Evangile, St et Homélie du Me 14 sept 2016. Fête de la Croix Glorieuse


Mercredi 14 septembre 2016

Fête de la Croix Glorieuse

Saint(s) du jour : St Cyprien de Carthage, évêque et martyr († 258), St Albert de Jérusalem, évêque et martyr († 1215)



Livre des Nombres 21,4b-9.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 78(77),3-4ac.34-35.36-37.38ab.39.

Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n'était pas constant envers lui ;
ils n'étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait.
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s'en va sans retour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

Homélie du Père Philippe

 

L’épisode du « serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert », fait allusion à une pratique un peu ambiguë, vestige d’un vieux rite magique, dont nous avons entendu le récit en première lecture. Le désert est un espace inhospitalier où rôde la mort. Or c’est à ce lieu qu’est rattachée pour « tout homme qui croit » une possibilité de vivre, et même d’« obtenir la vie éternelle ».

Le paradoxe est encore accru par le fait que les hommes obtiennent le salut par la médiation d’un serpent, qui est normalement l’agent mortifère par excellence : voilà que cet animal qui porte la mort dans sa gueule, devient vecteur de vie par son élévation. Moïse en effet n’a pas exterminé les serpents, ni empêché qu’ils mordent les israélites ; mais à ceux qui étaient mordus, il propose d’échapper à la conséquence mortelle de la morsure, en les invitant à lever les yeux vers le serpent élevé sur le mât. Par cette position insolite, ce serpent - animal terrestre par excellence – est arraché à sa signification habituelle, et se trouve investi d’un sens nouveau, qu’il tire de l’élément auquel il est associé par son élévation, à savoir le ciel.

 

 

Jésus s’appuie sur cet épisode de la marche au désert, pour signifier ce qu’il en sera de sa mort : le lieu propre des cadavres est sous terre, là où la vie ne pénètre pas ; élevé sur la Croix, le corps du Christ va tout au contraire recevoir d’en-haut une vie radicalement nouvelle et éternelle. Jésus crucifié surélève la mort et lui donne un sens nouveau : de défaite de la vie conduisant à la descente au Shéol, elle devient signe d’élévation, de montée vers les hauteurs, vers le « ciel », c'est-à-dire vers la demeure de Dieu, où règne la Vie en plénitude : « La mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien est disparu (Apoc 21, 4) ». La mort n’est pas éliminée en tant que telle : elle est dépassée, au sens où elle n’a plus le dernier mot : elle devient passage vers la vie, offerte à travers elle. Le grand mystère est précisément que la vie éternelle nous soit donnée à travers son contraire, la mort : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? (1 Co 15, 54-55) » La Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ est l’échelle de Jacob par laquelle nous est offerte la possibilité de « monter » de la terre au ciel, de la mort à la Vie, en participant à l’exaltation du Fils de l’Homme à la droite de Dieu son Père. Telle est l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu est les hommes : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ; ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

 

 

 

A l’initiative déconcertante de Dieu, nous ne pouvons répondre que par l’humble accueil, dans la foi, du salut qu’il nous offre en son Fils. Tendons la main, non plus vers le fruit mortifère de l’Arbre de la connaissance, mais vers le fruit vivifiant qui s’offre à nous sur l’Arbre de la Croix : l’Eucharistie de Notre Seigneur, qui nous donne part dès à présent à sa vie filiale.

 

 

 

Père Philippe

 

 


 

 

 

Méditation RC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, par ce passage d’Évangile, tu m’appelles et m’invites à accueillir la foi qui enracine ma vie sur le mystère de ton incarnation. Toi, le Fils de Dieu, tu es descendu au milieu des hommes, tu as pris notre nature humaine pour nous montrer le chemin à suivre pour retourner au Père. Et par cette incarnation, tu as offert ta vie et vaincu la mort en ressuscitant après avoir été martyrisé, humilié et crucifié entre deux malfaiteurs. Seigneur, si tu n’avais accepté cette mort humiliante sur la croix, nous n’aurions jamais pu prétendre être assis à ton côté, glorifiant Dieu avec toi et à ton exemple. Oui, Seigneur, sois remercié de cette croix glorieuse à tout jamais !

 

Demande

 

Seigneur, enracine en moi cette foi pour que je puisse, à mon tour, proclamer au milieu de ceux que je connais, la rédemption de tous les hommes et de chacun en particulier dès lors que nous accueillons la vie que tu es venu donner à ceux qui lèvent les yeux vers toi.

 

Points de réflexion

 

1. « Nul n’est monté au ciel » réponds-tu à Nicodème, ce notable juif, qui cherchait à savoir si tes paroles venaient du ciel ou d’ailleurs. Les paroles que tu profères ne viennent que de Dieu, assures-tu. Nul, s’il ne croit à tes paroles, ne pourra entrer au ciel. Les hommes d’ici-bas doivent d’abord lever les yeux vers celui que le Père a envoyé, tout comme les fidèles devaient regarder le serpent d’airain que Dieu avait demandé à Moïse de fabriquer et de placer sur un mât pendant la traversée du désert. Tu veux que Nicodème reconnaisse en toi celui que le Père a envoyé au milieu des siens. Quiconque regardait le serpent d’airain était guéri de ses blessures et c’est vers toi, aujourd’hui, que les hommes doivent tourner les yeux pour être guéris des blessures du péché qui les a séparés de Dieu. C’est à travers toi que le peuple pourra rejoindre le salut éternel que Dieu a promis à son peuple au moment de la chute originelle. Être guéri de la morsure du serpent, c’est renouer l’Alliance, c’est ce que Nicodème attend avec tous les membres du Peuple élu.

 

2. « Hormis celui qui est descendu du ciel ». Cette nouvelle Alliance ne peut passer que par toi qui es descendu d’auprès du Père. Comment un homme aussi intelligent et ouvert soit-il, peut-il entrer dans ce mystère ? Ici, les capacités humaines ne suffisent pas : elles ne peuvent remplacer la foi et à c’est cette foi que tu veux que Nicodème s’ouvre. Il faut qu’il soit soutenu par Dieu lui-même. « Une fois remonté au ciel, je vous enverrai un autre Paraclet qui vous fera tout comprendre » diras-tu plus tard à tes disciples, mais ici, tu ne peux qu’inviter Nicodème à se convertir à cette foi. Pour avoir la vie éternelle, il faut croire à celui qui sera élevé de terre.
Tu veux que Nicodème, qui connaît les Écritures et les promesses qu’elles contiennent, en te voyant lorsque tu seras sur la croix, puisse comprendre que tu es véritablement le « Serviteur souffrant » dont parle Isaïe, celui qui a offert sa vie en rachat pour la multitude.

 

3. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique » pour que l’homme puisse partager la vie divine et participer à cette vie en lui. Tu veux que Nicodème comprenne que de toute éternité le dessein de Dieu est que l’homme partage sa vie et sa gloire. Le péché de l’homme a mis un obstacle à ce retour, mais le Père t’a envoyé dans le monde, au milieu des hommes, pour qu’ils puissent revenir à lui. Tu n’es pas venu pour juger le monde, mais pour que les hommes croient en toi et te suivent malgré les croix et les difficultés. Tu veux que Nicodème te reconnaisse, sous l’aspect et la réalité d’un homme comme les autres, comme « l’envoyé du Père ». C’est le plan de Dieu pour nous unir à lui. Tu sais que ton retour auprès du Père inaugure dès maintenant le retour de chaque homme qui croit et croira en toi.
Tu sais que l’Esprit Saint est là pour aider l’homme, tout homme, à ouvrir son cœur et adhérer à la foi en disant comme le centurion qui a participé à ta crucifixion : « Vraiment cet homme était fils de Dieu ».

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, tu sais bien que je ne suis pas Nicodème mais tu sais que, comme lui, j’ai besoin de croire que tu nous as ouvert la porte du salut par ta croix. Permets-moi d’accompagner Marie, celle que tu m’as donnée pour Mère et que je sache participer au salut du monde, au salut de mes frères, au salut de tous les hommes qui sont appelés à te reconnaître au milieu des difficultés de chaque jour. Qu’avec elle, ta présence sur la croix, me permette de glorifier Dieu et de participer à sa charité.

 

Résolution

 

Vénérer la croix glorieuse et prier le rosaire avec Marie pour participer au salut du monde que tu es venu réaliser sur cette croix.

 

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de RC


 

 

"Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme."

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle." La fête de la croix glorieuse que nous célébrons nous invite à contempler la Croix et la mort de Jésus comme une source de vie, une source de guérison pour chacun de nous. C’est un paradoxe difficilement compréhensible pour beaucoup. La foi nous donne à contempler l’horreur du supplice de la croix pour y découvrir l’étonnante « vie qui surgit de cet arbre qui donnait la mort. » La croix est glorieuse ! Comment peut se faire la transformation d’un instrument qui donne mort, en un lieu où surgit une source de vie ? Car la croix que nous contemplons est un instrument de supplice, le lieu de la souffrance du Christ ! En célébrant « l’exaltation de la Croix », nous célébrons Jésus qui a été élevé jusqu’à la Gloire du Père par le don total qu’il a fait de lui-même pour notre salut. La « Croix glorieuse » nous fait contempler la victoire de Jésus sur les forces du mal, sur la mort. Elle devient ainsi le signe de la réconciliation définitive entre Dieu et l’humanité, le signe de la victoire de la Vie sur la mort. La vie éternelle, c’est l’Amour infini de Dieu que nous accueillons par la foi. C’est dans la nuit de la Foi que se réalise le mystère de la Compassion de Marie que nous rejoignons au pied de la Croix ou Jésus est élevé. Quand nous sommes dans la détresse, nous avons besoin les uns des autres. Nous faisons mémoire de la croix glorieuse de Jésus auprès de tous ceux, qui, de part le monde, subissent la persécution. Nous nous tournons vers ceux qui sont « saisis » par la souffrance et nous demandons pour eux la patience et la persévérance de Jésus !

"Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle." L’exaltation de Jésus crucifié est la conséquence de son abaissement. Le Verbe de Dieu, qui partageait la gloire du Père, a préféré abandonner cette plénitude, pour se cacher dans notre humanité. Dans l’Incarnation du Verbe se manifeste l’amour de Jésus pour nous, et l’amour de son Père qui nous le donne. La transformation de la mort en vie, de la croix comme supplice, à la Croix comme source de Vie, s’opère par l’acte d’amour qui animait Jésus et son Père alors qu’il traversait les épreuves de sa passion. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix nous invite à méditer sur le lien profond qui unit la célébration Eucharistique et le mystère de la Croix. Chaque messe est la célébration sacramentelle du mystère pascal de Jésus, elle rend actuel le sacrifice rédempteur du Christ. L’Eucharistie nous rappelle quotidiennement que notre salut jaillit de ce mystérieux échange, dans lequel le Fils de Dieu épouse la mort pour nous donner gratuitement part à sa vie divine. Au-delà du processus de transformation du pain et du vin dans le Corps et le Sang de Jésus, la pâque réalise la transformation de la violence inhumaine en don d’amour. Ce processus de transformation n’a été possible que parce que Jésus a voulu entrer dans le mystère d’amour de son Père et répondre par son amour à la violence qui lui a été faite. Le message de la Croix glorieuse, de la victoire définitive du Christ sur le Mal, sur le péché, le mensonge, et toutes les forces de mort, vient résonner dans notre cœur comme un appel à se dépasser, un appel à croire qu’avec le Christ, tout est possible à Dieu.

"Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé." C’est « l’explosion intime du bien » qui est vainqueur du mal, elle peut engendrer la chaîne des transformations qui, peu à peu, changeront le monde. Jésus, dans l’Eucharistie, dit oui à la volonté de Dieu qui lui demande de donner sa vie pour ses frères et sœurs. C’est par amour du Père et de l’humanité que Jésus dit ce oui crucifiant, c’est même une obéissance eucharistique, c’est par amour et dans l’action de grâces, qu’il dit oui au Père. Par ce oui d’obéissance amoureuse, Jésus me demande de faire de même pour faire jaillir la vie. Quand Jésus nous dit de faire ceci en mémoire de lui, c’est moins la répétition d’un rite, que l’entrée dans son obéissance confiante envers son Père. Suivre le Jésus pour accomplir notre vocation de baptisé peut être crucifiant, nous devons voir les épreuves que nous traversons comme autant d’occasions d’entrer davantage dans la dynamique du don et de l’amour. Ainsi la vie peut jaillir de nos croix aujourd’hui unies à Jésus, comme elle jaillit de la Croix de Jésus, que nous appelons désormais Croix glorieuse. Nous entrons, par la Croix de Jésus, dans le mystère de l’Amour, surs de le rencontrer, puisque la porte d’accès est cet amour victorieux de tout mal. La contemplation de la Croix glorieuse constitue un formidable message d’Espérance.

Nous demandons la grâce de vivre de l’immense amour de Jésus.

Père Gilbert Adam


 

 

 

 

 

Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle»

Aujourd'hui, l'Évangile est une prophétie, c'est-à-dire un regard dans le miroir de la réalité qui nous introduit à sa vérité au-delà de ce que nous rapportent les sens: la Croix, la Sainte Croix de Jésus-Christ, est le Trône du Sauveur. C'est pourquoi Jésus affirme: «Ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé» (Jn 3,14).

Nous savons bien que la croix était le supplice le plus atroce et le plus honteux de l'époque. Exalter la Sainte Croix serait pur cynisme si le Crucifié ne s'y trouvait suspendu. La croix, sans le Rédempteur, est cynique; avec le Fils de l'Homme, elle est le nouvel arbre de la Sagesse. Jésus-Christ «s'offrant librement à la passion» de la Croix a ouvert le sens de notre destinée: monter avec Lui sur la Sainte Croix pour ouvrir les bras et le cœur au Don de Dieu, en un admirable échange. Ici aussi il nous convient d'écouter la voix du Père céleste: «Celui-ci est mon Fils (…), qui a toute ma faveur» (Mc 1,11). Nous trouver crucifiés avec Jésus et ressusciter avec Lui: voilà le sens de toutes choses! L'espérance est là, le sens est là, et l'éternité et la vie! Les chrétiens ne sont pas fous quand, dans l'Annonce de la Pâque, ils chantent la louange du péché originel: «Bienheureuse faute de l'homme, qui valut au monde en détresse le seul Sauveur», qui par sa douleur a donné sens à la douleur.

«Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde: venez, adorons» (Liturgie du Vendredi Saint). Si nous parvenons à dépasser le scandale et la folie du Christ crucifié, il ne nous reste plus qu'à l'adorer et à lui rendre grâce pour son Don. Et chercher avec décision la Sainte Croix dans notre vie, pour nous remplir de la certitude que, «par Lui, avec Lui et en Lui», le don de nous-mêmes sera, dans les mains du Père et par l'Esprit Saint, transformé en vie éternelle: «Versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés».


 


Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople . Homélie pour l'adoration de la Croix (Cf. brév. 2e vendredi de Pâques)

La croix, arbre de vie

 

Que la vue de la croix est belle ! Sa beauté n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d'Eden. Elle est tout entière admirable, « belle à voir et à partager » (Gn 3,6). C'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l'Eden ; elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, et a délivré le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le Satan.

Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompé par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants ! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte. C'est avec à-propos que l'apôtre Paul s'est écrié : « Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ga 6,14)... Au-dessus de toute sagesse, cette sagesse qui a fleuri sur la croix a rendu stupide les prétentions de la sagesse de ce monde (1Co 1,17s)...

C'est par la croix que la mort a été tuée et Adam rendu à la vie. C'est par la croix que tous les apôtres ont été glorifiés, tous les martyrs couronnés, tous les saints sanctifiés. C'est par la croix que nous avons revêtu le Christ et dépouillé l'homme ancien (Ep 4,22). C'est par la croix que nous avons été ramenés comme les brebis du Christ, et que nous sommes rassemblés dans la bergerie d'en haut.

 


 

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 08 Sept 2016. Généalogie de Jésus-Christ: Jésus est fils d’Adam, d’Abraham et de David

Lecture du livre de Michée (Mi 5, 1-4a)

Ainsi parle le Seigneur :
    Toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent aux temps anciens,
aux jours d’autrefois.
    Mais Dieu livrera son peuple
jusqu’au jour où enfantera...
celle qui doit enfanter,
et ceux de ses frères qui resteront
rejoindront les fils d’Israël.
    Il se dressera et il sera leur berger
par la puissance du Seigneur,
par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu.
Ils habiteront en sécurité, car désormais
il sera grand jusqu’aux lointains de la terre,
    et lui-même, il sera la paix !


 OU BIEN


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 8, 28,30)

Frères,  
nous le savons, quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour.
    Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance
à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils soit le premier-né
d’une multitude de frères.
    Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.


Psaume : Ps 12 (13), 6ab, 6c

Moi, je prends appui sur ton amour ;
que mon cœur ait la joie de ton salut !

Je chanterai le Seigneur
pour le bien qu’il m’a fait.


 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 1-16.18-23)

Généalogie de Jésus, Christ,
fils de David, fils d’Abraham.


    Abraham engendra Isaac,
Isaac engendra Jacob,
Jacob engendra Juda et ses frères,
    Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara,
Pharès engendra Esrom,
Esrom engendra Aram,
    Aram engendra Aminadab,
Aminadab engendra Naassone,
Naassone engendra Salmone,
    Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz,
Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed,
Jobed engendra Jessé,
    Jessé engendra le roi David.


David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon,
    Salomon engendra Roboam,
Roboam engendra Abia,
Abia engendra Asa,
    Asa engendra Josaphat,
Josaphat engendra Joram,
Joram engendra Ozias,
    Ozias engendra Joatham,
Joatham engendra Acaz,
Acaz engendra Ézékias,
    Ézékias engendra Manassé,
Manassé engendra Amone,
Amone engendra Josias,
    Josias engendra Jékonias et ses frères
à l’époque de l’exil à Babylone.


