Évangile et Homélie du dim 13 Mai 2018. Garde mes disciples unis, pour qu'ils soient un comme nous-mêmes

 


L'Église fête : Notre-Dame de Fatima


Saint(s) du jour :

Ste Julienne de Norwich, recluse et mystique (1342-1430),  Bse Imelda Lambertini, vierge, dominicaine (1322-1333)


 

Lectures de la messe

Première lecture Ac 1, 15-17.20a.20c-26

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
Pierre se leva au milieu des frères
qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes,
et il déclara :
« Frères, il fallait que l’Écriture s’accomplisse.
En effet, par la bouche de David,
l’Esprit Saint avait d’avance parlé de Judas,
qui en est venu à servir de guide
aux gens qui ont arrêté Jésus :
ce Judas était l’un de nous
et avait reçu sa part de notre ministère.
Il est écrit au livre des Psaumes :
Qu’un autre prenne sa charge.
Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés
durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous,
depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean,
jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous.
Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous,
témoin de sa résurrection. »
On en présenta deux :
Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus,
et Matthias.
Ensuite, on fit cette prière :
« Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs,
désigne lequel des deux tu as choisi
pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique,
la place que Judas a désertée
en allant à la place qui est désormais la sienne. »
On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias,
qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres.

– Parole du Seigneur.


Psaume 102 (103), 1-2, 11-12, 19-20ab

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux :
sa royauté s’étend sur l’univers.
Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres !


 

Deuxième lecture (1 Jn 4, 11-16)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
puisque Dieu nous a tellement aimés,
nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.
Dieu, personne ne l’a jamais vu.
Mais si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous,
et, en nous, son amour atteint la perfection.
Voici comment nous reconnaissons
que nous demeurons en lui
et lui en nous :
il nous a donné part à son Esprit.
Quant à nous, nous avons vu et nous attestons
que le Père a envoyé son Fils
comme Sauveur du monde.

Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu,
Dieu demeure en lui,
et lui en Dieu.
Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous,
et nous y avons cru.
Dieu est amour :
qui demeure dans l’amour demeure en Dieu,
et Dieu demeure en lui.

– Parole du Seigneur.


 

Évangile (Jn 17, 11b-19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint,
garde mes disciples unis dans ton nom,
le nom que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, dans le monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,
mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

Dans l’ultime prière de Jésus à son Père que nous venons d’entendre aujourd’hui, joie et don ne font qu’un. Le verbe donner prend tout son    sens. Il désigne ce qui fait l’homme heureux. Jésus est heureux, heureux d’avoir donné. Depuis le commencement de sa manifestation à Israël, Jésus a donné. Il a donné ses jours et ses nuits,     ses matins et ses veilles. Il a donné sur les routes, dans les synagogues, dans le Temple, dans le désert, dans l’intime des maisons. Il a donné la paix aux cœurs, la santé aux corps, la    lumière aux esprits. Il a donné tout cela par la parole.
«Père, je leur ai fait don de ta parole», c’est-à-dire je leur ai fait don de tout moi-même puisque je suis le Verbe du Père. S’il n’y    a pas de vie plus admirable que celle de Jésus, c’est parce qu’il n’a cessé de donner.

Devant une telle vie donnée, nous mesurons la valeur de ce don. Et cela nous renvoie à nous mêmes. Notre cœur nous semble bien lourd et pesant,     si entravé par nos peurs. Tous nos gestes pour séduire, pour prendre le pouvoir ou pour acheter du silence ou de la complicité n’apportent qu’amertume au cœur, alors que Jésus nous montre     que le véritable don est joie. Car le don offert gratuitement est source de vie. C’est par le don que nous pénétrons le mystère de Dieu. C’est par le don que nous buvons à la source de sa    joie.

 

 «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir».
Demandons aujourd’hui à Jésus de nous livrer le secret du don. Donner établit une relation où    chacun devient meilleur, plus riche d’humanité. Celui qui donne et celui qui reçoit découvrent la vérité de leur être. Donner, en effet, rend l’autre plus fort, plus aimant, plus instruit, plus    humain. Et celui qui offre accède à la bonté de son être. 

 

Donner comme le Christ a donné demande d’avoir en nous cette capacité de se donner. Cette capacité, nous la recevons par le don du    Saint-Esprit. L’Esprit Saint est le don échangé entre le Père et le Fils, l’amour qui fait que Dieu est Dieu. Quand Jésus prie :
«Père, consacre-les par la vérité», il demande pour nous    l’effusion de l’Esprit. En venant en nous, l’Esprit Saint ne répand pas seulement l’amour, mais aussi l’action d’aimer. Il ne donne pas seulement le don de Dieu mais aussi la capacité de se    donner comme Dieu se donne. 

L’Esprit Saint nous configure au Christ. Il nous fait entrer dans la vie de Dieu. Toute notre vie chrétienne    a pour fondement un échange mystérieux du don. Le Père donne à Jésus ses amis. Et ceux-ci reçoivent le don du Père, c’est-à-dire l’Esprit-Saint. Toute notre vie a donc un sens : Elle doit être    habitée, guidée, consacrée par l’Esprit Saint. Dans ces jours préparatoires à la fête de Pentecôte, demandons l’Esprit Saint. Qu’il soit notre vie et qu’il nous fasse agir. Qu’il libère en nous    les forces du don et la joie qui l’accompagne. «Père, consacre-nous par la vérité. Ta parole est vérité.»
 

 

Père Philippe

 

 

 

http://www.meinau-catholiques.org


 


 

«Je ne te demande pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais»

Aujourd'hui, dans le monde, tout ce qui n'est pas mondain est fréquemment objet de moquerie : il est considéré inutile et pernicieux, est margé, réprimé et - s'il  on peut, supprimé. C'est la raison de toute persécution - violente, et aussi lente et sournoise - pour isoler et pour effacer l'Église dans ce monde, ou pour l'assimiler et la vider de contenu et la faire mondaine. En repassant l'histoire de l'Église, le béat Newman disait que "la persécution est la marque de l'Église et peut-être la plus durable de toutes".

 

Par cela, Jésus – Seigneur de tous les temps -  prie le Père : "Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais" (Jn 17,15). L'activité des chrétiens se déploie dans l'ambiguïté de ce monde, sur un champ de liberté où il joue la Grâce qui vient de Dieu et le péché qui procède du Malin et du monde, et qui trouve fréquemment une complicité dans notre cœur, encore non suffisamment chrétien. Le conflit entre l'Église et le monde est interne et externe. Je continue de citer Newman : "l'Église est toujours une église militante; parfois elle gagne, et parfois elle perd. Et ce qui est plus fréquent : elle gagne et perd à la fois dans de différents domaines. Nous n'avons pas terminé de chanter un "Te Deum" et déjà nous devons baisser la tête pour entonner le "Miserere".

 

 


 L'état normal de l'Église dans ce monde, tandis que le dernier des choisis ne soit pas arrivé au salut éternel, est celui-là de tension. Le cardinal Newman, en reflétant son expérience, ajoute : "l'Église dans ce monde est toujours souffrante et dolente; elle porte dans tout instant dans son corps la mort du Seigneur Jésus-Christ.  Mes frères, persévérons sans nous fatiguer, en prenant les forces de la même fatigue qui est inhérente à notre condition de citoyens du ciel qui cheminent ici dans la terre. Que résonnent dans notre cœur les mots que Jésus nous disait : "celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé" (Mt 24,13).

Abbé Josep LAPLANA OSB     Moine de Montserrat (Montserrat, Barcelona, Espagne)

 

http://evangeli.net/evangile


 


 

Prière d'introduction

Après avoir parlé à tes disciples et à tes apôtres, tu lèves les yeux au ciel en t’adressant à ton Père. Tu le supplies de ne pas les laisser se disperser en différentes communautés, selon les désirs et les pensées de chacun d’eux. Tu veux et tu implores ton Père pour que l’Église que tu es venu instituer ici-bas résiste à toutes les tentations démoniaques dont elle sera la proie jusqu’à ton retour en gloire, au dernier jour.

Demande

Seigneur, fais que l’Église soit et demeure toujours guidée et habitée par l’Esprit Saint que tu lui as envoyé à la Pentecôte. Seigneur, tu nous as confiés à Marie, ta Mère : accorde-nous de savoir suivre le conseil qu’elle a donné aux noces de Cana de faire tout ce que tu nous diras (Cf. Jn 2, 5).

Points de réflexion

1. « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom (…) » Là, Seigneur, tu insistes sur cette unité de l’Église que tu es venu fonder : une seule Église dont les apôtres sont les pierres vivantes et tu veux que cette Église soit et demeure un seul troupeau. Ton seul souci est que le projet de Dieu, le plan que tu es venu réaliser, soit accompli : il faut que le monde créé grandisse et, par une lente progression jusqu’au dernier jour, se transforme en lieu d’amour et de vérité auquel tous les hommes, et chacun en particulier, sont invités. Et là, en ce moment de prière, tu t’adresses à ton Père avec cette certitude que le monde sera sauvé si ton troupeau reste fidèle à ton enseignement et s’il ne se disperse pas.

2. « Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom. » Tu sais que ta personne, ton enseignement, ce que tu veux mettre en place, seront rejetés. Cette unité sera remise en question : tes disciples auront à lutter avec persévérance pour ne pas être rejetés et exclus de ce monde. Tu ne cesses d’implorer ton Père de nous garder unis entre nous en un seul troupeau ; qu’il n’y ait qu’un temple de Dieu, une seule Église habitée par la Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint. Tu veux que la charité nous permette de vivre et de transmettre ton message jusqu’au bout du monde et jusqu’à la fin des temps : cette charité qui excuse tout, croit tout, espère tout, identifie tout, comme l’écrivait saint Paul aux Corinthiens (Cf. 1 Co 13). Tu veux que nous dépassions nos égoïsmes stériles et meurtriers, ce feu de haine que le démon a allumé en nous depuis Adam et dont Caïn et Abel sont les premiers exemples. Comment être témoins d’amour au milieu du monde si tous ceux qui disent vivre de l’amour trinitaire ne s’aiment pas entre eux ?

3. « Sanctifie-les dans la vérité. » Sanctifier, c’est faire participer à ta sainteté et pour prendre part à cette sainteté, il faut que nous sachions écouter et nous alimenter de la Parole de Dieu, du Verbe de Dieu, du pain que tu nous donnes. Tu es la Parole, la Vérité et Vie. Saint Jean, au début de son Évangile, te fait dire que tu es la lumière véritable. Nos paroles, nos arguments et tout ce qui ne sort que de nous, seront toujours limités et doivent être confrontés à cette vérité incarnée venue vivre avec nous, au milieu du monde. Et nous savons, et tu nous l’as affirmé, que si nous demeurons en toi, le démon ne pourra rien contre nous. Nous savons que nous devons nous tenir sur nos gardes parce que le démon n’est jamais loin pour faire dévier nos actes et nos paroles.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu sais tout. Tu sais combien je suis faible et que cette faiblesse est souvent la proie des pièges du démons. Seigneur, apprends-moi à me réfugier en toi et à savoir que ta miséricorde est toujours là pour m’aider et me pardonner quand je succombe.

Résolution

Aujourd’hui, je chercherai à vivre la charité en pensées, en paroles et en actions et à la demander de toutes mes forces.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

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 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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Evangile et Homélie du Sam 12 Mai 2018. Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera


Nous sommes le  samedi de la 6e semaine de Pâques
Saint(s) du jour  : Bx Álvaro del Portillo, évêque (1914-1994),  ,  Bse Imelda Lambertini, vierge, dominicaine (1322-1333)


Lectures de la messe

Première lecture (Ac 18, 23-28)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Après avoir passé quelque temps à Antioche,
Paul partit.
Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie,
en affermissant tous les disciples.
Or, un Juif nommé Apollos,
originaire d’Alexandrie,
venait d’arriver à Éphèse.
C’était un homme éloquent,
versé dans les Écritures.
Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ;
dans la ferveur de l’Esprit,
il parlait et enseignait avec précision
ce qui concerne Jésus,
mais, comme baptême,
il ne connaissait que celui de Jean le Baptiste.
Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue.
Quand Priscille et Aquila l’entendirent,
ils le prirent à part
et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu.
Comme Apollos voulait se rendre en Grèce,
les frères l’y encouragèrent,
et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil.
Quand il fut arrivé, il rendit de grands services
à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu.
En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs,
en démontrant par les Écritures
que le Christ, c’est Jésus.

– Parole du Seigneur.


 

Psaume 46 (47), 2-3, 8-9, 10

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :
c’est le peuple du Dieu d’Abraham.
Les princes de la terre sont à Dieu
qui s’élève au-dessus de tous.


 

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 23b-28)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ;
demandez, et vous recevrez :
ainsi votre joie sera parfaite.

En disant cela, je vous ai parlé en images.
L’heure vient où je vous parlerai sans images,
et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ;
or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,
car le Père lui-même vous aime,
parce que vous m’avez aimé
et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;
maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

 « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père ». La beauté et la grandeur du    parcours que nous fait découvrir l’évangile de saint Jean depuis Pâques tient dans ce verset. Il prolonge la fête de l’Ascension et prépare la Pentecôte.

Quand Dieu nous révèle son visage, celui de Jésus apparaît. Sorti du Père, le Verbe est venu dans le monde. Nous sommes tellement coutumiers du    mystère de l’Incarnation que nous ne voyons peut être plus très bien l’aspect déconcertant de la chose. Quand Dieu se montre, un homme apparaît. Quelle merveille. Ce n’est pas la volonté divine    qui permet d’expliquer ce prodige : Dieu se serait fait homme parce qu’il l’aurait voulu. L’argument est un peu court. Dieu ne peut pas faire n’importe quoi, sa volonté ne connaît pas nos    caprices. Dieu s’est fait homme parce qu’il y a en lui, dans sa nature, quelque chose d’intimement proche de l’homme. Dieu a la capacité de l’homme, et quand il le décide il la réalise. Parenté    admirable et inouïe. Nous l’oublions trop facilement, c’est nous qui sommes à son image, pas le contraire.

Maintenant, Jésus quitte le monde. L’instant n’est pas aussi tragique que le samedi saint, mais une parenté entre les deux temps existe. Nous    avons à nouveau perdu le contact direct avec notre maître. Ses disciples entrent dans le temps de l‘attente et de l’interrogation. Comment cela va-t-il se faire ? La fête de l’Esprit couronne le    mois de Marie. 

Il est bon que le Fils s’en aille. Il part vers le Père. Il est monté au Ciel, lieu de la rencontre entre l’homme et Dieu. Il s’efface devant le    Père qu’il est venu nous révéler. Sur terre en effet le Christ exerçait une authentique paternité sur ses disciples. Il était leur exemple et leur éducateur. Jésus reconnaît cette paternité quand    il dit : « je ne vous laisserai pas orphelins ». Cette paternité visible était nécessaire à la croissance des disciples. Mais Jésus respecte infiniment notre liberté, il nous faut devenir    pleinement homme, c'est-à-dire en Dieu. L’Ascension est la marque de ce respect. Claudel faisait dire au Seigneur : « Il faut que je vous soustraie mon visage pour que vous ayez mon âme ».

Le Fils est parti pour que l’Esprit vienne, celui qui nous inspire. Non pas celui qui décide pour nous, cela ne serait pas digne de Dieu, mais    celui qui nous inspire les décisions. Jésus s’efface pour que nous perdions l’habitude de tourner nos regards vers lui. Il n’est plus question pour les disciples de lui demander l’action à    entreprendre où la décision à prendre comme on va chercher une consigne. En montant au Ciel, il tourne définitivement nos regards vers le Père. Le Père peut en effet exercer désormais pleinement    sa paternité sur ses enfants, engendrer ses disciples à sa propre vie.

 Dans ce verset, saint Jean résume le mouvement adorable du Fils vers le Père, rassemblant en lui toute humanité. Dans ces jours d’invocation du    Saint-Esprit nous prenons la pleine mesure du temps pascal. La Pâque que nous avons célébrée est le passage, de la terre au ciel, du monde à l’intimité de Dieu. Là est l’essentiel de la    foi.

 Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

 «Je suis sorti du Père (…). Maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père»

Aujourd'hui, l'Evangile nous laisse entendre des paroles d'adieu tendres de la part de Jésus. Il nous fait part de son mystère le plus précieux, Dieu Père est à la fois son origine et son destin: «Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père» (Jn 16,28).
Cette vérité concernant la Deuxième Personne de la Trinité ne devrait jamais cesser de résonner dans nos cœurs: vraiment, Jésus est le Fils de Dieu, le Père Divin est son commencement et en même temps sa fin.
Pour tous ceux qui croient tout savoir sur Dieu, mais qui mettent en doute la filiation divine de Jésus, l'Évangile d'aujourd'hui a quelque chose d'important à leur dire: “Celui” que les juifs appellent Dieu est celui qui a envoyé Jésus, et Il est donc par conséquent, le Père des chrétiens. Ces paroles nous disent clairement que nous ne pouvons vraiment connaître Dieu que si nous acceptons cette vérité: que ce même Dieu est le Père de Jésus.
Cette filiation divine de Jésus nous rappelle un autre aspect fondamental de notre vie: nous, les baptisés, nous sommes des fils de Dieu dans le Christ par l'Esprit Saint. Cela renferme un des plus beaux mystères pour nous tous: cette paternité adoptive de Dieu envers les hommes se distingue de l'adoption humaine en ce qu'elle a un fondement réel dans chacun de nous, puisqu'elle entraîne une nouvelle naissance. Par conséquent, celui qui a été introduit dans la grande famille divine ne sera plus jamais un inconnu.
C'est pour cela, que le jour de l'Ascension la messe nous rappelle, lors de la prière commune que nous tous, les fils, nous avons tous suivis les pas de Jésus: «Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance». Enfin, aucun chrétien devrait ne se “décrocher” de ce corps, puisque tout ceci est plus important que n'importe quel marathon ou n'importe quelle course, car la ligne d'arrivée n'est autre que le ciel c'est à dire Dieu lui-même!

Abbé Xavier ROMERO i Galdeano     (Cervera, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



 

 Prière d'introduction

 Seigneur, viens en mon cœur. Donne-moi la grâce de pouvoir passer quelques moments en intimité avec toi, mon cœur près de ton cœur.

Demande

 Seigneur, donne-moi la joie véritable.

 Points de réflexion

 1. « Demandez et vous recevrez. » Ce n’est pas la première fois que l’on entend ces paroles dans la bouche de Jésus. On lit en effet dans l’Évangile de Matthieu : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. » (Mt 7, 7). Cette fois nous les lisons dans l’Évangile de Jean, dans le discours de Jésus après la dernière Cène, alors que la Passion est sur le point de commencer. Mais chez Jean nous trouvons, de plus, ces mots : « Demandez et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. » Pourquoi donc Jésus nous dit-il que pour obtenir la joie parfaite il suffit de demander ?

2. L’homme recherche de bien des manières la joie. Mais pense-t-il à la demander ? Demander la joie, c'est se rendre compte que je ne peux pas me donner à moi-même la joie authentique. Elle doit venir de quelqu’un d’autre. Voilà pourquoi, sans doute, beaucoup cherchent la joie, mais peu, semble-t-il, la trouvent véritablement. Pourquoi ? Car tant que l’on croit que l’on peut l’obtenir par ses propres forces, on ne va pas la trouver. La joie est un don qui se reçoit, une grâce qui se demande.

