Nous sommes le  mardi de la 8e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour  :

Ste Urszula Ledóchowska, vierge et fond. (1865-1939),  Bse Elia de san Clemente, carmélite (1901-1927)


Lectures de la messe

Première lecture (1 P 1, 10-16)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    sur le salut, les prophètes ont fait porter
leurs interrogations et leurs recherches,
eux qui ont prophétisé
pour annoncer la grâce qui vous est destinée.
    Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances
voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux,
quand il attestait par avance les souffrances du Christ
et la gloire qui s’ensuivrait.
    Il leur fut révélé
que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous,
qu’ils étaient au service de ce message,
annoncé maintenant par ceux qui vous ont évangélisés
dans l’Esprit Saint envoyé du ciel ;
même des anges désirent se pencher
pour scruter ce message.
    C’est pourquoi, après avoir disposé votre intelligence pour le service,
restez sobres,
mettez toute votre espérance
dans la grâce que vous apporte la révélation de Jésus Christ.
    Comme des enfants qui obéissent,
cessez de vous conformer aux convoitises d’autrefois,
quand vous étiez dans l’ignorance,
    mais, à l’exemple du Dieu saint qui vous a appelés,
devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite,
    puisqu’il est écrit :
Vous serez saints, car moi, je suis saint.

            – Parole du Seigneur.


Psaume 97 (98), 1, 2-3ab, 3cd-4

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

 

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !


Évangile (Mc 10, 28-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

 

En ce temps-là,
    Pierre se mit à dire à Jésus :
« Voici que nous avons tout quitté
pour te suivre. »
    Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
nul n’aura quitté,
à cause de moi et de l’Évangile,
une maison, des frères, des sœurs,
une mère, un père, des enfants ou une terre
    sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :
maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,
avec des persécutions,
et, dans le monde à venir,
la vie éternelle.
    Beaucoup de premiers seront derniers,
et les derniers seront les premiers. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Face à l’exigence d’abandonner tous ses biens pour recevoir en partage la vie éternelle, le jeune homme riche vient de s’en aller. Pierre se    tourne alors vers Jésus : « Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi ». Autrement dit : ‘Seigneur, pour nous, la vie éternelle est assurée puisque nous avons renoncé à tout ce    que nous possédions pour te suivre !’

Il est vrai que pour s’engager à la suite de Jésus les premiers disciples ont consenti à un véritable détachement d’avec leur milieu familial et    professionnel. Mais, la vie éternelle est un don, une grâce. Pour l’obtenir, il ne s’agit donc pas d’accomplir des choses extraordinaires mais de recevoir et d’accepter tout ce qui est    donné.

Jésus le montre bien lorsqu’en réponse au détachement, il promet de donner exactement les mêmes choses et, qui plus est, au centuple : « En    vérité, je vous le dis, nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’évangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps    présent, en maison, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle ».

S’agirait-il de laisser tout ce que nous possédons, les personnes qui nous sont les plus chères, pour les recevoir du Seigneur dans le cadre de    nouvelles relations, transformées par sa grâce ? En fait, ce qui nous prive de la vie éternelle ce ne sont pas tant nos biens que les relations que nous entretenons à leur égard. Trop souvent,    nous croyons qu’ils sont le fruit de notre seul mérite et que nous avons des droits sur eux alors qu’ils sont d’abord et avant tout un don de Dieu.

Entrer dans un tel détachement « à cause de Jésus et de l’évangile » ne pourra être perçu que comme une provocation par un monde trop lié à    lui-même, trop replié sur lui-même. Sa réaction ? La persécution qui pour Jésus n’est pas de l’ordre de la possibilité mais bien de la réalité. La persécution nous permettra de vérifier notre    fidélité dans notre marche à la suite du Christ. Dans ce contexte, elle ne se présentera pas comme un obstacle mais comme le lieu où nous pourrons éprouver de façon anticipée la puissance    transformante de la Résurrection qui nous donne part à la vie même de Dieu.

