Evangile, Saint et Homélie du Samedi 07 Mai 2016

 Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. »

Le samedi 07 mai 2016

Temps liturgique : 6e semaine de Pâques


Saint(s) du jour : Ste Rose (Rosa) Venerini, vierge et fond. (1656-1728), St Augustin (Agostino) Roscelli, prêtre et fond. (1818-1876)


Livre des Actes des Apôtres 18,23-28.

Après avoir passé quelque temps à Antioche, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples. Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures. Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean. Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu. Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu. En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.


Psaume 47(46),2-3.8-9.10.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :
c'est le peuple du Dieu d'Abraham.
Les princes de la terre sont à Dieu
qui s'élève au-dessus de tous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,23b-28.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien
Stromates 7,7 ; PG 9, 450s (trad. Orval)

« Demandez et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie »

Vénérer et honorer celui que nous croyons être le Verbe, notre Sauveur et notre chef, et par lui le Père, tel est notre devoir, et non pas à certains jours particuliers comme d'autres le font, mais continuellement, pendant toute la vie, et de toutes les manières. « Sept fois le jour j'ai chanté ta louange » (Ps 118,164) s'écrie le peuple élu... Ce n'est donc pas en un lieu déterminé, ni dans un temple choisi, ni à certaines fêtes ou à certains jours fixes, mais c'est durant toute la vie, en tous lieux, que le vrai spirituel honore Dieu, c'est-à-dire proclame son action de grâces de connaître la vraie vie.

La présence d'un homme de bien, par le respect qu'il inspire, rend toujours meilleurs ceux qui le fréquentent. Combien plus celui qui est continuellement en présence de Dieu par la connaissance, la manière de vivre et l'action de grâces n'en deviendrait-il pas chaque jour meilleur en tout : actions, paroles et dispositions ? ... Vivant donc toute notre vie comme une fête, dans la certitude que Dieu est totalement présent partout, nous labourons en chantant, nous naviguons au son des hymnes, nous nous comportons à la manière de « citoyens des cieux » (Ph 3,20). La prière est, si j'ose dire, un entretien intime avec Dieu. Même si nous murmurons doucement et que, sans remuer les lèvres, nous parlons en silence, nous crions intérieurement. Et Dieu prête constamment l'oreille à cette voix intérieure... Oui, le vrai spirituel prie durant toute sa vie, car prier est pour lui effort d'union à Dieu et il rejette tout ce qui est inutile parce qu'il est parvenu à cet état où il a déjà reçu, en quelque sorte, la perfection qui consiste à agir par amour... Toute sa vie est une liturgie sacrée.


Abbé Xavier ROMERO i Galdeano (Cervera, Lleida, Espagne)

«Je suis sorti du Père (…). Maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père»

Aujourd'hui, l'Evangile nous laisse entendre des paroles d'adieu tendres de la part de Jésus. Il nous fait part de son mystère le plus précieux, Dieu Père est à la fois son origine et son destin: «Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père» (Jn 16,28). Cette vérité concernant la Deuxième Personne de la Trinité ne devrait jamais cesser de résonner dans nos cœurs: vraiment, Jésus est le Fils de Dieu, le Père Divin est son commencement et en même temps sa fin. Pour tous ceux qui croient tout savoir sur Dieu, mais qui mettent en doute la filiation divine de Jésus, l'Évangile d'aujourd'hui a quelque chose d'important à leur dire: “Celui” que les juifs appellent Dieu est celui qui a envoyé Jésus, et Il est donc par conséquent, le Père des chrétiens. Ces paroles nous disent clairement que nous ne pouvons vraiment connaître Dieu que si nous acceptons cette vérité: que ce même Dieu est le Père de Jésus.

