Evangile, Saint et Homélie du Lundi 26 sept 2016. Celui d'entre vous tous qui est le plus petit, c'est celui-là qui est grand


Lundi 26 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire

Saint(s) du jour : Sts Côme et Damien, médecins et martyrs († v. 286), Sts Martyrs Canadiens, missionaires s.j. († 1642/1649)



Livre de Job 1,6-22.

Le jour où les fils de Dieu se rendaient à l’audience du Seigneur, le Satan, l’Adversaire, lui aussi, vint parmi eux. Le Seigneur lui dit : « D’où viens-tu ? » L’Adversaire répondit : « De parcourir la terre et d’y rôder. » Le Seigneur reprit : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal. » L’Adversaire riposta : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? N’as-tu pas élevé une clôture pour le protéger, lui, sa maison et tout ce qu’il possède ? Tu as béni son travail, et ses troupeaux se multiplient dans le pays. Mais étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! » Le Seigneur dit à l’Adversaire : « Soit ! Tu as pouvoir sur tout ce qu’il possède, mais tu ne porteras pas la main sur lui. » Et l’Adversaire se retira. Le jour où les fils et les filles de Job étaient en train de festoyer et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné, un messager arriva auprès de Job et lui dit : « Les bœufs étaient en train de labourer et les ânesses étaient au pâturage non loin de là. Les Bédouins se sont jetés sur eux et les ont enlevés, et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée. Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. » Il parlait encore quand un autre survint et lui dit : « Le feu du ciel est tombé, il a brûlé troupeaux et serviteurs, et les a dévorés. Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. » Il parlait encore quand un troisième survint et lui dit : « Trois bandes de Chaldéens se sont emparées des chameaux, ils les ont enlevés et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée. Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. » Il parlait encore quand un quatrième survint et lui dit : « Tes fils et tes filles étaient en train de festoyer et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné, lorsqu’un ouragan s’est levé du fond du désert et s’est rué contre la maison. Ébranlée aux quatre coins, elle s’est écroulée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. » Alors Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête, il se jeta à terre et se prosterna. Puis il dit : « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » En tout cela, Job ne commit pas de péché. Il n’adressa à Dieu aucune parole déplacée.

Psaume 17(16),1.3.4b-5.7.

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.

Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit,
tu m'éprouves, sans rien trouver ;
mes pensées n'ont pas franchi mes lèvres.

J'ai gardé le chemin prescrit ;
j'ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n'a trébuché.

Montre les merveilles de ta grâce,
toi qui libères de l'agresseur
ceux qui se réfugient sous ta droite.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,46-50.

 

En ce temps-là,
    une discussion survint entre les disciples
pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
    Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,
prit un enfant, le plaça à côté de lui
    et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom cet enfant,
il m’accueille, moi.
Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé.
En effet, le plus petit d’entre vous tous,
c’est celui-là qui est grand. »

    Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser des démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il ne marche pas à ta suite avec nous. »
    Jésus lui répondit :
« Ne l’en empêchez pas :
qui n’est pas contre vous est pour vous. »

 

 (Lc 9, 46-50)


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.  


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net

Prof. Dr. Mgr. Lluís CLAVELL (Roma, Italie)

«Celui d'entre vous tous qui est le plus petit, c'est celui-là qui est grand»

Aujourd'hui, sur la route de Jérusalem pour aller vers sa passion une discussion «s'éleva entre les disciples pour savoir qui était le plus grand parmi eux» (Lc 9,46). Tous les jours, les médias ainsi que nos conversations sont remplis de commentaires sur l'importance des personnes: des autres et de nous-mêmes également. Cette logique humaine provoque un désir de réussite, d'être reconnu, apprécié, remercié, et un manque de paix quand tout cela n'arrive pas.

La réponse de Jésus aux réflexions —et peut-être aussi aux commentaires— des disciples nous rappelle la façon d'agir des anciens prophètes. D'abord les gestes ensuite viennent les paroles. Jésus «prit un enfant, le plaça à côté de lui» (Lc 9,47). Ensuite vient l'enseignement «Et celui d'entre vous tous qui est le plus petit, c'est celui-là qui est grand» (Lc 9,48). —Jésus pourquoi est-ce que nous avons tant de mal à accepter que ceci n'est pas une Utopie pour ceux qui ne sont pas impliqués dans le trafic d'une tâche intense, où les coups des uns contre les autres ne manquent pas et qu'avec ta grâce nous pouvons tous vivre cela? Si nous le faisions nous aurions plus de paix intérieure et nous travaillerions avec plus de calme et de joie.

Cette attitude est aussi une source de joie, cela nous permet de constater que d'autres travaillent bien pour Dieu, avec un style différent du nôtre, mais toujours au nom de Jésus. Les disciples voulaient empêcher cela. En revanche, Jésus défend les autres. À nouveau, le fait de nous sentir fils de Dieu, petit fils de Dieu, nous permet d'ouvrir notre cœur vers les autres et de grandir dans la paix, la joie et la reconnaissance. Ces enseignements ont valu à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus le titre de Docteur de l'Église: dans son livre Histoire d'une âme, elle admire le beau jardin qu'est l'Église, et elle se contente d'être une petite fleur. A coté des grands saints –des roses et des lys– il y a les petites fleurs –les marguerites et les violettes— qui sont destinées à faire plaisir aux yeux de Dieu quand il tourne son regard vers la Terre.


 

Homélie du Père Philippe

 

Voici les apôtres se disputant pour savoir quel est le plus grand ! Pour les aider, Jésus répond d’abord à leur question avec une parabole d’un nouveau genre. Pour une fois, il ne s’agit pas d’un récit, mais d’un geste prophétique : un enfant est placé au milieu du groupe.

 

 

À l’époque, un enfant n’avait pas d’existence sociale. L’image que donne Jésus n’est donc pas celle de la naïveté érigée en absolu. Dans le contexte de l’annonce de la Passion, Jésus veut expliquer à ses disciples ce que va être le chemin du Fils de l’Homme : celui de l’innocent que tout le monde méprise. Il en sera de même pour ses disciples. La grandeur chrétienne est cachée dans ce qui méprisable aux yeux des hommes.  Dès lors, pour accueillir Dieu, il faut accueillir son envoyé, que la Passion aura rendu méprisable aux yeux des hommes. Nous nous situons volontiers dans la position de la victime innocente. Mais la question inverse se pose avec force dans cette parole du Seigneur. Comment se fait-il que le visage du Christ n’apparaisse pas aux yeux des bourreaux ? Comment pouvons-nous faire du mal à nos frères, sans réaliser que nous brandissons le fouet sur Jésus ? Comment peut-on si facilement rejeter Dieu ?  Parce qu’il vient à nous sous les traits insignifiants du laissé-pour-compte.

Que l’Esprit de Vérité ouvre nos yeux à toutes les occasions qui nous sont offertes d’accueillir l’envoyé de Dieu, qu’il nous donne de choisir en toutes circonstances la seule place qui convient aux disciples du Christ : la dernière.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 

 Meditations RC

Prière d'introduction

 

Ton royaume, Seigneur, est celui du petit dont l’humilité désarme l’orgueil du puissant. Je renouvelle mon adhésion à toi, Dieu le seul, et je renonce à Satan, à toutes ses œuvres et séductions. Je veux me ressourcer dans le brasier de ton amour, pour te reconnaître dans ce que tu m’as donné.

 

Demande

 

Donne-moi, Seigneur, un cœur d’enfant, qui sache accueillir la Parole de ton royaume et en devenir serviteur et gérant, attentif au souffle de ton Esprit.

 

Points de réflexion

 

1. Qui est le plus grand ? Notre cœur humain, assoiffé d’infini, tend à placer dans le ciel de ses idéaux et conceptions, comme sur un trône divin, ce ou celui qui lui semble plus grand : une célébrité du monde artistique ou sportif, un personnage charismatique, un bienfaiteur ; ou bien un ensemble de « valeurs », un idéal d’engagement humanitaire ou une croyance religieuse, auxquels il se soumet volontairement. Mais en fin de compte, le plus grand est celui qui attribue cette place : le grand MOI. Dans cette démarche, chacun est en définitive le dieu de sa vie adulte. Entre les apôtres, la querelle est résorbée par l’indéniable préséance du Christ – dont la sainteté est inégalable – et se situe dans le positionnement de chacun à son égard et à son idéal du royaume : qui, dans cette structure, est le plus grand ? Cette querelle est d’une certaine manière plus honnête, puisque l’égo-latrie est évidente, mais elle revient au même : le plus grand est, tout compte fait, le grand MOI. Et moi, celui qui prie, où en suis-je ? Qu’est-ce qui occupe mon cœur ?

2. « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi ». Accueillir un enfant au nom de Jésus est la plus belle expérience qu’une âme mûre puisse s’accorder. Mais c’est rempli de conséquences : c’est accueillir Jésus en sa qualité de Maître ; cela veut dire que l’enfant que l’on accueille au nom de Jésus doit être, pour nous, un maître ; nous avons à apprendre de lui, tout en portant la responsabilité, pour celui qu’on accueille, avec le devoir de s’en occuper, de l’instruire, etc. Nous sommes structurellement des apprentis, particulièrement auprès de petits enfant que l’on instruit ! Que peut-on apprendre d’un enfant ? Qu’est-ce qui le caractérise ? L’enfant est un être parfaitement égal à l’adulte, mais en devenir, en quête, en progression ; un être qui apprend, qui écoute, qui croit, qui espère, rempli de vie et de joie, assoiffé d’amour. Est-ce mon cas ? Est-ce que je ne cesse d’apprendre, d’écouter, de croire, d’espérer ? Est-ce que j’ai soif d’amour (passif et actif) ? Ou bien les leçons de vie se fracassent-elles au roc de mon savoir, de mon expérience ou de mon autonomie ?

3. « Qui n’est pas contre vous est pour vous ». Qui appartient à l’œuvre du Christ ? La question revient à nouveau à celle de l’autorité : qui est le chef ? Le plus grand est celui qui donne le mandat d’agir au nom du Christ dans le combat spirituel. Or, cette autorité revient exclusivement à son auteur, le Christ, qui agit au nom du Père. Le Christ a certes confié les mystères divins à ses apôtres, pour garantir l’unité, mais en s’appuyant sur leur qualité de gérants, non de propriétaires. Bien qu’il ait mené l’autorité sacerdotale et parentale dans la nouvelle Alliance à leur perfection, nous sommes confrontés à des situations, dans lesquelles nous perdons le contrôle sur les créatures que Dieu nous a confiées : une communauté ecclésiale, une œuvre d’apostolat, le développement spirituel d’un enfant. L’Esprit Saint fait surgir de nouvelles réalités qui ne « marchent pas avec nous à la suite du Christ » – une nouvelle communauté, une vocation religieuse dans la famille, etc. C’est l’Esprit Saint qui prend les commandes d’une existence et qui la pousse où il veut. Mais pour repérer les signes de l’Esprit, il faut être soi-même conduit par l’Esprit. Le suis-je ? Suis-je, au contraire, habité par le soupçon ?

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus-Christ, mon Seigneur, avec toi je rends grâce à Dieu le Père pour le don de l’Esprit, qui fait son œuvre dans notre Église et en-dehors. Aide-moi à être un fidèle serviteur de tes mystères et un disciple missionnaire rempli d’ardeur à annoncer ton Évangile dans la joie. Que la création toute entière reflète la gloire de Dieu. Amen.

 

Résolution

 

Aujourd’hui je rendrai un témoignage de joie dans la foi pour une œuvre édifiante que je découvre ou pour une merveille de la création que je contemple, reflet de la gloire de Dieu.

 

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

http://www.regnumchristi.fr


HOMELIE du Père Gilbert Adam

 

Une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.

Dans le Royaume de Dieu, la grandeur est jugée par la capacité à servir les autres. Le petit d’entre nous qui sert est le plus grand. Jésus manifeste à ses disciples qu’ils sont appelés à servir, qu’il n’y a pas entre eux de poste de domination. La valeur absolue de l’Amour nous porte à devenir de plus en plus respectueux les uns des autres. C’est la puissance de l’Esprit Saint qui est active en chaque personne ! La Bonne Nouvelle du Salut passe par l’interaction avec l’autre. Jésus aide ses disciples à sortir de leurs préoccupations, de leurs questions et des difficultés qui les préoccupent. L’adversaire provoque en nous la guerre des nerfs quand il nous fait regarder qui est le plus grand ! Jésus nous fait entrer dans une confiance nouvelle, regarder l’enfant qui sommeille en nous. Il nous transforme pour le Royaume de Dieu. L’enfant de Dieu qui est en nous est réveillé dans le mouvement d’adoration. La remise entre les mains de notre Père des cieux lui donne la première place.

Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. » Jésus demeure dans l’Amour de son Père qui lui donne vie. Cet Amour divin est l’Esprit Saint, il lui donne tout l’Amour divin en son humanité. Jésus, l’enfant du Père, est le fils de Marie. Il y a une connivence entre le cœur de Jésus et le cœur de l’enfant. De la même manière que Jésus est à l’aise avec son Père, il est à l’aise avec l’enfant. L’enfant de l’Evangile n’a pas peur quand Jésus le prend dans ses bras et le place à coté de Lui. L’enfant sent bien ce mystère de la confiance, et il le rend. Nous voudrions toujours demeurer dans la confiance. Jésus, en prenant un enfant dans ses bras, nous manifeste la joie de la filiation à son Père. En étant prés du Père, il est dans le mystère de l’enfance, de la confiance. Demeurer dans la confiance permet à nos rencontres de se situer en profondeur. Pour mieux entrer en relation avec les autres, cette attitude est à acquérir. C’est Jésus, qui nous aide à devenir plus proche de lui, c’est lui qui fait grandir notre relation au Père. Il nous a sauvés, nous n’avons aucune inquiétude à avoir. Cela nous demande d’accueillir sans cesse notre Père des cieux. Pour nous aider, l’accueil de Marie notre mère est nécessaire.

Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. » Notre relation avec Dieu notre Père, et la relation avec nos frères, construit notre devenir. Par l’Amour de Dieu notre Père, nous devenons nous mêmes, et nous entrons dans un monde proche du Mystère de Dieu. C’est dans la foi qu’il nous est donné de grandir, de devenir, de trouver notre chemin. Nous sommes l’enfant bien aimé du Père, en lui, ce ne sont pas les questions de qui est le plus grand qui sont importantes ! Rien ne peut porter atteinte à l’enfant du Père, sauvé par le sang de Jésus. Nous sommes la prunelle de l’œil du Père. Dépendre de Lui, c’est entrer dans un mouvement de libération. Jésus veut que nous demeurions dans cette communion d’amour. L’enfant bien aimé du Père sait bien que tout lui vient du Père des cieux qui est bon. Demandons cette humilité, cette douceur. C’est un acte de foi permanent dans le Dieu qui nous enveloppe de sa tendresse, de la sollicitude de son amour pour nous. Il nous donne tout, Il ne veut par reprendre, Il veut simplement que nous demeurions toujours dans l’amour qu’Il donne, que nous n’accaparions jamais rien de ce qui vient de Lui, mais que nous Lui rendions grâce pour tout ce que nous sommes et pour tout ce qu’il nous donne. « Dans le soir de la vie nous seront examinées dans l’amour »

 

Nous demandons la grâce de tout confier à Jésus.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


Commentaire de L'Evangile au Quotidien

 

 

 

Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur de monastère à Marseille. Conférences, n°15, 6-7

« Venez et apprenez de moi » (Mt 11,29)

      Les grands dans la foi ne se prévalaient aucunement du pouvoir qu'ils avaient d'opérer des merveilles. Ils confessaient que leur propre mérite n'y était pour rien, mais que la miséricorde du Seigneur avait tout fait. Si on admirait leurs miracles, ils repoussaient la gloire humaine avec ces paroles empruntées aux apôtres : « Frères, pourquoi vous étonner de cela ? Pourquoi tenir les yeux fixés sur nous, comme si c'était par notre propre puissance ou par notre ferveur que nous avons fait marcher cet homme ? » (Ac 3,12) Personne, à leur sens, ne devait être loué pour les dons et les merveilles de Dieu...

      Mais il arrive parfois que des hommes enclins au mal, blâmables sur le sujet de la foi, chassent les démons et opèrent des prodiges au nom du Seigneur. C'est de quoi les apôtres se plaignaient un jour : « Maître, disaient-ils, nous avons vu un homme qui chasse les démons en ton nom, et nous l'en avons empêché, parce qu'il ne va pas avec nous ». Sur l'heure, le Christ répondit : « Ne l'en empêchez pas, car celui qui n'est pas contre vous est pour vous ». Mais lorsque, à la fin des temps, ces gens diront : « Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom ? N'avons-nous pas en ton nom chassé les démons ? Et en ton nom n'avons-nous pas fait quantité de miracles ? », il atteste qu'il répliquera : « Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui faites le mal » (Mt 7,22s).

      À ceux qu'il a gratifiés lui-même de la gloire des signes et des miracles, le Seigneur donne l'avertissement de ne pas s'élever à cause de cela : « Ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux » (Lc 10,20). L'auteur de tous les signes et les miracles appelle ses disciples à recueillir sa doctrine : « Venez, leur dit-il, et apprenez de moi » — non à chasser les démons par la puissance du ciel, ni à guérir les lépreux, ni à rendre la lumière aux aveugles, ni à ressusciter les morts, mais dit-il : « Apprenez de moi ceci : que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,28-29).

 http://levangileauquotidien.org

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Vend 23 sept 2016.Alors Pierre prit la parole et dit : Tu es le Christ, le Messie de Dieu!


Vendredi 23 septembre 2016

Le vendredi de la 25e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Pio de Pietrelcina, prêtre o.f.m. cap. (1887-1968), St Lin, pape (2e) et martyr († Ier siècle)



Livre de l'Ecclésiaste 3,1-11.

