distractions sans grand intérêt.

 

3. « Il était tout le jour dans le Temple à enseigner. »
Là, tu étais chez toi et ni les grands prêtres, ni les scribes, ni les gens notables ne pouvaient t’expulser. Les complots et les intrigues demeuraient sans suite. Tu retenais l’attention de ceux qui voulaient t’écouter et te suivre et rien ne pouvait les troubler. Seigneur je sais que je peux avoir confiance en toi et que tu es prêt à écouter ma prière et à l’exaucer si elle est véridique et authentique.

 

Dialogue avec le Christ

 

Là, dans le temple, tu avais fait face à l’avidité et à l’idolâtrie et tu avais fait appel au prophète Isaïe pour que ce Temple reste une maison de prière et non une caverne de bandits. Eux, Seigneur, ce jour-là, ne cherchaient pas à dialoguer avec le Père en parlant avec toi. Mais, aujourd’hui, Seigneur, moi, c’est ce que je voudrais faire avec toi.

 

Résolution

 

Chercher à ne pas laisser les bandits envahir mon espace de temps et de lieu, chasser la médiocrité et la tiédeur, pour rester éveillé sous le regard du Seigneur.

 

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

 

http://www.regnumchristi.fr


 


 

 

Entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs.

 

 

 

Jésus est scandalisé en ayant sous les yeux le marchandage qui se fait dans le temple de Jérusalem. Il est profondément affecté de ce repaire de brigands ! « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi, » disait déjà le prophète. Nous savons tous, par expérience, que dans notre vie chrétienne, les dangers d’appropriation du Don de Dieu sont réels. Le projet de Dieu est contesté, alors il n’oriente plus dans la vérité notre vécu communautaire, familial. Notre maison doit devenir la maison de prière de Jésus, une maison de prière pour tous, pour que nous y portions, dans le silence, le souci de la mission de l’Église. La communauté chrétienne est le lieu d’une perpétuelle conversion. C’est là ou travaille l’Esprit Saint qui la rajeunit sans cesse. Si nos pas sont illuminés par l’Esprit Saint, consolés par lui, nous n’avons pas de difficultés à être fervents malgré les épreuves et la nuit de la foi. Sous le souffle de l’Esprit Saint, tout ce qui ne va pas de soi verra la lumière. Mais, comme dans la première alliance, le rite peut devenir très extérieur à notre vie, il nous faut réagir car le marchandage n’est pas loin. La conversion permanente est une grande grâce. Si elle n’est pas là, la situation peut se dégrader grandement !

 

Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » C’est là que l’on rend un culte à Dieu. Le grand prêtre, les lévites et les pharisiens ont pourvu à tout, pour les sacrifices : il y a des bœufs, des moutons, il y a le change de l’argent, on peut tout y faire ! Ce constat est celui de tous les temps, il est toujours valable. Il est aussi valable pour nous, jusqu’à ce que Jésus revienne : « Quand je reviendrai, est-ce que je trouverai encore la foi sur terre ? » L’engagement de Dieu perdure et se renforce dans la nouvelle Alliance. C’est dans le Christ que toute l’humanité rencontre Dieu, c’est par le Christ que montent vers Dieu toutes les prières et toutes les offrandes. Nous sommes le temple de Dieu qui n’est pas fait de main d’hommes. Chaque communauté est le lieu d’où montent louanges et sacrifices, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde. » Nous sommes appelés à devenir l’accueil de Dieu, le lieu où Dieu œuvre pour l’unité et le salut de l’humanité. Le Corps du Christ ressuscité est en effet pour tous les hommes, le lieu de Dieu.

 

Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait. Jésus, en expulsant tout ce qui prenait la place du culte véritable, redonne à Dieu sa place, et le Peuple de Dieu entre en jubilation. Nous ne retrouverons jamais l’adoration si nous ne commençons pas à chasser le marchandage du Temple dans notre vie. « Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. » Jésus veut expulser de chez nous tout ce qui n’est pas d’abord « adoration en esprit et en vérité. » Par le fait même, il enlève tout ce qui n’est pas amour du Dieu véritable. Il s’agit d’une conversion dans sa racine qui est l’adoration du Dieu vivant. Chacun pour sa part, en son corps et en son cœur, devient la maison de prière du Dieu de miséricorde. Chacun, uni à la prière du Christ, Fils de Dieu, exerce au nom de toute l’humanité la fonction de prière de l’Église Epouse. Nous sommes conviés au rassemblement universel de toute l’humanité dans l’unique Corps du Christ. Toute la communauté, à partir des pierres vivantes que nous sommes, « grandit en un temple saint, dans le mystère du Seigneur Jésus. » La Parole de Dieu est si vraie : « cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît. »

 

Nous demandons la grâce d’entendre cette parole et d’entrer dans le mystère de Jésus qui nous sauve.

 

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

« Ma maison sera une maison de prière » (Is 56,7)

 

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
de t'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,
à toi, Père très bon, Dieu éternel et tout-puissant.

