Evangile, Saint et Homélie du Dim 18 sept 2016.

 


Dimanche 18 septembre 2016

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Richarde, impératrice et fond. d’Andlau († v. 895), St Giuseppe de Copertino, prêtre o.f.m. conv.


Livre d'Amos 8,4-7.

Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

Psaume 113(112),1-2.5-6.7-8.

Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard
vers le ciel et vers la terre.

De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8.

Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage, pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité. Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélie du Père Philippe

 

Être accueillis ! Voilà la valeur qui, dans cet évangile, oriente tout. La visée ultime qui, en quelque sorte, excuse tout.
En effet, malgré sa malhonnêteté, sa roublardise et même son gaspillage, l'intendant de la parabole est loué. Pourquoi cela ? Pour son habileté à se faire des amis.
Des amis, aidés aujourd'hui, fût-ce avec l'argent malhonnête, mais qui, demain, témoigneront en sa faveur
dans les demeures éternelles (Lc 16,9). La leçon qui en ressort pour les disciples, et donc pour nous,
c'est qu'il nous faut, a fortiori et à notre tour,
tout mettre en œuvre pour être bien accueillis
dans ce Royaume des cieux où nous serons jugés sur l'amour.

 

 

 

Nous sommes donc tous appeler à nous montrer habile. À agir avec intelligence, finesse et prudence.
 « Montrez-vous malins comme des serpents
et candides comme des colombes », dit Jésus même à ses disciples (Mt 10,16).
Malins ? mais sans malice ! Dans la candeur, mais sans niaiserie et dans l’intelligence de l’Esprit. Nous sommes invités à être, comme en témoignait le Pape François dans une interview, des « pécheur(s) rusé(s), un peu ingénu ».  En nous invitant à la simplicité, la confiance, la modestie,
la foi chrétienne ne nous pousse
ni à l’inconséquence irresponsable ni à la maladresse.
Puisque, nous dit Jésus, nous sommes les fils de la lumière, il nous faut agir comme lui, en vivant à cette lumière.


 

 

Puisque nous sommes avant tout les héritiers d’un autre monde,
mettons tout notre zèle, notre intelligence, notre énergie
à mériter d’entrer un jour dans le partage de cette vie éternelle. Sachons, bien sûr, gérer, économiser, prévoir l’avenir, bien faire vivre notre foyer, notre communauté, notre Église ;
assumer notre profession, gérer notre budget, mais sans jamais perdre de vue l’essentiel
et le vrai terme d’une existence où tout passe (1 Co 7,31).


 

 

« Amassez-vous des trésors dans le ciel », proclame le Seigneur. Le but ultime du vœu de pauvreté, c’est la richesse en effet.
Mais la vraie : celle qui ne rouille pas (Mt 6,20).
Voilà l’habileté suprême des fils de la lumière !  Frères et sœurs, choisissez Dieu, résolument, et mettez au service du Royaume l'habileté que vous mettriez à faire de l'argent. Les fils de la lumière savent que l'Argent n'est qu'une toute petite affaire, c'est le Royaume qui est la grande affaire. Ils ne « servent » pas l'Argent comme on sert une divinité, ils le mettent au service du Royaume. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît ! (Mt 6,33).

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 

 

 

Prière d'introduction

Au Seigneur le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments. Sur cette montagne sainte, ô Dieu puissant, je veux te louer, te bénir et te glorifier, par une vie sainte et pure, par ta seule grâce qui rayonne abondamment sous le soleil de ta bonté, de ta vérité que tu me montres dans ces lieux retirés.

Demande

Père de bonté, donne-moi d’être « homme au cœur pur et aux mains innocentes ». Mes mains sont attachées aux biens de ce monde et je me laisse tenter. Délivre-moi des liens du mal afin que je puisse sanctifier ton nom, pour la venue de ton Règne, et accueillir ta volonté qui se fait sur la terre comme au ciel. Donne-moi d’accomplir mon devoir avec ferveur et avec joie.

Points de réflexion

1. La parabole de Jésus décrit exactement l’histoire de l’alliance de Dieu avec les hommes. Depuis le début de la création, Dieu nous avait confié le monde pour le gérer et achever son œuvre. Dieu s’y complaisait et nous faisait prendre part à sa béatitude, du moment que nous restions attachés à lui. Le péché nous a conduits à nous détourner de Dieu et à détourner les biens confiés de leur Propriétaire. Nous nous sommes attachés à des créatures. En les accaparant, c’est elles qui ont fini par nous posséder. Alors, en nous retirant la gérance, le Maître nous délivre de l’asservissement. Ainsi, toute épreuve de vie est une chance qui nous libère des créatures passagères et nous unit à l’impérissable richesse de Dieu.

2. L’histoire de la gérance abusive va plus loin : il y a eu rupture d’alliance dans ce qu’il y a de plus précieux, la confiance. Non seulement l’homme a perdu la confiance de Dieu, mais il a cessé de faire confiance en Dieu et s’est mis à sa place, s’autoproclamant maître. Avide de profit, ledit gérant engendre sa perte. Cependant, sous le regard de l’Éternel, le blanchiment des chiffres ne soustrait pas les biens à la primatie du Créateur. Qu’avons-nous en propre que nous n’ayons pas reçu, demande saint Paul (1 Corinthiens 4, 7). Lorsque nous quitterons la gérance, par la maladie ou par la mort, nous remettrons tous les biens temporels. Autant alors en faire tout le bien possible à nos débiteurs, car ce qui subsiste éternellement ne sera ni un bien matériel, ni une propriété intellectuelle, mais tout acte de charité accompli dans la vérité.