Cette filiation divine de Jésus nous rappelle un autre aspect fondamental de notre vie: nous, les baptisés, nous sommes des fils de Dieu dans le Christ par l'Esprit Saint. Cela renferme un des plus beaux mystères pour nous tous: cette paternité adoptive de Dieu envers les hommes se distingue de l'adoption humaine en ce qu'elle a un fondement réel dans chacun de nous, puisqu'elle entraîne une nouvelle naissance. Par conséquent, celui qui a été introduit dans la grande famille divine ne sera plus jamais un inconnu. C'est pour cela, que le jour de l'Ascension la messe nous rappelle, lors de la prière commune que nous tous, les fils, nous avons tous suivis les pas de Jésus: «Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance». Enfin, aucun chrétien devrait ne se “décrocher” de ce corps, puisque tout ceci est plus important que n'importe quel marathon ou n'importe quelle course, car la ligne d'arrivée n'est autre que le ciel c'est à dire Dieu lui-même!

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Evangile, Saint et Homélie du Vendredi 06 Mai 2016

Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis ...vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. »

 

Le vendredi 06 mai 2016

Temps liturgique: 6e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : St Pierre Nolasque, prêtre et fond. (1189-1256), St François de Laval, évêque († 1708)

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18.

À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. » Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu. Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal, en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit. Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. » Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent. Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

Psaume 47(46),2-3.4-5.6-7.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Celui qui nous soumet des nations,
qui tient des peuples sous nos pieds ;
il choisit pour nous l'héritage,
fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,20-23a.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire lié(e) aux textes du jour :

Père Joseph-Marie, www.homelies.fr (2011)

 

L’introduction à notre péricope - « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père » - nous situe explicitement dans le contexte pascal. L’allusion est dès lors très claire : dans un premier temps, les disciples se lamenteront, tandis que le monde se réjouira de la mort de Jésus. Mais la résurrection va opérer un bouleversement total de la situation : « votre peine - celle des disciples - se changera en joie ». Notre-Seigneur n’ajoute pas que sa glorification mettre fin au triomphe de ses ennemis : il n’en parle plus. Ils restent prisonniers du vieux monde, enfermés dans leur conception religieuse dépassée, tandis que la barque de l’Eglise, revenue de ses frayeurs du vendredi saint, prend le large vers l’autre rivage où son Seigneur l’attend.
Spontanément nous appliquons au Christ l’image de la femme dans les douleurs de l’enfantement ; or une lecture plus attentive montre qu’il n’en est rien : « Vous serez dans la peine… La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée ». Le rapprochement de ces versets ne laisse aucun doute : c’est du groupe des disciples dont il est question. Ainsi donc, « la peine » à laquelle Jésus fait allusion n’annonce pas sa Passion, mais l’angoisse de ses apôtres ; disons plus largement de l’Eglise, pour y inclure la souffrance de la Mère des douleurs, qui demeurera silencieuse au pied de la Croix alors que les disciples ont fui, à l’exception de celui que Jésus aimait. Quant à l’enfant qui naît de cet accouchement, la mise en parallèle de deux autres versets prouve qu’il s’agit de Jésus ressuscité : « Quand l’enfant est né, la femme ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu’elle éprouve du fait qu’un être humain est né dans le monde… Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira ».

Etonnante image : l’Homme nouveau est enfanté à la vie divine dans les douleurs d’accouchement de l’Eglise. Jésus ne fait aucune allusion directe à sa propre souffrance : tout est centré sur l’épreuve que devront traverser les disciples lorsque leur Maître leur sera enlevé. Il est bon de réentendre que les souffrances de l’Eglise - et donc aussi les nôtres - font parties des douleurs d’accouchement du monde nouveau. Cependant, nos épreuves ne sont fécondes que par leur lien avec la Passion du Christ, qui est déjà celle de son Eglise, puisque « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). Nous complétons donc notre interprétation : c’est bien la souffrance de l’Eglise qui enfante l’Homme nouveau ; mais en tant que Tête de cette Eglise, le Christ passe le premier par les douleurs de l’enfantement. L’image de la femme qui accouche inclut donc le Fils de l’homme, qui récapitule en lui toute l’humanité, appelée à naître à la vie divine.

