Évangile et Homélie du Vend 03 Fév 2017. Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler.


Vendredi 03 février 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Blaise, évêque en Arménie et martyr († v. 320), Ste Claudine Thévenet, vierge et fondatrice (1774-1837)



Lettre aux Hébreux 13,1-8.

Frères, que demeure l’amour fraternel !
N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps. Que le mariage soit honoré de tous, que l’union conjugale ne soit pas profanée, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu. Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez, car Dieu lui-même a dit : ‘Jamais je ne te lâcherai, jamais je ne t’abandonnerai.’ C’est pourquoi nous pouvons dire en toute assurance : ‘Le Seigneur est mon secours, je n’ai rien à craindre ! Que pourrait me faire un homme ?’ Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi. Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité.


Psaume 27(26),1.3.5.9abcd.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Qu'une armée se déploie devant moi,
mon cœur est sans crainte ;
que la bataille s'engage contre moi,
je garde confiance.

Oui, il me réserve un lieu sûr
au jour du malheur ;
il me cache au plus secret de sa tente,
il m'élève sur le roc.

ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
tu restes mon secours.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,14-29.

En ce temps-là,  comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

Homélie ou Méditation du jour

Le second Évangile est le plus court des quatre ; il est aussi le plus sobre. Or voilà que Saint Marc consacre pas moins de 16 versets à un récit où n’interviennent ni Jésus, ni ses disciples ! Ces derniers viennent d’être envoyés en mission ; quant à Jésus, il n’en est question qu’au début de la péricope, pour introduire le flash-back sur l’exécution du Baptiste. A moins qu’il ne soit question indirectement aussi bien de Notre-Seigneur que des disciples à travers le sort qui est réservé au Précurseur ?

Le comportement d’Hérode annonce en fait l’attitude d’un autre représentant du pouvoir, Pilate, engagé malgré lui dans un procès qui s’ouvrira bientôt. De part et d’autre, l’inculpé est traîné devant le tribunal en raison de jalousies. Pilate en est conscient et tente de défendre Jésus ; mais devant la pression du Grand Prêtre et de son entourage, il ne veut pas prendre parti en faveur de l’Innocent. Il tente alors de sauver l’inculpé en se référant à la tradition qui voulait que l’on relâche un prisonnier pour la Pâque, mais la faveur accordée à l’occasion d’une fête se retourne contre lui : la foule préfère Barabbas à Jésus. Pour ne pas perdre la face et ne pas être discrédité auprès de l’Empereur, il préfère livrer le Prisonnier entre les mains de ses accusateurs, et laver les siennes en signe de désapprobation.

Poursuivant le parallélisme, comment ne pas remarquer que dans les deux cas, la trahison a lieu au cours d’un repas : celle de Judas au cours de la dernière Cène, celle de Jean Baptiste au cours d’un banquet royal ? Dans le premier, Notre-Seigneur se donne lui-même en nourriture ; dans le second, la tête du Précurseur est apportée sur un plat…  L’évangéliste voudrait-il donc nous dire que le pouvoir de ce monde est corrompu parce qu’il est dominé par les passions ? Que les Rois, alors même qu’ils croient disposer du droit de vie et de mort sur leurs sujets, sont en fait livrés au pouvoir du Prince de ce monde qui les dirige invisiblement, les conduisant à leur perte ?

Il est significatif que l’Évangile se poursuive par le récit d’un autre repas, au cours duquel Notre-Seigneur va préfigurer l’Eucharistie en multipliant les pains. Ce repas sera suivi de l’épisode de la marche de Jésus sur la mer, symbolisant sa victoire sur la mort. Le rapprochement des deux péricopes nous permet d’étendre aux disciples venus enterrer le corps du Baptiste, l’exhortation adressée par Jésus aux apôtres : « “Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur !” “J’ai vaincu le monde” (Jn 16, 33) ; je suis le seul véritable Roi : le “Roi des rois et le Seigneur des Seigneurs” (Ap 19, 16).

Seigneur donne-nous de lire les événements de notre vie à la lumière de ta présence à nos côtés, afin que nous ne cédions ni à la tentation du découragement, ni à celle de devenir complice des forces du mal ; mais que nous puissions poursuivre paisiblement notre route sur le chemin de l’Évangile, sûrs que tu es “avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20).

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler»

Aujourd'hui, dans ce passage de Marc, on nous parle de la notoriété de Jésus —connu pour ses miracles et ses enseignements—. Sa notoriété était telle que pour certains c'était le parent et précurseur de Jésus, Jean le Baptiste, ressuscité d'entre les morts. Ainsi voulait l'imaginer Hérode qui l'avait fait décapiter. Mais ce Jésus était beaucoup plus que les autres hommes de Dieu, plus que Jean le Baptiste, plus que tous les prophètes qui avaient parlé au nom du Très Haut: en effet, Lui, c'était le Fils de Dieu fait Homme, Dieu parfait et Homme parfait. Ce Jésus —présent parmi nous—, peut, en tant qu'Homme, nous comprendre, et peut, en tant que Dieu, nous donner tout ce dont nous avons besoin.

Jean, son précurseur, qui avait été envoyé par Dieu avant Jésus, le précède également par son martyre dans sa passion et sa mort. C'était aussi une mort injustement infligée à un saint homme, par le tétrarque Hérode, probablement à contre cœur, car celui-ci l'appréciait et l'écoutait avec respect. Enfin, Jean était clair et ferme avec le roi quand il lui reprochait sa conduite, qui méritait d'être censurée, puisqu'il n'avait pas le droit de prendre Hérodias, la femme de son frère, comme épouse.

Hérode avait accédé à la demande que la fille d'Hérodias, instiguée par cette dernière, lui avait faite, quand au cours d'un banquet —après la danse qui avait plu au roi— devant ses convives le roi jura de lui donner ce qu'elle demanderait. «Qu'est-ce que je vais demander?» Demande-t-elle à sa mère, qui lui répond: «La tête de Jean le Baptiste» (Mc 6,24). Ainsi donc le roitelet ordonna l'exécution de Jean Baptiste. C'était un serment qu'il n'était pas obligé de tenir puisqu'il était mauvais car il allait contre la justice et contre sa conscience.

Une fois de plus, l'expérience nous démontre qu'une vertu va toujours avec les autres et qu'elles grandissent toutes organiquement comme les doigts de la main. Ainsi de même quand on tombe dans un vice, les autres arrivent derrière en procession.

Abbé Ferran BLASI i Birbe (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

Prière d'introduction

Seigneur, je crois en toi. Je crois que tu es la vérité. Tout ce qu’il y a de bon sur terre, c’est toi qui nous le donne. Mais toutes ces bonnes choses ne doivent pas me faire oublier que c’est toi le plus important, que sans toi ma vie n’a pas de sens.

Demande

Fidélité à sa conscience.

Points de réflexion

1. Il y a deux personnages importants dans ce passage, deux personnes autour desquelles se déroule un drame. Hérode d’un côté, et Jean Baptiste de l’autre. Hérode est un roi, petit roi de Galilée, entièrement à la merci du pouvoir romain. De plus, comme nous pouvons le voir ici, il n’hésite pas à se servir de son pouvoir pour ses propres intérêts. Il renvoie sa femme et trahit son propre frère pour lui prendre la sienne. Et lorsque Jean Baptiste dénonce sa conduite, il le met en prison. Et il a toute une cour autour de lui, sans doute pour qu’il se sente admiré. Pourtant, il y a un reste de bon jugement en lui. Il sait que Jean est un prophète. Malgré sa vie dépravée, il reconnaît en Jean quelque chose de grand. Et il a un reste de conscience, il ne voudrait pas le mettre à mort. Et pourtant c’est ce qu’il fait. Malheureusement pour Hérode, il n’y a plus grand chose qui est important pour lui, à part son plaisir, et son soi-disant honneur, qui consiste en une hypocrite admiration des membres de sa cour.

2. Et il y a Jean Baptiste, prophète et précurseur de Jésus. Il a vécu une vie pauvre et de pénitence, pour accomplir sa mission. Lorsqu’Hérode se prélassait dons son palais, Jean mangeait des sauterelles dans le désert. Jean est fidèle à la vérité, à toute la vérité. La mission de Jean consistait à préparer la venue de Jésus. Sans doute aurait-il pu penser qu’il n’était pas vraiment nécessaire de dénoncer la conduite d’Hérode pour bien accomplir sa mission. Cela peut sembler accessoire à la mission de Jean. Mais Jean, qui appelait à la conversion et à la pénitence, n’a pas préféré sa propre sécurité à l’appel qu’il devait réaliser. Il devait appeler à la conversion. Et il ne va pas faire d’exception avec Hérode parce qu’il peut le mettre en prison. Jean est fidèle à sa mission, à toute sa mission, quel qu’en soit le risque pour lui.

3. Entre ces deux personnages, entre ces deux manières de conduire sa vie, nous aussi nous devons choisir. Et le choix n’est pas toujours facile. Jean a pris le risque de finir en prison. Hérode, s’il avait été fidèle à sa conscience, aurait dû renoncer à un serment fait devant ses admirateurs. Et le choix se fait d’autant plus difficile car il semble que c’est celui qui ne suit pas la justice et le droit qui gagne à la fin. Hérode semble sauver la face, tandis que Jean a la tête coupée. Mais quelle vie est celle d’Hérode ? Une vie sans cesse à la recherche de plaisirs ingrats, d’admirations qui ne sont que des mensonges. Une vie qui le laisse toujours insatisfait, et dans la peur qu’on lui prenne ce qu’il a. La vie la plus enviable est bien celle de Jean Baptiste, qui fut fidèle à la vérité, fidèle à Jésus, jusqu’au bout, jusqu’à la mort. Ce que Jean avait compris, c’est ce que la multitude des martyrs de l’Église comprirent après lui : cela vaut la peine de mourir pour Jésus, la vie ne s’arrête pas avec la mort, au contraire, c’est après la mort que commence la vraie vie.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu sais qu’il n’est pas toujours facile de te rester fidèle. J’ai parfois peur du regard des autres, peur de ce que je pourrais perdre si je te suis fidèle. Mais ne permets pas que la voix de ma conscience se taise. Au contraire, aide-moi à mieux l’écouter, et à mieux la suivre. Ne permets pas que ma vie se perde dans le mensonge et dans de fausses illusions. Aide-moi à être toujours fidèle à la vérité !

Résolution

Faire un bon examen de conscience.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr


 


 

"Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui."

Hérode aimait entendre Jean le Baptiste, mais sa vie n’était pas en harmonie avec ce que disait Jean. Dans l’ambigüité d’Hérode, nous retrouvons l’ambigüité de nos existences ! C’est à cause de son serment, pour des raisons troublantes, que le roi Hérode fera exécuter le prophète Jean Baptiste. Cet homme n’avait pas commis de mal, il avait fait paraître au grand jour la vérité d’Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère, lui disait-il. » Hérode, en le faisant mourir, ne lui a pas demandé de renier le Christ, mais de taire la Vérité qui est le Christ ! Un nouvel embarras se retrouve chez lui quand il entend parler de Jésus et de son action bienfaisante dans le Peuple. Cette parole manifeste la difficulté d’Hérode de se retrouver face à lui-même dans la paix. Nous aussi, nous sommes scandalisés par les violences injustes. Jésus, à la mort de Jean le Baptiste, rassemble ses disciples, il les envoye en mission. Ils devront faire face à beaucoup de difficultés extérieures, qui sont en relation avec les difficultés intérieures de notre être pécheur. Pour tenir bon et être guéri, nous voulons découvrir le visage de Jésus. Il nous est bon de nous revêtir de ses sentiments. C’est en l’annonçant, que nous découvrons ses traits et son visage.

"En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. C’est à cause d’Hérodiade, qui elle-même demande à sa fille la tête du prophète, qu’Hérode fait décapiter Jean le Baptiste. C’est à cause de son serment auprès des invités qu’Hérode se prononce : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » En souffrant le premier la Passion, Jean signifiait que Jésus lui aussi devait souffrir. En naissant, Jean avait témoigné que le Christ allait naître ; en prêchant il avait témoigné que le Christ allait prêcher, en baptisant, qu’il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi la souffrir. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d’une paix supérieure, est jeté en prison. Lui qui était venu rendre témoignage à la lumière, est enfermé dans l’obscurité d’un cachot. Celui à qui il fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, par son propre sang, est baptisé. Il vit descendre sur Jésus la grâce du Saint Esprit. Il entendit la voix du Père s’adresser au Christ. Nous demandons la grâce, comme Jean, de témoigner de Jésus par toute notre vie !

Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau. Jean Baptiste est mort pour le Christ, pour lui, il est a subi la prison. Maintenant, dans sa mort, il annonce la mort de Jésus. La Vérité qu’il annonce est en relation avec sa mission de Précurseur. Jean Baptiste prophétise que Jésus donnera sa vie pour nous : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie, » avait dit Jésus. C’est pour la vérité de Jésus que Jean a été décapité, qu’il a répandu son sang. Il a témoigné de la venue de Jésus qui est la voie, la vérité et la vie. Il nous faut demeurer ferme dans la foi pour « renforcer » en nous l’homme intérieur. Hérode n’a pas su faire la vérité en lui. Nous nous trouvons, nous aussi dans des ambiguïtés et des difficultés qui ont besoin d’être nommées, reconnues, pour que nous en soyons libérés. Les apôtres suivront le Maître dans son combat, dans sa passion, et dans sa résurrection. Nous témoignons nous aussi, dans la lumière de son amour.

