Evangile et Homélie du Jeudi 03 Mars 2017. Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix []

 


Jeudi 02 mars 2017

Le jeudi après les Cendres

Saint(s) du jour : Ste Agnès de Bohème, princesse et clarisse (1211-1282), Ste Ángela de la Cruz, religieuse (1846-1932)



Livre du Deutéronome 30,15-20.

Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »

Psaume 1,1-2.3.4.6.

Heureux est l'homme
qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu'il entreprend réussira.
Tel n'est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,22-25.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour



Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous rappelle le terme de notre marche de Carême : ressusciter en lui. Tout mouvement reçoit son dynamisme de la finalité vers laquelle il tend. Le Carême est un temps de conversion qui nous prépare à vivre la joie de Pâques en nous tournant vers Celui qui nous a promis de ressusciter avec lui au dernier jour. Cette Promesse est une promesse de vie et choisir de s’orienter vers elle, c’est choisir la vie : « Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c'est là que se trouve la vie. » (Dt 30, 19-20)

Nous rappeler cela est primordial en ce début de Carême, peut-être pour nous éviter de faire des moyens de conversion que le Seigneur nous propose des fins en soi. Je veux parler de l’aumône, du jeûne et de la prière. Aimer le Seigneur notre Dieu, écouter sa voix, nous attacher à lui… N’avons-nous pas ici un beau résumé du sens à donner à notre Carême ? Nous rapprocher toujours plus de Dieu pour recevoir, au cœur d’une communion d’amour toujours plus étroite avec lui, la vie éternelle et le salut. L’évangile nous rappelle qu’au fond, c’est bien là l’enjeu du Carême – comme de toute démarche de conversion : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. » (Lc 9, 24)

Le chemin ouvert devant nous est donc bien tracé. Il s’agit de reconnaître que l’on ne peut se donner le salut et que l’on a besoin du Tout Autre pour être sauvé. Voilà peut-être ce que signifie renoncer à soi-même : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même… » et Jésus ajoute : « qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive » (Lc 9, 23)

Renoncer à soi-même et accepter de recevoir de Dieu est crucifiant car précisément cela crucifie en nous le péché qui nous renferme sur nous-mêmes en nous détournant de Dieu. Ce péché, Jésus l’a porté pour nous dans sa Passion et il nous en a délivré lorsqu’il accepta librement de remettre sa vie entre les mains de son Père pour la recevoir à nouveau de Lui au matin de Pâques. La perspective de cette mort à nous-mêmes, telle qu’elle nous est présentée par Jésus, ne doit donc pas nous décourager. Jésus a vaincu définitivement la mort. En ressuscitant, il lui a donné un sens nouveau. Désormais, il existe une nouvelle manière de mourir qui est participation au mystère pascal du Christ et qui conduit à la vie. C’est ainsi que chacune de nos morts à nous-mêmes, vécue dans un abandon libre et aimant entre les mains de notre Père du ciel, nous ouvrira à la vie.

Seigneur, en ce début de Carême, viens fortifier notre liberté pour que nous puissions nous engager délibérément à ta suite sur ce chemin qui passe par la mort à tous nos repliements sur nous-mêmes pour nous conduire à la vie éternelle.

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Regarde le Christ Pauvre

C'est au Christ pauvre que tu dois rester attachée. Vois comme il s'est rendu, pour toi, objet de mépris, et suis-le en te faisant, toi aussi, par amour pour lui, objet de mépris pour le monde. Ton époux, le plus beau des enfants des hommes (Cf. Ps 44(45), 3a), qui est devenu, pour te sauver, le dernier des humains, méprisé, frappé, tout le corps déchiré à coups de fouets, mourant enfin sur la croix dans les pires douleurs : regarde-le, médite-le, contemple-le et n'aie d'autre désir que de l'imiter !

Si tu souffres avec lui, tu régneras avec lui ; si tu pleures avec lui, tu partageras sa joie ; si tu meurs avec lui au milieu des tortures de la croix, tu iras prendre possession des demeures célestes dans la splendeur des saints, ton nom sera inscrit au livre de vie et deviendra glorieux parmi les hommes, tu participeras pour toujours et dans l'éternité à la gloire du royaume des cieux pour avoir abandonné des biens terrestres et éphémères, et tu vivras dans les siècles des siècles.


Sainte Claire (1193-1252), moniale franciscaine

 

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Evangile et Homélie du Mars 01 Mars 2017. Mercredi des Cendres

 


Mercredi 01 mars 2017

Le mercredi des Cendres

Saint(s) du jour : St Aubin, évêque d'Angers († 549)


 

Lectures de la messe

Première lecture

« Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Jl 2, 12-18)

Lecture du livre du prophète Joël

Maintenant – oracle du Seigneur –
revenez à moi de tout votre cœur,
dans le jeûne, les larmes et le deuil !
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements,
et revenez au Seigneur votre Dieu,
car il est tendre et miséricordieux,
lent à la colère et plein d’amour,
renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir,
il pourrait renoncer au châtiment,
et laisser derrière lui sa bénédiction :
alors, vous pourrez présenter offrandes et libations
au Seigneur votre Dieu.
Sonnez du cor dans Sion :
prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle,
réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte,
rassemblez les anciens,
réunissez petits enfants et nourrissons !
Que le jeune époux sorte de sa maison,
que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l’autel,
les prêtres, serviteurs du Seigneur,
iront pleurer et diront :
« Pitié, Seigneur, pour ton peuple,
n’expose pas ceux qui t’appartiennent
à l’insulte et aux moqueries des païens !
Faudra-t-il qu’on dise :
“Où donc est leur Dieu ?” »


Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays,
il a eu pitié de son peuple.


– Parole du Seigneur.

Psaume

(50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17)

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché ! (cf. 50, 3)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.


Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.


Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.


Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Deuxième lecture

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Voici maintenant le moment favorable » (2 Co 5, 20 – 6, 2)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.
Car il dit dans l’Écriture :
Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.

Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.


– Parole du Seigneur.

Évangile

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 1-6.16-18)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

(cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.


Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.


Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes
quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.


Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

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Dans l’Evangile, Jésus dénonce notre hypocrisie spirituelle, notre duplicité, l’habileté avec laquelle nous parvenons à récupérer à notre profit les œuvres soi-disant accomplies pour Dieu. Notre-Seigneur ne récuse pas les trois expressions traditionnelles de pénitence : la prière, l’aumône et le jeûne ; s’il en dénonce les contrefaçons, c’est bien pour que nous puissions les pratiquer dans la rectitude intentionnelle qui convient. Mais la triple présentation que le Seigneur nous en fait, est à chaque fois un appel à passer de la recherche de la vaine gloire dans des actions extérieures, à une adoration gratuite et désintéressée dans le secret de notre cœur ; de la dispersion superficielle, à l’intégration en profondeur ; de la simulation dans des relations fausses et stériles, au dialogue personnel avec « ton Père, qui est présent dans le secret ».

 

Voilà le but de l’ascèse chrétienne que nous vivrons d’une manière plus intense durant ces quarante jours : entrer dans une relation filiale toujours plus authentique avec le Père de Jésus-Christ notre Seigneur qui habite nos cœurs depuis le jour de notre baptême et nous y attend patiemment pour nous serrer dans ses bras et « nous combler de ses bienfaits » (1ère lect.).

 

Accorde-nous Seigneur de savoir entrer généreusement dans ce temps de discernement et de combat spirituel. Tu es le Dieu de la vie et tu veux nous donner pleinement part à la vie de ton Fils ressuscité. Dénonce nos œuvres de péché, nos complicités avec l’esprit de ténèbres pour que nous puissions en être délivrés, lavés, purifiés par le Sang de l’Agneau. Renonçant alors à la mort, nous pourrons pleinement choisir la vie que tu nous offres en Jésus ressuscité, et d’un cœur purifié, soutenu par ton Esprit, nous chanterons à pleine voix, la joie d’être sauvés (Ps 50).

 

 

Père Philippe

 

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Le pape François lors de la messe des Cendres, mercredi 18 février 2015 à Rome.

«Évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer»

Aujourd'hui nous commençons notre itinéraire vers Pâques, et l'Évangile nous rappelle les obligations fondamentales du chrétien, non seulement en tant que préparation vers un temps liturgique, mais aussi en tant que préparation vers la Pâques Eternelle: «Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux» (Mt 6,1). La justice à laquelle Jésus fait allusion est celle qui consiste en vivre selon les principes évangéliques, sans pour autant oublier que «Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux» (Mt 5,20).

La justice nous emmène vers l'amour, manifesté par l'aumône ainsi que par des œuvres de miséricorde «quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite» (Mt 6,3). Il ne s'agit pas de cacher les bonnes œuvres, mais de ne pas penser à la louange humaine en les faisant, ne souhaiter aucun autre bien supérieur et céleste. En d'autres mots, faire l'aumône de telle façon que même moi je ne sente pas que je fais une bonne action qui mérite une récompense de la part de Dieu et un éloge de la part des hommes.

Benoît XVI, souligna que venir en aide à ceux qui sont dans le besoin est une obligation de justice, avant même d'être un acte de charité: «La charité dépasse la justice (…), mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir». Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas les propriétaires absolus, mais les administrateurs, des biens que nous possédons. Le Christ nous enseigne que la charité authentique est celle qui ne se limite pas à "faire" l'aumône, mais celle par laquelle nous faisons "don" de nous-mêmes, s'offrant à Dieu comme un sacrifice saint (cf. Rom 12,1). C'est cela qui serait un véritable geste de justice et de charité chrétienne ainsi «ton Père voit ce que tu fais dans le secret: il te le revaudra» (Mt 6,4).

Pbro. D. Luis A. GALA Rodríguez (Campeche, Mexique)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, aide-moi à ouvrir mon cœur à ta Parole. Viens près de moi, et apprends-moi à t’écouter.

Demande

Vivre devant Dieu.

Points de réflexion

1. Dans ce passage de l’Évangile de Matthieu Jésus donne des conseils sur l’aumône, la prière et le jeûne. Or pendant le Carême nous sommes justement invités à les mettre en pratique de manière spéciale. Et si nous lisons attentivement le texte de Matthieu, nous nous rendons compte que Jésus ne donne pas vraiment de conseils pratiques sur l’aumône (combien faut-il donner, à qui ?), sur la prière (combien de temps dois-je y consacrer ?) ou sur le jeûne (de quoi dois-je me priver ?). Ces questions sont importantes. C’est cependant à chacun d’y répondre, en fonction de sa situation personnelle, de ses possibilités, des différentes circonstances de la vie. Les conseils de Jésus atteignent un niveau plus profond. Ses conseils sont valables pour tout le monde, quelle que soit la manière dont nous faisons l’aumône, prions ou jeûnons.

2. Dieu regarde avant tout ce qu’il y a dans notre cœur car c’est de là que procède ce que nous faisons, et là se trouve, en quelque sorte, le centre de notre personne. Ainsi les conseils de Jésus se situent à ce niveau-là, au niveau du cœur, c’est-à-dire de l’esprit avec lequel nous pratiquons l’aumône, la prière et le jeûne. En réalité, si nous y prêtons bien attention, les conseils de Jésus dans ce passage peuvent se résumer en une seule chose : ce que tu fais, fais-le devant Dieu et pour Dieu.

3. Le risque est grand, en effet, de transformer l’aumône, la prière et le jeûne en des moyens d’autosatisfaction. Je peux ainsi donner aux pauvres pour le prestige que cela va me donner. Mon but est-il alors vraiment d’aider mon prochain, ou de me servir de lui dans mon propre intérêt ? Ou bien je peux jeûner pour perdre du poids. Non que cela soit une mauvaise chose, mais Jésus nous invite à aller plus loin, et faire du jeûne une véritable offrande spirituelle, un moyen pour ouvrir plus grand notre cœur à Dieu et aux autres. Au bout du compte, Jésus nous invite à chercher la plus grande récompense. Il nous invite à découvrir la beauté de l’union à Dieu et la joie de la charité désintéressée.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, c’est toi qui m’a créé, qui m’a créé pour toi. Mon cœur ne trouvera le repos qu’en toi. Aide-moi à te rechercher, Seigneur, en tout ce que je fais. Viens vivre en moi.

Résolution

Vivre le Carême avant tout à l’intérieur de mon cœur.

Père Jean-Marie Fornerod, LC

http://www.regnumchristi.fr


 


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« Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux."

 

« Ton Père qui voit dans le secret, est là. » Jésus est venu nous sauver de l’abîme du désespoir qui est en nous. Le « secret du cœur, » nous établit dans le cœur de Dieu dans lequel nous allons demeurer sans cesse. Vouloir réaliser le bien est inhérent à notre être. La sainteté est au cœur de toute personne comme une aspiration. Cette aspiration s’intensifie à l’appel de Jésus qui devient notre chemin. Il nous propose, pour y arriver, la base de l’aumône, de la prière et du jeûne. Notre chemin de sainteté s’ouvre avec Jésus qui connaît l’épaisseur de notre vie en interaction avec la vie les autres. C’est dans le silence intérieur que s’offre à chacun de nous, le choix de changer notre manière de vivre. Dans la foi, à l’école du cœur de Jésus, de son amour miséricordieux, nous retrouvons notre liberté. Ce qui y est caché dans notre cœur et que nous ne connaissons pas, ce qui y est caché a nous-mêmes, nous pouvons le trouver et le sentir. Cet Amour et cette Lumière de Dieu nous rend libre. C’est pour nous un mouvement de lâcher prise, un retrait de nos illusions et de notre culpabilité. Ne plus chercher notre « gloire. » Il nous faut faire les choses pour elles-mêmes, dans le respect de leur réalité. Nous retrouvons alors l’authenticité de nos gestes en ne cherchant plus à être considéré à propos du jeune, de la prière, et du partage. Si nous voulons trouver un objet caché, nous devons pénétrer jusqu’à la profondeur où il se cache, et alors nous le trouverons.

 

« Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense." Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Le secret est le lieu où notre être s’exprime autrement. Jésus nous propose de vivre hors du regard des autres. Il nous propose de vivre en dehors de notre propre regard. Alors notre cœur peut agir en étant sans cesse dans la perspective de notre Père des cieux. Devenu sensible à lui, il se met à agir à partir de lui seul. Ainsi notre cœur trouve un espace où il peut se permettre d’être autrement. Découvrir l’intimité d’Amour de Dieu, nous ouvre à ce qui nous est promis. C’est au désert de notre cœur que Dieu demeure. Dans le secret du Père, je suis là, il me parle dans le silence de son Amour. Nous nous ouvrons à la parole de Jésus qui nous indique une nouvelle attitude, aller dans le secret du Père pour y découvrir la vraie Source de notre identité. Notre identité naît dans le Secret de notre relation avec Dieu.