Dans ta bonté pour ton peuple,
tu veux habiter cette maison de prière,
afin que ta grâce toujours offerte
fasse de nous un temple de l'Esprit (1Co 3,16)
resplendissant de ta sainteté.
De jour en jour, tu sanctifies l'Épouse du Christ,
l'Église dont nos églises d'ici-bas sont l'image,
jusqu'au jour où elle entrera dans la gloire du ciel,
heureuse de t'avoir donné tant d'enfants.

C'est pourquoi, avec les anges et tous les saints,
nous chantons et proclamons : Saint ! Saint ! Saint !...

 

Commentaire du jour
Le Missel romain
Préface de la fête de la dédicace d'une église

http://levangileauquotidien.org

 


 


 


 


 


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

 

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Évangile et Homélie du Sam 11 Nov 2017. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent

 

 


Samedi 11 novembre 2017

Le samedi de la 31e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Martin, évêque de Tours (v. 316-397), St Théodore le Studite, higoumène († 826)


Lectures de la messe

Première lecture (Rm 16, 3-9.16.22-27)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    saluez de ma part Prisca et Aquilas,
mes compagnons de travail en Jésus Christ,
            eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ;
je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant,
toutes les Églises des nations le sont aussi.
    Saluez l’Église qui se rassemble dans leur maison.
Saluez mon cher Épénète,
qui fut le premier à croire au Christ dans la province d’Asie.
    Saluez Marie, qui s’est donné beaucoup de peine pour vous.
    Saluez Andronicos et Junias qui sont de ma parenté.
Ils furent mes compagnons de captivité.
Ce sont des apôtres bien connus ;
ils ont même appartenu au Christ avant moi.
    Saluez Ampliatus, qui m’est cher dans le Seigneur.
    Saluez Urbain, notre compagnon de travail dans le Christ,
et mon cher Stakys.
    Saluez-vous les uns les autres
par un baiser de paix.
Toutes les Églises du Christ vous saluent.
    Moi aussi, Tertius, à qui cette lettre a été dictée,
je vous salue dans le Seigneur.
    Gaïus vous salue,
lui qui me donne l’hospitalité, à moi et à toute l’Église.
Éraste, le trésorier de la ville,
et notre frère Quartus vous saluent.

    À Celui qui peut vous rendre forts
selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ :
révélation d’un mystère
gardé depuis toujours dans le silence,
    mystère maintenant manifesté
au moyen des écrits prophétiques,
selon l’ordre du Dieu éternel,
mystère porté à la connaissance de toutes les nations
pour les amener à l’obéissance de la foi,
    à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ,
à lui la gloire pour les siècles. Amen.

            – Parole du Seigneur.

Psaume 144 (145), 2-3, 4-5, 10-11)

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

D’âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 16, 9-15)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
    Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
    Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
    Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
    Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

    Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens,
eux qui aimaient l’argent,
tournaient Jésus en dérision.
    Il leur dit alors :
« Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes
aux yeux des gens,
mais Dieu connaît vos cœurs ;
en effet, ce qui est prestigieux pour les gens
est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

L’argent est un moyen efficace d’échange, inventé par les hommes, pour faciliter la vie économique, c'est-à-dire le partage des biens au sein d’une même société. Mais si ce moyen - qui n’est ni bon ni mauvais en soi, mais simplement utilitaire – devient un absolu, s’il est érigé en idole, il nous aliène de notre véritable finalité.

La convivialité sociale est pour chacun de nous le lieu où nous sommes invités à incarner notre foi dans un style de vie qui exprime la finalité surnaturelle de l’existence humaine. Sur l’horizon de la vie éternelle, la gestion de l’argent sur cette terre n’est qu’une « toute petite affaire », dans laquelle nous avons à nous montrer « digne de la confiance » que Dieu nous fait. Cet argent en effet ne nous est que « confié » ; il n’est pas notre bien à nous – c'est-à-dire ce qui peut nous combler - mais un « bien étranger » auquel nous devons éviter de nous attacher, afin de ne pas être privés du « bien véritable » qui nous est destiné.

L’argent, nous enseigne Jésus, est essentiellement un moyen de partage ; il devrait être un instrument au service de la charité fraternelle. En dehors de cet usage, il est toujours « trompeur » et devient aliénant ; car en nous attachant à lui, nous devenons esclaves du moyen qui nous était donné pour l’édification de la famille humaine dans la solidarité. C’est pourquoi « ce qui est prestigieux chez les hommes, est une chose abominable aux yeux de Dieu », car il perçoit, lui, derrière le miroir aux alouettes, le filet caché prêt à s’abattre sur ses enfants. Ce qu’on attend d’un serviteur, c’est qu’il soit « fidèle », c'est-à-dire cohérent jusqu’au bout avec ses engagements. Par sa foi, le croyant s’est « attaché » au Seigneur Jésus et s’est engagé à marcher dans ses traces. Comme lui il a tout misé sur le Royaume de Dieu son Père ; aussi « détestera-t-il » tout ce qui pourrait le détourner de cette finalité, en particulier l’argent et ce qu’il symbolise à la fois d’attachement à cette terre, et de « mépris » pour les biens du Règne à venir.