Après l’exil à Babylone,
Jékonias engendra Salathiel,
Salathiel engendra Zorobabel,
    Zorobabel engendra Abioud,
Abioud engendra Éliakim,
Éliakim engendra Azor,
    Azor engendra Sadok,
Sadok engendra Akim,
Akim engendra Élioud,
    Élioud engendra Éléazar,
Éléazar engendra Mattane,
Mattane engendra Jacob,
    Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie,
de laquelle fut engendré Jésus,
que l’on appelle Christ.


    Voici comment fut engendré Jésus Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte
par l’action de l’Esprit Saint.
    Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
    Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
    elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »


    Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
    Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,

qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Une succession de noms qui défilent. Un verbe : « engendra », une chaîne de génération, et au terme : un fruit. Le Messie. Jésus. Et nous, enfants des hommes, nous recueillons ce Fruit. Nos mains s’ouvrent pour recevoir le Fruit des générations. Le « Pain de Vie » est le Fruit de cet arbre des générations. Oui, les générations ont défilé ; les visages  se sont succédés, visages de saints comme David le pécheur repenti, Josias le roi pieux que l’on a contemplé transpercé, ou Joseph l’homme juste. Visage de pécheurs comme Jacob le fourbe, de grands pécheurs comme Salomon l’idolâtre ou d'impies comme le roi Acaz. 

 Les visages se sont succédés, les siècles ont passé et ce qui est extraordinaire, c’est que le don de Dieu ne s’est pas éteint. Dieu ne s’est pas découragé, Dieu n’a pas déserté son peuple. Dieu est fidèle, éternellement fidèle à sa promesse.  La grâce a connu l’épreuve du temps. La grâce a connu l’épreuve des impiétés et elle ne s’est pas éteinte. Au terme de cette longue chaîne, le salut a été donné, le Sauveur nous a été donné, Celui qui sauve toutes les générations celles qui l’ont précédé, et toutes celles qui l’ont suivi.  Aujourd’hui le Seigneur nous invite à reprendre confiance en son œuvre qui passe à travers les hommes. Oui, les ténèbres ne peuvent pas éteindre la lumière qui vient de Dieu.  Le salut nous est venu à travers des hommes et des femmes de notre pâte humaine.

Frères et sœurs, si nous nous arrêtions là, ce serait très incomplet. Oui, il y a la succession des générations. Mais à elle seule, elle n’a pas suffi. Il y a une deuxième source. Il y a Marie.  « Éléazar engendre Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie de laquelle naquit Jésus que l’on appelle Christ. » (Mt 1, 15-16)  Jésus est fils d’Adam, Jésus est fils d’Abraham, Jésus est fils de David, Jésus sera appelé « fils de Joseph », mais il est né de Marie.

 

Notre humanité pétrie par la Parole de Dieu travaillée, sanctifiée par sa promesse porte une espérance inouïe : oui, mais elle reste stérile sans Marie.  Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?  Cela veut dire que lorsque nous ouvrons notre vie à Marie, nous l’ouvrons au Salut.  Notre premier labeur est de nous laisser travailler par la Parole, mais le vrai fruit ne viendra que si conjointement, nous accueillons Marie.

Vierge, Mère et Épouse, Reine du ciel et de la terre, intercède pour moi maintenant et à l'heure de ma mort, pour que je vienne chanter avec Toi, avec tous les Saints, et avec tous ceux qui m'ont été confiés dans la foi, le cantique nouveau de l'Agneau dans la Jérusalem céleste,resplendissante de la beauté du jour qui ne meure pas.

http://www.meinau-catholiques.org


Meditation de Sabine Laxague, consacrée de RC

Prière d'introduction

Aujourd’hui, fête de la Nativité de Marie, essayons et demandons la grâce de pouvoir entrer dans le cœur de Marie. Ce cœur que Dieu s’est préparé pour l’accueillir lui-même ; ce cœur qui allait éduquer, enseigner la vie à Dieu fait homme ; ce cœur qui a donc été formé avec tant de tendresse et de délicatesse. Ce cœur pour qui l’on pourrait dire que ces phrases ont été écrites en Jérémie 1, 4 : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations ».

Demande

Marie, nous osons aujourd’hui te demander de nous laisser voir ton cœur et de comprendre quel est l’amour qui l’habite ; et si tu le veux, Marie, par ton intercession et avec toi, permets-nous d’en faire l’expérience ; ainsi notre âme, Seigneur, exultera de joie en Dieu, notre Seigneur, et nous pourrons associer notre voix à la tienne en disant : « Moi, je prends appui sur ton amour ; que mon cœur ait la joie de ton salut ! Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait » (Psaume 12).

Points de réflexion

1. Choix de Dieu pour une mission concrète. L’Évangile d’aujourd’hui nous présente une liste de personnes, toutes choisies de Dieu pour une mission concrète. Cette généalogie aboutit à Joseph et Marie. Toutes ces générations de personnes porteront en elles une partie du dessein du salut de Dieu pour l’humanité. Sans eux ce dessein d’amour ne peut pas se réaliser. Ce dessein d’amour ne peut se réaliser en nous, sans nous ; il ne peut non plus se réaliser dans le monde d’aujourd’hui sans notre collaboration. Marie a une place spéciale, c’est vrai, dans ce dessein d’amour immense de Dieu pour chacun des hommes, puisque c’est en elle qu’est engendré Jésus, le sauveur, le Messie. Elle est choisie par Dieu de façon toute spéciale.

2. Un cœur façonné par Dieu. Comment était le cœur de Marie ? Comment vivait-elle sa vie ordinaire ? Que se passait-il dans son cœur ? Quelques passages de l’Écriture me semblent révéler directement ce cœur. Psaume 131 : « Je n’ai pas pris un chemin de grandeur ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et en silence comme un enfant contre sa mère (…) » Et en Isaïe 7, 9 il est dit : « Mais si vous ne tenez à moi, vous ne tiendrez pas ».
Tenir à Dieu, ne tenir qu’à Dieu. Voilà le cœur de Marie qui, en confiance absolue, exclut le recours à tout autre appui, des hommes ou à plus forte raison des faux dieux. Elle ne tient qu’à Dieu. C’est dans cette confiance filiale que se joue, selon Isaïe, notre salut personnel et celui des hommes.

Dialogue avec le Christ

Marie, toi qui as eu pour seul roc, ton Dieu, toi qui as vu en Dieu la pierre d’angle, la pierre fondamentale sans qui tout s’effondre et n’a aucun sens ; toi qui dans la vie ordinaire as su t’abandonner et chercher ce dessein d’amour de Dieu pour toi, avec la certitude que ce dessein voulait dire pour toi « salut » et vraie et profonde joie ; aide-moi à comprendre ma propre petite portion de chemin. Aide-moi à chercher avec autant de confiance à accomplir ce dessein d’amour en moi ; que je laisse Dieu réaliser en moi ce dessein d’amour qui, étant la meilleure chose pour moi, est aussi la meilleure chose pour l’humanité.

Résolution

Élever vers Dieu plusieurs fois dans la journée : « Cœur de Marie, que mon cœur ressemble au tien ».

Sabine Laxague, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr


 

Homélie du Père Adam

"Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. 

Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret." Nous fêtons la naissance de Marie, la Reine de la Paix, qui donnera naissance au prince de la Paix. L’Église, pour cette fête, reprend l’origine de Jésus ! De génération en génération, notre humanité porte la blessure de son péché, envie, jalousie, mensonge, violence. Nous prions que Dieu nous envoie le Sauveur. Marie est liée à cette histoire sainte, elle s’enracine dans l’épaisseur de l’humanité par Joseph, « l’époux de Marie de laquelle… ! » Bouleversement et rupture de rythme dans cette longue généalogie : une femme, après cette génération d’hommes, pour un nouveau commencement. Dieu nous déconcerte toujours, il agit dans la pauvreté et dans l’humilité, dans la bassesse de sa créature. Quand l’action de Dieu nous surprend, nous voulons l’accueillir comme un mystère que notre foi nous permettra un jour de comprendre. Ce mystère nous introduit dans la beauté, mais il nous fait entrer dans la nuit, dans les ténèbres. Joseph, l’homme juste, ne comprend pas, il décida de répudier Marie en secret, car il ne comprenait pas le chemin de Dieu !

"Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Le mystère de Marie, petite fille d’Israël enracinée dans son peuple, était annoncée dans la Parole, après un temps de délaissement. Dieu sauve le monde, il s’est abaissé en s’incarnant, assumant la condition humaine, dans notre monde. C’est l’amour infini de Dieu qui se révèle dans son Fils Jésus, qui vient partager notre nature humaine. Joseph, l’époux de Marie, va devoir prendre en compte ce changement. Dans chacune de nos vies c’est le Mystère de l’intervention du ciel que nous retrouvons ! C’est le mystère d’un petit peuple, non reconnu, humilié, bafoué qui poursuit sa marche : « Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde » dira Jésus. Ces changements sont pour nous si difficiles à accueillir ! Nous savons, par expérience, combien il est difficile de mettre nos pas dans les pas de Jésus, de nous mettre à l’école de l’Esprit Saint. Dieu intervient dans notre vie que nous n’aurons pas à la mener seul, mais avec Jésus !

"Tout cela arriva pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec- nous ». Joseph doit accueillir un tel mystère. Dans l’humilité de Nazareth, Marie accepte de donner naissance au Prince de la Paix. Elle accueille la mission de la paix. Elle nous redonne de l’espérance. Avec Joseph, nous accueillons la Reine de la Paix. Marie est le premier fruit de la Passion de Jésus qui apporte la réconciliation de l’homme avec lui-même et avec son Créateur. L’homme et la femme ont été créés à l’image de Dieu. Il nous faut reprendre conscience de cet amour qui nous construit jour après jour depuis notre naissance, de cette bonté, de cette beauté de l’humanité malgré le péché. Marie nous entraîne vers Jésus, sur les chemins de la réconciliation, à la source de la Paix. Le chemin que parcourt Joseph, chacun de nous aura à le parcourir. Sachons nous ouvrir de tout notre être à la nouveauté de Dieu. Pour cela, nous acceptons notre propre histoire. C’est une nouveauté fondamentale vécue dans notre humanité ou Dieu vient relever les pauvres ! C’est la bonne nouvelle de l’Évangile, Jésus vit toujours dans l’intimité de Dieu, son Père.

Nous demandons la grâce de comprendre que Marie nous donne Jésus qui nous sauve.

Père Gilbert Adam---http://www.pere-gilbert-adam.org

 

 

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Evangile, Saint et Homélie du Me 07 Sept 2016.


1ère lecture : « Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n’as pas de femme ? ne cherche pas à te marier » (1 Co 7, 25-31)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
    au sujet du célibat, je n’ai pas un ordre du Seigneur,
mais je donne mon avis,
moi qui suis devenu digne de confiance
grâce à la miséricorde du Seigneur.
    Je pense que le célibat est une chose bonne,
étant données les nécessités présentes ;
oui, c’est une chose bonne de vivre ainsi.
    Tu es marié ?
ne cherche pas à te séparer de ta femme.
Tu n’as pas de femme ?
ne cherche pas à te marier.
    Si cependant tu te maries, ce n’est pas un péché ;
et si une jeune fille se marie, ce n’est pas un péché.
Mais ceux qui font ce choix y trouveront les épreuves correspondantes,
et c’est cela que moi, je voudrais vous éviter.


    Frères, je dois vous le dire : le temps est limité.
Dès lors, que ceux qui ont une femme
soient comme s’ils n’avaient pas de femme,
    ceux qui pleurent,
comme s’ils ne pleuraient pas,
ceux qui ont de la joie,
comme s’ils n’en avaient pas,
ceux qui font des achats,
comme s’ils ne possédaient rien,
    ceux qui profitent de ce monde,
comme s’ils n’en profitaient pas vraiment.
Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

Psaume : Ps 44 (45), 11a.12, 14-15a, 15b-16, 17a.18

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille :
le roi sera séduit par ta beauté.
Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

À la place de tes pères se lèveront tes fils ;
Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges :
que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres,
car le royaume de Dieu est à vous.
    Heureux, vous qui avez faim maintenant,
car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant,
car vous rirez.
    Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent
et vous excluent,
quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable,
à cause du Fils de l’homme.
    Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie,
car alors votre récompense est grande dans le ciel ;
c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.


    Mais quel malheur pour vous, les riches,
car vous avez votre consolation !
    Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant,
car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant,
car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
    Quel malheur pour vous
lorsque tous les hommes disent du bien de vous !
C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Aujourd’hui, Jésus annonce une nouvelle extraordinaire à tous ceux et celles qui sont sous le poids de l’épreuve. Il leur annoncent ce que nous ne sommes pas capables de voir ou de concevoir par nous-mêmes, « ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Co 2, 9). Il leur annonce comment Dieu, dans son infinie paternité d’Amour, vient à la rencontre des souffrants et des pauvres.  Vous qui êtes pauvres, je vous annonce une Bonne Nouvelle :  le Royaume des Cieux déjà vous appartient. Le Règne de l’Amour est désormais présent et, parce que pauvres, parce que vous n’êtes encombrés d’aucune richesse,  il est à vous ! Vous pouvez dès aujourd’hui l’accueillir. Heureux êtes vous !

Vous aussi qui avec faim, je vous annonce une Bonne Nouvelle : il vient le jour où vous serez rassasiés.  Le Père veille sur vous et la faim et la mort n’auront pas le dernier mot. L’avenir est pour vous rempli d’espérance. Heureux êtes vous !  Vous qui êtes dans les larmes, vous qui êtes sous le poids d’épreuves personnelles, spirituelles, familiales, ou de travail ou d’affection ou de guerre, je vous annonce une Bonne Nouvelle : le jour vient où vous serez saisis de joie  car le Père vous aime et votre tristesse se changera en joie. Heureux êtes vous !

Quant à vous qui êtes insultés ou persécutés parce que vous êtes fidèles à l’Évangile, parce que vous proclamez votre foi en famille, au travail, dans la ville, je vous annonce une très Bonne Nouvelle : vous aurez au Ciel une récompense extraordinaire parce que participant à ma Passion, vous participerez à ma Résurrection. Heureux êtes vous !  Frères et sœurs, voilà ce que sont les Béatitudes : L’annonce d’une Bonne Nouvelle merveilleuse pour tous ceux qui peinent. Avec une clarté inouïe, Jésus nous partage la Bonne Nouvelle qui illumine sa propre route d’humanité. Sa route qui connaîtra la pauvreté, la faim, les larmes et la croix, pour entrer par cette Passion d’Amour dans la gloire éternelle du Père.  Mieux : Jésus nous attire sur cette route qui est la sienne. Heureux sommes nous quand nous partageons la croix de Jésus parce que nous partageons déjà sa Résurrection et sa gloire !

Voilà la Bonne Nouvelle que nous avons la charge d’annoncer. Qu’ils sont beaux les pieds des porteurs de la Bonne Nouvelle qui vont quitter aujourd'hui nos églises ou leurs foyers pour aller crier l’Évangile par leur vie !

Que l'Eucharistie ravive en nous cette joie pour que nous soyons plein de feu pour porter l’Évangile !

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org


 

Méditation de Père Shane Lambert, LC

Prière d'introduction

Seigneur Jésus, Fils Prodigue qui a gaspillé ton héritage céleste sur terre, que nous échangions malheur pour malheur, bonheur pour bonheur : ta grâce pour mon péché, ta miséricorde pour mon cœur de pierre.

Demande

La Miséricorde pour que je devienne miséricordieux comme le Père.

Points de réflexion

1. Spiritualité et humanité. Malgré le conseil de sainte Thérèse d’Avila, « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit (…) », ce n’est pas la spiritualité vécue par notre Dieu-Esprit (cf. Jn 4, 24) face à la misère humaine. Malgré sa patience éternelle d’être si inchangeable dans la possession de soi-même, il était « malheureux » dans sa propre richesse : « Dieu seul suffit ». Il y avait quelque chose d’épouvantable à la Sainte Trinité de devoir trouver la paix dans le Bien suprême, son Être autosuffisant : Il a voulu partager son existence, son bien, son amour avec les autres. C’est peut-être parce que notre Dieu-Esprit ne se justifiait pas devant lui-même avec sa spiritualité, mais il fut de toujours prêt à se gaspiller gratuitement par l’humanité : il a donc voulu créé l’homme et la femme à son image, à l’image de Dieu, c’est-à-dire à la Sainte Trinité, selon leur ressemblance (cf. Gn 1, 26). Ainsi les Personnes divines se sont « troublées » de créer l’univers et de nous sauver, injustes et pécheurs que nous sommes devenus, en restaurant notre humanité avec leur Miséricorde. Ainsi Dieu a mérité les noms « Créateur » et « Sauveur » au début du temps de son « auto-insuffisance » choisie, un amour prêt à renoncer à son propre bien et à pâtir des autres. S’il suffit donc pour nous, pauvres créatures, de vivre de ce Dieu-Amour (cf. 1Jn 4, 8) pour obtenir la paix, parce qu’Il est la source de notre vie et guérison, néanmoins il n’est pas possible de vivre de « Dieu seul » comme une « spiritualité » sans assumer et restaurer l’ « humanité » voulue par Dieu. L’une des erreurs du schisme protestant, par exemple, fut de séparer la foi et les œuvres, ou bien, le bonheur supposé de l’individu de celui du prochain avec lequel on partage la seule nature humaine qui vient de Dieu (cf. Jc 2, 12-20) et l’appel à la communion des saints dans la Sainte Trinité (cf. Jn 14, 23-26).