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher. Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour détruire et un temps pour construire. Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.  Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ; un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir. Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter. Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler. Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu’il prend ? J’ai vu la besogne que Dieu impose aux fils d’Adam pour les tenir en haleine. Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin.

Psaume 144(143),1a.2abc.3-4.

Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m'abrite.

Qu'est-ce que l'homme, pour que tu le connaisses, Seigneur,
le fils d'un homme, pour que tu comptes avec lui ?
L'homme est semblable à un souffle,
ses jours sont une ombre qui passe.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-22.

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. » Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne, et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.  


Homélie ou Méditation du jour

Homélies d'evangeli.net


Abbé Pere OLIVA i March (Sant Feliu de Torelló, Barcelona, Espagne)

«Pour la foule, qui suis-je? (…). Et vous, que dites-vous?»

Aujourd'hui,dans l'Évangile, il y a deux questions que le Maître lui-même pose à tous. La première question demande une réponse de statistique, approximatif: «Pour la foule, qui suis-je?» (Lc 9,18). Il nous amène à regarder autour de nous et observer comment les autres résolvent cette question: les voisins, les collègues de travail, les amis, les proches. Nous regardons dans notre entourage et nous nous sentons plus ou moins responsables (cela dépend des cas) ou proches de certaines de ces réponses formulées par ceux qui ont affaire à nous et avec notre milieu, les gens. Et la réponse nous en dit long, elle nous informe, ce dont ces gens proches de nous désirent, ou ils sont besoin, ou ce qu'ils cherchent. Elle nous aide à nous synchroniser, à découvrir un point commun avec l'autre pour aller de l'avant…

Il y a une seconde question qui nous concerne nous-mêmes: «Et vous, que dites-vous?» (Lc 9,20). C'est une question fondamentale qui frappe à notre porte, qui mendie auprès de chacun d'entre nous: une adhésion ou un rejet; une vénération ou une indifférence; marcher avec Lui et en Lui ou finir par faire un rapprochement par simple sympathie… Cette question est délicate, elle est déterminante car elle nous touche. Que disent nos lèvres et nos actes? Veut-on être fidèle à Celui qui est et qui donne un sens à notre être? Y a-t-il en nous une sincère volonté de le suivre dans les chemins de la vie? Sommes nous disposés à le suivre à Jérusalem sur le chemin de la croix et de la gloire?

«C'est un chemin de croix et de résurrection (…). La croix est une exaltation du Christ. Il l'a dit Lui-même: ‘Quand Je serai levé sur la croix, J'attirerai tous à moi’. (…) La croix, donc, est gloire et exaltation du Christ» (Saint André de Crête). Êtes-vous partant pour faire la route vers Jérusalem? Seulement avec Lui et en Lui, n'est pas?


Prière d'introduction

Seigneur, me voici en ta présence. Tu es mon père. Un père ou une mère ne peuvent pas s’empêcher d’aimer leur enfant, malgré ses maladresses. Toi non plus, Seigneur, tu ne peux t’empêcher de m’aimer malgré mes péchés. Je te demande humblement pardon pour toutes les offenses que j’ai commises envers toi. Je t’en prie, jette mes péchés dans la fournaise ardente de ton amour infini !

Demande

Seigneur, que ma vie tout entière soit un témoignage de ma foi !

Points de réflexion

1. Jésus se trouve en prière, à l’écart. Ce n’est pas la première fois qu’il se retire pour prier. Au fil des pages de l’Évangile, on a l’impression que le Seigneur passe presque chaque nuit dans un endroit désert pour prier. Seigneur, aide-moi à recourir à ce dialogue intime avec le Père, pour lui parler, le supplier, le louer ou le remercier. Mais cette fois-ci, Jésus n’est pas seul. Les apôtres l’ont vu partir, ils l’ont suivi et l’ont surpris en plein dialogue avec Dieu. Et cette scène de prière est tellement attirante qu’ils se rapprochent de lui. Et moi ? Est-ce que ma prière attire ? Si quelqu’un me voyait prier, est-ce que ma ferveur l’encouragerait à se mettre à genoux, lui aussi ? Le pape nous dit qu’il est important d’attirer les personnes qui nous entourent : « L’Église ne grandit pas par prosélytisme. L’Église grandit par attraction, l’attraction du témoignage que chacun de nous donne au Peuple de Dieu » (Pape François, 4 octobre 2013).

2. Impressionnés, les apôtres restent bouche bée. C’est Jésus qui rompt le silence : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Là, les langues se délient facilement. Il est tellement facile de colporter des rumeurs ! D’après les gens, Jésus serait Jean le Baptiste, Élie ou un autre des grands prophètes du passé. Une sorte de réincarnation ou d’apparition. En tout cas, il est clair pour la foule que Jésus ne peut pas être le simple charpentier de Nazareth. Mais… qui est-il donc ?
C’est alors que Jésus pose directement la question aux siens : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Saint Pierre, poussé par l’Esprit Saint, ne laisse pas aux autres le temps de répondre. Il proclame « [Tu es] le Christ, le Messie de Dieu ». Et moi ? Mes paroles et mes œuvres sont-elles un témoignage de ma foi ? Seigneur, je t’en prie, que ma bouche, mes mains et tout mon être proclament que tu es le Messie de Dieu ! Comme le dit saint Paul : « En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut » (Rm 10, 9-10).

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je crois en toi, mais augmente ma foi. Aide-moi à t’aimer aujourd’hui plus qu’hier. Aide-moi à faire ta volonté même si je dois te suivre sur le chemin de la croix.

Résolution

Aujourd’hui, à quinze heures, j’adorerai Jésus-Christ qui meurt pour moi. Si je ne peux pas me rendre dans une église, je l’adorerai dans le sanctuaire de mon cœur.

Frère Benoît Terrenoir, LC


 

 

Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978. Homélie à Manille, 29/11/70
 

« Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je »

Le Christ ! Je sens la nécessité de l'annoncer, je ne peux pas le taire : « Malheur à moi, si je n'annonçais pas l’Évangile ! » (1Co 9,16) Je suis envoyé par lui pour cela ; je suis apôtre, je suis témoin. Plus est loin le but et difficile la mission, plus est pressant l'amour qui m'y pousse (2Co 5,14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). Il est celui qui nous a révélé le Dieu invisible, il est le premier-né de toute créature, il est le fondement de toute chose (Col 1,15s). Il est le Maître de l'humanité et le Rédempteur : il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; il est le centre de l'histoire et du monde. Il est celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l'ami de notre vie. Il est l'homme de la douleur et de l'espérance ; il est celui qui doit venir et qui sera un jour notre juge et aussi, nous l'espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre béatitude.

Je n'en finirais plus de parler de lui : il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Pain, la Source d'eau vive répondant à notre faim et à notre soif (Jn 6,35 ;7,38) ; il est le Pasteur, notre guide, notre exemple, notre réconfort, notre frère. Comme nous, et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, malheureux et patient. Pour nous, il a parlé, il a accompli des miracles, il a fondé un Royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie ensemble, où ceux qui ont le cœur pur et ceux qui pleurent sont exaltés et consolés, où ceux qui aspirent à la justice sont exaucés, où les pécheurs peuvent être pardonnés, où tous sont frères.

Jésus Christ : vous en avez entendu parler, et même, pour la plupart, vous êtes déjà des siens, vous êtes chrétiens. Eh bien ! À vous, chrétiens, je répète son nom, à tous je l'annonce : Jésus Christ est « le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga » (Ap 21,6). Il est le roi du monde nouveau ; il est le secret de l'histoire, la clé de notre destin ; il est le Médiateur, le pont entre la terre et le ciel... ; le Fils de l'homme, le Fils de Dieu..., le Fils de Marie... Jésus Christ ! Souvenez-vous : c'est l'annonce que nous faisons pour l'éternité, c'est la voix que nous faisons résonner par toute la terre (Rm 10,18) et pour toute la suite des siècles. http://levangileauquotidien.org

 


 

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Evangile, Saint et Homélie Me 21 sept 2016. Jésus n'est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs!


Mercredi 21 septembre 2016

Nous fêtons saint Matthieu, apôtre et évangéliste

Saint(s) du jour : Saint Matthieu, apôtre et évangéliste (Ier siècle)



Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-7.11-13.

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.
Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.


Psaume 19(18),2-3.4-5ab.

Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s'entende;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.

En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »



Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

 

Une vie bascule sur un appel, un signe… mystère de la liberté personnelle, quelle reconnaissance entre les deux, quel attrait de la nouveauté, quelle certitude du chemin, quelle espérance qui rend possible l’appel et la réponse… Cela nous échappe. Nous ne pouvons le savoir. Cela appartient à Jésus et à Matthieu. Seulement nous apprenons que cela peut arriver. Jésus appelle un homme à sa suite, et il le suit. Mais cela a aussi une dimension sociale. L’appel et la réponse entraînent les uns et les autres : les amis de Matthieu pour aller, eux aussi, vers Jésus qui les accueille et les ennemis de Jésus qui cherchent à détruire le groupe hétéroclite qui se constitue, à semer en ce groupe un esprit de zizanie… entre les disciples déjà patentés et les nouveaux, les publicains et les pécheurs…

Jésus dans sa réponse révèle l’ossature qui fait tenir ce groupe. Sous le regard de Jésus, chacun a pu se connaître lui-même, reconnaître sa faiblesse, se savoir aussi appeler à grandir, à prendre autrement les choses… Le chemin personnel de chacun lui permet de reconnaître les autres… d’envisager une nouvelle existence ensemble… La bonne nouvelle n’est pas que pour des individus isolés, elle est pour des personnes en groupe… Jésus ne nous appelle pas, seul à seul, mais, à travers l’un, il cherche à toucher l’autre… une atmosphère se crée où chacun envisage autrement sa vie…l’atmosphère n’est plus au jugement ou à l’exclusion mais à l’accueil et à l’amitié… Tout devient plus léger.

Apprécions les moments où nous nous retrouvons entre croyants. Nous retrouvons quelque chose de la souplesse de relation qui permettait à Matthieu et à ses amis de prendre autrement leur existence. Le chemin de mon frère aide le mien, comme le mien l’aide aussi… Apprécions les personnes avec lesquelles nous cheminons. Aidons-nous à avancer les uns, les autres.

Père Jean-Luc Fabre


Homélies d'evangeli.net

«Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs»

Aujourd'hui, nous fêtons saint Matthieu, apôtre et évangéliste. Lui-même nous raconte dans son Évangile sa conversion. Il était assis à l'endroit où l'on collectait l'impôt et Jésus l'invita à le suivre. Matthieu -dit l'Évangile- «se leva et le suivit» (Mt 9,9). Avec lui, s'adjoint au groupe des Douze un homme totalement différent des autres apôtres, tant par sa formation que par sa position sociale et sa fortune. Son père lui avait fait faire des études d'économie pour pouvoir fixer le prix du blé et du vin, des poissons que Pierre, André et les fils de Zébédée devaient lui apporter, et des perles précieuses dont parle l'Évangile.

Son métier de collecteur d'impôts était mal vu. Ceux qui l'exerçaient étaient considérés comme des publicains et des pécheurs. Il était au service du roi Hérode, maître de la Galilée, un roi haï par son peuple et que le Nouveau Testament nous présente comme adultère, assassin de Jean-Baptiste et se moquant de Jésus le Vendredi Saint. À quoi songeait Matthieu quand il allait rendre des comptes au roi Hérode? Sa conversion dût supposer pour Matthieu une véritable libération, comme le montre le banquet auquel il invita publicains et pécheurs. Ce fut sa manière de prouver sa reconnaissance au Maître d'être sorti d'une situation misérable et d'avoir trouvé le vrai bonheur. Saint Bède le Vénérable écrit, en commentant la conversion de saint Matthieu: «La conversion d'un collecteur d'impôts donne un exemple de pénitence et d'indulgence à d'autres collecteurs d'impôts et pécheurs (…). Dès le premier instant de sa conversion, il attire à Lui, c'est-à-dire au salut, tout un groupe de pécheurs».

Dans sa conversion se manifeste la miséricorde de Dieu comme l'indiquent les paroles de Jésus face aux critiques des pharisiens: «C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs» (Mt 9,13).

Abbé Joan PUJOL i Balcells

http://evangeli.net/evangile


Homélie du Père Philippe

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 Meditations RC

Prière d'introduction

 

« Aie pitié de moi, Seigneur ! Voilà, je ne cache pas mes blessures : tu es le médecin, moi le malade ; tu es miséricordieux, moi misérable. Je place toute mon espérance dans ta grande miséricorde » (Saint Augustin).

 

Demande

 

Seigneur, que ce moment de prière puisse être une rencontre avec toi, un dialogue sincère et chaleureux.

 

Points de réflexion

 

1. Comme il était à table dans la maison, voici que de nombreux publicains et pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples. Seigneur, tu t’invites chez Matthieu. Cette parole de l’Évangile, parole vivante, me dit qu’aujourd’hui, tu viens te mettre à table avec moi. J’ai du mal à le croire ! Comme ci ce soir, mes invités à la maison, ce sont toi et tes amis ! Encore mieux que de recevoir le pape ou ma star préférée ! Non, vraiment, je ne peux pas l’imaginer ! Tu as sûrement plein d’autres choses à faire et en plus, « je ne suis pas digne de te recevoir »… Et pourtant, oui, je suis important pour toi, tu veux venir chez moi. Tu me le confirmes dans ce passage de l’Apocalypse (3, 20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi ».
Tu partages ton pain avec qui t’ouvre la porte, même les pécheurs. Tu veux entrer dans leur intimité, être leur ami, peu importe leurs faiblesses d’ailleurs, justement parce qu’ils ont tant besoin de toi, tu viens chez eux, pour les guérir. Voilà qui me rassure, tu peux donc venir chez moi, la porte est ouverte.

 

2. Et comment serait un dîner avec toi ? Certainement inoubliable ! Comment te recevrais-je ? Que te ferais-je à manger ? Que mettrais-je ? Que dirais-je ? Que me dirais-tu ? Ou mieux encore, comment est-ce que je te reçois quand tu viens me rendre visite ? Qu’est-ce que je te dis ? Comment je t’écoute ? Comment je me prépare ?
À chaque messe, à chaque banquet eucharistique, je suis à table avec toi et tes amis. Et chaque fois que quelqu’un me demande un peu de mon temps, de mes biens, de mon attention, c’est toi qui viens.

 

3. « C'est la miséricorde que je veux et non le sacrifice ». En cette année de la miséricorde, j’ai peut-être déjà approfondi ce sujet, mais ce matin, je voudrais de nouveau en parler avec toi. Qu’est-ce que la miséricorde ? Le pape François, dans son message pour le Carême 2016, nous dit que « la miséricorde est étroitement liée aux entrailles maternelles (rahamim) et à une bonté généreuse, fidèle et compatissante (hesed) qui s’exerce dans les relations conjugales et parentales ». Dieu nous aime comme une maman, comme un papa, comme un époux, d’un amour tendre et inébranlable. « La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux ».

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, moi qui reçois ta visite, ta miséricorde, ton amour qui guérit, tant de fois par jour, aide-moi à partager ces trésors avec les autres. Aide-moi à être miséricordieux comme le Père !

 

Résolution

 

Vivre la prochaine messe comme un repas avec Jésus, à l’écoute, lui ouvrant mon cœur, le remerciant, lui demandant ce que je peux faire pour lui et avec lui.

Mélanie Duriez, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr


 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

"Comme Jésus était à table, dans la maison, beaucoup de collecteurs des taxes et de pécheurs étaient venus prendre place avec Jésus et ses disciples."

La vie de Matthieu bascule à l’appel de Jésus. C’est le mystère de la liberté personnelle, de la reconnaissance entre ces deux hommes. Mathieu manifeste sa reconnaissance dans un repas de fête qu’il donne à Jésus. Ce ne sont pas seulement les paroles de Jésus qui constituent la base de son enseignement mais surtout ses gestes, sa façon de faire. Il s’assoit à table avec les pécheurs, parle avec eux, n’a pas honte de se trouver en leur compagnie. Lors de son baptême, Jésus prend place au milieu d’eux. Sur la croix, il meurt entre deux malfaiteurs. Jésus appelle Matthieu à sa suite, et il le suit ! Cet appel et sa réponse a une dimension sociale, les amis de Matthieu sont invités au banquet de fête. Jésus qui les accueille est à la joie de la fête. Les ennemis de Jésus cherchent à détruire ce groupe nouveau qui se constitue, à semer un esprit de discorde entre les disciples et les nouveaux, publicains et pécheurs. Sous le regard de Jésus, chacun peut se reconnaître lui-même, se savoir appeler à grandir, à prendre les choses autrement. L’atmosphère n’est plus au jugement ou à l’exclusion mais à l’accueil et à l’amitié. La souplesse de la relation permet à Matthieu et à ses amis de revoir leur existence. Jésus est « Dieu-avec-nous » qui pose un regard qui ne juge pas et ne condamne pas. Son regard est fait d’amitié et de miséricorde. C’est le regard qu’il pose sur Matthieu, un regard qui change complètement sa vie.

