Evangile, Saint et Homélie du Samedi 07 Mai 2016

 Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. »

Le samedi 07 mai 2016

Temps liturgique : 6e semaine de Pâques


Saint(s) du jour : Ste Rose (Rosa) Venerini, vierge et fond. (1656-1728), St Augustin (Agostino) Roscelli, prêtre et fond. (1818-1876)


Livre des Actes des Apôtres 18,23-28.

Après avoir passé quelque temps à Antioche, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples. Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures. Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean. Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu. Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu. En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.


Psaume 47(46),2-3.8-9.10.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :
c'est le peuple du Dieu d'Abraham.
Les princes de la terre sont à Dieu
qui s'élève au-dessus de tous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,23b-28.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien
Stromates 7,7 ; PG 9, 450s (trad. Orval)

« Demandez et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie »

Vénérer et honorer celui que nous croyons être le Verbe, notre Sauveur et notre chef, et par lui le Père, tel est notre devoir, et non pas à certains jours particuliers comme d'autres le font, mais continuellement, pendant toute la vie, et de toutes les manières. « Sept fois le jour j'ai chanté ta louange » (Ps 118,164) s'écrie le peuple élu... Ce n'est donc pas en un lieu déterminé, ni dans un temple choisi, ni à certaines fêtes ou à certains jours fixes, mais c'est durant toute la vie, en tous lieux, que le vrai spirituel honore Dieu, c'est-à-dire proclame son action de grâces de connaître la vraie vie.

La présence d'un homme de bien, par le respect qu'il inspire, rend toujours meilleurs ceux qui le fréquentent. Combien plus celui qui est continuellement en présence de Dieu par la connaissance, la manière de vivre et l'action de grâces n'en deviendrait-il pas chaque jour meilleur en tout : actions, paroles et dispositions ? ... Vivant donc toute notre vie comme une fête, dans la certitude que Dieu est totalement présent partout, nous labourons en chantant, nous naviguons au son des hymnes, nous nous comportons à la manière de « citoyens des cieux » (Ph 3,20). La prière est, si j'ose dire, un entretien intime avec Dieu. Même si nous murmurons doucement et que, sans remuer les lèvres, nous parlons en silence, nous crions intérieurement. Et Dieu prête constamment l'oreille à cette voix intérieure... Oui, le vrai spirituel prie durant toute sa vie, car prier est pour lui effort d'union à Dieu et il rejette tout ce qui est inutile parce qu'il est parvenu à cet état où il a déjà reçu, en quelque sorte, la perfection qui consiste à agir par amour... Toute sa vie est une liturgie sacrée.


Abbé Xavier ROMERO i Galdeano (Cervera, Lleida, Espagne)

«Je suis sorti du Père (…). Maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père»

Aujourd'hui, l'Evangile nous laisse entendre des paroles d'adieu tendres de la part de Jésus. Il nous fait part de son mystère le plus précieux, Dieu Père est à la fois son origine et son destin: «Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père» (Jn 16,28). Cette vérité concernant la Deuxième Personne de la Trinité ne devrait jamais cesser de résonner dans nos cœurs: vraiment, Jésus est le Fils de Dieu, le Père Divin est son commencement et en même temps sa fin. Pour tous ceux qui croient tout savoir sur Dieu, mais qui mettent en doute la filiation divine de Jésus, l'Évangile d'aujourd'hui a quelque chose d'important à leur dire: “Celui” que les juifs appellent Dieu est celui qui a envoyé Jésus, et Il est donc par conséquent, le Père des chrétiens. Ces paroles nous disent clairement que nous ne pouvons vraiment connaître Dieu que si nous acceptons cette vérité: que ce même Dieu est le Père de Jésus.

Cette filiation divine de Jésus nous rappelle un autre aspect fondamental de notre vie: nous, les baptisés, nous sommes des fils de Dieu dans le Christ par l'Esprit Saint. Cela renferme un des plus beaux mystères pour nous tous: cette paternité adoptive de Dieu envers les hommes se distingue de l'adoption humaine en ce qu'elle a un fondement réel dans chacun de nous, puisqu'elle entraîne une nouvelle naissance. Par conséquent, celui qui a été introduit dans la grande famille divine ne sera plus jamais un inconnu. C'est pour cela, que le jour de l'Ascension la messe nous rappelle, lors de la prière commune que nous tous, les fils, nous avons tous suivis les pas de Jésus: «Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire: nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance». Enfin, aucun chrétien devrait ne se “décrocher” de ce corps, puisque tout ceci est plus important que n'importe quel marathon ou n'importe quelle course, car la ligne d'arrivée n'est autre que le ciel c'est à dire Dieu lui-même!

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Evangile, Saint et Homélie du Vendredi 06 Mai 2016

Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis ...vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. »

 

Le vendredi 06 mai 2016

Temps liturgique: 6e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : St Pierre Nolasque, prêtre et fond. (1189-1256), St François de Laval, évêque († 1708)

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18.

À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. » Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu. Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal, en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit. Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. » Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent. Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

Psaume 47(46),2-3.4-5.6-7.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Celui qui nous soumet des nations,
qui tient des peuples sous nos pieds ;
il choisit pour nous l'héritage,
fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,20-23a.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire lié(e) aux textes du jour :

Père Joseph-Marie, www.homelies.fr (2011)

 

L’introduction à notre péricope - « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père » - nous situe explicitement dans le contexte pascal. L’allusion est dès lors très claire : dans un premier temps, les disciples se lamenteront, tandis que le monde se réjouira de la mort de Jésus. Mais la résurrection va opérer un bouleversement total de la situation : « votre peine - celle des disciples - se changera en joie ». Notre-Seigneur n’ajoute pas que sa glorification mettre fin au triomphe de ses ennemis : il n’en parle plus. Ils restent prisonniers du vieux monde, enfermés dans leur conception religieuse dépassée, tandis que la barque de l’Eglise, revenue de ses frayeurs du vendredi saint, prend le large vers l’autre rivage où son Seigneur l’attend.
Spontanément nous appliquons au Christ l’image de la femme dans les douleurs de l’enfantement ; or une lecture plus attentive montre qu’il n’en est rien : « Vous serez dans la peine… La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée ». Le rapprochement de ces versets ne laisse aucun doute : c’est du groupe des disciples dont il est question. Ainsi donc, « la peine » à laquelle Jésus fait allusion n’annonce pas sa Passion, mais l’angoisse de ses apôtres ; disons plus largement de l’Eglise, pour y inclure la souffrance de la Mère des douleurs, qui demeurera silencieuse au pied de la Croix alors que les disciples ont fui, à l’exception de celui que Jésus aimait. Quant à l’enfant qui naît de cet accouchement, la mise en parallèle de deux autres versets prouve qu’il s’agit de Jésus ressuscité : « Quand l’enfant est né, la femme ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu’elle éprouve du fait qu’un être humain est né dans le monde… Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai et votre cœur se réjouira ».

Etonnante image : l’Homme nouveau est enfanté à la vie divine dans les douleurs d’accouchement de l’Eglise. Jésus ne fait aucune allusion directe à sa propre souffrance : tout est centré sur l’épreuve que devront traverser les disciples lorsque leur Maître leur sera enlevé. Il est bon de réentendre que les souffrances de l’Eglise - et donc aussi les nôtres - font parties des douleurs d’accouchement du monde nouveau. Cependant, nos épreuves ne sont fécondes que par leur lien avec la Passion du Christ, qui est déjà celle de son Eglise, puisque « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). Nous complétons donc notre interprétation : c’est bien la souffrance de l’Eglise qui enfante l’Homme nouveau ; mais en tant que Tête de cette Eglise, le Christ passe le premier par les douleurs de l’enfantement. L’image de la femme qui accouche inclut donc le Fils de l’homme, qui récapitule en lui toute l’humanité, appelée à naître à la vie divine.

Dès lors, la naissance ne réjouira pas seulement le cœur de l’Eglise, mais elle sera partagée aussi par Jésus, qui aura traversé victorieusement les douleurs de l’enfantement. C’est même la vision du Ressuscité qui libèrera cette joie : « Vous aussi maintenant vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ». De même que par le mystère de l’incarnation, le Verbe s’est fait solidaire de nos souffrances, par le mystère de la résurrection, il nous rend participant de sa joie, la joie de l’Esprit, que « personne ne nous enlèvera ». Jésus nous présente une fois de plus la rédemption comme un étonnant mystère de solidarité : le Fils de Dieu se fait « homme des douleurs » (Is 53, 4), afin de déverser la vie et la joie divines dans nos morts et nos tristesses humaines. Puissions-nous nous souvenir de ce mystérieux échange et ne pas contrister l’Esprit en refusant d’accueillir pleinement la fécondité de la croix glorieuse dans nos vies. Nous pourrons alors répondre amour pour amour, accomplissant joyeusement dans notre chair ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ pour son corps qui est l’Eglise (cf. Col 1, 24).

