Nous sommes le vendredi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : Ste Agnès de Bohème, princesse et clarisse († 1282),  Ste Ángela de la Cruz, religieuse († 1932)


Lectures de la messe

Première lecture (Gn 37, 3-4.12-13a.17b-28)

Lecture du livre de la Genèse

Israël, c’est-à-dire Jacob,
aimait Joseph plus que tous ses autres enfants,
parce qu’il était le fils de sa vieillesse,
et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu’il leur préférait Joseph,
ses autres fils se mirent à détester celui-ci,
et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Les frères de Joseph étaient allés à Sichem
faire paître le troupeau de leur père.
Israël dit à Joseph :
« Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ?
Va donc les trouver de ma part ! »
Joseph les trouva à Dotane.
Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux,
ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Voici l’expert en songes qui arrive !
C’est le moment, allons-y, tuons-le,
et jetons-le dans une de ces citernes.
Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains.
Il leur dit :
« Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta :
« Ne répandez pas son sang :
jetez-le dans cette citerne du désert,
mais ne portez pas la main sur lui. »
Il voulait le sauver de leurs mains
et le ramener à son père.

Dès que Joseph eut rejoint ses frères,
ils le dépouillèrent de sa tunique,
la tunique de grand prix qu’il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne,
qui était vide et sans eau.
Ils s’assirent ensuite pour manger.
En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites
qui venait de Galaad.
Leurs chameaux étaient chargés d’aromates,
de baume et de myrrhe
qu’ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères :
« Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites
et ne portons pas la main sur lui,
car il est notre frère,
notre propre chair. »
Ses frères l’écoutèrent.
Des marchands madianites qui passaient par là
retirèrent Joseph de la citerne,
ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites,
et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

– Parole du Seigneur.


Psaume 104 (105), 4a.5a.6, 16-17, 18-19, 20-21

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu’il soit relâché,
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.


Évangile (Mt 21, 33-43.45-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !

Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélies et Méditaions du jour

« Et bien, quand le maître viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » La réponse ne se fait pas attendre : C’est la punition qui doit prévaloir jusqu’à les faire périr, qui plus est « misérablement ». Autrement dit, pas de pitié et la vigne se verra confiée à d’autres vignerons mieux intentionnés. Mais nous sommes ici dans une logique de mort. D’ailleurs, pas un mot dans cette réponse au sujet du « fils ». Les auditeurs de Jésus l’auraient-ils oublié ? Serait-il mort pour eux aussi ?

Pour Jésus, l’histoire ne peut se finir ainsi. Ce maître serait-il vraiment père s'il faisait si peu de cas de son fils ? La mort du fils ne saurait être le dernier mot, pas plus que la vengeance suggérée par les auditeurs. Le maître va tout au contraire se servir de la perversion des vignerons pour révéler que sa paternité est plus puissante que la mort infligée au fils. C’est la vie qui doit avoir le dernier mot. Au sein d’Israël, le refus de certains d’accueillir son Fils, permettra à notre Père céleste de révéler la toute-puissance de sa miséricorde, en construisant le Royaume sur la pierre rejetée, choisie comme pierre d'angle : « C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux ! »

Ce Royaume c’est l’Eglise du Christ, composée de Juifs et de païens convertis, qui est appelée tout comme Israël à porter un fruit de vie éternelle. Cette Eglise, nous en sommes membres depuis le jour de notre baptême. Ce jour-là, pour reprendre une autre allégorie de la vigne – que l’on trouve cette fois dans saint Jean -, nous avons été greffés sur le Christ, comme les sarments sur le cep de la vigne (Cf. Jean 15).

Comme le Père a envoyé son Fils dans le monde pour réaliser sa mission rédemptrice, de la même manière, le Christ nous envoie pour collaborer à son œuvre de Rédemption. Il est vrai que les fruits de notre sarment ne sont pas toujours immédiats ou visibles mais nous ne pouvons douter que si nous restons unis au Christ comme le sarment uni au cep, nous porterons un fruit qui demeure. Produire ainsi du fruit c’est rendre gloire à Dieu parce que c’est contribuer à la croissance de son Royaume de justice, de paix et de miséricorde.

