Evangile, Saint et Homélie du Me 31 août 2016. Tous ceux qui avaient des malades les amenèrent et Jésus les guérissait!


Mercredi 31 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 22e semaine

Saint(s) du jour : St Raymond Nonnat, cardinal (1200-1240), Bx Pedro Tarrés y Claret, médecin et prêtre († 1950)


 Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,1-9.

Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ? Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos », n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine ?
Mais qui donc est Apollos ? qui est Paul ? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu. Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire suivant la peine qu’il se sera donnée. Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit.

Psaume 33(32),12-13.14-15.20-21.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !
Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

Du lieu qu'il habite, il observe
tous les habitants de la terre,
lui qui forme le cœur de chacun,
qui pénètre toutes leurs actions.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui. Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 

 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux»

Aujourd'hui, nous regardons un contraste: ceux qui cherchent Jésus et Jésus, Lui qui guéri toute “infirmité” (à commencer par la belle-mère de Simon Pierre) en même temps: «Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant» (Lc 4,41). C'est-à-dire: le bien et la paix, d'un côté; et le mal et le désespoir de l'autre. Ce n'est pas la première fois que le diable est présenté en “sortant”, c'est à dire, en fuyant la présence de Dieu parmi les cris et les hurlements. Rappelons nous également le possédé du pays des Géraséniens (cf. Lc 8,26-39). Il est surprenante que le diable lui-même reconnaisse Jésus et que comme dans le cas de celui du possédé du pays des Géraséniens, ce soit lui qui vienne à sa rencontre (en colère et furieux, bien entendu, parce que la présence de Dieu dérange sa méprisable tranquillité).

Combien de fois avons-nous pensé que notre rencontre avec Jésus était une gêne! Cela nous gêne d'aller à la messe le dimanche, nous nous inquiétons du fait que nous n'avons pas prié depuis longtemps, nous sommes honteux de nos erreurs, au lieu d'aller chez le Médecin de notre âme et simplement lui demander pardon… Réfléchissons si n'est pas le Seigneur qui doit toujours venir à notre rencontre, car nous nous faisons prier pour laisser notre petit “trou” et aller à la rencontre de Celui qui est le Pasteur de nos vies! Cela s'appelle tout simplement: tiédeur. Il y a un diagnostic pour ça: atonie; aucune pulsation dans l'âme, angoisse, curiosité désordonnée, hyperactivité, paresse spirituelle à l'égard des questions de la foi, pusillanimité; envie d'être seul… mais, il y a aussi un antidote: arrêter de se regarder soi-même et se retrousser les manches. S'engager à consacrer un moment chaque jour à Jésus (c'est ce qu'on entend par oraison), Jésus le faisait, puisque «quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert» (Lc 4,42). S'engager à vaincre notre égoïsme sur une petite chose chaque jour pour le bien des autres (c'est ce qu'on appelle aimer). Faire le “petit-grand” engagement de vivre chaque jour en cohérence avec notre vie chrétienne.   http://evangeli.net/evangile


 

Homélie du Père Philippe

 

La guérison de la belle-mère de Pierre, que Jésus relève de sa fièvre, voilà un miracle en apparence bien insignifiant ; au point qu’on est enclin à se demander pourquoi saint Luc en fait mention ? Notre étonnement grandit encore lorsque nous découvrons qu’il s’agit du tout premier miracle relaté dans le troisième évangile ! Dans la logique narrative, il devrait donc avoir une valeur paradigmatique et orienter l’interprétation de tous les miracles qui vont suivre. Bref, les deux versets qui introduisent l’Évangile de ce jour, méritent toute notre attention.

 

Il n’est pas dit que Jésus « sort » de la synagogue, mais qu’il la « quitte » : elle a terminé son rôle ; elle était le lieu de l’attente de la venue de celui qui devait « accomplir les Écritures » (Lc 4, 21). L’autorité avec laquelle Notre-Seigneur y a enseigné doit suffire aux juifs pieux et ouverts à l’action de l’Esprit pour reconnaître en lui le Messie de leur espérance. En tout cas le démon, lui, a perçu le caractère unique de ce « Jésus de Nazareth » ; mais son intervention intempestive, destinée à troubler les esprits, se solde par un échec : il est contraint de « sortir » de l’homme dont il avait pris possession, confirmant par cette défaite « l’autorité et la puissance » de Jésus.  Notre-Seigneur quitte donc l’ancien lieu de culte pour entrer dans la maison de Simon-Pierre, symbole de l’Église. « La belle-mère de Simon était alitée, oppressée par une forte fièvre » ; il s’agit donc de la mère de l’épouse de l’hôte de Jésus. Les femmes n’avaient guère la préséance dans la société juive de l’époque ; a fortiori la mère de l’épouse du maître de maison devait-elle se contenter des services subalternes. C’est donc au chevet de quelqu’un de retiré, de discret, faisant partie des sans-voix et des sans-droits que se rend Notre-Seigneur. Il est remarquable que le premier membre de l’Église à être nommé dans le troisième Évangile, est une femme, et une femme « de second rang » dans la hiérarchie sociale. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-28).

 

Jésus non seulement s’approche de la femme, mais « se penche sur elle » dans un geste de compassion, comme une mère se penche sur le lit de souffrance de son enfant malade. Il « interpelle vivement la fièvre ». Et, à peine la fièvre est-elle chassée, qu’« à l’instant même la femme se leva et elle servait » Jésus.  La véritable finalité des guérisons, exorcismes et autres miracles accomplis par Jésus tout au long des Évangiles, apparait ici en pleine lumière : Notre-Seigneur est venu pour nous libérer de l’inertie du péché qui nous paralyse dans nos peurs et notre égoïsme, et pour nous rendre participants dans l’Esprit, de son pouvoir divin d’aimer et de servir nos frères, au prix de notre propre vie. « Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 26-27).

 

 

Père saint, conformément au souhait de ton apôtre Paul, donne-nous “la grâce et la paix”. La grâce de nous arracher à notre individualisme, à nos indifférences, à notre lâcheté, à nos paresses coupables ; la grâce de nous lever dans la puissance de la Résurrection de ton Fils ; la grâce de nous mettre généreusement au service de nos frères dans l’amour. Alors “ta paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus” (Ph 4, 7) notre Seigneur.

 

 

http://www.meinau-catholiques.org

 


 

 

Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, viens à mon secours, viens m’aider dans mon humanité blessée. Je crois que tu peux m’aider, tu es le seul qui puisse guérir toutes mes blessures.

 

Demande

 

Croître dans l’amitié avec Jésus.

 

Points de réflexion

 

1. Dans ce passage, nous retrouvons Jésus qui se rend dans la maison de Simon, et y trouve sa belle-mère, souffrant d’une forte fièvre. Et Jésus la guérit. Dans la suite de ce passage, nous pouvons voir Jésus qui accueille tous les infirmes, malades et possédés qu’on lui présente au coucher du soleil. Et Jésus les guérit.