3. En manipulant les billets de dette, le gérant renonce au pourcentage qu’il pouvait percevoir des débiteurs et se détache du gain en vue d’un avenir digne. Bien que l’argent tende souvent le piège d’une gestion malhonnête, il peut devenir facteur de rachat. C’est pour cela que Jésus fait l’éloge des « fils de ce monde ».
Jésus cependant nous montre encore un exemple radicalement différent : lui qui est Dieu, il s’est humilié devenant obéissant jusqu’à la mort sur la croix. Jésus a tout perdu en ce monde, pour nous racheter sans argent et nous préparer des demeures éternelles. Ai-je le réflexe de me faire des amis en vue du salut éternel – à commencer par être ami de Jésus ?

Dialogue avec le Christ

Béni sois-tu, ô Jésus, pour le chemin de vie éternelle, que tu nous découvres traversant notre monde et auquel mènent les nombreux sentiers de notre vie, compliqués et variés. En toi, ô éternelle lumière de vérité, tout se simplifie. Avec toi nous sommes confrontés à la dernière épreuve, celle de ta Passion, dont nous aurons une part. Nous renouvelons notre adhésion à toi qui nous sauves à travers les âges.

Résolution

Aujourd’hui je mettrai plus d’effort et de ferveur à accomplir mon devoir d’état, avec amour et avec joie.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

http://www.regnumchristi.fr


 

HOMELIE du Père Gilbert Adam

Jésus dit aussi à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela, et lui dit : Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens.

L’économe dit en lui-même : Que ferai-je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? je ne le puis. Mendier ? j’en ai honte. Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? Cent mesures d’huile, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante…. L’économe de l’Evangile va se composer un trésor fait de l’amitié qu’il veut réaliser à partir des biens de son maitre ! Jésus connaît la beauté de l’homme qui gagne sa vie par le travail de ses mains. Il sait le juste prix de l’œuvre bien faite. Ses disciples était organisés, ils avaient un économe. Quelques femmes suivaient Jésus depuis les débuts en Galilée, et « beaucoup d’autres qui l’aidaient de leurs ressources. » Jésus a apprécié l’aide de ces femmes qui subvenaient à leurs besoins. Gérants des biens de ce monde, nous devenons peu à peu les associés de Dieu, dans le travail de la rédemption. Nous regardons nos frères dans le Christ Jésus avec un grand respect, quand nous prions Jésus pour eux. Voilà « le bien véritable, » c’est celui des fils et des filles de Dieu, cohéritiers du Christ. Un trésor nous est donné dans la Passion et la Résurrection de Jésus. Réunis en Église, nous intercédons par Jésus, dans l’Esprit Saint, auprès du Père. Dieu vient à notre aide et nous libère. Nous sommes les intendants du trésor d’amour et de vie divine de Jésus. La prière de demande dans l’Eucharistie se réalise dans le Don de Jésus sur la Croix.

Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Nous sommes bouleversés de l’actualité de ces Paroles qui se réalisent actuellement dans notre vie ! Seuls les petits et les pauvres accueillent la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est annoncé aux petits et aux pauvres, c’est la grande préoccupation de Jésus ! L’argent sert à nous faire des amis qui nous accueilleront dans la vie future. Là, l’argent ne sera plus nécessaire, ni pour nous, ni pour eux. Derrière le pauvre se cache Jésus, l’unique Pauvre qui me révèle ce que je suis. Nous savons le mensonge et l’injustice du repli sur nous même si nous sommes accaparés par les biens de ce monde. Alors nous sommes enfermés en nous-mêmes. Jésus dit, « aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. » Un jour viendra ou nos possessions seront inutiles : « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. »

Si donc vous n’avez pas été fidèle dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Aux yeux de Jésus, « l’argent d’iniquité » est celui qui est gagné malhonnêtement, et qui devient une puissance aveugle d’injustice et d’oppression. Jésus emploie le mot « mâmôn, » qui, au temps de Jésus, désignait la richesse, le gain souvent mal acquis. Mais « mâmôn, » dit aussi les sécurités illusoires de ce monde, opposées à la confiance des « pauvres » d’Israël en leur Dieu. Jésus souligne que notre honnêteté dans les choses de la terre nous donne de faire confiance pour le Royaume. Il aime tout ce que nous sommes, et nous révèle ce qu’il faut faire, pour sauver le monde avec lui. Ce n’est pas seulement de la grâce de la relation avec Dieu dont il s’agit, c’est aussi la grâce de la relation des uns avec les autres. Jésus est honoré dans le pauvre, comme il l’est en toute personne humaine. « Celui qui est digne de confiance pour une toute petite affaire, va être digne de confiance pour une grande. »

Nous demandons la grâce d’entendre cette parole, d’être de bons gérants de la vie divine que Dieu a voulu inscrire dans notre humanité.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


Abbé Joan MARQUÉS i Suriñach (Vilamarí, Girona, Espagne)

«Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent»

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente la figure de l'administrateur félon: un homme qui profitait de sa position pour voler son maître. Il n'était qu'un simple administrateur, mais il agissait en tant que maître. Il faut avoir présent à l'esprit: (1) Les biens matériels sont de bonnes réalités car ils sont sortis des mains de Dieu. Conséquemment, nous devons les aimer. (2) Mais nous ne pouvons pas les “idolâtrer” comme s'il s'agît de Dieu et du but de notre existence; au contraire, nous devrions nous en dégager. Les richesses sont pour servir à Dieu et aux hommes, nos frères; elles ne peuvent pas servir à écarter Dieu de notre cœur et de nos œuvres: «Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent» (Lc 16,13).

3) Nous ne sommes pas les possesseurs des biens matériels, mais tout simplement les gestionnaires; en conséquence, non seulement devons-nous les gérer, mais aussi les faire produire au maximum, dans la mesure de nos possibilités. La parabole des talents nous le montre clairement (cf. Mt 25,14-30). (4) Nous ne pouvons pas tomber dans l'avarice; nous devons pratiquer la générosité, qui est une vertu chrétienne que nous devrions tous vivre, les riches et les pauvres, chacun d’après ses circonstances. Nous devons donner aux autres!