 

« Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense." Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. « Ton Père est présent dans le secret ». Nous prenons la mesure de ce nouvel espace ou nous distinguons la présence respectueuse d’un Autre. Lorsque nous arrivons dans un lieu obscur, nos yeux discernent, peu à peu, les contours d’une autre réalité. Nous faisons l’expérience unique de la relation avec un autre infiniment délicat qui nous redit la Parole d’Amour déjà entendue. C’est la promesse d’Amour qui prend corps en nous. Il nous faut alors fermer la porte sur soi, renoncer par la volonté à toutes choses qui ne serait pas ce secret d’Amour. Le secret de l’infini d’Amour du cœur de Dieu notre Père est manifesté en Jésus. Nous pouvons nous réconcilier avec Dieu et lui présenter les abîmes de souffrances de notre humanité. Nous sommes désormais les « ambassadeurs » du Christ pour ceux qui sont dans ces abîmes de désespoir. A une extrémité de notre vie nous vivons la détresse du monde, à l’autre extrémité nous vivons l’Amour infini de Dieu. Déjà nous tressaillons de joie pour ces quarante jours qui nous sont donnés pour entrer plus avant dans l’Amour dont nous sommes aimés. Cet Amour qui nous rejoint nous donne de pouvoir toucher la détresse de nos frères en humanité. Ainsi nous prenons la mesure de l’Amour infini de Dieu qui nous sauve. Nous entrons dans la victoire de l’Amour sur la mort, sur la haine et sur le péché du Sauveur du monde.

 

Nous demandons la grâce d’entrer en témoins de l’Amour infini de Dieu dans la Passion de Jésus.

 

05 Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. 06 Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/


 


 

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Evangile et Homélie du Mardi 28 Fév 2017.


Mardi 28 février 2017

Nous sommes à la 8e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Auguste Chapdelaine, prêtre et martyr (1814-1856)


Livre de l'Ecclésiastique 35,1-15.

C’est présenter de multiples offrandes que d’observer la Loi ; c’est offrir un sacrifice de paix que s’attacher aux commandements. C’est apporter une offrande de fleur de farine que se montrer reconnaissant ; c’est présenter un sacrifice de louange que faire l’aumône. On obtient la bienveillance du Seigneur en se détournant du mal ; on offre un sacrifice d’expiation en se détournant de l’injustice. Ne te présente pas devant le Seigneur les mains vides. Accomplis tout cela car tel est son commandement. L’offrande de l’homme juste est comme la graisse des sacrifices sur l’autel, son agréable odeur s’élève devant le Très-Haut. Le sacrifice de l’homme juste est agréé par Dieu qui en gardera mémoire. Rends gloire au Seigneur sans être regardant : ne retranche rien des prémices de ta récolte. Chaque fois que tu fais un don, montre un visage joyeux ; consacre de bon cœur à Dieu le dixième de ce que tu gagnes. Donne au Très-Haut selon ce qu’il te donne, et, sans être regardant, selon tes ressources. Car le Seigneur est celui qui paye de retour ; il te rendra sept fois plus que tu n’as donné. N’essaye pas de l’influencer par des présents, il ne les acceptera pas ; ne mets pas ta confiance dans un sacrifice injuste. Car le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes.

Psaume 50(49),4-6.7-8.14.23.

Dieu convoque les hauteurs des cieux
et la terre au jugement de son peuple :
« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d'un sacrifice mon alliance. »
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge c'est Dieu !

« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Moi, Dieu, je suis ton Dieu !
Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.

Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
« Qui offre le sacrifice d'action de grâce,
celui-là me rend gloire :
sur le chemin qu'il aura pris,
je lui ferai voir le salut de Dieu. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,28-31.

En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »

– Acclamons la parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

 

 

« Donne au Très-Haut selon ce qu'il te donne, sans être regardant, selon tes ressources. Car le Seigneur est celui qui paye de retour » (1ère lecture). D’où la question de Pierre : « Que pouvons-nous attendre, nous qui avons tout quitté pour te suivre ? » - demande qui trahit le peu de gratuité de sa démarche.

 

La réponse de Jésus est à vrai dire assez mystérieuse. Dans l’énumération de la liste des renoncements, les personnes qui nous sont chères - « des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants » - sont encadrées par des objets – « une maison ou une terre » - qui soulignent le contexte familial de ces relations. Si nous offrons tout cela dans la gratuité de l’amour, c'est-à-dire si nous nous efforçons de vivre ces relations dans la vérité de sa Parole et dans la lumière de son Esprit, alors Dieu lui-même nous accueillera dans la grande famille de ses enfants (cf. Ep 2, 19). Voilà pourquoi dans l’énumération de ce qui nous sera offert, ne figure plus le père, car nous n’en auront pas d’autre que celui des cieux.

 

Remarquons au passage qu’entre le Siracide et l’Évangile, la générosité de Dieu s’est démultipliée : « le Seigneur te payera de retour sept fois plus que tu n'auras donné » nous promet le premier, alors que Jésus annonce le centuple ! Quant aux persécutions, elles sont sans doute inévitables dès lors que nous cherchons à vivre dans la logique de l’amour, au cœur d’un monde marqué par l’individualisme : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître : si l’on m’a persécuté, on vous persécutera vous aussi » (Jn 15, 20). Cependant, que cette perspective ne nous décourage pas : « Il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous » (Rm 8, 18), lorsqu’il nous aura donné part, « dans le monde à venir, à la vie éternelle ».

 

Seigneur, ne permets pas que nous nous laissions entraîner par l’inertie de notre nature blessée par le péché, qui nous pousse inexorablement à l’égoïsme. Donne-nous de réagir vigoureusement contre la tendance narcissique de notre culture individualiste, et apprends-nous à partager généreusement ce que nous avons et ce que nous sommes avec ceux que tu mets sur notre route. Nous serons alors vraiment tes enfants, et nous connaitrons la joie et la paix de l’Esprit, que nul ne pourra nous ravir.

 

Père Philippe

 

 

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«Personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple, et, dans le monde à venir, la vie éternelle»

 

Aujourd'hui, comme ce maître qui allait chaque matin au village afin de recruter la main d'œuvre pour travailler dans sa vigne, le Seigneur cherche des disciples, des gens qui le suivent, des amis. Son appel est universel. Il s'agit d'une offre fascinante! Le Seigneur met en nous sa confiance. Mais il pose une condition pour être son disciple, condition qui peut nous décourager: il faut quitter «une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants, ou une terre» «à cause de moi et de l'Évangile» (Mc 10,29).

Et il n'y a pas de contreprestation? Il n'y aura pas de récompense? Ceci nous donnera-t-il quelque type de bénéfice? Pierre, au nom des Apôtres, rappelle au Maître: «Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre» (Mc 10,28). C'est sa façon de lui demander: que tirerons-nous de tout cela?

La promesse du Seigneur est généreuse: «En ce temps déjà, le centuple (…) et, dans le monde à venir, la vie éternelle» (Mc 10,30). Personne ne peut surpasser cette générosité. Mais il ajoute: «Avec des persécutions». Jésus est réaliste et ne veut pas nous tromper. Être son disciple, si nous le sommes à part entière, implique difficultés et problèmes. Mais Jésus considère les persécutions et les difficultés comme une récompense, dans la mesure où elles nous aident à grandir, si nous savons les accepter comme une occasion de grandir en maturité et en responsabilité. Tout ce qui est occasion de sacrifice nous rend semblable à Jésus-Christ qui nous sauve à travers sa mort sur la Croix.

Nous sommes toujours à temps de faire rétrospective sur notre vie et de nous rapprocher de Jésus-Christ. Ce temps nous permet —à travers la prière et les sacrements— d'examiner si parmi les disciples qu'Il cherche nous nous y trouvons, et nous verrons également quelle devrait être notre réponse à cet appel. Parmi certaines réponses radicales (comme celle des Apôtres) il en existe bien d'autres. Pour plusieurs, quitter «une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père…» signifiera laisser tout ce qui nous empêche de vivre avec intensité l'amitié avec Jésus-Christ et, conséquemment, agir comme ses témoins devant le monde. Et ceci ne te paraît-il pas urgent?

 

Abbé Jordi SOTORRA i Garriga (Sabadell, Barcelona, Espagne)

 

 


 


Prière d'introduction

Seigneur Jésus, aujourd’hui encore tu m’invites à ta suite car tu veux me donner ta grâce et me transmettre ton amour. Je te remercie, Seigneur, car tu me permets de toujours avancer malgré les difficultés. Fais que je ne sois jamais séparé de toi.

Demande

Seigneur, aide-moi à m’ouvrir chaque jour davantage à ton amour, à ne pas avoir peur de te suivre afin que tu sois le centre de ma vie.

Points de réflexion

1. « Nous avons tout quitté pour te suivre ».
Jésus vient d’inviter un jeune homme à vendre et à donner tout ce qu’il possède puis à le suivre mais ce dernier s’est en allé car il avait de grands biens. L’Évangile d’aujourd’hui se trouve juste après cette scène et Pierre demande donc à Jésus ce qu’il adviendra de ceux qui ont tout laissé pour le suivre. Il veut savoir concrètement ce que cela lui rapportera de le suivre. En effet, pour les juifs la richesse matérielle était un signe de la bénédiction de Dieu. Laisser tout cela pour suivre Jésus n’est donc pas quelque chose de simple. Cela en vaut-il la peine car la peur et l’incertitude peuvent nous en empêcher ? La question de Pierre est donc tout à fait légitime. Et c’est une question que parfois nous pouvons nous poser. Est-ce que cela vaut la peine d’être chrétien, de faire tant d’efforts ? On a l’impression que la vie de ceux qui ne croient pas semble plus facile. Toutefois la réponse de Jésus à Pierre est celle qu’il nous fait à chacun d’entre nous.

2. « Le centuple, des persécutions et la vie éternelle »
La réponse de Jésus est la suivante : tous ceux qui auront renoncé à quelque chose pour lui et le suivront obtiendront le centuple. On peut voir dans ces paroles de Jésus les bienfaits qui nous seront offerts grâce au baptême. En suivant le Christ par ce sacrement, nous devenons fils de Dieu et membre d’une même famille : l’Église, ainsi tout chrétien et même tout homme devient un frère ou une sœur. Mais pas seulement cela, le baptême est aussi une porte pour tous les autres sacrements, sources d’innombrables grâces.
Cependant le Christ promet non seulement le centuple mais aussi la persécution. Jésus ne cache rien, il dit clairement à ses apôtres que le suivre signifie aussi souffrir. Il dira à une autre occasion : « Celui qui veut me suivre qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). Il en est de même pour nous, nous ne devons pas nous attendre à une vie sans difficultés. Mais Jésus lui-même a donné un sens à cette souffrance et il l’a vécue dans sa propre chair. Grâce à sa mort sur la croix, il a pu nous obtenir la dernière partie de la promesse : la vie éternelle. En effet le vrai bonheur et la vraie récompense que le Christ nous promet est la vie éternelle.
Les paroles de Benoit XVI le jour de son intronisation peuvent nous aider à mieux vivre le Christ au quotidien : « N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie ».

Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu nous invites à ta suite, même s’il est vrai que souvent nous avons peur car le chemin que tu proposes est étroit et comporte persécution et souffrance. Fais que nous ayons toujours confiance en toi car tu nous as montré le chemin, tu as donné un sens à cette souffrance, et tu es le seul capable de nous donner le vrai bonheur, celui de la vie éternelle.

Résolution

Prendre un temps de prière aujourd’hui afin de me rappeler toutes les grâces que le Seigneur m’a données et le remercier.

Frère Jean-Baptiste Ribes, LC

http://evangeli.net/evangile



"Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »

La question de Pierre est intéressée, c’est comme s’il disait : Nous avons tout donné, qu’est-ce qui nous reviendra ? Mais sa question n’est pas suscitée par l’égoïsme. Pierre veut savoir quelles sont les chances de parvenir dans le royaume de Dieu pour ceux qui ont tout donné pour suivre le Christ. La question de Pierre est toujours très actuelle, il nous faut sans cesse nous resituer dans la miséricorde infinie de Dieu. Est-il possible de correspondre l’Amour de Dieu pour nous en lui donnant tout ce que nous avons ? Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le Fils unique ! « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre, » dit Pierre. Nous nous rendons bien compte que ce n’est pas du même ordre ! Le contexte de l’Évangile est l’homme désireux d’avoir la vie éternelle, Jésus lui dit : « Vends tout ce que tu as, et suis-moi." Le « suis-moi » est révélateur d’une attitude de don de soi ! L’illumination du visage de Jésus plein d’amour s’est transformée en visage de tristesse devant le refus de cet homme. Pierre est entré dans la confidence du Cœur de Jésus, il a été saisi par le regard plein d’amour et de tristesse de Jésus. C’est le regard de Dieu pour tous. Nous entrons ainsi en contemplation et en action de grâces pour cet amour manifesté, mais il faudra aller plus loin !

"Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Dieu lui-même nous a donné nos maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres. Ce sont de très bonnes « choses, » des bénédictions, mais Dieu est Amour, ces dons prennent toute leur valeur quand nous rendons grâce à Dieu qui nous les donne. L’oubli de soi glorifie le Christ et porte témoignage à l’Evangile. La « suite de Jésus » est le Chemin de Jésus qu’il nous faut prendre, c’est un envoi en Mission dans le regard d’amour de Jésus, l’Envoyé du Père. Nous sommes remis devant la profondeur de la Parole de Dieu : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé le Fils unique. » Jésus a tenu bon dans la Mission de nous sauver, parce qu’il est demeuré sans cesse dans le « regard » d’Amour de son Père bien-aimé : « Tu es mon fils, en toi j’ai mis tout mon amour. » Jamais, nous ne serons abandonnés si nous demeurons dans le regard de Jésus. L’envoyé, est enveloppé par celui qui l’envoie. Les persécutions de toutes les époques n’empêchent pas l’œuvre de Dieu de se réaliser, ni de continuer notre marche sur la route avec Jésus pour l’annonce de la Bonne Nouvelle.

"Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. Jésus nous donne de tout laisser, « par amour de lui et de l’Evangile ». C’est seulement en Lui que se trouve le salut et seulement en Lui nous sommes pleinement heureux ; et nous gagnons un trésor dans le ciel. La générosité est la mesure de notre amour, pour les autres, comme pour Dieu. Ayant tout donné humainement en ce monde, nous recevons le centuple, avec une nouvelle manière d’aimer, dans le Christ, notre père et notre mère, notre pays et nos amis qui vont être aimés ainsi désormais. Le centuple est une nouvelle manière d’aimer donnée par Dieu lui-même. L’amour qui nous est donné vient directement du cœur de Dieu et c’est avec notre cœur humain rempli d’Esprit Saint que nous aimons les mêmes personnes. Mais avec des persécutions ! L’amour de Dieu n’est pas reçu dans ce monde, l’envoyé du Père ne sera pas reçu. Ce nouvel amour est déjà le bonheur du ciel sur la terre, tout est changé en nous car la vie éternelle est déjà commencée. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le Fils unique. » Jésus est vivant au plus profond de nous, il nous donne son Père.

Nous demandons à Jésus la grâce de vivre dans notre vie le don de l’amour infini de Dieu par le Saint-Esprit qui nous est donné.

Père Gilbert Adam

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« En ce temps déjà, le centuple »

Les possessions que nous avons ne sont pas nôtres. Dieu nous les a données à cultiver et veut que nous les rendions fructueuses et utiles... Quittez donc toujours quelque partie de vos moyens en les donnant aux pauvres de bon cœur... Il est vrai que Dieu vous le rendra, non seulement en l'autre monde, mais en celui-ci, car il n'y a rien qui fasse tant prospérer nos affaires que l'aumône ; mais en attendant que Dieu vous le rende vous serez déjà plus pauvre de ce que vous avez donné, et quel saint et riche appauvrissement que celui qui se fait par l'aumône !

Aimez les pauvres et la pauvreté, car par cet amour vous deviendrez vraiment pauvre, puisque, comme dit l'Écriture : « On devient ce que l'on aime » (cf Os 9,10). L'amour rend les amants égaux : « Qui est faible avec qui je ne sois faible ? », dit saint Paul (2Co 11,29). Il aurait pu dire : « Qui est pauvre avec qui je ne sois pauvre ? », parce que l'amour le faisait être tel que ceux qu'il aimait. Si donc vous aimez les pauvres, vous serez vraiment participante de leur pauvreté, et pauvre comme eux. Si donc vous aimez les pauvres, mettez-vous souvent parmi eux : prenez plaisir à les voir chez vous et à les visiter chez eux ; conversez volontiers avec eux, soyez heureuse qu'ils vous approchent à l'église, dans la rue et ailleurs. Soyez pauvre de langue avec eux, leur parlant comme une amie, mais soyez riche des mains, leur donnant largement de vos biens, puisque vous en avez en plus grande abondance.

Voulez-vous faire encore davantage ?... Faites-vous servante des pauvres ; allez les servir..., de vos propres mains...et à vos propres dépens. Ce service est plus triomphant qu'une royauté.

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Évangile et Homélie du Lundi 27 Fév 2017. Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ?


Lundi 27 février 2017

Nous sommes à la 8e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Gabriel de l'Addolorata, acolyte c.p. (1838-1862), Bse María Caridad Brader, religieuse et fond. († 1943)



Livre de l'Ecclésiastique 17,24-29.

À ceux qui se repentent, Dieu ouvre le chemin du retour ; il réconforte ceux qui manquent de persévérance. Convertis-toi au Seigneur, et renonce à tes péchés ; mets-toi devant lui pour prier, et diminue tes occasions de chute. Reviens vers le Très-Haut et détourne-toi de l’injustice, – c’est lui qui conduit des ténèbres à la lumière de la vie – ; les actions abominables, déteste-les. Qui pourra célébrer le Très-Haut dans le séjour des morts, remplacer les vivants qui lui rendent gloire ? La louange est enlevée au mort puisqu’il n’est plus ; c’est le vivant, le bien-portant, qui célébrera le Seigneur. Qu’elle est grande, la miséricorde du Seigneur, qu’il est grand, son pardon pour ceux qui se convertissent à lui !

Psaume 32(31),1-2.5.6.7.

Heureux l'homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l'homme dont le Seigneur ne retient pas l'offense,
dont l'esprit est sans fraude !

Je t'ai fait connaître ma faute,
je n'ai pas caché mes torts.
J'ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés. »

Et toi, tu as enlevé
l'offense de ma faute.
Ainsi chacun des tiens te priera
aux heures décisives ;
même les eaux qui débordent
ne peuvent l'atteindre.

Tu es un refuge pour moi,
mon abri dans la détresse ;
de chants de délivrance,
tu m'as entouré.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,17-27.

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

 

Homélie ou Méditation du jour

 

« Va, donne tout ce que tu as aux pauvres, puis viens, suis-moi » : le statut de disciple est indissociable de la solidarité avec les plus pauvres, qui doivent jouir de son amour préférentiel. Une religiosité qui se limiterait à une quête de perfection, ne conduirait qu’à une autoglorification stérile et ne ferait pas avancer le Royaume.

 

En quelques mots, Jésus vient de souligner la spécificité du chemin de l’Evangile : la sainteté ne consiste pas dans une intériorité aseptisée, qui se serait isolée des autres et de leurs exigences ; elle exige tout au contraire d’entrer dans une réelle compassion envers tous ceux que le Seigneur met sur notre route.  Si dans ma vie je néglige complètement l’attention à l’autre, désirant seulement être “pieux” et accomplir mes “devoirs religieux”, alors même ma relation à Dieu se dessèche. Cette relation est seulement “correcte”, mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu.

 

Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à lui de m’aimer. Les saints - pensons par exemple à Sainte Teresa de Calcutta - ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres.  Sachons nous aussi nous « laisser tomber à genoux » devant Jésus Eucharistie, et croiser son regard plein d’amour : c’est là que nous puiserons la force des détachements qui s’imposent pour que nous puissions devenir des disciples selon son cœur.

 

Seigneur, toi qui nous as aimés le premier, achève en nous ce que tu as commencé et donne-nous de pouvoir te répondre amour pour amour. Tu le vois : nous sommes incapables de quitter nos fausses sécurités pour nous exposer aux besoins de nos frères. Mais à toi, tout est possible : donne-nous la force de nous arracher à nous-mêmes, afin de pouvoir goûter la paix et la joie de ceux qui ne s’appartiennent plus, car ils ont pleinement accueilli la seigneurie de l’Esprit d’amour dans leur vie.

 

 

Père Philippe

 

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Suis-moi »

Que les déshérités de la fortune apprennent de l'Église que, selon le jugement de Dieu lui-même, la pauvreté n'est pas un opprobre et qu'il ne faut pas rougir de devoir gagner son pain par le travail. C'est ce que Jésus Christ Notre Seigneur a confirmé par son exemple, lui qui, « tout riche qu'il était, s'est fait pauvre » pour le salut des hommes (2Co 8,9). Lui, le Fils de Dieu et Dieu lui-même, a voulu passer aux yeux du monde pour le fils d'un ouvrier ; il est allé jusqu'à consumer une grande partie de sa vie dans un travail rémunéré. « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie ? » (Mc 6,3)

Quiconque tiendra sous son regard le modèle divin comprendra...que la vraie dignité de l'homme et son excellence résident dans ses mœurs, c'est-à-dire dans sa vertu ; la vertu est le patrimoine commun des mortels, à la portée de tous, des petits et des grands, des pauvres et des riches ; seuls la vertu et les mérites, partout où on les rencontre, obtiendront la récompense de la béatitude éternelle. Bien plus, c'est vers les classes infortunées que le cœur de Dieu semble s'incliner davantage. Jésus Christ appelle les pauvres des bienheureux (cf. Lc 6,20) ; il invite avec amour tous ceux qui souffrent et qui pleurent à venir à lui, afin de les consoler (cf. Mt 11,28) ; il embrasse avec une charité plus tendre les petits et les opprimés. Ces doctrines sont bien faites certainement pour humilier l'âme hautaine du riche et le rendre plus compatissant, pour relever le courage de ceux qui souffrent et leur inspirer de la confiance.

Léon XIII, pape de 1878 à 1903. Encyclique Rerum novarum, 20

 

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Évangile et Homélie du Dim 26 Fév 2017.Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surc


Dimanche 26 février 2017

Nous sommes au 8ème dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Ste Paule de Saint-Joseph de Calasanz, vierge († 1889)



Livre d'Isaïe 49,14-15.

Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur.

Psaume 62(61),2-3.8.9.

Je n'ai de repos qu'en Dieu seul,
mon salut vient de lui.
Lui seul est mon rocher, mon salut,
ma citadelle : je suis inébranlable.

Mon salut et ma gloire
se trouvent près de Dieu.
Chez Dieu, mon refuge,
mon rocher imprenable !

Comptez sur lui en tous temps,
vous, le peuple.
Devant lui épanchez votre cœur :
Dieu est pour nous un refuge.


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,1-5.

Frères, que l’on nous regarde donc comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, tout ce que l’on demande aux intendants, c’est d’être trouvés dignes de confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

«Ne vous faites pas tant de souci…» À quatre reprises dans ces quelques versets, Jésus nous le répète : «Ne vous faites pas tant de souci».
Comme Jésus connaît le fond de nos cœurs !
Il voit toutes ces inquiétudes, ces préoccupations qui nous pèsent intérieurement, qui lient notre cœur. Si Jésus insiste tant, c’est bien que ces soucis sont une entrave dans notre chemin de libération intérieure. L’argent aussi, puisqu’il nous dit qu’«on ne peut servir à la fois Dieu et l’Argent».
Dans la parabole du semeur, Jésus le dit clairement dans son interprétation :
«Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu la Parole de Dieu, mais en cours de route, les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent et ils n’arrivent pas à maturité» (Lc 8,14).
Jésus nous invite donc dans notre évangile à nous libérer de ce qui étouffe la croissance de la Parole de Dieu en nous.


 

Mais comment comprendre cet appel de Jésus à ne pas nous soucier de notre nourriture ou de nos vêtements ?
Faut-il vivre dans l’insouciance ?
Ce n’est pas ce que nous dit Jésus. Il est normal que nous travaillions pour subvenir à nos besoins vitaux. Il est normal que nous nous inquiétions de ceux qui meurent de faim et de froid. Mais notre inquiétude ne doit pas nous faire croire que tout dépend de nous. Et c’est bien à ce niveau-là que Jésus réagit. Bien souvent, nos soucis viennent de notre manque de foi. Nous croyons en Dieu, mais en un Dieu mort, inefficace, sourd à nos besoins. Jésus nous dit en filigrane :
Qui est Dieu pour toi ?
Si le Père Céleste veille à la nourriture des oiseaux du ciel, va-t-il laisser périr ceux qu’il a créés à son image et à sa ressemblance ?
Dieu est proche de nous, nous dit Jésus. Ne séparons pas notre vie spirituelle du quotidien, de nos préoccupations. Si Dieu voit le moindre cheveu tomber de notre tête, combien voit-il ce qui nous est nécessaire ici-bas ?


 

Interrogeons plutôt nos soucis. Qu’est-ce qui nous inquiète réellement ?
C’est de ne pas  pouvoir maîtriser notre vie, c’est de dépendre de circonstances qui nous échappent. Finalement, nous vivons esclaves de nos soucis tant que nous refusons au Seigneur d’être le maître de notre vie, tant que nous essayons d’être dieu à sa place. Dans cette attitude, Dieu est mort en nous car nous l’empêchons de vivre. Quand Jésus nous dit :
«Ne vous faites pas tant de souci,» il nous dit : «Dieu est vivant, croyez en un Dieu vivant, laissez Dieu vivre en vous.»
Si pour nous, Dieu est vivant, il ne peut nous abandonner.
«Il fait même tout concourir au bien de ceux qui l’aiment.»
Croire en un Dieu vivant, c’est être en relation avec lui, c’est vivre de son Esprit de Vie qui ressuscite les morts, c’est se nourrir de sa Parole et des sacrements qui sont un viatique sur notre route.


 

Celui qui est esclave de ses soucis, n’a les yeux fixés que sur demain et il ne voit pas l’aujourd’hui de la grâce. Or Dieu ne se donne que dans le présent, dans le réel. Demain sera autre si je consens à accueillir Dieu dans mon aujourd’hui.
«Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice», nous dit Jésus. C’est-à-dire cherchons l’Esprit-Saint comme un trésor caché dans le champ de notre existence, et ajustons-nous à la volonté de notre Père du ciel. En Dieu, il n’y a pas d’impasse possible ; même un échec peut se transformer en grâce d’un nouveau départ.


 

Cherchons le Seigneur, il se laisse trouver car il est proche. Laissons-le vivre en nous et notre vie en sera transfigurée.
«Ne vous faites pas tant de souci …» Oui, Seigneur, j’ai foi en toi.

 

Père Philippe

 

 

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«Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie»

 Aujourd'hui, en utilisant des métaphores sur la nature se rapportant à son propre environnement dans les terres les plus fertiles de Galilée où il passa son enfance et son adolescence –les iris des champs et les oiseaux du ciel– Jésus nous rappelle que Dieu le Père est prévoyant et que, s'il veille sur ses créatures les plus faibles, il le fera d'autant plus pour les êtres humains, ses créatures de prédilection (cf. Mt 6,26.30).

Le texte de Mathieu est d'une nature gaie et optimiste, et nous y trouvons un Fils très fier de son Père parce que ce dernier est prévoyant et qu'il veille constamment au bien-être de sa création. Cet optimisme de Jésus ne doit pas seulement être le nôtre pour que nous gardions fermement l'espérance– «Ne vous inquiétez donc point» (Mt 6,31)– quand surgissent des situations difficiles dans notre vie. Cela doit aussi nous inciter à être prévoyants dans un monde qui a besoin de vivre ce qu'est la véritable charité, c'est-à-dire, la mise en marche de l'amour.

En général, on nous dit que nous devons être les pieds, les mains, les yeux, les oreilles, la bouche de Jésus de par le monde, mais, dans le sens de la charité, la situation est encore plus profonde: nous devons être cela même, mais du Père prévoyant qui est aux cieux. Nous autres, les êtres humains, nous sommes appelés à faire devenir réalité cette Providence de Dieu, en étant sensibles et en allant au secours des plus nécessiteux.

Dans les paroles de Benoît XVI, «les hommes destinataires de l'amour de Dieu, se convertissent en sujets de charité, appelés à devenir des instruments de la grâce pour répandre la charité de Dieu et pour tisser des réseaux de charité». Mais le Saint Père nous a aussi rappelé que la charité doit être accompagnée de la Vérité qu'est le Christ, pour ne pas se convertir en un simple acte de philanthropie, dénué de tout sens spirituel chrétien propre à ceux qui vivent selon les enseignements du Maître.