3. En effet, ce que nous avons de plus propre à nous, notre propre être, le fait même que nous existions, est un don. Nous sommes des êtres qui n’existions pas, et pourtant, en un certain point de l’histoire du monde, nous avons commencé à être, sans que nous n’ayons rien fait pour cela. Nous avons donc reçu l’existence comme un don, et nous recevrons la plénitude de cette existence, la joie parfaite, comme un don. Or cette joie parfaite, seul Dieu peut nous la donner. Lui seul nous a créés, lui seul peut combler le désir de lui qu’il a dans notre cœur. Ainsi, la seule chose que nous puissions faire pour avoir la joie parfaite, c’est de la demander et de nous préparer à la recevoir.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu m’as créé pour recevoir ton amour. Toi qui es l’amour en plénitude, tu as voulu le partager avec moi. Merci, Seigneur. Remplis mon cœur de ton amour.

 Résolution

 Faire de ma prière un moment pour demander et recevoir les dons de Jésus.

 Père Jean-Marie Fornerod, LC

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 "Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.

Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. Dans l’Évangile de Jean, toutes les paroles et toutes les actions de Jésus possèdent souvent une double signification, à la fois humaine et à la fois divine. C’est par ces signes qu’il nous faut découvrir la face cachée de Jésus à travers la réalité sensible. « Vous serez comblés de joie dit Jésus ! » Les disciples de Jésus comprennent que Jésus est étroitement uni au Père : « Moi et le Père, nous sommes un. » La prière faite au nom de Jésus, est comme celle que Jésus adresse au Père. Jésus nous rappelle le cœur de notre foi : Il préexistait en Dieu avant la création du monde, Il s’est incarné en venant dans le monde, Il retourne maintenant dans la gloire du Père. Jésus nous dit des choses d’une si grande intimité au moment ou il part vers le Père que nous sommes dans l’émerveillement.  Marie sa mère, est la première qui fut comblée de joie, elle est pour nous le prototype de l’Église ! Dieu notre Père, qui lui a fait le don de ce qu’il a de plus cher, son propre Fils, veut nous combler de joie. C’est la révélation du Père, par l’intermédiaire de Jésus, son Fils incarné dans notre monde.

"En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père." Pour les disciples de Jésus, la révélation était énigmatique, parce que leur foi n’était pas parfaite et que la lumière de l’Esprit Saint leur manquait. Mais « l’heure vient » où l’Esprit sera la lumière de tous les disciples du Christ Jésus. L’Esprit Saint leur rappellera et leur expliquera tout ce que Jésus a dit et ce qu’il a fait. Marie a reçu les paroles de Jésus dans son cœur : « Je suis sorti du Père. » C’est dans la foi que Marie connaît Jésus d’une manière étonnante. Le Saint Esprit est à l’œuvre en elle. Elle est cet accueil de Jésus, le Verbe de Dieu fait chair en elle. Grâce à elle, nous comprenons la parole de Jésus et nous entrons dans le mystère incroyable de Dieu qui se révèle au monde. Nous prions avec Marie et nous demandons avec elle la venue de l’Esprit Saint. C’est une si grande joie pour nous. La paternité de Dieu trouve un fondement réel en chacun de nous, car nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Elle nous introduit dans une nouvelle naissance, dans la vie de Dieu. La filiation divine de Jésus nous fait entrer dans le secret le plus fondamental de notre vie. Baptisés, nous sommes les enfants de Dieu dans le Christ, par l’Esprit Saint.

"Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti." Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. En présence de Marie, l’Église va vivre une nouvelle intimité avec Jésus, grâce à l’Esprit Saint. Marie, la mère du Fils de notre Père des cieux, est aussi notre mère. Elle est la mère des pauvres qui sont de race royale. Ils ont besoin de cet Amour nouveau qui est Dieu. La révélation de Jésus, avant de passer de ce monde à son Père est si merveilleuse. Cette vérité ne cesse de résonner dans nos cœurs, vraiment, Jésus est le Fils de Dieu. Dieu ne nous refuse rien, il nous a tout donné en nous donnant Jésus, son propre fils. Si nous lui demandons quelque chose selon son cœur, il nous le donne. « En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom ; or, je ne dis pas que c’est moi qui prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime. » Nous appelons l’Esprit Saint, pour qu’en lui, nous nous tournions vers notre Père.

 

Nous demandons la grâce que le Saint-Esprit nous soit donné.

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



 


 



 

 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Évangile et homélie du Vend 11 May 2018. Votre peine se changera en joie et votre joie, personne ne vous l'enlèvera

 


Nous sommes le vendredi de la 6e semaine de Pâques
Saint(s) du jour  : St Francesco De Girolamo, prêtre s.j. (1642-1716),  St Ignazio de Laconi, religieux o.f.m. cap. (1701-1781)


 

Lectures de la messe

Première lecture 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 18, 9-18)

À Corinthe,
une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision :
« Sois sans crainte :
parle, ne garde pas le silence.
Je suis avec toi,
et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter,
car dans cette ville
j’ai pour moi un peuple nombreux. »


Paul y séjourna un an et demi
et il enseignait parmi les Corinthiens la parole de Dieu.
Sous le proconsulat de Gallion en Grèce,
les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul
et l’amenèrent devant le tribunal,
en disant :


« La manière dont cet individu
incite les gens à adorer le Dieu unique
est contraire à la loi. »
Au moment où Paul allait ouvrir la bouche,
Gallion déclara aux Juifs :


« S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave,
je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit.
Mais s’il s’agit de débats sur des mots,
sur des noms et sur la Loi qui vous est propre,
cela vous regarde.


Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. »
Et il les chassa du tribunal.
Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue,
et se mirent à le frapper devant le tribunal,
tandis que Gallion restait complètement indifférent.
Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe.
Puis il fit ses adieux aux frères
et s’embarqua pour la Syrie,
accompagné de Priscille et d’Aquilas.
À Cencrées, il s’était fait raser la tête,
car le vœu qui le liait avait pris fin.

– Parole du Seigneur.


 

Psaume 46 (47), 2-3, 4-5, 6-7)

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Celui qui nous soumet des nations,
qui tient des peuples sous nos pieds ;
il choisit pour nous l’héritage,
fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 20-23a)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous allez pleurer et vous lamenter,
tandis que le monde se réjouira ;
vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine
parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né,
elle ne se souvient plus de sa souffrance,
tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine,
mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ;
et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

  


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

Le thème de la souffrance du juste persécuté, se lamentant au milieu de la liesse des méchants fêtant leur triomphe, est récurrent dans la    Bible. L’Apocalypse de saint Jean décrit elle aussi l’arrogance des impies déployant leur faste et leurs sortilèges pour séduire les hommes, tout en poursuivant de leur haine meurtrière ceux qui    refusent de plier le genou devant leurs idoles. Jésus confirme ce thème : « vous allez pleurer et vous lamenter » - il s’adresse aux disciples - « tandis que le monde se réjouira ».

N’est-ce pas le sort qui fut réservé à Notre-Seigneur tout au long de sa passion : broyé par la souffrance, il est livré aux sarcasmes, au    mépris, à la violence de ceux dont la jalousie et la haine se déchainent contre lui.La sérénité de Jésus contraste singulièrement avec le déferlement des passions qui l’assaillent de toute part : Notre-Seigneur sait fort bien    que les mille morts qu’il subit constituent les douleurs de l’enfantement de l’homme nouveau et du monde nouveau. Accablé de toute part, il garde les yeux fixés sur le terme de son parcours : au    cœur de son épreuve, il se réjouit déjà de la naissance à la vie divine de notre humanité vouée à la mort.

Jésus avertit ses disciples qu’il en sera de même pour eux ; n’est-ce pas effectivement ce que nous observons tout au long de l’histoire ? Dès    les origines, l’Eglise a été persécutée, et à part quelques brèves périodes d’accalmies, il en a toujours été ainsi. Bien plus : la Parole nous prévient qu’il en sera de même jusqu’à la    parousie.   

Dans la lettre aux Romains, saint Paul précise que « la création tout entière traverse les douleurs d’un enfantement qui dure encore » (Rm 8,    22). Cette « création » qui aspire à la gloire des enfants de Dieu, c’est-à-dire à la participation à la vie divine, ne doit pas être confondue avec le « monde », qui s’oppose tout au contraire    au Royaume instauré par le Christ, et s’acharne à retarder son avènement en persécutant les croyants. Le « monde » - au sens où le quatrième évangéliste utilise ce terme - ne connaît pas Dieu et    refuse de s’ouvrir à sa Révélation, car il gît au pouvoir du père du mensonge, qui est homicide dès les origines (Jn 8, 44).

Ce n’est donc pas « le monde » qui enfante, car il s’est voué lui-même à la stérilité en se coupant de Dieu. Ce ne sont pas ses idoles qui lui    donneront la vie, car « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie » (1 Jn 2, 16) n’ont jamais engendré que la jalousie, l’envie, la haine, la violence et finalement    la mort. Le « monde » se réjouit de l’extension de son règne ici-bas, du triomphe de ses contre-valeurs - l’avoir, le pouvoir et la gloire ; mais il ne peut rien contre le disciple du Christ, car    celui-ci n’appartient pas à ce « monde » - même s’il doit encore y demeurer quelque temps. Aussi est-il sans cesse en butte à la contradiction, car en refusant d’adhérer aux idéologies du    relativisme, de l’hédonisme et de l’individualisme, il se trouve en porte-à-faux avec l’opinion dominante et risque de se trouver socialement marginalisé, voire exclu.    

Au cœur de ce combat inégal où le disciple est en voie de subir le sort de son Maître, il ne reste cependant pas seul ; le Seigneur n’abandonne    pas les siens : « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera ». « L’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu » (1 P 4, 14) repose en effet sur lui, et lui    fait déjà goûter les arrhes de son héritage : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ; heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute    sorte de mal contre vous, à cause de moi : réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 5.11).

Seigneur, lorsque nous serons en bute aux contradictions, voire aux persécutions, accorde-nous la grâce de ne pas être lâches,    mais comme les premiers disciples, de te prier de nous renouveler dans l’Esprit Saint. Avec eux nous voulons te demander : « Donne à ceux qui te servent d’annoncer ta Parole avec une    parfaite assurance. Etends donc ta main pour guérir les malades, accomplis des signes et des prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur » (Ac 4, 29-30). Oui, puissions-nous être     « remplis de l’Esprit Saint pour annoncer la Parole de Dieu avec assurance » (Ac 4, 31).

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Votre peine se changera en joie»

Aujourd'hui, nous commençons les Dix jours du Saint-Esprit. En revivant le Cénacle, nous voyons la Mère de Jésus, Mère du Bon Conseil, converser avec les Apôtres. Conversation cordiale et riche! Ils se rappellent toutes les joies partagées avec le Maître. Les journées pascales, l'Ascension et les promesses de Jésus. Les souffrances des jours de la Passion sont devenues joie. Quelle chaleureuse ambiance dans ce Cénacle! Et celle qui les attend, selon ce que Jésus leur a dit!
Nous, nous savons que Marie, Reine des Apôtres, Épouse du Saint-Esprit, Mère de l'Église naissante, nous guide pour recevoir les dons et les fruits du Saint-Esprit. Les dons, c'est la voile du bateau quand elle se déploie et que le vent -symbole de la grâce- lui est propice: que le chemin est facile et rapide!
À nous aussi le Seigneur promet de convertir en joie nos fatigues: «Votre joie, personne ne vous l'enlèvera» (Jn 16,22), «votre joie sera parfaite» (Jn 16,24). Au Psaume 126,6: «il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence; il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte les gerbes».
Toute cette semaine, la liturgie nous parlera de rajeunissement, d'exultation (sauts de joie), de félicité sûre et perpétuelle. Tout nous portera à vivre d'oraison. Saint Josémaria nous dit: «Je veux que tu sois toujours content, car la joie fait partie intégrante de ton chemin. -Demande pour tous cette même joie surnaturelle».
Pour sa santé physique et surnaturelle, l'être humain a besoin de rire. L'humour de bon aloi apprend à vivre. Saint Paul dira: «Nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment» (Rom 8,28). Voilà une bonne oraison jaculatoire: «Tout est pour le bien!»; «Omnia in bonum!».

+ Abbé Joaquim FONT i Gassol     (Igualada, Barcelona, Espagne)

 

http://evangeli.net/evangile



 

Prière d'introduction

Jésus, je veux passer ce moment avec toi, avec toi l’ami qui est mort pour moi sur la croix et ressuscité le troisième jour. Tu es présent dans mon cœur et tu as quelque chose à me dire aujourd’hui, à moi personnellement, aide-moi à me mettre à ton écoute. Aide-moi à mettre de côté tous les bruits de mon cœur, toute distraction, pour écouter ta voix dans le silence de mon âme.

Demande

Jésus, accorde-moi la grâce de persévérer jusqu’à la mort dans la foi en toi, dans l’amour pour toi, dans la confiance en toi.

Points de réflexion

1. Les paroles de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui sont presque les dernières avant son grand silence, avant qu’il ne donne sa vie pour chacun de nous, en silence, en « agneau conduit à l’abattoir » (Is 53, 7). Après l’Évangile d’aujourd’hui, il ne fera plus qu’une chose avant sa Passion : prier pour ses disciples et prier pour le monde entier. Ensuite, il se donne. Il se laisse trahir par Judas, arrêter par les prêtres, condamner par son peuple, par les siens qui ne l’ont pas reçu (Cf. Jn 1, 11). Désormais, il sait que son heure est arrivée. C’est le moment pour lui de donner sa vie. Mais ce n’est pas à contrecœur qu’il s’avance vers sa Passion : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !» (Lc 12, 49-50)

2. « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter (…) » Alors que c’est lui qui s’avance vers sa Passion, c’est de ses disciples qu’il se préoccupe, non de lui-même. Lui, il sait très bien ce qu’il fait. Et pourtant, les disciples pensent maintenant finalement comprendre Jésus : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. » (Jn 16, 29) Mais croyaient-ils que les trois fois où Jésus leur avait annoncé qu’il mourrait rejeté des chefs des prêtres sur une croix, bafoué et outragé, il parlait en parabole ? Si Jésus invitait ceux qui voulaient le suivre à prendre leur croix, à se renier eux-mêmes et à le suivre, ils n’ont pas l’impression d’avoir pris une vraie croix sur leurs épaules. Certes, les trois années avec le Christ n’ont pas été de tout repos, et souvent il y avait l'ambiguïté de suivre quelqu’un qui n’était pas reconnu par les autorités religieuses. Et maintenant que clairement Jésus ne parle plus en paraboles, il annonce pour les disciples pleurs et lamentations.

3. À la première Pâque de sa vie publique, Jésus évoquait déjà cette image de l’enfantement. Il en profitait pour dire à Nicodème qu’il devait être élevé pour que tous croient en lui, que parce qu’il nous aimait il devait passer par la souffrance de la croix. Jésus sera le premier d’entre tous, il est le nouvel Adam ; lui, chemin, vérité et vie, nous montre le chemin à suivre. Car toute vie chrétienne sera, à sa suite, marquée de la croix et du signe de la croix. C’est avec joie et honneur que tant de martyrs ont embrassé la croix. Mais, à la suite du Christ, le chrétien n’embrasse pas seulement la croix, mais la vie avec le Christ : il sait qu’à travers ses épreuves, il parvient au ciel, c’est-à-dire à la communion avec Jésus : « (…) je vous reverrai, et votre cœur se réjouira. » Il sait qu’après la croix se trouve la Résurrection ; qu’il sera réuni avec le Christ, source de toute vraie joie. De plus, le chrétien ne peut pas vivre la souffrance triste, car il sait qu’au milieu de la souffrance se trouve Jésus, car il sait que Jésus est le premier à avoir pris sa croix, et que désormais il n’y a pas de croix sans Jésus, et il n’y a pas Jésus sans la croix.

Dialogue avec le Christ

Jésus, en ce temps pascal, c’est bien cela que nous célébrons, ta victoire sur la mort, sur le péché, sur la souffrance. Merci, Jésus, d’avoir pris ta croix, pour être présent dans chacune de mes croix quotidiennes. Apprends-moi à porter mes croix avec toi, à ne pas essayer de les porter seul, car c’est alors qu’elles deviennent lourdes et pesantes. Aujourd’hui comme à tes disciples il y a 2000 ans tu me redis : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28)

Résolution

Aujourd’hui, lorsque quelque chose me coûtera, face aux difficultés, je veux me rappeler que je ne suis pas seul, que Jésus a porté sa croix le premier et qu’il est auprès de moi et m’accompagne pour porter la mienne.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



 

"Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.

C’est ainsi que nous passons par les douleurs de la femme qui enfante, dans ce grand combat de Marie et de l’Église annoncé dans l’Apocalypse : La femme se trouve face au dragon prêt à dévorer l’enfant dès sa naissance. Nous aussi, nous avons à faire face au « dragon » qui détruit le mystère de l’amour et de la tendresse de notre cœur. Aujourd’hui encore, le même combat se vit dans l’humanité ou Jésus est vainqueur. C’est un Mystère de paix et d’amour, de compassion et de lumière qu’il nous apporte. L’appel de l’Ange à Marie, à l’Annonciation, a conduit l’humanité au merveilleux enfantement de Jésus à Noël ! Le ciel et la terre donnent au monde un Sauveur. Ce mystère provoque la fureur incontrôlable du menteur qui bondit, rugissant de haine, car il s’était approprié la terre. Des l’origine, nous en avons été blessé et nous portons en nous des zones de grandes violences. Mais nous avons la grâce de vivre du mystère de Jésus qui pacifie notre cœur. Nous pouvons plonger la violence qui nous submerge dans l’amour de Dieu, et nous laisser pacifier par le Christ Jésus. Il vient dans chacune de nos vies pour nous sauver. Nous suivons le commandement de Jésus, celui de l’amour mutuel dans la communion avec lui. L’Amour, lien vital du Père et du Fils dans le mystère de l’Esprit Saint, donne au Christ Jésus d’aimer en nous et par nous. Il est le bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

"La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde." A la Croix, nous sommes devenu l’enfant de la douleur de la femme qui suit l’Agneau qui nous sauve. Il accepte par amour de mourir pour nous. Son acceptation nous fait participer à la liberté souveraine de Dieu. L’Apôtre Jean rapporte dans l’Apocalypse le combat vécu à la Croix par Jésus, en présence de Marie. Il a été témoin des attaques farouches, injustifiées portées sur lui au sommet du Golgotha. Celui qui est entièrement disponible, obéissant, connaît la vérité qui vient de Dieu. Cette vérité libère de l’esclavage du péché et de la mort. Ce mystère se vit encore dans le cœur de l’Église comme il se vit dans le cœur de l’humanité. C’est un enfantement pour une vie nouvelle ! Posté face à la femme, le dragon est prêt à dévorer son enfant, fruit de sa foi, de son espérance et de son amour. Mystère de l’amour et de la souffrance qui se trouve face à face ! Marie, la mère de Jésus, préfigure l’Église, elle lui donne un visage, elle en est le prototype. Jésus a détruit les souffrances de la mort, il a donné naissance à la vie.

« Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour–là, vous ne me demanderez plus rien. Amen, amen, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom." Dans sa prévenance, Jésus fait toujours les premiers pas, et il frappe à notre porte, il appelle et attend patiemment notre réponse. Ce choix, qui découle de son amour, vise à l’épanouissement de notre être, produit des fruits parce que nous sommes unis au Christ. C’est à la suite d’un don gratuit, d’un choix bienveillant, que nous devenons ami de Jésus. Cette vie dans le Christ est, de par sa nature, conquérante ; elle doit s’étendre à la mission des disciples. Le Seigneur Jésus est réconfort de son peuple, monté aux cieux, il siège désormais à la droite du Père dans une puissance d’amour total. Il entoure l’univers de toute sa tendresse et soutient le combat de l’Église. L’amour qui règne à l’intérieur de la communauté chrétienne contredit la haine qui sévit à l’extérieur. Toutes ces souffrances sont unies à la passion de Jésus et à la compassion de Marie, elles deviennent une force de sanctification. Dieu est vainqueur de la haine et de la mort par la Résurrection de Jésus, il provoque l’action de grâce donnée par l’Esprit Saint dans l’Église.

