Evangile, Saint et Homélie du jeudi 18 août 2016. Le fistin du royaume des Cieux

 

 


Jeudi 18 août 2016

Nous sommes en du temps ordinaire : 20e semaine

Saint(s) du jour : Ste Hélène, impératrice († v. 329)



Livre d'Ézéchiel 36,23-28.

Je sanctifierai mon grand nom, profané parmi les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d’elles. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur – oracle du Seigneur Dieu – quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux. Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.

Psaume 51(50),12-13.14-15.18-19.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14.

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour


 

Homélie du Père Philippe

 « Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils ». La dimension nuptiale du Royaume est ici clairement mise en évidence. L’union nuptiale de Dieu avec son peuple, annoncée dans la Première Alliance, se trouve accomplie par la venue en ce monde de notre Seigneur Jésus-Christ : « Les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ? » (Mt 9, 14). Le drame de la parabole qui nous est livrée ici se joue dans la réponse à l’appel du roi de ceux qu’il invite aux noces de son fils. En réalité, nous devrions plutôt dire dans la non-réponse. Car l’indifférence et la non-volonté sont au rendez-vous de l’invitation du roi : certains ne veulent pas venir ; d’autres considèrent qu’ils ont des affaires plus importantes à régler, qui son champ, qui son commerce… ; d’autres enfin, vont même jusqu’à maltraiter et tuer les serviteurs envoyés par le roi, manifestant par cette violence leur rejet fondamental de son appel.  Pourtant, tout était prêt. L’époux était là, le festin disposé. Il ne manquait plus qu’à se réjouir.

Le refus des invités n’en est que plus choquant. Nul doute que Matthieu vise particulièrement ceux qui parmi les juifs refusèrent l’annonce des apôtres et des missionnaires de l’évangile. Et il ne serait pas non plus étonnant que par les représailles du roi à l’encontre de ses offenseurs, ainsi que par la destruction de la ville, il fasse allusion à la destruction et à la ruine de Jérusalem.  Jusqu’ici, nous pourrions peut-être nous considérer à l’abri de toute remise en question. Mais ce serait nous méprendre. Continuons un peu la lecture de notre parabole… 

Face au refus de ses premiers invités, le roi envoie alors ses serviteur rassembler tous ceux qu’ils rencontreront sur leur route. La référence à l’Eglise en qui se mêlent le bon grain et l’ivraie, « les mauvais comme les bons » est sans ambiguïté. Et c’est alors que nous nous découvrons sans aucun doute beaucoup plus concernés.

 

Une fois les nouveaux invités arrivés dans la salle du banquet, la parabole nous dit : « Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.' » 

Le récit culmine en un nouvel avertissement qui cette fois concerne clairement les chrétiens. Baptisés, ne sommes-nous pas invités sans aucun mérite de notre part au banquet du Royaume ? Le salut ne nous est-il pas offert gratuitement ? Mais sommes-nous conscients que pour goûter ce salut, nous devons aussi nous convertir, changer d’habit, quitter définitivement notre vieux vêtement pour revêtir le vêtement nouveau de la conversion, de la foi, de la grâce.  Certes, tout homme peut accéder au salut, aussi pécheur soit-il, mais pour en accueillir l’efficacité, il doit consentir à sa conversion. Appartenir passivement à l’Eglise ne suffit pas pour être sauvé. Il est aussi nécessaire de vivre les exigences de son baptême qui pousse à la conversion dans le quotidien de sa vie. Mais peut-être est-ce cela appartenir à l’Eglise ?

« La multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Ce qui est dit ici au sujet des appelés et des élus n’invite pas à faire les comptes entre ceux qui sont sauvés et ceux qui sont damnés. Il est à relever qu’un seul est damné par le roi au milieu d’une foule d’invités qui tous ont revêtu le vêtement de noce. Non, cette phrase est bien plutôt une invitation pressante à nous convertir pour ne pas être dans les conditions de celui qui se trouve jeté dans les ténèbres. Cette parabole lève pour nous le voile sur l’universalité du salut de Dieu mais aussi sur notre responsabilité dans son accueil et son appropriation.

Seigneur, puissions-nous prendre toujours plus au sérieux et dans l’action de grâce le don merveilleux de la vie éternelle que tu nous as fait le jour de notre baptême. Ce sera pour nous la meilleure manière de nous préparer à prendre un jour part d’une façon définitive à ton banquet céleste. http://www.meinau-catholiques.org


 

Abbé David AMADO i Fernández (Barcelona, Espagne)

«Mon repas est prêt, mes boeufs et mes bêtes grasses sont égorgés; tout est prêt: venez au repas de noce»

Aujourd'hui, la parabole de l'Évangile nous parle du festin du Royaume des Cieux. C'est une image récurrente dans la prédication de Jésus. Il s'agit d'un festin de noces qui aura lieu à la fin des temps et qui signifie l'union de Jésus à son église. L'Église est l'épouse du Christ qui parcourt le monde mais qui à la fin s'unira à son Bien aimé pour toujours. Dieu Père lui a préparé ce festin et Il veut que nous participions à ce festin. Il invite tous les hommes à s'y rendre: «Venez au repas de noce» (Mt 22,4).

