Evangile, Saint et Homélie du Samedi 18 juin 2016. Cherchez d'abord le Royaume de Dieu [...]

Samedi 18 juin 2016

Temps liturgique: 11e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Marc et St Marcellien, martyrs († v. 304), St Grégoire (Gregorio) Barbarigo, évêque (1625-1697)


Deuxième livre des Chroniques 24,17-25.

Après la mort de Joad, les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi, et alors le roi les écouta. Les gens abandonnèrent la Maison du Seigneur, Dieu de leurs pères, pour servir les poteaux sacrés et les idoles. À cause de cette infidélité, la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem. Pour les ramener à lui, Dieu envoya chez eux des prophètes. Ceux-ci transmirent le message, mais personne ne les écouta. Dieu revêtit de son esprit Zacharie, le fils du prêtre Joad. Zacharie se présenta devant le peuple et lui dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du Seigneur ? Cela fera votre malheur : puisque vous avez abandonné le Seigneur, le Seigneur vous abandonne. » Ils s’ameutèrent alors contre lui et, par commandement du roi, le lapidèrent sur le parvis de la Maison du Seigneur. Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad, oubliait la fidélité que Joad lui avait témoignée. Zacharie s’était écrié en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! » Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas et arriva en Juda et à Jérusalem. Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple et envoyèrent tout le butin au roi de Damas. L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes, et pourtant le Seigneur leur livra une armée très importante, parce que les gens de Juda avaient abandonné le Seigneur, Dieu de leurs pères ; et Joas reçut le châtiment qu’il méritait. Lorsque les Araméens partirent, le laissant dans de grandes souffrances, ses serviteurs complotèrent contre lui parce qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad, et ils le tuèrent sur son lit. Il mourut, et on l’ensevelit dans la Cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.

Psaume 89(88),4-5.29-30.31-32.33-34.

« Avec mon élu, j'ai fait une alliance,
j'ai juré à David, mon serviteur :
J'établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. »

Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux. »

« Si ses fils abandonnent ma loi
et ne suivent pas mes volontés,
s'ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements,

« je punirai leur faute en les frappant,
et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour,
ni démentir ma fidélité. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour :

Père Jacques PHILIPPE (Cordes sur Ciel, France)

«Cherchez d'abord son Règne et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus»

Aujourd'hui, l'Évangile parle clairement de vivre le "moment présent" : ne pas ressasser le passé mais s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde. Ne pas se tourmenter pour le lendemain, mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole !" Le fait de se préoccuper n'a jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la confiance, la foi. Jésus dit "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?"

La vie en soi n'est pas si compliquée, c'est l'homme qui manque de foi… L'existence n'est pas toujours facile. Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec de la foi et essayons de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses. La foi nous conduira au salut.

"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6,34). Qu'est-ce que cela signifie ? Aujourd'hui, tâche de vivre de manière juste, selon la logique du Royaume, dans la confiance, la simplicité, la recherche de Dieu, l'abandon. Et Dieu s'occupera du reste…

Jour après jour. C'est très important. Ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le passé et la peur de l'avenir ; alors que lorsque nous vivons dans le moment présent, d'une manière mystérieuse, nous trouvons la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de grâce. La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Vivre le moment présent suppose accepter la faiblesse : renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, se contenter du présent. © evangeli.net M&M Euroeditors.


Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

Votre Père céleste sait que vous en avez besoin dit Jésus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s’inquiétera de lui–même. Notre Père crée l’humanité et il lui donne maîtrise sur l’univers, « Dieu vit que tout ce qu’il avait fait était très bon. » Tout était pour l’homme et le femme, bonheur et beauté. Mais l’épreuve est passée par là, et ces jours de bonheur sont passés. Dieu nourrit toujours les oiseaux du ciel, il habille toujours l’herbe des champs, mais il nous faut travailler pour subvenir à nos besoins. Cependant, à chaque jour suffit sa peine, dit Jésus ! « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Nous choisissons chaque jour la parole de Dieu qui nous donne une lumière étonnante. La nature, le travail de la terre, les légumes, les fleurs, les fruits poussent, et la vie triomphe toujours. « Ne vous faites pas tant de soucis, » pour votre vie, Jésus se répète car ses paroles ont quelque chose de réellement important à recevoir progressivement. Jésus nous dit de ne pas nous faire « tant » de soucis, demain se souciera de lui-même. »

« Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. » Si nous avons de la peine à vivre chaque jour, c’est le signe que nous allons vers le Royaume. Jésus nous demande de bâtir le Royaume des cieux. C’est la présence de Dieu en nous qui fait notre beauté ! Elle nous permet de demeurer au niveau du cœur, au niveau des relations fraternelles. Avec cette présence de Dieu, nous nous respectons les uns les autres, nous nous accueillons humblement. Avec un cœur de pauvre, nous rendons grâce à Dieu qui continue à nous donner la vie. Jésus nous dit que notre souci et notre peine consistent d’abord à « chercher le royaume de Dieu et sa justice. Tout le reste vous sera donné par surcroît. » Nous peinons à construire le Royaume en dehors des repères de ce monde : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent. »

Personne ne peut être esclave de deux maîtres ; en effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez être esclaves de Dieu et de Mamon. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n’est–elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Nous nous laissons emporter par le courant de la vie, elle est si belle la vie. Elle nous est donnée pour que nous demeurions à la source de la tendresse de Dieu qui nous donne son amour. Dieu se fait tendresse et bonté, il est toujours débordant d’amour pour nous. Nous voulons être attentifs et fidèles à la vie qui nous est donnée. Dieu présent déverse des flots d’eau vive en notre cœur. La justice du Royaume consiste à refuser de vivre les uns sans les autres. Jésus nous demande de faire passer la justice du Royaume avant celle de ce monde, à faire passer les relations d’amitié et de justice entre tous avant les possessions personnelles. Ce royaume sera à chercher toujours, car il n’est jamais totalement trouvé, tout disciple est appelé à le faire advenir. Certes, nous avons de la peine à construire le Royaume. Nous ne pouvons qu’y tendre, jour après jour, poser le pas que nous pouvons faire aujourd’hui sans nous soucier de celui du lendemain. Nous avons moins de souci quand nous sommes d’abord préoccupés du souci des autres !

Nous demandons la grâce d’être trouvés fidèles à la joie de Dieu qui est en nous.

© 2016, Père Gilbert Adam


Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretien du 21/02/1659 (Seuil 1960, p. 547)

"Chercher d'abord le règne de Dieu"

« Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes les choses dont vous avez besoin vous seront données par-dessus »... Il est donc dit que l'on cherche le royaume de Dieu. « Que l'on cherche », ce n'est qu'un mot, mais il me semble qu'il dit bien des choses. Il veut dire... de travailler incessamment pour le royaume de Dieu, et non pas demeurer en un état lâche et arrêté, de faire attention à son intérieur pour le bien régler, mais non à l'extérieur pour s'y amuser... Cherchez Dieu en vous, car saint Augustin avoue que, pendant qu'il l'a cherché hors de lui, il ne l'a pas trouvé. Cherchez-le en votre âme, comme en sa demeure agréable ; c'est le fond où ses serviteurs qui tâchent de mettre toutes les vertus en pratique les établissent. Il faut la vie intérieure, il faut tendre là ; si on y manque, on manque à tout... Cherchons à nous rendre intérieurs... Cherchons la gloire de Dieu, cherchons le règne de Jésus Christ...

« Mais, [vous me direz], il y a tant de choses à faire, tant d'offices à la maison, tant d'emplois à la ville, aux champs ; travail partout ; faut-il donc laisser tout là pour ne penser qu'à Dieu ? » Non, mais il faut sanctifier ces occupations en y cherchant Dieu, et les faire pour l'y trouver plutôt que pour les voir faites. Notre Seigneur veut que devant tout nous cherchions sa gloire, son royaume, sa justice, et, pour cela, que nous fassions notre capital de la vie intérieure, de la foi, de la confiance, de l'amour, des exercices de religion..., des travaux et des peines, en la vue de Dieu, notre souverain Seigneur... Si une fois nous sommes ainsi établis en la recherche de la gloire de Dieu, nous sommes assurés que le reste suivra. ©Evangelizo.org 2001-2016.

 

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Evangile, Saint et Homélie du lundi 25 Avril 2016

Jésus dit aux onze Apôtres: «Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné»

 


 

 

Lundi 25 avril 2016: Fête de saint Marc, évangéliste


Saint(s) du jour : St Marc, évangéliste (Ier siècle), St Giovanni Battista Piamarta, prêtre et fond. (1841-1913)



Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,5b-14.

Bien-aimés, vous tous, les uns envers les autres, prenez l’humilité comme tenue de service. En effet, Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous. Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, de par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. Après que vous aurez souffert un peu de temps, le Dieu de toute grâce, lui qui, dans le Christ Jésus, vous a appelés à sa gloire éternelle, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À lui la souveraineté pour les siècles. Amen. Par Silvain, que je considère comme un frère digne de confiance, je vous écris ces quelques mots pour vous exhorter, et pour attester que c’est vraiment dans la grâce de Dieu que vous tenez ferme. La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous par Dieu, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. Saluez-vous les uns les autres par un baiser fraternel. Paix à vous tous, qui êtes dans le Christ.


