Evangile, Saint et Homélie du Mardi 16 août 2016. Celui qui aura tout quité pour Jesus aura en héritage la vie éternelle!



Mardi 16 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 20è semaine

Saint(s) du jour : St Étienne de Hongrie, roi (977-1038), St Roch, pèlerin (1295-1327)



Livre d'Ézéchiel 28,1-10.

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, tu diras au prince de la ville de Tyr : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ton cœur s’est exalté et tu as dit : “Je suis un dieu, j’habite une résidence divine, au cœur des mers.” Pourtant, tu es un homme et non un dieu, toi qui prends tes pensées pour des pensées divines. Tu serais donc plus sage que Daniel, il n’y aurait pas de secret trop profond pour toi ?
Par ta sagesse et ton intelligence tu as fait fortune, tu as accumulé l’or et l’argent dans tes trésors. Par ton génie du commerce, tu as multiplié ta fortune, et à cause de cette fortune ton cœur s’est exalté. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : Parce que tu prends tes pensées pour des pensées divines, je fais venir contre toi des barbares, une nation redoutable. Ils tireront l’épée contre ta belle sagesse, ils profaneront ta splendeur. Ils te feront descendre dans la fosse et tu mourras au cœur des mers, d’une mort violente. Oseras-tu dire encore devant tes meurtriers : “Je suis dieu” ? Sous la main de ceux qui te transperceront, tu seras un homme et non un dieu. Tu mourras de la mort des païens incirconcis, par la main des barbares. Oui, moi, j’ai parlé, – oracle du Seigneur Dieu. »

Livre du Deutéronome 32,26-27ab.27cd.28.30.35cd-36ab.

J’ai dit : « Je les réduirai en menue paille ;
j’effacerai leur souvenir parmi les hommes ! »
Mais il y a l’arrogance de l’ennemi !
J’ai peur d’une méprise chez l’adversaire.

On dirait : « C’est notre main qui a le dessus !
Non, le Seigneur n’y est pour rien ! »
Cette nation a perdu le jugement,
ils sont incapables de comprendre.

Se peut-il que, par un seul, mille hommes soient poursuivis,
et que, par deux, dix mille soient mis en fuite,
sans que leur Rocher les ait vendus,
que le Seigneur les ait livrés ?

Oui, proche est le jour de leur ruine,
imminent, le sort qui les attend. »
Car le Seigneur fera justice à son peuple,
il prendra en pitié ses serviteurs.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,23-30.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. » Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus posa sur eux son regard et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Fernando PERALES i Madueño (Terrassa, Barcelona, Espagne)

«Un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux (…). Qui donc peut être sauvé?»

Aujourd'hui, nous contemplons la réaction qu'a suscitée, chez ceux qui l'écoutaient, le dialogue entre le jeune riche et Jésus «Qui donc peut être sauvé?» (Mt 19,25). Les paroles que le Seigneur adresse au jeune sont effectivement très dures, elles sont destinées à nous surprendre, à nous réveiller de nos somnolences. Il ne s'agit pas de paroles isolées, qui se trouvent par hasard dans l'Évangile: nous retrouvons le même message vingt fois de suite. Nous devons nous rappeler que Jésus nous alerte des obstacles qui se dressent devant les plus riches pour rentrer dans la vie…

Pourtant, Jésus a aimé et a appelé des hommes riches, sans pour autant leur demander d'abandonner leurs responsabilités. La richesse en soi n'est pas mauvaise, c'est plutôt son origine qui l'est: si elle a été acquise à travers des injustices, ou bien si elle est utilisée de manière égoïste sans prendre en compte les défavorisés, ou encore si elle ferme le cœur aux vraies valeurs spirituelles (où le besoin de Dieu n'existe pas).

«Qui donc peut être sauvé?». Jésus répond: «Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible». (Mt 19,26). —Seigneur tu sais bien comme les hommes sont habiles pour atténuer Ta parole. Je dois te dire Seigneur, aide-moi! Convertis mon cœur!

Après le départ du jeune riche, qui s'en va triste car il est attaché à ses richesses, Pierre prend la parole et dit: —Seigneur, permets à ton Église et à tes disciples d'être capables de tout laisser pour Toi.

«Amen, je vous le dis: quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire» (Mt 19,28). Déjà ta pensée se dirige vers ce jour, vers ce futur. Tu es un homme qui va vers la fin du monde, vers la plénitude de l'homme. Quand ce moment sera venu, Seigneur, tout sera nouveau, renouvelé et beau.

Jésus nous dit: —Vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d'lsraël, …recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle» (cf Mt 19,28-29).

L'avenir que Tu promets aux tiens, à ceux qui t'ont suivi en surmontant tous les obstacles, est un avenir heureux, c'est la vie en abondance, la plénitude divine.

—Merci Seigneur, conduis-moi à ce jour!


Méditation de Père Gilbert Adam

"Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. »

La Parole fait suite à la proposition de tout vendre faite au jeune homme riche. La richesse empêche d’avancer vers la vie, elle nous alourdit et nous fait perdre tout dynamisme pour avancer. La pauvreté nous donne de pouvoir avancer, d’aller vers ce que nous désirons. Le renoncement annoncé par Jésus n’est pas un renoncement mortifère, c’est une aventure pour devenir héritier de la vie éternelle, c’est une Nouvelle Naissance ! Cette naissance nouvelle s’adresse à ceux qui suivent Jésus. Notre vie, comme « suite » de Jésus, est une marche vers le Royaume, vers le trône de gloire du Seigneur Jésus. N’ayons pas d’autre désir que celui d’entrer seulement par amour de Jésus dans le détachement, le vide et la pauvreté par rapport à tout ce qui existe sur la terre. Nous n’éprouverons pas d’autres besoins que ceux auxquels nous aurons ainsi soumis votre cœur. « Le pauvre en esprit n’est jamais plus heureux que lorsqu’il se trouve dans l’indigence ; celui dont le cœur ne désire rien est toujours à l’aise, » dit Jean de la croix.

Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus posa sur eux son regard et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde ! Les disciples restent avec les repaires d’un Royaume terrestre, de ce monde. Il ne nous est pas facile de faire cette conversion. Il nous faut considérer autrement ce qui nous arrive de difficile, ce qui nous arrache à nos biens et à nos habitudes. Ces pertes que la vie nous impose sont douloureuses, elles nous apparaissent injustes, mais elles nous donnent de devenir, avec bienveillance, ce que nous sommes. Elles nous rendent capable d’aller vers le Royaume. Jésus déclare que tout riche, quel qu’il soit, ne peut s’appuyer sur les ressources qu’il possède pour accéder à l’autre Vie. Les disciples, en entendant cela, restèrent ébahis. Jésus, demeurant dans la Vérité, est plein de tendresse et de miséricorde pour eux comme pour nous.

"Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël." Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers. Non seulement les biens, les joies et les plaisirs de ce monde nous encombrent, mais ils nous retardent dans notre marche vers Dieu. Jésus s’adresse à tous ceux qui se mettent à son école. Tous, nous avons besoin d’être sauvés, personne n’est assez puissant pour s’assurer seul le bonheur. Il faut que nous croyions que Dieu fait l’impossible, tout ce que nous ne pouvons pas faire. Nous reconnaissons que Dieu est à l’œuvre à l’intérieur de nous-mêmes, malgré toutes nos infirmités, pour nous donner vie et beauté. Dans le Royaume de l’amour, le Don est fondamental, c’est le Royaume de l’amour, le Don est Roi ! Il nous faut naitre à cette nouvelle perspective du Don de Dieu. Des maintenant, nous mettre à l’école de Jésus et de Marie. Nous nous réjouissons que Dieu nous rende participants du Royaume de l’Amour que nous ne construisons pas.

Nous demandons la grâce d’aimer Dieu au point de le choisir et de choisir son Royaume d’amour.   Père Gilbert Adam, http://www.pere-gilbert-adam.org


Méditation de Anne-Marie Terrenoir, consacrée de Regnum Christi

 

Prière d'introduction

Sainte Marie, toi à qui l’ange a dit : « Le Seigneur est avec toi » parce qu’il est ta seule et unique richesse, prends-moi par la main et conduis-moi sur le chemin qui mène à Dieu.

Demande

Seigneur, aide-moi à me détacher de tout ce qui n’est pas toi !

Points de réflexion

1. « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux ». Par cette image, le Christ, véritable pédagogue, bon maître, nous enseigne aujourd’hui. Qu’il est facile, en effet, de s’imaginer un chameau essayant tant bien que mal de se faufiler pour passer dans cette mince ouverture. Ridicule ! C’est même impossible ! Alors Seigneur, que nous apprends-tu ? Que celui qui est riche est encore plus ridicule que notre pauvre chameau aux ambitions disproportionnées. Celui dont le cœur est encombré de « richesses », de trésors qui ne sont pas le vrai trésor, n’a pas de place pour Dieu. Or Dieu ne s’impose pas, ne force pas. Il est comme le fil qui tente de passer à travers le trou de l’aiguille. Il est mince, il peut passer. L’aiguille, sans fil, ne sert à rien, mais si le trou de l’aiguille est bouché, le fil ne passe pas. Ainsi Dieu nous respecte et nous laisse libres. Il ne nous impose pas son Royaume. Il désire plus que tout l’établir en nous, mais c’est un Roi doux et humble de cœur. « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux » nous enseigne le bon Maître dans la première béatitude.

2. « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible ». C’est bien beau de savoir que les riches empêchent le Seigneur d’établir en eux son Royaume, mais comme les disciples, nous pouvons être déconcertés. Nous sommes souvent « riches » de bien des choses autres que lui. Il le sait. Il nous connaît. Il lit cette prière même si nous n’arrivons pas à la formuler, mais qui est dans notre cœur : « Qui donc peut être sauvé ? », comment puis-je être sauvé ? Irai-je au Ciel ?
Et Il nous répond : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible ». N’est-ce pas pour cela que Jésus est venu parmi nous ? Comme saint Paul le dit dans la première lettre aux Corinthiens, en suivant l’exemple du Christ : « Avec les faibles, j'ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns ».

3. Le Bon Dieu est bon. Pour Dieu tout est possible, me faire entrer dans son royaume est possible, et encore mieux : il le veut, il le désire. Je n’ai qu’à regarder les preuves. Il nous a laissé ses paroles : il est prêt à laisser les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller me chercher, il est le père qui guette son enfant prodigue et court l’embrasser dès qu’il l’aperçoit au loin, « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font », « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde », Il nous appelle ses petits-enfants, etc. Regardons ses actes : rien ne l’a arrêté pour venir à moi : ni sa condition divine, ni la mort, ni l’injustice, ni mon péché, ni le temps, puisqu’il a même institué le sacerdoce et l’Eucharistie pour rester avec moi pendant mon pèlerinage sur cette terre.

Dialogue avec le Christ

Jésus, j’ai confiance en toi ! Tu es le premier à vouloir que je sois avec toi. Et tu sais bien qu’au fond de moi ce que je désire c’est être avec toi.

Résolution

Céder pour une décision, une manière d’agir ou de voir les choses.

Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


 

Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l'Église. Sermon 9 ; PL 144, 549-553 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 499)

 

Tout quitter pour suivre le Christ

C'est une grande chose, en vérité, de « tout quitter », mais une plus grande de « suivre le Christ » car, comme nous l'apprenons dans les livres, beaucoup ont tout quitté mais n'ont pas suivi le Christ. Suivre le Christ est notre tâche, c'est notre travail, en cela consiste l'essentiel du salut de l'homme, mais nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n'abandonnons pas tout ce qui nous entrave. Car « il s'élance en conquérant joyeux » (Ps 18,6), et personne ne peut le suivre s'il est chargé d'un fardeau.

« Voilà, dit Pierre, que nous avons tout quitté », non seulement les biens de ce monde, mais aussi les désirs de notre âme. Car il n'a pas tout abandonné, celui qui reste attaché ne serait-ce qu'à lui-même. Bien plus, cela ne sert à rien d'avoir abandonné tout le reste à l'exception de soi-même, car il n'y a pas pour l'homme de fardeau plus lourd que son moi. Quel tyran est plus cruel, quel maître plus impitoyable pour l'homme que sa volonté propre ? ... Par conséquent, il faut que nous abandonnions nos possessions et notre volonté propre si nous voulons suivre celui qui n'avait « pas d'endroit où reposer la tête » (Lc 9,58) et qui est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l'a envoyé » (Jn 6,38).

 EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 15 août 2016. Assomption de la Vierge Marie.

 


Lundi 15 août 2016

Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

Saint(s) du jour : St Tarcisius, acolyte et martyr de l’Eucharistie († 257), St Hyacinthe, prêtre dominicain (1185-1257)



Livre de l'Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab.

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire. Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place. Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ !

Psaume 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16.

Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège.
On les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-26.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélie du Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris (+)

 

 

Marie, figure du salut de l’humanité

 

La vision de l’Apocalypse nous présente la femme couronnée d’étoiles qui enfante le Messie : « l’enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations. » Dans le drame qui se joue entre la femme qui enfante et le dragon, symbole de Satan et de l’esprit du mal, c’est le salut de l’humanité qui est figuré et la victoire de Dieu qui « enlève l’enfant auprès de son trône. » Cette vision est une prophétie de la victoire de la foi sur les forces du mal. Une vision d’espérance et de force : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ ! » L’avenir des hommes n’est pas voué à la fatalité et aux forces du mal. Il y a une espérance de vie et de bonheur.

 

Au long de l’histoire, l’ingéniosité humaine a permis de surmonter beaucoup de fléaux dont l’humanité était affligée. Et pourtant, nous constatons une concomitance du « mieux-vivre » et du « malaise de vivre » ? Les formes de salut dont nous bénéficions sont peut-être authentiques et appréciables, mais elles laissent de côté la question fondamentale du sens de la vie et de la plénitude du bonheur ? N’est-ce pas le signe que l’on a trop souvent et trop facilement confondu les conditions de vie avec le sens de la vie ?

 

L’enjeu de la vie humaine n’est pas simplement la nourriture, la paix, la sécurité, la santé et le bien-être. L’enjeu, c’est la vie elle-même et sa confrontation à la maladie et à la mort. Aujourd’hui, de la plupart des maladies on peut guérir, -ou du moins soulager la souffrance-. Mais de la mort on n’en guérit pas, c’est notre commune épreuve. La victoire du Christ sur la mort est le seul salut qui affronte l’épreuve irrémédiable. Pour participer à cette victoire du Christ sur la mort il n’y a pas deux chemins, il n’y en a qu’un : c’est la foi au Ressuscité.

 

Vous qui êtes venus si nombreux célébrer l’Assomption en cette Année de la foi, rendez grâce à Dieu pour la foi qui vous a conduits ici. Même si vous la sentez faible, vacillante ou incertaine, appuyez-vous sur elle pour confier à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, toutes les misères qui vous affligent et qui affligent ceux que vous représentez ici. Regardez autour de vous la foule qui vous entoure et qui devient un signe de la foi vécue en ce jour. Regardez la joie de cette part de l’Église réunie ici ce matin. Avec Élisabeth nous aussi nous pouvons dire : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?… Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

Cette joie de la foi est en même temps l’aboutissement de nos espérances et le point de départ d’une nouvelle manière de vivre. En effet, à quoi bon éprouver la question cruciale du sens de la vie si cette expérience ne se concrétise pas dans une décision pour orienter notre vie sur les chemins où le Christ veut entraîner ses disciples ? Nous ne sommes pas venus seulement nous réjouir de la victoire du Christ sur la mort, nous sommes venus nous associer au dynamisme propre de cette victoire, à l’amour pour les hommes que Dieu a manifesté en son Fils livré pour le salut des hommes.

 

Alors, Frères et Sœurs, il nous faut nous interroger sur la manière dont notre foi au Christ peut transformer notre vie, la rendre plus belle et plus fructueuse. Notre communion dans l’amour du Christ nous appelle et nous incite à chercher comment réorienter sans cesse notre vie selon l’amour, l’amour de Dieu et l’amour de nos frères. Comment être chrétien en 2013, en France, en Europe et partout dans le monde ? Permettez-moi de vous suggérer quelques questions pour éclairer votre réponse à cette question.

