Evangile, Saint et Homélie du Mardi 28 juin 2016. Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.

 


 Mardi 28 juin 2016

Le mardi de la 13e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Irénée de Lyon, évêque et martyr († 202-203), Bse Maria Pia Mastena, vierge et fond. (1881-1951)


Livre d'Amos 3,1-8.4,11-12.

Écoutez cette parole que le Seigneur prononce contre vous, fils d’Israël, contre tout le peuple qu’il a fait monter du pays d’Égypte : « Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre ; aussi je vous demanderai compte de tous vos crimes. » Deux hommes font-ils route ensemble sans s’être mis d’accord ? Est-ce que le lion rugit dans la forêt sans avoir de proie ? Le lionceau va-t-il crier du fond de sa tanière sans avoir rien pris ? L’oiseau tombe-t-il dans le filet posé à terre sans y être attiré par un appât ? Le piège se relève-t-il du sol sans avoir rien attrapé ? Va-t-on sonner du cor dans une ville sans que le peuple tremble ? Un malheur arrive-t-il dans une ville sans qu’il soit l’œuvre du Seigneur ? – Car le Seigneur Dieu ne fait rien sans en révéler le secret à ses serviteurs les prophètes. Quand le lion a rugi, qui peut échapper à la peur ? Quand le Seigneur Dieu a parlé, qui refuserait d’être prophète ? « J’ai tout détruit chez vous, comme Dieu a détruit Sodome et Gomorrhe ; vous étiez comme un tison sauvé de l’incendie. Et vous n’êtes pas revenus à moi ! – oracle du Seigneur. C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël ! Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter, prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »

Psaume 5,5-6ab.6c-7.8.

Tu n'es pas un Dieu ami du mal,
chez toi, le méchant n'est pas reçu.
Non, l'insensé ne tient pas
devant ton regard.

Tu détestes tous les malfaisants,
tu extermines les menteurs ;
l'homme de ruse et de sang,
le Seigneur le hait.

Pour moi, grâce à ton amour,
j'accède à ta maison ;
vers ton temple saint, je me prosterne,
saisi de crainte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.

En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

 


 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

 1. « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? ». Dans les tourments et inquiétudes, le cœur du croyant se tourne vers Jésus. Or il y a de différentes façons de se tourner vers le Christ ; cela dépend du degré de la foi. Plus humaine et extérieure l’une, plus intériorisée et spirituelle une autre. Visiblement, les disciples, épouvantés par les vagues secouant la barque de l’Église, se dirigent vers le Maître plus dans la crainte que dans la foi. La simple présence de Jésus ne leur suffit pas : il leur faut l’intervention directe et musclée de Jésus pour croire que sa grâce est effective… Dans mon quotidien, ai-je la sérénité de la foi ou l’inquiétude du monde ? Est-ce que je reconnais la puissance du Christ déposée en moi par le baptême et active dans ma prière quotidienne ? Le Christ présent au Saint Sacrement est-il vivant dans mon cœur ou est-il endormi, oublié dans les tabernacles ?

2. « Jésus, debout, menaça les vents et la mer ». L’action de Jésus nous donne un modèle de foi qui ouvre à une confiance indéfectible. Cette confiance ne se limite pas aux horizons des affaires de ce monde, mais unit terre et ciel ; ce qui est de la terre est élevé au ciel. Il s’agit ici d’une proximité familière de l’âme au Seigneur des vents et des flots, Créateur de tous les éléments du monde. Jésus nous invite sur un chemin de confiance et d’espérance, qui nous délivre de la tempête des épreuves, nous met à l’abri des vents de panique soulevés par les mass-médias, et nous recentre sur l’essentiel : là où est Jésus, il n’y a rien à craindre. C’est à lui qu’il faut s’accrocher spirituellement. Humainement, il faudra ramer, écoper la barque si elle s’est remplie d’eau… et agir avec une grande confiance. Nos peurs ne sont-elles pas dues au fait de rester attachées aux commodités et habitudes horizontales de la vie ? Ai-je peur de lâcher du lest ?

3. « Il se fit un grand calme ». La paix que Jésus réalise est un don messianique. Elle ne vient pas d’une manœuvre humaine à caractère technique, mais est un don de l’Esprit qui renouvelle le monde et nos âmes. Pour l’accueillir, il faut se déposséder d’une foi rationaliste fabriquée par « abstraction » et qui produit le vent des grands discours : celui qui sème le vent récolte la tempête (cf. Osée 8, 7) au lieu de mener à la paix. C’est l’Esprit qui veut prendre le relais de la tempête des idées et idéologies, pour susciter un élan de prière et de vie spirituelle, qui devra se caler dans sa mouvance pour échapper à l’esprit du monde. De manière imprévisible émergent alors des initiatives pastorales ou des mouvements de fidèles dans l’Église qui manifestent au-delà d’une paix la vitalité insaisissable dans ce même Esprit, selon ce que Jésus a semé.

 Résolution : Je rendrai visite à Jésus dans une église pour prier pour la paix dans le monde et pour honorer sa mère, la Vierge Marie. © CLCF,  2016 (http://www.regnumchristi.fr). Tous droits réservés.


   Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org

 « Jésus lui, dormait. »

 Nous pouvons nous identifier dans la situation de la tempête apaisée par Jésus. Notre marche est une longue traversée vers le Royaume, comme une barque qui navigue sur la mer du temps, au milieu d’épreuves qui nous arrivent de manière inattendue, en nous inspirant de la crainte. Si nous croyons que Jésus est dans notre propre barque, cela ne devrait-il pas nous mettre dans une grande sérénité ? Chaque épreuve dans notre vie, quand elles se « dressent » à l’improviste, comme les vagues de la mer, devient pour nous une occasion pour nous « reposer » sur le Cœur de Jésus. La barque demeure le symbole de l’Eglise, aujourd’hui encore dans la tempête. Le « bateau » est en danger, recouvert par les vagues. Cette barque représente aussi chacun de nous, la maison de Dieu dont nous avons la grâce et la responsabilité ! Elle est envahie par les flots du doute et du désespoir bien souvent ! Or Jésus est là, dans la barque de notre vie et il peut dormir. Nous n’avons rien d’autre à faire que de réveiller Jésus qui dort en pareil danger.

"Les disciples vinrent le réveiller, en disant : Seigneur, sauve–nous, nous sommes perdus ! Il leur dit : Pourquoi êtes–vous si peureux, gens de peu de foi ? Alors il se leva, rabroua les vents et la mer, et un grand calme se fit." La raison de fond du peu de foi des Apôtres, c’est qu’ils étaient encore loin de la vraie connaissance des projets de Jésus. Si nous le connaissions mieux, notre foi serait plus solide, parce qu’elle reposerait sur une connaissance vivante de la présence mystérieuse de Jésus dans notre vie. La connaissance et l’amour de Jésus requièrent toutefois de l’attention et du temps à consacrer au Seigneur Jésus ! La foi doit s’enraciner sur une connaissance profonde du Christ, elle doit être vécue, jour après jour, il est nécessaire de l’approfondir sans cesse. Pour vivre, il nous faut mourir avec Jésus à ce monde de ténèbres et de violence pour ressusciter avec lui à la vraie vie. Si Jésus est endormi dans la barque de notre âme ensevelie par la tempête, c’est en le réveillant que nous allons revivre. Le ciel est à l’intérieur même de la mort, il est désormais en nous, il ne demande qu’à rayonner ! Le sommeil du Christ est le signe d’un mystère, le cœur de chaque fidèle est une barque naviguant sur la mer ; elle ne peut pas sombrer si l’esprit entretient de bonnes pensées de Paix.

Etonnés, ils se disaient : Quelle sorte d’homme est–il, celui–ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? Ces paroles sont très actuelles pour nous, elles ont le pouvoir de chasser toute crainte qui monte dans nos cœurs devant l’inconnu, à l’improviste, devant ce qui semble indomptable. Jésus, dans sa Présence, change radicalement notre vie si nous croyons en lui ! L’épreuve elle-même, supportée dans la foi, ne nous fait pas sombrer dans l’abîme de l’inquiétude et du désespoir, mais elle nous purifie et nous sanctifie. Dans le Tabernacle, Jésus est là comme quelqu’un qui dort, mais sa toute-puissance ne s’endort jamais, elle suscite en nous qui l’adorons, des vagues d’amour et de paix qui vont s’opposer et calmer toutes les « vagues » du mal. Nous pourrions croire, que devant le danger, il faut vite calmer le vent et la tempête extérieure ! C’est à la tempête intérieure que Jésus va s’adresser. Le salut est dans la relation qui est établie entre lui, Jésus, et nous. Le calme extérieur, obtenu après par Jésus, sera le signe que la tempête intérieure est dépassée ! C’est la Pâque, le Passage du Seigneur de la Vie. Le salut est dans cette relation qui fait jaillir le ciel sur la terre.

 

Nous demandons la grâce d’être cette « humanité de surcroit » avec laquelle jésus continue son œuvre de salut. © 2016, Père Gilbert Adam.

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 27 juin 2016


Lundi 27 juin 2016

Temps liturgique: 13e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Cyrille d'Alexandrie, docteur de l'Église (370-444), Bse Marguerite Bays, couturière mystique († 1879)


Livre d'Amos 2,6-10.13-16.

Ainsi parle le Seigneur : À cause de trois crimes d’Israël, et même de quatre, je l’ai décidé sans retour ! Ils vendent le juste pour de l’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Ils écrasent la tête des faibles dans la poussière, aux humbles ils ferment la route. Le fils et le père vont vers la même fille et profanent ainsi mon saint nom. Auprès des autels, ils se couchent sur les vêtements qu’ils ont pris en gage. Dans la maison de leur Dieu, ils boivent le vin de ceux qu’ils ont frappés d’amende. Moi, pourtant, j’avais détruit devant eux l’Amorite, dont la stature égalait celle des cèdres et la vigueur, celle des chênes ! Je l’avais anéanti de haut en bas, depuis les fruits jusqu’aux racines. Moi, je vous avais fait monter du pays d’Égypte et je vous avais, pendant quarante ans, conduits à travers le désert, pour vous donner en héritage le pays de l’Amorite. Eh bien, moi, maintenant, je vous écraserai sur place, comme un char plein de gerbes écrase tout sur son passage. L’homme le plus rapide ne pourra pas fuir, le plus fort ne pourra pas montrer sa vigueur, même le héros ne sauvera pas sa vie. L’archer ne tiendra pas, le coureur n’échappera pas, le cavalier ne sauvera pas sa vie. Le plus brave s’enfuira tout nu, ce jour-là, – oracle du Seigneur.

Psaume 50(49),16bc-17.18-19.20-21ab.21cd-22.23.

« Qu'as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n'aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ?

« Si tu vois un voleur, tu fraternises,
tu es chez toi parmi les adultères ;
tu livres ta bouche au mal,
ta langue trame des mensonges.

« Tu t'assieds, tu diffames ton frère,
tu flétris le fils de ta mère.
Voilà ce que tu fais ;
garderai-je le silence ?

« Penses-tu que je suis comme toi ?
Je mets cela sous tes yeux, et je t'accuse.
Comprenez donc, vous qui oubliez Dieu :
sinon je frappe, et pas de recours !

« Qui offre le sacrifice d'action de grâce,
celui-là me rend gloire :
sur le chemin qu'il aura pris,
je lui ferai voir le salut de Dieu. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,18-22.

En ce temps-là, Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive. Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Abbé Jordi PASCUAL i Bancells (Salt, Girona, Espagne)

«Suis-moi»

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente à travers ses deux personnages principaux une des qualités du bon disciple de Jésus: son indifférence à l'égard des biens matériels. Mais auparavant, le texte de saint Matthieu nous mentionne un détail que je ne voudrais pas négliger de souligner: «Jésus, voyant la foule autour de lui...» (Mt 8,18).

Une grande foule s'est assemblée auprès de Jésus pour écouter ses paroles, pour que ses maux, corporels et spirituels, soient taris; ils cherchent le salut et une souffle de Vie Joyeuse et Éternelle dans l'agitation de ce monde.