Psaume 89(88),2-3.6-7.16-17.

L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.
Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

Que les cieux rendent grâce pour ta merveille, Seigneur,
et l'assemblée des saints, pour ta fidélité.
Qui donc, là-haut, est comparable au Seigneur ?
Qui d'entre les dieux est semblable au Seigneur ?

Heureux le peuple qui connaît l'ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-20.

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Commentaire ou homélie du jour :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les hérésies, III, 1 (trad. Cerf 1984, p. 276 rev.)

« Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création »

 

Le Seigneur de toutes choses a donné à ses apôtres le pouvoir de proclamer l'Évangile. Et c'est par eux que nous avons connu la vérité, c'est-à-dire l'enseignement du Fils de Dieu. C'est à eux que le Seigneur a dit : « Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous rejette me rejette et rejette celui qui m'a envoyé » (Lc 10,16). Car nous n'avons pas connu le plan de notre salut par d'autres que par ceux qui nous ont fait parvenir l'Évangile.

Cet Évangile, ils l'ont d'abord prêché. Puis, par la volonté de Dieu, ils nous l'ont transmis dans des Écritures pour qu'il devienne « le pilier et le soutien » de notre foi (1Tm 3,15). Il n'est pas permis de dire qu'ils ont prêché avant d'avoir obtenu la connaissance parfaite, comme osent le prétendre certains, qui se targuent d'être les correcteurs des apôtres. En effet, après que notre Seigneur est ressuscité d'entre les morts et que les apôtres ont été « revêtus de la force d'en-haut » (Lc 24,49) par la venue de l'Esprit Saint, ils ont été remplis de certitude au sujet de tout et ils ont possédé la connaissance parfaite. Alors, ils s'en allèrent « jusqu'aux extrémités de la terre », (Ps 18,5 ;Rm 10,18) proclamant la Bonne Nouvelle des biens qui nous viennent de Dieu et annonçant aux hommes la paix du Ciel. Ils possédaient, tous également et chacun en particulier, l'Évangile de Dieu.

 Mgr. Agustí CORTÉS i Soriano Evêque de Sant Feliu de Llobregat (Barcelona, Espagne)

«Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création»

Aujourd'hui il y aurait beaucoup à dire sur la raison pour laquelle la parole de l'Évangile n'a pas la force et la conviction qu'elle devrait avoir et pourquoi nous, chrétiens, gardons un silence suspect vis-à-vis de nos croyances, en dépit de l'appel à la "nouvelle évangélisation". Chacun devra faire sa propre analyse et prendra note de sa propre interprétation. Mais en cette fête de Saint Marc, en écoutant l'Évangile et en voyant l'Évangélisateur, nous ne pouvons que proclamer avec assurance et gratitude où est la source et en quoi consiste la force de notre parole.

L'évangélisateur ne parle pas pour suivre une étude sociologique du moment, ni par "prudence" politique, ou encore moins parce que "il nous arrive de dire ce que nous pensons". Il répond simplement à un ordre ainsi qu'à une présence venue de l'extérieur, qui lui ordonne sans pression, mais avec l'autorité de Celui qui est digne de toute confiance: «Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création» (Mc 16,15). C'est à dire que nous évangélisons par obéissance mais dans la joie et la confiance.

Notre parole, d'autre part, ne se présente pas comme une de plus dans le "marché" d'idées et d'opinions, mais elle a tout le poids des messages forts et définitifs. La vie et la mort dépendent de son acceptation ou de son refus, et sa vérité et sa capacité de conviction lui ont été conférées par des témoignages, c'est à dire, elle a été accréditée par des signes de pouvoir en faveur de ceux qui sont dans le besoin. C'est pour cela que cette parole est une "proclamation", une déclaration publique, joyeuse et enthousiaste d'un fait décisif et salvateur.

Alors pourquoi ce silence? Peur, timidité? Saint Justin disait: «Les ignorants et ceux qui sont incapables d'éloquence ont persuadé par leur vertu tout le genre humain». Le signe ou le miracle de la vertu est notre éloquence. Laissons au moins le Seigneur accomplir ses œuvres à travers et parmi nous: «Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient» (Mc 16,20).

 

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21 avril 2016

Evangile, Saint et Homélie du jeudi 21 avril 2016

Résultat de recherche d'images pour Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « ... Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

 

Le jeudi 21 avril 2016 (4e semaine de Pâques)


Saint(s) du jour : St Anselme de Cantorbéry, archevêque et docteur de l'Église († 1109), St Conrad de Porzham, frère capucin († 1894)


Livre des Actes des Apôtres 13,13-25.

