Évangile et Homélie du Sam 03 Mars 2018. Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché ...

Nous sommes le samedi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : Ste Teresa Eustochio Verzeri, vierge et fond. († 1852),  Ste Cunégonde, impératrice, veuve, religieuse († 1033)


Lectures de la messe

Première lecture: Mi 7, 14-15.18-20

Lecture du livre du prophète Michée

Seigneur, avec ta houlette,
sois le pasteur de ton peuple,
du troupeau qui t’appartient,
qui demeure isolé dans le maquis,
entouré de vergers.
Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad,
comme aux jours d’autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d’Égypte,
tu lui feras voir des merveilles !

Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime,
pour passer sur la révolte
comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage :
un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère
mais se plaît à manifester sa faveur ?
De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde,
tu fouleras aux pieds nos crimes,
tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés !
Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité,
à Abraham ta faveur,
comme tu l’as juré à nos pères
depuis les jours d’autrefois.

– Parole du Seigneur.


Psaume 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse !

Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.


Évangile (Lc 15, 1-3.11-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Dans cette parabole qui est au cœur de l’Evangile de la miséricorde, Jésus nous révèle que le salut est le fruit de l’amour vivifiant d’un Dieu Père, qui persiste à nous considérer comme ses fils bien-aimés, quelles que soient nos rebellions (Eph 1, 5).

Dès les premières lignes, se pose un problème majeur : comment se fait-il que ce père, dont nous admirons les qualités humaines et spirituelles, ait « raté » à ce point l’éducation de ses deux fils ? Bien sûr je suis en train d’objectiver à outrance la parabole, mais ce questionnement peut nous amener à une découverte intéressante. Comment ne pas être sensible en effet à l’absence de mère dans ce récit ? Où est-elle passée ? Première réponse : le Dieu que Jésus met en scène est tout autant mère que père ; il est au-delà de cette distinction anthropologique. Certes, mais il n’en demeure pas moins que les fils ne semblent percevoir qu’une paternité étouffante, qui n’est pas tempérée par l’aspect féminin, maternel. Autrement dit, ils ne connaissent pas leur père, ou plutôt ils n’en connaissent qu’un aspect, et c’est ce déficit dans l’ordre de la connaissance qui explique leur comportement très dur envers cet homme plein de bonté. Reste à élucider la question : d’où vient leur aveuglement sur la véritable identité de ce père qu’ils côtoient quotidiennement ?

Peut-être faut-il remonter à un certain chapitre trois de la Genèse pour comprendre. Lorsque les Ecritures parlent de Dieu, ils le désignent toujours de deux termes conjoints : Yahve-Elohim. Le premier - le tétragramme sacré - désigne le « pôle » féminin, maternel en Dieu : sa miséricorde infinie, toujours disponible, sa tendresse compatissante ; le second désigne la polarité virile, paternelle : le Dieu digne de confiance parce que fidèle à ses engagements ; qui peut être exigeant pour ses enfants, car il s’engage à leurs côtés. La ruse du Serpent fut précisément de présenter un Dieu « amputé de moitié » : le Menteur ne parle à Eve que d’un Dieu Elohim, « oubliant » insidieusement les attributs de la tendresse et de la miséricorde, essentiels à la « carte de visite » du Dieu véritable : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Ex 34, 6). Il est certain que devant le « paternel divin » que lui suggère le Serpent, l’homme ne peut que prendre peur et « se cacher parmi les arbres du jardin » (Gn 3, 8).

Depuis le péché des origines, la blessure reste ouverte : nous portons tous au fond de nous-même une secrète peur de Dieu, qui représente sans doute le plus redoutable obstacle sur le chemin vers lui. Aussi longtemps que nous n’avons pas intégré les deux aspects de Dieu, nous demeurons divisés entre le désir de nous jeter dans ses bras, et l’angoisse de nous faire écraser, manipuler, tuer.

Vu sous cet angle, les deux fils du père de la parabole sont bien des enfants de notre race : marqués par le discours mensonger du Serpent, ils ne parviennent pas à faire confiance à ce père, qu’ils soupçonnent d’être un rival, jaloux de leur bonheur, et qui veut les empêcher d’accéder à la maîtrise du domaine familial. Le premier se révolte et demande sa part pour échapper une fois pour toute à la logique du don qui préside normalement aux relations familiales - et d’une manière générale aux relations d’amour - chacun trouvant sa joie dans la dépendance de l’autre, afin que dans le don et l’accueil réciproque se construise l’unité. L’autre reste à la maison, mais il y vit comme un mercenaire, un serviteur rémunéré et non comme un fils : il ne connaît pas davantage la gratuité de l’amour paternel.

