Évangile et Homélie du Dim 19 Fév 2017.


Dimanche 19 février 2017

Nous sommes au 7ième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Conrad (Corrado) Confalonieri, ermite en Sicile († 1351)



Livre du Lévitique 19,1-2.17-18.

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
Il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés.
Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,16-23.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’ Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’ Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48.

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’ Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 


Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
Les Bienfaits de la patience, 15-16 ; SC 291 (trad. cf SC p. 221)

« Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant »

 

« Supportez-vous les uns les autres dans l'amour, faisant tout ce qui est en votre pouvoir pour garder l'unité de l'esprit dans le lien de la paix » (Ep 4,2). Il n'est pas possible de maintenir l'unité ni la paix si les frères ne s'encouragent pas les uns les autres par le soutien mutuel, en gardant le lien de la bonne entente grâce à la patience...

Pardonner à ton frère qui commet des fautes à ton égard non seulement soixante-dix fois sept fois, mais absolument toutes ses fautes, aimer tes ennemis, prier pour tes adversaires et tes persécuteurs (Mt 5,39.44; 18,22) – comment y arriver si l'on n'est pas ferme dans la patience et la bienveillance ? C'est ce que nous voyons chez Étienne... : loin de demander la vengeance, il a demandé le pardon pour ses bourreaux en disant : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7,60). Voilà ce qu'a fait le premier martyr du Christ..., qui s'est fait non seulement prédicateur de la Passion du Seigneur mais imitateur de sa très patiente douceur.

Que dire de la colère, de la discorde, de la rivalité ? Elles n'ont pas de place chez un chrétien. La patience doit habiter son cœur ; on n'y trouvera alors aucun de ces maux... L'apôtre Paul nous en avertit : « Ne contristez pas le Saint-Esprit de Dieu... : faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes » (Ep 4,30-31). Si le chrétien s'échappe aux égarements et aux assauts de notre nature déchue, comme à une mer en furie, s'il s'établit dans le port du Christ, dans la paix et le calme, il ne doit admettre en son cœur ni colère ni discorde. Il ne lui est pas permis de rendre le mal pour le mal (Rm 12,17), ni de concevoir de la haine.

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Évangile et Homélie du Samedi 11 Fév 2017. Multiplication des pains.

 

 


Samedi 11 février 2017

Nous sommes à la 5e semaine du temps ordinaire

L'Église fête : Notre-Dame de Lourdes (1858)
Saint(s) du jour : St Pedro de Jésus Maldonado Lucero, prêtre et martyr, St Séverin, abbé de St-Maurice († 507)




Livre de la Genèse 3,9-24.

Quand Adam eut mangé du fruit de l'arbre, le Seigneur Dieu l'appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L'homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. » Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. » L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit. Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré. Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie.

Psaume 90(89),2.3-4.5-6.12-13.

Avant que naissent les montagnes,
que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours,
toi, tu es Dieu.

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8,1-10.

En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

On reconnaît bien dans notre récit les gestes du rite eucharistique que Jésus fera à la Cène (Cf. Mc 14, 22-24). En multipliant pour cette foule les quelques pains de ses disciples, Jésus préfigure le don de son corps et de son sang dans l’Eucharistie pour le salut du monde et annonce le banquet céleste où tous les hommes réconciliés avec le Père par l’offrande de sa vie pourront siéger à la fin des temps.

 

 

Il est à noter ici que Jésus ne donne pas directement le pain qu’il vient de multiplier, il le fait distribuer par les disciples. Autrement dit, Jésus veut avoir besoin de nous pour être les canaux de sa miséricorde, pour être ses mains et son cœur auprès de ceux qui sont perdus loin de lui, dans la détresse et la souffrance.  Remarquons encore que le Seigneur part du peu que nous possédons : sept pains et quelques poissons. Et bien, même de ce pas grand-chose, le Seigneur veut en avoir besoin. Jésus veut avoir besoin de l’offrande de nos vies unie à sa propre offrande pour sauver le monde. Il veut nous associer d’une façon toute particulière au mystère de la rédemption.

 

Ce salut auquel il désire que nous collaborions, notre Seigneur veut le proposer à tout homme. La seconde multiplication des pains le rappelle avec force. De même que dans la première multiplication, les douze corbeilles renvoyaient aux douze tribus d’Israël, ici le chiffre « sept », qui est traditionnellement celui des païens (les cités grecques étaient gouvernées par sept sages), signifie que les païens comme les juifs sont conviés au banquet messianique. Autrement dit, le nouveau peuple de Dieu, auquel nous appartenons, doit demeurer accueillant à tous ceux qui se mettent à suivre le Christ.

 

Seigneur Jésus, fais-nous la grâce à chaque Eucharistie, de consentir toujours davantage à la réconciliation avec notre Père que tu nous as acquise par ta mort et ta résurrection. Donne-nous aussi de savoir unir à ton offrande celle de nos pauvres vies. Tu nous les rendras transfigurées et, à travers elles, rayonnera ta miséricorde auprès de ceux vers qui tu nous envoies.

 

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org



«N'ont rien à manger»

Aujourd'hui, temps de rigueur et de trouble, Jésus nous appelle aussi pour nous dire qu’il ressent de la «compassion pour ces personnes» (Mc 8,2). De nos jours, avec la paix en crise, nous pouvons ressentir abondamment la peur, l’apathie, le recours à la banalité et à l’évasion: «Ils n’ont pas de quoi manger». Qui le Seigneur appelle-t-il? Le texte dit: «Ses disciples» (Mc 8,1), c’est-à-dire qu'il m'appelle moi, afin de ne pas les renvoyer à jeun, pour leur donner quelque chose. Jésus a eu pitié —cette fois-ci dans la terre des païens— car ils ont faim eux aussi.

Ah et nous! Réfugiés dans notre petit monde, nous disons que nous ne pouvons rien faire. «Où donc pourra-t-on trouver du pain pour qu'ils en mangent à leur faim, dans ce désert?» (Mc 8,4). D’où sortirons-nous une parole d’espérance sûre et ferme, sachant que le Seigneur sera avec nous tous les jours jusqu'à la fin des temps? Comment dire aux croyants et aux incroyants que la violence et la mort ne sont pas des solutions?

Aujourd’hui, le Seigneur nous demande, simplement, combien de pains nous avons?. Peu importe combien on a, il a besoin de tous ceux-là. Le texte dit «sept», chiffre symbole pour les païens, comme douze l'était pour le peuple juif. Le Seigneur veut atteindre tout le monde —c’est pourquoi l’Église veut se reconnaître elle-même depuis sa catholicité— et demande ton aide. Donne-lui ta prière: c’est déjà un pain! Donne-lui ton Eucharistie vécue: c’est un autre pain! Donne-lui ta décision de te réconcilier avec les tiens, ceux qui t’ont offensé: c’est un autre pain! Donne-lui ta réconciliation sacramentelle avec l’Église: c’est un autre pain! Donne-lui ton petit sacrifice, ton jeûne, ta solidarité: c’est un autre pain! Donne-lui ton amour à sa Parole, qui te donne force et réconfort: c’est un autre pain! Enfin donne-lui ce qu’Il te demande, même si tu crois que ce n’est qu’un peu de pain.

Comme nous le dit Saint Grégoire de Nysse, «celui qui partage son pain avec les pauvres se constitue en partie de celui qui, pour nous, a voulu être pauvre. Le Seigneur était pauvre, n’aie pas peur de la pauvreté».

http://evangeli.net/evangile

 

Abbé Carles ELÍAS i Cao (Barcelona, Espagne)

 


 


 

 

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, je te remercie pour le don de ton Eucharistie. Par ce pain descendu du ciel, tu nourris la foule des croyants, tu me nourris, moi aussi. Merci, Seigneur, pour ta présence.

 

Demande

 

Jésus, apprends-moi à me laisser rassasier par toi et à être attentif à la faim de mon prochain.

 

Points de réflexion

 

1. Jésus nourrit les foules qui l’écoutaient depuis déjà trois jours. Il se préoccupe du bien de toute la personne, il sait parfaitement que nous sommes une seule chose, corps et âme. Notre foi chrétienne s’adresse à l’homme dans sa totalité, il n’y a pas le dualisme du corps et de l’âme présent dans de nombreuses religions. Jésus s’est fait homme, il a pris un corps, il parle notre langage, il pleure, il guérit, il aime avec son corps et son âme. Dans notre vie chrétienne la frontière classique entre profane et sacré n’existe plus, tout devient sacré si nous le faisons pour Dieu, avec Dieu et en Dieu. En multipliant le pain pour cette foule, Jésus unifie la contemplation et l’action, elles sont comme les notes distinctes d’une même mélodie : le don de soi par amour.

 

2. Aujourd’hui Jésus distribue un nouveau pain, le pain de son Eucharistie. Cependant sa présence reste sous le signe sensible du pain. Jésus veut rester près de notre réalité. Il veut que nous puissions le goûter, l’assimiler, l’accueillir aussi physiquement. Il semble aussi nous rappeler que tant d’hommes manquent de pain et de Dieu. Chaque Eucharistie nous rappelle que Dieu est proche de nous, et qu’il veut que nous soyons proches de nos frères qui ont besoin de l’essentiel. Notre vie chrétienne bat son plein lorsque nous devenons « corps livré » pour nos frères.

 

3. Aujourd’hui l’Église célèbre Notre-Dame de Lourdes. Jésus multiplie les pains et cependant il y a un peu plus de 150 ans la Vierge Marie disait à Bernadette : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre ». Dieu nous a créés pour nous faire participer à sa vie bienheureuse. Cette vie est une relation d’amour entre les trois personnes de la Trinité, et toute l’humanité y est invitée ! Le pain et toutes les créatures que Dieu nous a confiées sont des aides pour arriver à ce but.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je te remercie d’être venu en chair et en os t’adresser à nous sur cette terre, je te rends grâce pour le don de ton Eucharistie qui m’accompagne sur mon chemin vers le ciel ; je te bénis pour toutes les créatures que tu as mises à mes côtés et me rappelle chaque jour ton amour.

 

Résolution

 

Mettre à sa place une créature spécifique qui m’empêche d’être attentif à Dieu et à mon prochain.

 

Frère Melchior Poisson, LC

http://www.regnumchristi.fr


"Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.

Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Nous fêtons l’Apparition de Marie à Bernadette de Lourdes. A la suite de Marie, Bernadette dit oui à la parole de Dieu donnée par Marie à Lourdes. A Lourdes, Marie choisit la plus pauvre des petites filles du village. Les pauvres sont à la périphérie de la société. Ils ne sont pas reconnus, ils sont méprisés à cause de leur petitesse et de leur pauvreté. Bernadette se trouvait à Lourdes dans une situation extrême, c’était la famille la plus humiliées de cette petite ville. Lourdes sera comme Cana pour Bernadette. « Ta parole est un vin délicieux, » disait déjà le Cantique des Cantiques ! Marie pourra dire encore : Ils n’ont plus de vin, ils n’ont plus la Parole vivifiante de Dieu. Le « bon vin » va arriver par Bernadette, la pauvre qui n’était pas reconnue ! Marie-médiatrice est centrale à Cana, elle établit la relation entre son fils Jésus, l’Unique Médiateur, et les serviteurs. Elle s’efface ensuite dans la contemplation de Jésus qui nous sauve. Marie est pour nous un modèle, elle perçoit le problème qui surgit. Elle dit simplement la situation à Jésus son Fils, et elle se retire. L’action est enclenchée, il n’y a plus rien à faire pour elle, si ce n’est de contempler ce qui se réalise. La Bonne Nouvelle de la Parole vivante de Jésus est annoncée aux pauvres.

Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » A Lourdes, Marie fait le choix de Bernadette pour qui la vie est bien difficile. Comme les serviteurs de l’Évangile, Bernadette passe par bien des épreuves. Elle fait face à tout, dans la pauvreté et dans l’humilité, avec la grâce à Dieu. Bernadette a été une source de grâce étonnante pour son entourage. Si les sœurs de Nevers la reçoivent dans leur congrégation, c’est parce qu’elle est liée à Marie. La scène de Cana avec Marie devient un modèle pour notre manière d’agir. Marie nous indique jusqu’où nous pouvons aller dans la demande de notre salut à Jésus. C’est dans la perspective de la croissance de l’autre, de son autonomie, de sa libre expression, de sa propre contribution que Marie agit. L’aide de Marie a été vécue dans le plein respect de la liberté de chacun, elle annonce déjà la Passion. Jésus a épousé notre humanité, il est devenu l’un de nous jusqu’à la Croix.

"Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours. Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. C’est dans sa pauvreté que Bernadette est une messagère de Paix et d’amour. Cet équilibre de l’aide à l’autre dans l’attente, est le premier signe de Cana. Faire ainsi, revient à donner à l’action de l’Esprit Saint, la pleine possibilité d’agir. A Lourdes, comme à Cana, nous retrouvons la terre de l’Evangile. Une terre de simplicité et d’action de grâce. L’Église du pèlerinage qui se vit à Lourdes est toujours avec les malades et les pauvres. C’est l’Église de la prière et du partage ou l’on prend soin les uns des autres. Tous les Peuples sont présents à Lourdes, et parmi eux, tous ceux qui sont méprisés dans le monde. Là, ils sont reconnus dans leur relation à Dieu. A chacun de nous de savoir demeurer, référé à la Parole du Seigneur Jésus. L’action de Marie tout au long de sa vie, tout au long de son existence est dans ce choix d’amour : « Je suis la servante du Seigneur. »

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/

 


 



Le Christ se donne lui-même en nourriture

Les fruits de la communion eucharistique : Recevoir l'eucharistie dans la communion porte comme fruit principal l'union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,56). La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique : « De même qu'envoyé par le Père, qui est vivant, moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi » (Jn 6,57)...

