Évangile et Homélie du Me 28 Fév 2018. Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche

 


Nous sommes le mercredi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Auguste Chapdelaine, prêtre et martyr (1814-1856),  Bx Daniel Brottier, missionnaire spiritain (1876-1936)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 18, 18-20)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Mes ennemis ont dit :
« Allons, montons un complot contre Jérémie.
La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre,
ni le conseil, par manque de sage,
ni la parole, par manque de prophète.
Allons, attaquons-le par notre langue,
ne faisons pas attention à toutes ses paroles. »

Mais toi, Seigneur, fais attention à moi,
écoute ce que disent mes adversaires.
Comment peut-on rendre le mal pour le bien ?
Ils ont creusé une fosse pour me perdre.
Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence
pour te parler en leur faveur,
pour détourner d’eux ta colère.

– Parole du Seigneur.


 

Psaume 30 (31), 5-6, 14, 15-16

Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;
oui, c’est toi mon abri.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

J’entends les calomnies de la foule :
de tous côtés c’est l’épouvante.
Ils ont tenu conseil contre moi,
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.


 

Évangile (Mt 20, 17-28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 17-28)

En ce temps-là,
Jésus, montant à Jérusalem,
prit à part les Douze disciples
et, en chemin, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem.
Le Fils de l’homme sera livré
aux grands prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort
et le livreront aux nations païennes
pour qu’elles se moquent de lui,
le flagellent et le crucifient ;
le troisième jour, il ressuscitera. »

Alors la mère des fils de Zébédée
s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit :
« Que veux-tu ? »
Elle répondit :
« Ordonne que mes deux fils que voici
siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
Jésus répondit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Ils lui disent :
« Nous le pouvons. »
Il leur dit :
« Ma coupe, vous la boirez ;
quant à siéger à ma droite et à ma gauche,
ce n’est pas à moi de l’accorder ;
il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu,
s’indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit :
« Vous le savez :
les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi :
celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier
sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi,
mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2018. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Vouloir être à la gauche et à la droite de quelqu’un est ambivalent. Est-ce vouloir siéger à des places d’honneur ou un désir d’intimité, de proximité, être au plus près possible ?

Jésus d’ailleurs ne s’y trompe pas. Il sait discerner, je dirai faire du tri dans cette demande, il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié car il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur. Et c’est pourquoi il ne leur fait pas de reproche. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire.

Sa réponse, on peut la comprendre ainsi:

Vous avez raison de vouloir être au plus proche de moi, votre désir de proximité d’intimité, ce désir de m’aimer, mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Voulez-vous m’aimez dans tous les jours de votre vie, dans les bons moments et aussi quand ce sera plus difficile. Autrement dit pouvez-vous et voulez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant aux jours de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ?

Admirons comment Jésus aime dans la délicatesse de ce dialogue : accueillir le meilleur du désir et le purifier. La réponse finale de Jean et de Jacques : « Oui, nous le pouvons ». Personne n’est exclu de cette réponse. Nous aussi nous le pouvons. Depuis notre baptême, nous sommes à la droite et à la gauche du Christ, nous sommes plongé-es en Lui, il a fait de nous sa demeure. A chaque Eucharistie nous avons part à sa coupe. Mais aussi nous le pouvons aussi en écoutant son enseignement sur le service.  Boire à la coupe, c’est aussi se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination pour que chacun, chacune soit serviteur de tous.

Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand-e, oui d’être  premier-e. Mais c’est l’ambition d’être premier-e dans le don. Il y a bien de l’ambition mais pas à la manière habituelle. Oui, nous pouvons boire à la coupe en vivant toute fonction, toute charge, tout travail, toute responsabilité comme un service.  Pour cela Il nous faut regarder le Christ. Il n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon.  

Ce mot peut nous arrêter et nous scandaliser ! Il ne faut pas le prendre au sens moderne du terme. Car alors on tombe dans une fausse image de Dieu. La racine hébraïque de ce mot c’est le verbe délier, libérer. Il faudrait mieux traduire : donner sa vie pour nous libérer. Jésus en donnant sa vie pour nous sur la croix nous libère, en particulier de toutes nos  fausses images de Dieu.

Sur la croix, Dieu se livre et veut nous désarmer de toute peur. Le don de sa vie sur la croix, c’est l’extrême du don. C’est ce don que nous allons recevoir maintenant.

Homélies de Soeur Michèle


 


 

Tout en marchant, « Jésus prend à part les Douze » pour les avertir de ce qu’ils auront à affronter à Jérusalem. Avec un réalisme émouvant, Notre-Seigneur leur expose le sort qui l’attend dans la Ville Sainte, mais aussi le triomphe de Pâques au troisième jour. La mère de Jacques et de Jean, pensant sans doute que dans cet aparté avec ses proches collaborateurs, Jésus préparait les structures du gouvernement qu’il mettrait bientôt en place, profite de l’occasion pour présenter la candidature de ses deux fils. Il est probable que cette femme faisait partie du groupe de celles qui suivaient le Maître, pourvoyant à ses besoins ainsi qu’à ceux de ses apôtres ; mais on s’étonne néanmoins de la voir intervenir ainsi abruptement, poussant en avant ses deux garçons, qui ont pourtant largement dépassé l’âge d’avoir besoin du soutien de maman ! Qui est à l’origine de cette « manœuvre électorale », dont il serait étonnant qu’elle ait été improvisée : la mère a-t-elle monté la tête à ses deux fils, ou ceux-ci ont-ils eu recours à ses services pour lui faire exprimer la demande qui brûlait leurs lèvres mais qu’ils n’osaient formuler ? Quoi qu’il en soit, la situation révèle au grand jour l’abîme qui sépare les dispositions de cœur de Jésus et celles de son entourage.

Rien ne laisse supposer que les autres apôtres pensaient différemment : ils « s’indignèrent contre les deux frères », non pas en raison de la nature de la demande, mais …de les avoir devancés ! D’avoir osé demander explicitement des postes que chacun d’eux briguait secrètement. Il suffit pour s’en assurer de rapprocher notre récit d’un passage en Saint Luc : au terme d’une mission d’évangélisation, le même groupe arrive à Capharnaüm. « Une fois à la maison, Jésus leur demandait : “De quoi discutiez-vous en chemin ?” Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand » (Mc 9, 33-34). Cet échange fait également suite à une des annonces de la Passion. Autrement dit : les Douze refusent d’entendre ce que leur Maître va tenter par trois fois de leur faire comprendre quant aux événements dramatiques qui se préparent.

Cette attitude peut étonner, mais ne sommes-nous pas tous sourds de la même manière aux enseignements de Jésus ? Combien de fois ne lui demandons-nous pas de bénir des entreprises qui n’ont pas grand-chose à voir avec le Royaume, mais visent plutôt à l’accroissement de notre avoir, de notre gloire, ou même de notre pouvoir ? Toujours avec les meilleures raisons du monde bien sûr et protestant de la droiture de nos intentions. Mais si nous étions sincères, nous reconnaîtrions sans peine que ces demandes ne formulent pas le désir de l’Esprit sur nous, mais qu’elles sont dictées par nos ambitions humaines.

“Vous ne savez pas ce que vous demandez” : vous me demandez de vous accorder la gloire selon ce monde, alors que je m’apprête à ouvrir pour vous le chemin de la gloire du Royaume, à travers l’humiliation de la croix ». Je ne crois pas que nous soyons nombreux à avoir demandé cette dernière gloire, du moins selon la voie proposée par Jésus ! Nous voulons tous devenir saints, mais en évitant le passage étroit et pourtant incontournable de la Croix. La demande du disciple devrait être : « Seigneur, donne-moi le courage de ne pas fuir la coupe que tu me tends, mais de la saisir à pleine main, et de la boire résolument, dans la certitude que son amertume se changera en douceur, sa tristesse en joie, car c’est en “communiant à tes souffrances, en te devenant conforme dans ta mort, que nous parviendrons à ressusciter d’entre les morts”» (cf. Ph 3, 10-11).

Certes voilà un discours que nous n’aimons pas entendre ; pourtant il ne fait que nous placer devant la cohérence de notre choix baptismal. Jésus nous a avertis clairement : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se charge de sa croix chaque jour » (Lc 9, 23). Il pose à ses disciples des exigences morales qui exigent de « se renier soi-même » (Ibid.). La route qu’il nous promet est « étroite et resserrée », comparée à la voie « large et spacieuse » qui « mène à la perdition » (cf. Mt 7, 13-14). Nous connaissons tous ces versets, il nous arrive même de les citer ; mais les avons-nous réellement intégrés dans notre vie de foi ? Pourtant, seul celui qui garde les yeux fixés sur la Croix de notre Seigneur et Sauveur, pour y puiser la force de marcher délibérément à sa suite, est digne de porter le beau nom de « chrétien ».

Ce temps de carême nous est précisément donné pour revenir à l’essentiel et refaire les choix dont nous nous sommes peut-être insensiblement écartés sous l’influence de la mentalité ambiante. Quelles sont mes priorités ? Les finalités qui me mobilisent ? Me faire un nom, une place en ce monde, au besoin « en commandant en maître et en faisant sentir mon pouvoir », ou devenir le serviteur de tous dans la discrétion de la véritable humilité, ne cherchant rien d’autre que de donner ma vie, jour après jour, dans l’oubli de moi-même ?

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur»

Aujourd'hui l'Église —sous l'inspiration du Saint Esprit— nous propose en ce temps de Carême un texte dans lequel Jésus demande à ses disciples —à nous aussi, par conséquent— un changement de mentalité. Jésus, aujourd'hui, fait exploser les vues trop humaines et terrestres de ses disciples et leur ouvre un nouvel horizon de compréhension quant au style de vie de ceux qui le suivent.

Nos inclinations naturelles nous portent à dominer les choses et les personnes, à commander et à ordonner, pour qu'on fasse ce qui nous plait, pour que les gens nous reconnaissent un status, une position sociale. Eh bien, le chemin que Jésus nous propose est à l'opposé: «Quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave» (Mt 20,26-27). “Serviteur”, “esclave”: Nous ne pouvons en rester à l'énoncé de ces mots! Nous les avons entendu des centaines de fois, nous devons être capables d'entrer en contact avec la réalité qu'ils signifient et confronter cette réalité à nos attitudes et à nos comportements.

Le Concile Vatican II a affirmé que «l'homme acquiert sa plénitude à travers le service et le don désintéressé aux autres». Dans ce cas, il nous semble que nous donnons notre vie, alors qu'en vérité nous la trouvons. L'homme qui ne vit pas pour servir, ne sert pas pour vivre. Et pour cette manière de vivre, notre modèle est le Christ lui-même —l'homme pleinement homme— car «le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs» (Mt 20,28).

Être serviteur, esclave, exactement comme nous le demande Jésus, est impossible pour nous. C'est hors de portée de notre pauvre volonté: nous devons implorer, espérer et désirer intensément que ces dons nous soient concédés. Le Carême et ses pratiques —le jeûne, l'aumône et la prière— nous rappellent que pour recevoir ces dons nous devons nous y disposer dûment.

Abbé Francesc JORDANA i Soler
(Mirasol, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, au début de cette méditation, je veux me confier totalement à toi. Aide-moi à bien vivre cette période de Carême, que ce soit un moment particulier pour être plus près de toi et que ce soit aussi un moment pour renouveler mon amour. Enfin, demandons à Marie de nous aider à toujours être près de son Fils Jésus et remettons notre vie entre ses mains. Amen.

Demande

Jésus, toi qui es venu dans ce monde pour servir, aide-moi à suivre ton exemple.

Points de réflexion

1. « Le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres. »
La période de Carême est un moment propice pour se préparer au mystère de Pâques et la liturgie nous offre ce passage où Jésus annonce à ses disciples sa Passion. En effet, Jésus se dirige vers Jérusalem pour donner sa vie et il veut préparer ses apôtres. Mais, comme la première fois où il le leur avait annoncé après la Transfiguration, ceux-ci donnent l'impression de ne pas avoir compris ou même de ne pas avoir écouté.
Jésus leur dit qu'il va bientôt souffrir et eux pensent à la gloire qu'ils peuvent tirer d'être parmi les proches du Messie. Ils pensent encore à un Messie dont le royaume sera terrestre. On voit même la mère de Jacques et Jean venir pour demander les meilleures places à Jésus pour ses deux fils.
Ils veulent finalement la gloire sans la croix. Pourtant Jésus leur avait déjà dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16, 24) ou encore : « Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. » (Jn 15, 20)
On peut se demander à notre tour combien de fois, moi aussi, je cherche la gloire sans la croix. Je veux suivre Jésus mais sans exigence. Je veux être chrétien mais je refuse le sacrifice ou tout ce qui pourrait déranger mon confort personnel. Jésus nous invite donc à prendre notre croix chaque jour et à le suivre.

2. « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais servir. »
Les autres disciples qui, apparemment, n'avaient pas non plus fait attention aux paroles du Seigneur s'indignent car eux aussi voulaient les meilleures places auprès de Jésus une fois son Règne instauré. Mais voici que Jésus en profite pour enseigner une autre leçon à ses apôtres. Il leur explique que son Royaume est différent et que celui qui veut être le premier c'est celui qui se met au service des autres. Lui-même le Fils de Dieu, Créateur de toutes choses, est venu sur terre pour servir. Avant de mourir il leur donnera l'exemple suprême en leur lavant les pieds, tâche uniquement réservée aux esclaves.
Jésus, par ses actes, nous invite donc à suivre son exemple. Se mettre au service des autres est un moyen très concret d'imiter l'exemple du Christ. Parfois le Seigneur ne nous demande pas des choses impossibles, mais seulement d'être capables de servir nos frères au quotidien comme il le fait avec chacun de nous.
Que cette période de Carême soit pour chacun d'entre nous un moment pour renouveler notre amour pour le Christ en l'imitant dans le service envers les autres.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu nous aimes tellement que tu vas donner ta vie pour nous. Tu nous as aussi appris que celui qui veut être ton disciple doit renoncer à lui-même et accepter sa propre croix. Tu nous as donné l'exemple en te mettant à notre service puis en mourant sur une croix. Fais que, face à tant d'amour de ta part, je ne reste pas insensible et que je me mette au service de mes frères.

Résolution

Penser moins à moi aujourd'hui et être attentif au besoin des autres.

Frère Jean-Baptiste Ribes, LC

http://www.regnumchristi.fr



Montant alors à Jérusalem, Jésus prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera."

Jésus, vrai Dieu et vrai homme vit la montée vers Jérusalem de manière humaine et toute divine. Il n’y va pas seul, il associe ses disciples à son propre chemin. Jésus parle aux Douze disciples de ce qui va lui arriver. Il propose un chemin qui nous libère de la tentation du pouvoir. C’est lorsque notre faiblesse et notre fragilité ne sont pas gommées, qu’elles sont assumées. Le travail est tout intérieur, c’est un travail sur soi. Les deux frères sont libres de devenir ce qu’ils sont en vérité. Nos inclinations naturelles nous portent à dominer, à commander et à ordonner. La montée vers Jérusalem va opérer un changement de mentalité très fondamental chez les disciples. Si Jésus annonce que le chemin du Royaume est resserré, il ouvre une porte par laquelle nous pourrons sortir de l’enfermement et de la mort pour retrouver la vie. Le chemin de Jésus est un service, il est Vie. Jésus demande Douze disciples de faire disparaître leurs vues trop humaines sur le Salut qu’il vient opérer au milieu du monde. Il est le “Serviteur” de chacun de nous. Le Chemin de Jésus est notre chemin d’Amour. Par le Don de lui-même, il nous donne d’entrer en contact avec la réalité du serviteur.

"Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Jésus précise les conditions de son appel. Il nous donne de pouvoir aller à lui en créant un espace de liberté. Boire à la coupe est une évocation de la future coupe eucharistique. C’est une expression de la solidarité réciproque entre Jésus et ses disciples, une manifestation du chemin pascal que devra suivre le disciple à la suite de son maître. C’est un appel qui se manifeste dans le dialogue entre Jésus, les fils de Zébédée et leur mère. C’est eux qui demandent des places, avec insistance. La mère se prosterne, elle s’impose à Jésus mais, au bout du compte, il y a bien un appel dans le « pouvez-vous » que Jésus adresse aux deux frères. Chacun doit avancer dans son chemin en communion avec tous les autres. La mère des fils de Zébédée veut que ses fils entrent dans une plénitude de vie avec Jésus. Le service et le don désintéressé d’eux-mêmes relève de leur liberté. Jésus a présenté à ses disciples ce qui va lui arriver, sa Passion. Le suivre et témoigner de son Amour infini du Père pour l’humanité sera notre Mission. Jésus nous donnera la lumière et la force pour le suivre : Il répond aux disciples : "Soit, vous boirez à ma coupe" ! La Bonne Nouvelle est ainsi annoncée. Dans ce Corps du Christ, l’humanité souffre avec son Seigneur, elle prie en communion avec lui : « L’Epouse suit l’Agneau partout où Il va. »

« Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Le « oui » généreux de Jacques et de Jean va devenir un vrai oui que les dix suivront eux aussi. Jésus renonce à tout pouvoir sur ses disciples, il leur donne une parole libre. Il ouvre une nouvelle manière d’être ensemble, à partir de la parole échangée. Il donne à chacun d’éprouver son propre désir. Nous supplions le Père de miséricorde de donner l’Esprit Saint à tous ceux et celles qui vivent aujourd’hui la Passion de Jésus dans le monde. Jésus nous nourrit de l’Eucharistie, ainsi il nous prépare à la Passion qui arrive sans prévenir ! Le oui, de Jacques et de Jean, nous le disons à la suite de Jésus. C’est en lui que nous donnons notre vie en vérité, nous trouvons alors notre propre vie, pour le servir.

Nous demandons à l’Esprit Saint la grâce de suivre Jésus dans sa Passion d’Amour pour le Père et pour nous .

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Voici que nous montons à Jérusalem »

      Donne-toi à moi, mon Dieu, donne-toi toujours à moi... Nous nous reposons dans le don de ton Esprit ; là nous jouissons de toi, là est notre bien et notre repos. L'amour nous y élève, et ton Esprit qui est bon exalte notre bassesse, la retirant des portes de la mort (Ps 9,14). Dans la bonne volonté nous trouvons la paix.

      Un corps, de par son poids, tend vers son lieu propre ; le poids ne va pas nécessairement en bas, mais à son lieu propre. Le feu tend vers le haut, la pierre vers le bas..., chacun vers son propre lieu ; l'huile monte au-dessus de l'eau, l'eau descend sous l'huile. Si quelque chose n'est pas à sa place, elle est sans repos ; mais quand elle a trouvé sa place, elle reste en repos.

      Mon poids, c'est mon amour : c'est lui qui m'emporte, où qu'il m'emporte. Ton don nous enflamme et nous emporte en haut ; il nous embrase et nous partons... Ton feu, ton bon feu, nous fait brûler et nous allons, nous montons vers la paix de la Jérusalem céleste – car j'ai trouvé ma joie quand on m'a dit : « Allons dans la maison du Seigneur ! » (Ps 121,1) C'est là où la bonne volonté nous conduira pour être à notre place, là où nous ne désirerons rien de plus que d'y demeurer pour l'éternité.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord)

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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Évangile et Homélie du Ma 27 Fév 2018. Car ils [scribes et pharisiens] disent et ne font pas...

Nous sommes le mardi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Gabriel de l'Addolorata, acolyte c.p. (1838-1862),  Bse María Caridad Brader, religieuse et fond. († 1943) ,  St Grégoire de Narek, moine, docteur de l'église († v. 1005)


Lectures de la messe

Première lecture (Is 1, 10.16-20)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Écoutez la parole du Seigneur,
vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome !
Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu,
vous, peuple de Gomorrhe !
Lavez-vous, purifiez-vous,
ôtez de ma vue vos actions mauvaises,
cessez de faire le mal.
Apprenez à faire le bien :
recherchez le droit,
mettez au pas l’oppresseur,
rendez justice à l’orphelin,
défendez la cause de la veuve.