Tous deux auront à vivre une démarche de conversion profonde. Le premier à travers un long détours qui le conduira jusqu’au plus profond de la déchéance humaine, avant de découvrir qu’il n’a jamais perdu sa dignité filiale dans le cœur maternel de ce père qui le réenfante dans ses entrailles de miséricorde. Le second à travers la méditation de ces paroles, que Jésus redira à son Père durant la prière sacerdotale du jeudi saint : « Tout ce qui est à moi est à toi ». A vrai dire Jésus ajoutera : « … comme tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17, 9). Le père de la parabole attend la réciproque de son aîné : alors seulement sa joie sera parfaite, lorsque ses deux enfants seront réunis avec lui dans une même communion d’amour.

Certes, la parabole nous parle avant tout de Dieu, de sa miséricorde inconditionnelle, de sa joie d’offrir son pardon et de son désir de rassembler dans une même fête tous ses enfants dispersés. Mais le récit souligne également comment la démarche de conversion de chacun s’inscrit dans une histoire personnelle : pour chacun de nous, ce n’est qu’au terme d’un long combat - contre les fausses images de la paternité, contre les conceptions erronées de la liberté, contre la violence de nos passions - que nous avons entrevu peu à peu la vanité de notre prétention à l’autonomie, et que nous avons envisagé un retour vers Celui dont nous pensions nous être définitivement affranchi. Nous aussi nous n’avons découvert la paternité de Dieu que dans l’étreinte du Père, blotti tout contre ses entrailles de miséricorde. Sachons faire mémoire, le cœur débordant de reconnaissance, de ces moments fondateurs de notre cheminement de foi.

Seigneur, aujourd’hui je veux faire ta joie ; non pas en prétendant faire des œuvres extraordinaires pour toi : elles ne le seraient vraiment que si tu les accomplissaient toi-même en moi ! Mais en t’offrant tout au contraire les actions auxquelles je suis sûr que tu n’as pas participé et dont je suis l’unique responsable ; celles que tu me demandes depuis si longtemps de te donner : mes péchés, mes nombreux péchés, qui me tiennent éloignés de toi. Et puisque « seul le pécheur est habilité à parler de toi » (Dom Louf), j’ose prendre la parole pour proclamer en action de grâce : « Y a-t-il un Dieu comme toi ? Tu enlèves le péché, tu pardonnes sa révolte au reste de ton peuple, tu ne t’obstines pas dans ta colère, mais tu prends plaisir à faire grâce. De nouveau tu nous montres ta tendresse, tu triomphes de nos péchés, tu jettes toutes nos fautes au fond de la mer ! » (1ère lect.).

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi»

Aujourd'hui, nous regardons la Miséricorde, la note distinctive de Dieu le Père, en ce moment où nous contemplons une Humanité orpheline, car elle —dans un oubli de sa mémoire— ne sait plus qu'elle est Fille de Dieu. Cronin parle d'un fils qui est parti de chez lui, qui a gaspillé tout son argent, sa santé, son honneur de famille et est allé en prison. Peu avant de reprendre sa liberté, il écrit chez lui en disant que si on le pardonnait il fallait accrocher au pommier qui donnait sur la voie ferrée un mouchoir blanc. Si le mouchoir était là il reviendrait à la maison sinon ils ne le reverraient plus jamais. Y aurait-il un mouchoir accroché au pommier? «Ouvre les yeux…! et regarde!», lui dit un compagnon. Il ouvre les yeux et reste bouche-ouverte, il n'y avait pas un mouchoir accroché au pommier… mais il y en avait des centaines!

Cela nous rappelle ce tableau de Rembrandt où on voit comment le fils qui revient, malade et affamé est accueilli par un vieillard avec deux mains différentes, l'une forte d'un père qui le serre fort, l'autre délicate d'une mère qui douce et affectueuse le caresse. C'est pareil pour Dieu, Il est Père et Mère…

«Mon père, j'ai péché» (Lc 15,21), nous aussi nous voulons dire cela au Père et sentir comment Il nous serre dans Ses bras au moment de la confession pour nous préparer à participer à la fête de l'Eucharistie. Ainsi, puisque: «Dieu nous attend chaque jour, comme ce père de l'Evangile attendait son fils prodigue» (San Josemaría), parcourons le chemin de retour avec Jésus jusqu'à notre rencontre avec le Père, où tout sera lumière: «Le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné» (Concile Vatican II).