2. Dans un premier temps, Jésus guérit donc la belle-mère de Simon. Cela nous montre que Jésus s’intéresse à chaque personne en particulier. Il ne vient pas pour « l’humanité en général » mais pour rencontrer chacun de nous. Et la seconde partie, où nous voyons cette multitude de personnes souffrantes venir à Jésus, nous montre qu’il est capable de répondre à tous les problèmes de l’homme. Quelle que soit la maladie dont souffre notre âme, quel que soit le péché dans lequel nous sommes tombés, Jésus a le pouvoir de nous guérir.

3. Enfin, à la fin du passage, nous écoutons Jésus dire qu’il doit se rendre aussi dans les autres villages. Jésus est venu pour tous les hommes, pas pour une petite minorité ou pour une élite. Il est venu pour sauver tout le monde. Et, comme ces villageois ne pouvaient pas garder Jésus pour eux seuls, nous ne pouvons pas non plus garder Jésus pour nous seuls. Une fois rencontré le Sauveur, nous ne pouvons qu’essayer de le faire connaître autour de nous.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je crois que tu es mon Sauveur. Merci, Jésus, de venir à mon secours, de me donner tout ce dont j’ai besoin. Garde-moi près de toi. Fais que par mes actes et mes paroles, je sois un témoin de ton amour.

 

Résolution

 

Faire une prière pour demander la conversion d’un pécheur. http://www.regnumchristi.fr

 

 


 

Père Gilbert Adam

En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur.

Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l’instant même, elle se leva, et elle les servait. Jésus, d’un mot, commande à la fièvre, il guérit cette femme, à cause de la foi de ses proches, et aussitôt elle se remet à servir. Cette guérison a une portée symbolique, elle annonce le relèvement et la résurrection de l’humanité marquée par la souffrance et la fièvre du péché. Le verbe qui décrit l’action de se lever de cette femme est employé pour désigner la résurrection de Jésus. La Parole vivante et vivifiante de Jésus est la résurrection et la vie, il veut se pencher sur chacun de nous. Jésus manifeste que le règne de Dieu est là en guérissant les malades et en chassant les démons. Le pouvoir usurpé de Satan, le prince de ce monde, est terminé. L’homme peut revenir à la tendresse et à la miséricorde de Dieu. Quelqu’un est-il malade, infirme, à la Parole de Jésus, il se remet debout, et se retrouve en bonne santé. Jésus, mû par l’Esprit, passe dans l’humanité, et progressivement la communauté humaine prend acte du Royaume de Dieu qui est arrivé, royaume d’amour, de paix, de douceur et d’humilité.

Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, qu’il était le Messie. Au coucher du soleil, la chaleur est retombée, et on peut transporter les malades. Jésus guérit de toutes leurs maladies ceux qu’on lui amène. Des personnes appellent, s’impatientent, lassés de souffrir ou en proie à leurs démons quotidiens. Jésus trouve le temps d’aimer chacun, de regarder chacun, d’imposer les mains à chacun comme s’il était l’unique. Dieu fait un travail de sanctification et nous sommes heureux de le laisser faire avec une confiance infinie. Jésus réuni son Peuple, il est au milieu de nous, c’est par lui que nous œuvrons, c’est son Esprit Saint qui fait œuvre d’unité. Sa parole nous donne la vie, et Dieu donne la croissance à la nouvelle Communauté qui est son Corps. C’est Jésus qui fait un travail d’unité au milieu de nous avec l’Esprit Saint, pour que le Règne de Dieu advienne. Nous voulons bâtir cette nouvelle communauté qu’il a formée avec ses disciples.

Quand il fit jour, Jésus sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j’aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle. Le désert est le lieu de la solitude, c’est le lieu de l’absolu et de la liberté. Les grandes choses commencent dans le silence et dans la pauvreté. La foule rejoint Jésus et elle voudrait le retenir, c’est là aussi notre réflexe, quand nous l’avons rencontré. Or le Christ nous renvoie à notre mission, à sa propre mission : « Aux autres villes aussi il me faut annoncer la bonne nouvelle du Règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Quelque chose a changé chez les hommes avec Jésus, les pauvres ont la première place. Saisis par l’Esprit Saint, prenant la suite de Jésus, ils apportent l’unité de l’Amour qui fait parmi nous un travail de guérison. Le règne de Dieu est arrivé parmi nous qui prenons la suite de Jésus pour mettre autour de nous cette paix, cette douceur et cet amour qui vient de Lui.

Nous demandons la grâce de comprendre que le règne de Dieu est là, que nous pouvons travailler pour l’unité.

http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 

 


Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Soliloques, L.1, ch.1, § 5-6

« Les foules le cherchaient »

Désormais, Seigneur, c'est toi seul que j'aime, à toi seul que je m'attache, toi seul que je cherche, toi seul que je suis prêt à servir, parce que c'est toi seul qui commandes avec justice. À tes ordres je désire me soumettre ; commande, je t'en prie, commande ce que tu veux, mais guéris-moi, ouvre mes oreilles, afin que je puisse entendre tes paroles...

Reçois-moi comme un fugitif, Seigneur, ô Père très bon. J'ai souffert assez longtemps ; assez longtemps j'ai été asservi à tes ennemis et le jouet des mensonges. Reçois-moi comme ton serviteur qui veut s'éloigner de toutes ces choses vaines... Je sens qu'il me faut revenir à toi ; je frappe, ouvre-moi la porte, enseigne-moi comment on parvient jusqu'à toi... C'est vers toi que je veux aller, donne-moi donc les moyens d'arriver jusqu'à toi. Si tu t'éloignes, nous périssons ! Mais tu n'abandonnes personne, parce que tu es le souverain bien ; tous ceux qui te cherchent avec droiture te trouvent. C'est toi qui nous montres comment te chercher avec droiture. Ô mon Père, fais donc que je te cherche, délivre-moi de l'erreur, ne permets pas que, dans ma recherche, je trouve autre chose que toi. Si je ne désire rien d'autre que toi, fais que ce soit toi seul que je trouve, ô mon Père.

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© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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csfachorale@gmail.com

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Evangile, Saint et Homélie du Sa 27 août 2016. La Parabole des talents et du Royaume des Cieux !

 

 


Samedi 27 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 21e semaine

Saint(s) du jour : Ste Monique, mère de saint Augustin  (332-388)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,26-31.

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

Psaume 33(32),12-13.18-19.20-21.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !
Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,14-30.

« C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 Abbé Albert SOLS i Lúcia (Barcelona, Espagne)

«C'est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens»

Aujourd'hui, nous contemplons la parabole des talents. Nous constatons un changement de style dans le message de Jésus: l'annonce du Royaume ne se limite plus à nous signaler son approche mais plutôt à nous raconter ce qu'il contient par des descriptions: c'est l'heure des paraboles! Un grand homme décide d'entreprendre un long voyage, et confie tout son patrimoine à ses serviteurs. Il aurait pu en effet le répartir en parties égales, mais ne l'a pas fait ainsi. Il donne à chacun selon ses capacités (cinq, deux et un talent). Avec cet argent chaque serviteur peut capitaliser le début d'un commerce. Les deux premiers se lancent dans l'administration de leurs dépôts, mais le troisième, par crainte ou par paresse, préfère le garder en évitant tout investissement: il s'est enfermé dans le confort de sa pauvreté.



