Evangile, Saint et Homélie du Sa 20 août 2016. N’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas!

 


Samedi 20 août 2016

Le samedi de la 20e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Bernard, docteur de l'Église (1091-1153) - Mémoire



Livre d'Ézéchiel 43,1-7a.

L’homme me conduisit vers la porte, celle qui fait face à l’orient ; et voici que la gloire du Dieu d’Israël arrivait de l’orient. Le bruit qu’elle faisait ressemblait au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de cette gloire. Cette vision ressemblait à celle que j’avais eue lorsque le Seigneur était venu détruire la ville ; elle ressemblait aussi à la vision que j’avais eue quand j’étais au bord du fleuve Kebar. Alors je tombai face contre terre. La gloire du Seigneur entra dans la Maison par la porte qui fait face à l’orient. L’esprit m’enleva et me transporta dans la cour intérieure : voici que la gloire du Seigneur remplissait la Maison. Et j’entendis une voix qui venait de la Maison, tandis que l’homme se tenait près de moi. Cette voix me disait : « Fils d’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu sur lequel je pose les pieds, et là je demeurerai au milieu des fils d’Israël, pour toujours. La maison d’Israël ne rendra plus impur mon saint nom ; ni elle, ni ses rois avec leurs débauches, ni les cadavres de ses rois avec leurs tombes.

Psaume 85(84),9ab.10.11-12.13-14.

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23,1-12.

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.  


 

Homélie ou Méditation du jour

 
Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé»

Aujourd'hui, Jésus nous renvoie à nouveau un appel à l'humilité, une invitation à nous mettre à notre vraie place: «Ne vous faites pas donner le titre de “Rabbi” (…). Ne donnez à personne sur terre le nom de “père” (…). Ne vous faites pas non plus appeler “maîtres”» (Mt 23,8-10). Avant de nous approprier des titres de grandeur, commençons plutôt par remercier Dieu pour tout ce que nous avons et que nous avons reçu de sa part.

Comme le dit Saint Paul «As-tu quelque chose sans l'avoir reçu ? Et si tu as tout reçu, pourquoi t'enorgueillir comme si tu ne l'avais pas reçu?» (1Co 4,7). Donc quand nous avons une bonne conscience parce que nous avons bien agi, nous ferions mieux de nous dire: «Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n'avons fait que notre devoir» (Lc 17,10).

L'homme moderne est atteint d'une amnésie déplorable: nous vivons et nous agissons comme si nous étions les auteurs de la vie, les créateurs du monde. D'une manière contrastante, Aristote est une source d'admiration, qui d'après sa théologie naturelle ignorait le concept de “création” (notion qui à l'époque, n'était connue que par révélation divine) et pourtant pour lui, il était clair que notre monde procédait d'une divinité (la Cause “non causée”). Jean-Paul II nous appelle à avoir toujours présent dans notre esprit la dette que nous avons acquise envers Dieu: «Il faut que l'homme rende honneur à son Créateur en faisant offrande, par une action de grâce et de louange, tout ce qu'il a reçu de Lui. L'homme ne peut pas oublier le sens de cette dette, dont lui seul, parmi toutes les réalités terrestres, peut la reconnaître».

D'autant plus que, si nous réfléchissons à la vie surnaturelle, notre collaboration (car Dieu ne fera rien sans notre autorisation ou sans effort de notre part) consiste à ne pas perturber le travail du Saint Esprit: Laissez Dieu agir!, car la sainteté nous ne la fabriquons pas nous-mêmes. C'est Lui, qui est Rabbi, Père et Maître, qui nous la donne. En tout cas, si nous croyons que nous sommes grands ou que nous avons quelque mérite, faisons de notre mieux et mettons-le au service des autres: «Le plus grand parmi vous sera votre serviteur» (Mt 21,11).


 

Homélie de père Philippe

 

Jésus oppose dans cette péricope le comportement des scribes et pharisiens à celui des disciples. Mais d’une façon plus large, il nous révèle notre propre division intérieure ; car le premier groupe ressemble étrangement au vieil homme qui sévit encore en nous. Après une introduction qui souligne la distance entre la parole et l’action des scribes, Jésus précise en quoi consiste leur hypocrisie : ils chargent de lourds fardeaux les épaules des gens, tandis qu’eux-mêmes ne portent que des vêtements d’honneur ; c’est-à-dire : ils imposent aux croyants une observance scrupuleuse de toutes les prescriptions des Ecritures - augmentées de celles de leurs propres Traditions - mais eux-mêmes sont trop préoccupés de leur gloire, pour mettre en pratique ce qu’ils exigent des autres.

