Évangile et homélie du Mardi 11 oct 2016. Vous purifiez l’extérieur mais l’intérieur est remplis de cupidité!


Mardi 11 octobre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 28e semaine

Saint(s) du jour : St Jean XXIII, pape (261e) de 1958 à 1963, St Nicaise, prêtre, Quirin et Scubicule, martyrs († s. inc.)


 
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1-6.

Frères,
    c’est pour que nous soyons libres
que le Christ nous a libérés.
Alors tenez bon,
ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.
    Moi, Paul, je vous le déclare :
si vous vous faites circoncire,
le Christ ne vous sera plus d’aucun secours.
    Je l’atteste encore une fois :
tout homme qui se fait circoncire
est dans l’obligation de pratiquer la loi de Moïse tout entière.
    Vous qui cherchez la justification par la Loi,
vous vous êtes séparés du Christ,
vous êtes déchus de la grâce.
    Nous, c’est par l’Esprit, en effet,
que de la foi nous attendons la justice espérée.
    Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur,
ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non,
mais c’est la foi, qui agit par la charité.


Psaume 119(118),41.43.44-45.47-48.

Que vienne à moi, Seigneur, ton amour,
et ton salut, selon ta promesse.
N'ôte pas de ma bouche la parole de vérité,
car j'espère tes décisions.

J'observerai sans relâche ta loi,
toujours et à jamais.
Je marcherai librement,
car je cherche tes préceptes.

Je trouve mon plaisir en tes volontés,
oui, vraiment, je les aime.
Je tends les mains vers tes volontés,
je les aime, je médite sur tes ordres.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,37-41.

En ce temps-là,
    pendant que Jésus parlait,
un pharisien l’invita pour le repas de midi.
Jésus entra chez lui et prit place.
    Le pharisien fut étonné
en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions
précédant le repas.
    Le Seigneur lui dit :
« Bien sûr, vous les pharisiens,
vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat,
mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis
de cupidité et de méchanceté.
    Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur
n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?
    Donnez plutôt en aumône ce que vous avez,
et alors tout sera pur pour vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélies d'evangeli.net

«Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous»

Aujourd'hui, l'évangéliste situe Jésus dans un banquet: «un pharisien l'invita pour le repas de midi» (Lc 11,37). Quelle bonne idée! Quelle tête dû faire l'amphitryon quand son invité négligea la norme rituelle de l'ablution (qui n'était pas un précepte légal, mais provenait de la tradition des anciens rabbins) et, par-dessus le marché, les censura fermement, lui et son groupe social. Le pharisien ne fut pas inspiré ce jour-là, et le comportement de Jésus ne fut pas, comme on dit aujourd'hui, “politiquement correct”.

Les évangiles nous montrent quel peu de cas le Seigneur fait du “qu'en dira-t-on?” et du “politiquement correct”; que cela nous plaise ou non, il doit en aller de même pour qui s'estime chrétien. Jésus condamne clairement le comportement typique de la double morale, l'hypocrisie qui cherche la conciliation ou la tromperie: «Vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté» (Lc 11,39). Comme toujours, la Parole de Dieu questionne les us et coutumes de notre vie quotidienne, par lesquels nous finissons par convertir en “valeurs” des chimères qui dissimulent les péchés d'orgueil et d'égoïsme, afin de “globaliser” la morale dans le politiquement correct pour ne pas détoner, ne pas rester en marge, sans qu'importe le prix à payer, ni la noirceur de notre âme, puisque, au bout du compte, tout le monde le fait.

Saint Basile disait que «l'homme prudent ne doit rien fuir davantage que de vivre selon l'opinion des autres». Si nous sommes des témoins du Christ, nous devons savoir que la vérité est et sera toujours la vérité, même s'il pleut des salades. C'est là notre mission parmi les hommes dont nous partageons l'existence, tout en nous efforçant de nous maintenir purs selon le modèle d'humanité que Dieu nous a révélé dans le Christ. La pureté d'esprit passe par-dessus les formes sociales et, si nous en doutons parfois, rappelons-nous que ceux qui ont le cœur pur verront Dieu. À chacun de choisir ce qu'il doit voir pour toute l'éternité.

Abbé Pedro IGLESIAS Martínez (Rubí, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 

 Homélie du Père Philippe

 

Jésus veut faire comprendre à son interlocuteur que le rituel des ablutions avant le repas n’a de sens et de valeur que dans la mesure où il exprime un désir intérieur de conversion pour paraître toujours plus pur devant Celui qui est la pureté même, au repas qu’il invite à partager avec lui dans l’éternité. De même que se laver les mains enlève la poussière et les microbes étrangers et dangereux pour notre corps, de même, il s’agit de laver nos âmes de ce qui les souillent pour nous disposer à accueillir celui qui vient à notre rencontre en frappant à la porte de notre cœur.

 


Cela étant clarifié, Jésus ajoute : « Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » Comment comprendre cette recommandation ? En mettant l’accent sur l’acte de l’aumône, ne fait-elle pas retomber dans le piège d’une priorité donnée à l’extérieur sur l’intérieur. Relire le texte dans le grec précise alors bien les choses. Il est écrit en effet : « Donnez plutôt ce qui est au-dedans et voici : tout est pur pour vous ». Jésus reste donc bien dans le même registre. Il s’agit de donner de la miséricorde qui habite notre cœur, ce qui suppose que nous l’ayons d’abord accueillie pour nous de la part du Seigneur. Ce ne sont pas nos bonnes œuvres qui nous purifient mais l’Amour de Dieu, lequel demeure premier. La charité ne peut jaillir que d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sans détour nous dit saint Paul (Cf. 1 Tm 1, 5 ; 5, 22). Cependant, nos actes de charité sont en même temps comme un appel à la miséricorde et à l’Amour divins sur nos vies, et exercer la charité est aussi la meilleure manière de fortifier en nous cet habitude.

 

 

 
Seigneur, éclaire-nous sur tous ces lieux où nous nous couvrons du masque de la justice pour nous dispenser de la vivre intérieurement. Purifie-nous par ta Parole et ton Eucharistie. Nous voulons nous donner à toi et à nos frères dans la simplicité de la foi et de l’amour. Accorde-nous de jouir de ton intimité et d’entrer dans la béatitude des cœurs purs.

 

 

Père Philippe

 

 

http://www.meinau-catholiques.org

 

 


 

Meditations RC

 

Prière d'introduction

 

Ici, Seigneur, tu m’invites à regarder mon comportement au cours des situations quotidiennes d’une existence ordinaire. Tu prends l’exemple d’un pharisien observateur méticuleux de la Loi. Lui, il connaît « par cœur » ce qu’il faut faire dans telle ou telle situation mais il oublie qu’à tes yeux, l’important c’est la disposition du cœur de celui qui agit.

 

Demande

 

Seigneur, donne-moi la force d’agir selon ce qui te plaît : tu nous as dit que nous serions jugés selon la mesure dont nous nous serions servis vis-à-vis de ceux qui vivent avec nous. Seigneur, accorde-moi d’agir et de penser toujours avec pureté de cœur et d’intention.

 

Points de réflexion

 

1. « Nettoyer l’extérieur de la coupe ». Seigneur, tu veux que je cherche à repérer les occasions où j’émets un jugement « instinctif » sans avoir pris le temps de réfléchir à mon jugement. Et pourtant, Seigneur, tu m’as souvent donné l’occasion de voir que le comportement de ceux qui sont et vivent avec moi traduisent les différentes sources de cultures, de civilisation ou de maturité de ces personnes. Seigneur, tu sais bien qu’il m’arrive très souvent de porter un jugement définitif sur une personne parce que, comme le pharisien, je ne regarde que l’extérieur de la coupe.

 

2. « Votre intérieur est plein de rapine et de méchanceté ». Tu m’appelles à faire un examen de conscience. C’est vrai que mes gestes quotidiens traduisent souvent un automatisme irréfléchi sous couvert de l’habitude acquise. Et, si je regarde un peu plus au fond, je dois bien avouer que le motif de mes actions et de mes pensées n’est pas toujours dénué d’une idée de supériorité, d’un désir de paraître, d’un comportement superficiel qui ne va pas très profond : un comportement qui traduit de la tiédeur ou de l’indifférence. Et même, il est des occasions où, face à une indifférence apparente de la part des autres, me sentant seule au milieu de situations difficiles, je perds confiance et je me sens la victime…. alors je me mets à accuser tout le monde allant même jusqu’à me demander ce que je t’ai fait à toi !

 

3. « Celui qui a fait l’extérieur de la coupe n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? » Merci, Seigneur, parce que ce passage d’Évangile me rappelle que tout ce qui brille à nos yeux n’est pas toujours ce qui est réellement bien ou bon. À côté de ce que l’on voit il y a aussi et surtout ce que toi seul connaît : tel ou tel sur lequel porte mon jugement n’est-il pas, lui aussi, l’objet de ton amour ? Tu l’aimes autant que tu m’aimes. Si son comportement ne te plaît pas, tu es seul à le savoir. Tu sais ce que tu lui demandes et comment il te répond. Et si je compte sur ta miséricorde envers moi, je dois bien savoir que lui aussi a droit à cette même miséricorde.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, pardonne-moi mon individualisme et mon jugement sur le comportement extérieur de ceux que je rencontre. Dans ta bonté et ta miséricorde pardonne-moi de ne pas faire la différence entre pureté extérieure « et légale » et pureté du cœur dont toi seul es juge.

 

Résolution

 

Aujourd’hui j’offrirai les petites humiliations en réparation pour mes jugements sans miséricorde.

 

Cécile Beaure d'Augères, consacrée  RC

 

http://www.regnumchristi.fr

 

 


 

 

 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

 

"Tandis que Jésus parlait, un pharisien l’invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. Le pharisien vit avec étonnement qu’il n’avait pas fait les ablutions rituelles avant le déjeuner."

Le Seigneur lui dit : Vous, les pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapacité et de méchanceté. La Parole de Jésus est très actuelle. Jésus se préoccupe de la purification intérieure de notre cœur. Les pharisiens insistent sur les purifications rituelles extérieures. Toutes les purifications de la première alliance sont relativisées face à l’amour nouveau que Jésus est venu instaurer ! Les paroles que Jésus adresse aux Pharisiens ne nous étonnent pas : « Vous purifiez l’extérieur, » dit-il au pharisien qui l’avait invité, mais c’est l’intérieur qui est le plus important. Jésus veut resituer toutes les « purifications. »Il y a un danger à appartenir à une élite qui s’abrite derrière des intérêts puissants. L’Alliance nouvelle de Dieu est gravée dans notre cœur, elle est un don gratuit de Dieu. Elle nous donne la véritable humilité. Elle est plus difficile à exercer que les purifications rituelles extérieures. Il nous faut regarder l’intérieur de notre cœur plutôt que les apparences extérieures de notre vie. L’aumône est le remède qui nous décentre de nous même. Elle nous tourne vers les autres, et nous incite à constater la souffrance de notre prochain en tentant de la soulager.

"Mais le Seigneur lui dit : Gens déraisonnables ! celui qui a fait le dehors n’a–t–il pas fait aussi le dedans ?" Jésus expose les changements qui seraient nécessaires pour que ce pharisien ait une vraie relation avec le Père. Il rappelle au Pharisien qu’une abondance de règles peut jeter la confusion et rendre les hommes aveugles. Une adhésion servile aux règlements peut devenir une idolâtrie si nous utilisons cette obéissance comme une méthode de glorification de soi et d’oppression des autres. Les pratiques extérieures d’ablution doivent rejoindre la grande préparation à l’amour de Dieu et du prochain. Le Pharisien écoutait Jésus avec une vive attention, il avait besoin de quelque chose de plus satisfaisant que les subtilités juridiques. Jésus nous demande de vivre dans l’amour. Le monde a besoin de beaucoup d’amour pour prendre soin des pauvres et de ceux qui souffrent. Jésus nous invite à creuser l’amour de Dieu que nous vivons par la foi pour l’enraciner dans notre cœur qui est sa demeure. A l’origine, l’amour de Dieu se donne au cœur de Marie pour le transformer, c’est cet amour qui la purifie dés sa conception. Marie est attirée par Dieu, silencieuse, elle est à son service, toute attentive à Celui qui vit au plus intime de son être. Le Don part du cœur de Dieu et transforme le cœur humain.

« Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » Dieu nous envoie Jésus qui, peu à peu, agrandit notre capacité avec les dons qu’il nous propose. Il nous faut faire don de tout ce que nous recevons de Dieu, afin qu’il puisse agir à son gré chez nous, comme dans une demeure qui lui appartient. Jésus se donne entièrement quand nous nous donnons entièrement nous-mêmes à lui et aux autres. En faisant alliance avec Dieu, nous faisons alliance avec le plus petit des enfants des hommes, Jésus. A travers lui, nous faisons alliance avec tous nos frères en humanité. Quand nous célébrons l’Alliance que Dieu établit avec nous par un repas, Jésus manifeste dans son sacrifice, l’amour qu’il désire dans chacune de nos vies. familles. « Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » Ce qui nous rend « impurs, » c’est la « cupidité, » qui fausse notre regard et nous fait voir en toute personne un rival que nous traitons avec « méchanceté. » Tout ce que nous gardons égoïstement pour nous-mêmes, voilà ce qui nous rend impurs, nous aveugles, et nous accuse devant Dieu. Marie, qui porte Jésus à travers le peuple de Dieu, préfigure l’Église qui annonce le mystère de Dieu.

 

Nous demandons la grâce d’être renouvelés par une ardente charité.

 

 

Père Gilbert Adam

 

http://www.pere-gilbert-adam.org

 

 

 

 


 

http://levangileauquotidien.org

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 10 Oct 2016. Jésus se mit à dire : "Cette génération est une génération mauvaise."


Lundi 10 octobre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 28e semaine

Saint(s) du jour : St Daniel (Daniele) Comboni, missionnaire (1831-1881), Bse María des Épousailles, religieuse (1848-1918)



Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4,22-24.26-27.31.5,1.

Frères,
    il est écrit qu’Abraham a eu deux fils,
l’un né de la servante,
et l’autre de la femme libre.
    Le fils de la servante a été engendré selon la chair ;
celui de la femme libre l’a été en raison d’une promesse de Dieu.
    Ces événements ont un sens symbolique :
les deux femmes sont les deux Alliances.
La première Alliance, celle du mont Sinaï,
qui met au monde des enfants esclaves,
c’est Agar, la servante.
    tandis que la Jérusalem d’en haut est libre,
et c’est elle, notre mère.
    L’Écriture dit en effet :
Réjouis-toi, femme stérile, toi qui n’enfantes pas ;
éclate en cris de joie,
toi qui ne connais pas les douleurs de l’enfantement,
car les enfants de la femme délaissée sont plus nombreux
que ceux de la femme qui a son mari.

    Dès lors, frères,
nous ne sommes pas les enfants d’une servante,
nous sommes ceux de la femme libre.
    C’est pour que nous soyons libres
que le Christ nous a libérés.
Alors tenez bon,
ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.


Psaume 113(112),1-2.3-4.5a.6-7.

Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Du levant au couchant du soleil,
loué soit le nom du Seigneur !
Le Seigneur domine tous les peuples,
sa gloire domine les cieux.

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,29-32.

En ce temps-là,
    comme les foules s’amassaient,
Jésus se mit à dire :
« Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe,
mais en fait de signe
il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
    Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ;
il en sera de même avec le Fils de l’homme
pour cette génération.
    Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.
    Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront
en même temps que cette génération,
et ils la condamneront ;
en effet, ils se sont convertis
en réponse à la proclamation faite par Jonas,
et il y a ici bien plus que Jonas.


            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

«Cette génération est une génération mauvaise: elle demande un signe»

Aujourd'hui, la voix douce –mais sévère– du Christ met en garde ceux qui sont convaincus d'avoir déjà leur “ticket” pour le Paradis, parce qu'ils disent: «Jésus, comme tu es beau!». Le Christ a payé le prix de notre salut sans exclure qui que ce soit, mais il faut remplir certaines conditions élémentaires. Entre autres, celle de ne pas prétendre que le Christ fasse tout, nous rien. Ce serait non seulement une sottise, mais un mauvais orgueil. C'est pourquoi le Seigneur emploie aujourd'hui le mot “mauvais”: «Cette génération est une génération mauvaise: elle demande un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas» (Lc 11,29). Il l'appelle “mauvaise” parce qu'elle subordonne son éventuelle et condescendante adhésion à la condition de voir des miracles spectaculaires.

Jésus n'accepta jamais d'agir ainsi, même devant ses compatriotes de Nazareth, qui exigeaient qu'Il garantisse sa mission de prophète et de Messie par de prodigieux miracles, à savourer assis dans un fauteuil de cinéma. Mais c'est impossible: le Seigneur offre son salut à ceux-là seuls qui se soumettent à Lui par une obéissance qui naît de la foi, qui espère et se tait. Dieu requiert cette foi antécédente (qu'Il a mise en nous comme semence de grâce).

Contre cette caricature de foi, la reine de Saba se lèvera, elle qui vint des confins de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, alors que «il y a ici bien plus que Salomon» (Lc 11,31). Un proverbe dit: «Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre». Le Christ, condamné à mort, ressuscitera trois jours plus tard: à qui Le reconnaît, Il propose le salut; aux autres –quand Il reviendra comme Juge– il ne restera plus qu'à entendre la condamnation pour leur incrédulité obstinée. Prenons les devants: acceptons-Le avec foi et amour. Nous Le reconnaîtrons et Il nous reconnaîtra comme siens. Le serviteur de Dieu Don Albérione disait: «Dieu ne gaspille pas l'électricité: il éclaire les lampes nécessaires, toujours au bon moment».