Venez, et discutons – dit le Seigneur.
Si vos péchés sont comme l’écarlate,
ils deviendront aussi blancs que neige.
S’ils sont rouges comme le vermillon,
ils deviendront comme de la laine.
Si vous consentez à m’obéir,
les bonnes choses du pays, vous les mangerez ;
mais si vous refusez, si vous vous obstinez,
c’est l’épée qui vous mangera.
– Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

– Parole du Seigneur.


Psaume 49 (50), 7ab.8, 13-14, 16bc- 17, 21abc.23ab

« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.

« Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?
Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.

« Qu’as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n’aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ?

« Voilà ce que tu fais ; garderai-je le silence ?
Penses-tu que je suis comme toi ?
Qui offre le sacrifice d’action de grâce,
celui-là me rend gloire. »


 

Évangile (Mt 23, 1-12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara :
« Les scribes et les pharisiens
enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter,
et ils en chargent les épaules des gens ;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens :
ils élargissent leurs phylactères
et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners,
les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ;
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner,
et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père,
car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres,
car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé,
qui s’abaissera sera élevé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2018. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Les scribes et les pharisiens agissent pour se faire remarquer des hommes. Leur enseignement pourrait être tout ce qu’il y a de plus orthodoxe, leur agir tout ce qu’il y a de plus ajusté aux préceptes de la Parole de Dieu, il n’en demeure pas moins qu’à la base, leur intention est fausse, tordue : ils agissent non pour leurs frères, encore moins pour Dieu mais pour eux-mêmes. En fait, dans tout ce qu’ils disent ou font ils ne s’adressent qu’à eux-mêmes.

Voilà ce que Jésus remet réellement en question ici et dont il veut préserver ses disciples, la foule, nous tous qui l’écoutons. Car ne nous mettons pas trop vite hors de portée des critiques que Jésus formule à l’égard des scribes et des pharisiens. Ecoutons plutôt les recommandations qu’il adresse dans la suite de cet évangile. Elles nous permettrons sans aucun doute comme aux scribes et aux pharisiens de corriger les intentions dévoyées qui animent si souvent notre dire ou notre faire.

« Ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ. » « Rabbi », « Père », « Maître » : trois manières de désigner l’Auteur de la Parole que les scribes et les pharisiens ont la charge de transmettre ; trois manières de le remettre à sa juste place, c’est-à-dire la première, dans le domaine de la Loi, de l’autorité et de la vérité. Jésus veut nous faire toucher du doigt ici que celui qui a la charge de porter la Parole de Dieu à ses frères doit avoir sans cesse à l’esprit l’objectif d’y renvoyer en s’effaçant toujours plus devant elle. De la Parole de Dieu, nul ne peut s’instaurer propriétaire. Ce serait se mettre au-dessus d’elle et donc au même niveau, voire au-dessus, de Celui qui en est l’Auteur…

Cette remise au centre de la Parole de Dieu et à travers elle, de Dieu lui-même, nous conduit alors à rétablir entre nous de justes relations de fraternité : « vous êtes tous frères ». C’est comme si toute relation privée de la présence de Dieu était inévitablement destinée à engloutir l’autre ou à se laisser absorber par lui. Lorsque l’enjeu de cette relation se trouverait être la transmission de cette même Parole nous atteindrions alors la perversion suprême : enfermer l’autre par la Parole qui doit le libérer.

Seigneur, préserve-nous de ce péril. Durant ce temps de carême, accorde-nous d’accueillir ta Parole dans un cœur humble et ajusté à toi. C’est là la condition pour conduire nos relations fraternelles à leur plénitude de vérité afin qu’elles puissent porter un fruit de vie : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur ; qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé ».

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«N'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas»


Aujourd'hui Jésus nous invite à rendre un témoignage de vie chrétienne par notre exemple, notre vie cohérente et la droiture de nos intentions. Le Seigneur, en parlant des maîtres de la Loi et des pharisiens, nous dit: «N'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas» (Mt 23,3). C'est une terrible accusation!

Nous avons tous fait l'expérience du mal et du scandale —désorientation des âmes— que cause le “contre-témoignage”, c'est-à-dire le mauvais exemple. D'un autre côté, nous nous rappelons tous du bien que nous ont fait les bons exemples que nous avons vu tout au long de nos vies. N'oublions pas qu'un bon exemple vaut mille explications. En définitive, «aujourd'hui plus que jamais, l'Eglise est consciente que son message social deviendra crédible par le témoignage des œuvres, plutôt que par leur cohérence et leur logique interne» (Jean-Paul II).

Une variété du mauvais exemple, particulièrement pernicieuse pour l'évangélisation, est le manque de cohérence de notre vie. Un apôtre du troisième millénaire, appelé à la sainteté au milieu de l'administration des affaires de ce monde, ne doit pas oublier que «seule la relation entre une vérité conséquente avec elle-même et son accomplissement dans notre vie peut faire briller cette évidence de la foi attendue par le cœur humain, ce n'est que par cette porte [de la cohérence] que l'Esprit entrera dans le monde» (Benoît XVI).

Finalement, Jésus se plaint de ceux qui «font toutes leurs actions pour être vus des hommes» (Mt 23,5). L'authenticité de notre vie d'apôtres du Christ réclame la droiture d'intention. Nous devons surtout agir par amour de Dieu, pour la gloire du Père. C'est ce que nous pouvons lire dans le Catéchisme de l'Église: «Dieu a tout créé pour l'homme, mais l'homme fut créé pour servir et aimer Dieu et pour lui offrir la création tout entière». Voilà notre grandeur: servir Dieu comme ses enfants!

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, c’est à toi que nous adressons notre prière. Nous voulons te rencontrer dans un cœur à cœur, comme un enfant s’entretient avec son père. En Jésus-Christ notre Seigneur nous sommes tes fils bien-aimés, nous n’avons rien à feindre ni à te cacher.

Demande

« C'est le péché qui parle au cœur de l'impie ; ses yeux ne voient pas que Dieu est terrible. Il se voit d'un œil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute ; il n'a que ruse et fraude à la bouche, il a perdu le sens du bien. » (Ps 35, 2-3). Ne permets pas, Seigneur, que notre religiosité se dénature dans l’endurcissement de notre cœur.

Points de réflexion

1. La chaire de Moïse représente pour le judaïsme l’autorité religieuse et morale suprême du peuple de Dieu. Paradoxalement, ceux qui y assoient leur autorité ne la respectent pas eux-mêmes : « ils disent et ne font pas ». De fait, l’autorité divine sur son peuple ne s’enracine pas dans son expression créée, mais dans son auteur, la Sagesse éternelle du Père qui établit la charte d’Alliance. Jésus transforme pour nous l’observance impersonnelle de la Loi en la grâce de la rencontre, « car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » (Jn 1, 17)
Où en suis-je de ma relation avec le Christ ?

2. « Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens. »
Non seulement Jésus dénonce l’hypocrisie des dignitaires de son époque, mais il met en garde devant l’errance de l’âme dont le regard se borne à un horizon mondain, de vaine gloire et sans transcendance.
Cela nous dit quelque chose de la prière et nous pose aussi à nous la question : ma prière élève-t-elle mon âme à un niveau surnaturel de relation avec Dieu, la détachant des intérêts de ce monde ? Ou alors est-elle enchaînée dans une série de raisonnements spirituellement stériles ?

3. « Ne vous faites pas donner le titre de Rabbi. »
L’état de vie ou la notoriété de certains chrétiens (prélat de l’Église, leader charismatique) peut représenter pour d’autres l’objet de conquête ou de convoitise qui faussent l’Évangile et en chassent l’Esprit, celui qui procède du Père et du Fils.
Celui qui porte une responsabilité dans le sein de l’Église occupe une position très délicate, car dans sa fonction de « représentant » du Christ Jésus, il risque de faire écran au Seigneur lui-même ; il court le péril, malgré lui, d’usurper les droits d’auteur et d’abuser de son autorité spirituelle, au lieu d’accompagner le chemin de sanctification des chrétiens, dont Dieu seul est Maître.

Dialogue avec le Christ

Mon Seigneur Jésus-Christ, tu as donné ta vie pour nous conduire sur le chemin de sainteté et de vie éternelle. Je te remercie d’avoir démasqué dans notre comportement humain tout esprit de la chair qui tente de se superposer à l’action de la grâce. Par le don de ton Esprit Saint et par ton Sang versé sur la croix, je veux laisser la vie me purifier de toute insincérité et grandir dans l’amour. Amen.

Résolution

Je vais rendre un humble service sans attirer l’attention.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas."

A Jérusalem, dans une atmosphère de conflits, Jésus combat les attitudes religieuses hypocrites de ceux qui disent et ne font pas car elles font des ravages auprès des petits et des pauvres qui ne comprennent pas. Le climat est tendu entre les scribes, les pharisiens, et Jésus. Il leur fait remarquer que leur vie n’est pas en accord avec leurs paroles. Jésus démasque une attitude religieuse qui peut porter à confusion. Ils disent et ne font pas, en oubliant que Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun. Jésus a mangé plusieurs fois à la table de ces dignitaires. La conversion est toujours possible, pour tous, Jésus dénonce les pièges de l’autoritarisme. Etre très attachés à la loi de Moïse nous rend très estimables. Vu de l’extérieur, je peux paraître un homme juste et raisonnable, mais à l’intérieur les sentiments de discorde et de ténèbres envahissent mon cœur. Jésus sait qu’il va vers sa Passion et que ses disciples seront bientôt seuls. Ses disciples doivent être fidèles au message qu’il instaure et qu’ils auront à transmettre. Il faut vivre de nouveaux rapports entre les croyants pour s’ouvrir au Royaume des Cieux. Nous devons nous disposer à toujours nous trouver dans la fidélité aux Paroles de Jésus si nous voulons entrer dans sa nouveauté. La Parole de Jésus nous donne de reprendre vigueur, car nous avons besoin de reprendre des forces pour remettre notre être tout entier dans la Lumière de Dieu.

« Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt." Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. C’est sous un masque de justice que peut se cacher l’hypocrisie. Jésus combat l’état d’esprit de pharisaïsme, l’attachement à la loi pour la loi, sans remonter jusqu’à Dieu. La lettre qui tue l’esprit génère le mépris des petits et des pauvres. Notre orgueil peut nous amener à mépriser les autres que nous jugeons pécheurs et ignorants. En agissant ainsi, nous sommes loin de Celui qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Nous avons là un avertissement très clair et une mise en garde très forte. Cette Parole s’adresse maintenant à tous ceux qui ont pour mission d’annoncer l’Evangile.

"Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux." Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. Nous nous tournons vers Jésus, notre merveilleux guide. Il s’est donné sur la Croix pour le salut du monde. Il nous faut imiter l’enfant qui se blottit contre sa mère. Il sait qu’il doit tout à son Père. Nous mettre au service des autres avec douceur et humilité est le meilleur remède. Ainsi nous nous éloignons du risque de prendre le pouvoir de Dieu et de dominer nos frères. En lavant les pieds de ses disciples, le soir du Jeudi Saint, Jésus nous apprend à nous aimer et à nous mettre au service les uns des autres. En s’offrant à nous dans l’Eucharistie il nous aime jusqu’à la fin. C’est une véritable conversion à laquelle nous sommes tous appelés. Nous voulons abandonner tout sentiment de supériorité pour nous attacher à la loi d’amour avec un cœur tendre et généreux. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour que nous avons pour Dieu et pour le prochain. « Que le plus grand soit votre serviteur ! »

Nous demandons la grâce de nous mettre à l’école de Jésus et d’être attentifs à notre prochain.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Qui s'abaissera sera élevé »

La providence de Dieu, qui veille à donner à chacun de nous ce qui lui est bon, a mené à nous toutes choses pour nous porter à l'humilité. Car si tu t'enorgueillis des grâces de la providence, celle-ci t'abandonne, et tu retombes... Sache donc qu'il ne t'appartient pas, ni à toi ni à ta vertu, de résister aux tendances mauvaises, mais que seule la grâce te tient dans sa main, pour que tu ne craignes pas... Gémis, pleure, souviens-toi de tes fautes au temps de ton épreuve afin d'être délivré de l'orgueil et d'acquérir l'humilité. Cependant ne désespère pas. Prie Dieu humblement de pardonner tes péchés.

L'humilité, même sans les œuvres, efface beaucoup de fautes. Mais au contraire les œuvres sans elle ne servent à rien ; elles nous préparent même bien des maux. Obtiens donc par l'humilité le pardon de tes injustices. Ce que le sel est à toute nourriture, l'humilité l'est à toute vertu. Elle peut briser la force de nombreux péchés... Si nous la possédons, elle fait de nous des fils de Dieu, et elle nous mène à Dieu sans même le secours des œuvres bonnes. C'est pourquoi en dehors d'elle toutes nos œuvres sont vaines, sont vaines toutes les vertus, et sont vaines toutes les peines.

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Lundi 26 Fév 2018. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux


Le lundi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : Ste Paule de Saint-Joseph de Calasanz, vierge († 1889),  Bse Piedad de la Cruz Ortíz Real, vierge (1842-1916)


Lectures de la messe

Première lecture (Dn 9, 4-10)

Lecture du livre du prophète Daniel

Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession :
« Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable,
qui garde alliance et fidélité
à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements,
nous avons péché,
nous avons commis l’iniquité,
nous avons fait le mal,
nous avons été rebelles,
nous nous sommes détournés
de tes commandements et de tes ordonnances.
Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes,
qui ont parlé en ton nom
à nos rois, à nos princes, à nos pères,
à tout le peuple du pays.
À toi, Seigneur, la justice ;
à nous la honte au visage,
comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda,
pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël,
pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin,
dans tous les pays où tu les as chassés,
à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi.
Seigneur, à nous la honte au visage,
à nos rois, à nos princes, à nos pères,
parce que nous avons péché contre toi.
Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon,
car nous nous sommes révoltés contre lui,
nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu,
car nous n’avons pas suivi les lois
qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »

– Parole du Seigneur.


Psaume 78 (79), 5a.8, 9, 11.13ab

Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

Que monte en ta présence la plainte du captif !
Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
sans fin nous pourrons te rendre grâce.


Évangile (Lc 6, 36-38)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera :
c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
car la mesure dont vous vous servez pour les autres
servira de mesure aussi pour vous. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Jésus ne demande pas à tout le monde de vendre tous ses biens et de les donner aux pauvres. Mais il nous demande néanmoins à tous d’« avoir du cœur » au quotidien.

Pour bien se faire comprendre, il précise son propos par quelques préceptes qui sont à la portée de tout homme de bonne volonté, ne refusant pas l’assistance de l’Esprit : « ne jugez pas, ne condamnez pas, pardonnez, partagez ». S’il s’agit d’avoir du cœur « comme notre Père », c’est donc que lui non plus ne juge pas, ne condamne pas, mais pardonne, et donne, « une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans notre tablier ».

Il pourrait sembler que la motivation suggérée par Notre-Seigneur ne soit pas pure, puisqu’il nous invite à un subtil calcul : ne jugez pas afin de ne pas être jugés vous-mêmes. Il s’agirait davantage d’une stratégie intéressée que d’un appel à l’amour, qui est nécessairement gratuit. En fait Jésus ne fait qu’opposer deux logiques entre lesquelles il nous invite à choisir : soit nous appartenons à ce monde, et nous n’échapperons pas à sa spirale de violence, que l’engrenage de jugements et de condamnations tente en vain de juguler ; soit nous entrons dans la famille de Dieu notre Père dont nous adoptons le comportement, qui consiste à laisser parler en toutes circonstances son cœur compatissant et miséricordieux. De même que le mal se nourrit du mal, le bien aussi provoque un effet « boule de neige » : celui qui donne et persévère dans cette attitude, en ne jugeant pas ceux qui « en profitent », en ne condamnant pas ceux qui refusent la réciprocité, celui-là verra la fécondité de son attitude, car « la mesure dont nous nous servons pour les autres, servira aussi pour nous ». Peut-être ne serons-nous témoins de ce triomphe de l’amour que dans le Royaume des cieux, mais nous sommes sûrs que le Seigneur accomplit sa Parole et comble ceux qui donnent sans compter.

« Ayez du cœur » : devant cette parole si simple et si vraie, comment ne sentirions-nous pas « la honte nous monter au visage » (1ère lect.). La « sclerocardia », la dureté de cœur, voilà « l’iniquité », c’est-à-dire l’injustice fondamentale, la rupture d’Alliance qui vient briser l’harmonie au sein de la famille de Dieu, et plus largement au sein de tout l’ordre créé. Oui « nous avons fait le mal » : non seulement nous avons laissé le mal s’installer en nous et au milieu de nous, mais nous l’avons fait proliférer, en refusant la logique de l’amour, en nous fermant à la joyeuse dépendance de la charité, en revendiquant une autonomie mensongère, stérile, mortifère. C’est pourquoi, unissant notre supplication à celle du prophète Daniel et du psalmiste nous prions :

« Ah Seigneur, Dieu grand et redoutable, qui gardes ton Alliance et ton amour à ceux qui t’aiment, nous avons commis l’iniquité, nous avons été rebelles » (1ère lect.). Mais « ne retiens pas contre nous nos péchés ; délivre-nous, efface nos fautes pour la cause de ton nom ! » (Ps 78). « A toi Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon : que nous vienne bientôt ta tendresse ! Aide-nous Dieu notre Sauveur pour la gloire de ton nom ! » Donne-nous un cœur nouveau, mets en nous un esprit nouveau : que nous puissions aimer dans la simplicité d’une foi vivante par la charité.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Donnez, et il vous sera donné»
Aujourd'hui l'Évangile de Luc proclame un message plus dense que bref, et pourtant il est bref! Il peut être réduit à deux considérations: un encadrement de miséricorde et un contenu de justice.

En premier lieu, un encadrement de miséricorde. En effet, la consigne de Jésus s'affirme comme une norme et resplendit comme un astre. Norme absolue: si notre Père qui est au ciel est miséricordieux, nous, qui sommes ses fils, devons l'être aussi. Et le Père est si miséricordieux! Le verset antérieur affirme: «(...) et vous serez les fils du Très-Haut, car Il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants» (Lc 6,35).

En deuxième lieu, un contenu de justice. En effet, nous nous trouvons confrontés à une sorte de “loi du talion”, aux antipodes de celle qui a été rejeté par Jésus («oeil pour oeil, dent pour dent»). En quatre étapes successives, le divin Maître nous instruit, d'abord, avec deux négations, ensuite, avec deux affirmations. Négations: «Ne jugez point, et vous ne serez point jugés»; «ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés». Affirmations: «absolvez, et vous serez absous»; «Donnez, et il vous sera donné».

Appliquons cela brièvement à notre vie quotidienne, en nous arrêtant spécialement à la quatrième consigne, comme le fait Jésus. Examinons notre conscience avec courage et clarté: si en matière familial, culturelle, économique et politique le Seigneur devait juger et condamner notre monde comme le monde juge et condamne, qui pourrait affronter son tribunal? (Songeons simplement au monde de la vie politique, en rentrant à la maison, en lissant le journal ou en écoutant les nouvelles). Si le Seigneur nous pardonnait comme le font d'habitude les hommes, combien de personnes et institutions parviendraient à la pleine réconciliation?

Mais la quatrième consigne mérite une réflexion particulière. En elle, la bonne loi du talion que nous sommes en train de considérer est en quelque sorte dépassée. En effet, si nous donnons, nous sera-t-il donné proportionnellement? Certainement pas! Si nous donnons, nous recevrons —notons-le bien— «une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde» (Lc 6,38). Car, c'est à la lumière de cette disproportion bénie que nous sommes exhortés de donner au préalable. Demandons-nous, donc: quand je donne, est-ce que je donne bien, le meilleure de moi-même, est-ce que je donne pleinement?