 

Dans notre vie personnelle, qu’est-ce qui compte le plus ? Pour quoi sommes-nous réellement prêts à des sacrifices ou à des combats ? Comment situer l’argent, la sécurité financière et les droits sociaux par rapport aux impératifs du service, de la solidarité et du partage ? Comment s’exprime notre foi chrétienne, quelle est la place de la prière personnelle, de la participation à l’Eucharistie dominicale et à la vie de notre Église ?

 

Dans notre vie familiale, comment assumons-nous les engagements que nous prenons ; engagements conjugaux et engagements parentaux ? Comment notre fidélité nourrit-elle la confiance dans la parole donnée sans laquelle il n’y a plus de société civilisée possible ? Il ne peut rester qu’une société procédurière marquée par l’inflation des lois et des poursuites. Comment les jeunes de nos familles pourraient-ils envisager sereinement leur avenir s’il n’y a plus d’engagements qui tiennent ?

 

Dans notre vie sociale, pouvons-nous prendre notre parti de l’écart croissant entre les citoyens qui jouissent de la sécurité des droits sociaux et ceux qui sont marginalisés et poussés à l’exclusion ? De quel prix payons-nous nos sécurités ? Ou plutôt à qui les faisons-nous payer ? Comment supporter que le débat politique se dévalue dans une surenchère d’invectives sur les questions les plus graves ? Comment accepter que nos médias se laissent enfermer dans cette logique du spectacle, alors que de grandes questions s’imposent à l’humanité entière ?

 

Ne nous laissons pas prendre dans le piège des tourbillons médiatiques qui se développent sur eux-mêmes et deviennent une sorte de réalité virtuelle ! Ne nous laissons pas enfermer dans une société pharisienne où les procureurs se multiplient à l’envi ! Ne nous laissons pas entraîner dans les délires d’une surenchère de violence verbale ou physique. Laissons l’amour de Dieu dilater nos cœurs aux dimensions de l’humanité. Apprenons du Christ à nous faire le prochain de l’homme qui voit sa vie se perdre au bord des chemins de l’histoire et faisons-nous proches de lui plutôt que de vouloir l’éloigner et le séparer de nous-mêmes et de notre société.

 

Une société fraternelle et responsable est possible si chacun de nous est résolu à aimer davantage et à se donner tout entier par amour comme la Vierge Marie nous en a donné l’exemple. Que Notre-Dame entende aujourd’hui nos prières, qu’elle en soit porteuse devant Dieu et qu’elle intercède pour nous ! Cardinal André Vingt-Trois. Fête de l’Assomption de la Vierge Marie, http://www.paris.catholique.fr


 

 

 

Abbé Dom. Josep ALEGRE Abbé de Santa Mª de Poblet (Tarragona, Espagne)

«Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur»

Aujourd'hui, nous célébrons la Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie en corps et en âme au Ciel. «Aujourd'hui —saint Bernard nous dit — la Vierge glorieuse, montant au ciel, a considérablement accru le bonheur des esprits qui l'habitent. Et il ajoute ces paroles précieuses: «Notre terre a adressé aujourd'hui au ciel un cadeau de grand prix, afin de sceller par cet échange une heureuse alliance entre le monde humain et le monde divin, la terre et le ciel, l'ici-bas et l'altitude. Le meilleur fruit de la terre est monté jusqu'aux lieux d'où descendent les dons et les grâces. Établie dans les hauteurs, la Vierge bienheureuse à son tour dispensera des présents aux humains».

Le premier don qu'elle répand sur nous c'est la Parole, qu'elle a su garder si fidèlement dans son cœur, en la faisant fructifier depuis son silence accueillant et profond. Avec cette Parole dans son espace intime, alors qu'elle engendrait dans son ventre maternel la Vie pour tous les hommes, «Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth» (Lc 1,39-40). La présence de Marie exulte de joie, et Élisabeth lui dit: «Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi» (Lc 1,44).

Mais, surtout, elle nous fait cadeau de sa louange, de sa même joie devenue musique, son Magnificat: «Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur!» (Lc 1,46-47). Quel superbe cadeau le ciel nous rend avec le Cantique de Marie, devenu Parole de Dieu. Dans ce Cantique nous trouvons les indices pour comprendre comment l'humain et le divin, le terrestre et le céleste, se fusionnent ensemble, et pouvoir ainsi réagir, comme elle l'a fait, au cadeau que Dieu nous fait dans la personne de son Fils, à travers sa Sainte Mère: pour devenir un don de Dieu au monde, et, demain, un cadeau de l'humanité pour Dieu, en suivant l'exemple de Marie, qui nous a précédé dans cette glorification qui nous attend. Evangeli.Net, http://evangeli.net


 

Homélie de Père Gilbert Adam

"En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie rend visite à sa cousine aînée, toutes deux sont enceintes, et toutes deux de manière inouïe, l’extraordinaire de Dieu se dévoile dans l’expérience de ces maternités. « Marie partit en hâte, » c’est la hâte de l’amour. Le secret de Marie est un secret d’amour. L’Église affirme que, dés son origine, Marie bénéficie de ce trop grand amour de Dieu, sans le retour sur soi que l’on appelle le péché de l’origine. Elle est libre d’aimer avec tout son être et elle communique cet amour à Élisabeth. Marie se rend chez Élisabeth parce qu’elle a cru à ce qui lui a été dit, elle traverse le haut pays, la ville de Juda, la maison de Zacharie pour s’arrêter devant la vieille femme. Dom Jean Baptiste Porion s’exprime ainsi : « la Sainte Vierge est comparée à une aurore dans le Cantique parce qu’elle est le principe d’une nouvelle création. Avec sa conception immaculée, l’histoire de l’homme recommence et tout est clair de nouveau : c’est une matière intacte, parfaitement pure et docile, dont le nouvel Adam et nous mêmes avec lui, si nous voulons nous laisser recréer. »

"Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse." Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Le secret de Marie est l’enfant Dieu qu’elle porte dans le secret de son être. C’est le trésor qui est révélé à Élisabeth ! Voila un monde nouveau qui prend corps. Jésus, que Marie porte, est le Sauveur du monde. Il annonce une ère nouvelle ou l’amour de Dieu est vainqueur de tout ce qui s’oppose à lui. Cette chair humaine qu’il a sanctifiée est désormais promise à la vie éternelle, à l’amour infini de Dieu. La terre est désormais le marche pieds du ciel. « Cette unique Vierge mère, qui se glorifie d’avoir mis au monde le Fils unique du Père, étreint avec amour ce même Fils unique dans tous ses membres et ne rougit pas d’être appelée la mère de tous ceux en qui elle voit le Christ déjà formé ou en formation. La première Ève a été appelée « mère de tous les vivants » mais en réalité elle a été la mère de ceux qui meurent ! Et parce que cette première Ève n’a pas pu réaliser fidèlement ce que signifie son nom, c’est Marie qui a réalisé ce mystère. Comme l’Église dont elle est le symbole, elle est la mère de tous ceux qui renaissent à la vie. Oui, elle est la mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes. En mettant la Vie au monde, elle a fait naître d’une certaine manière à une vie nouvelle tous ceux qui devaient trouver leur vie dans cette Vie, » dira le Bienheureux Guerric d’Igny.

"Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. L’humilité caractérise la vérité de l’humain. Dans l’histoire du monde, un peuple a été choisi parmi tous, parce qu’il était le plus petit. Marie est le chemin pour une humanité nouvelle qui vit pleinement de l’amour infini de Dieu. Nathalie Nabert dira : « Marie est porteuse d’une fin, celle du sentiment de solitude et de désespérance de l’humanité, Marie est porteuse d’une origine, celle de sa restauration dans la bonté d’un Dieu qui sauve et pétrit les âmes de justice. » Nous rendons grâce à Dieu pour tant de merveilles. Marie est le modèle du dépouillement de soi-même devant le choix aimant de Dieu. Elle entre ainsi au diapason de l’amour infini de Dieu par le choix que Dieu a fait d’elle. Par sa réponse de foi, Marie, à l’école de Jésus, récapitule en elle, dans son cœur de mère, les drames et les joies de tous ceux qui bénéficient de la miséricorde divine. Elle permet à la vraie vie, de se répandre depuis Sarah jusqu’à Élisabeth. Il est donc juste que toutes les générations la déclarent bienheureuse !

 

Nous demandons la grâce de demeurer dans ce nouvel amour qui s’épanouira pleinement au ciel.   Père Gilbert Adam, http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Méditation d'une consacrée de RC

Prière d'introduction

Marie, nous fêtons aujourd'hui ton Assomption, ta montée au ciel auprès de Dieu. Aide-nous à avoir, comme toi, ce désir d'être à ses côtés pour toujours !

 

Demande

Donne-moi, Seigneur, la foi de la Vierge Marie, qui a toujours cru en ta Parole et en ta présence.

Points de réflexion

1. Dieu visite. Quand nous lisons ce passage de l'Évangile, nous pouvons admirer les paroles de sainte Élisabeth à la Vierge Marie, paroles d’exaltation et de joie de découvrir la Mère de son sauveur : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » Mais n'oublions pas de mentionner que c'est Dieu lui-même, en première personne, qui souhaite rendre visite à Élisabeth. C'est lui qui nous visite, pour nous féconder dans la prière. Et c'est à ce moment-là que nous pouvons nous nommer « bienheureux », « bienheureux » car « visités » par Notre Seigneur.
Dieu qui est « en » la Vierge Marie au moment de rencontrer Élisabeth se fait encore plus présent grâce à l’intercession de Marie. Dès ce moment-là, il annonce au monde entier le rôle de Marie comme Mère, mais aussi comme « porteuse » du Christ. Chaque fois que nous voudrons rencontrer Jésus, Marie sera à nos côtés et chaque fois que nous aurons recours à Marie, Jésus sera là, présent pour nous.

2. Être un tabernacle. Marie est en effet le premier « tabernacle » vivant de Jésus. Cependant, Dieu ne réserve pas cette mission qu'à sa mère, mais à nous tous. Nous sommes tous appelés à être des témoins de Jésus, pas seulement par la Parole ou les actes, mais par le fait d'avoir la vie de Jésus en nous. Par sa présence en nous, il veut se révéler à tous les hommes. Il veut visiter tous les cœurs.

 

Dialogue avec le Christ

Jésus, tu ne prends pas en compte « l'état » du tabernacle pour te rendre présent au monde. Accepte-moi ainsi, pour que, moi aussi, comme ma Mère la très douce Vierge Marie, je puisse te « porter » et te « donner ».

 

Résolution

Vivre ma journée d'aujourd'hui avec conscience que je porte en moi Jésus, et qu’il veut se donner à travers moi. Demander à Marie de m’aider à être un « tabernacle » vivant de son Fils.   Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


 

Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église
Homélie 1 sur la Dormition, 11-14 (trad. SC 80, p. 111s)

La Vierge Marie « image de l'Église à venir...qui guide et soutient l'espérance de ton peuple » (Préface)

 

Ô Mère de Dieu, toujours vierge, ton saint départ de ce monde est vraiment un passage, une entrée dans la demeure de Dieu. Sortant de ce monde matériel, tu entres dans « une patrie meilleure » (He 11,16). Le ciel a accueilli avec joie ton âme : « Quelle est celle-là qui monte dans tout son éclat comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil ? » (Ct 8,5 ;6,10)... « Le roi t'a introduite dans ses appartements » (Ct 1,4) et les anges glorifient celle qui est la mère de leur propre maître, par nature et en vérité selon le plan de Dieu...

Les apôtres ont porté ton corps sans tache, toi l'arche d'alliance véritable, et l'ont déposé à son saint tombeau. Et là, comme par un autre Jourdain, tu es parvenue à la vraie Terre promise, je veux dire à la « Jérusalem d'en haut », mère de tous les croyants (Ga 4,26), dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Car ton âme assurément « n'est pas descendue dans le séjour des morts, bien plus ta chair elle-même n'a pas connu la corruption » (Ps 15,10 ;Ac 2,31). Ton corps très pur, sans souillure, n'a pas été abandonné à la terre, mais tu as été emportée aux demeures du Royaume des Cieux, toi la reine, la souveraine, la dame, la Mère de Dieu, la véritable Theotokos...

Aujourd'hui nous nous approchons de toi, notre reine, Mère de Dieu et Vierge ; nous tournons nos âmes vers l'espérance que tu es pour nous... Nous voulons t'honorer par « des psaumes, des hymnes, des cantiques inspirés » (Ep 5,19). En honorant la servante, nous disons notre attachement à notre propre Maître commun... Jette tes yeux sur nous, ô reine, mère de notre bon Souverain ; guide notre route jusqu'au port sans orage du bon désir de Dieu.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Dim 14 août 2016. « Je suis venu apporter un feu sur la terre... »

 


Dimanche 14 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 20è dimanche 

Saint(s) du jour : St Maximilien-Marie Kolbe, prêtre o.f.m. conv. et martyr, Sts Martyrs (800) d'Otrante († 14 août 1480)



Livre de Jérémie 38,4-6.8-10.

Alors les princes dirent au roi Sédécias : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population. Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur. » Le roi Sédécias répondit : « Il est entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous ! » Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi, dans la cour de garde. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue.
Ébed-Mélek sortit de la maison du roi et vint lui dire : « Monseigneur le roi, ce que ces gens-là ont fait au prophète Jérémie, c’est mal ! Ils l’ont jeté dans la citerne, il va y mourir de faim car on n’a plus de pain dans la ville ! » Alors le roi donna cet ordre à Ébed-Mélek l’Éthiopien : « Prends trente hommes avec toi, et fais remonter de la citerne le prophète Jérémie avant qu’il ne meure. »

Psaume 40(39),2.3.4.18.

D'un grand espoir
j'espérais le Seigneur :
il s'est penché vers moi
pour entendre mon cri.

Il m'a tiré de l'horreur du gouffre,
de la vase et de la boue ;
il m'a fait reprendre pied sur le roc,
il a raffermi mes pas.

Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.
Beaucoup d'hommes verront, ils craindront,
ils auront foi dans le Seigneur.

Je suis pauvre et malheureux,
mais le Seigneur pense à moi.
Tu es mon secours, mon libérateur :
mon Dieu, ne tarde pas !

Lettre aux Hébreux 12,1-4.

Frères, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu. Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché,

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,49-53.

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Isidre SALUDES i Rebull (Alforja, Tarragona, Espagne)

«Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde?»

Aujourd'hui —des lèvres de Jésus, lui-même— nous entendons des affirmations effroyables: «Je suis venu apporter un feu sur la terre» (Lc 12,49); «Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non, je vous le dis» (Lc 12,51). Car la vérité amène la division en face du mensonge; ainsi que la charité en face à l'égoïsme; et la justice en face de l'injustice...

Nous sommes souvent tentés de nous faire des “évangiles” et un “Jésus” à la carte, d'après nos goûts et passions. Mais il faut que nous soyons convaincus que notre vie chrétienne ne peut pas être une question de routine, notre “petit train-train quotidien”, sans un désir constant d'amélioration et perfection. Benoît XVI nous assure que «Jésus Christ n'est pas une simple conviction privée ou une doctrine abstraite, mais une personne réelle, dont l'insertion dans l'histoire est capable de renouveler la vie de tous».

Le modèle suprême est Jésus (nous devons “avoir le regard constamment fixé sur Lui”, spécialement dans les difficultés et les persécutions). Il a volontairement accepté le supplice de la Croix afin de nous faire retrouver notre liberté et récupérer notre félicité: «La liberté de Dieu et la liberté de l'homme se sont définitivement rencontrées dans sa chair crucifiée en un pacte indissoluble, valable pour toujours» (Benoît XVI). Si nous avons Jésus toujours présent, nous ne nous laisserons jamais abattre. Son sacrifice représente tout le contraire de la tiédeur spirituelle où, souvent, nous demeurons.