Qui ne reconnaît dans cette description le comportement de l’homme psychique et charnel, prompt à appliquer la Loi à son prochain, à juger les transgresseurs, à reprocher à son frère la paille qui encombre son œil ; prompt à tirer vanité de son discernement et de sa justice, mais inconscient de la poutre qui l’aveugle et de l’orgueil qui l’étouffe ?  A cette attitude Jésus oppose le comportement que devrait adopter le disciple, comportement qui caractérise l’homme nouveau, « né d’eau et d’Esprit ».  Cette deuxième partie de la péricope, introduite par l’incise « pour vous », présente une structure en forme de chiasme : il est question d’un Rabbi, puis du Père, puis à nouveau d’un Maître. De cette façon, le verset central, qui traite de la paternité divine, est mis en évidence entre deux versets abordant le thème du rôle de l’enseignant.

Commençons donc par le « cœur » de notre passage : « Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux ». Dès lors : ne vous laissez pas aliéner de votre liberté filiale en écoutant d’autres paroles que celles de Celui qui vous engendre à la vraie vie.  Ces discours frelatés viennent précisément de ces soi-disant « rabbi » dont il a été question dans la première partie et que nous pourrions être tentés d’imiter en réclamant comme eux le titre de « Maître ». Le seul autorisé à enseigner est le Christ ; lui qui est à la fois la Parole du Père et son exégète. Or celui qui est incontestablement « le plus grand parmi nous », s’est fait « notre serviteur », nous enseignant par là la logique du Royaume : « Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé ».

Ce verset conclusif apparaît comme la clé qui nous permet de discerner ce qui en nous appartient encore au monde ancien et ce qui relève déjà du Royaume. Tout ce qui tend à s’élever dans un mouvement de superbe, trahit l’homme ancien ; tandis que l’abaissement humble et sincère dans la conscience que tout nous est donné par pure grâce, révèle l’action de l’Esprit dans nos vies.  Que la Vierge Marie, nous aide dans le dur labeur de la conversion, afin que nous puissions avec elle « exulter de joie en Dieu notre Sauveur, car il s’est penché sur la bassesse de son humble servante »   http://www.meinau-catholiques.org


 

Méditation de Père Gilbert Adam

"Alors Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas."

Jésus va vers sa Passion. A Jérusalem, l’atmosphère est lourde de conflits avec les scribes et les Pharisiens. Bientôt les disciples seront seuls, ils doivent trouver avec Jésus un mode de vie pour être fidèles à la nouveauté que Jésus instaure. S’ouvrir au Royaume des Cieux pour eux doit aller jusqu’à inventer de nouveaux rapports entre les croyants. Jésus, en prenant distance avec les coutumes pharisiennes, ainsi qu’avec celles des scribes, dresse un champ relationnel nouveau. Notre être se construit sur un secret, sur un mystère d’intériorité. Chacun est appelé à être frère de son prochain, sous la conduite de Jésus, le seul et unique Maître. Il nous faut résolument nous tourner vers l’autre car nous sommes assis dans la chaire de Jésus ! Il nous faut sans cesse vérifier la cohérence de nos paroles et de nos gestes avec la Parole que nous annonçons ! C’est en demandant la grâce de l’humilité que nous pouvons être situés dans l’essentiel et avancer dans la Communauté. Jésus fait sans cesse la volonté de son Père, et c’est dans cette volonté du Père que tous nous voulons être sauvés par Jésus.

"Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt." Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Jésus nous rappelle la Parole vivante de Dieu par le discours sur la Montagne, il proclame les béatitudes. Là, il est le nouveau Moïse, il marche avec ses disciples humblement, étant en tout l’incarnation de ce qu’il annonce. C’est dans un désir d’authenticité que la Parole résonne au cœur des apôtres ! La Parole de Dieu qui nous est transmise est reçue, elle signifie la volonté de Dieu pour le Peuple. Le message de Jésus qui s’adressait aux Juifs, s’adresse aujourd’hui à nous, Chrétiens. Tous les dangers qui étaient présents dans la première Alliance ressurgissent avec une grande force dans la Nouvelle Alliance tant le message de Jésus est divin ! Le détachement, ce que nous pouvons faire et offrir dans notre vie, n’ont de sens que si l’humilité les habite.

"Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères." Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. Dieu est le seul « Roi » de l’Alliance, Jésus manifeste le Père, il est le seul Maitre. Son Père et notre Père est l’Unique, et il n’y en a pas d’autre. C’est de Dieu que chacun reçoit son identité et non des autres dans une course au pouvoir, dans une extériorité qui revient si vite à la surface. Ce jeu du pouvoir est toujours présent dans notre vie. Mais nous voulons nous ancrer dans le secret du cœur de Jésus qui reconnaît en l’autre un frère à aimer, patiemment, et à qui, dans l’Esprit Saint, nous nous adressons humblement. Le mode de vie que Jésus propose à ses disciples est celui de la fraternité, elle naît de la liberté de chacun. Nous demandons la grâce de demeurer dans le silence et la solitude, en intimité avec Jésus qui nous fait vivre.