+ Abbé Antoni ORIOL i Tataret (Vic, Barcelona, Espagne)
http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

« Remplis ma bouche, ô Marie, de la grâce de ta douceur. Éclaire mon intelligence, toi qui as été comblée de la faveur de Dieu. Alors ma langue et mes lèvres chanteront allègrement tes louanges et plus particulièrement la salutation angélique, annonciatrice du salut du monde, remède et protection de tous les hommes. Daigne donc accepter que moi, ton petit serviteur, je te loue et te dise et redise doucement : réjouis-toi, Marie, comblée de grâces. » Prière de saint Ephrem (v. 306-373)

Demande

Aide-nous, Marie, à avoir les même sentiments et attitudes que ton Fils notre Seigneur Jésus-Christ.

Points de réflexion

1. Miséricorde
Avoir un cœur pour les pauvres, ceux qui sont dans la misère, ceux qui souffrent, les petits, les malheureux, les affligés, les non-compris, les malades, c’est être compatissant envers ceux qui me demandent d’être compatissant. C’est une chose difficile mais tellement belle à vivre. La miséricorde permet à celui qui l’a reçue de pouvoir sourire, retrouver l’espérance, se relancer dans la vie, avoir à nouveau confiance. Au contraire, lorsque l’on ferme notre porte, on abaisse un peu plus encore les personnes qui viennent à nous.
Qu’est-ce que la miséricorde ? Accepter le péché ? Non, mais le pécheur oui. Une petite distinction mais de grandes conséquences ! Le péché est à abolir mais le pécheur doit être accueilli, soigné. Une image serait celle du bon samaritain. L’état physique de l’homme laissé à moitié mort peut se comparer à un homme dans le péché. Que se serait-il passé si personne ne lui avait donné un peu de temps, ne l’avait pas soigné, en un mot, n’aurait pas été miséricordieux, compatissant ?

2. « La miséricorde est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. » écrit le pape François dans la bulle d’indiction du Jubilé de la miséricorde. « Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu. », écrit le pape dans le cinquième paragraphe de la bulle Misericordiae Vultus. « La miséricorde c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites du péché », écrit le pape dans une affirmation liminaire qui présidera à toute sa réflexion.

3. Vouloir être semblable à Dieu.
Une fois devenus fils de Dieu par le sacrement du baptême, il nous est rendu possible de vouloir être semblables à Dieu par la grâce, la fréquentation de l’Eucharistie et de la confession, en travaillant les vertus. Pourquoi ne pas essayer ?
N’est-ce pas le sens du dialogue entre Jésus et saint Jean ? : « Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi – ce qui veut dire Maître –, où demeures-tu ? Il leur dit : Venez et vous verrez.» (Jn 1, 38-39) Avoir ce désir d’aimer et d’être aimé. La vie prend alors un autre sens. Face au monde dans lequel on vit, pourquoi le chrétien ne mettrait-il donc pas de l’espérance, mais de cette espérance qui naît de notre relation avec Dieu. Comment pouvoir être miséricordieux si je ne connais pas Dieu, si je n’ai pas une relation intime d’amitié avec lui ? Cette relation serait-elle uniquement réservée aux prêtres, religieuses et religieux ? Non. Chaque chrétien en a le devoir car c’est ce qui le définit comme chrétien : être de Dieu et chercher la sainteté. Celle-ci s’acquiert en imitant, en nous transformant en Jésus-Christ par sa grâce et notre collaboration. Mais comment le faire si je n’ai pas de relation avec le Christ ? Cela le blesse tellement de n’avoir des chrétiens qu’à moitié, des chrétiens qui ne le connaissent pas, qui ne se confessent pas, qui ne prient pas, etc.

4. N’ayons pas peur !
C’était le thème du saint pape Jean-Paul II. N’ayons pas peur d’être des intimes de Jésus. Si lui le veut, pourquoi ne le voudrais-je pas, ou pourquoi n’oserais-je pas ? Connaissons-le, aimons-le et agissons comme lui, par le biais de la miséricorde. Lui agit ainsi avec nous. Pourquoi pas nous ?

Dialogue avec le Christ

Jésus, aide-moi à oser une amitié avec toi. Je veux être ton ami, ton intime comme saint Jean. Enseigne-moi afin qu’en te connaissant je puisse t’imiter, c’est-à-dire transmettre la miséricorde autour de moi.

Résolution

Prendre l’engagement, par des actions concrètes, de croître dans ma relation avec Jésus. Accomplir un acte de miséricorde aujourd’hui.

Frère Xavier Kerrand, LC

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"Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés."

Dans notre marche vers Pâques, nous mettons nos pas dans les pas de Jésus, nous acquérons ainsi les sentiments qui étaient dans son cœur. Le jugement est implicite en nous, dans un regard, on ne peut pas observer, écouter, vivre, sans juger. Le venin qui vient de notre jugement négatif doit être ôter de notre cœur. L’apôtre Paul écrivait aux Romains : Mais toi, pourquoi juges ton frère ? Et toi, pourquoi méprises ton frère ? Le jugement est délicat et complexe et il manque de réalisme s’il n’est pas mené jusqu’au bout, dans une connaissance aimante de la personne. Il nous faudrait en finir avec les jugements négatifs des uns sur les autres. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, » est immédiatement suivi par le commandement de Jésus : « Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. » L’action de juger est neutre, le jugement peut se terminer par une condamnation ou par une justification. Nous voulons regarder les réalités de la vie et du monde à travers le regard de Jésus, à travers son œuvre de Salut pour l’humanité. Quand nous avons conscience de notre misère, nous n’émettons plus de jugement sur l’autre mais nous demandons pour tous la miséricorde.

"Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;" La charité sincère nous lie d’affection entre nous. Pour aimer notre frère, il nous faut nous aimer nous-même sans nous surestimer. Nous ne minimisons pas nos défauts, mais nous les remettons à la miséricorde de Dieu. C’est dans la douce Lumière de Jésus qui nous sauve que nous parvenons à voir nos frères dans la lumières et dans leurs valeurs. Pour estimer son frère, il ne faut pas s’estimer trop soi-même, il ne faut pas être trop sûr de soi. Jésus, dans sa vie sur la terre n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu. Quand il fut baptisé par Jean, il se trouvait dans la foule avec les pécheurs, lui l’unique juste. Dieu qui nous sauve nous demande une attitude semblable à la sienne. L’attitude que nous avons pour nos frères est l’attitude que nous avons avec Dieu lui-même. La mesure avec laquelle nous bâtissons la communauté sera débordante pour nous.

"Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » Les commérages sont l’une des choses qui empoisonnent le plus la vie commune. Il ne nous suffit pas de ne pas dire du mal des autres, il faut aussi empêcher que les autres le fassent en notre présence. L’ambiance d’une communauté est tellement différente quand on prend au sérieux l’amour des frères. Nous voulons nous montrer compatissants, comme notre Père est compatissant. Le cœur de Dieu est rempli de tendresse, il nous suffit de nous tourner vers Lui et dans notre misère nous sommes illuminés par son visage plein d’amour pour nous. Nous avons besoin d’une grande compassion ! « Misère » et « cœur » sont inscrits dans le mot « miséricorde. » L’attitude de miséricorde est guérissante pour nous qui nous reconnaissons pécheurs dans un peuple de pécheurs. Nous demandons le pardon de Dieu. Par son humilité Jésus donne un remède à notre misère et à notre faiblesse. C’est par son amour que Jésus nous sauve et nous lui demandons la grâce de lui devenir semblable. Quand nous sommes touchés dans notre propre chair par la misère de nos frères, nous recevons de Dieu pour eux une attitude nouvelle de miséricorde.

Nous nous tournons vers notre Père plein de miséricorde et nous lui demandons que le Saint Esprit nous soit donné.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Soyez miséricordieux comme votre Père »

 Je suis habitée par le sentiment que sans cesse, partout, est revécue la Passion du Christ. Sommes-nous prêts à participer à cette Passion ? Sommes-nous prêts à partager les souffrances des autres, non seulement là où domine la pauvreté mais aussi partout sur la terre ? Il me semble que la grande misère et la souffrance sont plus difficiles à résoudre en Occident. En ramassant quelqu'un d'affamé dans la rue, en lui offrant un bol de riz ou une tranche de pain, je peux apaiser sa faim. Mais celui qui a été battu, qui ne se sent pas désiré, aimé, qui vit dans la crainte, qui se sait rejeté par la société, celui-là éprouve une forme de pauvreté bien plus profonde et douloureuse. Et il est bien plus difficile d'y trouver un remède.

Les gens ont faim de Dieu. Les gens sont avides d'amour. En avons-nous conscience ? Le savons-nous ? Le voyons-nous ? Avons-nous des yeux pour le voir ? Si souvent, notre regard se promène sans se poser. Comme si nous ne faisions que traverser ce monde. Nous devons ouvrir nos yeux, et voir.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité

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Évangile et Homélie du Sa 24 Fév 2018. Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent

Nous sommes le samedi de la 1ère semaine de Carême
Saint(s) du jour : Bse Ascensión del Corazón de Jesús, vierge (1868-1940),  Bx Costanzo (Constant) Servoli, prêtre o.p. (1410-1481)


Lectures de la messe

Première lecture (Dt 26, 16-19)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d’Israël :
          « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande
de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances.
Tu veilleras à les pratiquer
de tout ton cœur et de toute ton âme.
          Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration :
lui sera ton Dieu ;
toi, tu suivras ses chemins,
tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances,
tu écouteras sa voix.
          Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration :
tu seras son peuple, son domaine particulier,
comme il te l’a dit,
tu devras garder tous ses commandements.
          Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire
toutes les nations qu’il a faites,
et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu,
comme il l’a dit. »


Psaume 118 (119), 1-2, 4-5, 7-8)

Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur !

Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
Puissent mes voies s’affermir
à observer tes commandements !

D’un cœur droit, je pourrai te rendre grâce,
instruit de tes justes décisions.
Tes commandements, je les observe :
ne m’abandonne pas entièrement.


 

Évangile (Mt 5, 43-48)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 43-48)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2018. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Hier Jésus soulignait la différence essentielle entre l’interprétation de la Loi enseignée par les pharisiens et celle qu’il propose à ses disciples. Pour les premiers, l’homme serait capable d’obtenir sa justification par son observance rigoureuse des prescriptions légales. La Thora est un don de Dieu à son peuple, mais le salut serait le fruit des efforts du croyant, c’est-à-dire de celui qui croit en l’origine divine de la Loi et est intégré par la circoncision à la nation sainte. Pour Jésus, le salut est incontestablement d’un tout autre ordre. En imaginant qu’elle soit à notre portée, la justice morale qui consisterait dans une obéissance formelle aux préceptes de la Loi, ne suffirait pas à nous justifier devant Dieu. Car nos actions demeureraient toujours naturelles. Or l’homme avait été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu afin de pouvoir accueillir l’Esprit Saint, et de laisser celui-ci accomplir ses œuvres en nous. C’est cette synergie entre la nature et la grâce que Notre-Seigneur est venu restaurer en nous afin que nous puissions nous comporter comme des « fils de notre Père qui est aux cieux », conformément à ce que nous sommes réellement devenus par la foi au Fils unique. C’est au nom de cette recréation dans l’Esprit Saint, rendue possible par la grande purification dans « le Sang et l’eau », que Jésus peut nous inviter à un comportement radicalement nouveau, et totalement hors de portée de nos pauvres forces naturelles.

« Saluer nos frères et aimer notre prochain » est déjà pour nous tout un programme ; mais « aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent » est franchement au-delà de nos moyens. Lorsque Jésus ajoute : « Vous donc soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », il est clair que l’obéissance à un tel précepte présuppose une transformation radicale de tout notre être ; bien plus : un dépassement de notre existence naturelle, nécessairement imparfaite. Seule une participation à la vie divine (2 P 1, 4) peut nous permettre d’adopter le comportement de notre Père sur base d’une certaine communion à sa nature. L’injonction du Christ suppose donc que nous devenions fils et filles de Dieu au sens ontologique du terme, et non pas en un sens analogique : pour atteindre l’état de perfection, il nous faut naître à la vie divine. Ce qui suppose bien sûr une intervention inouïe de la part de Dieu, car comment l’homme pourrait-il s’enfanter lui-même à une réalité d’une toute autre nature ?

Nous touchons à nouveau du doigt combien toute prétention à l’auto-justification est étrangère au christianisme. Nous ne pouvons qu’accueillir cette initiative divine déconcertante et signifier notre consentement avec les paroles de la Vierge Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se fasse pour moi selon ta Parole » (Lc 1, 38). Pour que ce germe de vie divine, qui fut déposé en nous au jour de notre baptême, puisse grandir, mûrir et donner son fruit, il nous faut bien sûr veiller sur sa croissance, exposer la terre de notre humanité à la rosée céleste de l’Esprit dans la prière ; accompagner les étapes de la croissance de l’enfant de vie divine que nous portons en nous par les sacrements appropriés ; le nourrir de la manne eucharistique - quotidiennement si possible, hebdomadairement à tout prix pour éviter qu’il ne meure d’inanition. Tout vient de Dieu, mais notre part consiste à nous montrer responsables de son don, en coopérant activement à l’œuvre de la grâce.

Chaque matin le Seigneur renouvelle avec nous son Alliance : « Aujourd’hui le Seigneur te déclare qu’il est ton Dieu, et il t’invite à être son peuple particulier » (cf. 1ère lect.) ; bien plus : il t’accueille comme son fils et sa fille bien-aimés. « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ses commandements et ses décrets, de les garder et de les observer de tout ton cœur et de toute ton âme », afin d’être « un peuple consacré au Seigneur ton Dieu » (Ibid.).

Tel est le projet inouï que Dieu nourrit pour ses enfants : déverser sa propre vie lumineuse dans la grisaille de notre humanité marquée par le péché ; nous couvrir de sa gloire, nous prendre sous la nuée de son Esprit, afin de nous enfanter à la vie divine. C’est pour nous élever jusqu’à lui qu’il n’a pas craint de descendre jusqu’à nous ; pour nous faire naître à la vie divine qu’il est né dans le sein de la Vierge ; pour nous introduire dans la liberté filiale, qu’il a pris notre condition d’esclave ; pour nous couvrir de sa gloire, qu’il a pris sur lui l’opprobre de notre réprobation. Ce mystérieux échange, cet abaissement ineffable, Notre-Seigneur le renouvelle quotidiennement dans chaque Eucharistie, afin qu’en communiant à ce qu’il a voulu être pour nous, nous devenions ce qu’il voudrait que nous soyons en lui : des fils et des filles de Dieu son Père et notre Père.

Seigneur nous confessons notre indifférence et notre ingratitude. Chaque jour tu renouvelles pour nous la merveille de notre salut, et nous passons sans même y prêter attention, dispersés dans nos multiples activités, éparpillés dans nos préoccupations. Donne-nous de retrouver, au milieu des événements qui se bousculent autour de nous, le vrai sens de notre vie ; de discerner au cœur de ce monde qui passe, la présence du Royaume qui ne passera pas, et de travailler à son avènement par une conversion sincère et généreuse. Donne-nous de puiser nos forces aux sources vives de l’Esprit, dans ta Parole et dans l’Eucharistie, pour “garder tes exigences, observer tes commandements et marcher selon ta loi” (Ps 118) d’amour.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent»
Aujourd'hui l'Évangile nous exhorte à l'amour le plus parfait. Aimer c'est vouloir le bien de l'autre et notre épanouissement personnel est fondé sur cela. Nous n'aimons pas pour notre propre bien-être, mais pour le bien de la personne aimée, et ce faisant, nous grandissons comme personnes. L'être humaine, affirma le Concile Vatican II, «ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même». Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus se référait à cela quand elle demandait de faire de notre vie un holocauste. L'amour est la vocation de l'homme. Tout notre comportement, pour être véritablement humain, doit manifester la réalité de notre être, en réalisant sa vocation à l'amour. Comme Jean Paul II l'a écrit, «l'homme ne peut vivre sans amour et vu qu'il demeure pour lui-même un être incompréhensible, sa vie est vide de sens s'il ne reçoit pas la révélation de l'amour, s'il n'en fait pas l'expérience, s'il ne rencontre pas l'amour, s'il ne le fait pas sien, s'il n'y participe pas fortement».

L'amour a son fondement et sa plénitude dans l'amour de Dieu dans le Christ. La personne est invitée au dialogue avec Dieu. Nous existons par l'amour de Dieu qui nous a créé, et par l'amour de Dieu qui nous conserve, «et on peut dire seulement que l'homme ne vit pleinement selon la vérité que s'il reconnaît librement cet amour et s'abandonne à son Créateur» (Concile Vatican II): telle est la plus haute raison de sa dignité. L'amour humain, en conséquence, doit être baigné d'Amour Divine qui est sa seule source, où il trouve son modèle et qui le mène à sa plénitude. C'est pourquoi l'amour, quand il est vraiment humain, aime avec le coeur de Dieu et s'étend même ses ennemis. Autrement, on n'aime pas pour de bon. C'est pourquoi l'exigence du don sincère de soi-même est un précepte divine: «Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5,48).

Abbé Joan COSTA i Bou (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

« Face aux nombreux drames qui frappent l’humanité, a dit le pape François le 18 juin 2013 à Sainte-Marthe, il est difficile de faire le choix : comment peut-on aimer ceux qui prennent la décision d’effectuer un bombardement et de tuer tant de personnes ? Comment peut-on aimer ceux qui, par amour de l’argent, ne laissent pas les médicaments parvenir à ceux qui en ont besoin, aux personnes âgées, et les laissent mourir ? » Et encore : « Comment peut-on aimer les personnes qui ne recherchent que leur intérêt, leur pouvoir et qui font tant de mal ? » « Je ne sais pas », a affirmé l’évêque de Rome. Nous aussi, nous avons tous des ennemis. Nous aussi, nous sommes peut-être les ennemis de ceux que nous n’aimons pas. Et Jésus nous dit que nous devons les aimer aussi.

Demande

Seigneur, aide-moi à aimer mes ennemis et à prier pour ceux qui me persécutent, pour ceux qui ne croient pas en toi et ne veulent pas que tu règnes en ce monde.

Points de réflexion

Jésus, ton enseignement ne peut pas ne pas être celui d’aimer ceux qui vivent avec nous, mais malheureusement, cette recommandation est très souvent contraire à notre façon de penser et d’agir. Il me faut me convertir.

1. « Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien ! moi je vous dis (…) »
Si vous voulez être mes disciples, préparez-vous à un changement d’attitudes. Tout en vous doit accueillir la parole et la pensée de votre Père. Tout en vous doit revêtir un caractère divin. Comme Nicodème, vous êtes invités à « naître de nouveau », à naître de l’eau et de l’Esprit (Cf. Jn 3, 5) et cette nouvelle naissance fera de vous de nouvelles créatures. Vous êtes invités à une conversion qui, comme toute démarche spirituelle, peut demander du temps, de la patience et de la confiance.

2. « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. »
Dans l’Ancien Testament, la haine de l’ennemi était une façon d’exprimer le grand respect que l’on devait à Dieu. Dans le psaume 129, David ne craint pas de déclarer qu’il « hait d’une haine parfaite » les ennemis de Dieu, ceux qui renient celui auquel les hommes doivent tout.
Les chefs religieux avaient dénaturé cette prescription de la Loi : pour eux, le prochain devait nécessairement être du nombre des juifs qui vénéraient le seul Dieu véritable, sinon, puisqu’il n’obéissait pas aux commandements de Dieu, il fallait les exclure, les « haïr ». Et, à partir de là, ils enseignaient des subtilités trompeuses et erronées concernant le prochain.