Nous demandons la grâce de nous offrir à Jésus pour porter du fruit en surabondance.

 Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



 

Joie de la vision du Seigneur ressuscité, joie de la vision de gloire

      Après avoir appliqué la comparaison (de la femme qui enfante) à la tristesse des Apôtres; le Seigneur l’applique à leur joie future.
      Il leur promet premièrement qu’ils le reverront, lorsqu’il dit : ‘Mais de nouveau je vous verrai’. Toutefois il ne dit pas : ‘vous me verrez’, mais ‘je vous verrai’, parce que le fait de se montrer lui-même provient de sa miséricorde, signifiée par son regard. Il dit donc : ‘Mais de nouveau je vous verrai’, à l’heure de la Résurrection et dans la gloire future : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté » (Is 33,17).


      Il leur promet ensuite la joie du cœur et l’exultation, en disant : ‘et votre cœur sera dans la joie’ à savoir celle de me voir à la Résurrection. Aussi l’Église chante-t-elle : « Voici le jour que le Seigneur a fait, exultons et soyons dans l’allégresse » (Ps 117, 24). ‘Et votre cœur sera dans la joie’ également à cause de la vision de la gloire. « Tu m’empliras d’allégresse près de ta face » (Ps 15, 11) Pour tout être, en effet, il est naturel de trouver sa joie dans la contemplation de la réalité aimée. Or personne ne peut voir l’essence divine sans l’aimer. La joie accompagne donc nécessairement cette vision : Vous « le verrez », en le connaissant par l’intelligence, « et votre cœur se réjouira » (Is, 60,5) ; et cette joie elle-même rejaillira jusque sur le corps, lorsqu’il sera glorifié ; aussi Isaïe enchaîne-t-il : « et vos os seront florissants » (Is 66, 14). « Entre dans la joie de ton Seigneur ». (Mt 25, 21)


      Enfin le Seigneur promet une joie qui durera toujours, lorsqu’il dit : ‘et votre joie’, celle que vous aurez à cause de moi à la Résurrection - « Je me réjouirai d’une grande joie dans le Seigneur » (Is 61,10) - ‘nul ne vous l’enlèvera’ puisque «ressuscitant des morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus sur lui d’empire (Rm 6,9). Ou encore, ‘votre joie’, la joie de jouir de la gloire, ‘nul ne vous l’enlèvera’ puisqu’elle ne peut être perdue et qu’elle est perpétuelle - « Une allégresse éternelle sera sur leur tête » (Is 35,10).


      Cette joie, en effet nul ne se l’enlèvera lui-même par le péché, puisque là, la volonté de chacun aura été confirmée dans le bien ; et personne non plus n’enlèvera cette joie à un autre, puisqu’il n’y aura là aucune violence et que nul ne portera préjudice à un autre.

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org



 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org


   

  

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Évangile et homélie du Dim 10 Mai 2018. Solennité de l'Ascension de Notre Seigneur.

Lectures de la messe

 

Première lecture

« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

– Parole du Seigneur.

Psaume 46 (47), 2-3, 6-7,8-9)

Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre, que vos musiques l’annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré.


 

Deuxième lecture (Ep 4, 1-13)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.

– Parole du Seigneur.


Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 16, 15-20)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile.

Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour


Une grande espérance découle de la fête de l’Ascension. Mais qu’en est-il pour aujourd’hui ? Nos pauvretés nous pèsent, nos croix nous    écrasent à ras de terre. Comme il semble souvent bien loin et inaccessible ce ciel tant désiré !

Mais détrompons-nous et laissons de côté toutes nos illusions. Le ciel n’est pas au bout de nos mérites et de nos vertus. Le ciel est offert    gratuitement aux pauvres, aux petits qui ne peuvent s’élever par eux-mêmes. Ceux qui s’élèvent par eux-mêmes ont déjà leur récompense, mais ceux qui se reconnaissent pécheurs et s’abaissent    devant Celui sans qui ils ne peuvent rien faire, ceux-là seront élevés et consolés par le Père.

Il n’y a qu’une échelle qui nous fasse monter, c’est celle de l’humilité. Cette échelle se monte en descendant, en consentant à ce que nous    sommes. Il faut la monter en s’abaissant. «Qui s’abaisse sera élevé» dit Jésus.

Qui désespèrerait quand le bon larron espère, cloué sur sa croix ! Son humilité, malgré toutes ses fautes, l’a hissé aux portes du paradis avec    Jésus. Écoutons à nouveau l’exhortation de Paul : «Ayez beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour (…)
en vivant dans la vérité de l’amour, nous    grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui» (Ep 4,1-13). Seul l’amour empreint d’humilité nous ouvre les portes du ciel. Notre propre ascension est impossible sans cette    descente de nos fausses hauteurs, sans l’abandon de la vaine gloire. C’est en descendant, en se vidant de soi, par un don sans réserve, que l’on devient réellement semblable à Dieu.

Être semblable à Dieu, voilà ce que Dieu désire pour nous à travers l’ascension de son Fils. A nous maintenant de ne pas décevoir son    espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu»

Aujourd'hui en cette fête solennelle, nous est offerte une parole de salut comme jamais nous n'aurions pu en imaginer. Non seulement le Seigneur Jésus est ressuscité en vainqueur de la mort et le péché, mais, encore, Il a été élevé jusqu'à la gloire de Dieu! Voilà pourquoi le chemin de retour vers le Père, ce chemin que nous avions perdu et qui s'était ouvert pour nous dans le mystère de la Nativité, demeure à partir d'aujourd'hui irrévocablement offert, après que le Christ se soit donné totalement au Père sur la Croix.

Offert? Oui, offert. Parce que le Seigneur Jésus Christ, avant d’être élevé au ciel, a envoyé ses disciples aimés, les Apôtres, à inviter tous les hommes à croire en Lui, pour pouvoir le rejoindre là où Il se trouve. «Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé» (Mc 16:15-16).

Ce salut qui nous est donné consiste en fin de compte, à vivre la vie même de Dieu, comme nous le dit l'Évangile selon saint Jean: «Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (Jn 17:3).

Mais ce que l'on donne par amour doit être accepté dans l'amour pour être reçu comme un don. Jésus Christ, que nous n'avons jamais vu, veut donc que nous lui offrions notre amour à travers notre foi, celle que nous recevons en écoutant la parole de ses ministres, que nous pouvons certainement voir et entendre. «Nous croyons en celui que nous n'avons pas vu. Il a été annoncé par ceux qui l'ont vu (...). Celui qui a promis reste fidèle et ne déçoit jamais: ne défaillons pas en notre confiance, et attendons sa promesse (...). Garde ta foi!» (Saint Augustin). Si la foi est une offrande d'amour à Jésus Christ, la garder et la faire grandir augmente aussi en nous la charité.

Offrons, donc, au Seigneur notre foi!

 

Abbé Lluc TORCAL     Moine (Tarragona, Espagne)

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Prière d'introduction

 

Seigneur, aujourd’hui, tu m’invites à contempler le mystère de l’Ascension. Aide-moi à être à l’écoute de ta parole. Sainte Vierge Marie, ma tendre mère, fais-moi discerner ce que ton Fils veut me dire aujourd’hui !

Demande

Seigneur, fais grandir en moi l’espérance !

Points de réflexion

1. En cette solennité de l’Ascension, les dernières lignes de l’Évangile selon saint Marc résonnent dans nos églises. Pour qu’elles résonnent aussi dans mon cœur, pourquoi ne pas les lire lentement en se mettant à la place des apôtres ? Pour les onze, l’heure ténébreuse du Golgotha semble si loin… Leur première rencontre avec Jésus ressuscité avait été une immense surprise. À la surprise avait succédé la joie, puis une grande confiance. Jamais personne n’avait vaincu la mort. Personne, sauf celui qui, depuis quarante jours, semblait faire exprès de ne pas les quitter, pour se faire voir, entendre et toucher. Ils ne peuvent pas ne pas croire. Et c’est là que Jésus leur apparaît encore une fois. Mais cette fois, ses paroles sont si solennelles qu’ils comprennent qu’il leur faut être attentifs. Moi aussi, Seigneur, je veux te prêter toute mon attention ! Que veux-tu me dire aujourd’hui ?

2. « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » Voici encore une surprise pour les apôtres. Cela fait trois ans qu’ils suivent le Christ, et ils ne sont guère sortis de Palestine. Le Maître leur avait même dit d’aller plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël (Cf. Mt 10, 6). Et maintenant, non seulement ils sont envoyés dans toutes les nations, mais ils doivent aussi proclamer l’Évangile à toutes les personnes. Ils mettront du temps à assimiler cette mission. Mais ensuite, ils iront évangéliser dans toutes les directions, et c’est ce que l’Église continue de faire aujourd’hui. Et moi ? Cet envoi en mission me met-il mal à l’aise ? Aimerais-je mieux rester tranquillement dans ma zone de confort ? Ou bien, comme saint Paul, dis-je : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16) ? Je ne peux pas évangéliser de manière forcée, je ne peux pas évangéliser sans faire l’expérience de la présence du Christ ressuscité. Comme le rappelle le pape François : « On ne peut persévérer dans une évangélisation fervente, si on n’est pas convaincu, en vertu de sa propre expérience, qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître, que marcher avec lui n’est pas la même chose que marcher à tâtons, que pouvoir l’écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose que pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose. » (Evangelii Gaudium, n° 266)

3. Après l’envoi en mission, le Seigneur plante une stricte alternative : d’un côté, la foi, de l’autre le refus. D’un côté, le salut, de l’autre la damnation. Cela peut faire froid dans le dos. Mais cette alternative radicale n’est que la conséquence de notre liberté. Dieu respecte tellement ma liberté qu’il ne me force pas à accepter la vie éternelle. Il ne veut pas me l’imposer, mais me la proposer. Tout dépend de ma réponse. Mais le Seigneur ne me laisse pas tout seul non plus. Il m’assure que des signes m’accompagneront : exorcismes, protection dans les dangers, langues nouvelles, guérisons, etc. Si j’ai un préjugé contre les miracles, voici quelques phrases de saint Augustin qui me concernent : « Pourquoi, nous dit-on, ces miracles qui, selon vous, se faisaient autrefois, ne se font-ils plus aujourd’hui ? Je pourrais répondre que les miracles étaient nécessaires avant que le monde crût, pour le porter à croire, tandis qu’aujourd’hui quiconque demande encore des miracles pour croire est lui-même un grand miracle de ne pas croire ce que toute la terre croit ; mais ils ne parlent ainsi que pour faire douter de la réalité des miracles. » (Cité de Dieu, XXII, 8) Et saint Augustin poursuit en énumérant une quinzaine de miracles dont il a été témoin. Est-ce que je vois les miracles qui se passent autour de moi ? Ou est-ce que je me borne à en faire le fruit du hasard ?

4. Il n’y a pas que les miracles. Je dispose encore d’une autre aide, d’un avantage incomparable. Cet appui, c’est la présence de Jésus. Mais… comment l’Ascension du Christ le rendrait-il présent ? Ne s’agit-il pas justement d’un éloignement ? Eh bien non. L’Ascension n’est pas une séparation, mais un rapprochement. Benoît XVI explique que les apôtres sont « sûrs que le Ressuscité est maintenant présent au milieu d'eux d'une manière nouvelle et puissante. Ils savent que la droite de Dieu, où il est maintenant élevé, implique un nouveau mode de sa présence, qu'on ne peut plus perdre – le mode par lequel seul Dieu peut nous être proche. » (Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 319-320). Seigneur Jésus, suis-je conscient de ta présence constante à mes côtés ? Que je ne travaille pas tout seul, mais que je collabore avec toi ? Ta présence est la raison de mon espérance.

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, toi qui as vaincu la mort par ta Résurrection, tu es assis à la droite du Père ! Fais grandir mon espérance, mon désir de te rejoindre au ciel ! Sainte Vierge Marie, apprends-moi à m’unir dès ici-bas à ton Fils ! Apprends-moi à jouir de sa compagnie déjà sur cette terre, et fais de moi un témoin de la vie éternelle devant toutes les personnes que je rencontrerai !

Résolution

 

Aujourd’hui, j’intercéderai pour les personnes que le Seigneur me fera rencontrer.

 

Frère Benoît Terrenoir, LC

 

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Jésus leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création."

 

Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Ce que Dieu a fait, garantit pour nous ce qu’Il fera ; s’il a livré son Fils Jésus pour nous, ce n’est pas pour nous ôter maintenant sa faveur ou cesser de nous regarder avec tendresse ! Dieu a scellé avec nous une Alliance éternelle et chaque jour nouvelle, et si Lui est avec nous, qui pourrait imaginer venir à bout de notre fidélité ? Le monde du refus aura beau nous bousculer, nous angoisser, nous persécuter, nous raconter que tout est perdu d’avance, « en tout cela nous n’avons aucune peine à triompher » parce que Celui qui nous a aimés nous aime encore à la droite de Dieu. Jésus, après sa Résurrection, pendant quarante jours, accompagne ses Apôtres. Le jour de l’Ascension, Il remonte auprès du Père. Sa lumière, son amour, sa vie, sont désormais « en acte » dans son Corps qui est l’Église. Nous sommes porteurs d’une source de vie inépuisable dans un monde ou il y en une grande soif de Vérité et d’Amour. Nous croyons en effet à la gloire sans prix de l’héritage que nous partageons avec les fidèles. Jésus nous est donné, Il est à l’œuvre, dans l’Église aujourd’hui. Il est en nous, à la disposition de ceux qui le recherchent dans leur soif d’un Amour infini.

"Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ;" ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Comme les Apôtres, nous sommes témoins de cette victoire, puisque « nous sommes revêtus de la force d’en haut, » et nous tenons dans l’Esprit le commencement de la vie éternelle. Rien ne pourra nous séparer du Père et du Fils, ni les inquiétudes, ni les critiques, ni les écroulements du présent, ni les menaces sur l’avenir, ni les étroitesses des hommes, ni même nos chutes et nos propres misères. Le Saint Esprit est donné aux apôtres pour assurer ce Service d’Amour : « C’est la force même, le pouvoir, la vigueur, qu’il a mis en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. »  C’est la force du Saint-Esprit que nous attendons, dans ce temps de Pentecôte pour nous laisser renouveler. La puissance de Jésus est à l’œuvre dans le cœur des disciples, la puissance de l’amour infini se déploie en nous.

"Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle." Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. Jésus s’est assis : c’est une image, mais combien riche d’enseignement pour nous ! Il s’est assis, comme celui qui a plein pouvoir. Il s’est assis à la droite de Dieu, parlant au Père d’égal à égal, et intercédant pour nous dans ce dialogue d’amour. Il s’est assis dans la paix, ayant achevé chez nous l’œuvre du Père, et goûtant déjà, lui, le Premier-né, le repos de Dieu. Jésus est le Seigneur partageant le trône de Dieu, et en les temps d’épreuves et d’incertitudes que nous traversons, l’Ascension est pour nous porteuse d’un message de sérénité et d’espérance. Sérénité, parce que nous ne sommes pas seuls et que nous ne serons jamais seuls, tant que notre souci restera d’accomplir le dessein du Père. Nous sommes heureux de vivre dans le Christ ressuscité : il est vivant ! Il est notre joie dans ce  pèlerinage terrestre. Aujourd’hui nous sommes en marche animé par l’Esprit Saint, demain sa victoire sera réalisée en nous. Marie Immaculée nous devance, elle est auprès de Lui dans son corps et dans son âme, l’Ascension de son fils est déjà notre victoire. Dans cette Alliance d’Amour qui rejoint toute l’humanité, nous sommes portés par le Christ qui nous donne la responsabilité de bâtir « la civilisation de l’amour. »

 

Nous demandons la grâce de comprendre que notre vie doit annoncer Jésus à tous les pauvres du monde.

 

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


Solennité de l'Ascension de Notre Seigneur

Chers fils et frères et amis en Jésus-Christ,

À l'occasion de cette fête de l'Ascension le Pape est heureux d'offrir le saint Sacrifice eucharistique avec vous et pour vous. [...]

Avec joie et animés de nouvelles résolutions pour l'avenir, réfléchissons un moment sur le grand mystère que célèbre la liturgie d'aujourd'hui. Toute la pleine signification de 1'Ascension du Christ est exprimée dans les lectures de la Sainte Écriture. La richesse de ce mystère est contenue dans ces deux affirmations : « Jésus donna ses instructions... » puis « Jésus prit place... ».

Selon la Divine Providence - dans l'éternel dessein du Père - l'heure était venue pour le Christ de quitter la terre. Il allait prendre congé de ses apôtres et, avec eux, de Marie sa Mère, mais non sans leur avoir d'abord donné ses instructions. Les apôtres avaient maintenant une mission à accomplir conformément aux instructions laissées par Jésus, et ces instructions étaient à leur tour l'expression fidèle de la volonté du Père.

Ces instructions indiquaient avant tout que les apôtres devaient attendre l'Esprit Saint qui était le don du Père. Il devait être absolument clair dès le début que la source de la force des apôtres était le Saint-Esprit. C'est l'Esprit qui guide l'Église sur les voies de la vérité, l'Évangile doit être propagé par la puissance de Dieu et non par la sagesse ou la puissance de l'homme.

En outre, selon ces instructions, les apôtres étaient chargés de proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier. Et ils devaient baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Comme Jésus, ils devaient parler clairement du Royaume de Dieu et du salut. Les apôtres devaient rendre témoignage du Christ " jusqu'aux confins de la terre ". L'Église primitive comprit parfaitement ces instructions et c'est ainsi qu'elle inaugura l'ère missionnaire. Et chaque communauté savait que cette ère ne prendrait fin que le jour où le même Jésus qui était monté au ciel, serait revenu.

Les paroles de Jésus constituèrent pour l'Église un trésor qu'il fallait garder en dépôt et proclamer, méditer et vivre. Et, en même temps, l'Esprit Saint enracina dans l'Église un charisme apostolique qui avait pour objet de garder intacte cette révélation. Par ces paroles Jésus allait vivre toujours dans son Église : « Je suis avec vous pour toujours ». Et la communauté ecclésiale tout entière prit ainsi conscience de la nécessité de la fidélité aux instructions de Jésus, au dépôt de la foi. Cette sollicitude devait se transmettre de générations en générations, jusqu'à nos propres jours. [...] La parole de Dieu - et seulement la parole de Dieu - est à la base de tout ministère, de toute activité pastorale de toute action sacerdotale. L'autorité de la parole de Dieu a constitué la base dynamique du Concile Vatican II et saint Jean XXIII l'a mis en évidence dans son discours d'ouverture : « Le souci principal du Concile œcuménique, a-t-il dit, sera celui-ci : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit toujours plus effectivement gardé et enseigné » (Discours du 11 octobre 1962). [...] notre plus grand défi est d'être fidèles aux instructions du Seigneur Jésus.

Et la seconde réflexion sur la signification de l'Ascension est basée sur cette phrase : « Jésus prit sa place... ». Après avoir subi l'humiliation de sa passion, Jésus prit sa place à la droite de Dieu. Il prit sa place avec le Père éternel. Mais ainsi il pénétra dans les cieux comme notre Tête. Et là-haut, selon l'expression de Léon le Grand « la gloire de la Tête » devint « l'espoir du corps » (cf. Sermo I de Ascensione Domini). Jésus a pris pour toute l'éternité sa place comme « le premier-né parmi de nombreux frères » (Rm 8, 29). En raison de notre nature nous sommes près de Dieu dans le Christ. Et, comme homme, le Seigneur Jésus est vivant pour toute l'éternité pour intercéder près de son Père en notre faveur (cf. He 7, 25). Et en même temps, du haut de son trône de gloire, Jésus envoie à toute son Église un message d'espérance et une invitation à la sainteté.