Dès lors, la naissance ne réjouira pas seulement le cœur de l’Eglise, mais elle sera partagée aussi par Jésus, qui aura traversé victorieusement les douleurs de l’enfantement. C’est même la vision du Ressuscité qui libèrera cette joie : « Vous aussi maintenant vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ». De même que par le mystère de l’incarnation, le Verbe s’est fait solidaire de nos souffrances, par le mystère de la résurrection, il nous rend participant de sa joie, la joie de l’Esprit, que « personne ne nous enlèvera ». Jésus nous présente une fois de plus la rédemption comme un étonnant mystère de solidarité : le Fils de Dieu se fait « homme des douleurs » (Is 53, 4), afin de déverser la vie et la joie divines dans nos morts et nos tristesses humaines. Puissions-nous nous souvenir de ce mystérieux échange et ne pas contrister l’Esprit en refusant d’accueillir pleinement la fécondité de la croix glorieuse dans nos vies. Nous pourrons alors répondre amour pour amour, accomplissant joyeusement dans notre chair ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ pour son corps qui est l’Eglise (cf. Col 1, 24).

« “Sois sans crainte, continue à parler, ne reste pas muet. Je suis avec toi. Dans cette ville, j’ai à moi un peuple nombreux” (1ère lect.) : c’est aujourd’hui, Jésus, que tu redis cette parole à chacun de nous. Tu veux que nous annoncions “aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs la délivrance ; aux affligés, la joie” (Pr. Euch. IV) ; à tous tu veux que nous proclamions que tu t’es livré toi-même à la mort, pour que nous puissions vivre de ta vie et entrer dans ta joie, ta paix et ta lumière. Envoie encore sur nous ton Esprit, qu’il ouvre nos yeux à ton appel, et que nous ayons le courage de prendre généreusement notre part de souffrance (cf. 2 Ti 2, 3) pour l’annonce de l’Evangile. »

 

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
Contre Eunome, 4 ; PG 45, 633-638 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 372 rev.)

« La création tout entière...passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore » (Rm 8,22)

L'apôtre Paul...témoigne au sujet du Fils unique que ce n'est pas seulement la création des êtres qui a été faite par lui, mais encore que, l'ancienne création ayant vieilli et étant devenue caduque, c'est lui qui a opéré une nouvelle création. Et ainsi le Christ lui-même est le Premier-Né de toute la création (Col 1,15) par l'Évangile annoncé aux hommes...
Comment le Christ devient-il « premier-né d'une multitude de frères » ? (Rm 8,29)... Pour nous il s'est fait comme nous, ayant participé à la chair et au sang pour nous transformer de corruptibles en incorruptibles par la naissance d'en haut de l'eau et de l'Esprit (Jn 3,5). Il nous a montré le chemin d'une telle naissance lorsqu'il a attiré par son propre baptême le Saint Esprit sur l'eau. Il est devenu ainsi le premier-né de tous ceux qui sont régénérés spirituellement, et tous ceux qui ont part à cette régénération par l'eau et par l'Esprit sont appelés frères.

      Ayant déposé dans notre nature la puissance de la résurrection d'entre les morts, le Christ devient aussi prémices de ceux qui se sont endormis et premier-né d'entre les morts (Col 1,18). Le premier, il nous a ouvert le chemin de la libération de la mort. Par sa Résurrection, il a détruit les liens de la mort qui nous tenaient captifs. Ainsi, par cette double régénération, du saint baptême et de la résurrection d'entre les morts, il devient le premier-né de la nouvelle création. Ce premier-né a des frères. Il dit à Marie Madeleine : « Va et dis à mes frères : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20,19). C'est pourquoi le médiateur entre Dieu et les hommes (1Tm 2,5), ouvrant le cortège de toute la nature humaine, envoie à ses frères ce message et leur dit : « Par les prémices que j'ai assumées, en moi je ramène à notre Dieu et Père tout ce qui est humain. »


Abbé Joaquim FONT i Gassol (Igualada, Barcelona, Espagne)

«Votre peine se changera en joie»