2. Humanité et misère. Pendant l’histoire, toutes les écoles philosophiques nous ont offert des idéaux d’ « humanité » et des propositions de « bonheur ». Néanmoins, il y a déjà un sens commun par rapport à la nature humaine, la possession d’un bien aimé produit la « joie », tandis que son absence produit la « tristesse ». Pour sa part Jésus, nouvel Adam, incarne l’Image de Dieu dans son humanité avec toute la sensibilité de son « cœur de chair » (Ez 36, 26) capable d’aimer et de souffrir à la mesure de l’homme parfait. Malgré cela, dans sa miséricorde Jésus bouleverse toute conception d’une joie mondaine séparée de l’amour de Dieu et du prochain : par exemple l’argent, la nourriture, la joie, la louange – des biens relatifs conçus comme des fins et pas comme des moyens. Mais ne serait-ce pas possible de considérer ces bénédictions comme un don de Dieu, preuve que « Dieu seul suffit » comme pour le prêtre Calvin, c’est-à-dire le signe de prédestination de ses élus pour que nous puissions nous en réjouir sans scrupule ? La joie n’est-elle pas le signe d’un chrétien accompli, où le chrétien mérite d’être loué à cause de sa réussite dans l’histoire, c’est-à-dire un sujet de la Providence, un « béni de Dieu » ? « Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! » Pour Dieu il ne suffit pas de réjouir dans le don de Dieu sans reconnaître et de vivre l’appel de se donner aux autres, c’est-à-dire d’être un être provident et miséricordieux comme lui.

3. Prospérité et miséricorde. « Dieu seul suffit » ne suffit donc pas comme « spiritualité » si on n’est pas saisi par compassion devant la misère d’autrui quand le prochain manque des biens qui correspondent à notre humanité. L’argent sert pour l’aumône (« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous »), la nourriture pour l’affamé (« car vous serez rassasiés »), la joie pour créer l’amitié avec celui qui souffre la solitude (« car vous rirez »), la louange pour diriger la gloire vers Dieu-avec-nous, la Miséricorde parmi les hommes dans chaque personne sainte (« car alors votre récompense est grande dans le ciel »). Le Père fut prêt à gaspiller son Fils, quand Jésus laissa son « ciel » pour nous inviter à son Banquet : où dans leur Esprit la Communion des saints suffira !

Dialogue avec le Christ

Jésus-Christ, il est difficile pour moi de me dépouiller comme toi, en acceptant la mort à mes joies subjectives dans la vraie béatitude : « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. » (Ph 2, 4-6) Je comprends mieux donc pourquoi sainte Thérèse veut préciser encore l’esprit de sa prière : « (…) Elève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. » Qu’il me suffit d’être miséricordieux comme toi et ton Père, dans ton Esprit !

Résolution

Faire un acte de miséricorde corporel ou spirituel (cf. Misericordiae vultus, 15) afin qu’une autre personne puisse découvrir l’amour de Dieu qui agit en moi : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21).

Père Shane Lambert, LC

http://www.regnumchristi.fr


Homélie du Père Adam

Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. Jésus, « regardant ses disciples, » il nous faut d’abord nous laisser regarder par Jésus. Retrouver cet amour fondamental : Il est notre Créateur, il est notre Sauveur. Jésus veut raffermir la communauté des pauvres, des éprouvés et des menacés. Il est attentif à l’homme qui est dans le manque, il veut le ramener à l’essentiel, à la promesse de Dieu, où chacun est convoqué au bonheur. Notre richesse est le règne de l’amour qui s’accomplit en nous, il ouvre notre cœur aux dons de Dieu, c’est la seule et vraie joie. Les béatitudes sont une invitation à la sainteté, elles sont un chemin de vérité, de justice et surtout un chemin d’humilité et de douceur. Heureux, si nous savons pleurer avec ceux qui pleurent, car nous rirons dans la lumière de Dieu quand le sourire de Dieu aura triomphé de toutes nos peurs. Nous goûterons auprès de lui la joie des cœurs libres, la joie de ceux qui aiment et qui se savent aimés. Dieu habite en nous véritablement, il souffre en nous sa Passion, et il nous invite à le rejoindre, pour que nous sachions, par expérience, jusqu’où va son amour. C’est est une grâce à demander. Nous nous situons dans cet amour, pour regarder la réalité autrement, comme Dieu la regarde, avec tendresse, et avec amour.

Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. Il nous faut aller vers la désappropriation de soi pour que l’amour de Dieu puisse tout prendre en nous. Jésus nous aime, il veut nous prendre dans son cœur. Il faut que nous abandonnions nos égoïsmes pour nous retrouver sur un plan plus essentiel : L’Amour infini de Dieu qui fait abstraction de ce qui est particulier, au profit d’une vision plus élevée, plus divine. Les pleurs s’écoulent quand le vase est brisé, c’est un lieu très délicat et des plus sensibles. C’est un si grand mystère que Jésus pleure sur Jérusalem ! Il a été rejeté, maudit, on l’a traité de Satan ! Il a prit sur Lui la haine du monde, tous nos péchés. Il a tout pris véritablement dans sa propre vie, dans sa chair, dans son cœur. Tout ce qu’il est, il nous l’a donné. Le cœur de Jésus a éclaté sous le coup de lance, pour nous manifester son amour infini. Il y a toujours pour nous une possibilité d’élargir notre cœur, nos filets, pour aimer comme Jésus, aimer infiniment, sans retour, d’une manière tout à fait gratuite. Nous voulons aimer « candides comme des colombes, et prudents comme des serpents, » avec un amour gratuit venant de Dieu.

« Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. Être riche, c’est n’avoir plus en soi cet espace de désir que seul Dieu peut combler. C’est blessure de l’espérance que Dieu seul peut la guérir en la mettant en lumière. Il nous montre notre manque du vrai bonheur. Est riche, celui qui n’attend plus rien de Dieu, il a refermé les mains sur son avoir, il a mis « toute sa consolation » dans une sécurité matérielle. Il se contente de l’immédiat et se laisse remplir des choses qu’il possède ou qu’il convoite. Il ouvre alors en lui-même comme un puits sans fond, une faim qui le tenaille à tout moment ! Malheureux sommes-nous, lorsque nous nous installons dans la facilité, sans rien de profond qui nous passionne, nous nous retrouverons seuls, sans horizon ni amitié, quand l’épreuve nous visitera. Il nous faudrait rentrer en soi-même, retrouver la faim d’une vie authentique, ouverte et généreuse.

Nous prions pour que nos cœurs soient ainsi renouvelés. Nous demandons à Jésus la grâce de mettre les béatitudes dans notre vie.

Père Gilbert Adam---http://www.pere-gilbert-adam.org


 

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 06 septembre 2016. Jésus choisit ses 12 apôtres enseigne et guérit une multitude de gens

 


Mardi 06 septembre 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 23e semaine

Saint(s) du jour : Bx Bertrand de Garrigues, prieur o.p. († 1230)


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1-11.

Frères, lorsque l’un d’entre vous a un désaccord avec un autre, comment ose-t-il aller en procès devant des juges païens plutôt que devant les fidèles ? Ne savez-vous pas que les fidèles jugeront le monde ? Et si c’est vous qui devez juger le monde, seriez-vous indignes de juger des affaires de moindre importance ? Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? À plus forte raison les affaires de cette vie ! Et quand vous avez de telles affaires, vous prenez comme juges des gens qui n’ont pas d’autorité dans l’Église ! Je vous le dis à votre honte. N’y aurait-il parmi vous aucun homme assez sage pour servir d’arbitre entre ses frères ? Pourtant, un frère est en procès avec son frère, et cela devant des gens qui ne sont pas croyants ! C’est déjà un échec pour vous d’avoir des litiges entre vous. Pourquoi ne pas plutôt supporter l’injustice ? Pourquoi ne pas plutôt vous laisser dépouiller ? Au contraire, c’est vous qui commettez l’injustice et qui dépouillez les autres, et cela, vous le faites à des frères ! Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l’injustice ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, les idolâtres, les adultères, ni les dépravés et les sodomites, ni les voleurs et les profiteurs, ni les ivrognes, les diffamateurs et les escrocs, aucun de ceux-là ne recevra le royaume de Dieu en héritage. Voilà ce qu’étaient certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous êtes devenus des justes, au nom du Seigneur Jésus Christ et par l’Esprit de notre Dieu.

Psaume 149(148),1-2.3-4.5-6a.9b.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l'assemblée de ses fidèles !
En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l'éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l'heure du triomphe.
Qu'ils proclament les éloges de Dieu,
c'est la fierté de ses fidèles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,12-19.

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

 Homélie ou Méditation du jour



Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne)

«Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu»

Aujourd'hui, je voudrais centrer notre réflexion sur les premiers mots de cet Évangile: «En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu» (Lc 6,12). Des introductions comme celles-là peuvent passer inaperçues dans notre lecture quotidienne de l'Évangile, mais —de fait— elles sont de la plus grande importance. Dans le cas présent, on nous dit clairement que le choix des douze Apôtres —décision centrale pour la vie future de l'Église— fut précédé par toute une nuit de prière de Jésus, dans la solitude, devant Dieu son Père.

Comment était la prière du Seigneur? Sa vie nous permet de penser que ce devait être une prière pleine de confiance dans le Père, de total abandon à sa volonté —«ce n'est pas ma propre volonté que je cherche, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé» (Jn 5,30), d'union manifeste à son œuvre de salut. Ce n'est qu'à partir de cette longue, profonde et constante prière, toujours soutenue par l'action du Saint Esprit, qui, déjà présent au moment de son Incarnation, était descendu sur Lui lors de son Baptême, que le Seigneur puit obtenir la force et la lumière nécessaires pour continuer sa mission d'obéissance au Père en vue d'accomplir son œuvre de service pour le salut des hommes. Le choix ultérieur des Apôtres, dans lequel, comme nous le rappelle saint Cyrile d'Alexandrie, «le Christ lui-même affirme leur confier la mission même qu’il avait reçu du Père», nous montre comment l'Église naissante fut le fruit de cette prière de Jésus au Père dans l'Esprit, et que, par conséquent, elle est l'œuvre de la Sainte Trinité elle-même. «Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres» (Lc 6,13).   http://evangeli.net/evangile.


 

Homélie du Père Philippe

 

L’appel fondateur de l’Eglise naît de la prière nocturne du Seigneur, la nuit étant peut-être le symbole des ténèbres de sa Passion et de sa mort, dont il va triompher par la fidélité de son obéissance et de son amour. Le verbe « prier » apparaît deux fois dans le premier verset de notre péricope : l’appel sauveur qui rejoint chacun de nous par la voix de l’Eglise, est le fruit de la prière sacerdotale intense et persévérante du Christ crucifié.

 

Jésus prie le Père, car il va agir en son nom : appeler et donner un nom sont en effet des fonctions paternelles que Dieu accomplit par son Fils. Les Douze sont appelés « apôtres » c’est-à-dire « envoyés », « témoins » de la Parole agissante du Maître. Selon le principe juridique juif, ils représentent – au sens fort du terme : ils rendent présent – celui qui les envoie.

 

L’énumération solennelle des premiers appelés, se termine abruptement, renvoyant à nouveau vers le drame qui se prépare : « …et Judas Iscariote, celui qui fut le traître ». Quelle audace et quel courage de la part de Jésus de choisir et d’appeler celui-là même qui le dénoncerait, nous laissant ainsi entrevoir qu’aucune lâcheté ne peut mettre en échec sa confiance, qu’aucune trahison ne peut venir à bout de sa patience : entre Simon et Judas, entre fidélité et trahison, se déploient les noms des Douze, préfigurant ainsi la démarche boitillante de l’Eglise de tous les temps ; et aussi la nôtre sans doute. Douze personnes c’est bien peu de choses : Dieu aime réaliser son œuvre par « peu de choses ». Il aime agir par la médiation d’humbles signes sacramentels - à commencer par l’Eglise elle-même – dans lesquels sont pourtant cachées la toute-puissance et l’efficacité infinie de sa grâce.

 

Dans la discrétion de ces quelques versets décrivant un événement qui est passé inaperçu aux yeux du monde, saint Luc nous donne accès à un moment déterminant de l’histoire : la fondation de la communauté du salut, structurée hiérarchiquement par Jésus lui-même. La « pierre maîtresse » c’est le Christ, les apôtres en constituent « les fondations » (Ep 2, 20), les disciples sont les membres du nouveau peuple de Dieu. Trois cercles concentriques entourent le Maître : les Douze, les disciples et enfin la foule, accourue de Judée, de Jérusalem la capitale et même de la région côtière de Tyr et de Sidon, c’est-à-dire au-delà des frontières de la Palestine, préfigurant la mission universelle. 

 

Nous retrouverons cette même structure au début des Actes des Apôtres, dans la description des commencements de l’Eglise : Jésus s’adresse une dernière fois « aux Apôtres qu’il avait choisis » avant d’être « enlevé » : ceux-ci regagnent Jérusalem et « montent dans la chambre haute où se retrouvent Pierre, Jean, Jacques… » - suit l’énumération des Onze - entourés des femmes, de Marie, mère de Jésus, et de ses disciples (Ac 1, 2.13s) ; puis, après la descente de l’Esprit, accourent les foules provenant de tous les pays d’alentour.  

 

L’image suggérée par Saint Luc de ces trois cercles concentriques entourant le Maître au pied de la montagne, est quelque peu erratique, mais elle frappe par sa majesté, sa paisible beauté et sa force rayonnante. A travers cet événement advenu « en ces jours-là », c’est déjà la victoire définitive du Ressuscité qui s’annonce. L’imprécision temporelle tout à fait volontaire, nous invite à actualiser la scène dans l’aujourd’hui de notre vie : c’est dans cette paisible majesté que le Seigneur continue à venir à nous d’auprès du Père par la médiation de son Eglise, pour nous « délivrer des esprits mauvais » et guérir, dans la force de l’Esprit qui émane de lui, tous ceux qui le touchent par une foi aimante.

 

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Méditation de Père Roger Villegas, LC

 

Prière d'introduction

 

Père, fais-moi écouter ton appel à te suivre et à t’aimer comme un fils dans ton Fils. Que l’Esprit Saint m’aide à comprendre ton appel et sois ma force pour y répondre. Au nom du Père…

 

Demande

 

Jésus, que j’écoute mon nom sur tes lèvres avec émotion pour répondre à ton appel avec ferveur.

 

Points de réflexion

 

1. Dans la première lecture, saint Paul continue à rappeler à la communauté de Corinthe quelle doit être la conduite à tenir pour un chrétien. Il rappelle sans cesse aux fidèles que nous ne devons pas nous conformer à l’esprit de ce monde. Combien de fois nous jugeons l’Église et nos communautés avec des critères humains : le pape de gauche et le pape de droite, la paroisse communiste et la paroisse d’extrême droite. Au lieu d’éclairer le monde avec la lumière de l’Évangile, nous projetons les catégories du monde sur l’Église du Christ. L’Évangile nous rappelle les origines de cette Église apostolique : la prière de Jésus pour ses disciples, sa volonté de fonder l’Église sur les apôtres et la réponse généreuse des hommes fragiles.

 

2. Avant de choisir ses apôtres Jésus n’a pas lu leur CV, leur bilan de compétences. L’Église sainte du Christ tire son origine de la prière de Jésus. Il passe la nuit à prier avant de choisir les colonnes de son Église. Il les appelle par leur nom, pour nous rappeler que Dieu n’aime pas l’anonymat, Dieu nous appelle par notre nom. Chaque nom a une histoire, chaque colonne de l’Église est une colonne vivante, voulue, aimée par le Seigneur. Et dans la grandeur de ce mystère de Dieu qui appelle les hommes à collaborer étroitement avec lui il y a la place aussi pour la misère. Un bien-aimé du Seigneur, un homme choisi pour être signe de la présence de Dieu dans le monde, un apôtre de Jésus « devint un traître ».

 

3. Le jour de notre baptême Dieu nous appelle par notre prénom : je te baptise Jean, Nathalie, Justine, Paul,… Dieu nous connaît personnellement et nous envoie dans le monde pour que nous disions à chaque personne : Dieu t’aime. « Dans une civilisation paradoxalement blessée par l’anonymat et, en même temps, obsédée par les détails de la vie des autres, malade de curiosité morbide, l’Église a besoin d’un regard de proximité pour contempler, s’émouvoir et s’arrêter devant l’autre chaque fois que cela est nécessaire. En ce monde, les ministres ordonnés et les autres agents pastoraux peuvent rendre présent le parfum de la présence proche de Jésus et son regard personnel » (Pape François).

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, que ton amour personnel pour moi soit la source de ma confiance, de ma joie et de mon désir d’aller annoncer aux hommes qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y a un Dieu qui les aime. Que je réponde à ton appel avec générosité.

 

Résolution

 

Prier pour les intentions du pape et des évêques aujourd’hui.

 

Père Roger Villegas, LC

 

 

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Homélie du Père Adam

Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d’Apôtres :

Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître. Le choix des douze Apôtres fut précédé par une nuit de prière de Jésus, devant Dieu son Père, dans la solitude. La prière de Jésus était pleine de confiance dans le Père, de total abandon à sa volonté. A partir de cette longue prière, soutenue par l’action du Saint Esprit, Jésus continue sa mission d’obéissance au Père en vue d’accomplir son œuvre de salut de l’humanité. La vie de Jésus est une prière continuelle, il nous invite à nous laisser renouveler, enfanter à une nouvelle création. Nous sommes, avec lui, dans une toute nouvelle perspective, Jésus renouvelle toutes choses, il bâtit son Royaume avec une sagesse et une intelligence qu’il nous faudra demander sans cesse. Le Royaume de Dieu est là, c’est la présence de l’Amour infini de Dieu. Les démons délogés se mettent à crier ! Cependant, déjà Judas qui va trahir cet amour est annoncé ! Le peuple d’Israël était édifié avec douze tribus, Jésus, en lien avec son Père, choisit douze Apôtres.

Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s’arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Jésus, en prière au moment du choix des douze, nous rappelle l’importance « du collège des apô­tres, » qui reprend les douze tribus d’Israël. Ils deviennent ce grand Israël rénové dans la personne des apôtres, capable de recevoir la mission. Ils ont été choisis par le Christ-Jésus, ils sortent de la prière de Jésus. Nous voilà devant une foule nombreuse de ses disciples, et la grande mul­titude de gens. Le choix des douze est signifi­catif de la volonté de Jésus de choisir, au sein d’un peuple, quelques hommes qui vont être ceux-là mêmes qui vont recevoir la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle. Jésus les choisit pour être avec lui, comme Lui demeure en son Père, ils devront demeurer en lui. La communion d’amour entre Jésus et son Père devra exister entre ses apôtres et Lui-même. Dans ce choix des douze, il nous est montré que chacun d’entre nous est choisi particulièrement par Dieu. Il est choisi pour ce qu’il est, et pour ce qu’il va devoir être, dans la prière et dans la mission du Christ-Jésus.

Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. Aux douze tribus d’Israël vont succéder les douze apôtres de l’Agneau. C’est au cœur de l’annonce de la Bonne Nouvelle que la foule est atteinte par le message de Jésus. Jésus choisit tou­jours une personne qu’il guérit, il laisse transparaître sa force de vie pour tous, pour que nous soyons unis les uns aux autres. L’apôtre Jean manifeste cet Amour d’une manière étonnante quand il repose sur le cœur de Jésus. Cet amour nous met dans le cœur de Dieu ! Quel amour Jésus veut pour chacun de ses disciples et pour tout le peuple. Les malades et les paralysés sont guéris, la vie est redonnée. C’est le signe d’un amour qui va désormais se déployer. L’Esprit Saint est à l’œuvre dans le peuple de Dieu, dans ses ministres, dans ses Apôtres moyennant la foi. Dieu, qui est tellement amour, a donné un tel pouvoir donné aux hommes. Moyennant la foi il transforme l’univers, il fait de si belles choses dans le cœur des hommes. Le Christ-Jésus va se servir de nous pour que nous soyons le reflet de sa propre personne, capable de re­fléter son propre visage et son regard, à travers la vie.

Nous demandons la grâce de faire l’expérience de l’Amour infini de Dieu

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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Lettre 130, à Proba sur la prière, 9-10 (trad. cf. bréviaire 29e lun. )

« Il passa la nuit à prier Dieu »

Lorsque l'apôtre Paul dit : « Faites connaître vos demandes auprès de Dieu » (Ph 4,6), cela ne veut pas dire qu'on les fait connaître à Dieu, car il les connaissait avant même qu'elles existent, mais que c'est par la patience et la persévérance devant Dieu, et non par le bavardage devant les hommes, que nous connaîtrons si nos prières sont bonnes... Il n'est donc pas défendu et inutile de prier longtemps, lorsque c'est possible, c'est-à-dire lorsque cela n'empêche pas d'autres occupations bonnes et nécessaires ; d'ailleurs, en accomplissant celles-ci, on doit toujours prier par le désir, comme je l'ai dit.

Car si l'on prie longtemps, ce n'est pas, comme certains le pensent, une prière de rabâchage (Mt 6,7). Parler abondamment est une chose, aimer longuement en est une autre. Car il est écrit que le Seigneur lui-même « passa la nuit en prière » et qu'il « priait avec plus d'insistance » (Lc 22,44). N'a-t-il pas voulu nous donner l'exemple en priant pour nous dans le temps, lui qui avec son Père exauce nos prières dans l'éternité ?

On dit que les moines d'Égypte font des prières fréquentes, mais très courtes, lancées comme des flèches, pour éviter que, en se prolongeant trop, l'attention vigilante nécessaire à ceux qui prient ne se détende et se dissipe... La prière ne doit pas comporter beaucoup de paroles, mais beaucoup de supplication ; ainsi elle peut se prolonger dans une attention fervente... Prier beaucoup, c'est frapper longtemps et de tout notre cœur à la porte de celui que nous prions (Lc 11,5s). La prière en effet consiste plus dans des gémissements et des larmes, que dans des discours et des paroles.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Me 31 août 2016. Tous ceux qui avaient des malades les amenèrent et Jésus les guérissait!


Mercredi 31 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 22e semaine

Saint(s) du jour : St Raymond Nonnat, cardinal (1200-1240), Bx Pedro Tarrés y Claret, médecin et prêtre († 1950)


 Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,1-9.

Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ? Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos », n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine ?
Mais qui donc est Apollos ? qui est Paul ? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu. Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire suivant la peine qu’il se sera donnée. Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit.

Psaume 33(32),12-13.14-15.20-21.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !
Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

Du lieu qu'il habite, il observe
tous les habitants de la terre,
lui qui forme le cœur de chacun,
qui pénètre toutes leurs actions.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui. Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 

 Homélie ou Méditation du jour


Abbé Antoni CAROL i Hostench (Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

«Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux»

Aujourd'hui, nous regardons un contraste: ceux qui cherchent Jésus et Jésus, Lui qui guéri toute “infirmité” (à commencer par la belle-mère de Simon Pierre) en même temps: «Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant» (Lc 4,41). C'est-à-dire: le bien et la paix, d'un côté; et le mal et le désespoir de l'autre. Ce n'est pas la première fois que le diable est présenté en “sortant”, c'est à dire, en fuyant la présence de Dieu parmi les cris et les hurlements. Rappelons nous également le possédé du pays des Géraséniens (cf. Lc 8,26-39). Il est surprenante que le diable lui-même reconnaisse Jésus et que comme dans le cas de celui du possédé du pays des Géraséniens, ce soit lui qui vienne à sa rencontre (en colère et furieux, bien entendu, parce que la présence de Dieu dérange sa méprisable tranquillité).

Combien de fois avons-nous pensé que notre rencontre avec Jésus était une gêne! Cela nous gêne d'aller à la messe le dimanche, nous nous inquiétons du fait que nous n'avons pas prié depuis longtemps, nous sommes honteux de nos erreurs, au lieu d'aller chez le Médecin de notre âme et simplement lui demander pardon… Réfléchissons si n'est pas le Seigneur qui doit toujours venir à notre rencontre, car nous nous faisons prier pour laisser notre petit “trou” et aller à la rencontre de Celui qui est le Pasteur de nos vies! Cela s'appelle tout simplement: tiédeur. Il y a un diagnostic pour ça: atonie; aucune pulsation dans l'âme, angoisse, curiosité désordonnée, hyperactivité, paresse spirituelle à l'égard des questions de la foi, pusillanimité; envie d'être seul… mais, il y a aussi un antidote: arrêter de se regarder soi-même et se retrousser les manches. S'engager à consacrer un moment chaque jour à Jésus (c'est ce qu'on entend par oraison), Jésus le faisait, puisque «quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert» (Lc 4,42). S'engager à vaincre notre égoïsme sur une petite chose chaque jour pour le bien des autres (c'est ce qu'on appelle aimer). Faire le “petit-grand” engagement de vivre chaque jour en cohérence avec notre vie chrétienne.   http://evangeli.net/evangile


 

Homélie du Père Philippe

 

La guérison de la belle-mère de Pierre, que Jésus relève de sa fièvre, voilà un miracle en apparence bien insignifiant ; au point qu’on est enclin à se demander pourquoi saint Luc en fait mention ? Notre étonnement grandit encore lorsque nous découvrons qu’il s’agit du tout premier miracle relaté dans le troisième évangile ! Dans la logique narrative, il devrait donc avoir une valeur paradigmatique et orienter l’interprétation de tous les miracles qui vont suivre. Bref, les deux versets qui introduisent l’Évangile de ce jour, méritent toute notre attention.

 

Il n’est pas dit que Jésus « sort » de la synagogue, mais qu’il la « quitte » : elle a terminé son rôle ; elle était le lieu de l’attente de la venue de celui qui devait « accomplir les Écritures » (Lc 4, 21). L’autorité avec laquelle Notre-Seigneur y a enseigné doit suffire aux juifs pieux et ouverts à l’action de l’Esprit pour reconnaître en lui le Messie de leur espérance. En tout cas le démon, lui, a perçu le caractère unique de ce « Jésus de Nazareth » ; mais son intervention intempestive, destinée à troubler les esprits, se solde par un échec : il est contraint de « sortir » de l’homme dont il avait pris possession, confirmant par cette défaite « l’autorité et la puissance » de Jésus.  Notre-Seigneur quitte donc l’ancien lieu de culte pour entrer dans la maison de Simon-Pierre, symbole de l’Église. « La belle-mère de Simon était alitée, oppressée par une forte fièvre » ; il s’agit donc de la mère de l’épouse de l’hôte de Jésus. Les femmes n’avaient guère la préséance dans la société juive de l’époque ; a fortiori la mère de l’épouse du maître de maison devait-elle se contenter des services subalternes. C’est donc au chevet de quelqu’un de retiré, de discret, faisant partie des sans-voix et des sans-droits que se rend Notre-Seigneur. Il est remarquable que le premier membre de l’Église à être nommé dans le troisième Évangile, est une femme, et une femme « de second rang » dans la hiérarchie sociale. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-28).

 

Jésus non seulement s’approche de la femme, mais « se penche sur elle » dans un geste de compassion, comme une mère se penche sur le lit de souffrance de son enfant malade. Il « interpelle vivement la fièvre ». Et, à peine la fièvre est-elle chassée, qu’« à l’instant même la femme se leva et elle servait » Jésus.  La véritable finalité des guérisons, exorcismes et autres miracles accomplis par Jésus tout au long des Évangiles, apparait ici en pleine lumière : Notre-Seigneur est venu pour nous libérer de l’inertie du péché qui nous paralyse dans nos peurs et notre égoïsme, et pour nous rendre participants dans l’Esprit, de son pouvoir divin d’aimer et de servir nos frères, au prix de notre propre vie. « Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 26-27).

 

 

Père saint, conformément au souhait de ton apôtre Paul, donne-nous “la grâce et la paix”. La grâce de nous arracher à notre individualisme, à nos indifférences, à notre lâcheté, à nos paresses coupables ; la grâce de nous lever dans la puissance de la Résurrection de ton Fils ; la grâce de nous mettre généreusement au service de nos frères dans l’amour. Alors “ta paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera notre cœur et notre intelligence dans le Christ Jésus” (Ph 4, 7) notre Seigneur.

 

 

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Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, viens à mon secours, viens m’aider dans mon humanité blessée. Je crois que tu peux m’aider, tu es le seul qui puisse guérir toutes mes blessures.

 

Demande

 

Croître dans l’amitié avec Jésus.

 

Points de réflexion

 

1. Dans ce passage, nous retrouvons Jésus qui se rend dans la maison de Simon, et y trouve sa belle-mère, souffrant d’une forte fièvre. Et Jésus la guérit. Dans la suite de ce passage, nous pouvons voir Jésus qui accueille tous les infirmes, malades et possédés qu’on lui présente au coucher du soleil. Et Jésus les guérit.

2. Dans un premier temps, Jésus guérit donc la belle-mère de Simon. Cela nous montre que Jésus s’intéresse à chaque personne en particulier. Il ne vient pas pour « l’humanité en général » mais pour rencontrer chacun de nous. Et la seconde partie, où nous voyons cette multitude de personnes souffrantes venir à Jésus, nous montre qu’il est capable de répondre à tous les problèmes de l’homme. Quelle que soit la maladie dont souffre notre âme, quel que soit le péché dans lequel nous sommes tombés, Jésus a le pouvoir de nous guérir.

3. Enfin, à la fin du passage, nous écoutons Jésus dire qu’il doit se rendre aussi dans les autres villages. Jésus est venu pour tous les hommes, pas pour une petite minorité ou pour une élite. Il est venu pour sauver tout le monde. Et, comme ces villageois ne pouvaient pas garder Jésus pour eux seuls, nous ne pouvons pas non plus garder Jésus pour nous seuls. Une fois rencontré le Sauveur, nous ne pouvons qu’essayer de le faire connaître autour de nous.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je crois que tu es mon Sauveur. Merci, Jésus, de venir à mon secours, de me donner tout ce dont j’ai besoin. Garde-moi près de toi. Fais que par mes actes et mes paroles, je sois un témoin de ton amour.

 

Résolution

 

Faire une prière pour demander la conversion d’un pécheur. http://www.regnumchristi.fr

 

 


 

Père Gilbert Adam

En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur.

Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l’instant même, elle se leva, et elle les servait. Jésus, d’un mot, commande à la fièvre, il guérit cette femme, à cause de la foi de ses proches, et aussitôt elle se remet à servir. Cette guérison a une portée symbolique, elle annonce le relèvement et la résurrection de l’humanité marquée par la souffrance et la fièvre du péché. Le verbe qui décrit l’action de se lever de cette femme est employé pour désigner la résurrection de Jésus. La Parole vivante et vivifiante de Jésus est la résurrection et la vie, il veut se pencher sur chacun de nous. Jésus manifeste que le règne de Dieu est là en guérissant les malades et en chassant les démons. Le pouvoir usurpé de Satan, le prince de ce monde, est terminé. L’homme peut revenir à la tendresse et à la miséricorde de Dieu. Quelqu’un est-il malade, infirme, à la Parole de Jésus, il se remet debout, et se retrouve en bonne santé. Jésus, mû par l’Esprit, passe dans l’humanité, et progressivement la communauté humaine prend acte du Royaume de Dieu qui est arrivé, royaume d’amour, de paix, de douceur et d’humilité.

Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, qu’il était le Messie. Au coucher du soleil, la chaleur est retombée, et on peut transporter les malades. Jésus guérit de toutes leurs maladies ceux qu’on lui amène. Des personnes appellent, s’impatientent, lassés de souffrir ou en proie à leurs démons quotidiens. Jésus trouve le temps d’aimer chacun, de regarder chacun, d’imposer les mains à chacun comme s’il était l’unique. Dieu fait un travail de sanctification et nous sommes heureux de le laisser faire avec une confiance infinie. Jésus réuni son Peuple, il est au milieu de nous, c’est par lui que nous œuvrons, c’est son Esprit Saint qui fait œuvre d’unité. Sa parole nous donne la vie, et Dieu donne la croissance à la nouvelle Communauté qui est son Corps. C’est Jésus qui fait un travail d’unité au milieu de nous avec l’Esprit Saint, pour que le Règne de Dieu advienne. Nous voulons bâtir cette nouvelle communauté qu’il a formée avec ses disciples.

Quand il fit jour, Jésus sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j’aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle. Le désert est le lieu de la solitude, c’est le lieu de l’absolu et de la liberté. Les grandes choses commencent dans le silence et dans la pauvreté. La foule rejoint Jésus et elle voudrait le retenir, c’est là aussi notre réflexe, quand nous l’avons rencontré. Or le Christ nous renvoie à notre mission, à sa propre mission : « Aux autres villes aussi il me faut annoncer la bonne nouvelle du Règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Quelque chose a changé chez les hommes avec Jésus, les pauvres ont la première place. Saisis par l’Esprit Saint, prenant la suite de Jésus, ils apportent l’unité de l’Amour qui fait parmi nous un travail de guérison. Le règne de Dieu est arrivé parmi nous qui prenons la suite de Jésus pour mettre autour de nous cette paix, cette douceur et cet amour qui vient de Lui.

Nous demandons la grâce de comprendre que le règne de Dieu est là, que nous pouvons travailler pour l’unité.

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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église. Soliloques, L.1, ch.1, § 5-6

« Les foules le cherchaient »

Désormais, Seigneur, c'est toi seul que j'aime, à toi seul que je m'attache, toi seul que je cherche, toi seul que je suis prêt à servir, parce que c'est toi seul qui commandes avec justice. À tes ordres je désire me soumettre ; commande, je t'en prie, commande ce que tu veux, mais guéris-moi, ouvre mes oreilles, afin que je puisse entendre tes paroles...

Reçois-moi comme un fugitif, Seigneur, ô Père très bon. J'ai souffert assez longtemps ; assez longtemps j'ai été asservi à tes ennemis et le jouet des mensonges. Reçois-moi comme ton serviteur qui veut s'éloigner de toutes ces choses vaines... Je sens qu'il me faut revenir à toi ; je frappe, ouvre-moi la porte, enseigne-moi comment on parvient jusqu'à toi... C'est vers toi que je veux aller, donne-moi donc les moyens d'arriver jusqu'à toi. Si tu t'éloignes, nous périssons ! Mais tu n'abandonnes personne, parce que tu es le souverain bien ; tous ceux qui te cherchent avec droiture te trouvent. C'est toi qui nous montres comment te chercher avec droiture. Ô mon Père, fais donc que je te cherche, délivre-moi de l'erreur, ne permets pas que, dans ma recherche, je trouve autre chose que toi. Si je ne désire rien d'autre que toi, fais que ce soit toi seul que je trouve, ô mon Père.

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Evangile, Saint et Homélie du Mardi 30 août 2016. Jésus commande avec autorité aux esprits démoniaques, et ils sortent !


Mardi 30 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 22e semaine

Saint(s) du jour : Bse Maria de los Ángeles Ginard Martí, martyre († 1936), St Fiacre, abbé au pays de Meaux († 670)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,10b-16.

Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu’il y a dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qu’il y a en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés. Nous disons cela avec un langage que nous n’apprenons pas de la sagesse humaine, mais que nous apprenons de l’Esprit ; nous comparons entre elles les réalités spirituelles. L’homme, par ses seules capacités, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; pour lui ce n’est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on examine toute chose. Celui qui est animé par l’Esprit soumet tout à examen, mais lui, personne ne peut l’y soumettre. Car il est écrit : Qui a connu la pensée du Seigneur et qui pourra l’instruire ? Eh bien nous, nous avons la pensée du Christ !

Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab.13cd-14.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,31-37.

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent! » Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


 Homélie ou Méditation du jour

«On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité»

Aujourd'hui, nous voyons comment l'enseignement fut le centre de la mission de Jésus dans sa vie publique. Mais la prédication de Jésus était très différente de celle des autres maîtres de la loi et cela faisait que les gens étaient dans la confusion et dans l'admiration. C'est clair que bien que Jésus n'avait jamais fait des études Il déconcertait par son enseignement car Il «parlait avec autorité». Sa façon de parler avait l'autorité de celui qui sait qu'Il est “le Saint de Dieu”.

Précisément, cette autorité dans sa façon de parler était ce qui donnait de la force à son langage. Il utilisait des images vives et concrètes, sans syllogismes ni définitions; paroles et images qu'Il tirait de la nature ou des Saintes Ecritures. Il n'y a pas de doute que Jésus était un bon observateur, et très proche des situations humaines en tous genres: en même temps que nous le voyons en train d'enseigner, nous le voyons en train de faire le bien autour de Lui (guérison des malades, expulsion des démons, etc.). Il lisait dans le livre de la vie de tous les jours, des expériences de tous les jours qu'il utilisait pour enseigner. Même si ce matériel était basique et rudimentaire, la parole du Seigneur était toujours d'une grande profondeur, inquiétante, tout à fait nouvelle, définitive.