Suivre Jésus, provoque un renversement des valeurs qui conduit au détachement du monde et débouche sur des persécutions. Mais cela donne aussi    d’entrer dès ici-bas dans le Royaume de Dieu dont on ne s’empare pas à la force du poignet. Les derniers mots de Jésus dans notre péricope le rappellent comme pour insister : « Beaucoup de    premiers seront derniers et les derniers seront premiers ».

Seigneur, ne permets pas que l’héritage que tu    nous réserves nous échappe à cause d’un attachement désordonné aux biens de ce monde qui passe ou par la peur des épreuves destinées à purifier notre foi. Mais accorde-nous, tout au long de notre    route ici-bas, de garder les yeux fixés sur toi qui est à l’origine et au terme de notre foi, afin de te saisir, toi l’objet de la promesse, comme nous avons nous-mêmes été saisi par toi (cf. Ph    3, 12-14).

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 


 

«Personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple, et, dans le monde à venir, la vie éternelle»

Aujourd'hui, comme ce maître qui allait chaque matin au village afin de recruter la main d'œuvre pour travailler dans sa vigne, le Seigneur cherche des disciples, des gens qui le suivent, des amis. Son appel est universel. Il s'agit d'une offre fascinante! Le Seigneur met en nous sa confiance. Mais il pose une condition pour être son disciple, condition qui peut nous décourager: il faut quitter «une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants, ou une terre» «à cause de moi et de l'Évangile» (Mc 10,29).

 Et il n'y a pas de contreprestation? Il n'y aura pas de récompense? Ceci nous donnera-t-il quelque type de bénéfice? Pierre, au nom des Apôtres, rappelle au Maître: «Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre» (Mc 10,28). C'est sa façon de lui demander: que tirerons-nous de tout cela?
La promesse du Seigneur est généreuse: «En ce temps déjà, le centuple (…) et, dans le monde à venir, la vie éternelle» (Mc 10,30). Personne ne peut surpasser cette générosité. Mais il ajoute: «Avec des persécutions». Jésus est réaliste et ne veut pas nous tromper. Être son disciple, si nous le sommes à part entière, implique difficultés et problèmes. Mais Jésus considère les persécutions et les difficultés comme une récompense, dans la mesure où elles nous aident à grandir, si nous savons les accepter comme une occasion de grandir en maturité et en responsabilité. Tout ce qui est occasion de sacrifice nous rend semblable à Jésus-Christ qui nous sauve à travers sa mort sur la Croix.


Nous sommes toujours à temps de faire rétrospective sur notre vie et de nous rapprocher de Jésus-Christ. Ce temps nous permet —à travers la prière et les sacrements— d'examiner si parmi les disciples qu'Il cherche nous nous y trouvons, et nous verrons également quelle devrait être notre réponse à cet appel. Parmi certaines réponses radicales (comme celle des Apôtres) il en existe bien d'autres. Pour plusieurs, quitter «une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père…» signifiera laisser tout ce qui nous empêche de vivre avec intensité l'amitié avec Jésus-Christ et, conséquemment, agir comme ses témoins devant le monde. Et ceci ne te paraît-il pas urgent?

Abbé Jordi SOTORRA i Garriga     (Sabadell, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

Prière

 

Ô Jésus, je crois que tu m’appelles à te suivre : aimer Dieu par-dessus toute chose pour lui-même, et mon prochain comme moi-même pour l’amour de Dieu. Je comprends que la charité ne cherche pas son propre intérêt, néanmoins mon intérêt n’est-il pas d’obéir à l’appel de Dieu de l’aimer ? Notre Père, qui a tant aimé le monde, aurait-il envoyé son Fils unique sans aucun but, aucun intérêt ? Pourquoi es-tu là sur ma route ? Le Chemin ! Voilà, j’espère que mon amour chrétien à ta suite ne sera pas stérile ! Abraham, notre père dans la foi, n’a-t-il pas dit à ton Père : « Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ? Je m’en vais sans enfant ! » (Gn 15, 2) ? Toi, ne veux-tu pas être engendré en moi, dans le « seul cœur » (Ac 4, 32) qui serait partagé avec tous ceux qui croiront que tu m’as envoyé parce que je t’ai suivi ? « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. » (Jn 1, 12) À quoi sert-il de tout quitter dans ce monde à cause de toi et de l’Évangile – si cela me mettait hors communion avec le Ciel ! J’embrasse volontiers ta promesse d’un centuple si je quitte maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres à partir de ce monde et si je meure de ton amour ! 