Le Seigneur revient et exige qu'on lui rende des comptes (cf. Mt 25,19). Il récompense le courage des deux premiers qui avaient doublé les sommes qu'il leur avait confiées. Sa réaction envers le serviteur “prudent” fut tout autre. Deux mille ans après, le message de cette parabole est toujours d'actualité. Les démocraties modernes se dirigent vers une séparation progressive entre l'Église et l'État. Cela n'est pas mauvais, au contraire. Néanmoins, cette mentalité globale et progressive cache un effet secondaire, dangereux pour les chrétiens: devenir l'image vivante du troisième serviteur qui se fait réprimander sévèrement par son Maître (figure biblique de Dieu le Père). Sans aucune malice, par confort ou par crainte, nous courons le risque de cacher et réduire notre foi chrétienne aux membres de notre famille et amis intimes. On ne peut pas se contenter d'une simple lecture et d'une contemplation stérile de l'Évangile. Nous devons gérer avec courage, et en prenant des risques, notre vocation chrétienne dans notre milieu social et professionnel, en proclamant le Christ par des paroles et par des témoignages.



Saint Augustin dit: «Nous qui prêchons la parole de Dieu aux peuples nous ne sommes pas si éloignés de la condition humaine et de la réflexion appuyée sur la foi au point de ne plus voir nos dangers. Mais cela nous console de savoir que là où il y a des dangers à cause de notre ministère, là aussi nous avons l'aide de vos prières». Abbé Albert SOLS, http://evangeli.net/evangile


Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

Prière d'introduction

Seigneur, je crois que tu es le maître de ma vie. Tout ce que j’ai vient de toi. Et tout va retourner à toi. C’est toi le seul à qui je peux offrir toute ma vie.

Demande

Avoir conscience des talents que Dieu nous a donnés et les mettre à son service.

Points de réflexion

1. Nous sommes ici à la fin de l’Évangile de Matthieu, dans le dernier chapitre avant le récit de la Passion. Dans ce chapitre, Matthieu relate certaines paroles de Jésus concernant la fin du monde et le jugement. Ce passage ne concerne pas tellement la fin du monde, mais plutôt le jugement personnel de chaque homme après sa mort. Et Jésus prend l’exemple d’un homme riche qui part en voyage et confie à trois de ses serviteurs de l’argent afin qu’ils le fassent fructifier.

2. Dans cette parabole, il est important de noter que ce n’est pas d’abord la quantité de talents que les serviteurs ont reçus, ni le résultat qu’ils ont produit, qui importent. Ce que le maître juge c’est que les deux premiers ont accompli ce qu’il fallait pour faire fructifier leur bien, tandis que le troisième a simplement enterré l’argent et n’en a rien fait. Jésus ne nous a pas donné nos talents et nos qualités pour que nous les cachions, mais bien pour que nous les fassions fructifier, pour que nous les développions, pour son service et pour le service de notre prochain.

3. Cet Évangile doit aussi se lire à la lumière de tout le reste de l’enseignement de Jésus. Quels sont les talents que Jésus apprécie le plus, ceux qu’il veut nous voir développer ? Jésus nous demande d’abord d’aimer, d’aimer Dieu et le prochain. L’amour que nous avons dans notre cœur est un talent que nous avons tous, et le talent le plus important. Et nous pouvons faire grandir cet amour. Jésus nous demande de vivre d’amour. Et cela se manifeste de nombreuses manières : la douceur, l’humilité, le pardon, le service, la miséricorde, etc.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, merci de nous faire confiance au point de nous donner la capacité d’aimer librement. Tu nous aimes et tu veux notre amour. Grâce à toi chaque acte d’amour que je fais peut porter de grands fruits, des fruits pour la vie éternelle.

Résolution

Prendre la décision de développer mes qualités pour le service des personnes avec lesquelles je vis.

Père Jean-Marie Fornerod, LC, http://www.regnumchristi.fr


 

Réflexions de Jean-Louis D'Aragon

Introduction

Combien de personnes à la retraite perdent tout goût à la vie. Elles ne manquent pas pourtant pas de ressources pour assurer leur bien-être. Elles sont entourées d'attention et d'affection. Elles semblent avoir tout, mais il leur manque l'essentiel. Elles dépérissent parce qu'elles n'ont plus d'objectif, elles se sentent inutiles. C'est la leçon que Jésus veut nous enseigner dans cette parabole des talents. Le Créateur nous a associés à son œuvre de vie, en la répandant de toutes les manières autour de nous. Il a voulu que la vocation de tout être humain soit de rendre les autres heureux pour obtenir soi-même le bonheur. On ne peut être heureux tout seul. Nous sommes tous solidaires dans le bonheur et dans le malheur.

Cette parabole continue l'exhortation insistante de veiller, en attendant la venue du Seigneur. Cette fois, Jésus nous dit encore de veiller, non dans la passivité comme les jeunes filles qui dorment, mais d'une manière active. L'action nous valorise, tandis que la paresse nous rend insignifiants. L'être humain est créé pour produire. C'est dans notre nature.

Le Maître et ses trois serviteurs

Ce Maître, extrêmement riche, prête à chacun de ses serviteurs une somme énorme d'argent. Il est avisé et sage : il prête « à chacun selon ses capacités. » Le Créateur a donné à chaque personne une vocation particulière, un charisme, avec des qualités spéciales. Après cette distribution de ses biens, le Maître leur fait confiance, il ne les surveille pas, il s'en va. Il ne leur dit même pas comment faire fructifier ses biens. Il traite ses serviteurs comme des partenaires libres, non comme des esclaves. Telle est la merveilleuse liberté que Dieu accorde à chacun de nous!

Les deux premiers serviteurs s'activent et produisent des bénéfices. Lorsqu'ils rendent compte de leur gestion, leur Maître les traite de la même manière : ils reçoivent la même récompense, même si les résultats de leur activité sont différents : « Tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup. » L'accent ne porte pas sur les résultats obtenus, mais sur l'attitude de ces serviteurs, sur l'énergie qu'ils ont déployée. Ils sont de « bons et fidèles serviteurs ». Cette fidélité des deux premiers s'oppose à la conduite du troisième serviteur, « mauvais et paresseux. »

L'attention de la parabole porte sur ce dernier serviteur. Comment se représente-t-il son Maître? Il est dur et exigeant. Ce serviteur n'a pas assez confiance en son Maître, il en a peur. Aussi il ne prend aucun risque, il conserve le bien confié. Mais il perd même ce qu'il voulait conserver. Dans notre condition humaine, la paresse fait perdre ce qu'on a. Au lieu de reconnaître sa responsabilité, il renvoie le blâme sur son Maître. Il rappelle son ancêtre Adam, qui accuse Dieu de lui avoir donné la femme qui l'a tenté.