Cet enseignement n’est pas facile à entendre ; il provoque sans aucun doute bien des résistances, des « oui, mais… » dans nos cœurs inquiets devant une telle exigence. Pourtant ce n’est qu’en nous engageant résolument dans la dimension du partage, que nous permettrons au Seigneur de nous libérer de notre peur de manquer. Seule la confiance en la Providence peut nous ouvrir à notre responsabilité face à l’argent et nous faire découvrir qu’il peut être un instrument extraordinaire au service de la charité concrète. « Dieu subviendra magnifiquement à tous nos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus » nous dit St Paul. Prenons appui sur cette Parole ; unissons-nous à la confiance de l’Apôtre, et prenons autorité dans la force de l’Esprit sur toutes nos peurs. Soyons « dignes de confiance avec l’Argent trompeur » en ce monde, afin de nous voir confier dans l’autre « notre bien véritable ».

Seigneur donne-nous cette liberté intérieure de pouvoir disposer des biens de ce monde conformément aux exigences de ton Evangile de charité. Tu nous reconnaitras alors comme tes enfants, et c’est “en Esprit et vérité” que nous pourrons te prier : “Notre Père, que ton Règne vienne”.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande»

Aujourd'hui, Jésus parle de nouveau avec autorité: il use d'un «Je vous le dis» qui a une force particulière, celle d'une doctrine nouvelle. «Dieu veut que tous les hommes se sauvent et parviennent à la connaissance de la vérité» (cf. 1Tm 2,4). Dieu nous veut saints et nous montre aujourd'hui quelques points nécessaires pour atteindre la sainteté et être en possession du "vrai": la fidélité dans les petites choses, l'authenticité et le fait de ne pas perdre de vue que Dieu connaît nos cœurs.

La fidélité dans les petites choses est à notre portée. Nos journées sont réglées selon ce que nous appelons "la normalité": le même travail, les mêmes personnes, des pratiques de piété, la même famille… C'est dans ces réalités ordinaires que nous devons nous réaliser comme personnes et croître en sainteté. «Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande» (Lc 16,10). Il faut tout bien faire, avec une intention droite, avec le désir de plaire à Dieu notre Père; faire les choses par amour a une grande valeur et nous prépare à recevoir "le vrai". Comme saint Josémaria l'exprimait bien! «As-tu vu comment ils ont construit cet édifice imposant? -Une brique, puis l'autre. Des milliers. Mais une à une. -Et des sacs de ciment, un par un. Et des pierres de taille: peu, par rapport à l'ensemble. -Et des morceaux de fer. -Et de ouvriers qui travaillent, jour après jour, le même nombre d'heures… As-tu vu comment ils ont construit cet édifice imposant? -À force de petites choses!».

Un bon examen de conscience chaque soir nous aidera à vivre avec droiture d'intention et à ne perdre jamais oublier que Dieu voit tout, même les pensées les plus cachées, ainsi que nous l'apprenons dans le catéchisme, et que l'important est de plaire en tout à Dieu, notre Père, que nous devons servir par amour, en tenant compte de ce que «aucun domestique ne peut servir deux maîtres: ou bien il détestera le premier, et aimera le second; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second» (Lc 16,13). Ne jamais oublier: «Dieu seul est Dieu» (Benoît XVI).

Abbé Joaquim FORTUNY i Vizcarro (Cunit, Tarragona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur Jésus, en commençant ce temps de prière, je me dis que je suis un peu dans la même situation que les apôtres après l’Ascension. Je ne peux te voir physiquement. Je t’aime de tout mon cœur, mais pourtant je n’ai jamais vu la couleur de tes yeux. Saint Jean, lors de la pêche miraculeuse au bord du lac de Tibériade, après la Résurrection (cf. Jn 21), me donne l’exemple. « C’est le Seigneur ! ». Jésus, aide-moi à te reconnaître là où tu es présent. À m’exclamer avec saint Jean lorsque j’entre dans une église, lorsque je rencontre une difficulté, lorsque je m’émerveille devant ta création, ou devant une bonne action. Seigneur, au début de cette méditation, je veux me recueillir et reconnaître ta présence dans mon cœur : m’exclamer : c’est Jésus, c’est le Seigneur !

Demande

Jésus, l’essentiel sur cette terre est de te glorifier, t’aimer et de faire que le plus grand nombre de personnes t’aiment, aimer les hommes tes enfants et mes frères, et chercher à faire que règne ton royaume d’amour entre chacun de nous. Jésus, donne-moi la grâce de ne jamais perdre de vue ce but.