Nous demandons la grâce de découvrir le visage de Jésus et de l’annoncer.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/


 


 

 
Jean Baptiste, martyr de la vérité

Il n'y a aucun doute que saint Jean Baptiste a subi la prison pour notre Rédempteur qu'il précédait par son témoignage, que c'est pour lui qu'il a donné sa vie. Car si son persécuteur ne lui a pas demandé de nier le Christ, mais de taire la vérité, c'est cependant pour le Christ qu'il est mort. Le Christ lui-même a dit en effet : « Je suis la vérité » (Jn 14,6). Puisque c'est pour la vérité qu'il a répandu son sang, c'est donc pour le Christ. En naissant, Jean avait témoigné que le Christ allait naître ; en prêchant, il avait témoigné que le Christ allait prêcher ; en baptisant, qu'il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi la souffrir...

Cet homme si grand est parvenu donc au terme de sa vie par l'effusion de son sang après une captivité longue et pénible. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d'une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l'obscurité d'un cachot, lui « qui était venu rendre témoignage à la lumière » (Jn 1,7)... Celui à qui il a été donné de baptiser le Rédempteur du monde, d'entendre la voix du Père s'adresser au Christ et de voir descendre sur lui la grâce du Saint Esprit est baptisé par son propre sang.

L'apôtre Paul l'a bien dit : « Il vous a été accordé par le Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Ph 1,29). Et s'il dit que souffrir pour le Christ est un don de celui-ci à ses élus, c'est parce que comme il le dit ailleurs : « Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui va se révéler en nous » (Rm 8,18).

 

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l'Église

http://levangileauquotidien.org



 

 


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Évangile et Homélie du Jeudi 02 Fév 2017. Présentation du Seigneur au Temple.


Jeudi 02 février 2017

Présentation du Seigneur au Temple, fête

Saint(s) du jour : Ste Jeanne de Lestonnac, veuve et fond. (1556-1640), St Jean-Théophane Vénard, missionnaire m.e.p. et martyr



Livre de Malachie 3,1-4.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice. Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois.

Psaume 24(23),7.8.9.10.

Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ;
c'est lui, le roi de gloire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,22-40.

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’ Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’ Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,  demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.  Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.  Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

Homélie ou Méditation du jour

La fête que nous célébrons aujourd’hui,
dans laquelle s’inscrit celle de la Vie consacrée,
porte le beau nom de Présentation.
Ce terme, à lui seul, est si riche de sens
qu’il peut nous aider à guider notre prière et éclairer notre journée.

La première notation qui ressort de ce terme
est celle d’actualité.
Une présentation évoque par définition ce qui est actuel,
littéralement : le moment présent.
Ce qui est vécu, dit, engagé, accompli maintenant. Or, c’est bien d’aujourd’hui qu’il s’agit tout d’abord ici.
En ce jour, la plénitude des temps est arrivée.
Le jour de Dieu est annoncé.
Celui, non pas qui a été, dans le passé, ou qui sera, dans l’avenir, mais qui est, dans son éternel présent, est parmi nous. Le Christ Jésus : Il est là. Il demeure avec nous. Il est présent ! Il est pour toujours parmi nous : l’Éternel, le Vivant.Nous nous souvenons que nous avons la grâce insigne de pouvoir vivre chaque jour de notre vie, comme un aujourd’hui de Dieu.
Cet aujourd’hui où la vie éternelle nous est déjà donnée.
La vie éternelle, dit admirablement Jésus dans sa prière au Père,
c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu,
et ton envoyé, Jésus-Christ (Jn 17,3). Vivons donc déjà la joie de cet éternel présent du Seigneur
qui nous est donné par l’éternelle présence du Christ à nos côtés.


La deuxième notation contenue dans le terme de présentation
est celle d’offrande.
L’offrande apportée dans la gratuité.
C’est ainsi que nous faisons, comme nous disons, des «présents».
C’est-à-dire des dons apportés sans recherche de contrepartie,
comme autant de cadeaux gracieux.
Dans une sorte de générosité, sans calcul, par amour, bénévolement, avec le sourire, en libre abandon.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole, nous dit Jésus :
C’est l’amour que je veux et non les sacrifices ! Nous voici tous invités à retrouver ce sens de l’offrande spontanée,
de la gratuité sans arrière-pensée.
Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu grâce pour grâce (Jn 1,16).
Comment ne pas en faire en retour le «présent»
au Dieu de toute grâce ?

La troisième notation contenue dans le terme de présentation est celle de manifestation, de révélation.
On était jusque-là inconnu ou absent. Et voilà qu’on est présenté ou que l’on se présente.
Quelque chose d’encore caché ou ignoré est ainsi révélé, mis en lumière, manifesté. Il est sûr que lorsque Jésus est présenté dans le Temple,
c’est bien de révélation et de manifestation qu’il s’agit.
Sous la poussée de l’Esprit, Syméon peut alors proclamer :
Mes yeux ont vu ton salut
que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël (Lc 2,30-32). Pour nous aussi, la fête de la Présentation
est la célébration de cette lumière venue dans le monde (Jn 1,5-7).
Nous manifestons, en silence mais clairement,
que nous voulons suivre Jésus-Christ. Et qu’au milieu de ce monde nous voulons briller,
selon la parole de Paul, comme des foyers de lumière
en lui présentant la parole de vie (Ph 2,15).

La dernière réalité sous-tendue dans ce terme de présentation
est celle de Rédemption.
Ce n’est peut-être pas la plus évidente, mais c’est la plus éclairante et la plus importante pour mettre en lumière le sens de cette fête. Nous savons en effet que nous ne pouvons
assurer par nous-mêmes notre salut.
L’homme ne peut acheter son rachat, note le psaume, ni payer à Dieu sa rançon .
Il est si coûteux le rachat de son âme (Ps 49,8).
Et c’est bien pour cela que le Christ notre Rédempteur
est venu en ce monde.
Sa présentation aujourd’hui, dans le Temple,
à laquelle il se soumet volontairement, par obéissance à la Loi
(voulant que tout garçon premier-né soit racheté par l’offrande d’au moins deux petites colombes), sa présentation donc annonce la grande Rédemption, le rachat du péché et de son salaire qui est la mort (Rm 6,23) par son sacrifice sur la croix. Nous voici tous invités, frères et sœurs,
à offrir nous aussi nos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu.
Et Paul nous précise : C’est là le culte spirituel que vous avez à rendre au Seigneur (Rm 12,1). Il nous est si bon de savoir que le Seigneur lui-même nous invitant à porter notre croix de chaque jour à sa suite (Lc 9,23), nous propose à tous, chrétiens, de participer en quelque sorte,
malgré notre faiblesse et notre indignité
à, sa grande œuvre de Rédemption !

Tu ne voulais ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as façonné un corps… Alors j’ai dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté ! (Ps 40,7-9 ; He 10,5-7). Puisque le Père nous accueille, comme Jésus, en cet aujourd’hui,
dans sa joie, sa lumière et sa paix,
puisse-t-il en retour, nous combler
de cette même paix, de cette même lumière et de cette même joie.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org

 



Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
1er sermon pour la Purification (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 272 rev.)

« Soudain viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3,1)

 

Aujourd'hui la Vierge Mère introduit le Seigneur du temple dans le temple du Seigneur. Joseph aussi y amène au Seigneur ce fils qui n'est pas le sien, mais le Fils bien-aimé en qui Dieu a mis toute sa faveur (Mt 3,17). Syméon, le juste, reconnaît celui qu'il attendait ; Anne, la veuve, le loue. Une première procession est célébrée en ce jour par ces quatre personnages, une procession qui, par la suite, allait être célébrée dans la joie par l'univers entier... Ne vous étonnez pas de ce que cette procession est si petite, puisqu'il est bien petit aussi celui que le temple reçoit. Mais en ce lieu, il n'y a pas de pécheur : tous sont justes, tous sont saints, tous sont parfaits.

Ne sauveras-tu que ceux-là, Seigneur ? Ton corps va grandir, ta tendresse elle aussi grandira... Je vois maintenant une seconde procession où des foules précèdent le Seigneur, où des foules le suivent ; ce n'est plus la Vierge qui la porte, mais un petit âne. Il ne dédaigne donc personne..., si du moins il ne leur manque pas ces vêtements des apôtres (Mt 21,7) : leur doctrine, leur mœurs, et la charité qui couvre une multitude de péchés (1P 4,8). Mais j'irai plus loin et je dirai qu'à nous aussi, il nous a réservé une place dans cette procession-là... David, roi et prophète, s'est réjoui de voir ce jour. « Il l'a vu et s'en est réjoui » (Jn 8,56) ; sinon aurait-il chanté : « Nous avons reçu ta miséricorde, ô Dieu, au milieu de ton temple » ? (Ps 47,8) David a reçu cette miséricorde du Seigneur, Syméon l'a reçue, et nous aussi nous l'avons reçue, comme tous ceux qui sont prédestinés à la vie, puisque « le Christ est le même hier, aujourd'hui et pour toujours » (He 13,8)...

Embrassons donc cette miséricorde que nous avons reçue au milieu du temple, et comme la bienheureuse Anne, ne nous en éloignons pas. Car « le temple de Dieu est saint, et ce temple, c'est vous » dit l'apôtre Paul (1Co 3,17). Elle est proche de vous cette miséricorde ; « elle est proche de vous, la parole de Dieu, dans votre bouche et dans votre cœur » (Rm 10,8). De fait, le Christ n'habite-t-il pas dans vos cœurs par la foi ? (Ep 3,17) Voilà son temple, voilà son trône... Oui, c'est dans le cœur que nous recevons la miséricorde, c'est dans le cœur qu'habite le Christ, c'est dans le cœur qu'il murmure des paroles de paix à son peuple, à ses saints, à tous ceux qui rentrent dans leur cœur.

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Evangile et homélie du Me 01 Fev 2017. D’où vient- Jesus ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée....et ces miracles ?

 

 

 


Mercredi 01 février 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour  : Bx Benedict Daswa, catéchiste et martyr (1946-1990)Bx Louis Variara, prêtre s.d.b. et fond. (1875-1923) 


 

Frères, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché, et vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : ‘Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.’ Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Quand on vient de recevoir une leçon, on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. C’est pourquoi, redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent, et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux. Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ; bien plus, il sera guéri. Recherchez activement la paix avec tous, et la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Soyez vigilants : que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu, qu’il ne pousse chez vous aucune plante aux fruits amers, cela causerait du trouble, et beaucoup en seraient infectés.

Psaume 103(102),1-2.13-14.17-18a.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,  bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme,  n'oublie aucun de ses bienfaits ! Comme la tendresse du père pour ses fils,  la tendresse du Seigneur pour qui le craint ! Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière. Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,  est de toujours à toujours,  et sa justice pour les enfants de leurs enfants, pour ceux qui gardent son alliance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,1-6.

En ce temps-là,  Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés 


Homélie ou Méditation du jour

Écoutons un instant ce qui se dit aujourd'hui dans la synagogue de Nazareth ...

 « D’où ça vient ? À lui ? Tout cela ? Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ?  À lui ?    Et ces fameux miracles qui arrivent par ses mains ? Celui-là n’est-ce pas l’artisan, le fils de Marie... ? » (Mc 6, 1-3) En d'autres termes : Qu’un autre ait une telle sagesse et fasse de grands miracles, oui ! Mais Lui !    Lui, nous Le connaissons, nous savons bien qui Il est... Non, les habitants de    Nazareth n’y croient pas. Et Jésus s’étonne de leur manque de foi.

Cette histoire est d’hier, mais elle est aussi d’aujourd’hui : L’Église, cette Église que    nous connaissons bien, qu’elle ait une sagesse à offrir à notre temps ? Elle, l’Église ? Qu’en elle se produisent des miracles ? En elle, l’Église ? Cette question traverse l’Histoire : Que par un homme, que par une communauté puisse jaillir le don de    Dieu ? Dieu peut-il se révéler à travers une humanité ordinaire ? Dieu peut-il    passer par quelqu’un comme mon voisin dans cette assemblée que nous formons aujourd’hui ? Dieu Lui-même peut-il parler et agir à travers quelqu’un comme nous ? À cette question, le Seigneur nous répond aujourd’hui à travers la vie des saints.

Voilà une réponse à notre question : Oui, Dieu peut parler, Dieu peut se révéler, et    même se montrer à travers un homme bien ordinaire comme tous les saints. Toute    vie, même la plus ordinaire, même la plus blessée, peut devenir une théophanie.

Crois-tu Cela ? Je te dis que si tu crois, tu verras la Gloire de Dieu ! (cf Jn    11, 40) Tu la verras en toi et en tes frères et sœurs !

Père Philippe

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«D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains»

Aujourd'hui, l'Evangile nous montre de quelle façon Jésus arriva à la synagogue de Nazareth, l'endroit où il avait grandi. Le samedi est le jour du Seigneur et les juifs se rassemblent pour entendre la Parole de Dieu. Jésus se rend à la synagogue tous les samedis et là il enseigne, non comme le font les scribes ou les pharisiens mais comme quelqu'un qui a l'autorité de le faire (cf Mc 1,22).


De nos jours, Dieu nous parle également à travers l'écriture. A la Synagogue on lit les écritures, et ensuite l'un de ceux qui peuvent le faire, les commente en démontrant le sens et le message que Dieu veut transmettre à travers elles. On dit que Saint Augustin disait: «Par la prière nous parlons à Dieu; par la lecture, c'est Dieu qui nous parle».