Quittant l’île de Chypre pour l’Asie Mineure, Paul et ceux qui l’accompagnaient s’embarquèrent à Paphos et arrivèrent à Pergé en Pamphylie. Mais Jean-Marc les abandonna pour s’en retourner à Jérusalem. Quant à eux, ils poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place. Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : « Frères, si vous avez une parole d’exhortation pour le peuple, parlez. » Paul se leva, fit un signe de la main et dit : « Israélites, et vous aussi qui craignez Dieu, écoutez : Le Dieu de ce peuple, le Dieu d’Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et il l’en a fait sortir à bras étendu. Pendant une quarantaine d’années, il les a supportés au désert et, après avoir exterminé tour à tour sept nations au pays de Canaan, il a partagé pour eux ce pays en héritage. Tout cela dura environ quatre cent cinquante ans. Ensuite, il leur a donné des juges, jusqu’au prophète Samuel. Puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kish, homme de la tribu de Benjamin, pour quarante années.
Après l’avoir rejeté, Dieu a, pour eux, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” »


Psaume 89(88),2-3.21-22.25.27.

L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge.
Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

« J'ai trouvé David, mon serviteur,
je l'ai sacré avec mon huile sainte ;
et ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.

« Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
mon nom accroît sa vigueur ;
« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !” »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,16-20.

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon. Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Homélie ou Commentaire du jour :

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Manuscrit autobiographique B, 2v°-3v°

« Recevoir celui que j'envoie, c'est me recevoir moi-même ; et me recevoir, c'est recevoir celui qui m'a envoyé »

 

Être ton épouse, ô Jésus, être carmélite, être par mon union avec toi la mère des âmes, cela devrait me suffire. Il n'en est pas ainsi. Sans doute, ces trois privilèges sont bien ma vocation — carmélite, épouse et mère — cependant je sens en moi d'autres vocations... Je sens le besoin, le désir d'accomplir pour toi, Jésus, toutes les œuvres les plus héroïques... Malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les prophètes, les docteurs ; j'ai la vocation d'être apôtre. Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l'Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées. Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles...

Ô mon Jésus ! à toutes mes folies que vas-tu répondre ? Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la mienne ? Cependant à cause même de ma faiblesse tu t'es plu, Seigneur, à combler mes petits désirs enfantins, et tu veux aujourd'hui combler d'autres désirs plus grands que l'univers... J'ai compris que l'amour renfermait toutes les vocations, que l'amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux ; en un mot qu'il était éternel... Ma vocation, enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'amour.

 

Abbé David COMPTE i Verdaguer (Manlleu, Barcelona, Espagne)

«Après qu'il leur eut lavé les pieds…»

Aujourd'hui comme dans ces films qui commencent par raconter un événement passé, la liturgie se souvient d'un geste qui appartient au Jeudi Saint: Jésus lave les pieds de ses disciples (cf. Jn 13,12). Lu dans la perspective de Pâques, ce geste acquiert une valeur permanente. Voici simplement trois idées. D'abord, le caractère central de la personne. Dans notre société, on dirait que le faire est le thermomètre de la valeur de quelqu'un. Il est alors facile de traiter les gens comme des instruments; nous nous servons des autres. L'Évangile d'aujourd'hui nous pousse à transformer cette dynamique en une dynamique de service: l'autre n'est jamais un pur instrument. Il s'agit de vivre une spiritualité de communion, où l'autre —selon les mots de Jean-Paul II— en vient à être «quelqu'un pour moi», un «don qui m'est adressé», auquel je dois «faire sa place». Sommes-nous attentifs aux autres? Les écoutons-nous quand ils nous parlent?

Dans une société de l'image et de la communication, il ne s'agit pas d'un message à transmettre, mais d'une tâche à remplir, à vivre chaque jour: «Heureux êtes-vous, pourvu que vous le mettiez en pratique» (Jn 13,17). Voilà peut-être pourquoi le Maître ne se borne pas à une explication: il imprime le geste de service dans le souvenir des disciples, pour que l'Église en fasse mémoire; mémoire constamment appelée à se faire à nouveau geste: dans la vie des familles, dans la vie des personnes.

Et pour finir un cri d'alerte: «Celui qui partageait mon pain a voulu me faire tomber» (Jn 13,18). Dans l'Eucharistie, Jésus ressuscité se fait notre serviteur, Il nous lave les pieds. Mais notre assistance physique ne suffit pas. Il faut apprendre de l'Eucharistie et y puiser les forces pour qu'il soit vrai qu'«ayant reçu le don de l'amour, nous mourions au péché et vivions pour Dieu» (Saint Fulgence de Ruspe).

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