3. « Moi, je vous dis : Aimez vos ennemis. »
Et c’est précisément ce point qui te fait réagir. Tu rectifies le contenu du mot « haïr ». Tu rectifies le véritable sens du mot amour ; tu rectifies la signification, l’ampleur et la profondeur du mot prochain. Pour toi, le mot prochain signifie le contemporain qui vit sur la même terre : c’est-à-dire également ceux qui ne vénèrent pas le même Dieu que nous.
Dans le vocabulaire de Dieu, le mot prochain n’est pas limité à une race ni à une religion. Il inclut tous les hommes, y compris ceux qui nous sont hostiles. Dieu fait rayonner le soleil ou tomber la pluie pour eux comme pour nous ! Ils sont comme nous, enfants de Dieu, Fils du Père, même s’ils ne le reconnaissent pas encore ou même, le renieront pour l’éternité. Mais nous, en les aimant jusqu’à donner notre vie pour eux, par nos sacrifices, nos prières, notre témoignage au milieu d’eux, nous deviendrons vraiment « fils de votre Père qui est aux cieux. »

Dialogue avec le Christ

Merci, Seigneur de cet amour inconditionnel envers tous les hommes. Je sais bien que celui qui ne te suit pas, ne te vénère pas, peut aussi faire du bien autour de lui et même dans le monde entier. Je sais très bien aussi que tu me confies une mission envers lui : tu veux qu’il te connaisse toi et celui qui t’a envoyé. Seigneur, donne-moi le discernement que tu me demandes, là où tu m’as placé. Seigneur, apprends-moi à accueillir ton Esprit qui me fera « naître de nouveau » pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut que tu es venu nous apporter et vivre au milieu de nous et pour nous.

Résolution

Prier sans cesse pour vaincre mon amour propre et mon respect humain, pour savoir te vivre là où je suis. Donne-moi la force du combat pour la Vérité.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.

Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Sans Jésus, le savoir se reproduit comme un savoir perdu car il n’est pas relié à sa Source. Jésus est la Parole vivante, prononcée avec un grand désir de nous donner la Vie. Dès lors, nous pouvons retrouver le dynamisme dans un monde fragilisé. Le commandement d’aimer nos ennemis va directement à l’encontre de notre nature pècheresse. Jésus, qui nous demande d’aimer nos ennemis, nous donne par le baptême une nouvelle naissance. La foi en Jésus implique une transformation radicale de notre nature humaine qui devient bonne. Jésus nous convie à une révolution de notre personne. Tout cela s’accomplit dans une intervention divine. Convertis, nous célébrons la vie nouvelle de Jésus en nous nourrissant de son Corps et de son Sang, de sa Vie. Avec lui, nous pouvons vivre l’aujourd’hui de Dieu, au milieu du monde qui nous est donné. Dans son amour infini pour nous, Jésus nous demande de faire tout avec amour : « Faites ceci en mémoire de moi ! »

En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Jésus parle de son Amour de Fils du Père ; Vous « êtes les enfants de votre Père, » nous dit-il. Dans sa Parole, il énonce la Parole du Père. C’est lui, la Source qui irrigue son cœur et son action. C’est la Parole qui l’engendre, elle est vivante, elle est créatrice. La Vie de Jésus se transmet, au-delà de notre raison, c’est l’œuvre de Dieu en nous. Jésus nous invite à aimer, sans mesure, car c’est vraiment la compassion qui est la mesure de l’amour vrai. Dieu est Amour, « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » L’homme, image de Dieu, doit lutter afin de Lui ressembler de plus en plus, « afin d’être vraiment « l’enfant » du Père céleste. » Dans une grande pureté, nous demeurons en Jésus, il est pour nous l’Amour infini ! Nous voulons demeurer dans cette certitude que Dieu se « joint » à nous dans notre prière. Ainsi s’accomplissement en nous, les actes de tendresse et de miséricorde de notre Dieu.

Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Le renouvellement de notre intelligence nous rend vivants et implique une transformation de notre personne. Nous faisons l’expérience qu’une Parole qui oriente notre vie la sort de son enfermement. Nous rejoignons la Parole créatrice de Dieu en son origine, c’est un don de Vie sans cesse renouvelé. Nous découvrons qu’il y a en nous une capacité d’Amour en transmettant cette Vie comme les enfants de notre Père. Aimer, sans rien attendre en retour, c’est la perfection d’aimer sans mesure. C’est là que Jésus nous convoque. Marie, la Mère de Dieu, aux noces de Cana, s’aperçoit que les invités n’ont plus de vin, elle demande à Jésus de faire quelque chose. Avec elle, nous voulons raviver l’Alliance que Jésus a créée avec nous. Le « faire mémoire » de l’Eucharistie nous donne de rendre grâce à Jésus qui nous a dit de faire « Cela en mémoire de lui. » "Cela," c’est son Sacrifice sur la Croix, le Don de sa Vie pour nous ; « Cela, » c’est notre salut où il nous guérit et nous sauve. « Cela, » c’est sa résurrection des morts qui nous donne la vie pour toujours. Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous ravivons cette mémoire de notre Salut. Nous nous mettons à l’école de Jésus, notre Sauveur, par Lui, avec Lui, et en Lui, toute notre vie peut s’actualiser.
Nous demandons la grâce d’être conscients de ce que nous célébrons quand nous célébrons l’Eucharistie.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



L'amour du prochain : support mutuel et bienveillance ; puiser à la source de la Bonté divine

« Ainsi donc, tant que nous en avons le temps, pratiquons le bien à l’égard de tous, et surtout de nos frères dans la Foi. » (Ga 6, 10) Le temps présent, celui du cours de la vie, est le temps des semailles. Durant cette vie, nous pouvons semer ce que nous voulons. Quand cette vie sera écoulée, le temps d’agir nous sera ôté. C’est pourquoi le Sauveur dit : « Travaillez tant qu’il fait jour. La nuit viendra, où nul ne pourra plus travailler. » (Jn 9, 4)

Que nous soyons malades ou bien-portants, humbles ou puissants, pauvres ou riches, affamés ou rassasiés, faisons tout au nom du Seigneur, avec patience et égalité d’âme ; alors s’accomplira en nous ce que dit l’Écriture : « Toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8, 28). La colère elle-même, la passion, l’outrage reçu qui demande vengeance, deviennent pour moi, si je me maîtrise, si je garde le silence pour Dieu, si à travers chaque piqûre blessante et sous la pression des vices, je pense à Dieu qui me regarde d’En-Haut, autant d’occasions de triomphe.

Ne disons-pas, lorsque nous distribuons des dons : celui-ci est un ami, celui-là, je l’ignore ; celui-ci a droit à recevoir, celui-là doit être méprisé. Imitons notre Père, « qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (cf. Mt 5, 45) La source de sa Bonté est ouverte à tous. Esclave et homme libre, plébéien et roi, riche et pauvre, tous y boivent pareillement. La lampe allumée dans la maison éclaire tous sans distinction.

Saint Jean l’Évangéliste à la fin de sa vie, alors qu’il ne pouvait exprimer sa pensée par un discours suivi, ne proférait d’autre parole que celle-ci : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres. » (Cf. Jn 13,34) À la fin, ses disciples lui dirent : « Maître, pourquoi nous dîtes-vous toujours cela ? » Jean répondit par cette sentence digne de lui : « Parce que c’est le précepte du Seigneur ; que seulement on l’accomplisse, et cela suffit. »

Saint Jérôme (347-420), prêtre, docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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Évangile et Homélie du Ven 23 Fév 2018. Laisses ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère

Nous sommes le vendredi de la 1ère semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Polycarpe, évêque et martyr († 167),  Bse Giovannina Franchi, religieuse et fondatrice (1807-1872)


Lectures de la messe

Première lecture (Ez 18, 21-28)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis,
s’il observe tous mes décrets,
s’il pratique le droit et la justice,
c’est certain, il vivra, il ne mourra pas.
On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis,
il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée.
Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant
– oracle du Seigneur Dieu –,
et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite
et qu’il vive ?
Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal
en imitant toutes les abominations du méchant,
il le ferait et il vivrait ?
Toute la justice qu’il avait pratiquée,
on ne s’en souviendra plus :
à cause de son infidélité et de son péché,
il mourra !
Et pourtant vous dites :
« La conduite du Seigneur n’est pas la bonne. »
Écoutez donc, fils d’Israël :
est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ?
N’est-ce pas plutôt la vôtre ?
Si le juste se détourne de sa justice,
commet le mal, et meurt dans cet état,
c’est à cause de son mal qu’il mourra.
Si le méchant se détourne de sa méchanceté
pour pratiquer le droit et la justice,
il sauvera sa vie.
Il a ouvert les yeux
et s’est détourné de ses crimes.
C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.

– Parole du Seigneur.


Psaume 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.


Évangile (Mt 5, 20-26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 20-26)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis :
Si votre justice ne surpasse pas
celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélies et Méditations du jour

Notre-Seigneur sait bien qu’un mouvement spontané de colère peut nous aveugler au point de réduire la responsabilité de nos actes. Par contre l’insulte relève d’une volonté déterminée de nuire à la réputation de l’autre. Quant à la malédiction elle représente le comble de la malice puisqu’elle constitue la singerie inversée de la bienveillance divine : elle veut en effet consciemment détruire, en recourant à des puissances spirituelles démoniaques supposées accomplir les malheurs invoqués sur la victime. Voilà pourquoi celui qui « maudit son frère sera passible de la géhenne de feu » : il sera livré aux puissances auxquelles il a recours pour nuire à son prochain.

Ces paroles de Notre-Seigneur ne doivent pas être entendues comme des menaces proférées par un Dieu courroucé mais l’énoncé des conséquences de nos actes pervertis par le péché. Dieu lui, ne désire pas la mort du méchant mais « plutôt qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive » (1ère lect.). Aussi, après avoir dénoncé le mal et ses conséquences, Jésus poursuit-il son enseignement en exposant la fonction positive de la colère. Il s’agit de mobiliser cette puissance pour la mettre au service du dessein de Dieu, en particulier de l’unité de la famille humaine et non pas de sa division, de sa dispersion en factions ennemies. Ainsi donc « “si ton frère a quelque chose contre toi”, même si tu ne te souviens pas de lui avoir causé du tort, loin de t’enflammer de colère pour cette injustice et de contre-attaquer avec violence, laisse plutôt l’Esprit transformer cette passion en vertu constructrice : “va te réconcilier avec ton frère” ». En clair : puise dans ta colère la force de rétablir l’unité avec ton prochain.

Telle est l’offrande qui plaît à Dieu et qu’il désire que nous présentions sur son autel. N’en doutons pas : « si nous nous détournons de notre méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, nous sauverons notre vie ; si nous ouvrons les yeux et nous détournons de nos fautes, nous ne mourrons pas mais nous vivrons » (1ère lect.).

Seigneur nous le croyons "près de toi est l’amour, l’abondance du rachat, c’est toi qui nous libères de toutes nos fautes et nous arraches aux profondeurs où elles nous avaient entraînés " (Ps 129). Donne-nous en ce temps de carême de nous laisser convertir par ta grâce afin que nous nous détournions de tous les péchés que nous avons commis, que "nous observions tous tes commandements et pratiquions le droit et la justice" (1ère lect.). Renouvelés dans l’Esprit Saint nous pourrons alors devenir des artisans de la réconciliation de la famille humaine et des bâtisseurs de la cité de la paix, la Jérusalem nouvelle où tu règneras pour les siècles.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux»

Aujourd'hui, Jésus nous appelle d'aller au-delà du legalisme : "Je vous dis que, si votre justice n'est pas plus grande que celle-là des scribes et Pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux" (Mt 5,20). La Loi de Moïse remarque le minime nécessaire pour garantir la cohabitation; mais le chrétien, instruit par Jésus-Christ et plein du Saint-Esprit, il a à essayer de surpasser ce minime pour arriver au maximum possible de l'amour. Les maîtres de la Loi et les Pharisiens étaient des hommes sérieux stricts des commandements; après avoir revisé notre vie: qui d’entre nous pourrait dire le même ? Allons pourtant attentivement, pour ne pas mépriser son expérience religieuse.

Ce qu'aujourd'hui il nous apprend Jésus c’est à ne pas nous croire sûrs par le fait d'accomplir vaillamment quelques conditions requises avec lesquelles nous pouvons réclamer des mérites à Dieu, comme ils faisaient, les maîtres de la Loi et les Pharisiens. Plutôt nous devons mettre l'emphase à l'amour de Dieu et aux frères, l'amour qui nous fera aller au-delà de la Loi simple et à reconnaître humblement nos fautes dans une conversion sincère. Il y a celui qui dit : ' Je suis bon parce que je ne vole pas, je ne tue pas, ni je fais mal à personne '; mais Jésus nous dit que cela n'est pas suffisant, parce qu'il y a d'autres formes de voler et de tuer. Nous pouvons tuer les illusions de l'autre, nous pouvons mépriser le prochain, l'annuler ou le laisser un marginal, pouvons lui garder rancune; et aussi tout cela est tuer, non pas avec une mort physique, mais oui avec une mort morale et spirituelle.

Le long de la vie, nous pouvons trouver beaucoup d'adversaires, mais le pire de tous est soi même quand il s'écarte du chemin de l'Évangile. Par cela, dans la recherche de la réconciliation avec les frères nous devons être d’abord réconciliés avec nous mêmes. Saint Augustín nous dit : "Tandis que tu soit adversaire de toi même, la Parole de Dieu sera ton adversaire. Deviens ami de toi même et tu t’auras réconcilié avec elle".

Abbé Joaquim MESEGUER García (Sant Quirze del Vallès, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Écouter cette invitation du Seigneur (Dt 30, 15-19) et se préparer à lui répondre : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession (…). Choisis donc la vie, pour que vous viviez ».

Demande

Vaincre l’immobilisme spirituel.

Points de réflexion

1. Les commandements, un minimum (à peine vital)
Dieu avait édicté à Moïse les dix commandements pour qu’Israël poursuive son « exode » (ex-odos : chemin pour sortir, sortir du péché). Jésus ne dit pas que les commandements sont superflus ou abolis. Les négliger serait une folie : cela équivaudrait à revenir à l’état de barbarie du peuple avant la Loi de Moïse. Il est tellement urgent que nous les disions au monde, par nos paroles et par notre propre témoignage de vie : tu ne tueras point, tu ne commettras pas d’adultère, un seul Dieu tu adoreras, etc.

2. L’immobilisme spirituel
Les pharisiens, eux, pâtissaient d’une autre maladie : l’immobilisme spirituel. Accomplir les commandements avait donc permis au peuple élu d’avancer sur le chemin de sortie du péché. Ils étaient vraiment nécessaires. Mais les pharisiens avaient oublié de continuer à avancer. S’en tenir uniquement aux dix commandements, c’était s’arrêter, rester à une étape, au lieu de poursuivre le chemin, hors du péché, vers la vie. Nous pourrions nous aussi nous contenter d’une vie chrétienne d’Ancien Testament, une vie chrétienne infantile, alors que le Christ nous appelle à vivre en chrétiens adultes.

3. Un chemin spirituel de vie
En ces 40 jours de Carême, comme aux 40 ans de l’exode, l’Esprit nous invite à sortir du péché pour continuer à marcher vers la vie. Nous ne pouvons pas nous en tenir au cadre juridique minimal. Tout notre être est appelé à tendre à sa perfection, à son but : la Loi de l’amour.

Dialogue avec le Christ

Esprit Saint, je t’ouvre mon cœur pour que tu me montres aujourd’hui où je peux vivre de la vie du Christ en me donnant dans ce que je ferai, en aimant ceux que je rencontrerai, en pardonnant et en faisant le bien.

Résolution

Essayer de me réconcilier avec quelqu’un.

Père Thomas Brenti, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous."

Nous fêtons aujourd’hui saint Polycarpe qui s’est enraciné dans l’Amour infini de Dieu. Il était disciple de saint Jean qui avait entendu et vu Jésus. Les bourreaux avaient allumé le feu du bûcher de saint Polycarpe. Le vent se mit à souffler et une grande voûte de lumière entourait le vénérable vieillard qui ressemblait à un pain qui cuisait, plutôt qu’à un martyr qui allait mourir. Le feu des hommes n’a pas touché Polycarpe qui demeurait dans le feu de l’amour infini de Dieu. Jésus nous a dit que nous souffririons à cause de son Nom. Nous subissons, aujourd’hui encore dans le monde, des persécutions sanglantes qui font des martyrs plus nombreux que dans les premiers siècles. Nous avons à l’esprit tant de nos frères qui livrent un combat continuel à cause de leur foi. Ils souffrent la persécution, les calomnies jusqu’à donner leur vie. Dans tant de régions de l’univers qui a succomber au matérialisme, beaucoup d’entre nous sont méprisés parce qu’ils témoignent des vérités de la foi. Jésus nous a averti que le mal rôde, qu’il guette ceux qui vivent dans la lumière et l’amour de Dieu. L’Esprit Saint, l’Amour toujours offert, circule dans nos vies enracinées dans l’Amour du Père. C’est à partir de Lyon que saint Irénée, disciple de Polycarpe, a évangélisé la France.

"Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre." Dieu est Amour, nous avons l’expérience d’être aimés jusqu’au bout dans la Passion de Jésus. Si nous demeurons dans l’amour, nous portons beaucoup de fruits. Nous avons d’autant plus besoin de l’amour de Jésus que nous sommes dans l’épreuve, vivant avec lui dans sa Croix. Notre grâce est aussi notre épreuve, nous sommes traités comme Jésus. C’est l’ignorance de l’amour du Père qui provoque la persécution. Malgré la méchanceté des hommes, malgré les persécutions que nous recevons, nous voulons servir Jésus dans la vérité, la justice et la paix. Quand nous le recevons dans l’Eucharistie, nous demeurons dans l’amour. L’Esprit Saint demeure en nous pour ranimer notre vie. Il nous faut un cœur pleinement aimant, obéissant, comme Jésus, pour rencontrer nos frères. Notre vocation est de devenir l’enfant bien aimé du Père, elle est de devenir des sœurs et des frères qui s’aiment. Le mystère du passage de la mort à la vie qui s’offre à nous, nous plonge dans le mystère pascal.

« Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. » Nous entendons l’appel de Jésus et nous rejetons toute crainte. A la suite de Jésus, notre vie renait à partir de la croix. Jésus est mort, il est Ressuscité. Nous marchons sur ses pas en lui demandant l’humilité et la simplicité. Nous ne pouvons pas témoigner si nous n’avons pas rencontré Jésus crucifié. L’efficacité de notre témoignage dépendra de la profondeur de notre foi. Si nous vivons et reflétons fidèlement l’Evangile, nous pourrons être des témoins convaincants. Demeurer dans l’amour est le plus grand combat de notre vie, car l’amour n’est pas aimé. Demandons à l’Esprit de remplir nos cœurs de la vraie joie, celle des enfants du Père. « Nous reconnaissons qu’il demeure en nous, parce qu’il nous a donné de son Esprit. » Nous apprenons à connaître Jésus par la prière et par les sacrements. Dans son amour, dans sa présence, l’amour de Jésus est plus fort que tout. Jésus par sa croix est vainqueur de tout ce qui s’oppose à l’amour.

Nous demandons la grâce de comprendre l’amour de Dieu et de marcher à la suite de Jésus.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Va d'abord te réconcilier avec ton frère »

      Dieu a ordonné que les hommes soient pacifiques et en bon accord, qu'ils vivent « unanimes dans sa maison » (Ps 67,7 Vulg). Il veut que nous persévérions, une fois régénérés par le baptême, dans la condition où nous a mis cette seconde naissance. Il veut, puisque nous sommes enfants de Dieu, que nous demeurions dans la paix de Dieu et, puisque nous avons reçu un même Esprit, que nous vivions dans l'unité du cœur et des pensées.

      C'est ainsi que Dieu ne reçoit pas le sacrifice de l'homme qui vit dans la dissension. Il ordonne que l'on s'éloigne de l'autel pour se réconcilier d'abord avec son frère, afin que Dieu puisse agréer des prières présentées dans la paix. Le plus grand sacrifice que l'on puisse offrir à Dieu, c'est notre paix, c'est la concorde fraternelle, c'est le peuple rassemblé par cette unité qui existe entre le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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Évangile et Homélie du Je 22 Fév 2018. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église

Chaire de saint Pierre, apôtre, fête
Saint(s) du jour : Bse Isabelle de France, vierge et fondatrice (1225-1270),  Bse Marie de Jésus (Émilie d'Oultremont), fond. († 1878)


Lectures de la messe

Première lecture (1 P 5, 1-4)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    les anciens en fonction parmi vous, je les exhorte,
moi qui suis ancien comme eux
et témoin des souffrances du Christ,
communiant à la gloire qui va se révéler :
    soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ;
veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré,
selon Dieu ;
non par cupidité mais par dévouement ;
    non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés,
mais en devenant les modèles du troupeau.
    Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs,
vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.