Le fait que Jésus soit connu de ses concitoyens par son travail nous offre une perspective tout à fait insoupçonnée pour notre vie ordinaire. Le travail professionnel de chacun d'entre nous est un moyen de retrouver Dieu, et est donc une réalité sanctifiante et qui nous sanctifie. Par les paroles de Saint Josepmaría Escriva: «Votre vocation humaine est une partie, et une partie importante, de votre vocation divine.

C'est pourquoi vous devez vous sanctifier, en aidant en même temps à la sanctification des autres, vos égaux, en sanctifiant précisément votre travail et votre milieu: cette profession ou ce métier qui occupe vos journées, qui donne à votre personnalité humaine sa physionomie particulière, qui est votre manière d'être dans le monde, ce foyer, cette famille qui est la vôtre, ce pays où vous êtes nés et que vous aimez».

Le passage de l'évangile prend fin en disant que Jésus «ne pouvait accomplir aucun miracle (…) Il s'étonna de leur manque de foi». (Mc 6,5-6). Aujourd'hui aussi le Seigneur nous demande d'avoir plus de foi en Lui afin qu'il puisse réaliser des choses qui surpassent nos capacités humaines. Les miracles manifestent le pouvoir de Dieu ainsi que le besoin que nous avons de Lui dans nos vies au quotidien.

 

Abbé Miquel MASATS i Roca     (Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

 

Seigneur, je crois que tu es le Seigneur. Mais ma foi est faible. Donne-moi plus de foi ! Aide-moi à croire. Aide-moi à ne pas voir simplement avec mes yeux, mais à voir avec les yeux de la foi. Ainsi je pourrai découvrir qui tu es vraiment.

 

Demande

 

Une plus grande foi.

 

Points de réflexion

 

1. Nous voyons ici Jésus de retour chez lui, dans la région de Nazareth, où il a passé la plus grande partie de sa vie. Il connaissait bien l’endroit et tous ses habitants, et il était connu d’eux. Il serait donc normal que toutes ces personnes soient contentes de revoir Jésus, le féliciter pour ses miracles, pour son enseignement, qu’elles soient heureuses de passer un peu de temps avec lui. Et pourtant ce n’est pas ce qui se passe. Au contraire, l’Évangile dit qu’ils sont choqués, au point que Jésus prononce cette phrase terrible : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays ». En effet, Jésus sortait de l’ordinaire. Il était quelqu’un de spécial, avec un message différent de tous ceux qu’ils avaient entendu avant. Et Jésus ne trouve plus sa place parmi eux, leur incompréhension se transforme en rejet.

2. Les habitants de Nazareth avaient vécu beaucoup de temps avec Jésus. Mais quand il commence sa mission, ils ne l’acceptent plus. C’est un risque que les chrétiens, qui ont eu la chance de connaître Jésus depuis qu’ils sont petits ou depuis très longtemps, peuvent connaître. Si nous ne prenons pas garde, nous pouvons nous habituer à Jésus, le ranger dans une partie de notre vie, en espérant qu’il ne bouge pas de là où nous l’avons laissé. Nous pensons alors avoir la foi. Mais l’avons-nous vraiment ? Le jour où Jésus nous demande quelque chose de spécial, le jour où se présente devant nous un choix difficile dans lequel se joue notre adhésion à l’Évangile, avons-nous vraiment la foi ? Il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour avoir la foi. Il faut que Jésus puisse venir à tout moment dans notre vie et que nous soyons prêts à le suivre.

3. Quand nous témoignons de notre foi autour de nous, avec les personnes que nous connaissons le mieux, il peut arriver que certains ne nous comprennent pas, voire même que nous soyons rejetés. Mais il ne faut pas se décourager, Jésus a connu la même situation ! Il ne faut pas s’énerver, ni condamner ces personnes. Comme Jésus respecte la liberté des hommes, il nous faut les respecter et avoir beaucoup de patience. Pour celui qui a la foi, la prière et la patience peuvent accomplir des miracles.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je te connais peut-être depuis longtemps, et peut-être suis-je trop habitué à toi. Viens dans ma vie, Seigneur, dans toute ma vie. Que je ne te laisse pas dans un coin et que je t’oublie. Donne-moi la foi pour que tu puisses réaliser des miracles dans ma vie.

 

Résolution

 

Faire une prière pour que l’Esprit Saint réveille les chrétiens endormis.

 

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr



 

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.

Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? Jésus revient à Nazareth, dans le berceau de son enfance. Il est le fils de Marie, ses frères et ses sœurs, c’est à dire ses cousins, cousines, sa famille éloignée est là. Le jour du sabbat, il se rend à la synagogue. Nous pouvons imaginer la joie de Marie sa mère ! Ses compatriotes l’accueillent aussi avec une grande joie. Mais dès que Jésus se met à enseigner, leur étonnement se transforme en rejet. Ils sont « profondément choqués à cause de Lui. » Pour eux, Jésus n’est que le charpentier du village, le fils de Marie. Comment regarder Jésus qui vient dans notre quotidien. Le recevoir dans sa mission d’évangélisation dans notre vie n’est pas aisé ! Sa Parole change notre vie, elle actualise le Don de Dieu pour aujourd’hui. Si Jésus n’est pas reçu, Dieu est absent de notre quotidien, c’est comme avant. Là, « Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle. » Pour que Dieu puisse agir, il faut nous mettre à l’école de l’Esprit Saint, et grandir dans la foi. Si nous manquons de Foi, Jésus ne peut pas agir. L’œuvre de Dieu est proportionnée à notre foi ; Nous prions alors : « Je crois Seigneur, mais viens au secours de mon peu de Foi ! » Cette Parole est toujours très actuelle,

N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. A l’étonnement, au rejet des nazaréens, répond un autre étonnement, celui de Jésus devant leur manque de foi. Deux attitudes humaines étonnent Jésus, la foi sans faille du centurion, le manque de foi manifesté ici. Si nous défendons une vérité de foi qui va à l’encontre de l’opinion générale, nous rencontrons mépris et critique au sein de notre propre communauté. Regarder le passé comme immuable, alors que tout a changé autour de nous, nous établi dans une fausse sécurité. Des lors plus rien ne bougera, la mort sera installée. Nous entendons quelquefois : « Cela fait quinze ans que je vis avec cette personne, c’est toujours la même chose, rien ne peut bouger ! » Il nous faut grandir dans l’Esprit Saint qui fait toute chose nouvelle. Alors nous allons pouvoir nous émerveiller ! La parole de Dieu ouvre nos yeux pour la construction du Royaume de Dieu.

Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant. Dieu se sert souvent des personnes de notre entourage pour nous transmettre l’Evangile. Il nous est difficile d’accepter leur témoignage. Dieu nous parle par nos proches à des moments importants de notre vie, il nous faut l’accueillir. Lorsque nous écoutons un inconnu, « venu d’ailleurs, » nous annoncer une chose extraordinaire, même si ce qu’il dit ne repose pas sur un fondement réel, nous l’écoutons ! Les égarements de notre nature arrêtent l’action de Dieu. Nous trouvons nous aussi dans notre vie le doute et le manque de foi. Nos actions sont le fruit de nos pensées et non de l’Esprit Saint. Jésus nous donne son Esprit Saint pour ouvrir notre cœur. Aimés, choisis de Dieu, nous sommes comblés par Dieu qui veut que nous lui fassions une confiance infinie. Dans sa miséricorde infinie il nous donne les moyens de progresser dans notre vie pour hâter la venue du Règne. Mû par l’Esprit, nous sommes en constante progression, l’Esprit-Saint agit sans cesse au milieu de nous et à travers nous.

Nous demandons la grâce d’une grande foi pour nous laisser renouveler par la parole de Dieu.




Saint Athanase (295-373), évêque d'Alexandrie, docteur de l'Église Lettre à Épictète, 5-9 (trad. bréviaire, 1er janvier ; rev.)

« N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? »

Le Verbe, la Parole éternelle de Dieu, « a pris en charge la descendance d'Abraham ; c'est pourquoi il devait se faire en tous points semblable à ses frères » (He 2,16-17) et prendre un corps pareil au nôtre. C'est pourquoi Marie est vraiment nécessaire pour qu'il prenne ce corps en elle et l'offre en notre faveur comme étant le sien... Gabriel le lui avait annoncé en termes soigneusement choisis. Il n'a pas dit, de façon banale : « Celui qui va naître en toi »... ; il a dit : « Celui qui va naître de toi »...


Tout cela s'est fait ainsi pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l'offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature divine, ce qui permet à Saint Paul de dire : « Il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable, que ce qui est mortel revête l'immortalité » (1Co 15,53). Cela ne s'est pas fait de façon simulée comme certains hérétiques l'ont imaginé : jamais de la vie ! Le Sauveur est devenu vraiment homme, et le salut de l'homme tout entier est venu de là... Notre salut n'est pas une apparence, il n'est pas pour le corps seul, mais pour l'homme tout entier, âme et corps, et ce salut est venu du Verbe lui-même. 


Ce qui est venu de Marie était donc humain par nature, selon les Écritures, et le corps du Seigneur était un vrai corps ; oui, un vrai corps, puisqu'il était identique au nôtre, car Marie est notre sœur, puisque nous descendons tous d'Adam.

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Évangile et homélie du Lundi 30 Janv 2017. Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! »

 


Lundi 30 janvier 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Mutien-Marie (Louis Joseph) Wiaux, f.e.c. († 1917), Bse Maria Bolognesi, laïque et mystique (1924-1980)


Lettre aux Hébreux 11,32-40.

Frères, sur la puissance de la foi, que dire encore ? Le temps me manquerait pour rappeler l’histoire de Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes. Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères. Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n’ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection. D’autres ont subi l’épreuve des moqueries et des coups de fouet, des chaînes et de la prison. Ils furent lapidés, sciés en deux, massacrés à coups d’épée. Ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres, manquant de tout, harcelés et maltraités – mais en fait, c’est le monde qui n’était pas digne d’eux ! Ils menaient une vie errante dans les déserts et les montagnes, dans les grottes et les cavernes de la terre. Et, bien que, par leur foi, ils aient tous reçu le témoignage de Dieu, ils n’ont pas obtenu la réalisation de la promesse. En effet, pour nous Dieu avait prévu mieux encore, et il ne voulait pas les mener sans nous à la perfection.

Psaume 31(30),20.21.22.23.24.

Qu'ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.

Béni soit le Seigneur :
son amour a fait pour moi des merveilles !

Et moi, dans mon trouble, je disais :
« Je ne suis plus devant tes yeux. »
Pourtant, tu écoutais ma prière
quand je criais vers toi.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,1-20.

En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

 


 


 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 

L’épisode du démoniaque Gérasénien nous concerne tous. Même si nous ne sommes pas « possédés » au sens fort du terme, ne sommes-nous pas dans l’incapacité d’accomplir le bien auquel nous aspirons ? Or c’est précisément au creux de cette prise de conscience que la Bonne Nouvelle apparaît dans toute sa puissance libératrice : Jésus délivre ce malheureux par la seule autorité de sa Parole souveraine ; l’homme retrouve instantanément ses esprits et adopte un comportement normal, unifié dans la recherche du Bien qu’il reconnaît en Jésus. Quant aux démons - aux nombreux démons puisqu’ils sont légion ! - ils sont définitivement rayés de la carte. Le message est clair : lorsqu’au matin de Pâques, Notre-Seigneur surgit vainqueur des grandes eaux de la mort, il brise définitivement le joug qui pesait sur nos épaules ; le Verbe de Dieu est descendu dans notre mort pour nous donner part à sa vie, et renvoyer dans l’abîme celui qui nous avait asservi à la mort.

 

Averti de la libération du possédé et de l’aventure des porcs précipités dans la mer, l’entourage s’inquiète : en séparant aussi radicalement le pur de l’impur, Jésus met fin au compromis entre le bien et le mal auquel l’humanité avait consenti depuis le péché des origines. Mais l’exigence de cet ordre nouveau que le Seigneur vient instaurer, effraye les concitoyens de l’ex-possédé, comme chacun de nous. La suite du récit va nous démontrer que ces appréhensions ne sont pas fondées, mais constituent une ultime tentative de l’Ennemi cherchant à nous détourner du Sauveur. En effet, lorsque l’homme guéri exprime le désir de rester avec celui qui l’a délivré, Jésus ne le lui permet pas : « Rentre chez toi, auprès des tiens » ; le Seigneur n’est pas venu pour s’approprier ceux qu’il délivre d’un plus fort ; il restaure l’homme dans sa liberté, lui donne à nouveau accès à son intériorité profonde ; le rétablit sur sa terre d’humanité, le rend à la vie familiale et sociale.

 

« Annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde » : sauvés de nos compromissions aliénantes avec le mal, réconciliés avec notre intériorité profonde, nous n’avons pas besoin d’être physiquement avec le Seigneur pour être son apôtre. Si nous faisons silence dans la prière, nous découvrirons sa présence au fond de nos cœurs à nouveau illuminés par la grâce, et nous pourrons nous aussi témoigner devant les hommes de « tout ce qu’il a fait pour nous dans sa miséricorde ».

 

Comment se fait-il Seigneur que tu nous aies libérés et que pourtant nous ployons encore sous le joug de l’ennemi ? Serait-ce donc que nous t’empêchons de déployer ta victoire dans nos vies ? Comme le malheureux de l’Evangile, nous courrons au-devant de toi pour recevoir la délivrance, et en même temps, nous craignons que ton intervention nous fasse souffrir davantage. Guéris nous Seigneur de ce manque de confiance en toi et donne-nous de croire qu’il te suffit de dire une seule parole pour que nous soyons sauvés. Nous pourrons alors assurer ce témoignage de proximité que tu nous confies, et annoncer à nos proches tout ce que tu as fait pour nous dans ta miséricorde.