 

 

 

Demande

La grâce de vivre de l’Amour.

 

Réflexion

Il nous est possible de nous approcher de cet Évangile en méditant sur le caractère de la charité chrétienne définie ainsi par le Catéchisme de l’Église catholique : « La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu » (CEC 1822), qualifiée ainsi par saint Paul, « L’amour (…) ne cherche pas son intérêt ; (…) il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. » (1Cor 13, 4-7) En effet, Jésus, face à l’audace de Simon fils de Jean, « Pierre », d’attester l’acte par lequel lui et les autres disciples ont consacré leurs vies à son chemin d’amour, va faire une promesse à l’intérêt de nos vertus théologales.

1. « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »

Pierre parle avec audace devant le Maître, le Christ. Pouvons-nous croire l’affirmation assez absolue de cet homme qui enseigne sur le dévouement, le détachement des disciples de l’entourage de Jésus ? Ne sera-t-il pas l’homme qui ne saura pas suivre Jésus dans son martyr le Vendredi Saint, qui niera sa relation avec le Messie, n’étant pas prêt à quitter définitivement cette vie terrestre pour l’amour de Dieu et du prochain ? Néanmoins, quelque part, ce « Pierre » est digne de notre foi, de la foi du Christ qui l’a béni, « moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » (Mt 16, 18) Simon fils de Jean parle avec candeur, « innocent » dans la proclamation de leur « pureté d’intention », – l’amour qui ne cherche pas son intérêt –, parce qu’il a déjà émis l’affirmation contraire à la présence du Christ : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » (Lc 5, 8), ce qui l’a sollicité, contre lui-même, d’entreprendre ce chemin de charité chrétienne quand Jésus lui a répondu : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » (Lc 5, 10) Effectivement, ce jour-là, lui, son frère André, Jean et Jacques ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. Philippe a fait de même le jour où Jésus lui a dit : « Suis-moi » (Jn 1, 43) Son ami Nathanaël aussi, dès que le Fils de Dieu, le Roi d’Israël, a voulu le reconnaître, l’établir, dans la pureté d’intention : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » (Jn 1, 47). En fait, les impuretés des débutants n’empêchent pas ce Médecin divin d’appeler à sa suite les cœurs attachés à ce monde en les guérissant, parce qu’il cherche à engendrer en eux la miséricorde, non le sacrifice. Par exemple, absorbé par l’argent à son bureau de collecteur d’impôts, – entouré à table par ses amis pécheurs –, Jésus n’a pas hésité non plus à appeler Matthieu, « Suis-moi » (Mt 9, 9), lui qui se leva et le suivit. Quoique loin d’accomplir l’idéal chrétien, « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48), Jésus ne veut pas, ne va pas, contredire ce témoignage de Pierre : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »

2. « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

Voici la promesse par laquelle Jésus répond à l’affirmation sincère de Pierre que, suivre le Christ, « ça coûte cher ! » Mais, si la charité chrétienne ne cherche pas son propre intérêt, y a-t-il de la place pour se souvenir de ce que l’on a quitté pour l’amour de Dieu et du prochain, même si le « sacrifice » a été héroïque ? Et si Pierre avait réussi à vraiment donner sa vie en martyr le Vendredi Saint ? Dans le même hymne où saint Paul donne un incomparable tableau de la charité, il reconnaît l’insuffisance des simples actes matériels : « J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. » (1 Cor 13, 3) En effet, le Sauveur du monde cherche l’amour de nos cœurs, pas le renoncement aux biens qui sont déjà à lui en tant que Créateur de l’univers. Jésus cherche l’amour, non le sacrifice. Néanmoins, cela ne veut pas dire que la renonciation de ses disciples, – leur obéissance dans la foi à l’appel de l’Amour divin –, n’ait aucun mérite. Au contraire, leur dépouillement ressemble au sien. Si les personnes consacrées de l’Église renonce au mariage et à des biens terrestres, c’est pour participer au mariage mystique du Christ-Époux avec l’Église, son Épouse, en bénéficiant des biens de son Royaume : « En lui, vous avez reçu une circoncision qui n’est pas celle que pratiquent les hommes, mais celle qui réalise l’entier dépouillement de votre corps de chair ; telle est la circoncision qui vient du Christ ; dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec lui et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. » (Col 2, 11-12)