    – Parole du Seigneur.


Psaume 22 (23), 1-2b, 2c-3, 4, 5, 6

Le Seigneur est mon berger :
     je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
     il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
     et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
     pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
     je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
     ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
     devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
     ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
     tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
     pour la durée de mes jours.


 

Évangile (Mt 16, 13-19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe,
demandait à ses disciples :
« Au dire des gens,
qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent :
« Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ;
pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :
« Tu es le Christ,
le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :
« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :
ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela,
mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare :
Tu es Pierre,
et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :
tout ce que tu auras lié sur la terre
sera lié dans les cieux,
et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Cette question est au cœur de l’Evangile : elle constitue à la fois un sommet et une charnière. Un sommet car le cheminement des apôtres trouve ici son accomplissement dans une confession de foi en la Seigneurie divine de Jésus, reconnu par Pierre comme « Messie, Fils de Dieu ». Une charnière car après ce temps de discernement de la Personne du Christ, l’Evangile bascule vers l’autre versant, à savoir la controverse avec les chefs religieux, qui aboutira à la condamnation et à la mort du Seigneur.

Jésus ne pouvait avancer vers sa Pâque pour réaliser le salut du monde, qu’après s’être assuré que le sens de son sacrifice pourrait être discerné par toutes les générations à venir. Cette interprétation inspirée du mystère de la Croix est le grand trésor confié à l’Eglise, que Jésus fonde précisément sur la confession de foi de Pierre. Pourtant, ce même Apôtre trahira son Maître, et celui-ci le savait fort bien : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé. Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31-32). Les dons de Dieu sont sans repentance, car il ne choisit pas des hommes capables de réaliser ses projets, mais il appelle des pauvres, qu’il rend capables, à travers chutes et relèvements, d’accomplir la mission qu’il leur confie.

La confession de foi instaure entre Jésus et Pierre une nouvelle relation : « "Heureux es-tu", car ce n’est pas un discernement humain qui t’a conduit à cette parole, mais c’est parce que tu es "devenu enfant de Dieu" en "croyant au nom du Fils unique" (Jn 1,12), que tu as pu prononcer cette déclaration véridique ». Aussi, pour marquer sa naissance à la vie nouvelle, à la vie de fils du « Père qui est aux cieux », Simon se voit-il attribuer un nom nouveau, qui signifie son ministère de fondation de la foi de l’Eglise. Par sa confession, formulée dans l’Esprit Saint dont il s’est laissé illuminer, Pierre prend pied sur l’autre rive, auprès de Jésus ; il se tient sur le roc de la foi en la vérité, qui donne accès à la vie définitive.

C’est cette position nouvelle qui justifie le « ministère des clefs » du Royaume : Jésus ne donne pas à son apôtre un pouvoir arbitraire, mais il lui garantit que dans l’Esprit qu’il a accueilli, il ne saurait errer « en matière de foi et de mœurs ». Son discernement sera assuré de la même lumière divine qui vient de lui permettre de confesser la Seigneurie du Christ : « Lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité toute entière ; il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi » (Jn 16, 13-15).

« Et toi, que dis-tu ? Pour toi qui suis-je ? » Que l’Esprit Saint nous donne de proclamer la Seigneurie de Jésus ressuscité, de manière à « remporter nous aussi, quand se manifestera le Berger suprême, la couronne de gloire qui ne se flétrit pas »(1ère lect.).

Père Philippe

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«Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église»

Aujourd'hui nous célébrons la chaire de saint Pierre. Depuis le siècle IV, par cette célébration l'Église veut nous démontrer le fait que, comme un don de la part de Jésus à nous tous, l'édifice de son Eglise s'appuie sur le Prince de ses apôtres, et qu'il jouit d'une aide divine particulière pour mener à bout cette mission. Ainsi l'a manifesté le Seigneur en Césarée de Philippe: «Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église» (Mt 16,18). En effet, «Pierre seul est choisi pour être mis au devant des vocations de toutes les nations, au devant de tous les apôtres et au devant de tous les pères de l'Eglise» (Saint Léon le Grand).


Depuis le début, l'Eglise a bénéficié du ministère de Pierre de telle manière que Saint Pierre et ses successeurs ont présidé la charité, ont été source d'unité et plus spécialement, ils ont eu la mission de confirmer leurs frères dans la vérité. Une fois ressuscité, Jésus a confirmé cette mission à Pierre. Lui qui repenti au plus profond de lui d'avoir renié Jésus à trois reprises, avait pleuré devant Jésus, fait ici une triple déclaration d'amour: «Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez bien que je vous aime» (Jn 21,17). Et alors, Pierre voit avec soulagement que Jésus ne le considérait point indigne mais que par trois fois Il le confirme dans le ministère qu'Il lui avait confié auparavant: «Pais mes brebis» (Jn 21,16.17).


Cette puissance n'est pas du propre mérite de Pierre, comme ne l'était pas non plus sa déclaration de foi à Césarée de Philippe: «Ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux» (Mt 16,17). Il s'agit, effectivement, d'une autorité investie par une puissance suprême donnée pour servir. C'est pour cela que le Saint Père quand il signe ses écrits, le fait avec le titre honoraire de Servus Servorum Dei.


Pourtant, il s'agit d'une puissance pour servir la cause de l'unité basée sur la vérité. Nous devons beaucoup prier pour le successeur de Pierre, être attentifs à ses paroles et remercier Dieu de ce grand cadeau qu'il nous a fait.

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Barcelona, Espagne)

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Prière d'introduction

Ô Jésus, prie pour moi afin que ma foi ne sombre pas, pour que, lorsque je serai revenu de tous genres d’épreuves, je puisse affermir mes frères en ton Nom !

Demande

Une foi inébranlable dans le Père, le Fils, l’Esprit Saint, et en la sainte Église catholique !

Points de réflexion

1. « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »
Jésus pose une question à ses disciples concernant son identité. « À son peuple Israël Dieu s’est révélé en lui faisant connaître son nom. Le nom exprime l’essence, l’identité de la personne et le sens de sa vie. Dieu a un nom. Il n’est pas une force anonyme. Livrer son nom, c’est se faire connaître aux autres ; c’est en quelque sorte se livrer soi-même en se rendant accessible, capable d’être connu plus intimement et d’être appelé, personnellement. » (CEC 203) Le nom du Fils du Dieu vivant s’est révélé aux hommes dès le jour de sa circoncision par le nom « Jésus » (Lc 2, 21), ce qui veut dire « Le-Seigneur-sauve » (Mt 1, 21). Mais comment Jésus peut-il sauver les gens quand pour les uns il est « Jean le Baptiste », pour d’autres « Élie », pour d’autres encore, « Jérémie ou l’un des prophètes » ? « Dieu a créé l’homme raisonnable en lui conférant la dignité d’une personne douée de l’initiative et de la maîtrise de ses actes. "Dieu a ‘laissé l’homme à son propre conseil’ (Si 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, parvenir à la pleine et bienheureuse perfection." (GS 17) » (CEC 1730)


Les disciples savent répondre à la question au dire des gens, sauf qu’aucune des réponses n’a connu le Dieu-qui-sauve. Si ces gens-là avaient agi raisonnablement en prenant l’initiative de se renseigner auprès de Jésus, ce sondage sur l’opinion publique aurait-il été si faux par rapport à la vérité ? L’orgueil n’a pas besoin de dépendre du Créateur ou d’être racheté par un Sauveur ; la vanité a peur que les autres sachent qu’on en a besoin ; autrement, la paresse n’a pas envie qu’on illumine l’esprit. Mais au dire de Jésus, ces gens-là seraient-ils jugés morts spirituellement ? « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Jn 17, 3) Est-ce une question qui a intéressé ses disciples auparavant ? Pourquoi les avait-il envoyés en mission ? Savent-ils ce qu’ils font ?

2. « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Jésus est une Personne. Il s’intéresse aux personnes. Il attend que les autres reconnaissent la vérité de sa Personne. Et plus que les affirmations anonymes des êtres humains à la « troisième personne », il cherche à trouver la vérité de sa Personne dans les cœurs de son entourage, à ceux auxquels il s’adresse à la « deuxième personne », en les suscitant à la « première personne » par une relation directe qui parle par son humanité, Cœur à cœur. « Dieu appelle chacun par son nom (cf. Is 43, 1 ; Jn 10, 3). Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l’icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte. » (CEC 2158) Pour lui, les hommes qu’il appelait « Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote », il les connaissait comme ses « Apôtres » (Mt 10, 2-4), il leur enseignait que de témoigner en son Nom serait souvent un signe de contradiction, « ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10, 20). Mais ses disciples ont-ils compris d’où venait leur vocation, leur mission dans cette nouvelle fraternité parmi les hommes, au service du Fils de l’homme ? « Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

3. « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre (…) ».
En l’appelant « le Fils du Dieu vivant », Simon-Pierre touche la vérité profonde de cet homme Jésus, sa Personne divine, le caractère de ce « Fils », la Personne de la Sainte Trinité qui procède du « Père », en communion avec « l’Esprit Saint », dont le titre « Christ » en est le signe. Comme le jour du baptême du Seigneur quand le Père avait proclamé sous le signe de l’Esprit, « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 3, 17), Jésus confirme la foi de Pierre qui le divinise, qui le fait aussi « fils du Père » par cette grâce, fils de Notre Père. « Par cette onction, le confirmand reçoit "la marque", le sceau de l’Esprit Saint. Le sceau est le symbole de la personne (cf. Gn 38, 18 ; Ct 8, 6), signe de son autorité (cf. Gn 41, 42), de sa propriété sur un objet (cf. Dt 32, 34) – c’est ainsi que l’on marquait les soldats du sceau de leur chef et aussi les esclaves de celui de leur maître – ; il authentifie un acte juridique (cf. 1 R 21, 8) ou un document (cf. Jr 32, 10) et le rend éventuellement secret (cf. Is 29, 11). » (CEC 1295) En nommant Simon « Pierre » et en lui confiant les clés du Royaume des Cieux, il établit son identité sur la terre comme au ciel : lui sera par vocation son vicaire, en exigeant l’obéissance de foi de son Épouse l’Église par son charisme d’autorité, laissé à ses successeurs les papes, dont les fidèles répondront au Sauveur à leur tour : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Dialogue avec le Christ

Ô Bon Berger, tu as dit à tes disciples, « je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10, 14-15) Concède-moi la grâce de te connaître et Celui qui t'a envoyé, en donnant ma vie en témoignage !

Résolution

Dans un acte de communion spirituelle avec tous les croyants, prier le Credo avec réflexion, en renouvelant mes actes de foi dans le Père, le Fils, l’Esprit Saint et en la sainte Église catholique.

Père Shane Lambert, LC

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"Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

Nous fêtons aujourd’hui « la chaire de Pierre. » C’est après une nuit entière passée en prière que Jésus désigne ses disciples. Cette prière s’exerce dans l’humilité, c’est la prière du Fils bien-aimé du Père. Elle est faite par Celui qui ne fait qu’un avec son Père. A Césarée de Philippe, Jésus demande à ses apôtres ce que les gens disent de lui. Il ne semble pas être surpris par les opinions des gens, il ne s’attarde pas à les démentir. Un saut qui ne vient pas de la chair ni du sang, mais qui est un don de Dieu, sera à réaliser par les disciples. Nous avons conscience que la foi est une réalité toute intérieure, une fidélité à ce que nous dit l’Esprit Saint. Il nous faut aussi l’accueillir avec une lumière intérieure qui naît de la foi. Ceux qui ont fait ce saut de la foi sont surpris d’avoir pu vivre aussi longtemps sans la lumière et la force qui proviennent de la foi en Jésus. Elle nous donne une relation personnelle avec Dieu. Chacun découvre Jésus par des voies bien différentes. Jésus demande aux disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » C’est à partir de sa pauvreté que Pierre reconnaît Jésus.

"Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Jésus corrige en profondeur l’idée de Messie considéré comme un chef politique. Jésus de Nazareth est le Messie attendu. Une assurance étonnante est donnée à Pierre. Quelles que soient les tempêtes, nous aurons en lui un roc inébranlable. Pierre sera témoin de la Passion du Christ, il communiera à la gloire qui va se révéler. Il comprendra que la conversion de l’humanité se fait à partir de « l’intérieur. » Il nous faut, à la suite de Jésus et dans son Amour, convertir nos forces de mort en forces de vie. La tendresse de Jésus transparaît à travers les paroles pleines de miséricorde qu’il adresse à Pierre. La foi est un Don de Dieu qui demeure et Pierre aura la mission d’affermir ses frères. Les gens ont encore les opinions les plus diverses au sujet de Jésus : un prophète, un grand maître, une grande personnalité. La situation n’a pas changé. Le fondement de la primauté de Pierre est bâti sur la faiblesse.

Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » La confession de sa foi en Jésus sera un trait particulier qui valut à Symon le surnom de Pierre. La foi de Pierre, qui est la foi de l’Église, est un Don de Dieu qui demeurera. Pierre a cette mission d’affermir ses frères, d’établir la communion de l’Amour vainqueur de toutes peurs. Au bord du lac, à nouveau, Pierre sera devant la tendresse du cœur de Jésus. Devant la quantité de poisson prise, il se jettera à la mer pour rejoindre Jésus plus vite. Jésus lui dira : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Pais mes agneaux, pais mes brebis. » La transformation de l’amour se fait dans l’humilité du cœur. La communion va s’exprimer dans la différence des apôtres unis à Simon. Jésus invite le pêcheur de Galilée à devenir le Rocher sur lequel sera fondée l’Eglise. C’est à Pierre, si défaillant à certaines heures que Jésus confie son Eglise. Quelles que soient les tempêtes il sera un roc inébranlable. L’Eglise sera dans une assurance étonnante. « J’ai prié pour toi pour que ta foi ne sombre pas. » Pierre est témoin de la Passion du Christ, il communiera à la gloire qui va se révéler.

Nous demandons la grâce d’une foi de plus en plus vivante et confiante, adhésion à l’Amour infini.

Père Gilbert Adam

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« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église »

      C'est par une disposition semblable que saint Pierre et les autres apôtres constituent, par ordre du Seigneur, un seul collège apostolique, et que le pontife romain, successeur de Pierre, et les évêques, successeurs des apôtres, sont unis entre eux. Déjà la règle très ancienne selon laquelle les évêques du monde entier communiaient entre eux et avec l'évêque de Rome dans le lien de l'unité, de la charité et de la paix, et aussi les conciles rassemblés pour statuer en commun, après mûre délibération, sur certains points de grande importance, indiquent le caractère et la nature collégiale de l'ordre épiscopal. D'ailleurs, les conciles œcuméniques réunis au cours des siècles le confirment jusqu'à l'évidence. C'est ce même caractère que révèle déjà l'usage, introduit très tôt, de convoquer plusieurs évêques pour les faire participer à l'élévation du nouvel élu au ministère du sacerdoce suprême. On est constitué membre du corps épiscopal en vertu de la consécration sacramentelle et par la communion hiérarchique avec le chef du collège et avec les membres.

      Le collège ou corps épiscopal n'a cependant d'autorité que si on le conçoit comme uni à son chef, le pontife romain, successeur de Pierre, qui conserve intégralement sa primauté sur tous, tant pasteurs que fidèles. En effet, le pontife romain, en vertu de son office qui est celui de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l'Église, a sur celle-ci un pouvoir plénier, suprême et universel, qu'il peut toujours exercer en toute liberté. D'autre part, l'ordre des évêques, qui succède au collège des apôtres dans le magistère et le gouvernement pastoral, en qui même se perpétue le corps apostolique, uni à son chef le pontife romain et jamais sans ce chef, est également sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l'Église. Ce pouvoir ne peut être exercé qu'avec le consentement du pontife romain. C'est le seul Simon que le Seigneur a établi comme rocher et porteur des clefs de l'Église et qu'il a fait pasteur de tout son troupeau (Jn 21,15s) ; mais la charge de lier et de délier qui a été confiée à Pierre (Mt 16,19), on la voit également impartie au collège des apôtres uni à son chef (Mt 18,18 ; 28,16-20). Ce collège, en tant qu'il est composé de plusieurs membres, reflète la variété et l'universalité du Peuple de Dieu ; et en tant qu'il est rassemblé sous un seul chef, il signifie l'unité du troupeau du Christ.

Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l'Église « Lumen gentium » §22

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Nos sources:

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Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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Évangile et Homélie du Me 21 Fév 2018.

   

Nous sommes le mercredi de la 1re semaine de Carême

Saint(s) du jour : St Pierre Damien, docteur de l'Église († 1072),  Bx Noël Pinot, prêtre et martyr (1747-1794)


Lectures de la messe

Première lecture (Jon 3, 1-10)

Lecture du livre du prophète Jonas

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas :
« Lève- toi, va à Ninive, la grande ville païenne,
proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive,
selon la parole du Seigneur.
Or, Ninive était une ville extraordinairement grande :
il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine
en proclamant :
« Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu.
Ils annoncèrent un jeûne,
et tous, du plus grand au plus petit,
se vêtirent de toile à sac.
La chose arriva jusqu’au roi de Ninive.
Il se leva de son trône, quitta son manteau,
se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre.
Puis il fit crier dans Ninive
ce décret du roi et de ses grands :
« Hommes et bêtes, gros et petit bétail,
ne goûteront à rien,
ne mangeront pas et ne boiront pas.
Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac,
on criera vers Dieu de toute sa force,
chacun se détournera de sa conduite mauvaise
et de ses actes de violence.
Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas,
s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ?
Et alors nous ne périrons pas ! »

En voyant leur réaction,
et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise,
Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

– Parole du Seigneur.

 


Psaume 50 (51), 3-4, 12-13, 18-19

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


 

 


Évangile (Lc 11, 29-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Tout au long de cette première semaine du carême, l’Eglise nous aide à mieux découvrir qui Dieu veut être pour nous. Hier nous méditions sur le mystère de sa paternité bienveillante : nous ne suivons pas un tyran cruel et vindicatif qui nous entraîne au désert pour nous y supplicier ; mais un Père qui veut nous donner part à sa sainteté. La liturgie d’aujourd’hui prolonge ce thème en précisant l’extension universelle de cet amour et en suggérant les conséquences qu’une telle disposition entraîne pour nous.

L’histoire de Jonas est une des mieux connues de la Bible. Ce prophète atypique nous est somme toute bien sympathique ; peut-être en raison de son franc parler. Loin de s’offusquer de l’audace irrévérencieuse de son serviteur, le Seigneur tente patiemment de le ramener à de meilleurs sentiments. Mais pourquoi Jonas est-il rebelle au point de refuser le ministère que Dieu lui confie auprès des Ninivites ? Paradoxalement, ce n’est pas par manque de foi, mais tout au contraire parce qu’il a deviné que dans un excès de compassion, le Seigneur s’apprête à faire grâce à ces païens, qui ignorent pourtant tout du vrai Dieu.

Voilà ce qui pour Jonas fait scandale : le Dieu d’Israël n’a-t-il rien de mieux à faire que de s’intéresser à ces étrangers ? N’a-t-il pas suffisamment de souci avec son peuple ? Qu’a-t-il à envoyer ses prophètes en mission en terre païenne ? Au fil de la lecture, nous découvrons ainsi que le péché de Jonas, le motif de sa désobéissance, est de ne pas vouloir reconnaître à tous le droit de jouir de la bienveillance divine, dont il est le premier bénéficiaire. Mais en refusant que la paternité de Dieu s’étende à tous les hommes, il instaure une ségrégation au sein de l’humanité, et par le fait même il rejette la fraternité universelle voulue par le Créateur dès les origines.