Abbé Raimondo M. SORGIA Mannai OP ( Florencia, Italie)

http://evangeli.net/evangile


 Homélie du Père Philippe

« Cette génération est une génération mauvaise » : est mauvais ce qui n’est pas bon, c'est-à-dire ce qui s’est écarté de la voie du bien, et donc : ce qui est dévoyé. C’est le sens du terme hébreu « Hatta », qui désigne le péché. « Cette génération est mauvaise » parce que, non seulement elle refuse de reconnaître le temps où Dieu la visite, mais elle prétend le mettre à l’épreuve en réclamant « un signe ». La génération dont parle Jésus n’est pas seulement celle de ses contemporains juifs : le terme désigne d’une manière bien plus vaste toutes les générations issues de notre pauvre humanité marquée par le péché. Tous nous sommes atteints d’une terrible maladie : la duplicité du cœur, que la Bible désigne par le terme hébreu « Awon » - traduit également par « péché ». Comme « la foule » que le prophète Elie interpelle sur le mont Carmel, nous « plions le genou de deux côtés » (1 R 18, 21), du côté de l’Evangile et du côté de nos Baals ; nous nous trouvons mille « bonnes raisons » pour ne pas suivre le Seigneur dans la radicalité qui devrait s’imposer à nous, si du moins nous avons vraiment compris l’enjeu de sa venue parmi les hommes.

Tous pécheurs qu’ils étaient, les gens de Ninive méritent notre admiration par la promptitude avec laquelle ils se sont convertis à l’appel de Jonas - ce prophète étranger venu leur annoncer un message de malheur. Leur attitude prouve qu’au cœur même de leur perversion, ils avaient néanmoins gardé la lampe de leur conscience allumée : sans chercher à « tricher », ils se sont reconnus pécheurs et n’ont pas contesté le bien-fondé du châtiment qui leur était annoncé. Bien plus : la vigueur de leur repentance prouve qu’ils n’avaient pas enfermé Dieu dans l’image d’un justicier intransigeant, sans quoi ils n’auraient pas nourri l’espoir de le fléchir. Etonnamment, les habitants de Ninive, ville païenne réputée pour sa perversion, semblent avoir une intuition plus juste de Dieu que les fils de la promesse. Reconnaissant la pertinence des avertissements de Jonas, ils l’écoutent comme un envoyé de Dieu, sans demander d’autre « signe » que celui de la parole de ce prophète faisant irruption inopinément dans leur ville pour annoncer sa destruction. Cette humilité, accompagnée d’une prompte conversion, va attirer sur eux la miséricorde divine, alors que nos lenteurs à croire et à nous repentir empêchent le Seigneur de nous faire grâce comme il le désire.

Aux Ninivites s’applique la béatitude que Jésus vient de prononcer dans le verset qui précède immédiatement la péricope de ce jour : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent » (Lc 11, 28). Si la Parole de Dieu transmise par le prophète Jonas est capable de conduire ces païens à la conversion salutaire, combien plus celle du Verbe incarné a-t-elle la puissance de nous sanctifier, quel que soit le triste état dans lequel nous ont conduit nos fautes. Encore faut-il que nous écoutions le Seigneur avec la disponibilité de cœur qui permette à sa Parole de porter son fruit dans nos vies ; ce qui suppose que nous renoncions à nos tergiversations pour nous livrer au mystère de la croix, « folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, elle est puissance de Dieu » (1 Co 1, 18).

 

Seigneur Jésus, garde-nous de te mettre à l’épreuve en exigeant que tu te révèles dans notre vie selon nos désirs un peu courts. Apprends-nous à écouter ta Parole qui résonne au fond de nos cœur et donne-nous la force de la mettre en pratique. Que dans l’obéissance de la foi, nous nous laissions convertir à ta présence, toi le tout-proche, l’Emmanuel, Dieu avec nous, germe de vie éternelle enfoui dans la terre de notre quotidien.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


Meditations RC

Prière d'introduction

« Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur de te désirer ; en te désirant, de te chercher ; en te cherchant, de te trouver ; en te trouvant, de t’aimer ; et en t’aimant, de racheter mes fautes ; et une fois rachetées, de ne plus les commettre » (Saint Anselme de Cantorbéry, Oratio).

 

Demande

 

Raviver mon désir de chercher le Seigneur et le trouver dans les signes quotidiens qu’il me donne.

 

Points de réflexion

 

1. « Cette génération est une génération mauvaise ; elle cherche des signes ». Pourquoi Jésus condamne-t-il la recherche des signes dans notre vie spirituelle, quand ils peuvent certifier la présence d’un Dieu caché et mystérieux ? Combien de fois lui demandons-nous un signe, une certitude que telle ou telle chose se situe dans son projet. Et en réponse, silence. Le silence de Dieu est terrible pour nous. Pourtant, Dieu parle dans ce silence, comme il a parlé à Élie sur le Mont Horeb (1 Roi 19, 11-14). C’est qu’il désire que nous ne cherchions pas des signes, mais que nous le cherchions. Seigneur, dans mon doute et dans les difficultés, là où ton silence me pèse, est-ce qu’au fond de moi je te cherche ?

2. Le signe de Jonas : Jésus dit pourtant qu’il donnera un signe, celui « de Jonas ». C’est un double signe sur lequel nous allons centrer cette méditation. Le livre biblique de Jonas raconte qu’un homme est envoyé par Dieu pour convertir la ville de Ninive. Il prêche la destruction de Ninive, mais il sait que cette ville sera pardonnée par le Seigneur si elle se détourne de sa méchanceté. Inévitablement la ville se convertit. Jésus dit : « Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas ». Saint Bède interprète ces mots en disant que le « signe de Jonas » qui produit la conversion est le signe de l’Incarnation. Ce n’est pas un signe de pouvoir divin, mais un signe à échelle humaine, un signe qui s’abaisse jusqu’à notre langage, notre expérience et notre quotidien. Seigneur, quel signe est-ce que j’attends de toi ? Un signe éclatant ou les signes quotidiens de ta présence ? Sais-je reconnaître ton action dans ma vie ?

3. Mais le signe de Jonas a deux sens. Jonas donne un signe, mais il en reçoit un. Après la conversion totale de Ninive, Jonas est écarté comme un illuminé qui prêche le malheur, un échec. Il demande au Seigneur qu’il veut attendre la mort. C’est là où il devient à nouveau « signe » car Dieu lui donne un signe de sa miséricorde pour tous, et pour lui particulièrement. Il n’a pas été prophète uniquement pour sauver Ninive. Dieu l’a envoyé pour lui révéler son cœur. Et pour s’ouvrir à ce mystère d’amour, Jonas devait passer par l’échec.

 

Dialogue avec le Christ

 

Regarder ma vie : comment ma vie et mes expériences m’ont-elles amené au Seigneur ? (prendre le psaume 117 pour rendre grâce au Seigneur pour son amour).

 

Résolution

 

Remercier le Seigneur pour les différentes manières dont il se fait « signe » pour moi et pour d’autres.

 

Sarah Cleary, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr


HOMELIE du Père Gilbert Adam

"Comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe ; il ne lui sera pas donné d’autre signe que le signe de Jonas."

Jésus réagit à une demande de la foule qui demande un signe, mais en fait de signe, nous sommes conduits au tombeau avec l’annonce de la résurrection. Le signe de Jonas nous donne la « conversion » des Ninivites. Un homme, envoyé par Dieu, fait retentir la Parole qui ouvre à la grâce les cœurs les plus endurcis. Si un homme envoyé peut être un signe, combien plus Jésus, le Verbe fait chair peut l’être, et sa Parole convertir l’humanité. Tout signe émis doit être reçu. Demander un signe implique d’être dans une attitude active qui nous met en mouvement. Aujourd’hui Jésus nous indique que le signe qu’Il va donner à la “génération mauvaise” est lui-même comme le “signe de Jonas.” Comme Jonas s’est laissé jeter par-dessus bord afin d’apaiser la tempête et sauver les vies des marins, Jésus s’est aussi laissé jeter par-dessus bord pour apaiser les tempêtes du péché qui menacent nos vies. Et comme Jonas a vécu trois jours dans le ventre de la baleine avant d’être recraché ensuite sur le rivage, Jésus a aussi vécu dans le ventre de la terre avant de marcher en dehors du tombeau vide. Le signe que Jésus va donner aux “mauvais” de chaque génération c’est le signe de sa mort et de sa résurrection. Sa mort, librement acceptée, est le signe de l’incroyable amour de Dieu pour nous : Jésus donna sa vie pour sauver la nôtre.

"La reine du Sud se réveillera, lors du jugement, avec les hommes de cette génération, et elle les condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et pourtant il y a ici plus que Salomon. La reine de Saba est venue à Jérusalem pour voir Salomon, elle a reconnu la puissance de Dieu à l’œuvre ! Et ici, il y a plus que Salomon ! Nous demandons la grâce d’être entraînés toujours plus avant, nous aussi, dans l’amour de Dieu, cette conversion est permanente. Par grâce, nous nous sommes laissé entrainer avec ardeur dans l’amour de Dieu qui nous a saisis. A cette époque « d’illumination » notre conversion dans l’amour était plus facile, elle est maintenant à reprendre à tous les instants de notre vie, elle doit être toujours en acte dans notre vie. Mû par l’Esprit Saint, Jésus est passé au milieu de nous, Il a traversé le val ténébreux du Golgotha ! Le troisième jour, Il est remis debout. Sa résurrection parmi les morts est le signe de son divin pouvoir. C’est le signe le plus puissant et émouvant jamais donné. Jésus nous dit sa douleur ! son langage est très expressif pour la foule qui s’amasse autour de lui, mais il ne fait pas d’illusion. Il sait que ceux qui l’entourent ont un cœur divisé : "Cette génération demande un signe !" Il ne sera donné à notre génération d’autre signe que cet Amour infini de Dieu qui arrive jusqu’à nous par le Cœur de Jésus qui a tellement aimé les hommes. La charité qui est dans le cœur de Dieu est communiquée à notre cœur, ainsi Jésus va à l’essentiel, il nous donne le remède possible à tous les maux de la terre.

"Les hommes de Ninive se lèveront, lors du jugement, avec cette génération, et ils la condamneront, parce qu’ils ont changé radicalement à la proclamation de Jonas ; et pourtant il y a ici plus que Jonas." La difficulté est que nous puissions nous habituer à la monotonie, que nous devenions des gens blasés. Notre conversion, c’est Jésus lui-même. Cette conversion doit être généreuse, dans le Christ, nous sommes libres d’aimer et d’être aimés. La miséricorde de Jésus se manifeste pour sauver toute l’humanité. Nous pouvons cheminer et nous orienter, malgré notre grande faiblesse, à la suite de Jésus que nous nous efforçons de suivre dans notre histoire. Nous voulons embrasser l’Évangile et lutter pour demeurer dans cette libération. Alors notre lumière brillera comme le soleil et nous deviendrons un verger surabondant, une source dont l’eau ne cesse pas d’abonder. L’amour de Dieu manifesté en Jésus demande la réciprocité, le « je t’aime » de Dieu doit provoquer un « je t’aime » de notre part. Nous prenons la décision de demeurer sans cesse dans l’amour du Christ qui est à l’œuvre en nous et qui nous entraîne bien au-delà de nous mêmes. Je t’aime Jésus sans cesse, d’un amour toujours plus grand car tu donnas ta vie pour sauver la nôtre. La résurrection parmi les morts est le signe de son divin pouvoir d’Amour. C’est le signe le plus puissant et émouvant jamais donné.

Nous demandons la grâce d’une espérance et d’une foi renouvelées dans l’Amour de Dieu.

Père Gilbert Adam

 http://www.pere-gilbert-adam.org

 


 

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque. Homélie 1 sur le Cantique des cantiques.

« Il y a ici bien plus que Salomon »

Le texte du Cantique des cantiques de Salomon présente l'âme comme une fiancée, parée pour une union incorporelle, spirituelle et sans souillure avec Dieu. Celui qui « veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4) expose là le moyen le plus achevé, le moyen bienheureux d'être sauvé, j'entends celui qui passe par l'amour. Certains peuvent aussi trouver le salut dans la crainte : à considérer les châtiments qui nous menacent dans la géhenne, nous nous gardons du mal. Il en est également qui mènent une vie de droiture et de vertu parce qu'ils espèrent le salaire réservé à ceux dont l'existence a été pieuse : ils agissent ainsi non par amour du bien, mais avec l'espoir d'être récompensés.

Or, pour s'élancer vers la perfection, on commence par chasser la crainte de son âme ; c'est éprouver un sentiment servile que de ne pas être attaché à son maître par amour... On aime « de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces » (Mc 12,30) non pas un des dons dont on est gratifié, mais celui-là même qui est la source de ces biens. Telle doit donc être l'âme d'après ce que dit Salomon...  Crois-tu que j'évoque Salomon, le fils de Bersabée qui sur la montagne a offert mille bœufs et qui, sur les conseils de sa femme étrangère, a commis un péché ? Non. Je pense à un autre Salomon, qui est lui aussi né de la semence de David selon la chair ; il a pour nom « paix » [le nom de Salomon veut dire « homme de paix » (1 Ch 22,9)]. Il est le vrai roi d'Israël, le bâtisseur du Temple de Dieu, le détenteur de la connaissance universelle. Sa sagesse est incommensurable ; mieux, il est par essence sagesse et vérité ; son nom et sa pensée sont parfaitement divins et sublimes. Il s'est servi de Salomon comme d'un instrument et, par sa voix, c'est lui qui s'adresse à nous, d'abord dans les Proverbes, ensuite dans l'Ecclésiaste, puis dans le Cantique des cantiques. Il montre ainsi à notre réflexion, avec méthode et ordre, la façon de progresser vers la perfection.

http://levangileauquotidien.org

 


 

 

 

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Evangile et Homélie du Dim 09 Oct 2016. Jésus guérit dix lépreux, mais un seul revient dire «merci»!

 


Dimanche 09 octobre 2016

Nous sommes en temps ordinaire 28ème dimanche

Saint(s) du jour : St Giovanni Leonardi, prêtre et fondateur (1541-1608), Bx John Henry Newman, cardinal et fond. (1801-1890)



Deuxième livre des Rois 5,14-17.

En ces jours-là,
le général syrien Naaman, qui était lépreux,
    descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois,
pour obéir à la parole d’Élisée, l’homme de Dieu ;
alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant :
il était purifié !
    Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ;
il entra, se présenta devant lui et déclara :
« Désormais, je le sais :
il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël !
Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. »
    Mais Élisée répondit :
« Par la vie du Seigneur que je sers,
je n’accepterai rien. »
Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa.
    Naaman dit alors :
« Puisque c’est ainsi,
permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays
autant que deux mulets peuvent en transporter,
car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice
à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. »


Psaume 98(97),1.2.3ab.3cd-4.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-13.

Bien-aimé,
    souviens-toi de Jésus Christ,
ressuscité d’entre les morts,
le descendant de David :
voilà mon évangile.
    C’est pour lui que j’endure la souffrance,
jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur.
Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu !
    C’est pourquoi je supporte tout
pour ceux que Dieu a choisis,
afin qu’ils obtiennent, eux aussi,
le salut qui est dans le Christ Jésus,
avec la gloire éternelle.


    Voici une parole digne de foi :
Si nous sommes morts avec lui,
avec lui nous vivrons.
    Si nous supportons l’épreuve,
avec lui nous régnerons.
Si nous le rejetons,
lui aussi nous rejettera.
    Si nous manquons de foi,
lui reste fidèle à sa parole,
car il ne peut se rejeter lui-même.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17,11-19.

En ce temps-là,
    Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
    Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
    et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
    À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.


    L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
    Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
    Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
    Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
    Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »


    – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Jésus, maître, prends pitié de nous»

Aujourd'hui, nous pouvons constater, une fois de plus! comment notre attitude peut remuer le cœur de Jésus Christ. Le fait c'est que quelques lépreux, en vainquant la réprobation sociale que souffraient ceux qui avaient la lèpre, et avec une bonne dose d'audace, s'approchent de Jésus et —nous pourrions dire entre guillemets— l'obligent avec leur supplique si rassurée: «Jésus, maître, prends pitié de nous» (Lc 17,13).

La réponse est immédiate et foudroyante: «Allez vous montrer aux prêtres» (Lc 17,14). Lui, qui est le Seigneur, montre son pouvoir car, «en cours de route, ils furent purifiés» (Lc 17,14).

Ceci nous montre déjà que la mesure des miracles du Christ est, justement, la mesure de nôtre foi et notre confiance en Dieu. Or, que devons-nous faire —pauvres créatures— devant Dieu, outre nous confier pleinement à Lui? Mais avec une foi opérative qui nous encourage à bien obéir les indications de Dieu. Il suffit d'avoir un minimum de sens commun pour comprendre que «rien n'est trop difficile à croire quand il s'agit de Celui pour qui rien n'est trop difficile à faire» (Bienheureux J. H. Newman). Si nous ne voyons plus des miracles c'est parce que nous “obligeons” le Seigneur trop peu avec notre manque de confiance et d'obéissance à sa volonté. Comme saint Jean Chrysostome a dit, «un peu de foi peut beaucoup».

Et, comme consécration de la confiance en Dieu, il nous arrive le débordement de la joie et de la gratitude: en effet, «L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce» (Lc 17,15-16).