 

 

Père Philippe

 

 

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«Esprit mauvais, sors de cet homme!»

Aujourd'hui, nous découvrons un passage de l'Évangile qui en fera sourire plus d'un. S'imaginer environ deux mille porcs se précipitant au bas de la montagne a quelque chose de comique. Mais les porchers, eux, ne goûtèrent pas l'humour de la situation, ils se fâchèrent beaucoup et demandèrent à Jésus de quitter leur territoire.

Même si, humainement parlant, elle peut paraître logique, cette attitude n'en demeure pas moins franchement condamnable: ils préféraient conserver leurs cochons plutôt que de voir le possédé guéri. Plutôt les biens matériels, qui nous apportent argent et bien-être, que la vie digne d'un homme qui n'est pas "des nôtres". Car celui qui était possédé par un esprit mauvais «sans arrêt, nuit et jour, était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres» (Mc 5,5).

Nous courrons aussi bien souvent le danger de nous attacher à ce qui est à nous, et de désespérer quand nous le perdons. Par exemple, le paysan se désespère quand il perd sa récolte, même si elle est assurée, et le spéculateur en bourse quand ses actions perdent une partie de leur valeur. Très peu, en revanche, perdent l'espérance lorsqu'ils voient la faim et la situation précaire de tant d'êtres humains, dont certains vivent à deux pas de chez eux.

Jésus accorda toujours la première place aux personnes, même avant les lois et les puissants de son temps. Mais nous, trop souvent, ne pensons qu'à nous et à ce qui, croyons-nous, nous rend heureux, alors même que l'égoïsme n'apporte jamais le bonheur. Comme disait l'évêque brésilien Helder Camara, «l'égoïsme est la source infaillible du malheur pour soi-même et pour ceux qui nous entourent».

 

Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne)

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Prière d'introduction

« Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Rom 10, 13). Seigneur, tu es notre sauveur, viens nous sauver !

Demande

Seigneur, que ta grâce m'accompagne, pour que je sois auprès des miens, témoin de ta miséricorde.

Points de réflexion

1. « Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d'une voix forte : "Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas !’’ » (Mc 5, 6-7).
L'autorité de Jésus est illimitée. Elle s'exerce sur tout l'univers. Il commande au soleil (Cf. Job 9, 7) ; à la lumière et aux étoiles : « lui qui envoie la lumière, et elle part, qui la rappelle, et elle obéit en tremblant » (Baruch 3, 53) ; à tous les éléments : « Ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ? » (Mc 4, 41) ; à tous les êtres vivants ou angéliques y compris aux esprits du mal : « Tous furent saisis de stupéfaction : "Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent !" » (Mc 1, 27). Vraiment, comme le dit saint Paul aux Philippiens, « Dieu lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre ».

2. Ce démoniaque que saint Luc nous présente comme n'ayant pas mis de vêtements depuis un temps considérable (Cf. Lc 8, 27), voilà que nous le voyons après sa guérison « assis, vêtu et dans son bon sens » (Mc 5, 17). Jésus accomplit un miracle extraordinaire que seule sa divinité lui permet de faire, il expulse une légion de démons. Mais il y ajoute un geste tout simple, plein de délicatesse et de charité. Il couvre l'homme d'un manteau, quel manteau pouvait-il y avoir à la ronde sinon celui de Jésus lui-même ? C'est un geste de miséricorde à l'égard d'un homme exclu, dont nous pouvons imiter la profondeur et la simplicité.

3. « Envoie-nous vers les porcs que nous y entrions » (Mc 5, 12).
Sommes-nous prêts pour notre salut ou le salut d'un homme à sacrifier richesse, troupeau de porcs, recette financière, biens personnels, etc. Avons-nous bien conscience que les plus belles richesses sont celles, éternelles, que nous amassons pour le ciel ? « Faites-vous des bourses qui ne s'usent point, un trésor inépuisable dans les cieux » (Lc 12, 33). Sainte Thérèse de Lisieux nous l'a bien enseigné : un tout petit acte de charité, de foi ou d'espérance, réalisé avec beaucoup d'amour, nous prépare de grandes récompenses au ciel !

Dialogue avec le Christ

Seigneur, en lisant ce qui précède et suit ce passage, je vois que tu es allé sur la rive du lac, du côté des Géraséniens, au prix d'une violente tempête, uniquement pour sauver le démoniaque. Car, sitôt celui-ci guéri et empli de joie par sa nouvelle mission, tu montes dans la barque et reviens vers l'autre rive. Tu veux nous montrer que chacun est unique à tes yeux, tu viens à notre rencontre où que nous soyons et quelque pitoyable que soit l'état dans lequel nous sommes. Non seulement, tu nous sauves, mais tu étends sur nous ton manteau pour nous racheter, comme le fit Booz pour Ruth (livre de Ruth 3, 9). Bénis sois-tu, Seigneur, pour ton amour qui sauve et qui relève !

Résolution

Je prendrai aujourd'hui un moment pour réfléchir et me souvenir de « tout ce que le Seigneur a fait pour moi dans sa miséricorde » (Mc 5, 19). Je finirai par une prière de remerciements, par exemple un psaume d'action de grâces.

Patricia Freisz

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« Le possédé suppliait Jésus de pouvoir être avec lui... Mais il lui dit : ' Rentre auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi ' »

      Nous sommes appelés à aimer le monde. Et Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a donné Jésus (Jn 3,16). Aujourd'hui, il aime tellement le monde qu'il nous donne au monde, toi et moi, pour que nous soyons son amour, sa compassion et sa présence par une vie de prière, de sacrifices, d'abandon. La réponse que Dieu attend de toi est que tu deviennes contemplatif, que tu sois contemplatif.

      Prenons Jésus au mot, et soyons des contemplatifs au cœur du monde car, si nous avons la foi, nous sommes en sa présence perpétuelle. Par la contemplation, l'âme puise directement dans le cœur de Dieu les grâces que la vie active a la charge de distribuer. Nos existences doivent être liées au Christ vivant qui est en nous. Si nous ne vivons pas en présence de Dieu, nous ne pouvons pas persévérer.

      Qu'est-ce-que la contemplation ? Vivre la vie de Jésus. C'est ainsi que je la comprends. Aimer Jésus, vivre sa vie au sein de la nôtre, vivre la nôtre au sein de la sienne... La contemplation ne revient pas à s'enfermer dans un cabinet obscur, mais à permettre à Jésus de vivre sa Passion, son amour, son humilité en nous, de prier avec nous, d'être avec nous, et de sanctifier à travers nous. Notre vie et notre contemplation sont une. Ce n'est pas là une question de faire mais d'être. Il s'agit en fait de la pleine jouissance de notre esprit par l'Esprit Saint qui insuffle en nous la plénitude de Dieu et nous envoie dans toute la création comme son message personnel d'amour (Mc 16,15).

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p.26)

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Évangile et homélie du Dim 29Janv 2017. Les Béatitudes: Heureux les...

 


Dimanche 29 janvier 2017

Nous sommes au 4ème dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Aphraate le Perse, anachorète († v. 378)


Livre de Sophonie 2,3.3,12-13.

Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité : peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du Seigneur. Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer.

Psaume 146(145),7.8.9ab.10b.

Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger,
il soutient la veuve et l'orphelin.
Le Seigneur est ton Dieu pour toujours !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,26-31.

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : ‘Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.’

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour

 

 

Sans la rédemption, sans le Christ, il resterait dans le cœur de tout homme, un fond de tristesse et d’angoisse, un sentiment plus ou moins clair d’un bonheur gâché par le péché d'Adam. Jésus sauve le bonheur, Jésus nous invite, par pure miséricorde, au bonheur même de Dieu.  Devant Dieu qui proposait sa propre richesse, son Royaume, l’homme a dit : « je préfère ma richesse terrestre ». Or tout, même la plus grande richesse en est devenu entaché de tristesse.

 

Que répond le Seigneur ? « Heureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux » Heureux, ceux qui ne cherchent pas un bonheur illusoire dans les richesses du monde, car ils sont ouverts pour recevoir la vraie richesse qui vient d’en haut. «Heureux ceux qui pleurent», car ils ont soif d’une joie que le monde de toutes façons ne pouvait pas leur donner.

 

«Heureux les purs, les pacifiques», car ils apprennent à avoir soif de Dieu, à désirer le bonheur de Dieu, le bonheur d’aimer comme Dieu.  Toute notre vie chrétienne est là : laisser le bonheur de Dieu nous attirer, nous changer. Contre la fausse satisfaction de se venger par exemple, se laisser séduire par la joie du Christ qui pardonne. «Heureux les doux !»  Contre la tyrannie des désirs qui nous encombrent, laisser le Christ nous simplifier, nous recentrer sur l’amour. « Heureux les pauvres »

 

 

Relisons les Béatitudes : Elles sont le portrait du Christ lui-même. Car, tous, nous sommes voués  à être heureux de la joie du Christ, sa joie d’aimer. En dehors de cela, qui nous apprendra le bonheur ?

 

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org



 

 

 

«Heureux les pauvres de cœur…»

 

 

Aujourd'hui, nous lisons un Évangile très connu de nous tous, mais qui est toujours très étonnant. Avec ce fragment des béatitudes Jésus nous offre un modèle de vie à suivre, des valeurs morales qui d'après Lui sont celles dont nous avons besoin pour être vraiment heureux.

Le bonheur est, certainement, l'objectif que nous cherchons tous dans la vie. Et si nous demandions aux gens comment ils cherchent le bonheur, ou bien où est-ce qu'ils cherchent leur propre bonheur, nous aurions des réponses très diverses. Les uns nous diraient dans une vie de famille bien enracinée, d'autres dans la santé et le travail, d'autres dans l'amitié et la détente…, et ceux qui sont très influencés par notre société consommatrice nous diraient en ayant de l'argent, afin d'acheter le plus de choses possibles et surtout de monter au plus haut des échelons de la société.

Ces béatitudes que Jésus nous propose ne sont pas précisément celles que nous offre le monde d'aujourd'hui. Le Seigneur nous dit que seront "bienheureux" les pauvres d'esprit, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, ceux qui recherchent la paix, ceux qui sont persécutés par la justice… (cf. Mt 5,3-11).

Ce message du Seigneur est adressé à ceux qui veulent vivre des actions de détachement, d'humilité, de soif de justice, de préoccupation ou d'intérêt vis-à-vis des problèmes du prochain et qui laissent le reste au second plan. Comme nous pouvons faire le bien en priant, ou en pratiquant une rectification fraternelle, quand nous sommes critiqués parce que nous croyons en Dieu et parce que nous appartenons à l'Église! Jésus nous le dit clairement dans sa dernière béatitude: «Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi» (Mt 5,11).

Saint Basile nous dit que «ainsi il ne faut porter envie, ni au riche pour ses richesses, ni à l'homme puissant pour l'étendue de son autorité, ni aux personnes robustes pour la bonne constitution de leur corps (...). Ces avantages, qui sont des instruments de la vertu quand on en use comme il faut, ne font pas par eux-mêmes le bonheur».

 

Abbé Pablo CASAS Aljama (Sevilla, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Jésus, je me mets à ton école en ce jour. Je viens pour écouter tes paroles et pour contempler ta vie.

Demande

Donne-moi d’entrer avec foi dans ce chemin spirituel que tu me proposes : les Béatitudes.

Points de réflexion

1. Les Béatitudes dans l’Évangile selon saint Matthieu sont un véritable programme de vie pour tous ! En effet, Jésus s’adresse aux foules, alors qu’il est sur la montagne. Lieu d’élévation, la montagne évoque la montée intérieure à laquelle Jésus nous invite. En effet, les attitudes que Jésus évoque sont toutes d’ordre spirituel : les pauvres de cœur, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les miséricordieux, les cœurs purs et les artisans de paix. Jésus commence par appeler « heureux » ceux et celles qui vivent ainsi. Ce programme nous est donc donné pour notre bonheur et non pour nous rendre la tâche plus difficile ! Jésus ne donne aucune formule magique pour ne plus éprouver le mal et la souffrance, mais il nous encourage à tenir bon et à rester fermes dans l’espérance que toutes les épreuves, même les plus dures comme la persécution, seront vaincues.

2. Par ailleurs, Jésus lui-même a parfaitement incarné chacune des béatitudes auxquelles il nous invite. Pauvre de cœur, il l’a été en usant des richesses matérielles en vue du Royaume et non pour s’enrichir égoïstement. Jésus, lui aussi, a pleuré, nous rapporte l’évangéliste Luc (cf. Lc 19, 41), en constatant que Jérusalem n’accueille pas le salut que Dieu lui envoie. Jésus est doux et humble de cœur. À une autre occasion, il avait d’ailleurs invité ses disciples à l’imiter en cela : « Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes », disait-il (Mt 11, 29). En prenant la défense des petits et des faibles, Jésus n’a-t-il pas témoigné de sa faim et de sa soif de justice ?