Le sujet principal est toujours le Père. Demandons que le trajet à travers le désert du Carême nous amène à nous interroger intérieurement sur cet appel à participer dans le mystère de la Miséricorde Divine, puisque, après tout, la vie n'est que un retour vers le Père.

Abbé Llucià POU i Sabater (Granada, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Me voici pour te parler, Seigneur, et surtout pour t’écouter. Je m’approche de cet Évangile en sachant que tu veux m’y dire quelque chose pour aujourd’hui.

Demande

Seigneur, enseigne-moi ce que veut dire être « fils de Dieu ».

Points de réflexion

1. Dieu s’est révélé à nous comme Père, Fils et Saint-Esprit.
La relation de père à fils est la meilleure image pour comprendre qui est Dieu le Père pour le Fils et réciproquement. Un papa devient papa quand l’enfant naît, d’une certaine manière c’est l’enfant qui permet au père de devenir qui il est en tant que père. De même le fils est fils parce que son père lui a permis d’être fils. Les personnes de la Trinité sont des « relations subsistantes » : l’un se définit par les deux autres, et vice-versa. Benoît XVI écrit que le Père est « l’être pour », le Fils « l’être de » et l’Esprit Saint « l’être avec ». En nous approchant un peu de ce mystère nous comprenons mieux ce que représente l’éloignement du fils de la parabole. Jésus nous invite à devenir, en lui, les fils du Père, à « être de » Dieu. Le péché rompt de l’intérieur ce projet d’amour.

2. Le fils demande au père son héritage.
En grec le mot est « ousia » qui est un participe du verbe être. En demandant sa part d’héritage, plus que de l’avoir, il revendique son être. Il refuse d’être, « être de », d’être fils, de tout recevoir d’un autre. Il veut être pour lui-même. Le catéchisme de l’Église catholique dit que tout péché est un manque de confiance en la bonté de Dieu. Nous pensons que l’égoïsme et l’orgueil paient plus que le don de soi. Le péché du diable radicalise cette attitude : mieux vaut être maître de soi-même en enfer que serviteur des autres au ciel.

3. « Je me lèverai, j’irai vers mon père (…) »
Ce retour du fils au Père, c’est toute l’histoire du salut, et c’est aussi l’histoire de notre salut. Tout notre chemin de conversion permanente consiste à reconnaître que notre existence est un don gratuit reçu de Dieu, appelée à devenir don gratuit offert à Dieu et aux autres. C’est un chemin de conversion car notre faiblesse nous rend incapable d’atteindre cet idéal par nos propres forces. « Je me lèverai », notre conversion est une résurrection : par notre baptême, nous sommes ressuscités avec le Christ et nous sommes devenus enfants de Dieu. Cette nouvelle vie de fils est en nous, et les sacrements en sont la nourriture.

Dialogue avec le Christ

Merci, mon Dieu, de faire de moi ton enfant. Apprends-moi à me reconnaître dépendant d’un Père de qui je reçois tout.

Résolution

Remercier le Seigneur pour le don de la vie : en apprécier la beauté, la gratuité, la fécondité.

Frère Melchior Poisson, LC

http://www.regnumchristi.fr



…Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Aujourd’hui, dans une civilisation de consommation, la culture ambiante s’établit comme si Dieu était mort. Ce jeune fils qui demande sa part d’héritage, dit à son père de manière cachée : « Je te considère comme mort pour moi. » Quand nous sommes passés ainsi dans ces coutumes étrangères, il est difficile de ne pas les adopter. L’image de Dieu en nous s’estompe et disparaît de notre esprit. C’est alors que survient la famine pour cet homme qui voudrait manger ce que mangent les porcs ! Le jeune homme de l’Evangile est passé par un chemin de douleur. Comme lui, nous essayons de trouver une issue à nos questions existentielles. Il nous faut découvrir, en nous, cette partie cassée, qui a brisé l’unité de notre être. Nous avons du mal a considérer en nous la dynamique de la vie, là où retenti la joie du rassemblement, la joie de la réconciliation. Cette Parole de l’Evangile porte une plénitude de joie. La maison paternelle est remplie de la joie du père qui retrouvera son fils cadet. Nous demandons la grâce de la douceur, pour demeurer dans l’Amour.

"… Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. …Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Avant de rentrer à la maison, que de souffrance pour cet homme ! Il s’est dévalorisé, il se tient de côté, et il est prêt maintenant à tout accepter pourvu qu’il puisse vivre encore ! Quelle est sa surprise quand il s’aperçoit qu’il est resté vivant dans le cœur de son père, comme son unique. Il découvre dans cet accueil cette partie qui est la plus profonde en lui, silencieuse, qui ne cesse d’attendre, d’espérer, de croire que tout est possible malgré tout. Cette partie à la fois profonde et douce, patiente, au long des jours, nous maintient en vie ! C’est alors qu’il nous faut rebondir dans l’espérance devant l’epreuve. La maison paternelle est remplie de joie, celui qui était parti et revenu, il doit retrouver sa vraie place. Cette dynamique en attente est en chacun de nous. Nous sommes désireux de la joie des retrouvailles, de la joie du rassemblement, de la joie de la réconciliation.

"…Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé." Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Pour tenter d’être pleinement lui-même, et dans un excès de recherche de soi, le fils ainé s’est perdu, il a brisé l’unité de la vie. Dieu respecte notre choix, il se tient à la porte et ouvre son cœur plein de tendresse à son enfant qui est là. Il nous faut découvrir cette partie de nous qui s’est échappée de la communion. Nous découvrons alors en nous cette partie victime du départ de l’autre. Nous avons à retrouver l’unité de nous-même, où chacun peut vivre et reconnaître l’autre. Jésus nous rejoint en épousant notre nature humaine, il nous aide à revenir en nous-mêmes, comme l’enfant du Père qui aime gracieusement. Il nous rejoint dans cette partie qui, au long des jours attend. Cette partie douloureuse ne cesse pas de croire que tout est possible. C’est l’Esprit Saint nous donnera de nous reconnaître en profondeur pour vivre en bonne intelligence, dans la joie. Cette Parole porte en elle la plénitude de la joie du Père qui voudrait que la maison paternelle soit remplie par la joie de ses enfants retrouvés et rassemblés.

Nous demandons la grâce de la virginité du regard et la simplicité de l’amour.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Rentrant alors en lui-même, il se dit...: 'Ici je meurs de faim. Je vais retourner chez mon père' »

      « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt 5,5). Par cette parole le Seigneur veut nous faire comprendre que le chemin de la joie, c'est les pleurs. Par la désolation on va à la consolation ; c'est en perdant sa vie qu'on la trouve, en la rejetant qu'on la possède, en la haïssant qu'on l'aime, en la méprisant qu'on la garde (cf Lc 9,23s). Si tu veux te connaître toi-même et te maîtriser, entre en toi-même et ne te cherche pas au-dehors... Rentre donc en toi-même, pécheur, rentre là où tu existes vraiment : en ton cœur. À l'extérieur, tu es un animal, à l'image du monde...; au-dedans, tu es un homme, à l'image de Dieu (Gn 1,26), et donc capable d'être déifié.

      C'est pourquoi, frères, l'homme qui rentre en lui-même, ne se découvrira-t-il pas au loin, comme le fils prodigue, dans une région de dissemblance, dans une terre étrangère, où il s'assied et pleure au souvenir de son père et de sa patrie ?... « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9) Peut-être encore dans l'ombre pour ne pas te voir toi-même : tu couds ensemble des feuilles de vanité pour couvrir ta honte (Gn 3,7), regardant ce qui est autour de toi et ce qui est à toi, car tes yeux sont grand ouverts sur de telles choses. Mais regarde au-dedans, regarde-toi : c'est là que se trouve le plus grand sujet de honte...

      Il est évident, frères : nous vivons en dehors de nous-mêmes... C'est pourquoi la Sagesse a toujours à cœur d'inviter à la maison du deuil plutôt qu'à la maison du banquet (Eccl 7,3), c'est-à-dire de rappeler en lui-même l'homme qui était au-dehors de lui-même, en disant : « Bienheureux ceux qui pleurent » et dans un autre passage : « Malheur à vous qui riez maintenant » (Lc 6,25)... Mes frères, gémissons en présence du Seigneur : que sa bonté le porte à nous pardonner... Bienheureux ceux qui pleurent, non parce qu'ils pleurent, mais parce qu'ils seront consolés. Les pleurs sont le chemin ; la consolation c'est la béatitude.

Isaac de l'Étoile (?-v. 1171), moine cistercien

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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