Ce que l'aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la chair du Christ ressuscité, « vivifiée par l'Esprit Saint et vivifiante », conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d'être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu'au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.

La communion nous sépare du péché : Le corps du Christ que nous recevons dans la communion est « livré pour nous », et le sang que nous buvons est « versé pour la multitude en rémission des péchés ». C'est pourquoi l'eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis et nous préserver des péchés futurs : « Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur » (1Co 11,26). Si nous annonçons la mort du Seigneur, nous annonçons la rémission des péchés...

Comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l'eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s'affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels... Par la même charité qu'elle allume en nous, l'eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs.


Catéchisme de l'Église catholique § 1391-1395

 

http://levangileauquotidien.org


 

 

 

 

 



© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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Evangile et Homélie du Me 08 Fev 2017. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur!


Mercredi 08 février 2017

Nous sommes à la 5e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Girolamo Emiliani, fond. des « Somasques » (1486-1537), Ste Joséphine Bakhita, esclave soudanaise puis religieuse



Livre de la Genèse 2,4b-9.15-17.

Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Psaume 104(103),1-2a.27-28.29bc-30.

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,14-23.

En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »  […] Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole. Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

Le Seigneur demande à ses auditeurs d’ouvrir leur intelligence et leur cœur : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ».

En conséquence, la priorité n’est pas aux gestes et aux rites qui sacralisent notre quotidien mais à la lutte contre les souillures intérieures. Le chrétien ne cherche pas à être reconnu comme tel par ses pratiques, mais il doit se révéler en étant le sel de la terre. Il est le grain de sel intimement uni aux aliments pour en relever la saveur. Consentant aux mouvements de la grâce en lui, il enseigne à vivre en enfant de Dieu en vivant pleinement de l’Esprit filial. Ce qu’il nous faut craindre est le mouvement intérieur qui nous rend complice du Tentateur et nous conduit à la séparation d’avec Dieu, au péché. « Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses (…).Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Seigneur, montre-nous l’importance de la prière : elle nous rend docile aux sollicitations de ton Esprit ; apprends-nous la vigilance du cœur : nous serons des témoins de ta lumière.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

 

«Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur»

 

Aujourd'hui, Jésus nous enseigne que tout ce que Dieu a fait est bon. C'est plutôt nos intentions tordues qui peuvent rendre impur tout ce que nous faisons. Pour cela Jésus nous dit: «Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur» (Mc 7,15). L'expérience d'offenser Dieu est une réalité. Et avec beaucoup d'aise le chrétien découvre l'empreinte profonde du mal et voit un monde réduit en esclavage à cause du péché. La mission que Jésus nous donne est de nettoyer —à l'aide de sa grâce— toutes les impuretés introduites dans le monde par les mauvaises intentions des hommes.

Le Seigneur nous demande que toute notre activité humaine soit bien faite: il attend que nous mettions de l'intensité, de l'ordre, de la science, de l'habileté, de la recherche de la perfection, en ne cherchant que le rétablissement du plan créateur de Dieu, qui a fait tout bon pour que l'homme en profite: «Pureté d'intention —Tu l'auras toujours si tu ne cherches, toujours et en tout, qu'à plaire à Dieu» (Saint Josémarie).

La seule chose qui peut faire échouer le plan de Dieu c'est notre volonté, et il faut veiller à ce que cela n'arrive pas. Parfois se mêlent la vanité, l'amour propre, les découragements par manque de foi, l'impatience d'atteindre les résultats attendus, etc. C'est pour cela que saint Grégoire le Grand nous mettait en garde en disant: «Combien sot, en effet, est le voyageur qui, remarquant d’agréables prairies sur son chemin, oublie d’aller où il voulait».

Il convient, donc, d'être attentifs en offrant nos actes, il faut garder la présence de Dieu en soi et observer souvent la filiation divine, de façon à ce que notre journée —avec nos prières et notre travail— prenne de la force et qu'elle commence avec le Seigneur, et que tout ce que nous avons commencé en Lui puisse arriver à sa fin.

Nous pouvons accomplir des grandes choses, si nous nous rendons compte que chacun de nos actes humains est un acte co-rédempteur à partir du moment où il est uni aux actes du Christ.

Abbé Norbert ESTARRIOL i Seseras (Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

 

Commençons notre prière en bénissant le Seigneur, reconnaissons sa place dans notre vie, donnons-lui à nouveau la première place, celle qui lui revient. Reconnaissons aussi l’œuvre de ses mains dans tout ce qui nous entoure et en nous-mêmes. La création entière vient du cœur de Dieu !

 

Demande

 

Prenons le psaume de la liturgie d’aujourd’hui. Unissons notre cœur à celui du psalmiste et à celui de Jésus lui-même, puisque lui aussi a prié ainsi son Père. Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence, Tu as pour manteau la lumière ! Tous, ils comptent sur toi Pour recevoir leur nourriture au temps voulu. Tu donnes : eux, ils ramassent ; Tu ouvres la main : ils sont comblés. Tu reprends leur souffle, ils expirent Et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; Tu renouvelles la face de la terre. (Ps 103 Bénis le Seigneur, ô mon âme !) Si l’une des phrases du psaume ouvre ton cœur, reprends-la et répète-la autant de fois que ton âme le désire. Une terre se sera ouverte en toi, terre où le Seigneur pourra semer sa Parole. Maintenant notre cœur est plus ouvert à recevoir de Dieu. C’est lui qui donnera le fruit de cette prière. Seigneur, fais de ce temps ce que tu voudras mais je te demande qu’il me rapproche plus de toi !

 

Points de réflexion

 

1. Dans les Évangiles de ces derniers jours, Jésus est en contact avec de nombreuses personnes. Une foule le suit. Parmi eux se trouvent aussi les pharisiens et les scribes. Hier, Jésus les avertissait en leur disant combien, par leurs actions, ils allaient à l’encontre des commandements de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus s’adresse à nouveau à toute la foule. Il veut que tous écoutent son message : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur ». Et il ajoute : « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre qu’il entende ! » (Bible de Jérusalem) Il y a une insistance sur le fait de comprendre. Comprendra celui qui est vraiment attentif à sa Parole, celui qui se laisse enseigner, celui qui ouvre son cœur à la Parole, parce que c’est de cela qu’il s’agit, du cœur.

2. La question est là : qu’est-ce qui rend l’homme pur ou impur ? Avec ses disciples, qui ont encore l’oreille un peu dure, Jésus va être encore plus explicite : « Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses (…). Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur ». C’est du cœur dont parle le Seigneur. C’est le cœur qui dans l’homme est pur ou impur. Il recentre l’attention de ses disciples et de tous ceux qui veulent se mettre à sa suite, dans le cœur.
Où est mon cœur quand je fais ma prière ? Est-il en « marche » quand je vis la messe, quand je m’adresse aux autres dans ma vie quotidienne, dans mon apostolat. Le vrai culte, la vraie adoration a sa provenance dans le cœur de l’homme. Ma piété personnelle est-elle dirigée vers l’extérieur ? Une piété rituelle, complexe plutôt que simple et vraiment responsable ? Peut-être que je cherche plus à accomplir une règle extérieure plutôt que chercher à travers les actes, les gestes et les sacrements la présence transformante de Dieu dans l’intimité de mon être.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur Jésus, merci de venir encore une fois me rappeler que tu veux que tout mon être revienne vers toi. Il ne s’agit pas d’accomplir un certain nombre d’actions extérieures. Tu n’attends pas cela de moi, tu m’attends tout entier, tu attends que tout mon être revienne vers toi, tu attends que mon cœur revienne et s’ouvre au tien. Les gestes et les actions ne sont qu’une expression extérieure mais qui naissent de l’intérieur. Seigneur, que ce temps de prière m’unisse tellement à toi que tous les actes de cette journée trouvent leur source en toi, en cette présence que par pur don gratuit tu m’as donnée : la présence de Dieu lui-même en moi par le baptême. Toi, la source de mon être, prends toute la place en moi aujourd’hui. Toi, la source transformante, continue ton œuvre en moi et à travers moi.

 

Résolution

 

Chercher à vivre cette union de cœur avec Jésus tout au long la journée. Pour t’aider, tu peux redire intérieurement cette phrase autant de fois que tu le peux dans la journée : « Bénis le Seigneur, ô mon âme » ou une autre phrase qui t’aide à garder cette union avec le Seigneur.

 

Sabine Laxague, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr



 

Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »

En disant, « Ce qui sort de l’homme, » Jésus nous remet devant notre liberté intérieure, il nous remet devant notre capacité de choisir. Jésus combat un ritualisme aliénant, il nous conduit à distinguer la connaissance de ce qui profane et celle de ce qui est sacré. Nous avons besoin de revenir à l’origine de notre histoire pour sortir de l’enfermement dans lequel le « rituel religieux » nous emprisonne à propos du pur et de l’impur ! Entrer dans l’émerveillement et dans l’action de grâce nous fait sortir de ce repli sur soi mortifère. L’homme et de la femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ont une capacité étonnante de resplendir de l’amour infini de Dieu. Avec la création, nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’il a fait : « Tout cela était très bon. » Revenir à l’origine, c’est retrouver notre liberté dans le choix de Dieu, dans la relation d’amour avec notre Créateur. Cette dépendance d’amour est structurante. Dépendre d’un plus grand que soi est libérant. Le frère qui est à côté de moi est plus grand que moi, puisqu’il dépend directement de Dieu. La Parole que Dieu nous adresse nous aide à demeurer dans le silence de l’Amour. Il nous faut demander que Dieu change notre cœur et qu’il nous donne un cœur vraiment pur pour le contempler : « Heureux les cœurs purs ils verront Dieu. » Beaucoup de choses se pressent en notre for intérieur, elles nous préoccupent, il nous faut les discerner.

"Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole. Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » Le combat que Jésus nous propose se mène dans notre cœur. Ce mouvement nous rend à nous-même en nous donnant d’agir non pas à partir de nos idées, mais à partir de la relation avec Celui qui habite et murmure en notre cœur son Amour. Notre cœur reçois la vie de Dieu. Avec intelligence et volonté nous avançons dans notre marche vers lui. C’est avec conscience, en lien avec Dieu, que nous nous adressons les uns aux autres. Le pur et l’impur sont des propriétés extérieures qui peuvent être manipulées par le monde. C’est en conservant le contact avec Dieu, que nous devenons pur. Il nous faut entrer en nous-mêmes pour retrouver ce contact avec Dieu. Nous voulons nous ouvrir et nous abandonner à Dieu qui nous donne d’être dans tout ce que nous recevons de lui. Nous contemplons le cœur de Marie, c’est du dedans, de son cœur, que sortait la louange vers son Dieu. Dieu agit dans le cœur de l’homme qui lui fait confiance. Nous demandons à Dieu qu’il purifie notre cœur, qu’il nous donne la parole qui convient.

"Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. » Jésus part de ce qui sort de l’homme, de notre capacité à nous déterminer. Selon la manière dont nous considérons la parole qui sort de notre bouche, elle sera profanée, ou sanctifiée, rendue sainte et porteuse de relation sanctifiante selon notre choix. Le souhait de Dieu, devant son enfant bien-aimé, c’est qu’il demeure dans le lien d’amour qui le fait exister. Harmoniser notre cœur avec le cœur de Dieu ne se fait pas avec des pratiques extérieures ! Il s’agit de retrouver une pureté de cœur pour regarder nos frères avec des pensées en harmonie avec le cœur de Dieu. Nous pouvons évoquer Marie. A Cana, elle est témoin de la transformation qui s’opère à partir des cuves destinées à la purification. Jésus, grâce à sa Passion, va transformer ces « cuves » en coupes de bénédiction. Ce sera la grâce du vin nouveau ! Laisser l’action de grâces habiter notre cœur pour regarde nos frères en vérité, comme Dieu les regarde est une conversion purifiante.

Nous demandons à Jésus qu’il nous donne son Corps et son Sang en nourriture pour que nous communions à sa vie.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/




« Dieu, crée en moi un cœur pur » (Ps 50,12)

Il est dit que seule l'aide de Dieu sauve. Quand un homme sait qu'il n'a plus de secours, il prie beaucoup. Et plus il prie, plus son cœur se fait humble, car on ne peut pas prier et demander sans être humble. « Un cœur brisé et humilié, Dieu ne le méprisera pas » (Ps 50,19). Tant que le cœur ne s'est pas fait humble, il lui est impossible en effet d'échapper à la dispersion l'humilité recueille le cœur.

Quand l'homme s'est fait humble, aussitôt la compassion l'entoure, et son cœur sent alors le secours divin. Il découvre qu'une force monte en lui, la force de la confiance. Quand l'homme sent ainsi le secours de Dieu, quand il sent qu'il est là et qu'il vient à son aide, son cœur aussitôt est comblé de foi, et il comprend alors que la prière est le refuge du secours, la source du salut, le trésor de la confiance, le port dégagé de la tempête, la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, le soutien des faibles, l'abri au temps des épreuves, l'aide au plus fort de la maladie, le bouclier qui délivre dans les combats, la flèche lancée contre l'ennemi. En un mot la multitude des biens entre en lui par la prière. Il a donc ses délices désormais dans la prière de la foi. Son cœur rayonne de confiance.

Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
http://levangileauquotidien.org


 

 

 

 

 



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Évangile et Homélie du Ma 07 Fév 2017. Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi


Mardi 07 février 2017

Nous sommes à la 5e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Sts Paul Miki et ses comp., martyrs, St Egidio Maria di S. Giuseppe, religieux o.f.m. (1729-1812)


Livre de la Genèse 1,20-31.2,1-4a.