Par les mérites de Jésus et grâce à son intercession près de son Père, nous sommes capables d'obtenir en lui la justice et la sainteté de vie. L'Église peut rencontrer des difficultés, l'Évangile peut subir des échecs, mais comme Jésus est assis à la droite du Père, l'Église ne sera jamais vaincue. La puissance du Christ glorifié, du Fils bien-aimé du Père éternel n'a pas de limites et surabonde pour défendre chacun de nous et nous tous dans la fidélité de notre dévouement au Royaume de Dieu et dans la générosité de notre célibat. L'efficacité de l'Ascension du Christ touche chacun de nous dans les réalités concrètes de nos vies quotidiennes. À cause de ce mystère, l'Église tout entière a pour vocation d'attendre « dans une joyeuse espérance la venue de notre Sauveur, Jésus-Christ ».

Chers Fils, soyez imprégnés de l'espérance qui est si fortement une part du mystère de l'Ascension de Jésus. Soyez profondément convaincus de la victoire et du triomphe du Christ sur le péché et la mort. Ayez conscience que la puissance du Christ est plus grande que notre faiblesse, plus grande que la faiblesse du monde entier. Tâchez de comprendre et de partager la joie que Marie a éprouvée en sachant que son Fils avait pris sa place près de son Père qu'il aimait infiniment. Et aujourd'hui renouvelez votre foi dans la promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est parti pour nous préparer une place, de sorte qu'il pourra revenir et nous prendre avec lui.

Voilà le mystère de l'Ascension de notre Chef. Rappelons-nous toujours : « Jésus a donné ses instructions » et ensuite « Jésus a pris sa place ».

Amen.

Extraits de l’homélie de saint Jean-Paul II (Rome, 24 mai 1979)

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Nos sources:


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Dim 08 Av 2018.Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous... non, je ne croirai pas !


L'Église fête : Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la Miséricorde
Saint(s) du jour : Bx August Czartoryski, prêtre s.d.b. († 1893),  Bx Domingo del Santísmo Sacramento, prêtre o.ss.t. († 1927)


Lectures de la messe

Première lecture (Ac 4, 32-35)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants
avait un seul cœur et une seule âme ;
et personne ne disait
que ses biens lui appartenaient en propre,
mais ils avaient tout en commun.
C’est avec une grande puissance
que les Apôtres rendaient témoignage
de la résurrection du Seigneur Jésus,
et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence,
car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons
les vendaient,
et ils apportaient le montant de la vente
pour le déposer aux pieds des Apôtres ;
puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

– Parole du Seigneur.


Psaume (117 (118), 2-4, 16ab-18, 22-24)

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.
Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé,
mais sans me livrer à la mort.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Deuxième lecture (1 Jn 5, 1-6)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.

Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?

C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.

– Parole du Seigneur.

 


Évangile (Jn 20, 19-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. ». « Porte ton doigt ici, et vois mes mains, avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, soit croyant. » Est-ce normal que Jésus libéré de la mort, revêtu d’un corps glorieux, soit toujours marqué par ces plaies qui ont causé sa mort ? Si Jésus est ressuscité, n’est-il pas sorti de la mort ? Et bien non, si Jésus ressuscité porte en lui les marques du Crucifié c’est parce qu’il demeure dans la mort. Mais pour lui, cette mort n’est plus mortelle. Jésus demeure dans la mort en vivant. Jésus a tué le venin mortel de la mort et il a fait de la mort un passage.

Les yeux de Thomas s’ouvrent sur ce mystère de la Résurrection du Christ. Remonte en lui cette parole que Jésus lui a dite lors du dernier repas :  « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne va au Père que par moi. » (Jn 14,5-6) Si Jésus n’était plus dans la mort, qui nous indiquerait la route qui conduit vers le Père lors de notre propre mort ? Mais si Jésus est « éternisé » dans la mort, alors il sera là, Chemin vivant (He 10,20) et porte ouverte, Christ notre Pâque (1 Co 5,7), Jésus notre passeur.

Jésus ressuscite dans sa mort et non en quittant la mort. Il est glorifié par le Père dans la mort. En voyant les plaies de Jésus, Thomas comprend que Jésus demeure dans la mort tout en étant glorifié en elle.  Alors ce cri « Mon Seigneur et mon Dieu » devient un cri de joie. Si Jésus est toujours dans la mort, il n’est donc pas trop tard pour mourir avec Lui. L’espérance renaît dans le cœur de Thomas. Thomas, qui n’était pas là, peut maintenant rejoindre son Seigneur dans la mort.

C’est ce que nous vivons dans les sacrements. Par le baptême, nous sommes plongés dans la mort du Christ.  « Si nous mourons avec le Christ, avec Lui, nous vivrons » nous dit Paul. Thomas l’avait pressenti ; aujourd’hui, il peut le vivre.  A chaque eucharistie, « nous annonçons aussi la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. » Nous communions à son Corps livré, à son Sang versé. En communiant à sa mort, nous communions en même temps à sa vie qui annihile les effets de la mort. Et même à travers notre vie quotidienne, la mort de Jésus fait son œuvre en nous. (cf. 2 Co 4,12) Toute communion au Christ est une participation à sa mort. Car pour rejoindre Jésus dans sa résurrection, il faut pouvoir mourir avec Lui, afin de ressusciter avec lui.

Thomas était absent et Jésus se révèle à lui comme l’éternel présent, comme celui qui demeure toujours dans la mort afin de le prendre avec Lui dans sa pâque de vie. Nous n’avons donc plus rien à craindre de la mort, puisque Jésus en fait une participation à sa gloire. Soyons donc présent à Jésus jusque dans notre mort. Il nous conduit au Père. Il fait de nous des vivants.

Père Philippe

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«Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis»

Aujourd'hui 2e dimanche de Pâques, nous achevons l'octave de ce temps liturgique, l'une de deux octaves —avec celle de Noël— qui demeurent après le renouvellement de la liturgie opéré par le Concile Vatican II. Pendant huit jours nous avons contemplé le même mystère tâchant de l'approfondir sous la lumière de l'Esprit Saint.

Par décision du Pape Jean-Paul II, ce dimanche s'appelle Dimanche de la Divine Miséricorde. Voilà qui dépasse la simple dévotion particulière. Comme le Saint Père l'explique dans son encyclique Dives in misericordia, la Miséricorde Divine est la manifestation de l'amour de Dieu dans une histoire blessée par le péché. À l'origine du mot “Miséricorde” l'on trouve les mots: “Misère” et “Cœur”. Dieu met notre condition misérable due au péché dans son cœur de Père qui reste fidèle à ses desseins. Jésus-Christ, mort et ressuscité, est la suprême manifestation et l'action de la Miséricorde Divine. «Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique» (Jn 3:16) et l'a envoyé à la mort pour nous sauver. «Pour racheter l'esclave tu livres le Fils», nous avons proclamé dans le Chant de la Victoire de la Veillée Pascale. Et, une fois ressuscité, Il s'est constitué lui-même en source de salut pour tous ceux qui croient en Lui. Par la foi et la conversion nous accueillons le trésor de la Miséricorde Divine.

Notre Sainte Mère l'Église, qui veut que ses fils vivent de la vie du ressuscité, commande que —du moins à Pâques— l'on communie et qu'on le fasse dans la grâce de Dieu. Les cinquante jours de Pâques sont la période opportune pour accomplir ce précepte. C'est un bon moment pour se confesser et accueillir le pouvoir de pardonner les péchés que le Seigneur ressuscité a octroyé à son Église, puisque ce n'est qu'aux Apôtres qu'il a dit: «Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis» (Jn 20:22-23). Nous accourrons ainsi aux sources de la Miséricorde Divine. Et n'hésitons pas non plus à amener nos amis aux sources de vie: à l’Eucharistie et à la Pénitence. Le Jésus ressuscité compte sur nous.

 

Abbé Joan Ant. MATEO i García (La Fuliola, Lleida, Espagne)

 

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Prière d'introduction

Sainte Trinité, fais-moi briller de la lumière de Dieu dans ma vie quotidienne. Que cette lumière se manifeste dans ma pensée, mes paroles et mes actions. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Demande

Seigneur, nous te confions en ce dimanche de la miséricorde et dimanche in albis, tous les néophytes (ceux qui ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation, Eucharistie dans la nuit de Pâques). Donne-leur de persévérer dans la foi ; aide-nous à leur porter le témoignage de la nôtre et à nous laisser instruire par leur exemple.

Points de réflexion

1. Le deuxième dimanche de Pâques est très connu par la célébration de la fête de la Divine Miséricorde instituée par saint Jean-Paul II. Nous l’appelons souvent le dimanche de la Miséricorde. Mais selon une tradition plus ancienne ce dimanche est appelé dimanche in albis. En ce jour, les nouveaux baptisés, les néophytes, revêtaient encore une fois leurs vêtements blancs du baptême avant de les déposer. Le vêtement blanc de notre baptême manifeste extérieurement que nous sommes revêtus du Christ intérieurement, de sa lumière, que nous sommes une création nouvelle en lui : « (…) vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. » (Ga 3, 27). La présence des néophytes et les lectures de ce dimanche peuvent nous aider à mieux comprendre la grâce baptismale que nous avons reçue et notre mission d’être lumière du monde.

2. La première lecture nous rappelle que la foi chrétienne a des conséquences concrètes dans notre manière de vivre, d’agir et de nous engager dans le monde : « Ils avait tout en commun. » Du communisme ? Non, parce que le passage de la foi à la vie concrète se fait par l’âme et le cœur, c’est-à-dire par la conversion et l’adoption de la nouvelle forme de voir nos frères et le monde qui nous est offerte en Jésus : ils avaient « un seul cœur et une seule âme ». La foi n’impose pas un système politique ou économique. La foi propose un changement de cœur et c’est de là que partent les mille initiatives pour le bien des hommes que l’Église du Christ mène aujourd’hui partout dans le monde. Au nom de celui qui a pris notre humanité, en communion avec celui qui nous a appris à nous adresser à un seul Père en disant Notre Père, je peux m’engager pour le monde. Les néophytes, comme nous d’ailleurs, ne porteront plus le vêtement blanc, car la lumière nouvelle symbolisée par lui, est passée de l’extérieur à l’intérieur, du corps au cœur. Maintenant nous portons la lumière du Christ au monde, à la réalité de la vie quotidienne, où nous sommes habillés comme les autres.

3. Dans l’Évangile, Jésus envoie ses disciples dans le monde. La foi chrétienne ne se renferme pas, elle nous ouvre à l’humanité tout entière. Ce commandement du Seigneur peut peser sur nous surtout quand nous nous retrouvons contents dans nos communautés qui rassurent et protègent. Pour le nouveau baptisé, après toute la joie du baptême, il se peut que le retour à la vie de tous les jours ne soit pas évident. Il faut nous souvenir des paroles de saint Jean dans la deuxième lecture : « Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. » Nous allons dans le monde en sachant que Jésus a remporté la victoire, même là où l’ennemi de Dieu oppose résistance. Nous sommes vainqueurs dans ce monde qui passera, puisque le baptême nous ouvre l’accès à la vie éternelle qui est déjà commencée par la présence de Jésus dans nos vies et par sa présence dans le monde à travers nous.

Dialogue avec le Christ

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. Ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. » (Prière de saint François d’Assise)

Résolution

Prier pour un nouveau baptisé, l’accompagner et bien l’accueillir au sein de la communauté, s’il y en a.

Père Roger Villegas, LC

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"Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »"

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Nous fêtons la miséricorde du Seigneur aujourd’hui. Le mystère de la résurrection de Jésus continue son œuvre dans l’Église et dans l’humanité. Notre foi s’appuient sur trois piliers, le témoignage et l’expérience des apôtres, notre propre expérience spirituelle vécue en Église et la lumière de l’Évangile qui illumine notre vie. Pour affermir notre foi au Christ ressuscité, l’Église nous aide dans notre cheminement. Cette foi s’appuie sur l’expérience des apôtres qui ont vu et touché Jésus ressuscité. Cette expérience de foi rejoint l’expérience des générations de chrétiens qui se sont succédé depuis des siècles. La multitude de ceux qui avaient adhéré la foi mettaient tout en commun, nés de Dieu ils forment une nouvelle Communauté. Ils ont cru et reconnu Jésus vivant dans sa résurrection. Dans la foi, nous recevons l’amour infini de Dieu qui nous aime. L’Esprit Saint nous est donné pour la libération de nos péchés.

"Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu." Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Nous sommes le Jumeau de Thomas ! Le premier jour de la semaine, Jésus est au milieu d’eux ! Mais « Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur. » Jésus agit au cœur de cette peur pour nous en libérer. L’expérience historique des onze apôtres rejoint la nôtre, elle éclaire notre vie, et nous permet de tenir debout dans notre foi en la résurrection de Jésus, promesse de Résurrection pour chacun de nous. La vie de Jésus advient quand l’obstacle de la peur est levé, quand le péché est pardonné. La Résurrection de Jésus continue à interroger notre humanité, elle n’est pas une évidence, mais elle est une expérience. Jésus qui s’est donné dans la tendresse, la douceur et dans l’humilité, donne à chacun l’Esprit Saint, la puissance de l’Amour infini de Dieu en acte. La Résurrection de Jésus est devenue résurrection de ceux qui l’annoncent, elle libère l’humanité.

"Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jésus dit à Thomas : « Avance ton doigt, touche mes blessures. » Jésus vient dans la résistance de chacun de nous pour nous en libérer. L’amour de Jésus est vainqueur, il est plus fort que le désespoir, que la souffrance et la mort elle même : « La paix soit avec vous, dit-il ! » L’Eglise est toute à la joie de la miséricorde qui est à l’œuvre, qui passe par nos cœurs. A l’intérieur de la communauté, la communion n’est pas toujours parfaite, il peut y avoir un coin de résistance qui est solide, une voix qui dit non, elle peut être identifiée à « Thomas. » Nous en faisons l’expérience en famille, en Communauté. Le retour à la Vie est le retour à nos propres blessures que Jésus guérit quand il touche notre cœur : « Mon Seigneur, et mon Dieu ! » dit-on alors. Je suis aimé et je retrouve Celui qui est la Source de ma vie et qui me guérit. La résurrection dit la dignité et l’importance de chaque vie humaine. Elle affirme la primauté de l’amour gratuit de Dieu pour chacun de nous. Jésus est vivant, il est ressuscité et il donne un sens nouveau à notre vie.

Nous demandons la grâce d’entrer dans le mystère de la résurrection de Jésus, dans la victoire de son Amour. 21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. 23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »24 ; 26 ; 30 Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. 31 Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Et Dieu dit : ' Que la lumière soit ' » (Gn 1,3)

      « Voici le jour que fit le Seigneur » (Ps 117,24). Rappelez-vous l'état du monde à l'origine : « Les ténèbres étaient sur l'abîme et l'Esprit de Dieu planait sur les eaux. Et Dieu dit : Que la lumière soit ! et la lumière fut. Et Dieu sépara la lumière des ténèbres et il appela la lumière Jour et il appela les ténèbres Nuit » (Gn 1,2s)... « Voici le Jour que fit le Seigneur ». C'est le jour dont parle l'apôtre Paul : « Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur » (Ep 5,8)...

      Thomas n'était-il pas un homme, un des disciples, un homme de la foule pour ainsi dire ? Ses frères lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ». Et lui : « Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas ». Les évangélistes t'apportent la nouvelle, et toi tu ne crois pas ? Le monde a cru et un disciple n'a pas cru ? ... Il n'était pas encore devenu ce jour qu'a fait le Seigneur ; les ténèbres étaient encore sur l'abîme, dans les profondeurs du cœur humain, qui était ténèbres. Que vienne donc celui qui est le point du jour, qu'il vienne et qu'il dise avec patience, avec douceur, sans colère, lui qui guérit : « Viens. Viens, touche ceci et crois. Tu as déclaré : ‘Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt, je ne croirai pas’. Viens, touche, mets ton doigt et ne sois plus incrédule, mais fidèle. Je connaissais tes blessures, j'ai gardé pour toi ma cicatrice ».

      En approchant sa main, le disciple peut pleinement compléter sa foi. Quelle est, en effet, la plénitude de la foi ? De ne pas croire que le Christ est seulement homme, de ne pas croire non plus que le Christ est seulement Dieu, mais de croire qu'il est homme et Dieu... Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de son corps et ses cicatrices s'écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Il a touché l'homme, il a reconnu Dieu. Il a touché la chair, il s'est tourné vers la Parole, car « la Parole s'est faite chair et elle a habité parmi nous » (Jn 1,14). La Parole a souffert que sa chair soit suspendue au bois... ; la Parole a souffert que sa chair soit mise au tombeau. La Parole a ressuscité sa chair, l'a montrée aux yeux de ses disciples, s'est prêtée à être touchée de leurs mains. Ils touchent, ils crient : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

      Voici le Jour que fit le Seigneur.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Sermon 258 (trad. SC 116, p. 347s)

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Nos sources:


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Dim 18 Mars 2018. Si le grain de blé tombé en terre meurt, il donne beaucoup de fruits

   

Nous sommes au 5ème dimanche de Carême

Saint(s) du jour : St Cyrille de Jérusalem, évêque et docteur de l'Église,  Bse Celestina Donati, vierge et fondatrice († 1925)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 31, 31-34)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –,
où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda
une alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’alliance
que j’ai conclue avec leurs pères,
le jour où je les ai pris par la main
pour les faire sortir du pays d’Égypte :
mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue,
alors que moi, j’étais leur maître
– oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance
que je conclurai avec la maison d’Israël
quand ces jours-là seront passés
– oracle du Seigneur.
Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ;
je l’inscrirai sur leur cœur.
Je serai leur Dieu,
et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon,
ni chacun son frère en disant :
« Apprends à connaître le Seigneur ! »
Car tous me connaîtront,
des plus petits jusqu’aux plus grands
– oracle du Seigneur.
Je pardonnerai leurs fautes,
je ne me rappellerai plus leurs péchés.

– Parole du Seigneur.

Psaume 50 (51), 3-4, 12-13, 14-15

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Deuxième lecture (He 5, 7-9)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ,
pendant les jours de sa vie dans la chair,
offrit, avec un grand cri et dans les larmes,
des prières et des supplications
à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
et il fut exaucé
en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils,
il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection,
il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent
la cause du salut éternel.

– Parole du Seigneur.


Évangile (Jn 12, 20-33)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 20-33)

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Le Fils de l’homme va être glorifié ». Il nous faut essayer de comprendre ce que Jésus veut nous dire quand il parle de sa glorification. Au terme du miracle des noces de Cana, il nous est dit que Jésus « manifesta sa gloire ». Un peu plus tard, Jésus précisera qu’il ne reçoit pas la gloire des hommes mais de son Père (cf. Jn 5,41), alors que les hommes recherchent leur gloire les uns des autres. Seul le Père glorifie Jésus et la voix qui vient du ciel le confirme : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » (Jn 12,28).

Nous aurions tendance à associer au mot « gloire » la seule résurrection de Jésus. Car pour nous, la gloire d’un homme est dans ce qui est beau, étincelant. Mais pour Dieu, la gloire, c’est tout autre chose. La gloire de Dieu est la manifestation éclatante de sa Sainteté. Toute la vie de Jésus est gloire car elle dit Dieu au monde. Et le sommet de sa glorification est sur la croix car c’est dans son abaissement extrême qu’il manifeste au mieux l’amour de Dieu pour les hommes. Jésus est glorifié dans son humiliation, il est glorifié dans sa crucifixion car c’est par ce langage de la croix qui est scandale pour les juifs et folie pour les païens qu’il exprime au mieux l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Est-ce que nous nous rendons compte que, par cette seule parole – « l’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » – , Jésus est en train de bouleverser fondamentalement notre vision du monde, de nous-mêmes et de Dieu ? Dieu n’est pas visible dans ce qui brille aux yeux des hommes. Non, il est dans ce qui est caché, oublié, blessé.