Divers sens de cette parabole

À l’origine, Jésus vise les pharisiens et les docteurs de la Loi. Par suite de leur nationalisme étroit et de leur exclusivisme rigide, ils ont conservé pour eux-mêmes le trésor de la Loi et de la révélation. Ils n'en ont pas fait bénéficier Israël et encore moins les nations païennes. Le moment est proche où Dieu leur demandera compte de leur conservatisme stérile. L’absence du Maître de la parabole désigne la période de l’Église entre l’Ascension et la retour glorieux du Seigneur. L’Église a reçu le ferment du salut, l’Évangile, pour l’offrir au monde autour d’elle. [...]

Aujourd’hui, combien de chrétiens refusent d’affronter le monde moderne : la mondialisation, les disparités nationales et sociales, l’écart entre les générations,…Ils préfèrent réduire la religion chrétienne à de grandioses célébrations, en se protégeant de tout contact avec le monde. Le Créateur nous a gratifié de dons divers : la vie, la liberté, l’intelligence, notre identité,…A-t-on utilisé ce capital seulement pour nous-mêmes, d’une manière égoïste, l’enterrant comme le mauvais serviteur de la parabole? Les saints et les saintes de tous les temps ont sacrifié leur sécurité pour se lancer dans des aventures qui ont produit des fruits.

On perd ce que qu’on ne fait pas fructifier. « Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. » Une foi chrétienne qui n’aspire pas à conquérir se condamne à l’anémie. C’est seulement en risquant pour le Christ que notre foi devient vivante en nous. Alors le Seigneur récompense cette foi vivante : « Entre dans la joie de ton Maître! »

Jean-Louis D'Aragon, http://villaloyola.com


 

Homélie du Père Philippe

La clé des rapports contrastés et même paradoxaux entre les divers personnages - et par le fait même la clé de la parabole - se trouve dans l’interprétation du statut de cet homme, désigné comme un « Maître », mais qui se comporte en réalité comme un Père. Le premier fruit de l’obéissance des bons serviteurs, est la découverte de leur statut de fils : ils peuvent garder le bien confié puisqu’ils sont les héritiers et que « tout ce qui est au Père est à eux » (cf. Lc 15, 31 ; Jn 17, 10). Aussi « celui qui a accueilli le don de la filiation, recevra encore », car la joie du Père est de combler sans mesure ses enfants de sa propre vie. Comment pourrions-nous restituer un tel don ?

 

A nous de choisir notre attitude : garder vivante la mémoire du Seigneur et travailler généreusement à la venue de son Royaume, en y engageant tous les talents que Dieu nous a confiés ; ou bien enfouir ses dons « en terre », ne les utilisant que pour des choses de ce monde, dans l’oubli de notre statut filial.  Que cette parabole réveille en nous la mémoire de notre élection : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). Et puissions-nous mettre tous nos talents et chaque instant de notre vie à profit pour servir le Seigneur en accomplissant généreusement notre devoir d’état. Nous connaîtrons alors la joie de nous entendre dire, au retour de l’Epoux qui vient : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître ».

 

Seigneur tu ne nous demandes pas l’impossible : seulement de vivre calmement, de faire chacun ce que nous avons à faire, de nous encourager à progresser, et surtout : de nous aimer les uns les autres, nous souvenant qu’en toi nous sommes tous frères. Alors de nos cœurs pourra s’élever le chant nouveau des rachetés, qui attendent le retour de leur Maître ; “car il vient pour gouverner la terre, pour gouverner le monde avec justice, et les peuples avec droiture” (Ps 97).

Père Philippe, http://www.meinau-catholiques.org

 


 

Saint Paulin de Nole (355-431), évêque.  

« Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » (1Co 4,7)

 « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » nous dit saint Paul (1Co 4,7). Ne soyons donc pas avares de nos biens comme s'ils nous appartenaient... On nous en a confié la charge ; nous avons l'usage d'une richesse commune, non la possession éternelle d'un bien propre. Si tu reconnais que ce bien n'est à toi ici-bas que pour un temps, tu pourras acquérir au ciel une possession qui n'aura pas de fin. Rappelle-toi ces serviteurs dans l'Évangile qui avaient reçu des talents de leur maître, et ce que le maître, à son retour, a rendu à chacun d'eux ; tu comprendras alors que déposer son argent sur la table du Seigneur pour le faire fructifier est beaucoup plus profitable que de le conserver avec une fidélité stérile sans qu'il rapporte rien au créancier, au grand dommage du serviteur inutile dont le châtiment sera d'autant plus lourd...

Prêtons donc au Seigneur les biens que nous avons reçus de lui. Nous ne possédons rien en effet qui ne soit un don du Seigneur, et nous n'existons que parce qu'il le veut. Que pourrions-nous considérer comme nôtre, puisque, en vertu d'une dette énorme et privilégiée, nous ne nous appartenons pas ? Car Dieu nous a créés, mais il nous a aussi rachetés. Rendons grâces donc : rachetés à grand prix, au prix du sang du Seigneur, nous ne sommes plus des choses sans valeur... Rendons au Seigneur ce qu'il nous a donné. Donnons à Celui qui reçoit en la personne de chaque pauvre. Donnons avec joie, pour recevoir de lui dans l'allégresse, comme il l'a promis.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Ve 26 août 2016. Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces!

 

 

 


Vendredi 26 août 2016

Le vendredi de la 21e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, vierge (1773-1838) , Ste Teresa de Jesús Jornet, vierge et cofondatrice († 1897)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,17-25.

Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. L’Écriture dit en effet : Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai. Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ? Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile. Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.


Psaume 33(32),1-2.4-5.10-11.

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.


Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

 Au départ : dix vierges, qui constituent un groupe soudé ; toutes sont invitées par l’Epoux et font donc partie du cercle de ses amis, de ses intimes. Elles prennent l’initiative de sortir à la rencontre de l’Epoux, mais celui-ci « tarde » sans que nous connaissions le motif de son retard. Toutes s’endorment pareillement : les prévoyantes aussi bien que les insensées. La nuit et le groupe sont divisés en deux parties par le cri : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » C’est à cette étape du récit que s’opère la séparation irréversible entre les vierges sages et folles, alors que jusque là leur cohabitation ne posait aucun problème. L’Epoux ne reproche rien aux vierges étourdies ; il constate simplement qu’elles ne sont pas à l’intérieur, et qu’il ne les connaît pas.

 

Pour aller plus loin dans l’interprétation, il faut se risquer à décrypter le langage symbolique de l’huile. Nous constatons d’abord qu’il y a deux sortes d’huiles ; il y a l’huile d’origine, et celle qui est acquise en cours de route, pour suppléer au manque. Seule la possession de l’huile originelle en quantité suffisante donne accès à la salle des noces ; elle conditionne même la reconnaissance par l’Epoux.  Selon Saint Grégoire le Grand, l’huile représente le « langage de l’âme », c'est-à-dire le désir, qui entretient la flamme de l’amour. L’huile originelle représente le désir éveillé par le Christ lui-même au jour de notre première rencontre avec lui et ranimé à chaque moment de conversion intense. Ce désir « d’en haut » manifeste la présence de l’Esprit en nos cœurs, et fait de nous des amis de l’Epoux, invités aux noces. Les vierges qui se sont munies au départ d’une réserve d’huile, sont celles qui sont demeurées fidèles à la grâce des origines, qui ont gardé le souvenir de la rencontre et ont entretenu le désir du retour de l’Epoux. Son retard ne les distraie pas du souvenir de sa présence, et l’assoupissement durant l’attente n’éteint pas la flamme, toujours prête à ressurgir et à brûler avec une nouvelle vigueur.

