Evangile, Saint et Homélie de Pâques 2016






« Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » Jn 6, 68


Le 27 mars 2016:Dimanche de Pâques


L'Église fête : Dimanche de Pâques : Saint Jour de Pâques, la Résurrection du Seigneur, solennité des solennités
Saint(s) du jour : St Rupert, évêque de Salzbourg († v. 718), Bx Francesco Faà di Bruno, prêtre et fondateur (1825-1888)



Livre des Actes des Apôtres 10,34a.37-43.

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit :
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester,
non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »


Psaume 118(117),1.2.16-17.22-23.

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

« Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort ! »
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-4.

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,1-9.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Homélie ou Commentaire du jour :

I. Saint Épiphane de Salamine (? - 403), évêque
Homélie 3 pour la Résurrection (attribuée) ; PG 43, 465 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p.195 et Brésard, 2000 ans A, p.124)

« Voici le jour que le Seigneur a fait, jour de fête et de joie » (Ps 117,24)

Le Soleil de justice (Ma 3,20), disparu depuis trois jours, se lève aujourd'hui et illumine toute la création. Christ au tombeau depuis trois jours et existant avant les siècles ! Il pousse comme une vigne et remplit de joie toute la terre habitée. Fixons nos yeux sur le lever d'un soleil qui ne connaîtra pas de déclin ; devançons le jour et soyons remplis de la joie de cette lumière !

Les portes des enfers sont brisées par le Christ, les morts se dressent comme d'un sommeil. Le Christ se lève, lui la résurrection des morts, et il vient réveiller Adam. Le Christ, résurrection de tous les morts, se lève et vient délivrer Ève de la malédiction. Le Christ se lève, lui la résurrection, et il a transfiguré dans sa beauté ce qui était sans beauté ni éclat (Is 53,2). Comme un dormeur, le Seigneur s'est éveillé et a déjoué toutes les ruses de l'ennemi. Il est ressuscité et il donne la joie à toute la création ; il est ressuscité et la prison de l'enfer a été vidée ; il est ressuscité et il a transformé le corruptible en incorruptible (1Co 15,53). Le Christ ressuscité a établi Adam dans l'incorruptibilité, sa dignité première.

Dans le Christ, l'Église devient aujourd'hui un ciel nouveau (Ap 21,1), un ciel plus beau à contempler que le soleil visible. Le soleil que nous voyons tous les jours ne peut se mesurer avec ce Soleil-là ; tel un serviteur pénétré de respect, il s'est éclipsé devant lui quand il l'a vu pendu à la croix (Mt 27,45). C'est de ce Soleil que le prophète dit : « Le Seigneur, Soleil de justice, s'est levé pour ceux qui le craignent » (Ma 3,20)... Par lui, le Christ, Soleil de justice, l'Église devient un ciel resplendissant de quantité d'étoiles, jaillies de la piscine baptismale dans leur lumière neuve. « Voici le jour que le Seigneur a fait ; exultons de joie en esprit et réjouissons-nous en lui » (Ps 117,24), pleins d'une allégresse divine.


II. Mgr. Joan Enric VIVES i Sicília Evêque d'Urgell (Lleida, Espagne)

Aujourd'hui «est le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie!», chanterons-nous tout au long de Pâques. Cette expression du Psaume 117 inonde la célébration de la foi chrétienne. Le Père a ressuscité son Fils Jésus-Christ, le Bien-aimé, Celui en qui Il met toute sa complaisance parce qu'Il a aimé jusqu'à donner sa vie pour tous.

Vivons ainsi notre joie de Pâques. Christ est ressuscité: fêtons, pleins de joie et d'amour, cette résurrection. Aujourd'hui, Jésus-Christ a vaincu la mort, le péché, la tristesse... et il a ouvert pour nous les portes d'une nouvelle vie, la vie authentique, celle que le Saint-Esprit nous donne par pure grâce. Que personne ne soit triste! Christ est notre Paix et notre Chemin, pour toujours. Aujourd'hui Il «manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation» (Concile Vatican II, Gaudium et Spes 22).