La fidélité nous demande du courage et de la lutte ascétique. Le péché et le mal nous tentent constamment; c'est pourquoi, le combat, l'effort courageux, la participation dans la Passion du Christ, s'imposent. La haine du péché n'est pas une affaire simple et paisible. «Le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en emparent» (Mt 11,12). Evangeli.Net, http://evangeli.net


Homélie de Père Gilbert Adam

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Je dois être baptisé d’un baptême, et comme je suis oppressé jusqu’à ce que tout soit achevé

Jésus envisage sa mission en faisant appel à l’image du feu. Jean le Baptiste l’avait annoncé, « il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » A la Pentecôte, Jésus ressuscité envoie sur les disciples rassemblés des langues de feu, alors ils se mirent à parler d’autres langues. L’incendie de Jésus dans le monde, c’est le feu de l’Esprit Saint gagnant chacun de proche en proche, purifiant tout, embrasant tout, illuminant toute l’humanité. La plongée que Jésus va subir, son baptême, est une immersion dans la souffrance, il sent venir la Passion, il sait que les grandes eaux de la mort vont l’engloutir, lui, le Juste, pour que soit purifié le genre humain. Jésus a hâte que ce baptême soit accompli parce que cette plongée dans l’Amour va lui permettre d’accomplir l’œuvre du Père. La mort du Fils de Dieu va donner la vie à tous les hommes, et à travers cette mort, il va passer à la gloire du Père. La parole de Dieu nous donne de marcher dans la Lumière, quelques soient les difficultés que nous rencontrons. Bâtir la civilisation de l’amour nécessite un grand combat qui passe à l’intérieur de nos propres vies. C’est dans ce combat spirituel de chaque jour que nous voulons marcher dans la lumière ! Jésus qui a pris chair de la Vierge Marie pour que notre condition humaine soit pacifiée, révèle ainsi le chemin de la Paix qui vient de lui, c’est son grand désir. A sa suite, nous voulons rayonner son amour en toute circonstance. C’est le désir de l’Esprit Saint que la communauté chrétienne soit lumineuse, c’est aussi notre désir habité par le désir de Jésus qui nous porte.

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. » Jésus passe du feu à l’image de l’eau d’une manière paradoxale. Il a porté dans sa Passion d’amour toutes les épreuves de la famille humaine ! Il a ouvert un chemin devant nous. Ce baptême dans la mort pour le salut du monde lui était une idée familière, lorsque, Jacques et Jean revendiqueront les deux places d’honneur dans son Royaume, Jésus leur demandera : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ? » Jésus est conscient que pour allumer le feu de l’Esprit Saint sur la terre, il doit passer lui-même par le baptême des souffrances. Nous, ses témoins, nous aurons aussi notre part d’épreuves. Nous donnerons notre vie pour la cause de Jésus, nous aurons à nous compromettre pour lui, jusqu’au sein de notre propre famille. Suivre Jésus dans son chemin d’amour est la joie de notre vie quotidienne. La ligne de séparation de la lumière et des ténèbres passe en chacun de nous.

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. » Jésus a proclamé : « Heureux les artisans de paix. » Lui qui est apparu « pour guider nos pas sur une route de paix, » lui « qui est notre paix, » nous dit que la fidélité à son Évangile amènera ses disciples à être incompris. Etre rejetés, parfois même de ceux qui leur sont les plus chers. La Parole de Jésus à l’œuvre dans notre cœur nous conduira à poser des choix pour notre conversion, à contre-pente de certains conforts de vie ou de pensée de notre groupe. A l’engagement de Jésus jusqu’à la Croix pour le salut du monde devra répondre le courage des baptisés pour témoigner de lui jusque dans la vie familiale. La victoire sera d’apporter la paix de Jésus dans une famille divisée par l’épreuve. Quelle souffrance pour Jésus d’attendre que ce baptême, qui exprime d’abord sa Passion et sa Résurrection, soit accompli en nous. C’est une douleur angoissée que nous pouvons comprendre car il nous faut consentir au salut apporté par Jésus. Nous vivons dans l’angoisse devant les ténèbres qui nous habitent avant de prendre le chemin de la Paix. Nous voulons nous mettre à l’école de Jésus, attendant de Dieu la patience dans la nuit de la foi. Nous expérimentons que notre vie est habitée par un feu d’amour qui nous attire vers Dieu : « Viens vers le Père. »

Nous demandons à Jésus la grâce d’être dociles à l’Esprit Saint pour vivre de l’amour infini de Dieu.  Père Gilbert Adam, http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Méditation de Frère Benoît Terrenoir, LC

Prière d'introduction

 

Viens Esprit Saint, j’ai besoin de toi. Comble-moi du don de piété, pour que je puisse prier avec ferveur et sincérité ! Tu es le feu qui doit embraser mon cœur d’amour pour le Seigneur, je t’en prie, rends ma prière agréable à Dieu le Père et au Seigneur Jésus-Christ ! Descends sur moi comme tu es descendu sur les apôtres le jour de la Pentecôte ! Sainte Vierge Marie, accompagne-moi pendant ce moment de prière.

 

Demande

 

Seigneur, embrase-moi de ton amour pour tous les hommes !

 

Points de réflexion

 

1. Les chapitres 9 à 18 de l’Évangile de saint Luc racontent la montée du Christ à Jérusalem, où il va souffrir, mourir et ressusciter. C’est dans ce contexte que se situe le passage évangélique d’aujourd’hui. Le baptême que Jésus annonce, c’est sa mort sur la croix. Le feu qu’il vient jeter sur la terre, c’est l’Esprit Saint, que les apôtres recevront après la Résurrection, sous forme de langues de feu. Dans l’Ancien Testament, le feu indiquait la présence de Dieu, comme dans le buisson ardent ou sur la montagne du Sinaï. Cette présence de Dieu, le Christ veut la répandre dans le monde entier, pour que tous les hommes puissent le connaître et l’aimer. Chaque fois que nous disons Que ton Règne vienne, nous demandons au Seigneur de régner sur nous, de nous transformer en son fief, son terrain sacré, son buisson ardent.
Pendant toute sa vie terrestre, le Christ brûlait intérieurement du désir de nous sauver. Il ne pouvait pas rester indifférent face au péché et à l’égoïsme qui rongeaient les âmes. Dès ses douze ans, il voulait absolument être aux affaires de son père. C’est ce désir ardent de nous arracher au péché qui l’a poussé à chasser les marchands du Temple, à reprocher ouvertement aux pharisiens leur hypocrisie et à renoncer au peu de temps libre qu’il avait, pour s’occuper des foules qui accouraient à lui. Quelques jours avant sa Passion, il disait : « Maintenant, mon âme est troublée et que dirai-je ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom ». Le Christ brûle du désir de nous sauver, c’est pour cela qu’il est venu sur terre.

 

2. En contemplant l’exemple du Seigneur, il faut prendre conscience que nous sommes appelés à le suivre. Comme son maître, le vrai disciple du Christ ne peut pas rester passif ou indifférent face au mal. Mais qu’il est difficile de renoncer à notre tranquillité ! Souvent, nous aimerions bien nous désintéresser du salut du prochain. Nous aimerions dire, comme Caïn, « Je ne suis pas le gardien de mon frère ». Nous aimerions rester dans notre petit nid douillet, notre routine familiale ou professionnelle, sans déranger personne, sans nous faire remarquer. On peut se plaindre que le monde va mal, que la déchristianisation de la société se poursuit et qu’il y a de moins en moins d’enfants au catéchisme et de vocations au sacerdoce. Mais on reste passif et on tombe dans cette paresse spirituelle que le Pape appelle l’acédie égoïste.
Ainsi prend forme la plus grande menace, « C’est le triste pragmatisme de la vie quotidienne de l’Église, dans lequel apparemment tout arrive normalement, alors qu’en réalité, la foi s’affaiblit et dégénère dans la mesquinerie ». La psychologie de la tombe, qui transforme peu à peu les chrétiens en momies de musée, se développe. Déçus par la réalité, par l’Église ou par eux-mêmes, ils vivent la tentation constante de s’attacher à une tristesse douceâtre, sans espérance, qui envahit leur cœur comme "le plus précieux des élixirs du démon" » (Pape François, Evangelii Gaudium, n° 83).

 

3. Que faire pour éviter de devenir ces momies de musée, pour évangéliser avec passion et enthousiasme ? Il faut simplement vivre sa foi avec cohérence. Le Seigneur ne nous demande pas de parler de lui 24 heures sur 24. Au début de son exhortation apostolique, le pape indique que l’Église ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction » (Evangelii Gaudium, n° 14). C’est le témoignage de notre vie sincèrement chrétienne qui doit évangéliser autour de nous.


Le problème, c’est que vivre de manière vraiment chrétienne peut gêner nos proches qui sont éloignés de la foi. Quand on se convertit et qu’on décide de suivre le Christ sérieusement, cela entraîne forcément des conflits avec nos amis ou des membres de notre famille. L’exemple de saint Thomas Becket, pourchassé par son ancien ami, le roi Henri II, et surtout l’exemple du Christ, nous apprennent à rester fermement attachés à Dieu et à ses commandements, même si cela nous attire des ennuis. Le Christ divise, c’est vrai. Il n’est pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive. Mais ce glaive, c’est pour nous détacher de toutes nos mauvaises tendances, pour nous libérer du péché et nous attacher à lui seul. Même si la foi doit être une cause de conflit entre le père et le fils ou la mère et la fille, il ne s’agit que d’une séparation provisoire, en attendant que le témoignage de notre vie chrétienne touche les membres de notre famille qui vivaient loin de Dieu.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur Jésus, j’ai souvent peur de montrer ma foi autour de moi. Fortifie-moi, sois mon rocher et ma citadelle, pour que je sois un témoin courageux de ton amour ! Reste avec moi dans les moments difficiles, ne permets pas que je fasse des compromis avec le péché. Fais-moi garder toujours tes commandements, illumine ma conscience et aide-moi à la suivre sans défaillir ! Et si je tombe, relève-moi ! Merci pour ce moment de prière, Seigneur.

 

Résolution

 

Aujourd’hui, je ferai un acte de charité envers une personne que je connais et qui est éloignée de la foi.

 

Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


 


Denys le Chartreux (1402-1471), moine. Commentaire sur l'évangile de Luc, 12, 72-74 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p.430)

Allumer dans les cœurs des hommes le feu de l'amour de Dieu

« Je suis venu apporter un feu sur la terre » : je suis descendu du haut du ciel et, par le mystère de mon incarnation, je me suis manifesté aux hommes pour allumer dans les cœurs humains le feu de l'amour divin. « Et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé » — c'est-à-dire qu'il prenne et devienne une flamme activée par l'Esprit Saint et qu'il fasse jaillir des actes de bonté !

Le Christ annonce ensuite qu'il subira la mort sur la croix avant que le feu de cet amour n'enflamme l'humanité. C'est, en effet, la très sainte Passion du Christ qui a valu à l'humanité un don aussi grand, et c'est avant tout le souvenir de sa Passion qui allume une flamme dans les cœurs fidèles. « Je dois recevoir un baptême », autrement dit : Il m'incombe et il m'est réservé par une disposition de Dieu de recevoir un baptême de sang, de me baigner et de me plonger comme dans l'eau, dans mon sang répandu sur la croix pour racheter le monde entier. « Et quelle n'est pas mon angoisse jusqu'à ce qu'il soit accompli », en d'autres termes jusqu'à ce que ma Passion soit achevée, et que je puisse dire : « Tout est accompli ! » (Jn 19,30)

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 13 août 2016. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi. »

 

 


Samedi 13 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 19è semaine

Saint(s) du jour : St Jean Berchmans, religieux s.j. (1599-1621), St Maxime le Confesseur, père de l’Église († 662)



Livre d'Ézéchiel 18,1-10.13b.30-32.

La parole du Seigneur me fut adressée : « Qu’avez-vous donc, dans le pays d’Israël, à répéter ce proverbe : “Les pères mangent du raisin vert, et les dents des fils en sont irritées” ? Par ma vie ! – oracle du Seigneur Dieu – vous n’aurez plus à répéter ce proverbe en Israël. En effet, toutes les vies m’appartiennent, la vie du père aussi bien que celle du fils, elles m’appartiennent. Celui qui a péché, c’est lui qui mourra.
L’homme qui est juste, qui observe le droit et la justice, qui ne va pas aux festins sur les montagnes, ne lève pas les yeux vers les idoles immondes de la maison d’Israël, ne rend pas impure la femme de son prochain, ne s’approche pas d’une femme en état de souillure ; l’homme qui n’exploite personne, qui restitue ce qu’on lui a laissé en gage, ne commet pas de fraude, donne son pain à celui qui a faim et couvre d’un vêtement celui qui est nu ; l’homme qui ne prête pas à intérêt, ne pratique pas l’usure, qui détourne sa main du mal, tranche équitablement entre deux adversaires, qui marche selon mes décrets et observe mes ordonnances pour agir avec vérité : un tel homme est juste, c’est certain, il vivra, – oracle du Seigneur Dieu. Mais si cet homme a un fils violent et sanguinaire, coupable d’une de ces fautes, qui prête à intérêt et pratique l’usure, ce fils-là vivra-t-il ? Il ne vivra pas ; il s’est livré à toutes ces abominations : il sera mis à mort, et son sang, qu’il soit sur lui ! C’est pourquoi – oracle du Seigneur Dieu – je vous jugerai chacun selon sa conduite, maison d’Israël. Retournez-vous ! Détournez-vous de vos crimes, et vous ne trébucherez plus dans la faute. Rejetez tous les crimes que vous avez commis, faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi vouloir mourir, maison d’Israël ? Je ne prends plaisir à la mort de personne, – oracle du Seigneur Dieu – : convertissez-vous, et vous vivrez. »


Psaume 51(50),12-13.14-15.18-19.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,13-15.

Ensuite, on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartèrent vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«On présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant»

Aujourd'hui, nous contemplons une scène qui est, malheureusement, toujours d'actualité «Alors, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement» (Mt 19,13). Jésus aime tout spécialement les enfants, et nous avec un raisonnement soi-disant “adulte” nous les empêchons de s'approcher de Jésus et du Père: —Quand ils seront grands, s'ils le veulent, ils choisiront…! C'est une grave erreur.

Les pauvres, c'est-à-dire, ceux qui n'ont rien, les plus nécessiteux, sont l'objet de prédilection du Seigneur. Et les enfants sont aussi des “nécessiteux”. Ils sont pauvres en âge, en formation… c'est-à-dire, ils sont entièrement sans défense. C'est pour cela que l'Église —notre Mère— stipule que les parents baptisent leurs enfants très tôt, afin que l'Esprit Saint vienne habiter dans leurs âmes et qu'ainsi ils puissent rentrer dans la chaleur de la communauté chrétienne. Ainsi l'expliquent tant le Catéchisme de l'Église que le Code du droit canonique, deux ordonnances du plus haut rang dans l'Église, qui, comme toute communauté, doit avoir des ordonnances.

Mais non, les gens disent “quand ils seront grands!”. Cette manière de penser est absurde. Sinon posons-nous les questions suivantes: Que mangera cet enfant? Et bien, il mangera ce que sa mère lui donnera, et elle ne va pas attendre que l'enfant lui dise ce qu'il préfère. Quelle langue parlera cet enfant? Celle de ses parents, sinon l'enfant ne pourra jamais choisir une langue quelconque. Dans quelle école ira-t-il? Il ira là où ses parents vont l'inscrire, et ils ne vont pas attendre que l'enfant ait une idée bien arrêtée de ce qu'il veut faire comme études pour l'inscrire.

Qu'est-ce que Jésus mangeait? Ce que sa mère lui préparait. Quelle langue a-t-Il parlé? Celle de ses parents. Quelle religion a-t-il apprise et pratiquée? Celle de ses parents, la religion juive. Bien après, devenu adulte, et grâce à l'instruction religieuse reçue de ses parents, Il a fondé une autre religion... mais d'abord Il a pratiqué celle de ses parents, tout naturellement


"Alors des gens lui amenèrent des enfants, afin qu’il leur impose les mains. Mais les disciples les rabrouèrent."

Les parents qui présentent leurs petits à Jésus pour qu’il leur impose les mains, non seulement sont dans la tradition, mais ils ont aussi compris quelque chose du message de Jésus. Jésus manifeste une confiance illimitée dans son Père des cieux, c’est bien ce que ressentent ces parents quand ils regardent leurs enfants, l’émerveillement et le questionnement confiant de leurs petits ! Nous comprenons alors que ces personnes qui amènent à Jésus leurs enfants, pour qu’il prie sur eux, sont dans une grande vérité que Jésus va énoncer : Retrouver une simplicité et une audace que nous avons perdues et entrer dans une confiance encore plus grande que nous retrouvons dans le cœur de ces petits qui regardent vers Jésus, l’Enfant chéri du Père. C’est une scène brève et intense, une rencontre en vérité, qui traverse les incompréhensions, qui produira son fruit, qui ouvrira à la foi de tous. « Imposer les mains » est un geste fondamental de bénédiction, un geste qui se transmet dans le Peuple Juif depuis le temps d’Abraham, un geste qu’attendent les parents qui présente ces enfants à Jésus, un geste que posera Jésus au terme de cette brève rencontre.

"Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent." Les disciples n’ont pas encore compris la tendresse infinie qui habite le cœur de Jésus. Venir à lui est une question d’adultes, c’est ce que font les disciples pour sortir de la torpeur et de l’échec du monde ! Mais ceux qui se lèvent à l’horizon de la nouvelle alliance, ce sont les tout-petits, les esprits nouveaux en sont le renouvellement. Ce mystère d’enfance et de petitesse évangélique fait défaut aux disciples, il leur faudra l’apprendre des enfants eux-mêmes. C’est la grâce des parents d’apprendre de leurs tous petits à s’abandonner. Il est bon d’aller ver le Royaume des cieux, en s’offrant simplement à l’action de l’autre, en recevant ce qu’il donne. C’est l’attitude de vie pour tout être humain. Nous rejoignons là l’attitude de notre enfance, nous entrons dans la gratuité, dans le simple fait de recevoir ce que l’Autre désire donner. Nous entrons dans l’échange par l’accueil, l’offrande de nous-mêmes. Ce que nous recevons, nous pouvons le redonner à notre tour, et ce que nous redonnons, peut être de nouveau reçu et de nouveau offert.

"Jésus leur imposa les mains, puis il partit de là." Ainsi s’engendre la vie nouvelle, les relations nouvelles du Royaume des Cieux. Jésus se fait clair dans sa réponse aux disciples qui ont compris le message d’amour de Jésus. Ce mystère ne sera pas enlevé aux parents qui sont réconfortés. C’est ainsi que Jésus livre le secret de son cœur, lui le Verbe de Dieu. Il est venu pour nous donner le Royaume, l’amour infini du Père pour nous. Il nous faut l’accueillir comme un enfant. Nous demandons à l’Esprit Saint d’avoir une confiance absolue en Dieu notre Père qui nous aime, de compter en tout sur lui qui est aux cieux. C’est dans ce mouvement d’abandon spontané, comme celui des enfants, que nous entrons dans le Royaume. Nous découvrons que le don de Jésus est toujours un appel à notre liberté, à notre engagement. Jésus qui travaille avec nous, a besoin de notre participation, du travail de notre propre foi. Il part de là pour nous donner de pouvoir agir nous aussi, de pouvoir entrer en dialogue avec les tous petits.

Nous demandons la grâce de la toute petitesse évangélique.


Prière d'introduction

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis en moi mon esprit » (Ps 50, 12). Je veux t'appartenir, Seigneur, être au service du royaume, afin que tu règnes pour les siècles sans fin.

Demande

Seigneur Jésus, toi qui es mon maître, donne-moi un cœur d'enfant; rends-moi plus docile à toi et à la sainte Église.

Points de réflexion

1. « Laissez les petits enfants venir à moi ; le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent ». Avec cette affirmation, Jésus répond à la doctrine commune de l'antiquité, qui réduisait l'enfant à la misère de sa condition : une sorte de malédiction, dont l'individu devait s'affranchir en devenant adulte. L'enfant portait en lui, par une sorte d'atavisme, les cicatrices du péché de ses parents. Dans la doctrine de Jésus, c'est tout le contraire : c'est justement de la misère de leur condition que Dieu a pitié.
Par rapport au royaume de Dieu, que Jésus établit sur la terre et qui est pur don de Dieu, l'enfant est le plus apte à l'accueillir : sa docilité, sa bonne foi, le bon sens pour la justice et la vérité n'opposent pas d’obstacles à l'œuvre de Dieu que nous, les adultes, lui opposons. En échange, plus on devient adulte, plus on s'endurcit dans ses propres jugements et dans la volonté d'être le protagoniste de ce royaume, afin de nous l'approprier par la force, comme on accumule un certain pouvoir sur des personnes et le contrôle sur des biens. Et de cela le prophète Ézéchiel veut nous prévenir (cf. Ez 18, 5 ss). Il revient à nous, les adultes, de nous affranchir des traces de notre péché, pour ressembler aux enfants et recevoir en héritage le royaume.

2. La tentation de monopoliser l'autorité sur les enfants et d'en abuser : Les enfants ne nous appartiennent pas (cf. Ez 18, 4). Ils appartiennent à Dieu. L'œuvre la plus malicieuse du démon est de vouloir nous les approprier comme des esclaves, en raison d'un amour possessif. Ainsi risquons-nous de séparer les enfants du Christ, alors qu'ils sont les premiers réceptacles du royaume de Dieu. En enfermant un enfant dans l'ignorance, en se comportant de façon dégradante et scandaleuse envers un autre, un mur est érigé ou un fossé creusé qui empêche l'enfant de faire l'expérience bouleversante de la rencontre avec le Christ. « Laisser à l'enfant le choix de se faire baptiser quand il aura 18 ans » est comparable à celui de ne pas imposer le français comme langue maternelle et ne lui en apprendre aucune, afin qu'à 18 ans il choisisse la sienne : affamé de connaissance et de justice, l'enfant est retenu dans l'obscurité et dans la faim de l'âme.
Jésus aime les enfants et les comprend. Il veut aussi qu'ils soient familiarisés avec les communautés de ses disciples, ses apôtres, ses évêques, ses prêtres et ses consacrées. Les enfants n'ont pas les préjugés des adultes, qui les en éloignent. Mais pire que tout est l'abus de confiance que Dieu et les familles éprouvent envers lesdits disciples. Comment pouvons-nous prendre à la légère une telle injustice, pourtant latente en tout adulte ?

3. L'imposition des mains, comme langage d'amour paternel. Ce geste est celui de l'autorité éducative. Il comporte d'une part l'exigence parentale au nom de Dieu et d'autre part la consécration à la mission. Sanctifier l'état infantile implique l'obéissance, l'effort de l'apprentissage, la soumission à ceux qui ont donné la vie et à ceux qui en prennent soin, indépendamment de leur grade de sainteté ou de leur moralité.
L'exigence juste des parents donne une orientation juste à la vie de l'enfant ; une exigence défectueuse aura pour conséquence un comportement défectueux, ou bien des choix qui ne tiennent pas la route pendant longtemps ; injuste et abusive, elle risque de reproduire le même modèle (anti-)autoritaire ou de susciter une rébellion, qui aboutit dans le vide. Le geste de Jésus n'est pas celui de la permissivité, qui laisse passer les âneries d'un enfant, mais celui d'un père ou grand frère qui encourage à évoluer et exige de se dépasser avec l'aide de la bénédiction de Dieu.

Dialogue avec Marie

Marie, Mère de Jésus et ma Mère, intercède auprès de Dieu pour nous, pauvres pécheurs, afin que nous soyons plus simples et lui rendions gloire. Donne-nous ta maternelle bénédiction, qui nous conduit à être disciples de Jésus sur le chemin de la foi, de l'espérance et de l'amour filial.

Résolution

Dans une de mes décisions de ce jour, je prendrai conseil auprès de Dieu dans la prière et auprès d'un de mes proches.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC


 

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque. Homélie 58 ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus, t. 10, p. 260 rev.)

« Semblables à cet enfant »

Le Seigneur dit aux apôtres déjà âgés et mûrs : « Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3 ; cf. v. 4)... Il les incite à retrouver l'enfance...afin qu'ils renaissent à l'innocence du cœur : « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5).

« Si vous ne changez pas pour devenir comme cet enfant » : il ne dit pas « ces enfants », mais « cet enfant » ; il n'en choisit qu'un, il n'en propose qu'un. Et qui est cet enfant qu'il donne en exemple à ses disciples ? Je ne crois pas que ce soit un enfant du peuple, de la foule des hommes, qui offre aux apôtres un modèle de sainteté pour le monde entier. Non, je ne crois pas que cet enfant vienne du peuple, mais du ciel. Il s'agit de cet enfant venu du ciel dont parle le prophète Isaïe : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné » (9,5). C'est lui l'enfant innocent, qui ne sait pas répondre à l'insulte par l'insulte, aux coups par les coups — bien mieux, même pendant son agonie il prie pour ses ennemis : « Mon Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). Ainsi, en sa grâce insondable, le Seigneur déborde de cette innocence du cœur que la nature donne aux enfants. Il est cet enfant qui demande aux tout-petits de l'imiter et de le suivre.

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Evangile, Saint et Homélie du Vendredi 12 août 2016. Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !

 

 


Vendredi 12 août 2016

Le vendredi de la 19e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Jeanne de Chantal, fondatrice (1572-1641), Bx Buenaventura García Paredes, prêtre O.P., martyr († 1936)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

La parole du Seigneur me fut adressée :
    « Fils d’homme, fais connaître à Jérusalem ses abominations.
    Tu diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu à Jérusalem :
Par tes origines et ta naissance,
tu es du pays de Canaan.
Ton père était un Amorite,
et ta mère, une Hittite.
    À ta naissance, le jour où tu es née,
on ne t’a pas coupé le cordon,
on ne t’a pas plongée dans l’eau pour te nettoyer,
on ne t’a pas frottée de sel, ni enveloppée de langes.
    Aucun regard de pitié pour toi,
personne pour te donner le moindre de ces soins, par compassion.
On t’a jetée en plein champ, avec dégoût,
le jour de ta naissance.


    Je suis passé près de toi,
et je t’ai vue te débattre dans ton sang.
Quand tu étais dans ton sang, je t’ai dit :
“Je veux que tu vives !”
     Je t’ai fait croître comme l’herbe des champs.
Tu as poussé, tu as grandi,
tu es devenue femme,
ta poitrine s’est formée,
ta chevelure s’est développée.
Mais tu étais complètement nue.
    Je suis passé près de toi,
et je t’ai vue : tu avais atteint l’âge des amours.
J’étendis sur toi le pan de mon manteau
et je couvris ta nudité.
Je me suis engagé envers toi par serment,
je suis entré en alliance avec toi
– oracle du Seigneur Dieu –
et tu as été à moi.
    Je t’ai plongée dans l’eau,
je t’ai nettoyée de ton sang,
je t’ai parfumée avec de l’huile.
    Je t’ai revêtue d’habits chamarrés,
je t’ai chaussée de souliers en cuir fin,
je t’ai donné une ceinture de lin précieux,
je t’ai couverte de soie.
    Je t’ai parée de joyaux :
des bracelets à tes poignets,
un collier à ton cou,
    un anneau à ton nez,
des boucles à tes oreilles,
et sur ta tête un diadème magnifique.
    Tu étais parée d’or et d’argent,
vêtue de lin précieux, de soie et d’étoffes chamarrées.
La fleur de farine, le miel et l’huile
étaient ta nourriture.
Tu devins de plus en plus belle
et digne de la royauté.
    Ta renommée se répandit parmi les nations,
à cause de ta beauté,
car elle était parfaite,
grâce à ma splendeur dont je t’avais revêtue
– oracle du Seigneur Dieu.


    Mais tu t’es fiée à ta beauté,
tu t’es prostituée en usant de ta renommée,
tu as prodigué tes faveurs à tout passant :
tu as été à n’importe qui.
    Cependant, moi, je me ressouviendrai de mon alliance,
celle que j’ai conclue avec toi au temps de ta jeunesse,
et j’établirai pour toi une alliance éternelle.
    Ainsi tu te souviendras, tu seras couverte de honte.
Dans ton déshonneur, tu n’oseras pas ouvrir la bouche
quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait
– oracle du Seigneur Dieu. »   – Parole du Seigneur.

 Livre d'Isaïe 12,2.4bcde-5a.5bc-6.

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! »
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur !
Il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi,
le Saint d’Israël !


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,3-12.

En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. » Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »


 

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 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Roger J. LANDRY (Hyannis, Massachusetts, Etats-Unis)

«Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas!»

Aujourd'hui, Jésus répond aux questions de ses contemporains relativement au sens véridique du mariage, soulignant la indissolubilité de celui-ci. Sa réponse, par ailleurs, fournit une base adéquate sur laquelle les chrétiens peuvent s'appuyer afin de répondre à ceux dont les cœurs entêtés ont justifié l'ampliation de la définition du mariage aux couples homosexuels. En reportant le mariage au plan originel de Dieu, Jésus souligne quatre aspects pertinents pour lesquels seulement peuvent être unis par le mariage un homme et une femme:


1) «Au commencement, le Créateur les fit homme et femme» (Mt 19,4). Jésus nous enseigne que, dans le plan divin, la masculinité et la féminité ont un sens important. L'ignorer équivaut à ignorer ce que nous sommes.

2) «Voilà pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme» (Mt 19,5). Le plan de Dieu n'est pas que l'homme abandonne ses parents pour aller avec qui bon lui semble, mais bien avec une épouse.

3) «A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul» (Mt 19,5). Cette union corporelle va au-delà de la courte union physique qui a lieu durant l'acte conjugal. Il fait allusion à l'union véridique qui arrive lorsqu'un homme et une femme, à travers de son amour, conçoivent une nouvelle vie qui est le mariage perpétuel ou union de leur corps. Il est évident qu'un homme avec un autre homme, ou qu'une femme avec une autre femme, ne peut pas se considérer un corps unique de cette façon.

4) «Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas» (Mt 19,6). Dieu Lui-même a uni au mariage l'homme et la femme, et dans la mesure où nous tenterons de séparer ce qu'il a uni, nous le ferons de notre propre chef et au coût de la société.

Dans sa catéchèse sur la Genèse, le Pape Jean-Paul II dit: «Dans sa réponse aux pharisiens, Jésus-Christ présente à ses interlocuteurs la vision totale de l'homme, sans laquelle il n'est pas possible d'offrir une réponse adéquate aux questions reliées au mariage». Chacun de nous est appelé à être “écho” de cette Parole de Dieu lorsque le moment s'y prête.


 

Le Missel romain. Rituel de la messe du mariage : bénédiction des époux, n°4

« Tous deux ne feront plus qu'un »

Frères, demandons à Dieu de bénir ces nouveaux époux qui vont recevoir ensemble le corps et le sang de Jésus Christ. Seigneur notre Dieu, tu as appelé par leur nom N. et N., pour qu'en se donnant l'un à l'autre ils deviennent une seule chair et un seul esprit ; donne-leur le corps de ton Fils par qui se réalisera leur unité. Tu es la source de leur amour et tu as mis en eux le désir de bonheur qui les anime ; donne-leur le sang de ton Fils qui sanctifiera leur amour et leur joie.

En recevant le pain de vie et la coupe de bénédiction, qu'ils apprennent à donner leur vie pour les autres ; qu'ils élèvent dans la fidélité à l'Évangile les enfants qui naîtront de leur amour ; qu'ils recherchent avant toutes choses le Royaume de Dieu et sa justice ; qu'ils soient utiles au monde où ils vivront ; qu'ils se montrent accueillants aux plus pauvres ; qu'ils puissent toujours te rendre grâce, et viennent souvent renouveler leur alliance en communiant ensemble au corps ressuscité de Jésus Christ.

C'est par lui que nous te prions : puisqu'il a sanctifié les noces de Cana, et purifié son Eglise en se livrant pour elle, nous savons qu'il intercède auprès de toi pour nos amis N. et N., aujourd'hui, demain et tous les jours de leur vie, jusque dans l'éternité.  EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

 Homélies du Père Gilbert Adam

 

"Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »

Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Au temps de Jésus il y avait plusieurs écoles d’interprétation sur les raisons qui permettaient de divorcer. Jésus invite ceux qui l’écoutent à revenir au plan de l’amour originel de Dieu. S’il est difficile d’aimer, nous nous approchons de la source de l’amour pour y puiser des forces dans la grâce de Dieu. Jésus répond sur le devenir de l’homme et de la femme, en redonnant le sens du commencement. Il met ses adversaire sur le terrain de leur connaissance pour les sécuriser, mais il leur dit : « C’est à cause de votre obstination que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; » Jésus fait alors apparaître une vraie difficulté dans laquelle ils sont prisonniers : la dureté du cœur, « au commencement, il n’en était pas ainsi. » C’est dans l’union entre nous qu’il nous est donné de façonner notre existence comme signe de la vie de Dieu. Jésus, mis à l’épreuve, est un modèle d’humilité ! Il sait ce qu’il y a dans l’homme, il voit que son cœur est malade, il est venu pour le guérir. Sa pédagogie est pour nous très éclairante.

Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, et qu’il en épouse une autre, il est adultère. » La perspective de Jésus prend en compte les aléas de la vie et les situations de vie qui sont les conséquences de l’endurcissement des cœurs, de la violence des hommes entre eux, des blessures reçues. Aimer n’est pas facile. La charité est exigeante parce qu’elle ne cherche pas sa propre satisfaction mais d’abord le bien de l’autre. Chaque vie, en s’associant à d’autres de diverses manières, manifeste à sa manière, notre filiation commune. Elle accueille en creux toutes les difficultés de nos vies, tous les dérèglements de nos situations. Notre vie est appelée à signifier le secret qu’elle porte, que nous sommes tous enfants de Dieu. Notre manière d’être atteste ce que nous sommes, elle en témoigne, et constitue ainsi la communauté humaine en son ensemble comme expression de son mystère. La communauté humaine est faite pour partager l’unité parfaite de la Sainte Trinité, à laquelle nous aurons une part au ciel. Notre vocation de chrétien est de permettre à la parole et la grâce du Christ de pénétrer nos cœurs et nos esprits afin de ne pas permettre à cette ambiance de discorde d’affecter nos vies.

Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » L’ouverture de Jésus est étonnante ! De la question du mariage qui lui est posée, il reprend la question du sens de la vie et de sa fécondité dernière. Si la réalité du mariage est une alliance voulue par le Créateur, une autre réalité annonce aussi l’amour infini de Dieu. "Car il y a des eunuques qui le sont depuis le ventre de leur mère, il y en a qui le sont devenus par le fait des gens, et il y en a qui se sont rendus eux–mêmes eunuques à cause du règne des cieux. Quelque soit notre situation, ce qui nous est demandé est d’aimer, d’être ouvert à nos frères et de marcher humblement avec eux, à la suite du Christ Jésus, vers la vie. Exprimer dans notre quotidien le mystère dont nous vivons, inventer cette vie que nous recevons de Dieu Notre Père. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. Le Christ a souffert et il est mort pour que nous puissions avoir dès à présent ce que nous aurons au ciel : l’unité.

 

Nous demandons la grâce d’être à l’écoute de la Parole et de Jésus qui l’exprime.

 

Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org



Meditation de Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

 

Prière d'introduction

 

Ton amour Seigneur est plus grand que les cieux, ta vérité plus haute que les nues (Ps 56, 11). Tu es, Seigneur, l'origine et la fin de toutes choses et tu es fidèle à l'alliance que tu as proposée dès la création du monde. Loué sois-tu, Seigneur.

 

Demande

 

Seigneur, aide-moi à grandir dans l'amour et à porter du fruit pour ton Royaume.

 

Points de réflexion

 

1. La question qui, aujourd'hui, est posée à Jésus, est aussi ancienne que l'humanité : peut-on répudier sa femme (ou, aujourd'hui, une femme son mari) ? Peut-on révoquer légitimement le mariage ? Si techniquement et légalement cela est possible, pourquoi cela ne serait-il pas permis ?
S'il y a des mécanismes légaux - dans l'ancienne loi (celle de Moïse), comme dans la nouvelle (le droit de l'Église) - pour déclarer invalide un mariage, c'est pour des raisons objectives, qui découvrent que l'alliance entre l'homme et la femme avait été impossible, déjà avant qu'elle fût contractée. Mais cela ne change en rien le projet de Dieu sur le mariage: on ne peut pas « annuler un mariage valide ». « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ».
Cette disposition n'est pas une invention humaine pour rendre la vie plus amère; il s'agit d'un « mode d'emploi » inscrit dans notre cœur et révélé dans la Sainte Écriture. Un cœur volubile, qui n'est pas capable de persévérer dans les épreuves, qui accompagnent son engagement d'amour, est comparable à un arbre, dont les fruits ne mûrissent jamais, mais passent directement de l'état immature à l'état « macéré » : il n'accomplit pas sa vocation à une vie féconde dans l'amour.

 

2. La question « légaliste » du groupe de pharisiens porte sur la nature de l'amour. Dans sa première lettre encyclique, le pape Benoît XVI faisait remarquer que l'amour trouve, dans l'homme, une des expressions les plus complètes dans l'union conjugale. L'homme, fait à l'image de Dieu, représente son auteur dans ce qu'il a de plus spécifique : Dieu est amour.
Cette union est donc image de la communion de vie trinitaire, dont l'amour déborde en création ; et avec celle-ci Dieu établit une alliance. De même que la création est soumise à des lois de la nature, l'amour aussi se soumet à des « lois » : la fidélité et l'indissolubilité. Dieu est le premier à se soumettre et à accomplir cette loi. Dans ses rapports avec « l'épouse », c’est-à-dire son peuple de l'alliance, Dieu s'est montré indéfectible, toujours fidèle à sa parole, qu'il n'a jamais révoquée malgré notre infidélité.

 

3. La vie conjugale, comme la virginité pour le royaume, sont deux expressions complémentaires de la vocation à l'amour. Les deux impliquent la croix : à chacune la sienne. Cela est difficile à comprendre pour les disciples, et encore plus difficile à accepter et à vivre. Jésus seul peut en donner les motivations nécessaires : tandis que l'indissolubilité conjugale est un sacrifice pour la première création, la virginité pour le royaume édifie, par l'immolation du corps et des désirs d'affectivité humaine, la nouvelle création. La virginité pour le royaume, précise Jésus, diffère des causes involontaires de virginité : un défaut depuis la naissance ou une mutilation subie.
Amour et croix vont de pair : la croix purifie l'amour, et l'amour rend la croix moralement plus supportable. La croix corrige les fautes et purifie les péchés, l'amour sauve le monde et donne la vie. La croix nous élève vers Dieu et, par l'amour, Dieu s'abaisse à nous. La vie conjugale est une image de Dieu sur la terre, la virginité pour le royaume est une ressemblance de l'état céleste dans ce monde. Prions afin que Dieu nous donne la force de la persévérance.

 

Dialogue avec le Christ

 

Devant le mystère de la croix qui purifie l'amour, je te confie ma vie, mes défis, mes efforts et mon échec. J'ai confiance en ta miséricorde, tu répares tout ce qui est blessé. Je te renouvelle l'oblation de ma vie, afin qu'à l'approche de ton Royaume elle soit guérie et bénie.

 

Résolution

 

J'aurai une attitude, une parole et un geste de considération envers mon conjoint ou, si je ne suis pas marié, envers un couple d'amis, pour encourager et exprimer la valeur de l'union matrimoniale.

 

 

 

 

Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)


 

 

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Evangile, Saint et Homélie du jeudi 11 août 2016. Pardonner nos frères sans limites!

 


Jeudi 11 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire:  19e semaine

Saint(s) du jour : Ste Claire d'Assise, fondatrice (1194-1253)


 
Livre d'Ézéchiel 12,1-12.

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, tu habites au milieu d’une engeance de rebelles ; ils ont des yeux pour voir, et ne voient pas ; des oreilles pour entendre, et n’entendent pas, car c’est une engeance de rebelles. Toi, fils d’homme, prépare-toi un sac d’exilé ; sous leurs yeux, pars en plein jour, comme un exilé ; sous leurs yeux, pars de ta maison vers un autre lieu ; peut-être verront-ils qu’ils sont une engeance de rebelles. Tu sortiras ton sac, comme un sac d’exilé, en plein jour, sous leurs yeux. Toi-même, tu sortiras le soir, sous leurs yeux, comme s’en vont les exilés. Sous leurs yeux, tu feras un trou dans le mur, et tu sortiras par là.
Sous leurs yeux, tu chargeras ton sac sur ton épaule, et tu le sortiras dans l’obscurité ; tu voileras ton visage, et tu ne verras plus le pays : j’ai fait de toi un signe pour la maison d’Israël. » Je fis ce qui m’avait été ordonné : en plein jour, je sortis mon sac, comme un sac d’exilé ; puis le soir, je fis un trou dans le mur, à la main ; je sortis mon sac dans l’obscurité, et sous leurs yeux je le chargeai sur mon épaule.
Au matin, la parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, la maison d’Israël, cette engeance de rebelles, t’a bien demandé : “Qu’est-ce que tu fais là ?”
Réponds : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Cet oracle concerne le prince qui est à Jérusalem et toute la maison d’Israël qui s’y trouve. Tu diras : Je suis pour vous un signe. Ce que j’ai fait, c’est cela même qui leur sera fait : ils partiront en exil, en captivité ; le prince qui est au milieu d’eux chargera son sac sur son épaule, il sortira dans l’obscurité ; on percera le mur pour le faire sortir ; il voilera son visage, si bien qu’il ne verra plus de ses yeux le pays.

Psaume 78(77),56-57.58-59.61-62.

Mais ils bravaient, ils tentaient le Dieu Très-Haut,
ils refusaient d'observer ses lois ;
ils déviaient comme leurs pères, ils désertaient,
trahissaient comme un arc infidèle.

Leurs hauts lieux le provoquaient,
leurs idoles excitaient sa jalousie.
Dieu a entendu, il s'emporte,
il écarte tout à fait Israël.

Il laisse capturer sa gloire,
et sa puissance par des mains ennemies.
Il livre son peuple à l'épée,
contre son héritage, il s'emporte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18,21-35.19,1.

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.


 

Commentaire: Abbé Joan BLADÉ i Piñol (Barcelona, Espagne)

«Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner?»

Aujourd'hui, demander «Combien de fois dois-je lui pardonner?» (Mt 18,21), peut vouloir dire: —Ceux-là, que j'aime tant, je les vois aussi avec des manies et des caprices qui m'incommodent, me dérangent souvent, ils ne me parlent pas… Et ceci un jour, et un autre. Seigneur, jusqu'à quand devrais-je les supporter?

Jésus répond avec la leçon de la patience. En réalité, les deux compagnons font de même lorsqu'ils disent: «Prends patience envers moi» (Mt 18,26.29). Pendant que le manque de tempérance du mauvais, qui étrangle l'autre pour peu de chose, le ruine moralement et économiquement, la patience du roi, en plus de sauver le débiteur, sa famille et ses biens, élève la personnalité du monarque et génère confiance chez la cour. La réaction du roi, dans les paroles de Jésus, nous rappelle ceci du livre des Psaumes: «Plus le pardon se trouve en toi, pour que tu sois craint» (Ps 130,4).

Il est clair que nous devons nous opposer à l'injustice et, s'il est nécessaire, de façon radicale (supporter le mal serait un indice d'apathie et de manque de courage). Mais l'indignation est saine lorsqu'en elle ne se trouve pas d'égoïsme, ni de colère, mais bien un désir droit de défendre la vérité. La patience authentique est celle qui nous amène à supporter la contradiction, la faiblesse, les dérangements, les fautes d'opportunité des gens, des évènements et des choses avec miséricorde. Être patient équivaut à se dominer soi-même. Les êtres susceptibles ou violents ne peuvent pas être patients parce qu'ils ne méditent pas et ne sont pas maîtres d’eux-mêmes.

La patience est une vertu chrétienne parce qu'elle forme part du message du Royaume des Cieux, et elle se forge dans l'expérience de que tous nous avons des défauts. Si Paul nous exhorte à nous supporter les uns les autres (cf. Col 3,12-13), Pierre nous rappelle que la patience du Seigneur nous donne l'opportunité de nous sauver (cf. 2P 3,15).

Certainement, combien de fois la patience du bon Dieu nous a pardonné dans le confessionnal! Sept fois ? Soixante dix fois sept fois? Peut-être plus!


 

Homélies du Père Gilbert Adam

"Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

« Si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur, » dit Jésus. Cette parole est infiniment précieuse, Jésus se l’appliquer à lui-même. Il est Celui qui pardonne à son frère de tout son cœur. Jésus, l’Agneau le plus persécuté, le plus maltraité d’entre tous les hommes, nous sommes appelle à entrer dans son Royaume. Il appelle Judas son ami, au moment même ou il trame contre lui la plus perfide et exécrable trahison qui fut jamais. On le calomnie contre toute raison, on l’accuse faussement, on le méprise à tort, on lui crache au visage par indignation, on le fouette par risée, on le couronne d’épines par moquerie, on le traite outrageusement, on le fait mourir avec ignominie, et parmi tout cela il n’a que des pensées d’amour pour ceux qui le traite de la sorte, il les excuse, il ne parle que de pardon et de réconciliation pour eux auprès de son Père. C’est ainsi que Jésus nous sauve. Considérons le nombre d’avantages retirés d’une offense accueillie humblement et avec douceur. La patience et le courage auxquels nous sommes confrontés nous fait acquérir la charité. Si nous ne nous fâchons pas contre celui qui nous a causé du tort, nous sommes plus charitable envers ceux qui nous aiment. En déracinant la colère de notre cœur, nous obtenons un bien incomparable, car celui qui délivre son âme de la colère la débarrasse de la tristesse. Ainsi nous n’userons pas notre vie en chagrins et en vaines inquiétudes.

"Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent)." Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. Un nouvel horizon s’ouvre à moi, savoir entrer en reconnaissance, mesurer, peser, savourer les bonnes choses qui me sont données, redonnées. Savoir aussi considérer celui qui me les donne, apprendre à lui dire merci. Jésus opère une relation entre le Royaume de Dieu et le pardon que nous devons quotidiennement prodiguer. Si nous voulons nous trouver en harmonie avec le cœur de Jésus, un passage est à opérer dans notre vie, c’est celui du pardon envers et contre tout. Nous nous punissons nous-mêmes en haïssant les autres, nous nous faisons du bien en les aimant. C’est en nous conduisant ainsi que nous n’aurons plus d’ennemi, le reconnaître, c’est laisser pousser en nous une attitude de reconnaissance. Alors, l’appel à la pitié me touchera vraiment, mon cœur sera compatissant, je serai proche de celui qui m’a remis la dette, proche aussi de celui à qui je remets sa dette, alors le Royaume habitera notre terre.

"Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai." Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain". La pitié est ce qui situe chacun de nous à sa juste place, devant son frère qui demande de pouvoir vivre. Nous sommes bien des fois sollicités à prendre pitié et nous demandons la pitié à d’autre en vue de restaurer la relation. Là se joue beaucoup de notre humanité. Le maître de la parabole demande de redonner à un autre ce qui lui a fait de bien. Jésus parle de lui lorsqu’il annonce ce Roi qui voulait faire rendre ses comptes, avec beaucoup d’amour. Nous voulons pardonner non seulement de bouche, mais du fond du cœur, pour ne pas tourner contre nous-mêmes le fer dont nous croyons percer les autres. Jésus propose donc à Pierre de revêtir des sentiments de tendre compassion qui sont dans son cœur.

Nous demandons à Jésus la grâce du pardon. Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Méditation de Jeanne Mendras, consacrée de Regnum Christi

Prière d'introduction

 

Seigneur, ouvre mon cœur à ta présence. Remplis-moi de ta grâce pour que je puisse m’unir à toi en tout ce que je ferai aujourd’hui. J’ai tant besoin de toi et je veux t’offrir toute cette journée et tout ce que je suis car tu m’as tout donné.

 

Demande

 

Mon Dieu donne-moi un cœur semblable au tien, qui cherche plus à donner qu’à recevoir, qui sache pardonner comme il a été pardonné.

 

Points de réflexion

 

1. La parabole que nous rapporte cet Évangile nous permet de nous donner une image de la miséricorde divine. Face à Dieu, nous sommes comme cet homme qui doit dix milles talents au roi. Nous ne pourrons jamais rembourser notre « dette » envers Dieu. Très souvent on oppose la justice de Dieu à sa miséricorde, mais Dieu est miséricordieux parce qu’il est juste. Sa justice prend en compte ce que nous sommes et Dieu sait bien qu’on ne peut pas l’aimer parfaitement et lui rendre tous les bienfaits dont il nous comble, c’est pourquoi il donne gratuitement et il nous remet nos dettes. Suis-je conscient de tout ce que Dieu m’a donné ? Et que fais-je de ces dons ? Je les utilise pour dominer les autres et pour me montrer supérieur, ou je les utilise pour aimer davantage et les mettre au service des autres ?