Il advient aujourd'hui quelque chose de semblable: tous —sens en prendre, peut être, conscience— avons besoin de Dieu, de rassasier notre cœur des véritables biens, comme la connaissance et l'amour de Jesús- Christ et une vie d'amitié avec Lui. Sinon, nous pouvons tomber dans le piège de vouloir remplir notre cœur d'autres “dieux” qui ne peuvent pas donner du sens à notre vie: le téléphone portable, l'Internet, les vacances aux Bahamas, le travail ininterrompu pour gagner chaque fois un peu plus d'argent, une voiture meilleure que celle du voisin, ou la salle de gym pour arborer le plus beau physique du pays.... C'est exactement ce qui arrive aujourd'hui à beaucoup du monde.

Par contraste, le cri plein de force et de confiance du Pape Jean Paul II retentit, lorsqu'il parle aux jeunes du monde: «On peut être moderne et profondément fidèle à Jésus Christ». Pour cela, comme dit le Seigneur, il est nécessaire de savoir renoncer à tout ce qui nous lie à une vie trop matérialiste qui ferme les portes à l'Esprit.

«Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. (…) Suis-moi» (Mt 8,22), nous dit l'Évangile d'aujourd'hui. Et saint Grégoire le Grand nous rappelle: «Les choses temporelles pour en user, les éternelles pour en jouir; temporelles comme à des voyageurs, les éternelles comme à des hommes en repos». C'est un bon critère pour examiner si nous suivons les traces de Jésus. © evangeli.net M&M Euroeditors.


  Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org

 Se voyant entouré de foules nombreuses, Jésus donna l’ordre de s’en aller sur l’autre rive.

Une grande foule s’est assemblée auprès de Jésus pour écouter ses paroles, et pour que ses maux soient guéris. Nous sommes déconcertés comme ces foules et nous voulons suivre Jésus, passer avec lui sur l’autre rive. Nous cherchons le salut et un souffle de Vie dans l’agitation du monde. "Jésus donna l’ordre de s’en aller sur l’autre rive." Il nous faut vivre la Paque, le passage de ce monde au Royaume de l’amour de Dieu. C’est l’autre rive de l’amour de Dieu pour nous, ses enfants, nous sommes tendrement aimés de lui. Opérer cette nouvelle étape dans notre vie, c’est notre vocation chrétienne. Dans le mystère pascal, nous nous nourrissons du Corps et du Sang de Jésus qui nous entraîne sur la rive de l’accueil et de l’amour, pour que notre vie soit en lui. Jésus demeure en nous, notre cœur est sa maison, sa demeure est dans notre vie, c’est là qu’il trouve un abri. L’autre rive est le lieu de la charité, c’est le lieu de l’amour infini de Dieu, c’est le lieu d’une communion d’Amour. Nous sommes bénis en étant appelés à partager l’immense pauvreté de ce grand Dieu, de notre modeste manière. Nous cultivons l’esprit de l’abandon, nous tressaillons de la joie de Dieu.

« Et un scribe s’approchant lui dit : « Maître, je te suivrai où que tu ailles. » Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » Jésus, qui a pris chair de la Vierge Marie sa mère, dans l’amour fou du Saint Esprit, manifeste l’amour du Père dans la chair humaine. Le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête quand son amour n’est pas accueilli. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reconnu ! » L’amour infini de Dieu refusé aboutira au sacrifice de Jésus sur la Croix. C’est vraiment la grande pauvreté de Jésus ! Il nous est nécessaire de savoir renoncer à tout ce qui nous lie à une vie trop matérialiste qui ferme les portes à l’Esprit Saint. Jésus est notre richesse, nous savons qu’il est chez lui chez nous. Le Fils de l’Homme, le Seigneur du ciel et de la terre, celui qui possède tout, mendie le cœur de sa petite créature ! Sa pauvreté est splendide et riche, choisie par amour pour nous, avec l’intention de nous enrichir.

« Un autre des disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. » Tous, nous avons besoin de Dieu, nous avons besoin de rassasier notre cœur avec des véritables biens, comme la connaissance et l’amour de Jésus, une vie d’amitié avec Lui. A travers ces différentes étapes de l’humanité, l’amour inconditionné de Dieu pour nous est une révélation constante. Le monde continue à enterrer ses morts, il continue sa course selon ses propres repères qui ne sont pas ceux du Royaume ! Nous pouvons tomber dans le piège des traditions humaines, vouloir remplir notre cœur de faux “dieux” qui ne peuvent pas donner de sens à notre vie. Beaucoup de personnes dans le monde sont prises dans un tourbillon d’habitudes, et si nous n’y prenons garde, il nous advient quelque chose de semblable. Il nous faut demeurer proches les uns des autres, comme Dieu s’est rendu proche de chacun de nous. Nous vivons ce nouvel amour dans le respect de ce que nous sommes : appelés à la vie éternelle. Plus l’humanité avance dans sa course, plus le combat est immense. Suivre Jésus, c’est le suivre dans son combat pour la vie !

Nous demandons la grâce d’entrer dans cet amour absolument fou, vrai défi pour l’humanité. © 2016, Père Gilbert Adam.

 


Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
Retraite à Nazareth (Ecrits spirituels, Gigord 1923, p. 104)

« Le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête »

Ô mon Seigneur Jésus, voici donc cette divine pauvreté ! Comme il faut que ce soit vous qui m'en instruisiez ! Vous l'avez tant aimée ! ... Dans votre vie mortelle, vous avez fait d'elle votre compagne fidèle. Vous l'avez laissée en héritage à vos saints, à tous ceux qui veulent vous suivre, à tous ceux qui veulent être vos disciples. Vous l'avez enseignée par les exemples de toute votre vie ; vous l'avez glorifiée, béatifiée, proclamée nécessaire par vos paroles. Vous avez choisi pour parents de pauvres ouvriers ; vous êtes né dans une grotte servant d'étable ; vous avez été pauvre dans les travaux de votre enfance. Vos premiers adorateurs sont des bergers. À votre Présentation au Temple, on a offert le don des pauvres. Vous avez vécu trente ans pauvre ouvrier, dans ce Nazareth que j'ai le bonheur de fouler, où j'ai la joie...de ramasser du fumier.

Puis pendant votre vie publique, vous avez vécu d'aumônes au milieu de pauvres pêcheurs que vous aviez pris comme compagnons. « Sans une pierre pour poser votre tête ». Sur le Calvaire, vous avez été dépouillé de vos vêtements, votre seule possession, et les soldats les ont joués entre eux. Vous êtes mort nu, et vous avez été enseveli par aumône, par des étrangers. « Bienheureux les pauvres ! » (Mt 5,3)

Mon Seigneur Jésus, comme il sera vite pauvre celui qui, vous aimant de tout son cœur, ne pourra souffrir d'être plus riche que son Bien-aimé ! ©Evangelizo.org 2001-2016.

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 21 juin 2016. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux

 


 Mardi 21 juin 2016

Le mardi de la 12e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Luigi (Louis) Gonzaga, jésuite (1568-1591) - Mémoire, St José Isabel Flores Varela, prêtre et martyr (1866-1927)


Deuxième livre des Rois 19,9b-11.14-21.31-35a.36.

En ces jours-là, Sennakérib, roi d’Assour, envoya des messagers dire à Ézékias : « Vous parlerez à Ézékias, roi de Juda, en ces termes : Ne te laisse pas tromper par ton Dieu, en qui tu mets ta confiance, et ne dis pas : “Jérusalem ne sera pas livrée aux mains du roi d’Assour !” Tu sais bien ce que les rois d’Assour ont fait à tous les pays : ils les ont voués à l’anathème. Et toi seul, tu serais délivré ? » Ézékias prit la lettre de la main des messagers ; il la lut. Puis il monta à la maison du Seigneur, déplia la lettre devant le Seigneur, et, devant lui, pria en disant : « Seigneur, Dieu d’Israël, toi qui sièges sur les Kéroubim, tu es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c’est toi qui as fait le ciel et la terre. Prête l’oreille, Seigneur, et entends, ouvre les yeux, Seigneur, et vois ! Écoute le message envoyé par Sennakérib pour insulter le Dieu vivant. Il est vrai, Seigneur, que les rois d’Assour ont ravagé les nations et leur territoire, et brûlé leurs dieux : en réalité, ce n’étaient pas des dieux, mais un ouvrage de mains d’hommes, fait avec du bois et de la pierre ; c’est pourquoi ils ont pu les faire disparaître. Maintenant, je t’en supplie, Seigneur notre Dieu, sauve-nous de la main de Sennakérib, et tous les royaumes de la terre sauront que tu es, Seigneur, le seul Dieu ! » Alors le prophète Isaïe, fils d’Amots, envoya dire à Ézékias : « Ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : J’ai entendu la prière que tu m’as adressée au sujet de Sennakérib, roi d’Assour. Voici la parole que le Seigneur a prononcée contre lui : Elle te méprise, elle te nargue, la vierge, la fille de Sion. Elle hoche la tête pour se moquer de toi, la fille de Jérusalem. Oui, un reste sortira de Jérusalem, et des survivants, de la montagne de Sion. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur ! Et voici ce que dit le Seigneur au sujet du roi d’Assour : Il n’entrera pas dans cette ville, il ne lui lancera pas une seule flèche, il ne lui opposera pas un seul bouclier, il n’élèvera pas un seul remblai : il retournera par le chemin par lequel il est venu. Non, il n’entrera pas dans cette ville, – oracle du Seigneur. Je protégerai cette ville, je la sauverai à cause de moi-même et à cause de David mon serviteur. »
La nuit même, l’ange du Seigneur sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp assyrien. Sennakérib, roi d’Assour, plia bagage et s’en alla. Il revint à Ninive et y demeura.

Psaume 48(47),2-3ab.3cd-4.10.11c-12a.

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
dans la ville de notre Dieu,
sa sainte montagne, altière et belle,
joie de toute la terre.

La montagne de Sion, c'est le pôle du monde,
la cité du grand roi ;
Dieu se révèle, en ses palais,
vraie citadelle.

Dieu, nous revivons ton amour
au milieu de ton temple.
Ta main droite qui donne la victoire
réjouit la montagne de Sion.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Deacre Abbé Evaldo PINA FILHO (Brasilia, Brsil)

«Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens»

Aujourd'hui, le Seigneur nous donne trois conseils. Le premier, «Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens; vos perles, ne les jetez pas aux cochons» (Mt 7,6), un contraste où d'une part les "biens" sont associés aux "perles" et à "ce qui est sacré", et d'autre part les "chiens et les cochons" à ce qui est impur. Saint Jean Chrysostome nous enseigne que "nos ennemis sont pareils que nous dans leur nature mais non pas dans leur foi". Même si les richesses terrestres sont accordées d'une même manière aux dignes comme aux indignes, il n'est pas de même pour les "grâces spirituelles", privilège de ceux qui sont fidèles à Dieu. La distribution vraie des biens spirituels implique un zèle pour les choses sacrées.

Le deuxième c'est ce qu'on appelle la "règle d'or" (cf. Mt 7,12) qui résumait tout ce que la Loi et les prophètes avaient annoncé, telles les branches d'un même arbre: l'amour du prochain présuppose l'amour de Dieu et provient de Lui.

Faire au prochain ce que nous aimerions qu'on fasse pour nous, implique une transparence dans ce qu'on fait aux autres, dans la reconnaissance de sa ressemblance à Dieu et de sa dignité. Pourquoi recherchons-nous le Bien pour nous-mêmes? Parce que nous reconnaissons que c'est le seul moyen de nous identifier et nous unir au Créateur. Etant donné que le Bien est le seul moyen de vivre sa vie dans sa plénitude, l'absence de ce bien est inconcevable dans notre relation avec notre prochain. Il n'y a pas de place pour le Bien là ou prédominent le mensonge et le mal.

Le dernier, la "porte étroite"… le pape Benoît XVI nous demande: «Que signifie cette "porte étroite"? Pourquoi un grand nombre ne réussit-il pas à y entrer? S'agit-il d'un passage réservé uniquement à quelques élus?» la réponse est non!, le message du Christ nous dit que «tous peuvent entrer dans la vie, mais pour tous, la porte est "étroite"… Le passage vers la vie éternelle est ouvert à tous, mais il est "étroit" car il est exigeant, il demande engagement, abnégation, et mortification de son égoïsme».

Prions le Seigneur qui a obtenu le salut de l'univers par sa mort et sa résurrection, afin que nous soyons tous réunis au Banquet de la vie éternelle.