3. Plus encore, Jésus est l’homme miséricordieux par excellence : il est porteur du message de miséricorde de la part du Père pour tous les hommes, mais il est aussi celui en qui brille cette miséricorde, puisqu’il a pris sur lui nos péchés et toutes leurs conséquences pour que nous en soyons libérés et guéris. Jésus avait un cœur pur, c’est-à-dire, selon la Bible, un cœur qui ne dévie pas de Dieu pour adorer des idoles quelles qu’elles soient. Son amour envers le Père est indéfectible, comme il en témoigne du début à la fin de sa vie terrestre. Israël savait que le messie, lorsqu’il viendrait, apporterait la paix qu’on appelle « paix messianique ». Jésus est par excellence l’artisan de la paix. Une paix, sans doute différente de celle que s’imagine le monde (cf. Jn 14, 27), mais une paix de l’âme si profonde qu’elle répond à toutes les aspirations humaines. Pour finir, Jésus évoque la persécution qu’il a vécue en sa propre chair et en son propre esprit. Elle l’a conduit jusqu’à la mort sur la croix. Jésus sait bien que ses disciples ne sont pas exempts de la persécution. La fidélité dans l’amour va jusque-là : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

Dialogue avec le Christ

Jésus, toi qui as incarné au plus haut point les Béatitudes, accompagne-moi dans celles que je rencontre sur ma route. Seul, je ne peux rien, mais avec toi, j’ai confiance. Avec toi, je sais que je traverserai toutes les épreuves. Jésus, apprends-moi à mettre ma foi et mon espérance dans le bonheur que toi seul peut donner.

Résolution

Aujourd’hui, je choisirai l’une des béatitudes et je chercherai l’occasion de la vivre concrètement.

Emanuelle Pastore, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr


 


 

 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux."

Jésus n’encourage ni la misère, ni le drame de ceux qui meurent de faim ! Le mot de « pauvre » a une longue histoire dans la Parole. Dans les textes les plus anciens, le pauvre est l’homme courbé, abaissé, opprimé, incapable de résister et de tenir tête aux puissants. C’était sur son humiliation que l’accent était mis. Très vite la coloration de ce mot de pauvre est devenue religieuse, alors que les oppresseurs apparaissaient comme des orgueilleux et des impies. Le pauvre fera figure d’homme paisible, qui met sa confiance en Dieu et attend de lui son secours. La première béatitude de Jésus s’adresse à tous ceux qui ont un cœur assez pauvre pour se retrouver petits devant Dieu. Ils ont les mains ouvertes pour recevoir de lui seul la force de l’espérance. La joie de Jésus transpire sur les visages de ses disciples : « Heureux, » c’est d’abord de la joie de Jésus dont il s’agit ! Les Béatitudes sont la carte d’identité de Jésus. Nous pourrions les décliner en manifestant combien Jésus est le « pauvre ! » "Le fils de l’homme n’a pas ou reposer sa tête." « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ! » Le « pauvre » d’assise est devenu dans le Christ comme le symbole de Dame Pauvreté ! Nous jugeons sur les signes extérieurs de richesse ou de pauvreté bien trompeurs. Dieu, lui regarde le cœur, car on peut être riche avec un cœur de pauvre, et pauvre avec un cœur de riche. La pauvreté matérielle peut nous prédisposer à la pauvreté du cœur.

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Dieu aime toute personne comme elle est. Jésus n’a pas dit : « Heureux » les incapables, ceux qui ont peur de vivre, mais heureux les doux. Heureux ceux qui refusent la volonté de puissance et qui acceptent de combattre sans abuser de leurs forces. Heureux ceux qui laissent toujours aux autres un espace pour être libres et pour se dépasser. Nous pourrions faire une lecture de toutes ces Béatitudes en les appliquant aux membres du Corps du Christ. Nous trouverions alors autant de visages significatifs de chacune des béatitudes. Il y a tellement de visages qui pourraient ainsi défiler sous nos yeux ! Dieu a une tendresse spéciale pour ceux qui sont attentifs aux autres. Une mère garde des trésors de patience et de compréhension pour tous ses enfants. Celui qui est le plus fragile et le plus démuni a toute son attention. Il n’y a que de l’attention pour ses enfants dans le cœur de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux. C’est la douceur même de Jésus qui lui fait dire : « Chargez-vous de mon joug, et mettez-vous à mon école. » La fraîcheur de l’Evangile nous est donnée dans la suite de Jésus. Elle nous emmène dans un réalisme nourrit de vérité intérieure et d’accueil filial de l’œuvre de Dieu. Elle est faite de miséricorde inlassable envers le monde. C’est sous le signe de l’innocence que nous pouvons la vivre. Cet accueil nous oblige à une grâce de conversion. « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, » dans la persécution, relève de bien plus que de l’héroïsme ! La Tradition a illustré très fortement le lien qui unissait Jésus portant sa Croix glorieuse et le disciple, à la suite de Jésus, qui porte lui aussi sa croix qui doit devenir « glorieuse. » Paul dira : « Je ne veux plus voir que Jésus et Jésus crucifié, le monde est un crucifié pour moi et je suis un crucifié pour le monde » ! C’était vraiment la joie de Paul, et elle était si profonde !

Nous demandons la grâce de contempler Jésus dans les Béatitudes.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

 « Le Royaume des cieux est à eux »

« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! » Oui, heureux ceux qui rejettent les fardeaux sans valeur, mais bien pesants, de ce monde ; ceux qui ne veulent plus devenir riches, si ce n'est en possédant le Créateur du monde, et lui seul, pour lui-même ; ceux qui sont comme des gens qui n'ont rien mais qui par lui possèdent tout (2 Co 6,10). Est-ce qu'ils ne possèdent pas tout, ceux qui possèdent celui qui contient tout et dispose tout, ceux dont Dieu est « la part et l'héritage » ? (Nb 18,20) « Rien ne manque à ceux qui le craignent » (Ps 33,10). Dieu leur donne tout ce qu'il sait leur être nécessaire ; il se donnera lui-même à eux un jour, pour qu'ils soient dans la joie... Glorifions-nous donc, mes frères, d'être pauvres pour le Christ, et efforçons-nous d'être humbles avec le Christ. Il n'y a rien de plus détestable qu'un pauvre orgueilleux et rien de plus misérable...

« Le Royaume de Dieu n'est pas nourriture et boisson, mais justice, paix et joie dans l'Esprit Saint » (Rm 14,17). Si nous sentons que nous avons tout cela en nous, pourquoi ne pas proclamer avec assurance que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous ? (Lc 17,21) Or ce qui est en nous est véritablement à nous ; personne ne peut nous l'arracher. C'est pourquoi, quand il proclame le bonheur des pauvres, le Seigneur a raison de dire, non pas : « Le Royaume des cieux sera à eux », mais « est à eux ». Il l'est non seulement à cause d'un droit fermement établi, mais aussi à cause d'un gage absolument sûr, une expérience déjà du bonheur parfait. Non seulement parce que le Royaume est préparé pour eux depuis le début du monde (Mt 25,34), mais aussi parce qu'ils ont déjà commencé à entrer en sa possession. Ils possèdent déjà le trésor céleste dans des vases d'argile (2 Co 4,7) ; ils portent déjà Dieu dans leur corps et dans leur cœur.

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
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Évangile et homélie du Sam 27 Janv 2017. Le règne de Dieu est comme une graine de moutarde.


Vendredi 27 janvier 2017

Nous sommes à la 3e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Angela Merici, fondatrice des « Ursulines » († 1540)


Lettre aux Hébreux 10,32-39.

Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances, tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi. En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison ; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent. Ne perdez pas votre assurance ; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses. En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas. Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme.

Psaume 37(36),3-4.5-6.23-24.39-40ac.

Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur :
il comblera les désirs de ton cœur.

Dirige ton chemin vers le Seigneur,
fais-lui confiance, et lui, il agira.
Il fera lever comme le jour ta justice,
et ton droit comme le plein midi.

Quand le Seigneur conduit les pas de l'homme,
ils sont fermes et sa marche lui plaît.
S'il trébuche, il ne tombe pas
car le Seigneur le soutient de sa main.

Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34.

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour


La grâce de Dieu ne violente pas notre nature. Elle ne se surajoute pas à elle. Mais de l’intérieur, elle vient la féconder. Elle inscrit son déploiement au cœur même de nos existences pour les conduire à la plénitude du don, à produire de nombreux épis qui à leur tour donneront beaucoup de grains de blé. A nous de nous ouvrir à la semence de vie divine de la Parole du Fils de Dieu venue à la rencontre de la terre de notre cœur. A nous de croire à sa puissance transformante pour ne pas faire obstacle à son dynamisme de fécondité. Alors, le jour où le semeur - entendons Dieu - reviendra et manifestera explicitement son action, il trouvera sans aucun doute dans notre champ du blé à moissonner.

Et comme pour stimuler notre foi et notre espérance en cette force de croissance qui dépasse notre entendement, Jésus nous livre la parabole de la graine de moutarde qui devient la plus grande de toutes les plantes potagères. Quel contraste entre l’état initial et l’état final ! Ne nous décourageons donc pas devant la fragilité des apparences. Dieu se plaît à déployer sa puissance à partir de ce qui est petit et insignifiant.

Mais attention, ce qu’il opère est toujours orienté vers le don et n’est pas que démonstration de sa toute-puissance. Si la graine de moutarde devient la plus grande des plantes du jardin c’est pour permettre aux oiseaux du ciel de venir faire leur nid à son ombre. La grâce de Dieu fait donc de chacun de nous une source de bénédiction pour ses frères. C’est ainsi que peu à peu advient le salut universellement promis et que se construit irrésistiblement le Royaume de Dieu au milieu de nous.

Père Philippe

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«Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ (…). D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe»

 

Aujourd'hui, Jésus parle aux gens d'une expérience qui leur est familière: «Un homme qui jette le grain dans son champ (…); la semence germe et grandit. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi» (Mc 4,26-28). Avec ces paroles, Il fait référence au Règne de Dieu, qui consiste en "la sainteté et la grâce, la Vérité et la Vie, la justice, l'amour et la paix" (Préface de la solennité du Christ-Roi), que Jésus-Christ est venu nous apporter. Ce Règne doit se faire réalité, en premier lieu, dans chacun de nous; et ensuite dans notre monde.

Dans l'âme de chaque chrétien, Jésus a semé —par le Baptême— la grâce, la sainteté, la Vérité… Nous devons faire grandir cette semence pour qu'elle se multiplie en bonnes œuvres: de service et charité, d'amabilité et de générosité, de sacrifice pour bien réaliser notre devoir de chaque instant et pour apporter le bonheur à ceux qui nous entourent, de prière constante, de pardon et compréhension, d'effort pour grandir en vertus, de joie…

De cette façon, ce Règne de Dieu —qui commence en chacun de nous— s'étend à notre famille, à notre ville, à notre société, à notre monde. Car qui vit ainsi, «que fait-il sinon préparer le chemin du Seigneur (…), afin que pénètre en lui la force de la grâce, que l'illumine la lumière de la vérité, que se rectifient les chemins qui conduisent en Dieu?» (Saint Grégoire le Grand).

La semence commence toute petite, comme «une graine de moutarde: quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l'a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères» (Mc 4,31-32). Mais la force de Dieu se répand et grandit avec une vigueur inespérée. Comme dans le temps des premiers chrétiens, Jésus nous demande aujourd'hui de répandre son Règne à travers le monde.

Abbé Jordi PASCUAL i Bancells (Salt, Girona, Espagne)

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« Si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre »

Le Seigneur lui-même est un grain de moutarde... Si le Christ est un grain de moutarde, comment est-il le plus petit et comment grandit-il ? Ce n'est pas en sa nature, mais selon son apparence qu'il redevient grand. Vous voulez savoir comment il est le moindre ? « Nous l'avons vu, et il n'avait ni prestance ni beauté » (Is 53,2). Apprenez qu'il est le plus grand : « Il resplendit de beauté plus que les enfants des hommes » (Ps 44,3). En effet celui qui n'avait ni éclat ni beauté est devenu supérieur aux anges (Hé 1,4), dépassant toute la gloire des prophètes d'Israël... Il est la moindre de toutes les semences, parce qu'il n'est pas venu avec la royauté, ni avec les richesses, ni avec la sagesse de ce monde. Or soudain, comme un arbre, il a épanoui la cime élevée de sa puissance, si bien que nous disons : « Sous son ombre désirée je me suis assis » (Ct 2,3).

Souvent, à mon avis, il paraissait à la fois arbre et graine. Il est graine quand on dit : « N'est-il pas le fils de Joseph le charpentier ? » (Mt 13,55). Mais au cours même de ces paroles il a soudain grandi... : « D'où lui vient, disaient-ils, cette sagesse ? » (v. 54). Il est donc graine en son apparence, arbre par sa sagesse. Dans la frondaison de ses branches pourront se reposer en sécurité l'oiseau de nuit en sa demeure, le passereau solitaire sur le toit (Ps 101,8), celui qui a été enlevé jusqu'au paradis (2Co 12,4), celui qui « sera enlevé dans les airs sur les nuées » (1Th 4,17). Là reposent également les puissances et les anges des cieux et tous ceux à qui leurs actions spirituelles ont permis de prendre leur vol. Saint Jean y a reposé quand il était appuyé sur la poitrine de Jésus (Jn 13,25)...

Et nous « qui étions loin » (Ep 2,13), rassemblés du milieu des nations, longtemps ballottés dans le vide du monde par les tempêtes de l'esprit du mal, déployant les ailes des vertus nous dirigeons notre vol pour que cette ombre des saints nous abrite de la chaleur accablante de ce monde. Déjà nous reprenons vie dans la paix et la sécurité de ce séjour du moment que notre âme, courbée auparavant sous le poids des péchés, est « arrachée, comme le passereau, au filet des chasseurs » (Ps 123,7) et s'est transportée sur les branches et les montagnes du Seigneur (cf Ps 10,1).