Jésus promet qu’un tel abandon, « à cause de moi et de l’Évangile », méritera « en ce temps déjà, le centuple ». Mais, s’il est vrai que Jésus cherche la miséricorde, non le sacrifice, – « l’amour ne cherche pas son intérêt » –, pourquoi le Christ veut-il reconnaître ainsi « le sacrifice » de notre vocation, en nous assurant un bénéfice si plein « d’intérêt » ? La miséricorde de Jésus n’est pas stérile. Le mariage entre le Christ et l’Église n’est pas stérile : la grâce est là pour engendrer des enfants, pour tisser la communion parmi les membres de la famille de Dieu dont les personnes consacrées en sont le signe eschatologique. Si le renoncement des amours humains implique le renoncement des espérances humaines, néanmoins l’amour théologal ne stérilise pas l’espérance théologale : cette « espérance contre l’espérance » (cf. Rm 4, 18) sera finalement très fertile, la vertu qui donne la force de persévérer dans l’obéissance dans la foi qui nous purifie de nos péchés et nous engendre à Notre Père dans son Fils unique : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils ! »(Gn 22, 8)

 

Dialogue avec le Christ

« J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m'attacher à son temple (…) Je chanterai, je fêterai le Seigneur (…) Mon cœur m'a redit ta parole : "Cherchez ma face." (…) Mon père et ma mère m'abandonnent ; le Seigneur me reçoit. Enseigne-moi ton chemin, Seigneur, conduis-moi par des routes sûres (…) j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. "Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur." » (Ps 26)

 

Résolution

Renoncer à moi-même en renonçant à quelque chose pour l’amour de mon prochain, pour mon amour de Dieu.

Père Shane Lambert, LC

 

http://www.regnumchristi.fr


 


 

Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »

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Jésus avait posé le regard sur cet homme qui voulait savoir comment obtenir la vie éternelle, il lui avait manifesté son amour. Ce regard de Jésus a impressionné les disciples. Devant ce regard rempli de tendresse, ils s’attendaient à ce que cet homme éprouve le même amour pour lui et lui renvoie ce même regard d’amour. Ils ont été témoins, au contraire, de la tristesse qui s’est emparée du cœur de cet homme qui s’est enfui. La proposition de Jésus de vendre tout ses biens lui a fait peur. Les disciples stupéfaits disent à Jésus : « Qui peut entrer dans le royaume ? » Pour les hommes c’est impossible répondit Jésus, mais pas pour Dieu. Comment alors suivre cet appel séduisant et l’exigence de tout perdre ? Pierre déclare à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Il faut que Pierre comprenne ce que Jésus veut nous dire, à quoi il nous appelle. Jésus nous appelle à un « donner tout » pour se libérer et pour ainsi entrer dans un « recevoir » du Royaume. C’est dans ce mouvement que nous recevons bien au delà de ce nous donnons. Le propos de Jésus s’applique à ce que nous vivons, il nous donne de répondre vraiment à son appel en nous parlant de la pauvreté. Nous sommes devant une  promesse, un appel annoncé par cet événement, ou Jésus est attirant, porteur d’une belle promesse de vie.

 

Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Les deux listes de Jésus sont quasi identiques, cependant, dans la deuxième, le père n’est plus énoncé, car nous n’avons qu’un seul Père. Si nous nous défaisons de tout, c’est pour aller vers notre « être » qui ne se prend plus sur la base d’un « avoir, » mais sur celui d’un « être avec, » d’un « être pour, » d’un « être qui se lance » vers le Père, à la suite de Jésus. Vous allez recevoir en ce temps déjà le centuple dit Jésus, c’est une abondance d’Amour qui est annoncée là. L’Esprit- Saint met alors une vie nouvelle dans notre cœur, une Vie divine. Jésus ajoute : « Avec des persécutions. » Les persécutions viendront de l’extérieur mais aussi de l’intérieur. Cette vie toute nouvelle est celle que Marie a vécu avec Jésus au milieu de nous. L’Amour unique du cœur de Jésus et du cœur de Marie nous invite à demeurer dans l’Esprit-Saint pour vivre du mystère de vie divine annoncée par les prophètes. Jésus veut pour nous une relation d’Amour avec Lui, dans la vérité et la lumière de l’Amour. Mais que de résistances au plus profond de nos entrailles avant que nous ne nous laissions mouvoir par l’Esprit-Saint.