 

Toute autre est la situation des vierges folles : sollicitées par d’autres désirs, elles ont oublié le temps de la rencontre, et se sont dispersées dans les multiples convoitises. Le renvoi vers les marchands symbolise cette perversion du désir qui se recourbe vers la terre et devient concupiscence du monde.  Ce qui différencie les deux groupes, c’est finalement la qualité de leur désir ; c’est à cela que l’Epoux les reconnaît : « J'ai contre toi que tu as perdu ton amour d'antan (Ap 2, 4)». On n’entre pas dans la salle de noce avec un cœur saturé de désirs terrestres.  Prise sous cet angle, cette parabole concerne probablement plus d’un parmi nous : ne faisons-nous pas quotidiennement l’expérience de la duplicité de notre cœur, qui tend certes vers Dieu, mais est aussi séduit par les sollicitations du monde ?

Demandons au Seigneur d’unifier notre cœur ; de nous arracher à la dispersion dans les convoitises décevantes, et de faire converger en lui tous nos désirs légitimes, afin que nos vies soient intégrées dans la sienne. Le détachement évangélique n’est pas indifférence aux choses de la vie ; il est concentration de l’attention sur la présence de Celui qui donne à chaque événement son poids d’éternité. Père Philippe, http://www.meinau-catholiques.org


 

Abbé Joan Ant. MATEO i García (La Fuliola, Lleida, Espagne)

«Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas»

Aujourd'hui, vendredi XXI du temps ordinaire, le Seigneur nous rappelle que nous devons être toujours vigilants et préparés pour notre rencontre avec Lui. A minuit, à n'importe quel moment, on peut sonner à notre porte pour nous inviter à recevoir le Seigneur. La mort ne prend pas de rendez-vous à l'avance. De ce fait «vous ne savez ni le jour ni l'heure» (Mt 25,13). Être vigilants ne veut pas dire non plus vivre dans la crainte et dans l'angoisse. Cela veut dire vivre avec responsabilité notre vie d'enfants de Dieu, notre vie de foi, d'espérance et de charité. Le Seigneur attend continuellement notre réponse de foi et d'amour, constants et patients, au milieu de nos occupations et préoccupations de tous les jours qui tissent notre avenir.

Et cette réponse nous seuls pouvons la donner, toi et moi. Personne ne peut la donner à notre place. C'est cela qui signifie la réponse négative de filles prudentes aux filles insensées quand celles-ci leur demandent de leur céder un peu de leur huile de réserve: «Allez plutôt vous en procurer chez les marchands» (Mt 25,9). Ainsi notre réponse au Seigneur est personnelle et non-transférable. N'attendons pas le lendemain —qui peut-être n'arrivera jamais— pour allumer notre lampe d'amour pour l'Époux. Carpe diem! Il faut vivre chaque seconde de notre vie avec toute la passion qu'un chrétien doit avoir pour son Seigneur. C'est un dicton bien connu, mais qui nous ferait du bien de nous le rappeler: «Vit chaque jour de ta vie comme s'il était le premier de ton existence, comme s'il était le seul jour de ta vie, comme s'il était le dernier jour de ta vie». Un appel, très réaliste, à la conversion nécessaire et raisonnable que nous devons réaliser.

Que Dieu dans sa miséricorde nous accorde la grâce qu'à l'heure de notre rencontre nous n'entendons pas: «Amen, je vous le dis: je ne vous connais pas» (Mt 25,12), c'est à dire «vous n'avez eu aucun rapport ou relation avec Moi». Fréquentons le Seigneur en cette vie de manière que nous devenions ses connaissances ou ses amis dans le temps et dans l'éternité.


Méditation de Frère Melchior Poisson, LC

Prière d'introduction

Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. Merci pour la vie, merci pour la foi, merci pour ton amour. Aide-moi à faire silence un instant au milieu des activités pour me retrouver face à face avec toi. Comme Moïse devant le buisson ardent, je quitte mes sandales de la marche quotidienne, et je me mets en ta présence avec simplicité.

Demande

Seigneur, fais que je puisse découvrir la valeur de la vie chrétienne, aide-moi à confronter ma vie à l’éternité.

Points de réflexion

1. Cette parabole s’inscrit dans une série de récits où Jésus parle aux foules du Royaume des Cieux. Jésus nous parle du grand mystère de notre vie : qu’y aura-t-il après la mort ? Jésus parle en parabole, pour nous rendre accessible ce qui est bien au-delà de notre capacité de comprendre. Qui pourrait comprendre ce qu’est la vie avec Dieu ? Nous avons besoin d’images, de métaphores. Jésus nous montre la fin, pour que nous puissions prendre les moyens adaptés, pour que nous puissions vivre selon ce pour quoi nous avons été créés, c’est-à-dire, le ciel, l’amitié avec Dieu.

2. Dans ce passage de l’Évangile, il est important de donner une signification à l’huile pour trouver le sens de toute la parabole. L’huile, c’est ce qui permet à la lampe d’éclairer, c’est la lumière grâce à laquelle nous pouvons marcher dans les ténèbres. L’huile peut donc symboliser la foi et l’espérance qui sont cette lumière, qui nous permet de trouver un sens au milieu des ténèbres du monde et de notre vie, au milieu du mystère du mal et de la souffrance, de la mort, de la contingence humaine qui n’a pas de réponse en elle-même. Mais l’huile c’est aussi le symbole de ce qui se consume pour les autres, de ce qui donne chaleur pour le cœur des hommes, c’est le symbole de la charité. Foi, espérance et charité : voilà les trois vertus théologales, le noyau de la vie chrétienne , qui nous est résumé en une seule image, l’huile.

3. Le Christ présente donc dix vierges, cinq insensées et cinq prévoyantes. Celles qui n’ont pas emporté d’huile nous avertissent du grand danger de l’homme en pèlerinage sur la terre : ne pas se soucier de sa vie chrétienne, spirituelle, de son amitié avec Dieu. Les vierges insensées pensaient que cette huile était inutile, que leurs propres yeux leur suffisaient pour trouver le chemin. Parfois, au milieu du train-train quotidien, l’amitié avec Dieu peut sembler comme cette huile : au fond, à quoi sert-elle ? Et c’est alors que l’on s’éloigne de l’essentiel, de ce qui donne sens et lumière à notre vie, on pense se combler à force de vacances, de choses matérielles, de relations humaines. Et lorsque vient la nuit, l’homme cherche cette huile. Il rencontre des gens qui en sont comblés, qui rayonnent de bonheur, mais ce bonheur ne lui appartient pas, il ne le connaît pas. Il s’imagine qu’il peut aller l’acheter, comme tout le reste, chez les marchands. Mais les marchands de bonheur n’existent pas. Alors, que faire ? La réponse est divinement simple, il faut humblement retourner aux grandes vérités qui embellissent notre vie : Dieu est présent, la foi ; Dieu m’aide à chaque instant, l’espérance ; Dieu m’aime et désire mon amour, la charité.