Points de réflexion

1. « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête (…) »
Cette phrase du Christ est bien étrange. Il semble nous inviter à nous servir de quelque chose qu’il dit lui-même être malhonnête pour arriver à la récompense qu’il nous promet : la vie éternelle. Pourtant si souvent, nous utilisons « l’argent malhonnête » à toutes sortes de fins sauf celle de parvenir à l’éternité.
Saint Ignace avait une expression latine pour désigner le rapport que nous devrions avoir avec les créatures : tantum… quantum…, ce qui pourrait être traduit par autant… que…, ou dans la mesure où… Il explique que dans la vie chrétienne tout ce qui n’est pas Dieu, tout ce qui n’est pas le Créateur, est créature et doit être utilisé dans la mesure où cela nous mène vers Dieu. Utiliser les créatures autant que l’on voudra, et même le plus possible, tant qu’on les utilise pour aller vers Dieu, tant qu’elles nous mènent à Dieu. Le temps que Dieu nous donne doit être mis à profit pour nous rapprocher de Dieu. Les choses matérielles, telles que la voiture, les vêtements, l’ordinateur, … ne doivent pas nous distraire de notre chemin vers Dieu.

2. « (…) afin que ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. »
Et il en est de même pour les amitiés. Suis-je prêt à mettre Dieu à la première place dans ma vie ? Tout le reste me conduit-il à lui ? Suis-je prêt à renoncer à ces amis qui, par leurs conversations, par leur compagnie, m’éloignent de Dieu ? Mon mari, mon épouse m’aident-ils à arriver à Dieu ? Que fais-je pour aider mon épouse, mon mari pour se rapprocher de Dieu ? Écoutons les paroles de saint François de Sales au sujet des mauvaises amitiés : « L’amour tient le premier rang entre les passions de l’âme : c’est le roi de tous les mouvements du cœur, il convertit tout le reste à soi et nous rend tels que ce qu’il aime. Prenez donc bien garde, ma Philothée, de n’en point avoir de mauvais, car tout aussitôt vous seriez toute mauvaise. » (Introduction à la vie dévote III, 17).

3. « Ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »
Comme les choses prennent une perspective différente lorsque nous les contemplons ainsi, en gardant bien en vue le but de notre vie chrétienne ! D’où cette phrase de l’Évangile d’aujourd’hui, citée au début de ce paragraphe. Saint Ignace la résumait ainsi : « Quid est hoc ad aeternitatem ? », qu’est-ce que cela face à l’éternité ? Si, souvent, nos soucis, nos préoccupations nous retiennent sur terre, nous empêchent de nous envoler vers Dieu, si, souvent, nous nous attachons tellement aux choses de ce monde que nous ne pouvons arriver à Dieu : aller voir le match de foot est plus important pour nous que d’aller à la messe, préférer passer un moment avec mes amis au lieu de rendre visite à ma grand-mère souffrante, perdre mon temps devant une série télévisée, etc. Au contraire, servons-nous des créatures pour arriver à Dieu.

Dialogue avec le Christ

Avec saint Martin de Tours, dont c’est la fête aujourd’hui, redisons à Dieu qu’il a la première place dans notre vie : « Ils sont durs, Seigneur, les combats qu'il faut livrer dans son corps pour ton service ; et j'ai assez de luttes que j'ai soutenues jusqu'ici. Mais si tu m'ordonnes de peiner encore pour monter la garde devant ton camp, je ne refuse pas, je n'alléguerai pas pour excuse l'épuisement de l'âge. Je me dévouerai à la tâche que tu m'imposeras : sous les étendards, aussi longtemps que tu l'ordonneras toi-même, je servirai. Sans doute un vieillard souhaiterait un congé après une vie de labeur, mais l'âme est capable de vaincre les années et saura ne pas céder à la vieillesse. »

Résolution

Prier une dizaine de chapelet à Marie, lui réservant un moment de ma journée au lieu de le garder pour moi-même, et lui demander la grâce de toujours rester attaché au Seigneur par-dessus tout.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire."

 

Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Pour fêter Saint Martin de Tours, l’Eglise nous remet devant la tendresse miséricordieuse de Dieu, qui en Jésus Christ, s’est fait proche des petits et des pauvres. Jésus nous redit tout son amour pour ces petits auxquels il s’est identifié. Nous sommes interpellés dans notre agir quotidien à propos de la charité que nous voulons vivre, jour après jour. Jésus est là dans la réalisation ordinaire de cette charité. Nous aurions beau avoir de belles pensées sur la vie chrétienne, nous pourrions avoir une grande intelligence de la foi, Jésus attend ce service du pauvre, de l’humble et petit. Nous contemplons Jésus qui rencontre le lépreux, le paralytique, qui se met au service du plus petit. Au soir du jeudi Saint, il a lavé les pieds de ses disciples. C’est en aimant la miséricorde, en faisons ce qui est bon, que nous marchons humblement avec le Dieu si présent dans le quotidien et qui nous appelle à le servir. C’est alors nous que nous reconnaissons que nous sommes dans une grande pauvreté, que nous avons besoin les uns des autres.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” C’est en contemplant Jésus que nous pouvons le reconnaitre ; il est celui qui s’approche de chacun, il est celui qui réalise ce grand et beau programme de l’amour de l’autre, qui réalise cette charité concrète. En réalisant l’accueil et le service du Pauvre dans ce qui lui est nécessaire, c’est Dieu lui-même que nous rencontrons, c’est Dieu lui-même que nous découvrons. C’est Dieu lui-même que nous admirons dans le petit, le pauvre, l’exclu, l’étranger, le malade et celui qui est en prison ! Saint Martin qui donne la moitié de son manteau au mendiant ne se regarde pas, c’est alors qu’il s’aperçoit que Jésus est vraiment présent dans ce pauvre. Dieu est présent dans le pauvre, il est présent dans cet l’accueil que je fais de l’autre, il est présent en moi et c’est là qu’il m’attend !

"Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. » Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » C’est une révolution que Jésus opère et pas tant une nécessité morale. Ce n’est pas tant une conséquence de la vie chrétienne, c’est le cœur de notre vie chrétienne. Je rencontre Dieu dans la figure du petit, du pauvre, je suis véritablement proche de lui, de l’amour, où Dieu n’est pas tant celui qui m’invite à servir, mais celui qui m’attend dans le geste simple et quotidien. Le service du pauvre et du petit est donc le cadeau que Dieu me fait pour le rencontrer, le lieu où il me donne sa grâce. Que l’Esprit Saint nous permette aujourd’hui de grandir dans le désir de rencontrer Jésus qui s’est fait petit enfant, qui a accepté d’être l’agonisant crucifié par amour pour nous, pour nous rejoindre dans son Amour immense. C’est ainsi que désormais, c’est un tel bonheur de servir le Dieu vivant ! Ceux qui font du bien ne s’en rendent pas compte car Dieu a mis dans notre cœur un grand amour. Si nous laissons surgir cet amour, la grâce rejoint ceux que Dieu met sur notre route, "Jésus vivant" au milieu de nous.

Nous demandons la grâce de retrouver la simplicité de l’Evangile, un jaillissement d’amour au cœur de notre vie.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Aucun domestique ne peut servir deux maîtres »

      Vouloir mettre son espoir et sa confiance en des biens passagers, c'est vouloir poser des fondations dans une eau courante. Tout passe ; Dieu demeure. S'attacher au transitoire c'est se détacher du permanent. Qui donc, emporté par les tourbillons agités d'un rapide, peut demeurer fixe à sa place dans ce torrent bouillonnant ? Si donc on veut refuser d'être emporté par le courant, il faut fuir tout ce qui coule ; sinon l'objet de notre amour nous contraindra à en arriver à ce que l'on veut précisément éviter. Celui qui s'accroche à des biens transitoires sera sûrement entraîné là où dérivent ces choses auxquelles il s'accroche.

      La première chose à faire donc est de se garder d'aimer les biens matériels ; la seconde, de ne pas mettre toute sa confiance dans ceux de ces biens qui nous sont confiés pour en user et non pour en jouir. L'âme attachée à des biens qui ne font que passer perd très vite sa propre stabilité. Le courant de la vie actuelle entraîne celui qu'il porte, et c'est une illusion folle, pour celui qu'emporte ce courant de vouloir s'y tenir debout.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Commentaire moral du livre de Job, 34 (trad. Soleil Levant 1964 rev.)

http://levangileauquotidien.org


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

 

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Évangile et Homélie du Dim 05 Nov 2017. N’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas


Dimanche 05 novembre 2017

Nous sommes dans le 31ème dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Guido Maria Conforti, évêque et fondateur (1865-1931), BBx Vinçens (Kolë) Prennushi et 37 compagnons, martyrs


Lectures de la messe

Première lecture

Lecture du livre du prophète Malachie (Ml 1, 14b – 2, 2b.8-10)

Je suis un grand roi – dit le Seigneur de l’univers –,
et mon nom inspire la crainte parmi les nations.

    Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement :
    Si vous n’écoutez pas,
si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom
– dit le Seigneur de l’univers –,
j’enverrai sur vous la malédiction,
je maudirai les bénédictions que vous prononcerez.
Vous vous êtes écartés de la route,
vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude,
vous avez détruit mon alliance avec mon serviteur Lévi,
– dit le Seigneur de l’univers.
À mon tour je vous ai méprisés,
abaissés devant tout le peuple,
puisque vous n’avez pas gardé mes chemins,
mais agi avec partialité dans l’application de la Loi.
Et nous, n’avons-nous pas tous un seul Père ?
N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ?
Pourquoi nous trahir les uns les autres,
profanant ainsi l’Alliance de nos pères ?

    – Parole du Seigneur.

Psaume  130 (131), 1, 2, 3

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais.

Deuxième lecture (1 Th 2, 7b-9.13)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens

Frères,
    nous avons été pleins de douceur avec vous,
comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.
    Ayant pour vous une telle affection,
nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu,
mais jusqu’à nos propres vies,
car vous nous étiez devenus très chers.
    Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues :
c’est en travaillant nuit et jour,
pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous,
que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu.
    Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu :
quand vous avez reçu la parole de Dieu
que nous vous faisions entendre,
vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement,
non pas une parole d’hommes,
mais la parole de Dieu
qui est à l’œuvre en vous, les croyants.