Aujourd'hui, nous commençons les Dix jours du Saint-Esprit. En revivant le Cénacle, nous voyons la Mère de Jésus, Mère du Bon Conseil, converser avec les Apôtres. Conversation cordiale et riche! Ils se rappellent toutes les joies partagées avec le Maître. Les journées pascales, l'Ascension et les promesses de Jésus. Les souffrances des jours de la Passion sont devenues joie. Quelle chaleureuse ambiance dans ce Cénacle! Et celle qui les attend, selon ce que Jésus leur a dit! Nous, nous savons que Marie, Reine des Apôtres, Épouse du Saint-Esprit, Mère de l'Église naissante, nous guide pour recevoir les dons et les fruits du Saint-Esprit. Les dons, c'est la voile du bateau quand elle se déploie et que le vent -symbole de la grâce- lui est propice: que le chemin est facile et rapide!

À nous aussi le Seigneur promet de convertir en joie nos fatigues: «Votre joie, personne ne vous l'enlèvera» (Jn 16,22), «votre joie sera parfaite» (Jn 16,24). Au Psaume 126,6: «il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence; il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte les gerbes». Toute cette semaine, la liturgie nous parlera de rajeunissement, d'exultation (sauts de joie), de félicité sûre et perpétuelle. Tout nous portera à vivre d'oraison. Saint Josémaria nous dit: «Je veux que tu sois toujours content, car la joie fait partie intégrante de ton chemin. -Demande pour tous cette même joie surnaturelle».

Pour sa santé physique et surnaturelle, l'être humain a besoin de rire. L'humour de bon aloi apprend à vivre. Saint Paul dira: «Nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment» (Rom 8,28). Voilà une bonne oraison jaculatoire: «Tout est pour le bien!»; «Omnia in bonum!».

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 05 Mai 2016

«Jésus emmena ses disciples au dehors, ... , tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel »

 

Le jeudi 05 mai 2016

Ascension du Seigneur, solennité


Saint(s) du jour : St Vincent Ferrier, missionaire o.p. (1350-1419), Bx Nunzio Sulprizio, orphelin « le petit saint boiteux »

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.


Lettre aux Hébreux 9,24-28.10,19-23.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus : nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,46-53.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. » Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie et/ou Commentaire du jour :

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean, 9 ; PG 74, 182-183 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 373 rev.)

"Le Christ nous ouvre le chemin"

« Dans la maison de mon Père beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? » (Jn 14,2)... Le Seigneur savait que beaucoup de ces demeures étaient déjà prêtes et attendaient l'arrivée des amis de Dieu. Il donne donc un autre motif à son départ : préparer la route à notre ascension vers ces places du ciel en frayant un passage, alors qu'auparavant cette route était impraticable pour nous. Car le ciel était absolument fermé aux hommes, et jamais aucun être de chair n'avait pénétré dans ce très saint et très pur domaine des anges.

      C'est le Christ qui a inauguré pour nous ce chemin vers les hauteurs. En s'offrant lui-même à Dieu le Père comme les prémices de ceux qui dorment dans les tombeaux de la terre, il a permis à la chair de monter au ciel, et il a été lui-même le premier homme à apparaître à ses habitants. Les anges ne connaissaient pas le mystère grandiose d'une intronisation céleste de la chair. Ils voyaient avec étonnement et admiration cette ascension du Christ. Presque troublés à ce spectacle inconnu, ils s'écriaient : « Qui est celui-là qui arrive d'Édom ? » (Is 63,1), c'est-à-dire de la terre. Mais l'Esprit n'a pas permis qu'ils demeurent dans l'ignorance... Il a ordonné qu'on ouvre les portes devant le Roi et Seigneur de l'univers : « Princes, ouvrez vos portes, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! » (Ps 23,7 LXX)

      Donc, notre Seigneur Jésus Christ a inauguré pour nous « cette voie nouvelle et vivante » ; comme le dit saint Paul, « il n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, mais dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu » (He 10,20; 9,24).