"Les pharisiens disaient à ses disciples : Pourquoi votre maître mange–t–il avec les collecteurs des taxes et les pécheurs ? Jésus, qui avait entendu, dit : Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades." Être accueilli par Jésus, c’est accueillir son Royaume de Justice et de Paix. Il s’agit pour nous de vivre dans une communion personnelle et intime avec Dieu, notre Père des cieux. Dieu nous aime, il est venu nous chercher en Jésus. De nous-même, nous ne pouvons pas accéder à la vie divine, c’est un don de Dieu. Être sauvé, c’est accueillir cet amour de Dieu qui nous établi dans une relation nouvelle avec lui. Nous sommes placés par amour dans cette relation d’amour infini qui existe entre le Père et le Fils dans l’Esprit Saint. Être sauvé, c’est être aimé et participer à l’amour de Dieu. Dès lors, nous comprenons que cette justification ne peut être que gratuite. On ne peut prétendre s’imposer dans une relation amoureuse. L’amour ne se paye que par l’amour. En choisissant Mathieu, Jésus fait un geste provocateur. Il ne se contente pas d’appeler un pécheur comme apôtre, il ose « faire table commune » avec lui.

Allez apprendre ce que signifie : « Je veux la compassion et non le sacrifice ; car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Notre salut est un don gratuit de Dieu. Nos actions auront des conséquences sur notre relation avec nos frères. Si nous sommes aimés de Dieu gratuitement, et sans mérite de notre part, son amour nous appelle à aimer à notre tour. Désormais, il s’agit pour nous, non plus de gagner ce don, mais de vivre selon l’Esprit Saint qui nous habite. Les œuvres de bonté seront nécessaires pour rayonner le don que nous avons reçu dans l’Esprit Saint. Ayant découvert et reçu l’amour infini de Dieu, nous cherchons à vivre en conformité avec l’Esprit Saint qui nous habite, à collaborer avec l’amour de Dieu. Dieu nous accueille au sein de l’amour trinitaire. Nous exprimons cette réalité spirituelle par notre bonne volonté orientée vers la coopération active du Royaume de Dieu. Notre foi, vécue en acte et en vérité, développe une communion effective avec nos frères. Dieu veut la tendresse et la miséricorde et Jésus nous invite à suivre son exemple. C’est dans les petites actions de tous les jours que notre foi se révèle. Guéris par le Christ, nous sommes transformés en lui, enrichi de son Amour. C’est dans le Christ, sauvé par sa Passion et par sa Résurrection, que nous faisons la paix entre nous et devenons des artisans de Paix.

Nous demandons à Jésus la grâce d’entendre cette Parole : Je ne suis pas venu pour les bien portants, je suis venu pour les malades.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Commentaire de L'Evangile au Quotidien

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr. Contre les hérésies, III, 11,8 ; 9,1 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p.493)

Une des premières attestations historiques des évangélistes

Les apôtres s'en allèrent jusqu'aux extrémités de la terre, proclamant la Bonne Nouvelle des bienfaits que Dieu nous envoie et annonçant aux hommes la paix du ciel (Lc 2,14), eux qui possédaient tous également, et chacun en particulier, la Bonne Nouvelle de Dieu. Matthieu précisément, chez les Hébreux, a fait paraître dans leur propre langue une forme écrite d'évangile alors que Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l'Église. Après leur mort, Marc, le disciple et l'interprète de Pierre (1P 5,13), nous a transmis lui aussi par écrit la prédication de Pierre. De même Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l'évangile prêché par celui-ci. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur, le même qui a reposé sur sa poitrine (Jn 13,25), a publié lui aussi l'évangile pendant son séjour à Éphèse.

Matthieu, dans son évangile, raconte la génération du Christ comme homme : « Livre de la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : voici quelle fut la génération du Christ » (Mt 1,1-18). Cet évangile présente donc le Christ sous sa forme humaine ; c'est pourquoi le Christ y est toujours animé de sentiments d'humilité et demeure un homme de douceur... L'apôtre Matthieu ne connaît qu'un seul et même Dieu qui a promis à Abraham de multiplier sa descendance comme les étoiles du ciel (Gn 15,5) et qui par son Fils le Christ Jésus nous a appelés du culte des pierres à sa connaissance (Mt 3,9), de sorte que, « ce qui n'était pas un peuple est devenu son peuple, et que celle qui n'était pas la bien-aimée est devenue l'aimée » (Os 2,25 ; Rm 9,25). http://levangileauquotidien.org

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Lundi 19 septembre 2016. Mettre la lampe sur le lampadaire


Lundi 19 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 25e semaine

L'Église fête : Apparition de Notre Dame de La Salette
Saint(s) du jour : St Janvier (Gennaro), évêque de Naples et martyr († IVe s.)



Livre des Proverbes 3,27-34.

Mon fils, ne refuse pas un bienfait à qui tu le dois, quand ce geste est à ta portée. Ne dis pas à ton prochain : « Va-t’en, tu reviendras, je donnerai demain ! », alors que tu as de quoi. Ne travaille pas au malheur de ton prochain, alors qu’il vit sans méfiance auprès de toi. Ne cherche pas de vaine querelle à qui ne t’a pas fait de mal. N’envie pas l’homme violent, n’adopte pas ses procédés. Car le Seigneur a horreur des gens tortueux ; il ne s’attache qu’aux hommes droits. Malédiction du Seigneur sur la maison du méchant, bénédiction sur la demeure des justes. Il se moque des moqueurs, aux humbles il accorde sa grâce.

Psaume 15(14),1a.2.3bc-4ab.4d-5.

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
Celui qui se conduit parfaitement,
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son cœur.

Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain.
À ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il ne reprend pas sa parole.
Il prête son argent sans intérêt,
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
Qui fait ainsi demeure inébranlable.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,16-18.

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

La parole de ce jour fait suite à la parabole du Semeur, et plus particulièrement à l’explication que le Seigneur en a donnée. Cette interprétation est une lumière capable d’illuminer l’auditeur attentif, et de lui faire prendre conscience de sa responsabilité face à la Parole. La fécondité de nos vies dépend en effet de la qualité de l’accueil que nous réservons à l’Evangile : voilà un avertissement qui mérite bien qu’on le diffuse, qu’on le crie sur les toits comme le firent les prophètes. Une telle « lumière » ne saurait restée cachée : elle est tout au contraire destinée à être placée « sur le lampadaire pour que ceux qui entrent – entendons : ceux qui cherchent à se rapprocher de Dieu, qui désirent entrer en relation avec lui – voient la lumière », c'est-à-dire qu’ils discernent la place essentielle de la Parole dans leur vie et l’urgence de son accueil, qu’en le comprenant ils se convertissent, et qu’en se convertissant ils aient la vie.

« Rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. » Cette affirmation de Jésus devrait conclure définitivement le débat sur le caractère secret des enseignements qu’il aurait prodigués à ses proches. Les paroles du Seigneur ne demeurent cachées ou obscures que pour ceux qui refusent de les écouter - ou de les entendre au niveau où Jésus les prononce. Mais la Bonne Nouvelle frappe à la porte de tous les cœurs disponibles afin d’y révéler le vrai visage de Dieu. Notre Seigneur ne donne pas un enseignement énigmatique qui ne serait accessible qu’à un petit nombre d’initiés. Certes il parle en paraboles, mais c’est afin que chacun puisse comprendre au niveau d’intelligence spirituelle auquel il est parvenu, et continuer à s’en nourrir en approfondissant toujours davantage son interprétation. Jésus n’impose pas une idéologie ; il ne se substitue pas à la liberté de ses interlocuteurs : il les met en route, il propose un chemin de conversion concret, à mettre en œuvre, « à force de persévérance », au jour le jour. Celui qui s’y engage, découvre qu’il ne marche pas seul, mais que Notre-Seigneur l’accompagne et pourvoit au nécessaire à chaque étape ; car « les hommes droits sont ses intimes » (Proverbes 3, 32).

C’est ainsi que celui qui accueille la Parole telle qu’elle se donne « dans un cœur bon et loyal », « recevra encore » ; alors que « celui qui n’a rien » - précisément parce qu’il n’écoute pas avec bienveillance - « se fera enlever même ce qu’il paraît avoir », puisque ce qu’il a entendu ne lui sert à rien.

De tout cela, les disciples ont à être les témoins : pas question de demeurer dans un cercle restreint de « gnostiques », possédant un « savoir » salvifique. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Le salut nous est offert dans une relation personnelle d’amitié avec Jésus. Une telle connaissance est en soi incommunicable ; mais le chemin d’accès à cette rencontre salvifique doit être rendu accessible au plus grand nombre grâce au labeur apostolique.

« Entre le secret et la (dé)monstration, se tient la révélation » (Paul Ricœur) : la Parole est invitation à un dialogue qui respecte les interlocuteurs. Le Seigneur s’y donne tout en demeurant voilé dans son Mystère. Car le fruit de la rencontre n’est pas que nous comprenions qui est Dieu, mais que nous soyons transformés en lui, afin de le connaître comme il nous connaît.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


Meditations RC

Prière d'introduction

 

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. « Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés » Ps 51 (50), 12-15.

 

Demande

 

Seigneur, donne-moi une foi authentique et lumineuse.

 

Points de réflexion

 

1. « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière ». L’image de la lampe que nous donne le Seigneur dans ce texte nous renvoie à notre mission en tant que disciple du Christ de donner de la lumière au monde par notre foi. La lumière que nous donne notre foi en Jésus n’est pas que pour nous. Saint Paul, dans sa lettre aux Galates, dit : « Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité » (Gal 5, 6). Il faut donc que notre foi se manifeste, donne de la lumière aux autres, qu’elle soit agissante par notre charité. Une foi sans œuvres, une foi qui ne se voit pas dans notre façon de penser, de parler et d’agir reste stérile. La lettre de saint Jacques nous parle aussi très clairement de cela. « Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte (Jc 2, 15-17). C’est une belle invitation à vivre les œuvres de la miséricorde. Demandons au Seigneur la force de mettre notre foi en action.

 

2. « Car rien qui n’est caché qui ne doive apparaître au grand jour ». Autant il est vrai que notre foi a besoin des œuvres pour porter du fruit et pour donner de la lumière, il est aussi vrai que les œuvres sans la foi sont stériles. Le Royaume de Dieu est avant tout un Royaume dans le cœur de l’homme. La foi, c’est aussi dans le cœur que cela se passe. Il ne suffit pas de s’agiter extérieurement, de faire plein de belles choses extérieurement pour vivre sa foi. Le Seigneur nous appelle à une vraie communion d’amour et d’amitié avec lui et avec notre prochain dans notre cœur. Si j’ai fait connaissance de l’amour de Dieu mais je ne lui prête guère de mon temps ou de mon attention dans mes activités quotidiennes, dans la prière, dans les sacrements, dans sa Parole il sera difficile pour moi de vivre la foi. Si je fais le bien extérieurement mais en même temps mon cœur est plein de rancune et de mépris pour certaines personnes, de colère, d’envie, de jalousie, de mensonge, de pensés impures je vais difficilement pouvoir vivre ma foi qui est une communion d’amour avec Dieu et avec mon prochain. Il est très difficile de demeurer dans le bien quand notre cœur est atteint par le mal et nous savons bien que nous avons besoin d’un cœur pur pour retrouver la paix et le bonheur dans notre vie. N’ayons pas peur d’admettre nos incohérences, de les exposer à la lumière du Christ et de les confier à son pardon et à sa miséricorde.

 

3. « Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé ». Cette phrase énigmatique nous invite à vivre dans l’authenticité. La foi qui est une communion d’amitié et d’amour avec Dieu et notre prochain nous ouvre le cœur pour recevoir beaucoup de grâces de la part du Seigneur. Mais si ma foi n’est pas authentique, soit parce qu’elle manque d’une vraie relation d’amour avec Dieu et mon prochain ou parce qu’elle n’a pas les œuvres pour la compléter, je peux croire avoir la foi mais finalement en réalité elle n’est plus là ou bien elle s’est amoindrie. Cet examen de conscience, le Seigneur nous demande de le faire tous puisqu’il peut y avoir des moments dans notre vie où nous pouvons manquer de foi. L’important ce n’est pas de se décourager quand nous constatons que notre foi s’affaiblit mais de se convertir en reprenant une amitié plus intense avec le Seigneur dans la prière ou en ayant un amour plus intense et actif pour mon prochain, même ceux qui sont difficiles à aimer. La conversion n’est pas un moment rare dans la vie du chrétien mais une dynamique qui nous pousse chaque fois plus à aimer Dieu et notre prochain au quotidien. Demandons au Seigneur intensément cette grâce de la conversion du cœur.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur Jésus, merci pour le don que tu m’as fait de la foi en toi. Cette communion d’amour avec toi m’apporte beaucoup de joie, de paix et de lumière dans ma vie. Que cette foi que j’ai reçue puisse être lumineuse et agissante dans la charité pour que je puisse la partager avec tous mes frères et sœurs. Je reconnais que parfois je t’oublie et que parfois mon cœur n’est pas toujours bienveillant ou disponible pour mon prochain. Aide-moi, Seigneur, à me convertir. Donne-moi une foi plus authentique.

 

Résolution

 

Prendre un moment de communion avec le Seigneur dans la prière ou faire un acte de charité envers quelqu’un, selon la dimension de ma foi qui me manque le plus en ce moment. Je peux aussi participer au sacrement de réconciliation pour exposer à l’amour du Seigneur les incohérences dans le vécu de ma foi.

 

Père Richard Tardiff, LC

http://www.regnumchristi.fr


 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ;

0n la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Jésus attire notre attention sur la lampe qui est allumée, qui ne doit pas être empêchée de rayonner la lumière autour d’elle. Plus elle brille, plus la lumière s’accroît. Cette lampe représente notre vie. Dieu a allumé cette lampe qui fait naître une flamme dans nos yeux. La Parole de Dieu dit notre vie comme une lumière qu’elle éclaire, comme une lampe sur notre sentier. Cette lumière vivante nous est transmise par la vie et l’enseignement de Jésus. Lorsque nous laissons la Parole du Christ vivre en nous, nous lui donnons tout l’espace nécessaire pour qu’elle s’enracine dans notre cœur. Elle prend la direction de notre vie, et nous devenons de plus en plus à l’image de Jésus, qui est la source de toute lumière, et qui donne lumière au monde. Jésus est venu allumer le grand feu de l’Amour. Seul, celui qui le suit, conforme sa vie à la vie de Jésus, il entre en possession de la connaissance qui délivre de l’obscurité. Ayant la lumière du Christ en nous, nous devenons nous-mêmes des lumières. Alors la parole de Dieu se réalise en nous, d’une manière cachée, elle va se répandre ensuite dans un grand feu d’amour pour le monde !

Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. La vérité éclaire et révèle la réalité des choses, qui un jour, prendront pleinement leur sens. La lumière et la vérité seront si manifestes qu’il sera impossible de cacher quoi que ce soi : La pleine révélation de la justice divine sera suivie du jugement au sujet de tout ce qui est caché. Suivre Jésus, c’est croire en lui comme Sauveur, et lui remettre entièrement sa vie. Lorsque Dieu, par Jésus, allume notre lampe et fait de nous des lumières, il veut que cette lumière resplendisse, et non qu’elle soit cachée. Le monde, comme un épais nuage, cache l’éclat de notre lumière, il voudrait que notre lampe ne brille plus du tout. Si nous laissons les préoccupations nous envahir, la Parole de Dieu sera mise sous le boisseau, or notre flambeau doit être entretenu. Les pires méchancetés ne peuvent pas jeter d’ombre sur notre lumière si nous vivons dans la vigilance de la grâce de Dieu. Un sourire, une main tendue, un regard donne la vie et nous rend vraiment accueillant, tourné vers l’autre, regardant qui est à côté, pour lui dire une parole agréable, ou bien encore l’aider, s’il a besoin d’être aidé. C’est ainsi que s’allume un petit feu, avec de petites brindilles qui vont lancer un grand brasier.

Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il paraît avoir. » Dieu pourvoit à tous nos besoins sans que nous ayons à nous faire de souci. Il nous faut recherchez le Royaume de Dieu dans la Parole de Dieu qui est une source de vie et de grâce. Jésus souligne la disposition de notre cœur qui entend la vérité. Dans la mesure où nous sommes fidèles à l’emploi qui nous est confié, nous accordera plus de grâces. Celui qui écoute avec un esprit avide de comprendre et d’obéir à la vérité, recevra beaucoup plus encore. La gratuité du don de Dieu nous donne la liberté d’en disposer, dans la lumière, à son service. La grâce de Dieu fait fructifier le bien, et nous sommes appelés à être de bons intendants au service de notre prochain. Notre Dieu d’amour nous demande des attitudes d’amour pour demeurer dans le feu de l’Amour. Jésus, en prenant la parabole de la lampe qui brule, dit qu’Il est venu allumer un grand feu. Il nous donne ce qu’il faut pour que ce Feu de l’amour divin brûle dans le monde. Le mystère du Corps et du Sang du Christ offert à chaque Eucharistie et reçu en communion est là pour alimenter en permanence ce feu d’amour : C’est un Pain de vie et un Vin de noces qui réchauffe notre cœur.

Nous demandons la grâce de ne négliger aucun des petits moyens qui permettent au feu de l’amour de se propager par notre cœur en communauté.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Abbé Joaquim FONT i Gassol (Igualada, Barcelona, Espagne)

«On la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière»

Aujourd'hui, cet Évangile si bref est riche en thèmes qui attirent notre attention. En premier lieu, “faire la lumière”: tout est évident aux yeux de Dieu! Deuxième grand thème: les Grâces sont entrelacées, la fidélité à l'une attire les autres: «Gratia pro Gratia» (Jn 1,16). Enfin, voici un langage humain pour des choses divines et perdurables.

Lumière pour ceux qui entrent dans l'Église! Depuis des siècles, les mères chrétiennes ont enseigné dans l'intimité leurs enfants par des paroles expressives, mais surtout avec la “lumière” de leur bon exemple. Elles ont aussi semé avec cette franchise typique du peuple et de l'Évangile, recueillie dans nombre de dictons pleins de sagesse et de foi. L'un d'entre eux dit ceci: «Illuminer et non disséminer». Saint Matthieu nous dit: «(…) elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux» (Mt 5,15-16).