+ Abbé Lluís ROQUÉ i Roqué (Manresa, Barcelona, Espagne)

«Entrez par la porte étroite»

Aujourd'hui, Jésus nous fait trois recommandations importantes. Néanmoins, nous allons nous concentrer sur la dernière: «Entrez par la porte étroite» (Mt 7,13), afin d'avoir une vie pleine et être toujours dans la joie, afin d'éviter la perdition et se voir condamné pour toujours.

Si tu regardes autour de toi et que tu jettes un regard sur ta vie, tu verras que tout ce qui vaut la peine coûte cher, et que tout ce qui à un certain niveau est assujetti à l'enseignement du Maître: tel qu'il a été dit par les Pères de l'Église dans leur grande sagesse: «Sur la Croix s'accomplissent tous les mystères qui concourent à notre salut» (Saint Jean Chrysostome). Un jour une dame âgée me disait un jour sur son lit de mort qu'elle avait beaucoup souffert dans la vie: «Père, qui n'a pas goûté la souffrance de la croix ne peut pas désirer le ciel, sans croix il n'y a pas de ciel».

Tout cela contredit notre nature tombée dans la disgrâce, même si elle a été rachetée. C'est pour cela, qu'en plus de nous affronter à notre manière naturelle d'être, nous devons également aller à l'encontre de tout ce qui nous entoure car le milieu dans lequel nous vivons pousse au matérialisme et à la jouissance des sens, qui cherchent —au prix de cesser d'être nous-mêmes— de posséder toujours plus et ainsi obtenir l'ultime plaisir.

En suivant Jésus —qui a dit «Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie» (Jn 8,12)— nous nos rendons compte que l'Évangile ne nous condamne pas à une vie sombre, ennuyeuse et malheureuse, mais au contraire, il nous promet et nous donne la véritable joie. Nous n'avons qu'à parcourir les Béatitudes et constater que ceux qui sont passés par la “petite porte” ont vécu heureux et ont partagé leur bonheur avec les autres, en obtenant —par leur foi et espérance en Celui qui ne déçoit pas— la récompense de l'abnégation: «Personne n'aura quitté à cause du royaume de Dieu une maison, une femme, des frères, des parents, des enfants, sans qu'il reçoive en ce temps-ci bien davantage et, dans le monde à venir, la vie éternelle» (Lc 18,30). Le “oui” de Marie est accompagné de l'humilité, la pauvreté, la croix, mais aussi de la récompense pour sa fidélité et son dévouement généreux.

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Origène (v. 185-253), prêtre et théologien. Homélies sur l'Exode, n°5, 3 ; SC 321 (trad. SC p. 157 rev.)

« Il est resserré, le chemin qui conduit à la vie »

Voyons ce que Dieu a dit à Moïse, quelle route il a eu ordre de choisir... Tu croyais peut-être que le chemin que Dieu montre est uni et facile, qu'il ne comporte absolument rien de difficile ou de pénible ; au contraire, c'est une montée, et une montée tortueuse. Car le chemin par où on tend aux vertus ne va pas en descendant, mais en montant, et c'est une montée resserrée et difficile. Écoute le Seigneur encore dire dans l'Évangile : « Combien étroite et resserrée est la voie qui mène à la vie ! » Vois donc combien l'Évangile est en harmonie avec la Loi... N'est-il pas vrai que même des aveugles peuvent le voir clairement : un seul Esprit a écrit la Loi et l'Évangile.

Le chemin où on s'avance est donc une montée tortueuse...; les actes et la foi comportent bien des difficultés, bien des peines. Car bien des tentations et bien des obstacles s'opposent à ceux qui veulent agir selon Dieu. Ensuite, dans la foi, on trouve bien des choses tortueuses, beaucoup de points de discussion, bien des objections d'hérétiques... Écoute ce que dit Pharaon en voyant la route que Moïse et les Israélites avaient prise : « Ces gens-là s'égarent » (Ex 14,3). Pour Pharaon, ceux qui suivent Dieu s'égarent. C'est que, on l'a dit, le chemin de la sagesse est tortueux, avec maints tournants, maintes difficultés, nombre de détours. Ainsi, confesser qu'il y a un seul Dieu, et affirmer dans la même confession que le Père, le Fils et Saint Esprit sont un seul Dieu, combien tortueux, combien difficile, combien inextricable cela paraît-il aux infidèles ! Ajouter ensuite que « le Seigneur de majesté » a été crucifié (1Co 2,8), et qu'il est le Fils de l'homme « qui descendit du ciel » (Jn 3,13), combien cela paraît tortueux et combien difficile ! Qui l'entend sans la foi dit : « Ces gens-là s'égarent ». Mais toi, sois ferme, ne mets pas en doute une telle foi, sachant que Dieu te montre cette route de la foi.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 20 juin 2016. Enlève d’abord la poutre de ton œil [...]


Lundi 20 juin 2016

Le lundi de la 12e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St. Nikovlao Kabavsila, théologien orthodoxe († 1397) , Bse Margaret Ball, veuve et martyre (v. 1515-1584)



Deuxième livre des Rois 17,5-8.13-15a.18.

En ces jours-là, Salmanasar, roi d’Assour lança des attaques à travers tout le pays d’Israël, et monta contre Samarie, qu’il assiégea pendant trois ans. La neuvième année du règne d’Osée, il s’empara de Samarie et déporta les gens d’Israël au pays d’Assour. Il les fit habiter à Halah, sur le Habor, fleuve de Gozane, et dans les villes de Médie. Cela arriva parce que les fils d’Israël avaient péché contre le Seigneur leur Dieu, lui qui les avait fait monter du pays d’Égypte et les avait arrachés au pouvoir de Pharaon, roi d’Égypte. Ils avaient adoré d’autres dieux et suivi les coutumes des nations que le Seigneur avait dépossédées devant eux. Voilà ce qu’avaient fait les rois d’Israël. En effet, le Seigneur avait donné cet avertissement à Israël et à Juda, par l’intermédiaire de tous les prophètes et de tous les voyants : « Détournez-vous de votre conduite mauvaise. Observez mes commandements et mes décrets, selon toute la Loi que j’ai prescrite à vos pères et que je leur ai fait parvenir par l’intermédiaire de mes serviteurs les prophètes. » Mais ils n’ont pas obéi et ils ont raidi leur nuque comme l’avaient fait leurs pères, qui n’avaient pas fait confiance au Seigneur leur Dieu. Ils ont méprisé ses lois, ainsi que l’Alliance qu’il avait conclue avec leurs pères et les avertissements qu’il leur avait donnés. Alors le Seigneur s’est mis dans une grande colère contre les tribus d’Israël et les a écartées loin de sa face. Il n’est resté que la seule tribu de Juda.

Psaume 60(59),3-4.5-6.13-14.

Dieu, tu nous as rejetés, brisés ;
tu étais en colère, reviens-nous !
Tu as secoué, disloqué le pays ;
répare ses brèches : il s'effondre.

Tu mets à dure épreuve ton peuple,
tu nous fais boire un vin de vertige.
Tu as donné un étendard à tes fidèles,
était-ce pour qu'ils fuient devant l'arc ?

Porte-nous secours dans l'épreuve :
néant, le salut qui vient des hommes !
Avec Dieu nous ferons des prouesses,
et lui piétinera nos oppresseurs !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,1-5.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Abbé Jordi POU i Sabater (Sant Jordi Desvalls, Girona, Espagne)

«Le jugement que vous portez contre les autres sera porté aussi contre vous; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous»

Aujourd'hui, l'Évangile me rappelle les paroles de la Maréchale dans le roman le Chevalier à la Rose, de Hugo von Hofmansthal: «C'est la manière qui fait la grande différence». La façon dont nous agissons changera le résultat dans de nombreux aspects de notre vie, surtout dans le contexte spirituel.

Jésus nous dit: «Ne jugez pas, pour ne pas être jugés» (Mt 7,1). Mais Jésus nous dit aussi de corriger celui qui est dans le péché, et pour cela il faut que nous ayons déjà fait un quelconque “jugement”. Même Saint Paul juge dans ses écrits la communauté de Corinthe et Saint Pierre condamne Ananias et son épouse pour leurs mensonges. C'est pour cela que Saint Jean de Chrysostome justifie cela en disant: «Jésus ne dit pas que nous ne devons pas éviter qu'un pécheur s'arrête de pécher, nous devons certainement le corriger, mais pas comme un ennemi qui cherche la vengeance, plutôt comme le médecin qui donne un remède au malade». Notre jugement doit donc se faire surtout dans un but de correction et non pas de vengeance.

Mais ce que dit Saint Augustin est encore plus intéressant: «Le Seigneur nous avertit de ne pas juger rapidement et injustement (…). Réfléchissons d'abord si nous n'avons pas commis un péché semblable, rappelons-nous aussi que nous sommes fragiles, et jugeons toujours avec l'intention de servir Dieu et non pas nous-mêmes». Si lorsque nous voyons les péchés de nos frères nous voyons les nôtres, il ne nous arrivera pas comme il est dit dans l'Évangile de vouloir “retirer la paille de l'oeil de notre frère alors qu'il y a une poutre dans le nôtre” (cf Mt 7,3).

Si nous avons une bonne formation, nous verrons, presque de manière inconsciente, les bonnes et les mauvaises choses chez les autres: et nous rendrons un jugement. Mais le fait de voir les fautes chez les autres avec un point de vue comme mentionné ci-dessus nous aidera dans notre “manière” de juger: cela nous aidera à ne pas juger juste pour juger ou juste pour faire un commentaire ou pour cacher nos défaillances ou simplement parce que tout le monde le fait. Et pour terminer, ayons surtout à l'esprit les paroles de Jésus: «La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous» (Mt 7,2).


Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org

Pourquoi regardes–tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques–tu pas la poutre qui est dans ton œil ?

« Comment peux-tu dire à ton frère laisse-moi retirer la paille de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi. » La manière bienveillante dont nous jugeons et agissons avec nos voisins, change les relations de notre voisinage. Nous sommes surpris des changements d’attitude que nous obtenons, avec de la bienveillance dans notre regard. Jésus nous dit de corriger ce qui est ténébreux dans notre regard et dans notre vie pour mieux voir notre prochain. Si je suis gêné par le « défaut » de l’autre, c’est que ce "défaut" agit puissamment en moi, sinon, le « défaut » de l’autre ne me gênerait pas à ce point ! Nous projetons sur le visage de l’autre ce qui se trouve dans notre cœur, sans nous en apercevoir, dans un processus inconscient ! La seule manière d’être vrai avec nos frères, c’est d’entrer dans la vérité de Dieu. Lui, Dieu, ne cesse pas de nous regarder avec bienveillance. Il nous attire à lui par son amour qui nous faire grandir. Dégagés de tout jugement, nous voyons nos familles, nos communautés et l’Eglise dans une lumière nouvelle. Alors nous pouvons bâtir la civilisation de l’Amour.

Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ! Alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. Jésus nous demande de ne pas juger rapidement et injustement sur un fait ou une personne, mais de réfléchir d’abord à notre attitude en de pareilles circonstances. Si nous avons commis une erreur semblable, sans nous en apercevoir, notre inconscient est à l’œuvre. Cette situation nous rappelle alors que nous sommes fragiles. Nous jugeons souvent avec l’intention de servir Dieu et d’aider nos frères, mais ce n’est pas de manière appropriée, c’est pour nous-mêmes, pour avoir bonne conscience. Lorsque nous voyons les péchés de nos frères, ce sont les nôtres qui apparaissent ! Il nous arrive de vouloir “retirer la paille de l’œil de notre frère alors qu’il y a une poutre dans le nôtre.” Jésus est la bienveillance totale et absolue, il n’y a en Lui aucune accusation. Dans le regard de Jésus, nous contemplons la bienveillance de Dieu. C’est le regard dont nous avons besoin pour nous édifier dans le Christ. Si nous nous regardons les uns et les autres comme aimés de Dieu, nous serons dans le regard de Dieu, et tout changera dans la famille, le couple et les enfants. Tout changera pour la communauté parce que nous nous regarderons autrement. C’est une véritable délivrance que nous demandons dans la prière, car Jésus peut vraiment nous sauver. L’Apocalypse révèle que celui qui accuse est menteur des l’origine. C’est « l’accusateur des frères, celui qui les accuse jour et nuit. »

« Ne jugez pas pour ne pas être jugés. Le jugement que vous portez contre les autres sera porté contre vous. » Jésus démasque nos projections pour nous en délivrer. « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » Nous aimons un regard bienveillant qui nous encourage et nous aide à grandir. C’est dans la mesure ou nous aimerons, que nous grandirons. Certes la prudence envers l’autre est nécessaire, elle nous donne de progresser dans l’amour. Face à l’adversaire qui agit avec violence pour détruire l’amour de Jésus, je dois réagir. Cependant un regard encourageant remet debout, il nous permet de nous regarder les uns et les autres dans la vérité de l’amour. Si nous avons le désir de demeurer en Jésus, nous verrons de bonnes et de mauvaises choses. Mais nous demanderons à Jésus de rendre un jugement, et nous lui remettrons notre jugement pour qu’il l’éclaire. Cela nous aidera à demeurer avec lui, à ne pas juger à chaque instant ce que tout le monde le fait : « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Nous demandons la grâce d’être libérés de l’adversaire pour devenir l’ami de Jésus. © 2016, Père Gilbert Adam

 


 

 Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
L'Échelle sainte, 10ème degré (trad. Bellefontaine 1978, coll. SO 24, p. 138 rev.)

