Nous sommes au 5ème dimanche de Carême

Saint(s) du jour : St Cyrille de Jérusalem, évêque et docteur de l'Église,  Bse Celestina Donati, vierge et fondatrice († 1925)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –,
où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda
une alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’alliance
que j’ai conclue avec leurs pères,
le jour où je les ai pris par la main
pour les faire sortir du pays d’Égypte :
mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,
alors que moi, j’étais leur maître
– oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance
que je conclurai avec la maison d’Israël
quand ces jours-là seront passés
– oracle du Seigneur.
Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;
je l’inscrirai sur leur cœur.
Je serai leur Dieu,
et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,
ni chacun son frère en disant :
« Apprends à connaître le Seigneur ! »
Car tous me connaîtront,
des plus petits jusqu’aux plus grands
– oracle du Seigneur.
Je pardonnerai leurs fautes,
je ne me rappellerai plus leurs péchés.

– Parole du Seigneur.

Psaume 50 (51), 3-4, 12-13, 14-15

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Deuxième lecture (He 5, 7-9)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ,
pendant les jours de sa vie dans la chair,
offrit, avec un grand cri et dans les larmes,
des prières et des supplications
à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
et il fut exaucé
en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils,
il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection,
il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent
la cause du salut éternel.

– Parole du Seigneur.


Évangile (Jn 12, 20-33)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 20-33)

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Le Fils de l’homme va être glorifié ». Il nous faut essayer de comprendre ce que Jésus veut nous dire quand il parle de sa glorification. Au terme du miracle des noces de Cana, il nous est dit que Jésus « manifesta sa gloire ». Un peu plus tard, Jésus précisera qu’il ne reçoit pas la gloire des hommes mais de son Père (cf. Jn 5,41), alors que les hommes recherchent leur gloire les uns des autres. Seul le Père glorifie Jésus et la voix qui vient du ciel le confirme : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » (Jn 12,28).

Nous aurions tendance à associer au mot « gloire » la seule résurrection de Jésus. Car pour nous, la gloire d’un homme est dans ce qui est beau, étincelant. Mais pour Dieu, la gloire, c’est tout autre chose. La gloire de Dieu est la manifestation éclatante de sa Sainteté. Toute la vie de Jésus est gloire car elle dit Dieu au monde. Et le sommet de sa glorification est sur la croix car c’est dans son abaissement extrême qu’il manifeste au mieux l’amour de Dieu pour les hommes. Jésus est glorifié dans son humiliation, il est glorifié dans sa crucifixion car c’est par ce langage de la croix qui est scandale pour les juifs et folie pour les païens qu’il exprime au mieux l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Est-ce que nous nous rendons compte que, par cette seule parole – « l’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » – , Jésus est en train de bouleverser fondamentalement notre vision du monde, de nous-mêmes et de Dieu ? Dieu n’est pas visible dans ce qui brille aux yeux des hommes. Non, il est dans ce qui est caché, oublié, blessé.

Dieu n’est pas perceptible dans la gloire mondaine mais plutôt dans ce qui est humble. La croix est un signe paradoxal. Dans ce qu’il y a de plus abject se laisse voir la gloire de Dieu. « Nous voulons voir Jésus », demandaient quelques Grecs. Pour entrer dans le mystère pascal de Jésus, il faut abandonner tout regard habituel sur Dieu. On ne peut voir Dieu qu’à partir de Dieu et non de ce que nous voulons voir de Lui.

Cette page d’Évangile est donc une invitation à la contemplation. Pour entrer dans la grande Semaine Sainte, il nous faut plonger en Dieu par la prière. La liturgie de l’Église est cette médiation, comme l’ont été Philippe et André pour les Grecs, pour nous aider à voir Jésus. Par la prière, non seulement se révèle à nous le vrai visage de Jésus mais aussi notre propre visage.

Nous-mêmes, nous sommes en chemin de glorification. Notre heure ne cesse de venir. C’est l’heure de notre détachement de ce qui passe pour ne nous attacher qu’au Christ. En perdant notre vie, nous la gardons en vie éternelle. En communiant au sacrement du Christ glorifié en sa mort par son corps livré et son sang versé, nous sommes glorifiés avec lui.

Concluons avec l’apôtre Paul : «Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit» (2 Co 3,18). Telle est notre foi. Telle est notre espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit»

Aujourd'hui dans la dernière partie du Carême, l'Église nous propose cet Évangile afin de mieux nous aider à nous préparer pour le dimanche des Rameaux et vivre d'une manière profonde ces mystères importants de notre vie chrétienne. Pour un chrétien le Via Crucis est un "via lucis", la mort est une renaissance et mieux encore, pour vivre pleinement notre vie il faut mourir.