Mais..., quel dommage! Des dix bénéficiaires de ce miracle, seulement un est revenu. Que nous sommes ingrats tout en oubliant si facilement que tout ce que nous avons nous vient de Dieu, à qui nous devons tout! Faisons-nous le propos de l'obliger en nous montrant confiés en Dieu et remerciés à Lui.

http://evangeli.net/evangile


 Homélie du Père Philippe

Les dix lépreux se tiennent à distance de Jésus. Ils n’ont pas le droit d’approcher. Ils sont comme des ombres criant : «Impur ! Impur!», comme les y oblige la Loi (Lv 13, 45). Aux yeux des hommes et à leurs propres yeux aussi, ils ne font déjà plus partie du monde des vivants. Leur lèpre n’est que l’image de leur péché. Ils le savent, on le leur a fait savoir. Ils se sentent maudits. Aucun avenir pour ces hommes, ni dans ce monde ni dans l’autre… C’est une humanité en ruine.

Et pourtant, premier miracle de Jésus, ces hommes espèrent… Ils espèrent contre toute espérance. C’est pour cela seulement qu’ils sont sortis de leur ombre. La foi a commencé en eux. La foi a commencé d’entrer dans leur cœur, et c’est sous la forme de l’espérance, de l’espérance impossible. Ils ont entendu parler de Jésus. On raconte qu’il guérit même les lépreux… qu’il est comme l’un des prophètes des temps anciens… comme cet Élisée qui a guéri Naaman le lépreux Syrien (2 R 5).

«Allez-vous montrer aux prêtres !» (Lc 17, 14). Pour les dix lépreux, il faut sentir à quel point cette parole de Jésus est stupéfiante ! Dans le cœur de ces hommes, se produit alors un deuxième miracle de la foi. La confiance… La confiance aveugle dans la parole de Jésus. Ils y vont ! Ils y croient à cette guérison qu’ils ne voient pas ni ne ressentent encore. Ils y croient seulement sur la parole de Jésus.  En fait, ils ont déjà reçu mystérieusement la grâce de la guérison, mais Jésus leur demande d’y croire d’abord, de faire confiance. C’est un peu plus tard seulement, en cours de route nous dit l’Évangile (Lc 17,14), que la grâce déjà plantée dans le secret du cœur va se manifester clairement.

Dans le cœur d’un seul, la foi va finalement produire son fruit ultime. Et quel est ce fruit ? C’est bien sûr l’amour. L’amour seul va franchir les distances entre le lépreux et Jésus. C’est bien le miracle de l’amour qui vient de se produire dans le cœur de ce dixième lépreux lorsqu’il retourne sur ses pas (Lc 17,15) pour aller rencontrer Jésus, voir son visage de près et l’adorer (Lc 17,16). Le centre pour cet homme n’est plus sa propre guérison, mais la joie de connaître Jésus et Jésus peut répondre et répondre à lui seul : «Ta foi t’a sauvé» (Lc17, 19). La foi en toi s’est vraiment accomplie, elle a vraiment donné son fruit, son fruit salvateur qui est l’amour de Dieu.

Dix hommes ont reçu la grâce du Christ, un seul finalement s’est approché du Christ. Les autres ont accueilli le don de Dieu mais ils se sont éloignés de Dieu. Quel paradoxe ! Ils se sont éloignés de Dieu avec le don de Dieu (Lc 17, 17).  Frères et sœurs, qu’en est-il pour nous ? Nous allons tous recevoir maintenant la grâce du Christ. Nous l’avons tous reçue et à profusion au fond de notre cœur, mais allons-nous nous approcher du Christ ?

Le Christ va-t-il devenir vraiment le centre de notre vie ? Nous venons pour recevoir les dons de Dieu, mais allons-nous nous attacher à Dieu lui-même ?  Après cette eucharistie, allons-nous simplement nous éloigner et poursuivre notre chemin comme les neuf lépreux ? Ou bien allons-nous revenir souvent sur nos pas, pour reprendre contact avec Jésus au long des jours de cette semaine ? Lui rendre grâce souvent, aller chercher son visage, l’adorer, le regarder et finalement l’aimer.

Il y a un immense mystère de l’amour de notre Dieu pour nous. Il nous comble de ses dons, mais il veut être aimé pauvre et nu, plus bas qu’un lépreux, sur la croix. Là, sur la croix, le Seigneur ne répand plus d’abord ses dons, il se répand lui-même, comme don.  Il veut se donner lui-même. Et c’est ce qui se passe en chaque eucharistie : Dieu vient à nous, lui qui si infiniment riche de bienfaits, Dieu vient à nous pauvre, incroyablement pauvre, comme une hostie remise entre nos mains.

Accueillons, frères et sœurs, avec espérance, avec confiance, mais surtout avec amour, non pas seulement le don de Dieu, mais Dieu qui se donne.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


Meditations RC

Prière d'introduction

Seigneur, je me rends compte de ma faiblesse, de mon péché. Je suis loin de toi, mais je viens vers toi car toi seul peux me guérir. J’implore ta grâce, dont j’ai tellement besoin.

Demande

Tu sais mieux que moi ce que doit être ta grâce pour moi. Je commence par te remercier de ton amour, de ta générosité, bien que parfois je ne comprenne pas les signes que tu me donnes.

Points de réflexion

 1. Les dix lépreux ne représentent pas seulement l’humanité en général mais chaque homme concret qui, à cause de son impureté, n’ose pas s’approcher de Dieu. Autrefois le lépreux devait vivre en dehors des villages et ne pouvait pas s’approcher des autres de peur de les contaminer. Mais l’on sait que Jésus peut changer cela. Quand nous arrivons à être conscients de notre dure réalité nous nous approchons de celui qui peut nous guérir. Et nous implorons avec force : « Seigneur, aie pitié de moi ». C’est un cri déchirant qui sort du plus profond de notre être. Toi seul peux apaiser le mal de mon péché, toi seul peux me rendre la joie et la paix de l’âme. S’il te plaît, Seigneur, prends pitié.

2. Jésus s’apitoie sur eux. Il les voit et les envoie vers les prêtres. Pourquoi ne les guérit-il pas lui-même? Parce que la Loi demandait qu’un prêtre certifie leur guérison afin qu’ils puissent retourner dans les villages. Mais lui savait qu’ils seraient guéris en route. Jésus ne recherchait pas la popularité mais le bien de chacun de ces pauvres lépreux. Jésus désire que nous suivions les normes de notre Église qu’il accepte et respecte. Ce sont les chemins de la grâce, de la guérison, du pardon.

3. Il y eut des réactions diverses, toutes de joie bien sûr, en voyant l’accomplissement de leur rêve. Mais, un seul, sur les dix, qui n’appartenait pas au peuple élu, samaritain, reconnaît le don de Dieu reçu de Jésus. Il revient vers lui, chantant à voix haute les louanges de Dieu et se prosternant à terre. C’est un signe d’adoration qui reconnaît la main de Dieu qui a vaincu la maladie, qui a éliminé l’opprobre, la honte pour celui qui était éloigné de sa famille, de ses amis, qui se sentait pécheur (comme l’on considérait alors les lépreux). Dieu l’a guéri de ce fléau, et l’accueille à nouveau comme enfant. Jésus montre qu’un seul est revenu pour remercier Dieu de son don. Cet acte de foi montre que non seulement il a été guéri de la lèpre, mais aussi qu’il a fait grandir la grâce par sa foi. « Ta foi t’a sauvé ».

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, je vois que j’ai besoin de toi. Je suis triste, mon âme est troublée. Tout va bien, vu de l’extérieur. Mais à l’intérieur je me sens malade, corrompu, en mauvaise santé. J’ai altéré l’image que je dois donner de toi. Toi seul peux la restituer. Tu peux redonner à mon âme l’éclat d’enfant de Dieu, la sérénité au sein des tourments de tous les jours. Donne-moi cette grâce. Je veux être à toi, à nouveau, t’appartenir. La lèpre spirituelle me ronge lentement mais sûrement, sans frein. Toi seul peux me permettre de retrouver cette sérénité qui provient d’une vie pleinement avec toi, en harmonie et en amitié. Marie, guide mes pas vers ton Fils. J’ai souvent peur de me trouver face à moi-même. Prends-moi par la main et mène-moi vers lui. Mets tes paroles sur mes lèvres pour que je trouve comment parler afin que mon péché n’offense pas Dieu davantage.

Résolution

Seigneur que veux-tu que je fasse ? Voici quelque chose de très personnel, fruit de la prière et du dialogue que Dieu a établi avec moi. Vers quoi veux-tu que j’aille, Seigneur, quelle est ton invitation? Que je reconnaisse ta présence constante dans ma vie quotidienne et que je t’en remercie. Que je sache aussi accueillir, comme toi, celui qui demande de l’aide et s’approche pour louer Dieu, même si c’est un étranger qui provoque ma méfiance. Que je vive dans la foi, même si je ne comprends pas les épreuves à traverser pour montrer mon amour à Dieu Que ma vie sache louer Dieu tous les jours en reconnaissant sa présence dans les simples éléments de la vie quotidienne. Je dois rendre ces résolutions concrètes aujourd’hui même.

Hector Bracho, laïc consacré de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr


HOMELIE du Père Gilbert Adam

 

Jésus traverse la Samarie et la Galilée et entre dans un village, dix lépreux viennent à sa rencontre.

Avoir la lèpre, au temps de Jésus, c’était être condamné à vivre à l’écart de la communauté humaine criant : Impur ! Impur ! A l’entrée d’un village, Jésus entend : « Jésus, maître, prends pitié de nous ! » Dix lépreux sont là, décidés à demander à Jésus la guérison. chance de leur vie, la dernière chance, puisqu’ils sont rejetés des hommes. Le chiffre « dix » signifie « la communauté, » c’est comme si le monde venait à la rencontre de Jésus. La lèpre est cette maladie horrible qui ravage le visage et les membres de l’humanité. Symboliquement elle signifie le péché. C’est l’humanité pécheresse qui rencontre Jésus et lui crie : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ! » Cela à distance à cause de la contagion. Le regard de Jésus est un regard plein d’amour, c’est le regard du créateur devant sa créature défigurée. En les voyant Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Cette Parole met en leur cœur une espérance. C’est le prêtre qui va les réintégrer dans la communauté.

"En cours de route ils sont purifiés." Jésus est dans une telle joie ! Le poids de la solitude et de la souffrance qui les coupait de tout humain est enlevé. Jésus respecte la gêne de ces lépreux, qui se sentaient si laids et si peu agréables. C’est aux prêtres de faire le constat de la guérison et d’offrir des sacrifices pour eux. L’un d’eux voyant qu’il était guéri revint sur ses pas. « Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus. » Cette fois il peut s’approcher, il n’est plus lépreux. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous n’ont pas été guéris ! On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ! » Mystère de Jésus le sauveur, qui sait la puissance infinie de son amour pour réintégrer l’humanité dans toute sa beauté, dans un amour qu’elle ne connaît pas encore. Les autres vont entrer dans le Temple, ils seront réintégrés dans la communauté de prière. Ils vont garder la maitrise de leur vie spirituelle alors qu’il leur faudrait le désir de communier au Dieu vivant qui est si prés de nous, le désir de vivre avec Jésus la résurrection de l’humanité.

« Jésus dit à cet homme : Relève-toi ! Ta foi t’a sauvé. » Maintenant va ! Jésus lui demande un acte de foi total. Les dix ont cru ; mais un seul a remercié : le plus pauvre, le plus méprisé de tous, le seul samaritain. Les neuf ont reçu le cadeau du Christ, et cela leur a semblé normal. Il ne se sont pas laisser libérer de leur égoïsme par la bonté de Dieu ; Ils n’ont pas compris qu’à travers cette guérison, Jésus leur faisait signe, que Dieu les libérait pour la louange et le service. Le samaritain est revenu, fou de joie, parlant tout haut et ne cessant pas de remercier Dieu. Il a pris conscience que le Christ l’aimait au point de le guérir. C’est le salut, la résurrection : Ce Samaritain devient disciple de Jésus, il va aller proclamer partout ce que Jésus a fait pour lui, la vie que Jésus lui a donnée. Il symbolise la communauté chrétienne vivante dans l’Esprit Saint. Il est ressuscité d’entre les morts, Jésus en marche vers Jérusalem porte sur lui toutes nos détresses, nos misères et nos morts pour que nous sortions, que nous devenions des adorateurs ressuscités, qui rayonnent l’Evangile.

 

Nous demandons à Dieu la grâce d’une foi qui nous fait quitter le manteau de tristesse.

 Père Gilbert Adam

 http://www.pere-gilbert-adam.org


Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque. Commentaire sur l'évangile de Luc, 2, 40

La foi qui purifie

Que représentent les dix lépreux sinon l'ensemble des pécheurs ?... Lorsque le Christ notre Seigneur est venu, tous les hommes souffraient de la lèpre de l'âme, même s'ils n'étaient pas tous atteints de celle du corps... Or la lèpre de l'âme est bien pire que celle du corps.

Mais voyons la suite. « Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : 'Jésus, Maître, prends pitié de nous' ». Ces hommes se tenaient à distance car ils n'osaient pas, étant donné leur état, s'avancer plus près de lui. Il en va de même pour nous : tant que nous demeurons dans nos péchés, nous nous tenons à l'écart. Donc, pour retrouver la santé et guérir de la lèpre de nos péchés, supplions d'une voix forte et disons : « Jésus, Maître, prends pitié de nous ». Cette supplication ne doit toutefois pas venir de notre bouche, mais de notre cœur, car le cœur parle d'une voix plus forte. La prière du cœur pénètre dans les cieux et s'élève très haut, jusqu'au trône de Dieu.

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 08 Oct 2016. Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !



Samedi 08 octobre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 27e semaine

Saint(s) du jour : Ste Pélagie, vierge et martyre († v. 302), Ste Réparate, vierge et martyre († v. 250-253)


Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,22-29.

Frères,
    l’Écriture a tout enfermé sous la domination du péché,
afin que ce soit par la foi en Jésus Christ
que la promesse s’accomplisse pour les croyants.
    Avant que vienne la foi en Jésus Christ,
nous étions des prisonniers,
enfermés sous la domination de la Loi,
jusqu’au temps où cette foi devait être révélée.
    Ainsi, la Loi, comme un guide, nous a menés jusqu’au Christ
pour que nous obtenions de la foi la justification.
    Et maintenant que la foi est venue,
nous ne sommes plus soumis à ce guide.
    Car tous, dans le Christ Jésus,
vous êtes fils de Dieu par la foi.
    En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ,
vous avez revêtu le Christ ;
    il n’y a plus ni juif ni grec,
il n’y a plus ni esclave ni homme libre,
il n’y a plus l’homme et la femme,
car tous, vous ne faites plus qu’un
dans le Christ Jésus.
    Et si vous appartenez au Christ,
vous êtes de la descendance d’Abraham :
vous êtes héritiers selon la promesse.



Psaume 105(104),2-3.4-5.6-7.

Chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.
Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu'il prononça.

Vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.
Le Seigneur, c'est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l'univers.




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,27-28.

En ce temps-là,
    comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
    Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »


            – Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

«Heureuse la mère qui t'a porté dans ses entrailles, et qui t'a nourri de son lait!»

Aujourd'hui, nous écoutons la meilleurs des éloges que Jésus pouvait faire à sa propre mère: «Heureux (…) ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent!» (Lc 11,28). Avec cette réponse, Jésus-Christ ne repousse pas l'éloge que cette simple femme faisait de façon passionnée à sa Mère, sinon qu'Il l'accepte et va plus loin, expliquant que la Très-Sainte-Marie était bienheureuse –surtout!- pour le fait d'avoir été bonne et fidèle d'avoir accompli la Parole de Dieu.

Quelques fois, on me demande si les chrétiens croient à la prédestination, comme on y croit dans d'autres religions. Non!: les chrétiens croyons que Dieu nous prépare un destin de bonheur éternel. Dieu veut que nous soyons heureux, fortunés, bienheureux. Prenons conscience de la fréquence de ces paroles dans les enseignements de Jésus: «Bienheureux, bienheureux, bienheureux…». «Bienheureux les pauvres, les miséricordieux, ceux qui ont faim et soif de justice, ceux qui créerons sans avoir vu» (cf. Mt 5,3-12; Jn 20,29). Dieu veut notre bonheur, un bonheur qui commence déjà en ce monde, bien que les chemins pour y arriver ne soit pas la richesse, ni le pouvoir, ni le succès facile, sinon l'amour pauvre et humble de celui qui est dans l'attente. La joie de croire! Cette joie dont parlait le converti Jacques Maritain.

Il s'agit d'un bonheur qui est encore plus grand que la joie de vivre, car nous croyons d'une vie sans fin, éternelle. Marie, la Mère de Jésus, non seulement est fortunée d'avoir amené au monde, pour l'avoir nourri et éduqué —comme disait spontanément cette femme du village— sinon, surtout, pour avoir été à l'écoute de la Parole et pour l'avoir mise en pratique: pour avoir aimé et pour s'être laissé aimer par son Fils Jésus. Comme disait le poète: «Pouvoir dire «mère» et s'entendre dire «mon fils» / c'est la chance qui faisait envi de Dieu». Que Marie, Mère du Belle Amour, prie pour nous.

Abbé Jaume AYMAR i Ragolta (Badalona, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 

 Homélie du Père Philippe

 

« Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de lait ! » C’est une femme qui parle. Elle sait donc de quoi elle parle... A travers ces mots, c’est toute sa féminité qui s’exprime dans un cri d’admiration et peut-être même un peu d’envie envers celle qui a eu cette grâce de porter, d’enfanter et de nourrir le Messie.

 Résonne alors la voix de Jésus : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et la mettent en pratique ». Parole inattendue, déconcertante même. Pourtant les mots de cette femme n’étaient-ils pas un bel hommage rendu à la Vierge Marie, la Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ ? Jésus n’accorderait-il aucune importance à la maternité de sa mère ? Bien au contraire. En recentrant cette femme sur ce qui constitue la véritable béatitude, il lui révèle en quoi consiste l’essence de la maternité de Marie, mettant celle-ci encore plus en valeur.