Cette parabole, par contre, a une fin tragique, car beaucoup «n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce» (Mt 22,5). Pour cela la miséricorde de Dieu se rapproche des personnes de plus en plus lointaines. C'est comme un fiancé qui va se marier et qui invite ses parents et amis, mais ceux-ci ne veulent pas venir, donc il fait appel à ses connaissances, collègues de travail et voisins, mais ceux-ci font aussi des excuses; finalement, il s'adresse à tous ceux qu'il voit dans la rue car il a préparé un banquet et il voudrait avoir des invités à table. C'est pareil pour le Seigneur.

Il se peut, aussi que les différents personnages qui font partie de cette parabole représentent nos états d'âme. Par la grâce du baptême nous devenons amis de Dieu et avec Jésus, nous devenons les co-héritiers: nous avons donc une place réservée au banquet. Si nous oublions notre position en tant que fils de Dieu, Dieu nous traite toujours en amis et continue à nous inviter. Si nous laissons mourir en nous la grâce, alors nous devenons des gens dans la rue, des passants sans rien à voir avec les choses du Royaume. Mais Dieu continue toujours à nous inviter.

L'appel arrive à n'importe quel moment. C'est par invitation. Personne n'a droit à celle-ci. C'est Dieu lui-même qui nous aperçoit et nous invite: «Venez au repas de noce». C'est une invitation que nous devons accepter par nos paroles et par nos actes. C'est pour cela qu'un invité mal habillé sera expulsé: «Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce» (Mt 22,12).


 

 Méditation de Père Gilbert Adam

Et Jésus se remit à leur parler en paraboles : « Il en va du Royaume des Cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils.

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Il envoya ses serviteurs convier les invités aux noces, mais eux ne voulaient pas venir. De nouveau il envoya d’autres serviteurs avec ces mots : « Dites aux invités : « Voici, j’ai apprêté mon banquet, mes taureaux et mes bêtes grasses ont été égorgés, tout est prêt, venez aux noces. » Mais eux s’en allèrent, qui à son champ, qui à son commerce, et les autres, s’emparant des serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. La lecture historique nous renvoie au drame de la Première Alliance. Au cours des siècles, Dieu a invité son peuple à entrer en alliance avec lui, à partager son amour. Cette invitation est figurée par le repas de noces où l’alliance est célébrée entre son Fils Jésus et l’humanité. Les hommes ont répondu à l’invitation divine par l’indifférence, le mépris et même le rejet des prophètes. Cependant l’invitation à entrer en alliance demeure, et le refus de quelques-uns a permis d’ouvrir l’invitation à un plus grand nombre. Jésus multiplie les images et les paraboles pour dire son message d’Amour : Il en va du règne des cieux comme d’un roi qui faisait les noces de son fils. L’image est forte, l’annonce est claire, le Royaume de Dieu est un grand bonheur. Dieu veut recréer à nouveau l’humanité divisée qui a choisi la mort, il veut lui donner son propre Esprit, animant de sa propre vie nos cœurs de chair.

" Le roi fut pris de colère et envoya ses troupes qui firent périr ces meurtriers et incendièrent leur ville. Il envoya encore d’autres esclaves en leur disant : Allez dire aux invités : « J’ai préparé mon déjeuner, mes bœufs et mes bêtes grasses ont été abattus, tout est prêt ; venez aux noces ! » Ils ne s’en soucièrent pas et s’en allèrent, celui–ci à son champ, celui–là à son commerce ; les autres se saisirent des esclaves, les outragèrent et les tuèrent. Alors il dit à ses esclaves : Les noces sont prêtes, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux carrefours, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez." Nous ne sommes pas à la hauteur d’une telle invitation, mais nous nous confions à la miséricorde de Dieu et nous désirons y répondre de mieux en mieux chaque jour. Dans l’Eucharistie qui annonce le festin des noces de l’Agneau, à de nombreuses reprises, nous demandons pardon. C’est une façon de reconnaître que notre préparation à l’accueil du don de Dieu est toujours à refaire dans notre vie. Nous ne pouvons pas nous approcher du Seigneur Jésus sans chercher à lui plaire, à nous revêtir du Christ, en accomplissant comme lui ce qui plaît au Père. Notre préparation peut ressembler au franchissement d’une montagne qui demande de la peine. Mais cette peine est bien récompensée, l’Eucharistie est un repas extraordinaire préparé par le Dieu qui nous sauve. Toute l’humanité est invitée sans distinction, sans privilège. La communion avec le Seigneur Jésus suscite la communion avec nos frères en église et en humanité. Notre participation à l’Eucharistie est liée à une manière de vivre où nous tissons le vêtement des noces que nous célébrerons avec le Seigneur. Heureux sommes-nous si nous participons ainsi au festin des noces de l’Agneau.

"Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins, ramassèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noces fut remplie de convives. » « Le roi entra alors pour examiner les convives, et il aperçut là un homme qui ne portait pas la tenue de noces. « Mon ami, lui dit-il, comment es-tu entré ici sans avoir une tenue de noces ? » L’autre resta muet. Alors le roi dit aux valets : « Jetez-le, pieds et poings liés, dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. » Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » C’est par la vulnérabilité de la foi que nous entrons dans le Royaume. Il nous faut revêtir le Christ qui nous réintroduit dans la Patrie. Le vêtement de noce est comme le symbole des œuvres de notre conversion, il signifie notre transformation en réponse à l’invitation. Nous exprimons extérieurement ce que nous avons accueilli intérieurement dans la foi. Nous ne pouvons pas participer aux noces de l’Agneau sans chercher à revêtir notre cœur de tendresse, de bonté, d’humilité et de douceur, de patience. L’invité aux noces s’ajuste à la grandeur de celui qui l’a appelé, à l’honneur qui nous est fait d’entrer en communion avec Dieu. Heureux sommes nous d’être invités au repas du Seigneur ! L’Eucharistie est comme une annonce et une anticipation du grand Festin des noces du Fils du roi qui épouse l’humanité.

 

Nous demandons la grâce d’entrer dans le Royaume de Dieu par la foi, la confiance absolue que nous donnons à Dieu.   Père Gilbert Adam, http://www.pere-gilbert-adam.org

 


 

Prière d'introduction

Nous t'en prions, Seigneur, que ta grâce nous devance et qu'elle nous accompagne toujours, pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche.

Demande

La grâce de reconnaître les invitations du Christ dans ma vie quotidienne.

Points de réflexion

1. Être invité. Le Christ a vécu l’expérience des invitations : aux noces de Cana, chez Simon le pharisien, chez Jaïre pour guérir sa fille,… Il savait bien qu’il y a des invitations que nous recevons avec joie, et puis il y en a que nous cherchons à refuser poliment. Dans cette parabole, le Roi invite à son festin de noces. Ses amis choisis refusent son invitation. Pourquoi ? Parce qu’au fond, ils ne l’aiment pas assez pour vivre ce moment avec lui. Accepter ou refuser une invitation est une question d’amour. Le Roi est alors obligé de faire appel à un amour plus bas que celui de l’amitié : l’amour du bien-être. Il appelle les pauvres et passants à remplir leurs ventres à son festin des noces. Ce Roi ne désire qu’être aimé, tellement, qu’il prépare une abondance et cherche continuellement à donner, même à ceux qui ne cherchent que leur bien-être. Combien de fois ne répondons-nous aux invitations de Dieu que pour notre bien-être ? Le Seigneur nous invite par amitié à partager avec lui, et nous refusons l’invitation car elle semble trop coûteuse.

2. Se préparer pour la visite. Dans la tradition des grandes fêtes, au temps de Jésus, ceux qui étaient invités à un festin recevaient une robe pour la fête comme « carte d’invitation ». Ainsi, c’est également ce Roi qui a préparé le festin qui offre aussi l’habit à ses invités. Parfois, devant les invitations du Seigneur, nous disons que nous ne pouvons pas répondre, que nous n’avons pas la force. Mais s’il invite, c’est qu’il nous donne de quoi nous habiller pour sa fête. Comme disait saint Augustin : « Mon Dieu, donne-moi la force de faire ce que tu demandes, puis demande-moi tout ce que tu veux ».

3. Venir au banquet. Le Roi, entrant dans la salle de fête, enfin pleine, rencontre un homme qui ne portait pas de vêtement de noce. Il lui demande : « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? » Mais l’autre garde silence. Après toutes ses préparations et invitations, cet homme est arrivé au banquet sans même une pensée pour le Roi. Cette attitude blesse durement ce Roi si aimant. Il nous arrive aussi d'aimer à profiter des bienfaits du Seigneur et de l'oublier entièrement. Aujourd’hui, il nous rappelle qu’il est le maître du festin et qu’il nous invite par amour, un amour qui désire notre amour en retour.

Dialogue avec le Christ

Psaume 23. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. Seigneur, comment m’invites-tu à ton festin aujourd’hui ? Comment me prépares-tu pour entrer dans ta maison ? Que me demandes-tu pour habiter ta maison ? Merci pour ton amour qui me devance toujours.