Quand il créa le ciel et la terre, Dieu dit encore : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. » Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour. Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite.
Telle fut l’origine du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés.

Psaume 8,4-5.6-7.8-9.

À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur ;
tu l'établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.

Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,1-13.

En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »


Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’ Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. » Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition. En effet, Moïse a dit : ‘Honore ton père et ta mère.’ Et encore : ‘Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.’ Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont ‘korbane’, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère ; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

Malgré la forme interrogative, l’intervention des pharisiens n’est pas vraiment une question mais une accusation explicite et grave de désobéissance à la tradition. Aussi Jésus argumente-t-il sa répartie en s’appuyant sur ce qui devrait être la source de la tradition, à savoir les Ecritures : « Le Seigneur dit : ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes » (Is 29, 13).

 

 

Notre-Seigneur illustre et accentue sa critique par un exemple concret : il conteste que l’on puisse consacrer à Dieu des biens destinés à subvenir aux besoins de ses parents. Comment pourrait-on honorer Dieu en désobéissant à sa volonté, explicitement formulée dans la Loi de Moïse (Dt 5, 16) ? La matière de la transgression est dans ce cas bien plus importante que ce qui est reproché aux disciples, puisqu’il ne s’agit pas d’une observance traditionnelle mais d’un précepte de la Torah ! Si encore il s’agissait d’un cas exceptionnel ; mais « vous faites beaucoup de choses du même genre », ajoute douloureusement Notre-Seigneur à l’adresse de ses contradicteurs.

 

La conclusion s’impose : « Vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez ». La progression est significative : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu… Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu… Vous annulez la parole de Dieu » que vous êtes sensés annoncer et interpréter afin que le peuple puisse en vivre. La raison de la trahison de ce ministère est également explicitée de plus en plus clairement : « … pour vous attacher à la tradition des hommes ; … pour observer votre tradition ; … la tradition que vous transmettez ». L’hypocrisie se double d’orgueil : les scribes et les pharisiens ont subtilement pris la place de Dieu en donnant plus de poids à leur tradition qu’à la Parole de celui qu’ils prétendent servir. Telle est l’accusation portée par Jésus contre les mauvais bergers, qui laissent le troupeau se disperser dans le désert des prescriptions stériles qui ne nourrissent pas l’âme.

 

Seigneur ouvre mes yeux sur ma duplicité, sur mes compromissions avec l’esprit d’hypocrisie et d’orgueil. Ne permets pas que je tombe dans le piège d’une religiosité sans âme, qui se réduirait à l’observance d’un ensemble de prescriptions par lesquelles je prétendrais me justifier devant toi. Ne permets pas que de l’une ou l’autre manière j’annule ta Parole pour obéir à des préceptes humains qui flattent mon orgueil. Donne-moi de revenir vers toi de tout mon cœur et de t’honorer par toute ma vie et pas seulement de mes lèvres. Envoie sur moi ton Esprit Saint : qu’il arrache mes masques d’hypocrisie et me renouvelle dans la foi, l’espérance et la charité, pour que je puisse “pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec toi ” (Mi 6, 8) sur le chemin de la vie.

 

Père Philippe

 

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« Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi »

Que je ne désire rien en dehors de toi... Donne-moi souvent de porter mon cœur vers toi et, quand je faiblis, de peser ma faute avec douleur, avec un ferme propos de me corriger. Donne-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant que nulle pensée curieuse n'entraîne loin de toi un cœur noble que nulle affection indigne n'abaisse un cœur droit que nulle intention équivoque ne dévie un cœur ferme que nulle adversité ne brise un cœur libre que nulle passion violente ne domine.

Accorde-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui te connaisse, un empressement qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t'attende avec confiance et une confiance qui te possède à la fin. Accorde-moi par la pénitence d'être affligé de ce que tu as enduré, d'user en chemin de tes bienfaits par la grâce, de jouir de tes joies surtout dans la patrie par la gloire. Ô toi qui, étant Dieu, vis et règnes dans tous les siècles. Amen.

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l'Église

 

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Prière quotidienne devant le crucifix

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Évangile et Homélie du Dim 05 Fév 2017. « Vous êtes le sel de la terre ...Vous êtes la lumière du monde.»

 


Dimanche 05 février 2017.

Cinquième dimanche du temps ordinaire.

Saint(s) du jour : Ste Agathe, vierge et martyre († 251), St Jésus Mendez Montoya, prêtre et martyr († 1928)


Livre d'Isaïe 58,7-10.

Ainsi parle le Seigneur :
Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Psaume 112(111),4-5.6-7.8a.9.

Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.
L'homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.

Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.
Il ne craint pas l'annonce d'un malheur :
le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur.

Son cœur est confiant, il ne craint pas.
À pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,1-5.

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

 

Jésus prend deux images : vous qui tenez bon dans la fidélité à l’Évangile, dans la fidélité à Jésus, à sa croix et à sa résurrection, vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. (Mt 5, 13-14). Le sel de la terre. Ne pensez pas ici à du sel fin dans une jolie salière Ikea ! Dans le contexte du temps de Jésus, il s’agit de gros sel brut dont le premier usage était de conserver les aliments. Le sel c’est d’abord ce qui évite  que les aliments se corrompent, se gâtent ; c’est aussi ce qui donne de la saveur, du goût.C’est discret, cela n’a rien de séduisant, mais c’est tellement précieux. Le sel est ainsi devenu le symbole de la vraie sagesse, celle qui évite la corruption du péché et donne saveur à la vie.

 

« Vous êtes le sel de la terre… » Si vous vivez de Jésus, si votre cœur, votre vie, sont imprégnés du mystère de la Croix, de la joie sans fin de la Résurrection, alors vous préservez la société de la corruption et vous apportez ce qui donne à la vie sa vraie saveur ! La vraie saveur de la vie, ce n’est pas la jouissance parce que la jouissance échoue dans la mort. La vraie saveur de la vie, c’est de faire de notre vie en don en embarquant dans le don de soi de Jésus. Et cela mène à la vie éternelle, à la joie éternelle déjà goûtée ici-bas.

 

Si nous, chrétiens, nous laissons de côté l’Évangile, si nous délaissons la Croix et la résurrection, qui donnera au monde sa saveur ? Qui d’autre que nous donnera au monde la sagesse de la Croix ? Qui d’autre donnera au monde l’espérance de la résurrection comme don gratuit qui nous vient de la tendresse du Père, de l’offrande de Jésus et du travail caché de l’Esprit Saint ? Qui donnera à notre « nature humaine affadie  » cette sagesse, ce sel qui ouvre jusque dans la souffrance et la mort le chemin des Béatitudes et de la joie ? Qui ? Les «valeurs» les plus nobles ne suffisent pas pour donner sens à cette vie ! Le Seigneur nous dit aujourd’hui : ne perdez pas votre saveur ! À quoi sert la foi si nous n’offrons pas au monde la saveur de la vie qui est le mystère de Jésus ?

 

Jésus ne s’en tient pas à l’image du sel : il ajoute la lumière. Regardons tout de suite le jeu de ces deux images : le sel ne se voit guère. Quand il sert à donner de la saveur, il ne se voit même pas du tout. La lumière, elle, se voit ; elle brille, elle éclaire.  Être le sel de la terre, c’est un service très humble où l’on s’oublie, où l’on se perd. Être lumière du monde, c’est être vu, comme une ville sur une montagne se voit bien le soir. Mais comment deviendrons-nous visibles dans la société ? Jésus nous répond : par des «œuvres belles», des comportements, des choix de vie qui seront tellement beaux que les gens glorifieront Dieu. Cela veut dire que notre comportement  obéira et même dépassera les «valeurs» les plus nobles de notre société. Si notre vie obéit aux valeurs de notre société, les gens nous glorifieront. Si elle va au-delà des valeurs dans un plus grand amour, alors les gens glorifieront Dieu et nous serons lumière du monde !

 

Alors, faut-il être sel de la terre en confessant humblement le mystère de la croix et de la Résurrection, ou faut-il être lumière du monde par le témoignage d’un amour qui se donne, qui se livre.  Il faut être sel et lumière bien sûr ! Si tu es sel, si tu es imprégné de la sagesse de la Croix de Jésus et de l’espérance de Sa résurrection, alors, nécessairement, ta manière d’aimer en sera transformée et tu seras lumière.  Voilà ce que le Seigneur attend de nous, au milieu d’une société qui est pleine de richesses d’humanité, mais s’enfarge dans des choix de ténèbres. Notre mission première n’est pas de dire non à ceci et à cela, mais de témoigner d’un autre rapport à la vie, d’une véritable écologie humaine. Notre mission, c’est un émerveillement face à toute vie ; c’est le service de la vie de l’enfant à peine conçu au mourant appelé à naître à la vie éternelle… Il y a dans toute vie un mystère de Dieu. Il y a dans ta vie un mystère de Dieu. Ta vie, ma vie, est un mystère de Dieu. Nous sommes chacun un reflet unique du visage de Dieu. Voilà ce que nous venons retrouver en chaque Eucharistie !

 

 

Père Philippe

 

 

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«Vous êtes la lumière du monde»

 

Aujourd'hui, l'Evangile nous appelle à être témoins du Christ. Et il nous invite à le faire de deux façons, en apparence contradictoires : comme le sont le sel et la lumière. Le sel ne se voit pas mais on le remarque, on le goûte et on le savoure. Il y a beaucoup des gens qui "ne se laissent pas voir", car ils sont comme des "fourmis" qui n'arrêtent pas de travailler et de faire le bien. A côté d'eux on goute la paix, la sérénité, la joie. Ils ont –comme on le dit souvent de nos jours– de bonnes ondes.

La lumière ne peut pas se cacher. Il y a des personnes qu'on "voit de loin": Mère Teresa, le Pape, le curé du village. Elles occupent des postes importants par leur qualité naturel de leader ou par les exigences de leurs occupations. Elles sont "sur le lampadaire". Comme le dit l'Evangile de ce jour, "au sommet d'une montagne" ou "sur le lampadaire" (cf. Mt 5,14.15). Nous sommes tous appelés à être le sel et la lumière. Jésus lui-même était le "sel" pendant les trente années de sa vie cachée à Nazareth. On dit qu'en demandant à Saint Louis Gonzague lorsqu'il jouait ce qu'il ferait s'il savait qu'il allait mourir dans quelques instants, il a répondu: «Je continuerais à jouer». Il aurait continué sa vie normale de tous les jours, rendant la vie de ses compagnons de jeux agréable.

Parfois nous sommes appelés à être la lumière. Nous le sommes de manière claire quand nous professons notre foi dans des moments difficiles. Les martyres sont de grandes lumières. De nos jours, selon le milieu, le seul fait d'aller à la messe est déjà cause de moquerie. Assister à la messe c'est donc déjà être la "lumière". Et la lumière se voit toujours, même si elle est petite. Une petite lumière peut illuminer une nuit. Demandons au Seigneur les uns pour les autres, pour que nous soyons toujours le "sel". Et sachons être la "lumière" quand cela est nécessaire. Que notre façon d'agir de tous les jours soit telle qu'en regardant ce que nous faisons de bien les gens rendent gloire à notre Père qui est aux cieux (cf. Mt 5,16).

Abbé Josep FONT i Gallart (Tremp, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

Prière d'introduction

Seigneur, tu es lumière, éclaire les ténèbres de mon cœur. Que la lumière de l’amour trinitaire brille à travers mes œuvres. Au nom du Père…

Demande

« Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s’éteindre ; qu’en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain » (saint Colomban).

Points de réflexion

1. L’image biblique de la lumière, très présente pendant la période de Noël et très actuelle avec la fête de la Présentation du Seigneur au temple que nous venons de célébrer, revient en force ce dimanche. À Noël, saint Jean nous parle de la lumière qui brille dans les ténèbres et cette lumière c’est Dieu. À la Présentation, Siméon présente Jésus comme « lumière pour éclairer les nations ». Ce dimanche, la liturgie éclaire davantage le lien entre la lumière de Dieu qui a brillé sur le visage de Jésus et notre propre vie. En guise de résumé, nous pouvons emprunter ce verset à saint Jean pour montrer la dynamique des textes de ce dimanche : « Si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 7).

2. Dans la première lecture le prophète Isaïe passe en revue les œuvres de miséricorde et nous montre comment Dieu regarde l’homme juste, l’homme miséricordieux, l’homme qui fait les œuvres du Seigneur. « Si tu partages ton pain avec celui qui a faim… alors ta lumière jaillira comme l’aurore. Si tu fais disparaître de chez toi le geste accusateur, la parole malfaisante… ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi ». En définitive, c’est par nos œuvres que Dieu veut faire luire la lumière dans le monde. Nous sommes la lumière du monde si nous brillons de la lumière de Dieu : son amour et sa miséricorde. En plus, Jésus nous rappelle la vocation de la lumière : elle est faite pour éclairer et on la met sur le lampadaire, on ne la cache pas. Le témoignage chrétien, aujourd’hui plus que jamais, doit rayonner, réchauffer le monde par les rayons de lumière qui, de Dieu, passent à travers nous dans chacune de nos œuvres bonnes : « Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ».

3. La lumière de Dieu a brillé de manière particulière dans le mystère de la croix comme nous le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture. Une manière très concrète aujourd’hui de briller comme une lumière pour nos frères consiste à apprendre à porter avec patience, humilité et amour les épreuves de notre vie unis au Messie crucifié. À travers cette transfiguration de la douleur et de la souffrance personnelle, une lumière peut briller pour tant d’hommes qui souffrent et s’interrogent sur le sens même de leur vie.