Seigneur, la mission que tu nous confies dans l’histoire du salut n’est pas banale. Aide-nous à cultiver avec soin notre vigne pour qu’elle puisse produire un raisin doux et comestible pour nos frères afin qu’ils découvrent ta bonté, toi le maître de la vigne et le Seigneur de la Vie.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle»

Aujourd'hui Jésus, par la parabole des vignerons homicides, nous parle de l'infidélité; il compare Israël à la vigne et les chefs du peuple élu aux vignerons. C'est à eux et à toute la descendance d'Abraham que le Royaume de Dieu avait été confié, mais ils ont perverti l'héritage: «C'est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits» (Mt 21,43).

Au début de l'Évangile de Matthieu, la Bonne Nouvelle paraît adressée uniquement à Israël. Déjà dans l'Ancienne Alliance, le peuple élu a pour mission d'annoncer et de porter le salut à toutes les nations. Mais Israël n'a pas été fidèle à sa mission. Jésus, le médiateur de la Nouvelle Alliance, réunira autour de lui les douze apôtres, symboles du “nouvel” Israël, appelé à donner des fruits de vie éternelle et à annoncer à tous les peuples le salut.

Ce nouvel Israël, c'est l'Église, tous les baptisés. Nous avons reçu, en la personne de Jésus et de son message, un présent unique que nous devons faire fructifier. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une vie individualiste et fermée à notre foi; il faut la communiquer et en faire don à chaque personne qui s'approche de nous. Il en découle que le premier fruit est que nous vivions notre foi dans la chaleur de notre famille, celle de la communauté chrétienne. Ce sera facile, car «là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux» (Mt 18,20).

Mais il s'agit d'une communauté chrétienne ouverte, c'est-à-dire éminemment missionnaire (deuxième fruit). Par la force et la beauté du Ressuscité “au milieu de nous”, la communauté est attirante dans tous ses faits et gestes, et chacun de ses membres jouit de la capacité d'engendrer des hommes et des femmes à la vie nouvelle du Ressuscité. Un troisième fruit est que nous vivions avec la conviction et la certitude de ce que dans l'Évangile se trouve la solution à tous les problèmes.

Vivons dans la sainte crainte de Dieu, pour que le Royaume ne nous soit pas enlevé et donné à d'autres.

Abbé Melcior QUEROL i Solà (Ribes de Freser, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Merci, Seigneur, pour ce temps de prière. Apprends-moi à te parler avec régularité, à cultiver un amour quotidien, attentif, délicat. C’est dans les détails que je peux t’aimer et me laisser aimer par toi, plus que dans les grandes idées ou dans les grandes occasions.

Demande

Enseigne-moi à prendre soin des frères que tu m’as confiés.

Points de réflexion

1. Jésus reprend le thème de la vigne que nous retrouvons tout au long de l’Ancien Testament pour représenter le peuple d’Israël. Le peuple d’Israël a été confié aux « grands prêtres et aux anciens du peuple » mais ils n’en ont pas pris soin. Lorsque Dieu confie son peuple à des hommes, il sait parfaitement qu’il existe la possibilité que cela se termine mal. Et pourtant s’il continue de le faire c’est que le poids du bien accompli par les « bons pasteurs » est infiniment plus lourd que le mal des mauvais. Le Seigneur confie les hommes les uns aux autres : c’est la possibilité du mal, certes, mais c’est aussi la condition de l’amour. En fait tous ceux qui nous ont fait du bien sur notre chemin sont des bons pasteurs que le Seigneur a placés pour nous communiquer son amour, parfois à leur insu. Remercions le Seigneur pour ces bons pasteurs : parents, éducateurs, prêtres ou consacrées, collègues, amis, etc.