 Résolution

Ouvrir mon cœur pour être attentif aux invitations du Seigneur à le rencontrer aujourd’hui.      Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 13 août 2016. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi. »

 

 


Samedi 13 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 19è semaine

Saint(s) du jour : St Jean Berchmans, religieux s.j. (1599-1621), St Maxime le Confesseur, père de l’Église († 662)



Livre d'Ézéchiel 18,1-10.13b.30-32.

La parole du Seigneur me fut adressée : « Qu’avez-vous donc, dans le pays d’Israël, à répéter ce proverbe : “Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont irritées” ? Par ma vie ! – oracle du Seigneur Dieu – vous n’aurez plus à répéter ce proverbe en Israël. En effet, toutes les vies m’appartiennent, la vie du père aussi bien que celle du fils, elles m’appartiennent. Celui qui a péché, c’est lui qui mourra.
L’homme qui est juste, qui observe le droit et la justice, qui ne va pas aux festins sur les montagnes, ne lève pas les yeux vers les idoles immondes de la maison d’Israël, ne rend pas impure la femme de son prochain, ne s’approche pas d’une femme en état de souillure ; l’homme qui n’exploite personne, qui restitue ce qu’on lui a laissé en gage, ne commet pas de fraude, donne son pain à celui qui a faim et couvre d’un vêtement celui qui est nu ; l’homme qui ne prête pas à intérêt, ne pratique pas l’usure, qui détourne sa main du mal, tranche équitablement entre deux adversaires, qui marche selon mes décrets et observe mes ordonnances pour agir avec vérité : un tel homme est juste, c’est certain, il vivra, – oracle du Seigneur Dieu. Mais si cet homme a un fils violent et sanguinaire, coupable d’une de ces fautes, qui prête à intérêt et pratique l’usure, ce fils-là vivra-t-il ? Il ne vivra pas ; il s’est livré à toutes ces abominations : il sera mis à mort, et son sang, qu’il soit sur lui ! C’est pourquoi – oracle du Seigneur Dieu – je vous jugerai chacun selon sa conduite, maison d’Israël. Retournez-vous ! Détournez-vous de vos crimes, et vous ne trébucherez plus dans la faute. Rejetez tous les crimes que vous avez commis, faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, – oracle du Seigneur Dieu – : convertissez-vous, et vous vivrez. »


Psaume 51(50),12-13.14-15.18-19.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,13-15.

Ensuite, on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartèrent vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«On présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant»

Aujourd'hui, nous contemplons une scène qui est, malheureusement, toujours d'actualité «Alors, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement» (Mt 19,13). Jésus aime tout spécialement les enfants, et nous avec un raisonnement soi-disant “adulte” nous les empêchons de s'approcher de Jésus et du Père: —Quand ils seront grands, s'ils le veulent, ils choisiront…! C'est une grave erreur.

Les pauvres, c'est-à-dire, ceux qui n'ont rien, les plus nécessiteux, sont l'objet de prédilection du Seigneur. Et les enfants sont aussi des “nécessiteux”. Ils sont pauvres en âge, en formation… c'est-à-dire, ils sont entièrement sans défense. C'est pour cela que l'Église —notre Mère— stipule que les parents baptisent leurs enfants très tôt, afin que l'Esprit Saint vienne habiter dans leurs âmes et qu'ainsi ils puissent rentrer dans la chaleur de la communauté chrétienne. Ainsi l'expliquent tant le Catéchisme de l'Église que le Code du droit canonique, deux ordonnances du plus haut rang dans l'Église, qui, comme toute communauté, doit avoir des ordonnances.

Mais non, les gens disent “quand ils seront grands!”. Cette manière de penser est absurde. Sinon posons-nous les questions suivantes: Que mangera cet enfant? Et bien, il mangera ce que sa mère lui donnera, et elle ne va pas attendre que l'enfant lui dise ce qu'il préfère. Quelle langue parlera cet enfant? Celle de ses parents, sinon l'enfant ne pourra jamais choisir une langue quelconque. Dans quelle école ira-t-il? Il ira là où ses parents vont l'inscrire, et ils ne vont pas attendre que l'enfant ait une idée bien arrêtée de ce qu'il veut faire comme études pour l'inscrire.

Qu'est-ce que Jésus mangeait? Ce que sa mère lui préparait. Quelle langue a-t-Il parlé? Celle de ses parents. Quelle religion a-t-il apprise et pratiquée? Celle de ses parents, la religion juive. Bien après, devenu adulte, et grâce à l'instruction religieuse reçue de ses parents, Il a fondé une autre religion... mais d'abord Il a pratiqué celle de ses parents, tout naturellement


"Alors des gens lui amenèrent des enfants, afin qu’il leur impose les mains. Mais les disciples les rabrouèrent."