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Évangile et homélie du Je 26 Janv 2017. La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux



Jeudi 26 janvier 2017

Mémoire des saints Timothée et Tite, évêques, compagnons de saint Paul

Saint(s) du jour : Sts Timothée et Tite, évêques († Ier s.), Bx Gabriele Maria Allegra, missionnaire o.f.m. (1907-1976)


 
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,1-8.

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie que nous avons dans le Christ Jésus, à Timothée, mon enfant bien-aimé. À toi, la grâce, la miséricorde et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur. Je suis plein de gratitude envers Dieu, à qui je rends un culte avec une conscience pure, à la suite de mes ancêtres, je lui rends grâce en me souvenant continuellement de toi dans mes prières, nuit et jour.
Me rappelant tes larmes, j’ai un très vif désir de te revoir pour être rempli de joie. J’ai souvenir de la foi sincère qui est en toi : c’était celle qui habitait d’abord Loïs, ta grand-mère, et celle d’Eunice, ta mère, et j’ai la conviction que c’est aussi la tienne. Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile.

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.7-8a.9-10a.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-9.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

 


 

Homélie ou Méditation du jour

La double exhortation à l’attention - « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » et « Faites attention à ce que vous entendez ! » - suggère que cette péricope est au cœur de l’enseignement de Jésus.

 

 

La place d’une lampe n’est à aucun moment et en aucun cas sous un lit ; alors que ce qui est « caché », l’est légitimement, à condition de le manifester au moment opportun. Il fut un temps où il était légitime de garder des choses « secrètes », mais il s’agit de discerner le moment où il faut les proclamer « au grand jour ». C’est précisément en nous rendant attentifs au mystère caché au cœur de nos vies, que les paraboles nous avertissent que ce « kairos » (temps opportun) est advenu. Le Verbe lumière a fait irruption dans nos ténèbres ; en lui les promesses de Dieu trouvent enfin leur sens et leur accomplissement ; ce qui en elles demeurait encore caché est maintenant clairement manifesté ; ce qui paraissait secret, est dévoilé et mis en lumière pour être partagé entre tous.

 

 Ce passage de l'Évangile insiste sur notre responsabilité personnelle dans l’accueil et la croissance de cette réalité nouvelle. Dieu donne gratuitement et en surabondance la lumière, symboles de la vie nouvelle qu’il nous offre en son Fils. Mais de même que le dévoilement de la lumière se constate à l’illumination qu’elle provoque, l’ouverture à la grâce divine doit se percevoir au rayonnement d’une vie transformée. Le fruit de l’accueil de l’initiative divine est le partage de la fécondité nouvelle : la lumière qui éclaire se donne sans compter. C’est à « la mesure dont nous nous servons » pour partager ce que nous avons nous-mêmes reçu, que sera évaluée notre participation au Royaume. Ou pour le dire autrement : celui qui est devenu citoyen du Royaume de l’amour, se reconnaît à la logique du don qui oriente ses discernements et ses actions.

 

 

Seigneur, que ta Parole nous réveille de nos somnolences ; qu’elle nous arrache à nos tiédeurs. Ne permets pas que nous laissions mourir la flamme de notre baptême, alors que notre monde a un besoin urgent de lumière, de vérité et de vie. Nous avançons vers toi Seigneur avec un cœur sincère, purifié par ta miséricorde de ce qui souille notre conscience, et dans la certitude que donne la foi : remplis-nous d’assurance, afin que nous témoignions au grand jour, par le rayonnement d’une charité inventive, de la force transformante de ta Parole et de ton Esprit. Alors que les médias annoncent, triomphants, la fin du christianisme, accorde-nous la force de continuer sans fléchir d’affirmer notre espérance ; donne-nous d’être attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à aimer et à bien agir. Dès à présent nous te rendons grâce de nous avoir exaucés, car tu es fidèle, et accomplis toujours ce que tu as promis.

 

Père Philippe

 

 

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Saints Timothée et Tite, successeurs des apôtres

La communauté, née de l'annonce évangélique, reconnaît qu'elle est convoquée par la parole de ceux qui, les premiers, ont fait l'expérience du Seigneur et ont été envoyés par lui. Elle sait qu'elle peut compter sur la conduite des Douze, comme aussi sur celle de ceux qui, petit à petit, s'associent à eux comme successeurs dans le ministère de la Parole et le service de la communion. En conséquence, la communauté se sent engagée à transmettre aux autres la « joyeuse nouvelle » de la présence actuelle du Seigneur et de son mystère pascal, à l'œuvre dans l'Esprit.

On voit ceci bien mis en évidence dans les lettres pauliniennes : « Je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu » (1Co 15,3). Et ceci est important. Saint Paul sait que, à l'origine, il a été appelé par le Christ, qu'il est un véritable apôtre et pourtant, pour lui aussi, ce qui compte fondamentalement c'est la fidélité à ce qu'il a reçu. Il ne voulait pas « inventer » un nouveau christianisme, pour ainsi dire « paulinien ». Aussi insiste-t-il : « Je vous ai transmis ce que j'ai moi-même reçu ». Il a transmis le don initial qui vient du Seigneur et est la vérité qui sauve. Puis, vers la fin de sa vie, il écrit à Timothée : « Tu es le dépositaire de l'Évangile, garde-le dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous » (2Tm 1,14).

C'est ce que montre avec efficacité aussi cet ancien témoignage de la foi chrétienne, écrit par Tertullien vers l'an 200 : « (Les apôtres) ont affirmé la foi en Jésus Christ et ont établi des Églises pour la Judée et, sitôt après, éparpillés dans le monde, ont annoncé la même doctrine et une même foi aux nations et donc ils ont fondé l'Église presque dans chaque ville. À partir de celles-ci, les autres Églises ont échangé et propagé leur foi et les semences de la doctrine, et elles l'échangent continuellement pour être vraiment des Églises. De cette manière, elles aussi sont réputées apostoliques en tant que descendance des Églises des apôtres ».

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013

 

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Évangile et Homélie du Me 25Janvier 2017. Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création.


Mercredi 25 janvier 2017

Fête de la conversion de saint Paul, apôtre

L'Église fête : Clôture de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Conversion de Saint Paul - Fête
Saint(s) du jour : Bx Henri Suso, prêtre dominicain († 1366), Bse Marie-Antonie (Teresa Grillo), veuve, fond. (1855-1944)



Livre des Actes des Apôtres 22,3-16.

En ces jours-là, Paul dit au peuple : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, où, à l’école de Gamaliel, j’ai reçu une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères ; j’avais pour Dieu une ardeur jalouse, comme vous tous aujourd’hui. J’ai persécuté à mort ceux qui suivent le Chemin du Seigneur Jésus ; j’arrêtais hommes et femmes, et les jetais en prison ; le grand prêtre et tout le collège des Anciens peuvent en témoigner. Ces derniers m’avaient donné des lettres pour nos frères de Damas où je me rendais : je devais ramener à Jérusalem, ceux de là-bas, enchaînés, pour qu’ils subissent leur châtiment. Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté. Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.” Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons. Or, Ananie, un homme religieux selon la Loi, à qui tous les Juifs résidant là rendaient un bon témoignage, vint se placer près de moi et me dit : “Saul, mon frère, retrouve la vue.” Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis. Il me dit encore : “Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la voix qui sort de sa bouche. Car tu seras pour lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu. Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi et reçois le baptême, sois lavé de tes péchés en invoquant son nom.” »

Psaume 117(116),1.2.

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-18.

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »


– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour

En cette fête de la conversion de St Paul, l’Église nous donne à méditer la finale de l’Évangile de Marc avec l’apparition du Ressuscité aux onze Apôtres. Apparition qui est essentiellement un envoi en mission ; Jésus leur apparaît pour les mettre en route. Il se manifeste à nous pour nous mettre en route. De la même manière qu’il dit à Marie-Madeleine : Ne me retiens pas (…) ! Va dire à mes frères... (Jn 20,17).  Cet envoi, dans l’Évangile de Marc, présente une particularité : Jésus envoie les onze proclamer l’Évangile à toute la création (Mc 16,15) ; à tout le créé : aux humains, aux mondes animal, végétal et minéral ; à la terre et au cosmos tout entier !

Voilà qui nous place face à une profonde interrogation : comment annoncer l’Évangile de la Résurrection à toute la création ? Est-ce à travers des paroles que nous pourrons le faire ? Certes, François d’Assise a prêché aux oiseaux et Antoine de Padoue aux poissons, mais n’est-ce pas là seulement le signe d’une prédication plus ample à laquelle nous sommes appelés ?  Il doit donc y avoir un autre langage pour proclamer la Résurrection. Un langage au-delà des mots ; N'est-ce pas le langage de la vie, le langage de l’amour en acte et en vérité (1 Jn 3,18).  Si nous vivons de la résurrection, si nous vivons de la qualité d’amour réciproque que permet la résurrection, nous évangéliserons la création !

Il suffit de penser aux saints moines, à commencer par Saint Antoine, qui, brûlés et brûlants de l’Amour de Dieu et des frères vivaient une étonnante convivialité avec la création qu’ils réconciliaient ! C’est déjà ce que vécut Jésus lui-même une fois vaincues les tentations dans le désert quand il était avec les bêtes sauvages (Mc 1,13). Isaïe déjà annonçait que la venue du Messie aurait pour conséquence une évangélisation de la création où le loup et l’agneau seraient ensemble, où la vache et l’ourse lieraient amitié (cf Is 11,1-9)

Quant aux psaumes, ils nous montrent que le règne de Dieu aura pour conséquence que les fleuves se mettront à battre des mains et les montagnes à crier de joie (cf Ps 97(98) 8) Oui, nous avons un rôle à jouer dans l’évangélisation de la création, dans sa réconciliation et son exultation !  De fait, la résurrection de Jésus en qui et vers qui tout a été créé (Col 1,16) a produit comme une fission nucléaire dans l’être même de toute création, enfin libérée des tenailles du péché. Mais pour que cette libération s’accomplisse, pour qu’advienne la nouvelle création, il faut le « oui » des humains à l’Évangile ; il faut que nous vivions l’Évangile, et, ainsi, le proclamions à la création.  

Oui, Seigneur Jésus, viens prendre possession de notre vie et de notre vivre ensemble afin que l’Évangile puisse faire exulter toute la création.

Père Philippe

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Aujourd'hui l'Église célèbre la fête de la Conversion de saint Paul, apôtre. Le court fragment de l'Évangile selon saint Marc recueille une partie du discours relatif à la mission octroyée par le Seigneur ressuscité. À l'exhortation à prêcher dans le monde entier s'ajoute l'affirmation que la foi et le baptême sont nécessaires au salut: «Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné» (Mc 16,16). En outre, le Christ garantit à ses prédicateurs qu'ils recevront le pouvoir de faire des prodiges ou des miracles pour appuyer et confirmer leur prédication missionnaire (cf. Mc 17,18). Grande est la mission —«Allez dans le monde entier»— mais l'assistance du Seigneur ne fera pas défaut: «Et moi, je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28,20).

La collecte propre à la fête d'aujourd'hui nous dit: «Dieu qui as instruit le monde entier par la parole de l'Apôtre saint Paul dont nous célébrons aujourd'hui la conversion, accorde-nous d'aller vers toi en cherchant à lui ressembler, et d'être, dans le monde, les témoins de ton Évangile». Cet Évangile que Dieu nous a donné de connaître et que tant et tant d'âmes désireraient posséder: nous avons la responsabilité de transmettre aussi loin que possible ce merveilleux patrimoine.

La Conversion de saint Paul est un grand événement: de persécuteur, il devient un converti, serviteur et défenseur de la cause du Christ. Bien souvent, peut-être, nous sommes des “persécuteurs”: comme saint Paul nous devons devenir des serviteurs et des défenseurs de Jésus-Christ.

Avec sainte Marie, reconnaissons que le Très-Haut nous a regardé et nous a choisi pour participer de la mission sacerdotale et rédemptrice de son divin Fils: Regina apostolorum, Reine des apôtres, prie pour nous! Rends-nous vaillants pour témoigner de notre foi chrétienne dans ce monde qui est le nôtre.

Abbé Josep GASSÓ i Lécera (Ripollet, Barcelona, Espagne)

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Prière d'introduction

Seigneur, envoie-moi ton esprit pour accueillir ta parole afin qu’elle porte son fruit en moi.

Demande

Seigneur, donne-moi un cœur qui écoute ta parole, qui est assoiffé de toi, qui brûle d’amour pour toi car il a été touché par l’ardeur de ton amour envers moi.

