11 mai 2016

Evangile, Saint et Homélie du mercredi 11 Mai 2016

Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ».

 


 

Le mercredi 11 mai 2016

Temps liturgique: 7e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : St Francesco De Girolamo, prêtre s.j. (1642-1716), St Ignazio de Laconi, religieux o.f.m. cap. (1701-1781)


Livre des Actes des Apôtres 20,28-38.

En ces jours-là, Paul faisait ses adieux aux Anciens de l’Église d’Éphèse. Il leur disait : « Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Moi, je sais qu’après mon départ, des loups redoutables s’introduiront chez vous et n’épargneront pas le troupeau. Même du milieu de vous surgiront des hommes qui tiendront des discours pervers pour entraîner les disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, et souvenez-vous que, durant trois ans, nuit et jour, je n’ai cessé, dans les larmes, de reprendre chacun d’entre vous. Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui a le pouvoir de construire l’édifice et de donner à chacun l’héritage en compagnie de tous ceux qui ont été sanctifiés. Je n’ai convoité ni l’argent ni l’or ni le vêtement de personne. Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Quand Paul eut ainsi parlé, il s’agenouilla et pria avec eux tous.
Tous se mirent à pleurer abondamment ; ils se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient ; ce qui les affligeait le plus, c’est la parole qu’il avait dite : « Vous ne verrez plus mon visage ». Puis on l’accompagna jusqu’au bateau.

Psaume 68(67),29-30.33.34c.35a.36.

Ton Dieu l'a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t'apporter leurs présents.

Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur,
Voici qu'il élève la voix, une voix puissante ;
rendez la puissance à Dieu.

Redoutable est Dieu dans son temple saint,
le Dieu d'Israël ;
c'est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19.

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Homélie et/ou Commentaire du jour :

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église : Sermons sur l'évangile de Jean, n°107
« Je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés »

Ayant dit à son Père : « Désormais, je ne suis plus dans le monde... ; moi, je viens vers toi » (Jn 17,11), notre Seigneur recommande à son Père ceux qui allaient être privés de sa présence physique : « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés ». En tant qu'homme Jésus prie Dieu pour les disciples qu'il a reçus de Dieu. Mais attention à la suite : « Pour qu'ils soient un comme nous ». Il ne dit pas : Pour qu'ils soient un avec nous, ou : Pour que nous ne soyons, eux et nous, qu'une seule chose, comme nous sommes un, mais il dit : « Pour qu'ils soient un comme nous ». Qu'ils soient un dans leur nature, comme nous sommes un dans la nôtre. Ces paroles, pour être vraies, exigent que Jésus ait parlé comme ayant la même nature divine que son Père, comme il le dit ailleurs : « Mon Père et moi, nous sommes un » (Jn 10,30). Selon sa nature humaine, il avait dit : « Mon Père est plus grand que moi » (Jn 14,28), mais comme en lui Dieu et l'homme ne font qu'une seule et même personne, nous comprenons qu'il est homme parce qu'il prie, et nous comprenons qu'il est Dieu parce qu'il ne fait qu'un avec celui qu'il prie...

       « Et maintenant que je viens à toi, je dis ces choses dans ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie en sa plénitude ». Il n'avait pas encore quitté le monde, il y était toujours, mais puisqu'il allait bientôt le quitter, il n'y était pour ainsi dire déjà plus. Mais quelle est cette joie dont il veut que ses disciples soient comblés ? Il l'a déjà expliqué plus haut, quand il a dit : « Pour qu'ils soient un comme nous ». Cette joie qui est la sienne et qu'il leur a donnée, il leur en prédit l'accomplissement parfait, et c'est pour cela qu'il en parle « dans le monde ». Cette joie, c'est la paix et le bonheur du monde à venir ; pour l'obtenir, il nous faut vivre dans ce monde-ci dans la modération, la justice et la piété.