Dialogue avec le Christ

« Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. Veuille donc, Jésus, je t’en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu’ainsi, à cette clarté, m’apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu’à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente » (saint Colomban).

Résolution

Allumer une bougie aujourd’hui à la maison pour nous rappeler que nous sommes la lumière du monde et demander au Christ : Seigneur, fais-moi briller de ta lumière, sois ma lumière.

Père Roger Villegas, LC

http://www.regnumchristi.fr


 


 

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. »

 

Jésus attend de nous que nous soyons le sel de cette terre : « Vous êtes le sel de la terre, et la lumière du monde, » dit-il. Le sel comme la Lumière donne vie. Le soleil, à son lever, éclaire toute la réalité du monde. Ce sont d’abord les formes qui se dessinent, ensuite les couleurs qui se font plus précises. C’est ainsi que progressivement la nature apparaît dans toute sa beauté ! Il en est de même du Christ dans l’humanité. Le sel donne goût et saveur à toute nourriture, il assainit, il conserve, il vivifie, il est connu du monde entier. Dans la symbolique biblique, il figure la sagesse. Il exprime l’amitié et la joie fraternelle. Nous avons reçu de Dieu le don de la terre entière. Nous avons à lui communiquer la saveur du Royaume, à lui révéler les secrets de la sagesse de Dieu. Porteurs de la Parole de Dieu qui est le sel de la vie, notre rôle est urgent. Jésus fait le lien entre l’action de nos vies dans l’humanité, si cette action a sa source en elle-même, elle se décompose si facilement. Les Chrétiens, à la suite de Jésus, manifeste au monde la richesse et la beauté de l’œuvre de Dieu, sel de la terre, lumière du monde.

 

« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison." Jésus prend une deuxième image : « Vous êtes la lumière du monde. » C’est une perspective immense, démesurée, presque infinie. Cette lumière, qui est capable d’éclairer le monde entier, est empreinte de modestie. Nous n’en sommes que le reflet, le témoin. Cette lumière n’a pas sa source en nous. C’est une lumière participée qui vient de Dieu. « Vous » êtes la lumière du monde, c’est « ensemble avec lui » que Jésus le déclare, « vous » êtes la lumière du monde ! Dieu a mis quelque chose en nous, tous ensemble, qui doit rayonner jusqu’aux confins de la terre, et jusqu’à la fin du monde. Cette lumière n’est pas celle de l’éclat, elle est celle de la grâce. Cette vie intérieure mise en nous par le Créateur, nous est donnée par Jésus. C’est dans ce lien, que réside la véritable illumination du monde. C’est la clarté qui jaillit des actes de pur amour. À ce signe, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, dit Jésus. La visibilité de la communauté est celle du bien qu’elle fait : « Voyez comme ils s’aiment. » C’est notre amour qui est lumière de Dieu et le sel de la terre !

 

"De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux." La troisième image prise par Jésus est la ville située au sommet d’un mont qui ne peut être cachée. Le voyageur égaré en pleine nature, dans la nuit, comprend ce que peut représenter la lumière des lampes allumées dans une ville haute. C’est de la foi, qui rayonne d’autant plus qu’elle est chantée et partagée, célébrée par le Corps du Christ tout entier, dont il s’agit. C’est la préfiguration de la Jérusalem nouvelle et éternelle, rassemblée dans l’élévation et l’harmonie, que s’éclaire le phare du monde. Aujourd’hui, les villes peuvent devenir des « visions de paix, » là où le Père sera reconnu, parce qu’on y vivra tous en frères. Quelle belle lumière pour la terre et quel signe pour le monde, qu’une ville, un quartier, une communauté vivant sous le regard de Dieu, ou chacun s’efforce de conserver l’unité de l’Esprit par le lien qu’est la paix. Nous voulons vivre de cette parole de Dieu et l’annoncer ! En voyant ce que vous faites de bien, dit Jésus, les hommes rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

 

Nous demandons la grâce de l’humilité, pour nous effacer l’œuvre d’amour du Père apparaisse.

 

Père Gilbert Adam

 

http://www.pere-gilbert-adam.org/



 

 

 

« Elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison »

       Remplir le monde de lumière, être sel et lumière, c'est ainsi que le Seigneur a décrit la mission de ses disciples. Porter jusqu'aux derniers confins de la terre la bonne nouvelle de l'amour de Dieu. C'est à cela que tous les chrétiens doivent consacrer leur vie, d'une manière ou d'une autre... La grâce de la foi ne nous a pas été conférée pour rester cachée, mais bien au contraire, pour briller devant les hommes...

      Certains se demanderont peut-être comment ils peuvent communiquer cette connaissance du Christ aux autres. Je vous répondrai : avec naturel, avec simplicité, en vivant exactement comme vous le faites au milieu du monde, adonnés que vous êtes à votre travail professionnel et au soin de votre famille, en prenant part à toutes les aspirations nobles des hommes, en respectant la légitime liberté de chacun... La vie ordinaire peut être sainte et remplie de Dieu, le Seigneur nous appelle à sanctifier nos tâches habituelles, parce que là aussi réside la perfection chrétienne.

      N'oublions pas que la presque totalité des journées que Marie a passées sur cette terre se sont déroulées d'une manière bien semblable aux journées de millions d'autres femmes, consacrées elles aussi à leur famille, à l'éducation de leurs enfants, aux tâches du foyer. De tout cela, Marie sanctifie jusqu'au plus petit détail, à ce que beaucoup considèrent à tort comme insignifiant et sans valeur... Vie ordinaire bénie, qui peut être tellement pleine d'amour de Dieu ! Car voilà ce qui explique la vie de Marie : son amour, poussé jusqu'à l'oubli de soi, toute contente qu'elle était de se trouver à sa place, là où Dieu la voulait. C'est pourquoi le plus petit de ses gestes n'est jamais banal, mais apparaît, au contraire, comme plein de signification... Il nous appartient d'essayer d'être comme elle, dans les circonstances précises où Dieu a voulu que nous vivions.

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur

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Évangile et Homélie du Vend 03 Fév 2017. Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler.


Vendredi 03 février 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Blaise, évêque en Arménie et martyr († v. 320), Ste Claudine Thévenet, vierge et fondatrice (1774-1837)



Lettre aux Hébreux 13,1-8.

Frères, que demeure l’amour fraternel !
N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps. Que le mariage soit honoré de tous, que l’union conjugale ne soit pas profanée, car les débauchés et les adultères seront jugés par Dieu. Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez, car Dieu lui-même a dit : ‘Jamais je ne te lâcherai, jamais je ne t’abandonnerai.’ C’est pourquoi nous pouvons dire en toute assurance : ‘Le Seigneur est mon secours, je n’ai rien à craindre ! Que pourrait me faire un homme ?’ Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigés : ils vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur l’aboutissement de la vie qu’ils ont menée, et imitez leur foi. Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité.


Psaume 27(26),1.3.5.9abcd.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Qu'une armée se déploie devant moi,
mon cœur est sans crainte ;
que la bataille s'engage contre moi,
je garde confiance.

Oui, il me réserve un lieu sûr
au jour du malheur ;
il me cache au plus secret de sa tente,
il m'élève sur le roc.

ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
tu restes mon secours.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,14-29.

En ce temps-là,  comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

Homélie ou Méditation du jour

Le second Évangile est le plus court des quatre ; il est aussi le plus sobre. Or voilà que Saint Marc consacre pas moins de 16 versets à un récit où n’interviennent ni Jésus, ni ses disciples ! Ces derniers viennent d’être envoyés en mission ; quant à Jésus, il n’en est question qu’au début de la péricope, pour introduire le flash-back sur l’exécution du Baptiste. A moins qu’il ne soit question indirectement aussi bien de Notre-Seigneur que des disciples à travers le sort qui est réservé au Précurseur ?

Le comportement d’Hérode annonce en fait l’attitude d’un autre représentant du pouvoir, Pilate, engagé malgré lui dans un procès qui s’ouvrira bientôt. De part et d’autre, l’inculpé est traîné devant le tribunal en raison de jalousies. Pilate en est conscient et tente de défendre Jésus ; mais devant la pression du Grand Prêtre et de son entourage, il ne veut pas prendre parti en faveur de l’Innocent. Il tente alors de sauver l’inculpé en se référant à la tradition qui voulait que l’on relâche un prisonnier pour la Pâque, mais la faveur accordée à l’occasion d’une fête se retourne contre lui : la foule préfère Barabbas à Jésus. Pour ne pas perdre la face et ne pas être discrédité auprès de l’Empereur, il préfère livrer le Prisonnier entre les mains de ses accusateurs, et laver les siennes en signe de désapprobation.

Poursuivant le parallélisme, comment ne pas remarquer que dans les deux cas, la trahison a lieu au cours d’un repas : celle de Judas au cours de la dernière Cène, celle de Jean Baptiste au cours d’un banquet royal ? Dans le premier, Notre-Seigneur se donne lui-même en nourriture ; dans le second, la tête du Précurseur est apportée sur un plat…  L’évangéliste voudrait-il donc nous dire que le pouvoir de ce monde est corrompu parce qu’il est dominé par les passions ? Que les Rois, alors même qu’ils croient disposer du droit de vie et de mort sur leurs sujets, sont en fait livrés au pouvoir du Prince de ce monde qui les dirige invisiblement, les conduisant à leur perte ?

Il est significatif que l’Évangile se poursuive par le récit d’un autre repas, au cours duquel Notre-Seigneur va préfigurer l’Eucharistie en multipliant les pains. Ce repas sera suivi de l’épisode de la marche de Jésus sur la mer, symbolisant sa victoire sur la mort. Le rapprochement des deux péricopes nous permet d’étendre aux disciples venus enterrer le corps du Baptiste, l’exhortation adressée par Jésus aux apôtres : « “Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur !” “J’ai vaincu le monde” (Jn 16, 33) ; je suis le seul véritable Roi : le “Roi des rois et le Seigneur des Seigneurs” (Ap 19, 16).

Seigneur donne-nous de lire les événements de notre vie à la lumière de ta présence à nos côtés, afin que nous ne cédions ni à la tentation du découragement, ni à celle de devenir complice des forces du mal ; mais que nous puissions poursuivre paisiblement notre route sur le chemin de l’Évangile, sûrs que tu es “avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20).

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler»

Aujourd'hui, dans ce passage de Marc, on nous parle de la notoriété de Jésus —connu pour ses miracles et ses enseignements—. Sa notoriété était telle que pour certains c'était le parent et précurseur de Jésus, Jean le Baptiste, ressuscité d'entre les morts. Ainsi voulait l'imaginer Hérode qui l'avait fait décapiter. Mais ce Jésus était beaucoup plus que les autres hommes de Dieu, plus que Jean le Baptiste, plus que tous les prophètes qui avaient parlé au nom du Très Haut: en effet, Lui, c'était le Fils de Dieu fait Homme, Dieu parfait et Homme parfait. Ce Jésus —présent parmi nous—, peut, en tant qu'Homme, nous comprendre, et peut, en tant que Dieu, nous donner tout ce dont nous avons besoin.

Jean, son précurseur, qui avait été envoyé par Dieu avant Jésus, le précède également par son martyre dans sa passion et sa mort. C'était aussi une mort injustement infligée à un saint homme, par le tétrarque Hérode, probablement à contre cœur, car celui-ci l'appréciait et l'écoutait avec respect. Enfin, Jean était clair et ferme avec le roi quand il lui reprochait sa conduite, qui méritait d'être censurée, puisqu'il n'avait pas le droit de prendre Hérodias, la femme de son frère, comme épouse.

Hérode avait accédé à la demande que la fille d'Hérodias, instiguée par cette dernière, lui avait faite, quand au cours d'un banquet —après la danse qui avait plu au roi— devant ses convives le roi jura de lui donner ce qu'elle demanderait. «Qu'est-ce que je vais demander?» Demande-t-elle à sa mère, qui lui répond: «La tête de Jean le Baptiste» (Mc 6,24). Ainsi donc le roitelet ordonna l'exécution de Jean Baptiste. C'était un serment qu'il n'était pas obligé de tenir puisqu'il était mauvais car il allait contre la justice et contre sa conscience.

Une fois de plus, l'expérience nous démontre qu'une vertu va toujours avec les autres et qu'elles grandissent toutes organiquement comme les doigts de la main. Ainsi de même quand on tombe dans un vice, les autres arrivent derrière en procession.

Abbé Ferran BLASI i Birbe (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


 

Prière d'introduction

Seigneur, je crois en toi. Je crois que tu es la vérité. Tout ce qu’il y a de bon sur terre, c’est toi qui nous le donne. Mais toutes ces bonnes choses ne doivent pas me faire oublier que c’est toi le plus important, que sans toi ma vie n’a pas de sens.

Demande

Fidélité à sa conscience.

Points de réflexion

1. Il y a deux personnages importants dans ce passage, deux personnes autour desquelles se déroule un drame. Hérode d’un côté, et Jean Baptiste de l’autre. Hérode est un roi, petit roi de Galilée, entièrement à la merci du pouvoir romain. De plus, comme nous pouvons le voir ici, il n’hésite pas à se servir de son pouvoir pour ses propres intérêts. Il renvoie sa femme et trahit son propre frère pour lui prendre la sienne. Et lorsque Jean Baptiste dénonce sa conduite, il le met en prison. Et il a toute une cour autour de lui, sans doute pour qu’il se sente admiré. Pourtant, il y a un reste de bon jugement en lui. Il sait que Jean est un prophète. Malgré sa vie dépravée, il reconnaît en Jean quelque chose de grand. Et il a un reste de conscience, il ne voudrait pas le mettre à mort. Et pourtant c’est ce qu’il fait. Malheureusement pour Hérode, il n’y a plus grand chose qui est important pour lui, à part son plaisir, et son soi-disant honneur, qui consiste en une hypocrite admiration des membres de sa cour.