Dieu n’est pas perceptible dans la gloire mondaine mais plutôt dans ce qui est humble. La croix est un signe paradoxal. Dans ce qu’il y a de plus abject se laisse voir la gloire de Dieu. « Nous voulons voir Jésus », demandaient quelques Grecs. Pour entrer dans le mystère pascal de Jésus, il faut abandonner tout regard habituel sur Dieu. On ne peut voir Dieu qu’à partir de Dieu et non de ce que nous voulons voir de Lui.

Cette page d’Évangile est donc une invitation à la contemplation. Pour entrer dans la grande Semaine Sainte, il nous faut plonger en Dieu par la prière. La liturgie de l’Église est cette médiation, comme l’ont été Philippe et André pour les Grecs, pour nous aider à voir Jésus. Par la prière, non seulement se révèle à nous le vrai visage de Jésus mais aussi notre propre visage.

Nous-mêmes, nous sommes en chemin de glorification. Notre heure ne cesse de venir. C’est l’heure de notre détachement de ce qui passe pour ne nous attacher qu’au Christ. En perdant notre vie, nous la gardons en vie éternelle. En communiant au sacrement du Christ glorifié en sa mort par son corps livré et son sang versé, nous sommes glorifiés avec lui.

Concluons avec l’apôtre Paul : «Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit» (2 Co 3,18). Telle est notre foi. Telle est notre espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit»

Aujourd'hui dans la dernière partie du Carême, l'Église nous propose cet Évangile afin de mieux nous aider à nous préparer pour le dimanche des Rameaux et vivre d'une manière profonde ces mystères importants de notre vie chrétienne. Pour un chrétien le Via Crucis est un "via lucis", la mort est une renaissance et mieux encore, pour vivre pleinement notre vie il faut mourir.

Dans la première partie de l'Evangile, Jésus dit à ses Apôtres: «si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit» (Jn 12,24). Saint Augustin fait le commentaire suivant: «Jésus s'appelle lui-même “grain” qui doit être sacrifié pour ensuite se multiplier; il devait être sacrifié à cause de l'infidélité des juifs et être multiplié pour la foi de tous les peuples». Le pain de l'Eucharistie, fabriqué à partir d'un grain de blé, se multiplie et se partage pour devenir la subsistance de tous les chrétiens. La mort du martyr est toujours féconde; c'est pour cela que, paradoxalement, ceux qui "aiment la vie", la perdent. Le Christ meurt pour donner du fruit par son sang: nous, nous devons l'imiter afin de ressusciter avec lui et, avec lui, donner du fruit. Combien donnent leur vie en silence pour le bien de leurs frères? A partir du silence et de l'humilité nous devons apprendre à devenir des grains qui meurent pour revenir à la vie.

L'Évangile de ce dimanche s'achève par une exhortation à marcher à la lumière du Fils exalté par-dessus tout sur terre: «…et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12,32). Nous devons demander au Bon Dieu que dans notre intérieur il n'y ait que lumière et qu'Il nous aide à dissiper les ténèbres. Maintenant, c'est le moment de Dieu, ne le laissons pas passer! «Vous dormez? Le temps qui vous a été donné passe!» (Saint Ambroise de Milan). Nous ne pouvons pas cesser d'être lumière dans notre monde. Comme la lune reflète la lumière du soleil, nous devons, nous aussi refléter la lumière de Dieu.

Abbé Ferran JARABO i Carbonell (Agullana, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Jésus, nous touchons presque à la fin de ce Carême. Dimanche prochain sera le dimanche des Rameaux. Et pourtant, Seigneur, après tous mes efforts de Carême, j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup changé. Comme avant, dès que je me mets à prier, que je te dis : « la prochaine demi-heure, je te la donne, elle est pour t’écouter et pour parler avec toi », aussitôt, toute une montagne de préoccupations me vient à la tête et tout me paraît plus important que de prier. Jésus, je t’en supplie, aide-moi à ne pas céder à la tentation ; aide-moi à rester en prière, même si le repassage ou le ménage paraît plus important. Jésus, rien n’est plus important que toi, aide-moi à te mettre à la première place dans ma vie – et surtout dans ce temps de prière.

Demande

Jésus, sois ma force dans l’épreuve, face aux difficultés et aux tentations.

Points de réflexion

1. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas (…) »
Que dit Jésus à ces Grecs de religion juive qui voulaient le voir ? Il leur enseigne un principe selon lequel pour donner la vie, il faut mourir. Jésus est sur le point de donner sa vie pour nous sauver (ce passage de l’Évangile se situe déjà après le dimanche des Rameaux), et il sait que ses disciples seront durement éprouvés. Que beaucoup perdront pied. Que la croix sera un scandale pour beaucoup. « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. » (Lc 22, 31) Pour cela, son enseignement majeur maintenant est la fécondité spirituelle qui ne passe que par le sacrifice. Ma vie n’aura de valeur que si je la donne. Et il en va aussi de la vôtre. Une vie égoïste, vécue uniquement pour soi-même, n’a pas de valeur. Un tel homme « reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » La vie humaine trouve son sens dans l’autre, lorsque l’on vit pour notre prochain.

2. « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. »
Cela semble tellement une contradiction, la croix semble tellement un non-sens, que Jésus confirme à ses disciples réunis autour de lui qu’il est bien Dieu. La voix du Père : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore » est pour nous ; pour nous confirmer dans notre foi que Jésus est Dieu, que s’il est mort sur la croix, c’est parce qu’il l’a choisi. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la reprendre. » (Jn 10, 17-18)

Dialogue avec le Christ

Jésus, grain de blé tombé en terre pour nous sauver, tu as donné ta vie pour nous donner la vie, tu t’es fait pauvre pour nous enrichir par ta pauvreté. Aide-moi à comprendre un peu plus ce principe de la vie chrétienne. Aide-moi à être prêt, moi aussi, à souffrir pour toi et pour mon prochain. À embrasser la croix dans ma vie, comme les grands saints. Sainte Faustine disait que les anges sont jaloux de nous car nous pouvons souffrir pour Dieu. « Voyez, mes filles, disait sainte Thérèse d’Avila, ce que [le Père] a donné à celui qu’il aimait le plus [le Fils] ? […] Car ceux-ci sont ces dons en ce monde. […] Il verra que celui qui l’aime beaucoup sera capable de souffrir beaucoup pour lui. » Jésus, sois ma force face à l’épreuve et face à la croix, porte la croix avec moi, car seul je ne le peux pas.

Résolution

Face à une difficulté particulière, à un défi à vivre dans le domaine de la charité, par exemple, offrir ce sacrifice à Jésus et le prier de m’accompagner pour vivre ce sacrifice avec lui.

Frère Loïc Chabut, LC

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"Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »

Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : "L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié." La mort est librement consentie pour Jésus. « Ma vie, personne ne me la prend ; c’est moi qui la donne, dit-il. » Cette mort sera une victoire sur la mort. « Ma vie, j’ai pouvoir de la livrer et j’ai pouvoir de la reprendre. C’est le commandement que j’ai reçu du Père. » Jésus va laisser venir sur lui la mort que les hommes lui préparent. Il accomplit le dessein du Père qui est de sauver toute l’humanité. La croix est folie pour les païens, scandale pour les juifs, mais elle est sagesse pour les croyants. Jésus nous libère de l’égoïsme de celui qui ne vit que pour soi. Il nous fait entrer dans la vie des uns pour les autres. Le printemps, la nature, est comme une préparation pour la compréhension de la fête de Pâque. Quelle joie pour une maman de donner la vie à son petit enfant nouveau né !

"Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Nous pouvons connaître des tourments pour suivre Jésus ! Nous comprenons alors son combat qui donne la vie. Jésus va se laisser tomber en terre. Du tombeau de Jésus, Dieu notre Père fera surgir la Vie. Il attire à lui l’humanité de tous les lieux et de tous les temps. Celui que les hommes ont élevé sur la croix, Dieu l’élève dans la gloire. Nous prenons la mesure de l’Amour qui donne à chacune de nos actions une grande fécondité. Que de dépassements dans ce chemin de vie, nous croyons que notre vie peut porter du fruit comme le chemin de Jésus, un fruit qui demeure en vie éternelle. Chaque fois que nous nous dépassons, que nous accueillons la vie avec amour, nous préparons le Royaume qui vient. Le petit acte que nous faisons, l’accueil d’une petite contrariété, sera une « étoile » qui brillera au ciel pour l’éternité.

"Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !" Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir. Nous sommes entraînés dans le tourbillon de l’amour divin. Jésus entre pleinement, filialement, dans les vues de Dieu. Sa prière spontanée est aussi la nôtre, puisque Dieu nous a d’avance destinés à reproduire l’image de son Fils bien-aimé. Le disciple de Jésus, passera par la mort comme Jésus, pour gagner la vie. Jésus donne naissance à un amour infini, la vie divine en nous. Cette vie divine nous entraîne à une générosité, un accueil, un don de nous-mêmes toujours plus grand ! Jésus a aimé la vie humaine, mais il a voulu l’amener plus loin, pour nous montrer que le chemin que nous parcourons nous donne vie éternelle. Nous avançons vers Pâques. Nous savons que cette fête doit avoir pour nous un rayonnement à la suite de Jésus. Nous le laissons prendre possession de toute notre vie. A Gethsémani Jésus choisit la volonté du Père : « Non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux. »

Nous demandons la grâce de comprendre le cri de Jésus, son véritable sens et sa fécondité.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15,13)

      Votre foi reconnaît quel est ce grain de blé tombé en terre et qui y meurt avant de porter beaucoup de fruit ; il habite en votre âme ; aucun chrétien ne doute que le Christ n'ait parlé de lui-même... Écoutez-moi, grains de blé sacrés qui sont ici, je n'en ai aucun doute..., ou plutôt écoutez par moi le premier grain de blé, qui vous dit : n'aimez pas votre vie en ce monde ; ne l'aimez pas si vous l'aimez vraiment, car c'est en ne l'aimant pas que vous la sauverez... « Celui qui aime sa vie en ce monde la perdra. »

      C'est le grain tombé en terre qui parle ainsi, celui qui est mort pour porter beaucoup de fruit. Écoutez-le, parce que ce qu'il dit, il l'a fait. Il nous instruit, et il nous montre le chemin par son exemple. Le Christ, en effet, n'a pas revendiqué sa vie en ce monde — il est venu pour la perdre, la livrer pour nous, et pour la reprendre quand il le voulait... : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre. Personne ne me l'enlève mais c'est moi qui la donne » (Jn 10,18).

      Alors comment, avec une telle puissance divine, a-t-il pu dire : « Maintenant, mon âme est troublée » ? Comment, avec une telle puissance, cet Homme-Dieu est-il troublé, sinon qu'il porte l'image de notre faiblesse ? Quand il dit : « J'ai le pouvoir de donner ma vie, et le pouvoir de la reprendre », le Christ se montre tel qu'il est en lui-même. Mais quand il est troublé à l'approche de la mort, le Christ se montre tel qu'il est en toi.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l'Église

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Évangile et Homélie du Sam 17 Mars 2018. Le Christ peut-il venir de Galilée ?


Nous sommes le samedi de la 4e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Patrick, patron de l'Irlande († 461),  St Gabriel Lalemant, prêtre s.j. et martyr († 1649)


Lectures de la messe

Première lecture (Jr 11, 18-20)

Lecture du livre du prophète Jérémie

« Seigneur, tu m’as fait savoir,
et maintenant je sais,
tu m’as fait voir leurs manœuvres.
Moi, j’étais comme un agneau docile
qu’on emmène à l’abattoir,
et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi.
Ils disaient :
“Coupons l’arbre à la racine,
retranchons-le de la terre des vivants,
afin qu’on oublie jusqu’à son nom.”
Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice,
qui scrutes les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »

– Parole du Seigneur.


Psaume 7, 2-3, 9bc-10, 11-12a.18b

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m’égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies, affermis le juste,
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste.

J’aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des cœurs droits.
Dieu juge avec justice ;
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut.


Évangile (Jn 7, 40-53)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles,
et les uns disaient :
« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient :
« C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient :
« Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la descendance de David
et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter,
mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens,
qui leur demandèrent :
« Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent :
« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent :
« Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens,
y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi,
ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux,
celui qui était allé précédemment trouver Jésus,
leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme
sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent :
« Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Au cœur de ces menaces qui se resserrent sur lui comme un étaux, Jésus continue son ministère : imperturbable, « il enseigne au temple de Jérusalem », car il sait bien que son Heure n’est pas encore venue et que nul ne peut l’anticiper. Autour de lui les avis sont divisés, les opinions s’opposent, les partis s’affrontent : « Est-ce que le Messie peut vernir de Galilée ? L’Ecriture dit qu’il doit venir de Bethléem, le village où habitait David ! ». Certes, mais il vient avant tout de Dieu. La messianité ne saurait se discerner sur base d’une généalogie humaine ou d’une provenance géographique. C’est à sa parole, son message, son comportement que l’Envoyé de Dieu se fait connaître. Mais un tel discernement suppose une écoute bienveillante, sans a priori.

Curieusement, ce sont les soldats du temple qui vont se trouver dans les dispositions requises pour répondre à la question des origines du Rabbi de Nazareth. Ces hommes font leur besogne sans se poser de questions ; les débats théologiques ne les concernent pas vraiment : ils préfèrent les laisser aux « professionnels ». S’ils attendent que Jésus ait fini son discours pour l’arrêter, c’est uniquement afin d’éviter une émeute toujours possible. Pour être sûr qu’il ne leur échappe pas, ils gardent Notre-Seigneur à l’œil, ne le quittant pas un instant du regard. Aussi ne peuvent-ils s’empêcher d’écouter ce que dit cet homme qui suscite tant de haine parmi les responsables religieux. Et voilà qu’à mesure que sa parole descend dans leur cœur, une paix inhabituelle, à vrai dire inconnue, les envahit. Jésus les a remarqués et croise volontiers leur regard, les incluant dans le cercle de ses auditeurs et s’adressant à eux comme aux disciples qui l’entourent. Bientôt la communion est établie, l’onction de l’Esprit descend sur ces hommes qui ne sont pas aveuglés par la jalousie et n’ont pas d’a priori contre Jésus. Oubliant pourquoi ils étaient venus, les gardes écoutent longuement le Seigneur, et lorsqu’il a terminé son enseignement, aucun d’entre eux ne songe plus à l’arrêter. Tandis que Jésus s’éloigne, ils ruminent ce qu’ils viennent d’entendre, tout en retournant, silencieux, vers leur caserne.

« Pourquoi ne l’avez-vous pas ramené ? » : la voix menaçante du chef des prêtres les arrache à leur méditation. Ebahis par la question qui leur apparaît totalement saugrenue, ils répondent par un argument qui leur semble irréfutable : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » La situation est grave : les soldats ont non seulement formellement désobéi à l’ordre reçu, mais ils prennent la défense du prévenu. Les pharisiens préfèrent ne pas insister : une mutinerie serait malvenue au moment où il faut agir contre ce gêneur dont l’influence s’étend de plus en plus. Evitant l’affrontement, ils cherchent à sauver la face en se drapant dans leur dignité de spécialistes de la Loi, détenteurs de la vraie connaissance. Mais blessés dans leur orgueil, ils se rapprochent entre eux, et baissant le ton pour ne pas être entendus par la foule et par les soldats, ils décident de la condamnation de Notre-Seigneur.

Cette précipitation illégale provoque la réaction de Nicodème, « qui était allé précédemment trouver Jésus ». Cet homme qui est lui aussi entré dans l’intimité du Seigneur, rappelle le droit de l’inculpé de défendre publiquement sa cause. En vain : son intervention est rejetée avec mépris et même avec une pointe de menace. Les jeux sont faits : « ils rentrèrent chacun chez soi », s’enfermant dans leur prison de haine, livrés au bon plaisir de celui qui dans l’ombre est trop heureux d’avoir su tirer profit de l’arrestation avortée, pour conduire à une décision de condamnation.

Seigneur, seuls ceux qui se sont exposés à ta présence, ont eu le courage de prendre ta défense. Les autres se sont lâchement tus ou t’ont condamné. Aussi je te demande la grâce de demeurer fidèle à ces moments de rencontre intime avec toi dans la prière, les sacrements, l’adoration, la méditation de ta Parole. Accorde-moi de trouver mon bonheur auprès de toi pour ne pas rougir de toi devant les hommes. Et lorsque l’heure sera venue de te suivre sur le chemin de l’épreuve, donne-moi Seigneur de me souvenir de ta présence à mes côtés, afin que je puise en toi la force de la fidélité et de l’espérance.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Jamais un homme n'a parlé comme cet homme!»

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente les différentes réactions qui produisaient les paroles de notre Seigneur. Ce texte dans l'Évangile de Jean ne nous propose aucune parole de Jésus, mais nous parle au contraire des conséquences de ce qu'Il disait. Certains pensaient qu'Il était prophète, d'autres disaient «C'est lui le Messie!» (Jn 7,41).

En vérité Jésus est le signe de la contradiction que Siméon avait annoncé à Marie (cf. Lc 2,34). Jésus ne laisse pas indifférents ceux qui l'entendaient, au point qu'à cette occasion comme dans beaucoup d'autres «c'est ainsi que la foule se divisa à son sujet» (Jn 7,43). La réponse des gardes qui prétendaient le détenir, encadre nettement la question et nous montre la force des paroles du Christ: «Jamais un homme n'a parlé comme cet homme» (Jn 7,46). Ce qui veut dire: ses paroles sont différentes, ce ne sont pas des paroles creuses, remplies d'orgueil et de mensonges. Il est la “Vérité” et sa façon de parler reflète cela.

Et si cela se produisait chez ses auditeurs, avec plus grande raison ses œuvres provoquaient l'étonnement, l'admiration ainsi que la critique, les bavardages, la haine… Jésus parlait le “langage de la charité”, ses œuvres et ses paroles manifestaient l'amour profond qu'Il avait pour tous les hommes, surtout ceux qui étaient le plus dans le besoin.

Aujourd'hui comme au temps du Christ, nous les chrétiens sommes —ou nous devons être— “signe de discorde”, car nous ne devons pas parler et agir comme les autres. En imitant et suivant le Christ, nous devons, nous aussi employer le “langage de la charité et de l'amour”, un langage universel que tous les hommes sont capables de comprendre. Comme le dit le Pape Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est, «L'amour —caritas— sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste (…). Celui qui veut s'affranchir de l'amour se prépare à s'affranchir de l'homme en tant qu'homme».

Abbé Fernand ARÉVALO (Bruxelles, Belgique)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Esprit Saint, tu demeures en moi. Pour cela je te remercie et je t’adore. Comme j’ai besoin de toi ! Sans toi, je suis incapable d’aimer en vérité, d’être libre, d’être moi-même. Que je te laisse vivre de plus en plus en moi.

Demande

Je crois en toi, Seigneur. Augmente ma foi !