Points de réflexion

1. En ce jour où l’Église fête la conversion de saint Paul, l’Église fête la toute-puissance de la miséricorde de Dieu. N’a-t-il pas fait du pire ennemi de l’Église l’un de ses plus grands apôtres ? Cet exemple qui parvient jusqu’à nous grâce au récit de sa conversion que nous rapporte les actes des apôtres (Ac 22, 3-16 ou Ac 9, 1-22) peut susciter en nous une grande espérance et une plus grande confiance en Dieu. C’est Dieu qui nous a choisis tels que nous sommes, avec nos erreurs passées ou présentes pour faire de nous ses disciples. « C’est moi qui vous ai choisis du milieu du monde, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, dit le Seigneur » (Jn 15, 16). Saint Paul a fait l’expérience de la miséricorde de Dieu, c’est-à-dire de ce Dieu qui se donne gratuitement, sans garder rancœur du mal qu’on a pu lui faire. Saint Paul témoigne aussi du chamboulement, de la transformation que ce don total de Dieu opère en lui. C’est un amour qui le saisit et oriente toute sa vie. La miséricorde de Dieu non seulement lui pardonne ses fautes, dévoile la vérité sur sa vie et sur lui-même mais donne aussi à saint Paul une nouvelle vie, une nouvelle façon de vivre qui lui fera dire « Ce n’est plus moi qui vit en moi c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

2. Saint Paul est juif et il a reçu « une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères », comme nous le rapporte les actes des Apôtres. Sa rencontre avec le Christ va bouger tous ses repères. Lui qui cherchait le salut en appliquant la loi de ses pères, découvre la primauté de la grâce avec Jésus-Christ. C’est lui qui sauve, qui nous justifie et qui fait de nous des fils et non pas l’observance de la loi. C’est ce que nous transmet l’Évangile d’aujourd’hui par ces mots : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Mc 16, 16). Suis-je conscient de cet acte infini de miséricorde de Dieu qui s’est déployé d’une grande force le jour de mon baptême ? Suis-je conscient du trésor que j’ai reçu gratuitement qui fait de moi un invité au festin du royaume des cieux ? Saint Paul avec la passion, le zèle et la radicalité qui le caractérise a répondu de tout son être à l’amour du Christ. Comment est-ce que je veux lui répondre ? Comment est-ce que je laisse au Christ la primauté dans ma vie, dans mes actions, dans mes projets, dans mes relations, dans mes efforts, dans mon travail ? Trop souvent nous ne comptons que sur nos propres forces. Demandons à Dieu la force de croire davantage en l’efficacité de sa grâce, de son action en nous et dans notre vie pour mieux accompagner l’œuvre de l’Esprit Saint en nous. Alors nous aussi nous serons capables de témoigner de la toute-puissance de l’amour de Dieu au-delà de tous les obstacles que nous rencontrerons dans notre vie, comme nous le dit la fin de l’Évangile d’aujourd’hui.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, je te remercie pour ta miséricorde infinie envers moi. Comme tu l’as fait avec saint Paul, tu viens me rejoindre sur ma route pour te manifester à moi. Tu me choisis pour faire de moi ton apôtre car les hommes ont besoin de te connaître et d’être saisi par ton amour. Je suis ton disciple, dispose de moi comme bon te semblera.

Résolution

Parler des merveilles que Jésus-Christ a réalisées pour moi à quelqu’un.

Jeanne Mendras, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr/



"Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création."

« Saul, Saul, pourquoi me persécutes- tu ? lui dit Jésus. » Qui es-tu Seigneur ? répondit Saul. Je suis Jésus que tu persécutes ! » Nous fêtons aujourd’hui la Conversion de l’apôtre Paul qui a cru dans le mystère de Jésus qui lui parle. L’apôtre découvre que tout frère, sauvé dans le Sang du Christ, est « ’partie’ de Jésus lui-même. » Le mystère de Dieu est un mystère d’amour débordant qui a pris chair de la Vierge Marie. Jésus, dans sa Résurrection, est au cœur de l’Église. Il revit son mystère dans les pauvres. Les persécuteurs d’hier peuvent devenir les Apôtres de demain. Paul, dans la menace des juifs, se rappelle le martyre d’Étienne. Il faisait partie des persécuteurs. Il gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Étienne. Ananie, dans sa peur de Saul, s’en souvient, mais Jésus lui dit : « Je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom. » L’apôtre est identifié au Christ qu’il sert. C’est une tâche si belle d’annoncer le mystere de l’unité de l’Amour au sein de l’humanité. « Jésus ressuscité » désire que cet Amour se répande dans toute l’humanité. C’est un mystère de relations personnelles. Nous affirmons qu’il nous faut continuellement sortir de nous-mêmes pour rencontrer Dieu. C’est précisément comme Abraham et comme Marie qui sortent de leur quotidien pour apporter, dans la réalité quotidienne du monde, la certitude de la présence de Dieu. Cette Présence de Dieu nous donne vie et salut. Elle nous ouvre un avenir avec lui, à une plénitude de vie divine.

« Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. » Paul, par sa conversion après la résurrection de Jésus, se trouve dans une nouvelle situation. Jésus est le Seigneur de tout l’univers, il est son Roi véritable. Il agit dans notre monde par les premiers témoins de sa Résurrection. Par une foi nouvelle, avec eux, nous entrons dans un chemin qui s’est inauguré, et qui se poursuit. Les premiers témoins nous guident pour l’accueillir. Jésus ressuscité dit aux onze apôtres : Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle. Cette bonne nouvelle est un amour nouveau qui déloge du cœur de l’homme les germes d’égoïsme, de domination et de violence. Demeurer dans le Christ pour être plus unis dans cet Amour infini est notre appel. Nous contemplons cette unité de l’Amour réalisé dans la vie de la Vierge Marie. Nous sommes appelés à ressembler à Jésus, à le porter comme Marie l’a porté. Ainsi nous sommes les témoins de cet Amour infini qui réalise les cieux nouveaux et la terre nouvelle. L’univers est invité à vivre de cet Amour que nous pouvons déjà contempler en Église. Paul découvre ce mystère, il comprend combien nous devons être unis pour annoncer cette Bonne Nouvelle : « Père qu’ils soient un pour que le monde croie. » C’est le grand amour que nous contemplons dans le mystère de la « Trinité sainte. »

« Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Ce chemin nous fait quitter la peur pour aller vers des cieux nouveaux et une terre nouvelle. C’est l’Esprit Saint qui réalise en nous dans l’Église, le mystère du Christ, cette œuvre de régénération de l’humanité, dans l’amour. Jésus demeure présent et agissant dans son Église, des fleuves d’eau vive coulent désormais de son sein. C’est dans ces fleuves d’eau que l’humanité est régénérée. Jésus agit dans cette situation nouvelle qui dépasse tout ce dont nous avons la maîtrise. Désormais, dans le rejet de ses concitoyens pour Jésus, l’apôtre Paul comprend le mystère du Christ qui est rejeté. Cette situation se révèle à lui comme uns bonne nouvelle qui porte en elle la possibilité d’une véritable évolution personnelle et communautaire. Elle est une invitation à entrer dans la foi, portée par la Parole des témoins. Cette entrée dans le corps du Christ Ressuscité nous fait appartenir à un nouveau Corps. Une nouvelle vie d’amour s’offre à nous, portée par le Christ Ressuscité qui a traversé la mort, et qui nous conduit à un ailleurs véritable. C’est en perdant tout ce que nous avons que nous débouchons sur la vie en plénitude.

 

Nous demandons à Dieu la grâce de comprendre la beauté de notre appel et d’y être fidèle.

http://www.pere-gilbert-adam.org

Pere-Gilbert-Adam



 

Le persécuteur transformé en prédicateur

Du haut du ciel la voix du Christ a renversé Saul : il a reçu l'ordre de ne plus poursuivre ses persécutions, et il est tombé la face contre terre. Il fallait qu'il soit d'abord terrassé, et ensuite relevé ; d'abord frappé, puis guéri. Car le Christ n'aurait jamais vécu en lui, si Saul n'était pas mort à son ancienne vie de péché. Ainsi renversé à terre, qu'est-ce qu'il entend ? « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il est dur pour toi de regimber contre l'aiguillon » (Ac 26,14). Et lui de répondre : « Qui es-tu, Seigneur ? » Alors la voix d'en haut continue : « Je suis Jésus de Nazareth que tu persécutes ». Les membres sont encore sur la terre, c'est la tête qui crie du haut du ciel ; elle ne dit pas : « Pourquoi persécutes-tu mes serviteurs ? » mais « Pourquoi me persécutes-tu ? »

Et Paul, qui mettait toute son ardeur à persécuter, se dispose déjà à obéir : « Que veux-tu que je fasse ? » Déjà le persécuteur est transformé en prédicateur, le loup se change en brebis, l'ennemi en défenseur. Paul apprend ce qu'il doit faire : s'il est devenu aveugle, si la lumière du monde lui est soustraite pour un temps, c'est pour faire briller dans son cœur la lumière intérieure. La lumière est enlevée au persécuteur pour être rendue au prédicateur ; au moment même où il ne voyait plus rien de ce monde, il a vu Jésus. C'est un symbole pour les croyants : ceux qui croient en Christ doivent fixer sur lui le regard de leur âme, sans tenir compte des choses extérieures...

Saul est donc conduit à Ananie ; le loup ravageur est amené à la brebis. Mais le Pasteur, qui conduit tout du haut des cieux la rassure... : « Sois sans inquiétude. Je lui ferai découvrir tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon nom » (Ac 9,16). Quelle merveille ! Le loup est amené captif à la brebis... L'Agneau, qui est mort pour les brebis, leur apprend à ne plus craindre.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

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Évangile et Homélie du Mardi 24 Janvier 2017. Celui qui fait la volonté de Dieu est pour Jésus un frère, une sœur, une mère!


Mardi 24 janvier 2017

Le mardi de la 3e semaine du temps ordinaire

L'Église fête : Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
Saint(s) du jour : St François de Sales, docteur de l'Église (1567-1622)



Lettre aux Hébreux 10,1-10.

Frères, la loi de Moïse ne présente que l’ébauche des biens à venir, et non pas l’expression même des réalités. Elle n’est donc jamais capable, par ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année, de mener à la perfection ceux qui viennent y prendre part. Si ce culte les avait purifiés une fois pour toutes, ils n’auraient plus aucun péché sur la conscience et, dans ce cas, n’aurait-on pas cessé d’offrir les sacrifices ? Mais ceux-ci, au contraire, comportent chaque année un rappel des péchés. Il est impossible, en effet, que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : ‘Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.‘ Le Christ commence donc par dire : ‘Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché’, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : ‘Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.’ Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Psaume 40(39),2abc.4ab.7-8a.10.11.

D'un grand espoir
j'espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi.
En ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens.

J'annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.

Je n'ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur,
je n'ai pas caché ta fidélité, ton salut ;
j'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,31-35.

En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »


– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour

Il serait certes erroné d’interpréter ces versets comme si Jésus rejetait les membres de sa famille ; mais Notre-Seigneur affirme néanmoins clairement qu’il s’en est détaché au profit d’une autre famille, rassemblant tous ceux qui « font la volonté de Dieu ». On peut rapprocher ce passage de celui où Jésus déclare bienheureux « ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui l’observent » (Lc 11, 27). Il s’agit donc d’un appel adressé avec insistance par le Maître à entrer dans une nouvelle parenté, spirituelle cette fois, moyennant l’obéissance à la volonté de Dieu reconnu comme Père.

Ce verset a sans nul doute marqué la conscience de la jeune communauté chrétienne. Le disciple ne suit donc pas seulement un Rabbi, dont il accueille la doctrine ; il entre également dans une famille spirituelle, rassemblant tous ceux qui, renonçant à un mode d’agir selon l’esprit du monde, s’évertuent à « faire la volonté » de Celui que Jésus est venu leur révéler et dont ils réclament la paternité.  Ce qui détermine si nous sommes « dehors » ou « dedans », ce n’est pas une confession de foi superficielle, mais une adhésion existentielle qui conduit à un changement radical de vie, que nous désignons pas le terme de « conversion » : il ne suffit pas de crier « Seigneur, Seigneur » pour entrer dans le Royaume ; mais il s’agit de manifester que le Christ est véritablement Seigneur de nos vies, en obéissant à la Parole qu’il nous transmet au nom de son Père.

Notre obéissance au Père est l’expression concrète de notre volonté d’être ses fils, d’entrer dans sa famille, et d’accéder ainsi aux biens « que l’œil ne peut voir, que l’oreille ne peut entendre, mais que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2, 9). Bien sûr il est impossible de nous imaginer ce que sera cette filiation divine lorsqu’elle sera accomplie dans l’Esprit ; pourtant dès à présent nous pouvons en avoir un avant-goût à l’école de la Sainte Famille. Saint Joseph n’est-il pas « l’ombre du Père », à qui s’est parfaitement soumis le Fils de Dieu afin de nous donner l’exemple ? Marie n’est-t-elle pas la « servante du Seigneur », en qui sa volonté peut librement s’accomplir ? La Sainte Famille constitue ainsi les prémisses de cette « famille de Dieu » qui deviendra l’Eglise et dans laquelle nous avons été intégrés par le baptême.

Puissions-nous reconnaître la grandeur de l’appel qui nous rassemble en un seul Corps, et être renouvelés dans le don de l’Esprit de crainte, afin de vivre en frères de Jésus et fils du Très-Haut.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



Prière d'introduction

Ce passage invite à lire le texte quelques versets plus haut pour voir d’où arrivent ces « frères » accompagnant la Mère ? Ces versets décrivent l’attitude des « parents de Jésus » qui cherchent à l’approcher et à faire cesser son enseignement parce qu’ils considèrent « qu’il a perdu la tête… et qu’il est possédé par un esprit impur ». Jésus le sait et reste au-dessus de ces accusations. Gardant son calme, il ne cherche ni à les détromper ouvertement, ni à se justifier publiquement.

Demande

Seigneur, tu sais combien il est difficile de se contrôler quand on est accusé plus ou moins ouvertement de défendre la Vérité dont nous devons témoigner : Vérité de notre filiation divine, inscrite au fond de notre cœur et que le monde rejette parce qu’il te rejette. Seigneur, accorde-nous la grâce de te savoir à nos côtés.