Dans la première partie de l'Evangile, Jésus dit à ses Apôtres: «si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit» (Jn 12,24). Saint Augustin fait le commentaire suivant: «Jésus s'appelle lui-même “grain” qui doit être sacrifié pour ensuite se multiplier; il devait être sacrifié à cause de l'infidélité des juifs et être multiplié pour la foi de tous les peuples». Le pain de l'Eucharistie, fabriqué à partir d'un grain de blé, se multiplie et se partage pour devenir la subsistance de tous les chrétiens. La mort du martyr est toujours féconde; c'est pour cela que, paradoxalement, ceux qui "aiment la vie", la perdent. Le Christ meurt pour donner du fruit par son sang: nous, nous devons l'imiter afin de ressusciter avec lui et, avec lui, donner du fruit. Combien donnent leur vie en silence pour le bien de leurs frères? A partir du silence et de l'humilité nous devons apprendre à devenir des grains qui meurent pour revenir à la vie.

L'Évangile de ce dimanche s'achève par une exhortation à marcher à la lumière du Fils exalté par-dessus tout sur terre: «…et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12,32). Nous devons demander au Bon Dieu que dans notre intérieur il n'y ait que lumière et qu'Il nous aide à dissiper les ténèbres. Maintenant, c'est le moment de Dieu, ne le laissons pas passer! «Vous dormez? Le temps qui vous a été donné passe!» (Saint Ambroise de Milan). Nous ne pouvons pas cesser d'être lumière dans notre monde. Comme la lune reflète la lumière du soleil, nous devons, nous aussi refléter la lumière de Dieu.

Abbé Ferran JARABO i Carbonell (Agullana, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Jésus, nous touchons presque à la fin de ce Carême. Dimanche prochain sera le dimanche des Rameaux. Et pourtant, Seigneur, après tous mes efforts de Carême, j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup changé. Comme avant, dès que je me mets à prier, que je te dis : « la prochaine demi-heure, je te la donne, elle est pour t’écouter et pour parler avec toi », aussitôt, toute une montagne de préoccupations me vient à la tête et tout me paraît plus important que de prier. Jésus, je t’en supplie, aide-moi à ne pas céder à la tentation ; aide-moi à rester en prière, même si le repassage ou le ménage paraît plus important. Jésus, rien n’est plus important que toi, aide-moi à te mettre à la première place dans ma vie – et surtout dans ce temps de prière.

Demande

Jésus, sois ma force dans l’épreuve, face aux difficultés et aux tentations.

Points de réflexion

1. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas (…) »
Que dit Jésus à ces Grecs de religion juive qui voulaient le voir ? Il leur enseigne un principe selon lequel pour donner la vie, il faut mourir. Jésus est sur le point de donner sa vie pour nous sauver (ce passage de l’Évangile se situe déjà après le dimanche des Rameaux), et il sait que ses disciples seront durement éprouvés. Que beaucoup perdront pied. Que la croix sera un scandale pour beaucoup. « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. » (Lc 22, 31) Pour cela, son enseignement majeur maintenant est la fécondité spirituelle qui ne passe que par le sacrifice. Ma vie n’aura de valeur que si je la donne. Et il en va aussi de la vôtre. Une vie égoïste, vécue uniquement pour soi-même, n’a pas de valeur. Un tel homme « reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » La vie humaine trouve son sens dans l’autre, lorsque l’on vit pour notre prochain.

2. « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. »
Cela semble tellement une contradiction, la croix semble tellement un non-sens, que Jésus confirme à ses disciples réunis autour de lui qu’il est bien Dieu. La voix du Père : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » est pour nous ; pour nous confirmer dans notre foi que Jésus est Dieu, que s’il est mort sur la croix, c’est parce qu’il l’a choisi. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la reprendre. » (Jn 10, 17-18)

Dialogue avec le Christ

Jésus, grain de blé tombé en terre pour nous sauver, tu as donné ta vie pour nous donner la vie, tu t’es fait pauvre pour nous enrichir par ta pauvreté. Aide-moi à comprendre un peu plus ce principe de la vie chrétienne. Aide-moi à être prêt, moi aussi, à souffrir pour toi et pour mon prochain. À embrasser la croix dans ma vie, comme les grands saints. Sainte Faustine disait que les anges sont jaloux de nous car nous pouvons souffrir pour Dieu. « Voyez, mes filles, disait sainte Thérèse d’Avila, ce que [le Père] a donné à celui qu’il aimait le plus [le Fils] ? […] Car ceux-ci sont ces dons en ce monde. […] Il verra que celui qui l’aime beaucoup sera capable de souffrir beaucoup pour lui. » Jésus, sois ma force face à l’épreuve et face à la croix, porte la croix avec moi, car seul je ne le peux pas.