Voici le grand signe que l'Évangile nous donne aujourd'hui: le tombeau de Jésus est vide. Nous ne devons plus chercher parmi les morts Celui qui est vivant, car Il est ressuscité. Et les disciples qui, plus tard, le verront Ressuscité, c'est à dire, le reconnaîtront pour vivant dans une rencontre de foi merveilleuse, se rendent compte que son tombeau est vide. Le tombeau vide et les apparitions seront les grands signes pour la foi des croyants. L'Évangile dit: «C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut» (Jn 20:8). Il sut saisir par la foi que ce vide ainsi que ce linceul et le linge roulé à part, étaient les petits signes du passage de Dieu, de la nouvelle vie. L'amour sait capter ce qui échappe aux autres; de petits signes lui suffisent. «L'autre disciple, celui que Jésus aimait» (Jn 20:2), se laissait guider par l'amour qu'il avait reçu du Christ.

Ce «voir et croire» des disciples doit être aussi le nôtre. Renouvelons-nous dans notre foi pascale. Que le Christ soit en tout notre Seigneur. Laissons sa Vie vivifier la nôtre et renouvelons la grâce de notre baptême. Devenons ses apôtres et ses disciples. Guidés par l'amour, annonçons partout notre bonheur de croire en Jésus-Christ. Soyons les témoins joyeux et pleins d'espérance de sa Résurrection.

VEILLÉE PASCALE (C) (Lc 24,1-12) «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts?»

III. Abbé Austin NORRIS:(Mumbai, Inde)

Aujourd'hui nous contemplons la Gloire du Seigneur resplendissant dans sa victoire sur la souffrance et sur la mort. Il promet une vie nouvelle à tous ceux qui cherchent et qui croient en la Vérité de Jésus. Personne ne sera déçu, tout comme les femmes qui «se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu'elles avaient préparés» (Lc 24,1) n'étaient pas déçues.

Les parfums et aromates que nous devons porter durant toute notre existence ce sont ceux d'une vie qui rend témoignage de la Parole de Dieu, quand Jésus fait Homme, dit «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, (…), vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais» (Jn 11,25-26).

Dans notre confusion et douleur il semblerait que nous devenions myopes et que nous n'arrivions pas à voir au-delà de notre environnement immédiat. Et ce «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts?» (Lc 24,5) est un appel à suivre Jésus et à chercher la présence du Seigneur ici et maintenant, parmi le peuple de Dieu et parmi sa souffrance et sa douleur. Dans sa lettre du mercredi de Cendres le Saint Père Benoit XVI nous dit que «Le salut est en effet don, il est grâce de Dieu, mais pour qu'il ait des effets dans mon existence, il requiert mon consentement, un accueil démontré dans les faits, c'est-à-dire dans la volonté de vivre comme Jésus, de marcher derrière lui».

De notre côté, «Revenues du tombeau…» (Lc 24,9) revenues de nos misères, doutes et confusions, apportons à ceux qui nous entourent dans cette vallée de larmes espérance et confiance. «L'obscurité du sépulcre fait place à l'éclatante promesse de l'immortalité» (préface de la messe pour les défunts). Prions pour que le Seigneur Jésus garde nos yeux tournés vers le ciel et que nous puissions être toujours vus comme un Peuple Pascal. Prions aussi pour qu'au lieu d'être un peuple qui vit dans la tristesse du "vendredi saint" nous devenions un peuple qui vit dans l'allégresse de la Pâque.

VEILLÉE PASCALE (B) (Mc 16,1-7): «Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité»

IV. Mgr. Ramon MALLA i Call Evêque Emérite de Lérida (Lleida, Espagne)

Aujourd'hui l'Église célèbre dans l'allégresse sa principale fête: le triomphe de son Chef, le Christ Jésus. La Résurrection de Jésus-Christ est un fait dont nous ne pouvons douter. Il n'est pas surprenant qu'un événement céleste, qu'un corps ressuscité, ne puisse être capté par des moyens terrestres. Mais très vite Marie Madeleine et la mère de l'Apôtre Jacques reçurent un témoignage indubitable, ultérieurement corroboré par de nombreuses apparitions, réalisées de telle façon qu'elles excluent tout soupçon d'hallucination. «N'ayez pas peur! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé» (Mc 16,6).