Marie est celle qui par excellence a écouté dans une profonde humilité la Parole du Père et lui a obéi dans une confiance et un abandon total : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). C’est bien parce que Marie a d’abord écouté la Parole et lui a obéi qu’elle a pu la porter en elle et l’enfanter. Sa maternité découle de cette écoute humble et obéissante. Voilà en quoi réside réellement sa béatitude. Voilà pourquoi « désormais toutes les générations la proclameront bienheureuse » (Lc 1, 48) !

Seigneur, fais-nous la grâce en ce jour d’être renouvelés dans notre écoute de ta Parole. Libère-nous de tout ce qui pourrait faire obstacle en nous à sa réception. Qu’elle puisse s’enfouir au plus profond de la terre de notre humanité où nous la garderons comme le bien le plus précieux dont nous disposions. Alors elle opèrera en nous son œuvre de conversion. Transformés par elle, nous pourrons alors l’annoncer en vérité et l’enfanter dans d’autres cœurs.

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org


 

Meditations RC

Prière d'introduction

Le Seigneur est fidèle, il se souvient de son alliance, de cette alliance qu’il a accomplie avec son peuple, avec chacun d’entre nous. Qu’il est bon, Seigneur, de faire mémoire de ton œuvre, de ta présence au milieu de nous, de ton action ; de ton amour envers ce peuple d’Israël que tu n’as cessé d’enseigner et de conduire ; de ton action et ta présence en chacun de tes apôtres qui, depuis le commencement de ton Église, ont donné la vie pour ton nom, ont discerné en ton nom, ont reçu des coups et traverser des pays pour donner aux hommes la joie de te connaître ! Qu’il est bon, Seigneur, de faire mémoire de ton action d’amour !

Demande

Jésus, me voilà disposé à écouter ta parole. Que ta grâce, mon Seigneur, ouvre mon entendement et ouvre mon esprit à ton action. Même si je ne comprends pas, même si je ne saisis pas ce qui se passe pendant ce temps de prière, donne ta grâce, Seigneur, au serviteur que je suis ; sans elle je ne suis rien et je ne peux rien faire de beau et de grand à tes yeux.

Points de réflexion

1. « Heureux plutôt ceux qui écoute la parole de Dieu... » (Lc 11, 28). La Bible entière est traversée par ce mot « « écoute ». « Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l’unique : tu aimeras (…) ces paroles que je dis resteront dans ton cœur (…) tu les rediras (…) » (Dt 6, 4-5 et Mc 12, 30). Mais sous d’autres formes il est toujours question d’écoute ou de surdité face aux messages et aux invitations des prophètes, de Jésus, des apôtres. Jésus reproche plusieurs fois aux pharisiens de ne pas savoir interpréter ces signes qu’ils voient. Ils voient et entendent et ne comprennent pas (cf. Mt 13, 14). Pourquoi quelques-uns entendent-ils le message et sont touchés, bouleversés dans leur vie et d’autres non ? Viens, Seigneur, et par ta grâce ouvre mon oreille, que je ne sois pas sourd à ta parole ! Tu désires tellement que le feu de ton amour brûle dans les cœurs ! Il n’y a pas de temps pour ma surdité. Viens, Seigneur Jésus, et agis en moi ; qu’aujourd’hui j’écoute ta parole !

2. « … et qui la gardent » (Lc 11, 28). « Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 50). « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21). « Heureux celui qui lit, heureux ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui est écrit en elle, car le temps est proche » (Ap 1, 3). Que nous disent tous ces passages ? Écouter et mettre en pratique semblent aller de pair. Il ne s’agit pas de garder dans son cœur comme le ferait un mélancolique. Je ne crois pas que c’était l’attitude de Marie après avoir perdu et retrouvé au temple Jésus. Si l’Évangile nous dit qu’elle gardait ceci en elle, c’est qu’elle gardait en mémoire ces événements, avec une attitude d’accueil et à la fois avec la conscience de pas avoir tout compris. Comme il peut aussi nous arriver, suite à un événement que nous ne finissons pas de comprendre, et que nous désirons interpréter. Garder avec cette attitude la Parole est le premier pas pour mettre cette Parole en pratique. Nous ne vivons pas des choses que nous oublions. Nous vivons et mettons en pratique ce que notre intelligence saisit.

Dialogue avec le Christ

Marie, enseigne-nous cette attitude si positive que tu as eue pendant toute ta vie. Tu gardais déjà, avant la venue de l’ange, la Parole de Dieu dans ton cœur, tous ces chants à Dieu que sont les psaumes, toute cette histoire de ton peuple, de ta propre famille, empreinte de l’amour de Dieu, de sa patience, de sa bonté, de ses corrections. Avec Jésus à tes côtés tu écoutais et tu voyais sa façon de vivre en enfant de Dieu. Et une fois qu’il est entré dans sa gloire, tu as appris aux disciples cette « écoute » et cette façon de « garder » en toi le trésor de la Parole faite chair. Je suis ton enfant, je me mets aussi à ton école. Merci, Marie.

Résolution

Choisis une parole que tu garderas aujourd’hui dans ton cœur. (Celle-ci pourrait être une résolution pour chaque jour : choisir la Parole du jour, selon la liturgie, que tu garderas en toi, qui nourrira une attitude concrète dans ton cœur et qui sera source d’action).

Sabine Laxague, consacrée de Regnum Christi

 http://www.regnumchristi.fr


 HOMELIE du Père Gilbert Adam

Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule

Cette femme défend Jésus pris à partie de toute part au milieu d’une foule hostile. Elle parle d’une autre femme, Marie, la mère de Jésus, et propose une béatitude supplémentaire. « Heureuse la femme qui t’a porté et allaité ! » Elle souligne ainsi le bonheur de Marie. Ce faisant, elle rend indirectement hommage à Jésus son enfant qui est en face d’elle. Jésus réplique en déplaçant la béatitude : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! » Elle est surprise, saisie d’admiration par la réponse de Jésus. Elle magnifie encore plus la mère qui l’a porté. Marie a porté Jésus dans ses entrailles, elle est bienheureuse disait Élisabeth. Marie a en effet le bonheur d’avoir un enfant comme Jésus ! L’émerveillement de cette femme porte sur qui est profondément enraciné dans la nature humaine. Elle est capable de Dieu et elle le rayonne. Jésus lui ouvre la route d’une démarche toute intérieure, en lien avec la Parole de Dieu. Si nous acceptons de recevoir la Parole de Dieu, si nous la gardons dans notre vie par la foi, elle la transforme et elle la glorifie.

La femme lui dit : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! » Jésus opère un déplacement : Ce n’est pas une seule personne qui est heureuse, mais tous ceux qui écoutent la Parole. C’est un bonheur ouvert, sans limite, pour la multitude. Jésus s’intéresse au bonheur de celui qui est en face de lui. Il lui dit que le vrai bonheur est dans l’écoute de la Parole de Dieu. C’est elle qui permet d’accéder à la vie spirituelle, à la vraie vie. Marie a reçu une grâce dans le choix de Dieu, elle l’a accepté : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, » Jésus situe l’événement dans l’ordre de la grâce. Nous sommes remis devant la réalité de Marie, la transformation que la foi a opéré dans sa vie. Marie a reçu la Parole divine : « Le Verbe s’est fait chair ! » La parole de Dieu conduit à Celui qui la prononce : Jésus. Cette Parole vivante de Dieu nous transporte dans l’amour de Dieu. La foi ne s’acquiert pas par nos efforts, nous nous y préparons pour être accordé au Don de Dieu. Jésus révèle le secret de Marie à toute l’humanité. La vie de la grâce est un don gratuit de Dieu. Il est donné, il est reçu dans la foi, à chaque instant pour transformer notre vie.

Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Jésus opère le déplacement, le bonheur de Dieu se transmet par son Verbe et non par une filiation naturelle. « Observer » la parole de Dieu, c’est observer la Loi, les commandements. L’observance de la Parole c’est s’occupez des autres, les aidez à guérir, à trouver de quoi manger, à s’intégrer dans la société. C’est le bonheur de l’amour donné. Vous serez heureux lorsque vous aurez compris que cet amour est le plus important. L’Évangile nous propose de transformer notre vie pour qu’elle devienne une vie de foi, d’espérance et d’Amour. Baptisés dans le Christ, nous sommes capables d’entrevoir ce que nous avons à faire pour être renouvelés avec la force et la lumière que donne la foi. Marie a accueilli la Parole de Dieu avec un cœur profondément croyant. Dans sa foi elle a accueilli Jésus, la Parole de Dieu faite chair. Cette Parole vivante l’a transformée en profondeur. Jésus lui a donné le Saint Esprit, le nouvel Amour.

Nous demandons la grâce de vivre de la Foi pour entrer dans le secret de l’amour infini de Dieu,.

 Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église. Sermon 31 sur le Cantique des Cantiques (trad. Emery rev.)


« Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1,45)

 

Les hommes de l'ancienne alliance étaient sous le régime des symboles. Pour nous, par la grâce du Christ présent dans la chair, la vérité elle-même s'est mise à resplendir. Et pourtant, par rapport au monde à venir, nous vivons encore d'une certaine manière dans l'ombre de la vérité. L'apôtre Paul écrit : « Partielle est notre connaissance, partielle notre prophétie » (1Co 13,9) et « Non, je n'estime pas avoir déjà saisi » (Ph 3,13). En effet, comment ne pas faire de différence entre celui qui marche par la foi et celui qui se trouve dans la claire vision ? Ainsi « le juste vit de la foi » (Ha 2,4 ;Rm 1,17) — c'est le bienheureux qui exulte dans la vision de la vérité ; maintenant l'homme saint vit encore à l'ombre du Christ... Et elle est bonne, cette ombre de la foi ; elle filtre la lumière aveuglante pour notre regard encore enténébré et prépare notre œil à supporter la lumière. Il est écrit en effet : « Dieu a purifié leurs cœurs par la foi » (Ac 15,9). La foi donc n'a pas pour effet d'éteindre la lumière, mais de la conserver. Tout ce que les anges contemplent à découvert, l'ombre de la foi le garde pour moi ; elle le fait reposer dans son sein pour le révéler au moment voulu. N'est-ce pas une bonne chose qu'elle tienne enveloppé ce que tu ne peux pas encore saisir sans voile ?

D'ailleurs la mère du Seigneur vivait elle aussi dans l'ombre de la foi, puisqu'on lui a dit : « Heureuse es-tu, toi qui as cru » (Lc 1,45). Et du corps du Christ elle a aussi reçu une ombre, selon le message de l'ange : « La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35). Cette ombre n'a donc rien de méprisable puisque c'est la puissance du Très-Haut qui la projette. Oui vraiment, il y avait dans la chair du Christ une force qui couvrait la Vierge de son ombre, afin que l'écran de ce corps vivifiant lui permette de supporter la présence divine, de soutenir l'éclat de la lumière inaccessible, chose impossible à une femme mortelle. Cette puissance a dompté toute force adverse ; la force de cette ombre chasse les démons et protège les hommes. Puissance vraiment vivifiante et ombre vraiment rafraîchissante ! Et nous, c'est bien dans l'ombre du Christ que nous vivons, puisque nous marchons par la foi et que nous recevons la vie en étant nourris de sa chair.

http://levangileauquotidien.org


 

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 01 Oct 2016. Nous fêtons Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

Samedi 01 octobre 2016

Le samedi de la 26e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, carm. et docteur de l'Église



Livre de Job 42,1-3.5-6.12-17.

    Job s’adressa au Seigneur et dit :
    « Je sais que tu peux tout
et que nul projet pour toi n’est impossible.
    Quel est celui qui déforme tes plans
sans rien y connaître ?
De fait, j’ai parlé, sans les comprendre,
de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien.
    C’est par ouï-dire que je te connaissais,
mais maintenant mes yeux t’ont vu.
    C’est pourquoi je me rétracte et me repens
sur la poussière et sur la cendre. »


    Le Seigneur bénit la nouvelle situation de Job
plus encore que l’ancienne.
Job posséda quatorze mille moutons et six mille chameaux,
mille paires de bœufs et mille ânesses.
    Il eut encore sept fils et trois filles.
    Il nomma la première Colombe,
la deuxième Fleur-de-Laurier,
et la troisième Ombre-du-regard.
    On ne trouvait pas dans tout le pays de femmes aussi belles
que les filles de Job.
Leur père leur donna une part d’héritage avec leurs frères.
    Après cela, Job vécut encore cent quarante ans,
et il vit ses fils et les fils de ses fils :
quatre générations.
    Et Job mourut âgé, rassasié de jours.


Psaume 119(118),66.71.75.91.125.130.


Apprends-moi à bien saisir, à bien juger :
je me fie à tes volontés.
C’est pour mon bien que j’ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.

 Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ;
tu es fidèle quand tu m’éprouves.
Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.

 Je suis ton serviteur, éclaire-moi :
je connaîtrai tes exigences.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,17-24.

En ce temps-là,
    les 72 disciples que Jésus avait envoyés
revinrent tout joyeux, en disant :
« Seigneur, même les démons
nous sont soumis en ton nom. »
    Jésus leur dit :
« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
    Voici que je vous ai donné le pouvoir
d’écraser serpents et scorpions,
et sur toute la puissance de l’Ennemi :
absolument rien ne pourra vous nuire.
    Toutefois, ne vous réjouissez pas
parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous
parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »


    À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint,
et il dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
    Tout m’a été remis par mon Père.
Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ;
et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils
et celui à qui le Fils veut le révéler. »


    Puis il se tourna vers ses disciples
et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
    Car, je vous le déclare :
beaucoup de prophètes et de rois
ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 

Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

«A ce moment, Jésus exulta de joie sous l'action de l'Esprit Saint, et il dit: ‘Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange’»

Aujourd'hui, l'évangéliste Luc nous raconte l'événement qui provoque la reconnaissance de Jésus envers son Père pour les bienfaits qu'Il a octroyé à l'humanité. Il rend grâce pour la révélation concédée aux humbles de cœur, aux petits du Royaume. Jésus montre sa joie en voyant que ceux-ci admettent, comprennent et pratiquent ce que Dieu fait connaître par son intermédiaire. En d'autres occasions, dans son dialogue intime avec le Père, Il lui rendra aussi grâce parce qu'Il l'écoute toujours. Il loue le samaritain lépreux qui, après la guérison de sa maladie –en même temps que neuf autres personnes–, lui seul revient trouver Jésus pour le remercier du bienfait reçu.

Saint Augustin écrit: «Qu'y-a-t-il de mieux à porter dans le cœur, à prononcer avec la bouche, à écrire avec la plume, que ces mots: ‘grâce à Dieu’? Rien de plus bref à dire, rien de plus joyeux à entendre, de plus élevé à ressentir, de plus utile à pratiquer». C'est ainsi que nous devons toujours agir envers Dieu et envers le prochain, même pour les dons que nous ignorons, comme l'écrivait saint Josémaria Escriva. Gratitude envers nos parents, nos amis, nos maîtres, nos camarades. Envers tous ceux qui nous aident, qui nous stimulent, qui nous servent. Gratitude aussi, comme il se doit, envers notre Mère l'Église.

La gratitude n'est pas une vertu très “en usage” ou habituelle; mais c'est l'une de celles qui procurent le plus de plaisir. Nous devons reconnaître que, parfois, elle n'est pas non plus facile de la vivre. Sainte Thérèse affirmait: «Je suis si reconnaissante de tempérament qu'on m'achèterait avec une sardine». Les saints ont toujours agit ainsi. Et ils l'ont fait des trois façons indiquées par saint Thomas d'Aquin: d'abord, par la reconnaissance intérieure des bienfaits reçus; ensuite, en louant Dieu par des paroles; enfin, en cherchant à récompenser le bienfaiteur par des œuvres, selon les possibilités de chacun.

+ Abbé Josep VALL i Mundó (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 

Homélie du Père Philippe

L’évangile s’ouvre sur le retour des disciples : ils sont tout joyeux. Il se poursuit par la joie de Jésus : c’est une exultation. Il se termine par une béatitude : « heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ». Nous avons donc à méditer un évangile qui veut nous faire entrer dans la joie.

La première joie évoquée est celle des disciples rentrant de mission. Il s’agit d’une joie légitime. Ils ont fait une expérience unique, une première initiation à l’annonce de la Bonne Nouvelle, qui a été un succès. Mais il s’agit d’une joie un peu trop humaine, liée à l’aspect spectaculaire de leur mission, elle doit être élevée. Jésus invite ses disciples à une joie plus vraie parce que plus profonde. Les guérisons et les délivrances qu’ils ont opérées importent moins que la grâce qui les a rendues possibles : leurs noms sont écrits dans les cieux.  Cette vérité est si grande et si belle que, en la dévoilant, Jésus en est saisi. Sa louange est simple et pure, elle est un sommet de révélation. Jésus loue son Père d’avoir écrit son projet d’amour dans un langage accessible aux petits. Il est en effet un savoir qui surpasse tous les autres : la connaissance existentielle du lien personnel et unique qui nous relie à Dieu. Aucune joie n’est plus profonde.

Par son chant de louange, le Fils veut nous révéler le visage du Père et nous donnant à contempler de l’intérieur la vie filiale qui nous est offerte. Une vie d’abandon et de joie. Une vie où tout est reçu de Dieu et où tous viennent à lui dans l’action de grâce. Jésus nous propose l’absolu et l’essentiel. Il l’offre. Non comme une aumône ou un cadeau, mais comme la plénitude d’être transformant un néant.  Lui, le Fils, connaît cet abîme de bonheur. Lui connaît le bonheur de tout donner et de tout recevoir de Dieu le Père. Ceux qui n’ont rien, ceux à qui l’on a tout pris ou qui ont eu la sagesse de ne s’encombrer de rien, sont disposés à entrer pleinement dans cette relation unique. Jésus exulte de joie car, à sa suite, ils vont entrer dans la joie et montrer aux autres le chemin. Alors, vraiment, « heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! ».