 

Nous demandons la grâce d’être trouvés fidèle à Jésus doux et humble de cœur.  Père Gilbert Adam, http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Méditation de Père Thomas Brenti, LC

Prière d'introduction

Du plus profond de mon âme, je m’adresse à toi, Seigneur, que ton oreille se fasse attentive à l’appel de ma prière. J’espère en toi, Seigneur, j’espère de toute mon âme et j’attends ta parole. Mon âme t’attend, Seigneur, plus que les veilleurs attendent l’aurore ; plus que les veilleurs attendent l’aurore, que toute notre Église, Seigneur, t’attende et t’espère ! (Prière tirée du psaume 130).

 

Demande

Seigneur, que je puisse te donner la première place dans ma vie.

 

Points de réflexion

1. Ce que dit le texte. En Israël, au temps de Jésus, les scribes et les docteurs avaient un rôle très important : ils enseignaient aux fidèles d’Israël la vraie Loi, la Parole divinement inspirée à Moïse et aux prophètes. Leur parole se devait d’être entendue comme une médiation de la Parole de Dieu. Mais, par leur faute, ou celle de leurs auditeurs, certains d’entre eux avaient pris un rôle trop prépondérant. Oubliant leur mission de messagers, certains avaient pu prétendre être le message ou, pire, le législateur lui-même. Jésus rappelle que le Seigneur Dieu est unique, que personne ne peut prendre sa place. Les apôtres ont entendu sa Parole et, à leur suite, les martyrs. A l’écoute du Christ, ces derniers n’ont voulu appeler personne d’autre « Seigneur ». Quand Dioclétien s’octroya le titre de « Dominus et Deus » (« Dieu et Seigneur »), il y eut des chrétiens assez héroïques pour préférer la mort. Prions aujourd’hui pour tous ceux qui, encore aujourd’hui, sont prêts aux plus grands sacrifices pour réserver à Dieu la première place.

2. Ce que dit le texte à l’Église. Personne ne peut se mettre à la place de Dieu. Toute société a besoin d’une organisation et de chefs et le Christ lui-même a voulu placer à la tête de son Église les douze apôtres, Douze colonnes, telles les douze tribus d’Israël : ces médiations humaines sont des « relais » de la Présence du Christ dans la communauté, mais elles ne la remplacent pas. « Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus » (1 Timothée 2,5). Quand les hommes érigent un modèle à la place du Christ, ils peuvent arriver à en troubler son image, à en oublier sa présence. Quand nous appelons quelqu’un « père » ou « docteur », rappelons-nous que toute sa paternité et tout son magistère découlent de la paternité, du magistère et de l’autorité de Dieu.

3. Ce que me dit le texte. Au-delà des noms que nous pouvons attribuer aux prêtres, professeurs ou personnes détenant l’autorité dans la société ou dans l’Église, la Parole du Christ peut éclairer notre propre vie spirituelle et intérieure : nous nous octroyons si souvent à nous-mêmes le titre de, « Dieu et Seigneur » de notre vie, alors que le seul Seigneur, c’est lui. Être chrétien signifie accueillir la seigneurie de Jésus-Christ dans sa propre vie. Celui qui proclame de sa bouche que Jésus est Seigneur et qui croit dans son cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, celui-là est sauvé, dit saint Paul (cf. Romains 10,9). Renonçons à ce qui nous donne à nous-mêmes la première place, à nous appeler nous-mêmes « rabbis, docteurs, pères » ; réservons cette place à Dieu. Nous commencerons ainsi à vivre l’Évangile, qui nous est proposé aujourd’hui.

 

Dialogue avec le Christ

Les hommes ont pu s’égarer, Seigneur, quand ils ont voulu se mettre à ta place. Il m’est facile de les juger, mais je dois d’abord rentrer en moi-même pour voir les recoins de mon cœur où tu n’as pas la première place. Seigneur, deviens de plus en plus le roi de mon cœur. Je veux faire résonner la prière que tu m’as enseignée : « Que ton Règne vienne ». Que ton Règne vienne dans mes projets, quand je suis face à une décision difficile. Que ton Règne vienne dans mes pensées, quand j’ai tendance à porter des jugements faciles sur ceux qui m’entourent. Que ton Règne vienne dans mes attitudes, quand je suis appelé à refléter ton image à ceux qui m’entourent.

 

Résolution

Rendre un service à une personne qui est proche de moi.  Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


 

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Evangile, Saint et Homélie du Sa 02 juillet 2016.On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres (cruches)


 

Samedi 02 juillet 2016

Temps liturgique: 13e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St François (Francesco) de Geronimo, prêtre s.j. (1642-1716), Bx Pierre de Luxembourg, évêque de Metz (1369-1387)


Livre d'Amos 9,11-15.