Les parents qui présentent leurs petits à Jésus pour qu’il leur impose les mains, non seulement sont dans la tradition, mais ils ont aussi compris quelque chose du message de Jésus. Jésus manifeste une confiance illimitée dans son Père des cieux, c’est bien ce que ressentent ces parents quand ils regardent leurs enfants, l’émerveillement et le questionnement confiant de leurs petits ! Nous comprenons alors que ces personnes qui amènent à Jésus leurs enfants, pour qu’il prie sur eux, sont dans une grande vérité que Jésus va énoncer : Retrouver une simplicité et une audace que nous avons perdues et entrer dans une confiance encore plus grande que nous retrouvons dans le cœur de ces petits qui regardent vers Jésus, l’Enfant chéri du Père. C’est une scène brève et intense, une rencontre en vérité, qui traverse les incompréhensions, qui produira son fruit, qui ouvrira à la foi de tous. « Imposer les mains » est un geste fondamental de bénédiction, un geste qui se transmet dans le Peuple Juif depuis le temps d’Abraham, un geste qu’attendent les parents qui présente ces enfants à Jésus, un geste que posera Jésus au terme de cette brève rencontre.

"Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent." Les disciples n’ont pas encore compris la tendresse infinie qui habite le cœur de Jésus. Venir à lui est une question d’adultes, c’est ce que font les disciples pour sortir de la torpeur et de l’échec du monde ! Mais ceux qui se lèvent à l’horizon de la nouvelle alliance, ce sont les tout-petits, les esprits nouveaux en sont le renouvellement. Ce mystère d’enfance et de petitesse évangélique fait défaut aux disciples, il leur faudra l’apprendre des enfants eux-mêmes. C’est la grâce des parents d’apprendre de leurs tous petits à s’abandonner. Il est bon d’aller ver le Royaume des cieux, en s’offrant simplement à l’action de l’autre, en recevant ce qu’il donne. C’est l’attitude de vie pour tout être humain. Nous rejoignons là l’attitude de notre enfance, nous entrons dans la gratuité, dans le simple fait de recevoir ce que l’Autre désire donner. Nous entrons dans l’échange par l’accueil, l’offrande de nous-mêmes. Ce que nous recevons, nous pouvons le redonner à notre tour, et ce que nous redonnons, peut être de nouveau reçu et de nouveau offert.

"Jésus leur imposa les mains, puis il partit de là." Ainsi s’engendre la vie nouvelle, les relations nouvelles du Royaume des Cieux. Jésus se fait clair dans sa réponse aux disciples qui ont compris le message d’amour de Jésus. Ce mystère ne sera pas enlevé aux parents qui sont réconfortés. C’est ainsi que Jésus livre le secret de son cœur, lui le Verbe de Dieu. Il est venu pour nous donner le Royaume, l’amour infini du Père pour nous. Il nous faut l’accueillir comme un enfant. Nous demandons à l’Esprit Saint d’avoir une confiance absolue en Dieu notre Père qui nous aime, de compter en tout sur lui qui est aux cieux. C’est dans ce mouvement d’abandon spontané, comme celui des enfants, que nous entrons dans le Royaume. Nous découvrons que le don de Jésus est toujours un appel à notre liberté, à notre engagement. Jésus qui travaille avec nous, a besoin de notre participation, du travail de notre propre foi. Il part de là pour nous donner de pouvoir agir nous aussi, de pouvoir entrer en dialogue avec les tous petits.

Nous demandons la grâce de la toute petitesse évangélique.


Prière d'introduction

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis en moi mon esprit » (Ps 50, 12). Je veux t'appartenir, Seigneur, être au service du royaume, afin que tu règnes pour les siècles sans fin.

Demande

Seigneur Jésus, toi qui es mon maître, donne-moi un cœur d'enfant; rends-moi plus docile à toi et à la sainte Église.

Points de réflexion

1. « Laissez les petits enfants venir à moi ; le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent ». Avec cette affirmation, Jésus répond à la doctrine commune de l'antiquité, qui réduisait l'enfant à la misère de sa condition : une sorte de malédiction, dont l'individu devait s'affranchir en devenant adulte. L'enfant portait en lui, par une sorte d'atavisme, les cicatrices du péché de ses parents. Dans la doctrine de Jésus, c'est tout le contraire : c'est justement de la misère de leur condition que Dieu a pitié.
Par rapport au royaume de Dieu, que Jésus établit sur la terre et qui est pur don de Dieu, l'enfant est le plus apte à l'accueillir : sa docilité, sa bonne foi, le bon sens pour la justice et la vérité n'opposent pas d’obstacles à l'œuvre de Dieu que nous, les adultes, lui opposons. En échange, plus on devient adulte, plus on s'endurcit dans ses propres jugements et dans la volonté d'être le protagoniste de ce royaume, afin de nous l'approprier par la force, comme on accumule un certain pouvoir sur des personnes et le contrôle sur des biens. Et de cela le prophète Ézéchiel veut nous prévenir (cf. Ez 18, 5 ss). Il revient à nous, les adultes, de nous affranchir des traces de notre péché, pour ressembler aux enfants et recevoir en héritage le royaume.