2. Et il y a Jean Baptiste, prophète et précurseur de Jésus. Il a vécu une vie pauvre et de pénitence, pour accomplir sa mission. Lorsqu’Hérode se prélassait dons son palais, Jean mangeait des sauterelles dans le désert. Jean est fidèle à la vérité, à toute la vérité. La mission de Jean consistait à préparer la venue de Jésus. Sans doute aurait-il pu penser qu’il n’était pas vraiment nécessaire de dénoncer la conduite d’Hérode pour bien accomplir sa mission. Cela peut sembler accessoire à la mission de Jean. Mais Jean, qui appelait à la conversion et à la pénitence, n’a pas préféré sa propre sécurité à l’appel qu’il devait réaliser. Il devait appeler à la conversion. Et il ne va pas faire d’exception avec Hérode parce qu’il peut le mettre en prison. Jean est fidèle à sa mission, à toute sa mission, quel qu’en soit le risque pour lui.

3. Entre ces deux personnages, entre ces deux manières de conduire sa vie, nous aussi nous devons choisir. Et le choix n’est pas toujours facile. Jean a pris le risque de finir en prison. Hérode, s’il avait été fidèle à sa conscience, aurait dû renoncer à un serment fait devant ses admirateurs. Et le choix se fait d’autant plus difficile car il semble que c’est celui qui ne suit pas la justice et le droit qui gagne à la fin. Hérode semble sauver la face, tandis que Jean a la tête coupée. Mais quelle vie est celle d’Hérode ? Une vie sans cesse à la recherche de plaisirs ingrats, d’admirations qui ne sont que des mensonges. Une vie qui le laisse toujours insatisfait, et dans la peur qu’on lui prenne ce qu’il a. La vie la plus enviable est bien celle de Jean Baptiste, qui fut fidèle à la vérité, fidèle à Jésus, jusqu’au bout, jusqu’à la mort. Ce que Jean avait compris, c’est ce que la multitude des martyrs de l’Église comprirent après lui : cela vaut la peine de mourir pour Jésus, la vie ne s’arrête pas avec la mort, au contraire, c’est après la mort que commence la vraie vie.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu sais qu’il n’est pas toujours facile de te rester fidèle. J’ai parfois peur du regard des autres, peur de ce que je pourrais perdre si je te suis fidèle. Mais ne permets pas que la voix de ma conscience se taise. Au contraire, aide-moi à mieux l’écouter, et à mieux la suivre. Ne permets pas que ma vie se perde dans le mensonge et dans de fausses illusions. Aide-moi à être toujours fidèle à la vérité !

Résolution

Faire un bon examen de conscience.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

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"Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui."

Hérode aimait entendre Jean le Baptiste, mais sa vie n’était pas en harmonie avec ce que disait Jean. Dans l’ambigüité d’Hérode, nous retrouvons l’ambigüité de nos existences ! C’est à cause de son serment, pour des raisons troublantes, que le roi Hérode fera exécuter le prophète Jean Baptiste. Cet homme n’avait pas commis de mal, il avait fait paraître au grand jour la vérité d’Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère, lui disait-il. » Hérode, en le faisant mourir, ne lui a pas demandé de renier le Christ, mais de taire la Vérité qui est le Christ ! Un nouvel embarras se retrouve chez lui quand il entend parler de Jésus et de son action bienfaisante dans le Peuple. Cette parole manifeste la difficulté d’Hérode de se retrouver face à lui-même dans la paix. Nous aussi, nous sommes scandalisés par les violences injustes. Jésus, à la mort de Jean le Baptiste, rassemble ses disciples, il les envoye en mission. Ils devront faire face à beaucoup de difficultés extérieures, qui sont en relation avec les difficultés intérieures de notre être pécheur. Pour tenir bon et être guéri, nous voulons découvrir le visage de Jésus. Il nous est bon de nous revêtir de ses sentiments. C’est en l’annonçant, que nous découvrons ses traits et son visage.

"En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. C’est à cause d’Hérodiade, qui elle-même demande à sa fille la tête du prophète, qu’Hérode fait décapiter Jean le Baptiste. C’est à cause de son serment auprès des invités qu’Hérode se prononce : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » En souffrant le premier la Passion, Jean signifiait que Jésus lui aussi devait souffrir. En naissant, Jean avait témoigné que le Christ allait naître ; en prêchant il avait témoigné que le Christ allait prêcher, en baptisant, qu’il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, Jean le Baptiste signifiait que le Christ devait lui aussi la souffrir. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d’une paix supérieure, est jeté en prison. Lui qui était venu rendre témoignage à la lumière, est enfermé dans l’obscurité d’un cachot. Celui à qui il fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, par son propre sang, est baptisé. Il vit descendre sur Jésus la grâce du Saint Esprit. Il entendit la voix du Père s’adresser au Christ. Nous demandons la grâce, comme Jean, de témoigner de Jésus par toute notre vie !

Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau. Jean Baptiste est mort pour le Christ, pour lui, il est a subi la prison. Maintenant, dans sa mort, il annonce la mort de Jésus. La Vérité qu’il annonce est en relation avec sa mission de Précurseur. Jean Baptiste prophétise que Jésus donnera sa vie pour nous : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie, » avait dit Jésus. C’est pour la vérité de Jésus que Jean a été décapité, qu’il a répandu son sang. Il a témoigné de la venue de Jésus qui est la voie, la vérité et la vie. Il nous faut demeurer ferme dans la foi pour « renforcer » en nous l’homme intérieur. Hérode n’a pas su faire la vérité en lui. Nous nous trouvons, nous aussi dans des ambiguïtés et des difficultés qui ont besoin d’être nommées, reconnues, pour que nous en soyons libérés. Les apôtres suivront le Maître dans son combat, dans sa passion, et dans sa résurrection. Nous témoignons nous aussi, dans la lumière de son amour.

Nous demandons la grâce de découvrir le visage de Jésus et de l’annoncer.

Père Gilbert Adam

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Jean Baptiste, martyr de la vérité

Il n'y a aucun doute que saint Jean Baptiste a subi la prison pour notre Rédempteur qu'il précédait par son témoignage, que c'est pour lui qu'il a donné sa vie. Car si son persécuteur ne lui a pas demandé de nier le Christ, mais de taire la vérité, c'est cependant pour le Christ qu'il est mort. Le Christ lui-même a dit en effet : « Je suis la vérité » (Jn 14,6). Puisque c'est pour la vérité qu'il a répandu son sang, c'est donc pour le Christ. En naissant, Jean avait témoigné que le Christ allait naître ; en prêchant, il avait témoigné que le Christ allait prêcher ; en baptisant, qu'il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi la souffrir...

Cet homme si grand est parvenu donc au terme de sa vie par l'effusion de son sang après une captivité longue et pénible. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d'une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l'obscurité d'un cachot, lui « qui était venu rendre témoignage à la lumière » (Jn 1,7)... Celui à qui il a été donné de baptiser le Rédempteur du monde, d'entendre la voix du Père s'adresser au Christ et de voir descendre sur lui la grâce du Saint Esprit est baptisé par son propre sang.

L'apôtre Paul l'a bien dit : « Il vous a été accordé par le Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui » (Ph 1,29). Et s'il dit que souffrir pour le Christ est un don de celui-ci à ses élus, c'est parce que comme il le dit ailleurs : « Il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui va se révéler en nous » (Rm 8,18).

 

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l'Église

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Évangile et Homélie du Jeudi 02 Fév 2017. Présentation du Seigneur au Temple.


Jeudi 02 février 2017

Présentation du Seigneur au Temple, fête

Saint(s) du jour : Ste Jeanne de Lestonnac, veuve et fond. (1556-1640), St Jean-Théophane Vénard, missionnaire m.e.p. et martyr



Livre de Malachie 3,1-4.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice. Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois.

Psaume 24(23),7.8.9.10.

Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ;
c'est lui, le roi de gloire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,22-40.

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’ Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’ Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,  demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.  Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.  Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

Homélie ou Méditation du jour

La fête que nous célébrons aujourd’hui,
dans laquelle s’inscrit celle de la Vie consacrée,
porte le beau nom de Présentation.
Ce terme, à lui seul, est si riche de sens
qu’il peut nous aider à guider notre prière et éclairer notre journée.

La première notation qui ressort de ce terme
est celle d’actualité.
Une présentation évoque par définition ce qui est actuel,
littéralement : le moment présent.
Ce qui est vécu, dit, engagé, accompli maintenant. Or, c’est bien d’aujourd’hui qu’il s’agit tout d’abord ici.
En ce jour, la plénitude des temps est arrivée.
Le jour de Dieu est annoncé.
Celui, non pas qui a été, dans le passé, ou qui sera, dans l’avenir, mais qui est, dans son éternel présent, est parmi nous. Le Christ Jésus : Il est là. Il demeure avec nous. Il est présent ! Il est pour toujours parmi nous : l’Éternel, le Vivant.Nous nous souvenons que nous avons la grâce insigne de pouvoir vivre chaque jour de notre vie, comme un aujourd’hui de Dieu.
Cet aujourd’hui où la vie éternelle nous est déjà donnée.
La vie éternelle, dit admirablement Jésus dans sa prière au Père,
c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu,
et ton envoyé, Jésus-Christ (Jn 17,3). Vivons donc déjà la joie de cet éternel présent du Seigneur
qui nous est donné par l’éternelle présence du Christ à nos côtés.


La deuxième notation contenue dans le terme de présentation
est celle d’offrande.
L’offrande apportée dans la gratuité.
C’est ainsi que nous faisons, comme nous disons, des «présents».
C’est-à-dire des dons apportés sans recherche de contrepartie,
comme autant de cadeaux gracieux.
Dans une sorte de générosité, sans calcul, par amour, bénévolement, avec le sourire, en libre abandon.
Allez apprendre ce que veut dire cette parole, nous dit Jésus :
C’est l’amour que je veux et non les sacrifices ! Nous voici tous invités à retrouver ce sens de l’offrande spontanée,
de la gratuité sans arrière-pensée.
Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu grâce pour grâce (Jn 1,16).
Comment ne pas en faire en retour le «présent»
au Dieu de toute grâce ?

La troisième notation contenue dans le terme de présentation est celle de manifestation, de révélation.
On était jusque-là inconnu ou absent. Et voilà qu’on est présenté ou que l’on se présente.
Quelque chose d’encore caché ou ignoré est ainsi révélé, mis en lumière, manifesté. Il est sûr que lorsque Jésus est présenté dans le Temple,
c’est bien de révélation et de manifestation qu’il s’agit.
Sous la poussée de l’Esprit, Syméon peut alors proclamer :
Mes yeux ont vu ton salut
que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël (Lc 2,30-32). Pour nous aussi, la fête de la Présentation
est la célébration de cette lumière venue dans le monde (Jn 1,5-7).
Nous manifestons, en silence mais clairement,
que nous voulons suivre Jésus-Christ. Et qu’au milieu de ce monde nous voulons briller,
selon la parole de Paul, comme des foyers de lumière
en lui présentant la parole de vie (Ph 2,15).

La dernière réalité sous-tendue dans ce terme de présentation
est celle de Rédemption.
Ce n’est peut-être pas la plus évidente, mais c’est la plus éclairante et la plus importante pour mettre en lumière le sens de cette fête. Nous savons en effet que nous ne pouvons
assurer par nous-mêmes notre salut.
L’homme ne peut acheter son rachat, note le psaume, ni payer à Dieu sa rançon .
Il est si coûteux le rachat de son âme (Ps 49,8).
Et c’est bien pour cela que le Christ notre Rédempteur
est venu en ce monde.
Sa présentation aujourd’hui, dans le Temple,
à laquelle il se soumet volontairement, par obéissance à la Loi
(voulant que tout garçon premier-né soit racheté par l’offrande d’au moins deux petites colombes), sa présentation donc annonce la grande Rédemption, le rachat du péché et de son salaire qui est la mort (Rm 6,23) par son sacrifice sur la croix. Nous voici tous invités, frères et sœurs,
à offrir nous aussi nos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu.
Et Paul nous précise : C’est là le culte spirituel que vous avez à rendre au Seigneur (Rm 12,1). Il nous est si bon de savoir que le Seigneur lui-même nous invitant à porter notre croix de chaque jour à sa suite (Lc 9,23), nous propose à tous, chrétiens, de participer en quelque sorte,
malgré notre faiblesse et notre indignité
à, sa grande œuvre de Rédemption !

Tu ne voulais ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as façonné un corps… Alors j’ai dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté ! (Ps 40,7-9 ; He 10,5-7). Puisque le Père nous accueille, comme Jésus, en cet aujourd’hui,
dans sa joie, sa lumière et sa paix,
puisse-t-il en retour, nous combler
de cette même paix, de cette même lumière et de cette même joie.

Père Philippe

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Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
1er sermon pour la Purification (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 272 rev.)

« Soudain viendra dans son temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3,1)

 

Aujourd'hui la Vierge Mère introduit le Seigneur du temple dans le temple du Seigneur. Joseph aussi y amène au Seigneur ce fils qui n'est pas le sien, mais le Fils bien-aimé en qui Dieu a mis toute sa faveur (Mt 3,17). Syméon, le juste, reconnaît celui qu'il attendait ; Anne, la veuve, le loue. Une première procession est célébrée en ce jour par ces quatre personnages, une procession qui, par la suite, allait être célébrée dans la joie par l'univers entier... Ne vous étonnez pas de ce que cette procession est si petite, puisqu'il est bien petit aussi celui que le temple reçoit. Mais en ce lieu, il n'y a pas de pécheur : tous sont justes, tous sont saints, tous sont parfaits.

