Évangile et Homélie du Dim 18 Mars 2018. Si le grain de blé tombé en terre meurt, il donne beaucoup de fruits

   

Nous sommes au 5ème dimanche de Carême

Saint(s) du jour : St Cyrille de Jérusalem, évêque et docteur de l'Église,  Bse Celestina Donati, vierge et fondatrice († 1925)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –,
où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda
une alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’alliance
que j’ai conclue avec leurs pères,
le jour où je les ai pris par la main
pour les faire sortir du pays d’Égypte :
mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,
alors que moi, j’étais leur maître
– oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance
que je conclurai avec la maison d’Israël
quand ces jours-là seront passés
– oracle du Seigneur.
Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;
je l’inscrirai sur leur cœur.
Je serai leur Dieu,
et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,
ni chacun son frère en disant :
« Apprends à connaître le Seigneur ! »
Car tous me connaîtront,
des plus petits jusqu’aux plus grands
– oracle du Seigneur.
Je pardonnerai leurs fautes,
je ne me rappellerai plus leurs péchés.

– Parole du Seigneur.

Psaume 50 (51), 3-4, 12-13, 14-15

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Deuxième lecture (He 5, 7-9)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ,
pendant les jours de sa vie dans la chair,
offrit, avec un grand cri et dans les larmes,
des prières et des supplications
à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
et il fut exaucé
en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils,
il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection,
il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent
la cause du salut éternel.

– Parole du Seigneur.


Évangile (Jn 12, 20-33)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 20-33)

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Le Fils de l’homme va être glorifié ». Il nous faut essayer de comprendre ce que Jésus veut nous dire quand il parle de sa glorification. Au terme du miracle des noces de Cana, il nous est dit que Jésus « manifesta sa gloire ». Un peu plus tard, Jésus précisera qu’il ne reçoit pas la gloire des hommes mais de son Père (cf. Jn 5,41), alors que les hommes recherchent leur gloire les uns des autres. Seul le Père glorifie Jésus et la voix qui vient du ciel le confirme : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » (Jn 12,28).

Nous aurions tendance à associer au mot « gloire » la seule résurrection de Jésus. Car pour nous, la gloire d’un homme est dans ce qui est beau, étincelant. Mais pour Dieu, la gloire, c’est tout autre chose. La gloire de Dieu est la manifestation éclatante de sa Sainteté. Toute la vie de Jésus est gloire car elle dit Dieu au monde. Et le sommet de sa glorification est sur la croix car c’est dans son abaissement extrême qu’il manifeste au mieux l’amour de Dieu pour les hommes. Jésus est glorifié dans son humiliation, il est glorifié dans sa crucifixion car c’est par ce langage de la croix qui est scandale pour les juifs et folie pour les païens qu’il exprime au mieux l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Est-ce que nous nous rendons compte que, par cette seule parole – « l’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » – , Jésus est en train de bouleverser fondamentalement notre vision du monde, de nous-mêmes et de Dieu ? Dieu n’est pas visible dans ce qui brille aux yeux des hommes. Non, il est dans ce qui est caché, oublié, blessé.

Dieu n’est pas perceptible dans la gloire mondaine mais plutôt dans ce qui est humble. La croix est un signe paradoxal. Dans ce qu’il y a de plus abject se laisse voir la gloire de Dieu. « Nous voulons voir Jésus », demandaient quelques Grecs. Pour entrer dans le mystère pascal de Jésus, il faut abandonner tout regard habituel sur Dieu. On ne peut voir Dieu qu’à partir de Dieu et non de ce que nous voulons voir de Lui.

Cette page d’Évangile est donc une invitation à la contemplation. Pour entrer dans la grande Semaine Sainte, il nous faut plonger en Dieu par la prière. La liturgie de l’Église est cette médiation, comme l’ont été Philippe et André pour les Grecs, pour nous aider à voir Jésus. Par la prière, non seulement se révèle à nous le vrai visage de Jésus mais aussi notre propre visage.

Nous-mêmes, nous sommes en chemin de glorification. Notre heure ne cesse de venir. C’est l’heure de notre détachement de ce qui passe pour ne nous attacher qu’au Christ. En perdant notre vie, nous la gardons en vie éternelle. En communiant au sacrement du Christ glorifié en sa mort par son corps livré et son sang versé, nous sommes glorifiés avec lui.

Concluons avec l’apôtre Paul : «Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit» (2 Co 3,18). Telle est notre foi. Telle est notre espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit»

Aujourd'hui dans la dernière partie du Carême, l'Église nous propose cet Évangile afin de mieux nous aider à nous préparer pour le dimanche des Rameaux et vivre d'une manière profonde ces mystères importants de notre vie chrétienne. Pour un chrétien le Via Crucis est un "via lucis", la mort est une renaissance et mieux encore, pour vivre pleinement notre vie il faut mourir.

Dans la première partie de l'Evangile, Jésus dit à ses Apôtres: «si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit» (Jn 12,24). Saint Augustin fait le commentaire suivant: «Jésus s'appelle lui-même “grain” qui doit être sacrifié pour ensuite se multiplier; il devait être sacrifié à cause de l'infidélité des juifs et être multiplié pour la foi de tous les peuples». Le pain de l'Eucharistie, fabriqué à partir d'un grain de blé, se multiplie et se partage pour devenir la subsistance de tous les chrétiens. La mort du martyr est toujours féconde; c'est pour cela que, paradoxalement, ceux qui "aiment la vie", la perdent. Le Christ meurt pour donner du fruit par son sang: nous, nous devons l'imiter afin de ressusciter avec lui et, avec lui, donner du fruit. Combien donnent leur vie en silence pour le bien de leurs frères? A partir du silence et de l'humilité nous devons apprendre à devenir des grains qui meurent pour revenir à la vie.

L'Évangile de ce dimanche s'achève par une exhortation à marcher à la lumière du Fils exalté par-dessus tout sur terre: «…et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12,32). Nous devons demander au Bon Dieu que dans notre intérieur il n'y ait que lumière et qu'Il nous aide à dissiper les ténèbres. Maintenant, c'est le moment de Dieu, ne le laissons pas passer! «Vous dormez? Le temps qui vous a été donné passe!» (Saint Ambroise de Milan). Nous ne pouvons pas cesser d'être lumière dans notre monde. Comme la lune reflète la lumière du soleil, nous devons, nous aussi refléter la lumière de Dieu.

Abbé Ferran JARABO i Carbonell (Agullana, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Jésus, nous touchons presque à la fin de ce Carême. Dimanche prochain sera le dimanche des Rameaux. Et pourtant, Seigneur, après tous mes efforts de Carême, j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup changé. Comme avant, dès que je me mets à prier, que je te dis : « la prochaine demi-heure, je te la donne, elle est pour t’écouter et pour parler avec toi », aussitôt, toute une montagne de préoccupations me vient à la tête et tout me paraît plus important que de prier. Jésus, je t’en supplie, aide-moi à ne pas céder à la tentation ; aide-moi à rester en prière, même si le repassage ou le ménage paraît plus important. Jésus, rien n’est plus important que toi, aide-moi à te mettre à la première place dans ma vie – et surtout dans ce temps de prière.

Demande

Jésus, sois ma force dans l’épreuve, face aux difficultés et aux tentations.

Points de réflexion

1. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas (…) »
Que dit Jésus à ces Grecs de religion juive qui voulaient le voir ? Il leur enseigne un principe selon lequel pour donner la vie, il faut mourir. Jésus est sur le point de donner sa vie pour nous sauver (ce passage de l’Évangile se situe déjà après le dimanche des Rameaux), et il sait que ses disciples seront durement éprouvés. Que beaucoup perdront pied. Que la croix sera un scandale pour beaucoup. « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. » (Lc 22, 31) Pour cela, son enseignement majeur maintenant est la fécondité spirituelle qui ne passe que par le sacrifice. Ma vie n’aura de valeur que si je la donne. Et il en va aussi de la vôtre. Une vie égoïste, vécue uniquement pour soi-même, n’a pas de valeur. Un tel homme « reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » La vie humaine trouve son sens dans l’autre, lorsque l’on vit pour notre prochain.

2. « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. »
Cela semble tellement une contradiction, la croix semble tellement un non-sens, que Jésus confirme à ses disciples réunis autour de lui qu’il est bien Dieu. La voix du Père : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » est pour nous ; pour nous confirmer dans notre foi que Jésus est Dieu, que s’il est mort sur la croix, c’est parce qu’il l’a choisi. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la reprendre. » (Jn 10, 17-18)

Dialogue avec le Christ

Jésus, grain de blé tombé en terre pour nous sauver, tu as donné ta vie pour nous donner la vie, tu t’es fait pauvre pour nous enrichir par ta pauvreté. Aide-moi à comprendre un peu plus ce principe de la vie chrétienne. Aide-moi à être prêt, moi aussi, à souffrir pour toi et pour mon prochain. À embrasser la croix dans ma vie, comme les grands saints. Sainte Faustine disait que les anges sont jaloux de nous car nous pouvons souffrir pour Dieu. « Voyez, mes filles, disait sainte Thérèse d’Avila, ce que [le Père] a donné à celui qu’il aimait le plus [le Fils] ? […] Car ceux-ci sont ces dons en ce monde. […] Il verra que celui qui l’aime beaucoup sera capable de souffrir beaucoup pour lui. » Jésus, sois ma force face à l’épreuve et face à la croix, porte la croix avec moi, car seul je ne le peux pas.

Résolution

Face à une difficulté particulière, à un défi à vivre dans le domaine de la charité, par exemple, offrir ce sacrifice à Jésus et le prier de m’accompagner pour vivre ce sacrifice avec lui.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »

Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : "L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié." La mort est librement consentie pour Jésus. « Ma vie, personne ne me la prend ; c’est moi qui la donne, dit-il. » Cette mort sera une victoire sur la mort. « Ma vie, j’ai pouvoir de la livrer et j’ai pouvoir de la reprendre. C’est le commandement que j’ai reçu du Père. » Jésus va laisser venir sur lui la mort que les hommes lui préparent. Il accomplit le dessein du Père qui est de sauver toute l’humanité. La croix est folie pour les païens, scandale pour les juifs, mais elle est sagesse pour les croyants. Jésus nous libère de l’égoïsme de celui qui ne vit que pour soi. Il nous fait entrer dans la vie des uns pour les autres. Le printemps, la nature, est comme une préparation pour la compréhension de la fête de Pâque. Quelle joie pour une maman de donner la vie à son petit enfant nouveau né !

"Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Nous pouvons connaître des tourments pour suivre Jésus ! Nous comprenons alors son combat qui donne la vie. Jésus va se laisser tomber en terre. Du tombeau de Jésus, Dieu notre Père fera surgir la Vie. Il attire à lui l’humanité de tous les lieux et de tous les temps. Celui que les hommes ont élevé sur la croix, Dieu l’élève dans la gloire. Nous prenons la mesure de l’Amour qui donne à chacune de nos actions une grande fécondité. Que de dépassements dans ce chemin de vie, nous croyons que notre vie peut porter du fruit comme le chemin de Jésus, un fruit qui demeure en vie éternelle. Chaque fois que nous nous dépassons, que nous accueillons la vie avec amour, nous préparons le Royaume qui vient. Le petit acte que nous faisons, l’accueil d’une petite contrariété, sera une « étoile » qui brillera au ciel pour l’éternité.

"Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !" Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. Nous sommes entraînés dans le tourbillon de l’amour divin. Jésus entre pleinement, filialement, dans les vues de Dieu. Sa prière spontanée est aussi la nôtre, puisque Dieu nous a d’avance destinés à reproduire l’image de son Fils bien-aimé. Le disciple de Jésus, passera par la mort comme Jésus, pour gagner la vie. Jésus donne naissance à un amour infini, la vie divine en nous. Cette vie divine nous entraîne à une générosité, un accueil, un don de nous-mêmes toujours plus grand ! Jésus a aimé la vie humaine, mais il a voulu l’amener plus loin, pour nous montrer que le chemin que nous parcourons nous donne vie éternelle. Nous avançons vers Pâques. Nous savons que cette fête doit avoir pour nous un rayonnement à la suite de Jésus. Nous le laissons prendre possession de toute notre vie. A Gethsémani Jésus choisit la volonté du Père : « Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux. »

Nous demandons la grâce de comprendre le cri de Jésus, son véritable sens et sa fécondité.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15,13)

      Votre foi reconnaît quel est ce grain de blé tombé en terre et qui y meurt avant de porter beaucoup de fruit ; il habite en votre âme ; aucun chrétien ne doute que le Christ n'ait parlé de lui-même... Écoutez-moi, grains de blé sacrés qui sont ici, je n'en ai aucun doute..., ou plutôt écoutez par moi le premier grain de blé, qui vous dit : n'aimez pas votre vie en ce monde ; ne l'aimez pas si vous l'aimez vraiment, car c'est en ne l'aimant pas que vous la sauverez... « Celui qui aime sa vie en ce monde la perdra. »

      C'est le grain tombé en terre qui parle ainsi, celui qui est mort pour porter beaucoup de fruit. Écoutez-le, parce que ce qu'il dit, il l'a fait. Il nous instruit, et il nous montre le chemin par son exemple. Le Christ, en effet, n'a pas revendiqué sa vie en ce monde — il est venu pour la perdre, la livrer pour nous, et pour la reprendre quand il le voulait... : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre. Personne ne me l'enlève mais c'est moi qui la donne » (Jn 10,18).

      Alors comment, avec une telle puissance divine, a-t-il pu dire : « Maintenant, mon âme est troublée » ? Comment, avec une telle puissance, cet Homme-Dieu est-il troublé, sinon qu'il porte l'image de notre faiblesse ? Quand il dit : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre », le Christ se montre tel qu'il est en lui-même. Mais quand il est troublé à l'approche de la mort, le Christ se montre tel qu'il est en toi.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org



 

    

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Évangile et Homélie du Sam 17 Mars 2018. Le Christ peut-il venir de Galilée ?


Nous sommes le samedi de la 4e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Patrick, patron de l'Irlande († 461),  St Gabriel Lalemant, prêtre s.j. et martyr († 1649)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 11, 18-20)

Lecture du livre du prophète Jérémie

« Seigneur, tu m’as fait savoir,
et maintenant je sais,
tu m’as fait voir leurs manœuvres.
Moi, j’étais comme un agneau docile
qu’on emmène à l’abattoir,
et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi.
Ils disaient :
“Coupons l’arbre à la racine,
retranchons-le de la terre des vivants,
afin qu’on oublie jusqu’à son nom.”
Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice,
qui scrutes les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »

– Parole du Seigneur.


Psaume 7, 2-3, 9bc-10, 11-12a.18b

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m’égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies, affermis le juste,
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste.

J’aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des cœurs droits.
Dieu juge avec justice ;
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut.


Évangile (Jn 7, 40-53)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Au cœur de ces menaces qui se resserrent sur lui comme un étaux, Jésus continue son ministère : imperturbable, « il enseigne au temple de Jérusalem », car il sait bien que son Heure n’est pas encore venue et que nul ne peut l’anticiper. Autour de lui les avis sont divisés, les opinions s’opposent, les partis s’affrontent : « Est-ce que le Messie peut vernir de Galilée ? L’Ecriture dit qu’il doit venir de Bethléem, le village où habitait David ! ». Certes, mais il vient avant tout de Dieu. La messianité ne saurait se discerner sur base d’une généalogie humaine ou d’une provenance géographique. C’est à sa parole, son message, son comportement que l’Envoyé de Dieu se fait connaître. Mais un tel discernement suppose une écoute bienveillante, sans a priori.

Curieusement, ce sont les soldats du temple qui vont se trouver dans les dispositions requises pour répondre à la question des origines du Rabbi de Nazareth. Ces hommes font leur besogne sans se poser de questions ; les débats théologiques ne les concernent pas vraiment : ils préfèrent les laisser aux « professionnels ». S’ils attendent que Jésus ait fini son discours pour l’arrêter, c’est uniquement afin d’éviter une émeute toujours possible. Pour être sûr qu’il ne leur échappe pas, ils gardent Notre-Seigneur à l’œil, ne le quittant pas un instant du regard. Aussi ne peuvent-ils s’empêcher d’écouter ce que dit cet homme qui suscite tant de haine parmi les responsables religieux. Et voilà qu’à mesure que sa parole descend dans leur cœur, une paix inhabituelle, à vrai dire inconnue, les envahit. Jésus les a remarqués et croise volontiers leur regard, les incluant dans le cercle de ses auditeurs et s’adressant à eux comme aux disciples qui l’entourent. Bientôt la communion est établie, l’onction de l’Esprit descend sur ces hommes qui ne sont pas aveuglés par la jalousie et n’ont pas d’a priori contre Jésus. Oubliant pourquoi ils étaient venus, les gardes écoutent longuement le Seigneur, et lorsqu’il a terminé son enseignement, aucun d’entre eux ne songe plus à l’arrêter. Tandis que Jésus s’éloigne, ils ruminent ce qu’ils viennent d’entendre, tout en retournant, silencieux, vers leur caserne.