« “Sois sans crainte, continue à parler, ne reste pas muet. Je suis avec toi. Dans cette ville, j’ai à moi un peuple nombreux” (1ère lect.) : c’est aujourd’hui, Jésus, que tu redis cette parole à chacun de nous. Tu veux que nous annoncions “aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs la délivrance ; aux affligés, la joie” (Pr. Euch. IV) ; à tous tu veux que nous proclamions que tu t’es livré toi-même à la mort, pour que nous puissions vivre de ta vie et entrer dans ta joie, ta paix et ta lumière. Envoie encore sur nous ton Esprit, qu’il ouvre nos yeux à ton appel, et que nous ayons le courage de prendre généreusement notre part de souffrance (cf. 2 Ti 2, 3) pour l’annonce de l’Evangile. »

 

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
Contre Eunome, 4 ; PG 45, 633-638 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 372 rev.)

« La création tout entière...passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore » (Rm 8,22)

L'apôtre Paul...témoigne au sujet du Fils unique que ce n'est pas seulement la création des êtres qui a été faite par lui, mais encore que, l'ancienne création ayant vieilli et étant devenue caduque, c'est lui qui a opéré une nouvelle création. Et ainsi le Christ lui-même est le Premier-Né de toute la création (Col 1,15) par l'Évangile annoncé aux hommes...
Comment le Christ devient-il « premier-né d'une multitude de frères » ? (Rm 8,29)... Pour nous il s'est fait comme nous, ayant participé à la chair et au sang pour nous transformer de corruptibles en incorruptibles par la naissance d'en haut de l'eau et de l'Esprit (Jn 3,5). Il nous a montré le chemin d'une telle naissance lorsqu'il a attiré par son propre baptême le Saint Esprit sur l'eau. Il est devenu ainsi le premier-né de tous ceux qui sont régénérés spirituellement, et tous ceux qui ont part à cette régénération par l'eau et par l'Esprit sont appelés frères.

      Ayant déposé dans notre nature la puissance de la résurrection d'entre les morts, le Christ devient aussi prémices de ceux qui se sont endormis et premier-né d'entre les morts (Col 1,18). Le premier, il nous a ouvert le chemin de la libération de la mort. Par sa Résurrection, il a détruit les liens de la mort qui nous tenaient captifs. Ainsi, par cette double régénération, du saint baptême et de la résurrection d'entre les morts, il devient le premier-né de la nouvelle création. Ce premier-né a des frères. Il dit à Marie Madeleine : « Va et dis à mes frères : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20,19). C'est pourquoi le médiateur entre Dieu et les hommes (1Tm 2,5), ouvrant le cortège de toute la nature humaine, envoie à ses frères ce message et leur dit : « Par les prémices que j'ai assumées, en moi je ramène à notre Dieu et Père tout ce qui est humain. »


Abbé Joaquim FONT i Gassol (Igualada, Barcelona, Espagne)

«Votre peine se changera en joie»

Aujourd'hui, nous commençons les Dix jours du Saint-Esprit. En revivant le Cénacle, nous voyons la Mère de Jésus, Mère du Bon Conseil, converser avec les Apôtres. Conversation cordiale et riche! Ils se rappellent toutes les joies partagées avec le Maître. Les journées pascales, l'Ascension et les promesses de Jésus. Les souffrances des jours de la Passion sont devenues joie. Quelle chaleureuse ambiance dans ce Cénacle! Et celle qui les attend, selon ce que Jésus leur a dit! Nous, nous savons que Marie, Reine des Apôtres, Épouse du Saint-Esprit, Mère de l'Église naissante, nous guide pour recevoir les dons et les fruits du Saint-Esprit. Les dons, c'est la voile du bateau quand elle se déploie et que le vent -symbole de la grâce- lui est propice: que le chemin est facile et rapide!

À nous aussi le Seigneur promet de convertir en joie nos fatigues: «Votre joie, personne ne vous l'enlèvera» (Jn 16,22), «votre joie sera parfaite» (Jn 16,24). Au Psaume 126,6: «il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence; il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte les gerbes». Toute cette semaine, la liturgie nous parlera de rajeunissement, d'exultation (sauts de joie), de félicité sûre et perpétuelle. Tout nous portera à vivre d'oraison. Saint Josémaria nous dit: «Je veux que tu sois toujours content, car la joie fait partie intégrante de ton chemin. -Demande pour tous cette même joie surnaturelle».

Pour sa santé physique et surnaturelle, l'être humain a besoin de rire. L'humour de bon aloi apprend à vivre. Saint Paul dira: «Nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment» (Rom 8,28). Voilà une bonne oraison jaculatoire: «Tout est pour le bien!»; «Omnia in bonum!».

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 05 Mai 2016

«Jésus emmena ses disciples au dehors, ... , tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel »

 

Le jeudi 05 mai 2016

Ascension du Seigneur, solennité


Saint(s) du jour : St Vincent Ferrier, missionaire o.p. (1350-1419), Bx Nunzio Sulprizio, orphelin « le petit saint boiteux »

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.


Lettre aux Hébreux 9,24-28.10,19-23.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus : nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,46-53.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. » Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie et/ou Commentaire du jour :

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean, 9 ; PG 74, 182-183 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 373 rev.)

"Le Christ nous ouvre le chemin"

« Dans la maison de mon Père beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? » (Jn 14,2)... Le Seigneur savait que beaucoup de ces demeures étaient déjà prêtes et attendaient l'arrivée des amis de Dieu. Il donne donc un autre motif à son départ : préparer la route à notre ascension vers ces places du ciel en frayant un passage, alors qu'auparavant cette route était impraticable pour nous. Car le ciel était absolument fermé aux hommes, et jamais aucun être de chair n'avait pénétré dans ce très saint et très pur domaine des anges.

      C'est le Christ qui a inauguré pour nous ce chemin vers les hauteurs. En s'offrant lui-même à Dieu le Père comme les prémices de ceux qui dorment dans les tombeaux de la terre, il a permis à la chair de monter au ciel, et il a été lui-même le premier homme à apparaître à ses habitants. Les anges ne connaissaient pas le mystère grandiose d'une intronisation céleste de la chair. Ils voyaient avec étonnement et admiration cette ascension du Christ. Presque troublés à ce spectacle inconnu, ils s'écriaient : « Qui est celui-là qui arrive d'Édom ? » (Is 63,1), c'est-à-dire de la terre. Mais l'Esprit n'a pas permis qu'ils demeurent dans l'ignorance... Il a ordonné qu'on ouvre les portes devant le Roi et Seigneur de l'univers : « Princes, ouvrez vos portes, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! » (Ps 23,7 LXX)

      Donc, notre Seigneur Jésus Christ a inauguré pour nous « cette voie nouvelle et vivante » ; comme le dit saint Paul, « il n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, mais dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu » (He 10,20; 9,24).


Abbé Dom. Josep ALEGRE Abbé de Santa Mª de Poblet (Tarragona, Espagne)

«Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel»

Aujourd'hui jour de l'Ascension du Seigneur, l'on nous rappelle la “mission” qui nous a été confiée: «C'est vous qui en êtes les témoins» (Lc 24,48). La Parole de Dieu continue d'être aujourd'hui d’une vivante actualité: «Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit (…). Alors vous serez mes témoins» (Ac 1,8) jusqu'aux extrémités de la terre. La Parole de Dieu est une exigence pressante et permanente: «Puis il leur dit: ‘Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création’» (Mc 16,15).

En cette Fête résonne avec force l'invitation du Maître, qui —revêtu de notre humanité— une fois remplie sa mission dans ce monde, nous quitte pour s'asseoir à la droite du Père et nous envoyer la force venue d'en haut, le Saint-Esprit. Mais moi je dois me demander: —Le Seigneur agit-t-il à travers moi? Quels sont les signes qui accompagnent mon témoignage? Ça me rappelle un peu les verses du poète: «Tu ne peux pas attendre que Dieu vienne à toi pour te dire: ‘Je suis’. Un Dieu qui déclare son pouvoir, ça n'a pas de sens. Tu dois savoir que Dieu souffle à travers toi depuis le commencement, et si ta poitrine brûle mais tu n'en souffres pas, c'est que Dieu est en train d'y agir».

Ce doit être pour nous un signe: ce feu qui brûle en nous, ce feu qu’on n'arrive pas à éteindre —comme chez le prophète Jérémie: la vive Parole de Dieu. Alors, nous avons besoin de clamer: «Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie Dieu s'élève parmi les ovations, sonnez pour notre Dieu, sonnez!» (Ps 47,2.6-7). Son règne a été enfanté dans le cœur des peuples, dans ton cœur, comme une semence qui est prête à éclater… —Chante, danse, pour ton Seigneur. Et, si tu ne sais pas comment faire, savoure la Parole sur tes lèvres jusqu'à la faire descendre dans ton cœur: —Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, donne-moi l'esprit de sagesse et la révélation pour pouvoir te connaître. Illumine les yeux de mon cœur pour parvenir à comprendre l'espérance à laquelle tu m'appelles, la richesse de la gloire que tu as préparée pour moi et la grandeur de ton pouvoir que tu as déployé avec la résurrection du Christ.