Ne sauveras-tu que ceux-là, Seigneur ? Ton corps va grandir, ta tendresse elle aussi grandira... Je vois maintenant une seconde procession où des foules précèdent le Seigneur, où des foules le suivent ; ce n'est plus la Vierge qui la porte, mais un petit âne. Il ne dédaigne donc personne..., si du moins il ne leur manque pas ces vêtements des apôtres (Mt 21,7) : leur doctrine, leur mœurs, et la charité qui couvre une multitude de péchés (1P 4,8). Mais j'irai plus loin et je dirai qu'à nous aussi, il nous a réservé une place dans cette procession-là... David, roi et prophète, s'est réjoui de voir ce jour. « Il l'a vu et s'en est réjoui » (Jn 8,56) ; sinon aurait-il chanté : « Nous avons reçu ta miséricorde, ô Dieu, au milieu de ton temple » ? (Ps 47,8) David a reçu cette miséricorde du Seigneur, Syméon l'a reçue, et nous aussi nous l'avons reçue, comme tous ceux qui sont prédestinés à la vie, puisque « le Christ est le même hier, aujourd'hui et pour toujours » (He 13,8)...

Embrassons donc cette miséricorde que nous avons reçue au milieu du temple, et comme la bienheureuse Anne, ne nous en éloignons pas. Car « le temple de Dieu est saint, et ce temple, c'est vous » dit l'apôtre Paul (1Co 3,17). Elle est proche de vous cette miséricorde ; « elle est proche de vous, la parole de Dieu, dans votre bouche et dans votre cœur » (Rm 10,8). De fait, le Christ n'habite-t-il pas dans vos cœurs par la foi ? (Ep 3,17) Voilà son temple, voilà son trône... Oui, c'est dans le cœur que nous recevons la miséricorde, c'est dans le cœur qu'habite le Christ, c'est dans le cœur qu'il murmure des paroles de paix à son peuple, à ses saints, à tous ceux qui rentrent dans leur cœur.

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Evangile et homélie du Me 01 Fev 2017. D’où vient- Jesus ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée....et ces miracles ?

 

 

 


Mercredi 01 février 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour  : Bx Benedict Daswa, catéchiste et martyr (1946-1990)Bx Louis Variara, prêtre s.d.b. et fond. (1875-1923) 


 

Frères, vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché, et vous avez oublié cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils : ‘Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches. Quand le Seigneur aime quelqu'un, il lui donne de bonnes leçons ; il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.’ Ce que vous endurez est une leçon. Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ; et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ? Quand on vient de recevoir une leçon, on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse. Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon, celle-ci produit un fruit de paix et de justice. C’est pourquoi, redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent, et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux. Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ; bien plus, il sera guéri. Recherchez activement la paix avec tous, et la sainteté sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Soyez vigilants : que personne ne se dérobe à la grâce de Dieu, qu’il ne pousse chez vous aucune plante aux fruits amers, cela causerait du trouble, et beaucoup en seraient infectés.

Psaume 103(102),1-2.13-14.17-18a.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,  bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme,  n'oublie aucun de ses bienfaits ! Comme la tendresse du père pour ses fils,  la tendresse du Seigneur pour qui le craint ! Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière. Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,  est de toujours à toujours,  et sa justice pour les enfants de leurs enfants, pour ceux qui gardent son alliance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,1-6.

En ce temps-là,  Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés 


Homélie ou Méditation du jour

Écoutons un instant ce qui se dit aujourd'hui dans la synagogue de Nazareth ...

 « D’où ça vient ? À lui ? Tout cela ? Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ?  À lui ?    Et ces fameux miracles qui arrivent par ses mains ? Celui-là n’est-ce pas l’artisan, le fils de Marie... ? » (Mc 6, 1-3) En d'autres termes : Qu’un autre ait une telle sagesse et fasse de grands miracles, oui ! Mais Lui !    Lui, nous Le connaissons, nous savons bien qui Il est... Non, les habitants de    Nazareth n’y croient pas. Et Jésus s’étonne de leur manque de foi.

Cette histoire est d’hier, mais elle est aussi d’aujourd’hui : L’Église, cette Église que    nous connaissons bien, qu’elle ait une sagesse à offrir à notre temps ? Elle, l’Église ? Qu’en elle se produisent des miracles ? En elle, l’Église ? Cette question traverse l’Histoire : Que par un homme, que par une communauté puisse jaillir le don de    Dieu ? Dieu peut-il se révéler à travers une humanité ordinaire ? Dieu peut-il    passer par quelqu’un comme mon voisin dans cette assemblée que nous formons aujourd’hui ? Dieu Lui-même peut-il parler et agir à travers quelqu’un comme nous ? À cette question, le Seigneur nous répond aujourd’hui à travers la vie des saints.

Voilà une réponse à notre question : Oui, Dieu peut parler, Dieu peut se révéler, et    même se montrer à travers un homme bien ordinaire comme tous les saints. Toute    vie, même la plus ordinaire, même la plus blessée, peut devenir une théophanie.

Crois-tu Cela ? Je te dis que si tu crois, tu verras la Gloire de Dieu ! (cf Jn    11, 40) Tu la verras en toi et en tes frères et sœurs !

Père Philippe

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«D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains»

Aujourd'hui, l'Evangile nous montre de quelle façon Jésus arriva à la synagogue de Nazareth, l'endroit où il avait grandi. Le samedi est le jour du Seigneur et les juifs se rassemblent pour entendre la Parole de Dieu. Jésus se rend à la synagogue tous les samedis et là il enseigne, non comme le font les scribes ou les pharisiens mais comme quelqu'un qui a l'autorité de le faire (cf Mc 1,22).


De nos jours, Dieu nous parle également à travers l'écriture. A la Synagogue on lit les écritures, et ensuite l'un de ceux qui peuvent le faire, les commente en démontrant le sens et le message que Dieu veut transmettre à travers elles. On dit que Saint Augustin disait: «Par la prière nous parlons à Dieu; par la lecture, c'est Dieu qui nous parle».


Le fait que Jésus soit connu de ses concitoyens par son travail nous offre une perspective tout à fait insoupçonnée pour notre vie ordinaire. Le travail professionnel de chacun d'entre nous est un moyen de retrouver Dieu, et est donc une réalité sanctifiante et qui nous sanctifie. Par les paroles de Saint Josepmaría Escriva: «Votre vocation humaine est une partie, et une partie importante, de votre vocation divine.

C'est pourquoi vous devez vous sanctifier, en aidant en même temps à la sanctification des autres, vos égaux, en sanctifiant précisément votre travail et votre milieu: cette profession ou ce métier qui occupe vos journées, qui donne à votre personnalité humaine sa physionomie particulière, qui est votre manière d'être dans le monde, ce foyer, cette famille qui est la vôtre, ce pays où vous êtes nés et que vous aimez».

Le passage de l'évangile prend fin en disant que Jésus «ne pouvait accomplir aucun miracle (…) Il s'étonna de leur manque de foi». (Mc 6,5-6). Aujourd'hui aussi le Seigneur nous demande d'avoir plus de foi en Lui afin qu'il puisse réaliser des choses qui surpassent nos capacités humaines. Les miracles manifestent le pouvoir de Dieu ainsi que le besoin que nous avons de Lui dans nos vies au quotidien.

 

Abbé Miquel MASATS i Roca     (Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

 

Seigneur, je crois que tu es le Seigneur. Mais ma foi est faible. Donne-moi plus de foi ! Aide-moi à croire. Aide-moi à ne pas voir simplement avec mes yeux, mais à voir avec les yeux de la foi. Ainsi je pourrai découvrir qui tu es vraiment.

 

Demande

 

Une plus grande foi.

 

Points de réflexion

 

1. Nous voyons ici Jésus de retour chez lui, dans la région de Nazareth, où il a passé la plus grande partie de sa vie. Il connaissait bien l’endroit et tous ses habitants, et il était connu d’eux. Il serait donc normal que toutes ces personnes soient contentes de revoir Jésus, le féliciter pour ses miracles, pour son enseignement, qu’elles soient heureuses de passer un peu de temps avec lui. Et pourtant ce n’est pas ce qui se passe. Au contraire, l’Évangile dit qu’ils sont choqués, au point que Jésus prononce cette phrase terrible : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays ». En effet, Jésus sortait de l’ordinaire. Il était quelqu’un de spécial, avec un message différent de tous ceux qu’ils avaient entendu avant. Et Jésus ne trouve plus sa place parmi eux, leur incompréhension se transforme en rejet.

2. Les habitants de Nazareth avaient vécu beaucoup de temps avec Jésus. Mais quand il commence sa mission, ils ne l’acceptent plus. C’est un risque que les chrétiens, qui ont eu la chance de connaître Jésus depuis qu’ils sont petits ou depuis très longtemps, peuvent connaître. Si nous ne prenons pas garde, nous pouvons nous habituer à Jésus, le ranger dans une partie de notre vie, en espérant qu’il ne bouge pas de là où nous l’avons laissé. Nous pensons alors avoir la foi. Mais l’avons-nous vraiment ? Le jour où Jésus nous demande quelque chose de spécial, le jour où se présente devant nous un choix difficile dans lequel se joue notre adhésion à l’Évangile, avons-nous vraiment la foi ? Il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour avoir la foi. Il faut que Jésus puisse venir à tout moment dans notre vie et que nous soyons prêts à le suivre.

3. Quand nous témoignons de notre foi autour de nous, avec les personnes que nous connaissons le mieux, il peut arriver que certains ne nous comprennent pas, voire même que nous soyons rejetés. Mais il ne faut pas se décourager, Jésus a connu la même situation ! Il ne faut pas s’énerver, ni condamner ces personnes. Comme Jésus respecte la liberté des hommes, il nous faut les respecter et avoir beaucoup de patience. Pour celui qui a la foi, la prière et la patience peuvent accomplir des miracles.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je te connais peut-être depuis longtemps, et peut-être suis-je trop habitué à toi. Viens dans ma vie, Seigneur, dans toute ma vie. Que je ne te laisse pas dans un coin et que je t’oublie. Donne-moi la foi pour que tu puisses réaliser des miracles dans ma vie.

 

Résolution

 

Faire une prière pour que l’Esprit Saint réveille les chrétiens endormis.

 

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr



 

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.

Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? Jésus revient à Nazareth, dans le berceau de son enfance. Il est le fils de Marie, ses frères et ses sœurs, c’est à dire ses cousins, cousines, sa famille éloignée est là. Le jour du sabbat, il se rend à la synagogue. Nous pouvons imaginer la joie de Marie sa mère ! Ses compatriotes l’accueillent aussi avec une grande joie. Mais dès que Jésus se met à enseigner, leur étonnement se transforme en rejet. Ils sont « profondément choqués à cause de Lui. » Pour eux, Jésus n’est que le charpentier du village, le fils de Marie. Comment regarder Jésus qui vient dans notre quotidien. Le recevoir dans sa mission d’évangélisation dans notre vie n’est pas aisé ! Sa Parole change notre vie, elle actualise le Don de Dieu pour aujourd’hui. Si Jésus n’est pas reçu, Dieu est absent de notre quotidien, c’est comme avant. Là, « Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle. » Pour que Dieu puisse agir, il faut nous mettre à l’école de l’Esprit Saint, et grandir dans la foi. Si nous manquons de Foi, Jésus ne peut pas agir. L’œuvre de Dieu est proportionnée à notre foi ; Nous prions alors : « Je crois Seigneur, mais viens au secours de mon peu de Foi ! » Cette Parole est toujours très actuelle,

N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. A l’étonnement, au rejet des nazaréens, répond un autre étonnement, celui de Jésus devant leur manque de foi. Deux attitudes humaines étonnent Jésus, la foi sans faille du centurion, le manque de foi manifesté ici. Si nous défendons une vérité de foi qui va à l’encontre de l’opinion générale, nous rencontrons mépris et critique au sein de notre propre communauté. Regarder le passé comme immuable, alors que tout a changé autour de nous, nous établi dans une fausse sécurité. Des lors plus rien ne bougera, la mort sera installée. Nous entendons quelquefois : « Cela fait quinze ans que je vis avec cette personne, c’est toujours la même chose, rien ne peut bouger ! » Il nous faut grandir dans l’Esprit Saint qui fait toute chose nouvelle. Alors nous allons pouvoir nous émerveiller ! La parole de Dieu ouvre nos yeux pour la construction du Royaume de Dieu.

Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant. Dieu se sert souvent des personnes de notre entourage pour nous transmettre l’Evangile. Il nous est difficile d’accepter leur témoignage. Dieu nous parle par nos proches à des moments importants de notre vie, il nous faut l’accueillir. Lorsque nous écoutons un inconnu, « venu d’ailleurs, » nous annoncer une chose extraordinaire, même si ce qu’il dit ne repose pas sur un fondement réel, nous l’écoutons ! Les égarements de notre nature arrêtent l’action de Dieu. Nous trouvons nous aussi dans notre vie le doute et le manque de foi. Nos actions sont le fruit de nos pensées et non de l’Esprit Saint. Jésus nous donne son Esprit Saint pour ouvrir notre cœur. Aimés, choisis de Dieu, nous sommes comblés par Dieu qui veut que nous lui fassions une confiance infinie. Dans sa miséricorde infinie il nous donne les moyens de progresser dans notre vie pour hâter la venue du Règne. Mû par l’Esprit, nous sommes en constante progression, l’Esprit-Saint agit sans cesse au milieu de nous et à travers nous.