Dialogue avec le Christ

Tu connais mon cœur, Seigneur et tu sais que je veux faire de mon mieux dans cette vie. Mais Tu connais aussi ma fragilité, les circonstances de la vie, les difficultés du quotidien. Viens à mon aide ! Permets que ce chemin que j’entreprends chaque matin vers toi ne sois pas un poids en plus, mais une lumière et un feu intérieur qui guident mes pas et mon cœur et rendent légers tous les fardeaux de la journée, car tu es avec moi.

Résolution :

Faire un acte de charité. http://www.regnumchristi.fr

 


 

 

Homélies de Père Gilbert Adam

 

Cinq d’entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l’huile en réserve.

Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Les femmes qui ont pris de l’huile dans leurs lampes sont les femmes dont le désir crie vers le Seigneur, elles sont données en exemple. Apparemment, c’est la même vie pour chacune, elles ont besoin de dormir. Mais il y a cette huile, cette onction qui fait la différence. Ce temps nous appelle à la fidélité au don reçu, il nous appelle à entrer dans une nouvelle présence. L’huile, en lien avec la sagesse, est une « onction » nouvelle. Nous voulons mettre cette onction de Dieu dans les situations difficiles de notre vie. Comment sanctifier les épaisseurs ténébreuses qui sont en nous, sinon en y invitant Jésus sans cesse ! La Passion de Jésus s’approche, elle s’impose aux disciples. Les échanges se concentrent sur l’essentiel, sur la profondeur des relations. Jésus parle de son propre retour. Jésus est le Sauveur qui purifie jusqu’aux racines de notre être. Victorieux dans son amour, Jésus brûle en nous ce qui n’est pas grâce de Dieu. Notre vie, toute identifiée à Jésus, est alors resplendissante, amoureuse de lui. Ce temps est un temps de conversion, de sanctification, c’est un temps de préparation aux noces. Nous demeurons unis au Dieu d’amour pour devenir amour, comme il est amour.

« A minuit un cri retentit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les sottes de dire aux sensées : « Donnez- nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Mais celles-ci leur répondirent : « Il n’y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l’on ferma la porte. » Les vierges prévoyantes prendront assez d’huile pour la venue de l’Epoux. Nous nous unissons continuellement au mystère de Jésus qui est notre Époux. Il faut nous laisser purifier dans tout ce qui fait notre vie, dans tout ce qui nous habite. Notre fidélité informe notre vie dans la veille, dans l’attente. Nous sommes au cœur de la liberté qui conduit notre vie. Jésus manifeste que c’est cette attitude de fidélité dans l’attente, qui rend possible l’accès au Royaume. Aimer dans l’absence, c’est demeurer dans l’attente, c’est accepter le travail du manque. Il s’agit pour nous d’être présent et disponible au moment voulu. Quand l’autre n’est pas là, attendre ne peut se vivre que dans l’amour.

Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : ’Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ’Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. Nous demandons la grâce de la vigilance dans notre vie pour bénéficier du salut de Jésus. Nous laissons la croix de Jésus nous purifier, nous pacifier, nous fortifier, nous illuminer jusqu’à ce que notre être puisse dire : « Pour moi, vivre, c’est le Christ ». Après toute rencontre qui illumine notre cœur, nous creusons en nous une aptitude à recevoir l’Amour lorsqu’il surgira. Le langage de la croix est le langage de la victoire de l’amour sur tout ce qui s’oppose à l’amour. Là, dans l’absence, mystérieusement, l’amour est présent sous la forme que cette absence lui donne. Il nous est bon de l’apprendre, de le recevoir car le temps du vide va mystérieusement travailler en nous. Il nous faut alors nous quitter pour nous ouvrir encore plus profondément à la Présence. Dieu nous a donnée une nature qui sera alors resplendissante de lui. Demeurons dans l’onction de Jésus qui nous sauve, qui nous met devant la fin des temps, devant notre dernier instant, la rencontre de l’Époux.

Nous demandons la grâce d’une telle transformation pour que le jour où Jésus viendra nous soyons tout disponibles pour lui. http://www.pere-gilbert-adam.org


 


Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople. Petites Catéchèses, n° 130 (trad. Migne 1993, p. 279).

Tout moment est propice

Frères, il y a un temps pour les semailles et un autre pour la moisson, un temps pour la paix et un autre pour la guerre, un temps pour l'occupation et un autre pour le loisir (cf Qo 3). Mais pour le salut de l'âme, tout moment est propice, et toute journée est favorable, si du moins nous le voulons. Ainsi donc, soyons toujours en mouvement vers le bien, faciles à mouvoir, pleins de fraîcheur, mettant les paroles en actes. « Car, dit l'apôtre Paul, ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la loi en pratique qui seront justifiés » (Rm 2,13)... Est-ce le temps de la guerre spirituelle ? Il faut combattre avec ardeur et poursuivre avec l'aide de Dieu les pensées démoniaques qui se lèvent en nous... ; si, au contraire, c'est le temps de la moisson spirituelle, il faut moissonner avec ardeur et rassembler dans les greniers spirituels les provisions de la vie éternelle...

C'est toujours le temps de la prière, le temps des larmes, le temps de la réconciliation après les fautes, le temps de ravir le Royaume des cieux. Pourquoi tarder désormais ? Pourquoi remettre à plus tard ? Pourquoi renvoyons-nous de jour en jour l'amélioration ? « Ce monde tel que nous le voyons n'est-il pas en train de passer ? » (1Co 7,31)... Durerons-nous indéfiniment ? ... L'exemple des dix vierges ne vous effraie-t-il pas ? « Voici l'époux, dit l'Evangile, sortez à sa rencontre ». Et les vierges sages sont allées à sa rencontre avec des lampes brillantes et elles sont entrées pour les noces ; tandis que les vierges folles retardées par l'absence de bonnes œuvres, criaient : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il a répondu : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas » et il ajoute : « Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l'heure ». Il faut donc veiller et éveiller l'âme à la sobriété, à la componction, à la sanctification, à la purification, à l'illumination, pour éviter que la mort ne nous ferme la porte et qu'il n'y ait personne pour nous ouvrir ou nous aider.

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Evangile et Homélie du Di 07 août 2016. Tenez-vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’hoe viendra

 


Dimanche 07 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 19 ème dimanche

Saint(s) du jour : Sts Sixte II (pape) et comp., martyrs († 258), St Gaétan (Gaetano) de Thiene, fondateur (1480-1547)


 

 

Livre de la Sagesse 18,6-9.

Cette nuit avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.


Psaume 33(32),1.12.18-19.20.22.

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !


Lettre aux Hébreux 11,1-2.8-19.

Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable. C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville. Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,32-48.

Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort desinfidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, ondemandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.