 

Abbé Floyd L. McCOY Jordán (Hormigueros, Porto Rico)

 

http://evangeli.net/evangile



 

Prière d'introduction

 

C’est dimanche, jour de ta Résurrection ! Jour pour te dédier un temps particulier, pour partager ma vie avec toi et pour apprendre de la tienne, pour m’y insérer. Oui, Jésus, pendant ce temps de prière je veux contempler tes gestes, écouter ta Parole, pour que ta vie transforme la mienne.

 

Demande

 

Combien de fois exprimons-nous nos désirs et nos prières à Dieu ! Il nous a dit de demander, et, pour la plupart d’entre nous, nous n’avons pas de grande difficulté à lui faire connaître nos besoins et ceux de nos proches dans la prière. C’est bien de faire cela, c’est une façon d’obéir à la Parole du Seigneur qui nous a dit « Demandez et vous obtiendrez ». Mais parfois nous sommes « trop » bons pour vivre cette Parole de Jésus, à demander sans arrêt, et nous oublions de tendre l’oreille pour l’écouter et pour exaucer ses autres désirs.

 

Points de réflexion

 

1. Dans une relation entre deux personnes (entre amis, en couple, parent-enfant), il est important de s’écouter, de laisser l’autre exprimer ce qu’il a envie de vivre dans la relation. Ainsi, dans la relation avec Dieu, il est important d’exprimer nos désirs et d’écouter ceux de Dieu. Dans l’Évangile, Jésus nous fait part de ses désirs pour nous : « Ne vous souciez pas », « Ne vous faites donc pas tant de souci », « Ne vous faites pas de souci pour demain ». Le message est clair, la difficulté arrive au moment de le vivre. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles Jésus répète son souhait jusqu’à trois fois !

2. Les Évangiles reprennent à plusieurs reprises cette invitation à la confiance, à vivre comme les enfants qui attendent tout de leurs parents. Dans ce passage, Jésus nous propose quelques moyens pour nous exercer dans la confiance :
Contempler la création. La nature est un don de Dieu, mise au service de l’homme, qui est le sommet de la création. Si nous sommes plongés dans les soucis, rien de mieux que profiter des cadeaux que Dieu nous offre à travers la nature : ils sont là, toujours, gratuitement, pour nous.
Chercher le Royaume et sa justice, c’est-à-dire, s’ajuster d’ici-bas à la nouvelle vie qui nous est proposée. Rendons grâce à Dieu pour tout ce que nous avons déjà, pour tous ces biens que nous avons reçus depuis notre conception. Si Dieu a été là pour nous jusqu’à aujourd’hui, et si son amour ne change pas, pourquoi douterions-nous de sa présence et de sa protection dans le futur ?

 

Dialogue avec le Christ

 

« Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable. Comptez sur lui en tout temps, vous, le peuple. Devant lui épanchez votre cœur : Dieu est pour nous un refuge » (Psaume 61).

 

Résolution

 

Je prendre un temps seul ou en famille pour rendre grâce de ce que j’ai reçu pendant cette semaine, depuis les choses les plus simples jusqu’aux joies plus extraordinaires. Je rendrai grâce au Père car il me donne ce dont j’ai besoin.

 

Carmen Fernandez, consacrée de RC

 

http://www.regnumchristi.fr



 

« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Nous déployons de grands efforts aujourd’hui pour protéger les conditions de vie sur toute la planète. L’homme regarde les étoiles la nuit, les petites fleurs qui éclosent au printemps. Les oiseaux et des lis des champs nous font contempler la vie reçue de Dieu. Les oiseaux et les lis des champs sont pourvus de tout ce qui leur est nécessaire, nous comprenons que nous ne valons pas moindre qu’eux. L’écologie nous donne d’évaluer ce qui rend la vie plus humaine. Nous avons été équipés par Dieu pour transformer l’univers en terre fertile. Dieu ne nous laisse pas dans le besoin. La Parole de Jésus est très vivifiante si nous la mettons en pratique. Nous prions le Père des miséricordes pour obtenir ce dont vous avez besoin. S’il nous manque la nourriture, s’il nous manque un toit, s’il nous manque un vêtement, Dieu nous donnera ce qui est nécessaire, mais avec notre participation. Nous voulons remédier, avec Jésus, au décalage scandaleux entre les pauvres et les riches. Dieu veille sur nous, notre vie demeure dans la confiance.

"Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? " Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Notre attention est attirée sur la nécessite d’agir en vue du partage des biens merveilleux reçus de Dieu. Les temps de silence et de contemplation sont de plus en plus importants pour garder une vie équilibrée, plus vraie, plus simple et plus profonde. Dieu notre Père aime chacun de nous, ses créatures, il nous redit la joie du don reçu, le geste de remerciement qui nous libère. Le temps nous est donné pour faire fructifier l’univers en vue d’un partage équitable qui permet une vie commune possible. La nature qui ne serait plus accompagnée de la sagesse, pourrait devenir un chaos où règne la loi du plus fort. Dieu compte sur nous pour réaliser sa Providence, et nous croyons que « notre Père céleste nous nourrit. »

« "Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. Quand nous regardons autour de nous et que nous voyons à quel point tant de personnes manquent d’affection et de tout, nous savons que Dieu compte sur nous pour aider nos frères. Nous prenons conscience des inégalités entre les humains et entre les régions de notre globe ! Dieu nous laisse le soin de gérer le partage des biens dont nous avons besoin. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » A chaque jour suffit sa peine, Dieu nous invite à l’action de grâce dans une confiance infinie. Mais lorsqu’on tout vient à manquer, une véritable mise au travail s’impose. Dieu nous donne tout ce dont nous avons besoin, avec sa grâce nous accomplissons le partage qui s’impose. Servir Dieu, mettre en œuvre nos talents, est la meilleure manière de prendre au sérieux ses dons. En profiter, c’est être bien présent aux nécessités de nos frères dans le monde. Ceux qui vivent à nos côtés ont le plaisir de voir que le souci de Dieu nous habite. Nous voulons accomplir la justice de Dieu, pour que dès à présent, tout nous soit donné de surcroît.

 

Nous demandons la grâce de ne pas nous inquiéter mais de travailler avec notre Père céleste qui sait ce dont nous avons besoin. 26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? 27 29 Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. 30 Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? 31 Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” 32 Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

 

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/



 

Cherchez d’abord le Royaume des cieux et sa justice

 

Une lecture superficielle de l'évangile d'aujourd'hui nous induirait en erreur. Jésus aurait-il condamné l'argent? Aurait-il recommandé l'insouciance et la paresse? Aurait-il conseillé de ne pas prévoir les besoins du lendemain? Ce n’est pas le sens des paroles du Seigneur.

«Aucun homme ne peut servir deux maîtres... Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l'Argent...» Voilà la clé de lecture de ce texte. Il est bien dommage que les traducteurs n'aient pas conservé ici le mot que Jésus a certainement utilisé. «Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et Mammôn...» Ce mot araméen a été conservé dans le texte grec de Matthieu parce que, selon toute vraisemblance, il vient de la bouche même de Jésus, dont c'était la langue maternelle.

wallstreet«Mammôn», en araméen, signifie effectivement «l'argent», «le gain», «le profit», «la richesse». En opposant «Dieu», et «Mammôn», Jésus semble personnifier l'argent et en faire une sorte d'idole. Jésus pense à l'Argent comme si c'était l'Adversaire de Dieu, le «Prince de ce monde» qui asservit les hommes.

Saint Jérôme, faisait déjà remarquer que Jésus ne condamne pas le fait d’avoir de l'argent mais bien «de servir l'argent». Lui qui, à Nazareth, avait travaillé avec son père, à la sueur de son front, lui qui a reproché au mauvais serviteur de ne pas avoir fait fructifier son argent à la banque dans la parabole des talents, ne condamne pas l’usage de l’argent mais l’asservissement à l’argent.

Jésus attaque l'esclavage de l'argent qui est le véritable cancer de nos sociétés. Notre civilisation occidentale est en train de se détruire elle-même, sous le rythme infernal que lui impose la course au standing, au luxe extrême, aux gadgets de toutes sortes. On gaspille les ressources de la planète afin d’augmenter les profits d’un petit nombre de spéculateurs. On continue le pillage des pays pauvres au profit des pays riches. La cupidité de Wall Street a provoqué la crise économique actuelle et a ruiné des millions de personnes. Pendant que croulait l’économie mondiale, certains requins de la finance engrangeaient des sommes colossales. À cause de leurs décisions irresponsables, un nombre incalculable d’honnêtes gens ont perdu leur emploi. Cette crise a provoqué un désarroi sans précédent dans tous les pays du globe.

Autre point de réflexion sur le «Mammôn d’iniquité». Il semble que pour certains postes budgétaires il y ait toujours des fonds disponibles, alors que d’autres font face à des coupures substantielles. Pour le ministère de la guerre et de la défense, il y a toujours des fonds. Les lobbyistes de l’industrie militaire sont omniprésents dans les couloirs du gouvernement et les armes les plus sophistiquées constituent l’une des denrées les plus lucratives de la planète. Le prix d'un seul char d'assaut permettrait de nourrir des milliers d'affamés! Le coût d’un seul chasseur bombardier permettrait l’implantation des centaines de pharmacies de village, ce qui pourrait sauver la vie d’un grand nombre d’enfants et de personnes âgées! Combien de gouvernements dépensent plus en armements qu’en éducation, en santé et en services sociaux!

" Jésus ne condamne pas le fait d’avoir de l'argent mais bien «de servir l'argent».

La réflexion de Jésus sur le dieu «Mammôn» est donc aussi valable aujourd’hui, qu’elle ne l’était à son temps. L'argent peut être un merveilleux serviteur, mais il est un très mauvais maître.

«C'est pourquoi je vous dis: Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements.  La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?» Le souci, le tracas est, effectivement, l’une des formes de servitude que la richesse entraîne. Le monde moderne occidental est statistiquement plus fragile aux infarctus, aux dépressions et aux suicides que le reste du monde.

Jésus n’est ni contre le travail, ni contre l’argent. Le premier chapitre de la Genèse nous demande de «dominer la terre et de la soumettre». Et Jésus, affirme que «Celui qui travaille mérite son salaire.» (Mt 10,10).  Il condamne l'homme qui n'a pas fait fructifier le talent reçu (Mt 25,14-30). Ce que le Christ souligne aujourd’hui, c’est qu'il ne faut pas prendre l'argent comme une idole ou une divinité qui nous asservisse complètement. Jésus veut nous arracher à l'idolâtrie et au pouvoir de l'argent.

Depuis toujours, et particulièrement aujourd’hui, on rend hommage à Mammôn, le dieu argent, en offrant sur son autel toutes sortes de sacrifices : la santé, les principes éthiques, la famille, les amis, etc. Combien d’hommes et de femmes ont un agenda noir de rendez-vous, mais n’ont pas de temps pour la famille et les amis! «Personne ne peut servir deux maîtres : Dieu et Mammôn

A la fin du texte, Jésus résume son enseignement en une formule dense et vive : «Cherchez d'abord le Royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroit!» Cela doit être notre premier soucis et non pas le dernier. Dans cette recherche du Royaume, nous trouverons la justice, le partage équitable, la fraternité humaine et la paix entre nous.

 


Choisir la porte étroite

Vous savez, j'en suis certaine, que le royaume des cieux n'est promis et donné qu'aux pauvres par le Seigneur (cf. Mt 5,3), car lorsqu'on s'attache à une chose d'ici-bas on perd le fruit de la charité.

On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon, car, ou bien l'un est aimé et l'autre détesté, ou bien l'un est servi et l'autre méprisé ; un homme habillé ne peut lutter contre un adversaire nu, car ses vêtements fournissant prise, il sera aussitôt renversé ; on ne peut espérer vivre avec éclat dans ce monde, et régner avec le Christ dans l'autre ; un chameau passera par le trou d'une aiguille avant qu'un riche ait franchi la porte du ciel (cf. Mt 19,24).

C'est pourquoi vous avez rejeté ces vêtements que sont les richesses temporelles, afin de ne pas être vaincue dans la lutte, et vous avez choisi le chemin rude et la porte étroite, afin de pouvoir entrer dans le royaume des cieux (cf. Mt 7,13-14).

Sainte Claire (1193-1252), moniale franciscaine

 

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Évangile et Homélie du Vend 24 Fév 2017. Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !


Vendredi 24 février 2017

Nous sommes à la 7e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : Bse Ascensión del Corazón de Jesús, vierge (1868-1940), Bx Costanzo (Constant) Servoli, prêtre o.p. (1410-1481)



Livre de l'Ecclésiastique 6,5-17.

La parole agréable attire de nombreux amis, le langage aimable attire de nombreuses gentillesses. De bonnes relations, tu peux en avoir avec beaucoup de monde ; mais des conseillers ? n’en choisis qu’un seul entre mille ! Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en le mettant à l’épreuve ; n’aie pas trop vite confiance en lui. Il y a celui qui est ton ami quand cela lui convient, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse. Il y a celui qui d’ami se transforme en ennemi, et qui va divulguer, pour ta confusion, ce qui l’oppose à toi. Il y a celui qui est ton ami pour partager tes repas, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse. Quand tout va bien pour toi, il est comme un autre toi-même et commande avec assurance à tes domestiques ; mais si tu deviens pauvre, il est contre toi, et il se cache pour t’éviter. Tes ennemis, tiens-les à distance ; avec tes amis, sois sur tes gardes. Un ami fidèle, c’est un refuge assuré, celui qui le trouve a trouvé un trésor. Un ami fidèle n’a pas de prix, sa valeur est inestimable. Un ami fidèle est un élixir de vie que découvriront ceux qui craignent le Seigneur. Celui qui craint le Seigneur choisit bien ses amis, car son compagnon lui ressemblera.

Psaume 119(118),12.16.18.27.34-35.

Toi, Seigneur, tu es béni :
apprends-moi tes commandements.
Je trouve en tes commandements mon plaisir,
je n'oublie pas ta parole.

Ouvre mes yeux,
que je contemple les merveilles de ta loi.
Montre-moi la voie de tes préceptes,
que je médite sur tes merveilles.

Montre-moi comment garder ta loi,
que je l'observe de tout cœur.
Guide-moi sur la voie de tes volontés,
là, je me plais.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,1-12.

En ce temps-là, Jésus arriva dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait. Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
– Acclamons la Parole de Dieu.


Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

 

En se référant « au commencement du monde », c'est-à-dire au projet du Créateur, Jésus nous rappelle que ce qui est « permis » dans le but d’endiguer les abus, ne doit pas nous détourner de ce qui est « prescrit », c'est-à-dire de ce qui correspond à l’appel de Dieu sur l’homme et la femme. Les manquements à l’amour sont inévitables, mais la miséricorde envers nos faiblesses n’abroge pas l’obligation de poursuivre notre effort sur le chemin de la charité parfaite. Dieu attend de nous qu’avec l’aide de sa grâce, nous poursuivions notre effort pour demeurer fidèles à son dessein initial sur l’humanité, sans prendre prétexte des « tolérances » pour demeurer dans la médiocrité des tièdes.