Et si j'en ai déjà assez pour payer mes frais? Oui; tu dois aussi t'efforcer de les accroître et de pouvoir en donner plus (paroisse, diocèse, Caritas, apostolat). Rappelle-toi de ce que saint Ambroise disait: «Lorsque vous faites l'aumône aux pauvres, vous ne vous dépouillez pas de vos biens mais vous leur rendez ce qui leur appartient de droit. Car vous vous êtes approprié pour votre seul usage ce qui a été donné pour l'usage de tous. La Terre n'appartient pas aux riches, mais à tout le monde. C'est pourquoi, loin de vous montrer généreux, vous ne faites que rembourser une partie de votre dette».

Serais-tu un de ces égoïstes qui ne pense qu'à accumuler des biens matériels pour soi-même, comme l'administrateur de l'Évangile, en mystifiant, chapardant, pratiquant la convoitise et la raideur du cœur, qui t'empêche de t'émouvoir devant les nécessités d'autrui? Souviens-toi de cette sentence de saint Paul: «car Dieu aime celui qui donne joyeusement» (2Co 9,7)? Sois génèreux.

http://evangeli.net


Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église . Homélie 14, sur l'amour des pauvres, 24-26 ; PG 35, 890-891 .

« Faîtes-vous des amis avec l'argent trompeur, afin d'entrer dans les demeures éternelles » : secourir les pauvres

Mes amis et mes frères, ne soyons pas de mauvais gérants des biens qui nous sont confiés afin de ne pas nous entendre dire : « Rougissez, vous qui retenez le bien d'autrui ; imitez la justice de Dieu et il n'y aura plus de pauvres ». Ne nous épuisons pas à amasser et à tenir en réserve quand d'autres sont épuisés par la faim ; ainsi nous ne mériterons pas ce reproche amer et cette menace du prophète Amos : « Prenez garde, vous qui dites : 'Quand le mois sera-t-il passé pour que nous puissions vendre notre blé, et le sabbat pour que nous écoulions notre froment ?' » (8,5)...

Imitons la loi sublime et première de Dieu « qui fait tomber la pluie pour les justes et pour les pécheurs et fait lever le soleil pour tous également » (Mt 5,45). Tous ceux qui vivent sur terre, il les comble d'étendues immenses de terre en friche, de sources, de fleuves et de forêts. Pour les oiseaux, il donne les airs, et l'eau pour tous les animaux aquatiques. Pour la vie de tous, il donne en abondance les ressources premières qui ne peuvent être ni accaparées par les forts, ni mesurées par des lois, ni délimitées par des frontières ; mais il les donne pour tous de sorte que rien ne manque à personne. Ainsi, par le partage égal de ses dons, il honore l'égalité naturelle de tous ; ainsi montre-t-il toute la générosité de sa bonté... Toi donc, imite cette miséricorde divine. 

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 15 Sept 2016. Notre Dame des Douleurs



Jeudi 15 septembre 2016

Notre Dame des Douleurs

Saint(s) du jour : Ste Caterina Fieschi de Gênes, veuve et mystique (1447-1510), Bx Paolo Manna, missionnaire en Birmanie (1872-1952)


Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
je vous rappelle la Bonne Nouvelle
que je vous ai annoncée ;
cet Évangile, vous l’avez reçu ;
c’est en lui que vous tenez bon,
    c’est par lui que vous serez sauvés
si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ;
autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.


    Avant tout, je vous ai transmis ceci,
que j’ai moi-même reçu :
le Christ est mort pour nos péchés
conformément aux Écritures,
    et il fut mis au tombeau ;
il est ressuscité le troisième jour
conformément aux Écritures,
    il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
    ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois
– la plupart sont encore vivants,
et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
    ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
    Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.


    Car moi, je suis le plus petit des Apôtres,
je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre,
puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu.
    Mais ce que je suis,
je le suis par la grâce de Dieu,
et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile.
Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ;
à vrai dire, ce n’est pas moi,
c’est la grâce de Dieu avec moi.


    Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres,
voilà ce que nous proclamons,
voilà ce que vous croyez.

 Psaume : Ps 117 (118), 1-2, 16-17, 28.21

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !

Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.


ou bien :

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 33-35)

En ce temps-là,
lorsqu’ils présentèrent Jésus au Temple,
le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Dans la continuité de la fête de la croix glorieuse de notre Seigneur, nous demeurons aujourd’hui au pied de cette même croix, avec Marie que nous fêtons sous le vocable de « Notre Dame des douleurs ». Nous nous trouvons ainsi plongés au cœur de la Passion d’Amour pour nous de notre Seigneur Jésus Christ. Car, nous devons bien garder présent à l’esprit que, pour le chrétien, la croix n’est pas l’exaltation de la souffrance mais de l’Amour infini de Dieu.

A l’exemple de saint Jean, et selon l’invitation de notre Seigneur, nous prenons Marie chez nous. Alors, en nous unissant à elle dans la foi, nous nous unirons toujours davantage à notre Seigneur. Car, il existe une telle communion de cœur et de volonté entre Marie et Jésus, qu’en étant unis à elle, nous sommes sûrs de nous retrouver greffés sur le cœur aimant du Christ à travers lequel nous touchons le cœur Père pour retrouver notre dignité de fils de Dieu.

Au pied de la Croix, nous sommes enfantés à la vie de fils de Dieu. A cet enfantement, Marie participe d’une manière toute particulière car il convenait à celle qui avait mis au monde la Tête, qu’elle soit aussi la mère du Corps tout entier. Au pied de la Croix, Marie enfante l’Eglise, mais la douleur qui lui fut épargnée à la naissance de la Tête, elle la vit pour nous tous, pécheurs sauvés par le sang de notre Seigneur. Voilà comment Marie est associée d’une façon unique à notre rédemption.