 

Monseigneur Ernesto Storelli (www.lejourduseigneur.com, 2001)

 Paroisse : San Giorgio, Suisse

 Ce ciel, point central de notre solennité de l'Ascension que l'Église célèbre quarante jours après Pâques. Ce ciel à l'allure un peu naïve dont parle les Actes des Apôtres : «Quelques hommes du haut d'une colline le contemple, comme extasiés… Il est caché par une nuée où leur maître vient de disparaître. Deux hommes en vêtement blanc leur apparaissent pour leur demander : Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus qui a été enlevé du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel. Attendez-le comme il vous l'a demandé.»

 L'Ascension est donc la fête du Christ. Du ciel le Verbe était descendu pour prendre chair dans le sein de la Vierge Marie. Dans la simplicité de Nazareth, il avait grandi en grâce et en sagesse dans la soumission à ses parents. Eux-mêmes avaient eu de la peine à le comprendre lorsqu'à 12 ans dans le temple de Jérusalem ils lui avaient reproché : «Pourquoi nous as-tu fait cela ?» Alors que les docteurs de la Loi se demandaient d'où lui venait toute cette science, Quand il avait quitté Nazareth pour annoncer par des signes et des prodiges que le règne de Dieu était désormais présent, tous se demandaient avec étonnement «N'est-ce pas là le fils du charpentier ? Et ses frères et ses soeurs, ne vivent-ils pas au milieu de nous ?»

 Ni le fils de la veuve de Naïm ressuscité, ni les lépreux guéris de leur mal, ni les pains et les poissons multipliés ne suffirent à convaincre ceux qui craignaient de le prendre au sérieux. «Il est nécessaire qu'un homme meure pour le peuple» dit Caïphe d'une manière rophétique. Ainsi il fut livré pour mourir sur la croix. Mais le 3e jour, Dieu le ressuscita et l'éleva à sa droite. Nous venons de lire dans la lettre aux Hébreux «Christ est entré dans le sanctuaire qui n'a pas été construit de mains d'homme, mais dans le ciel, afin de se tenir maintenant devant la face de Dieu».

 Dans les jours de la Passion, nous avions tous participés avec émotion à ses humiliations et à ses souffrances. Aujourd'hui par le Psaume 46, l'Église exulte en chants de joie et invite tous les peuples à célébrer le Seigneur, le Très-Haut, le Roi, le plus grand. Le Christ de la Croix est devenu le Seigneur assis à la droite de Dieu. Fête du Christ : Ascension, mais aussi fête de l‘homme lié à la terre parce que de la terre Dieu l'a modelé. Sur la terre la créature humaine fait ses expériences héroïques, parfois médiocres. Jour après jour l'homme construit son existence, entrelace sa vie à celle des autres, formant avec eux une grande famille humaine. Ainsi sur les routes de la terre, il avance. Parfois ses pas sont fatigués, parfois ils sont rapides. Notre mère la terre ne réussit toutefois pas à satisfaire toutes nos aspirations et notre coeur demeurerait insatisfait si à l'horizon ne luisait pas l'espérance du ciel. Un ciel sans frontières qui nous accompagne jour et nuit, qui brille au-dessus de chaque continent et nous réunit dans une unique demeure.

 Ce ciel dans lequel le Christ nous a appris à rencontrer Dieu en invoquant «Notre Père qui es aux cieux ». Dans ce ciel l'homme trouve la sécurité et la protection que la terre ne réussit pas à lui offrir. Dans ce ciel repose la certitude d'une vie sans fin. Ascension, fête du Christ, fête de l'homme, mais aussi fête de l'Église. Notre expérience humaine nous fait souvent souffrir quand une personne chère nous quitte surtout lorsque la séparation est définitive comme la mort. Nous vivons alors avec des souvenirs mélancoliques et tristes qui se traduisent par des larmes et des lamentations. Ainsi la façon dont l'évangile de Luc termine son récit pourrait nous surprendre : «Jésus les emmena jusque vers Béthanie et levant les mains il les bénit, tandis qu'il les bénissait il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui puis retournèrent à Jérusalem remplis de joie.» Chez les disciples donc pas de tristesse, pas de mélancolie, pas de peur de la solitude mais la joie d'avoir vu le Christ crucifié, ressuscité et glorifié, et dans le même temps un enthousiasme pour une nouvelle mission qui commence : devenir témoins de sa résurrection. La mission de ces premiers apôtres est aussi l'engagement de l'Église de tous les temps, donc de notre Église. Frères et soeurs, demandons-nous si aujourd'hui nous réussissons encore à nous situer comme témoins du Christ ressuscité et à révéler la présence de celui qui siège glorieux à la droite du Père.

 Très souvent nous vivons dans une tension, une peur, un découragement, une angoisse, comme ceux qui n'ont pas d'espérance. Loin de nous la volonté de minimiser la gravité des problèmes qui tourmentent notre société. Nous sommes confrontés à une évolution qui bouleverse le mode de vie à l'intérieur des familles et de toute la communauté humaine. Bien des personnes sont préoccupées par leur avenir, menacé de chômage, ainsi que par des bouleversements qui les mettent dans des situations précaires. Même au sein de la communauté chrétienne des avis divergents se confrontent, créant ainsi des tensions. D'une part on veut respecter la tradition et d'autre part on recherche de nouvelles voies pour rallier l'Évangile de toujours aux hommes de notre temps. Mais tout ceci ne suffit pas pour nous faire perdre le courage et l'enthousiasme propre à l'Église primitive. Nous ne pouvons pas trahir la confiance que le Christ a mise dans son Église, le jour où il est monté dans la gloire des cieux. Dans dix jours nous célébrerons la Pentecôte. Qu'à l'instar des Apôtres, réunis avec Marie au Cénacle descende de nouveau sur nous le feu de l'Esprit Saint afin qu'il nous redonne enthousiasme et courage.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Mercredi 04 Mai 2016

Jésus disait à ses disciples : « Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière...»

Le mercredi 04 mai 2016

Temps liturgique: 6e semaine de Pâques

Saint(s) du jour : Bx Tommaso d’Olera, religieux o.f.m. cap. (1563-1631), Bse Marie-Léonie Paradis, vierge et fondatrice (1840-1912)

Livre des Actes des Apôtres 17,15.22-34.18,1.

En ces jours-là, ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu’à Athènes. Puis ils s’en retournèrent, porteurs d’un message, avec l’ordre, pour Silas et Timothée, de rejoindre Paul le plus tôt possible. Alors Paul, debout au milieu de l’Aréopage, fit ce discours : « Athéniens, je peux observer que vous êtes, en toutes choses, des hommes particulièrement religieux. En effet, en me promenant et en observant vos monuments sacrés, j’ai même trouvé un autel avec cette inscription : “Au dieu inconnu.” Or, ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer. Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu’il contient, lui qui est Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas des sanctuaires faits de main d’homme ; il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le nécessaire. À partir d’un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils le cherchent et, si possible, l’atteignent et le trouvent, lui qui, en fait, n’est pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi l’ont également dit certains de vos poètes : Nous sommes de sa descendance. Si donc nous sommes de la descendance de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité est pareille à une statue d’or, d’argent ou de pierre sculptée par l’art et l’imagination de l’homme. Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout. En effet, il a fixé le jour où il va juger la terre avec justice, par un homme qu’il a établi pour cela, quand il l’a accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts. » Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquaient, et les autres déclarèrent : « Là-dessus nous t’écouterons une autre fois. » C’est ainsi que Paul, se retirant du milieu d’eux, s’en alla. Cependant quelques hommes s’attachèrent à lui et devinrent croyants. Parmi eux, il y avait Denys, membre de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, ainsi que d’autres avec eux. Après cela, Paul s’éloigna d’Athènes et se rendit à Corinthe.

Psaume 148(147),1-2.11-12ab.12c-14a.14bcd.

Louez le Seigneur du haut des cieux,
louez-le dans les hauteurs.
Vous, tous ses anges, louez-le,
louez-le, tous les univers.
Les rois de la terre et tous les peuples,
les princes et tous les juges de la terre ;

tous les jeunes gens et jeunes filles,
les vieillards comme les enfants.
tous les jeunes gens et jeunes filles,
les vieillards comme les enfants.
tous les jeunes gens et jeunes filles,
les vieillards comme les enfants.

Qu'ils louent le nom du Seigneur,
le seul au-dessus de tout nom ;
sur le ciel et sur la terre, sa splendeur :
il accroît la vigueur de son peuple.

Louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël, le peuple de ses proches ! Alléluia !
louange de tous ses fidèles !
il accroît la vigueur de son peuple. Louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël, le peuple de ses proches ! Alléluia !

il accroît la vigueur de son peuple. Louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël, le peuple de ses proches ! Alléluia !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France

Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l'Église
Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Bayart, Eds. franciscaines 1944, p170)

« Il vous guidera vers la vérité tout entière »

L'Esprit Saint, le Paraclet, le Défenseur, est celui que le Père et le Fils envoient dans l'âme des justes comme un souffle. C'est par lui que nous sommes sanctifiés et méritons d'être saints. Le souffle humain est la vie des corps ; le souffle divin est la vie des esprits. Le souffle humain nous rend sensibles ; le souffle divin nous rend saints. Cet Esprit est Saint, parce que sans lui nul esprit, ni angélique, ni humain, ne peut être saint.