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


Meditations RC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, je suis tout petit devant toi. Pourtant je sais que tu es là près de moi, que tu m’écoutes et que tu veux me parler. Viens en mon cœur, Seigneur.

 

Demande

 

Avoir un cœur humble.

 

Points de réflexion

 

1. Dans ce passage nous retrouvons les disciples, que Jésus avait envoyés en mission dans les villes et villages, qui reviennent, après avoir annoncé la venue de Jésus, fait des guérisons et chassé des démons. Et ils reviennent dans la joie, contents d’avoir pu accomplir toutes ces merveilleuses choses. Jésus leur rappelle alors que c’est en son nom et grâce à son pouvoir qu’ils ont pu faire tout cela. Et s’ils n’avaient rien à craindre ce n’était pas à cause de leur propre talent, mais bien parce qu’ils venaient au nom de Jésus, et que c’est lui qui les protégeait.

 

2. Mais Jésus continue en leur disant de ne pas se réjouir à cause de tout cela, mais à cause du fait que leur nom est inscrit dans les cieux. Et à ce moment Jésus lui-même se met à exulter de joie et à proclamer que ce qui était caché aux sages et aux savants, le Père a bien voulu le révéler aux tout-petits. Quel est donc cette chose que les savants ne peuvent pas découvrir mais que les simples peuvent connaître ? Il dit alors que personne ne peut connaître Dieu, sinon celui à qui cela est révélé. Voilà la connaissance à laquelle seuls les petits et les humbles peuvent accéder : la connaissance de Dieu. Dieu est infini, infiniment supérieur à nous. Toute la science du monde ne peut pas nous permettre de le connaître. Nous ne pouvons le connaître seulement s’il se révèle à nous. Et Dieu se révèle aux petits et aux humbles, parce qu’ils ont un cœur capable d’accueillir cette révélation. L’humilité n’est pas une question d’intelligence, de pouvoir ou d’argent. Tout le monde peut être humble, quelle que soit sa condition. L’humilité, c’est avant tout savoir ouvrir son cœur à la présence de Dieu, savoir reconnaître son créateur.

 

3. Pour un chrétien, la vie est donc au bout du compte assez simple. Le bonheur ne dépend pas de ce que nous pouvons ou de ce que nous savons faire, du nombre de malades que nous pouvons guérir ou de démons que nous pouvons chasser. Notre joie vient de Jésus, notre Sauveur. C’est une joie toute simple, mais la plus grande joie qu’il peut y avoir. La joie de se savoir aimer, de savoir que Dieu nous aime d’un amour infini et qu’il n’attend qu’une seule chose : que nous lui ouvrions notre cœur pour qu’il puisse y entrer, sécher toute larme de nos yeux, et nous conduire avec lui au Royaume des Cieux.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, merci de me donner tout ce dont j’ai besoin. Tu te donnes à moi et je n’ai rien besoin de plus. C’est toi qui es tout mon bien. L’amour m’unit à toi, ton amour remplit mon cœur. C’est près de toi que je suis heureux. Reste près de moi, Seigneur.

 

Résolution

 

Demander chaque jour à Jésus la grâce d’avoir un cœur humble.

 

Père Jean-Marie Fornerod, LC

 

 

 

http://www.regnumchristi.fr

 


 

 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

 

"A ce moment même, les disciples vinrent demander à Jésus : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ?"

Jésus, d’une manière très frappante, enseigne ses disciples sur celui qui est le plus grand. Si vous voulez être le plus grand dans le royaume céleste, vous devez chercher à être le dernier. Quiconque se rendra humble comme cet enfant, sera le plus grand dans le royaume des cieux ! C’est révolutionnaire. Les normes qui ont cours dans le royaume des cieux sont opposées à celles du monde. Toute notre façon de penser doit donc s’inverser ! Pour s’élever, il faut s’abaisser. Cela exige une réorientation complète de notre vie. L’humilité est indispensable pour atteindre la grandeur dans le royaume des cieux. L’humilité, c’est l’esprit qui cherche à s’abaisser plutôt qu’à s’élever ! Thérèse est docteur de l’Eglise, nous voulons nous mettre à l’école de « la plus petite » qui est si « grande. » Thérèse a merveilleusement commenté l’Evangile de ce jour, elle a révélé cette Parole, elle en a fait son Nom : Thérèse « de l’enfant » Jésus. Dans sa courte vie, mue par l’Esprit Saint, elle a manifesté l’abandon de l’enfant. Devenir enfant de Dieu est un long travail de l’Esprit saint qui ne va pas de soi. Thérèse a compris que dans la toute petitesse, et dans l’immense pauvreté qu’elle ressentait en elle, il lui faudrait l’aide l’Esprit Saint.

"Jésus appela un enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : Amen, je vous le dis, si vous ne faites pas demi–tour pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux." Poussés par l’orgueil, les disciples interrogent Jésus sur les places de choix dans son Royaume. Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux, demandèrent-ils. Cette question surgit peu de temps après l’annonce, par Jésus, de sa mort prochaine. Il leur avait révélé qu’il subirait toutes sortes de mauvais traitements qui l’entraîneront jusqu’à la mort et qu’il ressuscite le troisième jour. Dieu a une perspective bien différente de celle des hommes sur la notion de grandeur. Jésus utilise l’exemple d’un enfant pour dire qui est le Chrétien authentique. Jésus met cet enfant « debout au milieu d’eux. » Jésus est un grand pédagogue qui prend un petit enfant et le met debout en face de lui : « être debout », devant le rabbi, c’est être talmîd, c’est être « appreneur, » il est clair que le message de Jésus est bien celui-ci : « le plus savant dans le Royaume des Cieux est celui qui redevient comme un petit enfant. » Devenir un petit enfant est un travail de confiance et d’abandon de toute une vie. Il nous faut en effet nous adapter au don de Dieu qui correspond au Don que Dieu nous fait dans toute notre existence, dans les joies comme dans toutes les épreuves de la vie. Thérèse a dit d’elle même : « Je suis un bébé qui a un visage de vieillard. »

"C’est pourquoi quiconque se rendra humble comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux." Jésus est humble, il consent à s’abaisser. Le Fils de Dieu, par qui toute chose a été créée, est libre à l’égard du monde entier. Jésus ne possède rien, son abnégation à l’égard de toute chose est totale. Il renonce à son droit divin pour accomplir le désir de nous sauver. Il nous montre en quoi consiste la vraie grandeur pour entrer dans le Royaume des cieux. Jésus déclare que l’humilité est indispensable pour entrer dans le Royaume en accomplissant la volonté de notre Père qui est dans les cieux. Il nous faut « faire demi-tour, » c’est une inversion totale d’attitude, prendre un chemin resserré en devenant un enfant. C’est accepter d’être au bas de la position sociale, comme un modèle à imiter, qui ne cherche pas les faveurs. Les enfants ne connaissent pas la malice, ils sont inexpérimentés dans l’exercice du mal. Un enfant a besoin que Dieu intervienne dans sa vie, pour la transformer entièrement. Jésus nous propose de « répéter » dans notre vie, sa vie de Fils du Père. C’est une qualité du petit enfant d’être essentiellement dans la répétition de ce qu’il apprend. Le « petit père chéri » de Thérèse est devenu, dans sa maladie, l’icône du visage de Jésus crucifié ! Thérèse, trop petite pour porter cette épreuve, s’est plongée dans la Passion de Jésus. Elle s’est laissé guider par l’Esprit Saint, elle en a modifié son Nom : elle s’est appelée « Thérèse de l’Enfant Jésus et de la sainte Face. »

 

Nous demandons à Thérèse la grâce de conversion à la toute petitesse et à la pauvreté de Jésus pour toute notre vie.

 

 

Père Gilbert Adam

 

 

http://www.pere-gilbert-adam.org

 

 

 


 

 

 

Commentaire de L'Evangile au Quotidien

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église 65e Homélie sur Luc (trad. Orval rev.)

La révélation du mystère caché dès avant la création du monde

Considérons les paroles que Jésus a adressées pour nous à son Père en parlant de nous : « Tu as caché toutes ces choses aux sages et aux savants, et tu les as révélées aux tout-petits. Oui, Père, tel a été ton bon plaisir ». En effet, Dieu le Père nous a révélé le mystère caché dès avant la création du monde dans le silence de Dieu, le mystère du Fils unique fait homme, le mystère connu d'avance avant la création du monde et révélé aux hommes dans les derniers temps (Rm 16,25; Col 1,26). Saint Paul écrit en effet : « Moi, qui suis le dernier de tous les fidèles, j'ai reçu la grâce d'annoncer aux nations païennes la richesse insondable du Christ, et de mettre en lumière le contenu du mystère tenu caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses » (Ep 3,8-9).

Ce grand mystère de notre Sauveur, ce mystère digne d'être adoré, était donc caché dans la connaissance du Père, dès avant la création du monde. Nous aussi, nous sommes connus d'avance et prédestinés à être adoptés comme fils. Saint Paul encore nous l'enseigne quand il écrit : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis au ciel de toute bénédiction spirituelle dans le Christ. Il nous a choisis en lui avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans tache devant lui ; dans son amour il nous a destinés par avance à l'adoption filiale, en lui, par Jésus Christ » (Ep 1,3-5). Le Père nous a donc révélé, à nous les petits, le mystère tu et caché de tous temps... « À vous, dit Jésus, il est donné de connaître le mystère du Royaume des cieux » (Lc 8,10), à vous qui avez cru, qui avez connu la révélation du Christ, qui entendez la Loi en son sens spirituel, qui êtes aptes à comprendre les prophéties, qui confessez que le Christ est Dieu et Fils de Dieu, à vous à qui le Père a trouvé bon de révéler son Fils. 

http://levangileauquotidien.org


 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 27 septe 2016.Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.

 


Mardi 27 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 26e semaine

Saint(s) du jour : St Vincent de Paul, prêtre et fond. (1581-1660) - mém. -, Bx Lorenzo (Laurent) de Ripafratta (I), prêtre o.p. († 1456)



Livre de Job 3,1-3.11-17.20-23.

 

Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.

    Il prit la parole et dit :
    « Périssent le jour qui m’a vu naître
et la nuit qui a déclaré : “Un homme vient d’être conçu !”
    Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère,
n’ai-je pas expiré au sortir de son ventre ?
    Pourquoi s’est-il trouvé deux genoux pour me recevoir,
deux seins pour m’allaiter ?
    Maintenant je serais étendu, au calme,
je dormirais d’un sommeil reposant,
    avec les rois et les conseillers de la terre
qui se bâtissent des mausolées,
    ou avec les princes qui ont de l’or
et remplissent d’argent leurs demeures.
    Ou bien, comme l’avorton que l’on dissimule,
je n’aurais pas connu l’existence,
comme les petits qui n’ont pas vu le jour.
    Là, au séjour des morts,
prend fin l’agitation des méchants,
là reposent ceux qui sont exténués.
    Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux,
la vie à ceux qui sont pleins d’amertume,
    qui aspirent à la mort sans qu’elle vienne,
qui la recherchent plus avidement qu’un trésor ?
    Ils se réjouiraient, ils seraient dans l’allégresse,
ils exulteraient s’ils trouvaient le tombeau.
    Pourquoi Dieu donne-t-il la vie
à un homme dont la route est sans issue,
et qu’il enferme de toutes parts ? »


 

Psaume 88(87),2-3.4-5.6.7-8.


Seigneur, mon Dieu et mon salut,
dans cette nuit où je crie en ta présence,
que ma prière parvienne jusqu’à toi,
ouvre l’oreille à ma plainte.

Car mon âme est rassasiée de malheur,
ma vie est au bord de l’abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse,
je suis comme un homme fini.

Ma place est parmi les morts,
avec ceux que l’on a tués, enterrés,
ceux dont tu n’as plus souvenir,
qui sont exclus, et loin de ta main.

Tu m’as mis au plus profond de la fosse,
en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m’écrase,
tu déverses tes flots contre moi.


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,51-56.

 

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
Jésus, le visage déterminé,
prit la route de Jérusalem.
    Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
    Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
    Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
    Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
    Puis ils partirent pour un autre village.

            – Acclamons la Parole de Dieu.


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

«Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda»

Aujourd'hui, nous contemplons comment «Jacques et Jean, voyant cela, dirent: ‘Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume?’. Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda» (Lc 9,54-55). Le Seigneur corrige les défauts des apôtres.

L'histoire d'un porteur d'eau indien raconte qu'il avait deux grandes jarres, suspendues aux extrémités d'un bâton qu'il portait sur ses épaules: l'une était parfaite, alors que l'autre jarre avait un éclat et perdait de l'eau. Celle-ci voyait l'autre si parfaite et avait honte, alors un jour elle dit au porteur d'eau qu'elle était triste car à cause des fissures elle ne portait que la moitié d'eau qu'il pouvait porter et vendre. Alors le porteur lui dit: «En rentrant à la maison regarde les fleurs qui poussent au bord du chemin. Et la jarre vit des fleurs magnifiques, mais à nouveau elle se rendit compte qu'elle perdait de l'eau, elle se mit à dire «Je ne sers à rien. Je fais tout de travers». Le porteur lui répondit: «T'es-tu rendu compte qu'il n'y a de belles fleurs que de ton côté? Je connaissais déjà tes fissures et j'ai voulu en tirer parti et j'ai planté des semences de fleurs de ton côté du chemin et tu les arroses tout au long du chemin et j'ai pu cueillir ces fleurs pour l'autel de la Sainte Vierge. Sans toi, telle que tu es, je n'aurais pas pu faire une telle beauté».

D'une façon ou d'une autre, nous sommes tous des jarres fissurées, mais Dieu connaît ses enfants et nous donne la possibilité de tirer parti de nos fissures-défauts pour faire quelque chose de bien. Ainsi l'apôtre Jean —qui aujourd'hui a envie de tout détruire— se convertit, après la réprimande du Seigneur, en l'apôtre de l'amour. Il n'a pas été découragé par les corrections, mais il a tiré parti de son caractère fougueux —sa passion— pour le mettre au service de l'amour. Nous aussi, nous devons tirer profit des corrections, des contrariétés —de la souffrance, de l'échec, des limitations— pour tout commencer et recommencer comme Saint Joseph-Marie définissait la sainteté: être docile au Saint Esprit afin de se convertir à Dieu et devenir ses instruments.

Abbé Llucià POU i Sabater (Granada, Espagne)

 

http://evangeli.net/evangile

 


 

Homélie du Père Philippe

Rejeté par les samaritains, Jésus devra l’être également par ses coreligionnaires pour entrer dans sa gloire. Il faut qu’il soit d’abord « élevé de terre » (Jn 12, 32) et rassemble autour de l’étendard de la Croix « les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52), avant de pouvoir faire descendre sur ses disciples « une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur eux. Alors ils seront ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).

 

C’est donc pour féconder la future mission de ses Apôtres que Notre-Seigneur va affronter sa Passion. L’entourage du Seigneur est loin de communier à ses dispositions intérieures. Enfermés dans leur conception humaine d’un Messie glorieux à qui rien ne résiste, et se souvenant qu’Elie avait fait tomber le feu du ciel sur les soldats envoyés par le roi Akhazias (2 R 1, 10-14), les disciples envisagent de venger l’affront fait à leur Maître. Sûrs d’être investis de sa puissance, ils lui proposent de détruire le village samaritain qui a refusé l’hospitalité au Messie de Dieu. Une fois de plus, leur réaction manifeste combien il leur était difficile - comme pour nous d’ailleurs - d’accueillir la Parole de Jésus dans une « bonne terre » (Lc 8, 8), c’est-à-dire dans un cœur désencombré de ses a priori et disposé à se laisser instruire.

 

Pourtant, tout au long de ses enseignements, Notre-Seigneur n’a cessé d’insister sur le caractère bienveillant de sa mission. Depuis son discours-programme à Nazareth où il se présente comme « envoyé [de la part de Dieu] pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4, 8), jusque sur la croix où il intercède pour ses bourreaux – « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 3-4) - Jésus nous révèle la tendresse miséricordieuse du Père : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Mais il faudra que les disciples soient confrontés au drame de la Croix pour que « les écailles tombent de leurs yeux » (cf. Ac 9, 18) ; puis qu’ils soient bouleversés par la Résurrection pour se convertir à l’inouï de Dieu dans la lumière de l’Esprit : « “Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?” Et, en partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Ecriture, ce qui le concernait » (Lc 24, 25-27).

 

 

 

Seigneur, dans ce monde qui te rejette, qu’il est difficile de garder cette attitude de compassion et de bienveillance que tu as toujours manifestée à l’égard de tes détracteurs. Ne permets pas que nous en rajoutions à ta souffrance en étant cause de conflits, de divisions, voire de violence. “Reprends-nous vivement” lorsque nous prétendons défendre le Royaume de l’amour au moyen des armes de ce monde, et apprends-nous à invoquer sur ceux qui refusent de t’accueillir, le seul Feu que tu consens à répandre sur terre : celui de ton Esprit de charité et de paix.

 

 

 

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org

 

 


 

 

 

 Meditations RC

Prière d'introduction

Seigneur, je viens à toi en ce début de journée pour te confier tout ce que je suis. Je te donne mon cœur afin que tu puisses le modeler comme tu le veux. Prends-le afin qu’il devienne comme le tien, que se soit un cœur capable d’aimer ton Père et tous les hommes comme toi tu les aimes.

Demande

Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien.