Abbé Dom. Josep ALEGRE Abbé de Santa Mª de Poblet (Tarragona, Espagne)

«Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel»

Aujourd'hui jour de l'Ascension du Seigneur, l'on nous rappelle la “mission” qui nous a été confiée: «C'est vous qui en êtes les témoins» (Lc 24,48). La Parole de Dieu continue d'être aujourd'hui d’une vivante actualité: «Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit (…). Alors vous serez mes témoins» (Ac 1,8) jusqu'aux extrémités de la terre. La Parole de Dieu est une exigence pressante et permanente: «Puis il leur dit: ‘Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création’» (Mc 16,15).

En cette Fête résonne avec force l'invitation du Maître, qui —revêtu de notre humanité— une fois remplie sa mission dans ce monde, nous quitte pour s'asseoir à la droite du Père et nous envoyer la force venue d'en haut, le Saint-Esprit. Mais moi je dois me demander: —Le Seigneur agit-t-il à travers moi? Quels sont les signes qui accompagnent mon témoignage? Ça me rappelle un peu les verses du poète: «Tu ne peux pas attendre que Dieu vienne à toi pour te dire: ‘Je suis’. Un Dieu qui déclare son pouvoir, ça n'a pas de sens. Tu dois savoir que Dieu souffle à travers toi depuis le commencement, et si ta poitrine brûle mais tu n'en souffres pas, c'est que Dieu est en train d'y agir».

Ce doit être pour nous un signe: ce feu qui brûle en nous, ce feu qu’on n'arrive pas à éteindre —comme chez le prophète Jérémie: la vive Parole de Dieu. Alors, nous avons besoin de clamer: «Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie Dieu s'élève parmi les ovations, sonnez pour notre Dieu, sonnez!» (Ps 47,2.6-7). Son règne a été enfanté dans le cœur des peuples, dans ton cœur, comme une semence qui est prête à éclater… —Chante, danse, pour ton Seigneur. Et, si tu ne sais pas comment faire, savoure la Parole sur tes lèvres jusqu'à la faire descendre dans ton cœur: —Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, donne-moi l'esprit de sagesse et la révélation pour pouvoir te connaître. Illumine les yeux de mon cœur pour parvenir à comprendre l'espérance à laquelle tu m'appelles, la richesse de la gloire que tu as préparée pour moi et la grandeur de ton pouvoir que tu as déployé avec la résurrection du Christ.

 

Monseigneur Ernesto Storelli (www.lejourduseigneur.com, 2001)

 Paroisse : San Giorgio, Suisse

 Ce ciel, point central de notre solennité de l'Ascension que l'Église célèbre quarante jours après Pâques. Ce ciel à l'allure un peu naïve dont parle les Actes des Apôtres : «Quelques hommes du haut d'une colline le contemple, comme extasiés… Il est caché par une nuée où leur maître vient de disparaître. Deux hommes en vêtement blanc leur apparaissent pour leur demander : Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus qui a été enlevé du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. Attendez-le comme il vous l'a demandé.»

 L'Ascension est donc la fête du Christ. Du ciel le Verbe était descendu pour prendre chair dans le sein de la Vierge Marie. Dans la simplicité de Nazareth, il avait grandi en grâce et en sagesse dans la soumission à ses parents. Eux-mêmes avaient eu de la peine à le comprendre lorsqu'à 12 ans dans le temple de Jérusalem ils lui avaient reproché : «Pourquoi nous as-tu fait cela ?» Alors que les docteurs de la Loi se demandaient d'où lui venait toute cette science, Quand il avait quitté Nazareth pour annoncer par des signes et des prodiges que le règne de Dieu était désormais présent, tous se demandaient avec étonnement «N'est-ce pas là le fils du charpentier ? Et ses frères et ses soeurs, ne vivent-ils pas au milieu de nous ?»

 Ni le fils de la veuve de Naïm ressuscité, ni les lépreux guéris de leur mal, ni les pains et les poissons multipliés ne suffirent à convaincre ceux qui craignaient de le prendre au sérieux. «Il est nécessaire qu'un homme meure pour le peuple» dit Caïphe d'une manière rophétique. Ainsi il fut livré pour mourir sur la croix. Mais le 3e jour, Dieu le ressuscita et l'éleva à sa droite. Nous venons de lire dans la lettre aux Hébreux «Christ est entré dans le sanctuaire qui n'a pas été construit de mains d'homme, mais dans le ciel, afin de se tenir maintenant devant la face de Dieu».