 

L’actualité de cette parole est trop criante pour qu’il soit nécessaire d’insister. En ce qui concerne la défense de la famille, ne disposant pas de la sagesse d’un Moïse, le législateur semble avoir perdu le souci de préserver le minimum des droits du plus faible, et s’est mis au service des revendications du plus grand nombre - ou du moins de ceux qui se font le plus entendre. Aussi, à force de multiplier les concessions en matière de morale, tout semble permis, et l’inertie du péché entraîne notre société irrésistiblement à la dérive de ses passions non réfrénées. Ainsi l’avortement, qui était à l’origine considéré comme un « crime », est devenu un délit dépénalisé, puis un fait toléré, bientôt une pratique banalisée, en attendant d’être un « droit » reconnu. Qu’en sera-t-il demain de l’euthanasie ?

 

Il est important que le chrétien se souvienne que ce que permet la loi civile n’oblige pas ; et même si elle venait un jour à obliger contre la voix de notre conscience, c’est cette dernière qui doit toujours avoir le dernier mot, car « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29).

 

Seigneur, au milieu de notre monde où le relativisme tend à nous faire justifier notre manière de vivre en fonction de ce que nous sommes capables de vivre aujourd’hui, fais-nous la grâce de ne pas perdre de vue la voie de ta Sagesse. Puisse chacun de nous renouveler chaque matin cette prière du Psalmiste : ‘Montre-moi la voie de tes préceptes, que je médite sur tes merveilles. Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur. Guide-moi sur la voie de tes volontés, là je me plais’ (Ps 118 (119), 33-35).

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Il les instruisait comme d'habitude»

 

Aujourd'hui, Seigneur, je voudrais prendre un peu de temps pour te faire une prière de remerciement pour tous tes enseignements. Tu enseignais avec autorité et tu le faisais dès qu'on te laissait faire et tu profitais de toutes les occasions: bien sûr, je comprends Seigneur que le but de ta mission était de transmettre la Parole du Père. Et tu l'as fait.

—Aujourd'hui, connecté à internet je te dis: Parle-moi, parce que je veux prendre un petit moment pour prier comme un disciple fidèle. D'abord, je voudrais te demander la capacité d'apprendre ce que tu enseignes et ensuite être capable de l'enseigner aux autres. Je reconnais qu'il est facile de tomber dans l'erreur de te faire dire des choses que tu n'as jamais dites, et avec une audace malveillante, j'essaie de te faire dire ce que j'aimerais que tu dises. Je reconnais que mon cœur est peut-être plus endurci que celui de ceux qui t'écoutaient.

—Je connais ton évangile, le Magistère de l'Église, le catéchisme, et je me souviens des paroles du pape Jean Paul II dans sa "Lettre aux familles": «Le dessein de l'utilitarisme, fondé sur une liberté orientée dans un sens individualiste, c'est-à-dire une liberté sans responsabilité, constitue l'antithèse de l'amour». Seigneur, je te demande de briser mon cœur qui a envie d'un bonheur utilitariste et de me faire entrer dans la vérité divine dont j'ai tant besoin.

—Vu d'ici, comme du sommet d'une montagne, je comprends que tu dises que l'amour du mariage est définitif, que l'adultère —en plus d'être un péché comme toute offense grave envers toi, qui est le Seigneur de la Vie et de l'Amour— est un faux chemin vers le bonheur: «Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle» (Mc 10,11).

Je me rappelle aussi d'un jeune homme qui me disait: «Mon père, le péché promet beaucoup, ne donne rien et enlève tout». Bon Jésus, fais que je puisse te comprendre, et que je puisse l'expliquer aux autres: ce que tu as uni, l'homme ne peut pas le séparer (cf. Mc 10,9). Loin d'ici, en dehors de tes chemins je ne trouverai pas le bonheur véritable. Jésus, apprends moi à nouveau!

Merci Jésus. Mon cœur est dur mais je sais que tu as raison.

Abbé Miquel VENQUE i To (Barcelona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, ces questions sur le divorce existent depuis toujours. Ici, on assiste à l’opposition entre laxistes et rigoristes ; mais si les pharisiens veulent te mettre à l’épreuve, toi, tu restes fidèle à l’enseignement de toujours : tu n’es pas venu pour changer la Loi mais pour l’accomplir. Tu es la lumière du monde et tu veux que nous comprenions « qu’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ».

Demande

Seigneur, tu sais bien que la réponse à ces questions n’est pas celle que notre sensibilité et notre cœur livrés à eux-mêmes peuvent nous susurrer. Si l’Esprit Saint ne vient pas à notre aide, nous sommes comme des aveugles incapables de dépasser les obstacles. Seigneur, accorde-nous la grâce du discernement que tu souhaites pour chacun d’entre nous.

Points de réflexion

1. « Pour le mettre à l’épreuve ».
Une fois de plus, les pharisiens contestent tes actes, ton enseignement et ton comportement. Ils veulent te pousser à contredire ce qu’ils appellent « l’enseignement de Moïse ». Même s’il ne fait pas partie des lois de Moïse, tu ne nies pas que le divorce existe chez les juifs depuis longtemps et qu’il en était question dès le livre du Deutéronome, parlant d’un homme qui a découvert chez sa femme, « une tare à lui imputer » (Dt 24, 1). Dans le récit de Matthieu qui relate la même discussion, tu cites ce passage et tu ajoutes : « Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère » (Mt 5, 31-32)

2. « L’homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à sa femme ».
Tu soulignes ton enseignement en reprenant le commandement de Dieu au moment de la création d’Adam et Ève : cette prescription concernait tous leurs descendants jusqu’au dernier qui naîtrait dans le monde. Tu leur fais remarquer que le divorce ne s’est introduit dans les usages qu’ « en raison de la dureté de votre cœur ». Tu indiques que l’égoïsme, le mensonge, l’homicide, le vol, la corruption, y compris la corruption politique, et toutes autres sortes de déviances, sont à l’origine de cette possibilité de rupture entre l’homme et la femme. Tu soulignes que c’est bien à cause de la dureté du cœur de l’homme pécheur que ce comportement est entré dans la vie, mais pas du tout en fonction des dispositions originelles de la création du cœur de l’homme.

3. « De retour à la maison ».
Ces explications ne suffisent pas à tes disciples qui continuent à discuter de cette affaire entre eux. Le récit de Matthieu rapporte leurs remarques : s’il en est ainsi, « il vaut mieux ne pas se marier ». Leur esprit et leur raisonnement sont totalement dépassés et aveuglés par l’ampleur de cette question.
Seigneur, même si je ne suis pas directement concerné, je dois pouvoir répondre à ceux qui me poseraient cette question. Seigneur, que dois-je dire ? Que dois-je faire ? Quelle position accepter ? Aujourd’hui, les discussions sur ce thème sont difficiles et il n’est pas facile d’avoir une position claire dont les arguments solides restent fermes tout en préservant le respect de la dignité et la charité vis-à-vis de chacun face à une situation douloureuse pour certains.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, que veux-tu que je fasse pour répondre selon toi. Que dire et que faire face à la sensibilité des personnes qui vivent une situation aussi complexe que douloureuse et qui peut aussi concerner leurs enfants ? Merci à l’Esprit Saint d’avoir suscité à l’Église la mise en place de sessions de préparation au mariage. Ces difficultés de toujours font souffrir l’Église et te font souffrir, toi aussi. Seigneur, accorde-moi la grâce de transmettre ma foi avec patience, délicatesse et bonté sans la trahir. Que l’Esprit Saint parle à mon cœur et soit celui qui enseigne tout à ceux qui le prient. Seigneur, je te prie tout spécialement pour tes prêtres qui doivent accompagner ces personnes dans la complexité de leur situation.

Résolution

Prier pour les couples en difficulté et remercier pour le grand nombre de ceux qui font tout pour être heureux.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de RC

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Partant de là, Jésus arrive dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, des foules s’assemblent près de lui, et de nouveau, comme d’habitude, il les enseignait."

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.  Les Pharisiens voulaient tendre un piège à Jésus et le mettre en contradiction avec Moïse. Ils posent une question au sujet du renvoi de l’épouse. Jésus nous éclaire alors d’une manière admirable. Partant de la permission de Moïse, Jésus dit à ses contradicteurs les arrangements de Moïse devant la perfidie du cœur humain. Or il nous faut revenir « au commencement, » au moment de la création de Dieu. Dieu a voulu la complémentarité de l’homme et de la femme, il les a voulus différents, leur donnant une égale dignité. C’est à partir de cette différence qu’il a créé la merveille de l’amour et la merveille de la vie, et il a dit :« Les deux ne feront qu’un seul être. » L’amour a lié entre eux un lien irréversible, ils sont entrés tous deux, librement, dans l’œuvre de Dieu. Ce que Dieu a uni, ce que Dieu a voulu un, il n’appartient pas aux humains de le désunir. Personne ne peut défaire ce que Dieu a fait.

"Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Les échecs et les déceptions dont nous sommes responsables dans les liens que nous tissons peuvent mener à une grande colère. Nous comprenons ce qui aboutit à l’endurcissement du cœur des Pharisiens qui veulent mettre Jésus à l’épreuve. Ils mettent en cause l’unité de l’homme et de la femme. Aucune loi humaine ne peut prévaloir contre le dessein de Dieu. Il nous faut revenir à la Pensée de Dieu pour notre humanité car nous sommes loin de l’émerveillement réciproque de l’homme et de la femme. Dieu les a fait à son image et à sa ressemblance, à l’origine de la création ! Il s’agit, dans nos relations, de l’unité de l’amitié et de l’amour. Le croyant doit se déterminer à partir de ce que Dieu a fait pour « l’homme » et de ce que Dieu a dit de la vie et de la mort. Nous voulons nous montrer courageux dans nos propres choix, nous respectons les options douloureuses de tant d’hommes et de femmes qui vivent de véritables calvaires les choix qui les ont mis en enfer. Dans la prière, nous portons ces hommes et ces femmes blessés, comme Dieu les porte dans son amour et sa miséricorde. Il nous faut retrouver l’émerveillement de l’origine : « C’est l’os de mes os, c’est la chair de ma chair. » Nous sommes face à l’accusation et au doute qui ont été introduits dés l’origine dans l’humanité par le Menteur.

"De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère." Nous prions pour tous ceux qui ôtent à l’être humain sa dignité. Nous demandons pour eux lumière et discernement face aux énigmes de la vie. Nous demandons encore « Qu’est-ce que Dieu a voulu au commencement ? » Donnes-nous Seigneur un surcroît d’espérance, pour que nous vivions avec bonheur le lien d’amour que nous avons choisi avec toi. Cette unité d’Amour est en Dieu, elle est le mystère de Dieu Amour : « Père, Fils et Saint-Esprit. » Nous sommes l’unité de notre père et de notre mère. Nous ne sommes ni l’un ni l’autre, nous sommes un autre, et pourtant nous sommes quelque chose de leur unité ! Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. C’est Dieu lui-même, le Saint-Esprit, qui donne à chacun d’être ce qu’il est. C’est encore Lui qui nous unit, sous son regard, dans son amour infini. Vivre selon cet émerveillement, dans la foi et la confiance, c’est l’Amour qui nous est proposé par Dieu. Cette confiance est nécessaire en même temps que la prudence qui nous permet d’avoir des relations équilibrées dans l’amour. « Ainsi, ils ne seront plus deux, mais ils seront un. »

Nous demandons à Dieu la grâce de renouveler les liens d’amour qu’il nous donne.

Père Gilbert Adam

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« Tous deux ne feront plus qu'un »

« Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance », dit Dieu (Gn 1,26). Un simple commandement avait fait surgir les autres êtres de la création : « Que la lumière soit ! » ou « Qu'il y ait un firmament ! » Cette fois, Dieu ne dit pas : « Qu'il y ait des hommes », mais il dit : « Faisons l'homme ». En effet, il estimait convenable que soit façonnée de ses propres mains cette image de lui-même, supérieure à toutes les autres créatures. Cette œuvre lui était particulièrement proche ; il l'aimait d'un grand amour... Adam est à l'image de Dieu parce qu'il porte l'effigie du Fils Unique...

D'une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu'ils n'existent, l'humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune querelle, aucune discorde, ne devait s'élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté... Le Seigneur a formé Adam de poussière et d'eau ; Ève, il l'a tirée de la chair, des os et du sang d'Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait les mystères de la crucifixion. L'ouverture du côté, c'était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix ; le sang et l'eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34)... Mais l'eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l'origine du monde de l'Esprit...

Adam n'a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale vous attend ! »... Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa sœur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés d'un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis.

Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien

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Evangile et Homélie du Jeudi 23 Fév 2017. Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous.

 


Jeudi 23 février 2017

Nous sommes à la 7e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Polycarpe, évêque et martyr († 167)


 
Livre de l'Ecclésiastique 5,1-8.

Ne t’appuie pas sur tes richesses, ne dis pas : « Elles me suffisent. » Ne te laisse pas entraîner par ton instinct et ta force à suivre les désirs de ton cœur. Ne dis pas : « Qui m’en imposera ? », car le Seigneur ne manquerait pas de te châtier. Ne dis pas : « J’ai péché, et rien ne m’est arrivé », car le Seigneur sait attendre longtemps. Ne sois pas assuré du pardon au point d’entasser péché sur péché. Ne dis pas : « Sa miséricorde est grande, il pardonnera bien tous mes péchés », car, en lui, il y a pitié mais aussi colère ; son indignation s’abattra sur les pécheurs. Ne tarde pas à te retourner vers le Seigneur, ne remets pas ta décision de jour en jour ; car brusquement éclatera la colère du Seigneur, et à l’heure du châtiment, tu seras anéanti. Ne t’appuie pas sur des richesses injustement acquises : elles ne te serviront de rien au jour de l’adversité.

Psaume 1,1-2.3.4.6.

Heureux est l'homme
qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu'il entreprend réussira.
Tel n'est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,41-50.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. […] Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. […] Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Chacun sera salé au feu. C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 


 

 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 


 


 

 

« Si ta main… si ton pied… si ton œil t’entraînent au péché, coupe-les ». Jésus nous invite à nous convertir sur trois points qui touchent aux relations que nous entretenons avec nos frères. La main, le pied, l’œil : trois organes que nous utilisons pour communiquer avec autrui. 