La chose la plus grande dans la manière de parler de Jésus était qu'Il conciliait l'autorité divine avec la plus incroyable simplicité humaine. Autorité et simplicité étaient possibles pour Jésus grâce à sa connaissance du Père et à la relation d'obéissance amoureuse qu'Il entretenait avec Lui (cf. Mt 11,25-27). C'est précisément cette relation avec le Père qui explique l'harmonie unique entre la grandeur et l'humilité. L'autorité de son langage ne s'ajustait pas du tout aux paramètres humains, Il n'y avait aucune concurrence, aucun intérêt personnel ou empressement de se montrer. C'était une autorité qui se manifestait tant par le sublime de ses paroles ou ses actions que par son humilité et sa simplicité. De sa bouche ne sortaient pas des éloges personnels, ni de l'arrogance, ni des cris… Mansuétude, douceur, compréhension, paix, sérénité, miséricorde, vérité, lumière, justice… voici les parfums qu'exhalait l'autorité de son enseignement. http://evangeli.net/evangile


Homélie du Père Philippe

 Après avoir enseigné avec autorité, Jésus manifeste avec puissance l’efficacité de sa parole. L’exorcisme que rapporte saint Luc laisse cependant quelques questions ouvertes. La confession de l’esprit impur est en effet paradoxale : elle est juste, mais elle est interdite. Pourquoi le faire taire alors que la question des évangiles est de faire connaître l’identité profonde de Jésus ? Jésus ne veut-il donc pas qu’on le reconnaisse ? Pourquoi l’évangéliste laisse-t-il les foules dans l’incertitude alors que nous, nous savons bien qui est Jésus ? On pourrait même se laisser aller à quelques comparaisons... La déclaration de l’esprit impur ne pourrait-elle pas être rapprochée de celle faite par la voix dans la nuée, que nous entendions il y a quelques semaines à peine ? En quoi ces révélation de l’identité de Jésus sont-elles différentes, pourquoi faire taire l’une et laisser l’autre faire son chemin dans les esprits et les cœurs ? Leur auteur est certes radicalement différent, mais la vérité exprimée est la même.

Ce paradoxe, un peu déstabilisant, n’est pas à négliger car il pourrait bien être pour nous une invitation à nous remettre en cause, ou (pire) peut être nous représenter. Celui à qui Jésus impose le silence est en effet celui qui sait tout de lui et n’a rien à apprendre de nouveau.  Avec un peu d’audace, on pourrait dire qu’il y a entre les deux déclarations de l’esprit impur et du Père céleste autant de distance qu’entre un exposé savant et une déclaration d’amour ! Un exposé peut en effet se résumer en une formule percutante et juste, que l’on transmet ou dont on se souvient. Une déclaration d’amour est un énoncé instable, qu’il faut réviser sans cesse, à partir de sa propre expérience, à partir des événements partagés, grâce à l’approfondissement de la relation et aux choix de fidélité. Une telle déclaration comporte en outre un risque, celui de se remettre en question, de sortir de ses certitudes, de se rendre vulnérable à l’autre. Elle procède du don de soi et de l’accueil de la vérité de l’autre.

 Peut être cet évangile est-il une bonne occasion de prendre mieux conscience de la nature de notre dialogue intime avec notre Sauveur, et de la façon dont nous parlons de lui. Nous contentons-nous de quelque déclamation dogmatique rassurante mais un peu confuse à nos esprits ? Nous réfugions-nous dans les prétendues sécurités de notre catéchisme ? Ou bien essayons-nous de reconnaître ses vérités dans notre quotidien ? De voir comment elles se dévoilent peu à peu, d’une façon originale qui caractérise notre relation unique avec le Seigneur ? Autrement dit, sommes-nous encore capables d’être étonnés par l’époux de nos âmes ou bien ronronnons-nous comme un vieux couple qui n’aurait plus rien à se dire ?

En ces jours de « rentrée » et de reprise de nos engagements, la parole de Dieu nous interpelle sur la vérité de notre relation à Jésus. Elle peut être une invitation à davantage de formation pour arriver à dire de façon juste notre amour, et à un surcroît d’attention priante aux événements de nos quotidiens où le Seigneur dévoile son amour prévenant. Une invitation à nous livrer à l’Esprit qui régénère tout chose et garde notre relation à Dieu dans la jeunesse de l’amour du Christ

http://www.meinau-catholiques.org


Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

Prière d'introduction

Seigneur, je crois que tu es la vérité, que tu es le seul qui possède toute la vérité. Je viens à ton écoute, Seigneur. Aide-moi à ouvrir mon cœur.

Demande

Avoir un cœur attentif à la Parole de Dieu.

Points de réflexion

1. Ce passage d’Évangile, dans lequel nous voyons Jésus enseigner dans la synagogue de Capharnaüm, est une occasion pour nous de réfléchir sur la parole et sur la vérité. L’Évangile nous dit en effet que Jésus avait pris la parole le jour du sabbat, et que les gens étaient frappés par son autorité. Et nous voyons ensuite Jésus aux prises avec un homme possédé par un démon, qui commence à vouloir parler avec Jésus.

2. Regardons d’abord Jésus. Le fait que les gens étaient frappés par sa parole, alors qu’ils écoutaient régulièrement des maîtres parler dans la synagogue, nous révèle qu’il y a quelque chose de spécial dans l’enseignement de Jésus. N’avons-nous pas nous aussi cette impression quand nous lisons l’Évangile, qu’il y a quelque chose de différent de toutes les autres choses que nous pouvons écouter ? Jésus est le Seigneur, le seul qui possède toute la vérité, et cela, notre cœur le reconnaît. Comme instinctivement, nous pouvons sentir que Jésus est le seul qui puisse répondre à toutes nos questions les plus importantes.

3. Regardons ensuite ce démoniaque, et ce que Jésus lui répond. A priori, ce que dit le démon n’est pas faux, il révèle même qui est Jésus. Et pourtant il le fait taire. Le démon est l’ennemi de Dieu, et il fera tout pour que nous nous écartions de lui. Et pour cela il peut se présenter au début comme quelqu’un de bon. C’est comme cela qu’il procède pour nous attirer dans le péché, qui présente toujours quelque chose d’attrayant au début. Mais c’est un piège, et devant la tentation, notre attitude doit être la même que celle de Jésus avec ce démon : « Silence ! » Avec le démon, il ne faut surtout pas discuter, car c’est pour lui le début de la victoire.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu es le seul qui puisse étancher la soif qu’il y a dans mon cœur. Aide-moi à ne pas écouter ceux qui ne disent pas la vérité, ceux qui semblent dire des choses bonnes, mais qui ne cherchent pas le vrai bien. C’est vers toi que je tourne mon cœur, Seigneur.

Résolution

Écouter avec attention les lectures à la messe.

Père Jean-Marie Fornerod, LC.  http://www.regnumchristi.fr


Père Gilbert Adam

Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.

On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d’autorité. Notre monde est troublé, il peut nous faire peur. Nous portons beaucoup « d’agitations » et de passions en nous. Ces instincts et ces impulsions nous troublent dans notre pensée et dans notre cœur, ils nous déséquilibrent. Deux paroles s’opposent et s’affrontent dans cet Evangile, celle de l’homme possédé de l’esprit démoniaque, et celle de Jésus. Elles nous révèlent l’identité de Jésus. La prédication de Jésus est très différente de celle des autres maîtres de la loi. Les gens étaient dans l’admiration, car Jésus « parlait avec autorité. » La parole du possédé affirme qu’il est « le Saint, le Saint de Dieu. » Elle vient semer la confusion, elle met le doute : « Es-tu venu pour nous perdre ? » Jésus vient pour nous sauver, sa Parole fait autorité, elle libère l’homme possédé. Il vient nous libérer du mal qui emprisonne notre vie. Ceux qui écoutent la Parole retrouvent une espérance en Dieu, en un Père plein d’amour. Jésus, par sa Paix, nous donne l’Esprit Saint qui scrute le fond des cœurs. C’est dans cet amour, dans cette tendresse, que Jésus nous donne un équilibre nouveau.

"Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l’interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. L’unité est rompue chez cet homme possédé. L’autorité de Jésus ordonne à l’esprit démoniaque de sortir de lui ! Cet homme est jeté à terre par le menteur. Jésus guérit les malades, il expulse les démons. Sa parole est d’une grande profondeur, elle inquiète car elle est nouvelle et définitive. Le Christ est vainqueur du mal et de la mort. Il annonce la Résurrection qui délivre l’homme souffrant. Nous lui offrons, dans la patience des jours, toutes nos détresses pour qu’il vienne nous relever en sa puissance de Résurrection. Touchés par le Christ, nous aussi, nous pouvons retrouver un nouvel équilibre dans une liberté nouvelle en donnant à Dieu notre bonne volonté.

"Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région. Jésus entretient une relation amoureuse avec son Père qui se manifeste par sa simplicité. Dans une grande dépendance divine, il attend tout de son Père. Vrai Dieu et vrai homme, il concilie l’autorité divine avec une grande simplicité humaine. La relation qu’il a avec son Père explique l’harmonie unique de la grandeur de l’humilité. Il remet Dieu au centre, et l’adversaire qui n’est que ténèbres est débusqué. L’autorité de Jésus se manifeste par ses paroles et dans ses actions. Il est dans une lumière et une vérité qui atteint le mal dans sa racine. Imperturbablement, il continue son ministère tout dépendant de son Père. Il n’y a aucune concurrence, aucun intérêt personnel ou empressement. De sa bouche sortent des Paroles qui nous tournent vers notre Père pour avoir dans notre cœur la tendresse de son amour.

Nous demandons à Jésus la grâce que l’Esprit Saint nous soit donné.   http://www.pere-gilbert-adam.org


Une homélie grecque pour l'Octave de Pâques, attribuée à tort à saint Jean Chrysostome (trad. SC 146, p. 77s rev.)

« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? »

Ce n'est pas un tissu d'étrangetés inouïes que je vous présente, mais cela même qui a été écrit d'avance dans l'Ancien Testament par les prophètes. N'avez-vous pas entendu le cri de Moïse : « Le Seigneur vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi » ? (Dt 18,18) N'avez-vous pas entendu Isaïe proclamer : « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils » ? (7,14)... N'avez-vous pas entendu David clamer : « Il descendra comme la pluie sur la toison » ? (Ps 71,6)... Croyez donc les prophètes, comprenez la réalité qu'ils annoncent, et vous trouverez Jésus le Nazaréen (Mt 2,23). Regardez, je vous ai montré le chemin ; que celui qui le veut le suive. Voilà, j'ai allumé le flambeau ; sortez des ténèbres.

Jésus le Nazaréen : je dis son nom et sa patrie... Je ne dis pas : Jésus qui a déployé la voûte du ciel, qui a allumé les rayons du soleil, qui a dessiné les constellations dans le ciel, qui allume la lampe de la lune, qui a fixé son temps au jour, qui a attribué son cours à la nuit, qui a établi la terre ferme sur les eaux, qui a mis un frein à la mer par sa parole... Jésus le Nazaréen : celui de qui Nathanaël s'est écrié dans son doute : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1,46) Celui devant qui la troupe des démons a tremblé en disant : « Que veux-tu, Jésus de Nazareth ? » « Jésus le Nazaréen, dit l'apôtre Pierre, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes »... Oui, « Jésus le Nazaréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous » (Ac 2,22)

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Evangile, Saint et Homélie du Sa 27 août 2016. La Parabole des talents et du Royaume des Cieux !

 

 


Samedi 27 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire: 21e semaine

Saint(s) du jour : Ste Monique, mère de saint Augustin  (332-388)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,26-31.

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

Psaume 33(32),12-13.18-19.20-21.

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !
Du haut des cieux, le Seigneur regarde :
il voit la race des hommes.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
La joie de notre cœur vient de lui,
notre confiance est dans son nom très saint.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,14-30.

« C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 Abbé Albert SOLS i Lúcia (Barcelona, Espagne)

«C'est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens»

Aujourd'hui, nous contemplons la parabole des talents. Nous constatons un changement de style dans le message de Jésus: l'annonce du Royaume ne se limite plus à nous signaler son approche mais plutôt à nous raconter ce qu'il contient par des descriptions: c'est l'heure des paraboles! Un grand homme décide d'entreprendre un long voyage, et confie tout son patrimoine à ses serviteurs. Il aurait pu en effet le répartir en parties égales, mais ne l'a pas fait ainsi. Il donne à chacun selon ses capacités (cinq, deux et un talent). Avec cet argent chaque serviteur peut capitaliser le début d'un commerce. Les deux premiers se lancent dans l'administration de leurs dépôts, mais le troisième, par crainte ou par paresse, préfère le garder en évitant tout investissement: il s'est enfermé dans le confort de sa pauvreté.



Le Seigneur revient et exige qu'on lui rende des comptes (cf. Mt 25,19). Il récompense le courage des deux premiers qui avaient doublé les sommes qu'il leur avait confiées. Sa réaction envers le serviteur “prudent” fut tout autre. Deux mille ans après, le message de cette parabole est toujours d'actualité. Les démocraties modernes se dirigent vers une séparation progressive entre l'Église et l'État. Cela n'est pas mauvais, au contraire. Néanmoins, cette mentalité globale et progressive cache un effet secondaire, dangereux pour les chrétiens: devenir l'image vivante du troisième serviteur qui se fait réprimander sévèrement par son Maître (figure biblique de Dieu le Père). Sans aucune malice, par confort ou par crainte, nous courons le risque de cacher et réduire notre foi chrétienne aux membres de notre famille et amis intimes. On ne peut pas se contenter d'une simple lecture et d'une contemplation stérile de l'Évangile. Nous devons gérer avec courage, et en prenant des risques, notre vocation chrétienne dans notre milieu social et professionnel, en proclamant le Christ par des paroles et par des témoignages.



Saint Augustin dit: «Nous qui prêchons la parole de Dieu aux peuples nous ne sommes pas si éloignés de la condition humaine et de la réflexion appuyée sur la foi au point de ne plus voir nos dangers. Mais cela nous console de savoir que là où il y a des dangers à cause de notre ministère, là aussi nous avons l'aide de vos prières». Abbé Albert SOLS, http://evangeli.net/evangile


Méditation de Père Jean-Marie Fornerod, LC

Prière d'introduction

Seigneur, je crois que tu es le maître de ma vie. Tout ce que j’ai vient de toi. Et tout va retourner à toi. C’est toi le seul à qui je peux offrir toute ma vie.

Demande

Avoir conscience des talents que Dieu nous a donnés et les mettre à son service.

Points de réflexion

1. Nous sommes ici à la fin de l’Évangile de Matthieu, dans le dernier chapitre avant le récit de la Passion. Dans ce chapitre, Matthieu relate certaines paroles de Jésus concernant la fin du monde et le jugement. Ce passage ne concerne pas tellement la fin du monde, mais plutôt le jugement personnel de chaque homme après sa mort. Et Jésus prend l’exemple d’un homme riche qui part en voyage et confie à trois de ses serviteurs de l’argent afin qu’ils le fassent fructifier.

2. Dans cette parabole, il est important de noter que ce n’est pas d’abord la quantité de talents que les serviteurs ont reçus, ni le résultat qu’ils ont produit, qui importent. Ce que le maître juge c’est que les deux premiers ont accompli ce qu’il fallait pour faire fructifier leur bien, tandis que le troisième a simplement enterré l’argent et n’en a rien fait. Jésus ne nous a pas donné nos talents et nos qualités pour que nous les cachions, mais bien pour que nous les fassions fructifier, pour que nous les développions, pour son service et pour le service de notre prochain.

3. Cet Évangile doit aussi se lire à la lumière de tout le reste de l’enseignement de Jésus. Quels sont les talents que Jésus apprécie le plus, ceux qu’il veut nous voir développer ? Jésus nous demande d’abord d’aimer, d’aimer Dieu et le prochain. L’amour que nous avons dans notre cœur est un talent que nous avons tous, et le talent le plus important. Et nous pouvons faire grandir cet amour. Jésus nous demande de vivre d’amour. Et cela se manifeste de nombreuses manières : la douceur, l’humilité, le pardon, le service, la miséricorde, etc.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, merci de nous faire confiance au point de nous donner la capacité d’aimer librement. Tu nous aimes et tu veux notre amour. Grâce à toi chaque acte d’amour que je fais peut porter de grands fruits, des fruits pour la vie éternelle.

Résolution

Prendre la décision de développer mes qualités pour le service des personnes avec lesquelles je vis.

Père Jean-Marie Fornerod, LC, http://www.regnumchristi.fr


 

Réflexions de Jean-Louis D'Aragon

Introduction

Combien de personnes à la retraite perdent tout goût à la vie. Elles ne manquent pas pourtant pas de ressources pour assurer leur bien-être. Elles sont entourées d'attention et d'affection. Elles semblent avoir tout, mais il leur manque l'essentiel. Elles dépérissent parce qu'elles n'ont plus d'objectif, elles se sentent inutiles. C'est la leçon que Jésus veut nous enseigner dans cette parabole des talents. Le Créateur nous a associés à son œuvre de vie, en la répandant de toutes les manières autour de nous. Il a voulu que la vocation de tout être humain soit de rendre les autres heureux pour obtenir soi-même le bonheur. On ne peut être heureux tout seul. Nous sommes tous solidaires dans le bonheur et dans le malheur.

Cette parabole continue l'exhortation insistante de veiller, en attendant la venue du Seigneur. Cette fois, Jésus nous dit encore de veiller, non dans la passivité comme les jeunes filles qui dorment, mais d'une manière active. L'action nous valorise, tandis que la paresse nous rend insignifiants. L'être humain est créé pour produire. C'est dans notre nature.