« Pourquoi ne l’avez-vous pas ramené ? » : la voix menaçante du chef des prêtres les arrache à leur méditation. Ebahis par la question qui leur apparaît totalement saugrenue, ils répondent par un argument qui leur semble irréfutable : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » La situation est grave : les soldats ont non seulement formellement désobéi à l’ordre reçu, mais ils prennent la défense du prévenu. Les pharisiens préfèrent ne pas insister : une mutinerie serait malvenue au moment où il faut agir contre ce gêneur dont l’influence s’étend de plus en plus. Evitant l’affrontement, ils cherchent à sauver la face en se drapant dans leur dignité de spécialistes de la Loi, détenteurs de la vraie connaissance. Mais blessés dans leur orgueil, ils se rapprochent entre eux, et baissant le ton pour ne pas être entendus par la foule et par les soldats, ils décident de la condamnation de Notre-Seigneur.

Cette précipitation illégale provoque la réaction de Nicodème, « qui était allé précédemment trouver Jésus ». Cet homme qui est lui aussi entré dans l’intimité du Seigneur, rappelle le droit de l’inculpé de défendre publiquement sa cause. En vain : son intervention est rejetée avec mépris et même avec une pointe de menace. Les jeux sont faits : « ils rentrèrent chacun chez soi », s’enfermant dans leur prison de haine, livrés au bon plaisir de celui qui dans l’ombre est trop heureux d’avoir su tirer profit de l’arrestation avortée, pour conduire à une décision de condamnation.

Seigneur, seuls ceux qui se sont exposés à ta présence, ont eu le courage de prendre ta défense. Les autres se sont lâchement tus ou t’ont condamné. Aussi je te demande la grâce de demeurer fidèle à ces moments de rencontre intime avec toi dans la prière, les sacrements, l’adoration, la méditation de ta Parole. Accorde-moi de trouver mon bonheur auprès de toi pour ne pas rougir de toi devant les hommes. Et lorsque l’heure sera venue de te suivre sur le chemin de l’épreuve, donne-moi Seigneur de me souvenir de ta présence à mes côtés, afin que je puise en toi la force de la fidélité et de l’espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Jamais un homme n'a parlé comme cet homme!»

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente les différentes réactions qui produisaient les paroles de notre Seigneur. Ce texte dans l'Évangile de Jean ne nous propose aucune parole de Jésus, mais nous parle au contraire des conséquences de ce qu'Il disait. Certains pensaient qu'Il était prophète, d'autres disaient «C'est lui le Messie!» (Jn 7,41).

En vérité Jésus est le signe de la contradiction que Siméon avait annoncé à Marie (cf. Lc 2,34). Jésus ne laisse pas indifférents ceux qui l'entendaient, au point qu'à cette occasion comme dans beaucoup d'autres «c'est ainsi que la foule se divisa à son sujet» (Jn 7,43). La réponse des gardes qui prétendaient le détenir, encadre nettement la question et nous montre la force des paroles du Christ: «Jamais un homme n'a parlé comme cet homme» (Jn 7,46). Ce qui veut dire: ses paroles sont différentes, ce ne sont pas des paroles creuses, remplies d'orgueil et de mensonges. Il est la “Vérité” et sa façon de parler reflète cela.

Et si cela se produisait chez ses auditeurs, avec plus grande raison ses œuvres provoquaient l'étonnement, l'admiration ainsi que la critique, les bavardages, la haine… Jésus parlait le “langage de la charité”, ses œuvres et ses paroles manifestaient l'amour profond qu'Il avait pour tous les hommes, surtout ceux qui étaient le plus dans le besoin.

Aujourd'hui comme au temps du Christ, nous les chrétiens sommes —ou nous devons être— “signe de discorde”, car nous ne devons pas parler et agir comme les autres. En imitant et suivant le Christ, nous devons, nous aussi employer le “langage de la charité et de l'amour”, un langage universel que tous les hommes sont capables de comprendre. Comme le dit le Pape Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est, «L'amour —caritas— sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste (…). Celui qui veut s'affranchir de l'amour se prépare à s'affranchir de l'homme en tant qu'homme».

Abbé Fernand ARÉVALO (Bruxelles, Belgique)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Esprit Saint, tu demeures en moi. Pour cela je te remercie et je t’adore. Comme j’ai besoin de toi ! Sans toi, je suis incapable d’aimer en vérité, d’être libre, d’être moi-même. Que je te laisse vivre de plus en plus en moi.

Demande

Je crois en toi, Seigneur. Augmente ma foi !

Points de réflexion

1. Jésus n’est pas reconnu
Jésus enseigne. La foule entend ses paroles. Certains en arrivent à s’exclamer : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Ceux-ci lui donnent le titre de Christ ou du moins de prophète. Pour d’autres au contraire, ce n’est pas une personne particulière, ou ils le considèrent même comme nocif et veulent l’arrêter. À vingt siècles de différence, nous pouvons nous demander : comment est-il possible que ceux qui voyaient Jésus lui-même de leurs yeux, l’entendaient de leurs propres oreilles, pouvaient le toucher de leurs mains, ne l’ont pas vraiment connu et reconnu ?!
Et les grands prêtres et les pharisiens ? Eux, qui en plus de voir et d’entendre Jésus, connaissaient la révélation du Seigneur à son peuple par l’histoire d’Israël, la loi et les prophètes, enseignaient les promesses de Dieu et motivaient l’espérance du Messie sauveur. Or ce qu’ils veulent c’est mettre la main sur Jésus et le faire disparaître. Leur décision est prise. S’ils écoutent Jésus, c’est uniquement pour trouver dans ses paroles une raison officielle pour le supprimer. Ils se servent de la loi pour argumenter ce qu’ils croient savoir de lui. Leurs filtres et préjugés les empêchent de lire dans la loi qui est Jésus, et les aveuglent pour ne pas non plus reconnaître ce qu’il fait. Ils demandent, sûrs d’eux-mêmes : « (…) y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? » Et moi, comment est-ce que je connais le Christ ? Que sais-je de lui ? Et cette connaissance, change-t-elle quelque chose pour moi ? En d’autres mots : y a-t-il a une différence dans ma vie entre connaître Jésus ou ne pas le connaître ?

2. Pour atteindre Dieu : la foi
Nicodème élève la voix, dans son milieu élitiste, défendant le Christ. Lui, que sait-il de Jésus ? Il était allé le rencontrer la nuit (Cf. Jn 3, 1-21). Il y a beaucoup de choses qu’il ne comprenait pas, mais il croyait que cet homme qu’il voyait venait de Dieu et il en est devenu un disciple.
Certains affirment : « S’il m’apparaissait aujourd’hui, je croirais en lui ! ... » Quel mystère pour nous que Dieu ne s’impose pas. Dans sa grande délicatesse envers nous, il ne nous force pas. La clé pour le « toucher » : être petit et pauvre de cœur (Cf. Mt 5, 3) ! C’est-à-dire avoir un esprit et un cœur ouverts, lui faire confiance, avoir foi en lui (la confiance et la foi ont d’ailleurs la même racine en latin : fides). Aujourd’hui, comme au premier siècle, seule la foi permet de reconnaître Jésus et donc de le connaître en vérité. La foi est un acte de confiance, c’est écouter et suivre la parole du Seigneur parce que je lui fais confiance par-dessus tout, même quand je n’arrive pas à tout comprendre ni à tout contrôler ; parce que ma garantie c’est lui, encore plus que mon intelligence ou ma force.

3. La foi : un don que je suis libre d’accepter
Ce don de la foi, donné par l’Esprit Saint, c’est pour connaître Jésus. Non seulement l’approcher comme une personne célèbre qu’on me présenterait, mais pour entrer dans l’intimité de Dieu !
Ce cadeau divin ne m’est pas imposé. « En effet, le Christ a invité à la foi et à la conversion, il n’y a nullement contraint. "Il a rendu témoignage à la vérité, mais il n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume (...) s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix, attire à lui tous les hommes" (Paul VI, Déclaration sur la liberté religieuse, 1965, Dignitatis Humanae, DH 11). » (Catéchisme de l’Église catholique, CIC 160) La foi dépend de moi, parce que « la foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé. » (CIC 150) J’y engage mon intelligence et ma volonté, comme dans toute relation d’amour profond, réel et personnel. Quel mystère d’amour, d’amour patient, de Dieu envers moi !
C’est pour cela que « le croyant désire mieux connaître celui en qui il a mis sa foi, et mieux comprendre ce qu’il a révélé ; une connaissance plus pénétrante appellera à son tour une foi plus grande, de plus en plus embrasée d’amour. Ainsi, selon l’adage de saint Augustin (serm. 43, 7, 9 : PL 38, 258), "je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire". » (CIC 158)

Dialogue avec le Christ

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je t’aime.

Résolution

Renouveler ma foi dans le Seigneur.

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »

D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Nous sommes toujours dans le combat engagé par Jésus pour nous sauver. Certains pensent qu’Il est prophète, d’autres disent « C’est lui le Messie ! » Jésus est le signe de contradiction que Siméon a annoncé à Marie. Il ne laisse pas indifférents ceux qui l’entendent. La réponse des gardes montre la force de ses paroles : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » Il est la “Vérité” et sa façon de parler le reflète. Nous sommes concernés par la résistance implacable des pharisiens actuels qui détruisent l’œuvre de Dieu. C’est la bienveillance de Dieu qui nous sauve, elle passe par le regard des pauvres et des petits qui avancent dans la confiance. Ils reflètent l’image et la ressemblance de Dieu dans l’humanité. C’est à partir de la vulnérabilité et de la pauvreté de notre humanité que la vie nous est donnée. « C’est le grand prophète ! » disait-on de Jésus ; « C’est lui le Messie ! » Un sursaut d’espérance jaillit au cœur des pauvres, c’est le lieu de la présence du Dieu dans la nuit de la foi.

"Certains d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui." Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme cela ! » Les Pharisiens répliquèrent : « Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? Est-il un des notables qui ait cru en lui ? ou un des Pharisiens ? Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! » Aujourd’hui encore la Parole de Jésus provoque l’étonnement et l’admiration mais aussi la critique, les bavardages et la haine ! Nous avons un profond amour pour la personne de Jésus, et le sentiment inébranlable que sa Parole est une parole de justice et de vérité. Mais nous savons aussi que l’opposition des sages et des savants trouve un écho à l’intérieur de notre psychologie meurtrie par les épreuves. Nous entendons "les autres" exprimer ce sentiment de rejet qui rejoint la négation de soi, le rejet de nous-mêmes que nous portons dans notre intérieur. Quand nous sommes devant les contre-témoignages qui nous déroutent, nous crions vers Jésus : Viens à notre secours. Pour venir à notre secours, Dieu nous a donné tout son amour. Il nous a donné Jésus qui manifeste un visage d’amour face à la haine de l’adversaire. Jésus parle le “langage de l’amour.” Ses œuvres et ses paroles manifestent l’amour profond qu’Il a pour toute l’humanité. Les gardes de l’Evangile sont restés dans la Présence de Dieu, avec les pauvres et les petits.

"Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. Nicodème est demeuré dans la Parole de Jésus. Les gardes demeurent dans cette Parole qui a une telle force dans ce monde devenu comme une vallée de larmes. La parole de Jésus le transfigure, elle est en cohérence profonde avec ses actes d’Amour. Sa parole est réalisée dans sa vie quotidienne. Il révèle aux petits, la compassion, le pardon et la guérison. Aujourd’hui encore, comme au temps de Jésus, les chrétiens sont des “signes de discorde !” Nous agissons en ce monde en imitant Jésus et en le suivant. Avec le langage et la réalité de l’amour, nous pouvons toucher l’humanité capable de comprendre. Nicodème est le regard bienveillant qui nous aide à persévérer dans la lutte pour la lumière. Dieu vient nous libérer de l’enfermement et de l’enfer, il nous propose une aide dans laquelle nous trouvons l’intelligence de l’Amour qui peut nous sauver. Cette lumière est celle de l’espérance, c’est un remède qui peut nous guérir, dans un monde si bouleversé.

Nous demandons à Dieu la grâce de la confiance dans le Mystère de Jésus Sauveur.

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« C'est lui le Messie »

      La signification véritable de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard tourné vers le mal, fût-il chargé de compassion... : la miséricorde se manifeste quand elle... tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l'homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ... [Ce] message et l'activité du Christ parmi les hommes s'accomplissent avec la croix et la résurrection... La dimension divine de la rédemption nous dévoile... la profondeur de l'amour qui ne recule pas devant l'extraordinaire sacrifice du Fils pour satisfaire la fidélité du Créateur et Père à l'égard des hommes...

      Les événements du Vendredi Saint, et auparavant encore la prière à Gethsémani, introduisent un changement fondamental dans tout le déroulement de la révélation de l'amour et de la miséricorde de Dieu, dans la mission messianique du Christ. Celui qui « est passé en faisant le bien et en rendant la santé », « en guérissant toute maladie et toute langueur » (Ac 10,38; Mt 9,35), semble maintenant être lui-même digne de la plus grande miséricorde, et faire appel à la miséricorde, quand il est arrêté, outragé, condamné, flagellé, couronné d'épines, quand il est cloué à la croix et expire dans des tourments atroces. C'est à ce moment-là qu'il est particulièrement digne de la miséricorde des hommes qu'il a comblés de bienfaits, et il ne la reçoit pas. Même ceux qui lui sont les plus proches ne savent pas le protéger et l'arracher aux mains des oppresseurs. Dans cette étape finale de la fonction messianique, s'accomplissent dans le Christ les paroles des prophètes, et surtout celles d'Isaïe, au sujet du Serviteur du Seigneur : « Dans ses blessures, nous trouvons la guérison » (53,5)...

      « Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous », écrira saint Paul (2Co 5,21), résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption. Or cette rédemption est la révélation ultime et définitive de la sainteté de Dieu, qui est la plénitude absolue de la perfection.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dives in misericordia », 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

http://levangileauquotidien.org


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org

 


   

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Évangile et Homélie du Dim 11 Mars 2018. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique

Nous sommes le 4ème dimanche de Carême (Laetare)
Saint(s) du jour : BBx José Aparicio Sanz et 232 compagnons,  Bx Mati (Pal) Prennushi, prêtre o.f.m. et martyr († 1948)


Lectures de la messe

Première lecture 2 Ch 36, 14-16.19-23

Lecture du deuxième livre des Chroniques

En ces jours-là,
tous les chefs des prêtres et du peuple
multipliaient les infidélités,
en imitant toutes les abominations des nations païennes,
et ils profanaient la Maison
que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.
Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,
sans attendre et sans se lasser,
leur envoyait des messagers,
car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu,
méprisaient ses paroles,
et se moquaient de ses prophètes ;
finalement, il n’y eut plus de remède
à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu,
détruisirent le rempart de Jérusalem,
incendièrent tous ses palais,
et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.
Nabucodonosor déporta à Babylone
ceux qui avaient échappé au massacre ;
ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils
jusqu’au temps de la domination des Perses.
Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie :
La terre sera dévastée et elle se reposera
durant 70 ans,
jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos
tous les sabbats profanés.

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie,
le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse.
Et celui-ci fit publier dans tout son royaume
– et même consigner par écrit – :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :
Le Seigneur, le Dieu du ciel,
m’a donné tous les royaumes de la terre ;
et il m’a chargé de lui bâtir une maison
à Jérusalem, en Juda.
Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,
que le Seigneur son Dieu soit avec lui,
et qu’il monte à Jérusalem ! »

– Parole du Seigneur.


Psaume 136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6

Au bord des fleuves de Babylone
    nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours
nous avions pendu nos harpes.

C’est là que nos vainqueurs
    nous demandèrent des chansons,
et nos bourreaux, des airs joyeux :
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. »

Comment chanterions-nous un chant du Seigneur
sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem,
que ma main droite m’oublie !

Je veux que ma langue s’attache à mon palais
si je perds ton souvenir,
si je n’élève Jérusalem
au sommet de ma joie.


Deuxième lecture (Ep 2, 4-10)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
Dieu est riche en miséricorde ;
à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes,
il nous a donné la vie avec le Christ :
c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités
et il nous a fait siéger aux cieux,
dans le Christ Jésus.
Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs,
la richesse surabondante de sa grâce,
par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,
et par le moyen de la foi.
Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.
C’est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés dans le Christ Jésus,
en vue de la réalisation d’œuvres bonnes
qu’il a préparées d’avance
pour que nous les pratiquions.

– Parole du Seigneur.


Évangile (Jn 3, 14-21)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 14-21)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour

Comment répondre à l’amour radical du Seigneur ? L'Evangile nous présente un personnage du nom de Nicodème, membre du Sanhédrin de Jérusalem, qui va chercher Jésus la nuit. Il s'agit d'un honnête homme, attiré par les paroles et par l'exemple du Seigneur, mais qui a peur des autres, qui hésite à franchir le pas de la foi. Il ressent la fascination de ce Rabbi si différent des autres, mais il ne réussit pas à se soustraire aux conditionnements du milieu, contraire à Jésus, et il restera hésitant sur le seuil de la foi. Que de personnes, à notre époque également, sont à la recherche de Dieu, à la recherche de Jésus et de son Eglise, à la recherche de la miséricorde divine, et attendent un "signe" qui touche leur esprit et leur cœur ! Aujourd'hui, comme alors, l'évangéliste nous rappelle que le seul "signe" est Jésus élevé sur la croix : Jésus mort et ressuscité est le signe absolument suffisant. En Lui, nous pouvons comprendre la vérité de la vie et obtenir le salut. Telle est l'annonce centrale de l'Eglise, qui demeure immuable au cours des siècles. La foi chrétienne n'est donc pas une idéologie, mais une rencontre personnelle avec le Christ crucifié et ressuscité. De cette expérience, qui est individuelle et communautaire, naît ensuite une nouvelle façon de penser et d'agir : c'est ainsi que trouve son origine, comme en témoignent les saints, une existence marquée par l'amour.