Ainsi parle le Seigneur : Ce jour-là, je relèverai la hutte de David, qui s’écroule ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois, afin que ses habitants prennent possession du reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom fut jadis invoqué, – oracle du Seigneur, qui fera tout cela. Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où se suivront de près laboureur et moissonneur, le fouleur de raisins et celui qui jette la semence. Les montagnes laisseront couler le vin nouveau, toutes les collines en seront ruisselantes. Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront ; ils planteront des vignes et en boiront le vin ; ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits. Je les planterai sur leur sol, et jamais plus ils ne seront arrachés du sol que je leur ai donné. Le Seigneur ton Dieu a parlé.

Psaume 85(84),9.11-12.13-14.

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu'il dit, c'est la paix
pour son peuple et ses fidèles ;
qu'ils ne reviennent jamais à leur folie !

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-17.

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »


  Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Abbé Joaquim FORTUNY i Vizcarro (Cunit, Tarragona, Espagne)

«Un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé»

Aujourd'hui, nous remarquons comment avec Jésus commence un temps nouveau et une nouvelle doctrine, enseignée avec autorité et, comme toute chose nouvelle, elle choque les politiques et les autorités. Ainsi, dans les pages qui précèdent cet Évangile nous voyons Jésus en train de pardonner et guérir l'homme paralysé pendant que les pharisiens se scandalisent; Jésus appelant Mathieu un percepteur d'impôts et mangeant chez lui avec d'autres publicains et pécheurs pendant que les pharisiens "grimpent aux murs"; et dans l'Évangile d'aujourd'hui ce sont les disciples de Jean qui viennent vers Jésus car ils ne comprennent pas pourquoi Lui et ses disciples ne jeûnent pas.

Jésus, qui ne laisse jamais personne sans réponse, leur dira: «Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront» (Mt 9,15). Le jeûne était et est, le "praxis" pénitentielle qui contribue à «acquérir la maîtrise de nos instincts et la liberté du cœur» (Catéchisme de l'Église Catholique, n. 2043) ainsi qu'à interpréter la miséricorde divine. Mais à ce moment précis la miséricorde et l'amour infini de Dieu étaient parmi eux dans la présence de Jésus, le Verbe Incarné. Comment pouvaient-ils jeûner? La seule attitude possible était la joie, le bonheur d'avoir la présence de Dieu fait homme. Comment pouvaient-ils jeûner si Jésus venait de leur révéler une nouvelle manière de se mettre en rapport avec Dieu, un esprit nouveau qui rompait avec toutes les anciennes façons de procéder?

Aujourd'hui Jésus est là: «Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28,20), et Il n'est pas là car Il a retourné au Père et nous clamons: «Viens Seigneur Jésus».

Nous sommes dans l'attente. C'est pour cela qu'il faut que nous nous renouvelions chaque jour avec l'esprit nouveau de Jésus, afin de nous détacher de la routine, jeûner de tout ce qui peut nous empêcher d'avancer vers une identification totale avec le Christ, vers la sanctification. «Justes sont nos pleurs -notre jeûne- si nous brûlons d'envie de le voir» (Saint Augustin).

Nous supplions notre Sainte Mère Marie de nous concéder les grâces nécessaires pour vivre la joie de savoir que nous sommes des enfants aimés. © evangeli.net M&M Euroeditors


 Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org

 "Les disciples de Jean Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »

Le jeûne était une obligation nécessaire, tout en étant une discipline qu’on s’imposait librement à soi-même. On imposait aux adultes de jeûner une seule fois par an en la fête du « Grand Pardon », mais les Pharisiens, jeûnaient deux fois par semaine. Dans l’Evangile, il s’agit pour les disciples de Jean Baptiste du jeûne hebdomadaire auquel chacun était libre de souscrire. Jésus défend ses disciples qui ne jeûnent pas. Il montre que le jeûne, ou tout autre pratique spirituelle, n’est bénéfique que si elle est adaptée, en toute liberté, à une situation donnée. La Parole de Dieu édifie en nous la vie nouvelle venant de Jésus : "L’épouse suit l’Agneau partout ou Il va. » Jésus nous rejoint dans un monde qui souffre. Il veut que le nombre des élus soit complet dans le Royaume de Dieu ! L’humanité est l’épouse du Christ, elle est emportée dans le chemin des épreuves et de la nuit à la suite de son Bien Aimé. Dans la nuit de la foi, elle connaît un nouveau jeûne, celui de l’absence du Bien aimé : « Quand l’Époux n’est plus avec elle », que le Christ est crucifié, l’épouse entre dans le « deuil. » Ce moment est difficile pour la bien aimée qui ne « sent » plus la présence de l’Aimé. Le monde qui ne le connaît pas le mystère de Jésus, ne comprend pas ces Paroles !

"Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l’Époux est avec eux ?" Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. L’Amour nouveau que Jésus nous propose est à vivre dans la liberté des enfants de Dieu. Il montre que notre attitude a de la valeur quand elle est accomplie librement et volontairement. Pendant la Cène, Jésus a prié pour que ses disciples soient un dans la charité et la foi. Cette unité nouvelle s’applique à l’Eglise qu’il fonde dans son Corps et dans son Sang. L’homme, dans sa progression, passe par des étapes de présence et de joie, mais aussi des moments de manque et de pénitence. Alors surgit le nouveau jeune, une capacité à vivre autrement, en recevant différemment, en donnant différemment. C’est un peu comme le vin et l’outre. Tout doit changer dans notre manière d’entendre, d’écouter, et celle de parler et de répondre. La présence ou l’absence de Jésus vont devenir constitutive de la construction de notre être nouveau d’enfant de Dieu. Éclairés par la parole de Dieu, fortifiés par le Pain de la vie, nous entrons dans un cœur à cœur avec Jésus. C’est une vie toute nouvelle, d’amour, qui nous est donnée. Comme Jésus, nous devenons de plus en plus délicats, attentifs à notre entourage. « Ne mettez pas du vin nouveau dans de vieilles outres, » dit Jésus. La vie divine qui nous habite régénère notre personne, jusque dans ses profondeurs. L’épouse partage la joie de l’Epoux. Dans la Foi, elle est unie à Jésus Pain de vie. Elle vit de sa Parole d’une manière mystérieuse, rejoignant son Époux dans un grand bonheur.

« Et personne ne coud une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage." Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. » Nous sommes devenus capables de recevoir la Parole qui nous est adressée. Nous entrons dans la Promesse de Jésus qui s’adresse en toute gratuité, à notre liberté. Jésus reconstruit sa créature, son peuple, et nous sommes véritablement renouvelés. C’est une connaissance plus profonde, plus vraie, plus gratuite du Mystère de Dieu qui s’offre à nous. Heureux sommes-nous d’entendre une Parole à laquelle nous pouvons répondre en vérité, car nous sommes dans la Présence du Dieu vivant qui nous constitue. Jésus sauve le monde avec un amour incroyable : « Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’au bout ! » Il va donner sa vie sur la croix, il a tout donné. L’épouse, l’humanité le suit et elle partage son sort dans des épousailles qui se préparent, à la suite de Jésus crucifié et glorifié. Nous allons vivre dans la nuit de la foi, la perte et le désespoir du manque, pour rejoindre Jésus dans le mystère de l’Amour infini de Dieu. Quand Jésus nous est enlevé, c’est le véritable jeune. Nous demandons la grâce de suivre Jésus le Christ partout ou il va.

 

 © 2016, Père Gilbert Adam.


 

Catéchisme de l'Église catholique § 772-773 ; 796

« L'Époux est avec eux »

L'Église, mystère de l'union des hommes avec Dieu : C'est dans l'Église que le Christ accomplit et révèle son propre mystère comme le but du dessein de Dieu : « récapituler tout en lui » (Ep 1,10). Saint Paul appelle « grand mystère » (Ep 5,32) l'union sponsale du Christ et de l'Église. Parce qu'elle est unie au Christ comme à son Époux, l'Église devient elle-même à son tour mystère (Ep 3,9s). Contemplant en elle le mystère, Saint Paul s'écrie : « Le Christ en vous, l'espérance de la gloire » (Col 1,27)... Marie nous précède tous dans la sainteté qui est le mystère de l'Église comme « l’Épouse sans tache ni ride » (Ep 5,27). C'est pourquoi « la dimension mariale de l'Église précède sa dimension pétrinienne » (Jean Paul II)...

L'unité du Christ et de l'Église, de la tête et des membres de son Corps, implique aussi la distinction des deux dans une relation personnelle. Cet aspect est souvent exprimé par l'image de l'époux et de l'épouse. Le thème du Christ Époux de l'Église a été préparé par les prophètes et annoncé par Jean Baptiste (Jn 3,29). Le Seigneur s'est lui-même désigné comme « l’Époux » (Mc 2,19). L'apôtre Paul présente l'Église et chaque fidèle, membre de son Corps, comme une épouse « fiancée » au Christ Seigneur, pour n'être avec lui qu'un seul Esprit. Elle est l’Épouse immaculée de l'agneau immaculé (Ap 22,17) que le Christ a aimée, pour laquelle il s'est livré « afin de la sanctifier » (Ep 5,26), qu'il s'est associée par une alliance éternelle, et dont il ne cesse de prendre soin comme de son propre Corps.