Points de réflexion

1. Refus de Jésus. Ce passage de l’Évangile se situe au moment où Jésus conscient de sa mission décide de monter à Jérusalem pour y souffrir sa Passion. En chemin il doit traverser un village de samaritains et envoie ses disciples préparer sa venue, mais il se voit refuser l’entrée de la ville. Ces premières lignes nous montrent un aspect très important : on ne peut rester indifférent à la venue du Christ. Soit on l’accueille, soit on le refuse. Déjà dès sa naissance certaines personnes comme Hérode refusèrent de l’accueillir. Saint Jean dans son prologue dira à ce propos : « Il est venu chez lui et les siens ne l’on pas accueilli » (Jn 1, 11). Il en va de même pour nous, opter pour le Christ est une décision que l’on doit renouveler tous les jours. En effet Jésus vient chaque jour à la porte de notre cœur pour y entrer. Cela dépend de nous de le recevoir et de faire en sorte qu’il y reste.

2. Manque de miséricorde. Devant ce refus d’accueillir Jésus, Jacques et Jean demandent au Seigneur s’ils peuvent envoyer la foudre et le feu pour détruire ce village. Il est vrai que l’on peut comprendre la réaction des apôtres et leur zèle pour le Christ. Cependant ils ont oublié une partie essentielle du message du Christ : la miséricorde. Oui, il faut suivre les commandements du Seigneur mais à quoi bon si c’est pour juger ensuite ton prochain ? Ne faut-il pas d’abord enlever la poutre qui se trouve dans notre œil avant d’enlever la paille qui se trouve dans l’œil de notre voisin ? Au lien de juger dans son cœur celui qui ne croit pas ou refuse de croire, ne devrais-je pas plutôt avoir compassion et prier encore plus pour lui ?

3. Apprendre de Jésus. De fait, Jésus réprimande ses apôtres. Il veut leur faire comprendre que ce n’est pas la bonne façon d’agir. Dans un autre passage il dira aussi : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 13). Il leur dira aussi : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Ces paroles du Christ devraient résonner dans notre cœur et de manière encore plus spéciale en cette année de la miséricorde.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu as passé ta vie sur la terre à faire le bien et tu es toujours allé chercher la brebis égarée. Aujourd’hui encore tu te préoccupes de tous les hommes et tu veux que tout le monde connaisse et expérimente ton amour car ta miséricorde est infinie. Aide-moi à voir comme tu vois, aide-moi à aimer comme tu aimes. Donne-moi un cœur de chair à la place d’un cœur de pierre afin que je puisse t’annoncer aux hommes et les aider à revenir vers toi.

Résolution

Prendre un moment de prière aujourd’hui afin de prier pour ceux qui ne croient pas et pour ceux qui persécutent l’Église.

Frère Jean-Baptiste Ribes, LC

http://www.regnumchristi.fr


 

 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

 

 

 

"Jésus envoya des messagers devant lui ; Ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue."

Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. » Jésus est pleinement conscient que son « Heure » est venue. Loin de fuir, il fait face courageusement. Il se rend à Jérusalem où il doit offrir sa vie pour le salut du monde. Il semble pressé d’atteindre le terme du voyage. Mais son entourage est loin de communier à son courage. Chacun est enfermé dans sa conception d’un Messie glorieux. Nous fêtons Saint Vincent de Paul qui fuyait la pauvreté de sa famille. Il prenait la route de Paris pour y recevoir des « bénéfices. » Jésus le rejoindra, il l’invitera à partager le sort des pauvres, des rejetés de son peuple. Jésus, l’envoyé du Père, parle à son cœur et l’envoie pour sauver l’humanité dans sa détresse. Jésus rejoint Jérusalem pour délivrer les malheureux. Il descendra dans l’agonie et dans la mort pour les rejoindre. Comme un maudit, il visitera nos enfers. Il sera le Libérateur de l’humanité trompée par le menteur. Il sera vaincu par cette descente de Jésus dans la mort ! Jésus n’a cessé d’insister sur le caractère bienveillant de sa mission, sur la révélation de la tendresse miséricordieuse du Père.

"Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? ». Il est difficile de garder une attitude de compassion et de bienveillance à l’égard des détracteurs de la Mission de Jésus. Le seul Feu auquel Jésus consent est de répandre sur la terre le feu de son Esprit Saint. Le Royaume de l’amour ne se conquiert pas au moyen des armes de ce monde. Jacques et Jean se souviendront de l’attitude de Jésus qui met la puissance de son amour au service de la miséricorde. Il nous faut invoquer l’Esprit de charité et de paix, le seul Feu à répandre sur terre, celui de la charité. Saint Vincent de Paul a compris l’amour du cœur de Dieu, il a manifesté à l’humanité dans le besoin, l’Amour du Père bien aimé. C’est dans cette étreinte d’Amour que Jésus manifeste le visage du Père tendre et miséricordieux. Mû par l’Esprit Saint, il va au secours de ses frères dans la détresse. Nous savons combien de femmes, d’hommes et d’enfants sont dans une grande détresse aujourd’hui encore. Nous pouvons leur parler de l’amour de Dieu en prenant leur détresse à bras le corps.

"Jésus se retourna et les interpella vivement." Et ils partirent pour un autre village. Jésus décide de partir pour un autre bourg, cette sagesse désarçonne l’hostilité. Sereinement Jésus contourne l’obstacle. Il met la puissance de son amour au service de la miséricorde, alors qu’il s’en va mourir à Jérusalem. L’hostilité nous désarçonne si souvent, Jésus nous apprend la sagesse ! Il nous situe dans le chemin de la Pâques, celui de la miséricorde de Dieu. Dans la difficulté, nous nous hâtons vers Jésus, tourné résolument vers Jérusa­lem. Cette attitude nous conduit vers la compassion et la bienveillance. C’est là que le salut va s’accomplir. Jésus sait ce qui l’attend à Jérusalem, ce voyage le mène à sa Passion et à sa mort. Cet enlèvement de Jésus, est le chemin de notre libération. Nous voulons nous aussi nous hâter avec Jésus, résolument, vers Jérusa­lem ou le salut va s’accomplir. Sauver le monde, c’est révéler le visage du Père qui est meurtri quand ses enfants sont dans la détresse. Il veut leur donner son amour.

 

Nous demandons la grâce de vivre de la parole vivante de Dieu d’être en communion avec Jésus et rejoindre tous les pauvres.

 

 

Père Gilbert Adam

 

http://www.pere-gilbert-adam.org

 


 

 

Commentaire de L'Evangile au Quotidien

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église. Sermons divers, n° 1 (trad. Emery rev)

« Il prit avec courage la route de Jérusalem »

Frères, il est bien certain que déjà vous vous êtes mis à marcher vers la cité où vous habiterez ; ce n'est pas dans les fourrés que vous avancez, mais sur la route. Mais je crains que cette vie vous donne l'illusion d'être longue et qu'ainsi elle vous apporte, non une consolation, mais bien plutôt de la tristesse. Oui, je crains que certains, à la pensée qu'il leur reste une longue route à parcourir, se sentent gagnés par un découragement spirituel, qu'ils perdent l'espoir de pouvoir supporter tant de peines et si longtemps. Comme si les consolations de Dieu ne remplissaient pas de joie l'âme des élus bien plus largement que la multitude des peines contenues dans leur cœur.

      Actuellement, il est vrai, ces consolations ne leur sont encore données qu'à la mesure de leurs peines ; mais, une fois atteint le bonheur, ce ne sera plus des consolations mais des délices sans fin que nous trouverons à la droite de Dieu (Ps 15,11). Désirons cette droite, frères, elle qui nous embrasse dans notre être tout entier. Souhaitons ardemment ce bonheur pour que le temps présent nous semble bref (ce qu'il est en réalité) en comparaison de la grandeur de l'amour de Dieu. « Les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer avec la gloire qui va bientôt se révéler en nous » (Rm 8,18). Heureuse promesse, qu'il nous faut étreindre de tous nos vœux ! http://levangileauquotidien.org

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Dim 18 sept 2016.

 


Dimanche 18 septembre 2016

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Richarde, impératrice et fond. d’Andlau († v. 895), St Giuseppe de Copertino, prêtre o.f.m. conv.


Livre d'Amos 8,4-7.

Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

Psaume 113(112),1-2.5-6.7-8.

Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard
vers le ciel et vers la terre.

De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8.

Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage, pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité. Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélie du Père Philippe

 

Être accueillis ! Voilà la valeur qui, dans cet évangile, oriente tout. La visée ultime qui, en quelque sorte, excuse tout.
En effet, malgré sa malhonnêteté, sa roublardise et même son gaspillage, l'intendant de la parabole est loué. Pourquoi cela ? Pour son habileté à se faire des amis.
Des amis, aidés aujourd'hui, fût-ce avec l'argent malhonnête, mais qui, demain, témoigneront en sa faveur
dans les demeures éternelles (Lc 16,9). La leçon qui en ressort pour les disciples, et donc pour nous,
c'est qu'il nous faut, a fortiori et à notre tour,
tout mettre en œuvre pour être bien accueillis
dans ce Royaume des cieux où nous serons jugés sur l'amour.

 

 

 

Nous sommes donc tous appeler à nous montrer habile. À agir avec intelligence, finesse et prudence.
 « Montrez-vous malins comme des serpents
et candides comme des colombes », dit Jésus même à ses disciples (Mt 10,16).
Malins ? mais sans malice ! Dans la candeur, mais sans niaiserie et dans l’intelligence de l’Esprit. Nous sommes invités à être, comme en témoignait le Pape François dans une interview, des « pécheur(s) rusé(s), un peu ingénu ».  En nous invitant à la simplicité, la confiance, la modestie,
la foi chrétienne ne nous pousse
ni à l’inconséquence irresponsable ni à la maladresse.
Puisque, nous dit Jésus, nous sommes les fils de la lumière, il nous faut agir comme lui, en vivant à cette lumière.


 

 

Puisque nous sommes avant tout les héritiers d’un autre monde,
mettons tout notre zèle, notre intelligence, notre énergie
à mériter d’entrer un jour dans le partage de cette vie éternelle. Sachons, bien sûr, gérer, économiser, prévoir l’avenir, bien faire vivre notre foyer, notre communauté, notre Église ;
assumer notre profession, gérer notre budget, mais sans jamais perdre de vue l’essentiel
et le vrai terme d’une existence où tout passe (1 Co 7,31).


 

 

« Amassez-vous des trésors dans le ciel », proclame le Seigneur. Le but ultime du vœu de pauvreté, c’est la richesse en effet.
Mais la vraie : celle qui ne rouille pas (Mt 6,20).
Voilà l’habileté suprême des fils de la lumière !  Frères et sœurs, choisissez Dieu, résolument, et mettez au service du Royaume l'habileté que vous mettriez à faire de l'argent. Les fils de la lumière savent que l'Argent n'est qu'une toute petite affaire, c'est le Royaume qui est la grande affaire. Ils ne « servent » pas l'Argent comme on sert une divinité, ils le mettent au service du Royaume. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît ! (Mt 6,33).

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 

 

 

Prière d'introduction

Au Seigneur le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments. Sur cette montagne sainte, ô Dieu puissant, je veux te louer, te bénir et te glorifier, par une vie sainte et pure, par ta seule grâce qui rayonne abondamment sous le soleil de ta bonté, de ta vérité que tu me montres dans ces lieux retirés.

Demande

Père de bonté, donne-moi d’être « homme au cœur pur et aux mains innocentes ». Mes mains sont attachées aux biens de ce monde et je me laisse tenter. Délivre-moi des liens du mal afin que je puisse sanctifier ton nom, pour la venue de ton Règne, et accueillir ta volonté qui se fait sur la terre comme au ciel. Donne-moi d’accomplir mon devoir avec ferveur et avec joie.

Points de réflexion

1. La parabole de Jésus décrit exactement l’histoire de l’alliance de Dieu avec les hommes. Depuis le début de la création, Dieu nous avait confié le monde pour le gérer et achever son œuvre. Dieu s’y complaisait et nous faisait prendre part à sa béatitude, du moment que nous restions attachés à lui. Le péché nous a conduits à nous détourner de Dieu et à détourner les biens confiés de leur Propriétaire. Nous nous sommes attachés à des créatures. En les accaparant, c’est elles qui ont fini par nous posséder. Alors, en nous retirant la gérance, le Maître nous délivre de l’asservissement. Ainsi, toute épreuve de vie est une chance qui nous libère des créatures passagères et nous unit à l’impérissable richesse de Dieu.

2. L’histoire de la gérance abusive va plus loin : il y a eu rupture d’alliance dans ce qu’il y a de plus précieux, la confiance. Non seulement l’homme a perdu la confiance de Dieu, mais il a cessé de faire confiance en Dieu et s’est mis à sa place, s’autoproclamant maître. Avide de profit, ledit gérant engendre sa perte. Cependant, sous le regard de l’Éternel, le blanchiment des chiffres ne soustrait pas les biens à la primatie du Créateur. Qu’avons-nous en propre que nous n’ayons pas reçu, demande saint Paul (1 Corinthiens 4, 7). Lorsque nous quitterons la gérance, par la maladie ou par la mort, nous remettrons tous les biens temporels. Autant alors en faire tout le bien possible à nos débiteurs, car ce qui subsiste éternellement ne sera ni un bien matériel, ni une propriété intellectuelle, mais tout acte de charité accompli dans la vérité.

3. En manipulant les billets de dette, le gérant renonce au pourcentage qu’il pouvait percevoir des débiteurs et se détache du gain en vue d’un avenir digne. Bien que l’argent tende souvent le piège d’une gestion malhonnête, il peut devenir facteur de rachat. C’est pour cela que Jésus fait l’éloge des « fils de ce monde ».
Jésus cependant nous montre encore un exemple radicalement différent : lui qui est Dieu, il s’est humilié devenant obéissant jusqu’à la mort sur la croix. Jésus a tout perdu en ce monde, pour nous racheter sans argent et nous préparer des demeures éternelles. Ai-je le réflexe de me faire des amis en vue du salut éternel – à commencer par être ami de Jésus ?

Dialogue avec le Christ

Béni sois-tu, ô Jésus, pour le chemin de vie éternelle, que tu nous découvres traversant notre monde et auquel mènent les nombreux sentiers de notre vie, compliqués et variés. En toi, ô éternelle lumière de vérité, tout se simplifie. Avec toi nous sommes confrontés à la dernière épreuve, celle de ta Passion, dont nous aurons une part. Nous renouvelons notre adhésion à toi qui nous sauves à travers les âges.

Résolution

Aujourd’hui je mettrai plus d’effort et de ferveur à accomplir mon devoir d’état, avec amour et avec joie.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

http://www.regnumchristi.fr


 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

Jésus dit aussi à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela, et lui dit : Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens.

L’économe dit en lui-même : Que ferai-je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? je ne le puis. Mendier ? j’en ai honte. Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? Cent mesures d’huile, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante…. L’économe de l’Evangile va se composer un trésor fait de l’amitié qu’il veut réaliser à partir des biens de son maitre ! Jésus connaît la beauté de l’homme qui gagne sa vie par le travail de ses mains. Il sait le juste prix de l’œuvre bien faite. Ses disciples était organisés, ils avaient un économe. Quelques femmes suivaient Jésus depuis les débuts en Galilée, et « beaucoup d’autres qui l’aidaient de leurs ressources. » Jésus a apprécié l’aide de ces femmes qui subvenaient à leurs besoins. Gérants des biens de ce monde, nous devenons peu à peu les associés de Dieu, dans le travail de la rédemption. Nous regardons nos frères dans le Christ Jésus avec un grand respect, quand nous prions Jésus pour eux. Voilà « le bien véritable, » c’est celui des fils et des filles de Dieu, cohéritiers du Christ. Un trésor nous est donné dans la Passion et la Résurrection de Jésus. Réunis en Église, nous intercédons par Jésus, dans l’Esprit Saint, auprès du Père. Dieu vient à notre aide et nous libère. Nous sommes les intendants du trésor d’amour et de vie divine de Jésus. La prière de demande dans l’Eucharistie se réalise dans le Don de Jésus sur la Croix.

Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Nous sommes bouleversés de l’actualité de ces Paroles qui se réalisent actuellement dans notre vie ! Seuls les petits et les pauvres accueillent la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est annoncé aux petits et aux pauvres, c’est la grande préoccupation de Jésus ! L’argent sert à nous faire des amis qui nous accueilleront dans la vie future. Là, l’argent ne sera plus nécessaire, ni pour nous, ni pour eux. Derrière le pauvre se cache Jésus, l’unique Pauvre qui me révèle ce que je suis. Nous savons le mensonge et l’injustice du repli sur nous même si nous sommes accaparés par les biens de ce monde. Alors nous sommes enfermés en nous-mêmes. Jésus dit, « aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. » Un jour viendra ou nos possessions seront inutiles : « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. »

Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Aux yeux de Jésus, « l’argent d’iniquité » est celui qui est gagné malhonnêtement, et qui devient une puissance aveugle d’injustice et d’oppression. Jésus emploie le mot « mâmôn, » qui, au temps de Jésus, désignait la richesse, le gain souvent mal acquis. Mais « mâmôn, » dit aussi les sécurités illusoires de ce monde, opposées à la confiance des « pauvres » d’Israël en leur Dieu. Jésus souligne que notre honnêteté dans les choses de la terre nous donne de faire confiance pour le Royaume. Il aime tout ce que nous sommes, et nous révèle ce qu’il faut faire, pour sauver le monde avec lui. Ce n’est pas seulement de la grâce de la relation avec Dieu dont il s’agit, c’est aussi la grâce de la relation des uns avec les autres. Jésus est honoré dans le pauvre, comme il l’est en toute personne humaine. « Celui qui est digne de confiance pour une toute petite affaire, va être digne de confiance pour une grande. »

Nous demandons la grâce d’entendre cette parole, d’être de bons gérants de la vie divine que Dieu a voulu inscrire dans notre humanité.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


Abbé Joan MARQUÉS i Suriñach (Vilamarí, Girona, Espagne)

«Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent»

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente la figure de l'administrateur félon: un homme qui profitait de sa position pour voler son maître. Il n'était qu'un simple administrateur, mais il agissait en tant que maître. Il faut avoir présent à l'esprit: (1) Les biens matériels sont de bonnes réalités car ils sont sortis des mains de Dieu. Conséquemment, nous devons les aimer. (2) Mais nous ne pouvons pas les “idolâtrer” comme s'il s'agît de Dieu et du but de notre existence; au contraire, nous devrions nous en dégager. Les richesses sont pour servir à Dieu et aux hommes, nos frères; elles ne peuvent pas servir à écarter Dieu de notre cœur et de nos œuvres: «Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent» (Lc 16,13).