 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour


Abbé Melcior QUEROL i Solà (Ribes de Freser, Girona, Espagne)

«Tenez-vous prêts: c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra»

Aujourd'hui, l'Évangile nous rappelle et nous exige de nous tenir toujours prêts «car, c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra» (Lc 12,40). Il faut toujours veiller, nous devons vivre en tension permanente, “désinstallés”, nous sommes des pèlerins sur un monde qui passe, notre véritable patrie étant le ciel. C'est vers ce point où se dirige notre vie; que nous voulions ou non, notre existence terrestre n'est qu'un projet face à notre rencontre définitive avec le Seigneur, et c'est dans cette rencontre quand «à qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage» (Lc 12,48). N'est-ce donc pas le moment le plus important de notre vie? Vivons la vie de façon intelligente, rendons-nous compte de quel est le vrai trésor! N'allons guère derrière les trésors de ce monde, comme, d'ailleurs, tant des gens font souvent. N'ayons pas leur mentalité!

D'après la mentalité du monde: autant tu vaux autant tu as! Les personnes sont valorisées à travers l'argent qu'elles possèdent, leur catégorie sociale, leur prestige, leur pouvoir... Mais tout cela, aux yeux de Dieu ne vaut rien du tout! Suppose qu'aujourd'hui l'on découvre que tu as une maladie incurable, et que l'on t'accorde tout au plus un mois de vie... qu'est ce que tu vas faire de tout ton argent? Et de ton pouvoir, de ton prestige, de ta classe sociale, qu'est ce que tu vas en faire? Ils vont te servir à rien du tout! Te rends-tu compte que tout ce que le monde évalue autant, le moment de la vérité ne sert à rien? Et alors, lorsque tu regardes en arrière, autour de toi, tu vois que tous ces valeurs sont totalement changés: la relation des personnes qui t'entourent, l'amour, ce regard de paix et de compréhension, deviennent tout à coup les vrais valeurs, les trésors authentiques que tu —derrière les dieux de ce monde— avais toujours méprisés.

Aie l'intelligence évangélique de discerner quel est le vrai trésor! Que les richesses de ton cœur ne soient pas les dieux de ce monde, mais l'amour, la vraie paix, la sagesse et tous les dons que Dieu donne à ses fils préférés.


Homélies du Père Gilbert Adam

"Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées.

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Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit ou plus tard encore et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Jésus voudrait que la Bonne Nouvelle de son Amour nous atteigne au cœur, pour que nous puissions envisager un changement, une conversion à l’écoute de la Parole de Dieu. Il nous appelle à faire preuve de disponibilité en nous libérant de tous nos soucis. Le Royaume de Dieu nous est donné, encore faut-il que nous le désirions, le Maitre nous attend pour nous servir ! Il n’est pas facile pour nous, dans la nuit de la foi, d’être attentifs, désireux d’un Royaume que nous ne voyons pas. Là où est notre trésor, là aussi est notre cœur. L’Evangile nous appelle à aimer Dieu davantage, pas seulement pour nous-mêmes, mais pour lui, pour l’humanité. Cet approfondissement de l’amour demande que nous nous perdions comme centre, que nous nous décentrions de nous-mêmes pour être tout ouvert à l’Amour.

"Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume." Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Le serviteur qui attend le retour de son maître l’attend en préparant ce qu’il veut accomplir. Il ne s’agit pas de faire autre chose pendant ce temps d’attente, que ce que veut notre maître. C’est l’Amour tout nouveau du Royaume que nous désirons. Nous savons que nous risquons de le délaisser, car nous sommes pris par les choses ce monde ! Nous considérons que nous sommes là pour recevoir la volonté de Dieu, pour répondre à ses attentes. Nous gagnons le bonheur de pouvoir l’écouter, de l’entendre se révéler, et nous entrons en dialogue permanent avec lui. Jésus nous réintroduit dans le mystère de notre filiation divine, car nous sommes l’enfant bien aimé du Père. Ce trésor est caché au plus profond de nous-mêmes, il nous faut en prendre soin. Les différentes veilles de l’Évangile nous remettent devant « l’heure » de la Passion de Jésus pour nous ! En effet Jésus prépare le Royaume en donnant sa vie pour que nous ayons une vie nouvelle, l’amour infini de Dieu pour nous.

"Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : ’Mon maître tarde à venir,’ et s’il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous invite à entrer en relation avec lui, dans une attitude d’écoute simple et profonde. Il nous demande une attitude de vigilance, pour nous laisser conduire par lui vers l’Amour. Le Royaume de Dieu est un Royaume ouvert qui nous entraine à œuvrer pour qu’il se réalise déjà par nos actes de compassion. Se faire des bourses qui ne s’usent pas, se faire un trésor dans les cieux. Car là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur, nous découvrons ainsi en nous de nouveaux aspects de notre être qui grandit en Amour de plus en plus.

Nous demandons la grâce de chercher le Royaume de Dieu et sa justice.  Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Meditation de Jeanne Mendras, consacrée de Regnum Christi

Prière d'introduction

 

Mon Dieu, humblement je frappe à ta porte car je veux te rencontrer. J’ai besoin de toi. Viens dans mon cœur, ne tarde pas.

 

Demande

 

Donne moi ton cœur pour que je fasse ta mission mienne et que, comme toi, j’offre toute ma vie à sa réalisation.

 

Points de réflexion

 

1. Jésus emploie beaucoup de paraboles pour nous faire comprendre que nous sommes ses envoyés, ceux qui « travaillent » pour lui. Tout chrétien, par son baptême, est envoyé par Dieu pour continuer l’œuvre de Jésus Christ. Comme pour toute parabole, l’analogie garde ses limites. La relation maître - intendant n’est pas celle que nous devons avoir envers Dieu, mais c’est une image qui nous éclaire sur la pédagogie de Dieu. Dieu est profondément actif, il ne se désintéresse pas de sa création, mais c’est justement parce qu’il est très actif, que nous-même, qui sommes le corps mystique du Christ et ses amis, nous devons contribuer à son œuvre.

 

2. Pierre demande au Christ : « Seigneur est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tout le monde? » Jésus ne lui répond pas directement, mais comment Pierre peut-il ne pas se sentir concerné comme étant l’intendant fidèle et investi par Jésus ? Si ce n’était pas assez clair pour Pierre, Jésus lui répond en lui confiant son troupeau, dans d’autres passages (Mat 16;18 et Jn 21;17). Mais qui peut se sentir étranger à cette mission, après avoir goûté l’intimité et l’amitié de Notre Seigneur et après avoir entendu Jésus lui dire « Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur ignore ce que veut faire son maître. Maintenant je vous appelle mes amis car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » ? C’est à nous tous que Jésus s’adresse. Nous sommes tous ces serviteurs et amis dont il parle.

