Cette rublique rassemble les prières usuelles que prescrit l'Eglise Catho

Nous sommes pécheurs et saints en puissance!

 

Beaucoup rejettent – consciemment ou inconsciemment – la relation avec Dieu, non parce qu’ils ne croient pas en son existence, mais parce qu’ils n’osent croire en sa miséricorde. Ils s’estiment indignes d’un Dieu si parfait, d'un Dieu si Saint, et ne croient pas pouvoir être aimés par ce Dieu là. Ils se pensent incapables de correspondre à sa volonté, et en particulier à ses hautes exigences morales : ils se savent liés par leur péché, incapables d’en sortir ; ils se sentent moralement pauvres. Et ils se disent en eux-mêmes : « Non, la religion, la vie avec Dieu, ça n’est pas pour moi. C’est pour les autres qui ont quelque vertu, quelque mérite. Mais pas pour moi qui suis un pauvre mécréant, tellement médiocre et si plein de péchés. » J’avoue que tel était mon état d’esprit, il y a encore quelques années. Je rejetais la relation avec Dieu, non parce que je ne croyais pas en son existence, mais parce que j’avais peur de Lui, de son jugement sur moi, et de ce qu’il allait me demander et exiger de moi. Je craignais qu’il me demandât des renoncements impossibles à tenir ; d’une certaine manière qu’il m’enlevât quelque chose de vital, quoique vicié ; qu’il arrachât en quelque sorte le bon grain de la joie avec l’ivraie de mon péché – duquel j’étais par ailleurs véritablement esclave et malheureux.

D’autres – chrétiens ceux-là (parmi lesquels j’ai le bonheur de me trouver aujourd’hui) – vivent douloureusement cette division de leur âme si bien décrite par Saint Paul dans sa lettre aux Romains, ce sentiment d’être habité et dominé par la loi du péché malgré leur désir sincère de se donner à Dieu et de vivre en disciples du Christ. Relisons ce texte impressionnant du chapitre 7 de l’Epître aux Romains, en ce début d’année consacrée – dans l’Eglise Catholique – à l’Apôtre Paul : « Moi, je suis un homme charnel, vendu au péché (…). Je sais que le bien n'habite pas en moi, je veux dire dans l'être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c'est d'avoir envie de faire le bien, mais non pas de l'accomplir. Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas. Si je fais ce que je ne voudrais pas, alors ce n'est plus moi qui accomplis tout cela, c'est le péché, lui qui habite en moi. Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc en moi cette loi : ce qui est à ma portée, c'est le mal.

« Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais, dans tout mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché qui est dans mon corps. Quel homme malheureux je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort ? Et pourtant, il faut rendre grâce à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur. Ainsi, moi, je suis à la fois, par ma raison, serviteur de la loi de Dieu, et, par ma nature charnelle, serviteur de la loi du péché. »

Le parcours spirituel auquel je vous invite aujourd’hui s’adresse donc aux pécheurs, mais non pas à tous. Il s’adresse à tous ceux qui ont conscience de leur péché et qui en souffrent. A tous ceux qui s’écrient intérieurement avec Saint Paul : « Quel homme malheureux je suis ! » Et qui voient dans leur péché un obstacle à la relation avec Dieu. C’est à ceux-là que je voudrais dire que loin d’être exclus de l’amour de Dieu, ils en sont tout au contraire les grands privilégiés ; qu’en dépit des apparences, ils peuvent encore devenir de grands saints avec leurs blessures, et même à travers leurs chutes. « Si la parole de Jésus : « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » est véridique, écrit le Père Daigneault, alors la sainteté doit être offerte et être accessible aux plus blessés et aux plus démunis. Il ne faut jamais confondre sainteté et réalisation de la perfection morale par les vertus naturelles. Toute personne, si pauvre, si blessée soit-elle, peut aspirer à la sainteté à partir de sa situation réelle, fût-elle la plus marginale psychologiquement ou moralement » (Introduction, page 9). Tel est le chemin de l’imperfection…

L’auteur cite un passage du livre de Wilfried Stinissen « La nuit comme le jour illumine » : « La pauvreté du cœur n’est pas toujours très « belle », elle n’est pas nécessairement le fruit mûr de vertu et d’ascèse. Elle peut être humiliante. Elle peut être un handicap physique ou psychique. Mais ce qui rend une personne incapable aux yeux du « monde », c’est précisément cela qui peut lui donner accès au Royaume des cieux (…). Une chose est centrale dans l’Evangile : Dieu s’est fait homme pour sauver les pauvres. Pauvreté, faiblesse ne sont jamais un obstacle. Il n’est pas venu pour les bien-portants, mais pour les malades. Dès qu’on est prêt à ne plus refouler sa pauvreté et son angoisse, mais à accueillir librement, Jésus peut devenir ce que son nom signifie : celui qui sauve ».

Il ne s’agit pas de renoncer à travailler sur soi pour grandir dans l’amour de Dieu et de ses frères, puisque Dieu lui-même nous le demande ! Mais il importe de comprendre que la sainteté n’est pas le résultat de nos efforts humains pour devenir « saints » : « Le disciple de Jésus n’est pas appelé à la vertu mais à la sainteté, et la sainteté n’est pas la recherche d’une perfection humaine centrée sur nos efforts ou notre générosité » (Introduction, page 11). Le danger d’une telle confusion entre sainteté et recherche de la perfection morale pour elle-même est l’orgueil (on le voit bien avec les pharisiens de l’Evangile) qui est selon l’auteur le seul véritable obstacle à la sainteté.