En plus de la joie due au fait de la Résurrection du Christ, cet événement nous apporte la satisfaction de pouvoir compter sur une réponse, allègre et claire, aux interrogations de l'homme: qu'est-ce qui nous attend à la fin de notre vie?, quel est le sens de la souffrance ici-bas? Nous ne pouvons douter qu'après la mort une vie nouvelle nous attend, qui sera éternelle: «Là vous le verrez, comme il vous l'a dit» (Mc 16,7). Saint Paul l'affirme avec conviction: «Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Lui. Nous le savons en effet: ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus; sur Lui la mort n'a plus aucun pouvoir» (Rm 6,8-9). À l'interrogation sur la fin de la vie, le chrétien répond logiquement par une joyeuse espérance.

L'Évangile d'aujourd'hui souligne que le jeune homme —l'ange— qui parle aux femmes unit les deux concepts de douleur et de gloire: celui qui est ressuscité est celui-là même qui fut crucifié. Saint Léon le Grand dit: «… (par ta croix) les croyants tirent des forces de la faiblesse, la gloire de l'opprobre et la vie de la mort», les croix quotidiennes sont donc un chemin de Résurrection.





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25 juillet 2016

Evangile, Saint et Homélie du Lu 25 Ju 2016. Ordonne que mes deux fils que voici siègent à tes côtés dans ton Royaume

Lundi 25 juillet 2016

Fête de saint Jacques (le majeur), apôtre

Saint(s) du jour : St Jacques le Majeur, apôtre et martyr († v. 42), BBx José Luis Palacio Muñiz et 3 comp., martyrs († 1936)


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,7-15.

Frères, nous portons un trésor comme dans des vases d'argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort. Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous. L’Écriture dit : “J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.” Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous. Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.

Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6.

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s'en va, il s'en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s'en vient, il s'en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20,20-28.

En ce temps-là, la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »   


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour



Mgr. Octavio RUIZ Arenas Secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation (Città del Vaticano, Saint-Sige)

«Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ?»

Aujourd'hui, l'épisode que nous raconte ce passage de l'Evangile nous met face à une situation qui arrive assez souvent dans les diverses communautés chrétiennes. En effet, Jean et Jacques ont fait preuve de générosité en abandonnant leur maison et leurs filets de pêche pour suivre Jésus. Ils ont entendu le message du Seigneur annonçant un Royaume et offrant la vie éternelle, mais ils n'arrivent toujours pas à comprendre la dimension de ce que propose le Seigneur et c'est pour cela que leur mère demande quelque chose de bon mais qui reste au niveau des aspirations purement humaines : "ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume". (Mt 20,21)

De la même manière, nous entendons et suivons le Seigneur, comme l'ont fait les premiers disciples, mais parfois nous n'arrivons pas à saisir l'exactitude de son message et nous nous laissons emporter par des intérêts personnels ou des ambitions à l'intérieur de l'Eglise. Nous oublions qu'en acceptant le Seigneur, nous devons nous donner à Lui entièrement et avec confiance, que nous ne pouvons pas penser à obtenir la gloire sans accepter d'abord la croix.

La réponse de Jésus met précisément l'accent sur cet aspect: pour faire partie de son Royaume, l'important c'est d'accepter de boire de la même "coupe" (cf. Mt 20,22), c'est-à-dire, être prêts à donner nos vies pour l'amour de Dieu et nous consacrer au service de nos frères, avec la même attitude miséricordieuse que Jésus. Dans sa première homélie, le pape François souligné que pour suivre le chemin de Jésus il faut porter sa croix, car " Quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix, quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas des disciples du Seigneur."

Suivre Jésus exige, par conséquent, une grande humilité de notre part. Depuis le baptême nous avons été appelés à être ses témoins afin de transformer le monde. Mais nous ne réussirons cette transformation que si nous pouvons être les serviteurs des autres, dans un esprit de grande générosité et de dévouement, mais toujours dans la joie de suivre le Seigneur et de faire ressentir sa présence.