Nous vivons dans un monde structuré d’une certaine manière par le péché, par des chemins de mort. C’est vrai qu’il y a aujourd’hui de quoi être inquiets devant ce monde de violences, de dérives morales, de pertes de repères, etc… Mais le mal ne pourra jamais pour autant remporter la victoire. « Là où le péché abonde, la grâce surabonde ! ». Alors face à ce monde qui semble perdre la raison, la vraie question n’est pas de savoir comment être sauvé du mal, du péché, de ce monde de ténèbres. La réponse, nous l’avons dans ces paroles du Christ, nous l’avons dans le Christ lui-même qui est « le chemin, la vérité et la vie ». La victoire contre le mal, le Christ nous l’a acquise une fois pour toutes, par sa mort et sa résurrection.

La bonne question, c’est de savoir si oui ou non, nous voulons être sauvés ! Si oui ou non, nous voulons être comblé de l’amour de notre Dieu. « Veux-tu guérir ? » nous demande Jésus ! Resterons-nous dans le camp nocturne et ambigu des Nicodème, ou accepterons-nous dès maintenant de vivre au grand jour notre Foi, et d’« agir selon la vérité » comme nous le demande Jésus ! Tant que nous ne répondrons pas clairement à cette question, le mal continuera à nous piéger.  Alors en ce dimanche où nous sommes à mi-chemin vers Pâques, n’ayons pas peur de laisser la Lumière du Christ nous envahir, de laisser la Vérité qu’est le Christ nous libérer ! Car ce chemin de Carême est un chemin de liberté, le seul et unique chemin qui nous conduise vraiment à la Terre promise : l’amour de Dieu.

En tournant notre regard vers Marie, "Mère de la sainte joie", demandons-lui de nous aider à approfondir les raisons de notre foi, pour que, comme nous y exhorte aujourd'hui la liturgie, renouvelés dans l'esprit et l'âme joyeuse, nous répondions à l'amour éternel et infini de Dieu.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique»

Aujourd'hui la liturgie nous offre à l'avance un parfum de la joie pascale. Les vêtements liturgiques sont roses. C'est le dimanche de "lætare" qui nous invite à une joie paisible. «Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez...», crie le chant d'ouverture.

Dieu veut que nous soyons heureux. La psychologie la plus basique nous dit qu'une personne qui n'est pas heureuse finit par être un malade du corps et de l'esprit. Cela dit, notre joie doit être une joie qui a des bonnes bases, elle doit être l'expression de la paix d'une vie qui a un sens. Sinon, la joie dégénèrerait et deviendrait superficielle et stupide. Sainte Thérèse les distinguait avec justesse entre "sainte joie" et "folle joie". La dernière étant une joie extérieure qui ne dure que très peu et qui nous laisse un goût amer.

Ce sont des jours difficiles pour la vie de la foi. Mais ce sont des temps passionnants également. Nous expérimentons, d'une certaine manière, l'exil de Babylone, celui que chante le psaume. Nous pouvons nous aussi vivre une expérience d'exil «nous pleurions, en nous souvenant de Sion» (Ps 136,1). Les difficultés extérieures, et surtout, le péché, peuvent nous amener sur les rivages de Babylone. Mais malgré tout, il y a des raisons pour garder l'espérance, et Dieu continue à nous dire: «Que ma langue s'attache à mon palais, si je cesse de penser à toi» (Ps 136,6).

Nous pouvons vivre toujours heureux car Dieu nous aime à la folie, tellement «qu'il a donné son Fils unique» (Jn 3,16). Bientôt, nous accompagnerons ce Fils unique dans son chemin de mort et résurrection. Nous contemplerons l'amour de Celui qui nous aime jusqu'au point de se donner pour nous tous, pour toi et pour moi. Et nous serons remplis d'amour en voyant «Celui qu'ils ont transpercé» (Jn 19,37) et grandira en nous une joie que personne ne pourra nous enlever.

La vraie joie qui remplit notre vie n'est pas le résultat de nos efforts personnels. Saint Paul nous le rappelle: elle ne vient pas de nous, c'est un don de Dieu, nous sommes son œuvre (Col 1,11). Laissons Dieu nous aimer et aimons-le en retour, et notre joie sera grande tant dans notre vie que lors de la prochaine Pâque. N'oublions pas de nous laisser caresser et transformer par Dieu en faisant une bonne confession avant Pâques.

Abbé Joan Ant. MATEO i García (La Fuliola, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



 

Demande

Jésus, aide-moi à vivre ma vie en ta présence.

Points de réflexion

1. « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert (…) »
Au désert, après la sortie d’Égypte, les Israélites, perdant courage dans leur chemin à travers le désert, avaient récriminé contre le Seigneur, qui devant ce péché leur avait envoyé des serpents mortels. Par l’intercession de Moïse, le Seigneur demanda à celui-ci d’élever un serpent de bronze afin que quiconque avait été mordu puisse être sauvé à la condition qu’il tourne son regard vers le serpent élevé par Moïse (Cf. Nb 21, 4-9). Jésus se compare au serpent de bronze élevé par Moïse, car lui aussi sera élevé sur le bois de la croix. Mais surtout celui qui lèvera le regard vers lui aura la vie, tout comme les Israélites mordus par les serpents restaient en vie s’ils regardaient le serpent de bronze élevé par Moïse sur un mât. Ce premier verset de l’Évangile d’aujourd’hui en contient tout le message : Jésus est la Vie. Qui veut vivre doit tourner son regard vers lui. Hors de lui, c’est la mort. Jésus ne nous donne pas la vie en abondance (Cf. Jn 10, 10) contre notre liberté. Il veut tout d’abord que nous tournions notre regard vers lui, c’est-à-dire, que nous le choisissions librement.

2. « (…) il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas. »
Pourquoi Jésus s’est-il fait homme ? « Nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ. » (Ep 2, 5) Nous étions esclaves du péché. Il est venu nous racheter. Nous étions loin de lui, loin de Dieu qui est amour (Cf. 1 Jn 4, 8). Depuis le péché originel, depuis que le péché était dans le monde, depuis que Satan était « le prince de ce monde » (Jn 16, 11), nous avions perdu l’harmonie entre les hommes, avec le monde, avec nous-mêmes. Depuis la chute de nos premiers parents, le monde n’était que guerres et conflits, même entre amis et proches, division intérieure. Nous nous étions éloignés de Dieu et nous ne pouvions plus nous rapprocher nous-mêmes de lui. Nous ne le connaissions plus, comment nous rapprocher de lui ? C’est pourquoi Dieu a choisi de se faire homme lui-même, afin que nous puissions le connaître de nouveau, savoir à nouveau ce que nous sommes destinés à être, comment nous devions vivre. Croire en Jésus, c’est sortir de cette dynamique du péché dans laquelle nous a plongés le péché originel, c’est sortir de ce péché qui nous éloigne de Dieu et nous aveugle, nous empêchant de nous rapprocher de lui.

3. « La lumière est venue dans le monde. »
Pour cela, Jésus est la lumière venue dans le monde ; pour cela, il est « la lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 32). « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jn 12, 46). Pour cela Jésus est venu « non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Le jugement ne dépend que de nous. Si nous choisissons la lumière, nous sommes déjà sauvés, et si nous ne croyons pas en Jésus, nous sommes déjà jugés, car nous nous sommes jugés nous-mêmes, parce que nous avons préféré nos péchés à Dieu, à l’amour. Nous avons choisi de nous éloigner de lui. Il ne nous rapprochera jamais de force vers lui. L’enfer et le paradis continuent nos choix d’ici-bas, et si nous avons montré vouloir vivre sans Dieu sur terre, nous préférer nous-mêmes à lui, il ne nous fera pas passer l’éternité avec lui. L’enfer est l’éloignement de Dieu.

Dialogue avec le Christ

Bien souvent, nous savons ce que Dieu veut de nous, nous savons que nous devrions vivre selon son commandement de nous aimer les uns les autres, etc., et pourtant encore et encore nous nous choisissons nous-mêmes. Même saint Paul le disait : « Ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Rm 7, 18-19). Alors à la fin de ce temps de prière ne nous décourageons pas et tournons-nous pleins de miséricorde vers Marie, avec la prière que tant de chrétiens depuis des siècles ont prié du fond du cœur : « Salut ô Reine, mère de miséricorde, douceur de notre vie, notre espérance, salut ! Enfants d’Ève exilés, nous crions vers toi ; gémissant et pleurant, nous soupirons dans cette vallée de larmes. Allons donc ! toi notre avocate, tourne vers nous ton regard miséricordieux et après cet exil montre-nous Jésus le fruit de ton sein, ô clémente, ô pieuse, ô douce vierge Marie ! »

Résolution

Prier une dizaine de chapelet à Marie.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, »

afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Dieu veut faire de nous un brasier d’Amour, il vient nous chercher dans notre misère. C’est une nécessité, car nous ne pouvons pas nous relever tout seul. Le torrent d’amour de Dieu va emporter la marée de détresse de l’humanité. L’amour infini de Dieu est riche en miséricorde. Quelle joie d’accueillir la miséricorde de Jésus qui nous rejoint. Les prophètes, envoyés pour manifester la lumière, sont tournés en dérision. Ils sont méprisés dans leurs paroles et on se moquent d’eux. Envoyé à leur suite, Jésus nous invite à croire en lui, à accueillir gratuitement le nouvel Amour qu’il nous offre. Il nous manifeste qu’il lui faudra beaucoup souffrir à Jérusalem. Il prend alors l’image du serpent de bronze élevé par Moïse, « il faut que le Fils de l’homme soit élevé. » C’est l’annonce de la manifestation de la croix. Nous demandons la grâce de pénétrer dans les sentiments du cœur de Jésus pour comprendre l’amour infini de son cœur toujours offert.

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Nous sommes sauvés par une foi confiante en Jésus. Il a »accueilli« notre humanité qui s’etait détournée de son cœur et il l’a »reprise" dans un amour encore plus grand. La misère de notre peuple est face à l’amour infini de Dieu qui est riche en miséricorde. Il nous donne de recevoir l’Esprit Saint qui illumine notre cœur. Nous sommes alors ajustés à Dieu par la grâce qu’il déverse en nous. L’Esprit Saint accomplit une œuvre de recréation pour façonner en nous l’homme nouveau, à l’image de Jésus. Par la foi, en accueillant l’Esprit Saint, nous participons à la vie divine. Cette vie divine nous anime au plus intime de nous-mêmes pour se manifester à l’extérieur. Dieu dans sa bonté veut montrer la richesse infinie de sa grâce.

« Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. » Nous constatons notre incapacité à réaliser le bien que nous désirons. Pour entrer dans le salut offert en Jésus, nous reconnaissons que nous sommes blessés, meurtris. Cette souffrance creuse en nous un creux qui se déploie dans un espace où la grâce de Dieu pourra venir habiter. Lever les yeux vers Jésus, le crucifié nous permet de recevoir le salut de Dieu et la grâce du pardon. Alors nous pouvons célébrer la miséricorde de Dieu qui nous rejoint. Jésus crucifié par amour pour nous devient le signe et la Croix prend tout son sens : « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé. » C’est en faisant une œuvre de vérité dans notre vie, que nous venons à la lumière. Alors nos vies rayonnent de la douce présence de l’Esprit qui nous habite.

 Nous demandons la grâce de contempler la croix de Jésus et de l’accueillir dans notre vie.

 Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »

      Dieu ne pouvait-il pas fournir au monde un autre remède que celui de la mort de son Fils ?... Assurément, et il pouvait nous racheter par mille autres moyens que celui de la mort de son Fils ; mais il ne l'a pas voulu, car ce qui était suffisant à notre salut ne l'était pas à assouvir son amour. Et pour nous montrer combien il nous aimait, ce divin Fils est mort de la mort la plus rude et ignominieuse qui est celle de la croix.

      Que reste-il donc, et quelle conséquence pourrons-nous tirer de cela, sinon que, puisqu'il est mort d'amour pour nous, nous mourions aussi d'amour pour lui, ou, si nous ne pouvons mourir d'amour, que du moins nous ne vivions autrement que pour lui ?... C'est de quoi se plaignait le grand saint Augustin : « Seigneur, disait-il, est-il possible que l'homme sache que vous êtes mort pour lui et qu'il ne vive pas pour vous ? » Et ce grand amoureux, saint François : « Ah, disait-il en sanglotant, vous êtes mort d'amour et personne ne vous aime ! »...

      Il n'y a pas d'autre rédemption qu'en cette croix. Ô Dieu, quelle grande utilité et quel profit pour nous que de contempler la croix et la Passion ! Est-il possible de contempler cette humilité de notre Sauveur sans devenir humble et sans aimer les humiliations ? Peut-on voir son obéissance sans être obéissant ? Oh non, certes, nul n'a jamais regardé notre Seigneur crucifié et est resté mort ou malade. Et au contraire, tous ceux qui meurent, c'est parce qu'ils refusent de le regarder, comme ceux d'entre les enfants d'Israël qui n'avaient pas voulu regarder le serpent que Moïse avait fait dresser sur la colonne.

http://levangileauquotidien.org

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org

 


   

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Évangile et Homélie du Mardi 06 Mars 2018. Combien de fois dois-je pardonner mon frère?


Nous sommes le mardi de la 3e semaine de Carême

Saint(s) du jour : Bse Rose de Viterbe, vierge († v. 1251),  Ste Colette de Corbie, clarisse († 1447)


Lectures de la messe

Première lecture (Dn 3, 25.34-43)

Lecture du livre du prophète Daniel

En ces jours-là,
Azarias, debout, priait ainsi ;
au milieu du feu, ouvrant la bouche, il dit :
À cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours
et ne romps pas ton alliance.
Ne nous retire pas ta miséricorde,
à cause d’Abraham, ton ami,
d’Isaac, ton serviteur,
et d’Israël que tu as consacré.
Tu as dit que tu rendrais leur descendance
aussi nombreuse que les astres du ciel,
que le sable au rivage des mers.

Or nous voici, ô Maître,
le moins nombreux de tous les peuples,
humiliés aujourd’hui sur toute la terre,
à cause de nos péchés.
Il n’est plus, en ce temps, ni prince ni chef ni prophète,
plus d’holocauste ni de sacrifice,
plus d’oblation ni d’offrande d’encens,
plus de lieu où t’offrir nos prémices
pour obtenir ta miséricorde.
Mais, avec nos cœurs brisés,
nos esprits humiliés, reçois-nous,
comme un holocauste de béliers, de taureaux,
d’agneaux gras par milliers.
Que notre sacrifice, en ce jour,
trouve grâce devant toi,
car il n’est pas de honte
pour qui espère en toi.

Et maintenant, de tout cœur, nous te suivons,
nous te craignons et nous cherchons ta face.
Ne nous laisse pas dans la honte,
agis envers nous selon ton indulgence
et l’abondance de ta miséricorde.
Délivre-nous en renouvelant tes merveilles,
glorifie ton nom, Seigneur.

– Parole du Seigneur.


Psaume 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.


 

Évangile (Mt 18, 21-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« ‘Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ?’ Jésus lui répondit : ‘Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois’. » La symbolique des chiffres utilisés ici nous renvoie à un passage du livre de la Genèse où nous entendons Lamek qui s’exprime ainsi devant ses femmes Ada et Cilla : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. C’est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, soixante-dix sept fois » (Gn 4, 23-24). Avec Lamek, nous sommes confrontés à la réaction première de tout homme face au mal qui lui est infligé : la vengeance, qui ne peut prendre que des proportions démesurées.

Un peu plus loin, dans le livre de l’Exode, la loi du talion voudra limiter le déchaînement de la passion vengeresse de l’homme et mesurer la juste compensation d’une offense : « Vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie. » (Ex 21, 24-25). Un œil (et non pas deux !) pour un œil ; une dent (et non pas la mâchoire !) pour une dent abîmée…

Notre Seigneur Jésus Christ va aller bien au-delà de l’imposition d’un châtiment égal au dommage causé. En réponse à l’offense, il va appeler à pardonner et ce indéfiniment. Pour expliciter son commandement, il donne une parabole dont la mise en scène a pour but de mettre en pleine lumière la démesure de la miséricorde dont fait preuve le roi, qui accorde bien plus que ce que lui demandait son débiteur. En effet, « ému jusqu’aux entrailles », nous dit l’évangéliste, le roi devenu le « maître », non seulement « laisse partir » son serviteur, c'est-à-dire renonce à le vendre, mais il lui remet sa dette infinie (Dix mille talents, soit soixante millions de deniers qui auraient correspondu, à l’époque de Jésus, à soixante millions de journées de travail).