 

« Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère ? »

 

 J'ai entendu certains parler en mal de leur prochain, et je les ai repris. Pour se défendre, ces ouvriers du mal ont répliqué : « C'est par charité et par sollicitude que nous parlons ainsi ! » Mais je leur ai répondu : Cessez de pratiquer une pareille charité, sinon vous accuseriez de mensonge celui qui dit : « Qui dénigre en secret son prochain, celui-là je le repousse » (Ps 100,5). Si tu l'aimes, comme tu le dis, prie en secret pour lui, et ne te moque pas de cet homme. C'est cette manière d'aimer qui plaît au Seigneur ; ne perds pas cela de vue, et tu veilleras très soigneusement à ne pas juger les pécheurs. Judas était du nombre des apôtres et le larron faisait partie des malfaiteurs, mais quel changement étonnant en un instant ! .

Réponds donc à celui qui te dit du mal de son prochain : « Arrête, frère ! Je tombe moi-même chaque jour dans des fautes plus graves ; dès lors, comment pourrais-je condamner celui-ci ? » Tu obtiendras ainsi un double profit : tu te guériras toi-même et tu guériras ton prochain. Ne pas juger est un raccourci qui conduit au pardon des péchés si cette parole est vraie : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés »... Certains ont commis de grandes fautes à la vue de tous, mais ils ont accompli en secret de plus grands actes de vertu. Ainsi leurs détracteurs se sont-ils trompés en ne s'attachant qu'à la fumée sans voir le soleil.

Les censeurs hâtifs et sévères tombent dans cette illusion parce qu'ils ne gardent pas le souvenir et le souci constant de leurs propres péchés... Juger les autres, c'est usurper sans honte une prérogative divine ; les condamner, c'est ruiner notre propre âme... Comme un bon vendangeur mange les raisins mûrs et ne cueille pas les raisins verts, de même, un esprit bienveillant et sensé note soigneusement toutes les vertus qu'il voit dans les autres ; mais c'est l'insensé qui scrute les fautes et les déficiences.

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Evangile, Saint et Homélie du Dimanche 19 juin 2016

Dimanche 19 juin 2016

Temps liturgique: 12ème dimanche du Temps Ordinaire

Saint(s) du jour : St Romuald, fondateur des Camaldules (v. 952-1027), Ste Julienne (Giuliana) Falconieri, vierge (1270-1341)

1ère lecture : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37) (Za 12, 10-11a ; 13, 1)

Lecture du livre du prophète Zacharie

Ainsi parle le Seigneur : Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé,ils feront une lamentation sur lui comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme on pleure sur un premier-né. Ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem. Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure. – Parole du Seigneur.

 

Psaume : Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 8-9

R/ Mon âme a soif de toi,

Seigneur, mon Dieu.

Dieu, tu es mon Dieu,

je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
Mon âme s’attache à toi,
ta main droite me soutient.

 

2ème lecture : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3, 26-29)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères, tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse.  – Parole du Seigneur.

Evangile : « Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Lc 9, 18-24)

Acclamation : Alléluia. Alléluia.

Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »     Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »    Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »     Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,     et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »    Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »  – Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour :

Abbé Ferran JARABO i Carbonell (Agullana, Girona, Espagne)

«Et vous qui dites-vous que je suis?»

Aujourd'hui, dans l'Évangile, Jésus nous propose une question clé, fondamental. Notre vie en dépend: «Et vous qui dites-vous que je suis?» (Lc 9,20). Pierre répond au nom de tous avec promptitude et une foi claire: «Le Christ de Dieu». Et quelle est notre réponse? Connaissons-nous Jésus suffisamment pour pouvoir y répondre? La prière, la lecture de l'Évangile, la vie sacramentelle et l'Église sont des sources inséparables qui nous mènent à Le connaître et à “Le vivre”. Jusqu'à ce que nous ne soyons pas capables de répondre avec Pierre, avec tout notre cœur et avec la même simplicité..., nous ne serons pas transformés par Lui. Nous devons arriver à éprouver ce que Pierre a éprouvé, à ressentir comme l'Église, pour pouvoir répondre d'une façon satisfaisante à la question de Jésus!

Mais l'Évangile d'aujourd'hui se termine avec une exhortation à Le suivre en toute humilité et négation et avec la Croix. Suivre à Jésus de cette façon ne peut nous donner que le salut, la liberté. «Ce qui arrive avec l'or pur, arrive aussi avec l'Église; c'est-à-dire, quand elle traverse le feu elle ne sent aucun mal, plutôt au contraire, son splendeur augmente» (Saint Ambroise).

Ni les contrariétés, ni les persécutions à cause du Royaume, doivent nous faire peur, elles doivent être plutôt un motive d'espoir et, même, de joie. Donner sa vie pour le Christ ce n'est pas la perdre, mais c'est la gagner pour l'éternité. Jésus nous demande de nous humilier tout à fait par fidélité à l'Évangile; Il veut que, librement, nous lui donnions notre existence. Cela vaut la peine de donner sa vie pour le Royaume!

Suivre, imiter, vivre la vie de la grâce, en somme, rester avec Dieu est l'objet de notre vie Chrétienne: «Dieu s'est fait homme afin que l'homme devienne Dieu, chose avant impossible» (Saint Augustine). Que Dieu, avec la force de son Esprit Saint, puisse nous y aider!

Père Gilbert Adam http://www.pere-gilbert-adam.org

Et il advint, comme Jésus était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ?

 

« Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité. Mais pour vous, leur dit-il, qui suis- je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. » L’identité de Jésus est une question essentielle pour les disciples : « Mais pour vous, qui suis-je » ? leur dit Jésus. La réponse que nous lui apportons aura de grandes conséquences sur notre manière de nous situer face à lui et dans notre vie. Ce sera aussi la manière dont nous nous comprenons, dont nous comprenons le monde qui se reçoit de cette réponse. Cette question essentielle de l’identité de Jésus dit beaucoup de la manière dont nous le comprenons déjà. Pierre manifeste le cri de l’humanité qui recherche son Sauveur et son Dieu. Jésus leur prescrivit de ne le dire à personne, car son heure n’était pas encore venue. Nous sommes si blessés et si pécheurs, que nous pourrions encore nous retourner contre Dieu par une attitude toute humaine, et de recherche d’intérêt personnel ! Il nous faut sortir de la colère et de la violence, de la vengeance et de la mort qui sommeille en nous. Cette conversion opère un retournement pour entrer dans les paroles de Jésus qui sont le fruit de sa relation au Père. Dieu nous donne un esprit d’amour qui fait naître en nous la bonté et la reconnaissance. C’est le don qui nous donne de nous tourner gracieusement vers Jésus le Sauveur ! Nous nous rendons compte alors que Dieu est amour, qu’il est amour au cœur de notre humanité en détresse.

 

« Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne. « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. » Jésus parle à ses disciples de son secret, de la relation avec son Père qui l’assure en son être, et qui lui donne sa mission. La réponse de Pierre : Tu es « le Messie de Dieu » deviendra pour lui l’accomplissement d’un long cheminement qui lui fera reconnaître Jésus comme le Messie ! Jésus appelle alors ses disciples à la discrétion concernant son chemin, chemin qui révèle son être, sa manière d’être, mais aussi la manière dont il est le Sauveur de l’humanité qui va le rejeter : Il faut « Qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes. » La croix de Jésus est annoncée mystérieusement, elle nous sauvera de la mort. Nous comprenons le réalisme de la prière de Jésus qui lui donne une telle présence. Par le baptême, nous sommes marqués du signe de la croix de Jésus annoncée dans cet Évangile. Vivre de la croix, de la victoire de l’amour à la suite de Jésus, c’est vivre avant tout de son immense amour.

 

Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. Avec ces Paroles, nous comprenons le chemin personnel que chacun aura à faire pour se déterminer à suivre Jésus crucifié. Il les dispose ainsi à quitter ce qu’il connaisse trop bien pour accepter de recevoir la révélation de l’identité messianique de Jésus. Il les appelle à le suivre : « Celui qui veut marcher à ma suite qu’il me suive ! » Nous acceptons que Jésus nous donne notre identité véritable, celle que son appel nous appelle à être, en renaissant du pardon. Le secret du cœur de Dieu est ainsi est révélé, il veut combler l’humanité de son amour infini. Il nous faut vivre dans l’amour et le respect du Saint Nom de Dieu dans les moments de détresse, d’angoisse et de mort. Il nous faut nous convertir au plus profond de notre vie pour entrer dans l’Amour de Dieu. Jésus, Dieu annoncé par les prophètes, est porteur du secret de son plus grand amour. Cet Amour, qui est recherché de toutes manières par la créature, va de déception en déception, jusqu’au jour où est découvert Jésus qui est notre ami : « Oui, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. Toute ma vie, je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. »

 

Nous demandons la grâce de la prière et de la supplication de Jésus pour laisser l’amour de Dieu prendre tout en nous. © 2016, Père Gilbert Adam

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 18 juin 2016. Cherchez d'abord le Royaume de Dieu [...]

Samedi 18 juin 2016

Temps liturgique: 11e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Marc et St Marcellien, martyrs († v. 304), St Grégoire (Gregorio) Barbarigo, évêque (1625-1697)


Deuxième livre des Chroniques 24,17-25.

Après la mort de Joad, les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi, et alors le roi les écouta. Les gens abandonnèrent la Maison du Seigneur, Dieu de leurs pères, pour servir les poteaux sacrés et les idoles. À cause de cette infidélité, la colère de Dieu s’abattit sur Juda et sur Jérusalem. Pour les ramener à lui, Dieu envoya chez eux des prophètes. Ceux-ci transmirent le message, mais personne ne les écouta. Dieu revêtit de son esprit Zacharie, le fils du prêtre Joad. Zacharie se présenta devant le peuple et lui dit : « Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgressez-vous les commandements du Seigneur ? Cela fera votre malheur : puisque vous avez abandonné le Seigneur, le Seigneur vous abandonne. » Ils s’ameutèrent alors contre lui et, par commandement du roi, le lapidèrent sur le parvis de la Maison du Seigneur. Le roi Joas, en faisant mourir Zacharie, fils de Joad, oubliait la fidélité que Joad lui avait témoignée. Zacharie s’était écrié en mourant : « Que le Seigneur le voie, et qu’il fasse justice ! » Or, à la fin de l’année, l’armée d’Aram monta contre le roi Joas et arriva en Juda et à Jérusalem. Ses hommes massacrèrent tous les princes du peuple et envoyèrent tout le butin au roi de Damas. L’armée d’Aram ne comptait qu’un petit nombre d’hommes, et pourtant le Seigneur leur livra une armée très importante, parce que les gens de Juda avaient abandonné le Seigneur, Dieu de leurs pères ; et Joas reçut le châtiment qu’il méritait. Lorsque les Araméens partirent, le laissant dans de grandes souffrances, ses serviteurs complotèrent contre lui parce qu’il avait répandu le sang du fils du prêtre Joad, et ils le tuèrent sur son lit. Il mourut, et on l’ensevelit dans la Cité de David, mais non pas dans les tombeaux des rois.

Psaume 89(88),4-5.29-30.31-32.33-34.