 

 

Homélies du Père Gilbert Adam

Alors la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s’approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? »

Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu’ils siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » L’Apôtre Saint Jacques, à la prière de sa mère, veut être près de Jésus ! Abandonnant ses biens, sa maison et ses filets de pêche, il suit Jésus. Il a entendu le message de Jésus annonçant son Royaume, et offrant la vie éternelle. La mère des deux frères demande à Jésus quelque chose de bon pour ses fils, mais cela reste au niveau des aspirations humaines. Cependant, la réalité merveilleuse du Royaume est annoncée ! L’appel de Jacques est une libre initiative de Jésus qui lui donne l’aide nécessaire pour y répondre. Viendra ensuite pour Jacques, l’engagement qui se manifeste dans la réponse de Jésus, l’ouverture à la configuration au Christ Jésus qui appelle. Jésus transforme cette demande en un appel, dans le « pouvez-vous, » adressé aux deux frères, Jésus énonce qu’il Lui faut d’abord aller à Jérusalem, souffrir et mourir pour ressusciter dans le Royaume. Les Apôtres, avant d’entrer dans le Royaume, vivront la Passion de Jésus. Pour partager sa part, il nous faut partager son chemin, il nous faut partager sa vie. C’est ainsi que s’annonce la place que nous occuperons près de Jésus.

"Jésus répondit à la mère des fils de Zébédée : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. »Jésus ne rompt pas le dialogue avec la mère et les frères, au contraire, il interroge les fils en les mettant en avant. Jésus clarifie la situation en s’adressant à eux directement : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » La lumière est faite après la réponse large et généreuse des deux frères : « Nous le pouvons. » « Ma coupe, vous y boirez, dit Jésus. » Boire à la coupe est une évocation de la future coupe eucharistique. C’est une expression de la solidarité entre Jésus et ses disciples, une manifestation du chemin pascal que devra suivre le disciple à la suite de son maître. Le « oui », généreux de Jacques et de Jean, va devenir un véritable « amen » qui assume la faiblesse et la fragilité des disciples. Nous ne pouvons obtenir la gloire qu’il nous propose qu’en acceptant d’abord la Croix. La réponse de Jésus met l’accent sur l’importance d’accepter de boire à la même « coupe » que lui. Il nous faut être prêts à donner notre vie pour l’amour de Dieu, en nous consacrant au service de nos frères, avec la même attitude miséricordieuse que Lui. En suivant Jésus, nous nous donnons entièrement à lui, avec confiance.

« Jésus appela les douze et leur dit : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Boire à la coupe de Jésus, c’est être très proche de lui : « Ma coupe, vous y boirez, » et vous pourrez entrer dans une glorification étonnante, la victoire de l’Amour, dans son épanouissement total. Jésus nous demande si nous pouvons le suivre dans l’amour par lequel il va vous sauver, et en même temps glorifier le Père ? Nous sommes dans la barque de l’Église qui vogue en pleine mer affrontée à la tempête. Nous tenons bon parce que Jésus est là, vivant en nous sa Passion et sa Résurrection. Suivre Jésus, exige une grande humilité. Depuis le baptême, nous avons été appelés à être ses témoins pour transformer le monde. Soumis à nos limites, à nos péchés, nous commençons à boire la coupe d’amertume de Jésus. « À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés, dira Jacques. » Dans notre vie, la puissance de l’Amour infini de Dieu s’exerce par de petits ajustements à son cœur qui s’imposent toujours si nous voulons le suivre. Les dix suivront le même chemin, eux aussi en buvant à la même coupe, pleinement.

Nous demandons la grâce de comprendre que nous sommes appelés à partager la Vie du Seigneur Jésus ! Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 Méditation de Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

 

Prière d'introduction

 

Aujourd’hui, dans ce passage, il est question d’honneurs et de service. Quand je regarde notre Saint-Père le pape qui a reçu la charge de succéder à saint Pierre, j’admire sa grandeur et sa dignité alors qu’il assume toute responsabilité dans un esprit de service.

 

Demande

 

Seigneur, que je sache m’approcher de toi pour ne pas confondre l’honneur d’être à la première place et le service que cela demande.

 

Points de réflexion

 

1. « Ordonne que mes deux fils siègent l’un à ta droite et l’autre à ta gauche ». Jacques, et Jean, son frère, « les fils du tonnerre » comme tu les avais surnommés, faisaient partie de tes quatre premiers disciples. Ils marchaient sur tes traces avec audace et détermination : ils t’avaient même proposé de faire descendre le feu du ciel sur les habitants de Samarie qui ne voulaient pas te recevoir. Tout émerveillée par leur comportement et leur zèle, leur mère demande la première place pour eux dans ton Royaume. Ambition maternelle qui n’est probablement qu’un reflet de l’ambition de ses deux fils eux-mêmes. Elle imagine le triomphe de ce Règne où les puissants seront rabaissés, les justes récompensés et où la paix régnera dans tous les domaines.

2. « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Cette demande ne te surprend pas : tu sais à chaque instant ce qui se passe dans le cœur de chacun mais tu veux les faire réfléchir : pour accéder au Royaume que je suis venu vous annoncer, il faut renoncer à toute ambition personnelle, il faut renoncer à toute amitié, à toute affection, il faut aussi et d’abord ne rechercher aucun profit personnel. Seul le service gratuit, et vraiment et profondément gratuit, « permettra d’accéder à la place que Dieu le Père a réservée pour vous ; moi, il ne m’appartient pas de vous l’accorder ».
Pour siéger à ma droite et à ma gauche, il faut d’abord que vous participiez à mes souffrances, à la coupe amère du don total de soi. Cette coupe, il est vrai, vous la boirez. Seigneur tu savais à quel martyr Jacques serait confronté à Jérusalem, tu savais aussi les difficultés innombrables et inimaginables que Jean rencontrerait mais tu ne leur dévoiles pas ce qui les attend. Tu veux que nous te fassions confiance !

3. « Ainsi, le fils de l’homme est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude ». Cette coupe n’est pas la même pour tous et les places dans le Royaume sont pour ceux qui t’auront suivi ou qui seront revenus vers toi-même après une longue absence. Toi, tu récompenseras ceux qui auront persévéré malgré les difficultés, les fatigues, les angoisses, les calomnies. Et aussi, Seigneur, tu nous appelles à offrir avec toi toutes ces difficultés mais aussi toutes les joies qui nous sont offertes dans notre vie quotidienne : contempler la nature, écouter chanter un oiseau ; ce sont des joies simples qui nous permettent de te rendre gloire et de te remercier de faire de nous des rédempteurs avec toi.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, garde-moi fidèle à te servir. Garde-moi près de toi. Je sais que tu me donneras la force dont j’ai besoin pour me tourner vers toi aux moments difficiles.

 

Résolution

 

Demander l’intercession de Marie pour avoir la grâce de rester à ma place, rien qu’à ma place, avec patience et esprit de service face à ceux avec lesquels je travaille.

 

 

Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)


 

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Homélies sur l'Évangile, n°35 (trad. Le Barroux)

« Ma coupe, vous y boirez »

 

Puisque nous célébrons aujourd'hui la fête d'un martyr, mes frères, nous devons nous sentir concernés par la forme de patience qu'il a pratiquée. Car si nous nous efforçons avec l'aide du Seigneur de garder cette vertu, nous ne manquerons pas d'obtenir la palme du martyre, bien que nous vivions dans la paix de l'Église. C'est qu'il y a deux sortes de martyres : l'un consistant en une disposition de l'esprit, l'autre joignant à cette disposition de l'esprit les actes extérieurs. C'est pourquoi nous pouvons être martyrs même si nous ne mourons pas exécutés par le glaive du bourreau. Mourir de la main des persécuteurs, c'est le martyre en acte, dans sa forme visible ; supporter les injures en aimant celui qui nous hait, c'est le martyre en esprit, dans sa forme cachée.

Qu'il y ait deux sortes de martyres, l'un caché, l'autre public, la Vérité l'atteste en demandant aux fils de Zébédée : « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » Ceux-ci ayant répliqué : « Nous le pouvons », le Seigneur répond aussitôt : « Mon calice, vous le boirez en effet ». Que devons-nous comprendre par ce calice, sinon les souffrances de la Passion, dont il dit ailleurs : « Mon Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi » ? (Mt 26,39) Les fils de Zébédée, à savoir Jacques et Jean, ne sont pas morts pas tous les deux martyrs, et pourtant il leur a été dit à tous deux qu'ils boiraient le calice. En effet, bien que Jean ne soit pas mort martyr, il l'a été cependant, puisque les souffrances qu'il n'avait pas subies dans son corps, il les a éprouvées dans son esprit. Il faut donc conclure de cet exemple que nous pouvons nous aussi être martyrs sans passer par le glaive, si nous conservons la patience dans notre âme. L'Evangile au Quotidien (Evangelizo.org 2001-2016).


 

 

 

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