2. Saint Pierre, en demandant à Jésus jusqu’à combien de fois il faut pardonner, nous montre les limites du cœur humain. C’est un cœur qui se lasse, qui juge, qui calcule, mais surtout c’est un cœur qui est au service de la loi : « Dis-moi ce qu’il faut faire pour être juste et je le ferai » et Jésus vient changer cette tournure d'esprit, en faisant resplendir l’amour qu’expriment ces lois de par sa vie et ses paroles de vie éternelle. Ne mets pas de limite à ton amour : « Je ne ferai jamais ça, c’est trop me demander, il abuse, tout sauf ça, avec lui non, j’ai déjà trop donné, qu’il se débrouille ». Dieu a-t-il mis des limites à son amour pour toi ? Certes, c’est Dieu, mais ne jouissons-nous pas de sa présence en nous, depuis notre baptême, et ne sommes-nous pas appelés à aimer comme lui a aimé ? Nous ne pourrons pas lui « payer » tout cet amour dont il nous a fait don si généreusement et si tendrement, mais notre façon de lui payer, c’est de chercher à vivre cette même justice et miséricorde envers les autres. Tu veux remercier Dieu pour tous les bienfaits dont il t’a comblé ? Fais preuve d’autant de grandeur d’âme et de générosité envers les autres. Reconnais ta dette envers Dieu et utilise ce que tu as avec gratitude. Tout te vient de Dieu. N’agis pas en propriétaire de tout ce que tu as, mais partage ces dons dont Dieu t’a enrichi.

 

Dialogue avec le Christ

 

Mon Dieu, tu sais combien je te suis redevable de tant de choses, et si je ne le vois pas dans ma vie, donne-moi la grâce de voir tes dons pour moi. Enflamme mon cœur de gratitude. Que ta miséricorde touche mon cœur et me rende plus miséricordieux à mon tour ! Merci de tant me donner, aide-moi à donner en retour avec joie et gratuitement.

 

Résolution

 

Au cours de cette journée, ne pas mettre de limite à ma charité, surtout s’il s’agit de pardonner à quelqu’un. Regnum Christi, http://www.regnumchristi.fr


Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité. A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame1995, p. 48)
« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Lc 11,4)

Chaque soir, avant de vous endormir, vous devez faire votre examen de conscience (car vous ne savez pas si vous serez encore de ce monde le lendemain ! ). Quel que soit le mal que vous avez fait, vous devez vous engager à réparer si c'est possible. Si, par exemple, vous avez volé quelque chose, essayez de le rendre. Si vous avez froissé quelqu'un, essayez de vous en excuser sans délai. S'il est impossible de réparer, exprimez à Dieu vos regrets ou vos remords. C'est très important, car nous devons être capables de contrition pour être rendus capables d'amour. Vous pourriez dire, par exemple : « Seigneur, je suis navré de t'avoir offensé et je te promets de faire de mon mieux pour ne plus recommencer ». Alors, tout à coup, quelle impression de bien-être, de délivrance, que de sentir son cœur purifié ! Souvenez-vous que Dieu est miséricorde. Il est notre Père prévenant, prêt à tout pardonner et à tout oublier, à la condition que nous essayions d'en faire autant envers ceux qui nous ont fait du tort.

Examinez donc le fond de votre cœur pour voir s'il n'y demeure pas enfouie quelque rancune envers votre prochain. Comment, en effet, pourrions-nous demander à Dieu de nous pardonner, alors que nous ne voulons pas pardonner aux autres ? Souvenez-vous que si vous vous repentez vraiment avec un cœur généreux, vos fautes seront oubliées aux yeux de Dieu. Il vous pardonnera toujours si votre repentir est sincère. Priez donc pour pardonner à ceux qui vous ont offensé, pour aimer ceux que vous n'aimez pas, et sachez ensuite pardonner comme Dieu vous a pardonné.   EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

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Evangile, Saint et Homélie du mercredi 10 août 2016. Qui se détache de sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle.

 


Mercredi 10 août 2016

Fête de saint Laurent, diacre et martyr

Saint(s) du jour : St Laurent, diacre et martyr († 258)



Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,6-10.

Frères, rappelez-vous le proverbe : “À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement”. Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. L’Écriture dit en effet de l’homme juste : Il distribue, il donne aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera la croissance à ce que vous accomplirez dans la justice.

Psaume 112(111),1-2.5-6.7-8.4b.9.

Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.

Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.
Son cœur est confiant, il ne craint pas :
il verra ce que valaient ses oppresseurs.

Homme de justice, de tendresse et de pitié.
à pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,24-26.

Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples : Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.


 

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur»

Aujourd'hui, l'Église à travers la liturgie de l'eucharistie qui célèbre la fête du martyr romain saint Laurent, nous rappelle qu'«Il existe un témoignage de cohérence que chaque chrétien doit être capable de porter chaque jour, y compris à travers la souffrance et les grands sacrifices» (Jean Paul II)

La loi morale est sainte et inviolable. Cette affirmation, contraste vraiment avec le milieu relativiste qui règne de nos jours, où nous adaptons les exigences éthiques sans difficulté à notre convenance ou à nos défaillances personnelles. Nous ne trouverons jamais personne qui va nous dire «Je suis corrompu»; ou «Je n'ai pas de conscience»; «Je suis une personne sans vérité»… celui qui le dirait se discréditerait lui-même immédiatement.

En définitive, la question serait plutôt: de quelle morale, de quelle conscience et de quelle vérité est-ce que nous parlons? Il est évident que la paix et une saine cohabitation sociale ne peuvent se baser sur une morale “à la carte”, où chacun choisit ce qui lui plaît, sans prendre en compte les inclinations ou les aspirations que notre Créateur a mis à notre disposition dans la nature de chacun d'entre nous. Cette soi-disant morale, loin de nous conduire par des chemins “sûrs” vers des prairies vertes comme le souhaite le Bon Pasteur (cf Ps 23,1-3) nous conduit irrévocablement vers les sables mouvants du “relativisme moral” où tout peut se négocier et se justifier.

Les martyrs sont les témoins irréfutables de la sainteté de la loi morale: il y a des exigences basiques d'amour qui n'admettent pas d'exceptions ni d'adaptations. C'est clair, «dans la Nouvelle Alliance nous retrouvons de nombreux témoignages de disciples du Christ qui (…) ont accepté les persécutions et la mort plutôt que de faire le geste païen de brûler de l'encens devant la statue de l'empereur» (Jean Paul II).

Dans la Rome de l'empereur Valérien, le diacre «saint Laurent a aimé le Christ dans sa vie et l'a imité dans sa mort» (Saint Augustin). Et, une fois de plus, s'accomplissent les paroles «celui qui hait sa vie sur terre, la gardera pour la vie éternelle» (Jn 12,25). La mémoire de saint Laurent, restera toujours, heureusement pour nous, comme un signe pour nous faire comprendre qu'aller à la suite du Christ mérite bien de donner sa vie plutôt que d'accepter des interprétations frivoles de son chemin.


Homélies de Père Gilbert Adam

"Amen, amen, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit."

Jésus nous révélé le sens de la vie véritable, elle est relation et don de soi. Ce qu’il attend de notre part, c’est que nous mourions à nous-mêmes. Aimer sa vie et la garder jalousement pour soi peut vraiment nous perdre. Comme une graine, notre cœur est invité à faire mourir en lui tout égoïsme en brisant ses enveloppes d’individualisme, d’autosatisfaction. Sa vraie nature ne se déploie qu’en s’ouvrant à l’autre, en se donnant à lui. Aujourd’hui, nous fêtons St Laurent, martyr. Au service de l’Eglise, St Laurent s’est offert lui-même comme et à la suite de Jésus. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas ! Le processus de la germination du grain de blé, de la croissance des jeunes plants nous éclaire. Le grain traverse une période noire, sans lumière, il n’est plus lui-même. Mais pendant cette période, il reçoit une autre nourriture qui l’aide à se transformer pour entrer dans la phase de croissance, de la floraison. Quelques jours avant sa mort, Jésus avait annoncé à ses disciples son départ, en utilisant l’image du grain de blé tombé en terre. La Parole de Dieu nous redit, avec l’image du grain de blé, combien le don de notre vie portera du fruit dans la patience. Saint Laurent était au service des pauvres, et il les a situé comme la richesse de l’Église.

"Celui qui tient à sa vie la perd, et celui qui déteste sa vie dans ce monde la gardera pour la vie éternelle." A la suite de Jésus, et de St Laurent qui, comme lui, a donné sa vie dans le martyr, nous reconnaissons qu’aimer notre vie, c’est la perdre. Les martyrs de Jésus sont les témoins qui manifestent du courage pour être tout entier au service de Jésus ! C’est au service de nos frères et de nos sœurs, que nous vérifions notre intention. C’est là que Jésus nous attire à sa suite, par son exemple, et par sa Parole vivante. La vie de Jésus, le Verbe fait chair, est Parole de Dieu. En célébrant l’Eucharistie nous faisons « mémoire » du Don total de Jésus lui-même, et nous puisons là notre lumière et notre force. L’apôtre Paul a témoigné du plus grand amour de Jésus. Dieu a le pouvoir de nous combler de toutes sortes de grâces, afin que, disposant toujours, à tous égards de tout le nécessaire, nous ayons encore en abondance pour toute œuvre bonne, ainsi qu’il est écrit : « Il a répandu ses bienfaits, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure pour toujours. »

"Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, et là où moi, je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un veut me servir, c’est le Père qui l’honorera." Jésus donne sa vie pour nous sauver, pour nous amener au Père, pour que notre vie soit éternelle. Il nous aide à quitter nos manières individuelles de penser pour nous écouter les uns les autres. Nous demandons la grâce de le suivre en changeant nos cœurs. Le Père nous donne l’Esprit Saint, la force et la lumière de Dieu pour vaincre la haine et les ténèbres du monde qui nous renferment sur nous-mêmes. Il nous donne tout ce qui est nécessaire pour que notre vie soit, comme celle de Jésus, une surabondance. « Celui qui fournit de la semence au semeur et du pain pour la nourriture, vous fournira la semence, la multipliera et fera croître le produit de votre justice. » Jésus nous aide à accepter notre enfouissement en vue du bonheur des autres. Jésus nous donne la grâce de le suivre dans le quotidien, il change nos cœurs et nous aide à devenir les sarments de la vigne dont il est le cep. Que nous soyons ces sarments qui portent beaucoup de « fruits d’amour, » afin de glorifier notre Père qui est aux cieux.

Nous demandons la grâce d’être fidèles à la Parole de Jésus pour que notre vie soit un témoignage de ce trop grand amour. Père Gilbert Adam  http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Meditation de Sarah Cleary, consacrée de Regnum Christi

Prière d'introduction

 

Seigneur Jésus, donne-moi la foi, l’espérance et la charité qui m’aident à voir clairement ma vie à la lumière de ton visage et qui me permettent de te suivre tous les jours de ma vie.

 

Demande

 

Le désir d’être serviteur du Christ.

 

Points de réflexion

 

Jésus est à quelques jours de sa mort pour nous. Dans ces mots, il nous partage son cœur face à la crucifixion.

1. Celui qui aime sa vie la perd. Jésus aime sa vie. Jésus, qui est Dieu incarné, aime cette vie humaine avec ses limites, joies, frustrations, et possibilités. Il n’offre pas sa vie car elle ne vaut rien pour lui, mais car il y tient beaucoup. Ma vie aussi vaut beaucoup. Est-ce que j’aime ma vie aussi pour pouvoir l’offrir comme cadeau pour les autres ?

2. Celui qui s’en détache en ce monde, garde sa vie pour la vie éternelle. Le Seigneur peut se détacher de sa vie, car il sait que la « vraie vie » n’est pas ici… notre vie ici n’est qu’une ombre de la vie qui durera pour toujours. Comment sera cette vie ? « Il s'agirait du moment de l'immersion dans l'océan de l'amour infini, dans lequel le temps – l'avant et l'après – n'existe plus... nous (serons) simplement comblés de joie. » (Spe Salvi, 12)

3. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, et là où je suis, là sera aussi mon serviteur. Le mot ‘servir’ peut nous faire frémir. Mais nous sommes déjà serviteurs de tant d’exigences : apparences, possessions, lois, façons de faire… Jésus nous offre d’entrer à son service, afin de nous rendre libres de tout ça, et de mettre notre assurance en lui seul. « Comme l'œil du serviteur est fixé sur la main de son maître, et l'œil de la servante sur la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont fixés sur le Seigneur. » Ps 123,2

 

Dialogue avec le Christ

 

Celui qui est touché par l'amour commence à comprendre ce que serait précisément « la vie », la vie véritable qui, totalement et sans menaces, est, dans toute sa plénitude, simplement la vie. La vie dans le sens véritable est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec celui qui est la source de la vie. Si nous sommes en relation avec celui qui ne meurt pas, qui est lui-même la vie et l'amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous « vivons ». (Spe Salvi 27) Est-ce que ma vie est une relation avec le Christ ?

 

Résolution

 

Choisir aujourd’hui de rendre service gratuitement à quelqu’un, en cherchant à le faire pour le Christ.  Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)


 

Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque. Sermon 40 (trad. coll. Pères dans la foi, Migne 1996, p. 178 rev.)

Saint Laurent, comme un grain jeté en terre

De prime abord, un grain de moutarde a l'air petit, commun et méprisable ; il n'a pas de goût, n'exhale pas de senteur, ne laisse pas présumer de douceur. Mais quand il a été broyé, il répand son odeur, il montre sa vigueur, il a un goût de flamme et il brûle d'une telle ardeur que l'on s'étonne de trouver un si grand feu lové en un si petit grain... De même, la foi chrétienne semble à première vue petite, commune et faible ; elle ne montre pas sa puissance, elle ne fait pas étalage de son influence. Mais quand elle a été broyée par différentes épreuves, elle montre sa vigueur, fait éclater son énergie, exhale la flamme de sa foi dans le Seigneur. Le feu divin la fait vibrer d'une telle ardeur que, tout en brûlant elle-même, elle réchauffe ceux qui la partagent, comme l'ont dit Cléophas et son compagnon dans le saint Évangile, tandis que le Seigneur s'entretenait avec eux après sa Passion : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? » (Lc 24,32)...

Nous pouvons comparer le saint martyr Laurent au grain de moutarde ; broyé par de multiples tortures, il a mérité devant la terre entière la grâce d'un martyre éclatant. Alors qu'il habitait encore son corps, il était humble, ignoré et commun ; après avoir été torturé, déchiré et brûlé, il a répandu sur tous les fidèles à travers le monde la bonne odeur de sa noblesse d'âme... Vu de l'extérieur, ce martyr brûlait dans les flammes d'un tyran cruel ; mais une plus grande flamme, celle de l'amour du Christ, le consumait à l'intérieur. Un roi impie a beau rajouter du bois et allumer des feux plus grands, saint Laurent, dans l'ardeur de sa foi, ne sent plus ces flammes... Aucune souffrance sur terre n'a plus prise sur lui : son âme demeure déjà au ciel.EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 09 août 2016. « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »

 


Mardi 09 août 2016

Fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), vierge et martyre, copatronne de l'Europe

Saint(s) du jour : Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix, martyre (1891-1942), BBx Michał Tomaszek, Zbigniew Strzałkowski, martyrs en Pérou


 

Lecture du livre du prophète Ézékiel

La parole du Seigneur me fut adressée : « Toi, fils d’homme, écoute ce que je te dis. Ne sois pas rebelle comme cette engeance de rebelles. Ouvre la bouche, et mange ce que je te donne. » Alors j’ai vu : une main tendue vers moi, tenant un livre en forme de rouleau. Elle le déroula devant moi ; ce rouleau était écrit au-dedans et  du-dehors, rempli de lamentations, plaintes et clameurs. Le Seigneur me dit : « Fils d’homme, ce qui est devant toi, mange-le, mange ce rouleau ! Puis, va ! Parle à la maison d’Israël. » J’ouvris la bouche, il me fit manger le rouleau  et il me dit : « Fils d’homme, remplis ton ventre, rassasie tes entrailles avec ce rouleau que je te donne. » Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel.     Il me dit alors : « Debout, fils d’homme ! Va vers la maison d’Israël, et dis-lui mes paroles. »

Psaume  118 (119), 14.24, 72.103, 111.131

R/ Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse !

Je trouve dans la voie de tes exigences
plus de joie que dans toutes les richesses.
Je trouve mon plaisir en tes exigences :
ce sont elles qui me conseillent.

Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche,
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.
Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse :
le miel a moins de saveur dans ma bouche !