Notre examen de conscience en fin journée peut se comparer aux comptes de l'épicier qui fait sa caisse pour voir le produit de son travail. Il ne commence pas en se demandant: —Combien ai-je perdu? Mais plutôt: —Qu'est-ce que j'ai gagné? Puis: —Comment pourrais-je gagner davantage demain, que puis-je améliorer? La révision de notre journée finit dans l'action de grâces et, par contraste, en un acte d'amour douloureux. —Je souffre de ne pas avoir aimé plus et j'espère, plein d'ardeur, étrenner demain un nouveau jour pour plaire davantage à Notre Seigneur, qui toujours me voit, m'accompagne et m’aime tant. —Je veux apporter plus de lumière et diminuer la fumée du feu de mon amour.

Dans les soirées familiales, parents et grands-parents ont forgé —et forgent encore— la personnalité et la piété des enfants d'aujourd'hui et des hommes de demain. Ça en vaut la peine! C'est urgent! Marie, Étoile du matin, Vierge de l'aube qui précède Jésus, Lumière du Soleil, guide-nous et donne-nous la main. «Ô Vierge bienheureuse! Il est impossible que se perde celui sur qui tu as posé ton regard» (Saint Anselme). http://evangeli.net



Saint Chromace d'Aquilée (?-407), évêque. Homélies sur l'évangile de Matthieu, n° 5, 1.3-4 ; CCL 9,405 (trad. bréviaire 11/06).

Mettre la lampe sur le lampadaire

Le Seigneur appelle ses disciples « lumière du monde » (Mt 5,14) parce que, éclairés par lui, qui est la lumière éternelle et véritable (Jn 1,9), ils sont devenus à leur tour une lumière dans les ténèbres. Parce qu'il est lui même « le Soleil de justice » (Ma 3,20) le Seigneur peut aussi appeler ses disciples « lumière du monde » ; c'est par eux, comme par des rayons étincelants, qu'il déverse la lumière de sa connaissance sur la terre entière... Éclairés par eux, nous-mêmes, de ténèbres que nous étions, nous sommes devenus lumière, comme le dit saint Paul : « Autrefois, vous n'étiez que ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière » (Ep 3,8). Et encore : « Vous n'appartenez pas à la nuit, ni aux ténèbres ; vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour » (1Th 5,5). Saint Jean a eu raison d'affirmer dans sa lettre : « Dieu est lumière » (1,5) et « Celui qui demeure en Dieu est dans la lumière » (1,7)... Ainsi donc puisque nous avons la joie d'être délivrés des ténèbres de l'erreur, nous devons vivre dans la lumière, comme des fils de lumière... Ce qui fait dire à l'apôtre Paul : « Parmi eux, vous apparaissez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui portez la parole de vie » (Ph 2,15)...

Cette lampe resplendissante, qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous... Cette lampe de la Loi et de la foi, nous ne devons donc pas la cacher, mais l'installer toujours dans l'Église comme sur le lampadaire, pour le salut d'un grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de sa vérité, et d'en éclairer tous les croyants.

divine. 

 


 

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Evangile, St et Homélie du Me 14 sept 2016. Fête de la Croix Glorieuse


Mercredi 14 septembre 2016

Fête de la Croix Glorieuse

Saint(s) du jour : St Cyprien de Carthage, évêque et martyr († 258), St Albert de Jérusalem, évêque et martyr († 1215)



Livre des Nombres 21,4b-9.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 78(77),3-4ac.34-35.36-37.38ab.39.

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n'était pas constant envers lui ;
ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait.
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s'en va sans retour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

Homélie du Père Philippe

 

L’épisode du « serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert », fait allusion à une pratique un peu ambiguë, vestige d’un vieux rite magique, dont nous avons entendu le récit en première lecture. Le désert est un espace inhospitalier où rôde la mort. Or c’est à ce lieu qu’est rattachée pour « tout homme qui croit » une possibilité de vivre, et même d’« obtenir la vie éternelle ».

Le paradoxe est encore accru par le fait que les hommes obtiennent le salut par la médiation d’un serpent, qui est normalement l’agent mortifère par excellence : voilà que cet animal qui porte la mort dans sa gueule, devient vecteur de vie par son élévation. Moïse en effet n’a pas exterminé les serpents, ni empêché qu’ils mordent les israélites ; mais à ceux qui étaient mordus, il propose d’échapper à la conséquence mortelle de la morsure, en les invitant à lever les yeux vers le serpent élevé sur le mât. Par cette position insolite, ce serpent - animal terrestre par excellence – est arraché à sa signification habituelle, et se trouve investi d’un sens nouveau, qu’il tire de l’élément auquel il est associé par son élévation, à savoir le ciel.

 

 

Jésus s’appuie sur cet épisode de la marche au désert, pour signifier ce qu’il en sera de sa mort : le lieu propre des cadavres est sous terre, là où la vie ne pénètre pas ; élevé sur la Croix, le corps du Christ va tout au contraire recevoir d’en-haut une vie radicalement nouvelle et éternelle. Jésus crucifié surélève la mort et lui donne un sens nouveau : de défaite de la vie conduisant à la descente au Shéol, elle devient signe d’élévation, de montée vers les hauteurs, vers le « ciel », c'est-à-dire vers la demeure de Dieu, où règne la Vie en plénitude : « La mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien est disparu (Apoc 21, 4) ». La mort n’est pas éliminée en tant que telle : elle est dépassée, au sens où elle n’a plus le dernier mot : elle devient passage vers la vie, offerte à travers elle. Le grand mystère est précisément que la vie éternelle nous soit donnée à travers son contraire, la mort : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? (1 Co 15, 54-55) » La Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ est l’échelle de Jacob par laquelle nous est offerte la possibilité de « monter » de la terre au ciel, de la mort à la Vie, en participant à l’exaltation du Fils de l’Homme à la droite de Dieu son Père. Telle est l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu est les hommes : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ; ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

 

 

 

A l’initiative déconcertante de Dieu, nous ne pouvons répondre que par l’humble accueil, dans la foi, du salut qu’il nous offre en son Fils. Tendons la main, non plus vers le fruit mortifère de l’Arbre de la connaissance, mais vers le fruit vivifiant qui s’offre à nous sur l’Arbre de la Croix : l’Eucharistie de Notre Seigneur, qui nous donne part dès à présent à sa vie filiale.

 

 

 

Père Philippe

 

 


 

 

 

Méditation RC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, par ce passage d’Évangile, tu m’appelles et m’invites à accueillir la foi qui enracine ma vie sur le mystère de ton incarnation. Toi, le Fils de Dieu, tu es descendu au milieu des hommes, tu as pris notre nature humaine pour nous montrer le chemin à suivre pour retourner au Père. Et par cette incarnation, tu as offert ta vie et vaincu la mort en ressuscitant après avoir été martyrisé, humilié et crucifié entre deux malfaiteurs. Seigneur, si tu n’avais accepté cette mort humiliante sur la croix, nous n’aurions jamais pu prétendre être assis à ton côté, glorifiant Dieu avec toi et à ton exemple. Oui, Seigneur, sois remercié de cette croix glorieuse à tout jamais !

 

Demande

 

Seigneur, enracine en moi cette foi pour que je puisse, à mon tour, proclamer au milieu de ceux que je connais, la rédemption de tous les hommes et de chacun en particulier dès lors que nous accueillons la vie que tu es venu donner à ceux qui lèvent les yeux vers toi.

 

Points de réflexion

 

1. « Nul n’est monté au ciel » réponds-tu à Nicodème, ce notable juif, qui cherchait à savoir si tes paroles venaient du ciel ou d’ailleurs. Les paroles que tu profères ne viennent que de Dieu, assures-tu. Nul, s’il ne croit à tes paroles, ne pourra entrer au ciel. Les hommes d’ici-bas doivent d’abord lever les yeux vers celui que le Père a envoyé, tout comme les fidèles devaient regarder le serpent d’airain que Dieu avait demandé à Moïse de fabriquer et de placer sur un mât pendant la traversée du désert. Tu veux que Nicodème reconnaisse en toi celui que le Père a envoyé au milieu des siens. Quiconque regardait le serpent d’airain était guéri de ses blessures et c’est vers toi, aujourd’hui, que les hommes doivent tourner les yeux pour être guéris des blessures du péché qui les a séparés de Dieu. C’est à travers toi que le peuple pourra rejoindre le salut éternel que Dieu a promis à son peuple au moment de la chute originelle. Être guéri de la morsure du serpent, c’est renouer l’Alliance, c’est ce que Nicodème attend avec tous les membres du Peuple élu.

 

2. « Hormis celui qui est descendu du ciel ». Cette nouvelle Alliance ne peut passer que par toi qui es descendu d’auprès du Père. Comment un homme aussi intelligent et ouvert soit-il, peut-il entrer dans ce mystère ? Ici, les capacités humaines ne suffisent pas : elles ne peuvent remplacer la foi et à c’est cette foi que tu veux que Nicodème s’ouvre. Il faut qu’il soit soutenu par Dieu lui-même. « Une fois remonté au ciel, je vous enverrai un autre Paraclet qui vous fera tout comprendre » diras-tu plus tard à tes disciples, mais ici, tu ne peux qu’inviter Nicodème à se convertir à cette foi. Pour avoir la vie éternelle, il faut croire à celui qui sera élevé de terre.
Tu veux que Nicodème, qui connaît les Écritures et les promesses qu’elles contiennent, en te voyant lorsque tu seras sur la croix, puisse comprendre que tu es véritablement le « Serviteur souffrant » dont parle Isaïe, celui qui a offert sa vie en rachat pour la multitude.

 

3. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique » pour que l’homme puisse partager la vie divine et participer à cette vie en lui. Tu veux que Nicodème comprenne que de toute éternité le dessein de Dieu est que l’homme partage sa vie et sa gloire. Le péché de l’homme a mis un obstacle à ce retour, mais le Père t’a envoyé dans le monde, au milieu des hommes, pour qu’ils puissent revenir à lui. Tu n’es pas venu pour juger le monde, mais pour que les hommes croient en toi et te suivent malgré les croix et les difficultés. Tu veux que Nicodème te reconnaisse, sous l’aspect et la réalité d’un homme comme les autres, comme « l’envoyé du Père ». C’est le plan de Dieu pour nous unir à lui. Tu sais que ton retour auprès du Père inaugure dès maintenant le retour de chaque homme qui croit et croira en toi.
Tu sais que l’Esprit Saint est là pour aider l’homme, tout homme, à ouvrir son cœur et adhérer à la foi en disant comme le centurion qui a participé à ta crucifixion : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ».

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, tu sais bien que je ne suis pas Nicodème mais tu sais que, comme lui, j’ai besoin de croire que tu nous as ouvert la porte du salut par ta croix. Permets-moi d’accompagner Marie, celle que tu m’as donnée pour Mère et que je sache participer au salut du monde, au salut de mes frères, au salut de tous les hommes qui sont appelés à te reconnaître au milieu des difficultés de chaque jour. Qu’avec elle, ta présence sur la croix, me permette de glorifier Dieu et de participer à sa charité.

 

Résolution

 

Vénérer la croix glorieuse et prier le rosaire avec Marie pour participer au salut du monde que tu es venu réaliser sur cette croix.

 

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de RC


 

 

"Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme."

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle." La fête de la croix glorieuse que nous célébrons nous invite à contempler la Croix et la mort de Jésus comme une source de vie, une source de guérison pour chacun de nous. C’est un paradoxe difficilement compréhensible pour beaucoup. La foi nous donne à contempler l’horreur du supplice de la croix pour y découvrir l’étonnante « vie qui surgit de cet arbre qui donnait la mort. » La croix est glorieuse ! Comment peut se faire la transformation d’un instrument qui donne mort, en un lieu où surgit une source de vie ? Car la croix que nous contemplons est un instrument de supplice, le lieu de la souffrance du Christ ! En célébrant « l’exaltation de la Croix », nous célébrons Jésus qui a été élevé jusqu’à la Gloire du Père par le don total qu’il a fait de lui-même pour notre salut. La « Croix glorieuse » nous fait contempler la victoire de Jésus sur les forces du mal, sur la mort. Elle devient ainsi le signe de la réconciliation définitive entre Dieu et l’humanité, le signe de la victoire de la Vie sur la mort. La vie éternelle, c’est l’Amour infini de Dieu que nous accueillons par la foi. C’est dans la nuit de la Foi que se réalise le mystère de la Compassion de Marie que nous rejoignons au pied de la Croix ou Jésus est élevé. Quand nous sommes dans la détresse, nous avons besoin les uns des autres. Nous faisons mémoire de la croix glorieuse de Jésus auprès de tous ceux, qui, de part le monde, subissent la persécution. Nous nous tournons vers ceux qui sont « saisis » par la souffrance et nous demandons pour eux la patience et la persévérance de Jésus !

"Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle." L’exaltation de Jésus crucifié est la conséquence de son abaissement. Le Verbe de Dieu, qui partageait la gloire du Père, a préféré abandonner cette plénitude, pour se cacher dans notre humanité. Dans l’Incarnation du Verbe se manifeste l’amour de Jésus pour nous, et l’amour de son Père qui nous le donne. La transformation de la mort en vie, de la croix comme supplice, à la Croix comme source de Vie, s’opère par l’acte d’amour qui animait Jésus et son Père alors qu’il traversait les épreuves de sa passion. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix nous invite à méditer sur le lien profond qui unit la célébration Eucharistique et le mystère de la Croix. Chaque messe est la célébration sacramentelle du mystère pascal de Jésus, elle rend actuel le sacrifice rédempteur du Christ. L’Eucharistie nous rappelle quotidiennement que notre salut jaillit de ce mystérieux échange, dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort pour nous donner gratuitement part à sa vie divine. Au-delà du processus de transformation du pain et du vin dans le Corps et le Sang de Jésus, la pâque réalise la transformation de la violence inhumaine en don d’amour. Ce processus de transformation n’a été possible que parce que Jésus a voulu entrer dans le mystère d’amour de son Père et répondre par son amour à la violence qui lui a été faite. Le message de la Croix glorieuse, de la victoire définitive du Christ sur le Mal, sur le péché, le mensonge, et toutes les forces de mort, vient résonner dans notre cœur comme un appel à se dépasser, un appel à croire qu’avec le Christ, tout est possible à Dieu.

"Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé." C’est « l’explosion intime du bien » qui est vainqueur du mal, elle peut engendrer la chaîne des transformations qui, peu à peu, changeront le monde. Jésus, dans l’Eucharistie, dit oui à la volonté de Dieu qui lui demande de donner sa vie pour ses frères et sœurs. C’est par amour du Père et de l’humanité que Jésus dit ce oui crucifiant, c’est même une obéissance eucharistique, c’est par amour et dans l’action de grâces, qu’il dit oui au Père. Par ce oui d’obéissance amoureuse, Jésus me demande de faire de même pour faire jaillir la vie. Quand Jésus nous dit de faire ceci en mémoire de lui, c’est moins la répétition d’un rite, que l’entrée dans son obéissance confiante envers son Père. Suivre le Jésus pour accomplir notre vocation de baptisé peut être crucifiant, nous devons voir les épreuves que nous traversons comme autant d’occasions d’entrer davantage dans la dynamique du don et de l’amour. Ainsi la vie peut jaillir de nos croix aujourd’hui unies à Jésus, comme elle jaillit de la Croix de Jésus, que nous appelons désormais Croix glorieuse. Nous entrons, par la Croix de Jésus, dans le mystère de l’Amour, surs de le rencontrer, puisque la porte d’accès est cet amour victorieux de tout mal. La contemplation de la Croix glorieuse constitue un formidable message d’Espérance.

Nous demandons la grâce de vivre de l’immense amour de Jésus.

Père Gilbert Adam


 

 

 

 

 

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle»

Aujourd'hui, l'Évangile est une prophétie, c'est-à-dire un regard dans le miroir de la réalité qui nous introduit à sa vérité au-delà de ce que nous rapportent les sens: la Croix, la Sainte Croix de Jésus-Christ, est le Trône du Sauveur. C'est pourquoi Jésus affirme: «Ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé» (Jn 3,14).

Nous savons bien que la croix était le supplice le plus atroce et le plus honteux de l'époque. Exalter la Sainte Croix serait pur cynisme si le Crucifié ne s'y trouvait suspendu. La croix, sans le Rédempteur, est cynique; avec le Fils de l'Homme, elle est le nouvel arbre de la Sagesse. Jésus-Christ «s'offrant librement à la passion» de la Croix a ouvert le sens de notre destinée: monter avec Lui sur la Sainte Croix pour ouvrir les bras et le cœur au Don de Dieu, en un admirable échange. Ici aussi il nous convient d'écouter la voix du Père céleste: «Celui-ci est mon Fils (…), qui a toute ma faveur» (Mc 1,11). Nous trouver crucifiés avec Jésus et ressusciter avec Lui: voilà le sens de toutes choses! L'espérance est là, le sens est là, et l'éternité et la vie! Les chrétiens ne sont pas fous quand, dans l'Annonce de la Pâque, ils chantent la louange du péché originel: «Bienheureuse faute de l'homme, qui valut au monde en détresse le seul Sauveur», qui par sa douleur a donné sens à la douleur.

«Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde: venez, adorons» (Liturgie du Vendredi Saint). Si nous parvenons à dépasser le scandale et la folie du Christ crucifié, il ne nous reste plus qu'à l'adorer et à lui rendre grâce pour son Don. Et chercher avec décision la Sainte Croix dans notre vie, pour nous remplir de la certitude que, «par Lui, avec Lui et en Lui», le don de nous-mêmes sera, dans les mains du Père et par l'Esprit Saint, transformé en vie éternelle: «Versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés».