Tu as voulu Seigneur, que la Mère de ton Fils, debout près de la croix, fut associée à ses souffrances ; accorde à ton Eglise de s’unir elle aussi, à la passion du Christ, afin d’avoir part à sa résurrection.

Père Philippe


Prière d'introduction

Marie, en ce jour où nous te célébrons, toi, Notre-Dame des Douleurs, nous voulons nous rappeler que jusqu’au bout tu étais debout près de la croix de ton Fils, ferme et fidèle. Admirant ton courage et ta force, nous voulons commencer ce temps de prière afin que, après avoir contemplé ton exemple, tu nous accordes cette même attitude face aux difficultés.

Demande

Marie, toi qui es restée ferme et fidèle au pied de la croix, accompagne-nous toujours face aux difficultés de la vie.

 Points de réflexion

1. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère ». Depuis plusieurs siècles, l’Église prie lors de la séquence de ce jour les paroles suivantes : « Dans le chagrin qui la poignait, cette tendre Mère pleurait son Fils mourant sous ses yeux ». Quelle souffrance pour la mère du Christ de le voir mourir sur le bois infâme de la croix ! Pourtant, elle n’est pas restée à Jérusalem, non, elle accompagne son Fils jusqu’au bout. Elle voit les longs clous qui transpercent ses poignets, et contemple le corps qu’elle a tant soigné et qui est maintenant entièrement recouvert des blessures cruelles de la Passion et de la flagellation. Elle voit le soldat romain s’approcher et transpercer le cœur bien-aimé de son Fils.

2. « Femme, voici ton fils ». « Voici ta mère ». Cette mère qui n’a jamais abandonné son Fils, qui a toujours été là pour lui, qui n’a cessé de l’aimer, sachant qu’elle aimait ainsi Dieu, voici que Jésus nous confie à sa protection maternelle ! Après avoir vécu en tout comme un homme, hormis le péché, Jésus a appris et estimé à sa juste mesure l’aide et le soutien d’une mère comme Marie. En même temps, pensant à tous ses frères les hommes, pensant à ceux d’entre nous qui à cause des guerres ou d’autres violences perdront leur mère, pensant à tous ceux qui ne trouveront pas en leur mère l’amour et le soutien inconditionnel que Marie lui a toujours donné, Jésus s’empresse de nous confier sa propre mère. Et ce malgré la douleur que cause à un crucifié chacune des paroles qu’il veut prononcer.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, merci, car dans ta grande miséricorde, tu ne nous as pas laissés orphelins, mais tu nous as donné ta mère pour que nous ne soyons jamais seuls face aux difficultés de la vie. Pour que du haut du ciel Marie n’hésite pas à descendre et à voler à notre secours, parfois en grande pompe comme à Lourdes, mais aussi chaque jour en étant à notre côté. Merci, Seigneur. Aide-moi à être un bon fils/une bonne fille pour ta mère. À accepter son aide dans ma vie. À chercher à la rendre heureuse, à la prier chaque jour.

Résolution

Prier 3 Je vous salue Marie ce soir avant de me coucher et demander à Marie la grâce de voir avec la foi son action dans ma vie et de ne jamais oublier que j’ai une mère au ciel qui pense à moi à chaque instant.

 Frère Loïc Chabut, LC


 

"Auprès de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie Madeleine."

Après avoir fêté la Croix glorieuse de Jésus, nous vivons la « fête » de Marie, la femme des douleurs. Marie, la mère de Jésus, ne dit pas un mot ! C’est toute sa vie donnée qui est là, dans le silence du Magnificat de l’Immaculée. C’est avec force que s’exprime tout ce qu’elle à dit dans l’Evangile, « faites tout ce qu’il vous dira. » Nous entendons avec tant de force la souffrance de cette mère qui assiste au supplice et à l’agonie de son fils. Marie est démunie, sans prise sur ce qui se passe, bouleversée au plus profond d’elle-même, au point de ne plus pouvoir exprimer le moindre mot même à l’égard de celui qui est l’unique de sa pensée. Marie, à la croix, vivra ce que nous-mêmes connaissons, lorsqu’en totale incapacité de changer quoi que ce soit à la situation de l’aimé souffrant, nous ne pouvons qu’un « être là » immobile. Ce vécu de Marie est Evangile, parole inespérée lui est adressée de la part même de celui pour lequel elle est en souffrance. Si Jésus nous sauve par sa Passion, Marie participe au salut de l’humanité avec Jésus, par sa Compassion. Jésus dans sa Passion, ouvre pour chacun de nous un chemin de salut. Par son immense amour, il a vaincu la mort, il est venu à bout de la haine, il a pris sur lui toute maladie. Marie, Notre-Dame des sept douleurs, participe aux souffrances de Jésus pour le salut du monde. Jésus, dans son amour, a fait don de sa mère au disciple, à l’Eglise et à l’humanité.

"Jésus, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils." Jésus, s’adressant à sa mère et au disciple qu’il aimait, leur fait un Don si merveilleux, en lui, ils leur donne d’aimer. Cette Parole si forte brise l’inacceptable qui serait de ne plus pouvoir aimer. Marie, atteinte dans sa chair par la souffrance, malgré les prétentions de la mort, sera aimée, elle pourra aimer. Nous connaissons ce sentiment, lorsque l’histoire s’arrête et que tout devient solitude, la vie pourra-t-elle être de nouveau habitée ? La maternité de Marie envers l’humanité avait déjà été annoncée, elle est maintenant clairement précisée et établie. Marie, la Mère du Christ, se trouve dans le rayonnement du mystère pascal de Jésus. Le Concile n’hésite pas à appeler Marie « Mère du Christ et Mère des hommes. » Marie, dans ses douleurs, manifeste le mystère du Salut en Jésus Christ, l’enfantement de l’Église ! La femme donne la vie à nouveau, par la maternité de son cœur virginal : « Vois : ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. » Il nous faut méditer toutes ces souffrances de Marie pour trouver la force de vivre celles qui nous arrivent aujourd’hui, parce que nous ne sommes pas épargnés : « Ton cœur sera transpercé comme par une épée. »