Le rapprochement entre le passage de l’Evangile de ce jour et le récit de Jonas nous éclaire sur les raisons pour lesquelles les pharisiens demandent à Jésus « un signe ». Eux non plus n’acceptent pas que Dieu s’ouvre au monde païen, et ils récusent ce Rabbi qui joue au missionnaire. Depuis quand un prophète annonce-t-il un message de salut à des non-juifs et accomplit-il en leur faveur des miracles ? La dimension universelle de la compassion de Notre-Seigneur les scandalise : ils n’ont pas compris que Jésus est venu « pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52). Hélas, ce refus d’ouvrir leurs cœurs au-delà des frontières religieuses d’Israël, va se retourner contre eux, car en refusant de partager le pain de la réconciliation, ils s’excluent eux-mêmes du banquet de la miséricorde auquel le Père convie ses enfants.

Les habitants de Ninive étaient de grands pécheurs ; mais après avoir humblement fait pénitence, ils se réjouissent de participer à la vie même de leur Sauveur, et siègent avec lui « lors du jugement ». La reine de Saba était bel et bien une païenne, mais en accueillant humblement la Sagesse de Salomon - préfiguration du Christ - elle se trouve associée à la grande famille de Dieu, dont les fils aînés s’excluent par leur intransigeance.

La leçon est claire : celui qui refuse de partager la grâce du salut avec tous, sans exception, s’exclut lui-même de ce dont il voulait priver les autres. Plutôt que de ressasser ce qui nous sépare de nos « frères ennemis », levons plutôt les yeux vers celui qui nous rassemble : Jésus Christ, et vers celui qui nous appelle : Dieu son Père et notre Père. Ce n’est pas parce que nous sommes mauvais, qu’il nous faut reprocher à Dieu d’être bon ! Essayons plutôt de l’imiter afin d’« être saints comme lui-même est saint » (Lv 19, 2) : ouvrons tout grand les bras du pardon à tous nos frères, sans exception, « car si nous ne pardonnons pas aux hommes, à nous non plus notre Père ne pardonnera pas nos fautes » (Mt 6, 15).
Seigneur tu n’as que faire de mes holocaustes : ”le sacrifice qui te plaît, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé” (Ps 50) de repentir. Donne-moi la grâce d’une authentique contrition, que je puisse goûter, dans le pardon que tu m’accordes, la puissance régénératrice de ton amour de Père. Accorde-moi aussi de pouvoir me réjouir d’accueillir au sein de cette humanité nouvelle, reconstituée dans ta miséricorde, tous mes frères, sans exception - à commencer par mes ennemis.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération»

Aujourd'hui Jésus nous indique que le signe qu'Il va donner à la “génération mauvaise” est lui-même comme le “signe de Jonas” (cf. Lc 11,30). De la même façon comme Jonas s'est laissé jeter par-dessus bord afin d'apaiser la tempête et sauver les vies des marins, Jésus s'est aussi laissé jeter par-dessus bord pour apaiser les tempêtes du péché qui menacent nos vies. Et comme Jonas a vécu trois jours dans le ventre de la baleine avant d'être recraché ensuite sur le rivage, Jésus a aussi vécu dans le ventre de la terre avant de marcher en dehors du tombeau vide.
Le signe que Jésus va donner aux “mauvais” de chaque génération c'est le signe de sa mort et de sa résurrection. Sa mort, librement acceptée, c'est le signe de l'incroyable amour de Dieu pour nous: Jésus donna sa vie pour sauver la nôtre. Sa résurrection parmi les morts c'est le signe de son divin pouvoir. C'est le signe le plus puissant et émouvant jamais donné.

Mais Jésus est encore le signe de Jonas dans un autre sens. Jonas était une icône et un agent de conversion. Dans sa prédication, «Dans quarante jours Ninive sera détruite» (Jon 3,4) les Ninivites païens décident de jeûner et de se repentir, car tout le monde, depuis le roi aux enfants et animaux se sont couverts de la toile de jute et des cendres. Pendant les quarante jours du Carême, nous avons quelqu'un “beaucoup plus grand que Jonas” (cf. Lc 11,32) qui prêche notre conversion —Jésus lui-même— conversion qui devrait être aussi consciencieuse.
«Car Jonas était un servent», Saint Jean Chrysostome écrit en la personne du Christ, «mais moi je suis le Maître; et lui a été recraché par la baleine, mais moi Je suis ressuscité de la mort; et lui proclamait la destruction, mais mois, je suis venu en prêchant la Bonne Nouvelle et le Royaume».

Il y a une semaine, le Mercredi des Cendres, nous nous sommes couverts de cendres et chacun a entendu les paroles de la première homélie de Jésus, «Repentez-vous et croyez dans l'Évangile» (cf. Mc 1,15). La question pour nous c'est: Avons-nous déjà répondu avec une conversion profonde comme les Ninivites et avons embrassé cet Évangile?
Abbé Roger J. LANDRY (Hyannis, Massachusetts, Etats-Unis)
http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. (Cf. psaume 94, 8)

Demande

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. » (Psaume du jour 50, 12)

Points de réflexion

1. « (…) elle cherche un signe. »
Je cherche moi aussi des signes pour fortifier ma foi vacillante ; mais peut-être que je ne cherche pas les bons ! Si j’attends que telle chose se passe ou que tel évènement extraordinaire m’arrive, je peux très probablement attendre longtemps ! Quels sont les signes que tu mets sur mon chemin, Seigneur, à portée de vue ? J’ai l’impression que je cherche bien loin ce qui en fait est au plus profond de moi. Je pense à plusieurs moments de prières où je ne peux douter que tu étais présent. Je me rappelle des moments devant l’Eucharistie où, le souffle coupé, je me rendais compte qu’il y avait quelqu’un devant moi, qui m’écoutait, même sans voir ses yeux ni son sourire ! Faire mémoire de ta présence est essentiel ; tu le demandais au peuple d’Israël, et tu nous le demande.

Marie « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Lc 2, 19) Je pense aussi aux disciples d’Emmaüs (Lc 24, 15-32 : « Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître (…) Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l'un à l'autre : ‘’Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvraient les Écritures’’ ? » Mais lorsque Jésus leur explique et se manifeste dans l’Eucharistie, tout s’éclaire. Aujourd’hui, je peux moi aussi chercher de la lumière auprès des enseignements de l’Église et au pied de l’Eucharistie.

2. « Il ne lui sera donné que le signe de Jonas.»
Les disciples d’Emmaüs n’avaient pas reconnu le signe de la croix. Ils reviennent tout tristes après la crucifixion du Seigneur, oubliant sa promesse de ressusciter (« Nous espérions » Lc 24, 21). Jonas a passé trois jours dans le ventre de la baleine, image des trois jours durant lesquels le Christ fut enseveli. Jonas est sorti, « et il y a ici bien plus que Jonas ! » Le Christ a vaincu la mort et ne meurt plus. Quel autre signe que la Résurrection pouvons-nous demander ? Seigneur, que je ne cherche pas le signe qui d’après moi me convaincrait. Que je cherche plutôt à contempler les signes que tu m’as déjà donnés par milliers.

3. « Ils se sont convertis en réponse à la proclamation (…) »
Seigneur, quelle est la conversion que tu attends de moi ? Le message de Carême 2017 du pape François nous exhortait ainsi : « Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu de tout son cœur pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais car, même lorsque nous péchons, il attend patiemment notre retour à lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon. »

Dialogue avec le Christ

Jésus, merci pour ta Parole. Fais-la fructifier en moi s’il te plaît.

Résolution

Laissons Jésus inspirer en nos cœurs quelle action nous pouvons accomplir pour mettre en œuvre ce que chacun a contemplé. Par exemple, contempler la croix et demander à Jésus ce que ce signe signifie pour moi aujourd’hui.

Mélanie Duriez, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



"Comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas."
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Jonas est connu comme le prophète récalcitrant, et Jésus le mentionne comme signe aux autorités religieuses ! Jonas n’apprécie pas la mission que Dieu lui confie et il tente d’y échapper. Mais la tempête se déchaîne et le renvoie à sa mission. Jésus nous indique que le signe qu’il va donner, c’est lui-même, comme le “signe de Jonas.” Jonas s’est laissé jeter dans la mer pour apaiser la tempête et sauver les marins, Jésus s’est laissé crucifier pour apaiser les tempêtes du péché et nous redonner la vie d’enfant de Dieu. Comme Jonas a vécu trois jours dans le ventre de la baleine, Jésus a aussi vécu dans le ventre de la terre, avant de marcher, Ressuscité, hors du tombeau vide. Cela nous demande un travail d’interprétation ! Le signe que Jésus donne est celui de sa mort et de sa résurrection. Sa mort, librement acceptée, est le signe de l’incroyable amour de Dieu pour nous : Jésus donne sa vie pour sauver la nôtre. Sa résurrection d’entre les morts est le signe du pouvoir de l’Amour infini de Dieu.
"Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon." La reine de Saba a pris la sagesse de Salomon au sérieux et elle a fait un long et dangereux voyage pour aller l’écouter. Nous recevons le signe de Jonas et celui de la reine de Saba comme un encouragement à cheminer patiemment à la suite de Jésus, malgré notre faiblesse. Jésus conduit notre histoire, il annonce le Royaume. Il apaise nos cœurs blessés, il libère nos consciences culpabilisées. Jésus nous relève, il accueille les rejetés. Si la conversion est une décision personnelle, elle est aussi une sagesse communautaire. La Parole de Dieu est notre Sagesse, elle nous renouvelle comme elle renouvelle la vie de nos Communautés. Le Carême nous est donné pour ouvrir nos cœurs en cheminant vers Pâques. Nous nous laissons plonger dans la Vie de Jésus, dans sa Passion et dans sa Résurrection. Nous avons besoin d’un surcroît d’humanité ! Tellement de nos freres se trouvent dans une situation de vide, de manque de l’essentiel !

"Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. Toute l’humanité est appelée à la conversion. Dieu exprime sa bonté miséricordieuse envers tous et envers chacun. Cette miséricorde sauvera le monde qui accueille Jésus. Le signe qui nous est donné aujourd’hui, c’est Jésus, le Sauveur. Notre vie est le lieu de notre sainteté. Notre chemin de vie avec Dieu est la voie de notre salut. Jésus nous appelle à l’ouverture et à l’accueil de Dieu qui est passionné de l’humanité pour lui faire partager sa divinité ! Laissons-nous surprendre par Dieu qui veut pour nous la vie. Pendant ces quarante jours de Carême, Jésus est lui-même notre signe ! Il est venu, il a aimé notre monde, il a souffert pour lui, pour chacun de nous ! Il a donné sa vie pour que le monde ait la Vie. Jésus nous transforme car nous sommes « vide » de Dieu. En nous donnant le Pain de Vie Jésus dit : « Prenez, mangez c’est mon Corps ! » En prenant la Coupe : « Prenez, buvez c’est mon sang ! » Nous recevons cette Vie nouvelle pour vivre humblement au service les uns des autres.

Nous demandons la grâce de croire plus profondément que Jésus nous aime !

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Jonas, une figure du Christ

       Si Jonas est une figure du Seigneur, et évoque par son séjour de trois jours et de trois nuits dans les entrailles du cétacé la Passion du Sauveur, sa prière aussi doit être une expression de la prière du Seigneur.

      « Je suis rejeté de devant tes yeux. Mais je reverrai ton saint Temple. » (Jon 2,5) Quand j’étais avec toi, jouissant de ta lumière, je ne disais pas : je suis rejeté. Mais, une fois au fond de la mer, et enveloppé de la chair d’un homme, je prends les sentiments d'un homme, et je dis : je suis rejeté de devant tes yeux. Cela, je l’ai dit en tant qu’homme ; et la suite, je le dis comme Dieu, Moi qui, étant dans ta condition, ne me suis pas prévalu de mon égalité avec toi (cf Phil 1,6), parce que je voulais élever à toi le genre humain. « Mais je reverrai ton saint Temple ». Ainsi le texte de l’Évangile dit-il : « Père, glorifie-moi auprès de toi en m’accordant la gloire que j’avais avant que le monde existât. » (Jn 17,5) et le Père répond : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai » (Jn 12,28). L’unique et même Seigneur demande en tant qu’homme, promet en tant que Dieu, et il est sûr de la possession qui fut toujours la sienne.

      « Les eaux m’avaient entouré jusqu'à l’âme, l’abîme me cernait » (Jon 2,6) Que l’enfer ne m’emprisonne pas ! Qu’il ne me refuse pas la sortie ! Librement j’ai fait la descente, que librement je fasse l’ascension. Je suis venu captif volontaire, je dois libérer les captifs pour que soit accompli ce verset : « montant dans les hauteurs, il a emmené les captifs. »(Ps 68,19 ; Ep 4,8) Ceux-là en effet qui auparavant étaient captifs dans la mort, lui les a conquis à la vie.

      « Et le Seigneur commanda au poisson, qui rejeta Jonas sur la terre sèche. » (Jon 2,11) Il est donc commandé à ce grand cétacé, aux abîmes et aux enfers de restituer le Sauveur à la terre ; ainsi Celui qui était mort pour libérer les détenus dans les liens de la mort, peut emmener avec lui une foule vers la vie.

Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église
Sur Jonas, II 2,5,6,11 (SC 43, trad vulgate et SC, rev.)

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Évangile et Homélie du Lundi 18 Fév 2018. C’est à moi que vous l’avez fait!

 

 


Lectures de la messe

Première lecture (Lv 19, 1-2.11-18)

Lecture du livre des Lévites

Le Seigneur parla à Moïse et dit :
« Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël.
Tu leur diras :
Soyez saints,
car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.

Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas,
vous ne tromperez aucun de vos compatriotes.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom :
tu profanerais le nom de ton Dieu.
Je suis le Seigneur.

Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas :
tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié.
Tu ne maudiras pas un sourd,
tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle :
tu craindras ton Dieu.
Je suis le Seigneur.

Quand vous siégerez au tribunal,
vous ne commettrez pas d’injustice ;
tu n’avantageras pas le faible,
tu ne favoriseras pas le puissant :
tu jugeras ton compatriote avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple,
tu ne réclameras pas la mort de ton prochain.
Je suis le Seigneur.

Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur.
Mais tu devras réprimander ton compatriote,
et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui.
Tu ne te vengeras pas.
Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple.
Tu aimeras ton prochain comme toi- même.
Je suis le Seigneur. »

– Parole du Seigneur.

 


Psaume 18B (19), 8, 9, 10,15

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables.

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !


Évangile (Mt 25, 31-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
“Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront :
“Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.”

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
“Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi :
“Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra :
“Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Le Seigneur, dans l’Évangile de ce jour, nous parle
de son ultime venue dans la gloire, escorté de tous ses anges,
prenant place sur son trône de gloire (25,31-32), et distribuant à ses élus en héritage le Royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde (25,34).
Notre Seigneur nous dit surtout en quoi et pourquoi il veut régner en nos vies.

En premier lieu, parce qu’il est un Dieu d’amour qui ne veut donc régner que sur ceux et celles qui auront vécu dans l’amour.
Voici donc l’humanité tout entière appelée par le Fils de Dieu, créateur et sauveur du monde,
à répondre d’abord aux besoins les plus fondamentaux de l’homme.
Au droit à l’alimentation, contre la faim ou la malnutrition.
Au partage de l’eau, contre la soif et les drames de la sècheresse. À l’accueil fraternel, contre l’exclusion ou le rejet. Au vêtement et au logement, contre le froid et l’absence de toit. À la santé, par les soins et le soulagement des maladies.

On voit par là combien ces paroles du Fils de Dieu ont pu traverser les siècles et demeurent d’actualité. Il y a là, c’est sûr, quelque chose qui sera toujours primordial. On ne peut que se réjouir de ce que l’Église a fait – soyons justes – en tous ces domaines au fil des siècles ;
et de ce que le caritatif et l’humanitaire – soyons vrais –
soient aujourd’hui si bien relayés, souvent par des non-pratiquants ou des non-croyants.
Car là où est l’amour, là est Dieu, nous dit saint Jean.
Mais l’amour chrétien, et donc le Règne du Christ,
veut aller plus loin encore et atteindre au plus essentiel. « Les plus pauvres des pauvres, dit Mère Teresa,
ce sont les âmes mortes ».
Que serait ce Royaume promis en effet s’il se cantonnait
dans les limites et les insatisfaction d’ici-bas ?

Nous devons donc nous ouvrir aussi, et même plus encore,
à ceux qui ont faim de la foi qui nous sauve ;
soif de l’espérance qui nous met dans la joie et nous donne de tenir.
De ceux qui sont en attente de communion fraternelle,
puisque nous ne sommes plus des étrangers ni des hôtes, mais concitoyens des saints de la maison de Dieu. De ceux qui aspirent à être, comme promis, revêtus de lumière,
guéris du mal du péché et de la mort. Et libérés de la prison de l’enfermement des cœurs. Alors oui, quel Royaume d’amour, de lumière et de joie
déjà en devenir ici-bas et en perspective de vie éternelle !

Seigneur Jésus, donne-moi la grâce de faire passer ton amour et ta volonté avant tout. Aide-moi à lutter courageusement contre mes désirs impurs et mes envies égoïstes. Aide-moi à te donner la priorité dans ma vie et à le montrer concrètement en pratiquant la charité envers les plus faibles. Apprends-moi la charité ! Règne en moi par la charité. Christ notre Roi, que ton Règne vienne !

Père Philippe

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«Toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites»

Aujourd'hui on nous rappelle le jugement dernier, «lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges» (Mt 25,31), et on nous fait remarquer que donner à manger, donner à boire, habiller quelqu'un… deviennent tous des actes d'amour pour un chrétien, quand à travers elles il voit le Christ.
Saint Jean de la Croix nous dit: «Au soir de votre vie, vous serez examiné sur l'amour. Apprenez donc à aimer Dieu, comme il veut l'être et à vous détacher de vous-même». Ne pas faire quelque chose qu'on doit faire, en nous mettant au service des autres fils de Dieu, qui sont nos frères, revient à laisser le Christ sans ces détails d'amour dû: péchés d'omission.

Le Concile Vatican II, dans Gaudium et spes, en expliquant les exigences de la charité chrétienne, qui donne un sens au terme assistance social, nous dit: «De nos jours surtout, nous avons l'impérieux devoir de nous faire le prochain de n'importe quel homme et, s'il se présente à nous, de le servir activement: qu'il s'agisse de ce vieillard abandonné de tous, ou de ce travailleur étranger, méprisé sans raison, ou de cet exilé, ou de cet enfant né d'une union illégitime qui supporte injustement le poids d'une faute qu'il n'a pas commise, ou de cet affamé qui interpelle notre conscience en nous rappelant la parole du Seigneur: ‘Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait’ (Mt 25,40)».

Rappelons nous que le Christ vit à l'intérieur de chaque chrétien... et il nous dit: «Et moi, Je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28,20). Le Concile de Latran IV, définit le jugement dernier comme vérité de foi «Il viendra à la fin des siècles juger les vivants et les morts, tant les réprouvés que les élus qui ressusciteront tous avec leurs propres corps, afin de recevoir, selon leurs mérites bons ou mauvais: les réprouvés, la peine éternelle avec le diable; les élus, la gloire éternelle avec Jésus-Christ».

Demandons à la Vierge Marie de nous aider pour que nous servions son Fils à travers nos frères.

Abbé Joaquim MONRÓS i Guitart (Tarragona, Espagne)

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Prière d'introduction

« Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au dernier soupir de ma vie. Je vous aime, ô Dieu infiniment aimable, et j'aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer. Je vous aime, ô mon Dieu, et je ne désire le ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement. Je vous aime, ô mon Dieu, et je n'appréhende l'enfer que parce qu'il n'y aura plus la douce consolation de vous aimer. » (Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars)

Demande

Seigneur, donne-moi de te reconnaître, en mon intelligence et dans mon cœur, dans chacun de ces petits qui sont tes frères et mes frères ; donne-moi d'éprouver un amour ardent pour ceux qui souffrent humainement et spirituellement, qui sont dans la détresse, dans la misère et dans l'abandon.