 


Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople . Homélie pour l'adoration de la Croix (Cf. brév. 2e vendredi de Pâques)

La croix, arbre de vie

 

Que la vue de la croix est belle ! Sa beauté n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d'Eden. Elle est tout entière admirable, « belle à voir et à partager » (Gn 3,6). C'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l'Eden ; elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, et a délivré le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le Satan.

Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompé par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants ! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte. C'est avec à-propos que l'apôtre Paul s'est écrié : « Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ga 6,14)... Au-dessus de toute sagesse, cette sagesse qui a fleuri sur la croix a rendu stupide les prétentions de la sagesse de ce monde (1Co 1,17s)...

C'est par la croix que la mort a été tuée et Adam rendu à la vie. C'est par la croix que tous les apôtres ont été glorifiés, tous les martyrs couronnés, tous les saints sanctifiés. C'est par la croix que nous avons revêtu le Christ et dépouillé l'homme ancien (Ep 4,22). C'est par la croix que nous avons été ramenés comme les brebis du Christ, et que nous sommes rassemblés dans la bergerie d'en haut.

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Me 07 Sept 2016.


1ère lecture : « Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n’as pas de femme ? ne cherche pas à te marier » (1 Co 7, 25-31)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
    au sujet du célibat, je n’ai pas un ordre du Seigneur,
mais je donne mon avis,
moi qui suis devenu digne de confiance
grâce à la miséricorde du Seigneur.
    Je pense que le célibat est une chose bonne,
étant données les nécessités présentes ;
oui, c’est une chose bonne de vivre ainsi.
    Tu es marié ?
ne cherche pas à te séparer de ta femme.
Tu n’as pas de femme ?
ne cherche pas à te marier.
    Si cependant tu te maries, ce n’est pas un péché ;
et si une jeune fille se marie, ce n’est pas un péché.
Mais ceux qui font ce choix y trouveront les épreuves correspondantes,
et c’est cela que moi, je voudrais vous éviter.


    Frères, je dois vous le dire : le temps est limité.
Dès lors, que ceux qui ont une femme
soient comme s’ils n’avaient pas de femme,
    ceux qui pleurent,
comme s’ils ne pleuraient pas,
ceux qui ont de la joie,
comme s’ils n’en avaient pas,
ceux qui font des achats,
comme s’ils ne possédaient rien,
    ceux qui profitent de ce monde,
comme s’ils n’en profitaient pas vraiment.
Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

Psaume : Ps 44 (45), 11a.12, 14-15a, 15b-16, 17a.18

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille :
le roi sera séduit par ta beauté.
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

À la place de tes pères se lèveront tes fils ;
Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges :
que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres,
car le royaume de Dieu est à vous.
    Heureux, vous qui avez faim maintenant,
car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant,
car vous rirez.
    Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent
et vous excluent,
quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable,
à cause du Fils de l’homme.
    Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie,
car alors votre récompense est grande dans le ciel ;
c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.


    Mais quel malheur pour vous, les riches,
car vous avez votre consolation !
    Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant,
car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant,
car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
    Quel malheur pour vous
lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Aujourd’hui, Jésus annonce une nouvelle extraordinaire à tous ceux et celles qui sont sous le poids de l’épreuve. Il leur annoncent ce que nous ne sommes pas capables de voir ou de concevoir par nous-mêmes, « ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Co 2, 9). Il leur annonce comment Dieu, dans son infinie paternité d’Amour, vient à la rencontre des souffrants et des pauvres.  Vous qui êtes pauvres, je vous annonce une Bonne Nouvelle :  le Royaume des Cieux déjà vous appartient. Le Règne de l’Amour est désormais présent et, parce que pauvres, parce que vous n’êtes encombrés d’aucune richesse,  il est à vous ! Vous pouvez dès aujourd’hui l’accueillir. Heureux êtes vous !

Vous aussi qui avec faim, je vous annonce une Bonne Nouvelle : il vient le jour où vous serez rassasiés.  Le Père veille sur vous et la faim et la mort n’auront pas le dernier mot. L’avenir est pour vous rempli d’espérance. Heureux êtes vous !  Vous qui êtes dans les larmes, vous qui êtes sous le poids d’épreuves personnelles, spirituelles, familiales, ou de travail ou d’affection ou de guerre, je vous annonce une Bonne Nouvelle : le jour vient où vous serez saisis de joie  car le Père vous aime et votre tristesse se changera en joie. Heureux êtes vous !

Quant à vous qui êtes insultés ou persécutés parce que vous êtes fidèles à l’Évangile, parce que vous proclamez votre foi en famille, au travail, dans la ville, je vous annonce une très Bonne Nouvelle : vous aurez au Ciel une récompense extraordinaire parce que participant à ma Passion, vous participerez à ma Résurrection. Heureux êtes vous !  Frères et sœurs, voilà ce que sont les Béatitudes : L’annonce d’une Bonne Nouvelle merveilleuse pour tous ceux qui peinent. Avec une clarté inouïe, Jésus nous partage la Bonne Nouvelle qui illumine sa propre route d’humanité. Sa route qui connaîtra la pauvreté, la faim, les larmes et la croix, pour entrer par cette Passion d’Amour dans la gloire éternelle du Père.  Mieux : Jésus nous attire sur cette route qui est la sienne. Heureux sommes nous quand nous partageons la croix de Jésus parce que nous partageons déjà sa Résurrection et sa gloire !

Voilà la Bonne Nouvelle que nous avons la charge d’annoncer. Qu’ils sont beaux les pieds des porteurs de la Bonne Nouvelle qui vont quitter aujourd'hui nos églises ou leurs foyers pour aller crier l’Évangile par leur vie !

Que l'Eucharistie ravive en nous cette joie pour que nous soyons plein de feu pour porter l’Évangile !

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 

Méditation de Père Shane Lambert, LC

Prière d'introduction

Seigneur Jésus, Fils Prodigue qui a gaspillé ton héritage céleste sur terre, que nous échangions malheur pour malheur, bonheur pour bonheur : ta grâce pour mon péché, ta miséricorde pour mon cœur de pierre.

Demande

La Miséricorde pour que je devienne miséricordieux comme le Père.

Points de réflexion

1. Spiritualité et humanité. Malgré le conseil de sainte Thérèse d’Avila, « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit (…) », ce n’est pas la spiritualité vécue par notre Dieu-Esprit (cf. Jn 4, 24) face à la misère humaine. Malgré sa patience éternelle d’être si inchangeable dans la possession de soi-même, il était « malheureux » dans sa propre richesse : « Dieu seul suffit ». Il y avait quelque chose d’épouvantable à la Sainte Trinité de devoir trouver la paix dans le Bien suprême, son Être autosuffisant : Il a voulu partager son existence, son bien, son amour avec les autres. C’est peut-être parce que notre Dieu-Esprit ne se justifiait pas devant lui-même avec sa spiritualité, mais il fut de toujours prêt à se gaspiller gratuitement par l’humanité : il a donc voulu créé l’homme et la femme à son image, à l’image de Dieu, c’est-à-dire à la Sainte Trinité, selon leur ressemblance (cf. Gn 1, 26). Ainsi les Personnes divines se sont « troublées » de créer l’univers et de nous sauver, injustes et pécheurs que nous sommes devenus, en restaurant notre humanité avec leur Miséricorde. Ainsi Dieu a mérité les noms « Créateur » et « Sauveur » au début du temps de son « auto-insuffisance » choisie, un amour prêt à renoncer à son propre bien et à pâtir des autres. S’il suffit donc pour nous, pauvres créatures, de vivre de ce Dieu-Amour (cf. 1Jn 4, 8) pour obtenir la paix, parce qu’Il est la source de notre vie et guérison, néanmoins il n’est pas possible de vivre de « Dieu seul » comme une « spiritualité » sans assumer et restaurer l’ « humanité » voulue par Dieu. L’une des erreurs du schisme protestant, par exemple, fut de séparer la foi et les œuvres, ou bien, le bonheur supposé de l’individu de celui du prochain avec lequel on partage la seule nature humaine qui vient de Dieu (cf. Jc 2, 12-20) et l’appel à la communion des saints dans la Sainte Trinité (cf. Jn 14, 23-26).

2. Humanité et misère. Pendant l’histoire, toutes les écoles philosophiques nous ont offert des idéaux d’ « humanité » et des propositions de « bonheur ». Néanmoins, il y a déjà un sens commun par rapport à la nature humaine, la possession d’un bien aimé produit la « joie », tandis que son absence produit la « tristesse ». Pour sa part Jésus, nouvel Adam, incarne l’Image de Dieu dans son humanité avec toute la sensibilité de son « cœur de chair » (Ez 36, 26) capable d’aimer et de souffrir à la mesure de l’homme parfait. Malgré cela, dans sa miséricorde Jésus bouleverse toute conception d’une joie mondaine séparée de l’amour de Dieu et du prochain : par exemple l’argent, la nourriture, la joie, la louange – des biens relatifs conçus comme des fins et pas comme des moyens. Mais ne serait-ce pas possible de considérer ces bénédictions comme un don de Dieu, preuve que « Dieu seul suffit » comme pour le prêtre Calvin, c’est-à-dire le signe de prédestination de ses élus pour que nous puissions nous en réjouir sans scrupule ? La joie n’est-elle pas le signe d’un chrétien accompli, où le chrétien mérite d’être loué à cause de sa réussite dans l’histoire, c’est-à-dire un sujet de la Providence, un « béni de Dieu » ? « Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! » Pour Dieu il ne suffit pas de réjouir dans le don de Dieu sans reconnaître et de vivre l’appel de se donner aux autres, c’est-à-dire d’être un être provident et miséricordieux comme lui.

3. Prospérité et miséricorde. « Dieu seul suffit » ne suffit donc pas comme « spiritualité » si on n’est pas saisi par compassion devant la misère d’autrui quand le prochain manque des biens qui correspondent à notre humanité. L’argent sert pour l’aumône (« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous »), la nourriture pour l’affamé (« car vous serez rassasiés »), la joie pour créer l’amitié avec celui qui souffre la solitude (« car vous rirez »), la louange pour diriger la gloire vers Dieu-avec-nous, la Miséricorde parmi les hommes dans chaque personne sainte (« car alors votre récompense est grande dans le ciel »). Le Père fut prêt à gaspiller son Fils, quand Jésus laissa son « ciel » pour nous inviter à son Banquet : où dans leur Esprit la Communion des saints suffira !

Dialogue avec le Christ

Jésus-Christ, il est difficile pour moi de me dépouiller comme toi, en acceptant la mort à mes joies subjectives dans la vraie béatitude : « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. » (Ph 2, 4-6) Je comprends mieux donc pourquoi sainte Thérèse veut préciser encore l’esprit de sa prière : « (…) Elève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. » Qu’il me suffit d’être miséricordieux comme toi et ton Père, dans ton Esprit !

Résolution

Faire un acte de miséricorde corporel ou spirituel (cf. Misericordiae vultus, 15) afin qu’une autre personne puisse découvrir l’amour de Dieu qui agit en moi : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).

Père Shane Lambert, LC

http://www.regnumchristi.fr


Homélie du Père Adam

Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Jésus, « regardant ses disciples, » il nous faut d’abord nous laisser regarder par Jésus. Retrouver cet amour fondamental : Il est notre Créateur, il est notre Sauveur. Jésus veut raffermir la communauté des pauvres, des éprouvés et des menacés. Il est attentif à l’homme qui est dans le manque, il veut le ramener à l’essentiel, à la promesse de Dieu, où chacun est convoqué au bonheur. Notre richesse est le règne de l’amour qui s’accomplit en nous, il ouvre notre cœur aux dons de Dieu, c’est la seule et vraie joie. Les béatitudes sont une invitation à la sainteté, elles sont un chemin de vérité, de justice et surtout un chemin d’humilité et de douceur. Heureux, si nous savons pleurer avec ceux qui pleurent, car nous rirons dans la lumière de Dieu quand le sourire de Dieu aura triomphé de toutes nos peurs. Nous goûterons auprès de lui la joie des cœurs libres, la joie de ceux qui aiment et qui se savent aimés. Dieu habite en nous véritablement, il souffre en nous sa Passion, et il nous invite à le rejoindre, pour que nous sachions, par expérience, jusqu’où va son amour. C’est est une grâce à demander. Nous nous situons dans cet amour, pour regarder la réalité autrement, comme Dieu la regarde, avec tendresse, et avec amour.

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Il nous faut aller vers la désappropriation de soi pour que l’amour de Dieu puisse tout prendre en nous. Jésus nous aime, il veut nous prendre dans son cœur. Il faut que nous abandonnions nos égoïsmes pour nous retrouver sur un plan plus essentiel : L’Amour infini de Dieu qui fait abstraction de ce qui est particulier, au profit d’une vision plus élevée, plus divine. Les pleurs s’écoulent quand le vase est brisé, c’est un lieu très délicat et des plus sensibles. C’est un si grand mystère que Jésus pleure sur Jérusalem ! Il a été rejeté, maudit, on l’a traité de Satan ! Il a prit sur Lui la haine du monde, tous nos péchés. Il a tout pris véritablement dans sa propre vie, dans sa chair, dans son cœur. Tout ce qu’il est, il nous l’a donné. Le cœur de Jésus a éclaté sous le coup de lance, pour nous manifester son amour infini. Il y a toujours pour nous une possibilité d’élargir notre cœur, nos filets, pour aimer comme Jésus, aimer infiniment, sans retour, d’une manière tout à fait gratuite. Nous voulons aimer « candides comme des colombes, et prudents comme des serpents, » avec un amour gratuit venant de Dieu.

« Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. Être riche, c’est n’avoir plus en soi cet espace de désir que seul Dieu peut combler. C’est blessure de l’espérance que Dieu seul peut la guérir en la mettant en lumière. Il nous montre notre manque du vrai bonheur. Est riche, celui qui n’attend plus rien de Dieu, il a refermé les mains sur son avoir, il a mis « toute sa consolation » dans une sécurité matérielle. Il se contente de l’immédiat et se laisse remplir des choses qu’il possède ou qu’il convoite. Il ouvre alors en lui-même comme un puits sans fond, une faim qui le tenaille à tout moment ! Malheureux sommes-nous, lorsque nous nous installons dans la facilité, sans rien de profond qui nous passionne, nous nous retrouverons seuls, sans horizon ni amitié, quand l’épreuve nous visitera. Il nous faudrait rentrer en soi-même, retrouver la faim d’une vie authentique, ouverte et généreuse.

Nous prions pour que nos cœurs soient ainsi renouvelés. Nous demandons à Jésus la grâce de mettre les béatitudes dans notre vie.

Père Gilbert Adam---http://www.pere-gilbert-adam.org


 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 06 septembre 2016. Jésus choisit ses 12 apôtres enseigne et guérit une multitude de gens

 


Mardi 06 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 23e semaine

Saint(s) du jour : Bx Bertrand de Garrigues, prieur o.p. († 1230)


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1-11.

Frères, lorsque l’un d’entre vous a un désaccord avec un autre, comment ose-t-il aller en procès devant des juges païens plutôt que devant les fidèles ? Ne savez-vous pas que les fidèles jugeront le monde ? Et si c’est vous qui devez juger le monde, seriez-vous indignes de juger des affaires de moindre importance ? Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? À plus forte raison les affaires de cette vie ! Et quand vous avez de telles affaires, vous prenez comme juges des gens qui n’ont pas d’autorité dans l’Église ! Je vous le dis à votre honte. N’y aurait-il parmi vous aucun homme assez sage pour servir d’arbitre entre ses frères ? Pourtant, un frère est en procès avec son frère, et cela devant des gens qui ne sont pas croyants ! C’est déjà un échec pour vous d’avoir des litiges entre vous. Pourquoi ne pas plutôt supporter l’injustice ? Pourquoi ne pas plutôt vous laisser dépouiller ? Au contraire, c’est vous qui commettez l’injustice et qui dépouillez les autres, et cela, vous le faites à des frères ! Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l’injustice ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, les idolâtres, les adultères, ni les dépravés et les sodomites, ni les voleurs et les profiteurs, ni les ivrognes, les diffamateurs et les escrocs, aucun de ceux-là ne recevra le royaume de Dieu en héritage. Voilà ce qu’étaient certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous êtes devenus des justes, au nom du Seigneur Jésus Christ et par l’Esprit de notre Dieu.

Psaume 149(148),1-2.3-4.5-6a.9b.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l'assemblée de ses fidèles !
En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l'éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l'heure du triomphe.
Qu'ils proclament les éloges de Dieu,
c'est la fierté de ses fidèles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,12-19.

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 Homélie ou Méditation du jour



Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne)

«Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu»

Aujourd'hui, je voudrais centrer notre réflexion sur les premiers mots de cet Évangile: «En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu» (Lc 6,12). Des introductions comme celles-là peuvent passer inaperçues dans notre lecture quotidienne de l'Évangile, mais —de fait— elles sont de la plus grande importance. Dans le cas présent, on nous dit clairement que le choix des douze Apôtres —décision centrale pour la vie future de l'Église— fut précédé par toute une nuit de prière de Jésus, dans la solitude, devant Dieu son Père.

Comment était la prière du Seigneur? Sa vie nous permet de penser que ce devait être une prière pleine de confiance dans le Père, de total abandon à sa volonté —«ce n'est pas ma propre volonté que je cherche, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé» (Jn 5,30), d'union manifeste à son œuvre de salut. Ce n'est qu'à partir de cette longue, profonde et constante prière, toujours soutenue par l'action du Saint Esprit, qui, déjà présent au moment de son Incarnation, était descendu sur Lui lors de son Baptême, que le Seigneur puit obtenir la force et la lumière nécessaires pour continuer sa mission d'obéissance au Père en vue d'accomplir son œuvre de service pour le salut des hommes. Le choix ultérieur des Apôtres, dans lequel, comme nous le rappelle saint Cyrile d'Alexandrie, «le Christ lui-même affirme leur confier la mission même qu’il avait reçu du Père», nous montre comment l'Église naissante fut le fruit de cette prière de Jésus au Père dans l'Esprit, et que, par conséquent, elle est l'œuvre de la Sainte Trinité elle-même. «Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres» (Lc 6,13).   http://evangeli.net/evangile.