    – Parole du Seigneur.


Évangile (Mt 23, 1-12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
    et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens enseignent
dans la chaire de Moïse.
    Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
    Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
    Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
    ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
    et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
    Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
    Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
    Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
    Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
    Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

L'Evangile de ce dimanche nous incite à regarder l’attitude de Jésus. Regardons Jésus. Commence t-il par un discours sur la morale ? Non, jamais. Jésus ne commence jamais par la morale, dans l’Évangile ; il commence par l’humilité.

Jésus a commencé toute sa mission par l’humilité de Nazareth… L’humilité et le silence. Il n’a rien dit au monde en entrant dans le monde… Aucune parole, d’abord l’humilité… Certes, Jésus est le Maître, le Maître par excellence. Mais le Maître au fardeau léger. Parce que son cœur est doux et humble, son fardeau est léger.

Que révèle cette humilité de Jésus ? Cette humilité de Jésus nous révèle le Père. Jésus ne prend jamais la place de son Père. Il ne conduit jamais à soi-seul. Il ne séduit pas, au sens étymologique où on conduit à soi, il ne séduit pas. Il conduit toujours au-delà de soi, il est le Chemin vers le Père. «Vous m’appelez Maître et Seigneur», dit-il aux disciples le soir du Jeudi Saint, «et vous avez raison». Il ne nie en rien sa dignité, son titre de Maître : «Vous avez raison, car je le suis». Mais regardons, que fait ce Maître ? Il s’humilie, il se met à genoux devant les hommes et leur lave les pieds. Il révèle un Dieu à genoux, et alors s’éclaire le vrai visage du Père. À partir de cette humilité fondamentale de son être, Jésus agit. Et son action est tellement marquée par cette humilité, par cette relation vis-à-vis de son Père,  par cette attitude filiale, que son action est parole, est révélation, en tous ses gestes, du visage du Père. Et c’est seulement après, comme en troisième position : après cette attitude fondamentale d’humilité, après cette action, cette parole en actes, c’est seulement après que Jésus explique, qu’il dit, qu’il dit ce qu’il faut faire. «C’est un exemple que je vous ai montré afin que comme j’ai fait pour vous, vous fassiez vous aussi les uns pour les autres.»  La loi, oui, elle est bien là, mais une fois qu’on a été transpercé, fasciné, par l’humilité de Jésus Christ, par ce qu’il nous révèle du visage du Père.

Il faut que le monde puisse contempler l’humilité du Seigneur Jésus,  alors il voudra bien obéir à Jésus. Regardez le Saint pape Jean-Paul II ! Comme le monde a pu contempler l’humilité de Dieu à travers lui, à travers cet homme qui, à la stupéfaction de tous, s’est abaissé pour baiser le sol des pays où il entrait. Cet homme, ce  pauvre qui n’a pas caché sa faiblesse. Oui, le monde a pu pressentir quelque chose du visage de Jésus, à travers cette attitude d’humilité. Et remarquez le fruit ! Des millions d’hommes, des millions de femmes, des vieux et des jeunes, si nombreux ont pu écouter ensuite la loi de Dieu. La loi de Dieu dite avec tant de force et de courage par cet homme humble.

Voilà que le Seigneur nous dit aujourd’hui : Commence par te laisser façonner par ma présence, par mon humilité, moi qui suis le Seigneur, laisse-toi toucher par ma manière d’être. (C’est la prière aussi qui nous permet cette familiarité.) Et alors, tu n’auras peut-être même pas besoin de parler. Ta vie de plus en plus habitée par la mienne sera une Parole. Et quand il te faudra parler, rappeler à temps et à contre temps les droits de Dieu, les droits de chacun et chacune, alors tu seras écouté, parce qu’on reconnaîtra la voix humble, la voix de Jésus.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé»

Aujourd'hui, Jésus nous dresse un portrait des notables d'Israël (les pharisiens, les maîtres de la Loi…). Ils vivent dans une situation superficielle, ils ne sont qu'apparence: «Ils font toutes leurs œuvres pour être vus par les hommes» (Mt 23,5). Et, de plus, en tombant dans l'incohérence «parce qu'ils disent et ne font pas» (Mt 23,3), ils se rendent esclaves de leur propre tromperie en cherchant seulement l'approbation ou l'admiration des hommes. Leur consistance en dépend. Ils ne sont eux-mêmes que vanité pathétique, orgueil absurde, vide… sottise.

Depuis les prémices de l'humanité c'est toujours la tentation la plus fréquente ; le vieux serpent continue à susurrer à nos oreilles «Le jour où vous en mangerez [le fruit de l'arbre qui se trouve au milieu du jardin], vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, vous connaîtrez le bien et le mal» (Gn 3,5). Et nous continuons à tomber dans la tentation, nous nous faisons appeler "rabbin", "père" et "guides"… et tant d'autres qualificatifs pompeux. Nous voulons trop souvent occuper une place qui n'est pas la nôtre. C'est l'attitude des pharisiens.