 

Mais que veut dire Jésus quand il parle de les couper ? Bien sûr, il ne s’agit pas d’une invitation à se mutiler physiquement. Alors comment lire et interpréter ces images ?  Il me semble que Jésus touche ici trois de nos péchés fondamentaux. Le pied désignerait le péché d’autonomie, le fait d’aller là où l’on veut sans rendre de compte à personne et encore moins à Dieu. La main représenterait le fait de nous approprier ce que nous recevons d’autrui, qu’il soit notre frère en humanité ou Dieu lui-même. Enfin, l’œil signifierait nos envies jamais assouvies, nos jalousies, nos regards silencieux qui emprisonnent, qui réduisent l’autre à n’être qu’un objet. Trois péchés qui nous replient sur nous-mêmes, nous enferment dans la solitude et nous empêchent de nous ouvrir à nos frères et à Dieu. Trois péchés qui nous déshumanisent en s’attaquant à notre être relationnel.

 

Mieux vaut alors tailler dans ces démarches de domination et cet égoïsme qu’échapper à la « vie ». Voilà la signification des paroles de Jésus. Il est important de remarquer que Jésus nous renvoie ici à notre responsabilité : « coupe-le ». C’est bien à moi d’agir, de couper ce qui en moi est mauvais et m’entraîne au péché. Jésus ne fait pas à ma place. Autrement dit, si je ne veux pas me convertir, Dieu ne me forcera pas. Autant ma liberté peut-elle coopérer à la grâce, autant peut-elle y faire obstacle. Il est donc des cas où l’amputation d’un membre peut sauver l’homme tout entier. Car c’est bien de notre salut dont il est question ici. L’enjeu est grand : « la géhenne » ou « la vie éternelle ».

 

Seigneur Jésus, merci pour le cadeau précieux de notre liberté. Donne-nous de savoir en faire usage pour coopérer à ton œuvre de salut en nous et autour de nous. Que nous sachions renoncer à tout ce qui nous entraîne au péché, particulièrement à tout ce qui nous coupe de toi et de nos frères. Que le feu de ton Esprit vienne nous purifier pour que le sel de notre vie chrétienne ait la saveur du service de la charité et de la paix.

 

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



 

«Celui qui vous donnera un verre d'eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense»

 

 

Aujourd'hui, la proclamation de l'évangile est un peu difficile à comprendre en raison de la dureté des paroles de Jésus : «si ta main t'entraîne au péché, coupe-la (…) Si ton œil t'entraîne au péché, arrache-le» (Mc 9,43.47). Jésus est très exigeant envers ses fidèles. Tout bêtement, Jésus veut nous dire que nous devons renoncer à toutes ces choses qui nous font du mal, même si ce sont des choses que nous aimons beaucoup, car elles peuvent nous conduire au péché et au vice. Saint Grégoire écrit que «nous ne devons pas désirer les choses qui ne font que satisfaire nos besoins matériels et répréhensibles». Jésus exige la radicalité. Dans un autre passage de l'évangile il nous dit aussi: «celui qui veut garder sa vie, la perdra, mais celui qui la perdra pour Moi la gardera» (Mt 10,39).

En outre, cette demande de Jésus est une exigence d'amour et de croissance. Nous ne resterons pas sans récompense. Ce qui doit donner un sens à nos actes doit être toujours l'amour: nous devons parvenir à donner un verre d'eau à celui qui en a besoin et pas pour une satisfaction personnelle mais par amour. Nous devons être capables de voir Jésus dans les pauvres et ceux qui sont dans le besoin. Jésus ne fait que dénoncer et condamner sévèrement ceux qui font le mal et ceux qui font des scandales, ceux qui éloignent les plus petits du bien et de la grâce de Dieu.

Enfin, nous devons tous passer par l'épreuve du feu. C'est le feu de la charité et de l'amour qui nous purifie, afin que nous devenions le sel qui donne le bon goût de l'amour, du service et de la charité. C'est dans la prière et dans l'Eucharistie que nous chrétiens puisons la force de la foi et du bon goût du sel du Christ. Nous ne resterons pas sans récompense.

Abbé Xavier PARÉS i Saltor (La Seu d'Urgell, Lleida, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



Prière d'introduction

Seigneur, me voici devant toi. En cette fête de saint Polycarpe, je veux t’offrir la même prière que ton martyr t’a adressée sur le bûcher : « Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de Jésus-Christ, ton Fils béni et bien-aimé, à qui nous devons de te connaître, Dieu des anges, des puissances, de toute la création et du peuple entier des justes qui vivent sous ton regard, je te bénis parce que tu m’as jugé digne de ce jour et de cette heure, et que tu me permets de porter mes lèvres à la coupe de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle de l’âme et du corps dans l’incorruptibilité de l’Esprit Saint ».

Demande

Seigneur, apprends-moi la douce radicalité de l’Évangile !

Points de réflexion

1. Ce passage de l’Évangile me transporte en Galilée quelques jours avant que Jésus ne parte définitivement pour la Judée, où il mourra et ressuscitera. Cela fait longtemps qu’il a choisi les douze apôtres, et pourtant ceux-ci se demandent encore qui est le plus grand. Ils se disputent pour savoir qui aura la première place. Ils ne se rendent pas compte que le véritable combat est un combat intérieur, le combat contre le péché. Jésus, ici, ne plaisante pas. Il leur explique que c’est une lutte à mort, que la perte d’un membre ou d’un œil vaut mieux que la mort éternelle provoquée par le péché.
Moi aussi, je suis comme les apôtres. Bien souvent, je suis préoccupé par des dizaines de projets importants à mes yeux, mais combien futiles par rapport au vrai projet de ma vie : la sainteté ! Le Seigneur m’enseigne aujourd’hui que je ne dois pas jouer avec les occasions de péché, qu’il faut couper court à la tentation. La tentation, c’est comme le monstre Scylla dans l’Odyssée. La déesse Circé dit à Ulysse : « Scylla est un monstre terrible, sauvage, cruel, qu'on ne peut combattre ; il est impossible de se défendre contre elle, et le plus sûr est de fuir ». Saint François de Sales avait bien compris que la fuite était la meilleure stratégie, le soir où des étudiants jaloux avaient invité une prostituée pour le séduire. Fuir demande parfois plus de courage que résister. Seigneur, donne-moi le courage de fuir le péché !

2. Faut-il que j’applique à la lettre les paroles de Jésus et que je me mutile les mains, les pieds et les yeux ? Si l’Église l’avait entendu ainsi, les saints seraient sans doute tous manchots, borgnes et unijambistes. Mais ce n’est pas cela que me demande le Christ. Il veut plutôt que j’arrache le mal à la racine, qui se trouve non au niveau des mains, des pieds ou des yeux, mais au niveau du cœur : « Ce qui sort de la bouche provient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur » (Mt 15, 18). C’est mon cœur que je dois purifier, c’est-à-dire mes pensées, mes tendances et mes convictions.
Dans ce passage de l’Évangile, le Seigneur me donne deux indices qui m’indiquent comment purifier mon cœur. Je peux d’abord offrir un verre d’eau fraîche à mon frère dans la foi. La pratique de la charité est une façon d’inviter Jésus à venir lui-même habiter mon cœur, car c’est lui qui aime à travers mes pauvres gestes. Je peux aussi avoir du sel en moi-même, c’est-à-dire savourer les choses de Dieu et avoir du goût pour la prière et pour la vérité. C’est ainsi que je pourrai avoir un cœur pur, dont le rayonnement, en passant par mes mains, mes pieds et mes yeux, arrivera à Dieu et à mes frères.

Dialogue avec le Christ

Seigneur Jésus, je t’offre mes mains pour faire ton travail, je t’offre mes pieds pour suivre ton chemin, je t’offre mes yeux pour voir comme toi. Surtout, je t’offre mon coeur pour qu’en moi tu aimes le Père et tous les hommes ! Sainte Vierge Marie, purifie mon cœur !

Résolution

Aujourd’hui, je ferai un examen de conscience pour discerner les tentations qui me font courir le plus de risque de péché, et je prendrai la décision de les éviter.

Frère Benoît Terrenoir, LC

http://www.regnumchristi.fr


 


 

"Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous."

Saint Polycarpe, que nous fêtons aujourd’hui, s’est enraciné dans l’Amour infini de Dieu. Il était disciple de saint Jean qui avait entendu et vu Jésus. Saint Irénée, disciple de Polycarpe, a évangélisé la France à partir de Lyon. Dans son martyre de Saint Polycarpe, alors que les bourreaux avaient allumé le feu du bûcher, le vent s’est mis à souffler et une grande voûte de lumière entourait le vénérable vieillard qui ressemblait à un pain qui cuisait plutôt qu’à un martyr qui allait mourir. Le feu des hommes n’a pas touché Polycarpe qui demeurait dans le feu de l’amour infini de Dieu. Jésus nous a averti que le mal rôde toujours, qu’il guette ceux qui vivent dans la lumière et l’amour de Dieu. Nous avons à l’esprit tant de nos frères dans la foi qui livrent un combat continuel à cause de leur foi. Ils souffrent la persécution, les calomnies jusqu’à donner leur vie. Jésus nous dit que nous souffririons à cause de son Nom. Nous subissons aujourd’hui encore dans le monde, des persécutions sanglantes comme les martyrs des premiers siècles. Dans tant de régions de l’univers, nous succombons au matérialisme de la société. Beaucoup d’entre nous sont méprisés parce qu’ils témoignent des vérités de la foi. Mais l’Esprit Saint, l’Amour toujours offert, circule dans nos vies enracinées dans l’Amour du Père.

"Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre." C’est l’ignorance de l’amour du Père qui provoque la Croix de Jésus. Dieu est Amour, nous avons l’expérience d’être aimés jusqu’au bout par la Passion de Jésus. Nous avons d’autant plus besoin d’amour pour lui que nous sommes dans l’épreuve avec lui. Si nous demeurons dans l’amour, nous portons beaucoup de fruits. Notre grâce est aussi notre épreuve, nous sommes traités comme Jésus. Malgré la méchanceté, les persécutions que nous recevons, nous voulons servir dans la vérité, la justice et la paix. Nous demeurons dans l’amour lorsque nous recevons Jésus dans l’Eucharistie. L’Esprit Saint demeure sans cesse en nous pour ranimer notre vie. Avec Jésus, pour rencontrer nos frères, il nous faut un cœur pleinement aimant, obéissant, comme lui. Notre vocation est de devenir l’enfant bien aimé du Père, notre vocation est de devenir des sœurs et des frères qui s’aiment. Le mystère du passage de la mort à la vie qui s’offre à nous, nous plonge dans le mystère pascal.

« Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. » Nous entendons cet appel de Jésus et nous rejetons toute crainte. Jésus est mort et il est Ressuscité. Nous continuons à marcher sur ses pas en lui demandant humilité et simplicité. Demandons à l’Esprit de remplir nos cœurs de la vraie joie, celle des enfants du Père. A la suite de Jésus, notre vie renait à partir de nos croix. Nous ne pouvons pas porter témoignage si nous n’avons pas rencontré Jésus crucifié. L’efficacité de notre témoignage dépendra de la profondeur de nos propres convictions. Si nous vivons et reflétons fidèlement l’Evangile nous pourrons être des témoins convaincants. Nous apprenons à connaître Jésus par la prière et par les sacrements. Dans son amour, dans sa présence, son amour est plus fort et plus vrai que tout. « Nous reconnaissons qu’il demeure en nous, parce qu’il nous a donné de son Esprit. » Demeurer dans l’amour, est le plus grand combat de notre vie, car « l’amour n’est pas aimé. » Jésus par sa croix est vainqueur de tout ce qui s’oppose à l’amour.

Nous demandons la grâce de comprendre l’amour de Dieu et de marcher à la suite de Jésus.

Père Gilbert Adam

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« Si ta main t'entraîne au péché » : la conversion du cœur.

On ne peut parvenir au Royaume annoncé par le Christ que par la conversion, la « metanoia », c'est-à-dire par le changement et le renouvellement intime et total de l'homme tout entier, dans ses pensées, ses jugements et sa vie, changement et renouvellement qui s'opèrent en lui à la lumière de la sainteté et de l'amour de Dieu qui nous ont été manifestés et communiqués en plénitude dans le Fils.

L'invitation du Fils à la « metanoia » nous oblige d'autant plus qu'il ne l'a pas seulement prêchée, mais qu'il s'est offert lui-même en exemple. Le Christ est en effet le modèle suprême des pénitents. Il a voulu souffrir non pas pour ses péchés, mais pour ceux des autres.

Lorsqu'il se met devant le Christ, l'homme est éclairé d'une lumière nouvelle, il reconnaît la sainteté de Dieu et la gravité du péché. Par la parole du Christ, lui est transmis le message qui invite à la conversion et accorde le pardon des péchés. Ces dons, il les reçoit en plénitude dans le baptême, qui le configure à la Passion, à la mort et à la résurrection du Seigneur. C'est sous le signe de ce mystère que se place toute la vie à venir du baptisé.

Tout chrétien doit donc suivre le Maître en renonçant à lui-même, en portant sa croix et en participant aux souffrances du Christ (Mt 16,24). Ainsi, transfiguré en image de sa mort, il devient capable de méditer la gloire de la résurrection.


Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978

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Evangile et Homélie du Mardi 21 Fév 2017. Si quelqu’un veut être le 1er, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.


Mardi 21 février 2017

Le mardi de la 7e semaine du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Pierre Damien, docteur de l'Église († 1072), Bx Noël Pinot, prêtre et martyr (1747-1794)



Livre de l'Ecclésiastique 2,1-11.

Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve ; fais-toi un cœur droit,  tiens bon ; ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance. Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui, et votre récompense ne saurait vous échapper. Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie éternelle et la miséricorde : ce qu’il donne en retour est un don éternel, pour la joie. Considérez les générations passées et voyez : Celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur, a-t-il été déçu ? Celui qui a persévéré dans la crainte du Seigneur, a-t-il été abandonné ? Celui qui l’a invoqué, a-t-il été méprisé ? Car le Seigneur est tendre et miséricordieux, il pardonne les péchés, et il sauve au moment de la détresse.

Psaume 37(36),3-4.18-19.27-28ab.39-40ac.

Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ;
mets ta joie dans le Seigneur :
il comblera les désirs de ton cœur.

Il connaît les jours de l'homme intègre
qui recevra un héritage impérissable.
Pas de honte pour lui aux mauvais jours ;
aux temps de famine, il sera rassasié.

Évite le mal, fais ce qui est bien,
et tu auras une habitation pour toujours,
car le Seigneur aime le bon droit,
il n'abandonne pas ses amis.

Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,30-37.

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.


 Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

Homélie ou Méditation du jour

Notre-Seigneur n’a pas besoin de réponse à sa question « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Il connaît le cœur de ses disciples, et leur silence gêné ne fait que confirmer l’objet de leur conversation animée : « ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand ». L’enseignement proposé par Jésus et illustré par le geste de tendresse envers l’enfant mis à l’honneur au milieu du cercle, a sans aucun doute frappé les disciples.

La rupture avec l’esprit du monde - prônant la course aux honneurs et poussant à la compétition pour la première place - a revêtu incontestablement une importance toute particulière pour la jeune Eglise. « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous » : voilà qui chamboule la hiérarchie spontanée en vigueur dans notre monde. Pour être le premier dans le Royaume, il faut accepter - bien plus, choisir - la dernière place, celle de l’esclave, qui se fait « serviteur de tous ». Il ne s’agit pas de chercher à prendre le pouvoir par le biais d’une stratégie manipulatrice ; mais simplement d’imiter Dieu, qui règne et exerce son pouvoir par le service désintéressé, humble et discret de tous les hommes. Telle est la révélation bouleversante de l’agir et de l’être divins que Jésus veut transmettre aux disciples de tous les temps.

N’est ce pas lorsque l’Eglise s’est souvenue de cet enseignement, qu’elle a écrit les plus belles pages de son histoire ? A chaque époque Dieu nous a donné des saints et des saintes qui nous ont rappelé par l’engagement de toute leur vie au service des plus démunis, cette exigence de l’amour de prédilection pour les pauvres qui constitue le testament du Seigneur Jésus Christ. Le disciple est avant tout celui qui demeure dans la proximité de son Maître ; or c’est auprès du plus petit que se tient le Seigneur. Certes ce n’est sans doute pas très bon pour notre plan de carrière selon les normes de ce monde ; mais « celui qui a mis sa confiance dans le Seigneur, a-t-il été déçu ? Celui qui a persévéré dans la crainte du Seigneur, a-t-il été abandonné ? Celui qui l’a invoqué, a-t-il été méprisé ? » (1ère lect.) « Faisons donc confiance au Seigneur, agissons bien : si nous nous mettons au service de ses enfants de prédilection, il saura combler les désirs de notre cœur » (Ps 36).

Seigneur, tu nous as enseigné par toute ta vie et ta mort, que nous ne monterons l’échelle de la sainteté, qu’en descendant celle de l’humilité ; d’une humilité concrète, qui se penche avec respect sur les plus démunis parmi nos frères pour les servir avec amour, reconnaissant en eux le sacrement de ta présence au milieu de nous. Eclaire-nous sur nos compromissions avec l’esprit du monde : que nous renoncions à toutes formes de vaine gloire, pour ne chercher d’autre honneur et d’autre richesse que de te servir dans les plus pauvres de nos frères.

Père Philippe

http://www.meinau-catholiques.org



«Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes»

Aujourd'hui, l'Évangile nous apporte deux enseignements de Jésus qui sont étroitement liés. D'une part, le Seigneur nous annonce qu'«ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera» (Mc 9,31). C'est la volonté du Père à son égard: Il est venu au monde pour cela, Il veut nous libérer ainsi de notre esclavage du péché et de la mort éternelle; pour nous faire ainsi des fils de Dieu. Le dévouement du Seigneur au point de donner sa vie pour nous démontre l'infinité de l'amour de Dieu: un amour sans limite, un amour qui se contrefiche de s'abaisser à la folie et l'indignation de la croix.

C'est terrifiant d'entendre la réaction des apôtres, toujours occupés à se regarder eux-mêmes en négligeant d'apprendre du Maître: ils «ne comprenaient pas ces paroles» (Mc 9,32), car en route ils discutaient toujours qui d'entre eux serait le plus grand et au cas où eux aussi devraient y passer, ils ont peur de lui poser des questions.

Avec une douce patience, le Seigneur ajoute: il faut se faire le dernier et le serviteur de tous. Il faut accueillir le petit et le simple, car le Seigneur a voulu s'identifier à eux. Nous devons accueillir Jésus dans nos vies car c'est ainsi que nous ouvrons les portes à Dieu lui-même. C'est comme un programme de vie pour la route.

Ainsi l'explique le saint Curé d'Ars, Jean Baptiste Marie Vianney: «A chaque fois que nous pouvons renoncer à notre volonté pour faire celle des autres, quand notre conscience n'y est pas compromise, nous obtenons des grandes mérites que Dieu seul connaît». Jésus enseigne par ses paroles, mais surtout par ses œuvres. Ces apôtres, qui au début étaient incapables de comprendre, après la Croix et la Résurrection suivront les mêmes traces que leur Seigneur et leur Dieu. Et accompagnés par la Sainte Vierge, ils deviendront de plus en plus petits pour laisser Jésus grandir en eux et dans le monde.

Abbé Jordi PASCUAL i Bancells (Salt, Girona, Espagne)

http://evangeli.net/evangile



 

Prière d'introduction

 

Mon Dieu, je crois en toi, j'espère en toi et je t’aime.

 

Demande

 

Que cette prière accorde également tous tes bienfaits à ceux qui ne croient pas en toi, qui n’espèrent pas en toi et qui ne t’aiment pas.

 

Points de réflexion

 

1. « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes et ils le tueront, et quand il aura été tué, après trois jours il ressuscitera ».
Mais ils ne comprenaient pas cette parole et ils craignaient de l'interroger. Comme les disciples, cette affirmation me surprend. Tu sais, Seigneur, ce qui t’attend, et tu ne rebrousses pas chemin. Tu es venu pour nous sauver : « Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10), et rien ni personne ne t’empêchera d’aller jusqu’au bout de ta mission, jusqu’à l’extrême : « Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » (Jn 13,1). Effectivement, autant d’amour et de détermination me dépasse ! Pourquoi les disciples craignaient-ils de t’interroger ? Voulaient-ils se voiler la face ? Avaient-ils du mal à accepter les souffrances imminentes ? Manquaient-ils de foi en ta Résurrection ? Et moi, sur quoi ai-je peur de t’interroger ? Tu es la Vérité, toi seul a les paroles de vie éternelle (cf. Jn 6, 68), que je n’aie pas peur de cheminer avec toi, car « si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (Ps 22).

 

2. « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous ».
Voilà encore une phrase qui m’interpelle ! Comme nous l’explique le pape François (homélie du 21 mai 2013) « Le vrai pouvoir, c’est le pouvoir du service ». Le Christ lui-même « est venu non pour se faire servir, mais pour servir, et son service a été un service de la croix. Il s’est abaissé jusqu’à la mort, la mort par la croix, pour nous, pour nous servir, pour nous sauver ». Pour le chrétien, « progresser, c’est s’abaisser, être toujours au service ». Ainsi, « la vraie promotion, est celle qui ressemble le plus à Jésus », c’est-à-dire « être promu à la croix, être promu à l’humiliation ». Être uni à toi, sur la croix, pour être uni à toi lors de la Résurrection. Seigneur, quels sont les « pouvoirs » que je recherche ? Dans quelles situations aimerais-je être « reconnu », promu, valorisé, encensé ? Aux yeux de qui aimerais-je avoir de la valeur ? Comment puis-je mieux les servir ? Comment puis-je être le dernier là où je cherche à être le premier ?

 

3. « Quiconque accueille un enfant comme celui-ci à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille ; et quiconque m'accueille, ce n'est pas moi qu'il accueille, mais celui qui m'a envoyé ».
« À côté des enfants, Jésus place nos frères les plus petits, c'est-à-dire les miséreux, les nécessiteux, les affamés et assoiffés, les étrangers, ceux qui sont nus, les malades, les prisonniers. Les accueillir et les aimer ou, à l’inverse, les traiter avec indifférence et les repousser, signifie se comporter de la même manière envers lui, car c’est en eux qu’il se rend tout particulièrement présent. (…) Devenir petits et accueillir les petits : ce sont deux aspects d’un même enseignement que le Seigneur renouvelle à ses disciples d'aujourd'hui. Seul celui qui se fait petit est en mesure d’accueillir avec amour ses frères les plus petits » (Saint Jean-Paul II, message pour le Carême 2004).

 

Dialogue avec le Christ

 

Jésus, merci pour ta Parole, qui illumine mon chemin et me guide. Tu « me mènes vers les eaux tranquilles et me fait revivre », tu « me conduis par le juste chemin » (Ps 22) du service et de l’humilité.

 

Résolution

 

J’accomplirai une action concrète pour être le dernier là où je cherche à être le premier.

 

Mélanie Duriez, consacrée de RC

http://www.regnumchristi.fr



"Partis de là, ils traversaient la Galilée, et Jésus ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

Cette Parole résume le mystère de la pâque, et notre façon d’y entrer à la suite de Jésus. L’annonce de la Passion-Résurrection de Jésus provoque la dispute des disciples en route pour savoir qui étaient le plus grand. Jésus adresse un reproche à ses disciples : « si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et de serviteurs de tous ». Ce que Jésus demande à ceux qui veulent suivre, il l’a d’abord vécu lui-même. Cette attitude est fondamentale : « voici que je me tiens au milieu de vous comme celui qui sert. » Jésus annonce aussi : « Vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le Père est toujours avec moi. » Jésus est un homme traqué qui connaît ce qu’il y a dans l’homme. La vérité chasse les ombres, mais cela est insupportable pour ceux qui n’acceptent pas la lumière. Il est la Parole faite chair, il est la vérité qui dérange. Lui qui a déjà parlé de sa souffrance, emploie aujourd’hui une nouvelle expression : « Le « Fils de l’homme » est livré aux mains des hommes. » Il sera livré par Judas pour trente pièces d’argent. Livré aux Juifs, ils le livreront aux Romains, qui le livreront de nouveau aux Juifs. Jésus en prenant le pain qui deviendra « Eucharistie », se livrera lui-même pour que nous ayons la vie.

"Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Le serviteur est à la disposition des autres, il s’efface, s’abaisse, se donne sans compter. Dans la bouche de Jésus, l’image évoque le serviteur souffrant d’Isaïe qui se donne tout entier en rançon pour le peuple. Marc rapproche l’image du serviteur de celle du crucifié : Le fils de l’homme sera livré aux mains des pêcheurs pour être bafoué et mis à mort, puis ressusciter. Il est celui qui s’humilie, et qui sera exalté ; celui qui s’abaisse, et qui sera élevé. Nous voici au cœur du mystère de Pâques devant son double mouvement essentiel, abaissement-élévation. Jésus est seul, sa Parole va prendre corps, elle va devenir chair en chacun de nous. Ce mystère de Jésus qui habite en nous prendra beaucoup de temps pour se réaliser. Notre vie, donnée au Seigneur Jésus livré, va progresser encore jusqu’à ce quelle arrive à son but : « L’or est vérifié par le feu. » Cette image du feu de l’Amour qui enveloppe tout ce qu’il touche, évoque la Passion de Jésus. Il va tout transformer et tout conformer à lui-même, il faut que nous devenions le Christ au milieu du monde.

« Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » Jésus évoque l’humilité et la pauvreté qui s’exprime chez l’enfant. L’abaissement de Jésus est celui du Fils que le Père va transformer en gloire. Nous demandons la grâce d’imiter Jésus pour entrer avec lui dans le mouvement pascal. Bienheureux abaissement qui est encore au cœur de l’Eglise, il n’y a rien de plus urgent ni de plus fécond. Cet abaissement répète le geste de Jésus qui a triomphé de la mort et qui à sauvé le monde. L’abaissement doit être comme celui de Jésus, vrai et effectif. Il reproduit l’extraordinaire descente de Jésus du ciel jusqu’au milieu de nous, et, plus bas encore, jusque dans la mort et les enfers. Abaissement devant Dieu au cœur de toute épreuve. Abaissement devant nos frères comme serviteur de tous et à la dernière place, abaissement à nos propres yeux dans nos échecs et nos faiblesses. Seul l’Esprit Saint peut l’opérer en nous. Il nous donne ce grand amour de Jésus qui nous presse à le rejoindre par l’humiliation, par où lui-même est passé. Vivre cet abaissement dans la foi, l’espérance et la charité, en attendant de Dieu seul le relèvement, c’est devenir chrétien et entrer dans l’action de grâces de Jésus.

Nous demandons à Jésus la grâce d’être enveloppé de tendresse pour bâtir la civilisation de l’amour.

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/



 

« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille »

Dieu n'aurait-il pas pu faire l'homme parfait dès le commencement ? Pour Dieu, qui est depuis toujours identique à Lui-même et qui est incréé, tout est possible. Mais les êtres créés, parce que leur existence a commencé après la sienne, sont nécessairement inférieurs à Celui qui les a faits... Créés, ils ne sont donc pas parfaits ; venant d'être mis au monde, ils sont de petits enfants, et comme des petits enfants, ils ne sont ni accoutumés ni exercés à la conduite parfaite... Dieu donc pouvait donner dès le commencement la perfection à l'homme ; mais l'homme était incapable de la recevoir, car il n'était qu'un petit enfant.

Et c'est pourquoi notre Seigneur, dans les derniers temps, lorsqu'il a récapitulé en lui toutes choses (Ep 1,10), est venu à nous, non pas selon sa puissance, mais tel que nous étions capables de le voir. Il aurait pu, en effet, venir à nous dans sa gloire inexprimable, mais nous n'étions pas encore capables de porter la grandeur de sa gloire... Le Verbe de Dieu, alors qu'il était parfait, s'est fait petit enfant avec l'homme, non pour lui-même, mais à cause de l'état d'enfance où était l'homme.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr

http://levangileauquotidien.org


 

 

 

 

 



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Évangile et Homélie du Dim 19 Fév 2017.


Dimanche 19 février 2017

Nous sommes au 7ième dimanche du temps ordinaire

Saint(s) du jour : St Conrad (Corrado) Confalonieri, ermite en Sicile († 1351)



Livre du Lévitique 19,1-2.17-18.

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13.

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
Il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés.
Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,16-23.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’ Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’ Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48.

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! » Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’ Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 


Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
Les Bienfaits de la patience, 15-16 ; SC 291 (trad. cf SC p. 221)

« Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant »

 

« Supportez-vous les uns les autres dans l'amour, faisant tout ce qui est en votre pouvoir pour garder l'unité de l'esprit dans le lien de la paix » (Ep 4,2). Il n'est pas possible de maintenir l'unité ni la paix si les frères ne s'encouragent pas les uns les autres par le soutien mutuel, en gardant le lien de la bonne entente grâce à la patience...