Abbé Thomas LANE (Emmitsburg, Maryland, Etats-Unis)

 

«Qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés»

Aujourd'hui, nous habitons un monde où l'on ne sait plus que faire pour être vraiment heureux de la joie de Jésus, un monde où l'on cherche cette joie partout où elle n'est pas et d'une façon aussi erronée que possible. Chercher cette joie sans Jésus ne peut que conduire à une tristesse plus profonde encore. Il suffit de regarder les feuilletons à la télé: il s'agit toujours de quelqu'un qui a des problèmes…. Ces feuilletons télévisés nous montrent les misères de la vie sans Dieu.

Mais, aujourd'hui, nous voulons vivre avec la joie de Jésus. Dans l'Évangile, Jésus prie son Père «je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés» (Jn 17,13). Notons bien que Jésus veut que nous soyons comblés par sa joie. Il veut que notre joie soit complète. Ce qui ne veut pas dire que nous ne portions pas notre croix, car «le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde» (Jn 17,14). Mais Jésus attend de nous que nous sachions vivre avec sa joie sans que nous importe ce que le reste du monde pense de nous. La joie de Jésus doit nous imprégner jusqu'au plus profond de nous-mêmes sans que la clameur superficielle d'un monde sans Dieu puisse nous pénétrer.

Vivons, donc, aujourd'hui, avec la joie de Jésus. Et comment pouvons-nous parvenir à l'augmenter? Certainement par Jésus lui-même. Lui seul qui peut nous donner la véritable joie qui manque dans le monde, comme en témoignent ces feuilletons de la télé. Jésus dit, «Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez» (Jn 15,7). Consacrons, donc, chaque jour un peu de notre temps à prier avec les paroles de Jésus dans les Écritures; nourrissons-nous d'elles, pénétrons-nous en; qu'elles soient pour nous la nourriture qui rassasie de la joie de Jésus: «À l'origine du fait d'être chrétien, il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive» (Benoît XVI).


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10 mai 2016

Evangile, Saint et Homélie du mardi 10 mai 2016

Jésus leva les yeux au ciel et dit : ... « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. »

 


 

Le mardi 10 mai 2016

Temps liturgique: 7e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : St Damien de Molokai, prêtre ss.cc. (1840-1889), St Jean d'Avila, prêtre et docteur de l'Église (1499-1569)

Livre des Actes des Apôtres 20,17-27.

En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus. Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous, car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu. »

Psaume 68(67),10-11.20-21.

Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.

Que le Seigneur soit béni !
Jour après jour, ce Dieu nous accorde la victoire.
Le Dieu qui est le nôtre est le Dieu des victoires,
et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11a.

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie et/ou Commentaire des textes du jour :

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
Sermon pour l'Ascension, 1-2 : PL 185, 153-155 (trad. Orval rev. ; cf SC 202, p. 273).

«  À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père..., il pria ainsi »

Le Seigneur a prononcé cette prière la veille de sa Passion. Mais il n'est pas hors de propos de l'appliquer au jour de l'Ascension, au moment où il allait quitter définitivement ses « petits enfants » (Jn 13,33), qu'il confiait à son Père. Lui, qui au ciel enseigne et dirige la multitude des anges qu'il a créés, s'était attaché sur la terre un « petit troupeau » (Lc 12,32) de disciples pour les instruire tandis qu'il était présent dans la chair, jusqu'au moment où, leur cœur s'étant élargi, ils pourraient être conduits par l'Esprit. Il aimait ces tout-petits d'un amour digne de sa grandeur. Il les avait détachés de l'amour de ce monde ; il les voyait renoncer à tout espoir d'ici-bas et ne dépendre que de lui seul. Cependant tant qu'il vivait avec eux dans son corps, il ne leur a pas prodigué à la légère les marques de son affection : il s'est montré avec eux plus ferme que tendre, comme il convient à un maître et à un père.