Quel contraste entre l’attitude du maître vis-à-vis de ce serviteur et celle de ce dernier envers son compagnon endetté, d’autant plus que celui-ci ne lui doit qu’une somme insignifiante (six cent mille fois moins) en comparaison de celle dont il vient lui-même d’être acquitté ! Le serviteur semble avoir complètement oublié la gratuité du don de la miséricorde dont il a bénéficié. Qu’il n’ait même pas songé à remercier son maître après la remise de sa dette en témoigne. Nous touchons ici la fine pointe de l’enseignement de notre Seigneur.

Au contraire de ce serviteur, garder présent à notre conscience la gratuité du don du salut dont le Père nous a fait bénéficier en son Fils Jésus-Christ devrait nous conduire à une attitude de miséricorde inconditionnelle envers nos frères humains, qu’elle que soit leur dette envers nous. Comme le disait Saint Jean-Paul II : « Le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix: ‘Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font’ (Lc 23, 34) » (Message pour la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2002).

Seigneur, aide-nous à nous engager sur ce chemin de la miséricorde. Puissions-nous recevoir chacune des offenses qui nous sont faites comme autant d’occasions de témoigner par notre pardon de quel amour tu nous as aimé, de quelle dette tu nous as acquittés et de quelle liberté nous jouissons désormais.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Saisi de pitié, lui remit sa dette»

Aujourd'hui l'Evangile de Matthieu nous invite à la réflexion sur le mystère du pardon, en nous proposant un parallèle entre la façon de pardonner de Dieu et la nôtre.

L'homme ose mesurer et compter sa générosité pour accorder son pardon: «Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu'à sept fois?» (Mt 18,21). Pierre pense que sept fois c'est déjà beaucoup ou bien peut-être que c'est le maximum que l'on peut supporter. Enfin si nous y réfléchissons Pierre nous semble même très généreux, si nous le comparons à l'homme de la parabole qui en trouvant son compagnon qui lui devait cent pièces d'argent «se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant: ‘Rembourse ta dette!’» (Mt 18,28) refusant d'entendre ses supplications et ses promesses.

En fin compte, l'homme se nie à pardonner ou bien il donne son pardon à la baisse. En vérité, personne ne dirait qu'on vient de recevoir un pardon sans limites, réitéré à plusieurs reprises de la part de Dieu. La parabole nous dit: «Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette» (Mt 18,27). Et cela même s'agissant d'une dette très élevée.

Néanmoins, la parabole que nous commentons ici met plutôt l'accent sur la manière dont Dieu nous confère son pardon. D'abord Il rappelle à l'ordre son débiteur et lui fait voir la gravité de la situation, soudain Il est saisi de pitié par sa prière contrite et humble «le serviteur demeurait prosterné et disait: ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout’» (Mt 18,26-27). Cet épisode met en évidence ce que chacun de nous connaît bien par expérience et avec beaucoup de reconnaissance: Dieu pardonne sans limite celui qui vient vers lui repenti et converti. La fin de cette parabole qui est négative et triste, fait honneur à la justice et mets en évidence la véracité d'une autre parole de Jésus dans Lc 6,38: «Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous».

Abbé Enric PRAT i Jordana (Sort, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Ô Dieu, envoie ton Esprit Saint sur moi afin que je puisse prier avec cette parole sous ton regard et avec un peu de tes yeux. Qu’il ouvre mon cœur à ta logique divine !

Demande

Seigneur, aide-moi à quitter mon sens très humain et très limité de la justice. Emplis-moi de ta miséricorde et de ta paix pour regarder mes frères.

Points de réflexion

1. « Jusqu’à 70 fois sept fois. »
C’est le chiffre symbolique que Jésus donne à Pierre pour lui signifier qu’il n’y a pas de forfait pour le pardon. La foi que nous avons choisie est très exigeante envers nous, c’est même la plus exigeante parce qu’elle nous fixe comme norme celle de Dieu : un pardon sans limite. Le pardon de Dieu serait bien pauvre s’il se limitait à des chiffres. Il nous faut donc tendre vers cette perfection pour devenir parfait comme notre Père céleste est parfait. (Cf. Mt 5, 48) Certes, le programme est vaste, humainement impossible. Mais si cela semble au-delà de nos forces, il est réconfortant de savoir que c’est aussi le programme que Dieu applique pour nous, et que Dieu demande aux autres pour nous.

2. « Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? »
Jésus vient de donner un commandement : pardonner 70 fois sept fois. Mais il ne s’agit pas de le suivre sans raison. C’est parce que nous devons tout à Dieu, et plus que nous ne pourrons jamais rembourser, que ce pardon est justifié. La faute des autres ne pourra jamais être aussi importante que celles que Jésus a remises sur la croix. Il n’y avait rien de juste dans la mort du Fils de Dieu innocent, le pardon est un don qui outrepasse la justice humaine. Le pardon fait justice non pas aux hommes, mais à Dieu à qui nous devons tout.

3. « (…) si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Si la justice se contente d’actes, la justice de Dieu réclame bien davantage : la sincérité du cœur. C’est là le siège de nos rancunes et de la souffrance que provoque la rancune du prochain. Sans cette démarche du cœur, qui n’est pas celle de l’apparence, il y a des liens qui restent. Ils empêchent ceux qui ne sont pas pardonnés de rejoindre Dieu, ils sont une des causes du purgatoire, de même qu’ils nous empêcheront notre tour de rejoindre Dieu. La miséricorde infinie nous demande de convertir notre cœur au sens de Dieu, au sens de sa justice, et par là de renoncer à l’esprit du monde et à sa justice comptable qui se contente des apparences. C’est pourquoi la rejeter c’est rester dans le monde ; s’y essayer, c’est se rapprocher de la logique divine et faire un pas de plus vers ce Cœur qui nous a tant aimés.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je te rends grâce pour ta miséricorde car sans elle je ne pourrai jamais arriver à la hauteur de ce pardon infini que tu nous demandes pour nos frères. Permets-moi de faire par amour pour toi ce que je ne parviens pas à faire pour l’amour de mes frères !

Résolution

Seigneur, envoie-moi ton Esprit Saint pour que dans la rancune je puisse me souvenir de cette parole, afin que je me rappelle que je te dois plus que je ne pourrais jamais te rendre. Seigneur, avec ta grâce je veux pouvoir regarder les injustices qu’on m’a faites au regard de ton honneur outragé à tort sur la croix de nos fautes. Je ne pourrai jamais rien pardonner sans faire l’expérience de ta miséricorde : je veux pouvoir en recueillir les grâces par une confession régulière.

Anne-Pauline Jarry

http://www.regnumchristi.fr



"Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Pierre va devenir l’intendant des biens de Jésus, de son amour infini, il pose à Jésus la question de savoir combien de fois il devra pardonner ! Jésus proclame la parabole de la remise des dettes. Dieu nous a pardonné afin que nous puissions, nous aussi, entrer dans la démarche du pardon pour retrouver une vie filiale avec notre Père et une vie fraternelle avec nos frères. C’est la réalité que la communauté des amis de Jésus doit vivre. Il y a un lien entre le trésor immense de l’amour infini de Dieu qui nous est donné et les rapports que nous avons les uns avec les autres. Libérés de nos fautes, nous pouvons marcher sur un chemin de pardon et de miséricorde. La pitié situe chacun de nous à notre juste place, le pardon offert met en lumière la beauté de l’humanité. Jésus veut nous faire entrer dans sa compassion. Il prend en pitié chacun de nous et il nous demande de faire ainsi pour pouvoir vivre ensemble. Bien souvent nous demandons à quelqu’un de nous pardonner. Sur la croix, tous nos refus d’aimer sont tombés dans le cœur de Jésus : "Il est devenu péché pour nous, lui qui n’a jamais péché." Il a donné sa vie pour nous et Dieu notre Père a accepté son offrande pour nous réconcilier.

"Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Dieu nous remet dans la vérité de son amour annoncé dans le mystère pascal. Cette parole est précieuse, elle nous invite à mesurer la grâce à laquelle nous sommes appelé pour qu’advienne le Royaume de Dieu. Bénéficiant de l’échange d’amour avec Dieu, vivant de la foi en Jésus, nous réalisons les merveilles que Dieu a faites pour nous. Il manifeste le Maitre « Saisi de pitié » devant l’indigence de l’humanité qui mendie son Amour. C’est rempli de miséricorde que Dieu aime et nous voulons nous comporter ainsi dans nos rapports fraternels. Quand nous prions, nous voulons que Dieu nous écoute et nous aimons sentir sa Présence pour avancer dans l’intimité avec lui. Or, c’est dans l’amour fraternel et le pardon, que la communion avec Dieu se construit.

"Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Seul le pardon ouvre un horizon nouveau, une reconnaissance qui redonne la vie en apprenant à dire merci. Le reconnaître, c’est laisser notre cœur se dilater de reconnaissance. Celui qui n’a pas pardonné, comme celui n’a pas reçu la remise de sa dette, est emprisonné. L’appel à la pitié nous touche vraiment. Notre cœur est compatissant et nous sommes proches de celui qui nous a remis notre dette. C’est ainsi que le Royaume de Dieu habite notre terre et que de bonnes choses nous sont données chaque jour. Le pardon vient de l’amour infini de Dieu pour nous et de son amour pour les autres. Nous avons conscience de l’amour infini dont nous sommes aimés, c’est notre joie, elle est parfaite ! Dans cet amour incroyable, nous voulons accueillir nos frères avec le même amour dont nous sommes aimés. Cette parole est précieuse, nous nous l’appliquons à nous-mêmes. Jésus est Celui qui pardonne à tous ses frères, de tout son cœur. Nous sommes invités à contempler la grâce à laquelle nous sommes appelé. Pardonner pour que vienne le Royaume offert est le moyen royal et concret d’y entrer.

Nous demandons la grâce de comprendre cette parole de Dieu pour la mettre en pratique.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Pardonner à notre frère de tout notre cœur

      La première parole que notre Seigneur prononça sur la croix fut une prière pour ceux qui le crucifiaient ; et c'est alors qu'il fit ce qu'écrit Saint Paul : « Aux jours où il vivait dans la chair, il offrit prières et sacrifices » (He 5,7). Certes, ceux qui crucifiaient notre divin Sauveur ne le connaissaient pas..., car s'ils l'avaient connu ils ne l'auraient pas crucifié (1Co 2,8). Notre Seigneur donc, voyant l'ignorance et la faiblesse de ceux qui le tourmentaient, commença à les excuser et à offrir pour eux ce sacrifice à son Père céleste, car la prière est un sacrifice... : « Mon Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23,34). Combien grande était la flamme d'amour qui brûlait dans le cœur de notre doux Sauveur, puisqu'au plus fort de ses douleurs, au temps où la véhémence de ses tourments semblait lui ôter même le pouvoir de prier pour lui-même, il vint par la force de sa charité à s'oublier soi-même, mais non ceux qu'il avait créés...

      Il voulait par là nous faire comprendre l'amour qu'il nous portait, lequel ne pouvait être diminué par aucune sorte de souffrance, et nous apprendre aussi quel doit être notre cœur à l'endroit de notre prochain...

      Or, ce divin Seigneur s'étant employé à demander pardon pour les hommes, il est tout certain que sa demande lui fut accordée, car son divin Père l'honorait trop pour lui refuser quelque chose de ce qu'il lui demandait.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église http://levangileauquotidien.org




Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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Évangile et Homélie du Lundi 05 Mars 2018. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays

   

Nous sommes le lundi de la 3e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Giovanni Giuseppe della Croce, prêtre o.f.m. († 1734)


Lectures de la messe

Première lecture (2 R 5, 1-15a)

Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours- là,
Naaman, général de l’armée du roi d’Aram,
était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître,
car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire
au royaume d’Aram.
Or, ce vaillant guerrier était lépreux.
Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël,
avaient fait prisonnière une fillette
qui fut mise au service de la femme de Naaman.
Elle dit à sa maîtresse :
« Ah ! si mon maître s’adressait
au prophète qui est à Samarie,
celui-ci le délivrerait de sa lèpre. »
Naaman alla auprès du roi et lui dit :
« Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. »
Le roi d’Aram lui répondit :
« Va, mets-toi en route.
J’envoie une lettre au roi d’Israël. »
Naaman partit donc ;
il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or
et dix vêtements de fête.
Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait :
« En même temps que te parvient cette lettre,
je t’envoie Naaman mon serviteur,
pour que tu le délivres de sa lèpre. »
Quand le roi d’Israël lut ce message,
il déchira ses vêtements et s’écria :
« Est-ce que je suis Dieu,
maître de la vie et de la mort ?
Ce roi m’envoie un homme
pour que je le délivre de sa lèpre !
Vous le voyez bien : c’est une provocation ! »
Quand Élisée, l’homme de Dieu,
apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements,
il lui fit dire :
« Pourquoi as- tu déchiré tes vêtements ?
Que cet homme vienne à moi,
et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec ses chevaux et son char,
et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée.
Élisée envoya un messager lui dire :
« Va te baigner sept fois dans le Jourdain,
et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. »
Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant :
« Je m’étais dit :
Sûrement il va sortir,
et se tenir debout
pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ;
puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade
et guérira ma lèpre.
Est-ce que les fleuves de Damas,
l’Abana et le Parpar,
ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ?
Si je m’y baignais,
est-ce que je ne serais pas purifié ? »
Il tourna bride et partit en colère.
Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire :
« Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile,
tu l’aurais fait, n’est-ce pas ?
Combien plus, lorsqu’il te dit :
“Baigne-toi, et tu seras purifié.” »
Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois,
pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ;
alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant :
il était purifié !
Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ;
il entra, se présenta devant lui et déclara :
« Désormais, je le sais :
il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre,
que celui d’Israël ! »

– Parole du Seigneur.


Psaume 41 (42), 2, 3 ; 42 (43), 3, 4

Comme un cerf altéré
cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche,
toi, mon Dieu.

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !


 

Évangile (Lc 4, 24-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth,
Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays » : Jésus a perçu les pensées de ses concitoyens. Mais, il ne s’arrête pas à ce constat. Il va mettre en évidence la racine de leur refus de reconnaître en lui le prophète ultime annoncé en Isaïe 61. Pour ce faire, il va répondre à leur revendication d’un signe attestant sa messianité en reprenant deux épisodes de l’Ancien Testament : celui d’Elie et de la veuve de Sarepta et celui d’Elysée et de Naaman le Syrien (cf. Première lecture de ce jour).

Ces récits présentent deux grands prophètes d’Israël, Elie et Elysée, à un moment où ils sont envoyés par le Seigneur porter soulagement et guérison à des païens. En fait, ces deux passages de l’Ecriture révèlent à Israël sa véritable mission : rappeler aux nations l’amour gratuit de Dieu pour tous. Israël doit être signe pour tous les peuples « étrangers » de la générosité et de la grandeur du Seigneur, signe qui les amènera à s’attacher, comme Naaman, à l’unique vrai Dieu. En Jésus, cette vocation universelle de l’élection d’Israël est portée à son accomplissement. En lui, Dieu se révèle à tout homme comme son Seigneur et son Sauveur.

Mais lorsque Jésus évoque ces épisodes relatifs à Elie et Elysée, saint Luc nous dit que « dans la synagogue, tous devinrent furieux. » Les juifs de Nazareth n’ont donc pas compris que le fait d’avoir été choisis par Dieu ne devait en rien les couper des autres nations, bien au contraire... En fait, ils se sont refermés sur leur élection c’est-à-dire sur eux-mêmes : Dieu nous a choisis, nous et personne d’autre. Ce Dieu est le nôtre, nous le connaissons bien, tellement bien que nous l’avons réduit à ce que nous avons pu saisir un tant soit peu de lui. Ce qui peut-être nous dépasse – sa révélation aux païens par exemple – nous l’avons exclu. En fait, nous nous sommes fait notre Dieu. Et c’est vrai que cela est tellement facile lorsque l’on croit avoir mérité peut-être son élection. On s’approprie tellement cette élection qu’à travers elle on s’approprie celui qui en est à l’origine. Mais au fond, n’est-ce pas là aussi parfois notre attitude vis à vis du Seigneur Jésus ? Cela vaut sans doute la peine de nous interroger.

En ce temps de carême, le Seigneur veut faire de nous les porteurs de la Bonne Nouvelle de son Amour et de sa Réconciliation auprès de ceux qui sont le plus éloignés de lui. Il veut ouvrir nos cœurs aux dimensions du sien. Cette « opération », à cause de notre péché qui nous replie sur nous-mêmes, provoquera en nous sûrement des combats, des luttes violentes où Dieu pourra peut-être se trouver pris à partie.

Mais dans l’évangile, Jésus nous laisse déjà entrevoir sa victoire. Ils passent sans crainte au milieu de nos égoïsmes. Il trace un sillon au milieu de nos cœurs. Il ouvre une brèche au cœur de tous nos repliements narcissiques. A travers cette ouverture nous percevons au loin une colline : le Golgotha. En son sommet, la Croix : l’ultime déchirure qui ouvre les portes du ciel et donne accès à la vie éternelle. Il nous faudra mourir à nous-mêmes pour renaître à la vie. Alors nos cœurs pourront rayonner de l’Amour que Dieu porte à tout homme.