« Le Père, dit Jésus, vous l'enverra en mon nom » (Jn 14,26), c'est-à-dire en ma gloire, pour manifester ma gloire ; ou encore, parce qu'il a le même nom que le Fils : il est Dieu. « Il me glorifiera » parce qu'il vous rendra spirituels, et il vous fera comprendre comment le Fils est égal au Père et non pas seulement un homme comme vous le voyez, ou parce qu'il vous enlèvera votre crainte et vous fera annoncer ma gloire au monde entier. Ainsi, ma gloire, c'est le salut des hommes. « Il vous enseignera toutes choses. » « Fils de Sion, dit le prophète Joël, réjouissez-vous, car le Seigneur votre Dieu vous a donné celui qui enseigne la justice » (2,23 Vulg), qui vous enseignera tout ce qui regarde le salut.


Abbé Santi COLLELL i Aguirre (La Garriga, Barcelona, Espagne)

«Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière»

Aujourd'hui, Seigneur, une fois de plus, tu veux ouvrir nos yeux pour que nous voyions que trop souvent nous faisons les choses de travers. «L'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière» (Jn 16,13), que le Père a fait connaître à son Fils. Comme c'est curieux! En plus de ne pas nous laisser guider par l'Esprit (ce grand inconnu dans nos vies!), nous l'ignorons ou nous Lui “imposons” les choses quand nous avons pris nos décisions. Or, aujourd'hui, on nous dit plutôt le contraire: Le laisser nous guider.

Je pense, Seigneur, à haute voix... Je relis l'Évangile d'aujourd'hui et je songe aux garçons et aux filles qui recevront la Confirmation cette année. Je vois ceux qui m'entourent et suis tenté de penser: —Qu'ils sont jeunes! Ils ignorent tout de ton Esprit; et ils se laissent plutôt guider par tous et par personne! Mais de nous, qui sommes considérés comme adultes dans la foi, fais des instruments efficaces de ton Esprit pour devenir des “propagateurs” de ta vérité; pour tâcher de “guider-accompagner”, afin que s'ouvrent les cœurs et les oreilles de ceux qui nous entourent.

«J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire» (Jn 16,12). —Ne te retiens pas, Seigneur, de nous parler et de nous révéler ce que nous sommes! Que ton Esprit de Vérité nous fasse reconnaître tout ce qui est faux dans nos vies et nous donne le courage de pouvoir nous corriger. Qu'Il illumine nos coeurs et nous permette aussi de discerner ce qu'il y a en eux d'authentique et qui participe déjà de ta Vérité. Et qu'en nous en rendant compte, nous soyons reconnaissants et puissions le vivre avec joie.

Esprit de Vérité, ouvre nos cœurs et nos vies à l'Évangile du Christ: que celui-ci soit la lumière qui éclaire notre vie quotidienne. Esprit Défenseur, rends-nous forts pour vivre la vérité du Christ, en témoignant auprès de tous.

Catéchisme de l'Église Catholique

 

1. " Pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter."

 

Notre foi n’est pas irrationnelle, mais en même temps elle n’est pas le fruit d’un simple raisonnement. Elle dépasse notre seule raison. La lenteur des apôtres à comprendre le Christ n’était pas dû à leur manque d’instruction ou à un Q.I. déficient. Il leur fallait l’aide de l’Esprit Saint pour percer les mystères divins. Quand Pierre a reconnu Jésus comme le Messie et le Fils de Dieu, le Christ a répondu : " Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux."(Matthieu 16,17). La foi est un don ; nous devons la demander. Une fois que les apôtres ont reçu le don de l’Esprit Saint, non seulement ils ont été capables de comprendre le message du Christ, ils ont été capables de le vivre.

 


 

2. " L’Ésprit … redira tout ce qu’il aura entendu.

 

 " Les trois personnes, le Père, le Fils et l’Ésprit Saint, sont un dans une même nature ; elles ne peuvent jamais être séparées dans leurs actions. L’Ésprit Saint et ses actions ne peuvent jamais être légitimement séparés du Christ. L’Ésprit dit ce qu’il reçoit du Christ. L’Ésprit Saint continue le travail de salut accompli par le Christ. « L’Ésprit n’agit pas à côté ou en dehors du Christ. Il n’y a qu’une seule économie salvifique du Dieu Un et Trine, réalisée dans le mystère de l’incarnation, mort et résurrection du Fils de Dieu, mise en œuvre avec la coopération du Saint-Esprit et élargie dans sa portée salvifique à l’humanité entière et à l’univers : « Les hommes ne peuvent donc entrer en communion avec Dieu que par le Christ, sous l’action de l’Ésprit ». (Jean Paul II,Dominus Iesus, no.12). Est-ce que j’écoute attentivement l’Ésprit Saint ?

 


 

3. " L’esprit… vous guidera vers la vérité tout entière."

 

Même si, avec le Christ, la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles. (CEC, no.66). C’est l’Esprit Saint qui nous guidera, à travers l’Église, vers toute la vérité. C’est l’Esprit Saint qui nous rend confiants en l’enseignement de l’Église, et c’est l’Esprit Saint qui nous donne la confiance nécessaire pour cheminer vers la sainteté. Que faisons-nous pour grandir en notre compréhension de la vérité révélée par Dieu ?

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 03 Mai 2016

Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Le mardi 03 mai 2016

Fête de St Philippe et St Jacques (le mineur), apôtres


Saint(s) du jour : Sts Philippe et Jacques le Mineur, apôtres et martyrs, Bse Marie-Léonie Paradis, vierge et fondatrice (1840-1912)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-8.

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –, ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.


Psaume 19(18),2-3.4-5ab.

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s'entende;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,6-14.

En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église
De la Trinité, 7, 34-36 (trad. DDB 1981, t. 2, p.103 rev. ; cf Bresard, 2000 ans A, p.140)

« Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit »

 

Jésus dit : « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez et vous l'avez vu ». On voit l'homme Jésus Christ. Les apôtres ont devant les yeux son aspect extérieur, c'est-à-dire sa nature d'homme, alors que Dieu, affranchi de toute chair n'est pas reconnaissable dans un misérable corps charnel. Comment se fait-il donc que le connaître soit aussi connaître le Père ? Ces paroles inattendues troublent l'apôtre Philippe... ; la faiblesse de son esprit humain ne lui permet pas de comprendre une affirmation si étrange... Alors, avec l'impétuosité que permettaient sa familiarité et sa fidélité d'apôtre, il interroge son Maître : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit ! »... Ce n'est pas qu'il désire contempler le Père de ses yeux physiques, mais il demande à comprendre celui qu'il voit de ses yeux. Car voyant le Fils sous sa forme humaine, il ne comprend pas comment, de ce fait, il avait vu le Père...

Le Seigneur lui répond donc : « Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? » Il lui reproche d'ignorer qui il était... Pourquoi ne l'avait-on pas reconnu, lui qu'ils avaient si longtemps cherché ? C'est que pour le reconnaître, il fallait reconnaître que la divinité, la nature du Père, était en lui. En effet, toutes les œuvres qu'il avait faites étaient le propre de Dieu : marcher sur les eaux, commander aux vents, accomplir des choses impossibles à comprendre, telles que changer l'eau en vin ou multiplier les pains..., mettre en fuite les démons, chasser les maladies, porter remède aux infirmités du corps, corriger les handicaps de naissance, remettre les péchés, rendre la vie aux morts. Voilà tout ce qu'avait fait son corps de chair, et tout cela lui permet de se proclamer Fils de Dieu. De là son reproche et sa plainte : à travers la réalité mystérieuse de sa naissance humaine, on n'a pas perçu la nature divine qui accomplissait ces miracles par cette nature humaine assumée par le Fils.

Abbé Joan SOLÀ i Triadú (Girona, Espagne)

«Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père»

Aujourd'hui nous célébrons la fête des apôtres Philippe et Jacques. L'Évangile fait référence aux conversations que Jésus avait avec les seuls Apôtres, pour les former en leur offrant des idées claires sur Sa personne et Sa mission. Car les Apôtres étaient fortement influencés par les idées que les Juifs avaient sur la personne du Messie: ils s'attendaient à un libérateur terrestre et politique alors que la personne de Jésus ne correspondait pas du tout à ces images préconçues. Les premières paroles que nous pouvons lire dans l'Évangile d'aujourd'hui sont la réponse à une question de l'Apôtre Thomas. «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi» (Jn 14,6). Cette réponse à Thomas provoque la demande de Philippe: «Seigneur, montre-nous le Père; cela nous suffit» (Jn 14,8). La réponse de Jésus est —en réalité— une reproche: «Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe?» (Jn 14,9).

Les Apôtres ne comprenaient pas l'unité entre le Père et le Fils, ils n'arrivaient pas à voir le Dieu et l'Homme dans la personne de Jésus. Mais Il ne se contente pas de prouver son égalité avec le Père, il leur rappelle aussi qu'ils devront continuer son œuvre salvifique: Il leur concède le pouvoir de faire des miracles, leur promet d'être toujours à leurs côtés, et que ce qu'ils demanderont en son nom Il le leur accordera. Ces réponses de Jésus aux Apôtres, c'est à nous aussi qu'Il les adresse. Saint Josemaría, en commentant ce texte, nous dit: «‘Je suis le chemin, la vérité et la vie’. Par ces mots sans équivoque, le Seigneur nous a montré le vrai sentier qui mène au bonheur éternel (...). Il le déclare à tous les hommes. Mais Il le rappelle spécialement à ceux qui, comme toi et moi, Lui ont dit qu'ils sont décidés à prendre au sérieux leur vocation de chrétiens».