 

Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. C’est un changement de perspective qui repose sur un autre fondement, que nous allons réaliser qui est celui de l’être avec, et non pas de l’avoir. Cela nous change radicalement, c’est comme une nouvelle naissance. Cette nouvelle naissance nous inscrit dans une nouvelle famille engendrée par une Parole divine vivante. Dès lors, ce que nous avons, nous reconnaissons que nous le recevons. Nous découvrons, dés alors que nous vivons tournés vers une promesse, celle d’être avec Jésus en mouvement vers le Père qui nous appelle. La réalité de l’Amour qui est reçu comme un don, nous donne une nouvelle identité, elle nous fait entrer dans la fraternité universelle. Nous ne sommes plus comme avant avec les autres, nous faisons partie d’une famille qui est irriguée par la Vie éternelle. Cela nous introduit en contradiction possible avec les autres qui sont toujours du « monde, » et qui restent sur leur base. Cette contradiction peut entrainer des persécutions que nous supportons pour que la Bonne Nouvelle de Jésus avance. C’est le bonheur que Jésus promet, ce n’est pas le bonheur de la terre, mais celui du ciel qui est déjà sur la terre. Nous sommes mus par l’Esprit-Saint, et nous voulons laisser l’Esprit-Saint accomplir les merveilles de Dieu.

 

Nous demandons la grâce de choisir le bonheur qui vient de Dieu.

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

Tout quitter pour le suivre

      Les richesses, qu'elles soient matérielles ou spirituelles, peuvent nous asphyxier si on n'en a pas un juste usage. Car Dieu lui-même ne peut rien placer dans un cœur déjà plein à craquer. Un jour ou l'autre, inévitablement, il en ressort un appétit d'argent et une avidité de tout ce que l'argent peut procurer — la recherche du superflu, du luxe pour ce qui est de se nourrir, se vêtir ou s'amuser. Les besoins vont alors croissant, une chose appelant l'autre. Mais au terme on trouve un sentiment incontrôlable d'insatisfaction. Demeurons aussi vides que possible afin que Dieu puisse nous remplir.

 

 


      Notre Seigneur en est un vivant exemple : dès le premier jour de son existence humaine, il a connu une pauvreté dont aucun être humain ne fera jamais l'expérience car, « étant riche, il se rendit lui-même pauvre » (2Co 8,9). Le Christ s'est vidé lui-même de toute sa richesse. C'est là que surgit la contradiction : si je veux être pauvre comme le Christ qui est devenu pauvre alors qu'il était riche, que dois-je faire ? Ce serait une honte pour nous d'être plus riches que Jésus qui à cause de nous a enduré la pauvreté.

      Sur la croix, le Christ a été privé de tout. La croix elle-même lui avait été donnée par Pilate ; les clous et la couronne, par les soldats. Il était nu. Quand il est mort, on l'a dépouillé de la croix, on lui a retiré les clous et la couronne. Il a été enveloppé dans un morceau de toile, donné par une âme charitable, et il a été enterré dans un tombeau qui ne lui appartenait pas. Et cela, alors que Jésus aurait pu mourir comme un roi ou même s'épargner la mort. Mais il a choisi la pauvreté car il savait que c'est le vrai moyen de posséder Dieu et d'apporter son amour sur la terre.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité

No Greater Love, p. 95 (trad. Il n’y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 102 rev.)

 

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Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 

1. Père Philippe

 

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2. Abbé A

 

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3. Frère F.

 

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4. Père Gilbert Adam

 

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5. Pape P.

 

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