Tes exigences resteront mon héritage,
la joie de mon cœur.
La bouche grande ouverte, j’aspire,
assoiffé de tes volontés.

Evangile selon St Matthieu 18, 1-5

Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l'une d'entre elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s'il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu. »

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

Méditation de Jeanne Mendras, consacrée de Regnum Christi

 

Prière d'introduction

 

 Jésus, je suis en ta présence et je veux t’adorer et t’ouvrir tout mon cœur pour que tu y demeures. Je sais que tu es là et que tu m’aimes comme je suis. Je veux te laisser entrer davantage dans ma vie en te donnant tout ce que je suis. Je t’aime.

Demande

Jésus, laisse-moi découvrir avec quel amour tu me regardes et permets-moi d’expérimenter combien j’ai besoin de toi, car tant que je ne l’aurai pas vécu je ne pourrai m’abandonner entre tes bras, comme un tout petit enfant. Chasse l’orgueil de mon cœur et installes-y ton humilité, pour que je vive comme toi tu as vécu.

 

Points de réflexion

 1. On peut se demander pourquoi Jésus manifeste cette prédilection pour les petits. Plus on grandit plus on se sent fort, et plus on est intéressé à ce que les autres nous admirent ou du moins nous respectent. On oublie le regard que Dieu pose sur nous. Comment nous voit Dieu? Comme des petits enfants. Qu’avons-nous, que nous n’ayons reçu de Dieu, comme un enfant reçoit tout de ses parents? Tout ce que je suis, je le dois à Dieu. Je dépends de lui comme un nouveau-né de sa maman. La seule différence entre ce nouveau-né et moi, c’est que, trop souvent, j’agis comme si je n’avais pas besoin de Dieu. Ma vie n’a rien à voir avec Dieu ou pas entièrement. C’est une chose de prier de temps en temps comme un « bon chrétien », mais c’en est une autre vivre chaque action de ma journée en sa présence, transformant chaque jour en une véritable prière. Je ne peux le faire que si je me reconnais petite créature, totalement dépendante de son Créateur. Vivre avec cette attitude, c’est vivre ce que je suis en vérité, puisque je ne suis jamais davantage moi-même que lorsque j’agis en fonction de ce que je suis aux yeux de Dieu : son petit enfant bien aimé.

 

 2. Pour souligner davantage cette vérité, Jésus nous dit que celui qui accueille un petit enfant par amour pour lui, l’accueille. Non seulement il nous demande de devenir comme des petits enfants, mais comme si ce n’était pas suffisant, il nous assure qu’il est présent d’une manière spéciale dans tout ce qui est petit. Quand on regarde la vie de Jésus, on voit bien sa prédilection pour tout ce qui est pauvre, caché, rejeté des hommes et méprisé: sa naissance dans une crèche, sa vie cachée à Nazareth, son amour pour les pécheurs et les malades, sa mort semblable à celle d’un esclave ou d’un criminel… Lui, le Fils de Dieu s’est infiniment abaissé en assumant notre condition humaine dans tout ce qu’elle a de pauvre, de limité, de vulnérable. Il a agi de la sorte, ceci correspondait le plus à son amour pour nous: se dépouiller de toute sa gloire divine, pour se remplir de l’objet de son amour: chacun d’entre nous. Là où il y a dépouillement, il y a amour. Là où il y a humilité, il y a amour. C’est pour ça que celui qui accueille le tout petit, l’homme humilié, accueille le Christ, le véritable tout petit et profondément humilié par amour. Mépriser mon prochain quand je suis face à une de ses souffrances ou de ses limites, quand je suis témoin d’un de ses défauts ou d’une de ses chutes, c’est mépriser le Christ, qui a assumé toute notre humanité dans sa totalité. Si Dieu porte un regard d’amour sur chacun d’entre nous et à chaque instant, ne dois-je pas en faire autant ? Jésus a accueilli la pécheresse, le pharisien, le publicain, le renégat et le malade avec amour, et moi je voudrais les juger et les rejeter ? Dieu m’a-t-il une seule fois traité avec mépris, rejet ou indifférence ?

 

 Dialogue avec le Christ

Mon doux Jésus, combien je voudrais te remercier de m’avoir autant aimé au travers de ton humilité. Tu as fait tien tout ce qui est mien pour que je ne me sente jamais seul et jamais jugé par toi. Qui mieux que toi peut comprendre l’humiliation, la petitesse, la souffrance humaine et l’abandon… Tu as vécu tout ça et, plus encore, tu l’as choisi pour le vivre avec moi. Je veux vivre davantage les moments difficiles de ma journée en union avec toi, par gratitude pour tout ce que tu as fait pour moi.

 

Résolution

Chercher à regarder avec amour une personne avec qui j’ai du mal à m’entendre et faire un acte de charité envers elle.

 

 


Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape Homélie pour la canonisation de Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), 11/10/98 (trad. DC 2192, p.954)

 

« Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre »

Chers frères et sœurs, parce qu'elle était juive, Edith Stein fut déportée avec sa sœur Rosa et de nombreux autres juifs des Pays-Bas dans le camp de concentration d'Auschwitz, où elle trouva la mort avec eux dans les chambres à gaz. Nous évoquons aujourd'hui la mémoire de chacun d'eux, avec un profond respect. Quelques jours avant sa déportation, à la possibilité qui lui était offerte de sauver sa vie, elle avait répondu : « Ne le faites pas ! Pourquoi devrait-on faire pour moi une exception ? Il est tout à fait juste de ne pas tirer avantage de mon baptême. Si je ne peux pas partager le sort de mes frères et sœurs, dans un certain sens ma vie est détruite ».

Quand nous célébrerons désormais chaque année la mémoire de la nouvelle sainte, nous devrons nous souvenir de la Shoah, ce programme barbare d'anéantissement d'un peuple qui coûta la vie à des millions de frères et de sœurs juifs. « Que le Seigneur fasse pour eux rayonner son visage et leur apporte la paix » (Nb 6,25-26). Pour l'amour de Dieu et des hommes, j'élève une fois encore une imploration chargée d'inquiétude : que jamais plus ne se répète une telle action criminelle contre aucun groupe ethnique, aucun peuple, aucune race, en aucun lieu de la terre ! C'est un cri que j'adresse à tous les hommes et femmes de bonne volonté ; à tous ceux qui croient en un Dieu éternel et juste ; à tous ceux qui se sentent unis au Christ, Verbe de Dieu incarné. Nous devons tous être solidaires : c'est la dignité humaine qui est en jeu. Il n'existe qu'une seule famille humaine. EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 08 août 2016. Jésus paie l'impôt du Temple pour lui et pour Pierre!

 

 


Lundi 08 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire:  19e semaine

Saint(s) du jour : St Dominique de Guzman, prêtre et fond. (1170-1221), Ste Bonifacia Rodriguez Castro, v. et fond. (1837-1905)



Livre d'Ézéchiel 1,2-5.24-28c.

Le cinq du mois, la cinquième année de la déportation du roi Jékonias, la parole de Dieu fut adressée à Ézékiel, fils du prêtre Bouzi, dans le pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar. La main du Seigneur se posa sur lui. J’ai vu : un vent de tempête venant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant et, autour, une clarté ; au milieu, comme un scintillement de vermeil du milieu du feu. Au milieu, la forme de quatre Vivants ; elle paraissait une forme humaine. J’entendis le bruit de leurs ailes, pareil, quand ils marchaient, au bruit des grandes eaux, pareil à la voix du Puissant, une rumeur comme celle d’une armée. Lorsqu’ils s’arrêtaient, ils laissaient retomber leurs ailes. On entendit un bruit venant de plus haut que le firmament qui était au-dessus de leurs têtes. Au-dessus de ce firmament, il y avait une forme de trône, qui ressemblait à du saphir ; et, sur ce trône, quelqu’un qui avait l’aspect d’un être humain, au-dessus, tout en haut. Puis j’ai vu comme un scintillement de vermeil, comme l’aspect d’un feu qui l’enveloppait tout autour, à partir de ce qui semblait être ses reins et au-dessus. À partir de ce qui semblait être ses reins et au-dessous, j’ai vu comme l’aspect d’un feu et, autour, une clarté. Comme l’arc apparaît dans la nuée un jour de pluie, ainsi cette clarté à l’entour : c’était l’aspect, la forme de la gloire du Seigneur. À cette vue, je tombai face contre terre, et j’entendis une voix qui me parlait.

Psaume 148(147),1-2.11-12.13.14b.

 

01 Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le dans les hauteurs.

02 Vous, tous ses anges, louez-le, louez-le, tous les univers.

03 Louez-le, soleil et lune, louez-le, tous les astres de lumière ;

04 vous, cieux des cieux, louez-le, et les eaux des hauteurs des cieux.

05 Qu'ils louent le nom du Seigneur : sur son ordre ils furent créés ;

06 c'est lui qui les posa pour toujours sous une loi qui ne passera pas.

07 Louez le Seigneur depuis la terre, monstres marins, tous les abîmes ;

08 feu et grêle, neige et brouillard, vent d'ouragan qui accomplis sa parole ;

les arbres des vergers, tous les cèdres ;

09 Les montagnes et toutes les collines,

10 les bêtes sauvages et tous les troupeaux, le reptile et l'oiseau qui vole ;

11 les rois de la terre et tous les peuples, les princes et tous les juges de la terre ;

12 tous les jeunes gens et jeunes filles, les vieillards comme les enfants.

13 R/Qu'ils louent le nom du Seigneur, le seul au-dessus de tout nom ;                                                             sur le ciel et sur la terre, sa splendeur :

14 il accroît la vigueur de son peuple. Louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël,                                           le peuple de ses proches ! Alléluia !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17,22-27.

Comme ils étaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Et ils furent profondément attristés. Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? » Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? » Pierre lui répondit : « Des autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. Mais, pour ne pas scandaliser les gens, va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Joaquim PETIT Llimona, L.C. (Barcelona, Espagne)

«Comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée»

Aujourd'hui, la liturgie nous offre des possibilités nouvelles de réflexion. Parmi celles-ci nous pourrions nous fixer sur ce qui est présent tout au long du texte: la relation éminemment familière de Jésus avec les siens. Saint Matthieu nous dit que Jésus et les disciples «étaient réunis en Galilée» (Mt 17,22). Il semble bien évident, mais le fait de mentionner qu'ils étaient ensemble nous montre comme l'évangéliste veut souligner la proximité du Christ. Puis, Il leur ouvre son Cœur pour leur confier le chemin de sa Passion, Mort et Résurrection, c'est-à-dire, ce sentiment qu'Il porte au fond de son cœur et qu'Il ne veut pas que, ceux qu'Il aime tant, puissent ignorer. Après, le texte signale l'épisode du paiement des taxes, et ici, à nouveau, l'évangéliste nous laisse entrevoir le traitement de Jésus, en se mettant au même niveau que Pierre, en opposant les fils (Jésus et Pierre) exemptes de payer aux autres qui y sont obligés. Finalement, le Christ leur montre comment ils doivent faire pour obtenir l'argent nécessaire pour payer, pas seulement pour Lui, mais pour eux deux, de façon à ne pas être une occasion de chute et scandale.

Dans tous ces traits nous découvrons une vision fondamentale de la vie chrétienne: il s'agit de l'ardeur que Jésus y met pour rester avec nous. Le Seigneur dit dans le livre des Proverbes: «Trouvant ma joie dans les fils des hommes» (Prov 8,31). À noter comment cette réalité peut changer notre approche à la vie spirituelle sur laquelle, souvent, nous ne plaçons aucune attention alors que, par contre, nous tendons à mettre tout l'accent sur ce que nous faisons, comme si c'était cela le plus important! La vie intérieure doit se centrer sur le Christ Jésus, sur son amour pour nous, sur son dévouement jusqu'à la mort pour nous, dans sa recherche constante de notre cœur. Le Pape Jean Paul II l'a très bien exprimé lors de sa visite en Espagne en 1982, lorsqu'il a dit aux jeunes d'une voix forte: «Regardez-Le!».


 

Homélies du Père Gilbert Adam

 

Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Et ils furent profondément attristés.

La douceur de Jésus est beaucoup plus forte que la violence de ses ennemis. Il veut simplement faire la volonté du Père en aimant tous ceux que Dieu le Père lui donne. Jésus enseigne ses disciples, il leur apprend comment vivre en enfant de Dieu dans la société. Lui-même, le Fils de Dieu et le fils de l’homme, accepte tout ce qui s’impose à la vie humaine, sauf le péché. Cependant les chemins des hommes ne sont pas les chemins de Dieu, le menteur a usurpé le pouvoir pour s’asservir l’humanité. Le message que Jésus livre est éprouvant pour les disciples : Il va « être livré, ils le tueront. » C’est par la trahison de l’un des siens qu’il sera « vendu » à l’adversaire, mais le don de sa vie pour son Peuple nous réintroduit dans un ordre nouveau qui va permettre aux enfants de Dieu d’être libres ! Jésus nous sauve par son obéissance à toutes autorités légitimes en redisant que tout pouvoir vient de Dieu seul. C’est dans sa Résurrection que nous comprendrons que nous sommes enfin libérés de tout esclavage. Il faut avoir été condamné soi-même, sans autre raison que d’avoir accompli le message d’amour annoncé, pour entrer dans les sentiments du cœur de Jésus. Humainement, c’est très insupportable, car immédiatement nous crions à l’injustice ! Dans le cœur de Jésus, il n’y a aucune manifestation d’agressivité, au contraire Jésus va manifester, par sa liberté intérieure, toute la beauté et la grandeur de son amour.

 "Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent les deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, sur qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? Sur leurs fils, ou sur les autres personnes ? » Pierre lui répondit : « Sur les autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. » Jésus va coopérer avec l’autorité en place selon sa justice. C’est par obéissance qu’il nous sauve aujourd’hui encore." Jésus n’est pas obligé de payer un impôt, mais il le paie de plein gré, en pensant à son peuple, il ne souhaite pas alimenter la haine de ses ennemis. A la suite de Jésus nous demandons sans cesse à Dieu de nous donner un esprit de discernement. Nous ne renonçons pas aux obligations du monde, nous voulons effectuer « nos devoirs » en vue de contribuer aux « besoins » des autres. Par le Salut, la rédemption, Jésus nous redonne la qualité d’enfant adoptif de Dieu et nous pourrons dire en vérité : « Abba, Père. »

Il faut éviter d’être pour les gens une occasion de chute : va donc jusqu’au lac, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour toi et pour moi. » Jésus nous demande « d’éviter d’être pour les gens une occasion de chute ! » A sa Passion, nous serons scandalisés en le voyant si meurtri, mais nous comprendrons alors la beauté et la grandeur de son amour ! Jésus, dans son appartenance à l’humanité, suivra les exigences de ce monde qui va le crucifier. Il nous a préparé, par sa Parole vivante et vivifiante, à demeurer debout : « Le troisième jour, il ressuscitera. » C’est ainsi que Jésus nous dit comment nous allons être dispersés derrière lui, le condamné, et comment nous allons revenir à lui tous ensemble, dans une même foi ! Jésus, le Sauveur, a marché humblement dans ce monde, il en sera de même pour nous, dans notre marche vers le Royaume. La Pâque, le Passage de Jésus, nous permet d’être bien situés dans ce monde qui crucifie, comme dans le Royaume ou nous sommes désormais des artisans de Paix. Notre adoption sera parfaite lorsque nous serons admis à voir la face de Dieu.

Nous demandons la grâce de l’humilité pour demeurer en toute circonstance dans l’Esprit Saint.  Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 

Meditation d'un père légionnaire du Christ

 

Prière d'introduction

Seigneur, je crois en toi, Créateur de l’univers, Créateur de mon âme. J’ai confiance en toi, car par ta Providence tu veilles sur ma vie et mon bien-être. Je t’aime car tu es fidèle à tes promesses. Augmente ma foi, mon espérance et ma charité, afin que je sois, moi aussi, toujours fidèle à ton amitié.

 

Demande

Seigneur, augmente la vertu d’espérance en moi, pour que j’agisse toujours de façon à te plaire, sachant que tu es toujours fidèle à tes promesses.