Mais lorsque le moment est venu de les quitter, il semble vaincu par la tendre affection qu'il leur portait, et il ne peut plus leur dissimuler l'immensité de sa douce bonté... D'où ces mots : « Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'au bout » (Jn 13,1). Car il a répandu alors en quelque sorte toute la force de son amour pour ses amis avant de se répandre lui-même comme de l'eau pour ses ennemis (Ps 21,15). Il leur a livré le sacrement de son corps et de son sang et leur a prescrit de le célébrer. Je ne sais pas ce qu'il faut admirer le plus : sa puissance ou sa charité, lorsqu'il a inventé cette nouvelle manière de demeurer avec eux pour les consoler de son départ.

Abbé Pere OLIVA i March (Sant Feliu de Torelló, Barcelona, Espagne)

«Père, l'heure est venue»

Aujourd'hui, l'Évangile de Saint Jean —que nous lisons depuis quelques jours— débute en nous parlant de “l'heure”: «Père, l'heure est venue» (Jn 17,1). Le moment culminant, la glorification de toute chose, l'offrande ultime de Christ qui se livre pour nous… “L'heure” est une réalité invisible aux yeux de l'Homme; qui se révèlera au fur et à mesure que la vie de Jésus nous laissera entrevoir la perspective de la croix. L'heure est venue? L'heure de quoi? L'heure est venue de connaître le nom de Dieu, c'est-à-dire son action, la façon avec laquelle il se dirige à l'Humanité, sa façon de nous parler à travers de son Fils, Christ, qu'il aime.

Les hommes et les femmes d'aujourd'hui, ceux qui connaissent Dieux à travers de Jésus («Je leur ai donné les paroles que tu m'avais données»: Jn 17,8), sommes témoins de la vie, de la vie divine qui grandit en nous en vertu du sacrement baptismal. En Lui nous vivons, nous agissons et nous sommes; en Lui nous trouvons les paroles qui nous nourrissent et nous font grandir; en Lui nous découvrons ce que Dieu veut de nous: la plénitude, la réalisation humaine, une existence qui ne vit pas de vaine gloire personnelle, mais sinon d'une attitude existentielle qui s'appuie en Dieu lui-même et en sa gloire. Comme nous rappelle Saint Irène, «la gloire de Dieu est que l'homme vive». Rendons gloire à Dieux afin que la personne humaine arrive à sa plénitude!

Nous sommes marqués par l'Évangile de Jésus-Christ; travaillons sans cesse pour la gloire de Dieux, travail qui représente se mettre au service de la vie des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Ce qui veut dire: travailler pour une authentique communication humaine, l'authentique bonheur de la personne, encourager la joie chez les tristes, ressentir la compassion pour les faibles… En résumé: être ouverts à la Vie (en majuscule). À travers de l'esprit, Dieux travaille à l'intérieur de chaque être humain et habite au plus profond de la personne et ne cesse pas de nous encourager à puiser des valeurs de l'Évangile. La Bonne Nouvelle est l'expression du bonheur libérateur qu'Il veut nous donner.

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09 mai 2016

Evangile, Saint et Homélie du lundi 09 mai 2016

 

Jésus leur répondit : "Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde ."

 

 Le lundi 09 mai 2016

Temps liturgique: 7e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : St Ġorġ Preca, prêtre et fond. à Malte (1880-1962), St Pacôme, soldat païen converti et abbé (292-348)

Livre des Actes des Apôtres 19,1-8.

Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul traversait le haut pays ; il arriva à Éphèse, où il trouva quelques disciples. Il leur demanda : « Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit Saint ? » Ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » Paul reprit : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » Ils répondirent : « Celui de Jean le Baptiste. » Paul dit alors : « Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus. » Après l’avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus. Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser. Ils étaient une douzaine d’hommes au total. Paul se rendit à la synagogue où, pendant trois mois, il prit la parole avec assurance ; il discutait et usait d’arguments persuasifs à propos du royaume de Dieu.

Psaume 68(67),2-3.4-5.6-7ab.

Dieu se lève et ses ennemis se dispersent,
ses adversaires fuient devant sa face.
Comme on dissipe une fumée, tu les dissipes ;
comme on voit fondre la cire en face du feu,
les impies disparaissent devant la face de Dieu.