« Voilà le Christ total, Tête et Corps, un seul formé de beaucoup... Le Seigneur lui-même dit dans l’Évangile : 'Non plus deux, mais une seule chair' (Mt 19,6). Comme vous l'avez vu, il y a bien en fait deux personnes différentes, et cependant, elles ne font qu'un dans l'union conjugale » (St Augustin). © L'Evangile au Quotidien (Evangelizo.org 2001-2016)

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19 juillet 2016

Evangile, St et Homélie du Ma 19/07/2016. Celui qui fait la volonté de mon Père, celui-là est pour moi un(e) frère, sœur, mère

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Mardi 19 juillet 2016

Temps liturgique: 16e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Ambroise Autpert, moine  († 784), St Symmaque, pape (51e) de 498 à 514


Livre de Michée 7,14-15.18-20

Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t’appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d’autrefois ! Comme aux jours où tu sortis d’Égypte, tu lui feras voir des merveilles ! Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.

Psaume 85(84),2-4.5-6.7-8.

Tu as aimé, Seigneur, cette terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob ;
tu as ôté le péché de ton peuple, tu as couvert toute sa faute ;
tu as mis fin à toutes tes colères, tu es revenu de ta grande fureur.
Fais-nous revenir, Dieu, notre salut, oublie ton ressentiment contre nous.

Seras-tu toujours irrité contre nous, maintiendras-tu ta colère d'âge en âge ?
N'est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre et qui seras la joie de ton peuple ?
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12,46-50.

En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »  


 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Pere SUÑER i Puig SJ (Barcelona, Espagne)

«Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi (…) une mère»

Aujourd'hui, l'Évangile se présente, d'emblée, surprenant: «Qui est ma mère?» (Mt 12,48), Jésus demande. Il semble que le Seigneur emploie une attitude méprisante envers Marie. Certainement pas. Ce que Jésus veut laisser ici tout à fait clair c'est que devant ses yeux —les yeux de Dieu!— la valeur décisive d'une personne ne demeure pas dans le fait de la chair et du sang, mais dans la disposition spirituelle d'accueil de la volonté de Dieu: «Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit: ‘Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère’» (Mt 12,49-50).

Or, à ce moment-la, la volonté de Dieu était qu'Il plût évangéliser ceux qui l'écoutaient et que ceux-là pussent l'écouter. Ceci était plus primordial que n'importe qu'elle autre valeur, sans égard pour son importance. Pour faire la volonté du Père, Jésus-Christ avait laissé Marie et maintenant il devait prêcher loin de sa maison.

Mais, qui a été plus disposée à faire la volonté de Dieu que Marie? «Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole» (Lc 1,38). C'est pour cela que saint Augustin dit que Marie, a d'abord reçu la parole de Dieu dans l'esprit par obéissance, et, seulement après, elle a conçu dans son sein pour l'Incarnation du Verbe.

En d'autres mots: Dieu nous aime dans la mesure de notre sainteté. Marie est très sainte et, conséquemment, elle est très aimée. Cependant, être des saints, n'est pas la raison pour laquelle Dieu nous aime. Au contraire, parce qu'Il nous aime nous pouvons devenir saints. Le Seigneur est toujours le premier à nous aimer (cf. 1Jn 4,10). Marie nous l'apprend lorsqu'elle dit: «Il s'est penché sur son humble servante» (Lc 1,48). Aux yeux de Dieu nous sommes très peu; mais Il veut nous agrandir, nous sanctifier.  evangeli.net M&M Euroeditors


Homélie du Père Gilbert Adam

 

"Comme Jésus parlait encore aux foules, sa mère et ses frères se tenaient dehors et cherchaient à lui parler.

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"Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères se tiennent dehors, et ils cherchent à te parler. » Jésus répond : Qui est ma mère et qui sont mes frères, c’est celui qui fait la volonté de mon Père." Tandis que Jésus est refusé par les autorités, abandonné par la foule, il montre la présence de sa vraie communauté. Ce sont ses disciples, « ceux qui fait la volonté de son Père ». Sa mère et ses frères qui se tiennent dehors alors que « Jésus parlait encore aux foules, » ils cherchaient à lui parler. En Jésus, Dieu et l’humanité marche côte à côte, l’humanité et la divinité sont unies dans la volonté du Père. Le oui de Marie à l’Annonciation de l’Ange est la réponse de l’humanité qui recherche l’amour infini de Dieu. C’est à la Croix que Jésus fera toutes choses nouvelles. Le mystère Pascal réalise cette grâce extraordinaire du don de la divinité de Jésus à l’humanité entière. Le Verbe fait s’est fait chair pour que l’homme devienne, par adoption, « enfant de Dieu. » A la croix Jésus dira à Marie : « Voici ton Fils, » comme Il dira encore à Jean : « Voici ta mère ! » Jean deviendra le frère de Jésus, celui qui fait la volonté du Père. Ainsi se réalise la Parole : « faire la volonté de Dieu, » devenir mère, frère du Seigneur Jésus.