 

Homélie du Père Philippe

 

L’appel fondateur de l’Eglise naît de la prière nocturne du Seigneur, la nuit étant peut-être le symbole des ténèbres de sa Passion et de sa mort, dont il va triompher par la fidélité de son obéissance et de son amour. Le verbe « prier » apparaît deux fois dans le premier verset de notre péricope : l’appel sauveur qui rejoint chacun de nous par la voix de l’Eglise, est le fruit de la prière sacerdotale intense et persévérante du Christ crucifié.

 

Jésus prie le Père, car il va agir en son nom : appeler et donner un nom sont en effet des fonctions paternelles que Dieu accomplit par son Fils. Les Douze sont appelés « apôtres » c’est-à-dire « envoyés », « témoins » de la Parole agissante du Maître. Selon le principe juridique juif, ils représentent – au sens fort du terme : ils rendent présent – celui qui les envoie.

 

L’énumération solennelle des premiers appelés, se termine abruptement, renvoyant à nouveau vers le drame qui se prépare : « …et Judas Iscariote, celui qui fut le traître ». Quelle audace et quel courage de la part de Jésus de choisir et d’appeler celui-là même qui le dénoncerait, nous laissant ainsi entrevoir qu’aucune lâcheté ne peut mettre en échec sa confiance, qu’aucune trahison ne peut venir à bout de sa patience : entre Simon et Judas, entre fidélité et trahison, se déploient les noms des Douze, préfigurant ainsi la démarche boitillante de l’Eglise de tous les temps ; et aussi la nôtre sans doute. Douze personnes c’est bien peu de choses : Dieu aime réaliser son œuvre par « peu de choses ». Il aime agir par la médiation d’humbles signes sacramentels - à commencer par l’Eglise elle-même – dans lesquels sont pourtant cachées la toute-puissance et l’efficacité infinie de sa grâce.

 

Dans la discrétion de ces quelques versets décrivant un événement qui est passé inaperçu aux yeux du monde, saint Luc nous donne accès à un moment déterminant de l’histoire : la fondation de la communauté du salut, structurée hiérarchiquement par Jésus lui-même. La « pierre maîtresse » c’est le Christ, les apôtres en constituent « les fondations » (Ep 2, 20), les disciples sont les membres du nouveau peuple de Dieu. Trois cercles concentriques entourent le Maître : les Douze, les disciples et enfin la foule, accourue de Judée, de Jérusalem la capitale et même de la région côtière de Tyr et de Sidon, c’est-à-dire au-delà des frontières de la Palestine, préfigurant la mission universelle. 

 

Nous retrouverons cette même structure au début des Actes des Apôtres, dans la description des commencements de l’Eglise : Jésus s’adresse une dernière fois « aux Apôtres qu’il avait choisis » avant d’être « enlevé » : ceux-ci regagnent Jérusalem et « montent dans la chambre haute où se retrouvent Pierre, Jean, Jacques… » - suit l’énumération des Onze - entourés des femmes, de Marie, mère de Jésus, et de ses disciples (Ac 1, 2.13s) ; puis, après la descente de l’Esprit, accourent les foules provenant de tous les pays d’alentour.  

 

L’image suggérée par Saint Luc de ces trois cercles concentriques entourant le Maître au pied de la montagne, est quelque peu erratique, mais elle frappe par sa majesté, sa paisible beauté et sa force rayonnante. A travers cet événement advenu « en ces jours-là », c’est déjà la victoire définitive du Ressuscité qui s’annonce. L’imprécision temporelle tout à fait volontaire, nous invite à actualiser la scène dans l’aujourd’hui de notre vie : c’est dans cette paisible majesté que le Seigneur continue à venir à nous d’auprès du Père par la médiation de son Eglise, pour nous « délivrer des esprits mauvais » et guérir, dans la force de l’Esprit qui émane de lui, tous ceux qui le touchent par une foi aimante.

 

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Méditation de Père Roger Villegas, LC

 

Prière d'introduction

 

Père, fais-moi écouter ton appel à te suivre et à t’aimer comme un fils dans ton Fils. Que l’Esprit Saint m’aide à comprendre ton appel et sois ma force pour y répondre. Au nom du Père…

 

Demande

 

Jésus, que j’écoute mon nom sur tes lèvres avec émotion pour répondre à ton appel avec ferveur.

 

Points de réflexion

 

1. Dans la première lecture, saint Paul continue à rappeler à la communauté de Corinthe quelle doit être la conduite à tenir pour un chrétien. Il rappelle sans cesse aux fidèles que nous ne devons pas nous conformer à l’esprit de ce monde. Combien de fois nous jugeons l’Église et nos communautés avec des critères humains : le pape de gauche et le pape de droite, la paroisse communiste et la paroisse d’extrême droite. Au lieu d’éclairer le monde avec la lumière de l’Évangile, nous projetons les catégories du monde sur l’Église du Christ. L’Évangile nous rappelle les origines de cette Église apostolique : la prière de Jésus pour ses disciples, sa volonté de fonder l’Église sur les apôtres et la réponse généreuse des hommes fragiles.

 

2. Avant de choisir ses apôtres Jésus n’a pas lu leur CV, leur bilan de compétences. L’Église sainte du Christ tire son origine de la prière de Jésus. Il passe la nuit à prier avant de choisir les colonnes de son Église. Il les appelle par leur nom, pour nous rappeler que Dieu n’aime pas l’anonymat, Dieu nous appelle par notre nom. Chaque nom a une histoire, chaque colonne de l’Église est une colonne vivante, voulue, aimée par le Seigneur. Et dans la grandeur de ce mystère de Dieu qui appelle les hommes à collaborer étroitement avec lui il y a la place aussi pour la misère. Un bien-aimé du Seigneur, un homme choisi pour être signe de la présence de Dieu dans le monde, un apôtre de Jésus « devint un traître ».

 

3. Le jour de notre baptême Dieu nous appelle par notre prénom : je te baptise Jean, Nathalie, Justine, Paul,… Dieu nous connaît personnellement et nous envoie dans le monde pour que nous disions à chaque personne : Dieu t’aime. « Dans une civilisation paradoxalement blessée par l’anonymat et, en même temps, obsédée par les détails de la vie des autres, malade de curiosité morbide, l’Église a besoin d’un regard de proximité pour contempler, s’émouvoir et s’arrêter devant l’autre chaque fois que cela est nécessaire. En ce monde, les ministres ordonnés et les autres agents pastoraux peuvent rendre présent le parfum de la présence proche de Jésus et son regard personnel » (Pape François).

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, que ton amour personnel pour moi soit la source de ma confiance, de ma joie et de mon désir d’aller annoncer aux hommes qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y a un Dieu qui les aime. Que je réponde à ton appel avec générosité.

 

Résolution

 

Prier pour les intentions du pape et des évêques aujourd’hui.

 

Père Roger Villegas, LC

 

 

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Homélie du Père Adam

Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d’Apôtres :

Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître. Le choix des douze Apôtres fut précédé par une nuit de prière de Jésus, devant Dieu son Père, dans la solitude. La prière de Jésus était pleine de confiance dans le Père, de total abandon à sa volonté. A partir de cette longue prière, soutenue par l’action du Saint Esprit, Jésus continue sa mission d’obéissance au Père en vue d’accomplir son œuvre de salut de l’humanité. La vie de Jésus est une prière continuelle, il nous invite à nous laisser renouveler, enfanter à une nouvelle création. Nous sommes, avec lui, dans une toute nouvelle perspective, Jésus renouvelle toutes choses, il bâtit son Royaume avec une sagesse et une intelligence qu’il nous faudra demander sans cesse. Le Royaume de Dieu est là, c’est la présence de l’Amour infini de Dieu. Les démons délogés se mettent à crier ! Cependant, déjà Judas qui va trahir cet amour est annoncé ! Le peuple d’Israël était édifié avec douze tribus, Jésus, en lien avec son Père, choisit douze Apôtres.

Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Jésus, en prière au moment du choix des douze, nous rappelle l’importance « du collège des apô­tres, » qui reprend les douze tribus d’Israël. Ils deviennent ce grand Israël rénové dans la personne des apôtres, capable de recevoir la mission. Ils ont été choisis par le Christ-Jésus, ils sortent de la prière de Jésus. Nous voilà devant une foule nombreuse de ses disciples, et la grande mul­titude de gens. Le choix des douze est signifi­catif de la volonté de Jésus de choisir, au sein d’un peuple, quelques hommes qui vont être ceux-là mêmes qui vont recevoir la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle. Jésus les choisit pour être avec lui, comme Lui demeure en son Père, ils devront demeurer en lui. La communion d’amour entre Jésus et son Père devra exister entre ses apôtres et Lui-même. Dans ce choix des douze, il nous est montré que chacun d’entre nous est choisi particulièrement par Dieu. Il est choisi pour ce qu’il est, et pour ce qu’il va devoir être, dans la prière et dans la mission du Christ-Jésus.

Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Aux douze tribus d’Israël vont succéder les douze apôtres de l’Agneau. C’est au cœur de l’annonce de la Bonne Nouvelle que la foule est atteinte par le message de Jésus. Jésus choisit tou­jours une personne qu’il guérit, il laisse transparaître sa force de vie pour tous, pour que nous soyons unis les uns aux autres. L’apôtre Jean manifeste cet Amour d’une manière étonnante quand il repose sur le cœur de Jésus. Cet amour nous met dans le cœur de Dieu ! Quel amour Jésus veut pour chacun de ses disciples et pour tout le peuple. Les malades et les paralysés sont guéris, la vie est redonnée. C’est le signe d’un amour qui va désormais se déployer. L’Esprit Saint est à l’œuvre dans le peuple de Dieu, dans ses ministres, dans ses Apôtres moyennant la foi. Dieu, qui est tellement amour, a donné un tel pouvoir donné aux hommes. Moyennant la foi il transforme l’univers, il fait de si belles choses dans le cœur des hommes. Le Christ-Jésus va se servir de nous pour que nous soyons le reflet de sa propre personne, capable de re­fléter son propre visage et son regard, à travers la vie.

Nous demandons la grâce de faire l’expérience de l’Amour infini de Dieu

http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 


Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Lettre 130, à Proba sur la prière, 9-10 (trad. cf. bréviaire 29e lun. )

« Il passa la nuit à prier Dieu »

Lorsque l'apôtre Paul dit : « Faites connaître vos demandes auprès de Dieu » (Ph 4,6), cela ne veut pas dire qu'on les fait connaître à Dieu, car il les connaissait avant même qu'elles existent, mais que c'est par la patience et la persévérance devant Dieu, et non par le bavardage devant les hommes, que nous connaîtrons si nos prières sont bonnes... Il n'est donc pas défendu et inutile de prier longtemps, lorsque c'est possible, c'est-à-dire lorsque cela n'empêche pas d'autres occupations bonnes et nécessaires ; d'ailleurs, en accomplissant celles-ci, on doit toujours prier par le désir, comme je l'ai dit.

Car si l'on prie longtemps, ce n'est pas, comme certains le pensent, une prière de rabâchage (Mt 6,7). Parler abondamment est une chose, aimer longuement en est une autre. Car il est écrit que le Seigneur lui-même « passa la nuit en prière » et qu'il « priait avec plus d'insistance » (Lc 22,44). N'a-t-il pas voulu nous donner l'exemple en priant pour nous dans le temps, lui qui avec son Père exauce nos prières dans l'éternité ?

On dit que les moines d'Égypte font des prières fréquentes, mais très courtes, lancées comme des flèches, pour éviter que, en se prolongeant trop, l'attention vigilante nécessaire à ceux qui prient ne se détende et se dissipe... La prière ne doit pas comporter beaucoup de paroles, mais beaucoup de supplication ; ainsi elle peut se prolonger dans une attention fervente... Prier beaucoup, c'est frapper longtemps et de tout notre cœur à la porte de celui que nous prions (Lc 11,5s). La prière en effet consiste plus dans des gémissements et des larmes, que dans des discours et des paroles.

 

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Evangile, Saint et Homélie du dim 04 sept 2016. Il faut renoncer à tout ce qui nous appartient pour être disciples de Jésus


 


Dimanche 04 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 23è dimanche

Saint(s) du jour : St Moïse, prophète  de l’A.T. (XIV-XIII s. av. J.C.), Ste Rosalie (Rosalia), vierge et ermite (v. 1130-1160)



Livre de la Sagesse 9,13-18.

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? Les réflexions des mortels sont incertaines, et nos pensées, instables ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées. Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ; ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ? Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre sont devenus droits ; c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés.

Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17ab.

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.


Lettre de saint Paul Apôtre à Philémon 1,9b-10.12-17.

Bien-aimé, moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus, j’ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ. Je te le renvoie, lui qui est comme mon cœur. Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu’il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile. Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses ce qui est bien, non par contrainte mais volontiers. S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé : il l’est vraiment pour moi, combien plus le sera-t-il pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur. Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi, accueille-le comme si c’était moi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14,25-33.

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !” Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre quimarche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Joaquim MESEGUER García (Sant Quirze del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple»

Aujourd'hui, Jésus nous montre la place que notre prochain doit occuper dans notre hiérarchie d'amour et nous signale la voie à suivre qui caractérise une vie chrétienne, cet itinéraire parcourant divers étapes lorsque nous accompagnons Jésus-Christ avec notre croix: «Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple» (Lc 14,27).

Serait-ce, par hasard, que, lorsqu' Il dit: «Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple» (Lc 14,26), Jésus objecte la Loi de Dieu, qui nous demande d'honorer nos parents et aimer son prochain? Certainement pas. Jésus-Christ nous dit qu'Il n'est pas venu abolir la Loi mais la porter à sa plénitude; c'est pour cela qu'Il en donne la juste interprétation. En demandant un amour inconditionnel, propre de Dieu, il proclame aussi qu'Il est Dieu, que nous devons l'aimer par-dessus toutes choses et que nous devons tout arranger dans son amour. Avec l'amour voué à Dieu, qui nous mène à nous livrer en toute confiance à Jésus-Christ, nous aimerons donc notre prochain avec un amour sincère et juste. Saint Augustin dit: «Voici que l'ardeur pour la vérité de Dieu et pour percevoir sa volonté dans les Écritures vous traînent de force».

La vie chrétienne est un voyage continu avec Jésus. Aujourd'hui, certains prétendent, en théorie, être de bons chrétiens, mais en fait ils ne marchent pas avec Jésus: ils restent sur le point de départ et ne commencent même pas le chemin, ou s'en lassent bientôt ou entament un autre voyage avec d'autres compagnons. Le bagage pour marcher dans cette vie avec Jésus c'est la croix, chacun avec la sienne; mais, avec le quota de douleur auquel nous avons droit en tant que serviteurs du Christ, il nous faut aussi inclure la consolation avec laquelle Dieu soulage ses témoins dans n'importe quelle épreuve. Dieu est notre espérance et en Lui il y a la source de vie.   http://evangeli.net/evangile.


 

 

 

Homélie du Père Philippe

 

Aujourd’hui, il faut nous asseoir comme dit l’Évangile (Lc 14,28) pour voir si nous sommes à même de mener jusqu’au bout la vie de disciples, témoins du Christ dans le monde.  Quelle question devons-nous nous poser ? Est-ce : Voyons, est-ce que je suis assez doué, assez brillant, en assez bonne santé, en bonne forme psychologique ? Mon histoire est-elle sans blessure et sans péché ? Suis-je libre de toute mauvaise tendance ? Non ! La question est toute autre ; elle est triple:  La première question est : Suis-je décidé à donner à Jésus la première place dans mon cœur ? Que lui seul soit le roc de mon cœur (Ps 72(73)26) ? Ma «station de ravitaillement» où puiser l’énergie profonde pour vivre ne sera plus telle personne parente ou amie, ni même par propre estime pour moi-même : ce sera Jésus ! 

 

De sang, je suis albanaise, disait Mère Teresa ; de citoyenneté indienne ; je suis une sœur catholique. Par ma mission j’appartiens à tout le monde, mais mon cœur n’appartient qu’au Cœur de Jésus. La deuxième question est : En me mettant à la suite de Jésus, je vais me retrouver avec une croix sur les épaules, celle que les hommes me mettront par leur moquerie, leur rejet ; leur haine peut-être. Suis-je prêt(e) à la porter ? Ou bien ne suis-je prêt(e) à suivre Jésus que si c’est ‘soft’ et sans douleur ?

 

 

Là aussi, Mère Teresa est un exemple inouï pour nous, portant en son âme la croix terrible de l’indifférence, de l’injustice contemporaine, broyée entre un désir de Dieu si profond qu’elle en souffrait et le sentiment de ne pas être voulue de Dieu, d’être rejetée par lui. La croix peut aller jusqu’à porter avec Jésus, au Père, le mépris de Dieu et de l’homme qui règne dans notre monde.  La troisième question est : Suis-je prêt(e) à me défaire de tous mes biens selon ce que l’Esprit Saint m’indiquera intérieurement ou par les événements ?