3) Nous ne sommes pas les possesseurs des biens matériels, mais tout simplement les gestionnaires; en conséquence, non seulement devons-nous les gérer, mais aussi les faire produire au maximum, dans la mesure de nos possibilités. La parabole des talents nous le montre clairement (cf. Mt 25,14-30). (4) Nous ne pouvons pas tomber dans l'avarice; nous devons pratiquer la générosité, qui est une vertu chrétienne que nous devrions tous vivre, les riches et les pauvres, chacun d’après ses circonstances. Nous devons donner aux autres!

Et si j'en ai déjà assez pour payer mes frais? Oui; tu dois aussi t'efforcer de les accroître et de pouvoir en donner plus (paroisse, diocèse, Caritas, apostolat). Rappelle-toi de ce que saint Ambroise disait: «Lorsque vous faites l'aumône aux pauvres, vous ne vous dépouillez pas de vos biens mais vous leur rendez ce qui leur appartient de droit. Car vous vous êtes approprié pour votre seul usage ce qui a été donné pour l'usage de tous. La Terre n'appartient pas aux riches, mais à tout le monde. C'est pourquoi, loin de vous montrer généreux, vous ne faites que rembourser une partie de votre dette».

Serais-tu un de ces égoïstes qui ne pense qu'à accumuler des biens matériels pour soi-même, comme l'administrateur de l'Évangile, en mystifiant, chapardant, pratiquant la convoitise et la raideur du cœur, qui t'empêche de t'émouvoir devant les nécessités d'autrui? Souviens-toi de cette sentence de saint Paul: «car Dieu aime celui qui donne joyeusement» (2Co 9,7)? Sois génèreux.

http://evangeli.net


Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église . Homélie 14, sur l'amour des pauvres, 24-26 ; PG 35, 890-891 .

« Faîtes-vous des amis avec l'argent trompeur, afin d'entrer dans les demeures éternelles » : secourir les pauvres

Mes amis et mes frères, ne soyons pas de mauvais gérants des biens qui nous sont confiés afin de ne pas nous entendre dire : « Rougissez, vous qui retenez le bien d'autrui ; imitez la justice de Dieu et il n'y aura plus de pauvres ». Ne nous épuisons pas à amasser et à tenir en réserve quand d'autres sont épuisés par la faim ; ainsi nous ne mériterons pas ce reproche amer et cette menace du prophète Amos : « Prenez garde, vous qui dites : 'Quand le mois sera-t-il passé pour que nous puissions vendre notre blé, et le sabbat pour que nous écoulions notre froment ?' » (8,5)...

Imitons la loi sublime et première de Dieu « qui fait tomber la pluie pour les justes et pour les pécheurs et fait lever le soleil pour tous également » (Mt 5,45). Tous ceux qui vivent sur terre, il les comble d'étendues immenses de terre en friche, de sources, de fleuves et de forêts. Pour les oiseaux, il donne les airs, et l'eau pour tous les animaux aquatiques. Pour la vie de tous, il donne en abondance les ressources premières qui ne peuvent être ni accaparées par les forts, ni mesurées par des lois, ni délimitées par des frontières ; mais il les donne pour tous de sorte que rien ne manque à personne. Ainsi, par le partage égal de ses dons, il honore l'égalité naturelle de tous ; ainsi montre-t-il toute la générosité de sa bonté... Toi donc, imite cette miséricorde divine. 

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 15 Sept 2016. Notre Dame des Douleurs



Jeudi 15 septembre 2016

Notre Dame des Douleurs

Saint(s) du jour : Ste Caterina Fieschi de Gênes, veuve et mystique (1447-1510), Bx Paolo Manna, missionnaire en Birmanie (1872-1952)


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
je vous rappelle la Bonne Nouvelle
que je vous ai annoncée ;
cet Évangile, vous l’avez reçu ;
c’est en lui que vous tenez bon,
    c’est par lui que vous serez sauvés
si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ;
autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.


    Avant tout, je vous ai transmis ceci,
que j’ai moi-même reçu :
le Christ est mort pour nos péchés
conformément aux Écritures,
    et il fut mis au tombeau ;
il est ressuscité le troisième jour
conformément aux Écritures,
    il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
    ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois
– la plupart sont encore vivants,
et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
    ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
    Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.


    Car moi, je suis le plus petit des Apôtres,
je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre,
puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu.
    Mais ce que je suis,
je le suis par la grâce de Dieu,
et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile.
Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ;
à vrai dire, ce n’est pas moi,
c’est la grâce de Dieu avec moi.


    Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres,
voilà ce que nous proclamons,
voilà ce que vous croyez.

 Psaume : Ps 117 (118), 1-2, 16-17, 28.21

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !

Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.


ou bien :

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 33-35)

En ce temps-là,
lorsqu’ils présentèrent Jésus au Temple,
le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Dans la continuité de la fête de la croix glorieuse de notre Seigneur, nous demeurons aujourd’hui au pied de cette même croix, avec Marie que nous fêtons sous le vocable de « Notre Dame des douleurs ». Nous nous trouvons ainsi plongés au cœur de la Passion d’Amour pour nous de notre Seigneur Jésus Christ. Car, nous devons bien garder présent à l’esprit que, pour le chrétien, la croix n’est pas l’exaltation de la souffrance mais de l’Amour infini de Dieu.

A l’exemple de saint Jean, et selon l’invitation de notre Seigneur, nous prenons Marie chez nous. Alors, en nous unissant à elle dans la foi, nous nous unirons toujours davantage à notre Seigneur. Car, il existe une telle communion de cœur et de volonté entre Marie et Jésus, qu’en étant unis à elle, nous sommes sûrs de nous retrouver greffés sur le cœur aimant du Christ à travers lequel nous touchons le cœur Père pour retrouver notre dignité de fils de Dieu.

Au pied de la Croix, nous sommes enfantés à la vie de fils de Dieu. A cet enfantement, Marie participe d’une manière toute particulière car il convenait à celle qui avait mis au monde la Tête, qu’elle soit aussi la mère du Corps tout entier. Au pied de la Croix, Marie enfante l’Eglise, mais la douleur qui lui fut épargnée à la naissance de la Tête, elle la vit pour nous tous, pécheurs sauvés par le sang de notre Seigneur. Voilà comment Marie est associée d’une façon unique à notre rédemption.

Tu as voulu Seigneur, que la Mère de ton Fils, debout près de la croix, fut associée à ses souffrances ; accorde à ton Eglise de s’unir elle aussi, à la passion du Christ, afin d’avoir part à sa résurrection.

Père Philippe


Prière d'introduction

Marie, en ce jour où nous te célébrons, toi, Notre-Dame des Douleurs, nous voulons nous rappeler que jusqu’au bout tu étais debout près de la croix de ton Fils, ferme et fidèle. Admirant ton courage et ta force, nous voulons commencer ce temps de prière afin que, après avoir contemplé ton exemple, tu nous accordes cette même attitude face aux difficultés.

Demande

Marie, toi qui es restée ferme et fidèle au pied de la croix, accompagne-nous toujours face aux difficultés de la vie.

 Points de réflexion

1. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère ». Depuis plusieurs siècles, l’Église prie lors de la séquence de ce jour les paroles suivantes : « Dans le chagrin qui la poignait, cette tendre Mère pleurait son Fils mourant sous ses yeux ». Quelle souffrance pour la mère du Christ de le voir mourir sur le bois infâme de la croix ! Pourtant, elle n’est pas restée à Jérusalem, non, elle accompagne son Fils jusqu’au bout. Elle voit les longs clous qui transpercent ses poignets, et contemple le corps qu’elle a tant soigné et qui est maintenant entièrement recouvert des blessures cruelles de la Passion et de la flagellation. Elle voit le soldat romain s’approcher et transpercer le cœur bien-aimé de son Fils.

2. « Femme, voici ton fils ». « Voici ta mère ». Cette mère qui n’a jamais abandonné son Fils, qui a toujours été là pour lui, qui n’a cessé de l’aimer, sachant qu’elle aimait ainsi Dieu, voici que Jésus nous confie à sa protection maternelle ! Après avoir vécu en tout comme un homme, hormis le péché, Jésus a appris et estimé à sa juste mesure l’aide et le soutien d’une mère comme Marie. En même temps, pensant à tous ses frères les hommes, pensant à ceux d’entre nous qui à cause des guerres ou d’autres violences perdront leur mère, pensant à tous ceux qui ne trouveront pas en leur mère l’amour et le soutien inconditionnel que Marie lui a toujours donné, Jésus s’empresse de nous confier sa propre mère. Et ce malgré la douleur que cause à un crucifié chacune des paroles qu’il veut prononcer.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, merci, car dans ta grande miséricorde, tu ne nous as pas laissés orphelins, mais tu nous as donné ta mère pour que nous ne soyons jamais seuls face aux difficultés de la vie. Pour que du haut du ciel Marie n’hésite pas à descendre et à voler à notre secours, parfois en grande pompe comme à Lourdes, mais aussi chaque jour en étant à notre côté. Merci, Seigneur. Aide-moi à être un bon fils/une bonne fille pour ta mère. À accepter son aide dans ma vie. À chercher à la rendre heureuse, à la prier chaque jour.

Résolution

Prier 3 Je vous salue Marie ce soir avant de me coucher et demander à Marie la grâce de voir avec la foi son action dans ma vie et de ne jamais oublier que j’ai une mère au ciel qui pense à moi à chaque instant.

 Frère Loïc Chabut, LC


 

"Auprès de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie Madeleine."

Après avoir fêté la Croix glorieuse de Jésus, nous vivons la « fête » de Marie, la femme des douleurs. Marie, la mère de Jésus, ne dit pas un mot ! C’est toute sa vie donnée qui est là, dans le silence du Magnificat de l’Immaculée. C’est avec force que s’exprime tout ce qu’elle à dit dans l’Evangile, « faites tout ce qu’il vous dira. » Nous entendons avec tant de force la souffrance de cette mère qui assiste au supplice et à l’agonie de son fils. Marie est démunie, sans prise sur ce qui se passe, bouleversée au plus profond d’elle-même, au point de ne plus pouvoir exprimer le moindre mot même à l’égard de celui qui est l’unique de sa pensée. Marie, à la croix, vivra ce que nous-mêmes connaissons, lorsqu’en totale incapacité de changer quoi que ce soit à la situation de l’aimé souffrant, nous ne pouvons qu’un « être là » immobile. Ce vécu de Marie est Evangile, parole inespérée lui est adressée de la part même de celui pour lequel elle est en souffrance. Si Jésus nous sauve par sa Passion, Marie participe au salut de l’humanité avec Jésus, par sa Compassion. Jésus dans sa Passion, ouvre pour chacun de nous un chemin de salut. Par son immense amour, il a vaincu la mort, il est venu à bout de la haine, il a pris sur lui toute maladie. Marie, Notre-Dame des sept douleurs, participe aux souffrances de Jésus pour le salut du monde. Jésus, dans son amour, a fait don de sa mère au disciple, à l’Eglise et à l’humanité.

"Jésus, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils." Jésus, s’adressant à sa mère et au disciple qu’il aimait, leur fait un Don si merveilleux, en lui, ils leur donne d’aimer. Cette Parole si forte brise l’inacceptable qui serait de ne plus pouvoir aimer. Marie, atteinte dans sa chair par la souffrance, malgré les prétentions de la mort, sera aimée, elle pourra aimer. Nous connaissons ce sentiment, lorsque l’histoire s’arrête et que tout devient solitude, la vie pourra-t-elle être de nouveau habitée ? La maternité de Marie envers l’humanité avait déjà été annoncée, elle est maintenant clairement précisée et établie. Marie, la Mère du Christ, se trouve dans le rayonnement du mystère pascal de Jésus. Le Concile n’hésite pas à appeler Marie « Mère du Christ et Mère des hommes. » Marie, dans ses douleurs, manifeste le mystère du Salut en Jésus Christ, l’enfantement de l’Église ! La femme donne la vie à nouveau, par la maternité de son cœur virginal : « Vois : ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. » Il nous faut méditer toutes ces souffrances de Marie pour trouver la force de vivre celles qui nous arrivent aujourd’hui, parce que nous ne sommes pas épargnés : « Ton cœur sera transpercé comme par une épée. »

"Puis Jésus dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure–là, le disciple la prit chez lui." A la croix est vécu le salut pour Marie, elle nous aide à vivre nos souffrances unies aux douleurs de Jésus. C’est l’enfantement d’un monde nouveau. Toutes les douleurs de l’humanité sont contenues dans la Passion de Jésus, elles sont aussi portées par les douleurs de la femme qui enfante avec Lui un monde nouveau. La Croix glorieuse est avant tout un mystère de vie ! C’est aussi le mystère de la Mère des douleurs. Jean, « reçoit parmi ses biens personnels » la Mère de Jésus et l’introduit dans tout l’espace de sa vie : « Il l’accueillit chez lui. » Il entre dans le rayonnement de l’amour maternel avec lequel Marie prend soin de son Fils. Ainsi s’exerce la maternité selon l’Esprit, qui est devenue le rôle de Marie au pied de la Croix. La naissance d’un monde nouveau est ouverte par le Nouvel Adam et par la nouvelle Eve. Les douleurs du Christ contiennent les douleurs de la mère, une brèche est ouverte dans nos enfers, ce que nous avons à vivre de difficile peut devenir source de vie, enfantement d’un monde nouveau. La présence de Marie dans l’Eglise est l’accueil du don que Jésus fait sur la croix. Marie accomplit l’ultime volonté de Jésus, dans la cohérence du oui de l’Annonciation. Maintenant elle dit oui à la parole de Jésus « voici ton fils, » et accomplit la tâche maternelle de veiller sur les disciples avec la grâce nécessaire.

Nous demandons la grâce d’accueillir Marie comme Jean l’a accueillie.

Père Gilbert Adam


Abbé Dom. Josep Mª SOLER OSB Abbé de Montserrat (Barcelona, Espagne)

«Ton coeur sera transpercé par une épée»

Aujourd'hui, en ce jour de fête de Notre-Dame la Vierge des Douleurs, nous écoutons des paroles lancinantes de la bouche du vieux Siméon: «Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée» (Lc 2,35). Une affirmation qui, dans son contexte, ne fait pas uniquement référence à la passion de Jésus-Christ, sinon à son ministère, qui provoquera une division parmi le peuple d'Israël et donc, une douleur interne en Marie. Tout au long de la vie publique de Jésus, Marie a souffert de voir Jésus rejeté par les autorités du peuple et menacé de mort.

Marie, comme tout disciple de Jésus, doit apprendre à situer les relations familières dans un autre contexte. Elle aussi, en raison de l'Évangile, doit laisser son Fils (cf. Mt 19,29), et doit apprendre à ne pas voir le Christ depuis le prisme de la chair, bien qu'il soit né d'Elle, de la chair. Elle aussi doit crucifier sa chair (cf. Ga 5,24) pour pouvoir se transformer à l'image de Jésus-Christ. Mais le moment le plus fort de la souffrance de Marie, pendant lequel Elle vie le plus intensément la croix est celui de la crucifixion et de la mort de Jésus.

Aussi dans la souffrance, Marie est le modèle de persévérance de la doctrine évangélique en participant aux souffrances du Christ avec patience (cf. Regle de saint Benoît, Prologue 50). Ainsi fut-il pendant toute sa vie et, surtout, au moment du Calvaire. De cette façon, Marie se convertit en la figure et le modèle pour tout chrétien. Pour avoir été étroitement unie à la mort du Christ, elle est aussi unie à sa résurrection (cf. Rm 6,5). La persévérance de Marie dans la douleur, qui réalise la volonté du Père, lui donne un rayonnement en faveur de l'Église et de l'Humanité. Marie nous précède dans la route de la foi et du cheminement vers le Christ. Et le Saint-Esprit nous conduit à participer avec Elle à cette grande aventure.


 

Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d'hymnes . Hymne 25, Marie à la croix (trad. SC 128, p. 165s rev.)

« Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée »

Brebis contemplant son agneau qu'on traînait à l'abattoir (Is 53,7), consumée de douleur, Marie suivait avec les autres femmes, en criant ainsi : « Où vas-tu, mon enfant ? Pourquoi achèves-tu ainsi ta course rapide (Ps 18,6) ? Y a t-il encore d'autres noces à Cana, est-ce là maintenant que tu vas si vite pour leur faire du vin avec de l'eau ? Puis-je t'accompagner, mon enfant, ou vaut-il mieux t'attendre ? Dis-moi un mot, Verbe, ne passe pas devant moi en silence..., toi qui es mon fils et mon Dieu...