2. La tentation de monopoliser l'autorité sur les enfants et d'en abuser : Les enfants ne nous appartiennent pas (cf. Ez 18, 4). Ils appartiennent à Dieu. L'œuvre la plus malicieuse du démon est de vouloir nous les approprier comme des esclaves, en raison d'un amour possessif. Ainsi risquons-nous de séparer les enfants du Christ, alors qu'ils sont les premiers réceptacles du royaume de Dieu. En enfermant un enfant dans l'ignorance, en se comportant de façon dégradante et scandaleuse envers un autre, un mur est érigé ou un fossé creusé qui empêche l'enfant de faire l'expérience bouleversante de la rencontre avec le Christ. « Laisser à l'enfant le choix de se faire baptiser quand il aura 18 ans » est comparable à celui de ne pas imposer le français comme langue maternelle et ne lui en apprendre aucune, afin qu'à 18 ans il choisisse la sienne : affamé de connaissance et de justice, l'enfant est retenu dans l'obscurité et dans la faim de l'âme.
Jésus aime les enfants et les comprend. Il veut aussi qu'ils soient familiarisés avec les communautés de ses disciples, ses apôtres, ses évêques, ses prêtres et ses consacrées. Les enfants n'ont pas les préjugés des adultes, qui les en éloignent. Mais pire que tout est l'abus de confiance que Dieu et les familles éprouvent envers lesdits disciples. Comment pouvons-nous prendre à la légère une telle injustice, pourtant latente en tout adulte ?

3. L'imposition des mains, comme langage d'amour paternel. Ce geste est celui de l'autorité éducative. Il comporte d'une part l'exigence parentale au nom de Dieu et d'autre part la consécration à la mission. Sanctifier l'état infantile implique l'obéissance, l'effort de l'apprentissage, la soumission à ceux qui ont donné la vie et à ceux qui en prennent soin, indépendamment de leur grade de sainteté ou de leur moralité.
L'exigence juste des parents donne une orientation juste à la vie de l'enfant ; une exigence défectueuse aura pour conséquence un comportement défectueux, ou bien des choix qui ne tiennent pas la route pendant longtemps ; injuste et abusive, elle risque de reproduire le même modèle (anti-)autoritaire ou de susciter une rébellion, qui aboutit dans le vide. Le geste de Jésus n'est pas celui de la permissivité, qui laisse passer les âneries d'un enfant, mais celui d'un père ou grand frère qui encourage à évoluer et exige de se dépasser avec l'aide de la bénédiction de Dieu.

Dialogue avec Marie

Marie, Mère de Jésus et ma Mère, intercède auprès de Dieu pour nous, pauvres pécheurs, afin que nous soyons plus simples et lui rendions gloire. Donne-nous ta maternelle bénédiction, qui nous conduit à être disciples de Jésus sur le chemin de la foi, de l'espérance et de l'amour filial.

Résolution

Dans une de mes décisions de ce jour, je prendrai conseil auprès de Dieu dans la prière et auprès d'un de mes proches.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC


 

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque. Homélie 58 ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus, t. 10, p. 260 rev.)

« Semblables à cet enfant »

Le Seigneur dit aux apôtres déjà âgés et mûrs : « Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3 ; cf. v. 4)... Il les incite à retrouver l'enfance...afin qu'ils renaissent à l'innocence du cœur : « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5).

« Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant » : il ne dit pas « ces enfants », mais « cet enfant » ; il n'en choisit qu'un, il n'en propose qu'un. Et qui est cet enfant qu'il donne en exemple à ses disciples ? Je ne crois pas que ce soit un enfant du peuple, de la foule des hommes, qui offre aux apôtres un modèle de sainteté pour le monde entier. Non, je ne crois pas que cet enfant vienne du peuple, mais du ciel. Il s'agit de cet enfant venu du ciel dont parle le prophète Isaïe : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné » (9,5). C'est lui l'enfant innocent, qui ne sait pas répondre à l'insulte par l'insulte, aux coups par les coups — bien mieux, même pendant son agonie il prie pour ses ennemis : « Mon Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). Ainsi, en sa grâce insondable, le Seigneur déborde de cette innocence du cœur que la nature donne aux enfants. Il est cet enfant qui demande aux tout-petits de l'imiter et de le suivre.