Points de réflexion

1. Jésus n’est pas reconnu
Jésus enseigne. La foule entend ses paroles. Certains en arrivent à s’exclamer : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Ceux-ci lui donnent le titre de Christ ou du moins de prophète. Pour d’autres au contraire, ce n’est pas une personne particulière, ou ils le considèrent même comme nocif et veulent l’arrêter. À vingt siècles de différence, nous pouvons nous demander : comment est-il possible que ceux qui voyaient Jésus lui-même de leurs yeux, l’entendaient de leurs propres oreilles, pouvaient le toucher de leurs mains, ne l’ont pas vraiment connu et reconnu ?!
Et les grands prêtres et les pharisiens ? Eux, qui en plus de voir et d’entendre Jésus, connaissaient la révélation du Seigneur à son peuple par l’histoire d’Israël, la loi et les prophètes, enseignaient les promesses de Dieu et motivaient l’espérance du Messie sauveur. Or ce qu’ils veulent c’est mettre la main sur Jésus et le faire disparaître. Leur décision est prise. S’ils écoutent Jésus, c’est uniquement pour trouver dans ses paroles une raison officielle pour le supprimer. Ils se servent de la loi pour argumenter ce qu’ils croient savoir de lui. Leurs filtres et préjugés les empêchent de lire dans la loi qui est Jésus, et les aveuglent pour ne pas non plus reconnaître ce qu’il fait. Ils demandent, sûrs d’eux-mêmes : « (…) y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? » Et moi, comment est-ce que je connais le Christ ? Que sais-je de lui ? Et cette connaissance, change-t-elle quelque chose pour moi ? En d’autres mots : y a-t-il a une différence dans ma vie entre connaître Jésus ou ne pas le connaître ?

2. Pour atteindre Dieu : la foi
Nicodème élève la voix, dans son milieu élitiste, défendant le Christ. Lui, que sait-il de Jésus ? Il était allé le rencontrer la nuit (Cf. Jn 3, 1-21). Il y a beaucoup de choses qu’il ne comprenait pas, mais il croyait que cet homme qu’il voyait venait de Dieu et il en est devenu un disciple.
Certains affirment : « S’il m’apparaissait aujourd’hui, je croirais en lui ! ... » Quel mystère pour nous que Dieu ne s’impose pas. Dans sa grande délicatesse envers nous, il ne nous force pas. La clé pour le « toucher » : être petit et pauvre de cœur (Cf. Mt 5, 3) ! C’est-à-dire avoir un esprit et un cœur ouverts, lui faire confiance, avoir foi en lui (la confiance et la foi ont d’ailleurs la même racine en latin : fides). Aujourd’hui, comme au premier siècle, seule la foi permet de reconnaître Jésus et donc de le connaître en vérité. La foi est un acte de confiance, c’est écouter et suivre la parole du Seigneur parce que je lui fais confiance par-dessus tout, même quand je n’arrive pas à tout comprendre ni à tout contrôler ; parce que ma garantie c’est lui, encore plus que mon intelligence ou ma force.

3. La foi : un don que je suis libre d’accepter
Ce don de la foi, donné par l’Esprit Saint, c’est pour connaître Jésus. Non seulement l’approcher comme une personne célèbre qu’on me présenterait, mais pour entrer dans l’intimité de Dieu !
Ce cadeau divin ne m’est pas imposé. « En effet, le Christ a invité à la foi et à la conversion, il n’y a nullement contraint. "Il a rendu témoignage à la vérité, mais il n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume (...) s’étend grâce à l’amour par lequel le Christ, élevé sur la croix, attire à lui tous les hommes" (Paul VI, Déclaration sur la liberté religieuse, 1965, Dignitatis Humanae, DH 11). » (Catéchisme de l’Église catholique, CIC 160) La foi dépend de moi, parce que « la foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps, et inséparablement, l’assentiment libre à toute la vérité que Dieu a révélé. » (CIC 150) J’y engage mon intelligence et ma volonté, comme dans toute relation d’amour profond, réel et personnel. Quel mystère d’amour, d’amour patient, de Dieu envers moi !
C’est pour cela que « le croyant désire mieux connaître celui en qui il a mis sa foi, et mieux comprendre ce qu’il a révélé ; une connaissance plus pénétrante appellera à son tour une foi plus grande, de plus en plus embrasée d’amour. Ainsi, selon l’adage de saint Augustin (serm. 43, 7, 9 : PL 38, 258), "je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire". » (CIC 158)

Dialogue avec le Christ

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je t’aime.

Résolution

Renouveler ma foi dans le Seigneur.

Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

http://www.regnumchristi.fr



Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »

D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Nous sommes toujours dans le combat engagé par Jésus pour nous sauver. Certains pensent qu’Il est prophète, d’autres disent « C’est lui le Messie ! » Jésus est le signe de contradiction que Siméon a annoncé à Marie. Il ne laisse pas indifférents ceux qui l’entendent. La réponse des gardes montre la force de ses paroles : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme ! » Il est la “Vérité” et sa façon de parler le reflète. Nous sommes concernés par la résistance implacable des pharisiens actuels qui détruisent l’œuvre de Dieu. C’est la bienveillance de Dieu qui nous sauve, elle passe par le regard des pauvres et des petits qui avancent dans la confiance. Ils reflètent l’image et la ressemblance de Dieu dans l’humanité. C’est à partir de la vulnérabilité et de la pauvreté de notre humanité que la vie nous est donnée. « C’est le grand prophète ! » disait-on de Jésus ; « C’est lui le Messie ! » Un sursaut d’espérance jaillit au cœur des pauvres, c’est le lieu de la présence du Dieu dans la nuit de la foi.

"Certains d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui." Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme cela ! » Les Pharisiens répliquèrent : « Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? Est-il un des notables qui ait cru en lui ? ou un des Pharisiens ? Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! » Aujourd’hui encore la Parole de Jésus provoque l’étonnement et l’admiration mais aussi la critique, les bavardages et la haine ! Nous avons un profond amour pour la personne de Jésus, et le sentiment inébranlable que sa Parole est une parole de justice et de vérité. Mais nous savons aussi que l’opposition des sages et des savants trouve un écho à l’intérieur de notre psychologie meurtrie par les épreuves. Nous entendons "les autres" exprimer ce sentiment de rejet qui rejoint la négation de soi, le rejet de nous-mêmes que nous portons dans notre intérieur. Quand nous sommes devant les contre-témoignages qui nous déroutent, nous crions vers Jésus : Viens à notre secours. Pour venir à notre secours, Dieu nous a donné tout son amour. Il nous a donné Jésus qui manifeste un visage d’amour face à la haine de l’adversaire. Jésus parle le “langage de l’amour.” Ses œuvres et ses paroles manifestent l’amour profond qu’Il a pour toute l’humanité. Les gardes de l’Evangile sont restés dans la Présence de Dieu, avec les pauvres et les petits.

"Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. Nicodème est demeuré dans la Parole de Jésus. Les gardes demeurent dans cette Parole qui a une telle force dans ce monde devenu comme une vallée de larmes. La parole de Jésus le transfigure, elle est en cohérence profonde avec ses actes d’Amour. Sa parole est réalisée dans sa vie quotidienne. Il révèle aux petits, la compassion, le pardon et la guérison. Aujourd’hui encore, comme au temps de Jésus, les chrétiens sont des “signes de discorde !” Nous agissons en ce monde en imitant Jésus et en le suivant. Avec le langage et la réalité de l’amour, nous pouvons toucher l’humanité capable de comprendre. Nicodème est le regard bienveillant qui nous aide à persévérer dans la lutte pour la lumière. Dieu vient nous libérer de l’enfermement et de l’enfer, il nous propose une aide dans laquelle nous trouvons l’intelligence de l’Amour qui peut nous sauver. Cette lumière est celle de l’espérance, c’est un remède qui peut nous guérir, dans un monde si bouleversé.

Nous demandons à Dieu la grâce de la confiance dans le Mystère de Jésus Sauveur.

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« C'est lui le Messie »

      La signification véritable de la miséricorde ne consiste pas seulement dans le regard tourné vers le mal, fût-il chargé de compassion... : la miséricorde se manifeste quand elle... tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l'homme. Ainsi entendue, elle constitue le contenu fondamental du message messianique du Christ... [Ce] message et l'activité du Christ parmi les hommes s'accomplissent avec la croix et la résurrection... La dimension divine de la rédemption nous dévoile... la profondeur de l'amour qui ne recule pas devant l'extraordinaire sacrifice du Fils pour satisfaire la fidélité du Créateur et Père à l'égard des hommes...

      Les événements du Vendredi Saint, et auparavant encore la prière à Gethsémani, introduisent un changement fondamental dans tout le déroulement de la révélation de l'amour et de la miséricorde de Dieu, dans la mission messianique du Christ. Celui qui « est passé en faisant le bien et en rendant la santé », « en guérissant toute maladie et toute langueur » (Ac 10,38; Mt 9,35), semble maintenant être lui-même digne de la plus grande miséricorde, et faire appel à la miséricorde, quand il est arrêté, outragé, condamné, flagellé, couronné d'épines, quand il est cloué à la croix et expire dans des tourments atroces. C'est à ce moment-là qu'il est particulièrement digne de la miséricorde des hommes qu'il a comblés de bienfaits, et il ne la reçoit pas. Même ceux qui lui sont les plus proches ne savent pas le protéger et l'arracher aux mains des oppresseurs. Dans cette étape finale de la fonction messianique, s'accomplissent dans le Christ les paroles des prophètes, et surtout celles d'Isaïe, au sujet du Serviteur du Seigneur : « Dans ses blessures, nous trouvons la guérison » (53,5)...

      « Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous », écrira saint Paul (2Co 5,21), résumant en peu de mots toute la profondeur du mystère de la croix et en même temps la dimension divine de la réalité de la rédemption. Or cette rédemption est la révélation ultime et définitive de la sainteté de Dieu, qui est la plénitude absolue de la perfection.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Encyclique « Dives in misericordia », 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

http://levangileauquotidien.org


Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org

 


   

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Évangile et Homélie du Dim 11 Mars 2018. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique

Nous sommes le 4ème dimanche de Carême (Laetare)
Saint(s) du jour : BBx José Aparicio Sanz et 232 compagnons,  Bx Mati (Pal) Prennushi, prêtre o.f.m. et martyr († 1948)


Lectures de la messe

Première lecture 2 Ch 36, 14-16.19-23

Lecture du deuxième livre des Chroniques

En ces jours-là,
tous les chefs des prêtres et du peuple
multipliaient les infidélités,
en imitant toutes les abominations des nations païennes,
et ils profanaient la Maison
que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.
Le Seigneur, le Dieu de leurs pères,
sans attendre et sans se lasser,
leur envoyait des messagers,
car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu,
méprisaient ses paroles,
et se moquaient de ses prophètes ;
finalement, il n’y eut plus de remède
à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu,
détruisirent le rempart de Jérusalem,
incendièrent tous ses palais,
et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.
Nabucodonosor déporta à Babylone
ceux qui avaient échappé au massacre ;
ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils
jusqu’au temps de la domination des Perses.
Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie :
La terre sera dévastée et elle se reposera
durant 70 ans,
jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos
tous les sabbats profanés.

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur
proclamée par Jérémie,
le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse.
Et celui-ci fit publier dans tout son royaume
– et même consigner par écrit – :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :
Le Seigneur, le Dieu du ciel,
m’a donné tous les royaumes de la terre ;
et il m’a chargé de lui bâtir une maison
à Jérusalem, en Juda.
Quiconque parmi vous fait partie de son peuple,
que le Seigneur son Dieu soit avec lui,
et qu’il monte à Jérusalem ! »

– Parole du Seigneur.


Psaume 136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6

Au bord des fleuves de Babylone
    nous étions assis et nous pleurions,
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours
nous avions pendu nos harpes.

C’est là que nos vainqueurs
    nous demandèrent des chansons,
et nos bourreaux, des airs joyeux :
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. »

Comment chanterions-nous un chant du Seigneur
sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem,
que ma main droite m’oublie !

Je veux que ma langue s’attache à mon palais
si je perds ton souvenir,
si je n’élève Jérusalem
au sommet de ma joie.


Deuxième lecture (Ep 2, 4-10)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
Dieu est riche en miséricorde ;
à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes,
il nous a donné la vie avec le Christ :
c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités
et il nous a fait siéger aux cieux,
dans le Christ Jésus.
Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs,
la richesse surabondante de sa grâce,
par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés,
et par le moyen de la foi.
Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.
C’est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés dans le Christ Jésus,
en vue de la réalisation d’œuvres bonnes
qu’il a préparées d’avance
pour que nous les pratiquions.

– Parole du Seigneur.


Évangile (Jn 3, 14-21)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 14-21)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour

Comment répondre à l’amour radical du Seigneur ? L'Evangile nous présente un personnage du nom de Nicodème, membre du Sanhédrin de Jérusalem, qui va chercher Jésus la nuit. Il s'agit d'un honnête homme, attiré par les paroles et par l'exemple du Seigneur, mais qui a peur des autres, qui hésite à franchir le pas de la foi. Il ressent la fascination de ce Rabbi si différent des autres, mais il ne réussit pas à se soustraire aux conditionnements du milieu, contraire à Jésus, et il restera hésitant sur le seuil de la foi. Que de personnes, à notre époque également, sont à la recherche de Dieu, à la recherche de Jésus et de son Eglise, à la recherche de la miséricorde divine, et attendent un "signe" qui touche leur esprit et leur cœur ! Aujourd'hui, comme alors, l'évangéliste nous rappelle que le seul "signe" est Jésus élevé sur la croix : Jésus mort et ressuscité est le signe absolument suffisant. En Lui, nous pouvons comprendre la vérité de la vie et obtenir le salut. Telle est l'annonce centrale de l'Eglise, qui demeure immuable au cours des siècles. La foi chrétienne n'est donc pas une idéologie, mais une rencontre personnelle avec le Christ crucifié et ressuscité. De cette expérience, qui est individuelle et communautaire, naît ensuite une nouvelle façon de penser et d'agir : c'est ainsi que trouve son origine, comme en témoignent les saints, une existence marquée par l'amour.

Nous vivons dans un monde structuré d’une certaine manière par le péché, par des chemins de mort. C’est vrai qu’il y a aujourd’hui de quoi être inquiets devant ce monde de violences, de dérives morales, de pertes de repères, etc… Mais le mal ne pourra jamais pour autant remporter la victoire. « Là où le péché abonde, la grâce surabonde ! ». Alors face à ce monde qui semble perdre la raison, la vraie question n’est pas de savoir comment être sauvé du mal, du péché, de ce monde de ténèbres. La réponse, nous l’avons dans ces paroles du Christ, nous l’avons dans le Christ lui-même qui est « le chemin, la vérité et la vie ». La victoire contre le mal, le Christ nous l’a acquise une fois pour toutes, par sa mort et sa résurrection.

La bonne question, c’est de savoir si oui ou non, nous voulons être sauvés ! Si oui ou non, nous voulons être comblé de l’amour de notre Dieu. « Veux-tu guérir ? » nous demande Jésus ! Resterons-nous dans le camp nocturne et ambigu des Nicodème, ou accepterons-nous dès maintenant de vivre au grand jour notre Foi, et d’« agir selon la vérité » comme nous le demande Jésus ! Tant que nous ne répondrons pas clairement à cette question, le mal continuera à nous piéger.  Alors en ce dimanche où nous sommes à mi-chemin vers Pâques, n’ayons pas peur de laisser la Lumière du Christ nous envahir, de laisser la Vérité qu’est le Christ nous libérer ! Car ce chemin de Carême est un chemin de liberté, le seul et unique chemin qui nous conduise vraiment à la Terre promise : l’amour de Dieu.

En tournant notre regard vers Marie, "Mère de la sainte joie", demandons-lui de nous aider à approfondir les raisons de notre foi, pour que, comme nous y exhorte aujourd'hui la liturgie, renouvelés dans l'esprit et l'âme joyeuse, nous répondions à l'amour éternel et infini de Dieu.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique»

Aujourd'hui la liturgie nous offre à l'avance un parfum de la joie pascale. Les vêtements liturgiques sont roses. C'est le dimanche de "lætare" qui nous invite à une joie paisible. «Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez...», crie le chant d'ouverture.

Dieu veut que nous soyons heureux. La psychologie la plus basique nous dit qu'une personne qui n'est pas heureuse finit par être un malade du corps et de l'esprit. Cela dit, notre joie doit être une joie qui a des bonnes bases, elle doit être l'expression de la paix d'une vie qui a un sens. Sinon, la joie dégénèrerait et deviendrait superficielle et stupide. Sainte Thérèse les distinguait avec justesse entre "sainte joie" et "folle joie". La dernière étant une joie extérieure qui ne dure que très peu et qui nous laisse un goût amer.

Ce sont des jours difficiles pour la vie de la foi. Mais ce sont des temps passionnants également. Nous expérimentons, d'une certaine manière, l'exil de Babylone, celui que chante le psaume. Nous pouvons nous aussi vivre une expérience d'exil «nous pleurions, en nous souvenant de Sion» (Ps 136,1). Les difficultés extérieures, et surtout, le péché, peuvent nous amener sur les rivages de Babylone. Mais malgré tout, il y a des raisons pour garder l'espérance, et Dieu continue à nous dire: «Que ma langue s'attache à mon palais, si je cesse de penser à toi» (Ps 136,6).

Nous pouvons vivre toujours heureux car Dieu nous aime à la folie, tellement «qu'il a donné son Fils unique» (Jn 3,16). Bientôt, nous accompagnerons ce Fils unique dans son chemin de mort et résurrection. Nous contemplerons l'amour de Celui qui nous aime jusqu'au point de se donner pour nous tous, pour toi et pour moi. Et nous serons remplis d'amour en voyant «Celui qu'ils ont transpercé» (Jn 19,37) et grandira en nous une joie que personne ne pourra nous enlever.

La vraie joie qui remplit notre vie n'est pas le résultat de nos efforts personnels. Saint Paul nous le rappelle: elle ne vient pas de nous, c'est un don de Dieu, nous sommes son œuvre (Col 1,11). Laissons Dieu nous aimer et aimons-le en retour, et notre joie sera grande tant dans notre vie que lors de la prochaine Pâque. N'oublions pas de nous laisser caresser et transformer par Dieu en faisant une bonne confession avant Pâques.

Abbé Joan Ant. MATEO i García (La Fuliola, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



 

Demande

Jésus, aide-moi à vivre ma vie en ta présence.

Points de réflexion

1. « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert (…) »
Au désert, après la sortie d’Égypte, les Israélites, perdant courage dans leur chemin à travers le désert, avaient récriminé contre le Seigneur, qui devant ce péché leur avait envoyé des serpents mortels. Par l’intercession de Moïse, le Seigneur demanda à celui-ci d’élever un serpent de bronze afin que quiconque avait été mordu puisse être sauvé à la condition qu’il tourne son regard vers le serpent élevé par Moïse (Cf. Nb 21, 4-9). Jésus se compare au serpent de bronze élevé par Moïse, car lui aussi sera élevé sur le bois de la croix. Mais surtout celui qui lèvera le regard vers lui aura la vie, tout comme les Israélites mordus par les serpents restaient en vie s’ils regardaient le serpent de bronze élevé par Moïse sur un mât. Ce premier verset de l’Évangile d’aujourd’hui en contient tout le message : Jésus est la Vie. Qui veut vivre doit tourner son regard vers lui. Hors de lui, c’est la mort. Jésus ne nous donne pas la vie en abondance (Cf. Jn 10, 10) contre notre liberté. Il veut tout d’abord que nous tournions notre regard vers lui, c’est-à-dire, que nous le choisissions librement.