Mais les justes sont en fête, ils exultent ;
devant la face de Dieu ils dansent de joie.
Chantez pour Dieu, jouez pour son nom,
frayez la route à celui qui chevauche les nuées.
Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

Père des orphelins, défenseur des veuves,
tel est Dieu dans sa sainte demeure.
À l'isolé, Dieu accorde une maison ;
aux captifs, il rend la liberté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,29-33.

En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie et/ou Commentaire du jour :

Bienheureux Henri Suso (v. 1295-1366), dominicain
Le Livre de la Sagesse éternelle (trad Ancelet-Hustache ; cf. Bouchet, Lectionnaire, p. 389)

« Afin qu'en moi vous ayez la paix »

« Seigneur, depuis les jours de ma jeunesse, mon esprit a cherché un je ne sais quoi, avec une soif impatiente. Qu'était-ce donc, Seigneur ? Je ne l'ai pas encore parfaitement saisi. Voici bien des années que je le désire ardemment et je n'ai pas encore pu le saisir... Et pourtant c'est bien cela qui attire mon cœur et mon âme, et sans quoi je ne peux pas m'établir en une paix véritable.

Seigneur, je voulais chercher mon bonheur dans les créatures de ce monde, comme je voyais tant de gens faire autour de moi. Mais plus je cherchais, moins je trouvais ; plus je m'approchais, plus je m'éloignais. Car toute chose me disait : « Je ne suis pas ce que tu cherches ». Est-ce donc toi, Seigneur, que j'ai si longtemps cherché ? Est-ce donc vers toi que l'attrait de mon cœur toujours et sans cesse luttait ? Pourquoi alors ne t'es-tu pas montré à moi ? Comment as-tu pu si longtemps différer cette rencontre ? En combien de chemins harassants ne me suis-je pas embourbé ? Car il est vraiment heureux l'homme que tu préviens avec tant d'amour ; tu ne le laisses pas en repos jusqu'à ce qu'il cherche son repos en toi seul.


Abbé Jordi CASTELLET i Sala (Sant Hipòlit de Voltregà, Barcelona, Espagne)

«Ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde»

Aujourd'hui, nous avons le sentiment que la foi en Jésus décline dans le monde. Il y a trop d'informations qui vont à l'encontre du soutien moral que nous recherchons dans une vie intégralement fondée sur l'Évangile. Les valeurs d'une société de consommation, du capitalisme, de la sensualité et du matérialisme sont à la mode et vont à l'encontre de tout ce qui pourrait s'associer aux exigences de l'Évangile. Néanmoins, cet ensemble de valeurs et de manières de vivre n'apportent ni l'épanouissement personnel ni la paix intérieure, mais au contraire ne nous apportent que malheur et inquiétude. Ne croyez-vous pas que c'est à cause de cela que les gens se promènent dans la rue renfrognés, renfermés sur eux mêmes et inquiets pour leur avenir incertain, car justement ils ont misé leur avenir sur le prix d'une voiture, d'un appartement ou des vacances qu'ils ne peuvent pas se payer?

Les paroles de Jésus nous invitent à la confiance: «Mais ayez confiance: moi, je suis vainqueur du monde» (Jn 16,33), c'est-à-dire que par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection Il a obtenu la vie éternelle, la vie qui n'a pas d'obstacles, celle qui n'a pas de limites car elle a vaincu toutes les limites et a surmonté les épreuves. Ceux qui appartiennent au Christ vaincront les difficultés comme Il l'a fait, même si nous devons pour cela passer par différentes morts et résurrections successives, non voulues certes, mais endurées par le même Mystère Pascal du Christ. Est-ce que la perte d'un ami n'est pas une mort? La séparation d'un être cher? L'échec d'un projet ou bien simplement d'être confrontés aux limites de par notre fragilité humaine? Mais «en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés» (Rm 8,37). Soyons des témoins de l'amour de Dieu, parce que «le Puissant fit (...) des merveilles» (Lc 1,49) pour nous tous, et Il nous aide à surmonter toute difficulté y compris la mort, car le Christ nous transmet le Saint Esprit.