« Avec mon élu, j'ai fait une alliance,
j'ai juré à David, mon serviteur :
J'établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. »

Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. »
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux. »

« Si ses fils abandonnent ma loi
et ne suivent pas mes volontés,
s'ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements,

« je punirai leur faute en les frappant,
et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour,
ni démentir ma fidélité. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour :

Père Jacques PHILIPPE (Cordes sur Ciel, France)

«Cherchez d'abord son Règne et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus»

Aujourd'hui, l'Évangile parle clairement de vivre le "moment présent" : ne pas ressasser le passé mais s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde. Ne pas se tourmenter pour le lendemain, mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole !" Le fait de se préoccuper n'a jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la confiance, la foi. Jésus dit "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ?"

La vie en soi n'est pas si compliquée, c'est l'homme qui manque de foi… L'existence n'est pas toujours facile. Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec de la foi et essayons de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses. La foi nous conduira au salut.

"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6,34). Qu'est-ce que cela signifie ? Aujourd'hui, tâche de vivre de manière juste, selon la logique du Royaume, dans la confiance, la simplicité, la recherche de Dieu, l'abandon. Et Dieu s'occupera du reste…

Jour après jour. C'est très important. Ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le passé et la peur de l'avenir ; alors que lorsque nous vivons dans le moment présent, d'une manière mystérieuse, nous trouvons la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de grâce. La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Vivre le moment présent suppose accepter la faiblesse : renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, se contenter du présent. © evangeli.net M&M Euroeditors.


Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

Votre Père céleste sait que vous en avez besoin dit Jésus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s’inquiétera de lui–même. Notre Père crée l’humanité et il lui donne maîtrise sur l’univers, « Dieu vit que tout ce qu’il avait fait était très bon. » Tout était pour l’homme et le femme, bonheur et beauté. Mais l’épreuve est passée par là, et ces jours de bonheur sont passés. Dieu nourrit toujours les oiseaux du ciel, il habille toujours l’herbe des champs, mais il nous faut travailler pour subvenir à nos besoins. Cependant, à chaque jour suffit sa peine, dit Jésus ! « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Nous choisissons chaque jour la parole de Dieu qui nous donne une lumière étonnante. La nature, le travail de la terre, les légumes, les fleurs, les fruits poussent, et la vie triomphe toujours. « Ne vous faites pas tant de soucis, » pour votre vie, Jésus se répète car ses paroles ont quelque chose de réellement important à recevoir progressivement. Jésus nous dit de ne pas nous faire « tant » de soucis, demain se souciera de lui-même. »

« Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. » Si nous avons de la peine à vivre chaque jour, c’est le signe que nous allons vers le Royaume. Jésus nous demande de bâtir le Royaume des cieux. C’est la présence de Dieu en nous qui fait notre beauté ! Elle nous permet de demeurer au niveau du cœur, au niveau des relations fraternelles. Avec cette présence de Dieu, nous nous respectons les uns les autres, nous nous accueillons humblement. Avec un cœur de pauvre, nous rendons grâce à Dieu qui continue à nous donner la vie. Jésus nous dit que notre souci et notre peine consistent d’abord à « chercher le royaume de Dieu et sa justice. Tout le reste vous sera donné par surcroît. » Nous peinons à construire le Royaume en dehors des repères de ce monde : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’Argent. »

Personne ne peut être esclave de deux maîtres ; en effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez être esclaves de Dieu et de Mamon. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n’est–elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Nous nous laissons emporter par le courant de la vie, elle est si belle la vie. Elle nous est donnée pour que nous demeurions à la source de la tendresse de Dieu qui nous donne son amour. Dieu se fait tendresse et bonté, il est toujours débordant d’amour pour nous. Nous voulons être attentifs et fidèles à la vie qui nous est donnée. Dieu présent déverse des flots d’eau vive en notre cœur. La justice du Royaume consiste à refuser de vivre les uns sans les autres. Jésus nous demande de faire passer la justice du Royaume avant celle de ce monde, à faire passer les relations d’amitié et de justice entre tous avant les possessions personnelles. Ce royaume sera à chercher toujours, car il n’est jamais totalement trouvé, tout disciple est appelé à le faire advenir. Certes, nous avons de la peine à construire le Royaume. Nous ne pouvons qu’y tendre, jour après jour, poser le pas que nous pouvons faire aujourd’hui sans nous soucier de celui du lendemain. Nous avons moins de souci quand nous sommes d’abord préoccupés du souci des autres !

Nous demandons la grâce d’être trouvés fidèles à la joie de Dieu qui est en nous.

© 2016, Père Gilbert Adam


Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretien du 21/02/1659 (Seuil 1960, p. 547)

"Chercher d'abord le règne de Dieu"

« Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes les choses dont vous avez besoin vous seront données par-dessus »... Il est donc dit que l'on cherche le royaume de Dieu. « Que l'on cherche », ce n'est qu'un mot, mais il me semble qu'il dit bien des choses. Il veut dire... de travailler incessamment pour le royaume de Dieu, et non pas demeurer en un état lâche et arrêté, de faire attention à son intérieur pour le bien régler, mais non à l'extérieur pour s'y amuser... Cherchez Dieu en vous, car saint Augustin avoue que, pendant qu'il l'a cherché hors de lui, il ne l'a pas trouvé. Cherchez-le en votre âme, comme en sa demeure agréable ; c'est le fond où ses serviteurs qui tâchent de mettre toutes les vertus en pratique les établissent. Il faut la vie intérieure, il faut tendre là ; si on y manque, on manque à tout... Cherchons à nous rendre intérieurs... Cherchons la gloire de Dieu, cherchons le règne de Jésus Christ...

« Mais, [vous me direz], il y a tant de choses à faire, tant d'offices à la maison, tant d'emplois à la ville, aux champs ; travail partout ; faut-il donc laisser tout là pour ne penser qu'à Dieu ? » Non, mais il faut sanctifier ces occupations en y cherchant Dieu, et les faire pour l'y trouver plutôt que pour les voir faites. Notre Seigneur veut que devant tout nous cherchions sa gloire, son royaume, sa justice, et, pour cela, que nous fassions notre capital de la vie intérieure, de la foi, de la confiance, de l'amour, des exercices de religion..., des travaux et des peines, en la vue de Dieu, notre souverain Seigneur... Si une fois nous sommes ainsi établis en la recherche de la gloire de Dieu, nous sommes assurés que le reste suivra. ©Evangelizo.org 2001-2016.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Vendredi 17 juin 2016. "Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur"


 

Vendredi 17 juin 2016

Temps liturgique: 11e semaine du T.O.

Saint(s) du jour : Bx Marie-Joseph Cassant, moine cistercien (1878-1903), St Avit, abbé de Micy-Saint Mesmin († v. 530)

Deuxième livre des Rois 11,1-4.9-18.20.

En ces jours-là, lorsque Athalie, mère d’Ocozias, apprit que son fils était mort, elle entreprit de faire périr toute la descendance royale. Mais Josabeth, fille du roi Joram et sœur d’Ocozias, prit Joas, un des fils du roi Ocozias, pour le soustraire au massacre. Elle le cacha, lui et sa nourrice, dans une chambre de la maison du Seigneur, pour le dissimuler aux regards d’Athalie ; c’est ainsi qu’il évita la mort. Il demeura avec Josabeth pendant six ans, caché dans la maison du Seigneur, tandis qu’Athalie régnait sur le pays. Au bout de sept ans, le prêtre Joad envoya chercher les officiers des mercenaires et des gardes, et les fit venir près de lui dans la maison du Seigneur. Il conclut une alliance avec eux, leur fit prêter serment dans la maison du Seigneur, et leur montra le fils du roi. Les officiers exécutèrent tous les ordres du prêtre Joad. Chacun prit ses hommes, ceux qui entraient en service le jour du sabbat, et ceux qui en sortaient ce jour-là, et tous rejoignirent le prêtre Joad. Celui-ci leur remit les lances et les carquois du roi David, qui étaient conservés dans la maison du Seigneur. Les gardes se postèrent, les armes à la main, devant l’autel, du côté sud et du côté nord de la Maison, afin d’entourer le futur roi. Alors Joad fit avancer le fils du roi, lui remit le diadème et la charte de l’Alliance, et on le fit roi.

On lui donna l’onction, on l’acclama en battant des mains et en criant : « Vive le roi ! » Athalie entendit cette clameur des gardes et du peuple, et elle accourut vers le peuple à la maison du Seigneur. Et voilà ce qu’elle vit : le roi debout sur l’estrade, selon le rituel ; auprès de lui les officiers et les trompettes, et tout le peuple du pays criant sa joie tandis que les trompettes sonnaient. Alors, elle déchira ses vêtements et s’écria : « Trahison ! Trahison ! » Le prêtre Joad donna cet ordre aux officiers : « Faites-la sortir de la Maison, à travers vos rangs. Si quelqu’un veut la suivre, frappez-le par l’épée. » En effet, le prêtre Joad avait interdit de la mettre à mort dans la maison du Seigneur. On mit la main sur elle, et elle arriva au palais par la porte des Chevaux. C’est là qu’elle fut mise à mort. Joad conclut une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple, pour que le peuple soit le peuple du Seigneur ; il conclut l’alliance entre le roi et le peuple. Alors, tous les gens du pays entrèrent dans le temple de Baal et le démolirent. Ils mirent en pièces ses autels et ses statues et, devant les autels, ils tuèrent Matane, prêtre de Baal. Le prêtre Joad posta ensuite des gardes devant la maison du Seigneur. Tous les gens du pays étaient dans la joie, et la ville retrouva le calme. Quant à Athalie, on l’avait mise à mort par l’épée dans la maison du roi.

Psaume 132(131),11.12.13-14.17-18.

Le Seigneur l'a juré à David,
et jamais il ne reprendra sa parole :
« C'est un homme issu de toi
que je placerai sur ton trône.

« Si tes fils gardent mon alliance,
les volontés que je leur fais connaître,
leurs fils, eux aussi, à tout jamais,
siégeront sur le trône dressé pour toi. »

Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu'il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c'est le séjour que j'avais désiré. »

« Là, je ferai germer la force de David ;
pour mon messie, j'ai allumé une lampe.
Je vêtirai ses ennemis de honte,
mais, sur lui, la couronne fleurira. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,19-23.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation du jour

Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés (Tarragona, Espagne)

«Faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler»

Aujourd'hui, le Seigneur nous dit que «la lampe du corps, c'est l'œil» (Mt 6,22). Saint-Thomas interprète qu'en parlant de l'œil, Jésus se réfère à l'intention de l'homme. Lorsque son intention est droite, lucide, dirigée vers Dieu, toutes nos actions sont brillantes et resplendissante; par contre lorsque l'intention n'est pas droite, «qu'elles ténèbres y aura-t-il!» (cf. Mt 6, 23).

Notre intention peut manquer de droiture par malice, par méchanceté, mais normalement c'est par manque de sagesse. Nous vivons comme si nous étions venu au monde pour accumuler les richesses et nous ne pensons à rien d'autre. Gagner de l'argent, acheter, jeter, avoir. Nous voulons susciter l'admiration des autres, ou peut-être l'envie. Nous trompons, souffrons, nous nous chargeons de préoccupations et de déceptions et nous ne trouvons pas le bonheur que nous cherchons. Jésus nous fait cette offre: «Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler» (Mt 6, 20). Le ciel est le grenier des bonnes actions qui constituent un trésor pour toujours.

Soyons sincères avec nous-mêmes, en quoi employons-nous nos efforts, qu'est-ce qui nous motive? Certainement, le propre d'un bon chrétien est d'étudier et de travailler honnêtement pour se faire une place dans ce monde, pour élever dignement la famille, assurer le futur des siens et la tranquillité de sa vieillesse, travailler aussi pour aider les autres… Oui, tout ceci est propre d'un bon chrétien. Mais si ce que tu cherches est d'avoir chaque fois plus, plaçant ainsi le cœur dans ces richesse, oubliant les bonnes actions, oubliant que nous sommes de passage en ce monde, que notre vie est une ombre qui passe, n'est-il pas vrai alors que nous avons l'œil plongé dans les ténèbres? Et si le sens commun s'embrouille «quelles ténèbres y aura-t-il!» (Mt 6, 23).© evangeli.net M&M Euroeditors.


Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

« Amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent.

 

"Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur." Jésus nous fait cette offre : « Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler. » Le ciel est le grenier de nos bonnes actions qui constituent un trésor pour toujours. L’intention de notre cœur peut manquer de droiture, par malice, par méchanceté, par manque de sagesse. Nous vivons alors comme si nous étions venu au monde pour accumuler des richesses et nous ne pensons à rien d’autre. Nous voulons susciter l’admiration des autres. Nous nous trompons, et nous souffrons, nous nous chargeons de préoccupations et de déceptions et nous ne trouvons pas le bonheur que nous cherchons. Jésus sait aller à l’essentiel de notre vie. Notre trésor, c’est l’amour infini que nous recevons de Dieu qui nous a fait advenir à la vie. Nous redisons à Jésus combien son amour est notre trésor ! L’amour que nous recevons de Dieu bat dans notre cœur rempli d’amour, Dieu n’en finira jamais de nous aimer ! Cet amour, nous pouvons le donner en retour, à l’infini. Nous sommes alors entraînés dans la danse de l’amour. C’est cet amour qui nous constitue, il nous fait devenir ce que nous sommes.

 

« L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est bon, tout ton corps sera illuminé, mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien sont grandes les ténèbres ! Jésus nous dit que « la lampe du corps, c’est l’œil. » En parlant de l’œil, Jésus se réfère à l’intention de l’homme. Lorsque son intention est droite, lucide, dirigée vers Dieu, toutes nos actions sont brillantes et resplendissante. Par contre, lorsque notre intention n’est pas droite, « qu’elles ténèbres y aura-t-il ! » Nous avons tous entendu cette expression : « avoir un œil mauvais, noir ! » C’est un œil qui n’est pas branché sur l’amour infini de Dieu. Jésus fait le lien entre notre cœur, notre corps, nos yeux. Notre corps peut devenir lumière si notre cœur est dans la lumière. Comment garder ce trésor ? Quand notre petite barque vogue dans l’amour infini de Dieu, dans cet amour véritable, nos yeux sont clairs, tout ce que nous sommes est unifié. Par contre, dans la désolation, dans l’adversité, notre amour se purifie comme l’or au creuset. Il nous faut demeurer dans l’amour ! Le chemin de Jésus, c’est une vie qui n’est qu’amour, un amour qui est lumière.

 

Amassez–vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Nous sommes de passage en ce monde, et notre vie passe, il nous faut plonger notre regard dans le Cœur de Jésus. Si nous sommes sincères avec nous-mêmes, nous savons en vue de quoi nous employons nos efforts, estce qui nous motive. Certes, nous sommes du Christ, et nous voulons travailler honnêtement, assurer la tranquillité de notre famille, travailler pour aider les autres. Mais il nous faut le chercher dans le Christ Jésus. Comme il nous l’a demandé, nous célébrons le mystère pascal, le lieu de la victoire de l’amour sur toutes les puissances des ténèbres. Entraînés par Jésus, mû par l’Esprit Saint, nous pouvons passer au travers de toutes les épreuves ! Ceux dont le regard reste sans cesse fixé sur le Père des cieux prennent le chemin des béatitudes : « Méfiez-vous quand on dira toute sorte de bien de vous, c’est ainsi que l’on a traité les faux prophètes. Heureux serez-vous quand on vous insultera, quand on dira du mal de vous, à cause de moi, » alors, soyez dans la joie ! Uni au Sauveur, notre joie est d’être avec Jésus. Là où est notre trésor, là est notre cœur. Nous demandons la grâce que notre seul trésor soit l’amour infini du cœur de Dieu.© 2016, Père Gilbert Adam

 


Mgr Thierry Brac de la Perrière, évêque du diocèse de Nevers. Homélie prononcée à la primatiale Saint-Jean, lors de la Messe célébrant ses 25 ans de sacerdoce. (Source: http://lyon.catholique.fr)

 

 

 

 

Dans le parcours que nous propose actuellement la liturgie, à travers le « Sermon sur la montagne », nous abordons ce qui est sans doute une des clés de compréhension de tout l’enseignement de Jésus. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » De quoi s’agit-il ? Il s’agit de ce qui oriente les désirs de l’homme. Dans tout son enseignement, Jésus ne s’adresse pas d’abord à notre intelligence ni même à nos sentiments. Mais à nos besoins fondamentaux. A nos désirs fondamentaux. Des besoins, des désirs, pour lesquels il va proposer une orientation nouvelle. Dans les Béatitudes il a annoncé la couleur. Il y a à espérer de la joie. Une joie qui se décline sous des modes différents. Une joie unique, celle du Royaume des cieux, vers laquelle convergent les désirs et les espoirs de tous ceux dont Jésus parle : ceux qui ont un cœur de pauvre, un cœur pur, les artisans de paix, ceux qui pleurent, les assoiffés de justice, qui sont persécutés pour la justice. Sans oublier ceux qui souffrent spécifiquement comme disciples de Jésus. Et dans tout l’Evangile, il va s’employer à faire désirer le trésor du Royaume. Comme une perle fine à chercher, comme un trésor qui peut être caché dans un champ. Mais aussi comme une source d’eau qui étanche la soif, comme une lumière qui doit illuminer la vie. Ce royaume de joie, il ressemble encore à la joie de retrouver un fils perdu, la joie d’être accueilli à une table de fête.

 

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » Jésus invite les hommes à mettre leur cœur du côté du vrai trésor. Il peut rencontrer l’échec, tant le cœur des hommes peut se trouver du côté du portefeuille. « Donne tous tes biens aux pauvres, tu auras un trésor au ciel ». Oui, mais le jeune homme tenait à ses trésors sur terre. Le trésor peut être en forme de pouvoir. Et Jésus sera crucifié sous Ponce Pilate. On retiendra de cet homme, Pilate, qu’il s’est lavé les mains du sang d’un juste. Il a sacrifié le Fils de Dieu par peur de César et de l’opinion publique.

 

« Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Cela me fait penser aussi à la devise du cardinal Billé, que l’on trouve chez saint Paul : « Je sais en qui j’ai mis ma foi » (2 Tm 1,12). On répond à un appel de Dieu parce que l’on a perçu quelque chose de ce trésor, parce que l’on sait que celui qui appelle a quelque chose à faire découvrir, même si on ignore tout ou presque de ce qui sera à découvrir. Dans la première lecture saint Paul nous parle de ses épreuves d’apôtre, tout en nous faisant sentir que tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a enduré, valait la peine d’être vécu, valait la peine d’être enduré. Car sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a été décisive, le Seigneur lui a fait comprendre une fois pour toutes, et Paul l’a vérifié, que la force de Dieu agit dans sa faiblesse. Que Paul se sente fort ou faible, il se rappellera cette parole de Jésus : « Ma grâce te suffit, ma puissance donne sa mesure dans la faiblesse » (2 Co 12,9). C’est le passage que nous entendrons demain à la messe.

 

Paul a témoigné des trésors qui se trouvent dans le Christ, « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance »(Col 2,3). Il me semble juste, après vingt-cinq ans de ministère apostolique, de dire quelque chose de ces trésors du Christ.

 

Il y a vingt-cinq ans, au sortir du séminaire, je ne connaissais rien de la vie de prêtre. Comment peut-on devenir prêtre, comment peut-on aspirer au sacerdoce, sans savoir ce qu’est un prêtre ? Je réponds : sait-on quelque chose du mariage avant de se marier ? Je ne connaissais du sacerdoce que deux images : celles des prêtres de ma paroisse et celle du saint curé d’Ars. Je pense que le premier trésor que j’ai découvert, dès mon enfance, est celui de la sainteté. C’est le trésor de l’amour de Dieu vécu par un enfant, traversant toute sa vie, et portant des fruits extraordinaires. Ce trésor, il m’était bien difficile d’en prendre conscience sur le moment, et encore plus d’en parler.

 

Un autre trésor du Christ, je l’ai découvert dans mes premiers pas de prêtre. Dans la vie avec d’autres prêtres, bien différents les uns des autres et de moi. C’est le mystère de communion, dépassant non seulement les différences mais les divergences et même les oppositions. La communion, vécue dans un commun attachement à l’Eglise du Christ. Une Eglise au nom de laquelle on s’affronte, mais au sein de laquelle on s’attache à annoncer ensemble l’Evangile.

 

Le trésor du Christ, de plus en plus, j’ai appris à le découvrir dans le ministère de la miséricorde. La miséricorde reçue et communiquée. Il me semble bien que c’est en donnant ce sacrement que j’ai appris à le goûter moi-même comme trésor de l’amour de Dieu, comme source de vie inépuisable, comme force pour avancer, comme antidote contre la recherche stérile de soi-même.

 

Cela n’a rien d’évident, même pour un prêtre, mais l’eucharistie est le trésor des trésors. Jeune prêtre, j’ai célébré l’eucharistie en ignorant ce qu’est l’eucharistie. Bien sûr, en connaissant la théologie de l’eucharistie, en croyant à la présence du Christ dans l’eucharistie. Mais ce mystère prend chair aujourd’hui plus qu’hier (et moins que demain, j’espère !) dans mon ministère et ma vie, au fur et à mesure que ma propre vie est donnée, que mon ministère est amour, communiant au don et à l’amour de celui qui a livré son corps et versé son sang ; au fur et à mesure que j’expérimente, à la manière de Paul, la puissance de Dieu à l’œuvre dans la faiblesse ; pas seulement la mienne, mais aussi celle de personnes que je rencontre à travers mon ministère.

 

« Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». Le cœur de l’apôtre, à l’image de celui de saint Paul, est au Christ lui-même, et celui du Christ est dans le Père. Et au nom du Christ, au nom de cet amour livré à tous, le cœur de l’apôtre est ouvert à tous. « Si quelqu’un faiblit, je partage sa faiblesse ; si quelqu’un vient à tomber, cela me brûle ». Le trésor, il est dans cet amour. Dans ce feu qui brûle au cœur du Christ, et qu’il communique à ceux qu’il appelle et envoie. J’ai eu la joie d’en expérimenter quelque chose lors de mon ministère en paroisse, c’est devenu plus difficile comme vicaire général, mais j’ai communié à l’ardeur apostolique de mon archevêque au service du diocèse de Lyon. Et désormais, ma préoccupation quotidienne, comme dit saint Paul, est un peu « le souci de toutes les Eglises », mais surtout de celle de la Nièvre. Les soucis ne manquent pas, mais les trésors du Royaume ne manquent pas non plus dans la Nièvre, ils sont dans les mains des pauvres et de ceux qui ont un cœur de pauvre.

 

Dans cette relecture de mon ministère, je reprends à mon compte la parole du Psaume entendu tout à l’heure, et qui pourrait être mise aussi dans la bouche de l’apôtre Paul et de mon frère Patrick : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur, que les pauvres m’entendent et soient en fête. Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. »


Mgr Thierry Brac de la Perrière
Vendredi 21 juin 2013


 

 

Saint Césaire d'Arles (470-543), moine et évêque. Sermon 32, 1-3 ; SC 243 (trad. SC p. 163 rev.)

« Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur »

Dieu accepte nos offrandes d'argent et prend plaisir aux dons que nous faisons aux pauvres, mais à cette condition : que tout pécheur, quand il offre à Dieu son argent, lui offre en même temps son âme... Quand le Seigneur dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc 12,17), que semble-t-il dire d'autre sinon : « Comme vous rendez à César son image sur la pièce d'argent, rendez aussi à Dieu en vous-mêmes l'image de Dieu » (cf. Gn 1,26)...

C'est pourquoi, comme nous l'avons déjà dit souvent, quand nous distribuons de l'argent aux pauvres, offrons notre âme à Dieu afin que là où est notre trésor, là aussi puisse être notre cœur. En effet, pourquoi Dieu nous demande-t-il de [donner de] l'argent ? C'est à coup sûr parce qu'il sait que nous l'aimons particulièrement et que nous y pensons sans cesse ; et que là où est notre argent, là aussi est notre cœur. C'est pourquoi Dieu nous exhorte à faire des trésors dans le ciel en faisant des dons aux pauvres ; c'est pour que notre cœur suive là où nous avons déjà envoyé notre trésor et que, lorsque le prêtre dit : « Élevons notre cœur », nous puissions répondre avec une conscience tranquille : « Nous le tournons vers le Seigneur ». ©Evangelizo.org 2001-2016.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 16 juin 2016

Jeudi 16 juin 2016

Le jeudi de la 11e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Jean-François Régis, prêtre s.j. (1597-1640), Bse Maria Theresia Scherer, cofondatrice (1825-1888)



Livre de l'Ecclésiastique 48,1-14.

Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche. Il fit venir la famine sur Israël, et, dans son ardeur, les réduisit à un petit nombre. Par la parole du Seigneur, il retint les eaux du ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu. Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ? Toi qui as réveillé un mort et, par la parole du Très-Haut, l’as fait revenir du séjour des morts ; toi qui as précipité des rois vers leur perte, et jeté à bas de leur lit de glorieux personnages ; toi qui as entendu au Sinaï des reproches, au mont Horeb des décrets de châtiment ; toi qui as donné l’onction à des rois pour exercer la vengeance, et à des prophètes pour prendre ta succession ; Toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu ; toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob… heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ; nous aussi, nous posséderons la vraie vie. Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit, et pendant toute sa vie aucun prince ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir. Rien ne lui résista, et, jusque dans la tombe, son corps manifesta son pouvoir de prophète. Pendant sa vie, il a fait des prodiges ; après sa mort, des œuvres merveilleuses.

Psaume 97(96),1-2.3-4.5-6.7.10ab.

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l'entourent,
justice et droit sont l'appui de son trône.

Devant lui s'avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s'affola.

Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.

Honte aux serviteurs d'idoles qui se vantent de vanités !
À genoux devant lui, tous les dieux !
Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur,
car il garde la vie de ses fidèles.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980. Tous droits réservés.


 

Abbé Joan MARQUÉS i Suriñach (Vilamarí, Girona, Espagne)

«Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi»

Aujourd'hui, Jésus nous propose un idéal grand et difficile: le pardon des offenses. Et Il fixe une mesure très raisonnable: la nôtre. «Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes» (Mt 6,14-15). Ailleurs, Il indique la règle d'or de la sociabilité humaine: «Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on fasse pour vous» (Mt 7,12).

Nous voulons que Dieu nous pardonne et les autres aussi; mais à nous, le pardon nous coûte. Il est difficile de demander pardon; mais pardonner coûte encore davantage. Si nous étions vraiment humbles, ce ne serait pas si difficile; mais l'orgueil rend les choses pénibles. Nous pouvons établir l'équation suivante: plus grande est l'humilité, plus grande la facilité; plus l'orgueil est grand, plus grande la difficulté. Voilà une piste pour connaître ton degré d'humilité.

À la fin de la guerre d'Espagne (1939), des prêtres libérés de captivité célébrèrent une messe d'action de grâce dans l'église d'Els Omells. Après les paroles du Notre Père «Pardonne-nous nos offenses», le célébrant s'arrêta, il ne pouvait continuer. Il ne se sentait pas le courage de pardonner à ceux qui, ici même, dans ce camps de travaux forcés, l'avait fait tant souffrir. Quelques instants passèrent dans un silence qu’on aurait pu couper au couteau. Puis il reprit le fil de la prière: «comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés». Ensuite, ils se demandèrent entre eux quelle avait été la meilleure homélie. Tous tombèrent d'accord: celle du silence du célébrant quand il priait le Notre Père. Ça coûte, mais c’est possible avec l'aide de Dieu. En plus, le pardon que Dieu nous octroie est total, il va jusqu'à l'oubli. Nous oublions bien vite les faveurs qu'on nous a faites, mais les offenses... Si les couples savaient les oublier, bien des drames familiaux seraient évités ou résolus.

Que la Mère de la miséricorde nous aide à comprendre les autres et à leur pardonner avec générosité. © evangeli.net M&M Euroeditors.


Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

Ne faites pas comme eux, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Dans le tout petit enfant qui nait, comme en chacun de nous, il y a, au plus profond, une confiance. Cette confiance est plus profonde que les foyers de guerre qui vont exister par la suite chez nous. Jésus renforce cette confiance en crucifiant en nous par sa Passion, tout ce qui s’oppose à l’Amour. Il nous introduit dans une Filiation nouvelle avec notre Père et une nouvelle fraternité entre nous. Sur la croix Jésus priera : « Père, pardonne leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Il est remis totalement entre les mains du Père. En Lui, chacun de nous est rétabli dans la filiation, dans le don de notre Père qui est là, pour nous. Dieu, en nous, va faire une œuvre de réconciliation. Jésus réclame de nous une confiance infinie quand nous nous tournons vers notre Père des cieux. Le « Notre Père » qu’Il nous enseigne est devenu la prière des Chrétiens, c’est la récapitulation de toutes les prières, de toutes les demandes que nous pouvons faire à Dieu. Nous nous préparons, au fil du temps, à dire en vérité le Notre Père. Chacun de nous le récite selon son histoire, de sa propre manière. La Parole de Dieu, chaque jour, nous travaille et notre Père des cieux veille sur tout ce dont nous avons besoin.

Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es dans les cieux ! Que ton nom soit reconnu pour sacré, que ton règne vienne, que ta volonté advienne sur la terre comme au ciel. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé ». Les expériences si douloureuses que l’humanité peut infliger à ses semblables nous obligent à nous tourner sans cesse vers la Passion de Jésus. Les paroles du Notre Père « Pardonne-nous nos offenses », nous précipitent dans le cœur du Christ pour y puiser de quoi continuer notre prière. Nous ne nous sentons pas le courage de pardonner à ceux qui nous ont fait tant souffrir, mais avec Jésus, avec l’aide de Dieu, c’est possible. Le pardon que Dieu nous octroie est total, il va jusqu’à l’oubli. Nous oublions bien vite les faveurs que l’on nous a faites, mais les offenses, nous les collectionnons. Si les couples savaient oublier les offenses de l’autre, combien de drames familiaux seraient évités ou résolus. Quand nous prions cet Évangile, nous affirmons que Dieu notre Père veille sur chacun de nous. Que d’inquiétude à vaincre, que de douleurs à surmonter, que de travail à faire pour arriver, enfin, avec un regard clair et limpide, vers notre Père. Il aime vraiment chacun de ses enfants.

"Donne–nous, aujourd’hui, notre pain pour ce jour ; remets–nous nos dettes, comme nous aussi nous l’avons fait pour nos débiteurs ; ne nous fais pas entrer dans l’épreuve, mais délivre–nous du Mauvais. Si vous pardonnez aux gens leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera, à vous aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux gens, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes." Que d’hommes, de femmes et d’enfants manquent d’une manière vitale de l’indispensable, de ce qu’il faut pour vivre ! Jésus nous propose de venir au secours les uns des autres, il nous donne un idéal grand et difficile. Pour le pardon des offenses, il fixe une mesure très raisonnable : la nôtre. « Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes » Nous voulons que Dieu nous pardonne et les autres aussi, mais à nous, le pardon coûte beaucoup. Il est difficile de demander pardon ; mais pardonner coûte encore davantage. Si nous étions vraiment humbles, ce ne serait pas si difficile, mais l’orgueil rend les choses pénible. Nous savons que plus grande sera notre humilité, plus grande sera la facilité de pardonner ; plus l’orgueil est grand, plus grande la difficulté du pardon. Quel travail intérieur il nous faut, pour arriver, tout simplement, devant le regard d’amour de notre Père.

Nous demandons à Jésus la grâce de préparer notre cœur au pardon pour travailler à la réconciliation du monde. © 2016, Père Gilbert Adam


Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr. La Prière du Seigneur, 14-15 (trad. Hamman, La Prière en Afrique, DDB 1982, p.50)

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme dans les cieux »

Non pas que Dieu fasse ce qu'Il veut, mais que nous nous puissions faire ce qu'Il veut. Qui peut empêcher Dieu de faire ce qu'Il veut ? Mais nous autres, nous sommes contrecarrés par le démon qui nous empêche d'obéir en toute chose, intérieurement et extérieurement, à la volonté de Dieu. Aussi demandons-nous que sa volonté s'accomplisse en nous ; pour qu'elle s'accomplisse, nous avons besoin de son secours. Personne n'est fort par ses propres ressources, mais sa force est dans la bonté et dans la miséricorde de Dieu...

La volonté de Dieu est celle que le Christ a faite et enseignée : l'humilité dans la conduite, la solidité dans la foi, la modestie dans les paroles, la justice dans les actes, la miséricorde dans les œuvres, la discipline dans les mœurs. La volonté de Dieu, c'est de ne faire de tort à personne, de supporter celui qu'on nous fait, de garder la paix avec nos frères, d'aimer Dieu de tout notre cœur, l'aimer parce qu'il est Père et le craindre parce qu'il est Dieu. Ne rien préférer au Christ, puisqu'il nous a préférés à tout, adhérer inviolablement à sa charité, nous tenir sous la croix avec courage et confiance. Quand il s'agit de combattre pour son nom ou son honneur, montrer de la constance en nos paroles ; faire preuve de confiance dans les difficultés afin de soutenir la lutte, de patience dans la mort afin d'obtenir la couronne. Voilà ce que signifie vouloir être cohéritier du Christ, accomplir le précepte de Dieu, faire la volonté de Dieu. ©Evangelizo.org 2001-2016.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Mercredi 15 juin 2016

Mercredi 15 juin 2016

Le mercredi de la 11e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Germaine Cousin, vierge (1579-1601), Bse Albertina Berkenbrock, vierge et martyre (1919-1931)

Deuxième livre des Rois 2,1.6-14.

Voici comment le Seigneur enleva Élie au ciel dans un ouragan. Ce jour-là, Élie et Élisée étaient partis de Guilgal. Arrivés à Jéricho, Élie dit à Élisée : « Arrête-toi ici ; et moi, le Seigneur m’envoie au Jourdain. » Mais Élisée répliqua : « Par le Seigneur qui est vivant, et par ta vie, je ne te quitterai pas. » Ils continuèrent donc tous les deux. Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec. Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi. » Élisée répondit : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu ! » Élie reprit : « Tu demandes quelque chose de difficile : tu l’obtiendras si tu me vois lorsque je serai enlevé loin de toi. Sinon, tu ne l’obtiendras pas. » Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : « Mon père !... Mon père !... Char d’Israël et ses cavaliers ! » Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux. Il ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber, il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain. Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux, mais elles ne s’écartèrent pas. Élisée dit alors : « Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » Il frappa encore une fois, les eaux s’écartèrent, et il traversa.

Psaume 31(30),20.21.24.

Qu'ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.

En ce temps-là, : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »


Textes Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980. Tous droits réservés.


Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer»

Aujourd'hui, Jésus nous invite à agir pour la gloire de Dieu, à avoir comme objectif de plaire à notre Père céleste car c'est pour cela même que nous avons été créés. Ainsi l'affirme le Catéchisme de l'Église: «Dieu a tout créé pour l'homme, mais l'homme fut créé pour servir et aimer Dieu et pour lui offrir toute la création». Voilà le sens et honneur de notre vie: faire plaisir au Père céleste, plaire à Dieu. C'est ce témoignage que le Christ nous a laissé. Pourvu que le Père céleste puisse donner sur nous le même témoignage qu'il a donné sur son Fils au moment du baptême: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j'ai mis tout mon amour» (Mt 3,17).

Le manque de droiture d'intention serait spécialement grave et ridicule s'il venait à être présent dans nos actions telles que la prière, le jeûne et l'aumône, puisque ce sont des gestes de pitié et de charité, c'est-à-dire, des actes qui —per se— sont propres à la vertu de la religion ou d'actes qui se réalisent par amour de Dieu.

Par conséquent, «Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux» (Mt 6,1).Comment pourrions nous plaire à Dieu si ce que nous voulons c'est être vus —avant tout— par les hommes? Ce n'est pas qu'il faille se cacher des hommes afin que personne ne nous voie, mais il s'agit surtout de diriger nos bonnes œuvres directement et en premier lieu à Dieu. Cela ne fait rien et ce n'est pas grave si les autres nous voient, au contraire, nous pouvons les édifier par le témoignage cohérent de notre action.

Mais ce qui est important —et très important— c'est que nous puissions voir Dieu derrière nos actions. Et, par conséquent, nous devons «examiner avec beaucoup d'attention notre intention dans tout ce que nous entreprenons, et ne pas chercher notre propre intérêt si nous voulons servir le Seigneur» (Saint Grégoire Magne). © evangeli.net M&M Euroeditors.