Que le Seigneur nous conduise durant ce carême sur ce chemin de conversion pour que chaque matin de notre vie puisse devenir une aube pascale qui célèbre et annonce le salut de Dieu apporté à tout homme. Comment pourrions-nous retenir pour nous-mêmes le don que le Père nous a fait en son Fils bien-aimé ? 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie»

 

 

Aujourd'hui, dans l'Evangile, Jésus nous dit "qu'aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie" (Lc 4,24). En utilisant ce proverbe, Jésus se présente comme un prophète.

Le "prophète", c'est celui qui parle au nom de quelqu'un autre, qui apporte le message de quelqu'un d'autre. Chez les hébreux, les prophètes étaient des hommes envoyés par Dieu pour annoncer, soit avec des paroles, soit avec des signes, la venue du Messie, le message du salut, de la paix et de l'espérance.

Jésus est le prophète par excellence, le Sauveur attendu ; toutes les prophéties s'accomplissent avec Lui. Mais, comme à l'époque d'Elie et d'Elisée, Jésus n'est pas "bien reçu" parmi les siens, puisque ce sont eux qui, pleins de colère, "l'ont jeté hors de la ville" (L 4,29).

Du fait de notre baptême, chacun de nous est aussi appelé à devenir prophète : C'est pour cela que :

1° Nous devons annoncer la Bonne Nouvelle. Pour ce faire, comme le dit le Pape François, nous devons écouter la Parole avec une ouverture sincère, la laisser toucher notre propre vie, nous réclamer, nous exhorter, nous mobiliser, car si nous ne consacrons pas du temps à cette Parole pour prier, alors nous serons un "faux prophète", un "escroc", un "charlatan qui sonne creux".

2° Vivre l'Evangile. Le Pape François dit à nouveau "on ne nous demande pas d'être immaculés, mais d'être toujours en progrès, de vivre le désir profond de grandir sur le chemin de l'Evangile et de ne pas baisser les bras". Il est indispensable d'avoir la certitude que Dieu nous aime, que Jésus nous a sauvés, que son amour durera toujours.

3° En tant que disciples de Jésus, nous devons être conscients que de même que Jésus a connu le rejet, la colère, a été chassé, cela se profile aussi à l'horizon de notre vie quotidienne.

Que Marie, Reine des prophètes, nous guide sur notre chemin.

 

http://evangeli.net/evangile

Abbé Higinio Rafael ROSOLEN IVE (Cobourg, Ontario, Canada)



Prière d'introduction

Seigneur, donne-moi le don de la foi. Je veux croire en toi. Je veux que tu sois présent dans ma vie, dans tous les moments de ma vie.

Demande

La foi.

Points de réflexion

1. Jésus, après avoir parcouru plusieurs villes et villages de Galilée, revient dans son village, Nazareth, et il enseigne dans la synagogue, comme il le faisait dans les autres endroits où il se rendait. Dans les autres villes et villages de Galilée, Jésus était un personnage nouveau que les gens ne connaissaient pas. Ici Jésus est connu de tous. On connaît sa famille, ses parents, sa maison, on l’a vu grandir et travailler dans le village. Nous ne connaissons pas grand-chose de la vie de Jésus à Nazareth, et ce passage de l’Évangile nous confirme que si nous n’en savons presque rien, c’est qu’il n’y eut rien de spécial pendant cette partie de la vie de Jésus. Jésus était un villageois comme les autres à Nazareth.

2. La visite de Jésus à Nazareth, après ses passages dans les autres endroits de la Galilée, s’est mal passée. Jésus enseigne dans la synagogue, les habitants s’étonnent de voir ce Jésus qu’ils pensaient bien connaître montrer une grande sagesse. Saint Matthieu, dans son récit de l’événement, précise que les habitants de Nazareth manquaient de foi. Jésus leur rappelle deux passages de l’Écriture : dans le premier Élie est envoyé par Dieu vers une veuve qui n’était pas d’Israël, dans le second Élisée guérit Naaman le lépreux, un Syrien. Outragés par ces comparaisons, les habitants de Nazareth décident alors de tuer Jésus en le précipitant du haut d’une falaise, mais Jésus réussit à s’enfuir.

3. Ne sommes-nous pas parfois nous aussi comme ces habitants de Nazareth ? Certes nous savons que Jésus est le Fils de Dieu, nous savons qu’il est ressuscité, nous savons qu’il est notre Sauveur. Mais il est possible que petit à petit nous nous soyons habitués à cela, que Jésus fasse, en quelque sorte « partie du paysage ». Que Jésus, au bout du compte, soit devenu un élément de plus dans notre vie quotidienne. Si tel est le cas, alors notre foi est comme morte : l’habitude l’a tuée, un peu comme ces habitants de Nazareth, incapables d’avoir un regard neuf sur Jésus et qui décident de le tuer. Dieu est vivant et c’est dans une relation vivante avec lui que nous sommes appelés à vivre.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, aide-moi à te voir dans ma vie, dans les moments heureux et les moments difficiles. Je crois que tu es toujours près de moi, que jamais tu ne me laisses seul. Aide-moi à voir ton amour, tu ne cesses jamais de m’aimer.

Résolution

Demander chaque jour à Jésus de me donner une plus grande foi.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr



"Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.

En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Jésus n’est pas bien reçu parmi les siens. Pleins de colère, ils "veulent le jeter hors de la ville." C’est ainsi que toutes les prophéties s’accomplissent en Lui. Jésus est le prophète, il est le Sauveur attendu. Ecoutant la Parole de Jésus avec un cœur sincère, nous la laissons toucher notre vie et nous nous consacrons à cette Parole. Nous sommes appelés "prophètes" du fait de notre baptême, et nous annonçons encore la Bonne Nouvelle. Saint Ambroise, à propos de l’accueil de cette veuve dit : "Qu’elle est parfaite, cette veuve ! Accablée par une grande famine, elle continuait pourtant à vénérer Dieu. Elle ne gardait pas ses provisions pour elle seule : elle partageait avec son fils. Bel exemple de tendresse, mais plus bel exemple encore de foi ! Elle ne devait préférer personne à son fils : voilà qu’elle met le prophète de Dieu au-dessus de sa propre vie. Croyez bien qu’elle n’a pas seulement donné un peu de nourriture, mais toute sa subsistance ; elle n’a rien gardé pour elle ; comme son hospitalité l’a amenée à un don total, sa foi l’a conduite à une confiance totale."

"Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » Jésus est désarmant ! Si nous voulons connaitre Jésus, nous suivrons le même chemin que lui. L’histoire du Roi d’Israël qui voit arriver Naaman le Syrien pour être délivré de sa lèpre est éclairante. Il croit à une provocation ! Il entre dans une grande colère et il déchire ses vêtements. Il s’écrie : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Vous le voyez, c’est une provocation ! » Ce n’est pas seulement le Roi d’Israël qui manifeste de réelles difficultés, mais encore Naaman le Syrien qui demande la guérison. « Il se disait en lui-même, il va m’imposer les mains et je vais être guéri. » Quand il entend l’ordre d’aller se baigner dans le Jourdain, il le prend mal ! L’orgueil tapi dans le cœur de l’homme se révèle ainsi. Nous sommes tous et toujours dans une réelle difficulté de croire. Jésus ouvre nos yeux sur le fait qu’être membre du “Peuple élu” n’offre aucune garantie de salut, ou de purification.

"À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux." Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.Tous ceux qui sont dans l’attente de Dieu et qui le cherchent sont touchés par la grâce qui émane de lui ! Nous pouvons imaginer la joie de Marie devant la perspective de la venue de Jésus dans son pays. Très vite, elle doit vivre une grande déception, en très peu de temps Jésus est rejeté de chez lui. Il connait le rejet et la colère de son Peuple. Il a été chassé de chez lui. C’est à Nazareth, là où il avait grandi, que Jésus vit ce rejet ! La certitude que Dieu nous aime, que Jésus nous a sauvés, que son amour durera toujours est si necessaire. Au travail, en famille, ou dans notre entourage, nous devons prendre nos décisions à la lumière de l’Évangile. Marie a accueilli son fils bien aimé Jésus, le prophète, le Sauveur attendu. Nous laissons sa Parole nous toucher dans notre vie et nous consacrons du temps à la prière. Marie, Reine des prophètes, nous guide sur ce chemin !

Nous demandons la grâce de suivre Jésus, de demeurer dans l’amour infini de Dieu.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Le Carême conduit à la résurrection du baptême

      Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait être purifié par personne. Alors une jeune captive dit qu'il y avait un prophète en Israël qui pourrait le purifier du fléau de la lèpre... Apprends maintenant qui est cette jeune fille d'entre les captifs : la jeune assemblée d'entre les nations, c'est-à-dire l'Église du Seigneur, humiliée auparavant par la captivité du péché, alors qu'elle ne possédait pas encore la liberté de la grâce. C'est à son conseil que ce vain peuple des nations a écouté la parole des prophètes dont il avait douté longtemps. Ensuite, dès qu'il a cru qu'il fallait obéir, il a été lavé de toute l'infection de ses méfaits. Naaman avait douté avant d'être guéri ; toi, tu es déjà guéri, c'est pourquoi tu ne dois pas douter.

      C'est pour cela qu'on t'a déjà dit de ne pas croire seulement ce que tu voyais en t'approchant du baptistère, de peur que tu ne dises : « C'est là 'le grand mystère que l'œil n'a pas vu ni l'oreille entendu et qui n'est pas monté au cœur de l'homme' ? (1Co 2,9) Je vois de l'eau, que je voyais tous les jours ; peuvent-elles me purifier, ces eaux dans lesquelles je suis souvent descendu sans être jamais purifié ? » Apprends par là que l'eau ne purifie pas sans l'Esprit. C'est pour cela que tu as lu que « trois témoins au baptême ne font qu'un : l'eau, le sang et l'Esprit » (1Jn 5,7-8). Car si tu en retires un, il n'y a plus de sacrement du baptême. En effet, qu'est-ce que l'eau sans la croix du Christ ? Un élément ordinaire sans aucun effet sacramentel. Et de même, sans eau il n'y a pas de mystère de la régénération. « À moins d'être né de nouveau de l'eau et de l'Esprit, on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5). Le catéchumène croit en la croix du Seigneur Jésus dont il est marqué ; mais s'il n'a pas été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, il ne peut pas recevoir la rémission de ses péchés ni puiser le don de la grâce spirituelle.

      Donc ce Syrien s'est plongé sept fois dans la Loi ; toi, tu as été baptisé au nom de la Trinité. Tu as confessé le Père..., tu as confessé le Fils, tu as confessé l'Esprit Saint... Tu es mort au monde et ressuscité pour Dieu et, en quelque sorte, enseveli en même temps dans cet élément du monde ; mort au péché, tu es ressuscité pour la vie éternelle (Rm 6,4).

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org

 


   

 

 

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Évangile et Homélie du Dim 04 Mars 2018. Les dix commandements

Lectures de la messe

Première lecture (Ex 20, 1-17)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, sur le Sinaï,
Dieu prononça toutes les paroles que voici :
« Je suis le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte,
de la maison d’esclavage.
Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
Tu ne feras aucune idole,
aucune image de ce qui est là-haut
dans les cieux,
ou en bas sur la terre,
ou dans les eaux par-dessous la terre.
Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux,
pour leur rendre un culte.
Car moi, le Seigneur ton Dieu,
je suis un Dieu jaloux :
chez ceux qui me haïssent,
je punis la faute des pères sur les fils,
jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements,
je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.
Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,
car le Seigneur ne laissera pas impuni
celui qui invoque en vain son nom.

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Pendant six jours tu travailleras
et tu feras tout ton ouvrage ;
mais le septième jour est le jour du repos,
sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu :
tu ne feras aucun ouvrage,
ni toi, ni ton fils, ni ta fille,
ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes,
ni l’immigré qui est dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel,
la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent,
mais il s’est reposé le septième jour.
C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat
et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère,
afin d’avoir longue vie
sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ;
tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain,
ni son serviteur, ni sa servante,
ni son bœuf, ni son âne :
rien de ce qui lui appartient. »

– Parole du Seigneur.


Psaume 18b (19), 8, 9, 10, 11

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Deuxième lecture 1 Co 1, 22-25

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, alors que les Juifs réclament des signes miraculeux,
et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié,
scandale pour les Juifs,
folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle,
qu’ils soient juifs ou grecs,
ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes,
et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

– Parole du Seigneur.


 

Évangile (Jn 2, 13-25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple,
ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu
nous donner
pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six
ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,
beaucoup crurent en son nom,
à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux,
parce qu’il les connaissait tous
et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2018. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

 

Qu’est-ce que le Temple de Dieu sur terre, sinon le lieu où réside sa présence parmi les hommes ? Les prophètes d’Israël, déjà, disaient cela ! Ce qui fait la valeur, la particularité, la gloire d’un temple, ce n’est pas la splendeur de son architecture, ni le volume de sa construction ; c’est la présence intérieure qu’il abrite, la spiritualité qu’il porte. Sinon ce n’est pas un temple ; c’est seulement un monument. Et un monument n’a jamais sauvé personne !


 

 

Depuis des siècles, le prophète Jérémie s’est évertué à faire comprendre que la présence de Dieu ne doit pas être enfermée dans un temple de pierres, mais s’inscrire d’abord au fond des âmes (31,31-34 ; 32,36-41). Aujourd’hui, sur l’esplanade de ce Temple de pierre, se tient un homme qui porte en lui tout le poids de la présence divine. Car en lui habite corporellement la plénitude de la Divinité (Col 2,9a). Le vrai Temple de Dieu, c’est donc lui ! La vraie Demeure de Dieu parmi les hommes (Ap 21,3) est dans le cœur de cet Emmanuel. À partir de ce jour, le monde apprend qu’en vérité, Dieu est avec nous.


 

 

Dans le cœur de Jésus Christ réside la vie même de Dieu ; et nous nous trouvons en lui associés à cette plénitude (Col 2,9b). Le Temple dont il parlait c’était son corps, nous dit l’évangéliste (Jn 2,21). Oui, le Verbe s’est fait chair et il a établi sa demeure parmi nous et nous avons vu sa gloire. Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu (Jn 1,14.16). Les scribes, les grands prêtres, les docteurs de la loi et les pharisiens pourront s’unir à Pilate pour faire disparaître, à son tour cette Demeure vivante de Dieu parmi les hommes. La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la pierre d’angle (Is 8,14); c’est là l’œuvre du Seigneur, elle est merveille à nos yeux. L’apôtre Pierre ne fera que rappeler l’avènement de ce que le prophète proclamait.

 

 

Et la merveille, en effet, c’est qu’autour de cette tête d’angle, toute une construction nouvelle s’est mise à fleurir et à monter. Vous-mêmes comme pierres vivantes, dit l’apôtre, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. Finis les murs de pierres hérodiens ! Finis les jours mortels de Jésus dans la chair ! Nous sommes les pierres vivantes du Temple nouveau. Finis les sacrifices d’animaux !
Nous célébrons à jamais l’Alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang de l’agneau. Finis les enceintes et les parvis, les ségrégations et les interdits ! N’est-il pas écrit : ma maison sera une maison de prière pour toutes les nations ? N’est-ce pas le Premier Testament qui, déjà, prophétisait cela (Is 56,7 ;  Mc 11,17) ? Nous avons entendu l’apôtre Paul : Frères, alors que les juifs réclament les signes du Messie et que le monde grec recherche une sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les grecs, mais pour ceux que Dieu appelle, tous, juifs ou grecs (croyants ou incroyants), ce Christ est puissance de Dieu et sagesse de Dieu (1 Co 1,22-24). Il est ressuscité le troisième jour !


 

 

Le Corps du Christ, par-delà sa mort devient toute une Église. Une Église de croyants, de toutes races, langues, peuples et nations (Ap 7,9).
Une Église composée dès le départ de juifs, tels que Simon Pierre, Jacques, Jean, André, Marie, Joseph, Nathanaël… et les autres. Car vous êtes le Corps du Christ et membres chacun pour sa part (1 Co 12,27). En mourant pour nous une fois pour toutes (He 7,27), il a répandu son esprit sur toute chair (Rm 5,5).
Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous désormais ? Car le Temple de Dieu est sacré et ce Temple c’est vous (1 Co 3,16-17). Il parlait donc de nous aussi quand il parlait du Temple de son corps !
Nous sommes son Temple. Et le Christ, c’est nous (1 Co 12,13).
Il a fait de nous des tabernacles de Dieu !


 

 

Un jour, sur son cahier d’écolier, Thérèse de Lisieux écrivait ces lignes : « Le seul crime reproché à Jésus par Hérode fut celui d’être fou. Et je pense comme lui ! Oui, c’était de la folie de chercher les pauvres petits cœurs de mortels pour en faire ses tabernacles. Lui, le roi de gloire, qui est au-dessus des chérubins…
Il était fou, notre bien-aimé, de venir sur la terre, chercher les pécheurs pour en faire des amis, des intimes, des semblables ! »
Mais il l’a fait. Par amour pour nous !


 

 Seigneur, nous voici devant toi. Prends-nous tout entiers pour ta gloire.