"En effet, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui–là est mon frère, ma sœur et ma mère." Beaucoup plus que dans les liens du sang, Jésus manifeste ou est sa vraie famille. Ce n’est pas parce qu’il est incompris et rejeté de ses cousins et cousines, que Jésus permet une confusion à son égard, il appartient totalement au Royaume et à sa Mission. C’est cela, « faire la volonté de son Père. » Pour être de la famille de Jésus, il faut faire non pas sa volonté, mais la volonté du Père. L’obéissance au Père est constitutive de la « filiation » par Jésus. La maternité divine de Marie s’étend ainsi à l’Église, rassemblement de tous ceux qui sont au Christ. L’enfantement de cette humanité nouvelle se fait à la Croix, dans l’Unité du mystère d’amour de Dieu et de l’homme. L’Esprit Saint, Amour infini du Père et du Fils, se repend sur tous ceux que le Père a choisis pour enfants. Dieu s’est fait tout petit enfant en Jésus pour révéler son visage de Père. Le Dieu Saint se fait Dieu tout proche, œuvrant avec la nature humaine, sa créature. Nous sommes introduits dans le mystère de Marie, humanité renouvelée, qui vit de Dieu. Dans l’action de grâce, nous sommes dans la volonté du Père, pour le salut du monde.

"Jésus répondit : Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? C’est celui qui fait la volonté de mon Père." C’est de compter sur Dieu, que se dit l’obéissance confiante, l’attitude de celui qui remet sa vie dans les mains d’un Autre. Dans l’obéissance totale au Père, Jésus réalise pour nous une nouvelle filiation. L’Église veut faire la volonté du Père à la suite de Jésus. Une vision prophétique étonnante nous est donnée en Jésus qui regarde ses disciples : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? C’est celui qui fait la volonté de mon Père ! » A la Croix : « Voici ta mère » était pour Jean, et pour chacun de nous, l’entrée dans une alliance nouvelle et éternelle. L’Esprit Saint, qui est « l’Esprit d’enfantement » dans le sein de la Vierge Marie, traverse désormais toute l’humanité. Cet Esprit accompagne Jésus dans sa vie publique lui donnant force et lumière : « Il s’est offert dans un Esprit éternel, » dit l’épitre aux Hébreux. « La mère » et « les frères, » seront avec Jésus, la réalisation du mystère de l’Eglise. Marie portera dans son cœur le ministère des apôtres, des prédicateurs, des prêtres qui célèbrent le sacrement pascal. Ainsi sont enfantés de nouveaux frères et de nouvelles sœurs, une humanité toute nouvelle, dont l’amour est totalement nouveau. La fécondité de l’Amour va s’étendre ainsi jusqu’aux extrémités du monde jusqu’à ce que Jésus revienne.

 

Nous demandons la grâce d’entrer dans la volonté d’amour de Dieu unis à Jésus et à Marie. Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 

Méditation de Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

 Prière d'introduction

Seigneur Jésus, tu es mon chemin, ma vérité, ma vie. Montre-moi le chemin que tu veux que je prenne aujourd’hui. Je crois fermement que ta volonté est le vrai chemin vers la joie, le bonheur et la paix dans ma vie.

Demande

Seigneur Jésus, aide-moi à connaître et à faire en toute chose ta très sainte volonté.

Points de réflexion

1. Dans ce passage de l’Évangile, la Vierge Marie et les frères de Jésus, c’est-à-dire les membres de sa famille étaient venus le voir. Quelqu’un dans la foule prévient Jésus de leur arrivée. On s’attendrait à ce que Jésus quitte tout pour aller les voir mais Jésus profite de cette occasion pour nous transmettre une vérité importante. Le Seigneur est venu pour fonder une nouvelle famille qui n’a rien à voir avec les liens de sang. Il est venu pour fonder une famille spirituelle, son Église. Pour faire partie de cette nouvelle famille du Seigneur, le plus important est de faire la volonté de Dieu son Père. Une objection pourrait immédiatement surgir dans notre esprit. N’est-ce pas le sacrement du baptême – et donc la profession de notre foi – qui nous fait membre de la famille de l’Église ? Certes, mais Jésus ne fait pas de distinction entre la foi et les œuvres. Si nous croyons en Jésus, si nous lui faisons vraiment confiance, si nous l’aimons vraiment de tout notre cœur, il s’ensuit que nous allons aussi chercher à faire le bien qu’il nous propose de faire. Il est venu nous montrer le chemin du salut.