Les disciples de Jésus ne doivent pas être ainsi, bien au contraire: «Le plus grand d'entre vous sera votre serviteur» (Mt 23,11). Et de même que nous avons un Père unique, ce sont tous des frères. Comme toujours, l'Evangile nous dit clairement que nous ne pouvons pas séparer la dimension verticale (le Père) de l'horizontale (la nôtre) ou, comme je l'expliquais dimanche dernier, «tu aimeras le Seigneur, ton Dieu (…). Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Mt 22,37.39).

Toute la liturgie de la Parole de ce dimanche est imprégnée de la tendresse et de l'exigence de la filiation et de la fraternité. Les paroles de Saint Jean résonnent facilement dans nos cœurs: «Si quelqu'un dit: "J'aime Dieu", et qu'il déteste son frère, c'est un menteur» (1Jn 4,20). La nouvelle évangélisation —qui est de plus en plus urgente— requiert de nous fidélité, confiance et sincérité envers la vocation que nous avons reçue avec le baptême. Si nous nous comportons ainsi, «le chemin de la vie : abondance de plaisirs devant ta face, délices pour toujours à ta droite» (Psaumes 16,11) s'illuminera pour nous.

Abbé Miquel PLANAS i Buñuel (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Père, je te rends grâce pour ton Fils, Jésus-Christ et te demande de raviver dans mon cœur la flamme de ton Esprit, pour que je puisse aimer et me mettre au service des autres. Au nom du Père…

Demande

Seigneur, aide-moi à être exigeant avec moi-même et bon avec les autres, apprends-moi à regarder le cœur et non pas les apparences.

Points de réflexion

1. Les hommes de notre temps crient au scandale lorsqu’ils voient les pires atrocités commises au nom de Dieu. Se servir de Dieu tout en affirmant qu’on sert Dieu à des fins personnelles n’est pas un phénomène nouveau. Dans la première lecture, le prophète Malachie critique de manière dure les prêtres hébreux : « Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude ». Dans l’Évangile Jésus adresse aussi des critiques sévères aux scribes et aux pharisiens. Pour eux la religion consistait en titres et pratiques extérieures. Ce n’est pas la doctrine qui est mauvaise, mais l’incohérence entre la propre vie et l’enseignement de Dieu.

2. Le chemin de notre conversion passe par un retour continuel à l’essence de l’Évangile : Jésus. Nous sommes invités à nous demander continuellement de quelle manière nous imitons Jésus ici et maintenant, dans les circonstances actuelles de notre vie. Jésus est venu pour servir son Père et tous les hommes, il a abandonné les privilèges de sa condition divine pour partager notre fragilité humaine. Est-ce que je vis dans une attitude de service, don de moi-même à Dieu et à mes frères à l’exemple de Jésus ? Est-ce que je sers Dieu ou je me sers de Dieu pour justifier et faire peser sur mes frères mes jugements, mes critiques et mon manque d’amour ? La foi n’est pas une question de dignité, de pratiquer pour être le plus grand, celui qui enseigne les autres. La foi en Jésus n’incite pas à la domination, au combat à mort pour la première place. La foi chrétienne nous pousse au service, à l’exercice souverain de notre liberté qui nous rend capable de prendre la dernière place par amour.

3. Dans la deuxième lecture, saint Paul nous montre un exemple de cette transformation intérieure. Lui, l’apôtre du Christ, l’homme de Dieu, n’arrive pas à la communauté avec des prétentions particulières en réclamant les privilèges de sa condition d’apôtre : « C’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu. » Saint Paul arrive à la communauté pour se mettre au service et montrer à travers son attitude la douceur de Dieu à l’égard de son peuple. Saint Paul avait entendu la parole du Christ : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. » Nous le savons aussi : le vrai pouvoir, c’est le service.

Dialogue avec le Christ

Jésus, aide-moi à vivre dans une attitude de service et d’exigence personnelle par amour de ton nom. Que je ne sois pas le juge inique de la pratique de mes frères, mais un exemple joyeux qui aide les autres à s’approcher de Dieu. Donne-moi, Seigneur, la force et le courage pour être un Simon de Cyrène qui porte les faiblesses de mes frères au lieu de les charger de mon jugement sans pitié. Donne-moi, Seigneur, un cœur miséricordieux.

Résolution

Offrir un acte de fidélité et de cohérence avec ma foi pour tous ceux qui souffrent du désaccord actuel entre leur vie et l’Évangile du Christ.

Père Roger Villegas, LC

http://www.regnumchristi.fr



 

"Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le."

Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. A Jérusalem, nous sommes dans une atmosphère lourde de conflits entre Jésus, les scribes et les Pharisiens. Jésus sait qu’il va à sa Passion et que ses disciples seront bientôt seuls. Un nouveau style de vie doit se constituer entre eux pour qu’ils puissent être fidèles à la nouveauté de Jésus. Ils auront à s’ouvrir au Royaume des Cieux. Trouver un nouvel art de vivre ensemble s’impose, de nouveaux rapports entre les croyants en Jésus sont à découvrir. Si nous voulons entrer dans la nouveauté de la Vie de Jésus, il nous faut retrouver la fidélité à son Père. Jésus est scandalisé par l’attitude des scribes et les pharisiens qui se sont assis dans la chaire de Moïse. Là, ils sont revêtus d’autorité et de prestige ! Les petites gens crédules se laissent prendre par cet « extérieur, » ils sont perdus à cause de cette hypocrisie. Ce divorce entre le dire et le faire est désastreux ! C’est la caricature de la Vérité du Dieu qui « dit et cela fut. » Il reste cependant une parole qui continue à dire un message sur Dieu ! Le nouveau rapport que propose Jésus est celui de fraternité. Elle naît à partir de la liberté de chacun et d’une manière nouvelle de se rapporter les uns aux autres.

"Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Jésus démasque le « paraître » qui se déploie dans ces manières de vivre, de parler et d’agir. La chaire de Moïse est fermée, elle est occupée par de la publication, par le fait que l’action soit vue. Jésus annonce une tout autre manière basée sur le secret d’une intériorité, d’un Amour qui se transmet par la limpidité de la vie en accord avec le message d’Amour annoncé. La chaire de Moïse devait normalement être vide. Elle signifiait, par là, cette volonté pour le Peuple Juif de se livrer à la Parole reçue au-delà de ceux qui pouvaient la transmettre ou l’interpréter. Cette place vide renvoyait au surgissement toujours possible du prophète rappelant ponctuellement chacun à sa finalité. Les scribes et les pharisiens s’arrogent donc une position qu’ils n’ont aucun droit à occuper. Ils se coupent et coupent les autres du surgissement de la Parole de Dieu. Quand à l’intériorité, la relation vivante avec le Dieu vivant, elle s’est éclipsée ! Jésus met en garde ses disciples :

"Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. Jésus rappelle ainsi le début du discours sur la Montagne qui a commencé par la proclamation des béatitudes. Tel un nouveau Moïse, à même le sol, Jésus était assis lui aussi lors de son enseignement. Il marchera ensuite avec ses disciples humblement, incarnant de tout son être ce qu’il a annoncé. Il nous faut laisser un espace vide entre ce qui est dit et celui qui le dit pour permettre à chacun de pouvoir faire silence, de pouvoir se situer lui-même, de pouvoir se déterminer. La tendance à être vus des hommes, à vouloir occuper les places d’honneur, signifient une incapacité à se tenir sur soi, dans le silence et la solitude, en intimité avec Celui qui nous fait vivre. La tentation est grande de se récupérer dans une extériorité où chacun reçoit de l’autre son identité dans un charivari de salutations. C’est toute la vie et l’action de Jésus qui est ici décrite ! Il sera le serviteur souffrant annoncé par Isaïe ! Humilié, il n’ouvrira pas la bouche. Abaissé, il nous donne le remède face à un tel mal. Mais la place à nouveau sera ouverte à l’action du Père de qui vient toute paternité : Vous, vous êtes tous frères. La fraternité et le respect de l’autre pourra enfin être réintroduit dans l’humanité.

Nous demandons la grâce d’écouter la Parole et de la mettre en pratique.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



«Ils disent et ne font pas»

      Le Seigneur nous avertit que les paroles flatteuses et les allures douces doivent être jugées aux fruits qu'elles produisent. Il nous faut donc apprécier quelqu'un, non pas tel qu'il se propose en paroles mais tel qu'il est réellement dans ses actes. Car bien souvent sous des dehors de brebis se dissimule une rage de loup (Mt 7,15). Et de même que les épines ne produisent pas de raisin ni les ronces de figues..., ainsi, nous dit Jésus, ce n'est pas en ces belles paroles que consiste la réalité des bonnes œuvres ; tous les hommes doivent être jugés d'après leurs fruits (v. 16-18).

      Non, un service qui se limiterait à de belles paroles ne suffit pas pour obtenir le Royaume des cieux ; ce n'est pas celui qui dit : « Seigneur, Seigneur » qui en sera l'héritier (v. 21)... À quoi rimerait une sainteté qui se limiterait à l'invocation d'un nom, puisque le chemin du Royaume des cieux se trouve dans l'obéissance à la volonté de Dieu ?...

      Il faut donc y mettre du sien, si on veut parvenir à la béatitude éternelle. Il faut donner quelque chose de notre propre fonds : vouloir le bien, éviter le mal et obéir de tout cœur aux préceptes divins. Une telle attitude nous vaudra d'être reconnus par Dieu comme siens. Conformons donc nos actes à sa volonté au lieu de nous glorifier de sa puissance. Car il repoussera et rejettera ceux qui se seront détournés eux-mêmes de lui par l'injustice de leurs actes.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 6, 4-5 ; PL 9, 952-953 (trad. Orval rev.)

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