Points de réflexion

1. Comment cet Évangile du jugement dernier, annonçant des perspectives aussi dramatiques que définitives – parmi toutes les paroles d'espérance – est-il compatible avec la miséricorde de Dieu qui est tout amour et toute bonté ? L'amour infini peut-il prononcer des sentences aussi sévères et de façon irréversible ? L'ère du Dieu vengeur n'a-t-elle pas été dépassée par Jésus-Christ ? Ce récit ne décrit-il pas au contraire une allégorie, sans intention de réalisme ?
Ces questions, tout à fait légitimes, doivent ouvrir notre âme et notre cœur à approfondir nos notions d'amour et de miséricorde divins. Dans le même contexte, le prophète Jérémie donne la réponse de Dieu : « Et pourtant vous dites : 'La conduite du Seigneur est étrange.' Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ? » (Jr 18, 25).
Car la conception que nous avons de Dieu ne peut provenir de nous-mêmes, de notre façon de penser, faisant Dieu à notre image et ressemblance. Lorsqu'en notre esprit surgit le : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » (Mt 16, 22), nous limitons la miséricorde et l'amour qui sont des actes ineffables du cœur de Dieu : depuis le sacrifice de soi sur la croix jusqu'au « Venez à moi » ou au « Loin de moi », Jésus exprime l'ardente miséricorde du Père. Il dit : « Votre péché, votre misère n'est pas indifférente à mes yeux. Je suis prêt à mourir pour vous afin de réparer les dégâts ; je suis même prêt à vous 'perdre' pour l'éternité, alors que vous étiez les bienvenus, puisque vous avez refusé mon amour crucifié. »
2. Par son discours, Jésus met nos vies dans la perspective de la fin des temps. Nous vivons une seule fois sur terre, ni deux, ni trois fois. Cependant, durant cette vie, nous avons une quantité indéfinie d'options et de possibilités pour venir à Jésus, pour l'aimer, pour l'accompagner, pour lui rendre visite, pour refléter sa miséricorde par nos petites œuvres de miséricorde, pour assimiler l'amour par nos petits actes d'amour.
Personne n'aime vivre dans l'obscurité ; les incarcérés qui ne voient jamais la lumière du jour sont très malheureux. D'autre part nous ne pouvons pas regarder directement le soleil, car cela nous aveuglerait immédiatement. Sur le plan moral et spirituel, une vie dans l'obscurité du péché nous rend malheureux. Quant à la lumière, le regard de notre intelligence et de notre cœur ne peut pas regarder Dieu sans voile, tant elle est forte. Mais petit à petit il peut s'habituer à cette lumière éblouissante de l'amour ; même l'œil physique, à travers des instruments, peut parvenir à scruter le soleil. Par nos œuvres de charité, par les mérites de Jésus, par le voile de l'humanité de Jésus, par le voile de la matière qui constituent les sacrements, nous pouvons voir Dieu.
Si, en revanche, nous sortons de nos cavernes d'égoïsme et d'iniquité, après avoir poursuivi des lumières artificielles de gloires mondaines, cette lumière d'amour divin nous sera insupportable, voire répugnante et on entendra en elle : « Allez-vous-en, loin de moi » ; et moi je dirai : « Elle est trop belle, elle est merveilleuse, mais pas pour moi – je ne peux pas. »
Cherchons donc à être ami de Dieu, en faisant le bien et en imitant le Christ, notre chemin de vie éternelle.

Dialogue avec le Christ
Toi qui as connu, ô Jésus, des tribulations sans pareil, rends mon cœur plus sensible et plus pénétré de la détresse, passant de l'apparent à la profondeur. En voyant au-delà d'une vie aisée les profondes plaies de l'incroyance, donne-moi un cœur missionnaire, transformé par l'Évangile, qui annonce, à tous mes frères ta Parole d'espérance.

Résolution
Accomplir des gestes de charité désintéressés. (« Que ma main droite ne sache pas ce que fait la main gauche. »)

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

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Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Dim 18 Fév 2018.

Première lecture

Alliance de Dieu avec Noé qui a échappé au déluge (Gn 9, 8-15)

Lecture du livre de la Genèse

Dieu dit à Noé et à ses fils :
« Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous,
avec votre descendance après vous,
et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous :
les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre,
tout ce qui est sorti de l’arche.
Oui, j’établis mon alliance avec vous :
aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge,
il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. »
Dieu dit encore :
« Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous,
et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous,
pour les générations à jamais :
je mets mon arc au milieu des nuages,
pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre.
Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre,
et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages,
je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous,
et tous les êtres vivants :
les eaux ne se changeront plus en déluge
pour détruire tout être de chair. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9)

R/ Tes chemins, Seigneur,
sont amour et vérité
pour qui garde ton alliance.
(cf. 24, 10)

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Deuxième lecture

Le baptême vous sauve maintenant (1 P 3, 18-22)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
le Christ, lui aussi,
a souffert pour les péchés,
une seule fois,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair,
mais vivifié dans l’Esprit.
C’est en lui qu’il est parti proclamer son message
aux esprits qui étaient en captivité.
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir,
au temps où se prolongeait la patience de Dieu,
quand Noé construisit l’arche,
dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes,
furent sauvées à travers l’eau.
C’était une figure du baptême
qui vous sauve maintenant :
le baptême ne purifie pas de souillures extérieures,
mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite
et il sauve par la résurrection de Jésus Christ,
lui qui est à la droite de Dieu,
après s’en être allé au ciel,
lui à qui sont soumis les anges,
ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

– Parole du Seigneur.

Évangile

« Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » (Mc 1, 12-15)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
(Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé.
Aussitôt l’Esprit le pousse au désert
et, dans le désert,
il resta quarante jours,
tenté par Satan.
Il vivait parmi les bêtes sauvages,
et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous
et croyez à l’Évangile. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

Poussé par l'Esprit (Mt 4,1), le Christ est allé au désert. Et, là, contre toutes ces adversités et ce redoutable Adversaire, il a opposé, en notre nom, sa divine résistance. Quelle espérance pour nous tous
que celle issue de ce combat singulier, où le Christ Nouvel Adam a triomphé du Prince de ce monde (Mt 4,4-10).

Oui, le Fils de Dieu, sur la terre, a voulu connaître, comme nous et pour nous, l'épreuve de la tentation. Il fallait que puisse enfin triompher ce don précieux entre tous de la liberté accordée aux hommes aux premiers jours du monde (Gn 3). Quel mystère de tendresse infinie et de compassion divine ! Non, le Christ Jésus ne nous a pas délaissés. En s'appuyant sur la seule lumière de l’Écriture, là où le peuple, au désert, par trois fois était tombé, lui, par trois fois, dans ce même désert, a triomphé. Il a même été tenté en tout, est-il écrit (He 5,15).
Nous pouvons donc triompher toujours si nous croyons en lui (1 Jn 5,4).

Reste que nous avions faim et soif. Faim de vie éternelle et soif d'amour infini. Il est donc allé jusqu'à la mort, Lui, la source de la Vie. À l'endroit même du lieu du crâne, sur ce roc aride évoquant le désert issu du Paradis, il a fait refleurir l'arbre sec de la croix. Et là, devant Marie, la Nouvelle Eve, Lui, le Nouvel Adam, honteusement mis à nu, brûlé au feu de l'agonie, il est littéralement devenu pain vivant (Jn 6,51). De son côté ouvert un sang immaculé a jailli, lavant nos tuniques de peau marquées par le péché (Ap 7,14). Ce jour-là, Nouvelle Épouse, l’Église est née (Ep 5,25-32).
Non-Aimée est redevenue Bien-Aimée (Os 2). Prenez, mangez, buvez, voici mon corps, voici mon sang. Et nous avons été rassasiés et désaltérés. Alors nos yeux se sont ouverts et nous avons vu que nous étions revêtus du Christ (Ga 3,27).
Que, par sa mort, nous avions la Vie. Un véritable accès à l'arbre de vie, nous faisant entrer dans la cité par les portes (Ap 22,14)
pour redécouvrir, en notre ville, notre premier jardin !

Seigneur, nous tous qui sommes nés de l'eau et de l'Esprit, c'est par ta croix, ô Christ, que nous sommes sauvés. Du désert au calvaire, merci de nous avoir relevés et guéris !

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Aussitôt l’Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan»
Aujourd'hui l'Église fête le premier dimanche de Carême. L'Évangile nous présente Jésus en train de se préparer à entrer dans sa vie publique. Il s'éloigne dans le désert où il passe quarante jours en priant et en faisant pénitence. Là il est tenté par Satan.
Nous devons nous préparer pour le Carême. Satan est notre grand ennemi. Il y a des personnes qui ne croient pas en lui, ils disent qu'il est un produit de notre imagination ou que c'est le mal en abstrait dilué chez les personnes et dans le monde. Non!
Les Saintes écritures parlent de lui à plusieurs reprises en tant qu'être réel et concret. C'est un ange déchu. Jésus le définit en disant: «Il est menteur et père du mensonge» (Jn 8,44). Saint Pierre le compare à un lion qui rugit: «Votre adversaire, le démon, comme un lion qui rugit, va et vient, à la recherche de sa proie» (1Pe 5,8). Et Paul VI nous enseigne: «Le démon est l'ennemi numéro un, c'est le tentateur par excellence. Nous savons que ce personnage obscur et perturbateur existe vraiment et qu'il continue à agir».
Comment? En mentant, en nous trompant. Là où il y a mensonge ou tromperie, il y a action diabolique. «La plus grande victoire du diable est de nous faire croire qu'il n'existe pas» (Baudelaire). Et comment nous ment-il? Il nous présente des actions perverses comme si elles étaient bonnes, il nous pousse à faire des choses mauvaises, et en troisième lieu, il nous suggère des raisons pour justifier nos péchés. Après nous avoir trompé, il nous remplit d'inquiétude et de tristesse. N'as-tu jamais ressenti cela?
Quelle est notre attitude devant la tentation? Avant: rester vigilant, prier et éviter les occasions de pécher. Pendant: résister directement ou indirectement. Après: si tu as gagné, il faut rendre grâce à Dieu. Si tu n'as pas gagné, il faut demander pardon et apprendre de cette expérience. Quelle a été ton attitude jusqu'à maintenant?
La Sainte Vierge Marie a écrasé la tête du serpent infernal. Demandons qu'Elle nous donne la force de surmonter les tentations de chaque jour.
Abbé Joan MARQUÉS i Suriñach (Vilamarí, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction
Je t’offre tout mon être, Seigneur, tout ce que je suis et tout ce que j’ai. Je suis entièrement à ta disposition en ce jour. Je viens à ta rencontre.
Demande
Ouvre mon cœur en ce premier dimanche de Carême, Seigneur, que je sois ouvert et disponible à l’appel que tu me lanceras aujourd’hui dans la prière.
Points de réflexion
1. Les quatre versets qui nous sont donnés en méditation en ce premier dimanche de Carême ont beau être brefs, ils sont chargés d’événements et de contenu ! Notre passage commence en disant qu’« aussitôt » l’Esprit Saint conduit Jésus au désert. Mais « aussitôt » après quoi ? Pourquoi un tel empressement ? Il faut lire ce qui précède pour comprendre que Jésus vient d’être baptisé dans le Jourdain par Jean. Les cieux s’ouvrirent et l’Esprit Saint fondit sur lui, à la manière des grands rois ou des grands prophètes qui, une fois oints, se virent envahis par l’Esprit. L’Esprit de Dieu est désormais celui qui habite Jésus et qui le conduit.
2. Où le conduit-il ? Pour commencer, au désert, afin d’affronter Satan. Marc emploie bien peu de mots pour décrire un combat inaugurateur de toute la vie et de toute la mission de Jésus : le combat décisif du bien contre le mal. On ne connaît pas l’issue de ce combat à ce tout début de l’Évangile. Il faudra le lire jusqu’au bout pour savoir que Jésus a vaincu la mort. Les quarante jours et quarante nuits passés dans ce désert associent Jésus à Moïse qui guida le peuple quarante ans dans le désert avant de les accompagner jusqu’à la frontière de la terre promise, c’est-à-dire jusqu’à les faire entrer dans une vie nouvelle. Ce chiffre évoque aussi Moïse et le grand prophète Élie qui passèrent tous deux quarante jours et quarante nuits à la montagne de Dieu, au Sinaï, où ils rencontrèrent Dieu. Jésus s’inscrit donc dans la lignée de ces saints hommes de Dieu. Pourtant, ce qui l’en différencie, c’est que Jésus mènera le dessein divin à son plein accomplissement, comme l’annonce le verset suivant : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est tout proche. » C’est cela « l’Évangile de Dieu » ou, traduisons, « la bonne nouvelle de Dieu ». La bonne nouvelle de Dieu nous est apportée par Jésus. Non pas en qualité de messager seulement, mais parce qu’il est lui-même cette bonne nouvelle ! Lui seul est en effet le Fils bien-aimé du Père, tel que la voix céleste l’a fait entendre lors de son baptême quelques lignes plus haut. En Jésus, en sa personne même, la bonne nouvelle nous est livrée, car le temps est accompli. Oui, en Jésus, en sa personne même, le royaume de Dieu est tout proche. Oui, il est là. Marc ne raconte pas l’événement de l’Incarnation du Fils de Dieu en tant que tel, mais il affirme bien qu’il est là, qu’il est venu marcher sur cette terre en proclamant l’Évangile de Dieu.
3. La bonne nouvelle, qui consiste en l’accomplissement des temps après de longs siècles d’attente et qui consiste en la proximité du royaume, ne peut être accueillie et reconnue pleinement dans nos vies sans que nous y répondions par deux attitudes : celle du repentir et celle de la foi. « Repentez-vous et croyez à l’Évangile », dit Jésus. Se repentir, c’est renoncer au mal qui nous tente, nous aussi, quotidiennement. Il ne suffit pas que Jésus gagne le combat décisif contre Satan si nous ne nous efforçons pas de l’y aider en menant le même combat dans notre propre vie. La deuxième exhortation de Jésus est, tout simplement, une exhortation à croire. Oui, croire en la bonne nouvelle de sa venue, de sa présence agissante en nous et autour de nous. Malgré les apparences souvent trompeuses et décourageantes, Jésus est là, tout proche. Il est toujours à l’œuvre. Ce temps de Carême est un appel à la confiance et à l’espérance. La foi nous fait savoir avec certitude que le mal a été vaincu, que la nuit fera place à la lumière d’un nouveau jour, que les larmes de tristesse seront remplacées par des larmes de joie. Jésus nous invite aujourd’hui à croire avec une confiance renouvelée, car il est tout proche.
Dialogue avec le Christ
Jésus, donne-moi de vivre ce temps de Carême dans la confiance. Je te confie toutes mes préoccupations pour les situations ou les personnes que je connais et qui me tiennent beaucoup à cœur (les nommer maintenant).
Résolution
Prier un Notre Père et un Je vous salue Marie avec foi en pesant chaque mot.
Emanuelle Pastore, consacrée de Regnum Christi

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"Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan."
Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. » Nous sommes introduits dans le temps du Carême par Jésus, mus par l’Esprit Saint, et vivant sous le regard du Père. C’est l’Esprit qui pousse Jésus au désert. L’envoi au désert est riche de sens car il est tout autant le lieu de l’épreuve, que celui de la rencontre avec Dieu. Jésus restera 40 jours au désert non seulement pour y être tenté, mais aussi pour célébrer l’alliance avec son Père. Ainsi, avec le Messie, s’instaure une nouvelle harmonie. Notre conversion va se poursuivre encore : Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. Nous voulons faire de notre vie un véritable acte de foi en l’Amour infini de Dieu. Entrés dans le mystère par la foi, nous allons grandir jusqu’à ce que notre foi célébrée dans la Foi de l’Église, devienne une foi personnelle. Baptisés nous participons déjà à la Résurrection du Christ. Ayant reçu le don de l’Esprit Saint à la Confirmation, nous approfondissons cette Vie nouvelle qui nous est donnée. Nourris du Corps et du Sang du Christ Jésus, nous vivons sans cesse en « Ressuscités. » Vivre de la résurrection de Jésus, c’est participer à la victoire de son Amour. Croire en vérité que la victoire de Jésus est notre victoire, c’est avancer plus avant dans la Vie du Royaume de Dieu.
"Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ;" il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche." Ce temps de désert nous est donné pour descendre dans nos profondeurs et pour y rencontrer Jésus. Marqués du sceau de l’Esprit Saint, nous pouvons entrer dans le combat de la foi. Jésus a pris notre condition humaine pour nous conduire à la plénitude de l’amour de Dieu. Jésus affronte le mal victorieusement et il annonce la Bonne Nouvelle. Dans ce temps favorable, nous demandons la grâce d’être victorieux de toutes les oppositions à l’amour. Notre humanité pécheresse ne cesse de rompre l’alliance avec Dieu. Jésus intervient sans cesse dans la puissance de l’Esprit Saint. Nous savons par expérience, que le « monde » est soumis au pouvoir du néant et du mensonge. L’humanité crie dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Pris par nos activités nous n’y pensons plus, mais dès que nous prenons un peu de solitude, nous nous trouvons face à ces foyers de guerre et de douleurs. Ces choses difficiles à supporter sont en nous, et hors de nous.

"Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Avec Jésus, menés par l’Esprit Saint, nous avançons dans l’attitude de l’enfant bien-aimé du Père sur un chemin de douceur et de tendresse. Dans toutes les tentations, nous passons en dessous des obstacles, humblement dans la douceur. Avec Jésus, par Lui et en Lui, pour nous retrouvons dans la tendresse de Dieu. Convertis, nous entrons dans la puissance d’Amour de l’Esprit Saint. L’écoute de notre conscience nous emmène à reconnaître et à nommer ce qui n’est pas ajusté à l’Amour du Père pour nous. Dans ce combat contre tout ce qui nous oppose à la vie divine, la lumière de l’Esprit Saint nous a donnée. L’ennemi se trouve à l’intérieur de nous, il s’exprime par notre « moi égoïste, orgueilleux, jouisseur, » soumis à des puissances obscures. Nous aurons le courage d’affronter l’adversité avec une demande d’aide de Jésus, humblement ! Nous ne sommes jamais seuls dans ce combat mené sous l’action de l’Esprit Saint. « Dieu Notre Père qui produit le vouloir et le faire, selon son dessein bienveillant, » nous rend victorieux.

Nous demandons la grâce de suivre Jésus dans l’humilité et la douceur.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

« En toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché » (He 4, 15)

 

      « Écoute, ô Dieu, ma plainte, sois attentif à ma prière... Des confins de la terre je crie vers toi ; mon cœur est dans l'angoisse » (Ps 60,2-3). Des confins de la terre, c'est-à-dire de partout... Ce n'est donc pas une seule personne qui parle ainsi ; et pourtant si, c'est une seule personne, car il n'y a qu'un seul Christ dont nous sommes les membres (Ep 5,23)... Celui qui crie des confins de la terre est dans l'angoisse, mais il n'est pas abandonné. Car c'est nous, c'est-à-dire son corps, que le Seigneur a voulu préfigurer en son propre corps...

      Il nous a symbolisés en sa personne quand il a voulu être tenté par Satan. On lit dans l'Évangile que notre Seigneur, le Christ Jésus, a été tenté au désert par le diable. Dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, car le Christ avait pris de toi sa chair pour te donner son salut, de toi il prenait sa mort pour te donner sa vie, de toi il subissait ses outrages pour te donner son honneur. C'est donc de toi qu'il prenait aussi les tentations, pour te donner sa victoire. Si nous sommes tentés en lui, en lui aussi nous triomphons du diable.