Pardonner à ton frère qui commet des fautes à ton égard non seulement soixante-dix fois sept fois, mais absolument toutes ses fautes, aimer tes ennemis, prier pour tes adversaires et tes persécuteurs (Mt 5,39.44; 18,22) – comment y arriver si l'on n'est pas ferme dans la patience et la bienveillance ? C'est ce que nous voyons chez Étienne... : loin de demander la vengeance, il a demandé le pardon pour ses bourreaux en disant : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7,60). Voilà ce qu'a fait le premier martyr du Christ..., qui s'est fait non seulement prédicateur de la Passion du Seigneur mais imitateur de sa très patiente douceur.

Que dire de la colère, de la discorde, de la rivalité ? Elles n'ont pas de place chez un chrétien. La patience doit habiter son cœur ; on n'y trouvera alors aucun de ces maux... L'apôtre Paul nous en avertit : « Ne contristez pas le Saint-Esprit de Dieu... : faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes » (Ep 4,30-31). Si le chrétien s'échappe aux égarements et aux assauts de notre nature déchue, comme à une mer en furie, s'il s'établit dans le port du Christ, dans la paix et le calme, il ne doit admettre en son cœur ni colère ni discorde. Il ne lui est pas permis de rendre le mal pour le mal (Rm 12,17), ni de concevoir de la haine.

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Évangile et Homélie du Samedi 11 Fév 2017. Multiplication des pains.

 

 


Samedi 11 février 2017

Nous sommes à la 5e semaine du temps ordinaire

L'Église fête : Notre-Dame de Lourdes (1858)
Saint(s) du jour : St Pedro de Jésus Maldonado Lucero, prêtre et martyr, St Séverin, abbé de St-Maurice († 507)




Livre de la Genèse 3,9-24.

Quand Adam eut mangé du fruit de l'arbre, le Seigneur Dieu l'appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L'homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » Le Seigneur Dieu dit ensuite à la femme : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. » Il dit enfin à l’homme : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé le fruit de l’arbre que je t’avais interdit de manger : maudit soit le sol à cause de toi ! C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie. De lui-même, il te donnera épines et chardons, mais tu auras ta nourriture en cultivant les champs. C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens ; car tu es poussière, et à la poussière tu retourneras. » L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit. Puis le Seigneur Dieu déclara : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bien et du mal ! Maintenant, ne permettons pas qu’il avance la main, qu’il cueille aussi le fruit de l’arbre de vie, qu’il en mange et vive éternellement ! » Alors le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il travaille la terre d’où il avait été tiré. Il expulsa l’homme, et il posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie.

Psaume 90(89),2.3-4.5-6.12-13.

Avant que naissent les montagnes,
que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours,
toi, tu es Dieu.

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8,1-10.

En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

 

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 


 

Extraits de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris-France, 1980-2016. Tous droits réservés.

 

Homélie ou Méditation du jour

 

 

On reconnaît bien dans notre récit les gestes du rite eucharistique que Jésus fera à la Cène (Cf. Mc 14, 22-24). En multipliant pour cette foule les quelques pains de ses disciples, Jésus préfigure le don de son corps et de son sang dans l’Eucharistie pour le salut du monde et annonce le banquet céleste où tous les hommes réconciliés avec le Père par l’offrande de sa vie pourront siéger à la fin des temps.

 

 

Il est à noter ici que Jésus ne donne pas directement le pain qu’il vient de multiplier, il le fait distribuer par les disciples. Autrement dit, Jésus veut avoir besoin de nous pour être les canaux de sa miséricorde, pour être ses mains et son cœur auprès de ceux qui sont perdus loin de lui, dans la détresse et la souffrance.  Remarquons encore que le Seigneur part du peu que nous possédons : sept pains et quelques poissons. Et bien, même de ce pas grand-chose, le Seigneur veut en avoir besoin. Jésus veut avoir besoin de l’offrande de nos vies unie à sa propre offrande pour sauver le monde. Il veut nous associer d’une façon toute particulière au mystère de la rédemption.

 

Ce salut auquel il désire que nous collaborions, notre Seigneur veut le proposer à tout homme. La seconde multiplication des pains le rappelle avec force. De même que dans la première multiplication, les douze corbeilles renvoyaient aux douze tribus d’Israël, ici le chiffre « sept », qui est traditionnellement celui des païens (les cités grecques étaient gouvernées par sept sages), signifie que les païens comme les juifs sont conviés au banquet messianique. Autrement dit, le nouveau peuple de Dieu, auquel nous appartenons, doit demeurer accueillant à tous ceux qui se mettent à suivre le Christ.

 

Seigneur Jésus, fais-nous la grâce à chaque Eucharistie, de consentir toujours davantage à la réconciliation avec notre Père que tu nous as acquise par ta mort et ta résurrection. Donne-nous aussi de savoir unir à ton offrande celle de nos pauvres vies. Tu nous les rendras transfigurées et, à travers elles, rayonnera ta miséricorde auprès de ceux vers qui tu nous envoies.

 

Père Philippe

 

http://www.meinau-catholiques.org



«N'ont rien à manger»

Aujourd'hui, temps de rigueur et de trouble, Jésus nous appelle aussi pour nous dire qu’il ressent de la «compassion pour ces personnes» (Mc 8,2). De nos jours, avec la paix en crise, nous pouvons ressentir abondamment la peur, l’apathie, le recours à la banalité et à l’évasion: «Ils n’ont pas de quoi manger». Qui le Seigneur appelle-t-il? Le texte dit: «Ses disciples» (Mc 8,1), c’est-à-dire qu'il m'appelle moi, afin de ne pas les renvoyer à jeun, pour leur donner quelque chose. Jésus a eu pitié —cette fois-ci dans la terre des païens— car ils ont faim eux aussi.

Ah et nous! Réfugiés dans notre petit monde, nous disons que nous ne pouvons rien faire. «Où donc pourra-t-on trouver du pain pour qu'ils en mangent à leur faim, dans ce désert?» (Mc 8,4). D’où sortirons-nous une parole d’espérance sûre et ferme, sachant que le Seigneur sera avec nous tous les jours jusqu'à la fin des temps? Comment dire aux croyants et aux incroyants que la violence et la mort ne sont pas des solutions?

Aujourd’hui, le Seigneur nous demande, simplement, combien de pains nous avons?. Peu importe combien on a, il a besoin de tous ceux-là. Le texte dit «sept», chiffre symbole pour les païens, comme douze l'était pour le peuple juif. Le Seigneur veut atteindre tout le monde —c’est pourquoi l’Église veut se reconnaître elle-même depuis sa catholicité— et demande ton aide. Donne-lui ta prière: c’est déjà un pain! Donne-lui ton Eucharistie vécue: c’est un autre pain! Donne-lui ta décision de te réconcilier avec les tiens, ceux qui t’ont offensé: c’est un autre pain! Donne-lui ta réconciliation sacramentelle avec l’Église: c’est un autre pain! Donne-lui ton petit sacrifice, ton jeûne, ta solidarité: c’est un autre pain! Donne-lui ton amour à sa Parole, qui te donne force et réconfort: c’est un autre pain! Enfin donne-lui ce qu’Il te demande, même si tu crois que ce n’est qu’un peu de pain.

Comme nous le dit Saint Grégoire de Nysse, «celui qui partage son pain avec les pauvres se constitue en partie de celui qui, pour nous, a voulu être pauvre. Le Seigneur était pauvre, n’aie pas peur de la pauvreté».

http://evangeli.net/evangile

 

Abbé Carles ELÍAS i Cao (Barcelona, Espagne)

 


 


 

 

 

Prière d'introduction

 

Seigneur, je te remercie pour le don de ton Eucharistie. Par ce pain descendu du ciel, tu nourris la foule des croyants, tu me nourris, moi aussi. Merci, Seigneur, pour ta présence.

 

Demande

 

Jésus, apprends-moi à me laisser rassasier par toi et à être attentif à la faim de mon prochain.

 

Points de réflexion

 

1. Jésus nourrit les foules qui l’écoutaient depuis déjà trois jours. Il se préoccupe du bien de toute la personne, il sait parfaitement que nous sommes une seule chose, corps et âme. Notre foi chrétienne s’adresse à l’homme dans sa totalité, il n’y a pas le dualisme du corps et de l’âme présent dans de nombreuses religions. Jésus s’est fait homme, il a pris un corps, il parle notre langage, il pleure, il guérit, il aime avec son corps et son âme. Dans notre vie chrétienne la frontière classique entre profane et sacré n’existe plus, tout devient sacré si nous le faisons pour Dieu, avec Dieu et en Dieu. En multipliant le pain pour cette foule, Jésus unifie la contemplation et l’action, elles sont comme les notes distinctes d’une même mélodie : le don de soi par amour.

 

2. Aujourd’hui Jésus distribue un nouveau pain, le pain de son Eucharistie. Cependant sa présence reste sous le signe sensible du pain. Jésus veut rester près de notre réalité. Il veut que nous puissions le goûter, l’assimiler, l’accueillir aussi physiquement. Il semble aussi nous rappeler que tant d’hommes manquent de pain et de Dieu. Chaque Eucharistie nous rappelle que Dieu est proche de nous, et qu’il veut que nous soyons proches de nos frères qui ont besoin de l’essentiel. Notre vie chrétienne bat son plein lorsque nous devenons « corps livré » pour nos frères.

 

3. Aujourd’hui l’Église célèbre Notre-Dame de Lourdes. Jésus multiplie les pains et cependant il y a un peu plus de 150 ans la Vierge Marie disait à Bernadette : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'autre ». Dieu nous a créés pour nous faire participer à sa vie bienheureuse. Cette vie est une relation d’amour entre les trois personnes de la Trinité, et toute l’humanité y est invitée ! Le pain et toutes les créatures que Dieu nous a confiées sont des aides pour arriver à ce but.

 

Dialogue avec le Christ

 

Seigneur, je te remercie d’être venu en chair et en os t’adresser à nous sur cette terre, je te rends grâce pour le don de ton Eucharistie qui m’accompagne sur mon chemin vers le ciel ; je te bénis pour toutes les créatures que tu as mises à mes côtés et me rappelle chaque jour ton amour.

 

Résolution

 

Mettre à sa place une créature spécifique qui m’empêche d’être attentif à Dieu et à mon prochain.

 

Frère Melchior Poisson, LC

http://www.regnumchristi.fr


"Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.

Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Nous fêtons l’Apparition de Marie à Bernadette de Lourdes. A la suite de Marie, Bernadette dit oui à la parole de Dieu donnée par Marie à Lourdes. A Lourdes, Marie choisit la plus pauvre des petites filles du village. Les pauvres sont à la périphérie de la société. Ils ne sont pas reconnus, ils sont méprisés à cause de leur petitesse et de leur pauvreté. Bernadette se trouvait à Lourdes dans une situation extrême, c’était la famille la plus humiliées de cette petite ville. Lourdes sera comme Cana pour Bernadette. « Ta parole est un vin délicieux, » disait déjà le Cantique des Cantiques ! Marie pourra dire encore : Ils n’ont plus de vin, ils n’ont plus la Parole vivifiante de Dieu. Le « bon vin » va arriver par Bernadette, la pauvre qui n’était pas reconnue ! Marie-médiatrice est centrale à Cana, elle établit la relation entre son fils Jésus, l’Unique Médiateur, et les serviteurs. Elle s’efface ensuite dans la contemplation de Jésus qui nous sauve. Marie est pour nous un modèle, elle perçoit le problème qui surgit. Elle dit simplement la situation à Jésus son Fils, et elle se retire. L’action est enclenchée, il n’y a plus rien à faire pour elle, si ce n’est de contempler ce qui se réalise. La Bonne Nouvelle de la Parole vivante de Jésus est annoncée aux pauvres.

Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » A Lourdes, Marie fait le choix de Bernadette pour qui la vie est bien difficile. Comme les serviteurs de l’Évangile, Bernadette passe par bien des épreuves. Elle fait face à tout, dans la pauvreté et dans l’humilité, avec la grâce à Dieu. Bernadette a été une source de grâce étonnante pour son entourage. Si les sœurs de Nevers la reçoivent dans leur congrégation, c’est parce qu’elle est liée à Marie. La scène de Cana avec Marie devient un modèle pour notre manière d’agir. Marie nous indique jusqu’où nous pouvons aller dans la demande de notre salut à Jésus. C’est dans la perspective de la croissance de l’autre, de son autonomie, de sa libre expression, de sa propre contribution que Marie agit. L’aide de Marie a été vécue dans le plein respect de la liberté de chacun, elle annonce déjà la Passion. Jésus a épousé notre humanité, il est devenu l’un de nous jusqu’à la Croix.

"Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours. Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. C’est dans sa pauvreté que Bernadette est une messagère de Paix et d’amour. Cet équilibre de l’aide à l’autre dans l’attente, est le premier signe de Cana. Faire ainsi, revient à donner à l’action de l’Esprit Saint, la pleine possibilité d’agir. A Lourdes, comme à Cana, nous retrouvons la terre de l’Evangile. Une terre de simplicité et d’action de grâce. L’Église du pèlerinage qui se vit à Lourdes est toujours avec les malades et les pauvres. C’est l’Église de la prière et du partage ou l’on prend soin les uns des autres. Tous les Peuples sont présents à Lourdes, et parmi eux, tous ceux qui sont méprisés dans le monde. Là, ils sont reconnus dans leur relation à Dieu. A chacun de nous de savoir demeurer, référé à la Parole du Seigneur Jésus. L’action de Marie tout au long de sa vie, tout au long de son existence est dans ce choix d’amour : « Je suis la servante du Seigneur. »

Père Gilbert Adam

http://www.pere-gilbert-adam.org/

 


 



Le Christ se donne lui-même en nourriture

Les fruits de la communion eucharistique : Recevoir l'eucharistie dans la communion porte comme fruit principal l'union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,56). La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique : « De même qu'envoyé par le Père, qui est vivant, moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi » (Jn 6,57)...

Ce que l'aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la chair du Christ ressuscité, « vivifiée par l'Esprit Saint et vivifiante », conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d'être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu'au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.

La communion nous sépare du péché : Le corps du Christ que nous recevons dans la communion est « livré pour nous », et le sang que nous buvons est « versé pour la multitude en rémission des péchés ». C'est pourquoi l'eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis et nous préserver des péchés futurs : « Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur » (1Co 11,26). Si nous annonçons la mort du Seigneur, nous annonçons la rémission des péchés...

Comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l'eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s'affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels... Par la même charité qu'elle allume en nous, l'eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs.


Catéchisme de l'Église catholique § 1391-1395

 

http://levangileauquotidien.org


 

 

 

 

 



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