Le Maître et ses trois serviteurs

Ce Maître, extrêmement riche, prête à chacun de ses serviteurs une somme énorme d'argent. Il est avisé et sage : il prête « à chacun selon ses capacités. » Le Créateur a donné à chaque personne une vocation particulière, un charisme, avec des qualités spéciales. Après cette distribution de ses biens, le Maître leur fait confiance, il ne les surveille pas, il s'en va. Il ne leur dit même pas comment faire fructifier ses biens. Il traite ses serviteurs comme des partenaires libres, non comme des esclaves. Telle est la merveilleuse liberté que Dieu accorde à chacun de nous!

Les deux premiers serviteurs s'activent et produisent des bénéfices. Lorsqu'ils rendent compte de leur gestion, leur Maître les traite de la même manière : ils reçoivent la même récompense, même si les résultats de leur activité sont différents : « Tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup. » L'accent ne porte pas sur les résultats obtenus, mais sur l'attitude de ces serviteurs, sur l'énergie qu'ils ont déployée. Ils sont de « bons et fidèles serviteurs ». Cette fidélité des deux premiers s'oppose à la conduite du troisième serviteur, « mauvais et paresseux. »

L'attention de la parabole porte sur ce dernier serviteur. Comment se représente-t-il son Maître? Il est dur et exigeant. Ce serviteur n'a pas assez confiance en son Maître, il en a peur. Aussi il ne prend aucun risque, il conserve le bien confié. Mais il perd même ce qu'il voulait conserver. Dans notre condition humaine, la paresse fait perdre ce qu'on a. Au lieu de reconnaître sa responsabilité, il renvoie le blâme sur son Maître. Il rappelle son ancêtre Adam, qui accuse Dieu de lui avoir donné la femme qui l'a tenté.

Divers sens de cette parabole

À l’origine, Jésus vise les pharisiens et les docteurs de la Loi. Par suite de leur nationalisme étroit et de leur exclusivisme rigide, ils ont conservé pour eux-mêmes le trésor de la Loi et de la révélation. Ils n'en ont pas fait bénéficier Israël et encore moins les nations païennes. Le moment est proche où Dieu leur demandera compte de leur conservatisme stérile. L’absence du Maître de la parabole désigne la période de l’Église entre l’Ascension et la retour glorieux du Seigneur. L’Église a reçu le ferment du salut, l’Évangile, pour l’offrir au monde autour d’elle. [...]

Aujourd’hui, combien de chrétiens refusent d’affronter le monde moderne : la mondialisation, les disparités nationales et sociales, l’écart entre les générations,…Ils préfèrent réduire la religion chrétienne à de grandioses célébrations, en se protégeant de tout contact avec le monde. Le Créateur nous a gratifié de dons divers : la vie, la liberté, l’intelligence, notre identité,…A-t-on utilisé ce capital seulement pour nous-mêmes, d’une manière égoïste, l’enterrant comme le mauvais serviteur de la parabole? Les saints et les saintes de tous les temps ont sacrifié leur sécurité pour se lancer dans des aventures qui ont produit des fruits.

On perd ce que qu’on ne fait pas fructifier. « Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. » Une foi chrétienne qui n’aspire pas à conquérir se condamne à l’anémie. C’est seulement en risquant pour le Christ que notre foi devient vivante en nous. Alors le Seigneur récompense cette foi vivante : « Entre dans la joie de ton Maître! »

Jean-Louis D'Aragon, http://villaloyola.com


 

Homélie du Père Philippe

La clé des rapports contrastés et même paradoxaux entre les divers personnages - et par le fait même la clé de la parabole - se trouve dans l’interprétation du statut de cet homme, désigné comme un « Maître », mais qui se comporte en réalité comme un Père. Le premier fruit de l’obéissance des bons serviteurs, est la découverte de leur statut de fils : ils peuvent garder le bien confié puisqu’ils sont les héritiers et que « tout ce qui est au Père est à eux » (cf. Lc 15, 31 ; Jn 17, 10). Aussi « celui qui a accueilli le don de la filiation, recevra encore », car la joie du Père est de combler sans mesure ses enfants de sa propre vie. Comment pourrions-nous restituer un tel don ?

 

A nous de choisir notre attitude : garder vivante la mémoire du Seigneur et travailler généreusement à la venue de son Royaume, en y engageant tous les talents que Dieu nous a confiés ; ou bien enfouir ses dons « en terre », ne les utilisant que pour des choses de ce monde, dans l’oubli de notre statut filial.  Que cette parabole réveille en nous la mémoire de notre élection : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15). Et puissions-nous mettre tous nos talents et chaque instant de notre vie à profit pour servir le Seigneur en accomplissant généreusement notre devoir d’état. Nous connaîtrons alors la joie de nous entendre dire, au retour de l’Epoux qui vient : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître ».

 

Seigneur tu ne nous demandes pas l’impossible : seulement de vivre calmement, de faire chacun ce que nous avons à faire, de nous encourager à progresser, et surtout : de nous aimer les uns les autres, nous souvenant qu’en toi nous sommes tous frères. Alors de nos cœurs pourra s’élever le chant nouveau des rachetés, qui attendent le retour de leur Maître ; “car il vient pour gouverner la terre, pour gouverner le monde avec justice, et les peuples avec droiture” (Ps 97).

Père Philippe, http://www.meinau-catholiques.org

 


 

Saint Paulin de Nole (355-431), évêque.  

« Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » (1Co 4,7)

 « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » nous dit saint Paul (1Co 4,7). Ne soyons donc pas avares de nos biens comme s'ils nous appartenaient... On nous en a confié la charge ; nous avons l'usage d'une richesse commune, non la possession éternelle d'un bien propre. Si tu reconnais que ce bien n'est à toi ici-bas que pour un temps, tu pourras acquérir au ciel une possession qui n'aura pas de fin. Rappelle-toi ces serviteurs dans l'Évangile qui avaient reçu des talents de leur maître, et ce que le maître, à son retour, a rendu à chacun d'eux ; tu comprendras alors que déposer son argent sur la table du Seigneur pour le faire fructifier est beaucoup plus profitable que de le conserver avec une fidélité stérile sans qu'il rapporte rien au créancier, au grand dommage du serviteur inutile dont le châtiment sera d'autant plus lourd...

Prêtons donc au Seigneur les biens que nous avons reçus de lui. Nous ne possédons rien en effet qui ne soit un don du Seigneur, et nous n'existons que parce qu'il le veut. Que pourrions-nous considérer comme nôtre, puisque, en vertu d'une dette énorme et privilégiée, nous ne nous appartenons pas ? Car Dieu nous a créés, mais il nous a aussi rachetés. Rendons grâces donc : rachetés à grand prix, au prix du sang du Seigneur, nous ne sommes plus des choses sans valeur... Rendons au Seigneur ce qu'il nous a donné. Donnons à Celui qui reçoit en la personne de chaque pauvre. Donnons avec joie, pour recevoir de lui dans l'allégresse, comme il l'a promis.

 

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Evangile, Saint et Homélie du Ve 26 août 2016. Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces!

 

 

 


Vendredi 26 août 2016

Le vendredi de la 21e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, vierge (1773-1838) , Ste Teresa de Jesús Jornet, vierge et cofondatrice († 1897)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,17-25.

Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. L’Écriture dit en effet : Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai. Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ? Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile. Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.


Psaume 33(32),1-2.4-5.10-11.

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.


Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

 Au départ : dix vierges, qui constituent un groupe soudé ; toutes sont invitées par l’Epoux et font donc partie du cercle de ses amis, de ses intimes. Elles prennent l’initiative de sortir à la rencontre de l’Epoux, mais celui-ci « tarde » sans que nous connaissions le motif de son retard. Toutes s’endorment pareillement : les prévoyantes aussi bien que les insensées. La nuit et le groupe sont divisés en deux parties par le cri : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » C’est à cette étape du récit que s’opère la séparation irréversible entre les vierges sages et folles, alors que jusque là leur cohabitation ne posait aucun problème. L’Epoux ne reproche rien aux vierges étourdies ; il constate simplement qu’elles ne sont pas à l’intérieur, et qu’il ne les connaît pas.

 

Pour aller plus loin dans l’interprétation, il faut se risquer à décrypter le langage symbolique de l’huile. Nous constatons d’abord qu’il y a deux sortes d’huiles ; il y a l’huile d’origine, et celle qui est acquise en cours de route, pour suppléer au manque. Seule la possession de l’huile originelle en quantité suffisante donne accès à la salle des noces ; elle conditionne même la reconnaissance par l’Epoux.  Selon Saint Grégoire le Grand, l’huile représente le « langage de l’âme », c'est-à-dire le désir, qui entretient la flamme de l’amour. L’huile originelle représente le désir éveillé par le Christ lui-même au jour de notre première rencontre avec lui et ranimé à chaque moment de conversion intense. Ce désir « d’en haut » manifeste la présence de l’Esprit en nos cœurs, et fait de nous des amis de l’Epoux, invités aux noces. Les vierges qui se sont munies au départ d’une réserve d’huile, sont celles qui sont demeurées fidèles à la grâce des origines, qui ont gardé le souvenir de la rencontre et ont entretenu le désir du retour de l’Epoux. Son retard ne les distraie pas du souvenir de sa présence, et l’assoupissement durant l’attente n’éteint pas la flamme, toujours prête à ressurgir et à brûler avec une nouvelle vigueur.

 

Toute autre est la situation des vierges folles : sollicitées par d’autres désirs, elles ont oublié le temps de la rencontre, et se sont dispersées dans les multiples convoitises. Le renvoi vers les marchands symbolise cette perversion du désir qui se recourbe vers la terre et devient concupiscence du monde.  Ce qui différencie les deux groupes, c’est finalement la qualité de leur désir ; c’est à cela que l’Epoux les reconnaît : « J'ai contre toi que tu as perdu ton amour d'antan (Ap 2, 4)». On n’entre pas dans la salle de noce avec un cœur saturé de désirs terrestres.  Prise sous cet angle, cette parabole concerne probablement plus d’un parmi nous : ne faisons-nous pas quotidiennement l’expérience de la duplicité de notre cœur, qui tend certes vers Dieu, mais est aussi séduit par les sollicitations du monde ?

Demandons au Seigneur d’unifier notre cœur ; de nous arracher à la dispersion dans les convoitises décevantes, et de faire converger en lui tous nos désirs légitimes, afin que nos vies soient intégrées dans la sienne. Le détachement évangélique n’est pas indifférence aux choses de la vie ; il est concentration de l’attention sur la présence de Celui qui donne à chaque événement son poids d’éternité. Père Philippe, http://www.meinau-catholiques.org


 

Abbé Joan Ant. MATEO i García (La Fuliola, Lleida, Espagne)

«Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas»

Aujourd'hui, vendredi XXI du temps ordinaire, le Seigneur nous rappelle que nous devons être toujours vigilants et préparés pour notre rencontre avec Lui. A minuit, à n'importe quel moment, on peut sonner à notre porte pour nous inviter à recevoir le Seigneur. La mort ne prend pas de rendez-vous à l'avance. De ce fait «vous ne savez ni le jour ni l'heure» (Mt 25,13). Être vigilants ne veut pas dire non plus vivre dans la crainte et dans l'angoisse. Cela veut dire vivre avec responsabilité notre vie d'enfants de Dieu, notre vie de foi, d'espérance et de charité. Le Seigneur attend continuellement notre réponse de foi et d'amour, constants et patients, au milieu de nos occupations et préoccupations de tous les jours qui tissent notre avenir.

Et cette réponse nous seuls pouvons la donner, toi et moi. Personne ne peut la donner à notre place. C'est cela qui signifie la réponse négative de filles prudentes aux filles insensées quand celles-ci leur demandent de leur céder un peu de leur huile de réserve: «Allez plutôt vous en procurer chez les marchands» (Mt 25,9). Ainsi notre réponse au Seigneur est personnelle et non-transférable. N'attendons pas le lendemain —qui peut-être n'arrivera jamais— pour allumer notre lampe d'amour pour l'Époux. Carpe diem! Il faut vivre chaque seconde de notre vie avec toute la passion qu'un chrétien doit avoir pour son Seigneur. C'est un dicton bien connu, mais qui nous ferait du bien de nous le rappeler: «Vit chaque jour de ta vie comme s'il était le premier de ton existence, comme s'il était le seul jour de ta vie, comme s'il était le dernier jour de ta vie». Un appel, très réaliste, à la conversion nécessaire et raisonnable que nous devons réaliser.

Que Dieu dans sa miséricorde nous accorde la grâce qu'à l'heure de notre rencontre nous n'entendons pas: «Amen, je vous le dis: je ne vous connais pas» (Mt 25,12), c'est à dire «vous n'avez eu aucun rapport ou relation avec Moi». Fréquentons le Seigneur en cette vie de manière que nous devenions ses connaissances ou ses amis dans le temps et dans l'éternité.


Méditation de Frère Melchior Poisson, LC

Prière d'introduction

Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. Merci pour la vie, merci pour la foi, merci pour ton amour. Aide-moi à faire silence un instant au milieu des activités pour me retrouver face à face avec toi. Comme Moïse devant le buisson ardent, je quitte mes sandales de la marche quotidienne, et je me mets en ta présence avec simplicité.

Demande

Seigneur, fais que je puisse découvrir la valeur de la vie chrétienne, aide-moi à confronter ma vie à l’éternité.

Points de réflexion

1. Cette parabole s’inscrit dans une série de récits où Jésus parle aux foules du Royaume des Cieux. Jésus nous parle du grand mystère de notre vie : qu’y aura-t-il après la mort ? Jésus parle en parabole, pour nous rendre accessible ce qui est bien au-delà de notre capacité de comprendre. Qui pourrait comprendre ce qu’est la vie avec Dieu ? Nous avons besoin d’images, de métaphores. Jésus nous montre la fin, pour que nous puissions prendre les moyens adaptés, pour que nous puissions vivre selon ce pour quoi nous avons été créés, c’est-à-dire, le ciel, l’amitié avec Dieu.

2. Dans ce passage de l’Évangile, il est important de donner une signification à l’huile pour trouver le sens de toute la parabole. L’huile, c’est ce qui permet à la lampe d’éclairer, c’est la lumière grâce à laquelle nous pouvons marcher dans les ténèbres. L’huile peut donc symboliser la foi et l’espérance qui sont cette lumière, qui nous permet de trouver un sens au milieu des ténèbres du monde et de notre vie, au milieu du mystère du mal et de la souffrance, de la mort, de la contingence humaine qui n’a pas de réponse en elle-même. Mais l’huile c’est aussi le symbole de ce qui se consume pour les autres, de ce qui donne chaleur pour le cœur des hommes, c’est le symbole de la charité. Foi, espérance et charité : voilà les trois vertus théologales, le noyau de la vie chrétienne , qui nous est résumé en une seule image, l’huile.

3. Le Christ présente donc dix vierges, cinq insensées et cinq prévoyantes. Celles qui n’ont pas emporté d’huile nous avertissent du grand danger de l’homme en pèlerinage sur la terre : ne pas se soucier de sa vie chrétienne, spirituelle, de son amitié avec Dieu. Les vierges insensées pensaient que cette huile était inutile, que leurs propres yeux leur suffisaient pour trouver le chemin. Parfois, au milieu du train-train quotidien, l’amitié avec Dieu peut sembler comme cette huile : au fond, à quoi sert-elle ? Et c’est alors que l’on s’éloigne de l’essentiel, de ce qui donne sens et lumière à notre vie, on pense se combler à force de vacances, de choses matérielles, de relations humaines. Et lorsque vient la nuit, l’homme cherche cette huile. Il rencontre des gens qui en sont comblés, qui rayonnent de bonheur, mais ce bonheur ne lui appartient pas, il ne le connaît pas. Il s’imagine qu’il peut aller l’acheter, comme tout le reste, chez les marchands. Mais les marchands de bonheur n’existent pas. Alors, que faire ? La réponse est divinement simple, il faut humblement retourner aux grandes vérités qui embellissent notre vie : Dieu est présent, la foi ; Dieu m’aide à chaque instant, l’espérance ; Dieu m’aime et désire mon amour, la charité.

Dialogue avec le Christ

Tu connais mon cœur, Seigneur et tu sais que je veux faire de mon mieux dans cette vie. Mais Tu connais aussi ma fragilité, les circonstances de la vie, les difficultés du quotidien. Viens à mon aide ! Permets que ce chemin que j’entreprends chaque matin vers toi ne sois pas un poids en plus, mais une lumière et un feu intérieur qui guident mes pas et mon cœur et rendent légers tous les fardeaux de la journée, car tu es avec moi.

Résolution :

Faire un acte de charité. http://www.regnumchristi.fr

 


 

 

Homélies de Père Gilbert Adam

 

Cinq d’entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l’huile en réserve.

Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Les femmes qui ont pris de l’huile dans leurs lampes sont les femmes dont le désir crie vers le Seigneur, elles sont données en exemple. Apparemment, c’est la même vie pour chacune, elles ont besoin de dormir. Mais il y a cette huile, cette onction qui fait la différence. Ce temps nous appelle à la fidélité au don reçu, il nous appelle à entrer dans une nouvelle présence. L’huile, en lien avec la sagesse, est une « onction » nouvelle. Nous voulons mettre cette onction de Dieu dans les situations difficiles de notre vie. Comment sanctifier les épaisseurs ténébreuses qui sont en nous, sinon en y invitant Jésus sans cesse ! La Passion de Jésus s’approche, elle s’impose aux disciples. Les échanges se concentrent sur l’essentiel, sur la profondeur des relations. Jésus parle de son propre retour. Jésus est le Sauveur qui purifie jusqu’aux racines de notre être. Victorieux dans son amour, Jésus brûle en nous ce qui n’est pas grâce de Dieu. Notre vie, toute identifiée à Jésus, est alors resplendissante, amoureuse de lui. Ce temps est un temps de conversion, de sanctification, c’est un temps de préparation aux noces. Nous demeurons unis au Dieu d’amour pour devenir amour, comme il est amour.