 Dans les jours de la Passion, nous avions tous participés avec émotion à ses humiliations et à ses souffrances. Aujourd'hui par le Psaume 46, l'Église exulte en chants de joie et invite tous les peuples à célébrer le Seigneur, le Très-Haut, le Roi, le plus grand. Le Christ de la Croix est devenu le Seigneur assis à la droite de Dieu. Fête du Christ : Ascension, mais aussi fête de l‘homme lié à la terre parce que de la terre Dieu l'a modelé. Sur la terre la créature humaine fait ses expériences héroïques, parfois médiocres. Jour après jour l'homme construit son existence, entrelace sa vie à celle des autres, formant avec eux une grande famille humaine. Ainsi sur les routes de la terre, il avance. Parfois ses pas sont fatigués, parfois ils sont rapides. Notre mère la terre ne réussit toutefois pas à satisfaire toutes nos aspirations et notre coeur demeurerait insatisfait si à l'horizon ne luisait pas l'espérance du ciel. Un ciel sans frontières qui nous accompagne jour et nuit, qui brille au-dessus de chaque continent et nous réunit dans une unique demeure.

 Ce ciel dans lequel le Christ nous a appris à rencontrer Dieu en invoquant «Notre Père qui es aux cieux ». Dans ce ciel l'homme trouve la sécurité et la protection que la terre ne réussit pas à lui offrir. Dans ce ciel repose la certitude d'une vie sans fin. Ascension, fête du Christ, fête de l'homme, mais aussi fête de l'Église. Notre expérience humaine nous fait souvent souffrir quand une personne chère nous quitte surtout lorsque la séparation est définitive comme la mort. Nous vivons alors avec des souvenirs mélancoliques et tristes qui se traduisent par des larmes et des lamentations. Ainsi la façon dont l'évangile de Luc termine son récit pourrait nous surprendre : «Jésus les emmena jusque vers Béthanie et levant les mains il les bénit, tandis qu'il les bénissait il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui puis retournèrent à Jérusalem remplis de joie.» Chez les disciples donc pas de tristesse, pas de mélancolie, pas de peur de la solitude mais la joie d'avoir vu le Christ crucifié, ressuscité et glorifié, et dans le même temps un enthousiasme pour une nouvelle mission qui commence : devenir témoins de sa résurrection. La mission de ces premiers apôtres est aussi l'engagement de l'Église de tous les temps, donc de notre Église. Frères et soeurs, demandons-nous si aujourd'hui nous réussissons encore à nous situer comme témoins du Christ ressuscité et à révéler la présence de celui qui siège glorieux à la droite du Père.

 Très souvent nous vivons dans une tension, une peur, un découragement, une angoisse, comme ceux qui n'ont pas d'espérance. Loin de nous la volonté de minimiser la gravité des problèmes qui tourmentent notre société. Nous sommes confrontés à une évolution qui bouleverse le mode de vie à l'intérieur des familles et de toute la communauté humaine. Bien des personnes sont préoccupées par leur avenir, menacé de chômage, ainsi que par des bouleversements qui les mettent dans des situations précaires. Même au sein de la communauté chrétienne des avis divergents se confrontent, créant ainsi des tensions. D'une part on veut respecter la tradition et d'autre part on recherche de nouvelles voies pour rallier l'Évangile de toujours aux hommes de notre temps. Mais tout ceci ne suffit pas pour nous faire perdre le courage et l'enthousiasme propre à l'Église primitive. Nous ne pouvons pas trahir la confiance que le Christ a mise dans son Église, le jour où il est monté dans la gloire des cieux. Dans dix jours nous célébrerons la Pentecôte. Qu'à l'instar des Apôtres, réunis avec Marie au Cénacle descende de nouveau sur nous le feu de l'Esprit Saint afin qu'il nous redonne enthousiasme et courage.

 

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