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14 juin 2016

Evangile, Saint et Homélie du Mardi 14 juin 2016

Mardi 14 juin 2016

Le mardi de la 11e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Bse Francisca de Paula De Jesus, laïque brésilienne, St Élisée, prophète succ. d’Elie (IXe av. JC)

Premier livre des Rois 21,17-29.

Après la mort de Naboth, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie de Tishbé : « Lève-toi, va trouver Acab, qui règne sur Israël à Samarie. Il est en ce moment dans la vigne de Naboth, où il s’est rendu pour en prendre possession. Tu lui diras : “Ainsi parle le Seigneur : Tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth, les chiens laperont ton sang à toi aussi.” » Acab dit à Élie : « Tu m’as donc retrouvé, toi, mon ennemi ! » Élie répondit : « Oui, je t’ai retrouvé. Puisque tu t’es déshonoré en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
je vais faire venir sur toi le malheur : je supprimerai ta descendance, j’exterminerai tous les mâles de ta maison, esclaves ou hommes libres en Israël. Je ferai à ta maison ce que j’ai fait à celle de Jéroboam, fils de Nebath, et à celle de Baasa, fils d’Ahias, tes prédécesseurs, car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël. Et le Seigneur a encore cette parole contre Jézabel : “Les chiens dévoreront Jézabel sous les murs de la ville de Yizréel !” Celui de la maison d’Acab qui mourra dans la ville sera dévoré par les chiens ; celui qui mourra dans la campagne sera dévoré par les oiseaux du ciel. » On n’a jamais vu personne se déshonorer comme Acab en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur, sous l’influence de sa femme Jézabel. Il s’est conduit d’une manière abominable en s’attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites que le Seigneur avait chassés devant les Israélites. Quand Acab entendit les paroles prononcées par Élie, il déchira ses habits, se couvrit le corps d’une toile à sac – un vêtement de pénitence – ; et il jeûnait, il gardait la toile à sac pour dormir, et il marchait lentement. Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie : « Tu vois comment Acab s’est humilié devant moi ! Puisqu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant ; c’est sous le règne de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. »

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.11.16.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou méditations du jour

Abbé Iñaki BALLBÉ i Turu (Rubí, Barcelona, Espagne)

«Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait»

Aujourd'hui, Jésus nous invite à aimer. Aimer sans mesure, car c'est vraiment la compassion la mesure de l'amour vrai. Dieu est Amour, «Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes» (Mt 5,45). Et l'homme, étincelle de Dieu, doit lutter afin de Lui ressembler de plus en plus chaque jour «afin d'être vraiment les fils de votre Père céleste». Où trouvons-nous le visage du Christ? C'est dans notre prochain, celui qui est le plus près de nous. C'est très facile d'éprouver de la compassion pour les enfants affligés par la famine en Ethiopie, quand on voit ça à la télé, ou pour les immigrés qui arrivent chaque jour sur nos côtes. Mais, à la maison? Et nos collègues dans notre travail? Et cette parente éloignée qui habite seule et que nous pourrions visiter pour lui tenir compagnie un moment? Comment agissons-nous envers les autres? Comment les aimons-nous? Comment leur rendons-nous service chaque jour?

C'est très facile d'aimer quelqu'un qui nous aime. Mais le Seigneur nous invite à aller au-delà, parce que «Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous» (Mt 5,46). Aimer nos ennemis! Aimer ceux qui nous savons, pertinemment, ne nous rendront jamais l'affection, ni le sourire, ni un service. Simplement parce qu'ils nous ignorent. Le chrétien, tout chrétien, ne devrait pas aimer de manière “intéressée”, il ne doit pas juste donner un morceau de pain ou l'aumône à celui qui attend au feu rouge. Le chrétien doit se donner lui-même. Le Seigneur mourant sur la croix pardonne à ceux qui le crucifient. Sans reproche, sans plainte, sans un mauvais geste…

Aimer sans attendre rien en retour. Au moment d'aimer nous devons ranger nos calculettes. La perfection c'est d'aimer sans mesure. Nous avons la perfection entre nos mains au milieu du monde dans lequel nous vivons, au milieu de nos occupations quotidiennes. En faisant ce que nous devons faire à chaque moment et non ce que nous avons envie de faire. La Mère de Dieu, aux noces de Cana, se rend compte que les invités n'ont plus de vin. Et elle s'avance. Et elle demande au Seigneur de faire le miracle. Nous aussi, demandons-lui, le miracle de savoir Le découvrir à travers les besoins des autres.

© evangeli.net M&M Euroeditors.

Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

La Parole au temps de Jésus est un savoir ancien, qui est sans force. Elle ne se réfère pas à sa Source, comme une Parole vivante qui interpelle. L’humanité qui l’entend devient fragilisée, elle peut entrer dans une rupture avec le Dieu Vivant. Mais, à l’origine, la parole de Dieu est lumineuse, et Jésus la reprend, il nous revivifie : « Aimez vos ennemis. Faites du bien à ceux qui vous persécutent." C’est salutaire de ne pas transmettre la violence qui ravage le monde ! Jésus nous a sauvé par sa Croix alors que nous étions encore ses ennemis. C’est à cause de nos violences, de nos péchés que Jésus est crucifié. Si je veux véritablement être sauvé, il me faut le reconnaître. Alors la grâce peut m’atteindre et je deviens l’ami de Jésus. Dans une conscience très profonde que nous avons été graciés, et qu’il nous a été fait miséricorde, nous pouvons faire miséricorde : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, / selon ta grande miséricorde efface mon péché, / lave moi tout entier de ma faute, / purifie-moi de mon offense. Oui je connais mon péché. Ma faute est toujours devant moi. Contre Toi et Toi seul j’ai péché. Ce qui est mal à tes yeux je l’ai fait. Détourne ta face de mes fautes … »

"En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez–vous ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites–vous d’extraordinaire ? " La Parole de Jésus agit avec force, il parle à partir de son expérience propre : « Eh bien moi, je vous dis ! » Nous trouvons dans ce qu’il dit, la lumière et la force de résister au menteur et de réaliser ce qu’il énonce : « être les fils de votre Père. » Mais si je sème l’injustice, je récolte des fruits de violence ! Dans une conscience mal éclairée, Acab accomplit une action qui est en provenance du mauvais : « On n’a jamais vu personne se déshonorer comme Acab, en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Sous l’influence de sa femme Jézabel, il s’est conduit d’une manière abominable. » En effet, ce que nous semons dans la violence et dans l’obscurité, nous le récoltons dans la violence et dans l’obscurité, car le mal crie vengeance, la violence se réalise à son heure ! Seule, la Parole vivante de Dieu vient à notre secours. C’est la source qui irrigue le cœur de celui qui reçoit cette Parole, son action pourra prendre appui sur cette Parole vivante qui l’engendre. Cette parole se justifie par elle-même, et non par des considérations extérieures, elle devient créatrice pour celui qui la reçoit.

"Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous serez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait." La perfection de Dieu, c’est son immense amour et sa miséricorde sans fin. C’est dans cet amour que nous voulons vivre. Si nous nous considérons comme des justes, nous ne pouvons pas faire miséricorde à nos frères. La Parole de Dieu nous rejoint, elle rejoint en nous l’origine, le don de Dieu sans cesse. Chacun de nous fait l’expérience d’être rejoint par une Parole qui oriente sa vie, qui l’engendre, qui la sort de son enfermement. C’est à ce niveau que Jésus nous convoque. Nous découvrons en nous cette capacité d’actualiser la Parole de Création. Par Lui, avec Lui, et en Lui, nous transmettons cette Vie d’Amour sans conditions. L’Évangile nous propose ainsi un chemin d’humilité. Dans nos familles et dans nos communautés, nous devenons des artisans de Paix. Jésus nous sauve par sa Parole vivante : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Nous demandons la grâce d’être « parfaits comme notre Père des cieux est parfait. »© 2016, Père Gilbert Adam

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Commentaire sur la 1ère lettre de saint Jean, n°1,9 ; SC 75 (trad. SC ,p. 134 ; Bouchet, Lectionnaire, p. 291).

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »

« À ce signe nous reconnaissons que nous sommes en Dieu : si en lui nous sommes parfaits. » Jean veut dire ici : parfaits dans l'amour (1Jn 4,17). Quelle est la perfection de l'amour ? D'aimer nos ennemis et de les aimer à ce point qu'ils deviennent nos frères. Notre amour, en effet, ne doit pas être selon la chair. Aime donc tes ennemis en souhaitant qu'ils deviennent tes frères ; aime tes ennemis de sorte qu'ils soient appelés à entrer en communion avec toi.

Ainsi aima en effet celui qui, pendu sur la croix, disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). Il voulait les arracher à la mort éternelle par une prière toute pleine de miséricorde et une puissance très forte. Nombre d'entre eux ont cru d'ailleurs, et ils ont été pardonnés d'avoir versé le sang du Christ. Ils l'avaient versé en s'acharnant contre lui ; ils l'ont bu ensuite lorsqu'ils ont cru. « À ce signe nous savons que nous sommes en lui : si en lui nous sommes parfaits. » C'est à cette perfection de l'amour des ennemis que le Seigneur nous invite lorsqu'il dit : « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 

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