2. « (…) il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas. »
Pourquoi Jésus s’est-il fait homme ? « Nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ. » (Ep 2, 5) Nous étions esclaves du péché. Il est venu nous racheter. Nous étions loin de lui, loin de Dieu qui est amour (Cf. 1 Jn 4, 8). Depuis le péché originel, depuis que le péché était dans le monde, depuis que Satan était « le prince de ce monde » (Jn 16, 11), nous avions perdu l’harmonie entre les hommes, avec le monde, avec nous-mêmes. Depuis la chute de nos premiers parents, le monde n’était que guerres et conflits, même entre amis et proches, division intérieure. Nous nous étions éloignés de Dieu et nous ne pouvions plus nous rapprocher nous-mêmes de lui. Nous ne le connaissions plus, comment nous rapprocher de lui ? C’est pourquoi Dieu a choisi de se faire homme lui-même, afin que nous puissions le connaître de nouveau, savoir à nouveau ce que nous sommes destinés à être, comment nous devions vivre. Croire en Jésus, c’est sortir de cette dynamique du péché dans laquelle nous a plongés le péché originel, c’est sortir de ce péché qui nous éloigne de Dieu et nous aveugle, nous empêchant de nous rapprocher de lui.

3. « La lumière est venue dans le monde. »
Pour cela, Jésus est la lumière venue dans le monde ; pour cela, il est « la lumière pour éclairer les nations » (Lc 2, 32). « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jn 12, 46). Pour cela Jésus est venu « non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Le jugement ne dépend que de nous. Si nous choisissons la lumière, nous sommes déjà sauvés, et si nous ne croyons pas en Jésus, nous sommes déjà jugés, car nous nous sommes jugés nous-mêmes, parce que nous avons préféré nos péchés à Dieu, à l’amour. Nous avons choisi de nous éloigner de lui. Il ne nous rapprochera jamais de force vers lui. L’enfer et le paradis continuent nos choix d’ici-bas, et si nous avons montré vouloir vivre sans Dieu sur terre, nous préférer nous-mêmes à lui, il ne nous fera pas passer l’éternité avec lui. L’enfer est l’éloignement de Dieu.

Dialogue avec le Christ

Bien souvent, nous savons ce que Dieu veut de nous, nous savons que nous devrions vivre selon son commandement de nous aimer les uns les autres, etc., et pourtant encore et encore nous nous choisissons nous-mêmes. Même saint Paul le disait : « Ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Rm 7, 18-19). Alors à la fin de ce temps de prière ne nous décourageons pas et tournons-nous pleins de miséricorde vers Marie, avec la prière que tant de chrétiens depuis des siècles ont prié du fond du cœur : « Salut ô Reine, mère de miséricorde, douceur de notre vie, notre espérance, salut ! Enfants d’Ève exilés, nous crions vers toi ; gémissant et pleurant, nous soupirons dans cette vallée de larmes. Allons donc ! toi notre avocate, tourne vers nous ton regard miséricordieux et après cet exil montre-nous Jésus le fruit de ton sein, ô clémente, ô pieuse, ô douce vierge Marie ! »

Résolution

Prier une dizaine de chapelet à Marie.

Frère Loïc Chabut, LC

http://www.regnumchristi.fr



« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, »

afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Dieu veut faire de nous un brasier d’Amour, il vient nous chercher dans notre misère. C’est une nécessité, car nous ne pouvons pas nous relever tout seul. Le torrent d’amour de Dieu va emporter la marée de détresse de l’humanité. L’amour infini de Dieu est riche en miséricorde. Quelle joie d’accueillir la miséricorde de Jésus qui nous rejoint. Les prophètes, envoyés pour manifester la lumière, sont tournés en dérision. Ils sont méprisés dans leurs paroles et on se moquent d’eux. Envoyé à leur suite, Jésus nous invite à croire en lui, à accueillir gratuitement le nouvel Amour qu’il nous offre. Il nous manifeste qu’il lui faudra beaucoup souffrir à Jérusalem. Il prend alors l’image du serpent de bronze élevé par Moïse, « il faut que le Fils de l’homme soit élevé. » C’est l’annonce de la manifestation de la croix. Nous demandons la grâce de pénétrer dans les sentiments du cœur de Jésus pour comprendre l’amour infini de son cœur toujours offert.

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Nous sommes sauvés par une foi confiante en Jésus. Il a »accueilli« notre humanité qui s’etait détournée de son cœur et il l’a »reprise" dans un amour encore plus grand. La misère de notre peuple est face à l’amour infini de Dieu qui est riche en miséricorde. Il nous donne de recevoir l’Esprit Saint qui illumine notre cœur. Nous sommes alors ajustés à Dieu par la grâce qu’il déverse en nous. L’Esprit Saint accomplit une œuvre de recréation pour façonner en nous l’homme nouveau, à l’image de Jésus. Par la foi, en accueillant l’Esprit Saint, nous participons à la vie divine. Cette vie divine nous anime au plus intime de nous-mêmes pour se manifester à l’extérieur. Dieu dans sa bonté veut montrer la richesse infinie de sa grâce.

« Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. » Nous constatons notre incapacité à réaliser le bien que nous désirons. Pour entrer dans le salut offert en Jésus, nous reconnaissons que nous sommes blessés, meurtris. Cette souffrance creuse en nous un creux qui se déploie dans un espace où la grâce de Dieu pourra venir habiter. Lever les yeux vers Jésus, le crucifié nous permet de recevoir le salut de Dieu et la grâce du pardon. Alors nous pouvons célébrer la miséricorde de Dieu qui nous rejoint. Jésus crucifié par amour pour nous devient le signe et la Croix prend tout son sens : « Il faut que le Fils de l’homme soit élevé. » C’est en faisant une œuvre de vérité dans notre vie, que nous venons à la lumière. Alors nos vies rayonnent de la douce présence de l’Esprit qui nous habite.

 Nous demandons la grâce de contempler la croix de Jésus et de l’accueillir dans notre vie.

 Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »

      Dieu ne pouvait-il pas fournir au monde un autre remède que celui de la mort de son Fils ?... Assurément, et il pouvait nous racheter par mille autres moyens que celui de la mort de son Fils ; mais il ne l'a pas voulu, car ce qui était suffisant à notre salut ne l'était pas à assouvir son amour. Et pour nous montrer combien il nous aimait, ce divin Fils est mort de la mort la plus rude et ignominieuse qui est celle de la croix.

      Que reste-il donc, et quelle conséquence pourrons-nous tirer de cela, sinon que, puisqu'il est mort d'amour pour nous, nous mourions aussi d'amour pour lui, ou, si nous ne pouvons mourir d'amour, que du moins nous ne vivions autrement que pour lui ?... C'est de quoi se plaignait le grand saint Augustin : « Seigneur, disait-il, est-il possible que l'homme sache que vous êtes mort pour lui et qu'il ne vive pas pour vous ? » Et ce grand amoureux, saint François : « Ah, disait-il en sanglotant, vous êtes mort d'amour et personne ne vous aime ! »...

      Il n'y a pas d'autre rédemption qu'en cette croix. Ô Dieu, quelle grande utilité et quel profit pour nous que de contempler la croix et la Passion ! Est-il possible de contempler cette humilité de notre Sauveur sans devenir humble et sans aimer les humiliations ? Peut-on voir son obéissance sans être obéissant ? Oh non, certes, nul n'a jamais regardé notre Seigneur crucifié et est resté mort ou malade. Et au contraire, tous ceux qui meurent, c'est parce qu'ils refusent de le regarder, comme ceux d'entre les enfants d'Israël qui n'avaient pas voulu regarder le serpent que Moïse avait fait dresser sur la colonne.

http://levangileauquotidien.org

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église






Nos sources:

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

2. Abbé A

http://evangeli.net/evangile

3. Frère F.

http://www.regnumchristi.fr

4. Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org

5. Pape P.

http://levangileauquotidien.org

 


   

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Évangile et Homélie du Mardi 06 Mars 2018. Combien de fois dois-je pardonner mon frère?


Nous sommes le mardi de la 3e semaine de Carême

Saint(s) du jour : Bse Rose de Viterbe, vierge († v. 1251),  Ste Colette de Corbie, clarisse († 1447)


Lectures de la messe

Première lecture (Dn 3, 25.34-43)

Lecture du livre du prophète Daniel

En ces jours-là,
Azarias, debout, priait ainsi ;
au milieu du feu, ouvrant la bouche, il dit :
À cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours
et ne romps pas ton alliance.
Ne nous retire pas ta miséricorde,
à cause d’Abraham, ton ami,
d’Isaac, ton serviteur,
et d’Israël que tu as consacré.
Tu as dit que tu rendrais leur descendance
aussi nombreuse que les astres du ciel,
que le sable au rivage des mers.

Or nous voici, ô Maître,
le moins nombreux de tous les peuples,
humiliés aujourd’hui sur toute la terre,
à cause de nos péchés.
Il n’est plus, en ce temps, ni prince ni chef ni prophète,
plus d’holocauste ni de sacrifice,
plus d’oblation ni d’offrande d’encens,
plus de lieu où t’offrir nos prémices
pour obtenir ta miséricorde.
Mais, avec nos cœurs brisés,
nos esprits humiliés, reçois-nous,
comme un holocauste de béliers, de taureaux,
d’agneaux gras par milliers.
Que notre sacrifice, en ce jour,
trouve grâce devant toi,
car il n’est pas de honte
pour qui espère en toi.

Et maintenant, de tout cœur, nous te suivons,
nous te craignons et nous cherchons ta face.
Ne nous laisse pas dans la honte,
agis envers nous selon ton indulgence
et l’abondance de ta miséricorde.
Délivre-nous en renouvelant tes merveilles,
glorifie ton nom, Seigneur.

– Parole du Seigneur.


Psaume 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.


 

Évangile (Mt 18, 21-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là,
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
“Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
“Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison
jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
“Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« ‘Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu'à sept fois ?’ Jésus lui répondit : ‘Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois’. » La symbolique des chiffres utilisés ici nous renvoie à un passage du livre de la Genèse où nous entendons Lamek qui s’exprime ainsi devant ses femmes Ada et Cilla : « J’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. C’est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, soixante-dix sept fois » (Gn 4, 23-24). Avec Lamek, nous sommes confrontés à la réaction première de tout homme face au mal qui lui est infligé : la vengeance, qui ne peut prendre que des proportions démesurées.

Un peu plus loin, dans le livre de l’Exode, la loi du talion voudra limiter le déchaînement de la passion vengeresse de l’homme et mesurer la juste compensation d’une offense : « Vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, meurtrissure pour meurtrissure, plaie pour plaie. » (Ex 21, 24-25). Un œil (et non pas deux !) pour un œil ; une dent (et non pas la mâchoire !) pour une dent abîmée…

Notre Seigneur Jésus Christ va aller bien au-delà de l’imposition d’un châtiment égal au dommage causé. En réponse à l’offense, il va appeler à pardonner et ce indéfiniment. Pour expliciter son commandement, il donne une parabole dont la mise en scène a pour but de mettre en pleine lumière la démesure de la miséricorde dont fait preuve le roi, qui accorde bien plus que ce que lui demandait son débiteur. En effet, « ému jusqu’aux entrailles », nous dit l’évangéliste, le roi devenu le « maître », non seulement « laisse partir » son serviteur, c'est-à-dire renonce à le vendre, mais il lui remet sa dette infinie (Dix mille talents, soit soixante millions de deniers qui auraient correspondu, à l’époque de Jésus, à soixante millions de journées de travail).

Quel contraste entre l’attitude du maître vis-à-vis de ce serviteur et celle de ce dernier envers son compagnon endetté, d’autant plus que celui-ci ne lui doit qu’une somme insignifiante (six cent mille fois moins) en comparaison de celle dont il vient lui-même d’être acquitté ! Le serviteur semble avoir complètement oublié la gratuité du don de la miséricorde dont il a bénéficié. Qu’il n’ait même pas songé à remercier son maître après la remise de sa dette en témoigne. Nous touchons ici la fine pointe de l’enseignement de notre Seigneur.

Au contraire de ce serviteur, garder présent à notre conscience la gratuité du don du salut dont le Père nous a fait bénéficier en son Fils Jésus-Christ devrait nous conduire à une attitude de miséricorde inconditionnelle envers nos frères humains, qu’elle que soit leur dette envers nous. Comme le disait Saint Jean-Paul II : « Le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix: ‘Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font’ (Lc 23, 34) » (Message pour la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2002).

Seigneur, aide-nous à nous engager sur ce chemin de la miséricorde. Puissions-nous recevoir chacune des offenses qui nous sont faites comme autant d’occasions de témoigner par notre pardon de quel amour tu nous as aimé, de quelle dette tu nous as acquittés et de quelle liberté nous jouissons désormais.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Saisi de pitié, lui remit sa dette»

Aujourd'hui l'Evangile de Matthieu nous invite à la réflexion sur le mystère du pardon, en nous proposant un parallèle entre la façon de pardonner de Dieu et la nôtre.

L'homme ose mesurer et compter sa générosité pour accorder son pardon: «Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu'à sept fois?» (Mt 18,21). Pierre pense que sept fois c'est déjà beaucoup ou bien peut-être que c'est le maximum que l'on peut supporter. Enfin si nous y réfléchissons Pierre nous semble même très généreux, si nous le comparons à l'homme de la parabole qui en trouvant son compagnon qui lui devait cent pièces d'argent «se jeta sur lui pour l'étrangler, en disant: ‘Rembourse ta dette!’» (Mt 18,28) refusant d'entendre ses supplications et ses promesses.

En fin compte, l'homme se nie à pardonner ou bien il donne son pardon à la baisse. En vérité, personne ne dirait qu'on vient de recevoir un pardon sans limites, réitéré à plusieurs reprises de la part de Dieu. La parabole nous dit: «Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette» (Mt 18,27). Et cela même s'agissant d'une dette très élevée.

Néanmoins, la parabole que nous commentons ici met plutôt l'accent sur la manière dont Dieu nous confère son pardon. D'abord Il rappelle à l'ordre son débiteur et lui fait voir la gravité de la situation, soudain Il est saisi de pitié par sa prière contrite et humble «le serviteur demeurait prosterné et disait: ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout’» (Mt 18,26-27). Cet épisode met en évidence ce que chacun de nous connaît bien par expérience et avec beaucoup de reconnaissance: Dieu pardonne sans limite celui qui vient vers lui repenti et converti. La fin de cette parabole qui est négative et triste, fait honneur à la justice et mets en évidence la véracité d'une autre parole de Jésus dans Lc 6,38: «Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous».

Abbé Enric PRAT i Jordana (Sort, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Ô Dieu, envoie ton Esprit Saint sur moi afin que je puisse prier avec cette parole sous ton regard et avec un peu de tes yeux. Qu’il ouvre mon cœur à ta logique divine !

Demande

Seigneur, aide-moi à quitter mon sens très humain et très limité de la justice. Emplis-moi de ta miséricorde et de ta paix pour regarder mes frères.

Points de réflexion

1. « Jusqu’à 70 fois sept fois. »
C’est le chiffre symbolique que Jésus donne à Pierre pour lui signifier qu’il n’y a pas de forfait pour le pardon. La foi que nous avons choisie est très exigeante envers nous, c’est même la plus exigeante parce qu’elle nous fixe comme norme celle de Dieu : un pardon sans limite. Le pardon de Dieu serait bien pauvre s’il se limitait à des chiffres. Il nous faut donc tendre vers cette perfection pour devenir parfait comme notre Père céleste est parfait. (Cf. Mt 5, 48) Certes, le programme est vaste, humainement impossible. Mais si cela semble au-delà de nos forces, il est réconfortant de savoir que c’est aussi le programme que Dieu applique pour nous, et que Dieu demande aux autres pour nous.

2. « Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? »
Jésus vient de donner un commandement : pardonner 70 fois sept fois. Mais il ne s’agit pas de le suivre sans raison. C’est parce que nous devons tout à Dieu, et plus que nous ne pourrons jamais rembourser, que ce pardon est justifié. La faute des autres ne pourra jamais être aussi importante que celles que Jésus a remises sur la croix. Il n’y avait rien de juste dans la mort du Fils de Dieu innocent, le pardon est un don qui outrepasse la justice humaine. Le pardon fait justice non pas aux hommes, mais à Dieu à qui nous devons tout.

3. « (…) si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Si la justice se contente d’actes, la justice de Dieu réclame bien davantage : la sincérité du cœur. C’est là le siège de nos rancunes et de la souffrance que provoque la rancune du prochain. Sans cette démarche du cœur, qui n’est pas celle de l’apparence, il y a des liens qui restent. Ils empêchent ceux qui ne sont pas pardonnés de rejoindre Dieu, ils sont une des causes du purgatoire, de même qu’ils nous empêcheront notre tour de rejoindre Dieu. La miséricorde infinie nous demande de convertir notre cœur au sens de Dieu, au sens de sa justice, et par là de renoncer à l’esprit du monde et à sa justice comptable qui se contente des apparences. C’est pourquoi la rejeter c’est rester dans le monde ; s’y essayer, c’est se rapprocher de la logique divine et faire un pas de plus vers ce Cœur qui nous a tant aimés.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je te rends grâce pour ta miséricorde car sans elle je ne pourrai jamais arriver à la hauteur de ce pardon infini que tu nous demandes pour nos frères. Permets-moi de faire par amour pour toi ce que je ne parviens pas à faire pour l’amour de mes frères !

Résolution

Seigneur, envoie-moi ton Esprit Saint pour que dans la rancune je puisse me souvenir de cette parole, afin que je me rappelle que je te dois plus que je ne pourrais jamais te rendre. Seigneur, avec ta grâce je veux pouvoir regarder les injustices qu’on m’a faites au regard de ton honneur outragé à tort sur la croix de nos fautes. Je ne pourrai jamais rien pardonner sans faire l’expérience de ta miséricorde : je veux pouvoir en recueillir les grâces par une confession régulière.

Anne-Pauline Jarry

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"Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Pierre va devenir l’intendant des biens de Jésus, de son amour infini, il pose à Jésus la question de savoir combien de fois il devra pardonner ! Jésus proclame la parabole de la remise des dettes. Dieu nous a pardonné afin que nous puissions, nous aussi, entrer dans la démarche du pardon pour retrouver une vie filiale avec notre Père et une vie fraternelle avec nos frères. C’est la réalité que la communauté des amis de Jésus doit vivre. Il y a un lien entre le trésor immense de l’amour infini de Dieu qui nous est donné et les rapports que nous avons les uns avec les autres. Libérés de nos fautes, nous pouvons marcher sur un chemin de pardon et de miséricorde. La pitié situe chacun de nous à notre juste place, le pardon offert met en lumière la beauté de l’humanité. Jésus veut nous faire entrer dans sa compassion. Il prend en pitié chacun de nous et il nous demande de faire ainsi pour pouvoir vivre ensemble. Bien souvent nous demandons à quelqu’un de nous pardonner. Sur la croix, tous nos refus d’aimer sont tombés dans le cœur de Jésus : "Il est devenu péché pour nous, lui qui n’a jamais péché." Il a donné sa vie pour nous et Dieu notre Père a accepté son offrande pour nous réconcilier.

"Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Dieu nous remet dans la vérité de son amour annoncé dans le mystère pascal. Cette parole est précieuse, elle nous invite à mesurer la grâce à laquelle nous sommes appelé pour qu’advienne le Royaume de Dieu. Bénéficiant de l’échange d’amour avec Dieu, vivant de la foi en Jésus, nous réalisons les merveilles que Dieu a faites pour nous. Il manifeste le Maitre « Saisi de pitié » devant l’indigence de l’humanité qui mendie son Amour. C’est rempli de miséricorde que Dieu aime et nous voulons nous comporter ainsi dans nos rapports fraternels. Quand nous prions, nous voulons que Dieu nous écoute et nous aimons sentir sa Présence pour avancer dans l’intimité avec lui. Or, c’est dans l’amour fraternel et le pardon, que la communion avec Dieu se construit.

"Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Seul le pardon ouvre un horizon nouveau, une reconnaissance qui redonne la vie en apprenant à dire merci. Le reconnaître, c’est laisser notre cœur se dilater de reconnaissance. Celui qui n’a pas pardonné, comme celui n’a pas reçu la remise de sa dette, est emprisonné. L’appel à la pitié nous touche vraiment. Notre cœur est compatissant et nous sommes proches de celui qui nous a remis notre dette. C’est ainsi que le Royaume de Dieu habite notre terre et que de bonnes choses nous sont données chaque jour. Le pardon vient de l’amour infini de Dieu pour nous et de son amour pour les autres. Nous avons conscience de l’amour infini dont nous sommes aimés, c’est notre joie, elle est parfaite ! Dans cet amour incroyable, nous voulons accueillir nos frères avec le même amour dont nous sommes aimés. Cette parole est précieuse, nous nous l’appliquons à nous-mêmes. Jésus est Celui qui pardonne à tous ses frères, de tout son cœur. Nous sommes invités à contempler la grâce à laquelle nous sommes appelé. Pardonner pour que vienne le Royaume offert est le moyen royal et concret d’y entrer.

Nous demandons la grâce de comprendre cette parole de Dieu pour la mettre en pratique.

Père Gilbert Adam

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Pardonner à notre frère de tout notre cœur

      La première parole que notre Seigneur prononça sur la croix fut une prière pour ceux qui le crucifiaient ; et c'est alors qu'il fit ce qu'écrit Saint Paul : « Aux jours où il vivait dans la chair, il offrit prières et sacrifices » (He 5,7). Certes, ceux qui crucifiaient notre divin Sauveur ne le connaissaient pas..., car s'ils l'avaient connu ils ne l'auraient pas crucifié (1Co 2,8). Notre Seigneur donc, voyant l'ignorance et la faiblesse de ceux qui le tourmentaient, commença à les excuser et à offrir pour eux ce sacrifice à son Père céleste, car la prière est un sacrifice... : « Mon Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent ce qu'ils font » (Lc 23,34). Combien grande était la flamme d'amour qui brûlait dans le cœur de notre doux Sauveur, puisqu'au plus fort de ses douleurs, au temps où la véhémence de ses tourments semblait lui ôter même le pouvoir de prier pour lui-même, il vint par la force de sa charité à s'oublier soi-même, mais non ceux qu'il avait créés...

      Il voulait par là nous faire comprendre l'amour qu'il nous portait, lequel ne pouvait être diminué par aucune sorte de souffrance, et nous apprendre aussi quel doit être notre cœur à l'endroit de notre prochain...

      Or, ce divin Seigneur s'étant employé à demander pardon pour les hommes, il est tout certain que sa demande lui fut accordée, car son divin Père l'honorait trop pour lui refuser quelque chose de ce qu'il lui demandait.

Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l'Église http://levangileauquotidien.org




Nos sources:

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Homélie ou Méditation du jour

1. Père Philippe

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2. Abbé A

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3. Frère F.

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4. Père Gilbert Adam

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5. Pape P.

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Évangile et Homélie du Lundi 05 Mars 2018. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays

   

Nous sommes le lundi de la 3e semaine de Carême
Saint(s) du jour : St Giovanni Giuseppe della Croce, prêtre o.f.m. († 1734)


Lectures de la messe

Première lecture (2 R 5, 1-15a)

Lecture du deuxième livre des Rois

En ces jours- là,
Naaman, général de l’armée du roi d’Aram,
était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître,
car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire
au royaume d’Aram.
Or, ce vaillant guerrier était lépreux.
Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël,
avaient fait prisonnière une fillette
qui fut mise au service de la femme de Naaman.
Elle dit à sa maîtresse :
« Ah ! si mon maître s’adressait
au prophète qui est à Samarie,
celui-ci le délivrerait de sa lèpre. »
Naaman alla auprès du roi et lui dit :
« Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. »
Le roi d’Aram lui répondit :
« Va, mets-toi en route.
J’envoie une lettre au roi d’Israël. »
Naaman partit donc ;
il emportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or
et dix vêtements de fête.
Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait :
« En même temps que te parvient cette lettre,
je t’envoie Naaman mon serviteur,
pour que tu le délivres de sa lèpre. »
Quand le roi d’Israël lut ce message,
il déchira ses vêtements et s’écria :
« Est-ce que je suis Dieu,
maître de la vie et de la mort ?
Ce roi m’envoie un homme
pour que je le délivre de sa lèpre !
Vous le voyez bien : c’est une provocation ! »
Quand Élisée, l’homme de Dieu,
apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements,
il lui fit dire :
« Pourquoi as- tu déchiré tes vêtements ?
Que cet homme vienne à moi,
et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »

Naaman arriva avec ses chevaux et son char,
et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée.
Élisée envoya un messager lui dire :
« Va te baigner sept fois dans le Jourdain,
et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié. »
Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant :
« Je m’étais dit :
Sûrement il va sortir,
et se tenir debout
pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ;
puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade
et guérira ma lèpre.
Est-ce que les fleuves de Damas,
l’Abana et le Parpar,
ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ?
Si je m’y baignais,
est-ce que je ne serais pas purifié ? »
Il tourna bride et partit en colère.
Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire :
« Père ! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile,
tu l’aurais fait, n’est-ce pas ?
Combien plus, lorsqu’il te dit :
“Baigne-toi, et tu seras purifié.” »
Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois,
pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ;
alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant :
il était purifié !
Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ;
il entra, se présenta devant lui et déclara :
« Désormais, je le sais :
il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre,
que celui d’Israël ! »

– Parole du Seigneur.


Psaume 41 (42), 2, 3 ; 42 (43), 3, 4

Comme un cerf altéré
cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche,
toi, mon Dieu.

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !


 

Évangile (Lc 4, 24-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Dans la synagogue de Nazareth,
Jésus déclara :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2017. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

« Aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays » : Jésus a perçu les pensées de ses concitoyens. Mais, il ne s’arrête pas à ce constat. Il va mettre en évidence la racine de leur refus de reconnaître en lui le prophète ultime annoncé en Isaïe 61. Pour ce faire, il va répondre à leur revendication d’un signe attestant sa messianité en reprenant deux épisodes de l’Ancien Testament : celui d’Elie et de la veuve de Sarepta et celui d’Elysée et de Naaman le Syrien (cf. Première lecture de ce jour).

Ces récits présentent deux grands prophètes d’Israël, Elie et Elysée, à un moment où ils sont envoyés par le Seigneur porter soulagement et guérison à des païens. En fait, ces deux passages de l’Ecriture révèlent à Israël sa véritable mission : rappeler aux nations l’amour gratuit de Dieu pour tous. Israël doit être signe pour tous les peuples « étrangers » de la générosité et de la grandeur du Seigneur, signe qui les amènera à s’attacher, comme Naaman, à l’unique vrai Dieu. En Jésus, cette vocation universelle de l’élection d’Israël est portée à son accomplissement. En lui, Dieu se révèle à tout homme comme son Seigneur et son Sauveur.

Mais lorsque Jésus évoque ces épisodes relatifs à Elie et Elysée, saint Luc nous dit que « dans la synagogue, tous devinrent furieux. » Les juifs de Nazareth n’ont donc pas compris que le fait d’avoir été choisis par Dieu ne devait en rien les couper des autres nations, bien au contraire... En fait, ils se sont refermés sur leur élection c’est-à-dire sur eux-mêmes : Dieu nous a choisis, nous et personne d’autre. Ce Dieu est le nôtre, nous le connaissons bien, tellement bien que nous l’avons réduit à ce que nous avons pu saisir un tant soit peu de lui. Ce qui peut-être nous dépasse – sa révélation aux païens par exemple – nous l’avons exclu. En fait, nous nous sommes fait notre Dieu. Et c’est vrai que cela est tellement facile lorsque l’on croit avoir mérité peut-être son élection. On s’approprie tellement cette élection qu’à travers elle on s’approprie celui qui en est à l’origine. Mais au fond, n’est-ce pas là aussi parfois notre attitude vis à vis du Seigneur Jésus ? Cela vaut sans doute la peine de nous interroger.

En ce temps de carême, le Seigneur veut faire de nous les porteurs de la Bonne Nouvelle de son Amour et de sa Réconciliation auprès de ceux qui sont le plus éloignés de lui. Il veut ouvrir nos cœurs aux dimensions du sien. Cette « opération », à cause de notre péché qui nous replie sur nous-mêmes, provoquera en nous sûrement des combats, des luttes violentes où Dieu pourra peut-être se trouver pris à partie.

Mais dans l’évangile, Jésus nous laisse déjà entrevoir sa victoire. Ils passent sans crainte au milieu de nos égoïsmes. Il trace un sillon au milieu de nos cœurs. Il ouvre une brèche au cœur de tous nos repliements narcissiques. A travers cette ouverture nous percevons au loin une colline : le Golgotha. En son sommet, la Croix : l’ultime déchirure qui ouvre les portes du ciel et donne accès à la vie éternelle. Il nous faudra mourir à nous-mêmes pour renaître à la vie. Alors nos cœurs pourront rayonner de l’Amour que Dieu porte à tout homme.

Que le Seigneur nous conduise durant ce carême sur ce chemin de conversion pour que chaque matin de notre vie puisse devenir une aube pascale qui célèbre et annonce le salut de Dieu apporté à tout homme. Comment pourrions-nous retenir pour nous-mêmes le don que le Père nous a fait en son Fils bien-aimé ? 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie»

 

 

Aujourd'hui, dans l'Evangile, Jésus nous dit "qu'aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie" (Lc 4,24). En utilisant ce proverbe, Jésus se présente comme un prophète.

Le "prophète", c'est celui qui parle au nom de quelqu'un autre, qui apporte le message de quelqu'un d'autre. Chez les hébreux, les prophètes étaient des hommes envoyés par Dieu pour annoncer, soit avec des paroles, soit avec des signes, la venue du Messie, le message du salut, de la paix et de l'espérance.

Jésus est le prophète par excellence, le Sauveur attendu ; toutes les prophéties s'accomplissent avec Lui. Mais, comme à l'époque d'Elie et d'Elisée, Jésus n'est pas "bien reçu" parmi les siens, puisque ce sont eux qui, pleins de colère, "l'ont jeté hors de la ville" (L 4,29).

Du fait de notre baptême, chacun de nous est aussi appelé à devenir prophète : C'est pour cela que :

1° Nous devons annoncer la Bonne Nouvelle. Pour ce faire, comme le dit le Pape François, nous devons écouter la Parole avec une ouverture sincère, la laisser toucher notre propre vie, nous réclamer, nous exhorter, nous mobiliser, car si nous ne consacrons pas du temps à cette Parole pour prier, alors nous serons un "faux prophète", un "escroc", un "charlatan qui sonne creux".

2° Vivre l'Evangile. Le Pape François dit à nouveau "on ne nous demande pas d'être immaculés, mais d'être toujours en progrès, de vivre le désir profond de grandir sur le chemin de l'Evangile et de ne pas baisser les bras". Il est indispensable d'avoir la certitude que Dieu nous aime, que Jésus nous a sauvés, que son amour durera toujours.

3° En tant que disciples de Jésus, nous devons être conscients que de même que Jésus a connu le rejet, la colère, a été chassé, cela se profile aussi à l'horizon de notre vie quotidienne.

Que Marie, Reine des prophètes, nous guide sur notre chemin.

 

http://evangeli.net/evangile

Abbé Higinio Rafael ROSOLEN IVE (Cobourg, Ontario, Canada)



Prière d'introduction

Seigneur, donne-moi le don de la foi. Je veux croire en toi. Je veux que tu sois présent dans ma vie, dans tous les moments de ma vie.

Demande

La foi.

Points de réflexion

1. Jésus, après avoir parcouru plusieurs villes et villages de Galilée, revient dans son village, Nazareth, et il enseigne dans la synagogue, comme il le faisait dans les autres endroits où il se rendait. Dans les autres villes et villages de Galilée, Jésus était un personnage nouveau que les gens ne connaissaient pas. Ici Jésus est connu de tous. On connaît sa famille, ses parents, sa maison, on l’a vu grandir et travailler dans le village. Nous ne connaissons pas grand-chose de la vie de Jésus à Nazareth, et ce passage de l’Évangile nous confirme que si nous n’en savons presque rien, c’est qu’il n’y eut rien de spécial pendant cette partie de la vie de Jésus. Jésus était un villageois comme les autres à Nazareth.

2. La visite de Jésus à Nazareth, après ses passages dans les autres endroits de la Galilée, s’est mal passée. Jésus enseigne dans la synagogue, les habitants s’étonnent de voir ce Jésus qu’ils pensaient bien connaître montrer une grande sagesse. Saint Matthieu, dans son récit de l’événement, précise que les habitants de Nazareth manquaient de foi. Jésus leur rappelle deux passages de l’Écriture : dans le premier Élie est envoyé par Dieu vers une veuve qui n’était pas d’Israël, dans le second Élisée guérit Naaman le lépreux, un Syrien. Outragés par ces comparaisons, les habitants de Nazareth décident alors de tuer Jésus en le précipitant du haut d’une falaise, mais Jésus réussit à s’enfuir.

3. Ne sommes-nous pas parfois nous aussi comme ces habitants de Nazareth ? Certes nous savons que Jésus est le Fils de Dieu, nous savons qu’il est ressuscité, nous savons qu’il est notre Sauveur. Mais il est possible que petit à petit nous nous soyons habitués à cela, que Jésus fasse, en quelque sorte « partie du paysage ». Que Jésus, au bout du compte, soit devenu un élément de plus dans notre vie quotidienne. Si tel est le cas, alors notre foi est comme morte : l’habitude l’a tuée, un peu comme ces habitants de Nazareth, incapables d’avoir un regard neuf sur Jésus et qui décident de le tuer. Dieu est vivant et c’est dans une relation vivante avec lui que nous sommes appelés à vivre.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, aide-moi à te voir dans ma vie, dans les moments heureux et les moments difficiles. Je crois que tu es toujours près de moi, que jamais tu ne me laisses seul. Aide-moi à voir ton amour, tu ne cesses jamais de m’aimer.

Résolution

Demander chaque jour à Jésus de me donner une plus grande foi.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

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"Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.

En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Jésus n’est pas bien reçu parmi les siens. Pleins de colère, ils "veulent le jeter hors de la ville." C’est ainsi que toutes les prophéties s’accomplissent en Lui. Jésus est le prophète, il est le Sauveur attendu. Ecoutant la Parole de Jésus avec un cœur sincère, nous la laissons toucher notre vie et nous nous consacrons à cette Parole. Nous sommes appelés "prophètes" du fait de notre baptême, et nous annonçons encore la Bonne Nouvelle. Saint Ambroise, à propos de l’accueil de cette veuve dit : "Qu’elle est parfaite, cette veuve ! Accablée par une grande famine, elle continuait pourtant à vénérer Dieu. Elle ne gardait pas ses provisions pour elle seule : elle partageait avec son fils. Bel exemple de tendresse, mais plus bel exemple encore de foi ! Elle ne devait préférer personne à son fils : voilà qu’elle met le prophète de Dieu au-dessus de sa propre vie. Croyez bien qu’elle n’a pas seulement donné un peu de nourriture, mais toute sa subsistance ; elle n’a rien gardé pour elle ; comme son hospitalité l’a amenée à un don total, sa foi l’a conduite à une confiance totale."

"Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » Jésus est désarmant ! Si nous voulons connaitre Jésus, nous suivrons le même chemin que lui. L’histoire du Roi d’Israël qui voit arriver Naaman le Syrien pour être délivré de sa lèpre est éclairante. Il croit à une provocation ! Il entre dans une grande colère et il déchire ses vêtements. Il s’écrie : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Vous le voyez, c’est une provocation ! » Ce n’est pas seulement le Roi d’Israël qui manifeste de réelles difficultés, mais encore Naaman le Syrien qui demande la guérison. « Il se disait en lui-même, il va m’imposer les mains et je vais être guéri. » Quand il entend l’ordre d’aller se baigner dans le Jourdain, il le prend mal ! L’orgueil tapi dans le cœur de l’homme se révèle ainsi. Nous sommes tous et toujours dans une réelle difficulté de croire. Jésus ouvre nos yeux sur le fait qu’être membre du “Peuple élu” n’offre aucune garantie de salut, ou de purification.

"À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux." Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.Tous ceux qui sont dans l’attente de Dieu et qui le cherchent sont touchés par la grâce qui émane de lui ! Nous pouvons imaginer la joie de Marie devant la perspective de la venue de Jésus dans son pays. Très vite, elle doit vivre une grande déception, en très peu de temps Jésus est rejeté de chez lui. Il connait le rejet et la colère de son Peuple. Il a été chassé de chez lui. C’est à Nazareth, là où il avait grandi, que Jésus vit ce rejet ! La certitude que Dieu nous aime, que Jésus nous a sauvés, que son amour durera toujours est si necessaire. Au travail, en famille, ou dans notre entourage, nous devons prendre nos décisions à la lumière de l’Évangile. Marie a accueilli son fils bien aimé Jésus, le prophète, le Sauveur attendu. Nous laissons sa Parole nous toucher dans notre vie et nous consacrons du temps à la prière. Marie, Reine des prophètes, nous guide sur ce chemin !

Nous demandons la grâce de suivre Jésus, de demeurer dans l’amour infini de Dieu.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org



Le Carême conduit à la résurrection du baptême

      Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait être purifié par personne. Alors une jeune captive dit qu'il y avait un prophète en Israël qui pourrait le purifier du fléau de la lèpre... Apprends maintenant qui est cette jeune fille d'entre les captifs : la jeune assemblée d'entre les nations, c'est-à-dire l'Église du Seigneur, humiliée auparavant par la captivité du péché, alors qu'elle ne possédait pas encore la liberté de la grâce. C'est à son conseil que ce vain peuple des nations a écouté la parole des prophètes dont il avait douté longtemps. Ensuite, dès qu'il a cru qu'il fallait obéir, il a été lavé de toute l'infection de ses méfaits. Naaman avait douté avant d'être guéri ; toi, tu es déjà guéri, c'est pourquoi tu ne dois pas douter.

      C'est pour cela qu'on t'a déjà dit de ne pas croire seulement ce que tu voyais en t'approchant du baptistère, de peur que tu ne dises : « C'est là 'le grand mystère que l'œil n'a pas vu ni l'oreille entendu et qui n'est pas monté au cœur de l'homme' ? (1Co 2,9) Je vois de l'eau, que je voyais tous les jours ; peuvent-elles me purifier, ces eaux dans lesquelles je suis souvent descendu sans être jamais purifié ? » Apprends par là que l'eau ne purifie pas sans l'Esprit. C'est pour cela que tu as lu que « trois témoins au baptême ne font qu'un : l'eau, le sang et l'Esprit » (1Jn 5,7-8). Car si tu en retires un, il n'y a plus de sacrement du baptême. En effet, qu'est-ce que l'eau sans la croix du Christ ? Un élément ordinaire sans aucun effet sacramentel. Et de même, sans eau il n'y a pas de mystère de la régénération. « À moins d'être né de nouveau de l'eau et de l'Esprit, on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5). Le catéchumène croit en la croix du Seigneur Jésus dont il est marqué ; mais s'il n'a pas été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, il ne peut pas recevoir la rémission de ses péchés ni puiser le don de la grâce spirituelle.

      Donc ce Syrien s'est plongé sept fois dans la Loi ; toi, tu as été baptisé au nom de la Trinité. Tu as confessé le Père..., tu as confessé le Fils, tu as confessé l'Esprit Saint... Tu es mort au monde et ressuscité pour Dieu et, en quelque sorte, enseveli en même temps dans cet élément du monde ; mort au péché, tu es ressuscité pour la vie éternelle (Rm 6,4).

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église

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