Nous demandons la grâce d’une grande foi pour nous laisser renouveler par la parole de Dieu.




Saint Athanase (295-373), évêque d'Alexandrie, docteur de l'Église Lettre à Épictète, 5-9 (trad. bréviaire, 1er janvier ; rev.)

« N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? »

Le Verbe, la Parole éternelle de Dieu, « a pris en charge la descendance d'Abraham ; c'est pourquoi il devait se faire en tous points semblable à ses frères » (He 2,16-17) et prendre un corps pareil au nôtre. C'est pourquoi Marie est vraiment nécessaire pour qu'il prenne ce corps en elle et l'offre en notre faveur comme étant le sien... Gabriel le lui avait annoncé en termes soigneusement choisis. Il n'a pas dit, de façon banale : « Celui qui va naître en toi »... ; il a dit : « Celui qui va naître de toi »...


Tout cela s'est fait ainsi pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l'offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature divine, ce qui permet à Saint Paul de dire : « Il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable, que ce qui est mortel revête l'immortalité » (1Co 15,53). Cela ne s'est pas fait de façon simulée comme certains hérétiques l'ont imaginé : jamais de la vie ! Le Sauveur est devenu vraiment homme, et le salut de l'homme tout entier est venu de là... Notre salut n'est pas une apparence, il n'est pas pour le corps seul, mais pour l'homme tout entier, âme et corps, et ce salut est venu du Verbe lui-même. 


Ce qui est venu de Marie était donc humain par nature, selon les Écritures, et le corps du Seigneur était un vrai corps ; oui, un vrai corps, puisqu'il était identique au nôtre, car Marie est notre sœur, puisque nous descendons tous d'Adam.

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Évangile et homélie du Lundi 30 Janv 2017. Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! »

 


Lundi 30 janvier 2017

Nous sommes à la 4e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Mutien-Marie (Louis Joseph) Wiaux, f.e.c. († 1917), Bse Maria Bolognesi, laïque et mystique (1924-1980)


Lettre aux Hébreux 11,32-40.

Frères, sur la puissance de la foi, que dire encore ? Le temps me manquerait pour rappeler l’histoire de Gédéon, Barak, Samson, Jephté, David, Samuel et les prophètes. Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères. Des femmes dont les enfants étaient morts les ont retrouvés ressuscités. Mais certains autres ont été torturés et n’ont pas accepté la libération qui leur était proposée, car ils voulaient obtenir une meilleure résurrection. D’autres ont subi l’épreuve des moqueries et des coups de fouet, des chaînes et de la prison. Ils furent lapidés, sciés en deux, massacrés à coups d’épée. Ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres, manquant de tout, harcelés et maltraités – mais en fait, c’est le monde qui n’était pas digne d’eux ! Ils menaient une vie errante dans les déserts et les montagnes, dans les grottes et les cavernes de la terre. Et, bien que, par leur foi, ils aient tous reçu le témoignage de Dieu, ils n’ont pas obtenu la réalisation de la promesse. En effet, pour nous Dieu avait prévu mieux encore, et il ne voulait pas les mener sans nous à la perfection.

Psaume 31(30),20.21.22.23.24.

Qu'ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.

Béni soit le Seigneur :
son amour a fait pour moi des merveilles !

Et moi, dans mon trouble, je disais :
« Je ne suis plus devant tes yeux. »
Pourtant, tu écoutais ma prière
quand je criais vers toi.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,1-20.

En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

 


 


 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés

 


 

Homélie ou Méditation du jour

 

L’épisode du démoniaque Gérasénien nous concerne tous. Même si nous ne sommes pas « possédés » au sens fort du terme, ne sommes-nous pas dans l’incapacité d’accomplir le bien auquel nous aspirons ? Or c’est précisément au creux de cette prise de conscience que la Bonne Nouvelle apparaît dans toute sa puissance libératrice : Jésus délivre ce malheureux par la seule autorité de sa Parole souveraine ; l’homme retrouve instantanément ses esprits et adopte un comportement normal, unifié dans la recherche du Bien qu’il reconnaît en Jésus. Quant aux démons - aux nombreux démons puisqu’ils sont légion ! - ils sont définitivement rayés de la carte. Le message est clair : lorsqu’au matin de Pâques, Notre-Seigneur surgit vainqueur des grandes eaux de la mort, il brise définitivement le joug qui pesait sur nos épaules ; le Verbe de Dieu est descendu dans notre mort pour nous donner part à sa vie, et renvoyer dans l’abîme celui qui nous avait asservi à la mort.

 

Averti de la libération du possédé et de l’aventure des porcs précipités dans la mer, l’entourage s’inquiète : en séparant aussi radicalement le pur de l’impur, Jésus met fin au compromis entre le bien et le mal auquel l’humanité avait consenti depuis le péché des origines. Mais l’exigence de cet ordre nouveau que le Seigneur vient instaurer, effraye les concitoyens de l’ex-possédé, comme chacun de nous. La suite du récit va nous démontrer que ces appréhensions ne sont pas fondées, mais constituent une ultime tentative de l’Ennemi cherchant à nous détourner du Sauveur. En effet, lorsque l’homme guéri exprime le désir de rester avec celui qui l’a délivré, Jésus ne le lui permet pas : « Rentre chez toi, auprès des tiens » ; le Seigneur n’est pas venu pour s’approprier ceux qu’il délivre d’un plus fort ; il restaure l’homme dans sa liberté, lui donne à nouveau accès à son intériorité profonde ; le rétablit sur sa terre d’humanité, le rend à la vie familiale et sociale.

 

« Annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde » : sauvés de nos compromissions aliénantes avec le mal, réconciliés avec notre intériorité profonde, nous n’avons pas besoin d’être physiquement avec le Seigneur pour être son apôtre. Si nous faisons silence dans la prière, nous découvrirons sa présence au fond de nos cœurs à nouveau illuminés par la grâce, et nous pourrons nous aussi témoigner devant les hommes de « tout ce qu’il a fait pour nous dans sa miséricorde ».

 

Comment se fait-il Seigneur que tu nous aies libérés et que pourtant nous ployons encore sous le joug de l’ennemi ? Serait-ce donc que nous t’empêchons de déployer ta victoire dans nos vies ? Comme le malheureux de l’Evangile, nous courrons au-devant de toi pour recevoir la délivrance, et en même temps, nous craignons que ton intervention nous fasse souffrir davantage. Guéris nous Seigneur de ce manque de confiance en toi et donne-nous de croire qu’il te suffit de dire une seule parole pour que nous soyons sauvés. Nous pourrons alors assurer ce témoignage de proximité que tu nous confies, et annoncer à nos proches tout ce que tu as fait pour nous dans ta miséricorde.

 

 

Père Philippe

 

 

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Esprit mauvais, sors de cet homme!»

Aujourd'hui, nous découvrons un passage de l'Évangile qui en fera sourire plus d'un. S'imaginer environ deux mille porcs se précipitant au bas de la montagne a quelque chose de comique. Mais les porchers, eux, ne goûtèrent pas l'humour de la situation, ils se fâchèrent beaucoup et demandèrent à Jésus de quitter leur territoire.

Même si, humainement parlant, elle peut paraître logique, cette attitude n'en demeure pas moins franchement condamnable: ils préféraient conserver leurs cochons plutôt que de voir le possédé guéri. Plutôt les biens matériels, qui nous apportent argent et bien-être, que la vie digne d'un homme qui n'est pas "des nôtres". Car celui qui était possédé par un esprit mauvais «sans arrêt, nuit et jour, était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres» (Mc 5,5).

Nous courrons aussi bien souvent le danger de nous attacher à ce qui est à nous, et de désespérer quand nous le perdons. Par exemple, le paysan se désespère quand il perd sa récolte, même si elle est assurée, et le spéculateur en bourse quand ses actions perdent une partie de leur valeur. Très peu, en revanche, perdent l'espérance lorsqu'ils voient la faim et la situation précaire de tant d'êtres humains, dont certains vivent à deux pas de chez eux.

Jésus accorda toujours la première place aux personnes, même avant les lois et les puissants de son temps. Mais nous, trop souvent, ne pensons qu'à nous et à ce qui, croyons-nous, nous rend heureux, alors même que l'égoïsme n'apporte jamais le bonheur. Comme disait l'évêque brésilien Helder Camara, «l'égoïsme est la source infaillible du malheur pour soi-même et pour ceux qui nous entourent».

 

Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile


 


Prière d'introduction

« Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Rom 10, 13). Seigneur, tu es notre sauveur, viens nous sauver !

Demande

Seigneur, que ta grâce m'accompagne, pour que je sois auprès des miens, témoin de ta miséricorde.

Points de réflexion

1. « Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d'une voix forte : "Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas !’’ » (Mc 5, 6-7).
L'autorité de Jésus est illimitée. Elle s'exerce sur tout l'univers. Il commande au soleil (Cf. Job 9, 7) ; à la lumière et aux étoiles : « lui qui envoie la lumière, et elle part, qui la rappelle, et elle obéit en tremblant » (Baruch 3, 53) ; à tous les éléments : « Ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ? » (Mc 4, 41) ; à tous les êtres vivants ou angéliques y compris aux esprits du mal : « Tous furent saisis de stupéfaction : "Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent !" » (Mc 1, 27). Vraiment, comme le dit saint Paul aux Philippiens, « Dieu lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre ».

2. Ce démoniaque que saint Luc nous présente comme n'ayant pas mis de vêtements depuis un temps considérable (Cf. Lc 8, 27), voilà que nous le voyons après sa guérison « assis, vêtu et dans son bon sens » (Mc 5, 17). Jésus accomplit un miracle extraordinaire que seule sa divinité lui permet de faire, il expulse une légion de démons. Mais il y ajoute un geste tout simple, plein de délicatesse et de charité. Il couvre l'homme d'un manteau, quel manteau pouvait-il y avoir à la ronde sinon celui de Jésus lui-même ? C'est un geste de miséricorde à l'égard d'un homme exclu, dont nous pouvons imiter la profondeur et la simplicité.

3. « Envoie-nous vers les porcs que nous y entrions » (Mc 5, 12).
Sommes-nous prêts pour notre salut ou le salut d'un homme à sacrifier richesse, troupeau de porcs, recette financière, biens personnels, etc. Avons-nous bien conscience que les plus belles richesses sont celles, éternelles, que nous amassons pour le ciel ? « Faites-vous des bourses qui ne s'usent point, un trésor inépuisable dans les cieux » (Lc 12, 33). Sainte Thérèse de Lisieux nous l'a bien enseigné : un tout petit acte de charité, de foi ou d'espérance, réalisé avec beaucoup d'amour, nous prépare de grandes récompenses au ciel !

Dialogue avec le Christ

Seigneur, en lisant ce qui précède et suit ce passage, je vois que tu es allé sur la rive du lac, du côté des Géraséniens, au prix d'une violente tempête, uniquement pour sauver le démoniaque. Car, sitôt celui-ci guéri et empli de joie par sa nouvelle mission, tu montes dans la barque et reviens vers l'autre rive. Tu veux nous montrer que chacun est unique à tes yeux, tu viens à notre rencontre où que nous soyons et quelque pitoyable que soit l'état dans lequel nous sommes. Non seulement, tu nous sauves, mais tu étends sur nous ton manteau pour nous racheter, comme le fit Booz pour Ruth (livre de Ruth 3, 9). Bénis sois-tu, Seigneur, pour ton amour qui sauve et qui relève !

Résolution

Je prendrai aujourd'hui un moment pour réfléchir et me souvenir de « tout ce que le Seigneur a fait pour moi dans sa miséricorde » (Mc 5, 19). Je finirai par une prière de remerciements, par exemple un psaume d'action de grâces.

Patricia Freisz

http://www.regnumchristi.fr



« Le possédé suppliait Jésus de pouvoir être avec lui... Mais il lui dit : ' Rentre auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi ' »

      Nous sommes appelés à aimer le monde. Et Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a donné Jésus (Jn 3,16). Aujourd'hui, il aime tellement le monde qu'il nous donne au monde, toi et moi, pour que nous soyons son amour, sa compassion et sa présence par une vie de prière, de sacrifices, d'abandon. La réponse que Dieu attend de toi est que tu deviennes contemplatif, que tu sois contemplatif.

      Prenons Jésus au mot, et soyons des contemplatifs au cœur du monde car, si nous avons la foi, nous sommes en sa présence perpétuelle. Par la contemplation, l'âme puise directement dans le cœur de Dieu les grâces que la vie active a la charge de distribuer. Nos existences doivent être liées au Christ vivant qui est en nous. Si nous ne vivons pas en présence de Dieu, nous ne pouvons pas persévérer.

      Qu'est-ce-que la contemplation ? Vivre la vie de Jésus. C'est ainsi que je la comprends. Aimer Jésus, vivre sa vie au sein de la nôtre, vivre la nôtre au sein de la sienne... La contemplation ne revient pas à s'enfermer dans un cabinet obscur, mais à permettre à Jésus de vivre sa Passion, son amour, son humilité en nous, de prier avec nous, d'être avec nous, et de sanctifier à travers nous. Notre vie et notre contemplation sont une. Ce n'est pas là une question de faire mais d'être. Il s'agit en fait de la pleine jouissance de notre esprit par l'Esprit Saint qui insuffle en nous la plénitude de Dieu et nous envoie dans toute la création comme son message personnel d'amour (Mc 16,15).