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 02 Mai 2016

Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, ... l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.»

 

Le lundi 02 mai 2016 (temps liturgique = 6e semaine de Pâques)


Saint(s) du jour : St Athanase, évêque et docteur de l'Église (v. 295-373), St José María Rubio Peralta, prêtre s.j. (1864-1929)

Livre des Actes des Apôtres 16,11-15.

Avec Paul, de Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace, puis, le lendemain, sur Néapolis, et ensuite sur Philippes, qui est une cité du premier district de Macédoine et une colonie romaine. Nous avons passé un certain temps dans cette ville et, le jour du sabbat, nous en avons franchi la porte pour rejoindre le bord de la rivière, où nous pensions trouver un lieu de prière. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies. L’une d’elles nommée Lydie, une négociante en étoffes de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, et qui adorait le Dieu unique, écoutait. Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. Quand elle fut baptisée, elle et tous les gens de sa maison, elle nous adressa cette invitation : « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main.


Psaume 149(148),1-2.3-4.5-6a.9b.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l'assemblée de ses fidèles !
En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l'éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l'heure du triomphe.
Qu'ils proclament les éloges de Dieu,
c'est la fierté de ses fidèles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean, 10 (trad. bréviaire)

« Vous aussi, vous allez rendre témoignage »

Tout ce que le Christ avait à faire sur la terre était maintenant accompli ; mais il fallait absolument que nous « devenions participants de la nature divine » du Verbe (2P 1,4), c'est-à-dire que nous abandonnions notre vie propre pour qu'elle se transforme en une autre... En effet, aussi longtemps qu'il demeurait dans la chair auprès des croyants, le Christ leur apparaissait, je crois, comme le donateur de tout bien. Mais lorsque viendrait le moment où il devrait monter vers son Père des cieux, il faudrait bien qu'il soit présent par son Esprit auprès de ses fidèles, qu'il « habite par la foi dans nos cœurs » (Ep 3,17).

Les hommes en qui l'Esprit est venu et a fait sa demeure sont transformés ; ils reçoivent de lui une vie nouvelle comme on peut facilement le voir par des exemples pris dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Samuel, après avoir adressé tout un discours à Saül, lui dit : « L'Esprit du Seigneur fondra sur toi et tu seras changé en un autre homme » (1S 10,6). Quant à saint Paul : « Nous tous qui, le visage dévoilé, reflétons la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même image, de gloire en gloire, comme il convient au Seigneur qui est Esprit. Car le Seigneur, c'est l'Esprit » (2Co 3,18).

Vous voyez comment l'Esprit transforme pour ainsi dire en une autre image ceux en qui on le voit demeurer. Il fait passer facilement de la considération des choses terrestres à un regard exclusivement dirigé vers les réalités célestes ; d'une lâcheté honteuse à des projets héroïques. Nous constatons que ce changement s'est produit chez les disciples : fortifiés ainsi par l'Esprit, les assauts des persécuteurs ne les ont pas paralysés ; au contraire, ils se sont attachés au Christ par un amour invincible. C'est absolument indubitable. Elle est donc bien vraie, la parole du Sauveur : « C'est votre intérêt que je retourne au ciel » (Jn 16,7). Car c'est le moment de la descente de l'Esprit.

Abbé Higinio Rafael ROSOLEN IVE (Cobourg, Ontario, Canada)

 «Vous aussi vous rendrez témoignage»

Aujourd'hui, dans l'Évangile Jésus annonce et promet la venue de l'Esprit Saint : "Quand viendra le Paraclite (…) qui provient du Père, Il rendra témoignage en ma faveur (Jn 15,26). "Paraclite" signifie littéralement "celui qui est appelé auprès de quelqu'un", et qu'on traduit habituellement par "Consolateur". De cette manière, Jésus nous rappelle la bonté de Dieu, car l'Esprit Saint étant l'amour de Dieu, Il inspire la paix dans nos cœurs, la sérénité dans l'adversité et la joie pour les choses de Dieu. Il nous fait regarder vers les choses du ciel et nous unir à Dieu. De plus, Jésus dit aux Apôtres "Vous aussi vous rendrez témoignage" (Jn 15,27). Pour rendre témoignage il faut:

1° Etre en communion et proche de Jésus. Cela naît du contact quotidien avec Lui : lire l'Évangile, écouter ses paroles, connaître ses enseignements, pratiquer ses sacrements, être en communion avec l'Église, imiter son exemple, obéir aux commandements, le voir dans les saints, le reconnaître dans nos frères, avoir son esprit et l'aimer. Il s'agit d'avoir une expérience personnelle et vive avec Jésus.

2° Notre témoignage est crédible s'il se reflète dans nos œuvres. Un témoin n'est pas seulement celui qui sait que quelque chose est vrai, mais qui est aussi prêt à le dire et à le vivre. Ce que nous expérimentons et vivons dans notre âme, nous devons le transmettre à l'extérieur. Nous sommes des disciples de Jésus non seulement lorsque nous connaissons ses enseignements, mais – et surtout – quand nous voulons et faisons en sorte que les autres Le connaissent et L'aiment. Comme dit le dicton : "Les paroles émeuvent, les exemples rallient".

Le Pape François nous disait : Je suis reconnaissant pour le bel exemple que me donnent de nombreux chrétiens qui offrent leur vie et leur temps avec joie. Ce témoignage me fait beaucoup de bien et me soutient dans mon désir de surmonter l'égoïsme pour m'engager davantage". Et il ajoutait : "Je veux vous demander en particulier un témoignage de communion fraternelle qui devienne attractif et resplendissant". C'est toujours une lumière qui attire.

Abbé Jordi POU i Sabater (Sant Jordi Desvalls, Girona, Espagne)

«Quand viendra le Défenseur, l'Esprit de vérité, il rendra témoignage en ma faveur»

Aujourd'hui l'Évangile est presque autant d'actualité que durant les dernières années de la vie de Jean l'évangéliste. À l'époque être chrétien n'était pas à la mode (au contraire c'était plutôt risqué), de nos jours ce n'est pas à la mode non plus. Si quelqu'un veut se distinguer dans notre société il vaut mieux qu'il ne soit pas chrétien car —dans beaucoup d'endroits— il sera, tout comme les premiers chrétiens juifs, «On vous exclura de la synagogue» (Jn 16,2).

Nous savons qu'être chrétien veut dire vivre à contre-courant, il en a toujours été ainsi, même à une époque où "tout le monde" était chrétien: ceux qui voulaient l'être vraiment n'étaient pas très bien vus de certains. Le chrétien, s'il vit selon les enseignements de Jésus, est un témoignage de ce que Jésus avait prévu pour tous les hommes, c'est quelqu'un qui témoigne qu'on peut effectivement imiter Jésus et vivre en tant qu'homme en toute dignité. Cela ne plaira pas à tous, tout comme Jésus lui-même ne plaisait pas à tout le monde à tel point qu'il a été mis à mort. Les raisons de ce rejet sont diverses, mais nous devons garder à l'esprit que parfois notre témoignage est pris comme une accusation.

On ne peut pas dire, d'après ses écrits, que Jean était pessimiste: il nous fait une description victorieuse de l'Église et du triomphe de Jésus. Nous ne pouvons pas dire non plus qu'il n'a pas souffert ce qu'il décrit. Il ne cache pas la réalité des choses ni la substance de la vie chrétienne: la lutte. C'est une lutte pour tous car nous ne devons pas vaincre avec nos propres forces, le Saint Esprit lutte à nos cotés. C'est lui qui nous donne la force. C'est lui, le Protecteur, qui nous délivre de tous les dangers. Avec Lui à nos cotés nous ne craignons rien. Jean a eu entièrement confiance en Jésus, il lui a fait don de sa vie. De cette manière il ne lui a pas été difficile de se confier à celui que Jésus lui a envoyé: le Saint Esprit.

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Evangile, Saint et HomélieDimanche 01 Mai 2016

Dimanche 01 mai 2016: L'Église fête : Saint Joseph travailleur





Livre des Actes des Apôtres 15,1-2.22-29.

En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. Alors les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »


Psaume 67(66),2-3.5.6.8.

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu'ils te rendent grâce tous ensemble !
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l'adore !


Livre de l'Apocalypse 21,10-14.22-23.

En esprit, il m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu : elle avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes et, sur ces portes, douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël. Il y avait trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident. La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau. Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau.
La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,23-29.

Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 27, 8-10 (trad. Delhougne, Les Pères commentent p. 370)

« Nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui »

 « Le Père et moi, disait le Fils, nous viendrons chez lui, c'est-à-dire chez l'homme qui est saint, nous irons demeurer auprès de lui. » Et je pense que le prophète n'a pas parlé d'un autre ciel lorsqu'il a dit : « Tu habites chez les saints, toi la gloire d'Israël » (Ps 21,4 Vulg). Et l'apôtre Paul dit clairement : « Par la foi, le Christ habite en nos cœurs » (Ep 3,17). Il n'est donc pas surprenant que le Christ se plaise à habiter ce ciel-là. Alors que pour créer le ciel visible il lui a suffi de parler, il a lutté pour acquérir celui-là, il est mort pour le racheter. C'est pourquoi, après tous ses travaux, ayant réalisé son désir, il dit : « Voici le lieu de mon repos à tout jamais, c'est là le séjour que j'avais choisi » (Ps 131,14)...

Maintenant « pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? » (Ps 41,6). Penses-tu trouver en toi aussi une place pour le Seigneur ? Quelle place en nous est digne d'une telle gloire ? Quelle place suffirait à recevoir sa majesté ? Est-ce que je peux l'adorer seulement aux lieux où se sont arrêtés ses pas ? Qui m'accordera de pouvoir au moins suivre les traces d'une âme sainte « qu'il s'est choisie pour son domaine » ? (Ps 32,12)

Puisse-t-il daigner répandre en mon âme l'onction de sa miséricorde, si bien que je sois capable de dire, moi aussi : « Je cours dans la voie de tes volontés, car tu mets mon cœur au large » (Ps 118,32). Je pourrai peut-être, moi aussi, montrer en moi, sinon « une grande salle toute prête, où il puisse manger avec ses disciples » (Mc 14,15), du moins « un endroit où il puisse reposer sa tête » (Mt 8,20).


Abbé Francesc CATARINEU i Vilageliu (Sabadell, Barcelona, Espagne)

«Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui»

Aujourd'hui avant la célébration de l'Ascension et de la Pentecôte, nous pouvons encore relire les paroles du sermon de la Sainte Cène, où nous devons voir les différentes façons de présenter un message tout à fait unique, car il émane de l'union du Christ avec le Père et de la volonté de Dieu de nous associer à ce mystère de l'amour.

Un jour on présenta à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus plusieurs cadeaux pour qu'elle choisisse, et elle a dit, avec une grande force de décision, malgré sa jeunesse: «Je prends tout». Quand elle eut grandi elle comprit que ce prendre tout devait être concrétisé en désirant être l'amour dans l'Église, car un corps sans amour n'aurait aucun sens. Dieu est ce mystère d'amour, un amour concret, personnel, devenu chair dans la personne du Fils Jésus qui en arrive à tout donner: Lui-même, sa vie et ses actes sont le plus claire et le plus grand message de Dieu.

La “paix” naît de cet amour qui embrasse tout. La paix, aujourd'hui, nous manque: elle nous parait un rêve: nous voulons la paix mais, partout, ce ne qu'angoisse et violence. Nous n'atteindrons la paix que si nous nous tournons vers Jésus, car c'est Lui qui nous la donne comme le fruit de son amour total. Mais ce n'est pas à la manière du monde qu'Il nous la donne (cf. Jn 14,27), car la paix de Jésus n'est pas la quiétude et le laisser-aller, tout au contraire: la solidarité devient fraternité, capacité de nous regarder et de regarder les autres avec des yeux nouveaux, comme le fait le Seigneur, pour nous pardonner les uns aux autres. De là naît une grande sérénité qui nous fait accepter les choses telles qu'elles sont, et non comme elles nous paraissent. C'est par ce chemin que nous parviendrons au bonheur.

«L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit» (Jn 14,26). Demandons, dans ces derniers jours de Pâques, de nous ouvrir à l'Esprit: nous l'avons reçu lors de notre baptême et de notre confirmation, mais il faut que —comme cadeau de plus— il resurgisse en nous et nous fasse parvenir là où nous n'oserions pas aller.

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Evangile, Saint et Homélie du samedi 30 Avril 2016

Jésus disait à ses disciples : «Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi»

Le samedi 30 avril 2016 (5e semaine de Pâques)


L'Église fête : En Afrique du Nord : solennité de Notre Dame d'Afrique - lectures propres
Saint(s) du jour : St Joseph-Benoît Cottolengo, prêtre et fond. (1786-1842), St Pie V, pape o.p. (225e) de 1556 à 1572

 

Livre des Actes des Apôtres 16,1-10.

En ces jours-là, Paul, qui avait quitté Antioche avec Silas, arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec. À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage. Paul désirait l’emmener ; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec. Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu’elles entrent en vigueur. Les Églises s’affermissaient dans la foi et le nombre de leurs membres augmentait chaque jour. Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. Ils longèrent alors la Mysie et descendirent jusqu’à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. » À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.


Psaume 100(99),1-2.3.5.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l'allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,18-21.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Homélie lors de la commémoration œcuménique des témoins de la foi du 20ème siècle, 7/5/00 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a eu d'abord contre moi »

 

       « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12,25). Il s'agit là d'une vérité que le monde contemporain refuse souvent et méprise, car il fait de l'amour de soi le critère suprême de l'existence. Mais les témoins de la foi [du vingtième siècle] n'ont considéré ni leur propre avantage, ni leur bien-être, ni même leur survie comme des valeurs supérieures à la fidélité à l'Évangile. Malgré leur faiblesse, ils ont opposé une résistance vigoureuse au mal. Dans leur fragilité a resplendi la force de la foi et de la grâce du Seigneur.

      L'héritage précieux que ces témoins courageux nous ont laissé est un patrimoine commun à toutes les Églises et à toutes les Communautés ecclésiales... L'œcuménisme le plus convaincant est celui des martyrs et des témoins de la foi ; il indique aux chrétiens du vingt et unième siècle la voie de l'unité. C'est l'héritage de la croix vécu à la lumière de Pâques, héritage qui enrichit et soutient les chrétiens à mesure qu'ils avancent dans le nouveau millénaire...

      Dans le siècle et dans le millénaire qui s'avance, puisse la mémoire de ces frères et de ces sœurs rester vivante ! Mieux encore, puisse-t-elle grandir ! Qu'elle soit transmise de génération en génération, afin d'être semence féconde d'un profond renouveau chrétien ! Qu'elle soit gardée comme un trésor d'une insigne valeur pour les chrétiens du nouveau millénaire et qu'elle soit levain pour parvenir à la pleine communion de tous les disciples du Christ ! ... Je prie le Seigneur pour que la nuée de témoins qui nous entourent (He 12,1) nous aide, nous tous croyants, à exprimer notre amour pour le Christ avec un courage égal au leur ; par celui qui demeure vivant dans son Église, aujourd'hui comme hier, demain et toujours !



Abbé Ferran JARABO i Carbonell (Agullana, Girona, Espagne)

«Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé»

Aujourd'hui, l'Évangile oppose les fidèles du Christ au monde. Le monde représente tout ce qui est péché dans notre vie. Une des particularités du chrétien est sa lutte constante contre le mal et le péché qui est à l'intérieur de chaque homme et dans le monde. C'est pour cela que Jésus est lumière, lumière qui illumine les ténèbres du monde. Karol Wojtyla nous dit que «la lumière puisse nous rendre forts et capables d'accepter et d'aimer la vérité entière du Christ, plus le monde la contredit plus il faut l'aimer».

Ni le chrétien, ni l'Eglise ne peuvent suivre les tendances ou les critères du monde. Le seul et unique critère pour nous doit être le Christ. Ce n'est pas Jésus qui doit s'adapter au monde dans lequel nous vivons, c'est nous qui devons tourner nos vies vers Jésus. «Le Christ est le même hier, aujourd'hui et toujours». Ces paroles devraient nous amener à la réflexion. Quand notre société sécularisée réclame des changements ou libertés aux chrétiens et à l'Église, elle nous demande tout simplement de nous détourner de Dieu. Le chrétien doit rester fidèle au Christ et à son message. Saint Irénée nous dit: «Dieu n'a besoin de rien, mais l'homme a besoin de rester en communion avec Dieu. Et la gloire de l'homme réside dans sa persévérance et dans sa fidélité au service de Dieu».

Cette fidélité peut entraîner la persécution: «Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi» (Jn 15,20). Nous ne devons pas craindre la persécution mais au contraire ce que nous devons craindre c'est de ne pas faire la volonté de Dieu. Soyons courageux et proclamons sans crainte le Christ ressuscité, lumière et joie des chrétiens! Laissons l'Esprit Saint nous transformer et nous rendre capables de le proclamer partout dans le monde!

Voici un autre commentaire tiré de http://larevuereformee.net

Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous (…). Parce que vous n’êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, c’est à cause de cela que le monde vous hait. (Jn 15:18-19)

 

Dans son dernier entretien avec ses disciples, la nuit qui précède sa mort, Jésus suit un plan rigoureux. En lavant les pieds de ses disciples, Jésus leur révèle que l’humiliation du Messie est la cause effective de notre purification et de notre salut. Sa mort sur la croix met le comble à sa gloire et à la gloire du Père. La glorification du Christ implique la séparation d’avec ses disciples, la disparition de sa présence visible. Mais cette séparation inaugure le chemin que les disciples doivent suivre désormais: un chemin d’amour, à l’image de celui que le Christ a lui-même parcouru: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13:34-35) Jésus fixe le but de notre vie humaine: l’union avec Dieu dans la maison du Père et il en précise le chemin: « JE SUIS le chemin, la vérité et la vie: nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 14:4) Il faut croire en lui. Cette foi est puissante en oeuvres; elle rend la prière efficace. Absent en raison même de sa gloire, le Christ est présent, en chaque disciple, par l’union mystique qu’accomplit le don du Saint-Esprit, attestée par la sainte Cène.