« A minuit un cri retentit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les sottes de dire aux sensées : « Donnez- nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Mais celles-ci leur répondirent : « Il n’y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l’on ferma la porte. » Les vierges prévoyantes prendront assez d’huile pour la venue de l’Epoux. Nous nous unissons continuellement au mystère de Jésus qui est notre Époux. Il faut nous laisser purifier dans tout ce qui fait notre vie, dans tout ce qui nous habite. Notre fidélité informe notre vie dans la veille, dans l’attente. Nous sommes au cœur de la liberté qui conduit notre vie. Jésus manifeste que c’est cette attitude de fidélité dans l’attente, qui rend possible l’accès au Royaume. Aimer dans l’absence, c’est demeurer dans l’attente, c’est accepter le travail du manque. Il s’agit pour nous d’être présent et disponible au moment voulu. Quand l’autre n’est pas là, attendre ne peut se vivre que dans l’amour.

Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : ’Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ’Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. Nous demandons la grâce de la vigilance dans notre vie pour bénéficier du salut de Jésus. Nous laissons la croix de Jésus nous purifier, nous pacifier, nous fortifier, nous illuminer jusqu’à ce que notre être puisse dire : « Pour moi, vivre, c’est le Christ ». Après toute rencontre qui illumine notre cœur, nous creusons en nous une aptitude à recevoir l’Amour lorsqu’il surgira. Le langage de la croix est le langage de la victoire de l’amour sur tout ce qui s’oppose à l’amour. Là, dans l’absence, mystérieusement, l’amour est présent sous la forme que cette absence lui donne. Il nous est bon de l’apprendre, de le recevoir car le temps du vide va mystérieusement travailler en nous. Il nous faut alors nous quitter pour nous ouvrir encore plus profondément à la Présence. Dieu nous a donnée une nature qui sera alors resplendissante de lui. Demeurons dans l’onction de Jésus qui nous sauve, qui nous met devant la fin des temps, devant notre dernier instant, la rencontre de l’Époux.

Nous demandons la grâce d’une telle transformation pour que le jour où Jésus viendra nous soyons tout disponibles pour lui. http://www.pere-gilbert-adam.org


 


Saint Théodore le Studite (759-826), moine à Constantinople. Petites Catéchèses, n° 130 (trad. Migne 1993, p. 279).

Tout moment est propice

Frères, il y a un temps pour les semailles et un autre pour la moisson, un temps pour la paix et un autre pour la guerre, un temps pour l'occupation et un autre pour le loisir (cf Qo 3). Mais pour le salut de l'âme, tout moment est propice, et toute journée est favorable, si du moins nous le voulons. Ainsi donc, soyons toujours en mouvement vers le bien, faciles à mouvoir, pleins de fraîcheur, mettant les paroles en actes. « Car, dit l'apôtre Paul, ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la loi en pratique qui seront justifiés » (Rm 2,13)... Est-ce le temps de la guerre spirituelle ? Il faut combattre avec ardeur et poursuivre avec l'aide de Dieu les pensées démoniaques qui se lèvent en nous... ; si, au contraire, c'est le temps de la moisson spirituelle, il faut moissonner avec ardeur et rassembler dans les greniers spirituels les provisions de la vie éternelle...

C'est toujours le temps de la prière, le temps des larmes, le temps de la réconciliation après les fautes, le temps de ravir le Royaume des cieux. Pourquoi tarder désormais ? Pourquoi remettre à plus tard ? Pourquoi renvoyons-nous de jour en jour l'amélioration ? « Ce monde tel que nous le voyons n'est-il pas en train de passer ? » (1Co 7,31)... Durerons-nous indéfiniment ? ... L'exemple des dix vierges ne vous effraie-t-il pas ? « Voici l'époux, dit l'Evangile, sortez à sa rencontre ». Et les vierges sages sont allées à sa rencontre avec des lampes brillantes et elles sont entrées pour les noces ; tandis que les vierges folles retardées par l'absence de bonnes œuvres, criaient : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il a répondu : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas » et il ajoute : « Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l'heure ». Il faut donc veiller et éveiller l'âme à la sobriété, à la componction, à la sanctification, à la purification, à l'illumination, pour éviter que la mort ne nous ferme la porte et qu'il n'y ait personne pour nous ouvrir ou nous aider.

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Evangile, Saint et Homélie du Jeudi 25 août 2016. C’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra

 

 


 

Jeudi 25 août 2016

Nous sommes en temps ordinaire : 21e semaine

Saint(s) du jour : St Louis IX, roi de France (1215-1270), St Joseph Calasanz, prêtre et fond. (1557-1648)



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,1-9.

Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre. À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous. Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

Psaume 145(144),2-3.4-5.6-7. [psaume 144A, vidéo KTOTV]

 

 

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n'est pas de limite.

D'âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

On dira ta force redoutable ;
je raconterai ta grandeur.
On rappellera tes immenses bontés ;
tous acclameront ta justice.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 24,42-51.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”, et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

 

Il faut veiller ! Voilà sans doute le cœur de l’attitude spirituelle du chrétien. Il faut veiller car Jésus nous le demande et parce que c’est logique : « vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra ». Méfions-nous cependant des raccourcis hâtifs. On ne veille pas par ignorance de la date du grand rendez-vous que le Seigneur nous a fixé et qui marquera la fin du monde, mais parce que nous voulons être prêts pour ce rendez-vous. L’exemple du voleur est édifiant. Il est évident que le propriétaire ne connaît pas la nuit que le voleur a choisie pour passer, aussi veille-t-il. Mais même en veillant, l’effet de surprise ne sera jamais supprimé puisque le propriétaire ignore dans quelle partie de la nuit le voleur viendra. Autrement dit connaître la nuit, ou le jour, n’a pas d’importance puisque les circonstances exactes sont hors de notre portée. Or ce voleur, le livre de l’apocalypse nous le confirme, c’est le Christ lui-même. Veiller jour et nuit pour ne pas être surpris de son retour dans la gloire, est donc vain.

C’est pourquoi Jésus précise sa remarque et nous dit quand il va revenir : « c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». Nous savons maintenant quand il viendra : à l’heure où nous n’y penserons pas. Notre attente est donc orientée par notre pensée. Jésus nous enseigne ainsi que notre attente, c'est-à-dire la façon de mener notre vie ici-bas, dépend de notre façon de penser le retour du Seigneur.  Pour l’illustrer, Jésus raconte une parabole qui met en scène un serviteur, et non pas deux, il est important de le noter, ayant le choix entre deux attitudes en l’absence de son maître. Soit accomplir fidèlement sa tâche envers les autres serviteurs, soit laisser sa pensée être séduite par l’idée que le maître tarde parce qu’il ne rentrera plus. L’idée est dangereuse car elle induit que le serviteur n’a alors plus de compte à rendre à personne et que les biens de son maître lui appartiennent désormais. Il est ainsi question d’un abus de pouvoir ; dans l’antiquité en effet seul le maître avait le droit de battre ses serviteurs. Ici, notre homme se croit investi des pouvoirs de son maître, nous montrant clairement que l’idée qu’il se fait du retour de son maître oriente sa façon de vivre, son choix pour faire le bien ou le mal.

Ce choix est le même pour nous. Les deux mêmes idées s’offrent à nous et nous sommes capables des deux attitudes extrêmes décrites dans cette parabole. Saurons-nous maîtriser notre pensée et ne jamais oublier que le Seigneur est fidèle ? Saurons-nous garder notre désir tendu vers le retour de notre maître ? Le meilleur de nos alliés dans cette attente éprouvante est la louange. Chaque matin rendre grâce au Seigneur pour le temps qui nous est donné de vivre en le servant pour, peut être aujourd’hui, lui faire la joie de nous trouver à notre tâche : être au service de nos frères.

Donne-nous Seigneur ton Esprit de service, qu’il oriente chacune de nos pensées vers ton retour. Sans doute ne pourrons-nous pas consacrer toutes nos pensées à ce retour : tant de choses doivent être réfléchies et faites. Mais que chacune de nos décisions soit prise en fonction de toi, et que chacun de nos travaux prépare ta venue. Ainsi, quand viendra « l’heure où nous n’y penserons pas », nous connaîtrons la joie des retrouvailles.     Père Philippe, http://www.meinau-catholiques.org


 

+ Abbé Albert TAULÉ i Viñas (Barcelona, Espagne)

«Tenez-vous donc prêts»

Aujourd'hui, le texte de l'Évangile nous parle de l'incertitude du moment de la venue du Seigneur: «Vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra» (Mt 24,42) Si nous voulons qu'il nous retrouve en train de veiller, nous ne pouvons ni nous distraire ni nous endormir: nous devons être toujours préparés. Jésus nous donne plusieurs exemples de cette attention: celui qui veille au cas où il y aurait un voleur, le serviteur qui veut faire plaisir à son maître… Peut-être qu'aujourd'hui il nous parlerait d'un gardien de but de football qui ne sait ni quand ni comment arrivera le ballon.

Mais, peut-être qu'avant, nous devrions clarifier à quelle “venue” Il fait allusion. S'agit-il de l'heure de notre mort? S'agit-il de la fin du monde? Ce sont certainement là des “venues” du Seigneur sur lesquelles Il a fait exprès de nous laisser dans l'incertitude pour provoquer en nous une attention constante. Mais en faisant les calculs de probabilités, peut-être que personne de notre génération ne sera témoin d'un cataclysme universel qui mettra fin à l'existence de la vie humaine dans la planète. Et, en ce qui concerne la mort, ceci ne se passe qu'une seule fois et “basta”. Tant que cela n'arrive pas, n'y a-t-il pas une autre “venue” proche devant laquelle nous devons veiller?

«Comme les années passent! Les mois se réduisent en semaines, les semaines en jours, les jours en heures et les heures en secondes…» (Saint François de Sales). Chaque jour, à chaque heure, à tout instant, le Seigneur est proche de notre vie. A travers les inspirations intérieures, à travers les personnes qui nous entourent, tout ce qui se passe autour de nous, des choses qui arrivent, le Seigneur frappe à notre porte et nous dit comme dans l'Apocalypse: «Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi» (Ap 3,20). Aujourd'hui si nous communions, cela arrivera à nouveau. Aujourd'hui si nous écoutons patiemment les problèmes des autres ou si nous donnons notre argent pour venir en aide aux autres, cela arrivera à nouveau. Aujourd'hui si pendant notre prière personnelle nous recevons soudainement une inspiration inespérée, cela arrivera à nouveau.


 

Médidations d'un père légionnaire du Christ

Prière d'introduction

Seigneur, je viens encore vers toi dans la prière. Bien que je ne te voie pas, je sais par la foi que tu es présent dans ma vie. J’espère en ta promesse de rester avec moi jusqu’à la fin des temps. Je t’aime, et je sais que tu m’aimes. Accepte cette prière comme une marque de mon amour.

Demande

Seigneur, aide-moi à rester alerte, gardant l’objectif du Ciel toujours à l’esprit.

Points de réflexion

1. Ni le jour ni l’heure. Aucun de nous ne sait combien de temps il va vivre et Jésus n’a pas indiqué combien de temps l’histoire humaine continuera, avant qu’il ne revienne pour le jugement final. Ceci devrait nous inciter à nous rendre compte que nous devons être toujours prêts à rencontrer notre Seigneur, en agissant dans le vrai, et en gardant notre conscience toujours pure de tout péché. Nous devons vivre comme si chaque jour était notre dernier, comme si notre bonheur éternel dépendait des choix et des actions de ce jour même. Chaque moment est précieux et important aux yeux de Dieu. Le plus nécessaire est de nous efforcer à demeurer en état de grâce, afin d’atteindre notre salut. C’est ce que nous ferons de plus important dans la vie.

2. La vraie prudence. Le serviteur fidèle qui fait ce qu’il est censé faire à chaque moment, est la personne véritablement prudente. Dieu veut que nous soyons fidèles et que nous accomplissions sa volonté chaque jour. C’est le chemin de la sainteté et de l’union avec Dieu. Il n’y a pas d’autre manière d’être près de Dieu que de faire sa volonté, par amour et avec gratitude. Comment mes actions d’aujourd’hui reflètent-elles mon obéissance affectueuse à la volonté de Dieu ? Est-ce que j’ai mis Dieu au centre de ma vie, ou bien l’ai-je relégué, lui et sa volonté, à la périphérie de ma vie, en ne prêtant attention à ce qu’il veut de moi que de temps en temps ?

3. Un long retard. Souvent il nous semble que Dieu est loin et pas impliqué dans notre vie. Il peut sembler que son retour n’est pas pour bientôt, et ceci peut nous conduire à nous distraire avec beaucoup d’autres choses. Renouvelons chaque jour notre esprit de foi en Dieu et en sa présence constante, en vivant chaque jour pour lui plaire, peu importe combien cela nous semble long. Vivons en sa présence par la foi en lui et en sa révélation, qui nous guident le long du chemin vers la vie éternelle. Efforçons-nous chaque jour de maintenir une foi animée et effective en Dieu et en sa présence.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, enseigne-moi à prier avec une vraie foi en toi et en ta parole de vie. Aide-moi à croire à chaque moment de sorte que je puisse te satisfaire, faire ta volonté et grandir en sainteté.

Résolution

Je renouvellerai ma foi chaque jour, en faisant fréquemment des actes de foi conscients et ardents.

Un père légionnaire du Christ, http://www.regnumchristi.fr


 

Homélies de Père Gilbert Adam

"Sachez–le bien, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas fracturer sa maison." Vous aussi, soyez prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas. « Veillez, » dit Jésus ! C’est un appel fort qui nous donne de nous situer dans la vigilance. Il veut pour nous une véritable fidélité, qui est à la fois un don reçu, et qui est aussi le fruit de notre activité. La présence de Dieu est toujours là, même si elle se voile pour que nous puissions nous affermir dans notre liberté. Nous sommes dans une attente, ouvert à l’autre, en nous confiant à la Parole de Dieu. Nous connaissons la fatigue, le doute, la crainte. Veiller est un don à demander, car nous ne savons pas nous maintenir dans la veille. L’image du chantier en construction nous parle bien de l’œuvre de Dieu ; le plombier, l’électricien, le peintre, chacun à sa place, assure le succès de l’œuvre globale dans une maison. L’harmonie se fera quand chaque ouvrier réalisera l’œuvre que le maître a décidé pour lui. C’est de la manière dont nous allons accomplir notre tâche que la béatitude sera notre : « Heureux ! » Cette béatitude est donnée au serviteur qui est trouvé à son travail, heureux de sa tache.

"Mais si cet esclave se dit : « Mon maître tarde à venir, » qu’il se mette à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, le maître de cet esclave viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces et lui fera partager le sort des infidèles. « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail ! » Jésus nous encourage à être à notre travail ! C’est celui qui nous correspond, qui nous donne d’être dans l’ouverture et dans l’attente. Notre travail comporte sa part de prière, de service du prochain, de maintien de relation avec autrui. Nous désirons ce qui nous conduit davantage vers la fin pour laquelle nous sommes créés. Nous voulons être vigilant face à la fatigue qui peut s’installer parce que le maître tarde à venir. Le danger, c’est que progressivement tout se désintègre, et que le voleur emporte tout. Si nous traversons un chantier déserté par les ouvriers, nous remarquons que le voleur a accès partout, puisque tout est en « chantier. » Sur un chantier ou les ouvriers sont partout à leur poste, nous comprenons la béatitude de Jésus : « Heureux celui qui sera trouvé à son travail ». Or Dieu recherche sans cesse notre bonheur.

"Pierre lui dit : Seigneur, est–ce à nous que tu adresses cette parabole, ou aussi à tous ?Le Seigneur dit : Quel est donc l’intendant avisé et digne de confiance que le maître nommera responsable de ses gens, pour leur donner leur ration de blé en temps voulu ? Nous mesurons combien nous pouvons facilement nous laisser entrainer dans un chemin qui nous fragilise. Il nous faut bâtir un cadre souple, qui nous maintient dans la vie, dans la présence de nos frères et de nos sœurs en humanité, et qui nous aide à demeurer dans la fidélité à l’œuvre de Dieu. La fidélité avec laquelle nous allons travailler, assure le succès de l’œuvre entière que Dieu réalise. Le projet de Dieu dans la civilisation de l’amour s’établit alors ! C’est dans l’amour que nous allons mettre à notre travail, que nous allons prouver à Dieu l’amour que nous lui portons. Il y a une vraie béatitude quand l’œuvre de Dieu se fait et que la communauté se construit. Dans l’Église de Dieu, les ministères sont variés, les grâces sont variées. Le plus important est que chacun de nous soit trouvé fidèle à la tâche que Dieu lui a confié. Alors Dieu construit le Royaume dans la civilisation de l’amour.

Nous demandons la grâce d’être trouvé à notre travail pour que dans l’œuvre de Dieu, chacun trouve sa place en vérité, http://www.pere-gilbert-adam.org


 

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Evangile, Saint et Homélie du Me 24 août 2016. De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? Nathanaël rencontre le Christ.


Mercredi 24 août 2016

Fête de saint Barthélémy, apôtre

Saint(s) du jour : St Barthélémy, apôtre et martyr († vers l'an 71), Ste Jeanne-Antide Thouret, v. et fond. (1765-1826)



Livre de l'Apocalypse 21,9b-14.

Moi, Jean, j'ai vu un ange qui me disait : « Viens, je te montrerai la Fiancée, l'épouse de l'Agneau. » En esprit, il m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu : elle avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes et, sur ces portes, douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël. Il y avait trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident. La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau.

Psaume 145(144),10-11.12-13ab.17-18.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,45-51.

Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. » Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés. 