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p.26)

http://levangileauquotidien.org



 

 


© Secrétariat Chorale-CSFA 2016

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 csfachorale@gmail.com

 


 

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Évangile et homélie du Dim 29Janv 2017. Les Béatitudes: Heureux les...

 


Dimanche 29 janvier 2017

Nous sommes au 4ème dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Aphraate le Perse, anachorète († v. 378)


Livre de Sophonie 2,3.3,12-13.

Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité : peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du Seigneur. Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer.

Psaume 146(145),7.8.9ab.10b.

Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger,
il soutient la veuve et l'orphelin.
Le Seigneur est ton Dieu pour toujours !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,26-31.

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : ‘Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.’

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés


Homélie ou Méditation du jour

 

 

Sans la rédemption, sans le Christ, il resterait dans le cœur de tout homme, un fond de tristesse et d’angoisse, un sentiment plus ou moins clair d’un bonheur gâché par le péché d'Adam. Jésus sauve le bonheur, Jésus nous invite, par pure miséricorde, au bonheur même de Dieu.  Devant Dieu qui proposait sa propre richesse, son Royaume, l’homme a dit : « je préfère ma richesse terrestre ». Or tout, même la plus grande richesse en est devenu entaché de tristesse.

 

Que répond le Seigneur ? « Heureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux » Heureux, ceux qui ne cherchent pas un bonheur illusoire dans les richesses du monde, car ils sont ouverts pour recevoir la vraie richesse qui vient d’en haut. «Heureux ceux qui pleurent», car ils ont soif d’une joie que le monde de toutes façons ne pouvait pas leur donner.

 

«Heureux les purs, les pacifiques», car ils apprennent à avoir soif de Dieu, à désirer le bonheur de Dieu, le bonheur d’aimer comme Dieu.  Toute notre vie chrétienne est là : laisser le bonheur de Dieu nous attirer, nous changer. Contre la fausse satisfaction de se venger par exemple, se laisser séduire par la joie du Christ qui pardonne. «Heureux les doux !»  Contre la tyrannie des désirs qui nous encombrent, laisser le Christ nous simplifier, nous recentrer sur l’amour. « Heureux les pauvres »

 

 

Relisons les Béatitudes : Elles sont le portrait du Christ lui-même. Car, tous, nous sommes voués  à être heureux de la joie du Christ, sa joie d’aimer. En dehors de cela, qui nous apprendra le bonheur ?

 

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org



 

 

 

«Heureux les pauvres de cœur…»

 

 

Aujourd'hui, nous lisons un Évangile très connu de nous tous, mais qui est toujours très étonnant. Avec ce fragment des béatitudes Jésus nous offre un modèle de vie à suivre, des valeurs morales qui d'après Lui sont celles dont nous avons besoin pour être vraiment heureux.

Le bonheur est, certainement, l'objectif que nous cherchons tous dans la vie. Et si nous demandions aux gens comment ils cherchent le bonheur, ou bien où est-ce qu'ils cherchent leur propre bonheur, nous aurions des réponses très diverses. Les uns nous diraient dans une vie de famille bien enracinée, d'autres dans la santé et le travail, d'autres dans l'amitié et la détente…, et ceux qui sont très influencés par notre société consommatrice nous diraient en ayant de l'argent, afin d'acheter le plus de choses possibles et surtout de monter au plus haut des échelons de la société.

Ces béatitudes que Jésus nous propose ne sont pas précisément celles que nous offre le monde d'aujourd'hui. Le Seigneur nous dit que seront "bienheureux" les pauvres d'esprit, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, ceux qui recherchent la paix, ceux qui sont persécutés par la justice… (cf. Mt 5,3-11).

Ce message du Seigneur est adressé à ceux qui veulent vivre des actions de détachement, d'humilité, de soif de justice, de préoccupation ou d'intérêt vis-à-vis des problèmes du prochain et qui laissent le reste au second plan. Comme nous pouvons faire le bien en priant, ou en pratiquant une rectification fraternelle, quand nous sommes critiqués parce que nous croyons en Dieu et parce que nous appartenons à l'Église! Jésus nous le dit clairement dans sa dernière béatitude: «Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi» (Mt 5,11).

Saint Basile nous dit que «ainsi il ne faut porter envie, ni au riche pour ses richesses, ni à l'homme puissant pour l'étendue de son autorité, ni aux personnes robustes pour la bonne constitution de leur corps (...). Ces avantages, qui sont des instruments de la vertu quand on en use comme il faut, ne font pas par eux-mêmes le bonheur».

 

Abbé Pablo CASAS Aljama (Sevilla, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Jésus, je me mets à ton école en ce jour. Je viens pour écouter tes paroles et pour contempler ta vie.

Demande

Donne-moi d’entrer avec foi dans ce chemin spirituel que tu me proposes : les Béatitudes.

Points de réflexion

1. Les Béatitudes dans l’Évangile selon saint Matthieu sont un véritable programme de vie pour tous ! En effet, Jésus s’adresse aux foules, alors qu’il est sur la montagne. Lieu d’élévation, la montagne évoque la montée intérieure à laquelle Jésus nous invite. En effet, les attitudes que Jésus évoque sont toutes d’ordre spirituel : les pauvres de cœur, ceux qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les miséricordieux, les cœurs purs et les artisans de paix. Jésus commence par appeler « heureux » ceux et celles qui vivent ainsi. Ce programme nous est donc donné pour notre bonheur et non pour nous rendre la tâche plus difficile ! Jésus ne donne aucune formule magique pour ne plus éprouver le mal et la souffrance, mais il nous encourage à tenir bon et à rester fermes dans l’espérance que toutes les épreuves, même les plus dures comme la persécution, seront vaincues.

2. Par ailleurs, Jésus lui-même a parfaitement incarné chacune des béatitudes auxquelles il nous invite. Pauvre de cœur, il l’a été en usant des richesses matérielles en vue du Royaume et non pour s’enrichir égoïstement. Jésus, lui aussi, a pleuré, nous rapporte l’évangéliste Luc (cf. Lc 19, 41), en constatant que Jérusalem n’accueille pas le salut que Dieu lui envoie. Jésus est doux et humble de cœur. À une autre occasion, il avait d’ailleurs invité ses disciples à l’imiter en cela : « Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes », disait-il (Mt 11, 29). En prenant la défense des petits et des faibles, Jésus n’a-t-il pas témoigné de sa faim et de sa soif de justice ?

3. Plus encore, Jésus est l’homme miséricordieux par excellence : il est porteur du message de miséricorde de la part du Père pour tous les hommes, mais il est aussi celui en qui brille cette miséricorde, puisqu’il a pris sur lui nos péchés et toutes leurs conséquences pour que nous en soyons libérés et guéris. Jésus avait un cœur pur, c’est-à-dire, selon la Bible, un cœur qui ne dévie pas de Dieu pour adorer des idoles quelles qu’elles soient. Son amour envers le Père est indéfectible, comme il en témoigne du début à la fin de sa vie terrestre. Israël savait que le messie, lorsqu’il viendrait, apporterait la paix qu’on appelle « paix messianique ». Jésus est par excellence l’artisan de la paix. Une paix, sans doute différente de celle que s’imagine le monde (cf. Jn 14, 27), mais une paix de l’âme si profonde qu’elle répond à toutes les aspirations humaines. Pour finir, Jésus évoque la persécution qu’il a vécue en sa propre chair et en son propre esprit. Elle l’a conduit jusqu’à la mort sur la croix. Jésus sait bien que ses disciples ne sont pas exempts de la persécution. La fidélité dans l’amour va jusque-là : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

Dialogue avec le Christ

Jésus, toi qui as incarné au plus haut point les Béatitudes, accompagne-moi dans celles que je rencontre sur ma route. Seul, je ne peux rien, mais avec toi, j’ai confiance. Avec toi, je sais que je traverserai toutes les épreuves. Jésus, apprends-moi à mettre ma foi et mon espérance dans le bonheur que toi seul peut donner.

Résolution

Aujourd’hui, je choisirai l’une des béatitudes et je chercherai l’occasion de la vivre concrètement.

Emanuelle Pastore, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr


 


 

 Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux."

Jésus n’encourage ni la misère, ni le drame de ceux qui meurent de faim ! Le mot de « pauvre » a une longue histoire dans la Parole. Dans les textes les plus anciens, le pauvre est l’homme courbé, abaissé, opprimé, incapable de résister et de tenir tête aux puissants. C’était sur son humiliation que l’accent était mis. Très vite la coloration de ce mot de pauvre est devenue religieuse, alors que les oppresseurs apparaissaient comme des orgueilleux et des impies. Le pauvre fera figure d’homme paisible, qui met sa confiance en Dieu et attend de lui son secours. La première béatitude de Jésus s’adresse à tous ceux qui ont un cœur assez pauvre pour se retrouver petits devant Dieu. Ils ont les mains ouvertes pour recevoir de lui seul la force de l’espérance. La joie de Jésus transpire sur les visages de ses disciples : « Heureux, » c’est d’abord de la joie de Jésus dont il s’agit ! Les Béatitudes sont la carte d’identité de Jésus. Nous pourrions les décliner en manifestant combien Jésus est le « pauvre ! » "Le fils de l’homme n’a pas ou reposer sa tête." « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ! » Le « pauvre » d’assise est devenu dans le Christ comme le symbole de Dame Pauvreté ! Nous jugeons sur les signes extérieurs de richesse ou de pauvreté bien trompeurs. Dieu, lui regarde le cœur, car on peut être riche avec un cœur de pauvre, et pauvre avec un cœur de riche. La pauvreté matérielle peut nous prédisposer à la pauvreté du cœur.

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Dieu aime toute personne comme elle est. Jésus n’a pas dit : « Heureux » les incapables, ceux qui ont peur de vivre, mais heureux les doux. Heureux ceux qui refusent la volonté de puissance et qui acceptent de combattre sans abuser de leurs forces. Heureux ceux qui laissent toujours aux autres un espace pour être libres et pour se dépasser. Nous pourrions faire une lecture de toutes ces Béatitudes en les appliquant aux membres du Corps du Christ. Nous trouverions alors autant de visages significatifs de chacune des béatitudes. Il y a tellement de visages qui pourraient ainsi défiler sous nos yeux ! Dieu a une tendresse spéciale pour ceux qui sont attentifs aux autres. Une mère garde des trésors de patience et de compréhension pour tous ses enfants. Celui qui est le plus fragile et le plus démuni a toute son attention. Il n’y a que de l’attention pour ses enfants dans le cœur de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux. C’est la douceur même de Jésus qui lui fait dire : « Chargez-vous de mon joug, et mettez-vous à mon école. » La fraîcheur de l’Evangile nous est donnée dans la suite de Jésus. Elle nous emmène dans un réalisme nourrit de vérité intérieure et d’accueil filial de l’œuvre de Dieu. Elle est faite de miséricorde inlassable envers le monde. C’est sous le signe de l’innocence que nous pouvons la vivre. Cet accueil nous oblige à une grâce de conversion. « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, » dans la persécution, relève de bien plus que de l’héroïsme ! La Tradition a illustré très fortement le lien qui unissait Jésus portant sa Croix glorieuse et le disciple, à la suite de Jésus, qui porte lui aussi sa croix qui doit devenir « glorieuse. » Paul dira : « Je ne veux plus voir que Jésus et Jésus crucifié, le monde est un crucifié pour moi et je suis un crucifié pour le monde » ! C’était vraiment la joie de Paul, et elle était si profonde !

Nous demandons la grâce de contempler Jésus dans les Béatitudes.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org


 


 

 « Le Royaume des cieux est à eux »

« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! » Oui, heureux ceux qui rejettent les fardeaux sans valeur, mais bien pesants, de ce monde ; ceux qui ne veulent plus devenir riches, si ce n'est en possédant le Créateur du monde, et lui seul, pour lui-même ; ceux qui sont comme des gens qui n'ont rien mais qui par lui possèdent tout (2 Co 6,10). Est-ce qu'ils ne possèdent pas tout, ceux qui possèdent celui qui contient tout et dispose tout, ceux dont Dieu est « la part et l'héritage » ? (Nb 18,20) « Rien ne manque à ceux qui le craignent » (Ps 33,10). Dieu leur donne tout ce qu'il sait leur être nécessaire ; il se donnera lui-même à eux un jour, pour qu'ils soient dans la joie... Glorifions-nous donc, mes frères, d'être pauvres pour le Christ, et efforçons-nous d'être humbles avec le Christ. Il n'y a rien de plus détestable qu'un pauvre orgueilleux et rien de plus misérable...

« Le Royaume de Dieu n'est pas nourriture et boisson, mais justice, paix et joie dans l'Esprit Saint » (Rm 14,17). Si nous sentons que nous avons tout cela en nous, pourquoi ne pas proclamer avec assurance que le Royaume de Dieu est au-dedans de nous ? (Lc 17,21) Or ce qui est en nous est véritablement à nous ; personne ne peut nous l'arracher. C'est pourquoi, quand il proclame le bonheur des pauvres, le Seigneur a raison de dire, non pas : « Le Royaume des cieux sera à eux », mais « est à eux ». Il l'est non seulement à cause d'un droit fermement établi, mais aussi à cause d'un gage absolument sûr, une expérience déjà du bonheur parfait. Non seulement parce que le Royaume est préparé pour eux depuis le début du monde (Mt 25,34), mais aussi parce qu'ils ont déjà commencé à entrer en sa possession. Ils possèdent déjà le trésor céleste dans des vases d'argile (2 Co 4,7) ; ils portent déjà Dieu dans leur corps et dans leur cœur.

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
http://levangileauquotidien.org



 

 

 

 


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