 

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC (Méditation, catholique.org)

 

Prière d'introduction: Jésus, tu nous parles ouvertement, et je t’en remercie, béni sois-tu ! Et puisque tu me montres ta confiance et ton amitié, je renouvelle mon adhésion à toi, Jésus, mon Maître et Seigneur. Dans l’attente du don de l’Esprit lors de la Pentecôte, je remets en examen ma foi et ma persévérance.

 

Demande : Donne-moi, Seigneur, ton Esprit Saint et augmente ma foi, fortifie mon espérance et embrase en mon cœur d’amour, afin de pouvoir te suivre en tout temps.

 

Points de réflexion:

 

1. « Maintenant nous savons... et nous croyons ». C’est avec une grande assurance que les disciples, sans doute entraînés par la fougue de l’apôtre Pierre, affirment avoir compris Jésus. Mais en est-il vraiment ainsi ? Bien qu’ils aient été saisi par la grâce divine, la foi s’insère dans un long processus de maturation et d’assimilation, ce que Jésus insinue en disant : « Maintenant vous croyez ! », maintenant alors qu’il est aisé de croire, à l’abri de toute contrainte. La conviction de foi est un premier pas dans la vie spirituelle ; elle est le fruit du témoignage reçu, auquel le disciple adhère. L’affirmation « Jésus est sorti de Dieu » fait parti du dépôt de la foi conservé par l’Église et qui a pour but de connaître et d’aimer Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus Christ. Tout en étant une force, la conviction n’est pas suffisante à elle seule ; elle doit mûrir dans l’Esprit Saint, comme un fruit au soleil, c’est-à-dire dans une expérience de Dieu dans la foi.

 

2. « L’heure vient, où vous serez dispersés ». Jésus présage très justement la déroute de son troupeau. « Dans le monde, vous avez à souffrir », dit Jésus, sachant que la foi des disciples est encore trop fragile pour résister à la persécution. Ce qui va faire avancer les disciples dans la vie spirituelle sera l’échec, lorsqu’ils l’auront surmonté par la grâce, pour aboutir en un rapport approfondi avec Dieu. C’est comme les conflits dans les familles ou communautés humaines : dans un premier temps, l’épreuve ébranle les individus et les communautés dans leur unité et peut mener, dans un deuxième temps, à une réconciliation qui renforcera les liens. « Vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi ». La fidélité de Dieu Père à l’égard du Fils, dans l’unité de l’Esprit Saint, est le fondement inébranlable de notre rédemption : en Jésus, Dieu attend inlassablement notre retour.

 

3. « Moi, je suis vainqueur du monde ». Il est inévitable que certains disciples viennent à tomber. Après une période de grâce, où le Christ a été très proche, comme une conversion, un parcours de catéchuménat ou un appel à la vie religieuse (et les premiers pas), le démon n’attend pas pour tenter de détruire l’œuvre de Dieu : « Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé » (Luc 22, 31). Cela peut aussi être le cas dans une vie chrétienne ancrée dans la tradition familiale et dans la pratique religieuse : l’ennemi tente, par la routine, d’endormir la foi, afin que, lors d’un « changement de terrain », comme une modification des paradigmes culturels, elle s’effondre. Lorsque le pouvoir de ce monde met à l’épreuve la transmission de la foi ou la persévérance dans les bonnes œuvres, c’est là que notre foi aura à s’appuyer sur la promesse du Christ : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde ».

 

Dialogue avec le Christ
Jésus, tu es mon Sauveur. Tu es mon Dieu. Je veux contempler la splendeur de ta face, pour ne pas succomber aux miroitements du monde, qui veulent me séparer de Dieu. Fais-moi connaître la lumière de ta vérité, fais-moi brûler du feu de ta bonté, afin de surmonter la tentation diminuée dans l’orgueil et grandie dans la foi.

 

Résolution
Par souci de la persévérance dans la foi de mes proches (membres de la famille ou voisins), j’offrirai spirituellement la prochaine messe, à laquelle j’assisterai.

 

 

 

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