"Puis Jésus dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure–là, le disciple la prit chez lui." A la croix est vécu le salut pour Marie, elle nous aide à vivre nos souffrances unies aux douleurs de Jésus. C’est l’enfantement d’un monde nouveau. Toutes les douleurs de l’humanité sont contenues dans la Passion de Jésus, elles sont aussi portées par les douleurs de la femme qui enfante avec Lui un monde nouveau. La Croix glorieuse est avant tout un mystère de vie ! C’est aussi le mystère de la Mère des douleurs. Jean, « reçoit parmi ses biens personnels » la Mère de Jésus et l’introduit dans tout l’espace de sa vie : « Il l’accueillit chez lui. » Il entre dans le rayonnement de l’amour maternel avec lequel Marie prend soin de son Fils. Ainsi s’exerce la maternité selon l’Esprit, qui est devenue le rôle de Marie au pied de la Croix. La naissance d’un monde nouveau est ouverte par le Nouvel Adam et par la nouvelle Eve. Les douleurs du Christ contiennent les douleurs de la mère, une brèche est ouverte dans nos enfers, ce que nous avons à vivre de difficile peut devenir source de vie, enfantement d’un monde nouveau. La présence de Marie dans l’Eglise est l’accueil du don que Jésus fait sur la croix. Marie accomplit l’ultime volonté de Jésus, dans la cohérence du oui de l’Annonciation. Maintenant elle dit oui à la parole de Jésus « voici ton fils, » et accomplit la tâche maternelle de veiller sur les disciples avec la grâce nécessaire.

Nous demandons la grâce d’accueillir Marie comme Jean l’a accueillie.

Père Gilbert Adam


Abbé Dom. Josep Mª SOLER OSB Abbé de Montserrat (Barcelona, Espagne)

«Ton coeur sera transpercé par une épée»

Aujourd'hui, en ce jour de fête de Notre-Dame la Vierge des Douleurs, nous écoutons des paroles lancinantes de la bouche du vieux Siméon: «Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée» (Lc 2,35). Une affirmation qui, dans son contexte, ne fait pas uniquement référence à la passion de Jésus-Christ, sinon à son ministère, qui provoquera une division parmi le peuple d'Israël et donc, une douleur interne en Marie. Tout au long de la vie publique de Jésus, Marie a souffert de voir Jésus rejeté par les autorités du peuple et menacé de mort.

Marie, comme tout disciple de Jésus, doit apprendre à situer les relations familières dans un autre contexte. Elle aussi, en raison de l'Évangile, doit laisser son Fils (cf. Mt 19,29), et doit apprendre à ne pas voir le Christ depuis le prisme de la chair, bien qu'il soit né d'Elle, de la chair. Elle aussi doit crucifier sa chair (cf. Ga 5,24) pour pouvoir se transformer à l'image de Jésus-Christ. Mais le moment le plus fort de la souffrance de Marie, pendant lequel Elle vie le plus intensément la croix est celui de la crucifixion et de la mort de Jésus.

Aussi dans la souffrance, Marie est le modèle de persévérance de la doctrine évangélique en participant aux souffrances du Christ avec patience (cf. Regle de saint Benoît, Prologue 50). Ainsi fut-il pendant toute sa vie et, surtout, au moment du Calvaire. De cette façon, Marie se convertit en la figure et le modèle pour tout chrétien. Pour avoir été étroitement unie à la mort du Christ, elle est aussi unie à sa résurrection (cf. Rm 6,5). La persévérance de Marie dans la douleur, qui réalise la volonté du Père, lui donne un rayonnement en faveur de l'Église et de l'Humanité. Marie nous précède dans la route de la foi et du cheminement vers le Christ. Et le Saint-Esprit nous conduit à participer avec Elle à cette grande aventure.


 

Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d'hymnes . Hymne 25, Marie à la croix (trad. SC 128, p. 165s rev.)

« Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée »

Brebis contemplant son agneau qu'on traînait à l'abattoir (Is 53,7), consumée de douleur, Marie suivait avec les autres femmes, en criant ainsi : « Où vas-tu, mon enfant ? Pourquoi achèves-tu ainsi ta course rapide (Ps 18,6) ? Y a t-il encore d'autres noces à Cana, est-ce là maintenant que tu vas si vite pour leur faire du vin avec de l'eau ? Puis-je t'accompagner, mon enfant, ou vaut-il mieux t'attendre ? Dis-moi un mot, Verbe, ne passe pas devant moi en silence..., toi qui es mon fils et mon Dieu...

« Tu marches vers une mort injuste et personne ne partage ta souffrance. Pierre ne t'accompagne pas, lui qui disait : « Jamais, je ne te renierai, même si je devais mourir » (Mt 26,35). Il t'a quitté ce Thomas qui s'exclamait : « Mourons tous avec lui » (Jn 11,16). Et les autres aussi, les intimes, ceux qui doivent juger les douze tribus (Mt 19,28), où sont-ils maintenant ? Il n'en reste plus un seul ; mais toi, tout seul, mon enfant, tu meurs pour tous. C'est ton salaire pour avoir sauvé tous les hommes et les avoir servi, mon fils et mon Dieu. »

Se retournant vers Marie, celui qui est sorti d'elle s'écria : « Pourquoi pleures-tu, mère ? ... Moi, ne pas souffrir ? ne pas mourir ? Comment donc sauverais-je Adam ? Ne pas habiter le tombeau ? Comment ramènerais-je à la vie ceux qui demeurent au séjour des morts ? Pourquoi pleures-tu ? Crie plutôt : 'C'est volontairement qu'il souffre, mon fils et mon Dieu.' Vierge sage, ne te rends pas semblable aux insensées (Mt 25,1s) ; tu es dans la salle des noces, ne fais donc pas comme si tu te tenais dehors... Ne pleure donc plus, mais dis plutôt : 'Prends pitié d'Adam, sois miséricordieux pour Ève, toi mon fils et mon Dieu.'