      Tu remarques bien que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu'il a remporté la victoire ? Reconnais-toi comme tenté en lui, reconnais-toi comme vainqueur en lui. Il aurait pu empêcher le diable de s'approcher de lui ; mais s'il n'avait pas été tenté, comment t'aurait-il enseigné la manière de vaincre dans la tentation ? C'est pourquoi ce n'est pas étonnant si, harcelé de tentations, il crie des confins de la terre selon ce psaume. Mais pourquoi n'est-il pas vaincu ? Le psaume continue : « Tu m'as établi sur le roc »... Souvenons-nous de l'Évangile : « Sur ce roc je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). C'est donc l'Église, qu'il a voulue bâtir sur le roc, qui crie des confins de la terre. Mais qui est devenu rocher pour que l'Église puisse être bâtie sur le roc ? Écoutons saint Paul nous le dire : « Le rocher c'était le Christ » (1Co 10,4). C'est donc sur lui que nous sommes bâtis. Et voilà pourquoi ce roc sur lequel nous sommes bâtis a été le premier à être battu par les vents, les torrents et les pluies lorsque le Christ a été tenté par le diable (Mt 7,25). Voilà la fondation inébranlable sur laquelle il a voulu t'établir.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Les Discours sur les Psaumes, Ps 60 ; CCL 39, 766 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 88 ; cf bréviaire, 1er dimanche de Carême)

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Évangile et Homélie du Sa 17 Fév 2018. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs pour qu’ils se convertissent


Nous sommes le Samedi après les Cendres

Saint(s) du jour : Sts Sept Fondateurs de l'Ordre « Servites de Marie »,  Bx Antoni Leszczewicz, prêtre et martyr (1890-1943)


Lectures de la messe

Première lecture (Is 58, 9b-14)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
Si tu fais disparaître de chez toi
le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires,
et si tu combles les désirs du malheureux,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera lumière de midi.
Le Seigneur sera toujours ton guide.
En plein désert, il comblera tes désirs
et te rendra vigueur.
Tu seras comme un jardin bien irrigué,
comme une source où les eaux ne manquent jamais.
Tu rebâtiras les ruines anciennes,
tu restaureras les fondations séculaires.
On t’appellera : « Celui qui répare les brèches »,
« Celui qui remet en service les chemins ».

Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat,
de traiter tes affaires pendant mon jour saint,
si tu nommes « délices » le sabbat
et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur,
si tu le glorifies, en évitant
démarches, affaires et pourparlers,
alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ;
je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays,
je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père.
Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

– Parole du Seigneur.

Psaume 85 (86), 1-2, 3-4, 5-6)

Écoute, Seigneur, réponds-moi,

car je suis pauvre et malheureux.
Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu,
sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi.

Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme !

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.


Évangile (Lc 5, 27-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus sortit et remarqua un publicain
(c’est-à-dire un collecteur d’impôts)
du nom de Lévi
assis au bureau des impôts.
Il lui dit :
« Suis-moi. »
Abandonnant tout,
l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ;
il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens
attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Lévi est « assis à son bureau du publicain ». Bien campé derrière sa table, il jouit de la stabilité qu’il s’est enfin acquis. Certes ce fut à force d’intrigues, de pots-de-vin et autres concessions, mais la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Il faut avoir la politique de ses ambitions. Cela n’a pas arrangé ses relations avec ses coreligionnaires, qui le considèrent comme un « collabo » ; mais lui au moins ne craint pas l’avenir : son compte en banque lui permettra de faire face à d’éventuels revers de fortune, voire de changements politiques. La position relative des acteurs de la scène en dit long : notre collecteur est assis ; il n’a pas besoin de se fatiguer en allant vers les autres : ce sont eux qui viennent à lui ; ils font même la queue pour poser leur argent sur la table derrière laquelle il préside. Il est craint de tous, car l’occupant romain laisse aux préleveurs des taxes la liberté de majorer les redevances et de s’approprier au passage les excédents, pourvu que le montant prévu tombe dans les caisses de l’empire. Lévi ne se prive pas de cette « tolérance », ce qui lui permet de mener un train de vie de grand Seigneur. Bref : tout va bien pour lui.

Mais alors, quelle mouche l’a piqué pour qu’il réponde tout de go à l’appel de ce Rabbi venu de Nazareth ? Il a suffit qu’il lui dise « suis-moi », pour qu’il « abandonne tout » ce qui lui avait coûté tant de patience, d’efforts et d’humiliations. Lui qui avait enfin acquis la sécurité dont il rêvait, le voilà qui « se lève et se met à suivre Jésus », ce Rabbi itinérant ! On ne sait d’ailleurs pas d’où il vient ce Jésus, lorsqu’il surgit sur l’avant-scène de la vie de Lévi, et notre collecteur sait encore moins où il va, et pour cause : « le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l’Esprit » (Jn 3, 8). Que s’est-il donc passé dans cet instant où les regards de ces deux hommes se sont croisés ? Nul ne le sait sinon Jésus et Lévi : le secret de cette rencontre fondatrice demeure scellé dans leur cœur à tous deux, tout comme le secret de la rencontre, de l’échange de regard, de l’appel qui a mis chacun de nous en route à la suite du Seigneur.

Si le temps de carême nous est donné en vue d’un nouveau départ à la suite de Jésus, alors il est important de faire mémoire de ces moments fondateurs dans lesquels nous avons rencontré le Seigneur, où il a posé sur nous son regard, où nous avons compris qu’il nous aimait, où il nous a appelés, et où enfin nous lui avons répondu, nous mettant à sa suite. Le parcours n’est bien sûr pas balisé : il est personnel pour chacun et nous ne sommes pas forcément passés par chacune de ces étapes de manière précise. La plupart d’entre nous ont reçu la foi dans le contexte familial ; mais nous avons tous vécu des moments d’appropriation personnelle de ce qui nous avait été transmis. C’est de cela qu’il est bon de se remémorer, afin de pouvoir refaire, plus consciemment et plus pleinement, le choix de devenir disciple de Jésus.

Il est de bon ton aujourd’hui d’avoir son « gourou », son « Maître spirituel » ; chrétien souviens-toi que tu n’es pas en manque ! Ton Maître c’est le Christ, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le Fils de Dieu venu dans la chair pour nous entraîner à sa suite jusqu’en la maison du Père !

Lorsque nous aurons ainsi ravivé la flamme de notre désir, que nous nous serons nous aussi arrachés à nos fausses sécurités pour nous mettre en route avec un élan renouvelé sur le chemin de la vie, il sera bon d’ « offrir un grand festin dans notre maison » intérieure en prenant encore et toujours modèle sur Lévi. Il savait bien que ce n’était pas du « beau monde » qu’il avait invité, mais si le Maître ne l’avait pas repoussé, lui - bien plus : s’il était venu le chercher pour l’appeler à sa suite - il n’y avait aucune raison qu’il agisse autrement envers ses amis. Ce n’est pas une humanité idéale, mais notre humanité bien concrète que Jésus est venu réconcilier avec lui. Sachons donc l’accueillir dans tout ce que nous sommes : y a-t-il quelque chose en nous qui ne soit souillé par le péché ? Mais y a-t-il quelque chose en nous qui ne soit assumé dans l’humanité très sainte de notre Sauveur ? Lavé par son précieux Sang ? Sanctifié par son Esprit ? Oui : osons l’accueillir et lui faire la fête avec tout notre être, y compris ce qui en nous, nous fait honte : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent ».

Loué sois-tu, Seigneur Jésus, d’être venu marcher sur mes routes d’égarement et d’avoir croisé mon regard. Béni sois-tu pour ton appel qui se renouvelle chaque jour, alors même que je cherche obstinément à « faire mon trou » sur cette terre, au prix de compromissions inavouables. Viens encore me surprendre comme au premier jour de notre rencontre, prends autorité sur toutes mes résistances, et donne-moi la force dans l’Esprit de “tout abandonner, de me lever et de me mettre à ta suite”. Je pourrai alors te rendre grâce de tout mon cœur et m’offrir à toi dans la joie et la fraîcheur d’un nouveau départ pour la grande aventure de la vraie vie.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs»
Aujourd'hui nous voyons s'avancer la Carême ainsi que l'intense conversion à laquelle le Seigneur nous appelle. La figure de l'apôtre et évangéliste Matthieu est très représentative de tous ceux qui en sont venus à croire qu'à cause de leurs parcours, ou de leurs péchés personnels ou des situations compliquées, il est difficile que le Seigneur puisse les choisir comme collaborateurs.

Mais Jésus Christ, pour écarter tous nos doutes, nous présente comme premier évangéliste, Lévi, le collecteur d'impôts, à qui Il dit tout simplement: «Suis-moi» (Lc 5,27). Il fait avec lui juste le contraire de ce qu'une mentalité “bien-pensante” et “sensée” peu concevoir. Si, aujourd'hui, nous voulons paraître “politiquement corrects”, Lévi —par contre— venait d'un monde où il était rejeté par tous ses compatriotes, car, du fait d'être un publicain, il était considéré comme un collaborateur des Romains et peut-être aussi comme un escroc. En raison des “commissions” qu'il devait percevoir; comme quelqu'un qui pressurisait les pauvres pour lever les impôts; comme un pécheur publique, enfin.
Ceux qui étaient censés être parfaits ne pouvaient se rendre à l'évidence que Jésus ne songeât pas a leur demander de le suivre ou même à s’assoire a sa table.

Mais, en choisissant Lévi, Notre Seigneur Jésus Christ nous dit qu'il aime plutôt s'entourer de ce genre de personnes pour répandre son Royaume; Il a choisi les malades, les pécheurs, ceux qui ne se croient pas justes: «Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort» (1Co 1,27). Ce qui ont besoin des médecins, et surtout, ceux qui pourront bien comprendre que les autres peuvent en avoir aussi besoin.
Nous devons, donc, repousser la pensée que Dieu nous veut avec des états de service impeccables pour le servir. Cet état de service, Il ne l'a préparé que pour Notre Mère. Mais pour nous tous, soumis au salut de Dieu et protagonistes du Carême, Dieu veut un cœur contrit et humilié. D'ailleurs, «Dieu t'a crée faible pour pouvoir te donner son propre pouvoir» (Saint Augustin). Voila le type de personnes que, selon le psalmiste, Dieu ne méprise pas.

Abbé Joan Carles MONTSERRAT i Pulido
(Cerdanyola del Vallès, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, prends pitié de moi, je suis un homme pécheur, j’ai besoin de toi.

Demande

Que je vive sous ton regard, Seigneur.
Points de réflexion

1. Jésus remarqua un publicain.
Le Christ a vu Lévi. Imaginons un instant comment il l’a regardé. Dans cette scène d’Évangile, nous voyons un contraste entre le regard du Seigneur et le regard des pharisiens et des scribes sur les publicains et les pécheurs. Ils regardent les mêmes personnes, ils vivent un même moment. Et cependant quelle différence ! Apprenons du Seigneur à regarder notre faiblesse et notre péché et celui de notre prochain. Ce n’est ni un regard fuyant ou permissif, ni un regard accusateur. Jésus voit Lévi dans la vérité de son être, sans que ce soit une bonté mielleuse. Il nous voit tels que nous sommes et il voit notre potentiel, comment nous serions si nous étions pleinement heureux libérés de tout ce qui nous entrave.
Le Seigneur est Dieu de la vie. Et il veut que nous vivions. Comme disait le bienheureux Pier Giorgio Frassati, il s’agit de vivre, non de vivoter. C’est cela le salut de Dieu pour nous : que nous vivions en plénitude, totalement heureux ! Deux comparaisons peuvent nous aider à percevoir ce regard du Seigneur sur nous : le regard du médecin sur son malade et le regard du père ou d’une mère sur son petit enfant qui a fait une bêtise. Dans la première, le médecin veut la santé du patient, il n’aime pas sa maladie, il s’efforce de la lui enlever. Le patient ne se sent pas rejeté pour autant, loin de là ! Le médecin est là pour lui. Dans la seconde, les parents aiment leur enfant, et non la bêtise qu’il a commise. Celle-ci ne diminue pas l’amour qu’ils ont pour lui. Les parents voient plus loin ; ils voient leur enfant et la personne que leur enfant peut devenir pour être heureux et partager ce bonheur avec d’autres. Dans son regard, nous pouvons lire qu’il désire que nous nous convertissions et que nous vivions.

2. « Jésus sortit. »
Ce n’est pas un hasard que l’évangéliste inclut ce détail : « Jésus sortit ». N’est-il pas impressionnant que Dieu sorte à notre rencontre. Dieu lui-même vient à nous ! Le premier pas c’est lui qui le fait. On le voit en Jésus, Dieu fait homme pour être parmi nous ; on le voit ici avec Lévi ; et chacun de nous peut le découvrir dans sa vie : dans des moments plus exceptionnels et aussi dans la vie de tous les jours. L’amour que le Seigneur a pour nous est tel, qu’il ne peut rester sans bouger à nous regarder. L’amour, la force la plus puissante que nous ayons, est ce qui pousse le Christ vers nous. L’amour nous pousse à sortir de notre zone de confort, de sécurité, pour aller vers l’autre parce qu’il ne peut pas ou ne veut pas vivre sans cette personne. Et dans le cas de Dieu, c’est à tel point que s’il pouvait faire quelque chose de plus pour nous, il le ferait !

3. « ‘Suis-moi.’ Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. »
À ce regard, cet amour et cet appel du Christ, Lévi ne reste pas indifférent. Il se laisse toucher et prend la décision de vivre selon cet amour. Et une des conséquences est décrite ici : « Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison. » Nous pourrions appeler cette conséquence une joie contagieuse. Parce que c’est vivre avec une joie que rien ni personne ne peut nous enlever, et en inviter d’autres pour qu’ils la vivent aussi.
La joie est un fruit de l’Esprit (Cf. Gal 5, 22). Cela veut dire que lorsque l’on vit de la vie de Dieu, on est plein de joie. La joie vient du fait d’être rempli de ce dont on est appelé à être rempli, d’avoir ce qui est désiré. Or quel est notre désir le plus cher, le plus profond, le plus tenace ? N’est-ce pas d’être aimé et d’aimer ? Lévi a rencontré Jésus et dans cette rencontre il a fait l’expérience de l’amour que le Seigneur a pour lui, un amour réel, personnel, passionné, fidèle. Il a fait l’expérience, il n’en reste pas au niveau des idées. Comme dans la prière, il s’agit d’une rencontre entre Dieu et moi, non d’un monologue. Comme dans la vie, il s’agit de vivre avec le Seigneur, non d’une série d’obligations ou de traditions. Par cette rencontre, il se produit un grand changement dans la vie de Lévi, parce qu’il suit le Christ, il commence à partager sa vie et il découvre de plus en plus cette joie profonde, intérieure.

Dialogue avec le Christ

Tu me regardes, Jésus. Permets-moi de faire l’expérience de ton regard sur moi, de croiser ton regard.

Résolution

Quand je me préoccupe du regard des autres sur moi ou de l’image que je donne, me rappeler que le regard qui compte le plus sur moi est celui du Seigneur.

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



"Après cela, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait."

Levi abandonne tout, c’est une expérience si belle ! Il accueille la vie offerte à partir de l’appel de Jésus. Le suivre sera une si belle aventure. Cette relation nouvelle entraine aussitôt Jésus chez Lévi qui invite ses amis. Les publicains exercent leur métier au service de l’étranger qui occupe le pays, des païens. Jésus a regardé Mathieu qui demeure dans ce regard, il l’appelle. Jésus voit Lévi en profondeur, tel qu’il est, tel qu’il est capable de devenir encore. Son regard ne juge pas mais voit le réel et il lui dit : « Suis-moi. » Levi (Mathieu) qui était « traité » de pécheur et de voleur, le suit aussitôt. L’amour de Jésus rayonne la lumière de Dieu ! Cette lumière est passée dans la vie de Mathieu qui s’en trouve éblouie. Non seulement Mathieu reçoit la lumière, mais il redonne la lumière ! Cela surprend son entourage. La tendresse de Dieu réveille l’amour qui sommeille en attente dans le cœur de Matthieu.

"Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus est heureux de cette relation qui marque l’évolution de Lévi à partir d’un regard d’Amour. Lévi se surprend à ne plus regarder ses collègues de travail de la même manière, un amour s’est éveillé dans son cœur. Jésus est attentif, il observe chacun. Il voit cet homme en profondeur, tel qu’il est devenu, et tel qu’il est capable de devenir encore, tel qu’il aspire à être. Son regard ne juge pas mais voit le réel de nos vies avec bienveillance. Lévi ouvre sa table à Jésus et Jésus s’assoit avec lui, à la table des pécheurs. Avec Jésus, nous entrons dans une relation de profondeur avec Lui. Dans sa Lumière, personne n’essaye de faire bonne figure mais demeure avec ses failles et ses détresses. C’est une belle révélation dans notre nuit souvent privée d’étoiles. Un miroir dans la nuit reste opaque, mais si le soleil se lève, le miroir reçoit la lumière et la renvoie. Jésus met sa Lumière dans nos ténèbres, il met l’amour dans un monde de haine, sa Vérité dans un monde de mensonge. Nous voulons être rencontrés comme Mathieu, être rayonnants de cet amour et de cette lumière.

"Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent." Cette Parole s’adresse à chacun de nous, dans la foi. Nous voulons entendre la déclaration de Jésus qui exprime le meilleur de lui-même, sa tendresse miséricordieuse. Entrer en profondeur avec lui, avec tout ce que nous sommes, est indépassable. Nous sommes pauvres, mais disponibles pour vivre de sa parole, celle qui nous recevons de lui. Lévi s’est assis avec Jésus, c’est vraiment une Bonne nouvelle. Mais quel scandale pour les pharisiens et les scribes. Dieu répand au cœur de tout homme son Esprit d’amour. Jésus s’est fait homme, la grâce l’emporte sur le péché. Lévi quitte son métier pour Jésus, il accueille la vie à partir de cet appel. Pour nous aussi, en abandonnant tout, nous voulons suivre Jésus, nous nous abandonnons à lui pour une relation qui va nous faire évoluer et nous changer. Si nous sommes touchés par l’Amour de Dieu, toutes nos relations en seront transformées. Cet Amour prend corps en nous faisant naître de nouveau, nous rebâtirons l’œuvre de Dieu sur les ruines anciennes !

Nous demandons la grâce de « rayonner » l’Amour de Dieu à l’école de Jésus.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Suis-moi »

Le temps du Carême rappelle les quarante ans qu'Israël a passés dans le désert quand il était en marche vers la Terre Promise. Pendant cette période, le peuple a appris ce que signifiait vivre sous la tente, sans domicile fixe, dans une absence totale de sécurité. Bien des fois, il a été tenté de retourner en Égypte : là, au moins, il était sûr d'avoir à manger, même si c'était une nourriture d'esclaves. Dans la précarité du désert, c'est Dieu lui-même qui a fourni l'eau et la nourriture à son peuple et qui l'a protégé de tous les dangers. Ainsi l'expérience de dépendre totalement de Dieu s'est transformée pour les Hébreux en marche pour se libérer de l'esclavage et de l'idolâtrie des biens matériels.

      Le temps du Carême aide les croyants à revivre, dans un effort de purification personnelle, ce même itinéraire spirituel en prenant conscience de la pauvreté et de la précarité de l'existence, et en redécouvrant l'intervention providentielle du Seigneur, qui invite à ouvrir les yeux sur les besoins de nos frères les plus nécessiteux. De cette façon, le Carême devient aussi le temps de la solidarité avec les individus et les peuples des nombreuses parties du monde qui se trouvent en situation précaire...

      C'est de l'amour de Dieu que le chrétien apprend à secourir celui qui est dans le besoin...; il existe en effet une dimension plus élevée, indiquée par l'exemple du Christ lui-même : « Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête » (Mt 8,20). Il voulait exprimer ainsi sa disponibilité totale envers son Père du ciel, dont il voulait accomplir la volonté sans se laisser entraver par la possession de biens terrestres... Le Christ nous précède sur cette route. Sa présence est une force et un encouragement : il nous rend libres et nous fait devenir des témoins de son amour.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Message pour le Carême 1997 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

 

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