2. Le vrai problème de la vigne dans l’Ancien Testament est qu’elle ne porte pas de fruit, malgré tout ce que le Seigneur a fait pour elle. Le peuple d’Israël retourne sans cesse à ses idoles et oublie Dieu. Les vignerons sont désemparés, attendent le retour du maître avec frayeur, et ils tuent ses envoyés. Ne sommes-nous pas à la fois cette vigne inféconde et ces vignerons homicides ? Que faire face à cette vigne, la nôtre ou celle de ceux qui nous sont confiés, qui ne porte encore que si peu de fruit de sainteté ? Jésus donne la réponse : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle », mais il est encore plus explicite dans Jean 15 : « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » Jésus, le fils de la parabole, ne vient pas pour récolter des fruits en nous, il vient nous faire fructifier, il vient semer, il vient féconder notre cœur.

3. Tant que je veux être à l’origine du fruit de ma vigne je ne peux qu’échouer. Jésus me demande des fruits de vie éternelle, des actes de foi, de générosité, d’humilité, de service, d’attention, qui dépassent ma nature, qui sont surnaturels, extra-ordinaires. Seul le Christ peut porter ces fruits-là en moi. Et de même avec les personnes qui me sont confiées : c’est l’action du Christ en eux qui les fait grandir, pas ma génialité. Toute notre travail est donc d’être activement passifs, de nous rendre totalement disponibles à l’action de Dieu, de le laisser agir en nous. Que ferait Jésus à ma place ?... Le premier pas est l’écoute : dédier un temps au début de la journée pour laisser Dieu me parler, et un autre temps, le soir, d’examen de conscience, pour découvrir ce qu’il a voulu me dire dans ma réalité quotidienne. Et ainsi chaque jour, nous nous rendrons un peu plus disponibles aux fruits que Dieu veut porter en nous.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je te remercie pour toutes les personnes que tu as mises sur mon chemin. Aide-moi à prendre soin de ma vigne et de celle de mes frères. Tu es celui qui donne sens à la vie humaine, fais que nous te mettions au centre de nos vies.

Résolution

Prendre un temps de prière chaque matin et un temps d’examen le soir.

Frère Melchior Poisson, LC

http://www.regnumchristi.fr



« Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage."

Par cette parabole des vignerons homicides, Jésus s’adresse aux chefs des prêtres et aux pharisiens qui le contestent. Ils n’ont pas compris, en s’identifiant aux vignerons, qu’ils attestent que Jésus est le Fils de Dieu : "Mon bien-aimé avait une vigne, il y bâtit un plant de choix." Ce choix de Dieu, c’est le Peuple d’Israël. Jésus compare Israël à la vigne et ces chefs infidèles du peuple élu aux vignerons. C’est à eux et à toute la descendance d’Abraham que le Royaume de Dieu avait été confié, mais ils ont perverti l’héritage en se l’appropriant. Dans la première Alliance, le peuple élu avait pour mission d’annoncer le salut à toutes les nations. Jésus, le Sauveur de la Nouvelle Alliance, réunira autour de lui les douze apôtres, symboles du “nouvel” Israël, appelé à porter des fruits de charité fraternelle. C’est à nous tous que Jésus adresse cette Parole. La vie éternelle est annoncée à tous les peuples. Les gestes et les paroles de Jésus annoncent la cohérence nécessaire du culte avec la vie de foi. Le mystère de Jésus qui portera le Salut du monde dans sa Passion au milieu d’un Peuple qui le rejette est annoncé. Jésus a regardé un figuier sans fruits, symbole de ceux qui le rejette, il était desséché. Cette parabole nous dit le mystère de l’amour de Dieu bafoué par une partie de son Peuple.

"Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième… Comprenant qu’ils sont visés, les grands prêtres et les pharisiens cherchent à arrêter Jésus. Dieu voudrait contempler le reflet de son amour dans les yeux de ses petites créatures, or il n’y rencontre que jalousie et division, dispersion et de la haine ! La jalousie est meurtrièrement perfide, elle désunit et elle tue ! Le Peuple de Dieu est semblable à la tunique tissée sans couture de Jésus, elle sera tirée au sort par les soldats. Nous avons reçu, en la personne de Jésus et de son message, un présent unique que nous devons faire fructifier. Il nous faut le communiquer et en faire don à chaque personne qui s’approche de nous. Le premier fruit de cette Parole est la chaleur de la Parole d’Amour qui est à vivre dans notre foi, en famille, et en communauté. Jésus, par sa mort et par sa Résurrection, rétablit l’humanité dans l’amour infini de Dieu. C’est un amour qui dépasse tout.