 

Points de réflexion

1. « Votre maître paie bien les deux drachmes, n'est-ce pas ? » La question est posée pour mettre Pierre dans l'embarras. Jésus ne dit rien, et ne cherche pas à se justifier en s'acquittant immédiatement de l'impôt. Mais arrivé à la maison, il devance Pierre et interroge : les rois de la terre perçoivent-ils les taxes sur leurs fils, ou sur les autres personnes ? « Sur les autres », répond Pierre. « Donc les fils sont libres ». À plus forte raison, le Fils du roi des cieux ne saurait être soumis à l'impôt sur le Temple. Jésus a ainsi justifié sa liberté, mais la liberté ne se vit que dans la charité. Pour ne pas être une occasion de chute, Jésus paie l'impôt avec la pièce que Pierre trouvera dans la bouche du premier poisson qui mordra à l'hameçon. On décèle ainsi un peu de la magnifique complicité du Christ avec la création : les lys des champs et les oiseaux du ciel lui disent la providence de son Père, les champs blancs pour la moisson déploient le sens de sa mission, et ce poisson permettra de payer l'impôt avec la liberté souveraine du Fils du roi. Mais cette résolution pleine d'humour peut aussi nous laisser insatisfaits, car nous ne pouvons avoir la même légèreté. En réalité, nous avons été achetés à grand prix, et c'est bien ce que préfigure cette unique pièce donnée par Jésus pour Pierre et pour lui. C'est parce que nous avons été rachetés par l'amour, que nous sommes délivrés de tout esclavage, pour nous offrir au Christ comme des vivants revenus de la mort. Elle est immense, notre liberté, et elle ne nous a pas été donnée avec une insouciante légèreté. Elle est solidement ancrée dans le don total que le Christ a fait de lui.

 

2. Tout en ayant le droit de ne pas payer, dans sa merveilleuse délicatesse, Jésus désire ne pas scandaliser les Juifs ; il se soumet à l'impôt. Dans son affection pour Pierre, il l'associe à lui-même, toutefois en gardant son rang. Il dit : « ... pour moi et pour toi », et non « pour nous ». Enfin, il montre sa souveraineté divine en procurant miraculeusement la pièce correspondant à l'impôt. Contemplons le cœur de Jésus. Ce cœur si délicat, si charitable envers tous, si attentif, confiant en l’aide du Père, et finalement si humble ! Si humble ! Jésus, comme lors de son Baptême, se soumet à un ordre humain auquel il est bien supérieur. Il s’y soumet, parce qu’il s’est fait homme jusqu’au bout pour nous sauver. Il s’y soumet par amour pour nous. Nous pouvons avoir, nous aussi, à renoncer à certains de nos droits, par égard pour des frères. Par amour pour eux. Soyons capables, à la suite de Jésus, de sortir de notre « justice » humaine, pour faire place à l’amour chrétien. Quand notre prochain a besoin de nous et que nous sommes fatigués, et en droit de nous reposer, quand on nous a fait un tort, quand nous recevons une affirmation injuste de la part de quelqu’un que nous aimons, soyons capables de dépasser la justice, pour nous mettre au service de l’autre, pour pardonner, pour continuer à aimer de tout cœur. Nous oubliant nous- mêmes, mais étant un peu plus comme Jésus, nous gagnerons son intimité.

 

3. Quelle douceur dans cette introduction : « Qu’en penses-tu, Simon ? » (v. 25). Le Seigneur fait appel au jugement du disciple ; il l'invite à réfléchir, ce qu’il n'avait pas encore fait. Il nous y appelle souvent aussi. Soyons sur nos gardes. L'ennemi cherche à nous surprendre. Tenons-nous sans cesse près du Seigneur, et recherchons sa pensée et ses ressources. Nous pouvons compter sur lui, même si nous commettons des erreurs. Il nous redressera, comme il l'a fait pour Pierre.

 

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, je sais que tu es toujours fidèle à tes promesses. Je te remercie pour cette méditation d’aujourd’hui et pour toutes les grâces qui s’ensuivront. Aide-moi à vivre cette journée comme une nouvelle occasion de porter ma croix par amour pour toi et d’être un témoin de ton amour pour tous ceux que je rencontrerai.

 

Résolution

J’offrirai sans plainte ni lamentation les épreuves d’aujourd’hui, pour la conversion d’un pécheur.  Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)


 

Saint Pacien de Barcelone (?-v. 390), évêque. Homélie sur le baptême, 7 (trad. bréviaire : 19e sam)

Libérés par le Fils de l'homme qui se livre aux mains des hommes

Tous les peuples ont été libérés des puissances qui les tenaient captifs par notre Seigneur Jésus Christ. C'est lui, oui c'est lui qui nous a rachetés. Comme dit l'apôtre Paul : « Il nous a pardonné tous nos péchés, il a supprimé le billet attestant notre désobéissance, il l'a annulé en le clouant à la croix. En se dépouillant lui-même, il a traîné les puissances du mal dans le cortège de son triomphe » (Col 2,13-15). Il a délivré les enchaînés et il a brisé nos liens, comme David l'avait dit : « Le Seigneur redresse les opprimés, le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur ouvre les yeux des aveugles ». Et encore : « Tu as brisé mes chaînes, je t'offrirai le sacrifice de louange » (Ps 145,7-8; 115,16-17).

Oui, nous sommes délivrés de nos chaînes, nous qui avons été rassemblés à l'appel du Seigneur par le sacrement du baptême...; nous avons été libérés par le sang du Christ et l'invocation de son nom... Donc, mes bien-aimés, une fois pour toutes nous sommes lavés par l'eau du baptême, une fois pour toutes nous sommes libérés, une fois pour toutes nous sommes accueillis dans le Royaume immortel. Une fois pour toutes, « heureux ceux dont les crimes sont pardonnés, dont les péchés sont couverts » (Ps 31,1; Rm 4,7). Maintenez avec courage ce que vous avez reçu, conservez-le pour votre bonheur, ne péchez plus. Désormais, gardez-vous purs et irréprochables pour le jour du Seigneur. EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

 

 

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Evangile et Homélie du Di 07 août 2016. Tenez-vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’hoe viendra

 


Dimanche 07 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 19 ème dimanche

Saint(s) du jour : Sts Sixte II (pape) et comp., martyrs († 258), St Gaétan (Gaetano) de Thiene, fondateur (1480-1547)


 

 

Livre de la Sagesse 18,6-9.

Cette nuit avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.


Psaume 33(32),1.12.18-19.20.22.

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !


Lettre aux Hébreux 11,1-2.8-19.

Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse, car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses. C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable. C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie. S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville. Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,32-48.

Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort desinfidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, ondemandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.


 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour


Abbé Melcior QUEROL i Solà (Ribes de Freser, Girona, Espagne)

«Tenez-vous prêts: c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra»

Aujourd'hui, l'Évangile nous rappelle et nous exige de nous tenir toujours prêts «car, c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra» (Lc 12,40). Il faut toujours veiller, nous devons vivre en tension permanente, “désinstallés”, nous sommes des pèlerins sur un monde qui passe, notre véritable patrie étant le ciel. C'est vers ce point où se dirige notre vie; que nous voulions ou non, notre existence terrestre n'est qu'un projet face à notre rencontre définitive avec le Seigneur, et c'est dans cette rencontre quand «à qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage» (Lc 12,48). N'est-ce donc pas le moment le plus important de notre vie? Vivons la vie de façon intelligente, rendons-nous compte de quel est le vrai trésor! N'allons guère derrière les trésors de ce monde, comme, d'ailleurs, tant des gens font souvent. N'ayons pas leur mentalité!

D'après la mentalité du monde: autant tu vaux autant tu as! Les personnes sont valorisées à travers l'argent qu'elles possèdent, leur catégorie sociale, leur prestige, leur pouvoir... Mais tout cela, aux yeux de Dieu ne vaut rien du tout! Suppose qu'aujourd'hui l'on découvre que tu as une maladie incurable, et que l'on t'accorde tout au plus un mois de vie... qu'est ce que tu vas faire de tout ton argent? Et de ton pouvoir, de ton prestige, de ta classe sociale, qu'est ce que tu vas en faire? Ils vont te servir à rien du tout! Te rends-tu compte que tout ce que le monde évalue autant, le moment de la vérité ne sert à rien? Et alors, lorsque tu regardes en arrière, autour de toi, tu vois que tous ces valeurs sont totalement changés: la relation des personnes qui t'entourent, l'amour, ce regard de paix et de compréhension, deviennent tout à coup les vrais valeurs, les trésors authentiques que tu —derrière les dieux de ce monde— avais toujours méprisés.

Aie l'intelligence évangélique de discerner quel est le vrai trésor! Que les richesses de ton cœur ne soient pas les dieux de ce monde, mais l'amour, la vraie paix, la sagesse et tous les dons que Dieu donne à ses fils préférés.


Homélies du Père Gilbert Adam

"Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées.

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Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit ou plus tard encore et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Jésus voudrait que la Bonne Nouvelle de son Amour nous atteigne au cœur, pour que nous puissions envisager un changement, une conversion à l’écoute de la Parole de Dieu. Il nous appelle à faire preuve de disponibilité en nous libérant de tous nos soucis. Le Royaume de Dieu nous est donné, encore faut-il que nous le désirions, le Maitre nous attend pour nous servir ! Il n’est pas facile pour nous, dans la nuit de la foi, d’être attentifs, désireux d’un Royaume que nous ne voyons pas. Là où est notre trésor, là aussi est notre cœur. L’Evangile nous appelle à aimer Dieu davantage, pas seulement pour nous-mêmes, mais pour lui, pour l’humanité. Cet approfondissement de l’amour demande que nous nous perdions comme centre, que nous nous décentrions de nous-mêmes pour être tout ouvert à l’Amour.

"Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume." Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Le serviteur qui attend le retour de son maître l’attend en préparant ce qu’il veut accomplir. Il ne s’agit pas de faire autre chose pendant ce temps d’attente, que ce que veut notre maître. C’est l’Amour tout nouveau du Royaume que nous désirons. Nous savons que nous risquons de le délaisser, car nous sommes pris par les choses ce monde ! Nous considérons que nous sommes là pour recevoir la volonté de Dieu, pour répondre à ses attentes. Nous gagnons le bonheur de pouvoir l’écouter, de l’entendre se révéler, et nous entrons en dialogue permanent avec lui. Jésus nous réintroduit dans le mystère de notre filiation divine, car nous sommes l’enfant bien aimé du Père. Ce trésor est caché au plus profond de nous-mêmes, il nous faut en prendre soin. Les différentes veilles de l’Évangile nous remettent devant « l’heure » de la Passion de Jésus pour nous ! En effet Jésus prépare le Royaume en donnant sa vie pour que nous ayons une vie nouvelle, l’amour infini de Dieu pour nous.

"Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : ’Mon maître tarde à venir,’ et s’il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous invite à entrer en relation avec lui, dans une attitude d’écoute simple et profonde. Il nous demande une attitude de vigilance, pour nous laisser conduire par lui vers l’Amour. Le Royaume de Dieu est un Royaume ouvert qui nous entraine à œuvrer pour qu’il se réalise déjà par nos actes de compassion. Se faire des bourses qui ne s’usent pas, se faire un trésor dans les cieux. Car là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur, nous découvrons ainsi en nous de nouveaux aspects de notre être qui grandit en Amour de plus en plus.

Nous demandons la grâce de chercher le Royaume de Dieu et sa justice.  Père Gilbert Adam, 2016. http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Meditation de Jeanne Mendras, consacrée de Regnum Christi

Prière d'introduction

 

Mon Dieu, humblement je frappe à ta porte car je veux te rencontrer. J’ai besoin de toi. Viens dans mon cœur, ne tarde pas.

 

Demande

 

Donne moi ton cœur pour que je fasse ta mission mienne et que, comme toi, j’offre toute ma vie à sa réalisation.

 

Points de réflexion

 

1. Jésus emploie beaucoup de paraboles pour nous faire comprendre que nous sommes ses envoyés, ceux qui « travaillent » pour lui. Tout chrétien, par son baptême, est envoyé par Dieu pour continuer l’œuvre de Jésus Christ. Comme pour toute parabole, l’analogie garde ses limites. La relation maître - intendant n’est pas celle que nous devons avoir envers Dieu, mais c’est une image qui nous éclaire sur la pédagogie de Dieu. Dieu est profondément actif, il ne se désintéresse pas de sa création, mais c’est justement parce qu’il est très actif, que nous-même, qui sommes le corps mystique du Christ et ses amis, nous devons contribuer à son œuvre.

 

2. Pierre demande au Christ : « Seigneur est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tout le monde? » Jésus ne lui répond pas directement, mais comment Pierre peut-il ne pas se sentir concerné comme étant l’intendant fidèle et investi par Jésus ? Si ce n’était pas assez clair pour Pierre, Jésus lui répond en lui confiant son troupeau, dans d’autres passages (Mat 16;18 et Jn 21;17). Mais qui peut se sentir étranger à cette mission, après avoir goûté l’intimité et l’amitié de Notre Seigneur et après avoir entendu Jésus lui dire « Je ne vous appelle plus serviteurs car le serviteur ignore ce que veut faire son maître. Maintenant je vous appelle mes amis car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » ? C’est à nous tous que Jésus s’adresse. Nous sommes tous ces serviteurs et amis dont il parle.

 

3. Ce passage parle d’une tentation fréquente au cours de l’histoire: penser que la fin du monde est pour bientôt et que nous n’avons plus qu’à attendre. Du moins ce fut une grande tentation aux premiers siècles du Christianisme. C’est pourquoi Jésus veut nous prévenir, en nous affirmant que cette fin du monde tant attendue restera toujours mystérieuse. « Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra ». Certes, Jésus reviendra dans sa gloire lors de la parousie, mais nous ne savons pas quand cela aura lieu. Ce n’est pas important dans le sens où ςa ne sert à rien de se préoccuper, car ςa ne dépend pas de nous, et Jésus veut nous encourager à vivre le moment présent. C’est dans chaque moment présent que nous pouvons rencontrer Dieu, l’accueillir et le transmettre. L’avenir lui appartient, et Jésus Christ n’a-t-il pas dit : « Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde » ? (Lc, 20;28) Il est présent avec nous : vivons dès aujourd’hui les prémices de la vie éternelle, qui arrivera à sa plénitude quand Dieu l’aura voulu.

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, tu m’envoies dans le monde pour que je participe à ta mission, de faire connaître l’amour de la Sainte Trinité aux hommes et, ainsi, les préparer à ton royaume. Permets-moi, comme les vierges sages, de veiller et de persévérer dans cette mission. Ta confiance me comble, Seigneur. Je n’en suis pas digne mais si tu l’as voulu ainsi, que ta volonté soit faite.

 

Résolution

 

Vivre ma journée en prenant conscience que chaque acte que je pose, en m’unissant a Jésus Christ anticipe sa venue dans mon cœur et dans le cœur des hommes.

Regnum Christi, 2016 (http://www.regnumchristi.fr)

 


 

Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr. De l'unité, 26-27 (trad. cf. DDB 1979, p. 49 et AELF)

« Tenez-vous prêts »

C'est à notre temps que songeait le Seigneur quand il a dit : « Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,8) Nous voyons cette prophétie se réaliser. La crainte de Dieu, la loi de la justice, la charité, les bonnes œuvres, on n'y croit plus... Tout ce que craindrait notre conscience, si elle y croyait, elle ne le craint pas, parce qu'elle n'y croit pas. Car si elle y croyait, elle serait vigilante ; et si elle était vigilante, elle se sauverait.

Réveillons-nous donc, frères très chers, autant que nous en sommes capables. Secouons le sommeil de notre inertie. Veillons à observer et à pratiquer les préceptes du Seigneur. Soyons tels qu'il nous a prescrit d'être, quand il a dit : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ».

Oui, restons en tenue de service, de peur que, quand viendra le jour du départ, il ne nous trouve embarrassés et empêtrés. Que notre lumière brille et rayonne de bonnes œuvres, qu'elle nous achemine de la nuit de ce monde à la lumière et à la charité éternelles. Attendons avec soin et prudence l'arrivée soudaine du Seigneur, afin que, lorsqu'il frappera à la porte, notre foi soit en éveil pour recevoir du Seigneur la récompense de sa vigilance. Si nous observons ces commandements, si nous retenons ces avertissements et ces préceptes, les ruses trompeuses de l'Accusateur ne pourront pas nous accabler pendant notre sommeil. Mais reconnus serviteurs vigilants, nous régnerons avec le Christ triomphant. EAQ (Evangelizo.org 2001-2016).


 

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© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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