2. Ce qui semble être un commentaire hors contexte de la part de Jésus ne l’est pas du tout. Il ne rejette pas sa mère, la Vierge Marie, ni sa famille. Il nous dit que le vrai disciple de Jésus est celui qui fait la volonté du Père. Et la Vierge Marie n’est-elle pas pour nous aussi un modèle d’un vrai disciple de Jésus. N’a-t-elle pas dit le jour de l’Annonciation, « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole ». Et quand elle retrouve Jésus dans le temple à l’âge de 12 ans parmi les docteurs de la loi et qu’elle lui fait part de son inquiétude par ce qu’il s’était échappé sans les prévenir n’est-il pas dit d’elle : « Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur ». N’aurait-elle pas renouvelé ce fiat au pied de la croix quand elle voyait son Fils mourir par amour pour nous, les hommes ? Oui, la Vierge Marie est pour nous un exemple de la docilité à la volonté du Seigneur.

3. Comment faire pour connaître la volonté de Dieu dans notre vie ? Le Seigneur nous a donné plusieurs moyens pour connaître sa volonté. Le prophète Jérémie nous dit : « Je mettrai ma loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur ». C’est la voix de la conscience éclairée par les dix commandements, illuminée par la grâce de Dieu et la foi en Jésus qui nous aide à découvrir ce que le Seigneur attend de nous au quotidien. La prière et un petit examen de 5-10 minutes par jour peuvent nous aider à être attentifs à cette petite voix intérieure qui nous guide et nous oriente. Mon état de vie est aussi une mesure importante pour découvrir la volonté de Dieu. Le Seigneur m’a confié une mission à accomplir que ce soit dans l’exercice de ma profession, dans mon mariage et ma vie familiale, dans le sacerdoce ou la vie consacrée, dans les études. Est-ce que j’accomplis fidèlement les devoirs liés à mon état de vie vis-à-vis de ceux qui sont mes responsables ou ceux qui dépendent de moi ? Je peux aussi compter sur les orientations données par mon confesseur ou mon directeur spirituel qui sont là pour m’aider à discerner la volonté du Seigneur. Il y a finalement les inspirations que je reçois de l’Esprit Saint dans mon âme. Pour entendre et répondre à ses inspirations, il faut surtout cultiver une belle vie de prière et la vie de grâce par les sacrements (Eucharistie, sacrement de réconciliation) pour être aussi réceptif que possible à l’Esprit Saint. Dans son livre « À l’école de l’Esprit Saint » Jacques Philippe nous dit que la prière de gratitude et de louange nous aide à reconnaître l’action de Dieu dans notre vie. Il nous encourage aussi à demander au Seigneur la grâce de l’abandon en cherchant à ne rien refuser à Dieu et demander aussi la grâce du détachement pour que rien ne nous sépare de la volonté du Seigneur.

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, ce n’est pas toujours facile de reconnaître ta volonté dans mon quotidien mais je sais que quand j’y suis, je suis heureux et en paix. Donne-moi la lucidité pour savoir le bien que tu me demandes de faire et la force pour l’accomplir. Je sais que je peux te faire confiance même plus qu’à mon propre jugement sur les décisions à prendre et les circonstances à affronter. Si j’ai fait fausse route je sais que tu pourras m’aider à trouver le bon chemin. Sois mon guide et ma lumière sur la route. Que ta volonté soit faite, Seigneur, dans ma vie.

Résolution

Prendre un moment dans ma journée pour faire un examen de conscience pour faire le point sur ma docilité à la volonté du Seigneur dans ma vie. Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)


 

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Lettre 142 (OC, Cerf DDB 1996, p. 463)

« Celui qui fait la volonté de mon Père..., celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère »

« Mes pensées ne sont pas vos pensées dit le Seigneur » (cf Is 55,8). Le mérite ne consiste pas à faire ni à donner beaucoup, mais plutôt à recevoir, à aimer beaucoup. Il est dit que c'est bien plus doux de donner que de recevoir (Ac 20,35), et c'est vrai, mais alors, quand Jésus veut prendre pour lui la douceur de donner, ce ne serait pas gracieux de refuser. Laissons-le prendre et donner tout ce qu'il voudra ; la perfection consiste à faire sa volonté, et l'âme qui se livre entièrement à lui est appelée par Jésus lui-même « sa mère, sa sœur » et toute sa famille. Et ailleurs: « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole » (c'est-à-dire il fera ma volonté) « et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14,23). Oh, comme c'est facile de plaire à Jésus, de ravir son cœur ; il n'y a qu'à l'aimer sans se regarder soi-même, sans trop examiner ses défauts...

Les directeurs font avancer dans la perfection en faisant faire un grand nombre d'actes de vertu et ils ont raison, mais mon directeur qui est Jésus ne m'apprend pas à compter mes actes ; il m'enseigne à faire tout par amour, à ne lui rien refuser, à être contente quand il me donne une occasion de lui prouver que je l'aime, mais cela se fait dans la paix, dans l'abandon ; c'est Jésus qui fait tout et moi je ne fais rien.  L'Evangile au Quotidien (Evangelizo.org 2001-2016)

 

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© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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