« Tu marches vers une mort injuste et personne ne partage ta souffrance. Pierre ne t'accompagne pas, lui qui disait : « Jamais, je ne te renierai, même si je devais mourir » (Mt 26,35). Il t'a quitté ce Thomas qui s'exclamait : « Mourons tous avec lui » (Jn 11,16). Et les autres aussi, les intimes, ceux qui doivent juger les douze tribus (Mt 19,28), où sont-ils maintenant ? Il n'en reste plus un seul ; mais toi, tout seul, mon enfant, tu meurs pour tous. C'est ton salaire pour avoir sauvé tous les hommes et les avoir servi, mon fils et mon Dieu. »

Se retournant vers Marie, celui qui est sorti d'elle s'écria : « Pourquoi pleures-tu, mère ? ... Moi, ne pas souffrir ? ne pas mourir ? Comment donc sauverais-je Adam ? Ne pas habiter le tombeau ? Comment ramènerais-je à la vie ceux qui demeurent au séjour des morts ? Pourquoi pleures-tu ? Crie plutôt : 'C'est volontairement qu'il souffre, mon fils et mon Dieu.' Vierge sage, ne te rends pas semblable aux insensées (Mt 25,1s) ; tu es dans la salle des noces, ne fais donc pas comme si tu te tenais dehors... Ne pleure donc plus, mais dis plutôt : 'Prends pitié d'Adam, sois miséricordieux pour Ève, toi mon fils et mon Dieu.'

« Rassure-toi, mère, la première tu me verras sortir du tombeau. Je viendrai te montrer de quels malheurs j'ai racheté Adam, quelles sueurs j'ai versées pour lui. À mes amis, j'en révélerai les marques que je montrerai dans mes mains. Alors tu verras Ève vivante comme autrefois, et tu crieras dans ta joie : 'Il a sauvé mes parents, mon fils et mon Dieu !'»

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 10 sept 2016. Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri !

 

 


Samedi 10 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 23e semaine

Saint(s) du jour : St Nicolas de Tolentino, o.s.a. (1245-1305), St Aubert, évêque d'Avranches († v. 725)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,14-22.

Mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles. Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Voyez ce qui se passe chez les Israélites : ceux qui mangent les victimes offertes sur l’autel de Dieu, ne sont-ils pas en communion avec lui ? Je ne prétends pas que la viande offerte aux idoles ou que les idoles elles-mêmes représentent quoi que ce soit. Mais je dis que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez pas boire à la coupe du Seigneur et en même temps à celle des démons ; vous ne pouvez pas prendre part à la table du Seigneur et en même temps à celle des démons. Voulons-nous provoquer l’ardeur jalouse du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ?

Psaume 116(115),12-13.17-18.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu'il m'a fait ?
J'élèverai la coupe du salut,
j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,
j'invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.





Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,43-49.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélie du Père Philippe

 

Jésus vient de dénoncer l’hypocrisie des scribes et des pharisiens. Se tournant vers ses disciples, il les invite à un exercice de discernement. Certes, il faut tout mettre en œuvre pour faire ce que disent les chefs religieux, car « ils enseignent dans la chaire de Moïse » ; mais il ne faut surtout pas les prendre pour modèles, car « ils disent et ne font pas » (Mt 23, 2-3).

 

 

Mais comment se prémunir de l’hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir ? Ils disposent en général de suffisamment de moyens pour cacher leurs comportements inavouables et paraître impeccables aux yeux du monde. Aussi les gens simples se laissent-ils prendre à leurs pièges comme les oiseaux aux filets de l’oiseleur.  Pour répondre à cette question implicite, Jésus donne un critère sûr, qui exige seulement de savoir attendre le moment opportun avant de se prononcer. Pour juger de la qualité d’un arbre, il suffit de patienter jusqu’à ce qu’il porte son fruit, et d’évaluer ce dernier. Jésus suggère donc que l’hypocrite - même le plus habile à cacher sa malice - finit toujours inévitablement par se trahir. Comme sa parole et son action procèdent d’un cœur mauvais, ses œuvres ne sauraient être fécondes, même lorsqu’elles se présentent sous les aspects des plus respectables.

 

 

 

Par cette comparaison, Notre-Seigneur ne se contente pas de mettre ses disciples en garde contre l’hypocrisie des pharisiens : il les renvoie aussi à leur propre conscience. Car s’ils l’appellent « Seigneur », ils devraient en toute logique « faire ce qu’il dit », c'est-à-dire « mettre ses paroles en pratique ». S’ils n’agissent pas ainsi, ils se rendent à leur tour coupable d’hypocrisie, puisque leur affirmation au grand jour, ne correspond pas à leur attitude intérieure : ils proclament Jésus « Seigneur », mais gardent en fait la seigneurie de leur vie. Impossible dans ces conditions de produire de « bons fruits ». Bien plus : cette division est comme une lézarde qui court le long de la muraille de leur maison intérieure ; aussi celle-ci ne résistera-t-elle pas aux intempéries de la vie. Dans l’adversité, lorsque tombent les masques et qu’il n’est plus temps de paraître, l’effondrement du personnage qu’ils se sont laborieusement construits sera total. Par contre, celui qui s’efforce de vivre en disciple du Christ Seigneur, construit son unité intérieure par et dans son obéissance à sa Parole. Au plus fort des tempêtes de la vie, il demeure focalisé sur celui qui a fait alliance avec lui, et engage toutes ses forces à lui demeurer fidèle, sûr que le bon droit finit toujours par triompher. Comme dans le cas du serviteur de Dieu Job, les contradictions et malheurs ne font que mettre en valeur sa patience et sa fidélité à toutes épreuves, car il sait qu’il a mis sa confiance dans le Dieu juste et Sauveur, qui ne saurait l’abandonner.

 

 

 

Seigneur, nous sommes loin d’avoir réalisé cette unification intérieure, fruit d’une appartenance et d’une soumission radicales à toi, unique Seigneur et Sauveur de nos vies. Nos cœurs hélas sont doubles : devant les exigences de ta Parole, nous louvoyons de compromission en compromission ; de nos lèvres nous te choisissons comme notre Maître, alors que nous ne te rendons même pas compte de la gestion de notre vie. Prends patience avec nous, Seigneur ; libère-nous de notre attachement à notre volonté propre ; et ne permet pas que nous mettions ta Parole en balance avec la nôtre. Que le ridicule de cette présomption nous conduise au repentir et à la conversion, afin que nous puissions “venir à toi, écouter tes paroles et les mettre en pratique”, manifestant ainsi concrètement que tu es l’unique Seigneur de nos vies, le Rocher sur lequel nous voulons construire notre avenir, maintenant et à jamais.

 

Père Philippe

 

 

http://www.meinau-catholiques.org

 


 

Meditation Sarah Cleary, consacrée de RC

 

Prière d'introduction

 

« Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! Louange à Dieu ! »
(Ps 17).

 

Demande

 

Construire la maison de ma vie sur le rocher du Christ.

 

Points de réflexion

 

1. Construire sa vie sur le Christ selon saint Bède et saint Basile. Pour cette méditation, nous écoutons d’abord les commentaires de saint Basile et de saint Bède, pères de l’Église des Ve et VIIIe siècles après le Christ quand ils parlent de la personne qui construit sa vie sur la Parole de Dieu, et le torrent qui menace cette construction.
Construire sur le roc, pour saint Bède veut dire « creuser bien avant, à l'aide des préceptes de l'humilité, enlever tout ce qui est terrestre ». Quand le croyant a bien creusé, il peut poser sa vie sur le Christ comme le dit saint Basile : « Poser le fondement sur la pierre, c'est s'appuyer sur la foi de Jésus-Christ, pour demeurer ferme dans l'adversité, soit qu'elle vienne des hommes, soit qu'elle vienne de Dieu ».
Quel est le torrent ou l’adversité dont parle l’Évangile ? Bède le voit comme un débordement qui arrive de trois manières : « sous l'influence des esprits immondes, par l'agitation des méchants, par le trouble de l'âme ou de la chair ». Pourquoi tomberions-nous ? Bède explique : « Plus les hommes mettent leur confiance dans leurs propres forces, plus aussi leur chute est grande, et plus ils s'appuient sur la pierre invincible, plus ils sont inébranlables ».

 

2. Creuser et enlever pour poser le fondement. Souvent dans notre vie spirituelle, il nous semble que nous creusons et nous enlevons en continu. Nos efforts n’ont pas de récompense ni, parfois, de sens. La vie peut sembler vide. Pourtant, c’est dans ce vide que nous pouvons poser un acte de foi nu dans le Christ : « Seigneur, ma vie se fonde sur toi, et non sur mes avis, mes décisions ou mes sentiments ». Construire sur le roc n’est pas s’arrêter quand le travail fatigue, sinon continuer jusqu’au profond de l’abîme en croyant que nous trouverons le Christ et en le cherchant sans relâche.
Ainsi dans la lettre aux Hébreux (6, 10-11) : « Dieu n’est pas injuste : il n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant. Notre désir est que chacun d’entre vous manifeste le même empressement jusqu’à la fin, pour que votre espérance se réalise pleinement ; ne devenez pas paresseux, imitez plutôt ceux qui, par la foi et la persévérance, obtiennent l’héritage promis ».

 

3. Les torrents. Saint Bède parle de trois torrents : ceux qui viennent de la tentation, ceux qui viennent de l’injustice des hommes, et ceux qui sont des troubles du corps, de la santé, ou bien de l’âme ou la psyché. Pourquoi ces troubles peuvent-ils arracher le fondement de notre foi ? Selon Bède, c’est parce que nous trouvons notre appui sur nous-mêmes et non pas sur le Christ. Autrement dit, si nous construisons le sens et le but de notre existence sur l’amour du Christ, nous sommes inébranlables.

 

Dialogue avec le Christ

 

Quelle difficulté dans ma vie me sépare de l’amour du Christ ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31.35.37-39).

 

Résolution

 

Regarder ce qui me sépare du Christ et choisir de reprendre l’effort nécessaire pour renouer avec lui.

 

Sarah Cleary, consacrée de Regnum Christi

 

 

 

http://www.regnumchristi.fr

 


 

 

 

Homélie du Père Adam

 

Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Jésus présente aux disciples quelle doit être leur vie, par l’ image de l’arbre bon qui donne de bons fruits. Il est évident qu’un arbre mauvais ne peut pas donner de bons fruits. Jésus nous interpelle ainsi que la communauté chrétienne, pour un examen de conscience. Dieu seul est bon, et nous ne pouvons l’être que par lui. L’Eglise, enracinée dans le cœur de Dieu, aime les pauvres, ii savent qu’ils se reçoivent d’un Autre. C’est en cela que réside leur pauvreté. Les Chrétiens sont mystérieusement "greffés" en Dieu par Jésus le Christ. La greffe est une belle image de notre mystère. Imaginons un églantier qui ne donne que des épines. Nous coupons la branche à la racine. Avec la branche d’un très beau rosier de choix, dans une opération très particulière, nous "greffons" sur la coupure de l’églantier, la branche du rosier. Ces deux « blessures », au contact l’une de l’autre feront progressivement que l’arbre sauvage, tirant la sève de ses racines, devient un magnifique rosier. Nous avons alors un rosier nouveau qui donnera de merveilleuses roses, si la greffe "prend" !

Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. La bonté ou la méchanceté sont intimement liées à notre cœur. C’est au niveau du cœur que se joue en nous, la lutte difficile entre le bien et le mal. C’est le combat entre la foi et l’orgueil. Nous sommes, par le baptême, greffés sur le Christ. Le fait d’être "bons" ou d’être "mauvais" va dépendre de notre choix. La blessure du cœur de Jésus ouvert sur la Croix est le lieu de notre vie. Greffe absolument merveilleuse que Dieu, dans sa tendresse, a provoquée. Jésus a pris chair de la Vierge Marie, comme Ève était née de la blessure du côté d’Adam. De la blessure du cœur de Jésus est née Marie, la nouvelle Eve. La Croix de Jésus est pour nous la source d’une vie nouvelle, la vie d’enfant de Dieu, vie filiale, reliée au cœur du Père. Notre maison est bâtie sur le roc, le Christ Jésus qui a ses « racines » dans le cœur du Père. Là, il n’y a aucune crainte, personne ne peut rien enlever du cœur du Père. Nous rendons grâce, car cet arbre nouveau de notre vie porte un bon fruit.

Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. » C’ est du cœur que viennent nos comportements, l’orientation de toute notre vie ! D’un cœur bon, sortent naturellement de bons propos. Notre vie intérieure est dépendante de notre cœur. Il nous faut prendre garde à tout instinct mauvais, à toute fermeture, à tout repliement sur soi. Et par-dessus tout à l’orgueil qui nous mène à une autosuffisance trompeuse. L’ édification de notre propre vie, tout autant que celle de la communauté chrétienne, s’enracine dans l’écoute de la Parole de Dieu. En la laissant se déposer dans notre cœur, la Parole de Dieu le fera fructifier et porter de bons fruits. Les Paroles de l’Evangile, accueillies et mises en pratique chaque jour, sont comme les fondations de la maison. Elles doivent alimenter quotidiennement notre vie, nos pensées, nos décisions, nos actions. Notre vie quotidienne est ainsi rendue solide contre le fleuve du Mal qui ne cesse de s’ abattre sur nous. Notre vie n’est plus un sauvageon, elle est dans le Christ. Un bon jardinier, sait les tentatives des « rejetons » qui évitent la greffe pour prendre la sève pour eux-mêmes. Nous vérifions que la greffe a réussi, quand nous sommes en communion les uns avec les autres. Notre communion est dans le sang du Christ, la « sève » de cet arbre nouveau a pris Corps dans le cœur et le corps de la Vierge Marie.

 

Nous demandons la grâce de comprendre mieux encore notre vocation.

 

 

 

Père Gilbert Adam---http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 

 


Abbé Raimondo M. SORGIA Mannai OP (San Domenico di Fiesole, Florencia, Italie)

«Chaque arbre se reconnaît à son fruit»

Aujourd'hui, le Seigneur nous surprend en faisant sa propre “publicité”. Je ne veux “scandaliser” personne en disant cela. C'est notre publicité d'ici-bas qui rapetisse les choses grandes et surnaturelles. Quand, par exemple, on nous promet qu'en quelques semaines quelqu'un peut perdre au moins cinq ou six kilos en employant un produit déterminé (ou d’autres promesses de ce genre), nous sommes conduits à envisager la publicité d'un œil soupçonneux. Quand, au contraire, quelqu'un possède un “produit” cent pour cent efficace et –à l'instar de notre Seigneur– ne cherche pas à le vendre, mais demande seulement de le croire en le prenant pour guide et modèle d'un genre de vie déterminé, alors cette “publicité” ne doit pas nous surprendre; elle nous paraîtra la plus légitime du monde. Jésus n'a-t-Il pas été le plus grand “publicitaire” lorsqu'Il a dit de Lui-même «Je suis le chemin, la vérité et la vie» (Jn 14,6)?

Aujourd'hui Il affirme: «Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique» est prudent, il «ressemble à un homme qui bâtit une maison», «il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc» (Lc 6,47-48), pour obtenir une construction solide et ferme, capable d’affronter le mauvais temps. Mais si celui qui construit n'a pas cette prudence, il finira par trouver un tas de ruines et, s'il est à l’intérieur quand survient la pluie torrentielle, il y perdra et sa maison et sa vie.

Mais il ne suffit pas de s'approcher de Jésus, il faut écouter avec la plus grande attention ses enseignements et, surtout, les mettre en pratique. Car même le curieux s'approche de Lui, tout comme l'hérétique, l'historien ou le philologue. Ce n'est qu'en nous approchant, en écoutant et, surtout, en pratiquant la doctrine de Jésus, que nous bâtirons l'édifice de la sainteté chrétienne, pour l'exemple des fidèles qui cheminent en ce monde et pour la gloire de l'Église céleste.


Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermon 179

Bâtir sur le roc

Frères, l'apôtre saint Jacques s'adresse à des auditeurs assidus de la parole de Dieu en disant : « Ne vous contentez pas d'écouter la parole ; mettez-la en pratique, sinon vous vous tromperiez vous-mêmes » (Jc 1,22). Ce ne serait pas l'Auteur de la parole que vous tromperiez, ni celui qui vous l'annonce ; mais ce serait vous-mêmes... Le prédicateur aussi annoncerait bien inutilement la parole de Dieu au dehors s'il ne l'écoutait pas d'abord au dedans de lui-même pour la mettre en pratique...

Qui pratique intérieurement la parole ? Celui qui se garde du mauvais désir. Qui l'observe extérieurement ? Celui qui « partage son pain avec celui qui a faim » (Is 58,7). Ce que nous faisons, notre prochain le voit, mais ce pour quoi nous le faisons, Dieu seul en est témoin. « Mettez donc la parole en pratique, ne vous contentez pas de l'écouter ; vous vous tromperiez vous-mêmes » ; vous ne tromperiez ni Dieu ni son ministre. Je ne peux pas lire dans votre cœur mais Dieu, qui sonde les cœurs, voit ce que les hommes ne peuvent pas voir. Il voit votre zèle à écouter, vos pensées, vos résolutions, les progrès que vous faites par sa grâce, l'assiduité de votre prière, les demandes que vous lui adressez pour obtenir ce qui vous manque et vos actions de grâces pour le remercier de ses bienfaits...

Pensez-y bien, frères ! S'il est louable d'écouter la parole, combien plus de la mettre en pratique. Si vous ne l'écoutez pas, vous vivez dans la négligence, et vous ne construisez rien. Si vous l'écoutez sans la pratiquer, vous ne bâtissez que des ruines. Le Seigneur nous a donné à ce sujet une comparaison très juste : « Celui qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, ressemble à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ». Écouter et mettre en pratique, c'est bâtir sur le roc..., écouter sans pratiquer, c'est bâtir sur le sable ; refuser même d'écouter, c'est ne construire rien.

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