Homélie ou Méditation du jour

Homélie du Père Philippe

Philippe n’était pas parmi les deux premiers disciples qui s’étaient mis à la suite de Jésus sur l’indication de Jean-Baptiste. Ce n’est que le lendemain, alors qu’il avait décidé de partir pour la Galilée, que Jésus rencontre Philippe et lui dit : « Suis-moi ». Pour Philippe comme pour André, cette première entrevue et les quelques heures passées avec le Maître furent déterminantes. Tous deux sont convaincus : celui que Jean-Baptiste avait désigné comme « l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 36) est bien le Messie. Aussi ne peuvent-ils se taire : André court chercher son frère Simon, tandis que Philippe partage sa découverte avec Nathanaël. La présentation que donne Philippe laisse pressentir que l’enseignement proposé par Jésus à ses premiers disciples, portait déjà sur l’accomplissement des Écritures en sa personne : « Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé ». Suit une désignation tout à fait classique par le nom, la famille et l’origine géographique : « Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ».

 

La remarque quelque peu désabusée de Nathanaël, est tout à fait pertinente : les Écritures ne parlent pas de Nazareth, mais désignent Bethléem comme lieu d’origine du Messie (Mi 5, 1). De fait, Jésus n’est pas « sorti de » Nazareth, mais du sein du Père, comme tout le 4ème évangile va tenter de nous le faire découvrir. Il est bien sûr « sorti » également du sein de la Vierge Marie, et précisément à Bethléem, conformément aux prophéties. Mais son origine n’est pas d’ici-bas : il n’est pas « fils de Joseph », mais « Fils de Dieu », comme Nathanaël le reconnaîtra un peu plus tard, au cours de son entrevue avec le Seigneur.  Décontenancé par la réaction sceptique de son ami, Philippe ne peut que se faire l’écho des paroles de Jésus lui-même : « Viens et tu verras ». Ce n’est pas au terme d’un raisonnement en bonne et due forme que nous pouvons arriver à la conclusion : « Jésus est le Messie ». Il s’agit d’une certitude de foi, qui ne peut être acquise que par la fréquentation assidue du Christ dont nous sommes devenus les compagnons. Ce n’est que dans un second temps, à la lumière de l’Esprit, que nous pouvons ensuite constater l’annonce prophétique de sa venue dans les Écritures, et déployer la cohérence rationnelle du projet de Dieu, que Jésus vient accomplir pour nous et parmi nous.

 

Aussi l’invitation « Viens et tu verras » devrait-elle être aujourd’hui comme hier, au cœur de la première annonce de la Bonne Nouvelle (kérygme), car seules la présence de Jésus, sa Parole vivante, et le rayonnement de son Esprit d’amour, peuvent triompher de nos résistances et entraîner notre adhésion.  Le mérite de Nathanaël est de ne pas s’obstiner dans son scepticisme, mais de demeurer ouvert à l’imprévu de Dieu, dont l’action au cœur de l’histoire est toujours déconcertante. Il consent à suivre Philippe, qui s’empresse de le conduire à Jésus. Il est remarquable que ce n’est pas Nathanaël qui le premier « voit » Jésus - alors que pourtant il doit le chercher avec curiosité - mais c’est Jésus qui « voit Nathanaël venir à lui » ; ce qui suppose - comme l’échange le confirme - que Notre-Seigneur avait posé son regard sur lui depuis bien longtemps : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier » - c’est-à-dire alors que tu scrutais assidûment les Écritures pour y discerner le temps et le lieu de ma venue - je t’ai vu » - « j’ai vu ton effort, j’ai entendu ta prière, je connais ton désir. Tu es un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir et refuse les compromissions avec le monde, sous prétexte que le Messie tarde à venir. Sache que je suis descendu pour accomplir les Écritures, donner à mon peuple la pleine délivrance, et l’introduire dans son repos » (cf. Ex 3, 7-8). Percevant la portée messianique des propos de Jésus, Nathanaël reconnaît et confesse qu’il est l’Envoyé de Dieu - « le Fils de Dieu » - et le prophète de la fin des temps annoncé par Moïse (Dt 18, 15), qui devait introduire Israël dans sa patrie définitive et régner sur lui pour toujours - « le Roi d’Israël ».

 

La disponibilité spirituelle de son interlocuteur permet à Jésus de révéler solennellement - à Nathanaël et à tous les cœurs droits qui tout au long de l’histoire lui prêteront l’oreille de leur cœur : « Lorsque j’aurai été élevé de terre pour vous purifier du péché qui a fermé pour vous les portes du Paradis, “vous verrez les cieux à nouveau ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’Homme intronisé sur le trône de sa Croix glorieuse. C’est à l’Heure où le Père me glorifiera, que vous saurez que JE SUIS” ». 

Seigneur, donne-nous d’avoir faim et soif de toi ; ne permets pas que notre désir se disperse, mais unifie-nous dans la quête de l’unique nécessaire, sous la conduite de ton Esprit. Nous pourrons alors proclamer ta gloire et l’éclat de ton Règne, et confesser ta seigneurie et ta royauté universelles, toi le Fils de Dieu, le Vivant à jamais.   http://www.meinau-catholiques.org


Méditation de Père Gilbert Adam

 

Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. »

Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. » Le nom de Barthélemy revient toujours au sein des listes des Douze, mais il ne se trouve au centre d’aucun récit. Il est traditionnellement identifié avec Nathanaël, « Dieu a donné. » Barthélémy est l’homme d’une grande culture qui réfléchit en scrutant la Parole de Dieu ! La fête d’un apôtre de Jésus nous apporte toujours un message unique, qui est lié à la grâce de cet apôtre. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l’identité de Jésus : Dans sa confession Nathanaël reconnaît Jésus dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, et dans sa relation avec le peuple d’Israël, dont il est déclaré le roi, la qualification du Messie attendu. Nous ne devons jamais perdre de vue ni l’une ni l’autre de ces deux composantes. Les apôtres parcoureront la terre et parlerons au peuple de Jésus, et du Royaume des Cieux.

Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Philippe est embarrassé devant Nathanaël, il lui propose de faire l’expérience de la rencontre de Jésus ! Nous contemplons la clairvoyance de Jésus en le voyant, il va droit au but et surprend Barthélémy. Jésus évoque son rapport à la Parole de Dieu, Barthélémy éclairé par la Parole va dépasser ses « connaissances » trop humaines, il se laisse surprendre par la Vérité, par Dieu lui-même. Barthélémy qui rencontre Jésus le suivra au cours de sa vie terrestre. Notre connaissance de Jésus a besoin d’une expérience vivante, d’une relation intime et profonde avec lui. Les apôtres aiment Jésus, c’est pourquoi ils ne craignent aucune tribulation à la suite de Jésus, ils aiment l’humanité de cet amour qui enlève toute crainte. Jésus les enverra dans le monde pour éclairer tous les hommes.

Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. » Nathanaël se sent touché au plus profond du cœur par les paroles de Jésus, il se sent compris et il comprend. Barthélémy est entrainé par Jésus pour aller plus loin ! Notre bonheur est de connaître Jésus, de l’aimer, et dans cet Amour, de connaître la vie éternelle. Jésus va nous donner le Saint Esprit pour découvrir tout le chemin que nous avons à parcourir. En priant et en expérimentant l’amour divin, nous aspirons à la rencontre de Dieu. Nous servons le monde par la prière qui porte en elle une si grande grâce que les hommes voient l’éclat qui rayonnent du Christ Jésus. Si nous sommes souvent cachés, le monde entre dans l’émerveillement dans la rencontre des serviteurs de Dieu qui ne s’enorgueillissent pas. Ils sont sauvés dans l’humilité et la douceur de Jésus.

Nous demandons la grâce d’être attentif à la manière dont Jésus nous invite à progresser. http://www.pere-gilbert-adam.org


Méditation de Jeanne Mendras, consacrée de RC

 

Prière d'introduction

 

Mon Dieu, je me mets en ta présence car je veux t’adorer et te rencontrer. Tu sais comment je suis et quels sont tous ces obstacles, que consciemment ou inconsciemment, je mets entre toi et moi. Je te prie de m’aider à les détruire, pour que ce moment de prière touche profondément mon cœur.

 

Demande

 

Libère mon cœur des murailles que j’ai pu construire autour de lui pour me protéger.

 

Points de réflexion

 

1. Dans ce passage, nous avons beaucoup à apprendre du personnage de Nathanaël. Jésus se réjouit de trouver en lui un « israélite sans détour ». Pour que Jésus le dise, il devait être un homme profondément droit, qui dit et qui fait ce qu’il pense. Il est aussi assez sceptique, il ne croit pas ce que lui dit Philippe, mais sa curiosité est suffisamment éveillée pour qu’il le suive. Ce n’est pas Philippe qui convainc Nathanaël, mais c’est Jésus qui touche son cœur. La meilleure évangélisation ne consiste pas à convaincre, mais à témoigner de notre rencontre avec le Christ, pour inciter les gens à le chercher. Ensuite c’est Dieu qui ouvre et qui touche les cœurs. Qui mieux que lui connaît le cœur de chacun et sait comment y rentrer ? Quand Nathanaël entend le compliment que lui fait Jésus, il reste sur la défensive : « d’où me connais-tu ? » Les paroles qu`il prononce montre que c`est un homme qui a construit plusieurs barrières autour de son cœur : il fait preuve de rationalisme, de scepticisme, la tendance à la méfiance est forte en lui. Mais Jésus le connaît et il sait comment faire tomber ces barrières.

 

2. Jésus a su piquer sa curiosité, en lui montrant qu'il le connaît et qu’il l’apprécie. Il ne s'avoue pas vaincu face aux réactions de défense de Nathanaël , au contraire : « Avant que Philippe t’appelât quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ». Qui sait ce qui s’est passé sous le figuier, seul Nathanaël et Jésus le savent, mais cela devait être quelque chose de très intime pour que Nathanaël réagisse en disant « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ». Jésus a fait tomber ses barrières et l’amène à la conversion en lui montrant qu’il est celui à qui rien n’est caché, qui vit dans l’intimité de l’homme, qui connaît tous ses désirs, toutes ses pensées et tous les mouvements de son cœur. La rencontre entre Nathanaël et Jésus nous montre que Dieu nous connaît mieux que nous-mêmes, et qu’il est attentif au moindre mouvement intérieur de notre âme. Ne mettons pas d’obstacle entre lui et nous, n’ayons pas peur, ne faisons pas preuve d’incrédulité face à l'annonce de l’Évangile, mais ouvrons nous à la présence de Dieu. Et si nous n’y arrivons pas, Nathanaël nous montre que Jésus sait comment nous chercher et comment ouvrir notre cœur et que, comme lui, nous pourrons répondre, si nous sommes sincères avec nous-même.

 

Dialogue avec le Christ

 

Mon doux Jésus, merci d’être si bon avec moi et d’attendre patiemment que j’ouvre mon cœur. Je veux te rencontrer et me laisser transformer par cette rencontre. Je veux dire du plus profond de mon âme la prière de Nathanaël : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.

 

Résolution

 

Trouver un moment dans la journée pour adorer le Seigneur en silence afin de l’écouter.   http://www.regnumchristi.fr


 

Mgr. Christoph BOCKAMP Vicaire Régional de l'Opus Dei en Alemagne

«Viens, et tu verras»

Aujourd'hui, nous célébrons la fète de Saint-Barthélemy. Saint Jean, l'évangéliste, nous raconte la première rencontre avec Jésus avec une telle intensité que nous sommes transportés sur la scène. C'est sont des dialogues des cœurs jeunes, honnêtes, sincères et c'est sublime! Jésus rencontre Philippe par hasard et lui dit «suis-moi» (Jn 1,43). Peu de temps après, Philippe, heureux de cette rencontre avec Jésus, cherche son ami Nathanaël pour lui raconter que “enfin” il a trouvé celui dont parlent les prophètes: «C'est Jésus fils de Joseph, de Nazareth» (Jn 1,45). La réponse qu'il reçoit de la part de Nathanaël n'est pas très enthousiaste, elle est plutôt sceptique: «De Nazareth! Peut-il sortir de là quelque chose de bon?» (Jn 1,46). Partout dans le monde, c'est pareil. Chaque ville ou village pense que rien de bon ne peut sortir de leur ville ou village voisine… et vice-versa.

Mais Philippe ne se décourage pas. Etant de bons amis, il ne s'explique plus et il l'invite à l'accompagner: «Viens, et tu verras» (Jn 1,46). Alors, il y va, et cette première rencontre avec Jésus détermine sa vocation. Ce qui semblait le hasard était, déjà bien préparé à l'avance, dans le plan de Dieu. Pour Jésus, Nathanaël, n'est pas un inconnu: «Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu» (Jn 1,48). De quel figuier parle-t-Il? Peut-être c'était l'endroit préféré de Nathanaël où il allait pour se reposer, penser, s'isoler, …toujours sous le regard de Dieu. Comme nous tous. Mais pour bien se rendre compte de l'amour infini de Dieu pour chacun d'entre nous, afin d'être conscient que Dieu frappe à la porte et qu'Il m'appelle, nous avons besoin de quelqu'un qui comme Philippe nous dira «Viens, tu verras». Quelqu'un qui nous amène sur la route que Saint Josémaria appelle: «Chercher le Christ, trouver le Christ, aimer le Christ».

 

 


Nathanaël ou La rencontre avec le Christ

Le Seigneur rencontre d’abord Philippe, et aussitôt Il lui dit : « suis-Moi », ce qu’il fait. C’est le mystère du choix divin. Mais le Christ ne le dira pas à Nathanaël, dont la rencontre est pourtant longuement relatée dans l’Evangile. On pourrait se demander : pourquoi ? Il n’y a pas de pourquoi : c’est la liberté de Dieu, point. Puis Philippe rencontre Nathanaël, autre disciple de Jean Baptiste. Sachant que Nathanaël est un juif pieux et connaisseur des Ecritures, il lui parle dans un langage biblique : « Nous avons trouvé Celui de qui il est écrit dans la Loi de Moïse et dans les Prophètes … », qui ne pouvait que toucher le cœur d’un Juif. Mais il ajoute le nom de la personne : « Jésus le fils de Joseph de Nazareth ». La précision de Philippe, surprenante, va constituer une épreuve pour Nathanaël. Connaissant bien les Ecritures, il a la réaction d’un vrai juif : « de Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? ». Tous les juifs pieux savaient en effet que le Messie devait naître en Judée, à Bethléem et être fils de David. Enorme déception de Nathanaël ! On lui dit que le Messie est venu et on lui parle d’un petit village perdu de la Galilée, Nazareth. Il est dépité et répond avec  une pointe d’ironie. Philippe ne se décourage pas – parce que, lui, a vu le Messie et il sait qu’il dit vrai – et il redit la très belle phrase prononcée par le Christ lors de son propre appel, la veille, et qui est un modèle en matière de mission : « viens et vois » (Jn 1, 39). Je ne cherche pas à te convaincre à tout prix et je te respecte, mais viens au moins vérifier par toi-même.

Alors se passe la rencontre entre Jésus et Nathanaël qui est forte et belle. Le Seigneur ne lui laisse pas le temps d’ouvrir la bouche : sachant que Nathanaël ne peut pas aller à Lui, Il va d’emblée vers lui et lui fait une révélation personnelle : « Voici un véritable Israëlite, en qui il n’y a point d’artifice ». Il aurait pu lui dire : j’habite à Nazareth, mais je suis né à Bethléem. Mais Dieu n’a pas ce type de relation avec nous, formelle, intellectuelle, rationnelle. Dieu est la vie et Il a une relation vivante avec les hommes : Il connaît chaque homme par son nom, car Il les a créés tous. Et Sa relation avec nous est directe, car nous sommes de Sa famille, nous sommes Ses enfants.

Nathanaël est  stupéfait : « d’où me connais-tu ? ». On ne s’est jamais rencontré, on ne se connaît pas et Tu sais tout de moi. Le Seigneur lui révèle alors un miracle : « avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, Je t’ai vu ». Ce figuier n’était certainement pas visible du lieu où se trouvait le Seigneur, pour que Nathanaël comprenne bien le miracle. Mais cela a aussi un sens symbolique. Le figuier représente la Loi7 : être « sous le figuier » c’est être sous  la Loi, qui a été donnée par Dieu à Moïse pour préparer la venue du Messie. Nathanaël ne s’y trompe pas : en un instant il se convertit et dit une des plus belles phrases de l’Evangile : « Rabbi, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le roi d’Israël ». Quelle admirable confession du Christ par un juif, par un enfant d’Israël ! Nathanaël était vraiment ce que le Seigneur avait dit de lui : un juif intègre, honnête, qui ne triche pas. Il a d’abord douté, mais honnêtement, sans malice, par obéissance à la Loi. Mais dès que le Seigneur lui eût donné une « preuve »  (qui ne valait que pour lui-même, adaptée à lui) aussitôt il a changé, aussitôt son cœur s’est ouvert et il a confessé le Messie. L’attitude de Nathanaël est totalement différente de celle des Pharisiens et des prêtres, qui avaient la possibilité de vérifier que Jésus était le Messie, mais qui ont triché et menti, par intérêt, pour garder leur pouvoir et leurs honneurs.

C’est un enseignement pour nous. L’intégrité est un bouclier spirituel : elle permet la vérification intérieure. Un homme intègre peut être enseigné et repris : il peut changer, mais pas un menteur, qui est prisonnier de son mensonge. Dieu répond toujours à l’Homme lorsque son doute est vrai et sincère. L’homme intègre finira toujours par découvrir la vérité : Dieu la lui révèlera. Un homme intègre est déjà sur le chemin de la ressemblance à Dieu.

Et face à cet homme qui fait spontanément une extraordinaire profession de foi (le rabbi Jeshouah de Nazareth est, à ce moment-là, totalement inconnu !), le Christ fait une révélation exceptionnelle : « …vous verrez désormais le Ciel ouvert… » : Je suis venu révéler Dieu, ouvrir le Ciel, écarter la Ténèbre incréée, dévoiler le mystère du Dieu unique en trois personnes…. «  et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’Homme » : cela signifie que Celui qui est descendu sur la Terre est le même que Celui qui siège dans les Cieux, avec le Père et l’Esprit-Saint. Même dans Son incarnation, le Fils est entouré des 9 cercles angéliques, comme le Père et l’Esprit. C’est pour cette raison que le Christ utilise l’expression « Fils de l’Homme », c’est-à-dire Celui qui s’est incarné.    Père Noël TANAZACQ (Paris)

 

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