« Rassure-toi, mère, la première tu me verras sortir du tombeau. Je viendrai te montrer de quels malheurs j'ai racheté Adam, quelles sueurs j'ai versées pour lui. À mes amis, j'en révélerai les marques que je montrerai dans mes mains. Alors tu verras Ève vivante comme autrefois, et tu crieras dans ta joie : 'Il a sauvé mes parents, mon fils et mon Dieu !'»

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Samedi 10 sept 2016. Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri !

 

 


Samedi 10 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 23e semaine

Saint(s) du jour : St Nicolas de Tolentino, o.s.a. (1245-1305), St Aubert, évêque d'Avranches († v. 725)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,14-22.

Mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles. Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Voyez ce qui se passe chez les Israélites : ceux qui mangent les victimes offertes sur l’autel de Dieu, ne sont-ils pas en communion avec lui ? Je ne prétends pas que la viande offerte aux idoles ou que les idoles elles-mêmes représentent quoi que ce soit. Mais je dis que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez pas boire à la coupe du Seigneur et en même temps à celle des démons ; vous ne pouvez pas prendre part à la table du Seigneur et en même temps à celle des démons. Voulons-nous provoquer l’ardeur jalouse du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ?

Psaume 116(115),12-13.17-18.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu'il m'a fait ?
J'élèverai la coupe du salut,
j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce,
j'invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.





Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,43-49.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.


 

Homélie ou Méditation du jour

 

Homélie du Père Philippe

 

Jésus vient de dénoncer l’hypocrisie des scribes et des pharisiens. Se tournant vers ses disciples, il les invite à un exercice de discernement. Certes, il faut tout mettre en œuvre pour faire ce que disent les chefs religieux, car « ils enseignent dans la chaire de Moïse » ; mais il ne faut surtout pas les prendre pour modèles, car « ils disent et ne font pas » (Mt 23, 2-3).

 

 

Mais comment se prémunir de l’hypocrisie de ceux qui ont le pouvoir ? Ils disposent en général de suffisamment de moyens pour cacher leurs comportements inavouables et paraître impeccables aux yeux du monde. Aussi les gens simples se laissent-ils prendre à leurs pièges comme les oiseaux aux filets de l’oiseleur.  Pour répondre à cette question implicite, Jésus donne un critère sûr, qui exige seulement de savoir attendre le moment opportun avant de se prononcer. Pour juger de la qualité d’un arbre, il suffit de patienter jusqu’à ce qu’il porte son fruit, et d’évaluer ce dernier. Jésus suggère donc que l’hypocrite - même le plus habile à cacher sa malice - finit toujours inévitablement par se trahir. Comme sa parole et son action procèdent d’un cœur mauvais, ses œuvres ne sauraient être fécondes, même lorsqu’elles se présentent sous les aspects des plus respectables.

 

 

 

Par cette comparaison, Notre-Seigneur ne se contente pas de mettre ses disciples en garde contre l’hypocrisie des pharisiens : il les renvoie aussi à leur propre conscience. Car s’ils l’appellent « Seigneur », ils devraient en toute logique « faire ce qu’il dit », c'est-à-dire « mettre ses paroles en pratique ». S’ils n’agissent pas ainsi, ils se rendent à leur tour coupable d’hypocrisie, puisque leur affirmation au grand jour, ne correspond pas à leur attitude intérieure : ils proclament Jésus « Seigneur », mais gardent en fait la seigneurie de leur vie. Impossible dans ces conditions de produire de « bons fruits ». Bien plus : cette division est comme une lézarde qui court le long de la muraille de leur maison intérieure ; aussi celle-ci ne résistera-t-elle pas aux intempéries de la vie. Dans l’adversité, lorsque tombent les masques et qu’il n’est plus temps de paraître, l’effondrement du personnage qu’ils se sont laborieusement construits sera total. Par contre, celui qui s’efforce de vivre en disciple du Christ Seigneur, construit son unité intérieure par et dans son obéissance à sa Parole. Au plus fort des tempêtes de la vie, il demeure focalisé sur celui qui a fait alliance avec lui, et engage toutes ses forces à lui demeurer fidèle, sûr que le bon droit finit toujours par triompher. Comme dans le cas du serviteur de Dieu Job, les contradictions et malheurs ne font que mettre en valeur sa patience et sa fidélité à toutes épreuves, car il sait qu’il a mis sa confiance dans le Dieu juste et Sauveur, qui ne saurait l’abandonner.

 

 

 

Seigneur, nous sommes loin d’avoir réalisé cette unification intérieure, fruit d’une appartenance et d’une soumission radicales à toi, unique Seigneur et Sauveur de nos vies. Nos cœurs hélas sont doubles : devant les exigences de ta Parole, nous louvoyons de compromission en compromission ; de nos lèvres nous te choisissons comme notre Maître, alors que nous ne te rendons même pas compte de la gestion de notre vie. Prends patience avec nous, Seigneur ; libère-nous de notre attachement à notre volonté propre ; et ne permet pas que nous mettions ta Parole en balance avec la nôtre. Que le ridicule de cette présomption nous conduise au repentir et à la conversion, afin que nous puissions “venir à toi, écouter tes paroles et les mettre en pratique”, manifestant ainsi concrètement que tu es l’unique Seigneur de nos vies, le Rocher sur lequel nous voulons construire notre avenir, maintenant et à jamais.