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic»

Aujourd'hui alors que la Pâque est déjà proche, un fait insolite est survenu dans le temple. Jésus a jeté dehors le troupeau des marchands, il a renversé les tables des changeurs et a dit aux vendeurs de colombes: «Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic» (Jn 2,16). Et pendant que les veaux courraient sur l’esplanade, les disciples ont découvert une facette de l’âme de Jésus: le zèle pour la maison de son Père, le zèle pour le temple de Dieu.

Le temple de Dieu converti en marché: quelle énormité! Cela avait dû commencer petitement. Un jeune berger qui montait vendre un agneau, une petite vieille qui voulait gagner quelques sous en vendant des pigeons…, et l’affaire grossit petit-à-petit. Au point que l’auteur du Cantique des cantiques s’exclamait: «Chassez les renards, les petits renards qui dévastent les vignes» (Cant 2,15). Mais qui lui prêtait attention? L’esplanade du temple était comme un marché un jour de foire.

—Moi aussi je suis temple de Dieu. Si je ne fais pas attention aux petits renards, l’orgueil, la paresse, la gourmandise, la jalousie, l’avarice, tous ces vêtements de l’égoïsme, se glissent à l’intérieur et abîment tout. Voilà pourquoi le Seigneur nous avertit: «Ce que je vous dis, je le dis à tous: Veillez!» (Mc 13,37).

Veillons, pour que le laisser-aller n’envahisse pas notre conscience! «L’incapacité de reconnaître sa faute est la forme la plus dangereuse de cécité spirituelle que l’on puisse imaginer, car elle rend les personnes incapables de s’améliorer» (Benoit XVI).

Veiller? —J’essaie de le faire chaque soir. Ai-je offensé quelqu’un? Mes intentions sont-elles droites? Suis-je disposé à accomplir toujours et en tout la volonté de Dieu? Ai-je admis une inclination qui déplaît au Seigneur? Mais, à ces heures-là, je suis fatigué et le sommeil me vainc.

—Jésus, toi qui me connais à fond, tu sais très bien ce qu’il ya dans le cœur de chaque homme, fais-moi connaître mes fautes, donne-moi la force et un peu de ton zèle pour rejeter du temple tout ce qui m’écarte de toi.

Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés (Tarragona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, je crois en toi. Je crois que tu me vois, que tu m’écoutes, que tu me parles.

Demande

Permets-moi, Seigneur, de te rencontrer aujourd’hui pendant cette prière. Permets-moi de faire à nouveau l’expérience de ta présence en moi. Je te le demande de tout mon cœur, en sachant que c’est une grâce, que c’est un don de ta part ; si tu le veux, mon cœur le désire.

Points de réflexion

1. Regardons surtout le zèle avec lequel Jésus réagit fasse à la perversion qu’il constate dans le temple de Dieu, dans son temple. Jésus voit les marchands d’animaux, les changeurs et il réagit de façon déterminée et intransigeante : il jette, il renverse, il dit : « Enlevez cela d’ici ». « L’amour de ta maison fera mon tourment. » nous dit l’évangéliste.

2. La fin du passage lorsque l’évangéliste nous dit : « Mais lui parlait du sanctuaire de son corps » et la première épître de saint Paul aux Corinthiens nous éclairent : « (…) vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ. (…) Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. » (1 Cor 3, 9b-11.16-17). Nous sommes la maison que Dieu a construite. Par la mort et la Résurrection du Christ nous avons été reconstruits en lui. Que de paroles fortes ! L’amour pour ce temple que nous sommes brûle dans le cœur de Jésus. Il ne peut accepter que celui-ci soit saccagé, désacralisé.

Dialogue avec le Christ

Le temple de Dieu, c’est moi. L’Esprit de Dieu habite en moi et en chaque homme. Prendre l’une des Paroles des Écritures qui t’a le plus toucher et répète-la en toi pour en prendre conscience, et demande à Jésus de la comprendre aujourd’hui plus en profondeur, demande-lui d’en faire l’expérience.

Résolution

Cherchons à regarder et à nous adresser aux autres en reconnaissant qu’ils sont temples de Dieu, qu’ils sont sacrés.

Sabine Laxague, consacrée de RC

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Père Gilbert Adam

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Évangile et Homélie du Sam 03 Mars 2018. Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché ...

Nous sommes le samedi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : Ste Teresa Eustochio Verzeri, vierge et fond. († 1852),  Ste Cunégonde, impératrice, veuve, religieuse († 1033)


Lectures de la messe

Première lecture: Mi 7, 14-15.18-20

Lecture du livre du prophète Michée

Seigneur, avec ta houlette,
sois le pasteur de ton peuple,
du troupeau qui t’appartient,
qui demeure isolé dans le maquis,
entouré de vergers.
Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad,
comme aux jours d’autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d’Égypte,
tu lui feras voir des merveilles !

Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime,
pour passer sur la révolte
comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage :
un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère
mais se plaît à manifester sa faveur ?
De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde,
tu fouleras aux pieds nos crimes,
tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés !
Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité,
à Abraham ta faveur,
comme tu l’as juré à nos pères
depuis les jours d’autrefois.

– Parole du Seigneur.


Psaume 102 (103), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse !

Il n’est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.


Évangile (Lc 15, 1-3.11-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
“Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.”
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
“Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite- moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
“Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs :
“Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.”
Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
“Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
“Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit :
“Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé !” »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Dans cette parabole qui est au cœur de l’Evangile de la miséricorde, Jésus nous révèle que le salut est le fruit de l’amour vivifiant d’un Dieu Père, qui persiste à nous considérer comme ses fils bien-aimés, quelles que soient nos rebellions (Eph 1, 5).

Dès les premières lignes, se pose un problème majeur : comment se fait-il que ce père, dont nous admirons les qualités humaines et spirituelles, ait « raté » à ce point l’éducation de ses deux fils ? Bien sûr je suis en train d’objectiver à outrance la parabole, mais ce questionnement peut nous amener à une découverte intéressante. Comment ne pas être sensible en effet à l’absence de mère dans ce récit ? Où est-elle passée ? Première réponse : le Dieu que Jésus met en scène est tout autant mère que père ; il est au-delà de cette distinction anthropologique. Certes, mais il n’en demeure pas moins que les fils ne semblent percevoir qu’une paternité étouffante, qui n’est pas tempérée par l’aspect féminin, maternel. Autrement dit, ils ne connaissent pas leur père, ou plutôt ils n’en connaissent qu’un aspect, et c’est ce déficit dans l’ordre de la connaissance qui explique leur comportement très dur envers cet homme plein de bonté. Reste à élucider la question : d’où vient leur aveuglement sur la véritable identité de ce père qu’ils côtoient quotidiennement ?

Peut-être faut-il remonter à un certain chapitre trois de la Genèse pour comprendre. Lorsque les Ecritures parlent de Dieu, ils le désignent toujours de deux termes conjoints : Yahve-Elohim. Le premier - le tétragramme sacré - désigne le « pôle » féminin, maternel en Dieu : sa miséricorde infinie, toujours disponible, sa tendresse compatissante ; le second désigne la polarité virile, paternelle : le Dieu digne de confiance parce que fidèle à ses engagements ; qui peut être exigeant pour ses enfants, car il s’engage à leurs côtés. La ruse du Serpent fut précisément de présenter un Dieu « amputé de moitié » : le Menteur ne parle à Eve que d’un Dieu Elohim, « oubliant » insidieusement les attributs de la tendresse et de la miséricorde, essentiels à la « carte de visite » du Dieu véritable : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Ex 34, 6). Il est certain que devant le « paternel divin » que lui suggère le Serpent, l’homme ne peut que prendre peur et « se cacher parmi les arbres du jardin » (Gn 3, 8).

Depuis le péché des origines, la blessure reste ouverte : nous portons tous au fond de nous-même une secrète peur de Dieu, qui représente sans doute le plus redoutable obstacle sur le chemin vers lui. Aussi longtemps que nous n’avons pas intégré les deux aspects de Dieu, nous demeurons divisés entre le désir de nous jeter dans ses bras, et l’angoisse de nous faire écraser, manipuler, tuer.

Vu sous cet angle, les deux fils du père de la parabole sont bien des enfants de notre race : marqués par le discours mensonger du Serpent, ils ne parviennent pas à faire confiance à ce père, qu’ils soupçonnent d’être un rival, jaloux de leur bonheur, et qui veut les empêcher d’accéder à la maîtrise du domaine familial. Le premier se révolte et demande sa part pour échapper une fois pour toute à la logique du don qui préside normalement aux relations familiales - et d’une manière générale aux relations d’amour - chacun trouvant sa joie dans la dépendance de l’autre, afin que dans le don et l’accueil réciproque se construise l’unité. L’autre reste à la maison, mais il y vit comme un mercenaire, un serviteur rémunéré et non comme un fils : il ne connaît pas davantage la gratuité de l’amour paternel.

Tous deux auront à vivre une démarche de conversion profonde. Le premier à travers un long détours qui le conduira jusqu’au plus profond de la déchéance humaine, avant de découvrir qu’il n’a jamais perdu sa dignité filiale dans le cœur maternel de ce père qui le réenfante dans ses entrailles de miséricorde. Le second à travers la méditation de ces paroles, que Jésus redira à son Père durant la prière sacerdotale du jeudi saint : « Tout ce qui est à moi est à toi ». A vrai dire Jésus ajoutera : « … comme tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17, 9). Le père de la parabole attend la réciproque de son aîné : alors seulement sa joie sera parfaite, lorsque ses deux enfants seront réunis avec lui dans une même communion d’amour.

Certes, la parabole nous parle avant tout de Dieu, de sa miséricorde inconditionnelle, de sa joie d’offrir son pardon et de son désir de rassembler dans une même fête tous ses enfants dispersés. Mais le récit souligne également comment la démarche de conversion de chacun s’inscrit dans une histoire personnelle : pour chacun de nous, ce n’est qu’au terme d’un long combat - contre les fausses images de la paternité, contre les conceptions erronées de la liberté, contre la violence de nos passions - que nous avons entrevu peu à peu la vanité de notre prétention à l’autonomie, et que nous avons envisagé un retour vers Celui dont nous pensions nous être définitivement affranchi. Nous aussi nous n’avons découvert la paternité de Dieu que dans l’étreinte du Père, blotti tout contre ses entrailles de miséricorde. Sachons faire mémoire, le cœur débordant de reconnaissance, de ces moments fondateurs de notre cheminement de foi.

Seigneur, aujourd’hui je veux faire ta joie ; non pas en prétendant faire des œuvres extraordinaires pour toi : elles ne le seraient vraiment que si tu les accomplissaient toi-même en moi ! Mais en t’offrant tout au contraire les actions auxquelles je suis sûr que tu n’as pas participé et dont je suis l’unique responsable ; celles que tu me demandes depuis si longtemps de te donner : mes péchés, mes nombreux péchés, qui me tiennent éloignés de toi. Et puisque « seul le pécheur est habilité à parler de toi » (Dom Louf), j’ose prendre la parole pour proclamer en action de grâce : « Y a-t-il un Dieu comme toi ? Tu enlèves le péché, tu pardonnes sa révolte au reste de ton peuple, tu ne t’obstines pas dans ta colère, mais tu prends plaisir à faire grâce. De nouveau tu nous montres ta tendresse, tu triomphes de nos péchés, tu jettes toutes nos fautes au fond de la mer ! » (1ère lect.).

Père Philippe

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«Me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi»

Aujourd'hui, nous regardons la Miséricorde, la note distinctive de Dieu le Père, en ce moment où nous contemplons une Humanité orpheline, car elle —dans un oubli de sa mémoire— ne sait plus qu'elle est Fille de Dieu. Cronin parle d'un fils qui est parti de chez lui, qui a gaspillé tout son argent, sa santé, son honneur de famille et est allé en prison. Peu avant de reprendre sa liberté, il écrit chez lui en disant que si on le pardonnait il fallait accrocher au pommier qui donnait sur la voie ferrée un mouchoir blanc. Si le mouchoir était là il reviendrait à la maison sinon ils ne le reverraient plus jamais. Y aurait-il un mouchoir accroché au pommier? «Ouvre les yeux…! et regarde!», lui dit un compagnon. Il ouvre les yeux et reste bouche-ouverte, il n'y avait pas un mouchoir accroché au pommier… mais il y en avait des centaines!

Cela nous rappelle ce tableau de Rembrandt où on voit comment le fils qui revient, malade et affamé est accueilli par un vieillard avec deux mains différentes, l'une forte d'un père qui le serre fort, l'autre délicate d'une mère qui douce et affectueuse le caresse. C'est pareil pour Dieu, Il est Père et Mère…

«Mon père, j'ai péché» (Lc 15,21), nous aussi nous voulons dire cela au Père et sentir comment Il nous serre dans Ses bras au moment de la confession pour nous préparer à participer à la fête de l'Eucharistie. Ainsi, puisque: «Dieu nous attend chaque jour, comme ce père de l'Evangile attendait son fils prodigue» (San Josemaría), parcourons le chemin de retour avec Jésus jusqu'à notre rencontre avec le Père, où tout sera lumière: «Le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné» (Concile Vatican II).

Le sujet principal est toujours le Père. Demandons que le trajet à travers le désert du Carême nous amène à nous interroger intérieurement sur cet appel à participer dans le mystère de la Miséricorde Divine, puisque, après tout, la vie n'est que un retour vers le Père.

Abbé Llucià POU i Sabater (Granada, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Me voici pour te parler, Seigneur, et surtout pour t’écouter. Je m’approche de cet Évangile en sachant que tu veux m’y dire quelque chose pour aujourd’hui.

Demande

Seigneur, enseigne-moi ce que veut dire être « fils de Dieu ».

Points de réflexion

1. Dieu s’est révélé à nous comme Père, Fils et Saint-Esprit.
La relation de père à fils est la meilleure image pour comprendre qui est Dieu le Père pour le Fils et réciproquement. Un papa devient papa quand l’enfant naît, d’une certaine manière c’est l’enfant qui permet au père de devenir qui il est en tant que père. De même le fils est fils parce que son père lui a permis d’être fils. Les personnes de la Trinité sont des « relations subsistantes » : l’un se définit par les deux autres, et vice-versa. Benoît XVI écrit que le Père est « l’être pour », le Fils « l’être de » et l’Esprit Saint « l’être avec ». En nous approchant un peu de ce mystère nous comprenons mieux ce que représente l’éloignement du fils de la parabole. Jésus nous invite à devenir, en lui, les fils du Père, à « être de » Dieu. Le péché rompt de l’intérieur ce projet d’amour.

2. Le fils demande au père son héritage.
En grec le mot est « ousia » qui est un participe du verbe être. En demandant sa part d’héritage, plus que de l’avoir, il revendique son être. Il refuse d’être, « être de », d’être fils, de tout recevoir d’un autre. Il veut être pour lui-même. Le catéchisme de l’Église catholique dit que tout péché est un manque de confiance en la bonté de Dieu. Nous pensons que l’égoïsme et l’orgueil paient plus que le don de soi. Le péché du diable radicalise cette attitude : mieux vaut être maître de soi-même en enfer que serviteur des autres au ciel.

3. « Je me lèverai, j’irai vers mon père (…) »
Ce retour du fils au Père, c’est toute l’histoire du salut, et c’est aussi l’histoire de notre salut. Tout notre chemin de conversion permanente consiste à reconnaître que notre existence est un don gratuit reçu de Dieu, appelée à devenir don gratuit offert à Dieu et aux autres. C’est un chemin de conversion car notre faiblesse nous rend incapable d’atteindre cet idéal par nos propres forces. « Je me lèverai », notre conversion est une résurrection : par notre baptême, nous sommes ressuscités avec le Christ et nous sommes devenus enfants de Dieu. Cette nouvelle vie de fils est en nous, et les sacrements en sont la nourriture.

Dialogue avec le Christ

Merci, mon Dieu, de faire de moi ton enfant. Apprends-moi à me reconnaître dépendant d’un Père de qui je reçois tout.

Résolution

Remercier le Seigneur pour le don de la vie : en apprécier la beauté, la gratuité, la fécondité.

Frère Melchior Poisson, LC

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…Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Aujourd’hui, dans une civilisation de consommation, la culture ambiante s’établit comme si Dieu était mort. Ce jeune fils qui demande sa part d’héritage, dit à son père de manière cachée : « Je te considère comme mort pour moi. » Quand nous sommes passés ainsi dans ces coutumes étrangères, il est difficile de ne pas les adopter. L’image de Dieu en nous s’estompe et disparaît de notre esprit. C’est alors que survient la famine pour cet homme qui voudrait manger ce que mangent les porcs ! Le jeune homme de l’Evangile est passé par un chemin de douleur. Comme lui, nous essayons de trouver une issue à nos questions existentielles. Il nous faut découvrir, en nous, cette partie cassée, qui a brisé l’unité de notre être. Nous avons du mal a considérer en nous la dynamique de la vie, là où retenti la joie du rassemblement, la joie de la réconciliation. Cette Parole de l’Evangile porte une plénitude de joie. La maison paternelle est remplie de la joie du père qui retrouvera son fils cadet. Nous demandons la grâce de la douceur, pour demeurer dans l’Amour.

"… Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. …Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Avant de rentrer à la maison, que de souffrance pour cet homme ! Il s’est dévalorisé, il se tient de côté, et il est prêt maintenant à tout accepter pourvu qu’il puisse vivre encore ! Quelle est sa surprise quand il s’aperçoit qu’il est resté vivant dans le cœur de son père, comme son unique. Il découvre dans cet accueil cette partie qui est la plus profonde en lui, silencieuse, qui ne cesse d’attendre, d’espérer, de croire que tout est possible malgré tout. Cette partie à la fois profonde et douce, patiente, au long des jours, nous maintient en vie ! C’est alors qu’il nous faut rebondir dans l’espérance devant l’epreuve. La maison paternelle est remplie de joie, celui qui était parti et revenu, il doit retrouver sa vraie place. Cette dynamique en attente est en chacun de nous. Nous sommes désireux de la joie des retrouvailles, de la joie du rassemblement, de la joie de la réconciliation.

"…Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé." Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Pour tenter d’être pleinement lui-même, et dans un excès de recherche de soi, le fils ainé s’est perdu, il a brisé l’unité de la vie. Dieu respecte notre choix, il se tient à la porte et ouvre son cœur plein de tendresse à son enfant qui est là. Il nous faut découvrir cette partie de nous qui s’est échappée de la communion. Nous découvrons alors en nous cette partie victime du départ de l’autre. Nous avons à retrouver l’unité de nous-même, où chacun peut vivre et reconnaître l’autre. Jésus nous rejoint en épousant notre nature humaine, il nous aide à revenir en nous-mêmes, comme l’enfant du Père qui aime gracieusement. Il nous rejoint dans cette partie qui, au long des jours attend. Cette partie douloureuse ne cesse pas de croire que tout est possible. C’est l’Esprit Saint nous donnera de nous reconnaître en profondeur pour vivre en bonne intelligence, dans la joie. Cette Parole porte en elle la plénitude de la joie du Père qui voudrait que la maison paternelle soit remplie par la joie de ses enfants retrouvés et rassemblés.

Nous demandons la grâce de la virginité du regard et la simplicité de l’amour.

Père Gilbert Adam

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« Rentrant alors en lui-même, il se dit...: 'Ici je meurs de faim. Je vais retourner chez mon père' »

      « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt 5,5). Par cette parole le Seigneur veut nous faire comprendre que le chemin de la joie, c'est les pleurs. Par la désolation on va à la consolation ; c'est en perdant sa vie qu'on la trouve, en la rejetant qu'on la possède, en la haïssant qu'on l'aime, en la méprisant qu'on la garde (cf Lc 9,23s). Si tu veux te connaître toi-même et te maîtriser, entre en toi-même et ne te cherche pas au-dehors... Rentre donc en toi-même, pécheur, rentre là où tu existes vraiment : en ton cœur. À l'extérieur, tu es un animal, à l'image du monde...; au-dedans, tu es un homme, à l'image de Dieu (Gn 1,26), et donc capable d'être déifié.

      C'est pourquoi, frères, l'homme qui rentre en lui-même, ne se découvrira-t-il pas au loin, comme le fils prodigue, dans une région de dissemblance, dans une terre étrangère, où il s'assied et pleure au souvenir de son père et de sa patrie ?... « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9) Peut-être encore dans l'ombre pour ne pas te voir toi-même : tu couds ensemble des feuilles de vanité pour couvrir ta honte (Gn 3,7), regardant ce qui est autour de toi et ce qui est à toi, car tes yeux sont grand ouverts sur de telles choses. Mais regarde au-dedans, regarde-toi : c'est là que se trouve le plus grand sujet de honte...

      Il est évident, frères : nous vivons en dehors de nous-mêmes... C'est pourquoi la Sagesse a toujours à cœur d'inviter à la maison du deuil plutôt qu'à la maison du banquet (Eccl 7,3), c'est-à-dire de rappeler en lui-même l'homme qui était au-dehors de lui-même, en disant : « Bienheureux ceux qui pleurent » et dans un autre passage : « Malheur à vous qui riez maintenant » (Lc 6,25)... Mes frères, gémissons en présence du Seigneur : que sa bonté le porte à nous pardonner... Bienheureux ceux qui pleurent, non parce qu'ils pleurent, mais parce qu'ils seront consolés. Les pleurs sont le chemin ; la consolation c'est la béatitude.

Isaac de l'Étoile (?-v. 1171), moine cistercien

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Évangile et Homélie du Vend 02 Mars 2018. Parabole des vignerons meurtriers



Nous sommes le vendredi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : Ste Agnès de Bohème, princesse et clarisse († 1282),  Ste Ángela de la Cruz, religieuse († 1932)


Lectures de la messe

Première lecture (Gn 37, 3-4.12-13a.17b-28)

Lecture du livre de la Genèse

Israël, c’est-à-dire Jacob,
aimait Joseph plus que tous ses autres enfants,
parce qu’il était le fils de sa vieillesse,
et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu’il leur préférait Joseph,
ses autres fils se mirent à détester celui-ci,
et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

Les frères de Joseph étaient allés à Sichem
faire paître le troupeau de leur père.
Israël dit à Joseph :
« Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ?
Va donc les trouver de ma part ! »
Joseph les trouva à Dotane.
Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux,
ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Voici l’expert en songes qui arrive !
C’est le moment, allons-y, tuons-le,
et jetons-le dans une de ces citernes.
Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains.
Il leur dit :
« Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta :
« Ne répandez pas son sang :
jetez-le dans cette citerne du désert,
mais ne portez pas la main sur lui. »
Il voulait le sauver de leurs mains
et le ramener à son père.

Dès que Joseph eut rejoint ses frères,
ils le dépouillèrent de sa tunique,
la tunique de grand prix qu’il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne,
qui était vide et sans eau.
Ils s’assirent ensuite pour manger.
En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites
qui venait de Galaad.
Leurs chameaux étaient chargés d’aromates,
de baume et de myrrhe
qu’ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères :
« Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites
et ne portons pas la main sur lui,
car il est notre frère,
notre propre chair. »
Ses frères l’écoutèrent.
Des marchands madianites qui passaient par là
retirèrent Joseph de la citerne,
ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites,
et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

– Parole du Seigneur.


Psaume 104 (105), 4a.5a.6, 16-17, 18-19, 20-21

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu’il soit relâché,
le maître des peuples, qu’il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.


Évangile (Mt 21, 33-43.45-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !

Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »

En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélies et Méditaions du jour

« Et bien, quand le maître viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » La réponse ne se fait pas attendre : C’est la punition qui doit prévaloir jusqu’à les faire périr, qui plus est « misérablement ». Autrement dit, pas de pitié et la vigne se verra confiée à d’autres vignerons mieux intentionnés. Mais nous sommes ici dans une logique de mort. D’ailleurs, pas un mot dans cette réponse au sujet du « fils ». Les auditeurs de Jésus l’auraient-ils oublié ? Serait-il mort pour eux aussi ?

Pour Jésus, l’histoire ne peut se finir ainsi. Ce maître serait-il vraiment père s'il faisait si peu de cas de son fils ? La mort du fils ne saurait être le dernier mot, pas plus que la vengeance suggérée par les auditeurs. Le maître va tout au contraire se servir de la perversion des vignerons pour révéler que sa paternité est plus puissante que la mort infligée au fils. C’est la vie qui doit avoir le dernier mot. Au sein d’Israël, le refus de certains d’accueillir son Fils, permettra à notre Père céleste de révéler la toute-puissance de sa miséricorde, en construisant le Royaume sur la pierre rejetée, choisie comme pierre d'angle : « C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux ! »

Ce Royaume c’est l’Eglise du Christ, composée de Juifs et de païens convertis, qui est appelée tout comme Israël à porter un fruit de vie éternelle. Cette Eglise, nous en sommes membres depuis le jour de notre baptême. Ce jour-là, pour reprendre une autre allégorie de la vigne – que l’on trouve cette fois dans saint Jean -, nous avons été greffés sur le Christ, comme les sarments sur le cep de la vigne (Cf. Jean 15).

Comme le Père a envoyé son Fils dans le monde pour réaliser sa mission rédemptrice, de la même manière, le Christ nous envoie pour collaborer à son œuvre de Rédemption. Il est vrai que les fruits de notre sarment ne sont pas toujours immédiats ou visibles mais nous ne pouvons douter que si nous restons unis au Christ comme le sarment uni au cep, nous porterons un fruit qui demeure. Produire ainsi du fruit c’est rendre gloire à Dieu parce que c’est contribuer à la croissance de son Royaume de justice, de paix et de miséricorde.

Seigneur, la mission que tu nous confies dans l’histoire du salut n’est pas banale. Aide-nous à cultiver avec soin notre vigne pour qu’elle puisse produire un raisin doux et comestible pour nos frères afin qu’ils découvrent ta bonté, toi le maître de la vigne et le Seigneur de la Vie.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle»

Aujourd'hui Jésus, par la parabole des vignerons homicides, nous parle de l'infidélité; il compare Israël à la vigne et les chefs du peuple élu aux vignerons. C'est à eux et à toute la descendance d'Abraham que le Royaume de Dieu avait été confié, mais ils ont perverti l'héritage: «C'est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits» (Mt 21,43).

Au début de l'Évangile de Matthieu, la Bonne Nouvelle paraît adressée uniquement à Israël. Déjà dans l'Ancienne Alliance, le peuple élu a pour mission d'annoncer et de porter le salut à toutes les nations. Mais Israël n'a pas été fidèle à sa mission. Jésus, le médiateur de la Nouvelle Alliance, réunira autour de lui les douze apôtres, symboles du “nouvel” Israël, appelé à donner des fruits de vie éternelle et à annoncer à tous les peuples le salut.

Ce nouvel Israël, c'est l'Église, tous les baptisés. Nous avons reçu, en la personne de Jésus et de son message, un présent unique que nous devons faire fructifier. Nous ne pouvons pas nous contenter d'une vie individualiste et fermée à notre foi; il faut la communiquer et en faire don à chaque personne qui s'approche de nous. Il en découle que le premier fruit est que nous vivions notre foi dans la chaleur de notre famille, celle de la communauté chrétienne. Ce sera facile, car «là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux» (Mt 18,20).

Mais il s'agit d'une communauté chrétienne ouverte, c'est-à-dire éminemment missionnaire (deuxième fruit). Par la force et la beauté du Ressuscité “au milieu de nous”, la communauté est attirante dans tous ses faits et gestes, et chacun de ses membres jouit de la capacité d'engendrer des hommes et des femmes à la vie nouvelle du Ressuscité. Un troisième fruit est que nous vivions avec la conviction et la certitude de ce que dans l'Évangile se trouve la solution à tous les problèmes.

Vivons dans la sainte crainte de Dieu, pour que le Royaume ne nous soit pas enlevé et donné à d'autres.

Abbé Melcior QUEROL i Solà (Ribes de Freser, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Merci, Seigneur, pour ce temps de prière. Apprends-moi à te parler avec régularité, à cultiver un amour quotidien, attentif, délicat. C’est dans les détails que je peux t’aimer et me laisser aimer par toi, plus que dans les grandes idées ou dans les grandes occasions.

Demande

Enseigne-moi à prendre soin des frères que tu m’as confiés.

Points de réflexion

1. Jésus reprend le thème de la vigne que nous retrouvons tout au long de l’Ancien Testament pour représenter le peuple d’Israël. Le peuple d’Israël a été confié aux « grands prêtres et aux anciens du peuple » mais ils n’en ont pas pris soin. Lorsque Dieu confie son peuple à des hommes, il sait parfaitement qu’il existe la possibilité que cela se termine mal. Et pourtant s’il continue de le faire c’est que le poids du bien accompli par les « bons pasteurs » est infiniment plus lourd que le mal des mauvais. Le Seigneur confie les hommes les uns aux autres : c’est la possibilité du mal, certes, mais c’est aussi la condition de l’amour. En fait tous ceux qui nous ont fait du bien sur notre chemin sont des bons pasteurs que le Seigneur a placés pour nous communiquer son amour, parfois à leur insu. Remercions le Seigneur pour ces bons pasteurs : parents, éducateurs, prêtres ou consacrées, collègues, amis, etc.

2. Le vrai problème de la vigne dans l’Ancien Testament est qu’elle ne porte pas de fruit, malgré tout ce que le Seigneur a fait pour elle. Le peuple d’Israël retourne sans cesse à ses idoles et oublie Dieu. Les vignerons sont désemparés, attendent le retour du maître avec frayeur, et ils tuent ses envoyés. Ne sommes-nous pas à la fois cette vigne inféconde et ces vignerons homicides ? Que faire face à cette vigne, la nôtre ou celle de ceux qui nous sont confiés, qui ne porte encore que si peu de fruit de sainteté ? Jésus donne la réponse : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle », mais il est encore plus explicite dans Jean 15 : « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » Jésus, le fils de la parabole, ne vient pas pour récolter des fruits en nous, il vient nous faire fructifier, il vient semer, il vient féconder notre cœur.

3. Tant que je veux être à l’origine du fruit de ma vigne je ne peux qu’échouer. Jésus me demande des fruits de vie éternelle, des actes de foi, de générosité, d’humilité, de service, d’attention, qui dépassent ma nature, qui sont surnaturels, extra-ordinaires. Seul le Christ peut porter ces fruits-là en moi. Et de même avec les personnes qui me sont confiées : c’est l’action du Christ en eux qui les fait grandir, pas ma génialité. Toute notre travail est donc d’être activement passifs, de nous rendre totalement disponibles à l’action de Dieu, de le laisser agir en nous. Que ferait Jésus à ma place ?... Le premier pas est l’écoute : dédier un temps au début de la journée pour laisser Dieu me parler, et un autre temps, le soir, d’examen de conscience, pour découvrir ce qu’il a voulu me dire dans ma réalité quotidienne. Et ainsi chaque jour, nous nous rendrons un peu plus disponibles aux fruits que Dieu veut porter en nous.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je te remercie pour toutes les personnes que tu as mises sur mon chemin. Aide-moi à prendre soin de ma vigne et de celle de mes frères. Tu es celui qui donne sens à la vie humaine, fais que nous te mettions au centre de nos vies.

Résolution

Prendre un temps de prière chaque matin et un temps d’examen le soir.

Frère Melchior Poisson, LC

http://www.regnumchristi.fr



« Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage."

Par cette parabole des vignerons homicides, Jésus s’adresse aux chefs des prêtres et aux pharisiens qui le contestent. Ils n’ont pas compris, en s’identifiant aux vignerons, qu’ils attestent que Jésus est le Fils de Dieu : "Mon bien-aimé avait une vigne, il y bâtit un plant de choix." Ce choix de Dieu, c’est le Peuple d’Israël. Jésus compare Israël à la vigne et ces chefs infidèles du peuple élu aux vignerons. C’est à eux et à toute la descendance d’Abraham que le Royaume de Dieu avait été confié, mais ils ont perverti l’héritage en se l’appropriant. Dans la première Alliance, le peuple élu avait pour mission d’annoncer le salut à toutes les nations. Jésus, le Sauveur de la Nouvelle Alliance, réunira autour de lui les douze apôtres, symboles du “nouvel” Israël, appelé à porter des fruits de charité fraternelle. C’est à nous tous que Jésus adresse cette Parole. La vie éternelle est annoncée à tous les peuples. Les gestes et les paroles de Jésus annoncent la cohérence nécessaire du culte avec la vie de foi. Le mystère de Jésus qui portera le Salut du monde dans sa Passion au milieu d’un Peuple qui le rejette est annoncé. Jésus a regardé un figuier sans fruits, symbole de ceux qui le rejette, il était desséché. Cette parabole nous dit le mystère de l’amour de Dieu bafoué par une partie de son Peuple.

"Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième… Comprenant qu’ils sont visés, les grands prêtres et les pharisiens cherchent à arrêter Jésus. Dieu voudrait contempler le reflet de son amour dans les yeux de ses petites créatures, or il n’y rencontre que jalousie et division, dispersion et de la haine ! La jalousie est meurtrièrement perfide, elle désunit et elle tue ! Le Peuple de Dieu est semblable à la tunique tissée sans couture de Jésus, elle sera tirée au sort par les soldats. Nous avons reçu, en la personne de Jésus et de son message, un présent unique que nous devons faire fructifier. Il nous faut le communiquer et en faire don à chaque personne qui s’approche de nous. Le premier fruit de cette Parole est la chaleur de la Parole d’Amour qui est à vivre dans notre foi, en famille, et en communauté. Jésus, par sa mort et par sa Résurrection, rétablit l’humanité dans l’amour infini de Dieu. C’est un amour qui dépasse tout.

"…Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils." Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ces grands prêtres et ces pharisiens cherchent la réponse à leur question sur l’autorité de Jésus, mais leur cœur est incapable de l’accueillir. C’est à eux que le Royaume de Dieu avait été confié. Jésus est l’envoyé du Maître de la vigne qui envoie son Fils. Au moment des vendanges, il rencontrera la jalousie du grand prêtre et l’accaparement des serviteurs ! Mais Dieu n’en finit jamais de prendre soin de son peuple. Nous sommes ce peuple qui a besoin que Jésus prenne soin de lui. Nous travaillons à la vigne de Jésus en invoquant sa miséricorde pour qu’il nous établisse dans des liens d’amour. Nous sommes ce nouveau peuple de Dieu qui va porter des fruits pour le Royaume, c’est l’amour surabondant de Dieu qui se traduit par l’accueil et le partage. Par la force et la beauté du Ressuscité “au milieu de nous”, la communauté doit être attirante dans tous ses faits et gestes. L’Esprit Saint donne ses dons, comme un secret d’amour. Jésus nous rétablit dans une relation filiale avec notre Père des cieux et dans une relation fraternelle avec nos frères.