Père Gilbert Adam (http://www.pere-gilbert-adam.org).

"Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les gens, pour être vus par eux, autrement vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.

Quand donc tu fais un acte de compassion, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme les hypocrites le font dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les gens. Amen, je vous le dis, ils tiennent là leur récompense." Dès notre plus jeune âge, nous voulons être bien, avoir une belle image de soi, être reconnu des autres, de nos parents, de nos maitres. « Vivre comme des justes, » est une aspiration qui est au cœur de tout homme, il s’agit pour nous d’être quelqu’un de bien. Cette aspiration nous est proposé au nom de Jésus, à la suite de son appel. Un chemin vraiment nouveau peut alors s’ouvrir pour nous, il s’agit de rejoindre notre Père qui voit dans le secret. Dieu notre Père se donne dans un secret d’amour, c’est ainsi que tout ce que Dieu touche devient un feu d’amour qui est un secret. La prière, l’aumône, le jeûne en sont le fruit, qui se mue en secours des pauvres pour que la communauté vive.

"Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui se plaisent à prier debout dans les synagogues et aux coins des grandes rues, pour se montrer aux gens. Amen je vous le dis, ils tiennent là leur récompense. Mais toi quand tu pries, entre dans la pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra." Jésus nous propose de vivre hors du regard des autres. Le secret est le Cœur de notre Père où je peux vivre autrement, où je peux faire autrement, où mon être s’exprime autrement, où je puis rencontrer autrement. Que mon cœur se mette à agir à partir de lui seul, pour Jésus. Mon cœur trouve un espace où il peut se mettre à être intérieurement. Le mystère de l’amour infini de Dieu demande une limpidité, une clarté, une pureté étonnante dans le cœur de ceux qui le reçoivent. Cette limpidité ne s’apprend que dans la relation d’amour, de prière avec Dieu. L’Esprit Saint est à l’œuvre pour nous donner cet enseignement de Jésus qui nous transforme. Pour nous aider à entrer dans ce mystère, Marie a tout donné à Jésus pour qu’il puisse prendre « corps » en elle, et au milieu de nous. C’est dans cette humilité et douceur que Jésus a lavé les pieds de ses disciples, pour nous donner un exemple de sa tendresse. Dans l’Eucharistie, c’est son Corps qu’il nous donne. L’Esprit d’amour nous est ainsi donné concrètement pour que nous puissions marcher, avec Jésus, dans la volonté du Père.

"Toi quand tu jeûnes, parfume–toi la tête et lave–toi le visage, afin de ne pas montrer que tu jeûnes aux gens, mais à ton Père qui est là, dans le secret, et ton Père, qui voit, là, dans le secret, te le rendra." C’est dans ce nouvel espace de la préparation aux noces, que peu à peu, nous prenons la mesure de l’intériorité, du secret d’amour qui nous habite. Nous faisons ainsi l’expérience unique de la relation avec un autre, infiniment respectueux, qui est notre Père. « Ton Père est présent dans le secret. » C’est dans ce secret de l’Amour du cœur de notre Père que Jésus nous introduit dans la patience et dans l’attente. C’est bien un secret d’amour que de patienter jusqu’au retour de l’Epoux dans notre cœur. Jésus, dans l’Esprit Saint, est uni à l’épouse humanité préfigurée par Marie. Ses enfants constituent l’Église, Jésus purifie chacun de nous au feu d’amour de sa vie et de son sang. Le souci de l’épouse est d’être trouvée dans l’Esprit Saint, le feu d’amour annoncé déjà dans le buisson ardent qui illumine Moise. Les noces de l’Agneau sont scellées à la Croix. Elles sont des noces de sang qui glorifient Jésus et qui nous font entrer dans sa glorification par le Père : « Qu’ils soient un Père comme toi en moi et moi en toi, » dit Jésus.

Nous demandons à Jésus la grâce de nous laisser pacifier afin que nous correspondions à l’amour de Dieu.

© 2016, Père Gilbert Adam


Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin. GF, 173 ; Ep 3, 982-983 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 24)

« Ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret »

 

Sois assidu à la prière et à la méditation. Tu m'as dit que tu avais déjà commencé. C'est là une bien grande consolation pour un père qui t'aime comme lui-même ! Continue donc à progresser dans cet exercice de l'amour envers Dieu. Fais chaque jour un pas de plus : de nuit, à la faible lueur de la lampe, parmi les faiblesses et dans la sécheresse de l'esprit ; ou de jour, dans la joie et l'illumination qui éblouit l'âme...

Si tu le peux, parle au Seigneur dans l'oraison, loue-le. Si tu n'y parviens pas parce que tu n'es pas encore bien avancé dans la vie spirituelle, ne t'inquiète pas : enferme-toi dans ta chambre et mets-toi en présence de Dieu. Il te verra et appréciera ta présence et ton silence. Ensuite, il te prendra par la main, te parlera, fera les cent pas dans les allées de ce jardin qu'est l'oraison, et tu y trouveras ta consolation. Rester en présence de Dieu simplement pour manifester notre volonté de nous reconnaître ses serviteurs, voilà un excellent exercice spirituel qui nous fait avancer dans le chemin de la perfection.

Lorsque tu es uni à Dieu par la prière, examine qui tu es, en vérité ; parle-lui si tu le peux, et si cela t'est impossible, arrête-toi, reste devant lui. Ne te donne pas d'autre peine.

 

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© Secrétariat CSFA 2016: (csfachorale@gmail.com)

avec l'Evangile au Quotidien & Evangeli.net
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Evangile, Saint et Homélie du vendredi 03 juin 2016. Fête du Sacré-Cœur de Jésus.

Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? »


 

Le vendredi 03 juin 2016

Sacré-Cœur de Jésus, solennité

L'Église fête : Sacré-Coeur de Jésus, solennité
Saint(s) du jour : Sts Charles Lwanga et ses compagnons - Mémoire, Bx Diego (Didace) Oddi, religieux o.f.m. († 1919)


Livre d'Ézéchiel 34,11-16.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. Je les ferai sortir d’entre les peuples, je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre ; je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d’Israël. Là, mes brebis se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d’Israël. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit.

Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,5b-11.

Frères, l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,3-7.

En ce temps-là, s'adressant aux pharisiens et aux scribes, Jésus disait cette parabole :« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »


 Textes Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980. Tous droits réservés.


Homélie ou Méditation des textes liturgiques du jour

 Père Gilbert Adam. ( http://www.pere-gilbert-adam.org).

Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?

 

Jésus, dans cette parabole, donne une manifestation de son amour et de sa proximité avec ceux qu’il vient sauver. Toute la raison d’être de sa Mission tient au salut des personnes perdues, égarées, qu’il rencontre. Jésus, bon berger, est soucieux et préoccupé par la vie et la sécurité de chacune des brebis de son troupeau. Or, le soir, au moment de les rentrer dans la bergerie, si le berger s’aperçoit que l’une d’entre elles s’est égarée, il part à sa recherche. Dans son cœur, la brebis manquante vaut tout le troupeau. Il n’est pas question de la laisser livrée à son sort et aux prédateurs, car sans lui, elle n’a aucune chance de survie. C’est la Parole qui nous est donnée quand nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus, son amour fou pour nous. Dieu notre Père nous a tout donné en nous donnant Jésus. Joie de Jésus quand il nous dit : Réjouissez-vous avec moi, car ma petite brebis, celle qui était perdue, je l’ai retrouvée ! Il s’agit de chacun de nous, nous sommes « la petite brebis de Jésus. » Jésus veille sur chacune de nos vies, il veut prononcer sur chacun de nous une Parole d’amour. Si nous sommes présents à cet amour, Jésus se réjouit, Il ne nous prend pas seulement sur ses épaules mais il nous prend vraiment dans son cœur. Nous découvrons qu’il est toujours avec nous, c’est sa joie. Sa joie est que nous comprenions que nous sommes ses enfants en vérité. C’est parce que notre chemin est semé d’obstacles que Jésus nous soutient sans cesse. Jésus m’aime, mon chemin de croix, il le connaît de l’intérieur, et Il me délivre.

 

Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ’Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ Nous ne savons ni combien de temps la recherche a duré, ni dans quel lieu elle a conduit ses pas. Jésus se contente de dire qu’il poursuivra la recherche jusqu’à ce qu’il la retrouve. Le fait d’avoir retrouvé la brebis perdue met le bon berger dans la joie, le troupeau est de nouveau complet. Nous pouvons supposer le soulagement des siens en entendant la voix du berger et le retour de la petite brebis. Jésus qui s’est fait l’un de nous a épousé notre humanité, il aime la nature humaine que nous habitons. Il a aimé Marie en laquelle il a été conçu, sa maman qui l’a porté. Jésus aime notre monde qu’il a créé avec toutes ses beautés. Il a épousé toute la douleur de notre humanité, toute sa détresse, toute son agonie. Il nous donne son Esprit Saint, son amour pour nous soutenir. L’Esprit Saint a soutenu Jésus dans tous les événements de sa vie, jusqu’à sa mort, quand son cœur a été ouvert laissant couler l’eau et le sang. L’eau qui s’est écoulée de son coté, préfigurait l’eau du baptême dans laquelle avons été baptisés. De son cœur ouvert a coulé le sang qui préfigurait déjà l’eucharistie. Ainsi Jésus nous fait le don de son corps et son sang, de toute sa vie.

 

Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. Le bon berger appelle ses amis et ses voisins pour fêter le salut de sa brebis perdue. Il fait participer à sa grande joie ceux qui lui sont le plus proches. Jésus annonce ainsi la réalité de ce qui se produit au ciel, lorsqu’un seul pécheur sur terre retrouve le chemin de la bergerie. Il montre aux pharisiens à quel point chacun ils comptent pour Lui et pour Dieu, ils comptent plus que l’ensemble de la communauté. Pour le bon berger, la perte d’une seule brebis est un fardeau plus grand que le reste du troupeau. Jésus nous donne tout, l’Esprit Saint, son Esprit d’amour, il nous donne sa Mère. Jésus qui fait tout ce qu’Il voit faire au Père, nous a tout donné. Il nous invite à entrer dans ce Don d’Amour. Il fait de nous les enfants de notre Père des cieux. Il accompagne notre vie d’une manière très présente, et toute puissante ! Nous rendons grâce à Dieu pour son Sacré-Cœur qui nous dit combien c’est dans son amour qu’Il porte toute notre vie.

 © 2016, Père Gilbert Adam

 

Saint Jean Eudes (1601-1680), prêtre, prédicateur, fondateur d'instituts religieux
Cœur admirable, livre 12 ; OC 8, p. 350-352

« Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu,  c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils » (1Jn 4,10)

Le Cœur de notre Sauveur est un foyer ardent d'amour au regard de nous : d'amour purifiant, d'amour illuminant, d'amour sanctifiant, d'amour transformant, et d'amour déifiant. D'amour purifiant, dans lequel les cœurs sont purifiés plus parfaitement que l'or dans le feu. D'amour illuminant, qui dissipe les ténèbres de l'enfer dont la terre est couverte, et qui nous fait entrer dans les lumières admirables du ciel : « Il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1P 2,9). D'amour sanctifiant, qui détruit le péché dans nos âmes, pour y établir le règne de la grâce. D'amour transformant, qui transforme les serpents en colombes, les loups en agneaux, les bêtes en anges, les enfants du diable en enfants de Dieu, les enfants de colère et de malédiction en enfants de grâce et de bénédiction. D'amour déifiant, qui fait les hommes dieux, les rendant participants de la sainteté de Dieu, de sa miséricorde, de sa patience, de sa bonté, de son amour, de sa charité et de ses autres divines perfections : « participants de la nature divine » (2P 1,4).

Le Cœur de Jésus est un feu qui répand ses flammes de tous côtés, dans le ciel, sur la terre, et par tout l'univers ; feux et flammes qui embrasent les cœurs des séraphins, et qui embraseraient tous les cœurs de la terre, si les glaces du péché ne s'y opposaient. Il a un amour extraordinaire pour les hommes, tant pour les bons et pour ses amis que pour les méchants et pour ses ennemis, pour lesquels il a une charité si ardente, que tous les torrents des eaux de leurs péchés ne sont pas capables de l'éteindre.

 

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