 

 

A Mère Teresa, un riche propriétaire italien proposa un jour une villa magnifique sur la côte méditerranéenne. Et elle de refuser en disant : Tout ce qui ne me sert pas me pèse.  Voilà les vraies questions qu’il nous faut nous poser. Voilà ce qui nous permet de devenir disciple de Jésus. Voilà ce qui nous permet d’accueillir le don immense – démesuré – de l’amitié de Jésus qui transforme notre vie.  Si nous regardons le Christ, nous nous rendons compte que le christianisme est quelque chose de plus grand et de différent d’un système moral, d’une série d’exigences et de lois : le christianisme est le don d’une amitié qui dure dans la vie et dans la mort. 

 

Pour que nous soyons disciples de ton Fils, tu exiges de nous, Seigneur, un amour sans partage et un renoncement total. Ce que nous sommes incapables de faire par nous-mêmes, que ta grâce nous en donne la force : alors nous pourrons porter notre croix et marcher à la suite du Christ.


 

 

 

http://www.meinau-catholiques.org

 


 

Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, je viens devant toi, tel que je suis, avec mes richesses et mes faiblesses, mes qualités et mes défauts. Et je sais que tu m’aimes, que tu m’aimes tel que je suis. Moi aussi je veux t’aimer, Jésus.

 

Demande

 

Que Jésus soit ma seule richesse.

 

Points de réflexion

 

1. Jésus s’est remis en chemin, et il y a de nombreuses personnes qui l’accompagnent et qui écoutent ce qu’il dit. Or dans ce passage, l’évangéliste Luc nous rapporte deux petites histoires, à propos d’un homme qui veut construire une tour, et qui doit d’abord bien réfléchir sur ce dont il aura besoin ; et d’un roi, qui avant d’entreprendre une guerre, doit bien calculer s’il a les forces nécessaires pour avoir l’avantage sur son ennemi. Pour comprendre ce que Jésus veut nous dire, il faut lire attentivement ce qu’il dit avant et après cette petite parabole. Avant il explique qu’on ne peut être son disciple sans le préférer à toute autre personne, et après qu’on ne peut pas non plus devenir son disciple si l’on ne le préfère pas à tous ses biens.

2. La première des béatitudes, selon saint Matthieu, est la suivante : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ». Mais qui est pauvre ? Matthieu dit les pauvres de cœur. Le pauvre de cœur est celui dont le cœur est libre, dont le cœur n’est attaché, n’est lié à rien d’autre qu’à Dieu. Et tout ce qui a de l’importance pour lui dans son cœur l’est en fonction de son amour pour Dieu. Notre seul espoir, notre seule véritable consolation, l’amour qui passe par-dessus tout dans notre vie, c’est le Seigneur. Sinon nous ne sommes pas pauvres. S’il y a une chose dont nous pouvons dire, en dehors de Dieu, que « sans cela je ne pourrai pas vivre, sans cela ma vie n’a pas de sens », c’est que nous devons encore devenir pauvre, pour que notre unique richesse soit le Seigneur.

3. À la lumière de ces considérations nous pouvons comprendre la parabole de Jésus. Avant de venir à sa suite, de devenir son disciple, il nous faut examiner si, toute notre vie, nous pourrons vraiment rester son disciple, ou s’il n’y a pas autre chose, une habitude, un attachement à des biens, à une personne, qui pourrait être plus fort que notre amitié pour Jésus. Ce que demande Jésus peut paraître dur, mais Dieu, qui nous connaît bien mieux que nous-mêmes, sait bien que ce n’est qu’en lui que notre cœur sera comblé, que nous trouverons le véritable bonheur auquel nous aspirons. N’hésitons donc pas à faire le premier pas vers Jésus, il nous donnera la force de faire les autres.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, attire-moi à toi. Sans toi je ne suis rien, je ne peux rien faire. Aide-moi à devenir pauvre de cœur. Purifie mon cœur de tout ce qui le retient, de tout ce qui l’empêche de t’aimer plus. Et fait de moi un témoin de la joie que donne ta présence à l’intérieur de l’âme.

 

Résolution

 

Essayer d’enlever de ma vie une chose qui m’empêche de grandir dans l’amour pour Dieu.

 

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr


Homélie du Père Philippe

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.

Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Jésus s’adresse aux foules qui font route avec lui vers Jérusalem. Les liens affectifs qui nous sont donnés viennent de Dieu. Pour suivre Jésus, il nous faut les amplifier pour qu’ils rejoignent l’Amour même du Christ, qui marche vers sa Passion, le réel de sa vie qui nous sauve. La Parole de Dieu est vivante, elle donne vie et nous voulons la prendre au sérieux. Jésus sait que notre nature humaine a besoin d’un but. Si la finalité que nous recherchons n’est pas bien ajustée à Dieu, l’édifice de notre vie risque de s’écrouler. La « finalité » de notre existence est son attraction permanente vers le Père : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père viendra à lui et nous ferons en lui notre demeure. » Si nous donnons Dieu à la première place dans notre vie, elle devient un foyer ardent de charité et tous nos amours sont bien situés. Nous risquons si facilement en effet de remplacer Dieu par nos préoccupations, sans même nous en rendre compte. Le combat spirituel est rude car nous nous posons au centre de notre vie. lorsque Dieu n’est pas à la première place en nous, nous faisons l’expérience que la vie est difficile, voir impossible. Nous demandons à Jésus la grâce de ne rien lui préférer.

Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ’Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !’ Nous sommes ramener au bon sens, il faut faire avec ce que l’on a ! Jésus nous entraine à une réflexion profonde : « Renoncer à tout ce qui nous appartient pour être son disciple. » Jésus s’adresse à nous tous, là où nous vivons, dans le monde. Il porte en lui un amour incroyable, et il nous étonne toujours. A ses côtés, nous nous sentons bien, car nous expérimentons un rayonnement de sa charité tant il fait bon chez lui ! Le simple fait d’être en sa compagnie nous transforme et nous en faisons l’expérience. En sa présence nous bâtissons notre vie sur le roc et il remet debout le boiteux, redonne à l’aveugle la vue, fait entendre le sourd, il libère l’humanité blessée. Tous ce que Jésus fait, c’est l’Esprit Saint qui le fait en Lui. Cet Esprit Saint est l’amour infini de Dieu qui se joint à notre esprit pour crier en nous : « Abba ! Papa. »

Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. Pour bâtir ou guerroyer, l’humanité n’a jamais assez, mais quand nous suivons Jésus, nous possédons toujours trop. Nous pouvons nous enfermer dans le désir d’avoir plus, alors Jésus nous entraine dans l’aventure de la foi. Notre prudence elle-même change quand nous ambitionnons de servir Jésus. Aimer Dieu de toutes nos forces, devenir le disciple de Jésus est l’urgence de notre vie. Tout sacrifier pour rejoindre Dieu qui nous aime, et pour travailler à son règne, est la réponse sensée, la véritable richesse qui nous dépouille même de nos misères. Dans l’Esprit Saint, toutes nos relations sont changées et nous pouvons entrer dans le combat spirituel. « Dieu notre Père a tant aimé le monde qu’il a donné le fils unique. » Nous demandons que grandisse notre foi, que s’intensifie notre espérance, que se revitalise notre charité pour que nous soyons des Vivants.

Nous demandons à Esprit-Saint la grâce que nos communautés chrétiennes deviennent des écoles de communion pour que le monde croie.  http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur. Homélie 01/02/1960 in Amigos de Dios, ch. 4, pts. 65-66 (trad. Amis de Dieu, Le Laurier 2000, p. 96)

Bâtir une tour

J'aimais monter à l'une des tours de la cathédrale de Burgos [avec des jeunes] et leur faire contempler de près l'arête du toit, véritable dentelle de pierre, fruit d'un labeur patient, coûteux. Au cours de ces conversations, je leur faisais remarquer que d'en bas l'on n'apercevait pas cette merveille ; et…je faisais ce commentaire : voilà le travail de Dieu, l'œuvre de Dieu ! Achever son travail personnel à la perfection, avec la beauté et la splendeur de ces dentelles de pierre délicates. Ils comprenaient alors, devant cette réalité qui parlait d'elle-même, que tout cela était prière, magnifique dialogue avec le Seigneur. Ceux qui ont usé leurs forces à cette tâche, savaient parfaitement que leur effort ne pourrait pas être apprécié à partir des rues de la ville : il était uniquement pour Dieu…

Nous sommes convaincus que Dieu se trouve partout. Alors nous cultivons les champs en louant le Seigneur, nous sillonnons les mers et exerçons tous les autres métiers en chantant ses miséricordes. Nous demeurons ainsi unis à Dieu à tout instant... Mais n'allez pas oublier que vous vivez aussi en présence des hommes, et qu'ils attendent de vous — de toi ! — un témoignage chrétien.

Voilà pourquoi, dans notre occupation professionnelle, dans ce qui est humain, nous devons agir de telle sorte que si quelqu'un qui nous connaît et nous aime nous voit travailler, nous n'ayons pas à en rougir, et que nous ne lui donnions pas de raison d'en avoir honte… Il ne vous arrivera pas ce qui est arrivé au personnage d'une parabole qui avait décidé d'élever une tour : Après avoir posé les fondations et se trouvant ensuite incapable d'achever, tous ceux qui le voyaient se mettaient à se moquer de lui, en disant : « Voilà un homme qui a commencé de bâtir et a été incapable d'achever ! » Je vous assure que si vous ne perdez pas le point de vue surnaturel, vous couronnerez votre travail, vous terminerez votre cathédrale.

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 03 Sept 2016.Aux prises avec les pharisiens, Jésus est maître du sabbat.

 


Samedi 03 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 22e semaine

Saint(s) du jour : St Grégoire le Grand, pape et docteur de l'Église (537-604), BBx André-Abel Alricy et 71 comp., martyrs († 1792)


 

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,6b-15.

Frères, apprenez d'Apollon et de moi-même à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, afin qu’aucun de vous n’aille se gonfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. Qui donc t’a mis à part ? As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? Vous voilà déjà comblés, vous voilà déjà riches, vous voilà devenus rois sans nous ! Ah ! si seulement vous étiez devenus rois, pour que nous aussi, nous le soyons avec vous !
Mais nous, les Apôtres, il me semble que Dieu nous a exposés en dernier comme en vue d’une mise à mort, car nous sommes donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous, nous sommes fous à cause du Christ, et vous, vous êtes raisonnables dans le Christ ; nous sommes faibles, et vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, et nous, dans le mépris. Maintenant encore, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes dans le dénuement, maltraités, nous n’avons pas de domicile, nous travaillons péniblement de nos mains. On nous insulte, nous bénissons. On nous persécute, nous le supportons. On nous calomnie, nous réconfortons. Jusqu’à présent, nous sommes pour ainsi dire l’ordure du monde, le rebut de l’humanité. Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme mes enfants bien-aimés. Car, dans le Christ, vous pourriez avoir dix mille guides, vous n’avez pas plusieurs pères : par l’annonce de l’Évangile, c’est moi qui vous ai donné la vie dans le Christ Jésus.


Psaume 145(144),17-18.19-20.21.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.

Il répond au désir de ceux qui le craignent ;
il écoute leur cri : il les sauve.
Le Seigneur gardera tous ceux qui l'aiment,
mais il détruira tous les impies.

Que ma bouche proclame
les louanges du Seigneur !
Son nom très saint, que toute chair le bénisse
toujours et à jamais !


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,1-5.

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 

 Homélie ou Méditation du jour

Abbé Austin Chukwuemeka IHEKWEME (Ikenanzizi, Nigeria)

«Le Fils de l'homme est maître du sabbat»

Aujourd'hui, face à l'accusation des pharisiens, Jésus explique le sens correct du repos sabbatique, en prenant un exemple dans l'Ancien Testament (cf. Dt 23,26): «N'avez-vous pas lu ce que fit David (…), [qui] prit les pains de l'offrande, en mangea, et en donna à ses compagnons?» (Lc 6,3-4). La conduite de David anticipa la doctrine que le Christ enseigne dans ce passage. Dans l'Ancien Testament, Dieu avait déjà établi un ordre dans les préceptes de la Loi, pour que ceux de rang inférieur cèdent le pas aux principaux.

L'on s'explique ainsi qu'un précepte cérémoniel comme celui que nous commentons soit écarté lorsqu'il entre en conflit avec un précepte de la loi naturelle. Le précepte du sabbat n'est pas supérieur aux nécessités élémentaires de la subsistance. Dans ce passage, le Christ enseigne quel est le sens de l'institution divine du sabbat: Dieu l'avait établi pour le bien de l'homme, pour qu'il puisse se reposer et se dédier dans la paix et la joie au culte divin. L'interprétation des pharisiens avait fait de ce jour une occasion d'angoisse et de préoccupation de par la foule des prescriptions et des prohibitions.

Le sabbat avait été établi non seulement pour que l'homme se reposât, mais aussi pour qu'il rendît gloire à Dieu: c'est là le sens authentique de l'expression «le sabbat a été fait pour l'homme» (Mc 2,27). De plus, quand Il se déclare “maître du sabbat” (cf. Lc 6,5), Jésus manifeste ouvertement qu'Il est ce même Dieu qui a donné ce précepte au peuple d'Israël, affirmant ainsi sa divinité et son pouvoir universel. Aussi peut-Il établir d'autres lois, tout comme Yahvé dans l'Ancien Testament. Jésus peut bien se dire “maître du sabbat”, car Il est Dieu.

Demandons son aide à la Vierge pour croire et comprendre que le sabbat appartient à Dieu et qu'il est une manière —adaptée à la nature humaine— de rendre gloire et honneur au Tout-Puissant. Comme l'a écrit Saint Jean-Paul II, «le repos est une chose “sacrée”» et une occasion de «prendre conscience que tout est œuvre de Dieu».    http://evangeli.net/evangile.


 

Homélie du Père Philippe

 

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat » : Par ces mots, Jésus touche à une des institutions les plus fortes et les plus identitaires du Judaïsme. Pour le juif, le sabbat se présente avant tout comme une invitation à imiter Dieu qui s’arrête au terme de son œuvre créatrice. Par son travail, l’homme imite l’activité du Dieu créateur, par le chômage du septième jour, il imite le repos sacré de ce même Dieu qui sanctifie sa création et, en son centre, l’homme qu’il a modelé à son image et à sa ressemblance. Ainsi, à travers le respect du sabbat, le peuple d’Israël garde en mémoire que Dieu le sanctifie et découvre peu à peu que le vrai repos ne se réduit pas à la cessation de l’activité mais à son accomplissement.

Mais quel homme pourrait soutenir avoir achevé son œuvre au soir du sixième jour ? Si l’homme s’arrête le jour du sabbat, n’est-ce pas, somme toute, pour mieux reprendre, dès le lendemain, son activité ?  Quel est donc l’homme qui pourrait se prétendre « maître du sabbat » ? Le Fils de l’homme ? Mais se fait-il pour autant l’égal du Créateur ? En réalité, qui se fait l’égal de Dieu ? Celui qui se présente comme le « maître du sabbat » ou bien celui qui veut à tout prix qu’en Dieu « repos » s’identifie à « inaction » ? Mais voilà, au terme de la création, « repos de Dieu » n’est pas synonyme d’inactivité : Dieu continue de régir le monde et de vivifier les hommes. C’est bien ce que Jésus a conscience d’imiter et qu’il accomplira en plénitude dans sa résurrection. Le sabbat de l’homme rejoindra alors le sabbat de Dieu. Le devenir sera un éternel présent et le présent sera un éternel devenir en Dieu. En Jésus ressuscité, la distance entre l’homme et Dieu sera définitivement abolie. Voilà pourquoi, la clôture de la loi, gardienne de vie pour l’homme qui tendrait à se faire l’égal de Dieu, peut en Jésus être définitivement franchie. Oui, seul le Fils de l’homme est bien le maître du sabbat. Et en lui tout homme est appelé à le devenir.

Seigneur Jésus, fais-nous la grâce de grandir dans la liberté des fils de Dieu, en vivant le dimanche, notre sabbat à nous, comme ce moment fort de rencontre avec toi et en assumant notre engagement chrétien non comme un fardeau mais comme la possibilité de réaliser et d’exprimer en plénitude l’image de toi que nous sommes.

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Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

Prière d'introduction

Seigneur, je veux venir près de toi. Je veux me mettre à ton école. Aide-moi à me mettre à ton écoute, avec tout mon cœur et toute mon intelligence.

Demande

Pouvoir découvrir la véritable liberté.

Points de réflexion

1. Ce passage nous raconte brièvement une petite altercation entre Jésus et ses disciples, et un groupe de pharisiens. Un jour de sabbat, les pharisiens voient les disciples de Jésus prendre des épis de blé, les froisser et manger. Ils considèrent ces activités comme un travail, or le travail est interdit le jour du sabbat par la loi de Moïse. Jésus défend ses disciples, prenant un exemple tiré de l’Écriture, pour affirmer ensuite qu’il est maître du sabbat.

2. Ce passage nous donne une occasion pour réfléchir sur la véritable nature des commandements de Dieu. Une conception malheureusement répandue voudrait nous faire penser que ce que Dieu nous demande, par exemple les dix commandements, sont des règles que Dieu impose aux hommes pour « tester » leur obéissance, ou pire, pour affirmer son pouvoir sur eux. Cette idée crée une opposition artificielle entre la loi divine et la liberté de l’homme. Dieu serait celui qui met une limite à ma liberté.

3. La loi divine, au contraire, ne s’oppose pas à la liberté, mais lui permet de se réaliser. N’oublions pas en effet, que Dieu, qui a donné une loi aux hommes, est aussi celui qui les a créés. La loi divine n’est donc pas une imposition qui nous viendrait comme de l’extérieur, mais un chemin qui correspond à la vérité de notre être. C’est comme un guide, pour nous permettre de réaliser en nous l’amour auquel nous sommes appelés, et arriver à la véritable liberté. Jésus est le maître du sabbat car seul celui qui connaît intimement le cœur de l’homme peut lui donner une loi qui lui convient.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, aide-moi à être véritablement libre. La liberté de pouvoir laisser mon cœur t’accueillir et de pouvoir aimer sans limites. Tu es le seul qui me connaît plus intimement que moi-même, tu es le seul qui puisse me montrer le chemin de la plénitude à laquelle mon cœur aspire.