Nous demandons la grâce de rendre grâce à Dieu pour tout l’amour dont nous sommes comblés.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent »

      « Je suis la vraie vigne, » dit Jésus (Jn 15,1)… On creuse des tranchées autour de cette vigne, c'est-à-dire on creuse des embûches par la ruse. Quand on complote pour faire tomber quelqu'un dans un piège, c'est comme si on creusait une fosse devant lui. C'est pourquoi il s'en lamente en disant : « Ils ont creusé une fosse devant moi » (Ps 56,7)… Voici un exemple de ces pièges : « Ils ont amené une femme adultère » au Seigneur Jésus « en disant : ‘Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ?' » (Jn 8,3s)… Et un autre : « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? » (Mt 22,17)…

      Mais ils ont découvert que ces embûches ne nuisaient pas à la vigne ; au contraire, en creusant ces fosses, ce sont eux-mêmes qui sont tombés dedans (Ps 56,7)… Alors, ils ont encore creusé : non seulement les mains et les pieds (Ps 21,17), mais ils ont percé son côté avec une lance (Jn 19,34) et ont mis à découvert l'intérieur de ce cœur très saint, qui avait déjà été blessé par la lance de l'amour. Dans le cantique de son amour, l'Époux dit : « Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse » (Ct 4,9 Vulg). Seigneur Jésus, ton cœur a été blessé d'amour par ton épouse, ton amie, ta sœur. Pourquoi donc fallait-il que tes ennemis le blessent encore ? Que faites-vous, ennemis ?... Ne saviez-vous pas que ce cœur du Seigneur Jésus, déjà frappé, est déjà mort, déjà ouvert, et ne peut plus être atteint par une autre souffrance ? Le cœur de l'Époux, du Seigneur Jésus, a déjà reçu la blessure de l'amour, la mort de l'amour. Quel autre mort pourrait l'atteindre ?... Les martyrs aussi rient quand on les menace, se réjouissent quand on les frappe, triomphent quand on les tue. Pourquoi ? Parce qu'ils sont déjà morts par amour dans leur cœur, « morts au péché » (Rm 6,2) et au monde…

      Le cœur de Jésus donc a été blessé et mis à mort pour nous… ; la mort physique a triomphé un moment, mais pour être vaincue à jamais. Elle a été anéantie quand le Christ est ressuscité des morts, parce que « sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir » (Rm 6,9).-

http://levangileauquotidien.org

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

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Évangile et Homélie du Jeudi 01 Mars 2018. L'homme riche et Lazarre: il y avait un homme riche...

 


Nous sommes le jeudi de la 2e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Aubin, évêque d'Angers († 549),  Bx Christophe de Milan, prêtre o.p. († 1484)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 17, 5-10)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Ainsi parle le Seigneur :
Maudit soit l’homme
qui met sa foi dans un mortel,
qui s’appuie sur un être de chair,
tandis que son cœur se détourne du Seigneur.
Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
il ne verra pas venir le bonheur.
Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
une terre salée, inhabitable.

Béni soit l’homme
qui met sa foi dans le Seigneur,
dont le Seigneur est la confiance.
Il sera comme un arbre, planté près des eaux,
qui pousse, vers le courant, ses racines.
Il ne craint pas quand vient la chaleur :
son feuillage reste vert.
L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude :
il ne manque pas de porter du fruit.

Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme,
il est incurable.
Qui peut le connaître ?
Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs
et qui scrute les reins,
afin de rendre à chacun selon sa conduite,
selon le fruit de ses actes.

– Parole du Seigneur.


 

Psaume 1, 1-2, 3, 4.6

Heureux est l’homme
    qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
    planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
    balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

 


Évangile (Lc 16, 19-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux,
il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
“Père Abraham,
prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua :
“Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit :
“Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.”
Abraham répondit :
“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.” »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

A propos de cette parabole, il convient de nous demander pourquoi le riche voit Lazare en compagnie d'Abraham plutôt qu'en compagnie d'un autre patriarche ou d’un autre prophète. C'est que dans les Ecriture, Abraham s'est montré hospitalier. Il apparaît donc à côté de Lazare pour accuser le riche d'avoir été inhospitalier. En effet, le patriarche cherchait à retenir même les simples passants pour les faire entrer sous sa tente. Le riche, au contraire, n'avait eu que dédain pour celui qui logeait dans sa propre maison. Or, il avait les moyens, avec tout l'argent dont il disposait, d'assurer la sécurité du pauvre. Mais il a continué, jour après jour, à l'ignorer et il a négligé de lui donner l'aide dont il avait besoin.

Le patriarche n'a pas agi de cette façon, bien au contraire! Assis à l'entrée de sa tente, il mettait la main sur tous ceux qui passaient, à la manière dont un pêcheur jette son filet dans la mer pour y prendre du poisson, et souvent même de l'or et des pierres précieuses. Ainsi, en ramenant des hommes dans son filet, il est arrivé qu'Abraham prenne des anges et, chose étonnante, sans même le deviner!

L’auteur de l’épître aux Hébreux lui-même en a été tout émerveillé, ce qui nous a valu cette exhortation: N'oubliez pas l'hospitalité. Elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges (He 13,2). Il a raison de dire: sans le savoir. Si Abraham avait su que ceux qu'il accueillait avec tant de bienveillance étaient des anges, il n'aurait rien fait d'extraordinaire ni d'admirable. Il reçoit donc cet éloge uniquement parce qu'il ignorait l'identité des passants. En effet, ces voyageurs qu'il invitait si généreusement chez lui, il les prenait pour des hommes ordinaires.

Nous savons bien, nous aussi, nous montrer plein d'empressement pour recevoir un personnage célèbre, un notable, quelqu’un d’important, mais cela ne vaut pas que l'on s'en émerveille. Car il arrive souvent qu'un homme, même inhospitalier, dès qu'il est obligé de recevoir une personne de qualité, y mette toute sa bonne volonté. En revanche, il est très remarquable et vraiment admirable de réserver un accueil plein de bonté aux premiers venus, aux gens inconnus et ordinaires. Ceux qui pratiquent cet accueil, le Christ les reçoit avec ces paroles: Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25,40). Il leur dit aussi: Ainsi, votre Père ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu (Mt 18,14). Et encore: Celui qui entraînera la chute d'un seul de ces petits, il est préférable pour lui qu'on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu'on l'engloutisse en pleine mer (Mt 18,6). Dans tout son enseignement, d'ailleurs, le Christ fait une grande place aux petits et aux humbles.

Abraham était également animé de la même conviction quand il s'interdisait d'interroger les passants pour connaître leur identité ou leur origine, comme nous le faisons en pareilles circonstances. Il accueillait simplement tous les passants. Car celui qui veut faire du bien à quelqu'un n'a pas à lui demander des comptes sur sa vie, mais à soulager sa pauvreté et à remédier à son indigence.

Il y a là peut-être un appel pour nos communautés, particulièrement durant ce temps du Carême. Interrogeons-nous. Comment vivons-nous personnellement, et communautairement l’accueil. Oh, il ne s’agit pas tant de se mettre au bord de la rue demain pour inviter tous les passants à venir déjeuner, que de s’interroger, intérieurement, sur notre capacité à accueillir celui ou celle que Jésus met sur notre chemin. C’est notre capacité d’accueil des plus petits, notre attention aux plus pauvres, pauvres matériellement, spirituellement, pauvres en amour, qui doit devenir l’un des éléments de discernement de notre vie spirituelle. Demandons au Seigneur de venir dilater notre cœur afin que nous soyons capables d’aimer comme Il aime, d’accueillir comme Il accueil. Il y a là une véritable règle de vie.

Seigneur, Dieu d'Abraham et Dieu de Jésus Christ, tu combles de biens les affamés et tu renvoies les riches les mains vides. Fais de nous des pauvres en esprit et en vérité. Alors nous deviendrons capables de comprendre les avertissements que tu nous donnes en cette vie.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait»

Aujourd'hui l'Évangile est une parabole qui nous dévoile la réalité de l'homme après sa mort. Jésus nous parle de prix ou châtiment d'après notre comportement.

Le contraste entre le riche et le pauvre est très fort. Le luxe et l'indifférence du riche; la pathétique situation de Lazare, avec les chiens qui viennent lécher ses ulcères (cf. Lc 16,19-21). Tout cela a un grand réalisme qui nous met en scène.

Nous pouvons songer, où serais-je si j'étais une des deux protagonistes de la parabole? Notre société nous incite à toute heure à bien vivre. Avec du confort et bien-être, en jouissant et sans préoccupations. Vivre pour soi-même, sans s'occuper d'autrui, ou tout au plus, en ne nous préoccupant que le nécessaire pour tranquilliser notre conscience, mais pas par un sens de justice, amour ou solidarité.

Aujourd'hui on nous présente la nécessité d'écouter Dieu dans notre vie, de nous y convertir et d'en profiter du temps qu'Il nous a accordé. Dans cette vie nous jouons la vie. Jésus clarifie l'existence de l'enfer et nous décrit quelques unes de ses caractéristiques: la peine qui souffrent nos sens —«qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme» (Lc 16,24) — et l'éternité —«il y a entre nous et vous un grand abîme» (Lc 16,26).

Saint Grégoire le Grand nous dit que «on dit toutes ces choses afin que personne ne puisse prétexter l'ignorance». Il faut se dépouiller du vieil homme et devenir libre pour aimer son prochain. Il faut répondre aux souffrances des pauvres, des malades ou de ceux qui ont été abandonnés. Il serait bon de nous souvenir souvent de cette parabole pour qu'elle puisse nous faire devenir plus responsables de notre vie. Nous devons tous mourir. Et il faut y être toujours prêt, parce qu'un jour nous serons certainement jugés.

Abbé Xavier SOBREVÍA i Vidal (Castelldefels, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



 

Prière d'introduction

 

Mon Dieu, viens me dire quelque chose aujourd’hui. Je t’ouvre la porte de mon âme, viens me visiter ! Merci de m’avoir inspiré de te dédier un temps de prière aujourd’hui.

 

Demande

 

Apprends-moi à vivre la pauvreté que tu as vécue et prêchée.

 

Points de réflexion

 

1. Dans ce chapitre de l’Évangile, Jésus commence par parler à ses disciples de l’argent ; il leur dit : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 13), et il leur raconte la parabole du mauvais gérant qui doit rendre compte de sa gestion. Le texte rapporte ensuite que les pharisiens, « qui aimaient l’argent » (Lc 16, 14), se moquèrent de Jésus. Ce dernier leur répond avec la parabole du pauvre Lazare. Qu’est-ce que Jésus veut me dire à propos de l’argent ? En ce temps de Carême nous nous laissons purifier de tout ce qui n’est pas Dieu, aujourd’hui demandons au Seigneur d’éclairer et de purifier notre usage de l’argent.

2. « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin. »
L’homme riche de la parabole est défini par ce qu’il possède, il n’a pas d’identité, pas de nom. La recherche des richesses et sécurités humaines manifeste un cœur pauvre de richesse intérieure, d’identité. Lorsqu’il est venu dans le monde, Dieu ne pouvait être que pauvre, car aucune richesse humaine ne pouvait l’enrichir : Dieu étant tout, sa richesse se manifeste dans la pauvreté. Il n’a besoin de rien pour être infiniment riche. Jésus ne nous appelle pas à la pauvreté, il nous appelle à la richesse, mais la richesse de celui qui, possédant Dieu, relativise les richesses humaines.

3. L’argent rend insensible le cœur du riche de la parabole : indifférent face au pauvre Lazare devant sa porte, sourd à Dieu, et Jésus ajoute, au sujet de ses frères, « quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus». L’argent est l’idole par excellence : il détourne le cœur de l’homme, il le captive et le rend captif. L’idole est toujours un bien en soi, une créature dont je pourrais me servir pour faire le bien. L’argent, et les autres biens créés, deviennent des idoles quand ils cessent d’être des moyens relatifs et deviennent des buts absolus. L’argent et les richesses que je possède ne sont à leur place que s’ils sont au service du prochain, comme des moyens pour faire le bien.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, donne-moi un cœur de pauvre. Apprends-moi que tu es la seule richesse. Je te remercie pour les biens que tu nous as donnés dans la création, je te demande de savoir les utiliser pour aimer.

 

Résolution

 

Me demander comment je peux, pendant ce Carême, mettre au service des autres des richesses que Dieu m’a confiées.

 

Frère Melchior Poisson, LC

 

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« Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères."

Jésus fait allusion à une histoire connue, celle du pauvre scribe et du riche publicain Bar Mayan. Il s’agit d’un riche qui ne s’occupe ni des hommes ni de Dieu. Ce riche, qui n’a pas de Nom, n’est pas "établi" dans son être intérieur et spirituel. Jésus donne un nom au pauvre : Lazare, « Dieu est venu en aide. » Cette parabole du riche sans nom et de Lazare nous fait réaliser les personnages qui se jouent en nous. Il y a en effet deux chemins qui sont entrelacés en nous, l’un de lumière et l’autre de ténèbres. Il nous faut sortir de cette confusion et de cet enfermement. La Parole de Jésus nous demande de faire notre vie plus belle. A partir de la parole ou de la vie d’un autre, s’opère un changement qui va l’éclairer. « Le cœur de l’homme est compliqué et malade, » dit la Parole. Nous nous faisons le centre de tout, et nous faisons tourner le monde autour de nous, nous sommes véritablement enfermés. Par les pauvres, Dieu nous ouvre un chemin qui peut nous conduire à une voie de lumière et de bonheur.

"Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra." …Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.” La mort est une limite absolue. Que l’on ait vécu dans le lin et la pourpre ou couvert d’ulcères, mendiant à la porte des autres, à la mort, les choses prennent leur vraie valeur. La mort totalise toutes les fidélités d’une existence, elle fixe aussi l’homme dans ses choix. Ce moment doit éclairer toute la vie. C’est donc avant de mourir qu’il faut choisir et ouvrir les yeux, qu’il faut se convertir. Le riche n’a pas vu le besoin qu’il avait de Dieu et de son pardon ; Il n’a pas vu Lazare. Lazare meurt, dans l’oubli général. Le riche meurt à son tour, et toute la ville est là pour le porter en terre. Mais au-delà, tout change. Dieu est l’infiniment bon. Sur les lèvres d’Abraham, il nous donne de sortir de l’enfermement de notre "moi égoïste dominateur et jouisseur," qui s’enferme dans un monde sans issue.

« …Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !" Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ” » L’allusion aux frères nous rappelle l’exigence de la conversion. S’il est trop tard pour le frère mort, il est encore temps pour les cinq survivants. Ce qui convertit, c’est la décision d’accueillir la Parole de l’Envoyé de Dieu. Nous croyons que Jésus nous ouvre la route de la conversion, et que son Évangile donne du sens à notre vie. Les pauvres sont les envoyés de Dieu qui deviennent pour nous un chemin qui nous libère. Dans la prière, nous mettons ensemble notre espérance en Dieu, pour nous ouvrir à la vie qu’il nous donne. Jésus nous invite à sa table pour un avant-goût du banquet de l’au-delà. Nous demandons la grâce d’être attentifs aux "Lazare" affligés qui demeurent à notre porte, dans notre entourage.

Nous demandons à Dieu la grâce de nous guérir pour accueillir nos frères.

Père Gilbert Adam

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« Un pauvre était couché devant sa porte »

      « Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur, ils obtiendront miséricorde. » (Mt 5,7) La miséricorde n'est pas la moindre des béatitudes : « Heureux qui comprend le pauvre et le faible », et aussi : « L'homme bon compatit et partage », ailleurs encore : « Tout le jour, le juste a pitié, il prête » (Ps 71,13 ;111,5 ;36,26). Faisons nôtre donc cette béatitude : sachons comprendre, soyons bons.

      Même la nuit ne doit pas arrêter ta miséricorde ; « ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai » (Pr 3,28). Qu'il n'y ait pas d'hésitation entre ta première réaction et ta générosité... « Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri » (Is 58,7) et fais-le de bon cœur. « Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu'il le fasse avec joie » (Rm 12,8). Ton mérite est doublé par ton empressement ; un don fait avec chagrin et par contrainte n'a ni grâce ni éclat. C'est avec un cœur en fête, non en se lamentant, qu'il faut faire le bien... « Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement » (Is 58,8). Y a-t-il quelqu'un qui ne désire pas la lumière et la guérison ? ...

      C'est pourquoi, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers (Ga 4,7), tant que nous en avons l'occasion, visitons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, recueillons le Christ, honorons le Christ (cf Mt 25,31s). Non seulement en l'invitant à table, comme quelques-uns l'ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème... Ni avec l'or, l'encens et la myrrhe, comme les mages... Le Seigneur de l'univers « veut la miséricorde et non le sacrifice » (Mt 9,13), notre compassion plutôt que « des milliers d'agneaux engraissés » (Mi 6,7). Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux gisant aujourd'hui sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d'ici, ils nous « introduisent aux demeures éternelles » (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur.

Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église

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Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

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