Résolution

Face à une difficulté particulière, à un défi à vivre dans le domaine de la charité, par exemple, offrir ce sacrifice à Jésus et le prier de m’accompagner pour vivre ce sacrifice avec lui.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »

Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : "L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié." La mort est librement consentie pour Jésus. « Ma vie, personne ne me la prend ; c’est moi qui la donne, dit-il. » Cette mort sera une victoire sur la mort. « Ma vie, j’ai pouvoir de la livrer et j’ai pouvoir de la reprendre. C’est le commandement que j’ai reçu du Père. » Jésus va laisser venir sur lui la mort que les hommes lui préparent. Il accomplit le dessein du Père qui est de sauver toute l’humanité. La croix est folie pour les païens, scandale pour les juifs, mais elle est sagesse pour les croyants. Jésus nous libère de l’égoïsme de celui qui ne vit que pour soi. Il nous fait entrer dans la vie des uns pour les autres. Le printemps, la nature, est comme une préparation pour la compréhension de la fête de Pâque. Quelle joie pour une maman de donner la vie à son petit enfant nouveau né !

"Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Nous pouvons connaître des tourments pour suivre Jésus ! Nous comprenons alors son combat qui donne la vie. Jésus va se laisser tomber en terre. Du tombeau de Jésus, Dieu notre Père fera surgir la Vie. Il attire à lui l’humanité de tous les lieux et de tous les temps. Celui que les hommes ont élevé sur la croix, Dieu l’élève dans la gloire. Nous prenons la mesure de l’Amour qui donne à chacune de nos actions une grande fécondité. Que de dépassements dans ce chemin de vie, nous croyons que notre vie peut porter du fruit comme le chemin de Jésus, un fruit qui demeure en vie éternelle. Chaque fois que nous nous dépassons, que nous accueillons la vie avec amour, nous préparons le Royaume qui vient. Le petit acte que nous faisons, l’accueil d’une petite contrariété, sera une « étoile » qui brillera au ciel pour l’éternité.

"Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !" Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. Nous sommes entraînés dans le tourbillon de l’amour divin. Jésus entre pleinement, filialement, dans les vues de Dieu. Sa prière spontanée est aussi la nôtre, puisque Dieu nous a d’avance destinés à reproduire l’image de son Fils bien-aimé. Le disciple de Jésus, passera par la mort comme Jésus, pour gagner la vie. Jésus donne naissance à un amour infini, la vie divine en nous. Cette vie divine nous entraîne à une générosité, un accueil, un don de nous-mêmes toujours plus grand ! Jésus a aimé la vie humaine, mais il a voulu l’amener plus loin, pour nous montrer que le chemin que nous parcourons nous donne vie éternelle. Nous avançons vers Pâques. Nous savons que cette fête doit avoir pour nous un rayonnement à la suite de Jésus. Nous le laissons prendre possession de toute notre vie. A Gethsémani Jésus choisit la volonté du Père : « Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux. »

Nous demandons la grâce de comprendre le cri de Jésus, son véritable sens et sa fécondité.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15,13)

      Votre foi reconnaît quel est ce grain de blé tombé en terre et qui y meurt avant de porter beaucoup de fruit ; il habite en votre âme ; aucun chrétien ne doute que le Christ n'ait parlé de lui-même... Écoutez-moi, grains de blé sacrés qui sont ici, je n'en ai aucun doute..., ou plutôt écoutez par moi le premier grain de blé, qui vous dit : n'aimez pas votre vie en ce monde ; ne l'aimez pas si vous l'aimez vraiment, car c'est en ne l'aimant pas que vous la sauverez... « Celui qui aime sa vie en ce monde la perdra. »

      C'est le grain tombé en terre qui parle ainsi, celui qui est mort pour porter beaucoup de fruit. Écoutez-le, parce que ce qu'il dit, il l'a fait. Il nous instruit, et il nous montre le chemin par son exemple. Le Christ, en effet, n'a pas revendiqué sa vie en ce monde — il est venu pour la perdre, la livrer pour nous, et pour la reprendre quand il le voulait... : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre. Personne ne me l'enlève mais c'est moi qui la donne » (Jn 10,18).

      Alors comment, avec une telle puissance divine, a-t-il pu dire : « Maintenant, mon âme est troublée » ? Comment, avec une telle puissance, cet Homme-Dieu est-il troublé, sinon qu'il porte l'image de notre faiblesse ? Quand il dit : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre », le Christ se montre tel qu'il est en lui-même. Mais quand il est troublé à l'approche de la mort, le Christ se montre tel qu'il est en toi.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org



 

    

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