 

C’est alors que Jésus peut préciser, à l’intention de chacun de nous, deux relations distinctes:

 

– La relation réciproque qui unit chaque disciple à son Seigneur. C’est l’image du cep et des sarments, qui dépeint l’essence de la vie de l’Eglise: porter des fruits à la gloire du Père, en demeurant en Christ, dans son amour; garder ses commandements et, avec une joie pleine et solide, en tant qu’amis du Christ, pleinement initiés au sens de sa mort, accomplir la mission pour laquelle il nous a choisis et établis; porter un fruit qui demeure jusque dans la vie éternelle.

 

– Mais pour porter du fruit, en tant que disciples, nous ne sommes pas seulement en relation avec notre Sauveur comme le sarment avec le cep, nous sommes aussi en relation avec le monde. En préciser les termes pour dépeindre ensuite la mission du Saint-Esprit dans le monde par la prédication de l’Eglise et le témoignage de chacun, et la victoire finale des croyants, voilà ce que Jésus veut encore faire avant que monte vers le Père sa dernière prière de consécration et d’intercession. Le dernier mot que le Christ a prononcé pour qualifier nos relations avec lui et avec nos frères dans l’Eglise était AMOUR. Le premier qu’il prononce quant à nos relations avec le monde, c’est la HAINE. Quel contraste!

 

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, c’est à cause de cela que le monde vous hait. »

 

La marque de l’Eglise, c’est l’amour; la marque du monde, de ceux qui ne sont pas renouvelés par le Saint-Esprit, c’est LA HAINE DE L’AMOUR, la capacité de haïr. La haine implacable du monde pour les « amis » de Jésus est le signe de la vérité, de l’authenticité de cette amitié. Notre initiation au mystère de la mort du Christ implique que nous soyons également initiés à la haine puissante du monde qui décida sa mort. L’amour de Dieu et la haine du monde doivent l’un et l’autre nous être révélés. Ce sont les deux mystères de notre existence. L’amitié pour Jésus déclenche l’inimitié du monde. Le monde hait le Christ, il ne peut donc que haïr ses amis; l’esprit du monde n’accepte et ne reçoit que ce qui vient du monde, ce qui lui semble homogène avec sa manière d’être, de penser et d’agir: tout ce qui lui est hétérogène, il le rejette, il le hait. Car le monde est perdu!

 

L’œuvre du Christ est très exactement de choisir les siens, ses disciples « du milieu du monde » (15:19); c’est « du milieu du monde » (17:6) également que le Père les « donne » à son Fils. Cet appel et ce choix, ce don au Christ déclenchent la haine du monde et font des disciples des « objets de haine » (15:19). « C’est à cause de cela que le monde vous hait », dit Jésus. Le Maître n’étant pas du monde, ceux qu’il choisit ne sont pas non plus du monde (17:14-16); ils sont envoyés « dans le monde ». S’ils étaient encore du monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Le monde ne pourrait les haïr, comme il ne pouvait pas haïr les propres frères du Christ qui ne croyaient pas en lui (7:5-7).

 

Etre chrétien – tiré du monde, séparé – et, en même temps, être du monde, être aimé de lui, est une contradiction. Christ a témoigné que les œuvres du monde étaient mauvaises (7:7). Les disciples ne peuvent que prêcher la même parole et être impliqués dans la haine du monde! Nous avons à nous rappeler sans cesse l’enseignement de Jésus: « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’envoie. » (Jn 13:16) Après le lavage des pieds, cette affirmation est appliquée d’abord à la nécessité de l’amour mutuel parmi les disciples et à l’humilité de cet amour; maintenant le Christ l’applique à l’humiliation dans la persécution : Il suffit au disciple d’être comme son maître, et au serviteur d’être comme son seigneur. S’ils ont appelé le père de famille Béelzébul, combien plus appelleront-ils ainsi ceux de sa maison. NE LES CRAIGNEZ DONC POINT. (Mt 10:24-25)

 

Ainsi l’attitude du monde à l’égard de Jésus conditionne son attitude à l’égard de ses disciples. Ceux qui l’ont persécuté, persécuteront aussi ceux qui parlent en son nom, et ceux qui ont gardé sa parole garderont aussi celle de ses disciples. Mais d’où vient cette réjection de Jésus, sa persécution par le monde et la haine dont il est l’objet? DU PÉCHÉ, qui provient de l’ignorance du Père qui a envoyé le Christ. En fait, la haine du monde est inimitié contre Dieu. La venue du Christ n’était pas qu’une simple présence corporelle; elle était accompagnée de paroles et d’œuvres. Le Fils a été envoyé par le Père pour le salut du monde (Jn 3:17), les paroles qu’il prononça, les œuvres qu’il accomplit, sont, étaient les paroles et les œuvres du Père:

 

Les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir (…) rendent à mon sujet le témoignage que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé m’a lui-même rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et sa parole ne demeure pas en vous. (Jn 5:36-37) Les paroles que je vous dis, ce n’est pas de moi-même que je les prononce. C’est le Père demeurant en moi qui accomplit ses propres oeuvres. (Jn 14:10) C’est pourquoi la haine du Fils est haine du Père. « Ils ont haï et moi et mon Père. » (Jn 15:24)

 

Le rejet de Jésus est un péché, différent de tous les autres péchés. Il est inexcusable, parce que le monde est tenu pour responsable de discerner la vérité quand la vérité lui est présentée. Mais il refuse de voir, d’entendre et de comprendre! Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père. Celui qui confesse le Fils a aussi le Père. (1 Jn 2:23) Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. (1 Jn 5:12) L’apostasie du monde est l’accomplissement de la prophétie: « Ils m’ont haï sans cause! » Sans autre cause que le péché, l’endurcissement dans le péché. L’amour du péché conduit à la haine de l’amour, parce que seule la haine du péché donne l’amour de l’amour.

 

C’est pourquoi, à travers toute l’histoire du monde, deux grands courants agissent au coeur de l’existence humaine et s’opposent sans cesse comme l’eau et le feu:

 

i) Le premier est dû à l’action du Saint-Esprit. Par la puissance agissante de la Parole de Dieu incarnée en Jésus-Christ, il redirige vers son Créateur la création qui, par la Chute, s’était séparée de sa véritable origine. Entre l’homme et le Père céleste, l’Esprit saint établit une relation de filialité. Ce courant régénérateur est celui de la révélation de la Parole de Dieu, avec ses thèmes fondamentaux, à savoir: la création, la chute et la rédemption par Jésus-Christ dans la communion du Saint-Esprit .

 

ii) Le second courant est celui de l’esprit d’apostasie. Il cherche à éloigner l’homme et à le séparer du seul vrai Dieu. Formidable puissance religieuse, il domine le coeur de l’homme et le conduit à la déification de la créature, à l’idolâtrie de soi.

 

Cet esprit d’apostasie, cette haine du monde à l’égard du Christ et de ses disciples, qui est une haine contre Dieu, se manifeste non seulement entre gens du monde et disciples de Jésus d’une manière directe, mais dans toutes les activités humaines, qui ne veulent tenir compte ni du Christ ni de Dieu. Dans la fausse science, les philosophies, les idéologies, la politique, les conceptions historiques, dans le droit, dans les arts, dans la morale, la littérature, la radio, le cinéma, la télévision, etc., l’industrie, le travail, la publicité, etc. RIEN N’Y ÉCHAPPE! Chrétiens, nous sommes quotidiennement assaillis par le mépris du Christ et de Dieu, par d’innombrables voies convergentes, comme un îlot battu par la tempête… Nous ne pouvons éviter ce combat! Pour discerner l’esprit du monde de l’esprit du Christ, nous devons sans cesse rester en éveil, travailler avec acharnement, réfléchir, résister et tenir… Aucun chrétien, ici, n’a droit au repos. Aucun ne peut esquiver ce combat. S’il ne combat pas, c’est qu’il est du monde, ennemi du Christ et de Dieu.

 

Mais chacun reçoit deux consolations, témoin de la puissance de la Parole de Dieu. « S’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre », qui accomplit – quotidiennement pour ceux qui ont la foi capable de discerner les fruits de la foi – des choses merveilleuses: l’alliance de grâce, l’évangélisation et la mission. L’Eglise du Christ s’édifie, se réforme, s’accomplit, se remplit dans l’attente de la venue de son Epoux.