Résolution

Relire les dix commandements, par exemple dans le catéchisme, en ayant conscience qu’ils ne sont pas des impositions extérieures à moi-même, mais le chemin du véritable amour et de la véritable liberté.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr


 

 
Catéchisme de l'Église catholique. § 2168-2173 - Copyright © Libreria Editrice Vaticana

« Le Fils de l'homme est maître du sabbat »

Le troisième commandement du Décalogue rappelle la sainteté du sabbat : « Le septième jour est un sabbat ; un repos complet consacré au Seigneur » (Ex 31,15 ; cf. 20,8).

L'Écriture fait à ce propos mémoire de la création : « Car en six jours le Seigneur a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, mais il s'est reposé le septième jour. Voilà pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat, il l'a sanctifié » (Ex 20,11).

L'Écriture révèle encore dans le jour du Seigneur un mémorial de la libération d'Israël de la servitude en Égypte : « Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Égypte et que le Seigneur ton Dieu t'en a fait sortir à main forte et à bras étendu. Voilà pourquoi le Seigneur ton Dieu te commande de pratiquer le jour du sabbat » (Dt 5,15).

Dieu a confié à Israël le sabbat pour qu'il le garde en signe de l'alliance infrangible. Le sabbat est pour le Seigneur, saintement réservé à la louange de Dieu, de son œuvre de création et de ses actions salvifiques en faveur d'Israël...

L'Évangile rapporte de nombreux incidents où Jésus est accusé de violer la loi du sabbat. Mais jamais Jésus ne manque à la sainteté de ce jour. Il en donne avec autorité l'interprétation authentique : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat » (Mc 2,27). Avec compassion, le Christ s'autorise « le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que le mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer » (Mc 3,4). Le sabbat est le jour du Seigneur des miséricordes et de l'honneur de Dieu. « Le Fils de l'homme est maître du sabbat. »

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Vend 02 Sept 2016.Il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves!

 


Vendredi 02 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Ingrid de Skänninge, princesse suédoise († 1282), BBx Martyrs de Saint-Germain-des-Prés († 1792)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,1-5.

Que l’on nous regarde donc comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, tout ce que l’on demande aux intendants, c’est d’être trouvés dignes de confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.

Psaume 37(36),3-4.5-6.27-28ab.39-40ac. [Psaume 36A vidéo KTOTV]

 

 

Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur :
il comblera les désirs de ton cœur.

Dirige ton chemin vers le Seigneur,
fais-lui confiance, et lui, il agira.
Il fera lever comme le jour ta justice,
et ton droit comme le plein midi.

Évite le mal, fais ce qui est bien,
et tu auras une habitation pour toujours,
car le Seigneur aime le bon droit,
il n'abandonne pas ses amis.

Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,33-39.

En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent !  » Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. » Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Frederic RÀFOLS i Vidal (Barcelona, Espagne)

«Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l¨'Époux est avec eux?»

Aujourd'hui, dans notre réflexion sur l'Évangile de ce jour, nous voyons comment les pharisiens et les maîtres de la loi trichent quand ils tergiversent une question importante: ils opposent le jeûne et le temps de prière des disciples de Jean et des pharisiens au boire et au manger des disciples de Jésus.

Jésus nous dit que dans la vie il y a un temps pour jeûner et pour prier et qu'il y a un temps pour boire et manger. C'est bien cela: la personne qui prie et jeûne est aussi celle qui boit et mange. Nous le voyons dans la vie de tous les jours: contemplons la joie simple d'une famille, peut-être même la nôtre. Et nous voyons, qu'à un autre moment les tribulations lui rendent visite. Les sujets sont les mêmes, mais chaque chose a son temps: «Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l'Époux est avec eux?» (Lc 5,34).

Il y a un moment pour tout: sous le ciel il y a un temps pour chaque chose: «Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre» (Qo 3,7). Ces paroles exprimées par un sage de l'Ancien Testament, pas des plus optimistes, coïncident presque avec la parabole du vêtement rapiécé. Et coïncident sûrement d'une certaine manière avec nos propres expériences. L'erreur c'est que pendant le temps de déchirer nous cousions et que pendant le temps de coudre nous déchirions, à ce moment là plus rien ne va.

Nous savons que comme Jésus, nous arriverons à la gloire de la résurrection par la mort et par la passion et tout autre chemin n'est pas le chemin de Dieu. Précisément, Simon Pierre est grondé quand il veut éloigner le Seigneur du “chemin unique”: «tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes» (Mt 16,23) Si nous pouvons profiter de moments de paix et de joie, profitons-en. Nous aurons certainement de durs moments de jeûne. La seule différence c'est que, par chance, nous aurons toujours l'Epoux avec nous. C'est cela que les Pharisiens ne savaient pas et c'est peut-être pour cela que dans l'Évangile on nous les présente presque toujours comme des personnes de mauvaise humeur. En admirant la douce ironie du Seigneur qui émane de l'Évangile d'aujourd'hui, essayons surtout de ne pas être des personnes de mauvaise humeur. http://evangeli.net/evangile.


Homélie du Père Philippe

Le Sacré-Cœur de Jésus que nous honorons aujourd'hui fait toutes choses nouvelles. Il nous en parle dans l’évangile que nous venons d’entendre. Pour entrer dans ce mystère de la Nouveauté dont Jésus nous parle ce soir, il faut bien se représenter le contexte de ces trois petites paraboles. Jésus a appelé Lévi, un collecteur d’impôt, un pécheur public pour en faire son apôtre et Lévi a organisé un grand festin dans sa maison pour fêter cette bonne nouvelle avec ses amis collecteurs d’impôts.

 

Et les pharisiens sont scandalisés de voir Jésus manger avec ces collecteurs d’impôts, et pactiser avec des pécheurs. C’est l’occasion pour Jésus de leur révéler quelque chose de la nouveauté de sa mission : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs (Mt 9,12) ». C’est l’occasion de leur proposer trois petites paraboles pour les amener à se demander comment ils se laissent transformer par la nouveauté de sa Bonne Nouvelle.  La première arrive à la suite de la question des pharisiens sur l’absence de jeûne chez ses disciples. Alors Jésus leur répond par cette petite parabole qui suggère la Présence du Royaume de Dieu parmi eux à travers l’image de la noce et de l’Époux qui fait la fête avec ses invités. Il leur dit : « on ne fait pas jeuner les invités quand la noce commence, quand l’Époux est avec eux (cf Lc 5,34) ». Il faut avoir assez de mobilité, de souplesse vis-à-vis ses habitudes, ses pratiques anciennes, si honorables soient-elles, pour les ajuster aux divers moments de l’œuvre de Dieu : il y a un temps pour l’ascèse et ce temps-là n’est jamais révolu ; il y a aussi le temps de la joie pour les amis de l’époux mais c’est la présence de l’Époux qui provoque la transformation de ses habitudes.

Cette parabole nous concerne : acceptons-nous de remettre en question nos habitudes, nos pratiques anciennes, quand l’Époux est là parmi nous pour la noce ; il vient faire toutes choses nouvelles et nous en premier : des créatures nouvelles.  Dans la seconde parabole, Jésus va plus loin pour suggérer que le Royaume de Dieu, la Présence de l’Époux, produit une transformation radicale de nos vies, pas un simple raccommodage, pas un simple rafistolage : « Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’un vêtement neuf. (cf Lc 5,36) »  Si on le fait, au lieu de réparer, on prépare de plus grandes déchirures.

Jésus ne vient pas rafistoler nos vieilles habitudes de vie. En mangeant avec les pécheurs, Il fait vivre une expérience de Dieu qui transforme complètement la vie. Le monde dans lequel nous vivons essaie seulement de soulager ou de mettre un morceau de tissu sur la déchirure de nos vies. Mais ce dont nous avons besoin est un nouvel habit, pas un ancien raccommodé.  Jésus n’est pas venu pour raccommoder, mais pour pardonner et purifier ! Il apporte, non de nouveaux morceaux, mais de nouveaux habits de justice !  Dans la troisième petite parabole, Jésus évoque la puissance de la vie nouvelle qu’il apporte : « Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. (Lc 5,37) »

Il y a quelque chose de nouveau dans la Bonne Nouvelle : Nous n’avons pas à fournir l’outre nouvelle, comme si nous devions et pouvions, par nos seules forces, adapter notre cœur à la pression de l’Évangile. La grâce de Jésus ne s’arrête pas à mi-chemin : elle nous donne à la fois le contenu et le contenant. En même temps qu’elle verse le vin nouveau, elle rajeunit l’outre de notre cœur. À vin nouveau, outres neuves, et tout vient de Dieu. Ce qui nous revient, c’est de laisser Dieu transformer l’outre qu’est notre cœur, c’est d’accepter à longueur de vie la pression du vin, la pression de l’amour de Dieu, c’est de laisser vieillir le vin dans son outre aussi longtemps que Dieu voudra.   Car lorsqu’on a reçu de Dieu et le vin nouveau et l’outre nouvelle, il faut encore du temps, beaucoup de temps, et toute notre vie, le vin nouveau reste en nous espérance de bon vin, tout comme l’Évangile qui est versé en nous reste pour nous espérance de sainteté.   http://www.meinau-catholiques.org


 

Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

 Prière d'introduction

 Seigneur, je crois en toi. Tu es le maître de ma vie, tu es mon guide. Je crois que c’est toi qui possèdes toute la vérité. C’est toi la vérité, et tu te donnes à moi.

 

Demande

 Demander un cœur qui aime plus.

 Points de réflexion

1. Au temps de Jésus, les pharisiens étaient un groupe religieux très observant et très puissant ; ils se considéraient comme les gardiens de la foi d’Israël. Ils connaissaient et accomplissaient les nombreux préceptes de la loi, et ils en avaient même créés de nouveaux, établissant ainsi un système complexe de rites et de préceptes, pratiquement irréalisable dans la vie quotidienne des gens du peuple. Par rapport à ces pharisiens, Jésus est libre et il les critiquera même fortement d’avoir rendu impossible l’accomplissement de la loi et de vivre de manière hypocrite en donnant toute l’importance à l’extérieur et en délaissant l’intérieur.

2. Jésus a dit qu’il n’est pas venu abolir, mais accomplir. Il ne vient pas pour supprimer la loi, mais pour lui donner son vrai sens, pour l’achever dans la loi suprême de l’amour. Et par toute sa vie, Jésus montre l’exemple. Il mange avec les pécheurs, il guérit les lépreux, il prend parmi ses disciples un publicain, il pardonne aux prostituées, il réconcilie avec lui les personnes qui étaient mises à part dans la culture juive de son temps.

3. L’amour que Jésus nous montre et nous enseigne à vivre ne peut pas se contenter de respecter une série de normes et de rites. Pour un cœur qui aime, cela est insuffisant. Il lui faut plus, aimer toujours plus. Tous les moments de la vie deviennent une occasion d’aimer. Voilà ce que veut dire ne pas mettre du neuf dans de l’ancien. Avec la loi nouvelle, l’amour est appelé à s’étendre sans limites, à imprégner tout ce que nous faisons. Mais ne comprenons pas cela comme si Jésus venait pour « relâcher » la morale. Au contraire, la loi de l’amour est la plus exigeante de toutes car elle demande une conversion intérieure constante et s’étend à toute notre vie.

 

Dialogue avec le Christ

Seigneur, viens m’apprendre à aimer. Toi qui es amour, je dois te regarder, te contempler pour savoir comment aimer. Aide-moi à me débarrasser de mon égoïsme. Sois présent dans toute ma vie. Que l’amour soit présent dans tout ce que je fais.

 

Résolution

 

Faire un petit temps d’adoration devant le Saint Sacrement pour demander à Jésus de remplir mon cœur d’amour.   http://www.regnumchristi.fr


 

 Père Gilbert Adam

 

« On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! »

Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » Pour le peuple élu, l’Epoux était représenté comme l’Amour de Dieu pour son épouse. Cette analogie exprime la qualité « sponsale, » de l’amour de Dieu : « Ton époux c’est ton créateur, » disait Isaïe. Pour Jésus, le jeûne est la traduction de l’absence du Bien-Aimé, de l’Époux. C’est quand Jésus sera enlevé aux disciples, par la Passion et l’ensevelissement, par son Ascension auprès du Père, que nous aurons l’expérience du véritable jeune. Dans le temps de l’Église que nous vivons, l’enseignement de Jésus a des conséquences importantes pour notre vie. Jésus est invisible, nous sommes dans l’attente de son retour. Nous sommes dans l’attente de la rencontre finale ou nous pourrons le voir face à face. Pendant ce temps où Jésus est absent, il se manifeste à nous dans la foi. Le jeûne a son sens et sa place. Jésus donne ainsi la seule raison du jeûne : « Les compagnons de l’Époux jeûneront quand l’Époux leur sera enlevé. »

Et Jésus dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Jésus utilise deux paraboles qui manifestent la réalité de l’esprit nouveau qu’il apporte. Il est difficile d’entrer dans le nouvel Amour que Jésus est venu apporter. Ce nouvel Amour n’est pas au goût de tout le monde. Souvent nous en ignorons l’existence. Ainsi nous ne voyons pas la différence avec le vieux vin. Ceux qui sont mal disposés à accueillir le vin nouveau de Jésus, ne reconnaissent pas la partie sensible de leur être qui est désir, attente de Dieu. Il nous faut creuser ce désir du cœur de Jésus et de Marie. Il y a en notre corps et en notre âme une profonde correspondance à l’Amour infini de Dieu. Le mystère des noces de l’Agneau est annoncé. Jésus nous invite à rejoindre ce niveau secret de notre personne humaine. C’est un lieu où il n’y a pas de limites, hors celle de l’Amour, là, c’est le cœur qui compte. Nous pouvons être paralysé de toutes manières, être limité de toutes parts, le cœur spirituel ne sera jamais limité. Dans l’adversité, le cœur peut se développer d’une manière étonnante. La Croix de Jésus est l’annonce du plus grand amour. Dieu est le Bien-aimé, et nous attendons son retour.

Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : ’C’est le vieux qui est bon.’ » Jeûner, devrait être d’abord pour nous de prendre conscience de l’absence du Christ Jésus. Souffrir de l’impossibilité sur la terre de pouvoir l’étreindre, le voir, le contempler de nos yeux de chair. Vivre dans la foi est une richesse extraordinaire, mais c’est une richesse obscure. La foi nous renvoie au désir, à l’attente, à l’espérance de la vision. L’amour qui nous lie à Jésus est l’amour de l’Époux de l’humanité. C’est l’Époux de chacun de nous. Il y a entre Lui et nous une intimité si profonde, qu’elle suscite en nous un désir, une attente, un émerveillement. Cet Amour nouveau ne peut être vécu que dans un être renouvelé ! Notre cœur retentit constamment du désir du Christ-Jésus dans notre esprit et dans notre corps. C’est la raison pour laquelle Jésus parle d’outres neuves. Si notre cœur est dans le désir, dans l’appel, dans l’attente, il est normal que notre corps aussi participe à cette attente, à ce vide, à cette aspiration. « Se livrer » à cet Amour signifie devenir un don désintéressé de nous même, de la manière la plus entière et la plus radicale possible.

 

Nous demandons la grâce de demeurer dans cet amour de Dieu, de vivre au rythme de cet amour-là et d’y demeurer.

 

http://www.pere-gilbert-adam.org


 

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église. Sermons sur le Cantique des Cantiques, n° 83 (trad Béguin, Seuil 1953, p.849s rev)

« L'Epoux est avec eux »

De tous les mouvements de l'âme, de ses sentiments et de ses affections, l'amour est le seul qui permette à la créature de répondre à son Créateur, sinon d'égal à égal, du moins de semblable à semblable... L'amour de l'Époux, ou plutôt l'Époux qui est Amour ne demande qu'amour réciproque et fidélité. Qu'il soit donc permis à l'épouse d'aimer en retour. Comment n'aimerait-elle pas, puisqu'elle est épouse et l'épouse de l'Amour ? Comment l'Amour ne serait-il pas aimé ? Elle a donc raison de renoncer à toute autre affection pour s'adonner au seul amour, puisqu'il lui est donné de répondre à l'Amour par un amour réciproque.

Mais, même si elle fond tout entière en amour, que serait-ce en comparaison avec le torrent d'amour éternel qui jaillit de la source même ? Le flot ne coule pas avec la même abondance de celle qui aime et de l'Amour, de l'âme et du Verbe, de l'épouse et de l'Époux, de la créature et du Créateur ; il n'y a pas la même abondance dans la fontaine et dans celui qui vient boire... Les soupirs donc de l'épouse, sa ferveur amoureuse, son attente pleine de confiance, tout cela sera-t-il en vain parce qu'elle ne peut rivaliser à la course avec un champion (Ps 18,6), se vouloir aussi douce que le miel lui-même, aussi tendre que l'agneau, blanche à l'égal du lis, lumineuse comme le soleil, et l'égale en amour de celui qui est l'Amour ? Non. Car, s'il est vrai que la créature, dans la mesure où elle est inférieure au Créateur, aime moins que lui, elle peut encore l'aimer de tout son être, et rien ne manque là où il y a totalité...

C'est là l'amour pur et désintéressé, l'amour le plus délicat, aussi paisible que sincère, mutuel, intime, fort, qui réunit les deux amants non pas en une seule chair mais en un seul esprit, de sorte qu'ils ne soient plus deux mais un, selon saint Paul : « Qui s'attache à Dieu est avec lui un même esprit » (1Co 6,17).

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