Le livre du Père Daigneault fourmille de citations qui sont autant de pépites. Ainsi, celle-ci de Maxence Van Der Meersch : « Tout homme peut être un saint à l’instant même où il l’a voulu, si extérieurement, aux yeux du monde, il n’est qu’un être de vice et de boue. Lorsque, durant une vie entière, les démons de son cœur se sont disputé son être et qu’il s’est rué tour à tour, avec toute la violence de ses appétits, vers les innombrables mirages de l’orgueil et des instincts, vers les fantômes décevants et menteurs que sont les passions humaines, il vient une heure où il se sent fini. Il est usé, anéanti, vidé. Cette ruine, ce voleur, cet ivrogne, ce détraqué, ce dépravé, irrémédiablement voués à leur vice, sauf un miracle de la grâce, qui en voudrait encore ? Il n’y a plus que Dieu pour accueillir cette épave. Il y a encore Dieu, et Dieu seul, car personne ne descendra jamais trop bas pour Dieu ! Cette loque, ce déchet, ce rebut dont vous, les hommes, vous ne voulez plus, qui ne veut même plus de lui-même, donnez-le moi, dit l’Eternel, et qu’il accepte seulement, humblement, de reconnaître sa misère, de la porter et de lutter. Alors pour moi, cette vie de honte et d’ignominie aux yeux de tous, je la consumerai comme un encens. »

« Dans ce déclassé, dans cet adultère, dans cet inverti, poursuit Van Der Meersh, oui, disons-le audacieusement, il y a encore toujours assez pour faire un saint, même s’il est trop tard pour qu’il soit désormais autre chose qu’un déclassé. Chacun peut se faire une sainteté à partir d’où il est, à partir de sa plus sordide bassesse. Dieu peut descendre dans la boue pour transformer quelqu’un en un saint ».

Oui, Dieu peut descendre… et n’est-ce pas précisément ce qu’il a fait en s’incarnant dans notre chair ? En Jésus-Christ, Dieu se fait homme, et prend lui-même l’initiative de venir nous chercher, là où nous sommes. Quel autre chemin pourrions-nous suivre que celui de la descente, à la suite de celui qui s’est lui-même désigné comme le « Chemin » de l’humanité vers Dieu. Et ce chemin de la descente, pour chacun de nous qui sommes pécheurs, c’est celui de l’humilité du coeur. L’échelle qui conduit au Ciel ne se gravit pas en montant, mais en descendant : c’est en s’abaissant que l’on s’élève ; c’est en descendant que l’on monte. Telle est la perfection selon l’Evangile, aux antipodes de la conception des penseurs grecs et des stoïciens. « L’Evangile, c’est le monde à l’envers. Nous entrons dans la logique de l’amour, qui devient folie pour la sagesse naturelle, et dans cette logique, c’est Dieu qui descend, et de plus en plus bas. Pour le suivre, il nous faut descendre dans la pauvreté pour remonter avec lui. » (Introduction, page 9). « Il n’existe pas d’autre voie ni d’autre vertu pour le chrétien, sinon cet abaissement dans la petitesse et la pauvreté » écrit le moine cistercien André Louf.

« Il n’y a [donc] pas de véritable sainteté sans humilité, sans cette descente au cœur de notre pauvreté (…) Tout peut devenir grâce, « même le péché » disait Saint Augustin. Même notre sexualité blessée et nos névroses (…) à condition d’en faire une occasion d’ouverture, d’accueil, de partage. Aussi aurions-nous tort de les mépriser. Oui, nous avons à apprendre à faire bon usage de nos névroses. Elles sont matière à sainteté »
(Introduction, page 16).


L’auteur cite encore le Père Daniel-Ange : « Dans un monde où l’on aura de plus en plus d’enfants blessés par la vie, ce sera précisément toute cette fragilité psychologique et affective qui deviendra le chemin même de leur sainteté. Tout ce qui semblait des handicaps deviendra moyen de sainteté. Oui, nous sommes entrés dans l’ère de la sainteté des pauvres, des pauvres d’amour, des pauvres d’affection, des pauvres de culture, des pauvres même de vie religieuse. Je crois que plus un être porte un handicap lourd et une blessure, plus cette souffrance et ce poids même le précipitent au Cœur de Dieu. Il y aura toujours une relation infinie entre la détresse de l’homme et la tendresse de Dieu. Jamais un homme ne sera plus blessé par la vie qu’il n’est aimé par Dieu, jamais ! »

Et le Père Daigneault achève son introduction en faisant allusion à Saint François d’Assise, qui avait un jour répondu, indigné, à un jeune homme qui l’avait appelé « le Saint » : « Tu crois que je suis un Saint ? Mais tu ne sais donc pas que ce soir même, je pourrais coucher avec une prostituée si le Christ ne me soutenait pas ! » « Voilà l’esprit d’humilité des vrais saints. Ils se savent du même bord que les pécheurs, et c’est pourquoi, à un certain moment, il n’y a plus de différence entre le pécheur et le saint. Car le saint se reconnaît un pécheur toujours en état de conversion, et tout pécheur, si faible soit-il, doit se reconnaître comme un saint en puissance » (Introduction, page 18).

Posté par cidh2050 à 05:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


08 juin 2016

La joilie petite Prière de Mère Térésa de Calcutta : « Quand je suis blessé(e), donne-moi quelqu’un(e) à consoler ».

Voici la Prière « Quand je suis blessé, donne-moi quelqu’un à consoler » de Mère Térésa de Calcutta (1910-1997), Fondatrice de la congrégation des Missionnaires de la charité aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants atteints de maladies comme la lèpre, le sida ou la tuberculose, d'abord en Inde puis dans d'autres pays.

Source:   http://site-catholique.fr (texte original réorganisé par nos soins)

-------------------------------------------------------------------------
© Secrétariat CSFA 2016: (csfachorale@gmail.com)

avec http://site-catholique.fr
-------------------------------------------------------------------------