 

Voici la seconde consolation. Comme seuls nous ne pouvons rien, Christ nous apporte une promesse: la présence, l’illumination, la consolation, la communion du Saint-Esprit nous sont données. Esprit de prophétie, Esprit de force, Esprit de joie, Esprit de paix: l’Esprit de victoire sur le monde! C’est par là que le Christ terminera cet ultime entretien. (source: http://larevuereformee.net)

 

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Evangile, Saint et Homélie du vendredi 29 Avril 2016

Jésus disait à ses disciples:  «Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »

 

 

Vendredi 29 avril 2016: (5ème Semaine du Temps Pascal)

Saint(e) du jour: Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l'Eglise, copatronne de l'Europe

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes
qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles- ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

On laissa donc partir les délégués, et ceux-ci descendirent alors à Antioche. Ayant réuni la multitude des disciples, ils remirent la lettre. À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait.

Psaume : 56 (57), 8-9, 10-12

Mon cœur est prêt, mon Dieu,
mon cœur est prêt !
Je veux chanter, jouer des hymnes !
Éveille-toi, ma gloire !
Éveillez-vous, harpe, cithare,
que j’éveille l’aurore !

Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur,
et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.
Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie ou Commentaire du jour :

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Lettre apostolique pour le 6e centenaire de la mort de Ste Catherine de Sienne (trad. DC n°1793 du 5/10/1980, p. 851 © Libreria Editrice Vaticana)

"Sainte Catherine de Sienne : une vie mystique et une vie d'action"

uand Catherine voit le jour en 1347, la situation en Italie et en Europe est devenue très difficile. Déjà s'annonçait la peste noire, qui devait semer la dévastation ; la société était troublée par la Guerre de Cent Ans et des invasions de mercenaires ; les papes avaient dû quitter Rome pour Avignon ; le schisme d'Occident allait se prolonger jusqu'en 1417. Fille d'un teinturier, Catherine prend très rapidement conscience des besoins du monde qui l'entoure. Attirée par la forme de vie apostolique des dominicains, elle demande à être agrégée au tiers ordre (on appelait ces pieuses femmes les « Mantellate »). Celles-ci n'étaient pas des religieuses à proprement parler et ne vivaient pas la vie commune, mais elles portaient la robe blanche et le manteau noir des frères prêcheurs...

Catherine était entourée d'une foule bigarrée de disciples, de toute classe sociale et de toute origine. Elle les attirait par la pureté de sa foi et par la liberté de son acceptation de la parole de Dieu, sans adoucissement ni compromis... Elle atteignit le sommet de son progrès intérieur par les noces spirituelles... ; on aurait donc pu penser que sa vie s'écoulerait dans la solitude et dans la contemplation. Mais Dieu, au contraire, l'avait attachée à lui pour qu'elle lui soit unie dans l'œuvre de son Royaume... Le dessein du Christ était de la lier étroitement à lui par « l'amour du prochain », c'est-à-dire aussi bien par la douceur des liens de l'âme que par les travaux extérieurs ; ce fut ce que l'on a appelé «   la mystique sociale »...

Après s'être appliquée à la conversion de pécheurs individuels, elle passa à la réconciliation de personnes ou de familles opposées par de mauvaises querelles, puis à la pacification des villes ou des États... L'impulsion intérieure du Maître divin lui ouvrit pour ainsi dire une humanité de surcroît. C'est ainsi que cette humble fille d'artisan, illettrée, pratiquement sans études et sans culture, eut l'intelligence des besoins de son temps au point de dépasser les limites de sa cité et d'atteindre une dimension mondiale par son action.


Abbé Carles ELÍAS i Cao (Barcelona, Espagne)

«Mon commandement, le voici: Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés»

Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à l'amour fraternel: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 15,12), c'est-à-dire, comme vous me l'avez vu faire et comme vous me verrez encore le faire. Jésus te parle comme à un ami, car Il t'a dit que le Père t'appelle, qu'il te veut apôtre et qu'il t'envoie pour donner du fruit, un fruit qui se manifeste dans l'amour. Selon saint Jean-Chrysostome, «si l'amour était répandu partout, il en naîtrait une infinité de biens».

Aimer, c'est donner sa vie. Les époux le savent qui, par amour, font donation réciproque de leur vie et assument la responsabilité d'être parents, acceptant aussi l'abnégation et le sacrifice de leur temps et de leur être en faveur de ceux qu'ils doivent soigner, protéger, éduquer et former comme des personnes. Les missionnaires le savent, qui donnent leur vie pour l'Évangile, avec ce même esprit chrétien de sacrifice et d'abnégation. Et les religieux, les prêtres et les évêques le savent, tout disciple de Jésus qui s'engage auprès du Sauveur le sait.

Jésus t'a dit un moment avant quelle est la condition de l'amour, donner du fruit: «Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit» (Jn 12,24). Jésus t'invite à perdre ta vie, à la Lui donner sans crainte, à mourir à toi-même pour pouvoir aimer ton frère de l'amour du Christ, d'un amour surnaturel. Jésus t'invite à parvenir à un amour agissant, bienfaisant et concret; l'apôtre Jacques l'avait compris quand il disait: «Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dit: ‘allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous’, et sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il? Ainsi en est-il de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte» (2,15-17).

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© CSFA 2016 avec l'Evangile au Quotidien & Evangeli.net
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Evangile, Saint et Homélie du jeudi 28 Avril 2016

Jésus disait à ses disciples : «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour...»

 

Le jeudi 28 avril 2016 (5e semaine de Pâques)


Saint(s) du jour : St Louis-Marie Grignion de M., prêtre et fond. (1673-1716), Ste Gianna Beretta Molla, mère de famille (1922-1962)


Livre des Actes des Apôtres 15,7-21.

En ces jours-là, comme la conversion des païens provoquait, dans l’Église de Jérusalem, une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ; sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. » Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations. Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi. Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit : Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ; alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours. Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu, mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »


Psaume 96(95),1-2a.2b-3.10.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-11.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Homélie ou Commentaire du jour :

Abbé Lluís RAVENTÓS i Artés (Tarragona, Espagne)

«Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés»

Aujourd'hui nous écoutons à nouveau la confidence intime que Jésus nous fait le Jeudi Saint: «Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés» (Jn 15,9). L'amour du Père pour le Fils est immense, tendre, profond. Nous pouvons le constater dans le livre des Proverbes, lorsque Il affirme que, bien avant le commencement de ses oeuvres, «j'étais à ses côtés comme un maître d'oeuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour en jouant devant lui à tout instant» (Pr 8,30). C'est bien ainsi qu'Il nous aime et, en l'annonçant prophétiquement dans le même livre, Il ajoute «jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes» (Pr 8,31).

Le Père aime le Fils, et Jésus ne cesse pas un instant de nous le rappeler: «Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui Lui plaît» (Jn 8,29). Le Père l'a bien proclamé quand du ciel une voix se fît entendre sur le Jourdain: «C'est toi mon Fils bien-aimé; en toi j'ai mis tout mon amour» (Mc 1,11) et, plus tard au mont Thabor: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le» (Mc 9,7).

Jésus a répondu, «Abbá», Papa! Maintenant, Il nous dit, «Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés». Et, que faisons-nous? Nous maintenir dans son amour, obéir à ses commandements, aimer la Volonté du Père. N'est-ce pas là l'exemple qu'Il nous donne? «Je fais toujours ce qui Lui plaît».

Mais nous, qui sommes faibles, inconstants, lâches et —pourquoi ne pas l'avouer— même méchants, allons-nous perdre à jamais Son amitié? Certes, non! Car Il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces! Mais si jamais nous nous éloignions de ses commandements, demandons Lui la grâce de revenir en courant comme le fils prodigue, vers la maison du Père et de nous tourner vers le sacrement de la Pénitence afin de recevoir le pardon de nos péchés. «Moi, aussi, je vous ai aimés —nous dit Jésus—. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie» (Jn 15,9.11).

Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Prosologion, 26 (trad. bréviaire rev.)

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète »

 

Je t'en prie, mon Dieu, fais que je te connaisse, fais que je t'aime pour que ma joie soit en toi. Et si ce n'est pas pleinement possible en cette vie, fais du moins que j'y progresse tous les jours, jusqu'à parvenir à la plénitude. Qu'en cette vie ta connaissance grandisse en moi, et qu'elle soit achevée au dernier jour ; que grandisse en moi ton amour et qu'il soit parfait dans la vie à venir, pour que ma joie, déjà grande ici-bas en espérance, soit alors achevée dans la réalité. Seigneur Dieu, par ton Fils tu nous as donné l'ordre, ou mieux, le conseil, de demander ; et tu as promis que nous serions exaucés, afin que notre joie soit parfaite (Jn 16,24). Je te fais, Seigneur, la prière que tu nous suggères par celui qui est notre « Conseiller admirable » (Is 9,5). Puissé-je recevoir ce que tu as promis par celui qui est ta Vérité, pour que ma joie soit parfaite. Dieu vrai, je te fais cette prière ; exauce-moi pour que ma joie soit parfaite. Que désormais ce soit la méditation de mon esprit et la parole de mes lèvres. Que ce soit l'amour de mon cœur et le discours de ma bouche, que ce soit la faim de mon âme, la soif de ma chair et le désir de tout mon être, jusqu'à ce que j'entre dans la joie du Seigneur (Mt 25,21), Dieu unique en trois Personnes, béni pour les siècles. Amen.

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