Points de réflexion

1. « Alors arrivent sa mère et ses frères ».
On pourrait se demander qui sont ces « frères » de Jésus qui arrivent avec Marie, sa Mère, si on ignore que l’usage oriental et dans les textes de l’Écriture, ce mot désigne des cousins ou des parents plus éloignés ou même des habitants d’une même région.
L’Évangile évoque des rapports ambigus entre Jésus et ses « frères ». Saint Luc raconte qu’il a échappé à une agression à Nazareth grâce son courage, son autorité et son sang-froid. On sait en effet que ses auditeurs l’avaient conduit jusqu’en haut d’une colline près de Nazareth, pour le pousser et le jeter en bas « mais, lui passant au milieu d’eux, allait son chemin » dit l’évangéliste (Lc 4, 30).
Et là, dans le passage d’aujourd’hui, alors qu’une foule est assise tout autour de lui, écoutant ses enseignements dans le calme, sa « famille », ses « frères », restent certains qu’ils doivent intervenir parce qu’il a perdu la tête et qu’un esprit mauvais le tourmente. Ils reviennent à la charge et le font appeler : ils veulent le voir, le faire sortir de là et l’amener ailleurs. On prévient Jésus.

2. « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? »
Jésus connaît ceux qui viennent le chercher. Il sait que certains d’entre eux croient qu’il est habité par un esprit impur. Ont-ils emmené Marie avec eux pour avoir une plus grande autorité face à lui. Ils savent que Jésus reste toujours très proche de sa Mère. Mais là, sans se laisser influencer par la présence de sa Mère, avec fermeté et adresse, Jésus indique la véritable identité de ceux qui lui sont proches : sa Mère et ses frères. Cette réflexion les oblige à entrer en eux-mêmes et voir s’ils sont véritablement en train de faire la volonté de Dieu comme ils le disent et l’affirment.

3. « Parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui ».
En prononçant ces mots, Jésus n’accuse pas, ne corrige pas, ne juge pas. Il n’est pas là pour régler ce genre de difficultés de voisinage où le « frère » accuse le « frère » et jalouse le troisième. Non, ceux qui sont là, assis autour de lui et qui l’écoutent, connaissent sa charité, sa droiture d’intention, sa conduite intérieure qui le pousse à faire ce pour quoi il a été envoyé. Jésus laisse chacun faire l’analyse de sa conduite personnelle face à la volonté de Dieu. Il assure à tous ceux qui l’écoutent que « celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour lui un frère, une sœur, une mère ».

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu te montres ferme en tes propos et tes actes. Le texte de Marc poursuit la description de ta mission mais ne dit rien du comportement de ceux qui étaient venus te chercher. Un peu plus loin, Marc précise que « tu étais étonné de leur manque de foi » (Mc 6, 1-6). Toi, tu n’accables personne mais, devant ces manifestations d’incrédulité, affirmes « qu’un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison » (Mt 13, 54-58). Seigneur, ceux que l’Évangile appelle tes frères, ne se disaient-ils pas proches de toi ? Et pourtant, toi, tu les invites à se convertir ! Aujourd’hui, Seigneur, alors que moi aussi, je me dis proche de toi, m’invites-tu à regarder si je suis « ton frère, ta sœur, ta Mère » ? Fais-je vraiment et sincèrement la volonté de ton Père ? Seigneur, accorde-moi de comprendre ce que signifie « faire la volonté de ton Père ». Comme le jeune homme riche, « j’observe les commandements », tu m’invites à regarder la sincérité avec laquelle je vis le quotidien au milieu des autres. Seigneur, accorde-moi la grâce de regarder ma tiédeur et de me corriger selon tes désirs à toi !

Résolution

Je centrerai mon attention à dépasser la routine dans mes actes même les plus simples.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de RC

http://evangeli.net/evangile



En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

 

Nous aimons l’exultation de Jésus qui chante la joie dont son cœur déborde. C’est dans cette tendresse de Jésus que nous sommes régénérés : « Père, je te bénis, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Saint François de Sales met en œuvre cette parole quand il nous propose une désappropriation de nous même afin de nous abandonner en toute confiance à la Providence de Dieu. Notre Père céleste sait de quoi nous avons besoin avant nous ! Cela nous sera donné quand nous le lui demanderons. C’est pour obtenir la douceur qui rayonnait sur le visage de Jésus que la parole de Dieu nous est donnée. Jésus exulte parce que Dieu le Père as révélé aux tout-petits les trésors de son Royaume ! En cette fête de saint François de Sales nous demandons tout particulièrement à Dieu la grâce de reconnaître notre pauvreté pour avancer dans la confiance vers le Royaume.

 

"Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté ;" Nous voulons nous laisser transformer par le « bouillonnement d’amour » qui se révèle dans la vie de Dieu ! Saint François de Sales nous conseille de contempler Jésus dans sa douceur, dans l’humilité de son cœur et dans sa charité. Jésus dans sa Passion et par sa Croix a reçu toute la violence du monde et ne l’a pas rendue. Il l’a transformée en amour pour nous apprendre à demander la grâce de la douceur et de l’humilité. Nous pouvons alors livrer notre vie au mystère de l’amour infini de Dieu qui se révèle à la croix. C’est le mystère du plus grand amour. « Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, mon joug est aisé et mon fardeau léger. »

 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Quand nous ne possédons plus rien, quand nous nous mettons à l’école des pauvres qui ne possèdent rien, nous devenons l’enfant bien aimé du Père. C’est ainsi que nous entrons dans le mystère de la filiation révélé par le cœur ouvert de Jésus. Jésus exultant dit : "Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils. » Notre vocation d’enfant bien aimé du Père est le bon plaisir de Jésus qui exulte de joie parce que personne ne pourra jamais enlever ce lien d’amour qui nous fait l’enfant bien aimé du Père. C’est ensemble, dans ce lien d’amour que nous bâtissons l’Église de Dieu chacun selon ses dons dans une vie humble et pauvre. Nous rejoignons la réalité du quotidien de notre vie avec cette pauvreté qui nous révèle le don de Dieu.

 

Nous demandons à Jésus la grâce d’accueillir en nous la vie du Christ Jésus pour entrer dans le mystère de la filiation




« Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère »

Le Fils de Dieu est le premier-né d'un grand nombre de frères (Rm 8,29) car, étant Fils unique par nature, il s'est associé par la grâce une multitude de frères qui ne font qu'un avec lui : « À tous ceux qui l'ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12). Devenu fils d'homme, il a fait de la multitude des hommes des fils de Dieu. Il se les est associés, alors qu'il est unique par son amour et sa puissance. Les hommes, en eux-mêmes, par leur naissance selon la chair, sont une multitude ; mais par la seconde naissance, la naissance divine, ils ne sont avec lui qu'un seul. Le seul Christ, unique et total, c'est la tête et le corps (Col 1,18).

Et ce Christ unique est le Fils d'un seul Dieu dans le ciel et d'une seule mère sur la terre. Il y a beaucoup de fils, et il n'y a qu'un seul fils. Et de même que la tête et le corps sont un seul fils et plusieurs fils, de même Marie et l'Église sont une seule mère et plusieurs mères, une seule vierge et plusieurs vierges. L'une et l'autre sont mères ; l'une et l'autre, vierges. L'une et l'autre ont conçu du Saint-Esprit, sans désir charnel. L'une et l'autre ont donné une progéniture à Dieu le Père, sans péché. L'une a engendré, sans aucun péché, une tête pour le corps ; l'autre a fait naître, dans la rémission des pêchés, un corps pour la tête. L'une et l'autre sont mères du Christ, mais aucune des deux ne l'enfante tout entier sans l'autre. Aussi c'est à juste titre que, dans les Écritures divinement inspirées, ce qui est dit en général de la vierge mère qu'est l'Église s'applique en particulier à la Vierge Marie. Et ce qui est dit de la vierge mère qu'est Marie en particulier se comprend en général de la vierge mère qu'est l'Église.


Isaac de l'Étoile (?-v. 1171), moine cistercien

http://levangileauquotidien.org


 


 

 

 



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Évangile et homélie du Lundi 23 Janv 2017. Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon.

 


Lundi 23 janvier 2017

Le lundi de la 3e semaine du temps ordinaire

L'Église fête : Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
Saint(s) du jour : Ste Marianne Cope (Barbara Koob), religieuse (1838-1918), Bse Marie-Antonie (Teresa Grillo), veuve, fond. (1855-1944)



Lettre aux Hébreux 9,15.24-28.

Frères, le Christ est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis. Car le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !

Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,22-30.

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour

Ce passage de l’Évangile se situe au début de la vie publique du Christ. Le bruit de ses miracles attire les foules de Galilée et d’ailleurs. Mais les pharisiens commencent à se sentir gênés par ce rabbi qui mange avec les pécheurs et guérit les malades le jour du sabbat. Ils entreprennent alors de le discréditer en répandant une rumeur inquiétante : ce Jésus serait possédé par un démon.

En contemplant cette scène, je suis impressionné par la réaction de Jésus face à cette grossière calomnie. En premier lieu, je le vois agir avec transparence. Le Seigneur ne joue pas dans l’ombre, il ne chuchote pas derrière les portes, mais il parle au grand jour, face à face avec ses adversaires. Il n’hésite pas à nommer Satan, que les pharisiens ne mentionnaient que sous les noms indirects de « Béelzéboul » et de « chef des démons ». D’autre part, je sens que Jésus éprouve un ardent désir de sauver ces pauvres hommes qui l’insultent. Il aurait pu les ridiculiser, les ignorer ou les fuir, mais il les appelle à lui parce qu’il veut les libérer de leur aveuglement. Il veut leur montrer que ce Béelzéboul dont ils parlent à la légère est beaucoup plus puissant que ce qu’ils n’imaginent. Il faut apprendre à lui résister. C’est justement ce que le Christ a appris pendant ses quarante jours au désert, et c’est ce qu’il veut m’apprendre maintenant. Comment tenir tête à Satan ? Jésus le compare à un homme fort qu’il faut ligoter pour pouvoir ensuite piller ses biens. Je suis bien trop faible pour pouvoir imiter les archanges Raphaël (cf. Tb 8, 3) et Michel (cf. Ap 20,2), qui ont le pouvoir d’enchaîner le démon. Mais ma faiblesse n’est pas un problème car le Seigneur Jésus, après sa mort sur la croix, est descendu aux Enfers où « fut emprisonné celui qui tenait captif le premier homme », comme le chante l’Église lors de l’office des lectures du Samedi Saint. Satan est déjà vaincu, « C’en est fini de lui » !

Mais attention, le démon n’est pas pour autant complètement inoffensif ! Saint Augustin l’explique ainsi : « Le Christ est donc venu, et il a attaché le diable. Mais, dira-t-on, s’il est attaché, comment se fait-il qu’il remporte encore tant de victoires ? C’est vrai, [...] mais il ne triomphe que des tièdes et des négligents. Car il est attaché, vraiment, comme un chien dans sa niche : et il ne peut mordre personne, à part celui qui s’approche de lui avec une témérité mortelle » (Sermon 37 sur David et Goliath).  Finalement, je dois prendre garde à ne pas tomber dans la grande illusion que le diable me tend : suspecter l’amour de Dieu que le Christ me révèle. Ce rejet de mon unique sauveur, cette négation de la lumière qui inonde mon visage, c’est ce que Jésus appelle le blasphème contre l’Esprit-Saint.

Seigneur, tu m’as libéré des griffes de Satan ! Cet homme fort me retenait prisonnier dans sa maison, et tu es venu l’enchaîner pour pouvoir me délivrer. Merci, Seigneur ! Ne permets pas que je tombe dans l’ingratitude ! Ne permets pas que je prenne ton amour pour de la haine ! Ne permets pas que j’ignore ton Esprit-Saint ! Ne permets pas que je sois séparé de toi !

Père Philippe

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« Il expulse les démons »

Reconnais-le : « en toi s'est levé un nouveau roi, un roi d'Égypte ». C'est lui qui te réquisitionne pour ses travaux, t'oblige à fabriquer pour lui la brique et le mortier. C'est lui qui t'impose contremaîtres et surveillants, lui qui te pousse par le fouet et la verge à des travaux de terre, te force à lui bâtir des villes. C'est lui qui t'incite à parcourir le monde, à remuer terres et mers pour satisfaire tes convoitises...

Ce roi d'Egypte sait que la guerre est imminente. Il pressent la venue de « celui qui peut dépouiller ses principautés et ses puissances, triompher d'elles avec audace et les clouer au bois de la croix »...; il sent toute proche l'heure de la destruction de son peuple. Voilà pourquoi il déclare : « Le peuple d'Israël est plus puissant que nous ! » Puisse-t-il en dire autant à notre sujet et nous sentir plus puissants que lui ! Comment le sentira-t-il ? Si je n'accueille pas les pensées mauvaises et les convoitises perverses qu'il m'inspire ; si je repousse « ses flèches enflammées, avec le bouclier de la foi » ; si, chaque fois qu'il fait quelque suggestion à mon âme, me souvenant du Christ mon Seigneur, je lui dis : « Arrière, Satan. Il est écrit : 'C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, c'est lui seul que tu serviras' »...

Car il vient, le Seigneur Jésus..., pour se soumettre les « principautés, puissances et pouvoirs », pour soustraire les fils d'Israël aux violences de leurs ennemis..., pour nous apprendre de nouveau à voir Dieu en esprit, à délaisser les travaux de Pharaon, à sortir de la terre d'Égypte, à renoncer aux mœurs barbares des Égyptiens, « à dépouiller entièrement le vieil homme avec ses œuvres et à revêtir l'homme nouveau créé selon Dieu », « à nous renouveler sans cesse de jour en jour » à l'image de celui qui nous a créés, le Christ Jésus notre Seigneur, à qui sont gloire et puissance dans les siècles des siècles. Amen.


Origène (v. 185-253), prêtre et théologien

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