 

3. Ce passage parle d’une tentation fréquente au cours de l’histoire: penser que la fin du monde est pour bientôt et que nous n’avons plus qu’à attendre. Du moins ce fut une grande tentation aux premiers siècles du Christianisme. C’est pourquoi Jésus veut nous prévenir, en nous affirmant que cette fin du monde tant attendue restera toujours mystérieuse. « Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra ». Certes, Jésus reviendra dans sa gloire lors de la parousie, mais nous ne savons pas quand cela aura lieu. Ce n’est pas important dans le sens où ςa ne sert à rien de se préoccuper, car ςa ne dépend pas de nous, et Jésus veut nous encourager à vivre le moment présent. C’est dans chaque moment présent que nous pouvons rencontrer Dieu, l’accueillir et le transmettre. L’avenir lui appartient, et Jésus Christ n’a-t-il pas dit : « Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde » ? (Lc, 20;28) Il est présent avec nous : vivons dès aujourd’hui les prémices de la vie éternelle, qui arrivera à sa plénitude quand Dieu l’aura voulu.

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, tu m’envoies dans le monde pour que je participe à ta mission, de faire connaître l’amour de la Sainte Trinité aux hommes et, ainsi, les préparer à ton royaume. Permets-moi, comme les vierges sages, de veiller et de persévérer dans cette mission. Ta confiance me comble, Seigneur. Je n’en suis pas digne mais si tu l’as voulu ainsi, que ta volonté soit faite.

 

Résolution

 

Vivre ma journée en prenant conscience que chaque acte que je pose, en m’unissant a Jésus Christ anticipe sa venue dans mon cœur et dans le cœur des hommes.

Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)

 


 

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr. De l'unité, 26-27 (trad. cf. DDB 1979, p. 49 et AELF)

« Tenez-vous prêts »

C'est à notre temps que songeait le Seigneur quand il a dit : « Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8) Nous voyons cette prophétie se réaliser. La crainte de Dieu, la loi de la justice, la charité, les bonnes œuvres, on n'y croit plus... Tout ce que craindrait notre conscience, si elle y croyait, elle ne le craint pas, parce qu'elle n'y croit pas. Car si elle y croyait, elle serait vigilante ; et si elle était vigilante, elle se sauverait.

Réveillons-nous donc, frères très chers, autant que nous en sommes capables. Secouons le sommeil de notre inertie. Veillons à observer et à pratiquer les préceptes du Seigneur. Soyons tels qu'il nous a prescrit d'être, quand il a dit : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ».

Oui, restons en tenue de service, de peur que, quand viendra le jour du départ, il ne nous trouve embarrassés et empêtrés. Que notre lumière brille et rayonne de bonnes œuvres, qu'elle nous achemine de la nuit de ce monde à la lumière et à la charité éternelles. Attendons avec soin et prudence l'arrivée soudaine du Seigneur, afin que, lorsqu'il frappera à la porte, notre foi soit en éveil pour recevoir du Seigneur la récompense de sa vigilance. Si nous observons ces commandements, si nous retenons ces avertissements et ces préceptes, les ruses trompeuses de l'Accusateur ne pourront pas nous accabler pendant notre sommeil. Mais reconnus serviteurs vigilants, nous régnerons avec le Christ triomphant. EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

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Evangile, Saint et Homélie du samedi 09 Avril

Résultat de recherche d'images pour Les discples furent saisis de peur mais Jésus leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »


Le samedi 09 avril 2016 (2e semaine de Pâques)


Saint(s) du jour : Bx Antonio Pavoni, prêtre o.p. et martyr (1325-1374), Bse Marguerite Rutan, vierge et martyre (1736-1794)



Livre des Actes des Apôtres 6,1-7.

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables.
Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi.


Psaume 33(32),1-2.4-5.18-19.

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,16-21.

Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée. Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.
Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. » Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien
Le Pédagogue, III, 12, 101 (trad. Migne 1991, p. 302 rev.)

« Aussitôt, la barque atteignit le rivage »

Prions le Verbe, la Parole de Dieu : Sois propice à tes petits enfants, Maître, Père, guide d'Israël, Fils et Père, un et deux à la fois, Seigneur ! Donne-nous, puisque nous suivons tes commandements, de parvenir à la pleine ressemblance de l'image (Gn 1,26), de comprendre selon nos forces le Dieu de bonté, le juge sans dureté. Accorde-nous tout toi-même : de vivre dans ta paix, d'être transportés dans ta cité, de traverser sans sombrer les tempêtes du péché ; d'être emportés sur des eaux paisibles par le Saint Esprit, par la Sagesse inexprimable. Accorde-nous de dire la nuit, le jour, jusqu'au dernier jour, nos louanges et nos actions de grâces à l'Unique –- Père et Fils, Fils et Père, Fils, Pédagogue (1Co 4,15) et Maître et en même temps au Saint Esprit.

Tout est à l'Unique, en qui est le tout, par qui tout est un, par qui est l'éternité, de qui nous sommes tous membres (1Co 12,27). À lui sont la gloire et les siècles ; tout au Bon, tout au Beau, tout au Sage, tout au Juste ! À lui la gloire maintenant et dans les siècles, amen !


Abbé Vicenç GUINOT i Gómez (Sitges, Barcelona, Espagne)

«C'est moi. Soyez sans crainte»

Aujourd'hui Jésus nous déconcerte. Nous étions habitués à un Rédempteur qui, prêt à s'occuper de n'importe quel type d'indigence humaine, n'hésitait pas a avoir recours à son pouvoir divin. Dans les faits, l'action se déroule juste après la multiplication des pains et des poissons pour nourrir la foule affamée. Alors que, maintenant, au contraire, le miracle nous déconcerte. Marcher sur la mer ressemble, plutôt, une action faite pour épater la galerie. Mais, certainement pas! Jésus avait déjà écarté l'emploi de son pouvoir divin pour chercher un éclat ou un profit personnel lorsque, au commencement de sa mission Il avait refusé les tentations du Malin.

En marchant sur les eaux, Jésus-Christ nous montre son pouvoir sur les choses crées. Mais nous pouvons aussi y voir une mise en scène de son pouvoir sur le Malin, représenté par un lac houleux, dans la nuit.

«Soyez sans crainte» (Jn 6,20), leur disait-Il à ce moment-là. «Mais ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde» (Jn 16,33), leur dira-t-il plus tard, dans le Cénacle. Finalement, c'est Jésus qui dit aux femmes le matin du Pâques, après s'être relevé du sépulcre: «N’ayez pas peur». Par le témoignage des Apôtres, nous connaissons sa victoire sur les ennemis de l'homme, le péché et la mort. C'est pourquoi, aujourd'hui, ses paroles résonnent dans nos cœurs avec une force spéciale, car ce sont les paroles de Quelqu'un qui est vivant.

Les mêmes paroles que Jésus adressait à Pierre et aux Apôtres, Jean Paul II, le successeur de Pierre, les répétait au commencement de son Pontificat: «N'ayez pas peur». C'était un appel à ouvrir le cœur, notre existence même, au Rédempteur afin qu'avec Lui nous n'ayons plus peur devant les coups de tabac des ennemis du Christ.

Devant notre fragilité personnelle pour mener à bien les missions que le Seigneur nous confie (une vocation, un projet apostolique, un service...), nous sommes rassurés en apprenant que Marie aussi —créature comme nous— a entendu ces mêmes paroles, dites par l'ange avant de s'affronter à la mission que le Seigneur lui réservait. Apprenons d'elle à accueillir l'invitation de Jésus chaque jour, en chaque circonstance.



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