"…Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils." Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ces grands prêtres et ces pharisiens cherchent la réponse à leur question sur l’autorité de Jésus, mais leur cœur est incapable de l’accueillir. C’est à eux que le Royaume de Dieu avait été confié. Jésus est l’envoyé du Maître de la vigne qui envoie son Fils. Au moment des vendanges, il rencontrera la jalousie du grand prêtre et l’accaparement des serviteurs ! Mais Dieu n’en finit jamais de prendre soin de son peuple. Nous sommes ce peuple qui a besoin que Jésus prenne soin de lui. Nous travaillons à la vigne de Jésus en invoquant sa miséricorde pour qu’il nous établisse dans des liens d’amour. Nous sommes ce nouveau peuple de Dieu qui va porter des fruits pour le Royaume, c’est l’amour surabondant de Dieu qui se traduit par l’accueil et le partage. Par la force et la beauté du Ressuscité “au milieu de nous”, la communauté doit être attirante dans tous ses faits et gestes. L’Esprit Saint donne ses dons, comme un secret d’amour. Jésus nous rétablit dans une relation filiale avec notre Père des cieux et dans une relation fraternelle avec nos frères.

Nous demandons la grâce de rendre grâce à Dieu pour tout l’amour dont nous sommes comblés.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent »

      « Je suis la vraie vigne, » dit Jésus (Jn 15,1)… On creuse des tranchées autour de cette vigne, c'est-à-dire on creuse des embûches par la ruse. Quand on complote pour faire tomber quelqu'un dans un piège, c'est comme si on creusait une fosse devant lui. C'est pourquoi il s'en lamente en disant : « Ils ont creusé une fosse devant moi » (Ps 56,7)… Voici un exemple de ces pièges : « Ils ont amené une femme adultère » au Seigneur Jésus « en disant : ‘Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ?' » (Jn 8,3s)… Et un autre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » (Mt 22,17)…

      Mais ils ont découvert que ces embûches ne nuisaient pas à la vigne ; au contraire, en creusant ces fosses, ce sont eux-mêmes qui sont tombés dedans (Ps 56,7)… Alors, ils ont encore creusé : non seulement les mains et les pieds (Ps 21,17), mais ils ont percé son côté avec une lance (Jn 19,34) et ont mis à découvert l'intérieur de ce cœur très saint, qui avait déjà été blessé par la lance de l'amour. Dans le cantique de son amour, l'Époux dit : « Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse » (Ct 4,9 Vulg). Seigneur Jésus, ton cœur a été blessé d'amour par ton épouse, ton amie, ta sœur. Pourquoi donc fallait-il que tes ennemis le blessent encore ? Que faites-vous, ennemis ?... Ne saviez-vous pas que ce cœur du Seigneur Jésus, déjà frappé, est déjà mort, déjà ouvert, et ne peut plus être atteint par une autre souffrance ? Le cœur de l'Époux, du Seigneur Jésus, a déjà reçu la blessure de l'amour, la mort de l'amour. Quel autre mort pourrait l'atteindre ?... Les martyrs aussi rient quand on les menace, se réjouissent quand on les frappe, triomphent quand on les tue. Pourquoi ? Parce qu'ils sont déjà morts par amour dans leur cœur, « morts au péché » (Rm 6,2) et au monde…

      Le cœur de Jésus donc a été blessé et mis à mort pour nous… ; la mort physique a triomphé un moment, mais pour être vaincue à jamais. Elle a été anéantie quand le Christ est ressuscité des morts, parce que « sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir » (Rm 6,9).-

http://levangileauquotidien.org

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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