 

Père Philippe

 

 

http://www.meinau-catholiques.org

 


 

Meditation Sarah Cleary, consacrée de RC

 

Prière d'introduction

 

« Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! Louange à Dieu ! »
(Ps 17).

 

Demande

 

Construire la maison de ma vie sur le rocher du Christ.

 

Points de réflexion

 

1. Construire sa vie sur le Christ selon saint Bède et saint Basile. Pour cette méditation, nous écoutons d’abord les commentaires de saint Basile et de saint Bède, pères de l’Église des Ve et VIIIe siècles après le Christ quand ils parlent de la personne qui construit sa vie sur la Parole de Dieu, et le torrent qui menace cette construction.
Construire sur le roc, pour saint Bède veut dire « creuser bien avant, à l'aide des préceptes de l'humilité, enlever tout ce qui est terrestre ». Quand le croyant a bien creusé, il peut poser sa vie sur le Christ comme le dit saint Basile : « Poser le fondement sur la pierre, c'est s'appuyer sur la foi de Jésus-Christ, pour demeurer ferme dans l'adversité, soit qu'elle vienne des hommes, soit qu'elle vienne de Dieu ».
Quel est le torrent ou l’adversité dont parle l’Évangile ? Bède le voit comme un débordement qui arrive de trois manières : « sous l'influence des esprits immondes, par l'agitation des méchants, par le trouble de l'âme ou de la chair ». Pourquoi tomberions-nous ? Bède explique : « Plus les hommes mettent leur confiance dans leurs propres forces, plus aussi leur chute est grande, et plus ils s'appuient sur la pierre invincible, plus ils sont inébranlables ».

 

2. Creuser et enlever pour poser le fondement. Souvent dans notre vie spirituelle, il nous semble que nous creusons et nous enlevons en continu. Nos efforts n’ont pas de récompense ni, parfois, de sens. La vie peut sembler vide. Pourtant, c’est dans ce vide que nous pouvons poser un acte de foi nu dans le Christ : « Seigneur, ma vie se fonde sur toi, et non sur mes avis, mes décisions ou mes sentiments ». Construire sur le roc n’est pas s’arrêter quand le travail fatigue, sinon continuer jusqu’au profond de l’abîme en croyant que nous trouverons le Christ et en le cherchant sans relâche.
Ainsi dans la lettre aux Hébreux (6, 10-11) : « Dieu n’est pas injuste : il n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant. Notre désir est que chacun d’entre vous manifeste le même empressement jusqu’à la fin, pour que votre espérance se réalise pleinement ; ne devenez pas paresseux, imitez plutôt ceux qui, par la foi et la persévérance, obtiennent l’héritage promis ».

 

3. Les torrents. Saint Bède parle de trois torrents : ceux qui viennent de la tentation, ceux qui viennent de l’injustice des hommes, et ceux qui sont des troubles du corps, de la santé, ou bien de l’âme ou la psyché. Pourquoi ces troubles peuvent-ils arracher le fondement de notre foi ? Selon Bède, c’est parce que nous trouvons notre appui sur nous-mêmes et non pas sur le Christ. Autrement dit, si nous construisons le sens et le but de notre existence sur l’amour du Christ, nous sommes inébranlables.

 

Dialogue avec le Christ

 

Quelle difficulté dans ma vie me sépare de l’amour du Christ ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 31.35.37-39).

 

Résolution

 

Regarder ce qui me sépare du Christ et choisir de reprendre l’effort nécessaire pour renouer avec lui.

 

Sarah Cleary, consacrée de Regnum Christi

 

 

 

http://www.regnumchristi.fr

 


 

 

 

Homélie du Père Adam

 

Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Jésus présente aux disciples quelle doit être leur vie, par l’ image de l’arbre bon qui donne de bons fruits. Il est évident qu’un arbre mauvais ne peut pas donner de bons fruits. Jésus nous interpelle ainsi que la communauté chrétienne, pour un examen de conscience. Dieu seul est bon, et nous ne pouvons l’être que par lui. L’Eglise, enracinée dans le cœur de Dieu, aime les pauvres, ii savent qu’ils se reçoivent d’un Autre. C’est en cela que réside leur pauvreté. Les Chrétiens sont mystérieusement "greffés" en Dieu par Jésus le Christ. La greffe est une belle image de notre mystère. Imaginons un églantier qui ne donne que des épines. Nous coupons la branche à la racine. Avec la branche d’un très beau rosier de choix, dans une opération très particulière, nous "greffons" sur la coupure de l’églantier, la branche du rosier. Ces deux « blessures », au contact l’une de l’autre feront progressivement que l’arbre sauvage, tirant la sève de ses racines, devient un magnifique rosier. Nous avons alors un rosier nouveau qui donnera de merveilleuses roses, si la greffe "prend" !

Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. La bonté ou la méchanceté sont intimement liées à notre cœur. C’est au niveau du cœur que se joue en nous, la lutte difficile entre le bien et le mal. C’est le combat entre la foi et l’orgueil. Nous sommes, par le baptême, greffés sur le Christ. Le fait d’être "bons" ou d’être "mauvais" va dépendre de notre choix. La blessure du cœur de Jésus ouvert sur la Croix est le lieu de notre vie. Greffe absolument merveilleuse que Dieu, dans sa tendresse, a provoquée. Jésus a pris chair de la Vierge Marie, comme Ève était née de la blessure du côté d’Adam. De la blessure du cœur de Jésus est née Marie, la nouvelle Eve. La Croix de Jésus est pour nous la source d’une vie nouvelle, la vie d’enfant de Dieu, vie filiale, reliée au cœur du Père. Notre maison est bâtie sur le roc, le Christ Jésus qui a ses « racines » dans le cœur du Père. Là, il n’y a aucune crainte, personne ne peut rien enlever du cœur du Père. Nous rendons grâce, car cet arbre nouveau de notre vie porte un bon fruit.

Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. » C’ est du cœur que viennent nos comportements, l’orientation de toute notre vie ! D’un cœur bon, sortent naturellement de bons propos. Notre vie intérieure est dépendante de notre cœur. Il nous faut prendre garde à tout instinct mauvais, à toute fermeture, à tout repliement sur soi. Et par-dessus tout à l’orgueil qui nous mène à une autosuffisance trompeuse. L’ édification de notre propre vie, tout autant que celle de la communauté chrétienne, s’enracine dans l’écoute de la Parole de Dieu. En la laissant se déposer dans notre cœur, la Parole de Dieu le fera fructifier et porter de bons fruits. Les Paroles de l’Evangile, accueillies et mises en pratique chaque jour, sont comme les fondations de la maison. Elles doivent alimenter quotidiennement notre vie, nos pensées, nos décisions, nos actions. Notre vie quotidienne est ainsi rendue solide contre le fleuve du Mal qui ne cesse de s’ abattre sur nous. Notre vie n’est plus un sauvageon, elle est dans le Christ. Un bon jardinier, sait les tentatives des « rejetons » qui évitent la greffe pour prendre la sève pour eux-mêmes. Nous vérifions que la greffe a réussi, quand nous sommes en communion les uns avec les autres. Notre communion est dans le sang du Christ, la « sève » de cet arbre nouveau a pris Corps dans le cœur et le corps de la Vierge Marie.

 

Nous demandons la grâce de comprendre mieux encore notre vocation.

 

 

 

Père Gilbert Adam---http://www.pere-gilbert-adam.org


 

 

 


Abbé Raimondo M. SORGIA Mannai OP (San Domenico di Fiesole, Florencia, Italie)

«Chaque arbre se reconnaît à son fruit»

Aujourd'hui, le Seigneur nous surprend en faisant sa propre “publicité”. Je ne veux “scandaliser” personne en disant cela. C'est notre publicité d'ici-bas qui rapetisse les choses grandes et surnaturelles. Quand, par exemple, on nous promet qu'en quelques semaines quelqu'un peut perdre au moins cinq ou six kilos en employant un produit déterminé (ou d’autres promesses de ce genre), nous sommes conduits à envisager la publicité d'un œil soupçonneux. Quand, au contraire, quelqu'un possède un “produit” cent pour cent efficace et –à l'instar de notre Seigneur– ne cherche pas à le vendre, mais demande seulement de le croire en le prenant pour guide et modèle d'un genre de vie déterminé, alors cette “publicité” ne doit pas nous surprendre; elle nous paraîtra la plus légitime du monde. Jésus n'a-t-Il pas été le plus grand “publicitaire” lorsqu'Il a dit de Lui-même «Je suis le chemin, la vérité et la vie» (Jn 14,6)?

Aujourd'hui Il affirme: «Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique» est prudent, il «ressemble à un homme qui bâtit une maison», «il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc» (Lc 6,47-48), pour obtenir une construction solide et ferme, capable d’affronter le mauvais temps. Mais si celui qui construit n'a pas cette prudence, il finira par trouver un tas de ruines et, s'il est à l’intérieur quand survient la pluie torrentielle, il y perdra et sa maison et sa vie.

Mais il ne suffit pas de s'approcher de Jésus, il faut écouter avec la plus grande attention ses enseignements et, surtout, les mettre en pratique. Car même le curieux s'approche de Lui, tout comme l'hérétique, l'historien ou le philologue. Ce n'est qu'en nous approchant, en écoutant et, surtout, en pratiquant la doctrine de Jésus, que nous bâtirons l'édifice de la sainteté chrétienne, pour l'exemple des fidèles qui cheminent en ce monde et pour la gloire de l'Église céleste.


Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermon 179

Bâtir sur le roc

Frères, l'apôtre saint Jacques s'adresse à des auditeurs assidus de la parole de Dieu en disant : « Ne vous contentez pas d'écouter la parole ; mettez-la en pratique, sinon vous vous tromperiez vous-mêmes » (Jc 1,22). Ce ne serait pas l'Auteur de la parole que vous tromperiez, ni celui qui vous l'annonce ; mais ce serait vous-mêmes... Le prédicateur aussi annoncerait bien inutilement la parole de Dieu au dehors s'il ne l'écoutait pas d'abord au dedans de lui-même pour la mettre en pratique...

Qui pratique intérieurement la parole ? Celui qui se garde du mauvais désir. Qui l'observe extérieurement ? Celui qui « partage son pain avec celui qui a faim » (Is 58,7). Ce que nous faisons, notre prochain le voit, mais ce pour quoi nous le faisons, Dieu seul en est témoin. « Mettez donc la parole en pratique, ne vous contentez pas de l'écouter ; vous vous tromperiez vous-mêmes » ; vous ne tromperiez ni Dieu ni son ministre. Je ne peux pas lire dans votre cœur mais Dieu, qui sonde les cœurs, voit ce que les hommes ne peuvent pas voir. Il voit votre zèle à écouter, vos pensées, vos résolutions, les progrès que vous faites par sa grâce, l'assiduité de votre prière, les demandes que vous lui adressez pour obtenir ce qui vous manque et vos actions de grâces pour le remercier de ses bienfaits...

Pensez-y bien, frères ! S'il est louable d'écouter la parole, combien plus de la mettre en pratique. Si vous ne l'écoutez pas, vous vivez dans la négligence, et vous ne construisez rien. Si vous l'écoutez sans la pratiquer, vous ne bâtissez que des ruines. Le Seigneur nous a donné à ce sujet une comparaison très juste : « Celui qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, ressemble à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ». Écouter et mettre en pratique, c'est bâtir sur le roc..., écouter sans pratiquer, c'est bâtir sur le sable ; refuser même d'écouter, c'est ne construire rien.

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